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LA NUIT DES TOURNESOLS
Beni !
Jette un coup d'œil aux réverbères de la place.
Hier, ils marchaient pas.
On est samedi, Julian. Je pars en montagne.
En rentrant, d'accord ?
Bien, mais n'oublie pas.
Bon, Amadeo. Je vous laisse les commandes.
Pas de problème, sergent. Profitez de vos vacances.
Merci, caporal.
Oui.
Bien. D'accord.
Ça vient d'arriver.
Le corps d'une fille morte aux environs de Cerredo,
vers Santa Cruz de Mira.
Elle aurait été violée.
On doit renforcer la surveillance.
Merci, Rovira.
Radio 5. Les nouvelles.
T'entends ça ? T'entends ?
Vieux con !
Je l'emmerde pas chez lui, moi !
Pourquoi je dois écouter cette musique de merde tous les soirs ?
Dernières nouvelles. À Cerredo,
on a retrouvé le corps d'une jeune fille dans un champ.
Elle avait 22 ans et s'appelait Elena Martos.
Selon la police, elle aurait été violée
avant son assassinat. Elle a été vue hier soir pour la dernière fois.
Le corps a été trouvé ce matin par une agricultrice,
dans un champ de tournesols
et montrerait des signes de violence.
Avant de procéder à l'enlèvement du corps,
les parents ont dû identifier le corps sans vie de leur fille.
Comment ça a pu arriver ?
Ma petite fille...
La mère, en pleurs, a dit que sa fille était sortie avec des amies
pour aller danser au village voisin.
Elle a eu une discussion avec son père sur l'heure du retour.
C'est la dernière fois qu'ils ont vu leur fille en vie.
Le corps a été transféré à l'institut médico-légal.
La police enquête pour savoir si elle a été agressée
en rentrant chez elle.
Le crime a bouleversé tout le village.
Des dizaines de personnes se sont rendues
là où a été découvert le corps.
Deux jours de deuil ont été décrétés.
Les habitants ont prévu une forte mobilisation.
Une chapelle ardente sera installée à la mairie...
L'homme du motel
Non. Donc, c'est bon.
Si tu t'en es chargée, c'est bon.
Qu'il envoie un devis
et on verra.
Oui.
Je sais.
Voilà 15 jours que notre fille est morte
et on ne sait rien.
Si tu veux pas que le petit y aille, il doit rester.
Non, ça m'est pas égal.
Ça compte pour moi.
Je rentre pas avant mardi soir.
Bonne nuit.
Bisous.
Je vous emmène ?
Je vous emmène ?
Je préfère marcher, merci.
Vous êtes sûre ? Ça ne me gêne pas.
J'ai dit : non, merci.
Très bien, pardon. Je ne voulais pas vous embêter.
Je cherchais un coin pour déjeuner.
Vous en connaissez un ?
Dans le village d'après,
il y a un endroit. "Casa Lucia".
Merci.
Quelle chaleur !
Vous allez fondre, habillée comme ça.
- Monte. - Sûrement pas.
Je t'ai dit que je voulais plus te voir !
Monte dans la bagnole ! Recommence pas !
J'ai déjà une voiture.
Pour la dernière fois.
Tu viens ?
La qualité et la résistance de ces aspirateurs
en ont fait l'un des préférés des entreprises de nettoyage.
Comme vous voyez dans le catalogue, ils ont
une gamme complète d'accessoires,
en plus de la caractéristique
de ces...
de ces aspirateurs, qui est la puissance du moteur...
Deux cafés, un pacharan
et un orujo.
Merci d'avoir voulu aider ma copine.
Ne croyez pas que...
Vous savez comment c'est.
On vous voit vous disputer avec une fille...
Tous les couples se disputent.
Sers un pacharan à monsieur quand il aura fini.
Non, merci.
Je conduis.
Vous faites quoi par ici ?
Je travaille. Je suis représentant.
Vous vendez des aspirateurs ?
Industriels, pour les sociétés,
les bureaux, les magasins, etc.
Intéressant.
Non, sérieux.
Merci, Ana.
Je peux ?
Je connais un coin qui pourrait vous intéresser.
- Une carrière. - Une carrière ?
C'est plein de poussière.
Le village entier est couvert de poussière.
Ils auraient besoin de vous, là-bas.
Tournez après Navarriba et prenez cette route.
C'est loin mais ça vaut le coup.
Tournez là pour la carrière. Juste avant le village.
Ici.
Ils ont dû démolir la moitié de la montagne.
Merci, mais c'est trop loin de ma route.
Sûr.
Mais ça vaut le coup.
Si vous y allez, demandez Santiago.
C'est mon cousin.
Bonne chance.
Merci.
L'enfoiré !
Un ennui mécanique ?
Non, tout va bien.
Je vous ai vue de la route et j'ai pensé
que vous aviez un problème.
J'attends quelqu'un.
Ah oui ?
Par ici ?
Je vois personne.
Ils vont pas tarder.
