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Mon Dieu, qu'il était maigre.
Oh, ça, c'était juste avant qu'on se rencontre.
Maigre ? Oh, écoutez, mamie, il n'est quand même pas au bel.
Non, mais il est rond.
Entre son bureau et son jardin, il ne fait pas assez d'exercice.
Je trouve qu'il a un petit peu maigri, moi, ces temps-ci.
À l'œil nu, ça ne se voit pas.
Oh, ça, c'est de la naissance de Michel.
On t'accueille des fleurs, mamie. Que tu es gentille, mon Michel.
On n'a pas été trop long. Non, elles sont ravissantes.
Qu'est-ce que c'est ? T'es reconnue ? Et ça ? Oh,
mes enfants, il est tard, je me sauve. Je te raccompagne, maman.
Jusqu'à mon carrosse. Moi aussi, je te raccompagne.
Homme du monde.
Très bien.
Vous êtes ici, mamie, si vous permettez. C'est bien sûr, ma petite Hélène. Au
revoir. Et à bientôt.
C'est vous qui venez la prochaine fois. Promis.
Disais à Hélène que tu devrais prendre de l'exercice.
Tu vas finir par avoir un gros derrière.
Ne sape pas mon autorité. Je me sens bien comme ça.
On ne sait jamais.
Le moindre changement dans mon mode de vie pourrait troubler cette harmonie.
Vous êtes déjà à la paix ? Idiot ! Tout le monde ne peut pas être champion
automobile. Oh, écoute ! C'est mon plus grand plaisir.
Disons que c'est ta seule excentricité.
Pas vrai ? J'aime le pernaut, c'est une excentricité.
Où sont mes lunettes ? Tu les as laissées dans le salon.
J'y vais.
Mais tu as raison, elles doivent être faites de la cheminée.
Merci, Marie.
Je serai incapable de vous renseigner.
Je vous en prie.
Maman a oublié ses lunettes.
C'est une erreur.
Tiens, les voilà.
Merci mon chéri.
Allez vite.
Pourquoi tu me demandes ça ? Tu m'aimes.
Ben oui.
Est-ce que je t'avais parlé de cette histoire de tableau ? Non.
On se demande si le type ne s'est pas débrouillé pour avoir de faux
certificats d'expert.
Je peux aller lire dans mon lit ? Tu peux aller te coucher, en tout cas.
Je ne regarde pas la télé. Je me casse les pieds. Divine sagesse.
Bonsoir.
Bonsoir, papa.
Bonsoir, mon fils.
Qu'est-ce que tu dis ? La source des dieux. Qu'est-ce que c'est que ça ? Pas
mal.
Tu ne suis pas l'exemple de ton fils.
C'est mon fils.
Laisse-le-moi. Tu sais, plus c'est mauvais, plus ça me plaît.
Elle est formidable, ta mère.
Formidable. Même si au jour, elle va avoir un accident.
Penses-tu, elles vont de vie de mieux en mieux.
Tu crois qu'elles devraient s'engager dans un ragui ? C'est superbe, cette
interlude.
Quelle heure tu pars demain ? Pourquoi ? Parce que
j'ai des courses à faire, tu pourrais me descendre ? Vers 10 heures, plus tard si
tu veux. Non, 10 heures ça va.
Tu veux du café ? Non.
Qu'est-ce que tu fais demain ? Je
vais me faire nettoyer la peau.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Bon, tu sais bien que ça me fait rigoler.
Puis je vais chez le coiffeur.
Puis je vais peut-être me faire un petit cinéma.
Il y a quelque chose de bien ? Je ne sais pas. On le dira chez Carita.
Tu veux qu'on déjeune ensemble ? Je crois que je n'ai pas le temps, tu sais.
Je ne crois pas que ce soit possible.
Je te ramène. Tu n'as qu'à venir me chercher au bureau.
Non, non. Bon, si tu veux, je prendrai le train. Mais si, mais si. Je t
'attendrai. Ne t'en fais pas.
T'as pas chaud ? J'ai envie d'ouvrir la fenêtre.
Si tu veux.
Bonsoir, ma chérie.
Bonsoir.
Tu dors pas ? Tu dors pas ? J'allais te demander la même chose.
Tu veux que j'allume ? Si tu veux.
Tu t'énerves.
Tu es comme une pile électrique.
Mon beau chéri, tu es fatigué.
Un peu.
Je crois que je vais dormir maintenant.
Lis si tu veux.
Non.
Putain.
Je te pose au coin de la rue Quentin Beauchamp.
Oui.
Qu
'est
-ce qu'il y a ? Tu passes me prendre au bureau ce soir. Bien sûr.
À ce soir.
À ce soir.
Tu fumes comme un sapeur, aujourd'hui.
Tu crois ? J'en suis sûr.
De
plus
en plus court.
Brigitte, on a soif, mon petit. Qu'est-ce que vous voulez ? De la bière,
dis-toi.
Moi aussi.
Bien fraîche.
Elle ne va pas tarder à te sauter dessus, j'ai l'impression.
C'est fait.
