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Original subtitles

Docteur.

Docteur,

j'ai cru vous rater.

Votre mallette.

Elle �tait sur la table.

- J'ai le dossier R�nol ? - Oui.

N'oubliez pas le d�ner ce soir.

Le cours est � 11 heures et le colloque l'apr�s-midi.

Couvrez-vous.

Et essayez de vous reposer.

Si vous avez besoin de quelque chose...

�a ira.

Je voulais vous dire

de ne pas vous inqui�ter.

C'est difficile de laisser le service.

Vous �tes l�.

Je vous aide ?

- On se conna�t ? - Je ne crois pas.

Les vieux on se ressemble tous.

Vous allez au colloque ?

Vous aussi ?

Moi j'ai une f�te.

Vous venez d'o� ?

De la caf�t�ria.

Vous avez bu ? Vous sentez fort !

Vous me la gardez ?

Je vais aux toilettes et je reviens.

C'est s�r, il n'y a personne ?

S�r !

Elle n'a pas pu partir sans sa valise.

Le train est vide, j'ai regard� tous les wagons.

Et les toilettes ? S'il lui est arriv� quelque chose...

Allez voir au caf� de la gare,

votre m�re vous attend peut-�tre.

Non. Ce n'est pas ma m�re.

Alors pourquoi vous inqui�ter ?

FERM� POUR TRAVAUX

Pardon.

Docteur Fausto ?

Je vous connais ?

Docteur Fausto, c'est vous. Quelle joie !

Vous ne vous souvenez pas ? C'est vrai ?

Vous devriez, vous m'avez enlev� l'estomac !

Santos. Santos Vella.

� l'H�pital Provincial il y a huit ans.

Cancer du pancr�as, plusieurs tumeurs

avec des complications.

�a ne vous dit rien ?

C'est vrai que sans le masque � oxyg�ne...

- C'�tait moi ? - Vous m'aviez condamn� !

On a eu une relation assez intense...

Vous m'avez d'abord ouvert cinq fois.

Vous m'avez exhib� dans un cours comme cas incurable...

- Je me suis tromp�. - On dirait.

Vous m'aviez donn� trois mois de vie et �a fait huit ans.

Ne vous excusez pas, �a arrive.

Je ne me suis pas excus�.

Il ne faut pas, �a arrive.

Et mon estomac ?

- Mon estomac ? - Votre estomac ?

Oui, mon estomac, vous l'avez gard� ?

- Pour quoi faire ? - Qu'est-ce que vous en avez fait ?

Sans doute comme d'habitude, on a d� le jeter.

Le jeter ? � la poubelle ?

�a je n'appr�cie pas...

Vous ne pensez pas qu'on les garde apr�s huit ans ?

Non, bien s�r.

J'aurais aim� le voir.

Il ne devait pas �tre joli, joli.

Comment vous avez fait ?

- Quoi ? - �a.

Vivre.

En m'�loignant des h�pitaux.

Si j'en vois un je change de trottoir.

J'oubliais, ma carte ! Santos, Santos Vella.

On l'�crit avec deux "L" mais on n'en prononce qu'un.

"Vel-lia".

Non, on dit "Vela" comme "mozzarella".

Vous dormez o� ? Ne dites rien : au "National".

Vous �tes l� pour le colloque, non ? Je vous conduis.

Non, merci, je prends un taxi.

Mais �a ne me d�range pas.

Non, avant je dois passer quelque part.

Pas de probl�me, �a me fait tellement plaisir

- m�me si pour mon estomac... - Non !

Non, je pr�f�re y aller seul.

G�nial, g�nial !

Moi aussi j'aime d�couvrir les villes tout seul,

que personne ne me conduise. On est grands !

Si vous avez besoin vous avez ma carte !

Si besoin vous m'appelez.

D'accord ?

Oui, bien s�r.

Jur� ?

Pas la peine, je vous fais confiance.

Un vrai plaisir de vous revoir !

Et merci pour tout.

Un grand bonhomme madame ! N'ayez pas peur !

Bordel !

� l'H�tel National.

On y va.

�a ne fait pas un dr�le de bruit ?

Quoi ?

La voiture.

Pas du tout.

Un vrai taureau !

En vingt ans Je n'ai jamais eu de panne.

Et merde !

On a des probl�mes ?

Putain de merde !

Ce n'est plus un taureau, c'est une vache !

C'est sur quoi ?

Ce colloque c'est sur quoi ?