Je bougerai pas, faites ce que vous voulez,
mais ne me faites pas de mal.
Ne me frappez pas.
Tu veux que je sois gentil ?
Que je te dise des mots doux ?
Tu me prends pour un con ou quoi ?
Bouge pas, salope ! Bouge pas, putain !
Négresse de merde !
Ouvre !
Ouvre cette putain de porte !
Ouvre !
Allez, noiraude, complique pas les choses.
Ouvre cette putain de porte !
Les spéléologues
Julian, le maire d'Angosto.
Esteban. On a dû se parler au téléphone.
Oui. Venez avec moi.
On vous attendait.
Vous êtes seul ?
Mes collègues ne sont pas là ?
Vous êtes le 1er. Je pensais que vous arriveriez ensemble.
Ils travaillaient en Cantabrique mais ils devraient être là.
On peut commencer sans eux.
Amadeo.
Je m'occupe de cette région. Merci d'être venu.
Esteban. Merci de nous avoir appelés.
Vous êtes presque tous là.
Voici Esteban Igea,
de la Faculté de géologie, et membre
de l'Association universitaire de spéléologie.
Bonjour.
Comme je vous l'ai dit,
il y a quelques semaines, un habitant du village
a trouvé l'entrée d'une grotte. Pour être précis,
c'était Beni.
Les fortes pluies
ont permis de dégager l'entrée.
Il y avait un trou, j'ai retiré quelques pierres
et trouvé un truc qui doit être plus grand.
On pourra lui donner mon nom ?
Oui... je ne sais pas. Je suppose.
Au début, personne n'y a attaché d'importance
mais quand on a su, pour cette grotte de Galice,
on s'est dit : "Et s'il y avait
"des peintures ici aussi ?" Ça pourrait être une grotte peinte,
vous comprenez ?
Bon.
Je ne veux pas vous décourager
mais, souvent, ces découvertes ne donnent rien
et les autorités ne se déplacent même pas.
Enfin, essayons d'être positifs.
Dès que mes collègues arriveront, on se mettra au travail.
Voici ma tante Marta, la mère de Beni.
- Bonjour, Marta. - Enchantée.
Elle s'est occupée de votre logement.
- Merci. - Et voici ma femme, Rosa.
Il y a un message pour vous à la mairie.
Andres, de l'université, veut vous parler d'urgence.
Tu déconnes ? C'est grave ?
Alberto s'est cassé deux côtes et s'est cogné la tête.
Il est en observation, ça n'a pas l'air grave.
Fernando reste avec lui.
C'est la merde.
Je suis ici, je continue.
Envoie quelqu'un si tu veux mais je peux descendre seul.
Pas question, compris ?
J'ai trouvé un jeune qui ira avec toi. Pedro Adrada.
Adrada ?
C'est qui ? Je le connais pas.
Il s'y connaît un peu et il est photographe. Ça peut être utile.
S'il sait mettre un harnais, ça m'ira.
Il sera là-bas demain midi.
Écoute, Andres.
Envoie-moi le matériel
qu'AIberto et Fernando devaient apporter.
Dis au jeune de passer chez moi. Gabi lui donnera.
- D'accord. - Bien.
Je m'en occupe.
Si c'est intéressant, je t'appelle.
- Bien. - Salut.
Bonjour, nous sommes absents. Laissez un message.
Salut, Gabi. C'est Esteban.
Pardon pour le week-end.
J'avais dit que je le passerais avec toi
et que je t'aiderais pour la librairie.
Je suis désolé.
Je me rattraperai.
J'ai besoin d'un service.
Un jeune, Pedro, passera demain matin.
Donne-lui un peu de matériel. Il est sur la terrasse
où je le range d'habitude. Il y a deux sacs.
C'est important qu'il les prenne.
Bien, Gabi.
On se voit lundi. Je t'embrasse.
Les chambres sont en haut.
Il fait froid la nuit. Il y a des couvertures dans l'armoire.
- Quelqu'un vit ici ? - Non, personne.
Ils ont quitté le village depuis 15 ans.
On habite de l'autre côté de la rue,
un peu plus haut, en face de l'église.
- Si vous avez besoin... - Merci, Marta.
Beni, merci pour tout.
Vous êtes installé ? Ça vous convient ?
C'est parfait.
On sera très bien ici.
Je veux vous montrer un truc.
Pourquoi on est là ?
Je voulais vous le montrer.
Quand le dernier habitant sera parti, ce sera fini.
Cet endroit sera mort. En fait, il l'est déjà.
J'ai vu des centaines de villages comme celui-là.
"Tourisme rural".
C'est le mot. C'est à la mode.
On passe ses vacances à la campagne.
Avec la grotte, ils viendraient plus ?
Ce coin a une chance, mais il doit d'abord être sur la carte.
Le reste viendra après.
Logement, installations et le reste.
Qu'est-ce que vous en dites ?
Bonne nuit, Marta. Merci pour le dîner.
Bonne nuit.
Esteban, il est là.
- Tu dois être Esteban. - Pedro ?
