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Zulu
Merde maintenant.
Ils vont encore nous filer une pendule parce qu'on a oublié l'affaire.
Commandant Galliot, on substitue.
Max Henner était un peintre plutôt coté en ce moment.
Très mondain, très communiste. Le procureur veut des résultats rapides.
Je vous fais confiance.
Le commandant Mathon vous donnera les premières informations.
Bonjour.
Ça va? Alors, je vous présente Henri Lack, qui a découvert le camp ce matin
vers 8h. Henri Lack, qui a aussi la galerie qui expose les invents de la
victime. On avait rendez-vous ce matin.
Quand je suis arrivé, la porte était ouverte. J'ai monté et là...
Monsieur Lack, vous allez raconter au lieutenant Siskowski ce que vous avez vu
et fait en arrivant. Et bien entendu, je vous demande de rester à la disposition
de la police.
Sisko! Tu prends la déposition.
Allons-y.
Dis-moi, candidat, c'est bien gentil de mettre les affaires aux hôtes. Mais il
faudra les résoudre de temps en temps. Mais maintenant, tu nous gonfles.
T'as pas le petit déjeuner.
Victime allongée sur le ventre.
Joue droite plaqué au sol.
Bras droit replié, noté sur le corps et masqué au niveau du coude.
Large pli ouverte à la base gauche du pied.
Bras gauche plié, orienté à midi.
Main gauche à 33 cm du collet du crâne.
C'est perpendiculairement à l'axe des épaules.
Fais quoi, on est là-dehors. C'est pas le moment de nous faire un malaise.
Main droite, sectionnée, retrouvée à environ 1m80, 2m de son articulation.
Sous une toile vierge.
Je suis désolée.
Pas grave, c'est une question d'habitude, c'est tout.
Bon, moi je vais faire le voisinage et toi tu me notes toutes les packs de ma
population, toutes les voitures.
Si t'es capable, bien sûr.
On va voir la presse sur le dos.
J'aime pas ça et vous non plus. Alors on est bien d'accord.
On balance quelques infos pour avoir la paix et on en garde sous le pied.
Scandella, pas la peine de parler de la main coupée aux journalistes.
Ah ouais, d'accord, ouais. L'affaire Tripart, ouais.
Il y avait longtemps que tu me l'avais pas recarvie, celle-là.
Vous m'avez tous compris.
Sisko, des infos sur Taner? Oui.
Taner, Maxime Taner.
53 ans, célibataire, pas de famille, ancien élève des Beaux-Arts de Lille, il
est arrivé sur le marché il y a 8 ans.
Et ses toiles se sont très vite bien vendues. Une réussite exemplaire, c'est
quand même très rare dans ce métier.
En tout cas, pour faire son beurre, il préférait les petites maisons dans la
prairie aux gonzesses à poils en cuir clouté.
Il avait sûrement peur de faire de la peine à sa petite maman.
Je crois qu'on va avoir beaucoup de mal à calmer le capitaine Scandella, ce
matin.
Michel, qu'est-ce que vous avez sur l'ordre du crime?
Après les premières constatations, la mort se situerait entre 1h et 4h du
matin.
Elle résulterait des multiples coups de couteau au ventre, à la poitrine.
Je pense que le seul coup porté à la gorge a été mortel. Quant à la main,
elle aurait été sectionnée post-mortem.
J'attends confirmation du légiste.
Bon, on n'a pas trouvé le couteau, mais d'après la concierge d'à côté, qui fait
de temps en temps le ménage chez Tanner, il manquerait une pièce à la collection.
C'est un couteau à lame courbe. Un phalangue.
Quoi? Un phalangue.
Un poignard à vent.
À la méfie des larmes redoutables.
Bref, il n'y a pas de phalangue à la maison.
Non, mais par contre, des phallus... Merci, Jean-Louis.
Autre chose? Oui, donc on a trouvé un agenda rempli de noms de femmes.
Et chaque fois, je pense que c'est des notes de 0 à 20.
Et vu les noms, ça sent la professionnelle.
Alors, attention.
Charlène Montenegro, Mona Stark,
Gina Cobra, et il y a même une Lolo Fellini.
Tout un programme.
Avec le matos qu'on a trouvé, c'est peut-être une science sadomaso qui a le
mal tourné.
C'est possible.
Surtout qu'il n'y a pas eu les fractions.
Donc, Tanner connaissait l'assassin.
Pourquoi pas une de nos mythes cuir clouté? Sauf que ça peut aussi très
bien être le mec de la galerie.
Sauf que c'est lui qui a trouvé le corps.
Justement, il n'y a rien de mieux pour être clean.
Qu'est-ce qu'il vous a raconté, Lack? Il tient une galerie à Paris.
C'est lui qui a découvert Max Tanner il y a huit ans. Depuis, il s'occupe de ses
ventes.
D'un côté, il perd un gros poulain, de l'autre, il est bénéficiaire de la
hausse de sa cote.
Enfin, à mon avis.
Ah ! Il serait judicieux d'examiner en détail les termes du contrat liant
Tanner à ton galerie.
Absolument.
Bon, autre chose? Parfait.
Tessier, vous fouillez les affaires de Tanner.
Cisco, vous avez la déposition de Lack? Vous me l'amenez et vous convoquez les
filles de l'agenda.
Paul, vous vous occupez de l'arme du crime et vous filez aux archives pour
voir si on a quelque chose sur Lack et Tanner.
Demandez aussi à la mondaine.
Scandella, tu files à la galerie, tu interroges le personnel.
