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Mark O'Brien est inscrit à Berkeley depuis 1978.
Le voici dans son chariot motorisé, en route pour un cours.
Il a contracté la polio à 6 ans.
Il en est resté invalide mais avec un esprit vif et acéré.
Désirant devenir écrivain,
il s'est spécialisé en anglais
pour apprendre son métier.
Il a écrit ce poème sur la faculté
et la remise des diplômes.
"La remise des diplômes."
Aujourd'hui j'entends le public m'applaudir
Je suis félicité par mes amis
Aujourd'hui, je demande
Si j'ai ma place parmi mes pairs
Qui ont étudié
Lu
Écrit
Et réussi l'examen en robe universitaire
Aujourd'hui
J'espère que vous voyez un homme
Sur cette scène
Il nous montre
que courage et persévérance
surmontent les obstacles.
Avec Mark O'Brien, à Berkeley,
Bill Hillman, en reportage pour Channel 5.
"La respiration."
Regardez
Ce dais splendide, l'air
Pèse sur moi
Avec son kilogramme par centimètre carré
Dense, lourd, cet océan bleu rayonnant
Me taquine par sa proximité et son immensité
Je n'en retire qu'un mince filet
Une corde de la largeur d'un doigt
Qui me relie à la vie
Merde.
Concentre-toi.
Gratte-toi par la pensée.
La pensée.
Gratte-toi par la pensée.
Bonjour.
Vous êtes en retard.
"Joan."
Je vous assure, c'était une garce cinglée
Qui me secouait assez pour me faire peur
Mais pas trop, pour pouvoir dire
"Pourquoi ces cris d'orfraie ?
"Les polios sont des gueulards. Depuis toujours."
Je n'ai pas pipé mot
Mais j'ai tapé mon maigre roman dans ma tête
En fomentant ma vengeance
Je peux vous demander un service ?
Besoin d'aide pour déménager ?
J'ai besoin d'une avance sur mon salaire. De deux semaines.
Ce n'est quand même pas trop demander, si ?
Et si dans quinze jours, vous n'êtes plus là ?
Quelle barbe de ne plus pouvoir utiliser mon autre chariot.
L'autopropulsé.
Il avait causé quelques accidents spectaculaires.
En fait,
malgré tous les rétroviseurs, je ne voyais pas où j'allais.
La peur et l'appréhension de Marie ont fait place
à la fierté et à la résolution.
Elizabeth, elle-même enceinte de saint Jean,
a senti le pouvoir de cette merveilleuse femme.
C'est Elizabeth,
et sa foi absolue,
qui ont donné à Marie le courage qui lui faisait défaut.
Elle a rendu grâce ainsi :
"Mon âme exalte le Seigneur,
"Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur."
Que l'esprit du Seigneur vous gagne et ne vous quitte jamais.
Je suis sans conteste un vrai croyant.
Mais je crois en un dieu qui a le sens de l'humour.
Un humour cinglant.
Un dieu qui m'a créé
à son image.
Bonjour, nous n'avons pas été présentés. Père Brendan.
Mark O'Brien.
Je connaissais très bien le père Seamus.
Je regrette qu'il ne soit plus là.
Vous n'êtes pas le seul. Je le remplacerai de mon mieux.
- Vous voulez vous confesser ? - En effet.
J'ai dit à mon auxiliaire de vie de revenir dans 30 min. Ça ira ?
J'ai du temps.
Je peux être assez prenant, mais je vaux le détour.
Je suis là pour vous.
Ce n'est pas à proprement parler une confession.
Je n'ai encore rien fait.
J'aimerais bien avoir un devis.
Je vous écoute.
Je suis surtout préoccupé par une de mes auxiliaires.
Joan.
Je pense à m'en débarrasser.
Je ne peux réprimer cette mauvaise pensée.
Est-elle malhonnête ou incompétente ?
Rien de tout ça. Elle me considère mal.
Elle pense m'être indispensable.
J'aimerais lui donner tort,
rien que pour le plaisir coupable que j'en tirerai.
Est-ce un péché, mon père ?
Apparemment, ça vous tracasse.
Oui, ça me tracasse beaucoup,
parce qu'en fait, c'est de l'abus de pouvoir.
C'est moi contre elle.
Moi contre le monde.
Ne vous souciez pas de ça.
Demandez-vous plutôt si vous appréciez sa présence.
Je la déteste.
Alors, débarrassez-vous-en.
Si j'avais le choix, je prendrais quelqu'un d'agréable.
Même par abus de pouvoir.
J'ai votre bénédiction
pour la renvoyer ?
Officieusement, oui.
Ça me suffit.
Poète/journaliste cherche assistante avec sens de l'humour prononcé
"Amanda."
Amanda aurait été une jolie fille
À toucher, à étreindre
À embrasser
Avez-vous de l'expérience ?
Non. Aucune.
Ça m'a l'air parfait.
Combien de temps pouvez-vous vous en passer ?
Trois ou quatre heures.
Tout dépend si je m'amuse ou pas.
Alors qu'elle glissait parmi des foules de vies
Elle ne pouvait me laisser étendu là
Chewing-gum séché collé en dessous de l'existence
Un jour, elle m'emmena pique-niquer
Avec son petit ami et un autre couple
Le désir crépitait dans l'air
Que pensait le petit ami ?
Que j'étais gênant ?
Je gêne toujours quelqu'un, me dis-je
Le soleil dans les yeux
Et ?
Et quoi ?
Tu le touches ?
À ton avis ? Oui, je fais tout.
D'autres questions ?
Dégueu.
Pardon ?
Tu as dit quoi ?
Sois pas sur la défensive.
Je me sens pas vraiment menacé.
Et pourquoi ?
Lui au moins, c'est un homme.
Que pense ton ami de moi ?
C'est un connard. On se fiche de son avis.
L'avis d'un connard m'intéresse beaucoup.
Il te prend pour un genre de Svengali
qui va m'hypnotiser pour m'attirer dans sa secte.
Il a raison.
Il dit qu'il perçoit déjà des changements.
