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CIRQUE CERNIK
- Tassez vos camions de la route. - Lib�rez la route!
Lib�rez la route!
Que se passe-t-il?
- Allez, tassez-les. - Qu'y a-t-il?
Tassez-les!
D�placez-les! Allez, allez!
- Pressez-vous. Tassez-les! - Cernik! Cernik!
Le tracteur a quitt� la route. Il est dans le foss�.
Lib�rez la route.
Je m'appelle Karel Cernik. Je suis le g�rant du cirque.
J'ai un permis pour voyager.
Rangez vos chariots sur le c�t�. Faites ce qu'on vous dit.
C'est �a.
Lib�rez la route.
Change d'expression. Souris.
Autrement, ils sauront ce que tu penses.
M. Cernik.
M. Cernik.
Regardez �a. L'essieu arri�re du chariot est bris�.
- Allez, les gars. - Encore?
- Vosdek. - Vosdek!
Joe, mon p�re te demande.
J'arrive, monsieur.
- Tiens. Je le finirai. - Non, c'est d�j� fini.
V�rifie-le, veux-tu? V�rifie tes n�uds.
- L'essieu arri�re de mon chariot. - Encore?
Encore.
Tu l'appelles par son pr�nom?
Je le connais assez bien pour �a. Pourquoi?
�a ne me pla�t pas.
- Tu es ma fille, Tereza. - Je travaille au cirque.
- Je gagne ma paie. Je fais ce que je veux. - Tu es ma fille.
Ce jeune homme est un �tranger.
Il est avec nous depuis pr�s d'un an.
C'est quand m�me un �tranger.
Que sais-tu de lui? D'o� vient-il? Qui est sa famille?
Je sais qu'il me pla�t, j'aime sa compagnie
et je passerai du temps avec lui.
Je t'interdis de voir Vosdek � part pour le travail.
Pourquoi ce pansement sur Maria?
Elle a re�u un coup quand on a frein� sec. Elle va s'en remettre.
J'aimerais prendre mieux soin de toi.
On arrive.
C'est pourri. Pourri.
Si c'�tait arriv� en spectacle, quelqu'un se serait cass� le cou.
Tout est pourri.
Vous avez raison. Tout s'effondre.
P�re, je suis d�sol�e de m'�tre emport�e.
Mais ne t'inqui�te pas pour Joe.
C'est un homme bon et honn�te.
Il est soign� et...
Ce n'est pas pour lui que je m'inqui�te.
C'est pour toi, ma ch�rie.
Tu es aussi ignorante qu'une enfant.
Tu n'as eu personne pour t'enseigner.
Pas de m�re, pas d'�cole sauf pour le cirque.
Personne d'autre que moi.
Et je n'ai pas eu le temps.
Allez, allez.
On ne s'est pas arr�t�s ici pour fumer. Grouillez-vous!
Allez, Max! Debout!
On est attendus � Volary demain.
On a des gens � divertir.
Le cirque doit reprendre la route. Allez, Max.
On repart! Le cirque doit reprendre la route!
D�p�chez-vous, derri�re!
Vite, vite, vite.
Vite, vite, vite. Vite, vite, vite, vite.
Vite, vite.
Jaromir.
- La police est ici. - Quoi?
- La police. - Priv�e ou secr�te?
- Secr�te. - O�?
- Tu en es s�r? - Oui.
Viens.
Je leur ai vraiment fait peur, hein?
- La police est ici. - La police? O�?
Assez!
Attends! Que fais-tu?
La police est ici.
Depuis quand est-ce un crime d'�couter de la musique?
Je peux te demander ce que tu fais avec cette craie?
Tout le monde se plaint parce que je ne travaille pas pour le cirque.
Ils disent que je suis une cargaison inutile.
- Alors je pr�pare un num�ro. - Je vois.
Un homme � Carlsbad m'a d�j� dit que j'ai les plus beaux orteils au monde.
Oui, je sais.
C'�tait moi, cet homme � Carlsbad.
On n'avait pas autant d'inqui�tudes, � l'�poque.
- Oui. - Au revoir.
Attention. Que fais-tu l�?
La toile est pourrie! Je n'ai pas tir� fort!
Ne parle pas � M. Cernik comme �a!
- Qui est-ce? Un nouveau? - Le mieux que j'ai trouv�. Un idiot.
Toute notre toile est fichue.
O� est Placek? Il devait surveiller �a.
- Il est parti. - O�?
Ils ont vu qu'il �tait dou�.
Ils l'ont transf�r� dans une usine � Klatovy.
Je vois.
Tu seras peut-�tre le prochain qu'ils prendront.
Allez, avec ces poteaux!
J'esp�re que non, M. Cernik. Ce cirque, c'est ma vie.
Je le sais. On ne se d�brouillerait pas sans toi.
Tu as mis du temps � venir.
Reviens ici avec ma bi�re! Reviens!
Excusez-moi, Mme Cernik. Que voulaient les policiers?
Je l'ignore. Ils n'ont parl� � personne.
Ils sont venus nous observer et sont repartis sans mot dire.
Ils ont des soup�ons.
�a ne m'inqui�terait pas d'avoir �t� interrog�s.
- Mais ce silence... - Tout le monde dehors. D�gagez!
- On le d�monte. - Oui.
Pr�ts!
Tirez!
Vous aimez les fleurs, n'est-ce pas, Mme Cernik?
Oui. Elles sont belles. J'aime travailler dans mon jardin.
- Le caf� est bon. - C'est mon mari qui le pr�pare.
- Qu'est-ce que c'est? - La police.
D�placez ces poteaux!
Ils ne bougeront pas tout seuls! Allons-y!
- Allez, tout le monde! - �tes-vous le g�rant du cirque?
Non, monsieur. Il est pr�s de la tente des chevaux.
- Allez, mon beau. Danse. - Fous le camp.
Un, deux. Danse. Tereza, fais-lui lever la patte gauche.
Allez.
- �tes-vous Karel Cernik? - Oui.
- Suivez-moi. - Vous m'arr�tez?
On vous emm�ne au poste du S.N.B. � Plzen pour vous interroger.
Quelle heure est-il?
Serai-je de retour � temps pour le spectacle de ce soir?
Peut-�tre. Si vos r�ponses sont satisfaisantes.
Me permettez-vous d'enfiler un manteau et de mettre une cravate?
- Faites vite. - Excusez-moi.
Qu'est-ce qui ne va pas, cette fois?
Je l'ignore. Ils m'emm�nent � Plzen.
- T'ont-ils accus� de quelque chose? - Ils ne m'ont rien dit.
As-tu d�j� pens� d�fendre tes droits?
Je n'ai aucun droit. Personne n'en a.
- Quand reviendras-tu? - Ils ne me garderont pas.
C'est juste la m�thode habituelle.
Un jour, peut-�tre que tu entreras ici
et que tu constateras que j'ai fait mes valises et que je suis partie.
Tu crois que je ne pourrais pas me d�brouiller seule, n'est-ce pas?
Quoi? Je n'ai rien dit.
Tu es tr�s jolie.
Jolie. Ne me mens pas.
Non. Si je ne reviens pas � temps pour le spectacle, tu sais quoi faire.
Je sais, Karel.
Garde un �il sur tout, d'accord?
Regarde-la. Tu crois qu'elle s'en fait?
D�s qu'il sera parti, elle se rendra � la cage des lions.
� quoi t'attends-tu? Elle n'est pas du cirque.
Je t'aime plus que tu ne le sauras jamais.
Vous r�p�tez toujours vos tours, c'est �a?
Dommage que vous ne sachiez en faire aucun.
J'en connais quelques-uns.
Non, les femmes ne sont pas des anges.
Elles ne m�ritent pas d'�tre ador�es.
Rappelle-toi, quoi que je fasse, mon c�ur t'appartient.