Je veux tout savoir sur les relations entre Tanner et ses confrères.
Pas de questions? Alors au travail.
Ça va mieux? Ouais, merde.
Oui.
D'accord, je passerai le voir tout à l'heure.
Merci.
Françoise, du nouveau sur Wimbert. Il est à Paris.
À Paris? Il est gonflé de revenir? J'étais sûr qu'il reviendrait, moi.
Il est trop raide de sa frangine.
Putain, cette fois, je louperai pas.
Jean-Louis, c'était qui le type du téléphone? Fred, le patron d'un rade à
Pigalle, où Wimbert doit repasser.
Tu lui as rendu 2-3 services, alors... Enfin bon, je vais quand même me l
'expliquer un peu, pour pas qu'elle refile l'info au stup.
C'est pas la même fille.
Je sais que tu tiens sa traite à cœur, mais compte pas sur moi pour te couvrir
en cas de pépin.
C'est clair? Message reçu.
Paulo?
Ça
va, Paulo? Attends.
Salut. Salut, Paulo. Salut.
Bonjour, papa.
Qu'est-ce que tu fais là, toi? Rien, je me baladais dans le coin.
J'ai envie de te faire un petit coucou.
Mais bon, vu l'accueil... Bah non, ça me fait plaisir de te voir.
Toi, t'as un truc à me demander.
Tu veux du steak? Tout de suite.
Bon, bah alors, c'est quoi? Vas-y, on va pas y passer la nuit. Bon.
Je veux t'engueuler avec maman.
Tu commences à aller chez toi? Allez, papa, juste quelques jours.
Ecoute, Nathalie, lâche-toi un petit peu à la bourre, tu vois.
Et je vais appeler ta mère, c'est promis.
En attendant, tu rentres chez elle.
Attends, il faut que je lui en parle, moi.
Non, je vais me faire allumer.
Finalement, c'est Jacques qui a raison. C'est qu'un dégon fait.
Bon.
Tiens, va à la maison.
Reviens à ta mère qu'elle ne s'inquiète pas.
Merci, Papounet.
Non, j'espère que t'as dit à Nathalie de me brancher à sa copine.
C'est vraiment trop con, hein.
Allez, monte.
Max voulait rediscuter les clauses de son contrat, nous devions en parler ce
matin.
Votre association ne lui convenait plus ? Si.
Il est courant qu'un artiste qui monte veuille renégocier, c'est le jeu.
Le jeu? Quels étaient les clauses de ce contrat pour qu'il puisse revenir dessus
? Je ne les ai pas en tête, mais si vous le désirez, je peux demander à mon
secrétaire. Monsieur Lack.
Monsieur Tanner était votre plus gros... Comment est-ce qu'on dit chez vous?
Fournisseur? Je crois savoir que ces toiles se vendaient cher.
Plusieurs millions parfois.
Ne me dites pas que vous n'avez pas gravé dans votre mémoire les principales
clauses.
Je prends 50% sur les ventes et Max a l'obligation de me fournir au moins 4
toiles par an.
Vous savez, c'est un contrat courant entre marchands et artistes.
J'ai découvert Max. Pendant plus de 3 ans, j'ai assumé tous ses frais. Croyez
-moi, avec lui, c'était pas rien.
J'ai pris un risque. Il est normal que j'en tire les bénéfices.
Mais personne ne vous conteste de ce droit, M. Lack.
Et ces dessins cochons? C'est nus, vous voulez dire? Oui, ces dessins cochons.
Vous les vendez pas? Non, c'est impondable.
Enfin, vous les avez vus.
Mais qu'est-ce que vous venez m'emmerder avec ces dessins? Tous les grands
peintres ont fait des nus érotiques. Ils s'empressaient pas de les montrer. Je
vois pas pourquoi Max n'aurait pas eu ce droit.
Contre ses goûts personnels, c'était son problème.
Et d'abord, vous cherchez quoi? Vous m'accusez de cette fin? Je ne cherche
rien. Où étiez-vous le soir où Max Tanner a été assassiné?
Monsieur Lack,
répondez à la question.
Je ne comprends pas bien le but de toutes ces questions tendancieuses.
Monsieur Lack, ces questions tendancieuses, comme vous dites, s
'adressent à un témoin capital lors d'une affaire d'homicide.
Nous les posons parce que nous ne sommes pas bien certains que la mort de Taner
ne soit pas une bonne affaire pour vous.
Et puis ce sont des questions de routine que nous adressons à des dizaines d
'individus chaque jour.
Des assassins, des pervers, des violeurs et même des innocents.
Et croyez bien que je me fais un point d'honneur d'obtenir une réponse.
Je répète donc ma question.
Où étiez-vous le soir où Max Tanner a été tué?
Je suis resté chez moi, tout seul.
Parfait.
Nous allons vérifier tout ça.
Je vous remercie, M. Lack.
Vous pouvez partir.
Et encore merci pour la petite leçon sur l'art.
Tessier, accompagnez ce monsieur.
Libataire.
Né le 22 mars 75, donc 23 ans.
Gina Cobra.
C'est votre vrai nom? À votre avis.
Excusez-moi, je n'ai pas d'avis. Je bosse.
Maître Monin, s'il vous plaît.
Sa femme.
Gilles. Et moi.
J'ai besoin de te voir.
Non, tout de suite.
D'accord.
Gilles? Oui? Tu entends? Tu
menaces ça comme ça?
Excuse-moi, la prochaine fois, je t'enverrai mon rapport en train d'être
bien clair.
À la fin de combien? Deux mois.