Ah, cochon. Et alors ? Plus de bonne volonté que de don réel.
Tu sais, la plupart des femmes croient tâcher de l'importance au sexe.
Mais en réalité, elles s'en foutent.
Quelle heure est-il ? Trois heures et demie.
Vas-y, il faut que j'aille changer le disque, c'est mon tour. Non, non, je
vais y aller.
J'ai un peu mal au crâne.
Voilà, ils sont presque glacés. Il ne faut pas être invivable de glacer. La
bière glacée dégage tous les égoïstes.
Je suis un Français à part entière.
Encore un Français entièrement tabard.
J'ai du bon tabac dans ma tabatière. J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.
J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.
Ils ont touché qu'à Dieu ne plaise. À mon pays, fleur de l'Isée, je chanterai
la Marseillaise. Peut-être bien le point levé, je chanterai la Marseillaise. En
montant les champs églisés, en montant les champs églisés.
Vous savez ce que j'ai dit ? Non, non.
Eh bien, je lui ai dit, va te faire cuire un oeuf.
Un jeton, s'il vous plaît. Un jeton, ma petite ramène. Voilà, en bas de l
'escalier entre les lavabos.
Oui, il y a de quoi faire.
Allô, Carita, pourrais-je parler à Madame Desvalais, s'il vous plaît ? Allô
? Allô, Carita, pourrais-je parler à Madame Desvalais, s'il vous plaît ? C
'est de la part de son mari.
Ah.
Bon, très bien, tant pis.
Non, non, non, ça n'a pas d'importance.
Merci.
Vous avez des cigarettes ? Des cigarettes, madame Caramel, s'il vous
plaît. Lesquelles, monsieur ? Les celtiques.
Celtiques ? Voilà, monsieur.
Pardon.
Madame Desvalais vient d'arriver. Merci, Brigitte.
Entre, ma chérie.
Mais j'arrive trop tôt, t'as pas fini ? Si, si.
Si, si, j'ai terminé.
Tu veux boire quelque chose ? Oui.
Whisky ? Oui.
Brigitte, on peut avoir de whisky, s'il vous plaît ?
Ah, guichante.
D'après Paul, elle ne tient pas ses promesses. Oh, le pauvre.
Au fait, ce Paul, qu'est-ce qu'il devient ? Il est à la chasse ? Ah non,
il s'occupe d'un truc assez emmerdant.
Je t'ai téléphoné chez le coiffeur.
Ah bon ? Pourquoi ? Pour te prévenir que je finissais assez tôt.
Ah bon ? On m'a rien dit ? Non, tu étais déjà parti.
Ah oui, je suis retournée voir le docteur Givago.
Tiens.
Ça ne t'avait pas emballé ? Ben non, mais tu vois, j'ai eu envie de le
revoir.
Je l'ai beaucoup mieux aimé cette fois-ci.
Ah ! Merci, Brigitte.
Pour une fois, tu n'éprouveras pas le besoin de me raconter ce que tu as vu.
Ah ! Ben non.
De 1852 à 1860, Napoléon III...
dirige la France comme son oncle Napoléon Ier.
Euh... Il conserve... Il conserve... Il conserve au français... Il
conserve au français... Le droit... Le droit... Au suffrage... Au suffrage
universel. Voilà.
Mais avant les élections, il désigne aux électeurs les candidats pour lesquels il
faut voter.
Les candidats sont presque toujours élus.
Eh oui.
Bon, ben, tu revois encore une fois avant d'aller coucher.
Je peux aller lire dans mon lit ? Ah, non, non, non, non. Je sais ce que tu
vas faire. Tu vas lire la source des lieux. T'es folle ? Si je suis premier
au second, j'ai le prix d'excellence.
Bon, alors ça va, tu peux y aller.
Bonsoir, papa.
Bonsoir, mon fils.
Hélène.
Où ? Dis-moi, j'ai envie de te faire plaisir.
Oh, c'est gentil, ça.
Si on faisait une petite virée dans une boîte, genre un club ou des trucs comme
ça, qu'est-ce que tu en penses ? Ce soir ? Oh, mais non, pas ce soir.
Demain ou après-demain.
Ah, oui.
On se réunit une petite bande.
Paul, Georges et sa femme, Frédéric et Marianne.
Mais Frédéric n'est plus avec Marianne.
Ah. Mais non.
Eh bien, Frédéric sans Marianne.
Hein ? Qu'est-ce que tu en penses ? C'est bien que ça me ferait plaisir.
Il ne faut pas les flamber.
Ah bon ? C'est meilleur avec un alcool moins fort, mais qui garde toute sa
saveur naturelle.
Mais c'est vrai que c'est un cuisinier excellent.
Bon, j'étais, mais depuis le temps, je dois avoir perdu la main.
En tout cas, ce dîner était excellent.
Pas mal.
Mon cher Charles, cette soirée est une idée divine.
L'ermite se fait diable.
C'est Hélène qui a décidé ça.
Ah non, c'est pas moi, c'est toi.
Je l'ai lu dans tes yeux.
Mais alors bon.
