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Original subtitles

C'�tait les nouvelles du monde de ce 22 octobre.

Il est 5h32 du matin et vous �tes sur la bonne �mission.

Un mot aux rockers :

si vous allez au festival de Pinewood,

pensez � vous couvrir.

Il y a 50% de chances qu'il pleuve. Les temp�ratures chuteront � 15�C.

La pub...

All� ? Salut, maman.

Tu t'es bien lev�e ? - Oui, sans probl�me.

Pr�te � partir ? - J'attends juste Nancy et Gloria.

Papa est rentr� ?

Oui, il dort. - Dis-lui au revoir pour moi.

Souviens-toi de ce que je t'ai dit. - Maman...

Il n'y a pas de 'maman'... Je ne sais pas pourquoi j'accepte tout �a.

D'abord l'appartement, ensuite, tu vas gambader dans la campagne.

J'ai presque 20 ans, maman. On dirait que tu n'as pas confiance.

C'est pas que je n'ai pas confiance en toi, mais je te l'ai d�j� dit :

je n'ai aucune confiance en cette Nancy.

Et je ne veux pas qu'elle t'entra�ne dans ses histoires...

Nancy est une fille bien.

Je suis s�rieuse, Terry, et tu le sais.

C'est juste qu'elle est... plus �g�e que toi.

On a le m�me �ge.

Tu sais bien ce que je veux dire. - Tr�s bien.

Je m'excuserai quand elle sortira l'h�ro��ne.

Tu es impossible.

Elles sont l�. Je file. - Fais attention � toi.

Ne recommence pas... - D'accord...

Je dois partir. - Appelle en arrivant � Pinewood.

D'accord, salut.

Qu'est-ce que t'as ?

Je ne m'attendais pas � te voir aussi joyeuse, ce matin.

T'as peut-�tre pas de probl�mes, mais moi si.

Merde, alors...

Allez, grimpe !

On se fait un p�tard ?

J'ai achet� un sachet d'herbe hier.

T'as vu Ann � la f�te, hier soir ?

Elle est vraiment grave.

Tu sais ce qu'elle est ? - Non, et je m'en fous.

Et le type qui la cherchait ?

J'aurais bien aim� me le taper.

Tu t'es �clat�e ? - Oui, avec les filles...

Vous saviez que Brenda Marshall �tait en cloque ?

Et qui est l'heureux p�re ?

Un sportif de la fac. Il la sautait dans l'amphi.

Tu d�connes ?

Je vous jure. J'ai des amis qui les matent depuis des mois.

Je suis tr�s s�rieuse.

...la fille dit au mec :

'Si t'�tais un gentleman, tu me ferais pas faire �a.'

Et le mec r�pond :

'Si t'�tais une dame, tu ne parlerais pas la bouche pleine.'

Je pige pas...

�a y est, j'ai pig�.

Les nouvelles r�gionales.

La police recherche deux jeunes filles

qui ont disparu du camping de Smoke Ridge, pr�s de Pinewood.

Il s'agit de Lesly Montag, 18 ans, et sa s�ur de 15 ans, Stacey.

La derni�re fois qu'on les a vues, elles �taient pr�s du camping.

Cela porte � 23 le nombre de jeunes filles ayant disparu dans la r�gion.

Deux Californiens...

Attention !

Du calme. Tout va bien. - O� suis-je ?

Vous �tes en s�curit� et � l'abri. - Qui �tes-vous ?

Je m'appelle Marion Penrose. Vous �tes chez moi.

O� �a ?

Loin de tout. - Qui �tes-vous ?

Norman Barnes, le touche-�-tout du coin.

Vous �tes m�decin ? - Disons le toubib de service.

Je vais bien ? - Vous survivrez.

Norman vous a extraite de la voiture.

Vous avez de la chance qu'il soit pass� par l�.

La voiture ? - Dans le ravin � c�t� d'ici.

Vous avez de la chance d'�tre l�.

Et mes amies ? - La brune va bien. Elle se repose.

La petite est assez secou�e. - Et �a va aller ?

Avec du repos, �a ira. �a prendra un peu de temps.

Je dois appeler mes parents. - On n'a pas de t�l�phone.

Il faut aller au village pour en trouver un.

C'est loin ?

Environ 5 km par la route, 3 km par les bois.

Mais il pleut depuis des heures. Vous pouvez faire une croix dessus.