Les maladies en phase terminale.

En phase terminale...

�a va �tre la f�te, hein ?

Je t'emmerde ! Je suis en retard !

Bon,

�a vous regarde.

Vous deviez passer ailleurs, non ?

- Oui, non. J'irai plus tard. - C'est s�r ?

Oui, oui.

C'�tait un bobard, hein ?

C'�tait pour vous d�barrasser de moi, avouez-le.

Avouez-le, �a ne co�te rien !

- D'accord, je le reconnais. - G�nial ! G�nial !

Rien ne m'�chappe, hein ?

Je suis devenu tr�s malin.

S�rieux. J'ai �tudi� et je suis tr�s attentif.

Quand je dois l'�tre.

C'est que

quand on te dit que tu vas mourir

�a te change.

Tu dis : j'ai peu de temps, � quoi le consacrer ?

Eh bien aux choses importantes : �a, �a et �a.

Le reste, c'est de la merde, �a ne sert � rien.

- Je vous le dois. - Non...

Si, j'ai une dette envers vous.

Alors demandez ce que vous voulez.

Je m'en charge.

- Ne vous d�rangez pas... - �a ne me d�range pas.

Je veux vous rendre heureux.

- Qu'est-ce que vous avez, l� ? - Ce n'est pas � moi.

Vous l'avez vol� ?

Mais non voyons !

Quelqu'un l'a oubli�, dans le train.

- Vous ne l'avez pas ouvert ? - Non.

Putain ! Quel m�rite !

On est arriv�s.

La valise, je la ram�nerai � la gare.

Non, merci. Je peux demander � l'h�tel...

Je m'en occupe, �a ne me co�te rien.

Quelqu'un l�-bas me doit un service.

Fausto, quelle joie ! �a va ?

On a cru que tu ne venais pas. On a pari�.

Quiroga est venu ?

Il devait arriver ce matin.

Alors �a va ? Santos Vella. Enchant�.

Enchant�.

Vella avec deux "L" mais on n'en dit qu'un.

Comme pour "mozzarella". Vous connaissez le docteur ?

Bien s�r.

Moi aussi, il m'a enlev� l'estomac.

�a fait longtemps, c'est oubli�. Vous �tes l� pour le colloque ?

Pour parler de vos petites tumeurs, de vos trucs.

Bon, merci, merci.

Il me cong�die.

Enchant�.

Si vous voulez quelque chose... d'accord ?

Je vous envoie une fille ?

Je ne comprends pas.

Il ne comprend pas ! Le plaisantin !

Je ne le connais pas, c'est un patient.

Il a parl� d'une fille.

Mon beau-fr�re a demand� � son m�decin

"� votre avis, combien de temps il me reste � vivre ?"

Vous savez ce qu'il lui a dit, hein ? Vous savez ?

"�a d�pend. Vous pouvez me payer combien ?"

Pourquoi on se lave ? Les bouchers se lavent ?

Et s'ils s'�taient branl�s avant de te couper un filet ?

Ils ont beau �tre bouchers

ils se branlent.

Hein Fausto ?

Sagittaire ? Capricorne ? Non mon enfant, j'ai dit

cancer.

Je ne sais pas.

Pas besoin d'�tre boucher pour savoir s'ils se branlent.

Daisy, mon assistante.

Moi, �a

je l'avais d�j� entendu.

Et moi donc ! Je l'ai vu moi !

� l'h�pital Provincial avant chaque op�ration.

- Vraiment ? - Je te le jure !

Et s'ils op�raient trois fois,

trois fois.

Le m�decin on l'appelle le jardinier.

Parce qu'il s'occupe des l�gumes.

Il ne s'occupe que de condamn�s.

Si quelqu'un est perdu

on lui envoie pour trouver un truc.

Vous ne comprenez pas le m�decin.

Il aimerait que tous ses patients soient vivants.

Qui n'aimerait pas ?

On devrait fermer la serre.

Elle ne sert � rien.

Je ne suis pas s�r que ce soit l�gal d'avoir

tous ces gens l�-bas.

C'est un centre de recherches.

On cherche tout ce qui peut servir en amont...

Oui, c'est bien mais je n'aimerais pas �tre � ta place.

Parce qu'en fait

combien de tes patients meurent par an ?

Cinq cents ?

Six cents ?

Quand tu arrives � mille c'est bingo !

Qu'est-ce que tu fais toute la journ�e dans la serre ?

