All language subtitles for CHEMSEX _ Plongée dans la spirale du sexe et de la dépendance - Documentaire Complet

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Original subtitles

Le chemsex, ça a failli me coûter la vie.

Ça m'a pris beaucoup de choses.

Ça m'a pris ma joie, mon temps,

ça m'a pris partie de ma jeunesse.

Ça m'a pris de la thune, ça m'a pris plein de trucs.

Comment ça s'est passé cet été ? Dites-moi.

Cet été, ça a été un été plutôt tranquille, on va dire.

Tranquille en termes de tout ce qui est consommation et tout, bien évidemment.

Qu'est-ce que vous appelez tranquille ? Avec mon copain, on a essayé de se

restreindre. On s'est dit que cet été, on ne sortait pas de l'été. On a

fait une soirée de fin juin.

Début septembre. Vous diriez que vous vous êtes senti comment pendant ces deux

mois où il n'y a pas eu trop d'usage en fait ? On s'est senti bien. Ouais.

On s'est senti bien, reposé, en forme, heureux.

Ouais, c'était cool.

D'accord, donc ça veut dire que quand il y a des longues périodes comme ça où

vous n'êtes pas trop dans l'utilisation de substances, le moral va bien.

La sexualité, vous la redécouvrez.

Ce n'est pas si désagréable que ça, même si vous n'avez pas un épanouissement

maximum.

Et alors, qu'est-ce que vous voulez faire ? Comment vous voyez les choses ?

Comment vous allez vous organiser puisque vous avez décidé de ne pas

consommer ? C'est ça que vous m'avez dit ? Je crois que je vais trouver des

petits objectifs. Oui.

Bien sûr, c'est une excellente idée. C'est ce qu'on a toujours fait, de se

fixer des objectifs d'une consultation à l'autre.

En termes de durée, c'est Halloween.

Halloween, donc le 1er novembre.

31 octobre, 1er novembre.

D'accord, donc ça veut dire qu'à compter d'aujourd'hui jusqu'au 31 octobre, 1er

novembre, votre objectif, c'est de ne pas consommer de drogue, que ce soit

visée récréative ou que ce soit visée sexuelle. Oui. D'accord.

C'est lui qui joue.

Un médecin qui fait du piano.

Il faut le recommencer.

Allez, boulot.

Alors le chemsex, c'est pas on prend des substances, il y a une soirée, on fait

une rencontre, c'est je prends des substances pour faire du sexe.

C'est l'anticipation, c'est je consomme parce que j'ai décidé d'aller faire du

sexe avec ces produits, particulièrement parce qu'ils ont une place très très

forte dans la sexualité que je souhaite. C'est un phénomène qui prend de l

'ampleur, qui prend beaucoup d'ampleur dans la communauté gay.

Quand même, depuis le premier confinement, on rencontre des situations

un peu plus dramatiques, un peu plus nombreuses. Et donc, il y a vraiment une

urgence à s'occuper de manière totalement adaptée de la population qui

pratique le chemsex.

En vrai, quand je suis allé voir Lady Touhou la première fois, je ne sais pas,

je m'attendais à une solution miracle. Ok, c'est bon, tu fais ça et c'est fini.

Fin de l'histoire, tu ne te rappelleras plus jamais de ta vie.

Je pensais qu'à la fin de mon rendez-vous, tous les problèmes allaient

être réglés ou alors que j'allais avoir une sorte de médoc ou un truc qui allait

régler tout ça.

Elle m'a fait capter que ce n'était pas si facile que ça, pour autant.

Je pense que pour se réparer, il faut y aller étape par étape.

J'ai toujours été livré à moi-même de l'optique.

Pour ma mère, j'étais possédé par une entité déboniaque et pour mon père, j

'étais...

J'étais une dentouse, quoi.

Par contre, je ne les reparle plus.

Voilà. C'est un peu efficace.

Vu que j'ai un petit âge, je me suis... La première personne avec qui j'ai

couché, c'était un gars qui avait 25 ans plus que moi.

Il m'avait dit que non.

J'avais 16 ans.

Et enfin, on l'a un peu fait comme il le voulait, quoi.

Sauf que moi, c'était la première fois.

Puis il m'a un peu forcé à faire quelques trucs.

Et la deuxième fois qu'on s'est vus, on a fait ça dans un sauna devant dix

personnes. Sauf que c'était ma deuxième expérience sexuelle. Du coup, j'ai un

peu commencé comme ça. J'ai commencé direct dans les extrêmes.

Vu que j'avais rien d'autre sur quoi me baser, on va dire.

Ce truc que j'avais, c'était du porno, quoi.