Et tu le sais depuis quand? Dix jours, mais je vois vraiment pas ce que ça
change. Ah ben, ça change.
Ça change que tu m'aides au bout de dix jours, simplement.
Voilà ce que ça change, ça veut dire que t'as pris ta décision toute seule.
C'est incroyable.
T'annonces que je suis en train...
Je te parle d'un bébé.
Un bébé, tu vois ce que c'est? Et toi, au lieu
de... Je sais pas moi... D'être content ?
De me prendre dans tes bras? De me dire que c'est formidable
? Tu me reproches d'avoir attendu dix jours avant de t'en parler?
Écoute, je sais déjà que ça te fait plaisir, mais tu me fous dans une sorte
d'embarras comme ça, tu sais bien.
C'est trop tard, t'as tout gâché.
Écoute, va enfant, va s'engueuler là, s'il te plaît, c'est trop con.
Ne me touche pas !
Tanner avait une femme dans sa vie? Une maîtresse jalouse qui aurait pu se
venger? Non, pas à ma connaissance.
Vous savez, Max, c'était un pervers.
Obsédé par les jolies femmes, certes, mais uniquement par des prostituées qui
acceptaient ses petits jeux.
Vous m'avez l'air bien au courant de ces petits jeux.
Allons, capitaine.
Non, franchement, c'est pas mon truc.
Mais j'étais au courant, c'est vrai.
Vous savez, je suis très proche des peintres de la galerie. Tanner, comme
les autres.
Les artistes sont des gens torturés, il faut sans cesse les rassurer et les
écouter. Ça fait combien de temps que vous travaillez pour l'AC? Ça doit
faire trois ans.
Avant, je travaillais dans une banque, mais j'ai toujours aimé la peinture.
Un jour, je passais dans la rue et j'ai vu les toiles de Tanner. J'ai trouvé ce
peintre si enthousiasmant que j'ai tout fait pour être embauché.
Tout ça pour bosser au milieu de ça? Oui, je trouve que Tanner a... Pardon.
Avait un sens rare pour peindre les lieux dans leur plus grande simplicité.
Un camp qui nouille pour la lumière aussi.
Enfin, pour moi, il est le millier de cette fin de siècle.
Oui. Enfin, millier ou pas, j'imagine que ça va se vendre comme des petits
pains maintenant.
Vous ne croyez pas si bien dire.
La rue a déjà commencé et Taner se vendra bientôt plus cher mort que
vivant.
Et c'est pas là qu'il va s'en plaindre.
Bien, bien, bien.
Donc, si je récapitule, vous avez passé toute la soirée à votre domicile et vous
n'avez pas vu Maxime Tanner.
C'est ça.
C'est ça.
Et là, bien sûr, vous avez envie d'entrer chez vous.
Je ne déconne pas, je suis hyper pressée, j'ai une répète dans une heure
et ce soir, je dois faire mon spectacle.
Oui, au Satan Rouge.
Vous ne vous rendez pas compte, moi, si je danse ça, que ce soit, je ne suis
rien et il n'y a pas d'assidu que je bosse.
Bon, on va parler un peu sérieusement maintenant, d'accord?
Vous vous êtes prêté, moi pas.
Vous savez, je suis un peu chez moi ici.
J'ai tout mon temps.
J'ai pas de femme qui m'attend à la maison.
J'ai pas de chien.
J'ai même pas la télé.
Donc on va tout reprendre à zéro.
C'est pas méchant.
Tenez, je suis même prêt à appeler votre patron pour lui dire que vous êtes
bloqué à la brigade criminelle.
Je peux même rajouter que vous êtes suspectée d'homicide volontaire.
Ça suffira comme excuse.
Bon, d'accord.
Hier soir, j'ai posé pour Tanner.
Eh bien, voilà.
Je vous écoute.
J'ai posé chez lui de... de 8h à minuit maximum.
Quelqu'un sait où est-ce qu'on est là?
Bon, tant pis.
On fait un point rapide.
Nico, l'essuie.
À part ce petit bouteau, il y a ce monastère, rien de spécial.
Paul, l'arme du crime? Rien pour l'instant, j'étais à la voirie, mais ils
n'ont rien trouvé.
Mais à mon avis, il ne faut pas chercher, c'est introuvable.
Bon, et notre jeune recrue?
En fouillant dans la paperasse de Tanner, j'ai trouvé une maison dans les
Yvelines. Ah, ça suffit.
Ça suffit les remarques.
Sisko, vous prenez l'adresse et vous fouillez cette maison. Dès demain.
Et tiens, prenez Téti avec vous.
Et le chaton rouge? Comme par hasard, on parle du chaton rouge et voilà le
capitaine Scandella.
C'est pas trop tôt, dis donc? Je suis désolé, j'ai attendu Fred pour des
prunes. Je vais retourner ce soir.
Pas de l'info au moins? Oui, à la galerie, j'ai vu le secrétaire machin, l
'homme à tout faire, un certain Pierre Maléquian.
Pas grand chose à signer.
Vous êtes désespérant.
Si, le secrétaire m'a dit que ce n'était pas le grand amour entre Taner et Lack.
T'es un peu énervé, pareil, type de la galerie? Les nouvelles vont vite? T'as
eu raison.
Je te sens pas non plus, ce mec-là.
Il a une tronche de faux-derche.
C'est bien la première fois que je te vois prendre un jus d'orange à ce truc
de merde.
Et qu'en déduit notre brillant détective ? Écoute, pour l'instant, pas grand
-chose, mais je vais en berge. Et quand je me serai fait une idée, je t'enverrai
un rapport.