On va penser � mal...

- Il doit y avoir des nanas... - Bielsa !

- Elles sont dans le coma. - Et alors ?

Vous devriez voir les petites sauteries qu'on fait � la morgue !

Ce n'est pas pareil.

Elles sont d�j� mortes.

Excusez-moi.

Il y a un m�decin dans la salle ?

Un m�decin s'il vous pla�t...

On change le traitement ?

On garde la dose de cortisone

jusqu'� jeudi, apr�s ce sera des antibiotiques.

Il a moins de fi�vre.

37,8�.

Continue avec le Naproxen.

R�nol.

Tr�s bien.

Je n'ai pas son dossier.

R�nol.

On va... lui couper l'oxyg�ne.

- Plus d'oxyg�ne ? - Oui.

Les cortico�des aussi. Surveille l'apn�e,

il faut l'augmenter.

- Sa m�re est toujours l� ? - Elle n'a pas boug�.

C'est qui ?

C'est qui ?

Docteur ? Vous �tes l� ?

Mon d�ner est arriv�, je rappellerai demain.

C'est une blague ?

G�nial !

J'adore les h�tels de luxe !

Quand je serai riche je me paierai �a.

Qui tu es ?

On m'a dit que vous �tiez un type �minent.

Je t'ai pos� une question.

Je fais des �tudes de m�decine.

C'est comme �a que je paye mes �tudes.

J'ai dit � Santos que je ne voulais rien savoir.

Moi je ne sais rien.

Comment on devient un type �minent ?

On fait beaucoup d'�tudes ?

Ou on boit beaucoup de lait ?

J'ai dit �... Santos...

Tiens-moi �a.

C'est qui ?

C'est le petit-d�jeuner.

Laissez-le pr�s du lit.

Tr�s bien.

Mais lequel ? Il y en a deux.

Celui qui est d�fait !

Pour la confiture, vous pr�f�rez orange ou fraise ?

- Fraise. - G�nial ! Moi aussi.

Un bon livre... un peu longuet mais bon.

Pas moyen d'avoir des toasts corrects !

C'est de la merde !

Comment vous �tes entr� ?

Tr�s facile.

J'ai un ami dans l'h�tel qui me devait un service.

� ce propos vous m'en devez un aussi.

La valise c'est bon, la vieille est venue la chercher.

On ne saura pas ce qu'elle contenait.

Bien dormi docteur ?

Oui. Partez s'il vous pla�t !

J'ai demand� qu'on ne vous passe pas d'appels,

j'ai pens� que �a vous ferait du bien.

Je peux faire quelque chose pour vous ?

Partez.

- Il faut partir. - Oui, et vous aussi...

Bient�t 11 heures. D'ici l'universit� on en a pour...

Ce n'est pas �a, c'est vous qui partez.

Un instant.

C'est pour vous.

Pour moi ?

Oui, pour vous.

J'ai dit que je serais l�, excusez-moi.

Oui, quelle joie !

Qu'est-ce qu'il y a ? Avec un ami.

Dis-moi.

D'accord, d'accord.

Tr�s bien. Cinq minutes.

Je ne peux pas vous accompagner. D�sol�, un impr�vu.

- Je vous ai laiss� ma carte ? - Hier.

Elles ne sont pas ch�res, on m'a fait un prix.

Si vous avez besoin de cartes

ou d'autre chose, n'importe quoi... vous m'appelez, d'accord ?

C'est �a.

Je n'ai pas pu vous avoir ce matin... �a va ?

Oui, c'�tait un malentendu. �coute...

je voudrais que tu cherches le dossier d'un certain Santos Vella.

- Vel-la, avec deux "L". - Comme "mozzarella".

Oui. Quand tu l'auras envoie-le � l'Universit�.

D'accord. C'est pour le colloque ?

Oui, bien s�r.

Chercher l'origine du mal dans le corps, l'isoler,

essayer de d�terminer la progression de la m�tastase...

D�terminer quel organe a d'abord �t� touch�.

Lequel a contamin� l'autre.

Distinguer le foyer d'origine et les satellites.

Un corps malade, c'est comme une autoroute.

Il est truff� d'indications, de signaux.

Il y en a certains qu'on voit mieux, qui clignotent.

D'autres sont moins visibles.

La maladie est un criminel maladroit.

Elle laisse des indices.

Souvent c'est le corps lui-m�me qui est � l'origine du mal,

qui cr�e la maladie et l'encourage � grandir.