La route est inond�e au carrefour.

Mais je dois les appeler.

Il va falloir attendre que les routes soient praticables.

On est assez isol�s ici et on est souvent les derniers servis.

Le seul moyen de quitter ce lieu serait de passer par les bois.

�a prendrait longtemps ? - Une bonne partie de la journ�e.

Le chemin est rude.

Vous et la brune, vous y arriveriez. Mais l'autre partira pas de sit�t.

G�nial...

Et puis, il faut �tre r�sistant pour faire la route.

Vous pourriez attraper une pneumonie ou vous perdre.

Vous feriez mieux d'attendre ici quelque temps.

Que faisiez-vous sur la vieille route ?

On a d� se tromper de route. On allait � un festival de musique.

Je ne vois pas ce que je peux faire de plus.

Je ferais mieux d'y aller.

Norman, n'oubliez pas de sortir par derri�re.

Vous connaissez m�re. - D'accord.

Votre m�re vit ici avec vous ? - Oui.

Vous la verrez plus tard, au d�ner.

Faites attention � vous. Vous aurez des bleus et tout, mais �a ira.

Surveillez bien votre amie, elle est plut�t mal en point.

A plus tard...

Je dois aller pr�parer le d�ner.

On se verra � ce moment-l�. � 20h pr�cises.

Soyez � l'heure, m�re d�teste qu'on la fasse attendre.

Vingt heures.

M�re, voici les filles dont la voiture est sortie de la route.

Voici Terry Morgan...

...et Nancy Paulson.

Etes-vous parente des Paulson de Pittsburgh ? Ceux de l'acier ?

Je ne crois pas. - Qu'importe. Je suis Edith Penrose.

Vous semblez aller bien.

Quelques bleus, mais on a eu plus de peur que de mal.

Notre amie, Gloria, dort � l'�tage.

Je croyais que vous �tiez deux.

Marion ne m'a pas parl� d'une troisi�me.

Mais bon, il y a tellement de choses que Marion ne me dit pas.

D�sol�e, m�re.

J'ai juste dit que les filles de l'accident allaient d�ner avec nous.

Leur amie ne semblait pas en �tat de se joindre � nous.

Asseyez-vous.

Nous ne vous d�rangerons pas longtemps, j'esp�re. Merci pour...

Sottises, vous ne me d�rangez pas.

Il fut un temps...

...o� nous recevions constamment.

Mais �a se passait ailleurs, il y a bien longtemps.

Marion, je crois que nous allons pouvoir manger.

A condition que tu sois pr�te.

Par moments, elle est impossible, tout � fait impossible.

Dieu sait que j'ai fait de mon mieux avec elle.

Marion ?

�a fait longtemps que vous vivez ici ?

Le temps n'a plus gu�re d'importance

quand votre style de vie est aux antipodes de votre vie d'autrefois.

�a me rappelle mon p�re.

L'influence masculine...

Marion s'y conna�t mieux en la mati�re que moi, n'est-ce pas ?

Enfant, on m'a appris � �tre honn�te et respectueux envers ses parents.

Mais prenez Marion, par exemple.

Elle se fiche pas mal de me mentir

et de profiter de mon �tat pour entacher la morale de notre foyer.

M�re ! - Nie-le, esp�ce de salope.

Reste... o� tu es !

J'esp�re que vous appr�cierez votre s�jour, malgr� les circonstances.

On ne prive personne de sa chambre ? - Pas du tout, vous ne g�nez pas.

Il y a plusieurs ann�es, nous avions sans cesse des invit�s.

Une �poque pleine d'euphorie.

Nous nous rassemblions dans la v�randa de la maison

pour regarder les voiliers.

Ils �taient si beaux en s'approchant de Narragansett.

Ils contournaient Fort Adams et entraient dans le port de Newport.

Nous avions des invit�s des plus int�ressants.

Des �crivains...

Des artistes...

Est-ce sur la c�te est ? Je ne connais pas ces lieux.

Newport, � Rhode Island.

Un endroit o� la vie �tait ordonn�e, raffin�e.

Chacun connaissait sa place, sa position.

Il n'y a plus rien de semblable aujourd'hui.

Votre famille �tait l�-bas aussi ? Votre mari ? Marion ?

Mon mari... Un �tre indisciplin� !

Incapable de voir ce que nous avions.

C'est l'unique responsable de ce qui s'est pass�.