Du coup, je pensais que c'était comme ça.

Avant que le chemsex devienne un truc, j'utilisais quand même assez

régulièrement Grindr.

Pour moi, ça a rendu le rapport banal.

Je ne sais pas, déjà, je trouve que... Je trouve que

ça a déshumanisé un peu. Je trouve que dans la communauté gay, on ne se voit

plus trop comme des gens, mais plus comme des opportunités de plan cul,

déjà.

En plus, je trouve que ça a rendu les rencontres et le rapport, et même l'acte

sexuel, beaucoup trop banal.

Ou trop simple et normal, alors que non.

Je sais pas, c'est quelque chose qui... C'est ouf, et que tu prends le temps à

développer, à travailler, normalement, c'est pas censé être si facile.

Et du coup, voilà, sauf qu'au final, quand tu te rends compte que t'as accès

à ça si facilement, tu cherches des sensations beaucoup plus fortes.

Je me rappelle, j'avais toujours des journaux.

Il y en avait un que j'utilisais beaucoup, j'écrivais en cours et tout.

En vrai, j'en écris depuis que j'étais tout petit.

Je pose les yeux sur n'importe quelle phrase, dans n'importe quel moment, je

vois le mot « mec » partout.

Comme si c'était le point principal de tout ça.

Mon premier plantième sexe, c'était en 2018.

Et j'avais du coup 19 ans.

Moi j'avais envie d'un plan, mais juste ça.

Et du coup je suis allé chez un gars et en fait il m'a proposé de la 3 et j'en

ai pris.

Et en fait voilà, ça a duré super longtemps et je suis resté avec lui

jusqu'à ce qu'un deuxième gars arrive.

Et au final je devais rentrer la journée et en fait je ne suis pas rentré du

tout. Je suis resté le week-end là-bas.

On était 3 et on prenait de la 3 et on buvait de la bière.

Et on couche ensemble.

Mais je sais qu'il y avait cette télé face à moi qui émettait des musiques

trop bien.

Tout avait l'air trop bien. Le cadre avait l'air trop bien.

La lumière était rose. C'était cool.

C'était trop bien. Tout était trop bien. C'était un peu peut-être trop bien.

C'était décuplé. Je le sais que c'était trop bien.

Mais je n'avais pas la notion de l'équipe. À ce moment-là, je le faisais.

Je ne savais pas ce que c'était.

Et je ne voulais pas que ça s'arrête.

Début 2019, je m'installe sur Paris.

J'avais beaucoup de fêtes, beaucoup de potes, beaucoup d'alcool.

On sortait beaucoup.

On avait envie de vivre, en fait. On avait envie de sentir qu'on faisait

partie de quelque chose.

J'avais pour projet de faire des études d'audiovisuel ou de cinéma.

Parce que c'est ce que j'aimais le plus à cette époque.

J'aimais trop faire de la photo, de la vidéo, capturer des images, chercher un

peu des trucs qui me représentaient un petit peu partout dans l'imagerie.

J'ai transformé un peu ma vie en fiction, j'aimais bien faire ça.

Découverte du milieu underground, ça a été une explosion de saveurs, c'était

magnifique, j'avais envie de m'imprégner de plus de ça, milieu queer aussi.

Le truc qui m'a fait du tort, je me suis senti un peu trop bien là-dedans, je

pense. J'ai un peu mis de côté les objectifs.

Puis, d'un coup, ça a fait juste toper net à cause de l'arrivée du Covid en

mars 2020.

Je pense que c'est lui, parce que lui, c'est vraiment le carnet sombre.

Parce que là, le seul truc qu'on avait disponible, c'était s'enfermer dans des

appartements avec des gens qu'on connaît déjà.

Du coup, la seule source de sensations fortes que j'ai pu trouver, c'était le

game sex.

Je perds le contrôle, c'est quand c'est... 2021 ?

Je me rends compte que c'est plus la drogue et le chem-safe qui parlent pour

moi, ou alors qui sont maîtres de mes actions, ou alors c'est un petit peu

genre tous mes trucs sont tournés autour de ça.

En vrai, c'est un cycle vicieux, quoi. C'est toujours genre des pratiques qui

amènent des séquelles qui en font une. Tu guéris ces séquelles par de la drogue

qui te font continuer ces pratiques.

Et tu fais des trucs que t'as pas forcément envie de faire, ou des trucs

un petit peu trop extrêmes pour toi, mais tu le fais.

Des trucs qui peuvent être dégradants au final, mais sur le moment, tu penses que

c'est cool.

C'est pas

fait fait.