D'o� ?

Y a-t-il une glande du mal ?

Les anciens n'ont cess� de la chercher.

Ils pensaient qu'en l'arrachant ils arracheraient la maladie.

Dans certains pays asiatiques

on introduit encore des rats vivants dans les corps malades

pour qu'ils rongent la pourriture log�e entre les organes sains.

Nous on sait que cette glande n'est pas dans le corps...

Qu'elle est dans l'�me.

La maladie dans ce cas,

est un processus d'autodestruction.

Tenter de lui faire barrage

c'est comme tenter d'arr�ter un suicidaire.

La mort

trouve toujours sa voie.

C'est une issue

in�luctable.

Elle est l� d�s le d�but.

D�s la naissance elle fait partie du contrat.

Toute naissance

porte en elle, en germe, un d�c�s.

Il ne suffit pas d'enseigner aux �l�ves

� �radiquer la maladie. Il faut aussi apprendre

� l'accepter.

Eh docteur !

Faites-moi cet honneur !

Vous vous connaissez, non ?

�coutez-moi, je ne sais pas comment vous faites,

ni pourquoi mais je ne veux pas vous revoir.

Je veux que vous partiez, compris ? Que vous disparaissiez de...

Attention � ce que vous demandez. Attention !

�a pourrait se r�aliser.

Monsieur.

�a vous fera du bien.

Je ne sais pas ce qui vous �tonne.

Je vous l'ai d�j� dit, je veux vous rendre heureux.

Je ne veux pas de votre aide, je n'en ai pas besoin.

Vos histoires de fant�me ne m'int�ressent pas.

C'est d�j� arriv� qu'un condamn� se remette.

Je ne sais m�me pas si vous �tes un de mes patients.

Je crois que vous �tes un clown,

vous m'ennuyez profond�ment.

Je ne vous crois pas du tout.

Demande.

Quoi ?

Fais un v�u, n'importe lequel.

Un v�u...

M'en aller.

Eh bien accord� !

Si quelqu'un...

Si vous pouviez faire un v�u...

- Ce serait quoi ? - Plein de choses !

Plus d'argent. Baiser plus. Une partouze.

�tre au lit avec cinq nanas dont une Noire.

Et vous ?

� 13 heures 46 c'�tait les premiers signes d'activit� corticale.

Transpiration, motricit�, spasmes.

Des automatismes de la moelle �pini�re

puis des r�flexes de la corn�e et des l�vres

qui se sont prolong�s jusqu'� 13 heures 52.

Apparition de r�actions oculaires

apr�s des mouvements lat�raux de la t�te.

Stabilisation de la tension art�rielle, r�action aux divers stimuli.

� 13 heures 59 on enl�ve l'oxyg�ne puis le cath�ter

sans que le patient manifeste des sympt�mes d'apn�e.

Trois minutes apr�s il enlace sa m�re.

Tout �a en dix-sept minutes. Ce n'est pas incroyable ?

Si, incroyable.

Je vous ai appel� � la fac, vous �tiez parti.

- Vous n'�tes pas content ? - Oui, bien s�r.

Je vous apporterai demain tous les dossiers.

J'arriverai par le premier train.

C'est spectaculaire, je n'ai jamais vu �a.

F�licitations.

Vous cherchez quelque chose ?

Fausto ! Vous avez perdu votre communication ?

Mais... qu'est-ce que vous faites ?

La mort est devenue un �v�nement public et aseptis� qu'on camoufle

entre les murs mornes et propres des h�pitaux.

Messieurs, la mort existe.

Elle fait partie de la vie. C'est peut-�tre ne pas vivre.

M�me si elle a �t� r�prim�e, exil�e

de la conscience sociale dont elle faisait partie.

On se conna�t ?

Je ne crois pas.

S�r ?

Moi je crois que oui.

- On s'est vus dans un h�pital ? - J'en doute.

Je fais des consultations � domicile.

Alors dans un bordel.

...une maladie �volutive

avec une esp�rance de vie inf�rieure � un mois,

inefficacit� attest�e de tout traitement

et absence d'espoir en une possible r�cup�ration.

Les donn�es cliniques

disais-je,

indiquent le degr� de l�sion

ou l'insuffisance organique et permettent d'�valuer un d�lai.

Pardon. Quel est votre nom d�j� ?

Je ne vous l'ai pas dit. Docteur Fierro.