Vit-il toujours � Newport ?

Je ne sais rien et ne veux rien savoir de lui ou d'aucun homme.

C'est un sujet que je bannis de mes pens�es.

Je trouve cela si fatiguant, si inutile.

Marion, qu'est-ce qui te prend autant de temps ?

Ces jeunes filles pensaient d�ner ce soir.

Que fais-tu dans la cuisine ?

Y a-t-il un homme l�-dedans ?

Viens ici !

Mon mari...

Je me demande parfois ce qui m'a pouss�e

vers un �tre aussi abject.

Toutes ces ann�es...

...� accumuler, � construire et � conserver sa place dans le groupe.

Et tout cela s'est �vanoui.

Je ne comprends pas pourquoi Marion reste l�.

Elle en prend plein la gueule. Moi, je me serais tir�e dare-dare.

On dirait que la vieille est d�j� g�teuse.

Tu m'�tonnes... J'ai rien compris de ce qu'elle a dit.

On aurait dit ma grand-m�re s�nile.

Et son truc sur les hommes. - Incroyable !

J'ai d�j� vu des gens avec des aversions, mais l�...

Imagine le type qui atterrit ici par hasard. Elle le ferait �carteler.

A la lueur de la bougie, �videmment.

Bien s�r, ma ch�re. Ne soyons pas rustres.

Voyons... Quel vin conviendrait � une ex�cution publique ?

Putain, ce truc de vieille conne pleine aux as, �a me lourde.

Etes-vous parente des Paulson de Pittsburgh ?

Ceux de l'acier ?

Non, Mme Penrose, mais je me suis d�j� tap� un fabricant de t�le.

J'aurais aim� que tu sortes �a.

Je ne vois pas pourquoi Marion reste ici.

Elle attend peut-�tre que la vieille casse sa pipe.

Il faut dire que la vieille n'est pas tourn�e vers l'avenir.

Il n'y a que des antiquit�s. Et la baraque ? Elle doit valoir un max.

Oui, mais qui en voudrait ? Il faut �tre tar� pour vivre aussi isol�.

�a ne m'emp�chera pas de dormir.

J'esp�re juste que la route sera vite d�gag�e.

Et Gloria ? - Elle devrait pouvoir voyager.

Et la voiture ?

Norman pense qu'il suffira d'une d�panneuse pour la sortir de l�.

Elle n'a pas grand-chose.

J'ai froid, je vais fermer la porte.

A�e ! Putain...

Ne dis rien... Ginger Rogers ?

Va te faire voir !

C'est bizarre, �a...

Qu'est-ce que c'est ?

Regarde toi-m�me.

C'est d�gueulasse !

Je me demande d'o� elle vient.

Je s�che.

Plus je passe de temps ici, moins j'aime cet endroit.

S�rieux, le couple m�re-fille sort d'une autre galaxie.

Elles me filent la chair de poule.

Oui, j'ai v�cu des situations plus confortables.

Je vais devenir folle si je dois les �couter � nouveau.

Au-del� de 20 minutes, je mettrais ma raison en p�ril.

Tu l'as dit.

J'ai eu une dr�le d'impression. - Quoi ?

Je sais pas, du d�j�-vu ou un truc dans le genre.

Comme quand quelqu'un te fixe et que tu le sais sans avoir � regarder.

Tu te retournes, et, dans le mille, t'avais raison.

�a m'arrive tout le temps.

C'est ce genre d'impression que j'ai eu ce soir.

C'est peut-�tre le fant�me du vieux Penrose venu hanter la vieille.

Je d�conne pas. �a m'a foutu les jetons.

C'est quoi, ce bordel ?

Dis-moi ce qui se passe.

Il se passe des trucs bizarres ici. - Comme quoi ?

T'as rien entendu l� ? - Non.

Rien du tout ? - Je dormais.

Tu sais, j'avais l'impression d'�tre �pi�e ?

J'avais raison et c'est un homme. Je l'ai entendu.

Il a dit quoi ? - Rien.

Qu'est-ce que t'as entendu ? - Une respiration irr�guli�re.

�a ressemblait � quoi ? - Comme s'il se branlait.

Putain, Terry, arr�te. - Je te jure.

O� �tait-il ? - Je l'ignore, mais je sais un truc.

Je crois qu'il faut se tirer d'ici.

J'avais d�j� du mal avec Cendrillon et sa belle-m�re, mais l�...