Allez, Pasha. Un peu d'entrain.
Mets de la vie dans le num�ro.
Oui. Il faut de l'entrain. Autrement, le public s'endort.
Il veut que tu l'effraie. Tu comprends?
Je sais, mon pauvre ami.
C'est dur d'�tre enthousiaste quand tu ne manges que de la bouillie.
Une pur�e de bran de scie pour le roi des animaux.
Mais le spectacle doit continuer. Alors allez, Pasha.
Allez. Un peu de discipline. Montre les dents.
Sors tes griffes. Allez. Allez, Pasha! Allez!
Tu ne vois pas que je suis occup�?
Laisse donc Pasha se reposer un peu.
Je suis un artiste, ma ch�re. Je ne suis jamais satisfait.
- Cernik va � Plzen. - Je t'ai dit que j'�tais occup�.
J'ai tout le temps pour attendre.
Tout le monde nous regarde.
Allez, Pasha! Attaque-moi! D�chire-moi en lambeaux!
Attaque-moi. Attaque-moi.
Le jour o� tu diras �tre mienne
Pour toute
L '�ternit�
Un charmant...
- Karel Cernik. - Karel Cernik.
�tes-vous le propri�taire du cirque Cernik?
Non, monsieur.
Il porte votre nom.
Il m'a appartenu, et � mon p�re avant moi, mais...
Que s'est-il pass�?
En 1948, quand la R�publique populaire de Tch�coslovaquie
a triomph� de l'imp�rialisme fasciste, mon cirque a �t� nationalis�
et est devenu la propri�t� de l'�tat, comme le reste.
On m'a permis de rester comme g�rant.
Divers membres de votre famille font partie du cirque.
- Oui, monsieur. Ma femme et ma fille. - Votre deuxi�me femme.
Oui, monsieur. La premi�re est morte. C'�tait la m�re de mon enfant, Tereza.
Votre famille et vous formez une petite clique au sein du cirque.
J'ignore ce que vous voulez dire.
Vous avez des r�unions priv�es le soir.
Bien s�r. On se rassemble.
Toutes les familles le font, non?
Le personnel de votre cirque semble tr�s cosmopolite.
- "Cosmopolite"? - International.
Vous avez de nombreux �trangers dans l'�quipe.
Une Fran�aise qui se fait appeler La Duchesse, par exemple.
Elle n'est pas fran�aise, monsieur, et certainement pas duchesse.
Il y a des ann�es, elle a �pous� un avaleur d'�p�es surnomm� Le Duc.
Quand il est mort, elle a un peu perdu la t�te.
Lors d'un spectacle � Malacek, elle a brandi un drapeau fran�ais.
C'�tait pour honorer la m�moire de son mari.
J'ai confisqu� le drapeau et je l'ai br�l�.
- Vous avez un Chinois. - Oui, monsieur.
Appuie-t-il la R�publique d�mocratique populaire de Chine
ou est-il un laquais du r�gime fasciste d�chu?
Je ne crois pas qu'il ait d'opinion l�-dessus, monsieur. Il est jongleur.
Voyez-vous, monsieur, les artistes de cirque ne sont pas des gens ordinaires.
Notre seule nationalit�, notre seule religion, c'est le cirque.
On n'a ni all�geance politique ni foyer. Que le cirque.
Il y a deux semaines, le minist�re de la Propagande a ordonn�
que vous apportiez des changements � votre num�ro de clown.
Oui, monsieur. Ces changements ont �t� apport�s.
C'�tait le num�ro o� l'autre clown me donne 27 coups de pied.
Continuez-vous � faire ce qu'on vous a ordonn�?
- � vrai dire, monsieur... - R�pondez � ma question.
Non, monsieur.
Vous avez recommenc� � faire comme avant.
- Oui, monsieur. - Pourquoi?
Ce que les agents de propagande demandaient
n'�tait tout simplement pas comique.
- Le public ne riait pas. - Et que faites-vous?
Je me tiens l�.
Chaque coup de pied me fait tressaillir, mais mon expression ne change pas.
Et on consid�re cela amusant?
Le public trouve �a dr�le.
Pouvez-vous nous montrer?
- Ici? - Oui.
Maintenant?
Vous devrez imaginer que je suis d�guis� et maquill� en clown.
Il tente de me faire f�cher,
pour que je me retourne et que je le botte, mais il n'y arrive pas.
� la fin, il est si �puis� qu'il ne peut m�me plus lever le pied.
C'est alors que je me retourne pour l'embrasser.
Les agents de propagande disent que dans ce num�ro,
Jaromir, l'autre clown, devrait repr�senter l'imp�rialisme de Wall Street.
Un chapeau de soie, des demi-gu�tres, des diamants et tout �a.
Et je devrais �tre un ouvrier am�ricain noir.
Et on nous a dit d'enlever le baiser � la fin.
On l'a essay� � leur fa�on, mais personne ne riait.
On a essay� de le retravailler, mais le public ne riait toujours pas.
Vous devez comprendre que sans
le baiser surprise, ce n'�tait pas dr�le.
- Avez-vous votre permis sur vous? - Oui, monsieur.
- Remettez-le au sergent. - Quand le r�cup�rerai-je?
Sans ce permis, le cirque ne peut pas se d�placer.
�a d�pendra.
Monsieur l'inspecteur, je ne me m�le pas de politique.
Vous devriez.
Je suis avec le cirque, dans ce pays, depuis ma naissance.
J'�tais ici sous l'empire autrichien.
J'ai donn� des spectacles sous Masaryk et Benee,
m�me sous la tyrannie nazie.
Mon cirque ne vaut plus grand-chose,
et Dieu sait qu'il y a de meilleurs clowns que moi.
Je veux seulement continuer � faire mon num�ro.
Votre d�sob�issance est proche de la trahison.
Je n'ai jamais �t� un tra�tre.
Derni�rement, j'ai donn� sept spectacles gratuits pour nos soldats.
Vous avez re�u l'ordre de les donner, non?
Oui, monsieur, mais j'�tais heureux de le faire.
Je dois vous avertir, Karel Cernik.
Vous �tes tenu d'ob�ir aux consignes re�ues.
Si ce n'est pas fait dans 48 heures, vous serez transf�r�
dans un domaine o� vous ferez du travail constructif.
- Mais mon cirque? - Votre cirque?
Vous avez d�j� oubli� qu'il n'est plus � vous!
Il appartient � l'�tat!
Il sera liquid�, et ses propri�t�s seront remises
� votre concurrent, Vladislav Barovik,
qui s'est montr� plus intelligent que vous
dans sa fa�on d'adapter le cirque aux exigences du parti.
Vous devrez payer une amende de 100 koruna pour votre d�sob�issance.
Payez-la au lieutenant � l'ext�rieur, et vous pourrez partir.
Mais nous vous rendrons visite d'ici 48 heures.
La Duchesse.
Et vous devrez avoir mis La Duchesse � la porte.
Oui, monsieur.
Comment fera-t-elle pour vivre?
C'est sans importance. Mettez-la � la porte.
Renvoyez-la. C'est tout.
Cernik.
Un moment. Et le r�cepteur radio?
- Quoi, le r�cepteur? - Est-il muni d'un condensateur?
J'ai bien peur de ne pas savoir ce que c'est.
Vous connaissez s�rement la m�canique.
Un condensateur permet la r�ception des ondes courtes.
Je n'�couterais jamais ces transmissions.
Je suis s�r que non.
Mais tant que la radio est l�, d'autres le pourraient.
Pour vous �viter des ennuis avec la police, d�truisez donc le condensateur.
�liminez la tentation.
- V�rifiez-le. - Je sais o� se trouverait la section radio.
Si c'�tait dans le dossier, ce serait l�.