Je n'ai pas envie de l'ouvrir celui-là.

2021 plus 2022.

Aïe, aïe, aïe.

On va s'apprendre au récompteur.

Je sais pas, pour moi, il y a un point à ne pas dépasser.

On avait fait quatre nuits blanches.

Je pense que j'étais allé trop loin avec la drogue. J'ai perdu ce côté agréable

et lâche, juste parce que j'étais allé sur le pur et dur.

Je sais pas, j'ai aimé parce que ça me faisait physiquement... J'étais touché,

je sais pas, je me faisais mal.

J'ai perdu les trucs, j'ai perdu les trucs.

J'ai perdu les trucs, j'ai perdu les trucs.

J'ai perdu les trucs, j'ai perdu les trucs.

J'arrivais plus trop à dire les miracles de vos yeux. En fait, ça devenait mieux.

Vous savez que j'ai du mal à faire le lien entre tout ça, là.

Cette phrase me termine.

On a appris un petit déjeuner.

Céréales, pipettes, traces.

C'est trop beau que je peux apprendre de la drogue pour me lancer dans les

études, apparemment.

Et j'arrivais pas à garder un taf plus de 20 mois.

J'étais en plein dedans dans la diction.

Une demi-année aspirée par un trou noir du temps perdu.

Des relations perdues, on stagne, on attend.

Rien ne sera comme avant et je déteste la vie pour ça.

L'année 2022, c'était une année... très intense.

J'arrive à juin et j'ai fait deux tentatives de suicide.

Et soit je quitte Paris, soit je crève.

C'est tout ce que j'ai marqué.

Oui.

C'est votre nom ? D'accord.

Vous voulez conduire à la campagne ? Vous avez assez de prêtres, ça ira ?

D'accord.

Alors... La pratique du camisac, ça s'installe quand on manque de cadre dans

sa vie.

Malgré tout, les personnes qui ont une vie assez établie avec un travail...

des amis, parfois une famille, même un conjoint, ça préserve quand même des

risques de la pratique.

Pour les jeunes, ça peut être plus compliqué, effectivement, parce qu'on n

'a pas connu l'amour, qu'on n'a pas forcément connu l'amour, qu'on est en

questionnement sur sa personnalité, etc. Donc je pense que ça peut être plus

difficile. Parce que la substance bouleverse qui on est, qu'elle nous

donne l'illusion d'être quelqu'un d'autre. Et donc, quand il n'y a plus de

produit, on ne sait pas forcément qui on est.

Bonjour, Gabriel.

Bonjour. On y va ? Suivez-moi.

L'un des principes de la consultation, c'est qu'il faut qu'on soit quand même

en état de pouvoir discuter et de pouvoir... Voilà, finir par discuter

contre l'autre, sinon on aura du mal. D'accord ?

D'accord.

D

'accord.

Et là, vous avez eu combien de rapports sexuels ces 4 dernières semaines ? Je ne

sais pas.

A peu près une fourchette.

Combien de rapports, c'est-à-dire par personne ou par réflexion ? Combien de

partenaires par mois, à peu près ? Par mois, ça va. Je suis redescendu, je

crois. J'ai été à 20, 25.

OK. J'étais serveur dans un restaurant gastronomique.

J'ai pris de la 3 pour me réveiller au travail et je me suis fait verrer.

Depuis ce jour-là, j'ai enchaîné 72 heures de kétamine.

3MMC, en snif, en slam, GHB, tout.

Genre j'ai beau vouloir arrêter toutes les conneries que je fais, prendre de la

drogue, me slammer, aller en after, faire des after chez moi, j'arrive

pas à arrêter.

Ça prend du temps tout ce processus aussi.

Je comprends, mais quand vous dire que c'est une situation...

C'est la situation d'aujourd'hui. Ça ne veut pas dire que cette situation va

rester la même pendant... Pour moi, ça fait longtemps que ça dure.

Ça fait combien de temps que vous prenez des produits ? Ça va faire depuis mes 15

ans. Vous savez quel âge aujourd'hui ? Je suis 9.

OK. Et qu'est-ce que vous consommez comme produit ? Alors, écoute, vraiment,

mais vraiment, principalement de la Pro-MNC.

OK. Et après, les autres kems, comme on dit, le G, le GHV, ou alors la Tina,

le Cristal de Metz.

C'est que dès qu'il y a un effondrement dans ma vie, dès qu'il y a un problème

dans ma vie, que ce soit par exemple la perte de mon copain récemment, qui a me

quitté, ça me met en mode autodestruction.

Dès 72 heures de drogue, j'en peux plus.

Je veux retrouver une vie normale.