Comment va Nathalie? Paulo m'a dit qu'elle était passée de voir.
Ah oui, d'accord.
Elle va bien.
Faut qu'elle a 15 balais et que les emmerdes commencent.
Elle veut s'installer à la maison.
Oula ! Pas provisoirement.
Merde, d'ailleurs, faut que j'appelle sa mère.
Elle est pas au courant que Nathalie s'accroche chez moi.
Ah oui, effectivement, vous m'avez appris.
T'as besoin d'un baby-sitter? Moi aussi.
Merde, t'es encore occupé.
Putain, calme-toi, pourquoi t'es venu? T'as dit que tu l'appellerais.
Faut pas que tu m'oublies, Fred.
Et que t'aies pas l'idée de me doubler en balançant un coup au tube.
Tu vois ce que je veux dire? Tu nous sers de demi?
Tante
? Comment ça va Mireille?
Et les gosses? Pas de problème, très bien.
Les fils des mères travaillent bien en classe.
Quand on pense au cuit de leur père, c'est plutôt étonnant.
C'est tout.
Il y a juste Manu qui décolle un peu à ce moment.
Je pense que la fac, ce n'est pas son truc.
Il est dehors tous les soirs.
Je n'aime pas ça.
C'est parce qu'il ne fait pas le tapis en bois.
Oh, Paulo, ça va, relax. Je déconne.
Ce n'est pas la fin du monde.
Non, je sais bien.
Bon.
Tu dois toujours le picturer pour qu'il rentre dans la police.
Tu as raison.
Le plus beau métier du monde.
C'est ça.
Allez.
Sors ma chérie.
Désolé, il est un peu tard, mais je devais interroger un témoin. Mon maman a
appelé.
Oh merde.
Je promets, j'ai essayé de l'appeler plusieurs fois, mais c'était tout le
temps occupé.
Je me suis fait allumer grave.
Désolé, je l'appellerai dès demain matin, c'est promis.
T'as intérêt.
Moi, je refous plus les pieds là-bas.
Je peux pas te laisser tout seul.
T'as trop besoin de moi.
Bonne nuit.
Et Nathalie, est-ce que t'as fait tes devoirs?
Vous comptez me garder encore longtemps ? Parce qu'il n'y a pas d'assadique au
Château-Rouge. Je ne fais pas mon spectacle, je suis à la rue.
C'est vrai.
Vous êtes d'artiste au Château-Rouge.
Voyez-vous, mademoiselle Bouchot, depuis votre entretien avec
le lieutenant Siskowski, nos enquêteurs ont rencontré au Château-Rouge
Justement, une certaine Sabine Fallier, alias Lydia, laquelle
prétend que l'année du meurtre, vous êtes arrivée à 1h30.
Vous lui auriez remis une somme de 3 000 francs en espèces en règlement d'une
dette à telle précisé. Or, nous savons que Max Tanner avait l'habitude de
rémunérer 3 000 francs une séance de pause, à condition toutefois qu'elle
soit suivie par une petite cérémonie de son goût.
Avouez tout de même que la coïncidence est étrange.
Je ne suis pas pute.
Je ne juge pas.
Ce n'est pas mon rôle.
Je traque la vérité, tout simplement.
Et si au hasard d'une enquête je tente sur un réseau de prostitution, je ne m
'en occupe pas.
En revanche, si on me met des bâtons dans les roues, je peux me montrer
excessivement obstiné.
Vous ne voulez pas? D'accord.
Je suis restée après la pause.
J'ai fait ce qu'il voulait.
Mais il n'était pas content.
Il n'en voulait plus.
Alors je me suis tirée.
De quoi n'était-il pas satisfait, mademoiselle Bouche? C'est lui qui a
voulu le couteau.
Vous comprenez, je n'ai pas l'habitude de faire ce genre de trucs, moi.
C'est la première fois que je posais pour lui.
Racontez-moi avec précision ce qui s'est passé.
Il voulait que je joue avec la lame sur sa peau.
Ça le faisait triper.
Et à un moment, sans le faire exprès, je l'ai coupée.
Ça saignait, il s'est mis à gueuler, il a massacré le tableau en m'insultant.
Alors j'ai pris le fric et je me suis tirée.
Mais il était vivant quand je suis partie.
Je vous jure, je ne l'ai pas tuée.
Quelle heure était-il?
Je ne sais pas, moi.
Une heure, quelque chose comme ça.
Ça suffit, maintenant.
J'en ai marre.
Marre de vos mensonges.
Vous moquez de moi, mademoiselle Bouchot.
Vous savez ce que je vais faire? Je vais vous faire tomber pour homicide.
Et croyez-moi, vous n'êtes pas prêts de remonter votre cul au chaton rouge.
Je vous jure, je dis la vérité, je ne l'ai pas tué.
Comment voulez-vous que je vous croie? Vous ne cessez de mentir.
Je ne mens pas. En sortant, j'ai vu une voiture qui arrivait.
Trop facile.
Quelle marque? Je n'en sais rien, moi.
Tout ce que je sais, c'est qu'il y avait le patron de la galerie dedans.
Moi, connaissez-vous Henri Lack? Vous m'avez
précisé que vous posiez pour la première fois pour ta mère.
Dans ces conditions, comment connaissez-vous Lack?
J'attends une réponse.
Je veux une réponse.
C'est lui qui est recruté pour le peintre.
Il me fait peur, c'est un malade.
Il est déjà monté avec une copine, c'est un vicieux.