Bonsoir, j'espère que vous avez bien dîné.
Ça s'est bien passé.
Ça s'est bien passé.
Bien, bien rentré. Non, non, merci. Je m'amuse. Je suis bien. Je t'assume.
Bien.
Je vais te chercher ta bouteille.
La bouteille de monsieur.
Je ne peux même pas vous dire la même chose.
Tu n'as pas vu Hélène ? Hélène ? Non.
Non, tu sais, je suis très occupé.
Georges, tu n'as pas vu Hélène ? Non, Hélène, non.
Mais où t'étais ? T'as des fourmis dans les jambes ? J'ai envie de dormir un
peu, j'ai envie de danser. Oh, écoute, un minute, je suis crevée.
C'est le manque d'entraînement. Tu devrais avoir honte. Mais j'ai honte.
J'ai honte.
Dis donc, tu as vu la minette de Paul ? Quoi ? La minette de Paul ! Oh là là,
elle est formidable ! Dites-nous, servez-vous à boire.
Frédéric ! Françoise ! Comment ça va ? Bien, mais tu es assis sur la table.
Ah, mais dis donc, tu es tout bronzé, hein ? Je te présente Charles,
Hélène Desvalais. Bonsoir.
Bonsoir. On pourrait y aller ?
Vraiment, tu n'as pas de chance.
Non, pas du tout.
Attends, on va dire au revoir.
On va dire au revoir. Au revoir, ma petite chérie.
J'étais ravie, c'était parfait. Et à bientôt.
Oui, oui, j'espère.
Au revoir.
Je t'en prie, ça m'a fait très plaisir d'être là tout de suite. Tu sais, on a
vraiment... Allez, viens par ici.
Au revoir.
Au revoir. Au revoir, à bientôt.
Au revoir.
Tu embrasses Maud pour moi, hein ? Oui, oui, d'accord.
Mais c'est une vraie soudarde. Oh, dis-donc, c'est fou, ça.
Tu t'es bien amusée ? C'est un amour.
Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne pouvais pas dormir, alors je me suis attendue
ici ? Mais qu'est-ce que c'est que cette excentrique ? Voilà des idées. Je n'aime
pas quand vous n'êtes pas là.
Tu es complètement gaga.
Allez, va dans ta chambre.
Tu trouves ça raisonnable ? Je ne vais pas en classe demain.
Et alors ? Je n'aime pas quand tu n'es pas là. Tu l'as déjà dit. Allez,
bonsoir. Tu dors, hein ? Oui.
Pour un petit garçon qui va avoir 10 ans la semaine prochaine.
Ah Brigitte, vous voulez appeler ma femme à la maison ? Elle m'a demandé de
lui ramener quelque chose, j'ai complètement oublié quoi.
Oh, oui monsieur.
Allô ? Alors ?
Vous allez me le trouver, ce dossier, oui.
Ah, dis donc, tu n'as pas un mouchoir en papier ? Si.
Je crois que j'ai chopé un rhumeau.
Faire toi.
Ah, le voilà.
Eh bien, c'est pas trop tôt.
Il n'y a eu que la bonne. La dame est descendue à Paris au début de l'après
-midi. Ah, bon.
Merci, Brigitte.
Je pense qu'elle fera sa course elle-même.
Elle se met pied de moi.
Vous pouvez envoyer quelqu'un m'acheter des mouchoirs en papier.
J'en ai.
C'est des valets.
Le cabinet des valets à l'appareil.
Est-ce que je pourrais vous voir très rapidement ? Une seconde.
Voilà.
Merci, Brigitte.
Quand est-ce que je pourrais vous voir ? Parfait.
Non, non, pas au bureau.
Je m'entends pas. Je vous expliquerai.
Vous connaissez le bistrot à côté ?
Je vous attends là-bas dans une demi-heure.
D'accord.
Merci.
Bonjour,
monsieur. Vous ne m'attendez pas depuis longtemps ? Non, non, non, tranquillisez
-vous.
Je suis désolé pour les tableaux, mais je me suis renseigné auprès de tous les
experts. Il n'y a aucun doute. Les certificats sont authentiques. Oui, oui,
je sais. Les tableaux étaient faux, mais les certificats sont authentiques.
Ce n'est pas pour ça que je vous ai fait venir.
Bien, monsieur.
Il s'agit d
'enquêter sur l'emploi du temps d'une personne.
Vous voyez ? Oui, monsieur.
Vous connaissez ma femme ?
Oui, monsieur, je l'ai rencontré deux fois à votre bureau.
Je voudrais connaître son emploi du temps quand elle vient à Paris, savoir
où elle va, qui elle voit.
Enfin, vous comprenez ? Oui, monsieur.
Vous acceptez ? Oui, monsieur.
Vous n'approuvez pas ce que je vous demande, Bignon.
C'est votre métier, pourtant.
Bien sûr, monsieur.
J'ai des soupçons sur sa fidélité, je vous demande de vérifier, c'est normal.
Elle me trompe, je veux connaître le nom de son amant.
Je vous demande de le découvrir, c'est tout.