On est à quelle fréquence à peu près pour la 3 ? 3 jours de repos par

semaine.

3 jours de consommation dans la semaine ? Non, 3 jours de repos.

3 jours de consommation non-stop ?

puis après 3 jours de repos, puis après on reprend 4 jours de consommation non

-stop, puis après 3 jours de repos. Ce qu'on recommande, nous, dans le cadre de

la consultation, c'est d'espacer chaque consommation de 10 jours minimum.

Parce que si vous consommez tous les week-ends, par exemple, ou à moins de 10

jours, en fait, c'est les montagneux. Mais si vous rencontrez un sexuel, vous

les faites dans quel cadre en général ? Soit c'est mon copain avec qui j'ai du

chemsex, soit c'est partout,

avec des amis à moi.

qui m'emmènent en touze.

Soit c'est après des soirées gays.

Il y a des afters souvent, après les soirées gays.

Souvent, à chaque fois qu'on veut sortir, on prend des produits et après

on baise.

Sobre, je suis éteint.

Et je m'allume quand je suis sous 3.

Et ça me fait bizarre maintenant, d'être éteint tout le temps.

Le monde peut brûler autour de moi si je suis sous 3, c'est pas bien.

Ce que j'aimais avec la 3, c'est que j'utilisais ça comme une triche.

Si j'apprends une très mauvaise nouvelle, si j'apprends quelque chose

qui va me forcer à être normal, je sais que j'ai quelque chose dans ma vie, un

bouton sur lequel appuyer, et je vais être le plus heureux du monde.

J'ai parti d'abord quand j'étais petit, je pense que je me suis dit que c'était

pas mon truc pour moi.

Je pense que j'ai gardé ça et que je l'ai nourri jusqu'à...

Jusqu'à maintenant, ça a changé parce que j'ai rencontré quelqu'un qui me

faisait sentir le contraire.

Tu sens mieux ? Je me sens mieux, oui.

Je me sens beaucoup mieux.

J'ai changé de câble, j'ai des nouvelles envies, des nouveaux projets.

Avec moi. Avec toi.

Je fais un peu plus ce qui me fait du bien, ce qui ne m'en fait pas, ce que j

'ai envie de faire, ce que je n'ai plus envie de faire.

Je ne sais pas. Et tu m'as beaucoup aidé à ça.

Avant, je ne pouvais pas forcément, je ne sais pas, ça ne me procurait pas

forcément grand-chose, je ne sais pas, juste de me balader ou de faire des

trucs comme ça.

Maintenant, c'est un truc, je ne sais pas, j'apprécie ce genre de petits

plaisirs, tu vois.

Je suis ressenti blanc.

Quoi?

Toujours vulnérable, hein ? Un peu, ouais.

Pourquoi t'appréciais pas ? Qu'est-ce que t'avais envie, finalement ? Bah, je

sais pas, j'avais un petit peu l'impression d'être... En errance

totale.

Je savais pas trop où j'allais.

Mon être triste, je l'ai pas trop, maintenant, c'est ce que je veux, à peu

près.

A voir, tu vois. Je peux justement prendre le temps d'apprécier ce genre de

trucs. Mon esprit est apaisé maintenant pour ça, tu vois.

Ça va.

Et là, dernièrement, on a passé un week-end où on était à la Cité des

Sciences à Paris. Une journée comme ça, c'est parfait.

Une journée comme ça, c'est ce qui marche.

En fait, vous avez toutes les stratégies dans les mains. Vous avez toutes les

cartes. Il y a quelque chose qui bloque.

Et vous savez qu'est-ce qui bloque ? C'est votre dépendance.

C'est

stressant

avant de monter sur scène.

Comment tu fais pour gérer la préhension avant de monter sur scène ?

C'est un truc de famille, j'en veux sentir.

Ouais, le fait d'arriver à maîtriser cette espèce de son, genre, avec les

aspects bruts, toutes les textures-là.

En mode, je suis maîtrisé, genre, je suis stimulé à bloc.

Je trouve ça des choses de fou, genre, des choses que j'ai jamais pu ressentir

avant.

La soirée s'est super bien passée. C'était sympa.

C'était vraiment la danse, la danse, la danse, la musique. Et après, je ne sais

plus ce qui s'est passé.

Je ne me rappelle plus.

Et alors, qu'est-ce que vous avez pris ce soir-là ? Comme d'hab, 3G.

De la 3 et du G. Oui.

Le GPS, ça me désigne totalement.

Je sais pas, je me pose toutes les questions.

C'est une fête de faux bonheur.

