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Bonjour !
Entrez. Bienvenue.
Tu as termin� ?
Non.
Je n'ai pas command�. J'attends ma femme.
Vous pouvez trouver une table � monsieur ?
Vous �tes combien ?
Un.
Je vais vous placer, Monsieur.
Le samedi, c'est toujours comme �a...
Une minute. Je vais vous placer.
- Et une table en plus ? - Nous sommes au maximum.
Une table de plus et on ne circule plus.
Juste quelques minutes...
L�, il y a un homme qui occupe une grande table.
Il ne consomme rien. Pourquoi ne faisons-nous pas l'inverse ?
Je m'assois et je d�ne, et lui il attend debout.
Non, d�sol�. Il est arriv� avant.
Je vous propose un verre pour attendre dehors.
Offert par la maison.
Il fait froid dehors.
Pardon, quel est le probl�me ?
Ma�tre, ce monsieur...
Le probl�me, c'est que j'attends dehors.
Et toi tu restes assis sans consommer,
comme si de rien n'�tait.
Et je suis debout comme un idiot.
Tu veux t'asseoir ici ?
Ce n'est pas ce que je veux, ce serait normal.
On va au restaurant pour manger,
on laisse la place aux gens qui d�nent,
et d�pensent leur argent.
Bien. Tu as raison.
Assieds-toi.
Pas de probl�me.
Je peux avoir le menu ?
Tu veux ma photo ?
C'est bon, c'est fini.
On en reste l�.
C'est juste que tu es mal �lev�.
Tu es un pauvre type. Tu sais quoi ?
Tu me fais piti�.
Tu as de s�rieux probl�mes,
tu passes ton temps � chercher les ennuis.
Tu es mal �lev� parce qu'on t'a mal �lev�,
tu n'as pas appris � demander les choses,
comment parler � un inconnu.
Et je te plains, vraiment,
je te le dis.
�a doit t'arriver tout le temps,
tu te disputes avec n'importe qui pour tout et rien.
C'est plus fort que toi.
C'est ta nature.
Tu es trop vieux pour changer.
Ta vie sera un d�sastre,
faite de moments aussi g�nants que celui-ci,
o� tu souffriras de voir le reste des gens vivre en harmonie.
Mais pas toi,
�a n'est pas dans tes possibilit�s.
Finalement,
tu n'es pas coupable de ce qui t'arrive.
Tu es une victime.
Un pauvre mis�rable.
Fils de pute !
Fils de pute !
Nazis ! Nazis de merde !
Fils de pute ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Vous vous prenez pour qui, nazis de merde ?
Vous faites les fous !
Mais le fou c'est moi !
Le fou c'est moi !
Nazis !
Tout va bien, tout va bien.
�a va ?
Si ma femme �tait plus ponctuelle.
Monsieur, venez. Asseyez-vous.
- C'est pas grave. - D�barrassez, s'il vous pla�t.
D�sol�.
- D�sol�. - Pas de probl�me.
Qui est-ce ?
Le type du restaurant.
Qu'est-ce qu'il a ?
Qu'est-ce que...
O� est-il ?
- Rentrons. - Attends, je le cherche.
Reste l�.
Claudio, que fais-tu ? Claudio, rentrons.
Claudio !
Qu'est-ce que tu as ! Tu es fou ?
Mais arr�te, arr�te, tu es fou ! Arr�te !
Qu'est-ce que tu fais ?
Non, arr�te, arr�te, arr�te.
Arr�tons cette folie.
Non !
Non, non. Arr�te, nous avons une fille. Arr�te.
Nous avons une fille, Jette cette arme.
Non, ne le touche pas.
Non, Claudio, non.
Il est vivant.
Attends ici.
Entrez.
Par ici.
Que s'est-il pass� ?
Rentrons � la maison.
� la maison ?
Tu es fou ? � la maison ?
Il est en train de mourir. Tu es fou ?
Il faut l'op�rer.
Une balle dans la t�te.
J'ai pens� l'emmener � Rio Seco voir Caniparoli.
Il l'op�re et il est sauv�, tu comprends ?
C'est sa seule chance.
Ici il n'y a pas de chirurgien !
Sinon il va mourir.
Je te d�pose � la maison.
TROIS MOIS PLUS TARD
Bonsoir ! Bonsoir Estelita.
- Comment vas-tu ? - Il ne fallait rien apporter.
- Il ne fallait pas. - Entrez.
- Bonsoir Susana. - �a va, Ra�l ?
Merci d'�tre venus.
Santi, le copain de Paulita.
Le petit copain.
Copain, petit copain... En tout cas, voil� Santi.
J'annexe la Pologne. Je repousse l'invasion.