- Pardon du retard. - Merci d'être venu.
Voici Beni.
Il a trouvé la grotte.
C'est une institution par ici. Tu as faim ?
Non, on s'est arrêtés en route.
C'est de ma faute.
Comme ça, on passera quand même le week-end ensemble.
Très bien.
Bonne idée, mais je vais être très occupé.
Je sais, ne t'en fais pas.
Je suis habituée à tes disparitions.
J'ai appelé, t'étais pas là.
- J'ai laissé un mot. - Ah oui, le mot.
Je l'ai vu. C'était quoi, "Je rentre lundi" ?
Ça expliquait tout.
J'avais envie de te voir.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Ça être doit à cause du magasin, du déménagement...
Il y a tout le temps pour ça.
C'est juste que...
hier, je me suis sentie seule.
Je me suis demandé,
Qu'est-ce que je veux faire de ma vie...
C'est pas ma ville...
Toi et moi, jamais...
on n'a fait de projets.
Je te promets qu'on en parlera ce week-end.
Des serviettes.
Attends en bas. On arrive tout de suite.
On pourrait repenser à acheter un appartement.
Avec l'argent de la librairie, on pourrait...
T'en penses quoi ?
- Pourquoi il... ? - J'en sais rien.
Ça s'ouvre pas.
Il y a un truc.
Tu es photographe ?
Photographe, moniteur de sports d'aventure, guide...
Tout ce qui passe.
J'ai publié quelques photos.
- Une revue que je connais ? - Je crois pas.
Je peux venir ?
Je vous aiderai. Vous me montrerez votre grotte.
C'est pas notre grotte, Gabi.
C'est celle de Beni.
Pour le nom, je rigolais.
Voilà donc le trou.
Jette pas de pierres.
Il fait frais ici.
- Déjà descendu tout seul ? - Parfois.
Il n'y a pas plus sombre, silencieux et isolé qu'en bas.
Pour toi, on dirait que c'est bien.
Je descends pas.
Tu sais que j'aime pas ces endroits.
Très bien.
On va jeter un coup d'œil.
Prends la voiture, si tu veux.
Viens nous chercher vers 8 h.
Je te donne les clés.
Pas la peine, j'ai les miennes.
Bien sûr.
Allons-y.
J'ai beaucoup plus envie d'escalade.
Mais en haute montagne, du sérieux.
Tu regardes en haut et putain... Ça au moins, c'est quelque chose.
Là-haut, tu prends des risques.
Sérieux, c'est top.
Tu parles à un mec qui a fait un 8 000, et tu...
Ils grimpent, on descend.
Tout ça, tu le sais.
- T'as déjà essayé ? - Non.
Salut.
Salut.
Salut.
- Une bière ? - D'accord.
Julian te cherchait pour les réverbères de la place.
Il t'attend à la mairie.
Il sait pas qu'on est samedi ?
Je reviens le plus vite possible.
Pas de problème, je connais le chemin.
Je prendrai une bière.
Je vous l'offre.
Merci.
Le pauvre con était là, dans le noir, paumé,
avec une boîte d'allumettes et quelques clopes.
Écoute, Pedro,
j'ai besoin de silence. Tu me suis ?
Tu veux que je me taise ? Très bien.
Vingt mètres.
Peut-être plus.
Toi d'abord, non ?
- T'as assez de corde ? - Largement.
Ça s'arrête là.
Je remonte.
T'as jamais pensé partir ?
À la mort de mon mari, mais pour Beni.
Il n'y avait plus d'enfants de son âge.
Ça va te sembler idiot,
mais j'étais là, à ta place,
et j'ai fait une liste. Les raisons de rester, d'un côté
et celles de partir, de l'autre.
La liste des raisons de rester
était plus longue.
Je dois aller les chercher. Beni est rentré ?
S'il est avec Julian, l'attends pas.
À plus tard, Marta.
Je peux parler maintenant ?
On a tout vérifié trois fois.
Aucune intersection, pas d'autre sortie.
Y a rien de plus que ça.
2 voies de descente, 300 m de tunnel qui finissent en cul de sac.
Pas très intéressant.
Pas intéressant ? Nul, oui.
Ça arrive. C'est pas de notre faute.
Je fais quelques photos pour les montrer aux gens.
Vite.
Putain !
Merde !
Du calme, Gabi, on est là.
Je vais te sortir de là.
Lâche le volant.
Tout va bien.
C'est ça.
Du calme.
On y est.
Le portable.
Tout va bien.
Il y a rien.
On va remettre la voiture sur le chemin.
Quoi ?
Qui ?
Y a pas les clés.
Je viens de...
de le voir là-bas... là-haut...
Tiens.
Gabi, ça va ?
Qu'est-ce que tu as ?
C'est lui ?
C'est lui, Gabi ?
Dis-moi.
Dis-moi si c'est lui. C'est lui ?
C'était lui ?
Dis-moi si c'est lui.
- Gabi. - Oui.
L'homme sur le chemin
"Rhinoplastie."