- Merci, monsieur. Puis-je partir? - Oui.
Et voil�.
Il n'y a rien dans le dossier � propos d'une radio.
Ah non?
Eh bien, monsieur, qu'en avez-vous pens�?
Vous avez b�cl� l'interrogatoire.
En quoi, monsieur? Je croyais avoir respect� mes consignes.
Vous lui avez dit que le cirque appartenait � l'�tat.
Ne savez-vous pas qu'il n'y a pas d'�tat?
Le cirque, comme toute chose, appartient au peuple.
- C'est ce que vous auriez d� dire. - Oui, monsieur.
Je vois mon erreur, monsieur. Merci de la souligner.
Je ne vais pas m'inqui�ter au sujet de ce Cernik.
C'est un clown banal et sans histoires.
Vous croyez, sergent commissaire?
Et vous, camarade Fesker, que croyez-vous?
Je crois que Cernik est loin d'�tre sans histoires.
C'est vrai, il ne conna�t rien d'autre que la vie de cirque.
Politiquement, c'est un ignare.
Mais je crois que derri�re cette fa�ade trompeuse,
il est profond�ment rus� et subtil.
Il a une id�e derri�re la t�te qui pourrait me faire...
C'est un homme d�vou� qui a un grand sens de l'individualisme.
Il faut le surveiller. O� sera le cirque demain?
- Toujours � Volary. - J'irai le voir.
Le minist�re de la Propagande et ses perversit�s de la nature humaine.
Tous ces hommes haut plac�s finissent par trahir le parti.
Rien ne lui ferait plus plaisir que de nous ridiculiser.
Eh bien, camarade, s'il va observer ce petit cirque miteux,
j'enverrai quelqu'un l'observer, lui.
M. 4-2.
Il est revenu.
- Il est revenu. - Dieu soit lou�.
Va mettre ton costume. Je serai pr�t � temps.
�a ne fait plus de doute. La police a un espion parmi nous.
Qui?
On le d�couvrira.
On va se r�unir dans la roulotte de la billetterie apr�s le spectacle.
Allez, Pasha. Allez.
Allez, Caesar.
- Caesar. - Bonsoir, M. Cernik.
- M. Cernik. - Quel est le probl�me, Rudolf?
- Je sais qu'ils disent... - Qu'ils disent quoi?
Mais ce n'est pas ma faute. Je le jure.
S'il vous pla�t, M. Cernik. �loignez-la de moi.
Rudolf Hubmann, tu es le dernier bon dompteur de lions du pays.
Autrement, je me ferais un plaisir de te tuer.
M. Cernik, la mal�diction de ma vie est d'�tre un bel homme.
C'est � ton tour. Va faire ton num�ro.
- Madame. - Qui est l�?
C'est moi, Cernik. Je dois vous parler.
Je suis occup�e en ce moment.
Je dois quand m�me vous parler.
Je vous entends clairement d'o� vous �tes, Cernik.
- J'ai �t� � Plzen voir la police. - Vous leur avez crach� dessus, j'esp�re.
Non. C'�tait la grande police, le S.N.B.
Il y avait un agent du minist�re de la Propagande, de Prague.
Des porcs, jusqu'au dernier.
Ils m'ont dit de vous renvoyer du cirque.
Je vous informe donc que vous �tes renvoy�e � compter de demain.
Vous aurez deux semaines de salaire.
Avez-vous quelque chose � dire?
Partez.
- Madame. - Partez.
Madame, je retire mes paroles.
Peut-�tre qu'ils oublieront, ou je trouverai une excuse.
Mais vous ne quitterez pas mon cirque.
Pas tant que j'en serai le g�rant.
Pouvez-vous br�ler ce drapeau, s'il vous pla�t?
Joe. Allons faire une promenade.
Je ne peux pas. J'ai du travail.
Allez, Joe. S'il te pla�t.
- Ton p�re approche. - Allons faire une promenade.
Que sais-tu de ce Joe Vosdek?
Pas grand-chose.
C'est une de ces personnes d�plac�es.
- La Gestapo a tu� son p�re, je crois. - Lui as-tu parl�?
Seulement � propos du travail. Il est plut�t renferm�.
A-t-il des amis, que tu saches?
Vous le savez. Mlle Tereza et lui semblent �tre proches.
Mon oncle! Kalka! Kalka!
- Kalka! - Qu'a-t-il encore fait?
Kalka a vol� quelque chose, et Konradin veut le tuer.
- Non! - Redonne-moi �a ou je te tuerai!
- Non! - Va chercher le boyau d'incendie.
- �a le fera descendre. - Non, non!
Oublie le boyau. Qu'est-ce qui a �t� vol�?
Mon crucifix. Il l'a vol�. Je l'ai vu avec.
C'est mon crucifix. Je ne l'ai pas vol�.
- Je te crois, Kalka! - Vous le croyez.
Je vais le couper en deux!
L�che cette corde! Descends!
Descends ici! Descends ici!
- Descends! - Allez, Konradin.
- Descends de cette corde. - Descends!
Descends!
Fichez tous le camp. Allez-vous coucher.
- Vous le lui reprendrez, M. Cernik? - Oui.
- Vous le reprendrez? - Oui.
Et on se rejoindra � la billetterie.
- Descends, Kalka. - Non.
- Descends! - Non!
- Tu... - Descends, Kalka. Il ne te battra pas.
M. Barovik en personne lui a offert d'aller travailler pour son cirque.
Quand as-tu parl� � Barovik?
M. Barovik a un vrai cirque. Il a quatre �l�phants.
- Descends! On ne te battra pas. - C'est promis?
- Oui. - Vous le jurez?
- Oui. - Descends, Kalka. Il ne te battra pas.
Allez. Donne-moi le crucifix.
Tu peux faire tes valises et aller rejoindre Barovik et ses quatre �l�phants.
Ne fais pas �a, Karel.
Le cirque est d�j� assez mauvais. Sans Kalka...
- Tiens. Fiche le camp. - Sans Kalka...
Allez! Pars!
Tu as enfin trouv� quelqu'un dont tu n'as pas peur, un nain.
- Comment l'ont-ils su? - C'est ce que je me demande. Comment?
Personne n'est au courant sauf nous six, ma femme et ma fille.
Quand elle est allum�e, le son est si faible
que personne ne pourrait l'entendre de l'ext�rieur.
Non, je...
Je ne peux soup�onner aucun d'entre vous.
Je devrais peut-�tre, mais je ne peux pas.
- Et Zama? - Ma femme, c'est ma femme.
Laissons-la en dehors de cette discussion.
Notre vie est en jeu, Cernik. On ne peut laisser personne en dehors.
- Si elle est capable de vous tromper... - Konradin!
Je te pardonne uniquement parce que tu ne sais pas de quoi tu parles.
�a �limine donc tout le monde � part ma fille.
Tereza? C'est impossible.
Merci, Jaromir, et tu as raison. Mais c'est une enfant.
Elle a pu parler � quelqu'un.
Elle a pu innocemment parler de ce qu'on �coute.
� qui?
Elle parle au jeune homme discret qui s'occupe des chevaux.
- Joe Vosdek? - Joe Vosdek.
Ce serait donc lui, l'espion.
C'est le plus probable, non? On ne sait rien de lui.
D'o� il vient, qui sont ses amis.
Que je sache, il n'envoie et ne re�oit jamais de lettres.
Mais il y a bien des gens dont on ne sait rien.
C'est comme �a, un cirque.
Les gens vont et viennent. On ne demande rien.
Crois-tu qu'il ait appris du s�rieux?
Non, je ne crois pas.
Mais j'ai l'impression que tout se referme autour de nous.
Oui.
Cernik.
Vous savez que je vous ai toujours �t� parfaitement loyal.
Je vous ai suivi partout.