Tu ne peux pas. Tu as sign� un trait�.
- Elle peut ? - Je ne sais pas.
- Ton p�re conna�t les r�gles. - C'est un avocat.
Elle peut rejeter l'invasion ?
- Qui a envahi ? - C'est moi.
Il n'y a rien � faire.
- Tu prends juste de l'eau ? - Oui.
- Sans un sachet de th�, rien ? - Rien de rien.
Et tu aimes �a ?
Dans les r�unions, pour une question sociale,
tu dois boire, un peu par obligation.
Th�, caf�, mat�. Parfois on n'a pas envie.
Un jour j'ai bu de l'eau.
C'est comme ne rien boire.
- �a ne se voit pas. - Non.
Quoi ? Qu'y a-t-il ?
�coutez.
Une mouche.
Elle vient sans doute d'entrer.
Non, tu dois la fatiguer.
Quand elle se pose, tu la chasses
et alors la mouche vole chaque fois moins.
Elle s'essouffle, comme nous.
Ses vols sont de plus en plus courts
et puis elle ne vole plus.
Elle reste immobile et alors l�... Paf !
Ce que je vous demande, Ma�tre, c'est d'acc�l�rer les choses.
S'il s'agit de toucher moins mais plus t�t,
�a je peux l'accepter.
Ou si vous allez un peu plus � l'entrep�t frigorifique,
faire plus de d�marches et toucher un peu plus,
c'est bien aussi.
Ce dont j'ai besoin en urgence, c'est de l'argent.
Pour acheter un terrain et travailler avec mon fr�re.
Je ne tiens plus toute la journ�e � la maison.
Je ne supporte plus femme ni enfants. Je ne supporte personne.
Voyez, Mario.
Je peux acc�l�rer les choses jusqu'� un certain point.
Pour �tre indemnis�, il faut �tre patient.
Toujours. Celui qui est press� perd.
Si je vais � l'entrep�t pour qu'ils vous payent maintenant,
nous perdons tous.
Maintenant il est urgent de ne rien faire.
Mais on ne peut plus attendre.
Mes deux gamins, les plus petits, ont des otites.
Ma femme doit acheter des m�dicaments, je n'ai plus de salaire.
C'est la v�rit�.
Je m'en remets � vous, Ma�tre.
J'ai totalement confiance.
C'est bien, Mario. Soyez patient, vraiment.
- Ah, tenez. - C'est quoi ?
Un plan pour aller voir le spectacle de lasso,
pour y aller en famille.
Bien ! Merci beaucoup, Mario. Votre fr�re va participer ?
- Oui, il a pr�par� un super barbecue. - Bien, bien.
Il y aura peut-�tre les am�ricains.
Ils sont dans la province.
Il para�t que c'est extraordinaire.
Passe-moi les papiers.
Bonjour. Votre nom ?
Claudio Mora. Ma�tre Claudio Mora.
Un probl�me, Monsieur l'agent ?
Non, Madame. Contr�le de routine.
- Vous allez o� ? - Rio Seco. Au marquage du b�tail.
- Vous �tes l'avocat. - Oui.
- Quelque chose � signaler ? - Rien, Monsieur l'agent.
- Bonne route. - Merci beaucoup.
Nouvelle bourde du gouvernement provincial
qui a laiss� en panne les cow-boys am�ricains et leur �quipe.
Une fois de plus nous �prouvons de la honte d'�tre mal gouvern�s
et pour l'incomp�tence manifeste des autorit�s de la province.
Cela tend de nouveau la relation avec un pays fr�re comme les �tats-Unis.
Nous ignorons quand nous pourrons voir
le savoir-faire des cow-boys am�ricains.
D'un c�t� il y a le visible,
les sauvages natifs avec leurs danses
et les europ�ens colonisateurs fascin�s par la force
de ces sauvages, n'est-ce pas ? Mais de l'autre c�t�,
il y aussi des tensions.
Des tensions entre les personnages principaux.
Parce que vous allez �tre le couple principal,
et vous allez devoir raconter
ce qui a � voir avec ces intentions.
Avec l'intention de l'�uvre
et avec l'intention qui sous-tend la rencontre
entre le sauvage et la captive.
- C'est clair ? - Pardon, Madame, l'intention ?
L'intention.
Tu sais ce que c'est ?
Viens, approche-toi.
Un peu plus.
Plus pr�s.
Tu sens quelque chose ?
Oui, je le sens.
�a c'est l'intention.
Oui.
Il est l� ?
Il est en avance. Faites-le patienter, s'il vous pla�t.
Pardon.
Comment vas-tu ?
- Bien et toi ? - Tr�s bien.
