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Le temps passe et les enquêtes se corsent.
Et voilà qu'un rival de Shinichi débarque !
Est-ce que Conan sera de taille ?
À la recherche de l'unique vérité, un cerveau d'adulte
dans un corps d'enfant… Son nom est Détective Conan !
"Meurtre d'un diplomate - 1re partie."
Eh bien bravo !
Tu m'appelles enfin, mais tu as un rhume carabiné.
Arrête tes bêtises et reviens, Shinichi.
T'es marrante, je ne peux pas. J'ai une affaire tendue sur les bras.
Tiens, on a un client ?
Je dois raccrocher, on vient de sonner.
Et tu as intérêt à te soigner.
Hé ! Ran ?
Super. Si je n'appelle pas, elle est morte d'angoisse.
Mais quand j'appelle, je me fais enguirlander.
Pas un mot gentil, que des reproches.
Quelle plaie ! Je ne pigerai jamais rien aux femmes.
Faut pas me mentir, la miss.
Je sais qu'il se planque dans le coin.
Allez, montre-toi ! Shinichi Kudô.
- Moi ? - Sors de ton trou !
Conan ?
Toi aussi, tu es enrhumé ?
Arrête un peu de gigoter.
Toi, Shinichi… Tout le monde est malade.
Il y a un microbe qui traîne ?
Kudô a un rhume ? Je croyais que t'ignorais où il était.
Comment tu sais qu'il est malade ?
Il m'a téléphoné, tiens. Il parlait du nez, tout à l'heure.
Kudô t'a appelée ?
Il me passe un coup de fil de temps en temps. Ça te gêne ?
Donc la rumeur serait bien vraie. T'es la petite copine de Kudô.
Sa copine ?
Qui a dit ça ?
Ta pote, là… Suzuki ?
Elle a dit que Kudô avait disparu et que tu devais sûrement le planquer.
- Sonoko… - Cette grosse ragoteuse…
Et donc ? De quoi vous parlez, au tél ?
De rien de spécial.
Du dernier roman policier qu'il a lu et qu'il a bien aimé.
Du foot. Il me demande des nouvelles des copains du lycée.
Et pas des tiennes ?
Hein ? De mes nouvelles ?
En fait, Shinichi…
Il parle surtout de lui, il ne me demande jamais ce que je deviens.
Hein ? Quoi ?
Dis donc !
- Quoi, encore ? - Ça te choque pas ?
S'il t'appelle de temps en temps…
C'est qu'il tient un minimum à toi, sinon il se fatiguerait pas.
Sauf qu'il te demande rien sur toi.
C'est pas logique, si tu réfléchis deux secondes.
Moi je dis, y a qu'une seule explication possible.
Où que soit Kudô, il arrive à garder un œil sur toi.
Il est toujours dans le coin.
Shinichi… Il m'observerait ?
Je parie même qu'il te mate de pas loin, ce planqué.
Bon sang, qui est ce mec ?
Au fait, t'es qui ?
Ah oui, j'ai oublié de me présenter.
Je m'appelle Heiji Hattori.
Je suis détective lycéen, comme Kudô.
- Un détective… - Lycéen ?
Ah, OK, c'est un détective.
Ça va, le mouflet ? T'as la crève ?
J'ai un truc au poil pour ça.
Maintenant que tu t'es présenté, tu me dis quelque chose.
L'autre fameux jeune détective, venu de la région du Kansai.
On nous compare souvent. Je suis le prodige de l'Ouest,
et Kudô, celui de l'Est.
On joue dans la même catégorie.
- Tiens, petit. - Merci.
Mais voilà, Kudô a soudain arrêté de faire parler de lui.
On ne le voit plus dans les journaux. Personne ne sait où il est.
Pas grave ! Je le remplace avantageusement !
D'accord, mais tu lui veux quoi, à Shinichi ?
Moi ? Rien de bien méchant. Je veux juste le voir pour vérifier.
Môri, le prodige de l'Est.
Vérifier si Shinichi Kudô mérite bien d'être comparé à moi.
Conan ? Qu'as-tu ?
Hé… Ran…
Conan ? Dis donc ! Tu lui as donné quoi, à boire ?
Du Païkal, un alcool chinois.
Je pensais squatter ici en attendant Kudô.
J'ai apporté ça en cadeau.
Pourquoi se gêner !
Je me tue à sonner depuis des heures.
Recevoir la clientèle, ce n'est pas votre fort.
Je suis pressée.
Si vous voulez bien me recevoir ?
C'est pour une enquête sur la petite amie de votre beau-fils ?
- Oui. Voici sa photo et son CV. - D'accord.
Yukiko Katsuragi, 24 ans.