Oui, je comprends.
Et pendant combien de temps voulez-vous que je travaille ? Je ne sais pas, le
temps.
Trois jours, quatre jours ? Oui.
Voulez-vous que nous nous rencontrions dans quatre jours ? Oui.
Où voulez-vous ? Je ne sais pas.
Ici ? Non, non, non, pas ici, non. Il faut un endroit plus discret, plus
désert.
Je trouverai cet endroit, mais... Oui.
Supposez que je ne trouve rien, par exemple.
Il faudra me dire la vérité.
Viens.
Viens.
Bon, alors à ce soir. Et on t'attend, il y a une surprise. À ce soir.
Bonjour, monsieur.
Bonjour. Cette fois, c'est vous qui m'avez attendu. Ça n'a pas d'importance.
Alors ? Vous avez trouvé ? Oui.
Oui, monsieur.
Vous connaissez un monsieur Victor Pegala ? Non.
C'est lui ? Oui, c'est lui.
Votre femme lui rend visite tous les deux ou trois jours.
À mon avis, trois fois par semaine.
Il y reste environ deux heures.
Ils ne sortent jamais ensemble.
Voilà. Comment est-il ? Vous l'avez vu ? C'est sa photographie.
Vous permettez ?
Il écrit un peu, monsieur, mais il a une fortune personnelle.
Où habite-t-il ? A Neuilly, au rez-de-chaussée 27 rue du bois de
Boulogne.
Je suis désolé, monsieur.
Combien je vous dois ? Voici les justificatifs.
Ça fait 500 francs, tout compris.
Merci, monsieur.
Je vous laisse la photo.
Au revoir.
Bonsoir, mon fils.
Maman, pourquoi il a... Tu t'es arrêté plus tôt que je pensais.
Va dans le salon, je te sers un verre. Mais qu'est-ce qui se passe ?
Mais qu'est-ce qui se passe ? Vous avez quelque chose à prêter.
Quelque chose à prêter ? Oui, je vais boire du champagne.
Tu vas boire du champagne ? En quel honneur ? Allez, vas-y, délivre.
Je promenais en histoire, alors je vais avoir le trait d'excellence.
C'est sûr, ça ? Oui, c'est sûr.
Alors, il n'y a pas de doute. Il faut que tu boives du champagne.
Allez.
à ton triomphe mon fils à cette mémorable journée à cette
mémorable journée à cette mémorable journée
Tu veux des petits gâteaux à la noix de coco ? Oui.
Je peux regarder dans ton tiroir ? Bien sûr.
C'est toi sur cette photo ? Quelle photo ?
Ça, c'est mon fils.
Ah bon ? Oui.
Mais t'as un enfant ? J'en ai deux.
Ma fille, c'est une fille.
Ça t'étonne ? Ben non, mais...
Je ne sais pas, je n'y avais jamais pensé.
Le garçon a 7 ans.
Et la fille, elle a 5 ans.
Mais tu es marié, tu es divorcé ? Non, je suis divorcé.
J'ai été marié pendant 5 ans.
C'était vraiment une emmerdeuse.
Tes enfants, c'est ta femme qui les garde ? Ben oui, ils sont mieux avec
leur mère, non ? Passe-moi une cigarette.
S'il te plaît.
Merci. Et tu les vois souvent ? Oui.
Tous les mois.
De temps en temps, je passe huit jours avec eux.
Ils t'aiment bien ? Ben oui.
Je suis un bon père.
Tu parles d'une conversation.
C'est drôle, moi je pourrais pas vivre sans mon fils.
J'espère bien.
Mon mari non plus ne pourrait pas.
C'est parfait.
Tu veux encore un peu de thé ? Non.
Pardon.
Cinq heures.
Faut que je m'en aille.
Tu t'en vas ? Oui.
Je te revois quand ? J'ai envie après-demain.
Pourquoi pas demain ? Parce que demain, je peux pas.
D'accord, feras après-demain.
Au revoir.
Je t'appelle un taxi ? Non.
Je vais à la station de taxi à pied.
Il pleut.
C'est rien.
Ici, l'impossible union des sphères d'existence est en acte.
Ici, le passé, le futur, concourent,
réconcourent.
Ah, j'ai lu Pétain de Pétain.
Vous n'avez pas de taxi ? Vous voulez prendre un bus ? Vous avez une demi
-heure à la gare ? Vous avez un petit verre ?
Tu aurais dû me téléphoner au bureau.
On aurait pu rentrer ensemble.
Tu vois, je ne savais plus ce que je faisais.
Je vais faire une grosse barbe, là.
Puis, je vais te faire des moustaches.
C'est un homme.
C'est un petit homme.
Bon, je m'en vais.
Tu ne descends pas à Paris aujourd'hui ? Non, aujourd'hui, je reste avec mon
petit homme.
Il y a tous les copains qui viennent. Tu crois qu'ils vont m'apporter des cadeaux
? Ne sois pas bassement intéressée. Vous allez bien vous amuser.