Mais maintenant,
vous regardez cette carte en r�vant.
Vous r�vez.
Vous ne savez plus agir.
Vous avez laiss� cette femme vous...
�a suffit, Konradin! Sors!
Terez.
Je vais partir avec toi.
Non. Tu ignores o� je m'en vais.
- J'irai n'importe o�. - Tu ne sais m�me pas qui je suis.
Je m'en fiche. Tu es le seul homme que j'aie aim�.
Et maintenant, je sais que tu m'aimes aussi.
Tu dois m'aimer, Joe, et m'emmener avec toi.
Terez. � la prochaine nuit nuageuse et sans lune,
je tenterai de franchir la fronti�re
- du c�t� am�ricain. - O� est-elle?
Tout pr�s. On en sera pr�s pendant les jours � venir.
Pourquoi veux-tu faire �a?
Regarde �a, Terez. Tu connais �a. C'est une plaque d'identit�.
Quand j'�tais en poste en Angleterre,
certains d'entre nous nous les sommes fait tatouer.
On trouvait que c'�tait une bonne blague.
� moins que notre bras soit amput�,
on pourrait toujours �tre identifi�s, jusqu'� la mort.
- Arr�te. - Que faisais-tu en Angleterre?
J'�tais dans l'arm�e am�ricaine.
Tu es am�ricain. Un espion.
Ce serait mieux que ce que je suis: Un d�serteur.
Un d�serteur minable.
Je suis tch�que, Terez. Je suis n� et j'ai grandi ici.
Quand j'avais 14 ans, mon p�re a vu ce qui s'en venait.
Munich. Les nazis.
Il nous a fait quitter le pays, ma m�re, ma s�ur et moi.
Il nous a envoy�s aux �tats-Unis. Il est rest� pour fermer son entreprise.
C'�tait une petite usine pr�s de Deroun.
Il n'a jamais pu partir.
Pendant que j'�tais aux �tats-Unis,
j'ai appris � penser et � vivre comme un Am�ricain.
Mais j'�tais toujours tch�que.
Et j'ai toujours pens� qu'un jour,
je pourrais aider � lib�rer mon pays
et retrouver mon p�re.
Le jour de la lib�ration est venu, Terez, et j'�tais ici.
J'ai demand� la permission d'aller � Deroun, � la recherche de mon p�re.
On me l'a refus�e, car Deroun �tait du c�t� russe.
J'ai donc pens� m'absenter sans permission un moment.
C'�tait facile d'obtenir des v�tements de civil, alors. Tout �tait confus.
Quand je suis arriv� � Deroun, il n'y avait que des ruines.
Des ruines.
J'ai march� jusqu'� la ville voisine.
Et j'ai su que je n'�tais plus qu'absent sans permission.
J'�tais devenu un d�serteur. Je ne pouvais plus rentrer.
Les Am�ricains avaient quitt� la Tch�coslovaquie.
- Mais pas les Russes. - Joe.
Joe, mon ch�ri.
J'ai obtenu divers emplois.
J'ai m�me travaill� un moment pour l'Arm�e rouge. Peux-tu le croire?
Je m'occupais des chevaux et r�parais les v�hicules.
Quand j'ai crois� le cirque et que ton p�re m'a offert un emploi,
j'ai saut� sur l'occasion, car c'�tait la chance que j'attendais.
Comme �a, je pouvais rester sur la route
et esp�rer trouver ce que je cherchais.
L'as-tu trouv�?
Un homme qui avait �t� dans le m�me camp de concentration.
Il savait que mon p�re �tait mort.
Mais il ne savait pas comment il �tait mort.
Peut-�tre dans la chambre � gaz.
Je suis content qu'il n'ait pas su.
Joe.
Terez, je veux que tu saches une chose.
Un matin, tu te r�veilleras, et je serai parti.
- Je pars avec toi. - Mais sache que pour toujours...
- Je ne t'oublierai pas. - Je partirai.
- Je partirai avec toi. - Je te serai toujours reconnaissant.
Joe.
- �coute... - Joe.
Tereza.
Viens ici, Tereza.
Je l'aime.
Rien au monde ne pourra me s�parer de lui.
Va rejoindre ton p�re, Terez.
Tereza.
Tereza!
Je ne veux pas te faire de peine, mais tu commets une erreur.
Plus grave que tu pourrais imaginer.
Tu es ma fille, et je t'ai aim�e d�s l'instant de ta naissance.
- Tu dois me croire. - Tu penses que je suis toujours
un gentil b�b� innocent.
J'ai grandi.
Je suis une femme et j'agirai en femme.
Ce serait peut-�tre une bonne id�e
que tu surveilles mieux ta femme et ses agissements.
Attends, Kalka.
Je veux te souhaiter bonne chance.
Tu d�jeunes ou tu me laisses m'entra�ner?
Garde les yeux sur la cible.
Faites venir Cernik. M. Barovik veut le voir.
Que me voulez-vous, Barovik?
Je veux discuter d'une ou deux affaires commerciales.
- Je suis occup�. - Et on devrait le faire en priv�.
CIRQUE BAROVIK
Venez dans mon bureau.
Laissez vos gardes du corps.
- On ne vous attaquera pas. - M'attaquer serait une erreur.
Je ne suis pas arm�. Je n'ai pas besoin de l'�tre.
Bon, Barovik... D'o� vient ce costume?
Vous avez chang� de v�tements quand on a chang� de r�gime?
Un homme doit bien vivre.
Que me voulez-vous donc, Barovik?
Beaucoup de choses, mon ami.
Ne m'insultez pas en m'appelant votre ami.
Qu'est-ce que vous manigancez?
Des manigances. �coutez le ma�tre.
Je veux savoir, Cernik, quelle part de votre cirque
vous croyez s�rieusement pouvoir emmener avec vous.
Emmener avec moi? O�?
De l'autre c�t� de la fronti�re, dans la zone am�ricaine.
Au paradis.
Qu'est-ce que vous racontez?
Je parle de votre plan.
De votre plan compl�tement d�bile, mais amusant,
de franchir le Rideau de fer comme ce train l'a fait l'an dernier.
Vous en avez parl� hier soir.
Vous avez tenu une r�union dans ce chariot...
avec les autres conspirateurs, votre cousin Jaromir et le reste.
Je connais tous leurs noms.
Vous leur avez parl� de votre visite � Plzen.
Vous avez dit
que vous croyez qu'un espion de la police est parmi vous.
Vous soup�onnez un jeune homme, un d�nomm� Joe.
Vous pr�voyez
franchir la fronti�re graduellement
au milieu de la nuit, en pleine nature sauvage,
entre Tachov et Moravsky.
Un �l�phant par ici, un acrobate par-l�,
vous faufilant dans les bois l� o� il n'y aura pas de patrouille.
Il y aura bien quelques pertes, mais en trois nuits,
la majorit� du cirque aura travers�.
Qui vous a dit tout �a?
Non, vous n'avouerez pas.
Le plancher est vieux et craqu�.
Il laisse passer le son,
et un petit homme cach� sous le chariot...
Kalka.
J'ai demand� pourquoi il me disait �a � moi
et pas � la police.
Heureusement pour vous,
le nain a encore plus peur de la police que vous.
Je l'ai enferm�.
Ne craignez pas qu'il parle pour le moment.
En fait, tout ce que vous avez � craindre, c'est moi.
Auriez-vous une allumette?
- Que voulez-vous de moi, Barovik? - Rien.
Rien du tout. Je suis juste venu avertir un vieil ami.
Pour l'amour de Dieu, Barovik, dites-moi ce que vous voulez.
Juste les restes, Cernik.
Vous ne pourrez pas tout faire traverser.
Non. Je laisserai les tentes.
- Toutes les tentes. - Sont-elles en bon �tat?
Quelque chose l'est, de nos jours?