Vu que ça faisait pas mal de temps que vous aviez arrêté, vous avez dû en

prendre moins pour avoir... Non, au final, j'en ai pris beaucoup et vite.

Comment vous analysez pour vous le fait que cette fameuse soirée a probablement

un petit peu enclenché une reprise de consommation impulsive, on va dire. Des

fois, vous n'avez pas décidé, vous y allez quand même.

Dans ma tête, c'était un petit peu acquis. Je me suis dit, bon, ça va, le

problème d'addiction, je gère.

Regarde, t'as tenu tout l'été.

Du coup, ça m'est revenu un petit peu en pleine gueule. Je vois rien venir.

Les jours qui ont suivi, vous étiez dans quel état d'esprit par rapport à l

'utilisation de drogue ? Il y a eu une soirée chaque week-end, je crois.

Et à chaque fois, c'était redondant.

En tout cas, c'est vrai que ça vous amène à un engrenage et à une surenchère

de consommation qui fait que vous n'avez plus du tout d'événements positifs en

lien avec vos consos. Oui.

Ça finit toujours par des trucs de travail. Ça finit toujours par du sexe

malsain. Ça finit toujours par ça.

Pourquoi cette addiction est très problématique ? Et pourquoi elle est

aussi accrocheuse ? Il y a la part des substances, qui sont des substances très

puissantes, avec une durée d'action très courte, donc qui ont un très fort

pouvoir d'accroche.

Et puis, il y a les applis géolocalisation.

Et tout ça, c'est intimement lié. C'est-à-dire que les substances vont

créer un désir incessant de rencontrer, rencontrer, rencontrer, avoir des

rapports sexuels.

durer, performer, etc.

Et du coup, on va sur l'appli qui permet d'avoir le plan d'après.

C'est clé en main. Le chemsex, il est clé en main. On se connecte sur une

appli, on a l'accès à la drogue, au partenaire, au lieu, et dans une

distance à la fois géographique et temporelle extrêmement courte.

Tout le monde était nu et c'est une scène de film. C'est-à-dire, je suis en

train de parler avec un bouffe dans la cuisine, le mec est en train de se faire

ceci, mais on est en train de filmer.

Mais en fait, je ne peux pas avoir une décision.

J'ai vu une addictologue lundi.

Non, j'ai vu une addictologue lundi. Elle m'a expliqué que littéralement, la

drogue, elle va nous créer des trucs.

Vous avez vu le mélange d'émotions qu'on a eu hier ? Et toi, tu veux que je te

rappelle hier ?

Comment t'as-tu dit ? Attends, mais déjà, moi, ma première fois, déjà, moi,

je voulais faire un plug-in d'or à la base.

Donc, moi, c'était un bout que je voulais rencontrer.

Je débarque, je vois que des gens nus et surtout de la drogue. Et la première

chose qu'ils m'ont proposé avant même d'attendre les choses, c'est une trace

de 3, puis un verre de G et de la Sina. Et c'était l'association des 3.

Et c'est pour ça qu'on appelle chemical sex.

En fait, le sexe normal, c'est le sexe.

Prendre de la drogue, c'est prendre de la drogue, mais le chemsex, c'est du

sexe avec la drogue et ça n'a rien à voir.

La première fois que j'ai pris du G et de la Tina, c'était mon dernier client,

parce que j'étais fin, et qui est devenu mon mec.

Et du coup...

Et du coup, on a tapé. Il m'a fait fumer sur une pipe. Je ne savais pas ce que c

'était. Il m'a dit que c'était de la tina. Moi, je ne comprends pas ce que c

'est. Après, il me donne des pipettes de G.

Comment ça s'excitait, tout ça.

Et moi, ça m'a rendu fou. Dans le sens où j'étais tellement attiré par lui,

alors que je ne le connaissais pas.

Ça m'a rendu dans un état presque animal, si tu veux, où le sexe, c'était

vraiment la priorité.

C'est pour ça que le chemsex est dangereux.

Au bout d'un moment, quand tu consommes trop, en soirée de cul, par exemple, ou

en soirée à chemsex, tu ne peux plus t'en passer.

Et surtout, ce que je kiffais, c'est que vu que je vivais dans le 93, il y avait

grave des règles.

Je ne devais pas déclarer ce que je faisais.

J'étais grave restreint.

Les soirées qu'elles, ce qu'ils faisaient, c'est qu'il n'y avait aucune

règle. Tu fais ce que tu veux. Tu veux te mettre nu, tu te mets nu. Tu veux

rester habillé, tu restes habillé. Tu veux aller avec 4 boules dans le salon,

poser ton canapé et commencer à faire des bails à côté d'un mec qui est en

train d'appeler quelqu'un. C'était ça.