Qu'est-ce qu'on va faire ?

L'une d'entre nous devrait aller t�l�phoner.

Il est loin, ce t�l�phone ? - Environ 3 km par les bois.

Pour ma part, je veux me tirer d'ici au plus vite.

C'est d�cid�. On va tirer � pile ou face pour savoir qui y va.

�a marche.

Je t'�coute...

Pile.

Rappelle � ma m�re d'aller chercher le cadeau de mon p�re.

Ne t'inqui�te pas.

Je te le rappelais, c'est tout.

Et n'oublie pas la d�panneuse. Je veux filer d�s ton retour.

D'accord.

Pense � appeler les parents de Gloria.

Va la voir. Elle veut peut-�tre que tu leur passes un message.

Une derni�re chose, ne parle pas de ce que j'ai entendu hier soir.

On a pens� que ce serait mieux si une de nous deux allait au village.

Il faut que nos parents sachent o� on est.

Ne vous inqui�tez pas pour �a. Je vous comprends.

Comme vous avez pu le remarquer hier soir,

ma m�re veut savoir o� je suis � chaque instant, elle aussi.

Mais ce n'est pas votre probl�me.

Laquelle y va ?

Moi.

Vous avez des v�tements chauds ? - Oui, indiquez-moi juste le chemin.

Bien s�r... C'est tr�s simple.

Vous voyez ces deux arbres ? - Oui.

Vous passez entre les deux et vous continuez en ligne bien droite.

Vous franchirez plusieurs tertres avant d'arriver � la route.

L�, prenez � droite. Vous apercevrez le village au bout de 500 m.

Mais, comme disait Norman,

le chemin est relativement difficile quand on n'est pas habitu�.

Mais si vous restez bien sur le chemin, �a ira.

Si vous voulez bien m'excuser,

je dois aller voir si m�re a besoin de moi.

Terry, pourriez-vous rentrer du bois ? Il y en a � l'arri�re.

Bien s�r.

Terry !

D�sol�e, mais vous ne devez pas venir ici.

Pardon... - C'est tr�s dangereux.

Les poutres � l'int�rieur menacent de s'�crouler.

Je ne savais pas.

C'est bon, il n'y a pas eu de mal. On rentre � la maison ?

Mon Dieu ! Non !

Vous devez �tre d'excellentes amies.

Mais je pense qu'il n'�tait pas sage qu'elle parte seule dans la nature.

Ces bois peuvent parfois �tre d�routants.

On peut s'y perdre et errer pendant des heures.

Ce n'est pas arriv� � Nancy, hein ?

Je ne voulais pas sugg�rer, sous-entendre...

Je pensais juste qu'il aurait �t� plus prudent qu'elle reste ici.

On �tait inqui�tes pour nos parents. - L'influence parentale...

La pression implicite.

�a compte, n'est-ce pas ?

Je ne parlais pas de pression...

J'imagine que vous �tes totalement troubl�e par ce qui se passe ici.

A votre place, je le serais aussi.

Oui, je le suis un peu.

Vous avez pu le constater au d�ner hier soir,

ma m�re n'a pas, disons... tous ses esprits.

Quand j'�tais tr�s jeune, il y eut un incident.

Un incident horrible.

Vous l'aurez certainement compris.

�a concernait mon p�re et une tr�s jeune fille.

Vous devez comprendre, mon p�re �tait un homme tr�s indisciplin�.

Pendant que m�re cherchait � maintenir l'unit� familiale,

papa partait explorer la jungle avec ses amis.

Tous deux �taient issus de familles riches et puissantes.

Ils avaient l'habitude d'obtenir ce qu'ils voulaient.

Comme vous pouvez l'imaginer, ce mariage se mit � battre de l'aile.

J'ai toujours pens� qu'il l'avait fait pour se venger d'elle.

Bref, d'apr�s ce que j'ai appris,

la fille avait 8 ou 9 ans.

C'�tait une Lawrence.

Je n'ai jamais su tous les d�tails :

ce qui s'�tait vraiment pass�, qui les avait surpris...

Je crois que je ne voulais pas vraiment le savoir.

Comme je l'ai dit, j'�tais tr�s jeune.

Et nous �tions ruin�s, compl�tement.

Cela eut un effet sur nous, sur la famille, sur ma m�re...

...un effet d�vastateur.

Mon p�re fut plac� dans un institut quelconque.