Tr�s bien. Je prendrai les tentes.
Les si�ges.
Vous pouvez les avoir.
L'�quipement?
Vous aurez tout l'�quipement lourd.
- Les lions? - Non.
- Les �l�phants? - Non!
Croyez-vous que je laisserais mes artistes derri�re?
Prenez les loups. Ils ne font pas de num�ros.
Mais vous devrez les capturer.
Je les rel�cherai � la fronti�re pour faire diversion.
Vous avez pens� � tous les d�tails, n'est-ce pas, mon ami?
Depuis trois ans, je ne pense � rien d'autre.
J'ai dit � la police que je ne suis pas politis�. C'est vrai.
Mais quand on impose la politique � mon cirque,
� mon spectacle, je dois m'y opposer.
Si je ne peux pas me battre, je fuirai.
Je tenterai ma chance, co�te que co�te.
Cernik, j'ai toujours pens� que vous �tiez un bon forain.
Les hommes de cirque sont fous, par la n�cessit� du m�tier.
Mais vous, vous �tes le pire fou de tous.
Ne voyez-vous pas que votre plan est irr�alisable?
Ils ont coup� tous les arbres.
Ils ont d�moli toutes les maisons sur pr�s de 2 km le long de la fronti�re.
Il y a des mines dans tous les champs.
Il y a trois rang�es de cl�tures barbel�es,
dont une est �lectrifi�e.
J'ai appris tout cela en revenant de Plzen hier.
Je ne vais pas me faufiler.
Je vais y aller directement, en suivant la route.
Tous en m�me temps.
C'est impossible.
Le simple fait que c'est impossible pourrait nous avantager.
Quand essaierez-vous? Demain? Vendredi?
Aujourd'hui.
Aujourd'hui? �tes-vous pr�ts?
Non. Mais comme Kalka et vous connaissez le secret,
je ne peux pas courir le risque d'attendre.
Je sais que je ne peux pas vous faire confiance.
On va s'enfuir cet apr�s-midi.
Oui, je dois le faire en plein jour.
C'est la seule chose � laquelle ils ne s'attendront pas.
La vie sera moins int�ressante quand vous serez mort, Cernik.
Tout change.
Vous rappelez-vous mon superbe num�ro sur la corde?
- Celui-l�. - Non, celui que je faisais personnellement.
Savez-vous ce qu'ils en ont fait?
Ils m'ont forc� � le retirer.
- Non. Pourquoi? - Oui.
Ils ont dit que c'�tait occidental.
Pire encore, am�ricain.
Je sais. Je sais.
Non, merci.
Ce sera dommage de vous perdre, Cernik.
Peut-�tre que par miracle, certains d'entre vous aurez la vie sauve.
Attendez.
- On devrait se battre, vous et moi. - Se battre?
Oui. Frappez-moi. Je vous frapperai.
On va renverser des meubles, briser des choses, faire un vacarme.
- Pourquoi? - Les espions du cirque rapporteront
� la police qu'on s'est encore disput�s.
Sinon, vous serez aussi soup�onn�. Pourquoi souriez-vous?
�tes-vous en �tat de vous battre?
Peu importe.
�a d�tournera l'attention de la police.
Allez, Barovik.
Ne restez pas l� � rigoler.
M�me une fausse bataille, c'est trop pour vous.
On verra bien. Allez.
Avec plaisir.
Attendez, Barovik. Je dois d'abord vous poser une question.
Depuis le temps qu'on se conna�t...
Vous �tes d�j� essouffl�.
...c'est-�-dire bien des ann�es,
vous esp�rez que je me casse le cou en tombant de la corde raide.
- C'est vrai. - Maintenant, vous en savez assez
pour me faire arr�ter, torturer, pendre et jeter aux lions.
- C'est vrai aussi. - Pourquoi venir
me demander de conclure un march�?
Pourquoi ne pas me d�noncer
et vous approprier mon cirque?
Vous ne le savez donc pas?
Non.
Vous feriez la m�me chose, � ma place.
Je ne veux pas �tre � votre place, Barovik. R�pondez-moi.
Pourquoi �tes-vous soudain devenu aimable?
Cernik, c'est vrai.
Je ne vous aime pas plus que vous ne m'aimez.
On ne se ferait pas prier pour voler ou assassiner l'autre.
Mais on a une chose en commun.
On est des hommes de cirque. Avant tout et pour toujours.
On d�teste le gouvernement et la police.
Et si c'est une question du cirque contre la loi,
- vous savez de quel c�t� je suis. - C'est vrai.
Je vois. C'est logique.
- �tes-vous pr�t? - Ah oui, la bataille.
- Frappez-moi. - Non. Vous d'abord.
- Non, s'il vous pla�t. Commencez. - C'est votre id�e.
Non, mais frappez-moi, s'il vous pla�t.
En fait, je me suis bless� la main la semaine derni�re.
Je suis d�sol�. Poussez-moi, alors.
Oui.
Attendez un peu. Pas ma fen�tre.
Brisez juste les meubles.
Ce n'�tait pas n�cessaire. Pas sur mon visage.
Cernik, ouvre la porte. Cernik. Cernik!
Ouvre la porte!
Cernik! Cernik, ouvre la porte!
Cernik, ouvre la porte! Cernik!
Prenez �a, Cernik! Le grand Barovik.
Le plus grand funambule de tous les temps!
Vous n'aimiez pas mon num�ro sur la corde, c'est �a?
Non! C'est un cadeau.
Mon 25e jubil�.
Cernik. Cernik. Ouvre la porte. Cernik. Cernik!
Cernik.
Cernik, ouvre la porte. Cernik.
- Cernik. Cernik, ouvre. - Karel.
Vous croyez que �a suffit?
Je crois que �a fera l'affaire.
- La petite statue s'en tire? - Intacte, oui.
- Vous devriez... - Un peu plus, oui.
- Donnez-moi de �a. - Servez-vous.
- C'est bien comme �a? - Oui, c'est bien.
Enlevez votre manteau. C'est plus r�aliste.
Oui. Et vous, votre col et votre cravate?
Oui, merci.
- J'enverrai les camions � Mikulov. - Mikulov.
- Oui. - D'accord. Je les prendrai l�-bas.
Bien.
Attendez un peu. Et voil�.
Oui, �a para�t bien.
Oui, c'est bien.
- C'est bien. Merci. - Oui.
- Bonne chance, Cernik. - Bonne chance � vous.
- Oui. - N'oubliez pas votre revolver.
- Mon revolver. - Le voici. Tenez.
Me redonneriez-vous mes allumettes?
- Je les avais oubli�es. - Merci.
- D�sol�. - Tout va bien.
Mais vous savez, je me sens mieux.
Vraiment?
Beaucoup. Allons-y.
Sortez. Sortez.
Si vous revenez pr�s de mon cirque, Barovik, je vous jetterai aux loups!
Je n'en ai pas fini avec vous, Cernik!
On a bien des choses � r�gler!
Laissez-le. Ne lui faites pas de mal. Laissez-le partir.
- Ils ne nous emb�teront plus. - Karel, es-tu bless�?
Bien s�r que oui. Jaromir, Konradin.
- �a va? - Oui. Vosdek.
Excusez-moi. On doit partir. Le plus vite possible.
On manque d'essence pour Yudice.
On en a assez pour la fronti�re.
- Maintenant? - Maintenant.
Tu nous condamnes tous � mort.
On est d�j� morts. C'est notre chance de revivre. Allez.
Et les autres? On le leur annonce?
Non.
Si on traverse et qu'ils sont b�tes
au point de vouloir revenir, ils le feront.
Ils se feront tous tuer.
C'est aussi une lib�ration.
- Vosdek. Allez, allez. - Oui, monsieur.
Vosdek, les tentes doivent partir deux heures avant le reste du cirque.