Meilleure élève du collège Mitsuba puis du lycée du même nom.
Elle est à présent en fac de médecine…
Bien partie pour devenir médecin. Qu'est-ce qui vous chiffonne ?
Rien. C'est juste que…
"Elle est trop parfaite, ça me déplaît."
Les êtres humains sont jaloux et méfiants par nature.
Quand un truc a l'air trop parfait, on cherche la petite bête.
- Je me trompe, ma petite dame ? - Qui est ce garçon ?
- C'est un ami de ma fille, ignorez-le. - Bref.
Je vous en dirai plus chez nous, en présence de mon mari.
Pardon ? On doit aller chez vous ?
Ça n'aurait pas été plus simple de venir ensemble ici et…
Comme je vous l'ai dit, mon mari est diplomate.
Si on le voyait dans ce genre d'endroit…
Ce serait le scandale assuré. Vendu, je viens avec vous.
Quoi ?
Ce sera moins louche qu'un vieux mec seul,
on pourra passer pour un père et son fils en visite.
En effet. Suivez-moi.
Quoi ? Mais enfin, Madame…
Tu viens avec nous ?
- Pourquoi je devrais ? - Plus on est de fous, plus on rit.
Et qui sait, Kudô pourrait pointer le bout de son nez.
Ran ? Ran !
- Allons-y ! - Et ton rhume ? Ça va mieux ?
Oui ! Grâce au super remède de ce garçon.
- Je te l'avais dit. - Abruti, je me sens encore plus mal.
C'est pas la motivation qui m'étouffe, mais je dois garder un œil sur ce mec.
- Bienvenue, Madame. - Où est Monsieur ?
Dans son bureau, je crois.
Et qui sont ces personnes ?
- De vieux amis, M. Môri et sa famille. - Oh ! Mère !
C'est un plaisir.
- Tiens, la fille de la pho… - Que… Que faites-vous ici ?
Je l'ai appelée.
Père évite toujours Yukiko.
Je voulais lui forcer la main.
Mais il n'a pas l'air décidé à sortir de son bureau.
Et ces gens ? Ce sont des amis à vous, Mère ?
Cela ne vous regarde pas, que je sache.
Et je vous interdis de m'appeler "mère". Veuillez rester à votre place.
Mes excuses…
Bien, suivez-moi.
Pour qui elle se prend ? Espèce de marâtre.
Eh bien ?
Vous êtes venu nous voir, beau-père ?
Bien sûr !
Tu m'as demandé de venir pour te montrer ma dernière prise.
Et la voilà ! Belle bête, n'est-ce pas ?
Ah oui, c'est vrai.
J'arrive tout de suite, attendez-moi dans le salon japonais.
D'accord.
Très cher, nous voici.
Très cher ?
C'est bizarre… Il serait sorti ?
Eh si, il est bien là.
Et avec la stéréo à plein volume.
Ce n'est pas un endroit pour faire la sieste.
De l'opéra ?
Très cher ? Debout.
Allons, très cher.
Très…
Très cher, que vous arrive-t-il ?
Trop tard. Il est déjà mort.
Ran, appelle la police.
Oui !
Chéri !
Le corps est encore chaud.
Les lèvres ont à peine commencé à bleuir.
Une trace de piqûre sur la nuque, à la racine des cheveux ?
Mais alors…
- Aïe ! - Ouille !
Pourquoi il est là, ce mouflet ?
- Conan… - Essaie de le tenir, un peu.
Il est pas censé voir des cadavres, à son âge.
Le mort se nomme Isao Tsujimura, il avait 54 ans. C'était un diplomate.
Et sur place on retrouve, comme par hasard, le détective…
Kogorô Môri pour vous servir, cher inspecteur Megure !
Et donc, c'est encore un meurtre ?
Je n'ai rien remarqué d'anormal, donc je dirais que non…
Regardez un peu le corps !
- C'est clair. - Il a été empoisonné.
Voilà, c'est un… Quoi ?
Ce type a été tué avec du poison.
Il y a un point rouge à la base de la nuque de la victime.
Et il y a un aiguillon par terre, pas loin du corps.
Il avait l'air de dormir accoudé au bureau quand on est entrés,
mais quelqu'un lui a donné la pose après l'avoir tué.
Et la piste du suicide ?
Quoi ? Vous êtes bête ou quoi ? Regardez le corps.
Ses lèvres et l'extrémité de ses doigts ont déjà viré au violet.
Les yeux sont injectés de sang.
Ça indique qu'il est mort étouffé.
Mais il n'y pas de trace de noyade, d'étranglement, ni rien.
Il n'a pas l'air d'avoir souffert.