Parler de �a c'est parler d'une vieille connaissance

que j'aimerais ne pas voir

mais que je rencontre partout.

Cardiologue ?

Non, dermatologue.

- Quel hasard ! - Vous l'�tes aussi ?

Non, pas du tout mais j'ai depuis peu quelques taches.

Voyons ce que vous en pensez.

Je n'ai jamais eu �a.

...C'est un p�lerinage qui commence au d�but dudit protocole.

Ces images s'int�grent dans des travaux de recherche

sur la revitalisation chirurgicale des tissus,

r�alis�s durant une p�riode de deux ans

et que nous appelons la "phase bleue" du projet.

Elles ont �t� obtenues

au cours des interventions effectu�es

par l'�quipe de sp�cialistes que je dirige...

C'est moi qui ai donn� la cassette � la demoiselle...

Tr�s int�ressantes vos recherches. On a beaucoup appris...

C'�tait vous sur la vid�o ?

C'est toi !

Pardon ?

Je devrais...

Tu devrais quoi ?

Je te le dirai. Tu devrais te taire.

Tu devrais �tre s�r avant d'accuser qui que ce soit.

Tu devrais �tre plus respectueux � l'�gard de tes coll�gues.

Mais surtout

tu devrais

nous laisser cette cassette ce soir.

Fierro. Avec un "F". Tr�s gentil...

Un dermatologue.

Il m'a conseill� une cr�me, "Disantil".

Je ne le connais pas.

Elle est bonne ?

- Quoi ? - Votre assistante, Julia ?

D'o� vous connaissez Julia ?

Ce n'est pas juste, vous ne me dites rien.

Vous enqu�tez sur moi mais vous ne me dites rien.

"Dr Fausto, le dossier que vous vouliez, blablabla..."

Vous n'avez qu'� me poser des questions.

Qui tu es ?

Ton v�u le plus cher.

Pourquoi ?

Parce que seul vous n'y arriverez pas.

- Jusqu'� quand ? - Jusqu'� ce qu'ils se r�alisent.

Tous.

Vous n'�tes plus tout jeune Fausto.

Vous me donnez quel �ge ?

Le m�me �ge que vous. On ne dirait pas, hein ?

Je prends soin de moi.

Vous ne prenez pas soin de vous docteur.

Comment vous �tes fringu� !

Vous avez de l'argent, vous pouvez vous payer un autre costume !

Ne soyez pas mesquin.

J'ai quelque chose pour vous. Un proverbe chinois qui dit...

C'�tait comment d�j� ?

C'�tait comment ?

Merde ! J'ai oubli�...

"V�ts ton corps �l�gamment et tu verras sourire ton �me."

Mais ils sont toujours en robe de chambre !

�a vous pla�t chez moi ?

Vous travaillez combien d'heures par jour ?

� force d'�tre entour� de cadavres

vous leur ressemblez de plus en plus.

Apr�s vous.

Mettez-vous � l'aise, faites comme chez vous.

Par ici, par ici...

Vous avez d�j� essay� de quitter un restaurant sans payer ?

Ou de griller un feu rouge ?

Non ? Jamais ?

Vous avez essay� de vivre ?

On ne change pas.

Ce n'est pas vous qui avez parl�.

Ce n'est pas vous qui l'avez dit.

Qui alors ?

Votre insatisfaction.

Et l'insatisfaction est une maladie.

De l'�me mais une maladie.

Alors elle est bonne ?

- Quoi ? - Votre assistante... Julia.

- Vous n'y avez jamais pens� ? - Je ne sais pas !

"Je ne sais pas..." Vous l'avez regard�e, de haut en bas ?

M�me pas embrass�e ?

Oui, une fois

pour son anniversaire.

J�sus-tout-puissant-b�ni-entre-tous !

Vous deux vous avez une relation malsaine.

Un petit verre !

�a ne lui ferait pas de mal, non ?

Quoi ?

Qu'on s'occupe d'elle...

C'est qui "on" ? Hein, c'est qui ?

�coutez-moi, laissez-vous aller.

Par exemple,

vous n'avez jamais d�sir� casser quelque chose de tr�s cher ?

Ne faites pas �a !

Vous en avez d�j� eu envie ?

Parfois, oui.

Voyons...

Le sept...

Bon, d'accord.

C'est pour �a que tu vis ?

Parce que tu l'as voulu ?

C'est bien possible.

Allez. �a d�tend dr�lement.