C'est déjà ça. Oui, j'ai fait venir un prestidigitateur. Deux cents francs, ça
va ? Je crois que ça va leur plaire.
Bien sûr.
Dépêche-toi à rentrer, c'est le soir. Oui, oui. Allez, au revoir tout le
monde.
M. Victor Pugadin ? C'est quel sujet ? Rassurez-vous, je ne suis pas un
représentant, ni un tapeur, ni un quêteur, ni un huissier.
Ça me rassure, mais ça ne répond pas à ma question.
C'est extrêmement difficile de répondre à votre question. Par exemple, si je
vous dis qui je suis, vous allez vous tromper sur le sens de ma démarche.
Mais dites-le quand même.
Je suis le mari d'Hélène.
Oh là là ! Non, non, non.
Non, non, je vous dis, ne vous trompez pas sur le sens de ma démarche.
Laissez-moi le temps d'être un peu interloqué.
Entrez. Entrez, je vous en prie.
Vous voulez boire quelque chose ? Un whisky, je veux bien.
Scotch ou gourmand ? Non, non, gourmand.
Pour une fois.
C'est raison, le matin, c'est meilleur.
Maintenant que je vous explique. Ah oui, ça, je vous en prie.
Je ne sais pas si Hélène vous l'a dit, mais nous vivons ensemble d'une façon
très libre.
Nous nous aimons beaucoup, nous sommes très unis, mais nous avons compris l'un
et l'autre qu'il ne fallait pas empiéter sur nos libertés réciproques.
Vous me suivez ? Très bien, très bien.
Bref, il existe entre nous une complicité que vous devez certainement
comprendre.
Je la tiens au courant de ma vie comme elle me raconte la sienne.
Quand elle m'a parlé de vous, j'ai tenu à vous connaître.
Écoutez, j'en suis enchanté.
Un peu surpris, peut-être, parce que je n'avais pas envisagé votre couple de
cette façon-là.
Mais je trouve ça épatant, vraiment. Ah oui, oui.
Vous savez, on a toujours un peu de scrupule de
coucher avec une femme mariée.
On a peur des histoires, des salades, des trucs.
Enfin, moi, en tout cas.
Mais là,
vous m'assurez.
D'autant plus que vous êtes un cas un peu particulier.
Ah bon ? Hélène a bien des aventures. Enfin, sans exagérer. Ce n'est pas mini
-patin vert, mais en général, ça ne dure pas plus d'une fois ou deux.
Vous êtes un privilégié.
Vous savez, je ne le connais pas. Pas tellement, je ne la connais que depuis
15 jours, 3 semaines.
Comment avez-vous rencontré ? Pardon ? Vous avez du feu ? Non, non, vous avez
du feu.
Je ne fume pas à cause de... Je ne fume jamais le matin à cause de...
Ça s'est fait tout à fait par hasard.
Au cinéma.
J'étais assis à côté d'elle, n'est-ce pas ? J'ai senti une sorte de...
Disponibilité. Vous savez bien ce que c'est, bien entendu.
En tout cas, le film était mauvais, n'est-ce pas ? Nous avons râlé ensemble
et puis après, nous sommes sortis prendre un verre pour nous remettre.
Le lendemain, je lui ai donné mon adresse et puis elle est venue. Rien de
plus simple.
C'est très rigolo.
Vous savez, ça arrive tous les jours.
Ça va bien, pardon ? Enfin, je veux dire, vous en êtes content ? Oh, ben...
Pas mal, oui, pas mal, pas mal.
Enfin, sans histoire.
Maintenant, je comprends pourquoi.
Ah oui ? Ah ben oui, vous ne l'élevez pas positivement dans le sens du péché,
non ? Ça, c'est vrai.
Vous êtes une bonne petite fille.
On est mariés depuis 11 ans, vous savez.
Ah oui ? Nous avons un fils.
Oui, oui, je sais, je sais. Elle m'a raconté tout ça.
Vous voulez un autre verre ? Volontiers, merci. Pardon.
Ah, vous avez de la chance de vous arranger avec votre femme de cette façon
-là.
Moi, j'étais marié avec une emmerdeuse.
Épouvantable. Épouvantable.
Excuse-moi.
C'est ce que je préfère chez Hélène.
C'est sa douceur.
Elle n'aurait pas l'air comme ça, mais elle est extrêmement douce.
Et tendre.
C'est très agréable.
Vous habitez là, au milieu, je crois ? Oui, près de Versailles.
C'est pas un peu embêtant de venir tous les jours à Paris comme ça ? On en prend
l'habitude.
Je vais vous confier quelque chose que vous ignorerez peut-être.
C'est un cauchemar pour Hélène.
Vous en êtes sûr ? Ça je vous assure.
Je suis comme ça, je partais pour vivre loin de Paris.
C'est elle qui a voulu vivre dans la campagne.
Ah bon ? Moi elle m'avait dit que c'était vous.
Vous parlez souvent de moi ?
Non, très peu.
La situation ne s'y prête pas.
En tout cas, à mon avis, vous devriez vivre à Paris. Ou ici, c'est presque la
campagne.