Il n'y avait aucun jugement. Dire que ceux qui ne connaissent pas ça, c'est

une déception pour eux. Je ne suis pas d'accord avec eux parce que ceux qui ne

connaissent pas ça, au final, ils ne deviendront pas toxicomates comme nous

on l'est.

Et ils vivront une vie bien plus simple que nous.

Il y a cette espèce de truc où tu as l'impression que tous les gens qui

pratiquent du chemsex dans la même pièce perdent un petit peu ce côté sensé, ce

côté rationnel.

Tu te demandes un peu ce que tu fais là, et puis du coup tu n'arrives même pas à

partir parce qu'il y a cette espèce de drogue qui te tient, qui te bloque au

sol.

Cette espèce d'envie, de dictat limite qui te dit qu'il faut que tu baisses, ne

repars pas.

Il faut que tu le fasses.

Je ne sais plus te poser de limites, tu fais des trucs de malade, ou alors tu

laisses les autres te faire des trucs de malade.

Après, c'était plus des pratiques que je n'avais pas envie de faire, mais que je

laissais faire parce que je ne savais pas trop quoi dire, parce que j'étais

défoncé.

Je me sens utilisé, mais doublement. Je me suis senti utilisé par une autre

personne et par la drogue.

En vrai, sortez.

Attendez-le dehors, en vrai.

Voilà, c'est parfait.

Allô ? Bonsoir. Bonjour.

Bonjour.

Et toi ? C'était bien ? C'était incroyable.

En vrai, au moins un an.

Pour éviter certaines tentations, je coupe de certaines personnes. Il y a des

personnes que j'essaie d'éviter, des soirées où je ne vais pas.

Et c'est dur.

Je pense qu'il y a eu pas mal d'amitiés toxiques, j'ai eu pas mal de relations

toxiques, je sais pas si j'en ai encore, j'espère pas.

C'est vrai que des fois, c'est le mieux. C'est de couper court.

C'est pareil d'un cercle d'amis ou d

'une personne.

C'est la solution la plus efficace.

T'as vu ? On est d'accord ? Il va faire un bon truc.

Maître Gisèle.

La musique de Ludwig, exactement.

Oui, c'est bon, il faut arrêter de craindre.

Bonsoir.

Tavkamp, il fait de la groove. Après, il y a UFO qui va un peu accélérer la

chose. Et après, ça va partir en couille avec Wally.

Depuis quelques temps, je stresse toujours avant mes soirées.

Je pense que c'est parce que les enjeux ont changé et que je réalise un peu ce

que je fais là-bas.

Demain, on ne va pas rentrer par un...

En fait, c'est toujours la même chose.

C'est un mélange d'excitation. Je suis super content d'aller voir des artistes

jouer ou d'aller danser ou d'écouter de la musique.

Mais je stresse parce que je ne sais pas comment ça va se passer au niveau de la

drogue. C'était un moyen.

Ils ont envoyé des messages pour se voir, mais là, je ne sais pas ce qu'ils

font. Allô, bébé ? C'est Mathieu ? Oui.

Arrête pour ce soir.

J'arrive là. Tu y es, toi, ou pas ? Ouais,

tu m'entends ? Quel couleur ? Non.

Non.

Il n'y a pas de rouge.

42. Il est 42.

Il est 42. C'est à qui ?

Je ne sais pas si je vais passer un bon moment, si je vais me prendre la tête

avec un tel ou un tel, si je vais être heureux, si je vais être triste, je ne

sais pas si je vais être défoncé, trop défoncé, pas défoncé.

Je ne sais pas si je vais danser ou si je vais juste passer ma soirée, me focus

sur consommer.

Je ne sais pas si je vais être frustré parce que je ne drague pas ou si je vais

trop draguer. Je ne sais pas si je vais arriver à me décoincer ou si je vais

rester coincé.

Il y a tout qui monte, le son est bien, l'ambiance est bien.

C'est chaud, je suis bien.

Je danse, c'est trop bien.

On s'est vu il y a environ 3-4 semaines.

Vous aviez décidé de réguler un peu vos consommations et de voir comment vous

alliez physiquement et psychologiquement avec ces régulations.

Racontez-moi un petit peu ce qui s'est passé pendant ces 3 semaines.

Ça doit faire 3 semaines que j'ai ce moment où je craque un peu et je ne m

'arrête pas pendant 24-48 heures.

J'ai vu que là, je ne sais pas, ça me coûte. trop, en fait, la drogue.

J'ai perdu mon taf.