Vous n'avez jamais pens� commettre un vol ?

Ou aller au cin�ma sans payer ?

Ou entrer chez le voisin, boire son whisky

et mettre les pieds sur sa table comme le ma�tre des lieux.

Et mettre la musique � fond ?

Et se foutre des voisins !

Et sauter partout, danser.

Marcher sur le canap� et sauter !

Devenir fou !

- Et tuer quelqu'un ? - Quoi ?

Tuer ?

- Essayez �a. - Moi ?

Alors ?

- Pourquoi vous �tes si long ? - Un moment !

Vous vous branlez, ou quoi ?

Je suis presque pr�t.

Moi �a ne m'amuse pas.

Moi si, je trouve �a tr�s dr�le.

J'ai d� lui faire un ch�que.

Un ch�que ?

Et de combien ?

Six cents.

Quoi ? Six cent mille ?

Mais vous avez gard� le costume.

Ce n'est pas grave, de toute fa�on...

C'est un ch�que en bois.

C'est pas vrai !

- C'est un ch�que en bois ! - Putain !

Regardez-le !

Putain !

On est quel jour ? Ma fille fait une f�te.

On y va !

Non, �coutez, je devrais aller � l'h�tel.

Les v�ux. Vous vous souvenez ?

En plus elle a des copines canon !

C'est vrai, elle a une copine, une jeunette...

- Ne me tentez pas. - Faites pas la fine bouche.

Mais si je vous tente, on est l� pour �a.

J'adore la jeunesse.

Merci.

La valise.

Sans elle j'�tais perdue.

Tu la d�sires ?

Si vous voulez je vous l'ai.

Et ta fille ?

Je ne sais pas. Dans le coin...

Qu'est-ce qu'il y a ?

Julia doit croire qu'il m'est arriv� quelque chose.

Elle doit penser que tu baises avec une autre.

Regarde, regarde.

Quelle joie !

On se conna�t ?

La pipe... vous ne vous souvenez pas ?

C'est vrai.

Qu'est-ce que vous faites l� ?

Je fais un tour.

Vous avez meilleure mine

que quand je vous ai suc�.

Merci.

Ma petite Marta !

Papa !

Bonjour mon c�ur !

- O� t'�tais ? - J'�tais l�.

Un petit cadeau !

Regarde.

Ma fille.

Vous vous connaissez, non ?

- Pour d'autres, on peut demander ? - Pour qui ?

Pour Julia.

Allez-y.

Non, mais je vous l'ai d�j� dit.

Je voudrais que quelqu'un s'occupe d'elle.

Entendu.

Comment "entendu" ?

C'est quoi "entendu" ?

�a veut dire oui, quelqu'un va s'occuper d'elle.

"Accord�".

Les vrais g�nies disent "accord�"

et pas "entendu".

- Accord�. - L� �a va.

"Entendu".

Putain de g�nie.

Vous allez o� ?

Devine !

Tu n'es pas un g�nie peut-�tre ?

C'est les devins qui devinent, pas les g�nies.

Quel con !

Manolo.

Salut.

Salut.

Tes mains sont bleues.

Oui, je sais.

�a t'est �gal ?

- Mais �a ne part pas ! - Elles sont comme �a.

Je teins des choses en bleu.

Des choses ? Quelles choses ?

Je ne sais pas, plein de choses.

Tu habites ici ?

Dans les toilettes ?

Non, je veux dire dans cette ville.

En ce moment oui. J'aime bien changer. Pas toi ?

Changer ? Oui, j'adore.

Aujourd'hui ici, demain ailleurs.

L'aventure.

- Tu fais quoi ? - Rien.

J'op�re... des tumeurs, des n�croses... ce genre de trucs.

C'est vrai ?

Ou tu m'enfumes ?

"Tu m'enfumes" ? Qu'est-ce que �a veut dire ?

"M'enfumer" ? Je ne sais pas. Te moquer de moi, m'embrouiller.

"M'enfumer" ?

J'aime bien.

Comment tu t'appelles ?

Margarita en ce moment.

Comment "en ce moment" ? Tu aimes aussi changer de nom ?

Oui, pas toi ?

Tu "m'enfumes".

Mais non.

Mais si, si, tu m'enfumes.

Tu m'enfumes...

Elle m'enfume...

Allez, viens...

� tes ordres Fausto.

- Pourquoi il a dit �a ? - Pour rien.

C'est une longue histoire.