Allons-y.
Pierre, annulez tous mes rendez-vous et prévenez Maître Berger. Il s'est vu de
la situation.
Jams. Tendez-la, tu pues partout.
Vous savez si votre patron est allé se tanner, le corps d'humeur? Je pense que
c'est possible.
Max était passé dans l'après-midi. Il avait l'air très remonté à propos de son
contrat. J'en ai immédiatement parlé à M.
Lack. Il a très bien pu décider d'aller chez Tanner dans la soirée.
Bon, eh bien, on va fouiller dans la ville ce cher M. Lack.
Vous n'y voyez pas d'inconvénients?
Bonjour,
lieutenant Meurin, interprétée de Bertheil. Bonjour, lieutenant.
Bonjour.
On était en chemin quand on nous a appelé. Qu'est-ce qu'il s'est passé? On
a été traînés cette nuit du cambriolage par la société de gardiennage. Après
votre couteau de filière, ça faisait un drôle de hasard.
On y est allés tout de suite avec les IJ et les gars du labo de Versailles.
Bien fait, ils ont parlé de quelque chose.
Oui, quelques éléments intéressants.
Je vous ai apporté un double du PV ainsi que les premières constates du labo.
Bien. Vous pouvez dans mon bureau? Bien sûr.
Par là.
Mais moi, je suis plus gaz que moi.
Le cambrioleur doit être exactement précis, il n'y a qu'à voir.
On a remarqué des traces de pneus récentes à l'extérieur, une grosse
cylindrée, et à l'intérieur, des empreintes de pas dans la peinture du 39
ou du 40.
T'as remarqué les pieds de lac? Pas vraiment, non.
Ils sont tout petits.
Il y a un truc que je supporte pas, c'est les mecs avec des petits pieds.
D'après les traces de poussière sur les murs, le cambrioleur a dû voler des
tableaux. Et il devait être sacrément pressé parce que bizarrement, il en
oublie un. Il faut dire qu'il était dans les toilettes.
Alors, c'est un tableau de 25 cm de large sur 20 cm de haut qui représente
un sous-bois.
Vous voulez m'apporter le tableau? Oui, bien sûr.
C'est Hélène, elle a 15 ans.
Elle a besoin d'un peu d'air.
Il faut la comprendre.
Je planais avec vous, Julie est avec vous.
Je ne te raconte pas le coût du stage intensif pour préparer la rentrée. Elle
a l'air ravie.
Tu n'as qu'à partir en vacances avec elle.
C'est très bien que l'été, je ne peux pas.
C'est facile de naiser le son, mais moi j'en ai marre.
Nathalie Redouble n'a rien foutu au lycée cette année.
Alors inutile de dire que si on la laisse faire, ça sera pire l'année
prochaine. Alors oui, on a tout fait pour la pousser au cul. On lui a payé
les compas particuliers.
Et le stage intensif en août, je trouve que Jacques a eu une très bonne idée.
S'il te plaît, lâche-moi avec Jacques. Ce n'est vraiment pas le moment.
Je ne sais pas ce qu'elle t'a raconté sur lui, mais elle a tort.
C'est vraiment quelqu'un de bien, quoi.
Qu'est-ce que t'as? Un limbago.
Ça, c'est ce genre de truc, à notre époque, ça t'arrive à jamais.
Oh, arrête.
Bon, de toute façon, on ne va pas se prendre la tête pendant des plombes.
Concrètement, c'est quoi ton idée? Concrètement, si ça peut lui faire du
bien, je veux bien qu'elle s'installe chez toi.
À une condition.
Et le tas d'importifs? Pas seulement.
Tu l'apprends chez toi, tu l'apprends pour de bon, toute l'année scolaire.
C'est moi avec la mixée? Bah oui, mais attends, si tu veux jouer au sauveur,
assume.
Évidemment, vu cet angle.
J'ai analysé les pigments de peinture, la texture de la toile.
D'autre part, l'agrandissement du vernis laisse apparaître quelques craquelures
et me permet d'estimer ce tableau à 15-20 ans.
Mon seul souci, c'est la signature.
J'ai du mal à lire « rullier » ou « rallier ». En tout cas, elle est d
'origine. Ce n'est pas le cas pour l'autre tableau.
En effet, après comparaison des analyses de pigments et du spectre, je
peux affirmer...
que ces deux toiles ont été peintes avec de la même peinture et sur une
toile identique.
Le seul problème, la signature, qui apparaît beaucoup plus récente, 8-12
ans. Comme si le peintre avait retravaillé une petite surface du
tableau pour y apposer sa propre signature.
On ne voit pas la différence.
Avec un peu de talent et quelques qualités de restaurateur de tableau, c
'est un jeu d'enfant.
J'espère que vous avez quelque chose de sérieux, parce que cette garde à vue
peut vous coûter très cher.
Monsieur Lack, où étiez-vous la nuit du 27 au 28 juillet? Plus précisément, de
minuit à 4 heures du matin.
J'ai déjà répondu à cette question.
Nous savons à quel point votre situation est pénible.
Ce matin, notre divisionnaire a cartelé deux coups de téléphone en votre faveur.
Vous êtes une personne influente.
Nous sommes conscients qu'en cas...
De garde à vue injustifiée, nous aurions des contres.
Vous pouvez en être sûr.
Cependant, malgré toute sa bonne volonté, notre divisionnaire ne peut
ignorer le fait qu'un témoin affirme vous avoir vu cette nuit-là vers 1h du
matin devant le domicile de Max Tanner.