Sa peau blanche, parfaite
Son visage à la Tudor
Ses jambes robustes et charnues
Me plongeaient dans des extases de désespoir.
Je continue ?
Je n'avais qu'un désir, des mains qui bougent
Rien que pour la toucher
Ça m'aurait suffi
Avec un cœur doux et intrépide, elle m'accepta.
Je m'épanouissais dans son jardin,
et désirais davantage.
Friperie vintage
Les chemises...
Celle-là est faite pour toi.
Qu'est-ce que tu dis ?
Je t'aime.
Partageait-t-elle vos sentiments ?
Elle n'avait pas l'air.
Parfois, les gens n'osent pas montrer leurs émotions.
Pour être sûr qu'elle comprenne bien,
je lui ai répété que je l'aimais
et que je voulais l'épouser.
Pour provoquer une réaction.
- Ça a marché ? - Oui.
Elle est partie.
Amanda aurait pu être une jolie fille
À toucher
À étreindre, à mener au lit
J'aimerais savoir quoi vous dire.
Bienvenue chez les humains. Chaque jour, quelqu'un brise un cœur.
Je suis là pour vous.
Mais j'aimerais être d'une plus grande aide.
Les prêtres n'ont que de vagues notions sur la vie et la mort.
Avez-vous envisagé de consulter un thérapeute ?
Pas vraiment.
Mon père ?
J'ai besoin d'un câlin.
Un câlin ?
Voilà.
Vera ?
Moi, c'est Rod.
En général, j'ai la tranche 16 h-minuit.
Mais on peut toujours échanger.
Vous avez de l'expérience ?
Un peu.
Vous pouvez répondre ?
C'est Sandy, de Pacific News Service.
Vous pouvez appuyer sur le bouton et mettre sur haut-parleur ?
Bonjour, Sandy.
Mark, comment allez-vous ?
Bien.
J'ai une nouvelle auxiliaire.
Elle a répondu au téléphone et s'appelle Vera.
Bienvenue, Vera.
Merci.
Nous faisons une série d'articles qui vous intéressera.
Le sujet : Le sexe et les handicapés.
Il faudrait interroger des gens dans la région de Berkeley.
Pourquoi maintenant ?
Parce qu'on a l'argent.
Si vous êtes sur autre chose, on en reparlera.
Maintenant, ça me convient.
Parfait !
Impossible d'y couper.
Une porte s'était ouverte et je ne pouvais la refermer.
À l'encre invisible, c'était écrit :
"Ne pas entrer."
Ce genre de positions est presque impossible.
Je ne sais pas si vous visualisez,
on l'appelle chevauchée inversée latérale ou de côté.
C'est pas mal.
La plupart veulent une pénétration profonde.
Comme mon partenaire.
Moi, je m'en fiche.
J'aime autant qu'il me lèche les tétons, s'il s'en donne la peine.
La cassette est finie, je crois.
On continue ?
Ça ira, Carmen.
J'ai ce qu'il me faut pour avancer.
Merci.
Tu peux m'appeler.
Je te donne le numéro de Greg. Il connaît plein de trucs incroyables.
Le sexe oral est une question de goût.
Moi, j'ai un avantage.
Je fume tellement de beuh
que mes papilles sont engourdies.
Ça me donne beaucoup d'endurance dans la langue.
L'endurance, c'est le secret du cunnilingus.
Qui sont ces gens ?
J'ai l'impression d'être un anthropologue
avec une tribu de chasseurs de tête.
Content de vous voir. Comment ça va ?
Je suis un peu dérouté en ce moment.
J'aimerais que vous me donniez un conseil d'ami,
si vous me suivez ?
Bien sûr, et je comprends.
Vous m'avez conseillé de consulter un thérapeute.
Un jour, c'est une longue histoire,
je me suis retrouvé à consulter une thérapeute.
Une thérapeute assez spéciale.
Une sexologue.
Bonjour. Université de Berkeley.
Pourriez-vous me passer le centre Sexualité et Handicap ?
Désolée,
le centre Sexualité et Handicap est fermé.
Dieu merci.
Monsieur ?
- Pardon de vous avoir dérangée. - Aucun problème.
Je peux vous donner le numéro d'une thérapeute qui y travaillait.
Vous le voulez ?
- Ça rentrera pas. - Ça ira.
- Tout va bien se passer. - J'ai changé d'avis.
Vous voulez la voir ou non ?
Trop tard.
- Quel étage ? - 18e.
Quelles chances me donnez-vous ?
De réaliser votre fantasme romantique ? Très peu, voire aucune.
Inutile de prendre des gants.
Vous pouvez être franche.
Je ne suis qu'une humble sexologue.
J'essaie d'aider des gens qui ont des problèmes sexuels.
Votre problème, c'est d'être vierge.
C'est exact.
Et vous ne pouvez pas vous masturber.
En effet.
Quelqu'un l'a déjà fait pour vous ?
- Vous en avez fait la demande ? - Pas précisément.
J'ai demandé une fille en mariage, elle a refusé.
Ça équivaut à la masturbation ?
Vous savez, être avec l'être aimé
n'est pas la seule façon de s'exprimer sexuellement.
Il existe des assistants sexuels.
Mon pénis me parle, mon père.
Il m'arrive d'éjaculer pendant ma toilette
devant mes auxiliaires.
Je ressens honte et mortification
quand d'autres en retirent apparemment du plaisir.
Pardon si j'ai l'air en colère.
Ne vous en faites pas. Continuez.
Cette thérapeute
m'a proposé de travailler avec une spécialiste du sexe.
Coucher avec une "assistante sexuelle"
qui serait
à l'écoute de mes besoins peu communs.
J'y ai réfléchi.
Attendez Qu'entendez-vous par "coucher" ?
Quand un couple s'aime...
Non, je sais ce que...
Des rapports sexuels ?
Je crois, oui.
Hors mariage ?
J'ai fait tout ce que j'ai pu, question mariage.
Quelle différence
entre une assistante sexuelle et une prostituée ?
Je ne sais pas mais je pense qu'il y en a une.