Vous avez combien de pièces ici ? Pas très grand.
J'ai ce living.
J'ai une petite chambre.
J'ai une très belle salle de bain.
J'ai une cuisine, des placards, des penderies.
Vous voulez visiter ? Je veux bien, comme ça je pourrais mieux l'imaginer.
C'est un peu pervers, vous, non ? Non, non, ça m'amuse.
Alors, c'est par ici.
Par là.
Voilà la chambre.
Voilà.
C'est pas... immense, hein ? Pour en revenir à Hélène,
franchement, je la trouve très agréable.
Ne croyez pas que j'en sois épris.
Ça m'est très difficile de tomber amoureux.
Ouais, je crois.
Qu'est-ce que vous regardez ? Ah ! Vous avez reconnu ?
C'est Hélène qui m'en a fait cadeau.
D'après elle, vous aviez oublié son existence.
Pourquoi vous l'a-t-elle donnée ? Ça, je n'en sais foutre rien.
Peut-être pour se faire plaisir à elle-même.
Et vous, pourquoi vous lui aviez donné ? Pour notre troisième anniversaire de
mariage.
Nous habitions rue de Grenelle à l'époque.
Vous n'étiez pas foulé.
C'est elle qui l'avait choisie.
Ah bon ? Ce n'est pas là.
Qu'est-ce que vous dites ? Excusez-moi.
C'est un malaise.
Qu'est-ce qui vous arrive ? La tête me tourne.
C'est le whisky.
l'habitude.
Tenez, asseyez-vous. Non, merci.
Ça va passer.
Vous voulez un aspro?
Non, non, merci.
Oh Dieu, vous avez une polle de gueule. Oui, je sais.
Pourquoi avez-vous ralenti ? Donnez-moi votre adresse et je vous donne la
mienne. Je vous en prie.
C'est pas la peine.
Vous êtes dans votre corps.
Le breton des Carpathes va faire un tour.
Je suis assuré tout risque. Ne vous en faites pas. Donnez-moi votre adresse.
Ça, il n'y a rien à faire.
La dernière fois, il m'a assuré.
Mais vous n'allez pas me faire perdre mon temps. Je suis assureur. Mais
pourquoi perdre du temps ? Moi, je fais un constat.
Messieurs, ça peut être le constat. Vous n'allez rien te casser ? Mais non, rien
me casser.
Dis-donc, votre coffre.
Il est coincé, votre coffre. Mais ce n'est rien, mais ce n'est rien, ce
gâteau, le riz.
Il s'en fout.
Il est assureur. Ça ne me regarde pas.
Moi, je fais un constat. Autrement, ça sera comme la dernière fois. Je vais
être de ma poche.
Je ne veux pas être de ma poche.
Je suis toujours de ta poche.
Il s'en fout. Allez, écoutez.
Allez. Vous mettez le coffre en côté.
Allez, en arrière.
Allez,
circulez, messieurs. Je vous en prie.
Vous avez vu quoi ? Ça va comme ça.
C'est pas là, c'est pas de mon fort.
Allez, madame.
Merci, madame.
Quel dommage que tu n'aies pas été là pour goûter.
Ils ont mangé comme des hommes. Je n'ai pas pu arriver plus tôt. En plus, j'ai
eu un accrochage idiot.
C'est vrai que ça a l'air tout pâle.
Tu veux boire quelque chose ? Mon mari, Madame Thomas.
Enchantée. Mes hommages, madame.
Je vais aller me servir un petit whisky.
Antoine, le fils de Madame Thomas, est le meilleur ami de Michel.
Il est adorable.
Pas toujours.
Et il est loin de travailler aussi bien que le vôtre.
Ça ne fait rien.
Dans deux ou trois mois, ça sera sans doute le contraire.
Bonjour, madame. Mon mari est toujours là ? Oui, madame.
Bonjour.
Bonjour, Hélène.
Quelle bonne surprise.
Ça fait au moins huit jours qu'on ne s'était pas vues. Oui.
Tu peux me ramener ? Bien sûr, ma chérie.
Tu as passé une bonne journée ? Oui.
Mais fatigante.
Je suis complètement crevée.
On
va
pouvoir partir tout de suite. J'ai terminé.
J'ai fini.
Attends-moi. J'en ai pour deux minutes.
Pas le temps, je vais arriver en retard. Mais je t'emmène en voiture.
Bon, il y a 300 mètres.
Allez, salut.
Salut, mon fils.
Bonsoir, maman.
Bonsoir.
Tu ne prends pas à neuf ? Non, non, merci.
Je veux juste boire le thé.
Comment ça va, ton mal de tête ? C'est fini.
Tu ne descends pas à Paris aujourd'hui, je suppose ? Non, je vais rester ici, me
reposer.
Ça ne te fera pas de mal.
Tu ne prends pas un toast ? Non, merci.
Rien.
Quand il y a mal à la tête, ça me coupe l'appétit.
Madame, j'ai besoin d'un peu d'argent.
Montez dans ma chambre, je vous en donnerai.
J'ai envie de faire du foie de veau à midi.