Bien sûr, nous pouvons mettre en doute ce témoignage, d'autant qu'il émane d
'une jeune femme dont les mœurs sont pour le moins discutables.
Qui vous a raconté ces conneries?
Une des prostituées de Tanner.
Vous savez, une de celles qui a accepté de jouer à ces petits jeux pervers.
Vous étiez au courant, quand même.
D'ailleurs, vous devez bien la connaître, puisque cette jeune femme
nous a relaté dans le détail le rôle que vous teniez dans l'organisation de ces
rencontres. Elle nous a même laissé entendre que Max Tanner n'était pas le
seul client de votre petit commerce.
Je vais être très claire avec vous, M. Lack.
Que vous rabattiez des prostituées pour Tanner, je m'en fous.
Que vous rabattiez pour d'autres clients, je m'en fous.
Mais je connais des gens dans la maison que ça intéressera sérieusement.
Monsieur Lack, le dossier sur le proxénétisme est entre nos mains.
Si vous me racontez ce que vous savez, je crois pouvoir dire sans m'avancer que
le commandant Galliot pourra décider au nom de transmettre son dossier à qui de
droit.
Alors, prenez tout votre temps.
On a trouvé une vingtaine de toiles de taner dans un garage que loue M. Lack.
Uniquement des paysages, du champ de blé.
Du côté millet, quoi.
Eh ben quoi, je me cultive? Près, Michel.
Max Blair négociait son contrat, il était furieux.
J'étais le voir chez lui après la séance de pause.
Quand je suis arrivé, l'atelier était en désordre et il était couvert de sang.
Je lui ai proposé de l'amener à l'hôpital, mais il m'a insulté.
Il était hors de lui, c'était impossible de discuter, alors je suis parti.
Avez-vous eu connaissance de l'existence d'un évident d'une maison appartement à
Max Tanner? Non. Vous mentez, monsieur Lackk.
Dans la nuit du 28 au 29 juillet, quelqu'un est entré par effraction dans
cette maison et a dérobé 23 tableaux de Tanner.
La gendarmerie a relevé devant la maison des traces de pneus correspondant à ceux
de votre voiture.
Idem pour les traces de pas dans la peinture.
Sans compter la vingtaine de toiles de Tannay retrouvées dans un garage loué à
votre nom. Ces toiles sont à moi.
J'ai tout fait pour lui. Je l'ai inventé. Sans moi, ce port ne ferait
rien.
Monsieur Lasse, j'ai contre vous des accusations de vol avec effraction et
des proxénétismes aggravés. Vous êtes bon pour la prison.
Alors, ou bien vous vous mettez à table ?
Ou bien je vous défaire sur le champ, parquet.
Non, non, attendez.
Je ne suis pas le dernier à avoir vu Max. Il y avait quelqu'un avec moi.
Qui? On ne pourrait jamais l'atteindre.
Son nom? Bergonzat, Luc Bergonzat.
Le député? Oui.
Il est le véritable propriétaire de la galerie, moi je ne suis qu'un
prétendant.
Il avait peur de perdre Max alors il m'a accompagné et il est monté après moi
pour lui parler.
Très bien, M. Lack.
Nous allons vérifier vos déclarations.
Bonsoir. Ah, tu étais là.
Ah, je me suis endormi.
Pas bon de voir dans ton état? Non, c'est pas trop, oui.
Ok. Ben, les armes.
Forcément.
C'est tout fait un gros poisson.
Berganza.
Démouillé, je ne sais pas trop quoi faire.
C'est drôle parce que quand il avait des ennuis avec le fils, il m'a demandé de
le défendre.
Très drôle.
Je me suis dit qu'en attendant de savoir si c'est un garçon ou un fille,
Oui.
Vous reconnaissez donc être le véritable propriétaire de la galerie? Bien
entendu. Via une société luxembourgeoise.
Ça vous pose un problème.
Monsieur Bergonzat, pouvez-vous nous dire où vous vous trouviez le 28 de ce mois,
entre 1h et 4h du matin? Bon,
le 27 vers 22h, Henri Lack m'a appelé pour...
m'a informé que Max souhaitait revoir son contrat.
Il était très agité, il m'a supplié de l'accompagner.
Je n'aime pas Taner.
C'est un pervers et un instable.
Mais j'aime profondément sa peinture.
Il a un sens très particulier de la couleur.
Tout à fait étonnant.
Monsieur Bergonzat, que s'est-il passé le 28 à 1h?
Henri est rentré, puis il est ressorti aussitôt, affolé.
Je lui ai dit de m'attendre, je suis allé.
Max était ivre mort, il était couvert de sang, j'étais hors de lui.
Il m'a insulté, il était hystérique, il a hurlé qu'il allait quitter la galerie.
Je n'ai rien dit, je l'ai laissé se calmer.
Et puis je l'ai convaincu d'aller en reparler le lendemain avec Henri.
Et je suis reparti.
Voilà.
Si t'étais un courrude pour la galerie de perdre ta nerf, ça
représente beaucoup d'argent.
Vous ne répondez pas? Il m'a pas semblé entendre de questions.
Cher monsieur,
Vous avez été convoqué dans le cadre d'une enquête sur un homicide.
Vous êtes la dernière personne à avoir vu Max Tanner vivant.
Vivant et furieux.
Nous sommes en droit d'imaginer qu'une bagarre a pu éclater.
Peut-être Tanner vous a-t-il agressé? Peut-être que pour vous défendre, vous
avez eu un geste malheureux.
Commandant, soyons sérieux un instant.