- Quel âge avez-vous ? - 38 ans.
Pourquoi maintenant ?
Je n'avais pas de liquide, avant. Ça change tout.
Et je me rapproche de ma date de péremption.
Vous voulez donc un conseil sur la fornication ?
Un conseil d'ami.
Mon vote est décisif, pour ainsi dire ?
Votre conseil compte autant que celui de la thérapeute.
Vous ne plaisantez pas.
On ne plaisante pas avec le sexe.
C'est l'un des thèmes récurrents de la Bible.
Alors ?
M'est-il permis de connaître une femme
au sens biblique du terme, pour ainsi dire ?
Est-ce que je veux le savoir ?
Vous voulez mon avis ?
S'il vous plaît.
Au fond de moi, je sens qu’il fera une exception pour vous.
Allez-y.
Allez-y !
Vraiment ?
Si vous vous en sentez capable.
Pour être honnête...
j'ai peur.
Dans ce cas, prions.
Doux Jésus,
Mark et moi-même nous agenouillons à tes pieds
et t'implorons de bénir ce petit voyage.
Ce petit pas pour l'homme.
Je suis très fier de moi.
Imposer à une quasi-inconnue de forniquer chez elle.
Remets-toi. C'est tout à fait normal.
Le tiroir est plein de choses utiles, si vous êtes d'humeur aventureuse.
C'est bon, j'apporterai mon linge.
Inutile, tout sera fourni.
C'est un honneur. Ça sera un bon karma pour la maison.
Bon karma pour la maison ?
Ça me met déjà la pression.
C'est insupportable.
Tony à l'appareil.
Bonjour. C'est Laura White. Cheryl est là ?
Cheryl !
- Qu'y a-t-il ? - Téléphone.
Elle arrive.
Je suis pas ta nana.
Si on appelle, surtout si tu connais pas,
tu peux m'appeler maman.
Cheryl à l'appareil.
C'est Laura.
- Ça fait longtemps ! Tu vas bien ? - Très bien.
Je voulais te demander
si tu accepterais de travailler avec un client très infirme.
Ne quitte pas.
Prends un verre.
Bonjour. Téléphone de Mark O'Brien.
Cheryl Cohen Greene. Pourrais-je parler à Mark ?
Une minute, s'il vous plaît.
Je lui dis quoi ? Oui ou non ?
Allez, décide-toi.
C'est bon.
- Bonjour. Mark à l'appareil. - Je suis Cheryl.
Laura m'a parlé de vous.
Vous aimeriez qu'on se rencontre, c'est ça ?
Je vous propose le 13, à 11 h.
Ça vous irait ?
Je pense, oui.
D'où venez-vous ?
Boston. Et vous ?
Salem.
Le monde est petit.
On discutera et quand vous serez prêt,
on fera des exercices d'éveil corporel.
Sainte Mère de Dieu...
qu'est-ce que c'est, des exercices d'éveil corporel ?
- Laquelle ? - Ça m'est égal.
Arrête de jouer les condamnés à mort.
Je ne joue pas.
Bon, la violette.
Essaie de penser à autre chose.
Au base-ball, par exemple. C'est ce qu'on dit aux garçons.
Au base-ball ?
Parce que j'espère marquer des points ?
Ça m'aide beaucoup.
C'est ça, continue.
Elle a peut-être oublié.
Ou alors, elle s'est trompée de date. Laissons tomber.
Partons, allez.
Elle n'a pas oublié.
Tu vois ?
Entrez.
J'y vais.
Je reviens vers 13 h.
Si vous finissez avant, claquez la porte derrière vous.
Amusez-vous bien !
Merci. Salut.
Quelle heure est-il ?
11 h 12.
Il y a de grandes chances qu'elle ait changé d'avis.
Si jamais elle arrive,
elle aurait parfaitement le droit de partir en courant.
Elle n'en fera rien.
Je suis Cheryl. Pardon pour le retard.
Aucun problème. Entrez.
Je suis Vera, l'auxiliaire de Mark.
- Enchantée. - Moi de même.
Bonjour, Mark O'Brien.
Bonjour, Cheryl Cohen Greene.
Je reviens dans deux heures ?
Parfait.
Votre argent est sur le bureau.
Je vois ça.
Merci.
Mauvaise entrée en matière.
En effet. On recommence ?
S'il vous plaît. Allez-y.
Même si notre but est de coucher, je ne suis pas une prostituée.
Inutile de me payer d'avance. Je n'ai rien contre elles,
mais il y a une différence.
Désolé.
L'autre chose, c'est qu'on a un nombre limité de séances.
Laura vous en a parlé ?
Je suis désolé, je ne me rappelle pas.
La limite, c'est 6. Ça nous laisse de quoi explorer.
Vous pouvez donc avoir une érection.
Oui, mais pas contrôlée.
Beaucoup d'hommes rêveraient d'avoir une érection naturellement.
- C'est chez vous, ici ? - Non, chez une amie.
En guise de lit, je n'ai qu'un poumon d'acier.
J'envisage la possibilité d'acheter
un futon, si le besoin s'en fait sentir.
- Ça vaut le coup d'y réfléchir. - J'ai la place.
Mais ça peut coûter assez cher...
Un bon futon, ça coûte combien ?
Prenez une grande inspiration.
Et expirez.
J'ai l'air nerveux ?
Un peu, oui.
Laura m'a dit que vous étiez poète.
C'est comment d'être poète ?
Ça permet de vivre dans sa tête. J'y passe le plus clair de mon temps.
Sauf aujourd'hui.
Jolie chemise, au fait.
Merci.
Je vais vous poser des questions basiques.
Expliquez-moi, que je comprenne bien,
à quoi sert exactement un poumon d'acier.
Il me permet de respirer.
Je peux m'en passer avec un respirateur portable,
si je me sens bien.
Je travaille et je dors dedans.
Comment vous sentez-vous, là ?
Pas à la hauteur.
Niveau respiration ?
Bien !
Même mieux que d'habitude.
Super.
On se déshabille ?
D'accord.