Tu cherches quoi, voisin ?
Ça va, Cecilio ? Je te vois plus beaucoup.
Ça va.
Et ta chienne ?
Elle est morte au printemps.
Un sac de farine, un de haricots et un de café.
4 boîtes de cartouches, du tabac, du papier.
Tout de suite.
Des lames de rasoir aussi, et deux bidons de gasoil.
Très bien.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Quoi ? - Tu fais quoi, merde ?
Tu vois pas ? Je ramasse les tuiles.
Pour un type à Sarinena
qui paye bien.
T'avise pas d'en toucher une autre.
Tu veux une part ? C'est ça ?
T'es pire qu'une sangsue.
Ça t'intéresse pas ?
- C'est même pas à toi. - C'était à Santiago.
Et on l'a enterré il y a 13 ans.
Cette maison est à personne et elle s'écroulera comme les autres.
Moi vivant, pas une tuile ne quittera ce village.
Compris ?
Ne touche plus
à rien. Je t'ai vu lorgner la cloche de l'église.
La cloche ?
La cloche de l'église ?
Comment je la descendrais ?
Je te connais. Je te jure que si cette cloche disparaît,
je te troue la peau.
Nom de Dieu ! Pourquoi le seul à rester
dans ce maudit village, c'est toi ?
Le plus grand emmerdeur de toute la vallée !
Écoute-moi bien.
La nuit, j'entends l'âme de ta mère qui se promène au village.
Et tu sais ce qu'elle me dit ?
Qu'elle pouvait pas te voir !
Tu m'entends ?
Où tu vas ?
Je vais au verger. Il y avait un chemin
avant que tu t'appropries la parcelle de Mariano.
Essaye un peu, pour voir.
Tu sais ce que j'aimerais ? Que tu meures
de pneumonie, de diphtérie ou de rhinoplastie, t'entends ?
L'enflure !
Fils de pute !
Salaud !
Ça suffit !
Viens par ici !
Esteban, arrête ! Attends !
- On va à la police. - Lâche-moi !
Tu m'échapperas pas, ordure !
Esteban ! Où tu vas ?
Il est là, Esteban !
Vite, il est là !
Pose ça.
C'est fini.
On fait quoi ?
Mon Dieu !
Esteban !
Les autorités compétentes
Laisse.
Merde !
Ça peut pas durer.
J'ai même pas 2 mois de mariage.
C'est drôle que tu dises ça.
Ça t'a jamais gêné que je sois mariée.
Tu comprends pas. C'est plus compliqué.
Trésor,
je t'ai pas forcé à venir et fallait pas te marier.
T'avais qu'à dire non.
T'as raison.
Je reviendrai plus.
Tu pourrais pas.
Tu me connais pas.
Mon mari est là ce soir mais je pourrai m'échapper.
On irait dans la maison de mes parents.
T'écoutes pas ce que je dis ?
J'irai pas.
Tant pis.
J'y serai quand même.
Oh, Tomas...
Fais gaffe en partant.
Arrête-toi au bar.
- La voiture a besoin d'huile. - Le voyant est allumé.
Passe à la station-service demain.
Je vais donner son port d'armes à Federico.
Ici 122. Parlez, 122 B.
Le Chef termine un boulot et après, on rentre.
Reçu. Oublie pas que t'es de service demain.
T'inquiète pas, j'oublie pas.
Quand même, depuis que le sergent est en vacances, on est mieux.
C'est le bon côté des vieux caïmans,
ils veulent pas d'embrouilles et ils pensent qu'à se faire bronzer.
Par ici, c'est ce qu'il y a mieux à faire.
J'y réfléchirai, 122. Terminé.
Salut.
Bonjour, chérie. De la part de Filo.
Encore ?
Sa femme insiste.
Lavez-vous les mains. Le dîner est prêt.
Les infos et les jeux, il y a que ça de bien à la télé.
Papa, je t'ai déjà surpris à regarder les ragots.
C'était ta mère. Elle adorait ça.
Même s'il y en avait moins alors. Surtout les magazines.
Chacun est libre de regarder
ce qu'il veut, pas vrai ?
Ils sont malins, eux.
Ils fichent rien et sont payés.
Heureusement, parfois, ils passent un bon film.
- Un café ? - Non, merci.
Je vais rentrer voir le film.
Je vous laisse seuls.
Regarde le début ici.
Prends ton café et pars après, si tu veux.
Bien sûr.
Vous ne nous dérangez pas.
D'accord, je prendrai un café.
On ne fait plus de films comme ça.
Ça a été aujourd'hui ?
Bien. Comme d'habitude. Rien de neuf.
Tu es soucieux, Tomas ?
C'est dur de retrouver la routine.
Je sais que tu voulais ta mutation après notre mariage,
mais mon père...
Depuis la mort de maman, il n'a plus que moi.
Je sais et je l'admire.
Mais il prend sa retraite dans 9 mois.
Il veut rester au village.
Je parlais de nous.
Le café.