J'ai pas mal de gens qui sont en train de me tourner le dos. J'ai failli me

séparer de mon copain à cause de ça.

Et le truc, c'est que même avec tous ces événements, je crois que je continue à

faire les mêmes choses.

Genre la même... Moi, je fais la même erreur chaque semaine.

La même.

Exactement la même.

C'est-à-dire que vous êtes sollicité, vous dites oui, vous y allez.

C'est ça.

Et alors, qu'est-ce que vous pourriez faire ?

pour vous détacher de l'achat des substances, pour vous détacher des

personnes avec qui vous consommez, peut-être les applis sur lesquelles vous

regardez les consos et puis les plans.

Je pense qu'il faut que je fasse un grand tri de tout ça.

Alors, qu'est-ce que ça va être, ce tri ? Déjà, j'ai supprimé mon compte Grindr.

Le compte, ce n'est pas l'application, je précise. C'est facile de se

reconnecter. Oui, c'est très facile.

J'ai...

J'ai pété mon téléphone aussi.

C'est bien ça, c'est vrai.

Vous n'avez plus de numéro.

J'ai plus accès à tout ce qui est photos, machin, truc.

J'ai plus de numéro.

En fait, j'ai l'impression que c'est un peu un cercle vicieux parce que du coup,

je consomme et du coup, il y a des répercussions qui font que ça me donne

envie de consommer encore plus. Même moralement, mentalement, je ne ressens

être une mauvaise personne à cause de ça.

Oui, il y a toute la culpabilité.

Oui, mais c'est juste qu'il y a pas mal de gens qui me font des retours aussi,

pas forcément positifs.

Du coup, je me sens pas forcément... C'est pas agréable, hein ? Oui, c'est

ça, en fait.

Alors, globalement, c'est pas comme ça qu'on soutient quelqu'un qui a un

problème avec les substances.

Je me sens pas forcément trop, trop compris.

Si les substances se jouent de vous, un peu.

Votre cerveau se joue de vous en vous faisant croire que vous n'allez jamais y

arriver, que vous n'avez pas les capacités de mettre des choses en place,

que vous seriez une mauvaise personne.

Tout ça, c'est pour vous mettre dans un état presque de descente ou de manque

psychologique qui fait que vous allez reconsommer.

C'est fou le cerveau en fait.

C'est fou.

C'est une sale maladie.

C'est vraiment une sale maladie. Mais en fait, ce qu'il faut que vous ayez en

tête,

C'est que cet été, vous avez réussi à contrôler.

Et le Aubin qui a réussi à contrôler cet été, il est toujours là.

On va là-bas ou quoi ? Oui,

on va déposer un CV.

Après, on va aller voir une expo et tu vas t'instruire.

Non.

Bonjour.

Je venais pour deux renseignements, s'il vous plaît.

Le premier, c'est que je veux savoir, apparemment, vous recherchez du monde

au... J'ai un de mes amis qui m'a dit que vous recherchez du monde au

restaurant La Panacée.

Bonsoir.

Oui,

dites-moi, je viens pour savoir si, par hasard, vous recrutiez du monde en salle

ou si vous êtes au complet, je ne sais pas du tout.

Oui, j'ai un CV sur moi, je peux vous laisser ça.

Et il a mis ça hier, comme non ce matin, sur Insta. Regarde, c'est trop drôle.

Et après, tu peux swiper si tu veux.

Anaïs, c'est ma petite soeur.

Je pense que c'est la personne qui a toujours soit pris ma défense, soit

cherché à me comprendre.

Peu importe la situation, peu importe son truc qui.

Elle met tous les problèmes sur pause.

En fait, on a ce petit lien spécial là parce que...

Mon père était violent avec moi depuis petit.

On était un petit peu des gosses à la merci d'un gros taré.

Je sais pas, on avait comme cette espèce de petit pouvoir où tous les deux, on se

mettait dans une petite bulle de sérénité parce qu'autour de nous, c

'était le chaos.

Oui, mais non, on ne pense surtout pas que t'es un poids pour les autres.

Ouais, mais tu sais, c'est chiant.

T'as déjà à l'école où on disait que je faisais exprès, que je faisais de la

merde. Ensuite, t'as la famille qui disait, tu fais exprès, tu fais de la

merde, et puis tu me parles plus. Puis maintenant, c'est mes potes, et puis mon

copain, et puis c'est bon, c'est pas... C'est différent, tu vois.

Genre, je sais que toi, tu me jugeras pas ou des trucs comme ça, mais c'est

juste que, enfin, je... Déjà, j'ai un peu envie de t'épargner avec tout ça,

parce que je vois que ça affecte beaucoup de gens.