Le fait est que lui il r�alise mes v�ux.

Tous ?

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Tous tes v�ux ?

M�me s'ils sont mauvais ?

Tu dois aussi d�sirer des choses mauvaises...

�a se pourrait...

Docteur, vous allez me faire mal ?

Fausto, r�veillez-vous.

Vous allez rater �a !

Regardez.

Ce n'est pas tr�s droit mais pour un d�but c'est pas mal.

Enlevez-moi �a, je vous en prie ! Enlevez-moi �a !

Va-t'en.

Il n'avait rien mang�.

Voyons... qu'est-ce qu'il y a par l� ?

C'�tait quoi que vous disiez ?

Je vous en prie Santos.

Est-ce qu'il y a une glande du mal ?

Elle existe Fausto.

Vous l'avez ? Moi je l'ai.

S'il vous pla�t Santos !

Une glande �norme.

Aussi grande que moi.

Vous non, vous �tes bon.

Vous avez une toute petite glande, elle est minuscule.

Elle vous g�ne, elle vous fait h�siter.

Soyez un peu mauvais

mais des fois seulement.

On va l'arracher, faut pas qu'elle pousse.

Voyons voir.

Elle est l� ?

C'est �a ?

Je ne crois pas.

Merde ! Je ne cherche pas au bon endroit.

Voyons si elle est l�.

Traumatisme occipital avec un �ventuel caillot.

Apn�e respiratoire partielle.

�cartez-vous !

D�chirure vestibulaire gauche.

Arr�te, arr�te !

- Allez, vite. - J'arrive.

- Mais... c'est Quiroga, non ? - Je crois, oui.

Allez, allez, vite.

Il s'en va, il s'en va !

Docteur Fausto, s'il vous pla�t !

QUIROGA FILS DE PUTE !

Mon Dieu, qu'est-ce que vous avez fait ?

Mais non voyons, ce n'est pas moi. Que dites-vous ? Je viens d'arriver.

C'est lui, c'est s�r que c'est lui.

Il peut entrer o� il veut.

On lui doit des choses, il a des amis partout.

Qui �a, "lui" ? Je ne sais pas de qui vous parlez.

La chambre est � votre nom.

Tout ce qui est cass� ! Il y avait beaucoup de choses.

Des choses de qualit�. Tout est cass�. Vous devez payer.

Et pourquoi ?

Parce que je lui ai enlev� l'estomac.

Je suis � la gare, je viens d'arriver.

J'ai tout. Le docteur m'a dit qu'on se voit au d�ner.

Le docteur ? Quel docteur ?

Fierro... il est tr�s aimable.

Vous n'auriez pas d�.

Vous avez bien dormi ?

Peu bien s�r.

Passez-moi Julia !

Elle a bien voyag�. Vous permettez...

J'avais raison, elle est canon !

Laisse-la tranquille !

Laisse-la, tu m'entends ? Ne la touche pas !

Ne soyez pas si possessif ! Vous ne l'aviez m�me pas regard�e.

Salaud !

Si tu la touches, je te tue !

C'est vous qui l'aviez demand�, vous vous souvenez ?

"Que quelqu'un s'occupe d'elle."

Ne me remerciez pas, je suis l� pour �a.

Je vous le dois, c'est tout.

Je le fais pour vous.

Il vous embrasse.

Il faut voir comme il pense � vous.

Il va bien ? Il semblait bizarre.

Nous avons dans� jusqu'� tard.

C'est vrai ?

Qu'est-ce que vous faites ?

Vous ne pouvez pas partir,

vous avez d�truit la chambre.

On dirait qu'elle est � vous !

Du calme... il est charg�.

- Du calme... - Ne bougez pas !

Ne bougez pas. L�che-moi !

L�che-moi !

Attention, la s�curit� !

Un homme arm� au deuxi�me �tage.

Poussez-vous !

Attention, il est arm� !

Attention, il sort. Pr�venez la police.

Qu'ils viennent !

Qu'ils viennent !

O� il est ?

O� est ce salaud de Santos ?

Parle !

Tu le sais, parle ou je te tue.

Ce n'est rien, un de mes patients.

O� est Santos ? O� il est ?

Parle ou je te tue.

Salaud !

Et si on prenait un verre en attendant le docteur ?

Ce n'est pas raisonnable. Le voyage m'a fatigu�e.

Je lui ai promis de m'occuper de vous.

Un verre ?