Il doit encore y �tre.

Nous n'avons jamais eu de nouvelles.

Nous avons d� d�m�nager, quitter notre pass�.

Et m�re... eh bien...

Elle nous a pris en main et elle s'est retir�e loin de tout.

Son m�pris pour lui s'est mu� en haine envers tous les hommes.

Et cette haine a atteint le niveau que vous avez pu constater hier soir.

C'est devenu une obsession.

Il suffit qu'on mentionne un homme pour qu'elle devienne folle,

pour qu'elle imagine des choses.

Elle m'accuse sans cesse de faire venir des hommes ici, dans son dos.

Je l'aime, mais parfois elle est extr�mement p�nible.

Elle dit entendre des choses.

C'est marrant, parce que j'ai cru entendre un homme hier soir.

Un homme ? C'est impossible !

Je vous ai parl� de son obsession. Elle ne tol�re aucun homme ici.

J'avais devin�.

C'est dingue, mais j'aurais jur� entendre la respiration d'un homme.

C'est absurde et impossible.

�a doit �tre cette vieille maison avec les craquements habituels.

Peut-�tre, mais ce sentiment ne me quitte pas.

�a fait longtemps que je ne m'occupe plus des sentiments,

des choses qui ne sont pas concr�tement l�.

J'imagine que l'accident vous a perturb�e.

Marion, je disais juste que j'avais senti quelque chose.

C'est possible...

Mais je peux vous assurer qu'aucun homme ne r�de autour de la maison.

Si on oubliait ces sottises et qu'on buvait une autre tasse de th� ?

Marion, je suis pr�te pour le d�ner.

Tu as entendu ? J'ai dit que j'�tais pr�te maintenant !

J'arrive, m�re, j'arrive !

Je ne sais plus quoi attendre de toi, Marion.

Tes t�ches ici ne sont pas si difficiles.

Je t'en demande peu.

La ponctualit�... �a, c'est important.

Je dois pouvoir me fier � un emploi du temps �tabli.

Asseyez-vous, ma ch�re.

Il manque quelqu'un. Votre amie... Comment s'appelle-t-elle ?

Vous parlez de Nancy ?

Y a-t-il une raison pour qu'elle ne d�ne pas avec nous ?

Elle a voulu marcher jusqu'� la route.

Marcher ? C'est un peu plus qu'une promenade.

Avait-elle conscience de la distance et des probl�mes �ventuels ?

Elle devrait �tre l� demain matin.

On voulait juste pr�venir nos familles.

Pourquoi pas...

Terry ?

Venez-vous d'une famille nombreuse ?

Juste mes parents, je suis fille unique.

Ils ont d� penser qu'ils n'en supporteraient qu'une comme moi.

Je suis s�re qu'ils aimeraient en avoir d'autres comme vous.

En apprenant pour l'accident, ils ne vont pas sauter de joie.

Etre parent est une grosse responsabilit�.

Qu'ils soient m�contents pour votre accident...

...cela traduit simplement leur int�r�t pour votre bien-�tre.

Vous devez donc comprendre qu'�tre parent est un fardeau.

C'est une situation... sans issue.

Je ne crois pas que les parents de Terry voient �a comme �a.

Comment peux-tu pr�sumer des sentiments des parents de Terry ?

Te bases-tu sur tes connaissances personnelles,

ou sur les minables relations que tu cultives ici, dans mon dos ?

M�re !

M�re...

Malgr� mon �ge et mon infirmit�, je sais ce qui se passe ici !

Ma ch�re fille aime recevoir de son c�t� � l'occasion.

Elle croit que sa pauvre m�re s�nile n'en saura rien.

Des hommes ! - M�re !

Tu as une explication � tout, hein ?

Tu crois que tes petites s�ances de plaisir...

�a suffit !

Terry est notre invit�e. Je ne sais d'o� tu sors ces id�es,

mais je ne te permettrai pas... - Pardon ?

C'est toi qui interdis ?

Depuis quand as-tu le droit de permettre ou d'interdire ?

C'est moi qui prends les d�cisions dans cette maison !

Vous devez nous trouver terriblement indisciplin�es.

Pas du tout.

Qu'importe...

Terry, si vous me meniez au salon,

Marion nous jouera peut-�tre un morceau.

Terry ! Qu'est-ce qu'il y a ? - Un homme � ma fen�tre !