Enfin, je sais pas, tu sais, t'es ma petite soeur, donc voilà, normal.

Donc je sais pas, je veux pas forcément tout le temps t'en parler ou trop...

t'impliquer quand il y a des périodes comme ça.

Surtout que je vois qu'il y a pas mal de gens qui s'éloignent, alors j'ai pas

envie de te rajouter dans le lot, tu vois, c'est tout.

Mais ça peut pas arriver avec moi. Je sais, mais j'ai pas envie de t'impliquer

avec ça, genre toi, t'as pas beaucoup de choses.

Oui, mais ça revient à toi qui penses que t'es un poids pour les autres, alors

que non.

On a tous nos galères, ça veut pas dire. J'ai pas forcément l'impression d'être

un poids, j'ai plus l'impression d'être une sorte de cause perdue, et genre, tu

vois, j'ai pas... Non, c'est horrible.

Ouais, mais j'ai pas forcément envie de... Ouais, de t'impliquer avec ça.

C'est tout.

Bon, OK, clairement, en novembre, j'étais clairement au bout de ma vie,

voilà.

Du coup, ça m'a fait peur. Je me suis dit que j'allais recommencer à faire

comme avant, quoi.

C'est-à-dire sortir, me droguer, baiser avec n'importe qui, pas travailler, plus

avoir de thunes et galérer et pas être bien.

J'étais en colère contre moi.

Se mettre, laisser reprendre au piège.

Et puis je me suis rattaché aux choses qui me faisaient du bien.

J'allais voir des potes, j'allais me balader, j'allais voir des films, je

voyais ma sœur, je faisais du son, j'allais voir mon copain.

C'est génial ! Les pauvres ! Après, plus les jours passent, plus tu te sens

plus léger.

Ça m'a pris du temps pour tout doucement remonter à la surface.

On m'avait dit, voir telle personne, j'y suis allé.

On m'a dit, consulte tel spécialiste, j'ai consulté. On m'a dit, arrête de

voir telle personne, j'ai arrêté.

Mais l'addiction, le craving, le manque et tout ça, c'est un souci qui ne

sortira jamais de ta vie.

À partir du moment où tu es rentré dans ta vie à ce stade-là, Il faut se dire

que ça va suivre jusqu'à la fin des jours.

Il va falloir que je compte sur moi pour rester dans ma tranquillité. Il ne va

pas falloir que je retombe dans mes mauvais retranchements.

Vous me prenez la carte ? Ok.

J'ai pas d'attentes sur mon retour à Paris.

J'ai plutôt des objectifs.

Je sais pas, j'ai envie de renouer un petit peu avec tout ce qui me faisait me

sentir bien avant.

Nature peinture.

Ok.

Là, je suis moi.

Enfin, je viens de remonter mes affaires.

Je suis en train de monter mes affaires. Je suis dans le hall.

Chez moi.

Chez moi.

Je ne sais pas si je reviendrai en arrière. Avant, je voulais tout le temps

revenir en arrière. Mais en fait, je ne pense pas que je reviendrai en arrière.

Je suis en train d'apprendre à apprécier la personne que je suis là et je rends

rire à plein de trucs que je suis fier d'avoir vécu tôt.

pouvoir grandir et je suis très content de qui je suis. Donc non, je ne pense

pas que je reviendrai en arrière.

Juste, il va falloir que j'apprenne à vivre avec toute la souffrance que j'ai

accumulée.

Avant, le chemsex, c'était un petit peu ma priorité.

Du coup, maintenant, j'ai un peu envie de reprioriser.

Maintenant que ça a un peu plus dégagé dans ma vie, je me rends compte que j'ai

de la place pour plein d'autres choses.

Ça ne me fait plus peur, Paris.

Franchement, mon grand rêve, c'est d'avoir mon événement, mon collectif.

J'ai envie d'adopter un cochon nain et une chèvre naine avec mon copain.

J'ai envie d'avoir un bel appart. J'ai envie d'avoir une télé, en fait. J'ai

envie d'avoir une télé. J'ai envie d'être fatigué d'une journée de travail

et de me poser dans la télé.

Je ne sais pas. J'ai envie de voir les oraux réels. J'ai envie de voir les

papillons. J'ai envie de...

J'ai envie de sentir le vent sur moi encore plein de fois.

J'ai envie d'apprendre à dessiner et à coudre.

J'ai envie d'avoir des beaux vêtements. J'ai envie de faire une collection de

peluches. J'ai envie de faire des câlins des gens.

J'ai envie de vivre en fait.

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