- Si vous insistez... - J'insiste.

Appelez l'h�tel s'il vous pla�t.

Vous pouvez v�rifier, je suis chirurgien.

Je suis venu pour un colloque.

Il est fou.

Vous ne comprenez pas, il va la tuer.

Il va tuer mon assistante.

Finissez le verre, �a vous fera du bien.

Je suis m�decin.

Fausto va bient�t arriver.

- Vous �tes tr�s aimable. - Merci.

Vous �tes en couple ?

Pardon, je n'aurais pas d�...

Ce n'est pas �a. Notre relation est

professionnelle.

Alors en dix ans et avec une femme

comme vous

tous les jours � ses c�t�s,

entre vous il n'y a eu

rien du tout.

Rien de rien ?

Vous �tes une femme tr�s sp�ciale.

Je vous en prie !

- Sur le compte de la 213. - Tr�s bien.

- O� vous exercez d�j� ? - Je ne vous l'ai pas dit.

Dans des cliniques priv�es. Je n'aime pas les grands h�pitaux.

Trop de paperasses, �a m'abrutit.

Visiblement le docteur Fausto a du retard.

Vous avez un truc ce soir ?

Aucun.

Je ne peux pas le croire.

Tu as une femme que tu ne m�rites pas !

On fait ce qu'on peut !

- Comment vont les enfants ? - L'a�n�e a huit ans.

Arr�te ! Comment �a huit ans ?

- Mais c'�tait un b�b� ! - �a c'est la petite.

Montre-moi.

Putain !

Elle va bient�t aller � l'�cole.

Tu es compl�tement gaga.

L'h�tel a retir� la plainte.

Mon Dieu ! Qu'est-ce qu'on m'a racont� !

Vous vous �tes vu ?

Alors ? Tu es plus calme ?

Dites que vous ne recommencerez pas.

�coutez-moi !

Je l'ai op�r�.

Il y a longtemps.

Il devrait �tre mort.

Je lui ai enlev� l'estomac.

Maintenant il dit qu'il veut me rendre heureux.

Mais en fait je crois qu'il en a apr�s moi.

O� est mon assistante ? Il l'a peut-�tre tu�e.

- Arr�tez-le s'il vous pla�t ! - Encore !

Arr�tez ou vous n'allez pas sortir.

Vous aviez vraiment un pistolet ?

Vous trompez votre monde vous !

Une femme extraordinaire Julia.

Tr�s attirante.

Vous devriez la regarder autrement, s�r qu'elle aimerait �a.

Elle m'a... racont� de ces trucs !

Des trucs sur vous, elle vous aime beaucoup.

Vous lui avez fait quoi ?

Ce que vous vouliez.

Je me suis occup� d'elle.

"Arr�tez, vous allez me faire pleurer !"

Je vous en prie.

Il y a moyen d'arr�ter...

...d'arr�ter tout �a ?

Bien s�r.

Il y a un moyen.

Vous allez me manquer.

Oui, pas la peine de le dire.

Je sais ce que vous pensez.

Pr�parez-moi la facture de la 209, je vais partir.

Tr�s bien.

Vous �tes le Dr Fausto ?

On vous attend au bar.

Qui ?

La personne n'a pas dit son nom.

- Tu vas bien ? - Tr�s bien.

Et vous ?

J'�tais tr�s inqui�te.

On vous a attendu toute la soir�e.

J'ai pass� une journ�e un peu

bizarre.

Le Dr Fierro n'a pas pu vous attendre.

Je vous ai apport� le dossier R�nol.

Ils ont cr�� une commission d'�tude,

ils veulent que vous y soyez.

Ils demandent que vous y alliez si possible aujourd'hui.

C'est l'autre dossier.

Il est complet.

Certificat de d�c�s

C'est bizarre.

Il n'est pas sign�.

J'ai d� oublier.

J'ai consult� les horaires de train, le prochain est � 19 heures 15,

dans vingt minutes.

Le suivant � 21 heures

et le dernier � 23 heures 30.

On travaille trop.

On devrait prendre la journ�e.

Un jour de repos et on rentre demain.

Tu connais la ville ?

- Non ! - G�nial !

Tu vas adorer.

Servez-moi un whisky...

Pour moi aussi.

Vous vous �tes amus� ?

� vrai dire

oui.

Vous d�sirez autre chose ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, c'est que...

Il y a un moment...

Avant de te voir

j'ai voulu

�tre mort.

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