Je l'apporte.
Arrête de boire.
On a attaqué ma femme.
Et essayé de la violer.
Et...
il s'est passé une chose horrible.
Vous m'écoutez ?
Votre femme ?
Où est-elle ?
Dans la voiture.
Elle est blessée ?
Elle est choquée, mais elle n'a rien de grave.
J'ai tiré sur un homme.
Dans le village abandonné, là-haut.
Il est mort.
Vous êtes sûr qu'il est mort ?
Ça s'est passé quand ?
Il y a 1 heure 1/2.
Le portable ne passait pas
et on a décidé d'aller à la police,
mais la voiture a lâché.
Pedro a crié.
J'ai chargé le fusil et j'ai tiré.
Et il s'est écroulé.
Mais il s'est traîné jusque-là.
Il est mort.
C'était une erreur mais c'est ma faute.
Je l'ai vu sur la route. De dos.
J'ai cru que c'était lui.
Elle était sous le choc, j'ai trop insisté.
Une erreur ?
C'est pas lui qui l'a attaquée.
Restez ici.
Ne touchez pas le corps, ni rien.
Compris ?
J'appelle le poste pour avoir une ambulance.
Je pige rien à tout ça.
- Je connais pas ces gens. - Arrête !
Rien à foutre de vous. Je devrais même pas être là.
- T'as bousillé ma vie ! - Assez !
Je donnerais tout pour changer ça.
Y avait quelqu'un d'autre ?
Non, personne.
Vous avez vu quelqu'un
en partant d'ici ?
Bon...
Réfléchissons un instant.
Que se passerait-il si...
on pouvait changer les choses ?
Sortez-nous de là, s'il vous plaît.
Un instant.
Vous avez dit que vous donneriez tout pour ça.
Et si c'était pas arrivé ?
Tout ça, c'est terrible, une putain de malchance.
Le genre de truc qui vous bousille une vie.
Comme je le vois...
cet homme
vivait seul dans un village abandonné.
Personne s'inquiétera
de sa disparition. Les gens quittent les villages
et on en entend plus parler.
Je ne comprends pas.
Pour moi, c'est clair.
Je veux dire...
qu'en faisant un effort,
il y a mille façons d'effacer un problème.
Mais vous avez déjà appelé.
C'est pas encore fait.
C'était un accident. Ne compliquons pas les choses.
Pour vous, c'est déjà bien compliqué.
Voyons... on a un pauvre bougre battu à mort
et deux blessés.
Vous n'avez aucune idée
de ce qu'est la prison.
On trouve pas toujours le coupable.
Comment pouvez-vous dire ça ?
Avec un homme mort dans la pièce !
Je lui ai pas tiré dessus.
Bien sûr, c'est horrible,
mais il est mort et on peut plus rien.
Pas de compte à rendre à personne.
Exact ?
Pas de famille détruite, pas de veuve,
même pas d'amis.
Faut-il vraiment que justice soit faite ?
Et pour lui ? Quel policier êtes-vous ?
Je veux pas faire ça toute ma vie. Réfléchissez.
On a tous à y gagner.
Vous continuez vos vies, je commence la mienne.
Vous dites que vous donneriez tout pour changer ça ?
Très bien.
La question est...
combien ?
Combien donneriez-vous ?
Moi, j'ai pas beaucoup
mais je pourrais vendre ma voiture.
15 millions. C'est tout ce qu'on a.
Vous êtes tous fous !
Fous à lier !
Je veux plus rien entendre.
Très bien...
On en a jamais parlé.
Je vais sortir par cette porte
et les choses suivront leur cours.
D'accord ?
Qui est idiot ?
Esteban.
Écoute-moi, s'il te plaît.
Écoute.
Je veux pas que tu ailles en prison.
Je le supporterai pas.
Laisse-moi t'aider ou je dirai que je t'ai obligé.
- Que c'était ma faute. - C'est faux.
Esteban, s'il te plaît.
Écoute-moi.
Rien ne changera ce qui s'est passé.
Nos vies ne seront sûrement plus jamais les mêmes, mais...
l'autre option est bien pire.
Fais-le pour moi.
Je vais regarder si personne ne vient.
Soignez votre blessure. Il y a de quoi dans la voiture.
Jusqu'à présent, je me voyais pas comme un assassin.
Puisque c'est décidé, autant s'y mettre immédiatement.
Voilà, j'ai tout nettoyé.
- T'as récupéré les cartouches ? - Ça va où ?
Ici.
Va chercher l'autre.
- Cette blessure ? - Ça va.
Je peux pas enlever cette tache.
On fait quoi de lui ?
Cherche une pelle.
Non.
- T'aurais pas dû venir. - Ça va.
Vous êtes sûrs de ça ?
C'est impossible de descendre sans matériel.
Et il n'y aura plus d'expéditions.
On le trouvera pas, sauf si on le cherche.
Je ferai en sorte que non.
Ramassons nos affaires et tirons-nous.
Pas avant d'avoir fait votre part.