Si j'avais voulu te faire ta nerf, pour je ne sais quelle mobile d'ailleurs,
puisque moi, en ce qui me concerne, l'argent, n'est-ce pas? Mais supposons,
pensez-vous que je l'aurais fait cette nuit-là, dans l'affolement, avec Henri
qui m'attendait? Si j'en crois les journaux, Max a reçu énormément de coups
de couteau.
Si je l'avais tué, j'aurais été couvert de sang.
Et croyez-moi, si j'étais arrivé dans cet état-là, Henri aurait craqué dès le
premier interrogatoire.
Il vous a couvert, pourtant? Il m'a couvert pour ne pas
avouer qu'il n'est qu'un sous-fifre dans la prestigieuse galerie. Il a un réflexe
d'orgueil, sans doute.
Les travailleurs de ce pays ont un trop grand respect de la hiérarchie.
Un patron des sacrés.
Vous savez, durant toute ma carrière politique, j'ai eu l'occasion... Comment
vous connaissez ce tableau? Non, je ne connais pas
cette toile particulièrement, mais enfin oui, c'est du Tamer.
Ou alors c'est très bien imité.
Ce tableau est signé d'un certain Rullier, ou Rallier.
Ça ne vous dit rien? Ah non, non, ça ne me dit rien, non.
C'est sans doute un ancien pseudonyme, je suppose.
C'est ce que nous pensons également.
Je voudrais vérifier un truc à la galerie.
Ça t'embête de m'accompagner? Pas de problème. Tu me laisses le temps d
'invaler un sandwich? Ouais.
Comment te passe la cohabitation? Génial. Elle passe trois heures par jour
dans la salle de bain et elle est durable toute la journée.
Mais bon, Hélène est d'accord pour qu'elle s'installe à la maison. Tu peux
pas me parler? Ça va changer tes petites habitudes de célibataire. Ça
pour changer? Et toi? Avec Gilles, ça va? Pour aller mieux.
Tu sais, nous aussi, on en a plus d'habitude.
Il mériterait d'être un peu chamboulé.
Détective Scandella, est-ce que ce sont les premières conclusions de votre
enquête? Oui.
Depuis quand? Bon, j'arrive.
Et qu'est-ce que tu me rappelles? Zimbert vient d'arriver chez Fred avec
sa soeur.
Je peux me faire ce tour.
Jean-Louis, on ne peut pas l'arrêter tous les deux, c'est trop dangereux ! Il
nous faut du renfort.
Appelle-toi.
Il nous faut du renfort pour le double miracle du huitième.
Interpellation d'un suspect dangereux.
Il était sur une table avec sa soeur.
Beaucoup de monde? Non.
Un couple, mais il est assez loin.
Bon, on se calme et on attend du renfort. Ne refais pas de problème de
conneries.
Bon, d'accord.
Ça vient de sortir, elle s'approche. David ! Ne bouge plus.
Ça va, tu veux une ambulance? Non, ça ira.
T'es sûre? Ça va, je suis bien.
Puise-moi de me préoccuper de ta santé, hein.
Allez, préoccupez avant.
Ah oui, d'accord, je le vois.
Quand ça marche, t'es un héros, et si ça foire, t'es un danger public, c'est ça?
Le problème avec toi, Jean-Louis, c'est que même quand ça marche, t'es un danger
public.
Ah patron, ça y est de nouveau.
J'ai trouvé un lien entre un relier et devinez qui? Devinez qui? Je sais pas.
Malekian, la secrétaire de la galerie.
Qu'on peut coller immédiatement. C'est fait, il est avec le marchand depuis
cinq minutes.
Parfait. Bon travail, c'est de quoi. Merci.
Ouais.
T'es un jaloux.
Zakowski n'oublie jamais.
La chance, ça n'a rien à voir avec le flair.
Le lendemain du meurtre.
Par votre patron, Henri Lack, qui aurait fait ma base sur une vingtaine de toiles
de Tanner.
Seulement dans cette maison, Lack a oublié une toile, un petit paysage rural
du Tanner.
A la nuance près, c'est qu'il est signé Rullier.
Ce qui nous laisse perplexes.
Aussi aimerions-nous savoir si lors de vos discussions avec Tanner, celui-ci
aurait évoqué ce nom de Rullier.
Peut-être même le connaissez-vous personnellement.
Non, Tanner ne m'en a jamais parlé.
Jean Rullier.
Cheminot en retraite d'homicide à l'enfant Lamoré Yveline.
Veuf et remarié.
Le 16 février 1983,
il périt dans l'incendie de sa maison. L'affaire est classée sans suite malgré
une présomption d'intention criminelle.
L'incendie fait une autre victime, la seconde épouse de Rullier.
Geneviève.
Mais Malekian.
Ce nom ne vous dit toujours rien.
Monsieur Malekian.
Que s'est-il passé entre Taner et votre beau-père? Quand j'étais gosse, Max
venait parfois à la maison.
Il s'intéressait au travail de Jean.
Et il était le seul par nous à qui mon beau-père montrait ses toiles.
Puis un jour, il est plus venu.
Moi, j'ai grandi, je suis parti faire mes études. J'ai trouvé du travail en
Allemagne.
J'étais à Bonn quand on m'a prévenu de l'incendie.
Je suis arrivé juste à temps pour voir mourir ma mère.
Je ne sais pas si vous avez déjà vu un grand brûlé, c'est... Elle est morte
devant moi.
La police a parlé d'incendie criminel et puis a clos l'affaire.