Vous en �tes s�re ? - Oui, il regardait dans ma chambre.

Vous avez subi un choc. C'est juste...

Arr�tez vos conneries !

Il se passe des trucs bizarres : les respirations, votre m�re...

Je n'en peux plus !

Vous �tes la seule � sembler normale. Que se passe-t-il ?

Tr�s bien...

Essayez de vous calmer.

Allons au salon. Je vais essayer de vous expliquer certaines choses.

Tenez... Buvez �a. �a vous aidera � vous d�tendre.

C'est une histoire tellement compliqu�e.

Et �a fait longtemps que je garde tout �a pour moi.

Il vaut peut-�tre mieux que je vous le dise.

Voyez-vous... L'homme que vous avez vu � votre fen�tre...

...il s'agit de mon petit fr�re, Carl.

Mais je croyais que... - Je sais.

J'ai cru pr�f�rable que vous croyiez qu'il n'y avait que m�re et moi.

Vous n'imaginez m�me pas ce que j'ai subi...

...apr�s l'incident de Nantuckett dont je vous ai parl�.

Ce que �a signifiait pour nous

et plus particuli�rement pour m�re...

Elle a quelque peu d�raill� depuis ce jour-l�.

Cette haine envers mon p�re

s'est transform�e en une haine fanatique envers tous les hommes.

Vous comprenez...

...mon fr�re Carl n'a jamais �t� tr�s bien mentalement.

Il ne pr�sente aucun danger.

Mais il n'a jamais d�pass� un niveau de base.

Quand m�re s'est mise � perdre pied, dirions-nous,

sa haine prit une telle ampleur qu'� partir de l�,

elle refusa toute pr�sence masculine � la maison.

Elle a rejet� tout ce qui se rapportait aux hommes.

Je sais que c'est difficile � croire,

mais pour ma m�re,

Carl, son propre fils,

n'a m�me jamais exist�.

Evidemment, il ne pouvait pas rester � la maison avec m�re.

Je m'occupe de lui.

Mais il vit � l'ext�rieur.

Dehors ? Sans abri ? Comment peut-il survivre ?

Il s'en sort tr�s bien.

Je vous l'ai dit, il est limit�.

Je le nourris et je l'habille, ce genre de choses.

Et s'il faisait du mal ?

Carl est totalement inoffensif.

Il a la mentalit� d'un enfant de cinq ans.

La vie ici, compl�tement isol�e,

s'est finalement av�r�e une aubaine en ce qui concerne Carl.

M�me s'il �tait susceptible de nuire, � qui s'en prendrait-il ?

En dehors de vous et de vos amies... et de Norman,

personne n'a approch� la maison depuis des ann�es.

Et, bien plus important � mes yeux,

s'il ne peut faire de mal � personne,

personne ne peut le d�ranger ou lui nuire.

L'apparence et l'�tat mental de Carl

feraient de lui une proie facile

pour ceux qui prennent du plaisir � tourmenter les moins chanceux.

�a doit �tre dur. N'�tiez-vous pas proche de votre fr�re ?

J'imagine que si. Nous sommes peut-�tre encore proches.

Mais d'une mani�re peu conventionnelle.

Appelons �a l'instinct fraternel ou que sais-je.

M�me moi, je m'y perds.

Quoi qu'il en soit,

nous avons trouv� notre place ici.

M�re et moi... et Carl,

nous parvenons � nous en sortir correctement.

J'ai eu une r�action hyst�rique en voyant Carl.

Avec tous ces �v�nements, je dois encore �tre secou�e.

Ne vous faites pas de soucis.

Ce qu'il vous faut, c'est du repos.

Vous devriez aller au lit et vous d�tendre.

Tout ira bien.

Vous devez avoir raison. Je dois �tre �puis�e par les �motions.

Bonne nuit.

Bonjour.

Salut, comment vous sentez-vous ?

Bien, j'ai juste quelques bosses. - Vous semblez en meilleure forme.

Je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier.

Vous m'offrirez un verre.

C'est comment de travailler pour Marion et sa m�re ?

J'en sais rien. C'est juste un boulot.

Je travaille pour d'autres personnes et c'est pareil.

Je ne parle pas du boulot. Mme Penrose est �trange, non ?

Je ne lui parle jamais.

La vieille dame se tient � l'�cart. C'est Marion qui me dit quoi faire.

Et puis je vois bien ce qu'il y a � faire.