- Ni chèque ni virement. - T'auras ton putain de fric.
Du calme.
Demain, c'est dimanche. Vous allez rester là,
je vais chercher l'argent et je reviens lundi.
- Qu'est-ce qu'on va dire ? - Qu'on fait des mesures.
Qu'on cherche d'autres entrées.
En regardant les gens dans les yeux.
C'est pas mon problème.
Pas d'embrouilles, je vous préviens.
Ça a pas l'air bien grave.
Mais allez à l'hôpital pour un examen plus complet.
Ce sera pas la peine.
Demain, on fera remorquer votre voiture au garage.
Signez ici.
Merci.
Tu étais où ?
Rendors-toi.
Amós le fou
Que ce chien soit maudit !
On apprend aux animaux à éviter les pièges ?
Ils sont pas si malins.
Tu sais,
l'intelligence distingue l'homme de l'animal...
Et le mauvais caractère.
Bordel, c'était quoi, ce truc...
Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Du calme.
Bouge pas.
Il est allé trop loin !
Cecilio !
Sale chien !
Tu vas me le payer !
Sors, trouillard ! Arrête de te cacher !
Sors ou je viens te chercher !
Où tu es ?
T'as peur de moi ?
Bien sûr que t'as peur.
À ta place, je chierais dans mon froc.
Sors !
Ou je fais rentrer mes chèvres chez toi ! T'entends ?
Cecilio ?
Où t'es, bordel ?
Ils sont venus pour nous.
Prenez-le, lui, pas moi.
M'emmenez pas.
Qu'est-ce que j'ai fait à ces morts ?
Qu'est-ce qu'on vous a fait ?
Taisez-vous !
Amalia...
Si tu viens pour ton fils,
il est par terre, dans la cuisine.
Non, Amalia, c'est pas moi.
C'est eux.
C'est pas moi. Je me souviens plus.
Pas moi.
Laissez-moi.
Écoute, Amós.
On rigole pas avec ces choses.
Merde, Rovira, il est 4 h du matin. C'est important, j'espère.
Désolé, caporal.
Amós. Répète ce que tu m'as dit.
J'ai tué Cecilio.
Amós, redis-moi ça.
Ben...
J'ai tué Cecilio. Mon voisin.
Comment ça ?
Raconte.
Je sais plus bien.
On s'est engueulés ce matin.
J'ai dit que je voulais sa mort
et, quand je suis rentré, il était mort.
Vous voyez pas ?
Je voulais sa mort et il est mort.
Tout est là. J'ai dû prendre sa déposition.
Bien.
Allons voir. Tu viens avec nous.
- J'appelle le juge ? - Non.
J'espère que c'est pas encore une ânerie.
Tu viens ?
Alors, vous vivez ici.
Depuis toujours, dans cette maison.
Alors, où est-il ?
Il était là !
La chemise pleine de sang.
Il n'est plus là, son sang non plus.
Je jure que c'est vrai ! Il était là.
La maison est vide. J'ai rien vu d'anormal.
- Et dehors ? - Rien.
Il y a un générateur dans la remise. Mets-le en marche.
Et préviens le poste que tout va bien.
Bien, Amós.
Quand dis-tu l'avoir vu ?
À la tombée de la nuit.
- Tu as touché le corps ? - Non.
Il y avait quelqu'un avec toi ?
Tu l'as regardé longtemps ?
Je sais pas, pas longtemps.
J'ai eu peur et je suis parti en courant.
Tu as fait quoi après ?
Je me suis caché dans la montagne.
Tu as vu quelqu'un ?
Et tu es revenu ici ?
Non, je suis allé au poste.
Je vais jeter un œil.
Qu'as-tu fait dans la montagne
dans le noir, tout ce temps ?
J'ai parlé aux voisins.
Les voisins ? Quels voisins ?
Ceux du cimetière. Les morts.
Ils me parlent.
Amadeo.
J'ai regardé dans la chambre, les tiroirs et l'armoire sont vides.
Il n'y a rien.
Vous voulez voir ?
C'est pas la peine.
Il fallait s'y attendre.
S'attendre à quoi ?
Ça veut dire quoi ?
S'attendre à quoi ?
Il fallait s'y attendre.
Après votre dispute,
il a en eu assez et a quitté le village.
Comme tous les autres.
Mais je l'ai vu, par terre.
Tu es bien sûr ?
Aussi sûr que tu parles aux morts ?
Tu en es bien sûr, Amós ?
Je suis plus sûr de rien.
Fais-toi à l'idée.
Cecilio est parti.
L'ordure !
Le chien !
Fils de...
Le caïman
Raquel, ça va ?
Oui, papa, ça va.
Tu as dû manger quelque chose...
C'est pas ça.
Je suis enceinte.
Tu es... ?
Je vais être grand-père ?
Tomas le sait ?
Non, je lui ai pas encore dit.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je le trouve bizarre.
Il voudra pas de bébé.
Dis pas de bêtises !
Quelque chose tourne pas rond.