Doucement.
Je vous ai fait mal ?
Pas encore.
Vous avez des endroits particulièrement sensibles
que je ne dois pas toucher ?
J'ai une sensibilité normale partout.
Je ne suis pas vraiment paralysé.
Mes muscles ne fonctionnent pas bien.
Mais vous pouvez me toucher partout.
Super.
- Arrêtez ! J'ai mal ! - Quoi ?
Bon Dieu !
Mes doigts ! Ils sont coincés.
C'est bon.
- Tout va bien. - Faites attention.
Je vais faire très attention à vous.
Je ne veux ni vous faire mal ni vous blesser.
C'est vraiment pas sexy de me crier dessus.
Je ne vous crierai plus dessus.
Mais vous me direz,
calmement,
dès que vous aurez mal.
C'est parti.
Un jeu d'enfant.
- Jolie chemise. - Vous l'avez déjà dit.
Ah oui ?
Je vais le faire glisser.
Attention à mes pieds !
Retenez votre respiration.
Attention ! Pas si vite !
Vous êtes prêt ?
Je prends ça pour un oui.
Donc, la différence entre moi et une prostituée,
c'est qu'elle veut vous fidéliser.
Pas moi. Je veux vous aider à connaître votre sensibilité sexuelle
pour que vous puissiez la partager.
J'aimerais que vous me disiez
ce que vous ressentez à mesure que je vous touche.
Quand je suis nu,
tous ceux qui sont dans la pièce sont habillés.
Être couché avec une personne nue, c'est perturbant.
Pourquoi ?
J'ai toujours pensé que Dieu
ou mes parents empêcheraient que ça arrive.
Pas cette fois.
Si ça vous fait du bien, dites-le-moi.
Si ça vous chatouille ou vous gêne, faites-le savoir.
Surtout, ne tolérez rien.
Je vais commencer par le haut de votre crâne.
Vos cheveux sont doux !
Très agréables à toucher.
- Ça vous fait du bien ? - Oui.
Ça, c'est bizarre.
Agréable ou pas ?
Seulement bizarre.
C'est agréable.
- Ça aussi ? - Tout est agréable, sauf l'oreille.
C'est les exercices d'éveil corporel ?
Bravo, bonne déduction.
On me dit très perspicace.
Vous avez envie de me toucher ?
Bien sûr.
Quand on en touche un, on touche l'autre. C'est la règle.
C'est une bonne règle.
Vous portez de l'eau de Cologne ?
Ça me plaît. En général, je n'aime pas,
mais celle-là, si.
Je vais passer ma main le long de votre corps
jusqu'à votre pénis et si...
Bravo.
J'en attendais davantage.
Non pas que ce fut désagréable.
Après tout, j'étais au lit avec une femme nue.
Elle m'a complimenté sur ma chemise, mes cheveux.
Elle a tenu mon pénis dans sa main.
Je n'ai pas vu mon pénis depuis plus de 30 ans.
J'en dis trop, mon père ?
J'ai l'habitude.
La semaine prochaine.
Vendredi 20 ? Même heure ?
Ça me va.
On verra les rapports sexuels.
L'idée de me voir vous effrayait ?
J'étais terrifié.
Soyez fier de vous. Vous avez assuré !
On a bien progressé.
Vous permettez une question ?
Que voulez-vous savoir ?
N'importe.
Dites-moi quelque chose sur vous.
Ce que vous voulez.
Je suis très secrète.
J'ai une vie privée, ne l'oubliez pas.
C'est tout. Le sujet de la thérapie, c'est vous.
Vous revoilà !
- Vous tombez à pic. - Vous avez été discrets ?
À la prochaine fois.
C'était bien ? Comment te sens-tu ?
Purifié.
Et victorieux.
Que demande le peuple !
- Et toi, ta première fois ? - Que je réfléchisse
C'était comment ?
Pas génial.
C'était consenti
et j'aimais le mec,
mais sa bite m'a paru énorme.
Je pensais que ça rentrerait pas. C'était effrayant.
Il était gentil.
J'imagine qu'il n'y pouvait rien.
Il était Chinois ?
Tu plaisantes ? Je sortais qu'avec des Blancs au lycée.
Pourquoi ?
Sûrement pour emmerder mes parents.
Ils sont contents de ton ami Chinois ?
Ils sont contents que je sois contente.
Comment est sa bite ?
De taille parfaite.
Pourquoi tu dis bite et pas pénis ?
Pénis, ça fait légume pas ragoûtant.
Bite, ça dit bien ce que c'est.
Le problème...
c'est que ça s'est terminé trop vite.
M'en parle pas.
Première séance.
Mark O'Brien est l'aîné de quatre enfants.
Il a reçu une éducation catholique.
Il était extrêmement nerveux.
Il a hurlé quand j'ai retiré sa chemise. Sûrement plus de peur que de douleur.
Il ne peut pas se masturber. N'a eu qu'un baiser de temps en temps.
S'il peut avoir facilement une érection,
la courbure atypique de son corps peut empêcher les rapports sexuels.
J'ai commencé à travailler avec un homme
qui passe presque toute sa vie
enfermé dans une grosse boîte en métal.
Tu m'as entendue ?
Et tu es
une sainte.
La technique de pression
"Parfois, la tête du pénis
"est trop grosse pour pénétrer l'entrée du vagin en douceur,
"auquel cas, l'application de lubrifiant est recommandée pour...
"éviter...
"une possible..."
Mon Dieu !
Y a quoi au menu, aujourd'hui ?
On va tenter les rapports sexuels.
C'est du sérieux.
T'en penses quoi, toi ?
Des rapports sexuels ?
Surestimés, mais nécessaires.
Y a d'autres moyens d'obtenir le même résultat
mais on croit l'avoir fait que si on va jusqu'au fond.
Regardez-moi cette fois.
Allez, essayez. Ouvrez les yeux.
Ça vous plaît ?
Oui.
À partir de maintenant,
vous allez être attentif aux signaux de votre corps,
de façon à pouvoir contrôler...
Bon sang !