Par élimination, c'est qu'il a été comme pétrifié
par un poison qui a entraîné la mort par asphyxie.
Un poison violent, qui l'a tué instantanément.
En plus de ça, le corps était encore chaud.
La rigidité cadavérique ne s'était pas encore installée.
Il a forcément été tué dans la demi-heure
avant notre arrivée.
Par quelqu'un qui traînait dans le coin.
Môri ! Qui c'est, ce gamin ?
Heiji Hattori. Un blanc-bec qui se prend pour un détective.
Heiji Hattori ?
Je te connais !
Tu es le fils de Heizô Hattori, le chef de la police d'Ôsaka !
Le chef de la police d'Ôsaka, rien que ça ?
C'est étrange, mais en regardant Hattori…
J'ai l'impression de voir Shinichi.
Ça va, Conan ?
Ça craint, mon rhume empire de minute en minute.
Les portes et les fenêtres sont fermées de l'intérieur.
Écartons la piste de l'infraction.
En résumé, le seul moyen d'entrer, c'est la porte.
Le crime a dû être commis par quelqu'un qui possède un exemplaire de la clé.
Madame, je suppose qu'il y a plusieurs doubles ?
Non, ce bureau n'a que deux clés.
Je possède l'une d'elles.
- L'autre est à mon mari. - Votre mari ?
Oui. Il la garde toujours dans la poche de son pantalon.
Je vais aller vérifier.
Bigre… Il est serré, son pantalon.
Impossible !
- Ben quoi ? - Vous pigez pas ?
Le bureau était fermé à clé quand on est arrivés.
Le meurtrier a forcément refermé à double tour derrière lui.
Sauf qu'il n'y a que deux exemplaires de cette clé. Un pour madame…
Et l'autre, dans la poche secrète du pantalon de la victime. Donc…
C'est un crime complètement impossible.
Un meurtre en chambre close.
Un meurtre en chambre close ?
Oh bah zut…
LE GRAND DÉTECTIVE MÔRI
Je m'en doutais.
Il a beau faire la une, c'est pas lui qui résout les affaires.
Tout est signé Shinichi Kudô.
Le vieux doit avoir un moyen de contacter Kudô,
qui lui refile la soluce.
Et ce sera pareil pour cette affaire.
Qui aura le fin mot de cette enquête en chambre close ?
Je te défie, Shinichi Kudô !
Je me sens mal… J'ai les oreilles qui sifflent.
Il faut que je me dépêche de résoudre ça et que j'aille me coucher.
Vous attendez quoi, tous les deux ?
Le meurtre a eu lieu entre 15 h 30 et 16 h.
Vous devriez commencer à vérifier les alibis
de tous les suspects, non ?
Oui, tu as raison.
- Je compte sur toi. - Pardon ?
Ne laisse pas un jeune effronté marcher sur nos plates-bandes.
Tu vas nous résoudre ça comme d'habitude !
Euh… Ouais ?
Commençons par vous, M. Koike. Vous nous confirmez qu'entre 15 et 16 h,
vous discutiez sur le pas de la porte avec les voisins ?
Tout à fait.
Takayoshi et sa compagne ont dit être arrivés
peu avant la maîtresse de maison, c'est vrai ?
Tout à fait, je confirme.
Et où étiez-vous quand M. Koike est allé ouvrir à Madame et à ses invités ?
Nous étions montés au bureau de Père.
Mais c'était fermé à clé et il ne répondait pas,
donc nous sommes redescendus.
Et nous avons croisé Mère dans l'entrée.
M. Toshimitsu, vous êtes arrivé peu après 14 h ?
Tout à fait. Mais Isao s'était claquemuré dans son bureau
et Kimie était sortie.
J'ai décidé de patienter devant la télé, dans la pièce à côté du bureau.
- Vous êtes sortie vers quelle heure ? - Une heure plus tôt.
Pratique, les alibis éliminent pas mal de suspects.
Si on dégage Koike et la petite dame, il ne reste que ces trois-là.
Mazette… Ça c'est de la collection de CDs.
Oui. Monsieur était amateur de musique classique.
De classique ?
Quand on est entrés, c'était de l'opéra.
Madame, c'est vous sur la photo ?
Hein ? Zut…
Laissez cette photo tranquille, elle a plus de 20 ans.
Je vois trouble.
Inspecteur ! Et les livres sur le bureau ?
Laissez tomber.
Les livres ? Ah oui, il y en avait toute une pile en vrac devant le corps.
Comme si on les avait sortis de la bibli et posés direct…
Il y a une chose bizarre sur le porte-clé de la victime.
Quoi ?
- Il coulisse. Et au milieu… - Il y a un bout de scotch ?