Et ça fera qu'empirer les choses.
Papa, si...
s'il sortait de ma vie, je...
je mourrais.
Je pourrais plus respirer, jamais...
Depuis quand un bébé détruit une famille ? C'est le contraire.
Tomas va être l'homme le plus heureux du monde.
Et moi, je serai en deuxième position.
Je préfère quand tu ris.
Et que ton mari te voie pas pleurer.
Bien, mais tu dois me promettre une chose.
Ne lui dis rien.
Je veux trouver le bon moment pour lui dire.
C'est promis.
Viens ici.
Bonjour, caporal.
Attendez. C'est la déposition d'Amós ?
Oui, j'ai pensé que vous sauriez quoi en faire.
Il y a aussi le constat d'accident.
- Quel accident ? - Les gens de la ville.
Tomas les a trouvés sur la route hier soir.
- Autre chose ? - Non. Merci, Rovira.
Bonjour.
Un ennui ?
Non, rien. Quelle nuit !
On a rien pendant des mois
et, en une nuit, un accident et un fou.
C'est la vie.
Tu as déjeuné ?
Alors, allons-y.
Tu manges rien ?
Non, je suis un peu barbouillé.
Alors, tu devrais pas fumer.
Federico. T'as vu Cecilio dernièrement ?
- Il vit au village avec Amós. - Oui.
Il est passé l'autre jour avec sa mule.
Il avait dû passer au magasin de Valentin.
Tu l'as revu depuis ?
Il passe des semaines sans venir au village. Pourquoi ?
Il a fait sa valise et il est parti.
Parti ?
Pour aller où ?
- Dans sa famille, quelque part. - Ça m'étonnerait.
Il avait bien un oncle à Cuba.
Le frère de son père, je crois.
Mais il doit être...
Je vois. Cuba.
Quand vous voudrez.
Tu sais, j'ai réfléchi...
Je vais passer au magasin de Valentin.
Mais on est dimanche.
Ce sera pas long.
- Ce sont les achats de Cecilio ? - Oui.
Tout est là.
Il a parlé de quitter le village ?
Mais il parle peu.
- Je peux ? - Bien sûr.
Merci, Valentin.
De rien.
Donne-moi les clés. Je vais conduire.
On va où maintenant ?
Qu'est-ce qu'on fait là ?
C'est toujours aussi vide.
Je peux savoir ce que vous faites ?
S'il pensait partir un temps ou ne pas revenir,
pourquoi acheter un mois de provisions la veille
et tout ranger dans la réserve ?
Il a même pris du gas-oil pour le générateur.
Peut-être...
qu'il a décidé de partir sur un coup de tête.
Après toute une vie au village ?
Comme ça, sans rien dire à personne ?
Les gens sont parfois bizarres.
Vous cherchez quoi exactement ?
Je pourrais vous aider.
Pourquoi a-t-il laissé les disques ?
Ils étaient à sa mère.
Il y était très attaché.
Souvent, on entendait la musique
de la route, la nuit.
À un certain âge, on n'a plus que des souvenirs.
C'était peut-être trop lourd.
Les photos, ça pèse rien.
Et sa mule. Pourquoi l'abandonner ?
Il pouvait la vendre pour qu'elle crève pas de faim.
Il aura pensé qu'Amós s'en chargerait.
Peut-être.
Amadeo, ne le prenez pas mal,
mais comme vous vous ennuyez,
vous prenez tout ça trop au sérieux.
C'est possible.
Mais pourquoi a-t-il tant attendu ?
Au moins Amós a dit la vérité dans sa déposition.
Il a détourné l'eau ici-même
pour ennuyer Cecilio.
Alors, c'est ça.
Amós l'ennuyait tellement que Cecilio en a eu assez
et il est parti.
Amós dit qu'il a fait ça dans l'après-midi.
Cecilio serait parti après l'avoir réparé,
en fin d'après-midi
ou même de nuit.
C'est normal de partir en voyage si tard ?
Allons, Amadeo.
Vous croyez quand même pas Amós.
Tout le monde sait qu'il est fêlé.
Il entend des voix a des visions.
Et il y avait pas de cadavre dans la maison.
Oui, c'est vrai.
Évidemment.
Peut-être
que, pendant la dispute, Cecilio a dit qu'il partait
et Amós a imaginé le reste.
Peut-être.
Tout est possible.
Mais en tout cas,
quoi qu'il en soit,
s'il est parti seul et à pied,
avec au moins une valise,
quelqu'un l'aura vu.
Il n'a pas disparu comme ça.
J122 à 122, vous me recevez, Rovira ?
Rovira ? Pourquoi faire ?
J122 à 122. Vous me recevez, Rovira ?
Je vous reçois, caporal.
Tu vas me rendre un service.
Tomas a une photo de Cecilio.
Vous allez trop vite.
Ça fait pas 24 heures qu'il a disparu.
À quelle heure t'as trouvé ceux de l'accident ?
À minuit et demi.
Comment allez-vous ?
Bien, un peu secouée.