Merde.
J'ai recommencé.
Cette fois, j'ai éjaculé sur sa cuisse.
J'ai eu l'impression d'être maudit.
Que toute cette entreprise était maudite.
Cette punition m'a semblé totalement juste.
Dieu ne refusait pas ma sexualité.
Il me montrait toute son inutilité.
Je suis sidéré que Dieu soit si souvent évoqué dans l'acte sexuel.
Même chez les non-croyants, la plus courante expression de l'extase,
c'est "Mon Dieu !".
Ne me parlez plus de malédiction divine.
Le mérite me revient.
Mon irrésistible beauté
vous a pris au dépourvu.
On en était où ?
Comment ça, on en était où ?
Je vais vous toucher.
Je vous touche.
Et quand on sentira que vous êtes excité,
comme maintenant, je vous guiderai en moi.
Je dois faire quelque chose ?
Fermez les yeux
et sentez votre corps. Vous n'avez rien d'autre à faire.
- Ça va pas rentrer ! - Ça rentrera parfaitement.
- C'est dangereux, il est trop gros. - Non, détendez-vous.
Ça rentrera pas. Ça va faire mal.
Je vous promets
que tout ira bien.
Recommençons tant que vous bandez encore.
Merde.
Je suis désolé.
Arrêtez d'être désolé.
Et arrêtez de lire ces livres stupides sur le sexe.
Il nous reste du temps. On pourrait discuter.
Ou vous pourriez me sucer les tétons. C'était bien.
Par quoi voulez-vous commencer ?
Son anxiété doit provenir de ses parents et de sa religion.
Il pense ne pas mériter de faire l'amour.
Il se croit responsable de la mort de sa sœur à 7 ans,
parce que sa mère était trop absorbée par lui.
On a évoqué ses fantasmes, à tendance masochiste.
À nouveau, l'idée de punition.
Il n'avait encore jamais vu le sexe féminin.
Rien que l'idée l'effrayait.
Maintenant, je crains que ça n'arrive jamais.
Je ne coucherai jamais avec Cheryl ou avec une autre.
Coucher prouverait peut-être que je suis adulte.
Je ne veux peut-être pas franchir ce pas.
Si ça se trouve...
c'est une mauvaise idée.
Vous voulez mon avis ?
S'il vous plaît.
Oubliez ce blabla psy. J'ai grandi dans une ferme.
Même les animaux s'y reprennent à deux fois.
Essayez de prendre plus de plaisir.
Oubliez le côté technique.
Vous êtes poète.
Soyez romantique.
Pourquoi pas...
Elle est parfaite.
- Tu as le trac ? - Un peu.
- Du sent-bon ? - Oui, bien sûr.
Aujourd'hui, je le sens bien.
- Très bien. - Tant mieux.
J'avais peur que ça n'arrive jamais mais je pense que c'est le grand jour.
- Tu veux un conseil ? - Je t'en prie.
Arrête d'y penser.
Je ne pouvais pas rêver plus belle journée.
Tu n'écoutes pas. Arrête d'y penser.
Très belle journée.
Je suis désolée.
J'ai oublié.
Elle s'est confondue en excuses.
C'est peut-être pas ce qu'on avait en tête
mais à quelques rues d'ici, j'ai repéré un hôtel sympa.
On peut aller jeter un coup d'œil.
Pourquoi pas.
Vous avez une chambre au rez-de-chaussée ?
Une simple.
- Combien ? - 35 hors taxes.
Mon patron, le monsieur en chariot,
devrait être en séance de thérapie
mais le lieu habituel est indisponible.
On veut la chambre pour 2 h. 20 $ cash, c'est bon ?
Il y a un distributeur de boissons et une machine à glaçons.
Je suis sûr que ça sera utile.
Merci beaucoup !
Et voilà.
J'ai un livre.
Je serai à la réception en cas de besoin.
C'est très coquet !
Il y en a que les hôtels émoustillent.
Vous pensez que ça peut être mon cas ?
Bien sûr !
Jolie chemise.
Provocante et raffinée ?
Vous m'enlevez les mots de la bouche !
Il a quoi votre patron ?
En gros, il ne peut bouger que la tête.
En quoi consiste leur thérapie ?
Ils couchent ensemble.
Vous vous foutez de moi.
C'est ça, je me fous de vous.
Allez, dites-moi.
Que font-ils ?
Après les préliminaires adéquats,
ils vont tenter la pénétration totale.
Ça va, là-dessous ?
J'étouffe !
Mon tube.
On le retire du menu jusqu'à nouvel ordre.
Allez, ne faites pas cette tête.
Jolie petite fille, jolie petite fille
Veux-tu être ma jolie petite fille ?
Mon père la chantait à ma petite sœur Karen
avant qu'elle meure.
C'était une gamine triste. Ça n'arrangeait rien.
Malheureusement, la dernière fois que je l'ai vue,
on s'est disputé et je l'ai fait pleurer.
Mes parents auraient pu me laisser en maison de repos.
Mais ils ont appris que l'espérance de vie des polios
y était de 18 mois.
Ils m'ont ramené à la maison.
Ils m'ont offert une vie...
en sacrifiant la leur.
Je vais aller dans la salle de bain faire un petit pipi
et à mon retour, nous réussirons la pénétration totale.
Avant, j'aimerais que vous fermiez les yeux.
- C'est un jeu ? - Non.
Allez-y, fermez-les.
Imaginez que vous avez 6 ans, à la plage.
Vous pouvez le faire ?
Très facilement.
Décrivez ce que vous ressentez.
Je suis euphorique.
Je cours le long de l'océan Atlantique.
Je sens le vent.
Le sable mouillé entre les orteils.
Vous êtes vraiment à sa place ?
Oui, je suis vraiment à sa place.
Vous le visualisez bien ?
Que voulez-vous dire ? Si je suis à sa place, je le visualise.
De l'extérieur ? En tant qu'adulte ?
Tel que vous êtes aujourd'hui ?
Vous le regardez, avec...
ses cheveux en brosse et son petit visage ?