Marion a �t� tr�s gentille avec nous.

Les invit�s, �a peut �tre p�nible, surtout quand on voit peu de gens.

Elles ne voient jamais personne, d'apr�s ce que j'ai vu.

La vieille garde Marion occup�e.

Elle n'est pas tendre avec Marion.

Par moments, elle lui dit de ces choses...

Oui, je l'ai d�j� entendue crier apr�s Marion.

Mais c'est pas mes oignons.

Je fais mon boulot, Marion me paie et le reste les regarde.

Oui. C'est juste qu'� force de rester ici...

Comment vont vos amies ? - Bien mieux.

Gloria a �t� pas mal amoch�e.

C'est la seule � avoir eu quelque chose.

Elle devrait pouvoir se lever et partir demain.

Vous partez d�j� ?

Oui, Nancy est partie vers la route pour t�l�phoner � nos parents.

Comment y est-elle all�e ?

A pied. Vous nous aviez dit qu'il n'y avait que 3 km

pour trouver un t�l�phone et une d�panneuse.

Oui, mais de l� � y aller � pied...

Ces bois ne sont pas recommand�s pour une balade.

Ils peuvent �tre dangereux.

Nancy est dou�e pour les trucs en plein air. Et puis, 3 km...

Je ne parlais pas de la distance.

Il s'est pass� des choses par ici. Ce n'�tait pas une bonne id�e.

Quelles choses ?

Des jeunes filles... je ne sais plus combien.

Bref, certaines ont disparu.

J'en ai entendu parler � la radio.

Les gens d'ici sont tr�s affect�s.

La derni�re a disparu pr�s de la route.

Personne ne sait rien. On dirait qu'elles s'�vaporent.

Nancy est maligne, elle sait se d�brouiller.

J'esp�re que vous avez raison. Oui, vous devez avoir raison.

J'ai fini. Vous voulez que je rentre du bois dans la maison ?

Vous voulez que je rentre du bois ?

Non, �a ira. Il en reste d'hier soir.

Terry, o� �tais-tu ?

J'ai cru que tu dormais. Je ne voulais pas te r�veiller.

Des nouvelles de Nancy ? - Non. Comment tu te sens ?

Mieux. J'arrive � marcher un peu.

J'en ai assez de rester au lit.

On est deux � avoir h�te de se tirer. Je me sens nerveuse.

Pourquoi ? Cet endroit est flippant, mais...

C'est quoi le probl�me ?

Baisse d'un ton et �coute.

Gloria ?

Gloria ?

Gloria est-elle ici ?

Non. Elle n'est pas dans sa chambre ?

Non, je l'ai cherch�e partout.

Je ne sais pas quoi vous dire, Terry.

Elle est peut-�tre sortie prendre l'air.

Gloria ?

Mon Dieu ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?

Seigneur...

Pourquoi lui avez-vous fait du mal ?

Il a voulu me tuer !

Il ne faisait que jouer.

Allez voir ce qu'il y a dans l'abri et dites-moi s'il jouait !

Carl n'avait rien � voir avec �a.

D�sol� que cela se termine ainsi, Terry.

Juste au moment o� nous devenions amies.

Tu crois que �a a �t� facile ?

Tu crois que �a a �t� facile de m'occuper de mon fr�re,

tout en taisant mon secret � ma m�re ?

Ne pas laisser s'�chapper mes sentiments.

Je t'ai parl� de Carl.

J'ai cru que tu comprendrais.

J'ai cru que tu serais diff�rente !

Et, non, tu n'as pas voulu me croire.

Tu es comme toutes les autres !

Toutes ces ann�es � vouloir prot�ger mon fr�re.

C'�tait la seule chose qui comptait vraiment.

Mais maintenant, je suis la force et toi la faiblesse.

Maintenant, je te vois � ta vraie place.

Soumise... Servile...

Inf�rieure comme je l'ai �t� toutes ces ann�es.

L�, on d�couvre qui se place o�, n'est-ce pas ?

Esp�ce de d�chet putride !

Tu pollues l'air par ta pr�sence !

Maintenant on d�couvre des choses, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas ?

N'est-ce pas ?

Marion ?

Tu vas me r�pondre, oui ?

Tu es encore avec un homme l�-haut ?

Non, m�re...

�2003. UNCUT MOVIES. Tous droits r�serv�s. EDV 1092.

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