Le pire a été pour vous. Vos amis n'ont rien eu.
Ils n'étaient pas dans la voiture.
Tout ça a été absurde en fait.
J'ai ôté le frein à main, pensant qu'il y avait une vitesse
et, en deux secondes, la voiture avait quitté la route.
Ça peut mal finir parfois.
Je suppose que vous voulez rentrer chez vous.
On a pas fini. On cherche d'autres entrées.
Je vois.
Vous devriez vous reposer un peu.
- Vous voulez entrer pour... ? - Non, merci.
J'ai juste une question.
Ça peut vous sembler idiot, mais...
un de nos voisins a disparu.
Apparemment,
il est parti, mais personne ne l'a vu.
Comme vous étiez dans le coin tout l'après-midi,
j'ai pensé que vous auriez pu...
On n'oublie pas avoir vu un homme avec une valise.
Non, on a vu personne.
Certain ?
Vous n'êtes pas non plus allés au village chercher de l'aide ?
On savait pas que ce village existait.
Bonjour, Amadeo.
Je les interrogeais au sujet du village tout près
du lieu de votre accident.
Oui, je le connais.
- Ah oui ? - J'y suis déjà allé.
Vendredi après-midi.
Avec le maire. On s'y est promenés
avant que ces deux-là arrivent.
Vous n'y êtes pas retourné depuis ?
Bon, on va discuter là toute la journée.
Je ne vous retiens pas plus.
Bonsoir, Amadeo. Vous attendez quelqu'un ?
Je t'attendais.
Monte.
Vous allez m'arrêter ?
Ces gens de la ville...
Tu passes du temps avec eux.
On voit peu de filles comme elle par ici.
Non, pas comme elle.
Enfin, ils partiront et je resterai ici.
Et c'est bien, j'aime cet endroit.
Quoique...
- Ils partiront peut-être pas. - Pourquoi tu dis ça ?
J'ai entendu une conversation téléphonique.
Elle parlait de la grande maison.
Celle de Lacort, vous savez.
Ils ont décidé de se voir là-bas.
On dirait qu'ils vont rencontrer le proprio pour l'acheter.
Vous savez pourquoi ?
Ils ont trouvé un truc dans la grotte.
Beni, tu vas un peu vite en besogne.
Julian a bien dit que cette grotte attirerait les touristes.
Je peux vous faire confiance ?
Bien sûr. Ne t'inquiète pas.
Bonne soirée, Amadeo.
Bonne soirée, petit.
Rien ?
Personne ne l'a vu ?
On a demandé partout et personne l'a vu.
Dans une gare, on voit beaucoup de gens comme lui avec une valise.
Et c'est une vieille photo. Comment savoir ?
Très bien. C'est pas grave.
Oubliez tout ça.
Et merci pour le service.
Police, j'écoute.
T'es bien silencieux.
Et t'as rien mangé.
Pardon,
je suis un peu distrait aujourd'hui.
Au fait, Amadeo.
Je suis allé à la gare routière de San Martin.
Et devinez quoi ?
Quelqu'un a vu Cecilio.
Je le jure. Un type du café me l'a dit.
Il a reconnu la photo.
Il l'a vu avec une valise, il a déjeuné
et il est parti.
Quel bus il a pu prendre ?
J'ai pas fait de rapport, puisque c'était pas officiel.
- Je vous sers ? - Non.
J'ai du tiramisu en dessert.
J'espère qu'il sera bon.
J'ai pensé
qu'on pourrait sortir ce soir.
Faire un truc spécial.
D'accord.
Ce soir ?
Je dois voir un vieux pote...
Tu m'avais rien dit.
Il a appelé cet après-midi.
Il était dans le coin.
Il voulait qu'on discute.
On a rendez-vous.
La vieille maison de Lacort ?
Vous allez faire quoi ?
Il est là.
Bon, finissons-en.
J'ignore pourquoi vous faites ça
et je veux pas le savoir.
En ce qui me concerne, Cecilio est parti avec une valise
Dieu sait où
et il ne reviendra jamais.
Donc, j'espère que personne ici
ne parlera plus de ce sujet,
jamais.
J'espère ne jamais vous revoir
aussi longtemps que je vivrai.
Ne vous en faites pas.
Dégagez !
Amadeo, je...
Ce soir, j'ai écrit ma lettre de démission.
Je ne veux rien entendre de plus.
Et surtout,
pas un mot, jamais, à Raquel.
Compris ?
Tomas...
Miguel ?
Oui ?
Tu as dîné ?
J'arrive tout de suite.
On a recensé 360 000 ruches.
Donc 60 % de la population de Hurdes vit de l'apiculture.
En moyenne,
une ruche donne 20 à 25 kilos de miel par an.
On utilise la fumée
pour les dompter, comme les lions.
Ça fonctionne très bien.
L'abeille n'attaque pas autant qu'on le croit.
Si vous ne la gênez pas, elle ne vous gênera pas.
Sous-titrage : B.B. COM - Paris
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