Vous êtes furieux contre lui ?
Vous lui reprochez
d'avoir eu la polio ?
C'était de sa faute ?
Elle a oublié de fermer la porte ou n'en a pas pris la peine.
L'entendre faire pipi m'a paru incroyablement érotique.
Et l'entendre déchirer le papier toilette,
incroyablement intime.
À son retour, j'avais une gaule fantastique.
Continuez.
Je vais frotter le bout de votre pénis autour de ma vulve.
Quand il sera prêt, je vous guiderai à l'intérieur.
Respirez, lentement...
Pensez à une chose délicieuse.
Ils y sont depuis un moment.
Vous avez un copain ?
J'ai grandi à Salem.
Éducation catholique, comme vous.
Mais l'Église n'a pas apprécié mon attitude envers le sexe.
- Vous aviez une attitude ? - Oui. J'aimais ça.
Ils pensent m'avoir rejetée mais c'est l'inverse.
Pendant des années, je n'ai cru en rien.
Et là, je me convertis au judaïsme.
C'est bien d'avoir un genre d'assurance.
- Ce n'est pas l'idée. - Pourquoi alors ?
Mon mari m'a demandé de le faire avant que sa grand-mère meure.
Il pense que si ça la rend heureuse, et lui aussi,
ça rejaillira sur moi.
Que je sois déjà heureuse n'a pas l'air de compter.
Que fait votre mari ?
Il est philosophe.
- À l'université ? - Non, dans sa tête.
Il s'occupe de la maison.
Et joue de la guitare.
Il réfléchit beaucoup.
Il se fait tard.
C'était bien, aujourd'hui. Vous avez été fantastique.
Vous voilà un homo sapiens à part entière
doté d'un pénis très beau et de bonne taille
qui a désormais fait ses preuves.
Vous devriez être fou de joie.
J'étais vraiment en vous ?
Vous étiez vraiment et entièrement en moi.
- Combien de temps ? - Au moins 5 à 6 secondes.
Seulement ?
C'est beaucoup pour certains.
Vous étiez excité. J'ignore à quoi vous pensiez.
Je ne sais pas non plus.
C'était un méli-mélo de sensations.
Vous avez sans conteste réussi la pénétration.
C'était pénis-vagin tout du long,
et je vous mets 20 pour l'orgasme.
Vous avez joui ?
Non, Mark.
On essaiera la prochaine fois ?
Vous y tenez ?
J'y tiens.
Alors, d'accord.
- Comment allez-vous ? - Bien. Entrez.
- Comment va ? - Toujours épuisé.
- Une bière ? - Non merci.
- Vous voulez un verre ? - Avec plaisir.
À la réflexion, comment vous sentez-vous ?
C'était pas mal.
J'ai aussi aimé le reste, mais je suis content d'en avoir fini.
Moi aussi. Félicitations.
Merci, Rod.
Quand ce sera terminé, j'écrirai un article.
Après tout, le sexe est vendeur.
Sans rire.
Vous ne faites ça que pour l'argent.
Absolument.
Ça me met bien plus à l'aise.
Comment est Cheryl ? Vous n'en avez jamais parlé.
Il n'y a pas plus merveilleux qu'elle.
- Ça se passe comment ? - Il lit trop.
Il s'imagine qu'après trois séances,
on devrait pouvoir associer pénétration
et orgasme simultané.
Comme ça.
C'est très drôle.
J'imagine, oui.
Que penses-tu de lui ?
Il me plaît.
À quoi penses-tu ?
À rien.
Je ne te crois pas.
Je réfléchissais à toute cette histoire de conversion.
Je ne te crois toujours pas.
Quoi qu'il en soit,
je ne suis pas d'humeur à en parler.
Alors ?
Vous en pensez quoi, vous ?
Cheryl à l'appareil.
On pourrait aller boire un café ?
Dans un lieu sympa ? Je vous invite.
Je ne suis pas censée rencontrer les clients en dehors du travail.
On n'est pas obligé de parler boutique.
Mark semble se complaire dans une attitude de transfert typique.
Ce n'est pas rare après un premier rapport réussi,
mais je le pense particulièrement vulnérable.
Il ne peut s'empêcher de me voir
comme la femme multifonctionnelle, polyvalente.
Mère, sœur, enseignante, amante, meilleure amie.
En même temps, il est moins anxieux à propos de ses performances sexuelles.
Vous êtes resplendissante.
- Merci. - Je vous en prie.
Pouvez-vous mettre ma tasse au bord ?
Tout au bord.
Et mettez-moi la paille dans la bouche.
- Comme ça, c'est bien ? - Parfait.
Je vous conseille d'attendre un peu. Le café est brûlant.
- Merci. - Je vous en prie.
De quoi parle-t-on ?
On n'est pas obligé de parler.
Je veux être vu en votre compagnie.
Qu'on se dise :
"C'est quoi, cet estropié avec cette belle blonde ?
"Comment il a fait ?"
Si une de vos anciennes camarades d'école
débarquait tout d'un coup,
comment me présenteriez-vous ?
Comme votre petit ami ?
Comme mon mari.
Allons-y carrément.
Vraiment ?
Nous faisons semblant, n'est-ce pas ?
Alors...
oui.
"Poème d'amour pour...
"pour...
"personne en particulier."
Dis-moi...
Dis-moi...
Laisse-moi.
Laisse-moi...
Laisse-moi quoi ?
Ah oui ?
C'est pas toi qui disais de garder ses distances ?
Ce n'est pas la question. Pourquoi ouvres-tu mon courrier ?
C'était parfumé. J'ai cru à de la pub.
Raison de plus pour pas ouvrir. Où est-elle ?
Tu l'auras pas.
Ça te regarde pas.
Tu l'auras pas. Je l'ai jetée.
- T'as pas fait ça ? - Si !
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu peux demander à ta mère de me passer le sel ?
Cheryl, tu peux passer le sel ?
Écoute, je suis désolé.
Je sais que je t'ai vraiment contrariée.
Pas du tout.
Ça va.
- Sûre ? - Oui.