Oh, faites ce que vous voulez, mais pas faim.
Je vais faire du foie de veau.
C'est très bon pour la santé et puis ça sent sans faim.
Très bien, du foie de veau.
Madame, je peux rentrer ? Oui.
Madame, c'est deux messieurs qui veulent vous voir.
Ils veulent me voir ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? Je suis fatiguée.
Ils sont de la police, madame.
La police ? Pourquoi ? Ça, je ne sais pas, mais je leur ai dit que j'allais
vous prévenir.
Monsieur. Pardonnez-nous de vous déranger, madame. Officier de police
Duval.
Voici l'officier de police Gobet. Voilà.
Excusez-moi de vous recevoir ainsi, monsieur, mais je me sens un peu
souffrante et j'avais décidé de ne pas sortir.
Je suis d'autant plus désolé de vous déranger, madame, mais nous allons
essayer d'être le plus bref possible.
Vous voulez qu'on me suive ?
Essayez-vous, je vous en prie. Pardon.
Pour vous ennuyer le moins longtemps possible, j'en viens directement au
fait. Connaissez-vous un nommé Victor Pegala ? Oui.
Enfin, je le connais un petit peu.
Pourquoi me demandez-vous ça ? Est-ce que vous savez où il se trouve ? Ah non,
je ne sais pas.
Chez lui, je suppose.
Vous connaissez son adresse ?
Il habitait Neuilly, non ? Nous avons trouvé votre nom, votre adresse, votre
numéro de téléphone, parmi d'autres d'ailleurs, dans le carnet d'adresse de
M. Pégala, que voici.
Alors, vous comprenez, nous faisons un travail de routine. Nous demandons à
tous les gens dont le nom est porté sur ce carnet s'ils savent où se trouve M.
Pégala.
Mais je ne comprends pas.
Il a fait quelque chose de mal ?
Il avait rendez-vous avant-hier à deux heures avec son ex-épouse pour lui
verser sa pension alimentaire mensuelle et s'organiser pour les vacances de ses
enfants. Or, il n'est pas venu.
L'ex-madame Pegala s'est inquiétée.
Elle s'est rendue à son domicile.
Personne. Elle a ensuite essayé de l'appeler au téléphone à plusieurs
reprises pendant la soirée et dans la nuit. Pas de réponse.
Vous la connaissez ? Non, pas du tout.
Ça a l'air d'être une femme de tête.
Hier matin, elle est venue nous voir.
Enfin, je ne veux pas vous ennuyer avec cette histoire. Je vais juste vous poser
une ou deux questions.
Quand avez-vous vu M.
Pégala pour la dernière fois ? Une fois.
Je ne peux pas vous le dire.
Oui, je comprends.
Eh bien, je suis désolé de vous avoir dérangé.
Surtout si vous êtes souffrante.
Enfin, nous avançons un peu.
En tâtonnant.
Vous comprenez ? Enfin, je ne veux pas vous déranger plus longtemps. Si par
hasard, ça m'étonnerait, mais enfin, on ne sait jamais.
Vous aviez des nouvelles, vous serez bien aimable de m'appeler à la police
judiciaire. Officier de police Duval.
Ou officier de police Gobet.
Est-ce que vous croyez qu'il est arrivé quelque chose à M. Pegala ? Oh, mais
cette enquête est systématique.
Mais il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'un meurtre.
On me reproche toujours d'avoir une vision trop pessimiste de l'existence,
alors... Excusez-nous encore de vous avoir dérangé.
Papa. Bonsoir.
Bonsoir.
Alors,
ça avance ? Je n'arrive pas à trouver cette pièce.
Ça va mieux maintenant.
Tu veux boire quelque chose ? Oui, oui, ne te dérange pas.
J'ai eu une curieuse visite à ta promédie à la police.
La police ? Oh, rien d'important, mais enfin... De quoi s'agissait-il ?
Une vague relation qui a disparu. Qui ? Tu ne connais pas Victor Pégala.
Je ne connais pas.
C'est un écrivain.
Je ne l'ai même plus rencontré.
Tu veux boire quelque chose ? Non, merci.
Pourquoi sont-ils venus t'interroger ? Parce qu'il avait mon nom sur son carnet
d'adresse.
Compromettant.
Je vais voir où en est le repas.
Comment ça se fait qu'on ne peut pas trouver cette pièce ? Je ne sais pas,
mon fils.
Je l'ai toute essayée, je ne peux pas la trouver.
Peut-être qu'elle manque ? Peut-être.
Oh, écoute, ce puzzle.
Tu ne fais que parler de ça, ça suffit.
Il faut bien parler de quelque chose. Tais-toi.
Je ne sais pas si on pourra garder Brigitte.
Ah bon, pourquoi ? Depuis l'histoire avec Paul, elle ne peut plus supporter
une observation.
Évidemment.
Il est embêtant à cause de ça.
On ne peut pas se retenir.
Ce n'est pas si grave, il a d'autres qualités.
Pourquoi est-ce que quelqu'un disparaîtrait tout d'un coup ?