Hein ? C'est quoi, ce petit pli au milieu ?
Mon… Montrez-moi…
Conan ?
Voilà que j'ai des palpitations ! Faut vraiment que je boucle ça.
Alors, mon ami le grand détective ! Des fulgurances ?
- Bah, c'est à dire que non… - Minute. Et si…
- Hein ? - Quoi ?
Des livres empilés en vrac devant le cadavre.
De l'opéra à fond quand on est arrivés.
Du scotch sur le porte-clé.
Avec un drôle de pli au milieu.
Ouais, y a bien un espace sous la porte.
De l'opéra ?
Ça y est, j'ai pigé ! L'astuce de la chambre close.
Et…
Je sais qui a fait… le coup…
Conan ?
Conan, ça va ?
- Vite ! Faites venir un médecin. - Bien.
Il est brûlant de fièvre.
Eh bien ? Où est passé le jeune Hattori ?
Il vient de sortir, il cherchait le salon japonais.
Le salon japonais ?
C'est forcément ici. Si mes déductions sont justes…
Ce truc doit forcément être ici ! Allez, quoi !
Je l'ai !
C'est bon.
Je crois que la victoire me sourit, Kudô.
Pardon, est-ce que je peux l'allonger quelque part ?
Oui, prenez mon lit.
- Ma chambre est au bout du couloir. - D'accord.
Je vais m'occuper de lui.
- Hattori ? - J'ai pigé.
Je sais qui est le coupable et quel petit tour il a joué.
Comment ?
- Il a déjà tout résolu ? - Voilà ce qui arrive quand tu lambines.
Je vais vous en donner la preuve.
Du fil de pêche ?
Inspecteur Megure, vous voulez bien jouer la victime ?
Bon, d'accord.
Non…
Est-ce qu'il…
On reprend. Toutes les fenêtres étaient fermées de l'intérieur.
La seule issue était donc cette porte, elle aussi fermée à clé.
On a donc l'impression qu'il s'agit d'un meurtre en chambre close.
En effet, la pièce est presque complètement close.
À un détail près.
Quel détail ?
L'espace sous la porte !
Mais bien sûr.
Donc le coupable a jeté la clé
et elle a filé se mettre toute seule dans la poche de la victime, c'est ça ?
Vous avez presque trouvé l'astuce.
Il suffit d'un bout de scotch et d'un petit truc :
du fil de pêche avec une aiguille à un bout.
Du fil de pêche ?
Ça va aller, Conan.
Le médecin va bientôt arriver.
Bon sang, j'y crois pas.
Être terrassé par la crève à un moment pareil !
Conan…
Voici ce qui s'est passé.
Le coupable a d'abord tué la victime avec un aiguillon empoisonné.
Puis, il a récupéré la clé.
Ensuite…
Il a sorti le fil de pêche.
À un bout, il a passé une aiguille. Il a scotché l'autre bout au porte-clé.
Puis, avec l'aiguille, il a fait passer le fil dans la poche de la victime.
Il a assis le corps au bureau,
en lui faisant prendre la pose dans laquelle on l'a découvert.
Le meurtrier est sorti de la pièce en tenant les deux extrémités du fil.
Il a ensuite refermé la porte en faisant passer le fil en dessous.
Il a fermé la porte à clé.
Ensuite, il n'a plus eu qu'à tirer sur le bout avec l'aiguille.
Tirée par le fil, la clé est passée sous la porte, sur le bureau…
Pour finir par se glisser sans problème dans la poche de la victime.
C'est entré !
Pour finir, le coupable s'est contenté de tirer un coup sec.
Ça a arraché le fil du scotch.
Une fois le fil récupéré, toutes les preuves ont disparu.
Et le meurtrier a son meurtre en chambre close.
Ça se tient…
Tiens bon, Conan ! Conan ?
J'ai chaud… Mon cœur s'emballe…
Ce doit être le médecin.
Ne bouge pas, je reviens avec lui tout de suite.
Je vais mourir ?
Je vais mourir comme ça ?
Alors, Kudô ? Si ma théorie te plaît pas, t'as intérêt à te secouer.
Sinon, je vais boucler cette affaire.
Non, c'est faux.
PROCHAIN ÉPISODE
Faux et archifaux.
Kudô ?
Shinichi ?
Qu'est-ce qui te chiffonne dans mon raisonnement, Kudô ?
Non ! C'est pas possible !
Eh oui. La personne responsable du crime…
C'est vous !
Prochain épisode :
"Meurtre d'un diplomate - 2e partie."
Indice pour la prochaine fois !
Un CD d'opéra et des livres.
- La prochaine fois… - Salut ! Ça faisait un bail.
C'est moi, Shinichi !
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