- Promis. - Vraiment ?
J'ai compris ton point de vue.
Tu as raison.
Tu as souvent raison sur ce genre de choses.
C'était plutôt un joli poème.
Rien d'extraordinaire,
mais c'était sincère...
Chéri...
Tout va bien.
Mais là, il faut vraiment que je dorme.
Bonne nuit.
Laisse-moi te toucher avec mes mots
Car mes mains sont aussi molles que des gants vides
Amanda !
Ça fait longtemps.
Je sais.
Je suis désolée.
Je pars en Allemagne.
Je voulais te dire au revoir avant de partir.
Pourquoi l'Allemagne ?
Pour étudier l'allemand.
Combien de temps ?
Un ou deux ans,
peut-être.
Mais tu sais, on se donnera des nouvelles.
Pourquoi aller en Allemagne ?
Le seul pays au monde qui interdit l'humour.
Quoi ?
Tu arrivais toujours à me faire rire.
Je t'aime.
- Je t'aime vraiment. - Vraiment ?
"Oui, mais pas comme ça.
"Je t'aime mais je ne suis pas amoureuse."
Toujours la même histoire.
Je suis désolée.
C'est bien, ce que tu fais avec cette assistante.
Ç'aurait pu être toi.
C'est vrai, mais...
ça n'a pas été le cas.
J'avais cet...
infime espoir qu'elle laisse paraître un soupçon de jalousie.
Ça montre l'étendue de ma naïveté.
Que je ne sois plus puceau,
que je sois initié, pour ainsi dire,
ça n'a rien changé à ses yeux.
Ça vous dirait de sortir, un soir ?
Non, je ne crois pas.
À cause de votre mec ?
Non, je suis occupée. C'est tout.
Et où est le problème ?
On n'est pas bien, là ?
Ça peut aller.
Si vous avez à faire,
je peux aller me promener et revenir plus tard.
Non, restez.
Allez, dites-moi.
C'est quel genre de thérapeute ?
Je vous l'ai déjà dit. Une thérapeute sexuelle.
Aujourd'hui, ils abordent l'orgasme simultané.
C'est quoi ?
Je suis bien content de vous voir !
Vous dites ça à toutes les filles.
Oui, mais c'est toujours sincère.
Vous vous rappelez, pour votre respiration ?
Concentrez-vous sur l'expiration plutôt que l'inspiration.
Mark a eu une érection
dès que j'ai posé ma bouche sur lui.
Il a pratiqué la respiration contrôlée et j'ai pu me mettre sur lui
et le guider en moi assez facilement.
Il est vraiment dedans ?
Oui, vraiment.
Rencontrer une assistante sexuelle
Je n'arrivais pas à le croire !
Enfin, j'y étais !
Trop vite, j'ai joui.
Mais elle m'a gardé en elle.
Une expression de plaisir parcourut son visage,
comme une démangeaison vieille du matin enfin grattée.
Elle posa ses mains près de mes épaules et m'embrassa le torse.
Ce témoignage d'affection m'émut profondément.
J'en ai presque pleuré.
Personne n'avait jamais fait ça.
C'était tellement inattendu.
Tellement naturel.
Je vous aime.
Je vous aime.
Vous avez joui ?
Mark respire bien, il apprend à doser ses efforts.
Il n'y a aucun obstacle à un éventail d'activités sexuelles
pourvu qu'il soit avec la bonne partenaire.
Ses besoins émotionnels profonds dépassent le cadre
de mon implication potentielle.
Que se passe-t-il quand...
Que se passe-t-il quand quoi ?
Quand des personnes s'attachent l'une à l'autre ?
- Quelles personnes ? - N'importe.
Quelle est la part d'alchimie ?
Quand des personnes s'attirent ?
- Vous êtes attiré par moi ? - Mon Dieu, non !
Je parle en théorie.
En théorie...
ils écrivent des poèmes,
ils couchent ensemble.
Que se passe-t-il ensuite ?
Après la poésie et le sexe ?
Tout ou rien.
Le reste n'est que négociations.
C'est-à-dire ?
On peut s'en tenir à l'amour et à l'attirance...
ou on peut tout compliquer.
Ce que font la plupart des gens.
Vous aussi ?
Après...
il y a eu ce...
moment.
Cet avant-goût d'une terrible tristesse à venir.
Je peux téléphoner ?
Bien sûr.
Vous pouvez appeler leur chambre ?
Un instant.
Des desiderata pour la prochaine séance ?
Je réfléchis.
Il nous reste deux séances.
C'est exact, ou...
Ou quoi ?
Ou on peut arrêter maintenant.
Ce serait notre dernière séance ?
Qu'en pensez-vous ?
C'est à vous de décider, Mark.
Comment voyez-vous les choses ?
Ça ne compte pas.
Bien sûr que si.
Je n'écris pas de poèmes à n'importe qui.
Que dois-je dire ?
Combien ça m'a touchée ?
Combien...
ça a été particulier pour moi ?
Ça ne vous aidera pas. Ça ne fera qu'empirer les choses.
Vous êtes en train de dire
qu'à la sixième séance, ce serait la fin ?
Ce serait la fin.
Si ça peut vous consoler,
j'ai aussi du mal à l'envisager.
Peut-être faut-il en rester là.
C'est préférable.
Utilisez plutôt cet argent
pour vous acheter un futon.
Une minute !
Tout va bien ?
Il a été super. À bientôt. Désolée, je dois filer.
Vous avez oublié ça.
Je voulais croire que Cheryl avait changé ma vie, mais c'est faux.
Je n'arrêtais pas de me dire : "C'est tout ?
"Il n'y a rien d'autre ?"
C'est bien, ce que vous avez fait.
C'est votre première fois ?
Oui, je me convertis.
Magnifique !
Venez, que je regarde vos mains,
vos ongles et vos ongles de pieds.
Que faites-vous dans la vie ?
Vous ne comprendriez pas.
Essayez toujours.
Je suis femme au foyer.
Et je ne comprendrais pas ?
Je me suis trompée.