Cet homme qui a disparu, ce n'est
pas normal.
Je ne sais pas, mon chou, ça va t'arriver de temps en temps, je suppose.
Il y a quelqu'un qui a disparu ? Oui, la pièce de ton puzzle.
Bonsoir, messieurs.
Nous retrouverons ce soir M.
Grimaud en compagnie de Léon Zitron.
Mais c'est celle-là.
Écoute, c'est pas possible.
Mais si, c'est possible. La preuve. Elle est nulle part.
Écoute, calme-toi.
Tu l'as cachée, j'en suis sûre. Mais non, je ne l'ai pas cachée. Si, tu l'as
cachée. Tu es un salaud.
Non, mais tu me traites de salaud. Maintenant, tu n'es pas un peu fou, non
? Je vais te calmer, tu sais.
Tu l'as cachée.
Allez, monte te coucher. Monte te coucher immédiatement. Non.
Oh, ce buzz, j'en ai assez.
Ça suffit, ce buzz.
Non. Allez, au lit.
Je vous déteste.
Qu'est-ce que c'est ?
Je ne sais pas.
Ce sont les deux messieurs de cet après-midi, Madame.
Faites-les entrer.
Faites-les entrer.
Madame, nous venons encore vous déranger.
À une heure bien tardive et je m'en excuse.
Je ne sais pas quoi vous répondre.
Je vous présente mon mari.
Bonsoir, monsieur. Officier de police Duval.
Et voici l'officier de police Gobet.
Monsieur.
Et voici mon fils qui allait se coucher.
Bonsoir, monsieur. Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, papa.
Bonsoir, maman.
Bonsoir, mon fils.
Madame, monsieur, je me suis vu contraint de revenir ce soir car
certains points nous restent obscurs.
Et vous aurez peut-être la possibilité, madame ou vous, monsieur, d'éclairer
notre lanterne.
Excusez-moi.
Vous connaissez monsieur Pégala,
monsieur ?
Non. Ma femme m'a déjà parlé de votre physique.
Non.
Je ne le connais pas.
Bien.
Madame, je suis obligé de vous demander un effort de mémoire. Essayez de vous
rappeler où vous avez fait la connaissance de M. Pégala.
Mais je vous l'ai déjà dit.
Je ne me souviens plus du tout.
Je vous en prie, Madame, cherchez.
Je ne sais pas.
Un cocktail littéraire ? Oui.
Lequel ? Mais je ne sais pas.
Julia.
Julia.
Enfin, je vous dis Julia, je ne sais pas.
Comment voulez-vous que je me souvienne ? Je comprends que ça doit être très
difficile, madame.
Et vous, monsieur, vous assistiez à ce cocktail ? Oui, il me semble, oui.
Ah, alors peut-être avez-vous fait la connaissance de monsieur Pégala.
Non, je ne crois pas. C'est un nom qui ne me dit rien.
Vous voulez voir son visage ? J'ai sûrement une photographie.
Vous voulez ?
Non.
Son visage ne me dit rien.
Mais il n'y a pas d'erreur. C'est bien lui que vous connaissez. Oui, c'est bien
lui.
Et vous ne vous êtes jamais rendu chez lui ? Non.
Mais, enfin, vous savez, inspecteur, je le connaissais vraiment très peu.
Je me demande même pourquoi il avait noté mon adresse.
Peut-être vous trouvez-t-il à son goût.
Peut-être.
Dites-moi, inspecteur, je ne voudrais pas avoir l'air impatient, mais vous
comprendrez que, quelles qu'en soient les bonnes raisons, ce genre d
'interrogatoire est désagréable.
Je ne voudrais pas vous empêcher de faire votre travail, mais il est bientôt
10 heures.
Oui, vous avez raison de me le rappeler, monsieur.
Ce genre de disparition est toujours tellement ennuyeux. Alors j'essaie de
piocher à droite ou à gauche les éléments qui pourraient m'aider.
Vous n'êtes jamais allé à Neuilly, vous, monsieur ? Comment ça, à Neuilly ?
Oui, je veux dire chez M. Pégala.
Mais je ne le connais pas, inspecteur. Je ne sais pas où il habite. Je ne sais
rien.
Oui, je sais bien, monsieur, que vous ne savez rien.
Ça ne me facilite pas les choses, croyez-moi.
J'en suis désolé.
Que voulez-vous que j'y fasse ? Bien, eh bien, je ne veux pas vous
déranger plus longtemps.
Je comprends très bien que vous faites votre travail.
Oui.
Et ce genre d'affaires, c'est la plaie dans notre métier, croyez-moi.
Je vous raccompagne.
Cher monsieur, j'espère ne pas être dans l'obligation de vous déranger de
nouveau, mais c'est une chose que je ne peux pas vous promettre.
Comprenez-moi.
Oui.
Au revoir, inspecteur.
Viens, je vais réparer les dégâts.
Quels dégâts ? Viens.
Regarde.
Tu me pardonnes ? Non, je t'aime.
C'est encore les deux messieurs d'hier.
Oui.
Je vais aller voir ce qu'ils veulent.
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