Je veux que tu t'en charges.
J'ai d'autre travail pour Krofta.
- On se rejoint � Mikulov. - Tr�s bien.
- Je pars avec toi, Joe. - Non.
J'ai peur, Joe. J'ai peur que tu tentes
de t'�chapper avant qu'on te rejoigne.
- En plein jour? Non, Terez. - Joe, je pars avec toi.
Que voulait Barovik? Avoir ta peau?
- Il est venu en ami. - En ami?
Il t'a donn� une bonne racl�e.
Quand as-tu cess� d'�tre un homme pour devenir un ver de terre?
Quand je t'ai connu, tu �tais un grand homme.
Le cirque Cernik �tait c�l�bre partout en Europe.
Tu donnais des repr�sentations devant la monarchie.
Les grands du cirque venaient � toi. Ringling, Hagenback, Krone.
Ils voulaient �tudier au cirque Cernik et peut-�tre voler des trucs.
Et maintenant, regarde-toi.
Tu te laisses battre par Barovik et par la police.
Pourquoi ne leur tiens-tu pas t�te comme un homme? Pourquoi?
Tu n'as m�me pas la force de me r�pondre.
- Jaromir. - Quoi?
Les tentes doivent partir avant 10 h.
Le plus d'hommes possible doivent s'y mettre.
Il faut acc�l�rer le chargement.
D'accord.
Tu sais pourquoi j'ai fait �a.
Tu aurais d� le faire il y a longtemps.
Il s'�lance et frappe. C'est r�ussi!
La balle file toujours, cogn�e bien fort. C'est un coup de circuit.
Que s'est-il pass�?
Je me demande ce qu'ils boivent l�-haut.
- Chaque jour, les m�mes rations. - Fais voir.
Scooter Rizzuto arrive au marbre.
Roe fait signe de la t�te � Campanella. Il semble nerveux.
J'ignore ce que c'est. Un genre de schnaps.
Je me demande ce qu'ils boivent.
All�. All�.
All�. Trois hommes. Des civils.
Oui? Oui.
D'accord. Capitaine.
Trois hommes, des civils, dans une jeep au poste de guet 152.
- Qu'ils voient de qui il s'agit. - Oui, monsieur.
D'accord.
- C'�tait quoi? - Ils nous ont vus
depuis la tour de garde.
All�? Poste de guet 152.
Poste de guet 152. Je dois m'en souvenir.
C'est des gens du cirque Cernik.
Leurs papiers sont en r�gle.
Oui. Leurs papiers sont en r�gle.
Leur cirque passera aujourd'hui sur la route de Volary � Mikulov.
Ils doivent �tudier la route d'avance
pour voir o� ils arr�teront faire boire les animaux.
- C'est leur probl�me. Je mange. - Tout va bien.
Tiens-toi devant moi pour voir en bas de la colline.
Ne regardez pas dans une seule direction. Donne-moi une cigarette, Jaromir.
On est observ�s de l�-haut. Bavardez tranquillement.
Cette rivi�re, c'est la fronti�re.
Quand on aura franchi cette cr�te, on sera visibles d'en bas.
Ces longs b�timents sont les casernes.
Il y a des barbel�s tout le long de la rivi�re,
et des fils �lectrifi�s �galement.
Des mines, aussi.
La route est libre. Le pont est libre.
- Il y a un foss� de l'autre c�t�. - Oui.
Ils savent que c'est impossible de s'enfuir � cet endroit.
C'est � notre avantage.
L�-bas, c'est la Bavi�re.
La Bavi�re.
Bonjour, monsieur.
Kopatchin.
Lib�re les loups
en approchant du poste militaire � la fronti�re.
- Oui. - Ce sera le signal pour la bombe,
et on foncera droit devant.
On abandonne les v�hicules et les animaux, sauf les f�lins.
On franchira le reste de la route � pied.
Qu'y a-t-il? Pourquoi ne chargent-ils rien?
- Parce que �a ne me pla�t pas. - �a ne te...
Attends.
Dr�le de moment pour d�cider que le travail
que tu fais depuis 20 ans te d�pla�t.
- Puis-je vous parler, M. Cernik? - Bien s�r.
- On va partir? Bien. - On va partir.
D�p�che-toi, Krofta. On est press�s.
M. Cernik, que signifient tous ces changements?
On s'en va vers Mikulov alors qu'on devait aller � Yudice.
Je dois donner un spectacle devant des soldats.
Dans ce cas, pourquoi Jaromir n'est-il pas parti choisir le terrain
comme d'habitude?
Pourquoi ne suis-je pas � ma place, avec les tentes?
Pourquoi Vosdek m'a-t-il remplac�?
Que conna�t-il des tentes?
Non, M. Cernik, il se passe quelque chose, et �a me d�pla�t.
Je n'ai pas le temps de t'expliquer, Krofta.
J'ai conclu un march� avec Barovik.
Un march� tr�s satisfaisant. Je dois tenir �a tranquille pour l'instant.
- Alors va faire ton travail. - La police est-elle au courant?
Ce n'est rien pour int�resser la police.
- Avez-vous un permis pour Mikulov? - Bien s�r.
- Crois-tu que je serais... - Montrez-le-moi.
Montrez-le-moi.
Krofta, as-tu oubli� qui est le patron de cette troupe?
Non, M. Cernik.
Mais vous semblez avoir oubli� une chose,
une chose tr�s importante.
Les temps ont chang�. Vous n'�tes plus propri�taire de ce cirque.
Je ne vous appartiens pas non plus.
Je dirige les responsables des tentes, les vrais travailleurs du cirque.
Et je vous dis ceci pour votre propre bien, M. Cernik.
Vous aurez de gros ennuis � moins de changer les ordres que vous...
Konradin.
Trouve de la corde. Attache-le. B�illonne-le.
- C'est donc lui. - Bien s�r que oui.
Il dit que ses gars sont les seuls vrais travailleurs.
Le reste d'entre nous sommes donc des parasites.
On ne fait qu'amuser le peuple.
Le pauvre peuple malheureux.
Mon vieil ami.
Vingt ans.
Il m'aurait d�nonc�.
Pousse-le sous l'�tabli. Mets une toile par-dessus lui.
Mets les hommes au travail. Tout doit �tre charg� � mon retour.
J'en ai pour environ une heure.
O� est Krofta?
Vosdek s'occupe des tentes. Je serai d�barrass� de lui.
Krofta m'a rendu service.
Il m'a rappel� qu'il manque le permis pour Mikulov.
Je vais le chercher au poste de police.
Pendant mon absence...
Bonjour, monsieur.
On dit que votre vieil ami Barovik vous a rendu visite.
Une visite peu amicale, par ailleurs.
On a eu une petite dispute. Que puis-je faire pour vous, monsieur?
Rien, � vrai dire. Je viens seulement jeter un coup d'�il.
- C'est votre m�re, n'est-ce pas? - Oui.
C'�tait aussi une artiste, si je me souviens bien.
On disait que c'�tait la femme la plus forte d'Europe.
- Elle travaillait avec les lions, non? - Oui, 18 lions m�les.
Oh oui!
Je voudrais vraiment jeter un coup d'�il.
Malheureusement, on est sur le point de partir.
Tout est tr�s int�ressant.
Je trouverai quelqu'un pour vous montrer.
Je suis d�sol�, mais je dois aller au poste de police du district.
Je dois remplir les formulaires d'usage pour avoir l'autorisation de voyager.
Vous n'avez pas votre permis?
On en a un, mais on a chang� nos projets.
On va se rendre � Mikulov.
Je vois. Je vous accompagnerai jusqu'au poste.
� plus tard.
- Faites-le venir. - Faites venir l'homme du cirque.
- Cernik. - J'avais raison.