A aucun moment vous n'avez pensé que quelqu'un avait pu s'emparer des oeuvres
de votre beau-père? Non.
Vous savez, Jean Peignet, pour lui, c'était quelqu'un d'incroyablement
humble.
Jamais il aurait pu penser que c'était toi qui avais la moindre valeur.
Vous imaginez ma surprise quand j'ai vu ces tableaux chez LAC? Pour punir
Staner, que vous l'avez assassiné.
Mais je n'ai pas assassiné Max Staner.
Allons, M.
Malekian. Vous apprenez qu'on a assassiné votre mère et votre beau-père,
qu'on a volé ses œuvres et vous ne portez pas plainte.
Au contraire, vous vous taisez et vous travaillez pendant près de quatre ans au
service de gens que vous haïssez.
La Gonza a été compromis dans des dizaines d'affaires.
C'est une ordure, je le sais, vous le savez.
La justice le fait.
Est-il seulement passé une demi-heure en prison? Non.
Alors vous pensez bien que moi, un pauvre anonyme, pour le coincer, il me
fallait un dossier en béton.
C'est pour ça que j'ai attendu si longtemps.
Monsieur Valérian, si je comprends bien votre intention, votre objectif, C'était
celui de coincer les coupables.
J'attendais que Tanner pète les plombs et qu'un scandale éclate pour révéler l
'escroquerie.
Toute l'après-midi, Max avait cherché à joindre Henri. Il était très furieux.
J'ai pensé que c'était le bon moment, alors j'ai excité Max, j'ai affolé Lack
et la suite a dépassé mes espérances.
On n'a pas pu aller chez Tanner avec l'intention de le tuer. Il ne peut s
'agir que d'un accident.
Je ne sais pas très bien comment c'était passé.
Tout ce que je sais, c'est que Bergonzat, il sait max qu'il le trouvait sale et
répugnant.
Je pense, à mon avis, que la discussion s'est envenimée et qu'il a explosé.
Sinon, je ne m'explique pas cette main coupée.
Comment vous savez que Tanner a eu la main coupée? Comme tout le monde, par
les journaux.
Vous l'avez lu dans les journaux, vous? C'est tout à fait impossible.
La presse n'en a pas parlé.
Oui, bien sûr, c'est Lack qui m'en a parlé.
Je suis maléquiant.
Arrêtez de nous raconter des conneries.
Ça ne tient pas debout, votre histoire.
La presse n'a rien dit.
Pour la bonne et simple raison que nous, on ne lui a rien dit.
Alors avouez.
Je vous dis la vérité.
C'est Lack qui me l'a dit. C'est lui qui s'est trahi.
De toute façon, ils sont coupables puisqu'ils ont volé l'étoile de Taner.
Il ment.
C'est une évidence.
Sinon, maintenant, j'ai peur qu'il s'obscène dans sa version.
Est-ce qu'on peut boucler le dossier sans aveu? C'est envisageable, oui,
mais il y aura un doute.
Et j'ai horreur du doute. Ne serait-ce que parce que les avocats en raffraient.
Marqué avec ces histoires, ils vont être servis, question circonstances
atténuantes.
Justement, laissons aux baveux les circonstances atténuantes et aux jurés
le soin d'en apprécier la valeur.
A nous de supprimer toute incertitude sur la culpabilité.
Sans aveu, c'est le règne du soupçon.
Les baveux instillent le doute dans les esprits et la justice en sort perdante.
Commandant, laissez-le-moi.
Je sens qu'il est à moi.
Je le sens.
De toute manière, je crois que je vais vous laisser terminer, Michel. Je ne me
sens pas bien.
François, ça va pas? Merde ! Appelez l'ambulance, vite ! Aide-moi.
Monsieur Malekian, il y a un point dans votre tactique que je ne comprends pas
très bien.
Vous allez certainement pouvoir éclairer ma lanterne.
Votre obstination à cacher la vérité fait le jeu de ce que vous voulez punir.
Vous l'avez dit vous-même, Bergonda est intouchable.
Avec ce que nous avons, nous ne l'atteindrons jamais.
Il va se retrouver libre, comme l'air.
Ils s'enrichiront en rendant l'étoile de votre beau-père.
Mais c'est un escroc.
Et un criminel.
Alors que si vous avouez le meurtre de Max Tanner, il y aura procès.
Avec un bon avocat, votre histoire vous fournira non seulement des circonstances
atteinantes, mais elle rebondira sur l'inculpation de Lack et de Bergonzat.
Elle permettra aussi la réouverture du dossier sur l'incendie criminel.
Je peux vous l'assurer.
C'est une proposition que vous me faites là? Maléquien.
Je comprends votre geste.
Bien sûr, je condamne, mais je comprends.
Je crois clairement que nombreux sont ceux qui, face à une telle injustice,
auraient ressenti comme vous la même profonde haine.
Vous n'avez pas pu supporter cette ignominie, vous vous êtes vengé. N
'importe quel être humain peut comprendre ça.
Ça dépend de vous.
Un seul mot, la vérité éclate.
Les coupables seront punis.
Est-ce que l'étoile retrouvera le nom de Jean?
Je sous-signais.
Dierre Malick.
Reconnais.
Avoir tué Max Anaheim.
Comment s'est passée l'intervention? Du mieux que nous avons pu.
Elle va bien, j'y vais.
Je recoupe.
Monsieur, désolé, votre femme vient de faire une fausse course. Elle va bien,
mais elle va avoir besoin de toute votre attention.
Elle est dans cette chambre.
Merci, monsieur.
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