Tournez-vous et baissez le haut de votre peignoir.
Je vérifie que vous n'avez pas de cheveux dans le dos.
Parfait.
Je prends votre peignoir, vous pouvez vous détacher les cheveux.
Vous êtes à l'aise avec la nudité.
Ça n'a jamais été un problème.
Les jeunes mariées viennent parfois avec leur mère.
"Je dois vraiment le retirer ? Je peux le garder ?"
Elles n'ont jamais été nues. "Non, chérie, il faut tout enlever."
- Et elles enlèvent tout ? - Oui !
Elles se mettent au bord de la piscine
avec rien à quoi se raccrocher qu'elles-mêmes.
Rien derrière quoi se cacher.
C'est votre corps.
C'est le corps que Dieu vous a fait.
Mark, vous pouvez ouvrir les yeux maintenant.
C'est votre corps.
C'est votre corps.
Il y a bien...
37 000 personnes rassemblées ce soir au Stick.
Le gamin du pays assure.
Il revient, dans l'équipe adverse cette fois.
Le coureur est à la première base, avec une élimination.
Et le lancer !
Il est éliminé par une fastball. Il ne s'y attendait pas.
Il marmonne dans sa barbe...
Tu peux le faire. Allez.
Le destinataire de l'appel est absent. Veuillez laisser un message.
Rod ?
J'ai besoin de toi.
L'électricité a sauté, ainsi que la pompe du poumon d'acier.
Ça me laisse environ 3 h avant de devenir bleu.
J'espère que tu auras ce message à temps.
C'est Mark. J'appelle les urgences.
Merde.
Alors c'est comme ça que ça se termine...
Mark.
Vous pouvez ouvrir les yeux ?
Vous m'entendez ?
Allez, Mark !
Vous sortez aujourd'hui.
Votre auxiliaire laissera le respirateur portable allumé la nuit.
Ça fera un système de secours.
Je suis passé près ?
De quoi ?
Vous savez, cette histoire de tunnel,
la lumière et la voix qui vous dit :
"N'allez pas vers la lumière."
Vous vous souvenez de ça ?
Non, j'ai dû m'évanouir.
Avant, je me suis apitoyé sur mon sort.
Vous êtes soulagé ?
Je suis soulagé que Rod soit arrivé à temps,
mais je continue de m'apitoyer.
Je suis sûre que ça peut s'arranger.
Vous voulez parler à quelqu'un ?
Vous parler me va très bien.
Je suis une simple bénévole, pas une psy.
Je peux vous recommander quelqu'un.
Pardonnez ma grossièreté.
L'idée qu'un psy pourrait m'aider dans mon état me fait sourire.
- Mon prêtre n'a pas pu. - Vous êtes croyant ?
Je trouverais absolument intolérable
de ne pas pouvoir mettre tout ça sur le dos de quelqu'un.
Et vous ?
Je ne vais pas à l'église.
Je ne pense pas vraiment à Dieu.
Par contre, je crois qu'il y a...
une logique mystérieuse ou...
une certaine poésie à la vie.
J'ai donc une certaine spiritualité.
Ça compte.
- Je pourrais venir vous voir ? - Vous êtes mariée ?
Vous avez un petit ami ?
Venez me voir aussi souvent que possible.
Prenez soin de vous.
Attendez une minute.
J'ai une dernière chose à vous dire.
Je vous écoute.
Je ne suis pas puceau.
Allez-y.
Merci de cet aveu !
Je suis abasourdi.
Elle m'adore. Je peux lui demander n'importe quoi.
Et j'ai parfois des envies spéciales.
Moi qui m'apprêtais à consoler un malheureux.
C'est censé être ma spécialité.
Je peux remballer mon petit laïus.
Je vous en prie, faites votre petit laïus.
Ça me fait plaisir.
Alors voilà...
Le sens de l'amour.
L'amour est un voyage.
Ça me plaît déjà.
C'est tout. Je vous l'ai dit, c'est court.
L'amour est un voyage.
J'ai rencontré Susan cinq ans avant de mourir.
Elle a été l'amour de ma vie.
Nous avions les mêmes priorités.
La première, c'était le base-ball.
Et on s'écrivait des poèmes à l'eau de rose.
Je ne m'y attendais pas, pas plus qu'elle...
mais c'est souvent comme ça que ça se passe.
Susan Fernbach.
On dit que le verre de la vie
est à moitié vide ou à moitié plein,
selon la manière dont vous voyez les choses.
Les deux moitiés n'ont jamais été égales.
Pas dans mon cas, ça c'est sûr.
Prenez cette vie merdique que j'ai dû endurer pendant des années.
Ça remplit presque tout le verre.
Mais dans la petite partie restante,
que ressort-il de bien ?
Tout au moins,
trois femmes magnifiques qui toutes, m'ont aimé
et qui toutes sont venues à mon enterrement.
Une verve dynamique
dans un corps paralysé.
Une vie bien vécue, quand il aurait dû être mort depuis longtemps.
Et contre toute attente, de son propre aveu,
il connut l'amour.
L'amour sentimental et physique.
De cette façon, Mark vécut sa vie.
Jour après jour, après jour.
Inspiration après inspiration,
après inspiration.
Pendant 49 ans,
il aima
et fut aimé.
À présent, Susan Fernbach va lire l'un des poèmes préférés de Mark.
Il s'intitule...
"Poème d'amour pour personne en particulier."
Laisse-moi te toucher avec mes mots
Car mes mains sont aussi molles que des gants vides
Mais mes mots te caressent les cheveux
Glissent le long de ton dos
Et te chatouillent le ventre
Car mes mains
Aussi légères et aériennes que des briques
Ignorent mes désirs et s'obstinent à refuser
D'accomplir mes désirs les plus secrets
Que mes mots pénètrent ton esprit
Munis de flambeaux
Accueille-les volontiers dans ton être
Qu'ils puissent te caresser avec douceur
De l'intérieur
En souvenir de Mark O'Brien
D'après son article "Rencontrer une assistante sexuelle"
Traduction : Géraldine le Pelletier
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