On a v�rifi� ici et au poste de Plzen.
On n'a rien trouv� � propos d'un changement de trajet.
Pourquoi allez-vous � Mikulov?
Le cirque Barovik est par l�.
- Vous voulez lui faire concurrence? - Non.
Barovik et moi allons faire des �changes.
Vous vous �tes entendus?
- Oui, � propos de tout. - Mais vous disiez vous �tre disput�s.
Je sais, monsieur, mais...
- Pourquoi vous �tes-vous battus? - On se bat toujours, depuis le temps.
Parfois, pour aucune raison.
Pourquoi �tes-vous nerveux, Cernik?
Monsieur, c'est difficile d'�tre parfaitement � l'aise devant la police.
C'est si facile d'imaginer des crimes qui n'existent pas.
Vous avez raison, Cernik. C'est facile d'en imaginer.
Ce qui est difficile, c'est de d�terminer les faits.
Mais ne vous inqui�tez pas.
On ne veut aucun mal � votre cirque.
On sait que vous rendez service au parti
en remontant le moral du peuple.
On n'est pas aussi inflexibles qu'on semble l'�tre.
On sait que le cirque a sa place dans le syst�me, tout comme la doctrine.
Allez attendre � l'ext�rieur.
Mais il me faut ce permis tout de suite.
- Si on ne prend pas la route... - Allez attendre � l'ext�rieur.
C'est un tr�s mauvais menteur.
En fait, il est ce qu'on appelait un honn�te homme.
N'est-ce pas?
Oui, camarade Fesker. Un honn�te homme.
Et par cons�quent, un homme dangereux.
Je suis convaincu que ce Cernik
se pr�pare � faire une grave erreur, peut-�tre fatale.
Il faut le laisser la commettre,
et ensuite, on prendra les mesures appropri�es.
Donnez-lui son permis.
Je ne suis pas s�r d'avoir l'autorit� pour le faire, monsieur.
Ne vous en faites pas, capitaine. J'en prends la responsabilit�.
Passez-moi le sergent commissaire du 42-M, � Plzen.
- Margaret, prends le b�b�. - Dieu merci, il est ici.
Viens.
- As-tu le permis? - Je l'ai obtenu.
- J'ignore pourquoi. - T'ont-ils interrog�?
Ils m'ont interrog� pour la derni�re fois.
Soup�onnent-ils quelque chose?
Oui, mais je doute qu'ils sachent quoi soup�onner exactement.
Mets-y de l'essence et attache-la � ma roulotte.
- Krofta va bien? - Conscient, mais neutralis�.
J'esp�re que son voyage jusqu'en Bavi�re sera s�curitaire.
Tu n'exag�res pas un peu? Va mettre ton autre costume.
Rudolf. Pourquoi n'es-tu pas pr�t? On va partir.
- Je suis pr�t, monsieur. Leo, les cages. - D'accord, Rudolf.
En passant, il faut s'attendre � des probl�mes aujourd'hui.
Des probl�mes?
Il n'y a rien entre Mme Cernik et moi, je vous le jure.
Je sais. Ce n'est pas de �a que je parle.
On va croiser le chemin du cirque Barovik.
Je veux que tu charges ton pistolet. �a peut mal tourner.
Si les hommes de Barovik te tirent dessus,
menace de rel�cher les f�lins.
Mais ne le fais en aucun cas.
On ne peut pas se permettre de les perdre, ni toi.
Ne vous en faites pas, M. Cernik.
Je n'ai pas appris � manier le fouet pour rien.
Reste dans la cage avec les lions.
Tu y seras en s�curit�.
Je sais que tu es un mis�rable l�che.
Hors de la cage des lions, je veux dire.
Qu'y a-t-il, Karel? Tu as l'air heureux.
J'ai l'air heureux parce que je me sens heureux.
- Je veux du caf�. Je suis affam�. - Assieds-toi.
Je t'en pr�parerai.
O� est Tereza?
Dans les parages. Je l'ai vue il y a quelques minutes.
C'est pourquoi, tous ces drapeaux? Est-ce jour de f�te?
Oui. Donne-moi du pain, Zama.
Il se passe quelque chose qui te fait tr�s plaisir.
Qu'est-ce que c'est?
Je d�sob�is � mes propres ordres.
Tu te rappelles les transmissions radio?
� propos des gens qui s'�chappaient?
� propos du train qui a franchi la fronti�re?
Je savais que tu avais cette id�e en t�te.
Je le sais depuis longtemps.
Mais je n'aurais jamais cru que tu aies le courage de la r�aliser.
Karel, quand part-on?
- Dans quelques minutes. - J'y serai.
- Les tentes ont deux heures d'avance. - Je sais.
- On ne les reverra jamais. - Je sais.
C'�tait trop compliqu� de traverser avec elles.
- Bien s�r. - Vosdek est parti avec elles
et il sera hors de nos vies � jamais.
- Non. - Il est parti pour de bon.
Tereza est mont�e dans le chariot avec lui.
- Tu as dit que tu venais de la voir. - Je sais. J'ai menti.
- Elle est partie avec Vosdek? - Oui.
Tereza?
Je...
Seigneur.
Je...
Mon Dieu.
Karel, comment pouvait-elle savoir? Comment le pouvais-je?
- Fous le camp. - Ne sois pas cruel avec elle.
Comprends-la.
On est pr�ts. Donnez-vous le signal de partir?
Partez. Partez.
Partez. Partez.
O� vas-tu?
Sur la route de Mikulov, rejoindre les tentes.
- Mais pourquoi? - Tereza est partie avec Vosdek.
- Cernik. - Partons.
Allez. Partons.
Cernik.
Allez jusqu'au campement comme pr�vu. Attendez l�.
- Qu'y a-t-il? - Tereza est partie avec Vosdek.
Nourris les chevaux, fais-les boire.
- La routine. - N'y allez pas.
- Je reviendrai � temps. - On part.
- Je reviendrai � temps. - Oubliez la fille.
Qu'as-tu dit? Ne me touche pas.
On part. Il faut partir. Allez.
On roule, on roule.
Il faut partir. Allez.
- O� est-elle? - Qui?
- Tereza. - Elle n'est pas ici.
Ne blague pas avec moi, Vosdek. O� est-elle?
Elle n'est pas ici, M. Cernik.
- Pas ici, hein? - Je n'en savais rien.
Je ne savais pas...
Joe. Joe, �a va?
Tu vas bien?
Joe, je ne te quitterai jamais.
- Jamais. - Viens avec moi.
Joe.
Il nous aurait tous d�nonc�s.
C'est un soldat am�ricain. Il se cache de la police.
Tu racontes n'importe quoi.
Il est am�ricain. Regarde.
En voici la preuve.
Il va passer la fronti�re.
Il retourne chez les Am�ricains, et moi avec lui.
C'est vrai?
Je vais essayer.
Monte dans la jeep, alors.
Je t'ai dit de monter.
J'ai besoin de toi. J'essaie moi aussi.
Viens. Viens.
- On va y aller. - Je serai pr�te.
Ne vous rassemblez pas. Travaillez. Je vous parlerai un � la fois.
- Tout est en ordre? - Je l'esp�re.
- La situation est-elle propice? - Oui.
- La route est libre. - On y va.
Mais que fera-t-on � propos du garde?
Courrais-tu le risque de tirer?
Parle � Vosdek. Il s'en occupera.
�a commence. Ne montre pas que tu regardes.
Il est form� pour ces choses.
Viens, Heidi. Allez, Heidi. Viens.
Fiche le camp. �loignez ce chien de moi.
Oui, monsieur. Allez. Viens, Heidi.
�loignez ce chien d'ici. �loignez ce chien. �loignez-le...
Mets son uniforme.
� vos chevaux. Aide-la. Tereza, pourquoi n'es-tu pas habill�e?
Bratislav, fais-les monter.
Dis-leur de se cacher derri�re les sacs de sable.
Si des coups sont tir�s, ils doivent rester � terre � tout prix.
Dis-leur de garder les enfants couch�s.
Konradin, ma roulotte est-elle � la fin?
- Oui, Cernik. - La cantine ne vient pas.
On n'emporte que les roulottes des animaux.
- Laisse les autres. - D'accord.
Tu ne pourras pas emmener �a, tu sais.
- Je sais, monsieur. - Vosdek.
Vosdek.
Monte sur la premi�re voiture.
Tente d'avoir l'air de nous escorter.
S'ils t'interrogent, tu ne sais rien,
tu ne fais que suivre les ordres de Plzen.
- Oui, monsieur. - Veille sur Tereza.
Jaromir, donne la bombe et les consignes � Joe.
Oui, Karel, mais les chances...
Elle est artisanale, attention.
Il y a des chances que...
Vosdek, elle peut ne pas exploser ou exploser trop t�t.
�a te va bien.
Oui, tr�s �l�gant.
- �tes-vous pr�ts? - Oui, monsieur.
- Vosdek donnera le signal. - D'accord.
Quand le Chinois rel�chera les loups au poste, acc�l�re.
- Oui. - Dans le tapis.
D�fonce la barri�re et continue.
Lib�re la voie pour Tereza et les poneys.
Oui, monsieur.
- Mais commence lentement. - Lentement, oui.
Quand ils nous verront descendre tranquillement,
ils ne croiront pas qu'on tentera de s'�chapper.
- Regardez. Kalka est de retour. - J'ai remarqu�.
- Je suis de retour, M. Cernik. - Je vois �a.
Laissez-moi venir avec vous.
Ils se d�placent tr�s lentement � cause des �l�phants.
J'aurai des hommes du poste de Volary avec moi,
et je veux que vous alertiez le poste de Mikulov.
Puis-je compter sur vous? Bien.
- P�re. - Oui?
On est pr�ts.
Vous connaissez vos responsabilit�s. Je donnerai l'ordre de partir de l'arri�re.
- �coutez, Cernik. - Quoi?
Vous devriez �tre � la t�te du convoi.
Vous devriez nous mener de l'autre c�t�.
- Non. - Mais...
Il croit que si quelqu'un doit rester derri�re, c'est lui.
C'est pareil, en mer. Le capitaine abandonne le navire en dernier.
Les �l�phants devraient �tre en dernier. Ils sont les plus lents.
Il veut �tre le dernier � passer la fronti�re.
On verra.
Max.
Poste de guet 152.
Krofta. Je te croyais avec le chariot des tentes.
Toujours ici.
Ils disent qu'ils vont donner un spectacle gratuit.
Oui, monsieur. Tr�s bien.
Coupe le fil.
Bonjour, sergent commissaire. Je vais suivre ce cirque.
Vous viendrez avec moi.
- � Plzen? - Peut-�tre plus loin.
Avez-vous un mandat pour m'arr�ter?
Et les accusations? Bien s�r, vous ne pouvez rien dire.
- Il n'en manquera pas, d'accusations. - Je sais.
J'�tais certain que vous finiriez par abuser de votre autorit�.
Vous avez donn� un permis ill�gal � ce cirque. Montez dans la voiture.
Enverrez-vous des hommes aux trousses du cirque?
On s'en occupera le moment venu.
Faites-le maintenant. Ils vont s'enfuir.
Qu'est-ce qui vous fait croire �a?
Ce qui me fait croire �a? Mon imagination fertile, sergent.
J'ai r�fl�chi comme un forain.
Vous direz �a � mes sup�rieurs de Prague.
� partir de maintenant, Fesker, ne vous occupez que de vous-m�me.
Je comprends.
T�t ou tard, �a arrive � chacun d'entre nous.
On y va, Zama. Je n'ai plus qu'� donner le signal.
Donne le signal, Karel. Je suis pr�te.
C'est de deux choses l'une. C'est soit la fin, soit le d�but pour nous.
- Cernik, donnez l'ordre d'arr�ter. - D'arr�ter?
Donnez l'ordre d'arr�ter cette fuite criminelle.
Donnez-en l'ordre.
- C'est trop tard, Krofta. - Non. Donnez l'ordre.
R�fl�chis un peu � ce que tu fais.
J'en ai assez entendu, Cernik.
J'en ai assez entendu dans cette roulotte pour...
Tra�tre. Tra�tre. Tra�tre!
Krofta, sois raisonnable.
Vous �tes un tra�tre!
Tire-moi dessus, alors.
Non. C'est mon devoir
de vous livrer � la police
pour que vous r�v�liez tous les d�tails du complot.
Donnez l'ordre!
- Si tu peux me convaincre... - Cernik, vous allez mourir.
Je suis d�j� mort.
Je leur dirai d'�tre cl�ments.
Avez-vous pens� � ce qui arrivera � votre femme?
Donnez l'ordre.
Votre fille...
Donnez l'ordre. Votre cirque...
Sors!
Jaromir. Jaromir.
Konradin. Konradin.
- Qu'y a-t-il, monsieur? - Le cirque doit prendre la route.
- D'accord. - Il faut partir.
Il a dit de partir.
Le cirque Cernik arrive.
Le cirque Cernik arrive.
Le cirque Cernik arrive.
Doucement.
Le cirque Cernik arrive.
Regarde ce qu'ils ont comme divertissement. Un cirque.
Le cirque Cernik arrive.
Le cirque Cernik arrive.
La tour rapporte qu'un homme du S.N.B. Est sur le premier v�hicule.
Suivi de chevaux et de cages � animaux.
Deux �l�phants.
Pourquoi le quartier g�n�ral ne m'a-t-il pas averti?
- Appelez � Plzen. - Oui, monsieur.
Que suis-je cens� faire d'un cirque?
C'est pour le moral des troupes.
Quelqu'un peut me dire o� je suis cens� les mettre?
Le cirque Cernik arrive.
Le cirque Cernik arrive.
- Et le quartier g�n�ral? - La ligne est coup�e.
Je ne peux pas les joindre.
Envoie un homme interroger leur escorte.
Vas-y toi-m�me.
Demande quels ordres il a re�us.
Dieu du ciel.
- Quels sont vos ordres? - D'escorter ce cirque.
Il va donner un spectacle pour le personnel.
Le cirque Cernik arrive.
Le cirque Cernik arrive.
Votre chapeau, monsieur.
Allez!
Donnez l'alerte!
Du calme. Ne soyez pas nerveux.
Feu.
Feu!
- Bitte? - Macht nichts pour nous.
Plus vite!
Plus vite!
Venez! Vite!
Ne tirez plus! Ne tirez plus!
Ne tirez pas de l'autre c�t� de la rivi�re!
Ne tirez pas de l'autre c�t� de la rivi�re!
Cessez le feu!
�loignez �a.
- Sergent. - Oui, monsieur?
- Allez faire le point. - Compris.
On a deux hommes ici.
On a travers�?
Oui, on a travers�.
Tereza?
Elle va bien.
- Et les �l�phants? - Oui.
- Les lions? - Oui.
Alors on a r�ussi. On a r�ussi.
Tu as r�ussi, Karel. Tu as gagn�.
Tout ira bien, et tu seras heureux.
Je vais mourir, ma ch�rie.
Non.
La parade doit commencer.
On donne un spectacle ce soir.
On va f�ter.
On est libres, Zama, tous les deux.
Tereza,
le cirque.
Non.
Tout va bien.
Est-il mort?
Oui, il est mort.
Il nous a fait traverser et en a pay� le prix.
Il �tait heureux de le payer.
Ne restez pas plant�s l�.
Vous l'avez entendue. Allez.
Fin
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