- Tr�s bien. - Assieds-toi.
- Merci. - �a va ?
Tr�s bien.
�a m'a surpris que tu veuilles me voir sur un plan professionnel.
�a t'a paru �trange.
- C'est pour quoi ? - Une question personnelle.
Je peux ?
Oui, tu peux. J'imagine.
Tu as de bons amis ?
C'est � dire ? Nous sommes amis.
Toi, Mabel, Susana, moi on est amis ?
Oui, nous sommes amis.
Mabel et Susana sont amies, et nous avons des relations sociales.
Mais honn�tement,
si tu avais un secret, tu me le raconterais � moi ?
�a d�pend quoi.
Je ne sais pas, difficile de savoir � l'avance.
Bon. C'est bien �a. R�fl�chis une seconde.
Tu as un ami en qui tu as une confiance absolue,
� qui tu peux raconter ce que tu ne dirais pas � ta femme ?
Une confiance absolue. Sinon ce ne seraient pas de vrais amis.
Bien. Je t'explique, avocat.
� cent m�tres de chez moi, rue Saavedra,
une maison m'int�resse beaucoup.
Un pavillon de deux �tages, avec un garage devant,
un jardin derri�re, un grand s�jour.
Quel rapport avec les amis qu'on a ?
On y arrive, Ma�tre, on y arrive.
Elle est abandonn�e. La maison est abandonn�e.
- Une vieille maison ? - Non, plut�t moderne.
C'est bizarre.
On dit qu'il y a eu une descente.
Qui dit �a ?
Les gens du quartier le racontent.
Les gens savent.
- Comment est la maison ? - La fa�ade est...
impeccable. Dedans il faut faire des petits travaux.
Il y a des meubles dedans ?
Non, non. Ils ont tout pris.
Des voleurs des bas quartiers. Il ne reste rien.
C'est tr�s r�cent.
Il faudrait voir s'il y a des dettes.
Ce serait id�al. Dans ce cas on se pr�sente,
on paye et on fait reconna�tre la possession.
C'est un peu trop r�cent,
m�me si on avait un juge ami.
Non, non. Oublie �a. J'ai bien r�fl�chi.
Il faut un tiers.
Un notaire peut falsifier
un contrat d'achat-vente � un tiers,
auquel j'ach�terais la maison. Tu serais son fond� de pouvoir.
Ton nom n'est pas sur les papiers, je g�re tout.
J'ai l'argent pour les imp�ts et les travaux,
Mais j'ai besoin de ton aide pour la partie l�gale,
pour trouver un type ailleurs, qui n'aurait rien � voir avec moi.
C'est une formalit�.
Il pr�te son nom, et il est pay�.
Tu peux le faire, tu es connu ici.
C'est absurde ce que tu dis.
Qui croira qu'il est propri�taire de la maison ?
Et qui dira le contraire ?
Tu es de Rio Seco.
Il doit bien y avoir l�-bas un type inconnu qui vendrait
nous vendre la maison.
Si nous ne le faisons pas, quelqu'un d'autre le fera. Tu le sais.
C'est une affaire d�licate.
Je vais y penser.
Voil� ce que je propose :
Je te donne un tiers de mon gain sur la vente,
plus tes honoraires.
Tu sais combien elle vaut ?
Je l'ai faite estimer. Tu sais combien ?
- Tu l'as faite estimer ? - Devine.
- Quoi ? - Combien ?
La somme, le prix du march�. Dis un chiffre.
- Non. - Allez !
- Dis un chiffre. - Non !
Dis un chiffre.
Claudio !
Viens, viens.
Attention la t�te.
Bonjour.
- Vous �tes d'ici ? - On regarde c'est tout.
On a vu que c'�tait ouvert et on est entr�.
Bien s�r.
Moi aussi je regardais.
C'est une belle maison.
Dommage qu'elle reste ainsi.
Vous �tes du quartier, non ?
- Je vous ai d�j� vu, je crois. - Oui.
Je vis � cent m�tres.
Asseyez-vous, puisqu'on est l�...
Bon.
Permettez.
Vous les connaissiez ?
Les habitants de cette maison.
Juste les enfants.
Des blondinets. Je les voyais jouer.
Les parents,
non.
Je ne les connaissais pas vraiment.
Vous �tes l'avocat, non ?
Bon.
Excusez-moi.
Qu'en dites-vous, l'avocat ?
Bien, bien.
Qu'en pensez-vous ? Il y aura une intervention ?
Tout est possible.
On n'y comprend plus rien, � dire vrai.
Non, il n'y a personne.
Bizarre.
Il d�jeune toujours chez lui.
Il est routinier Caniparoli. R�essayez, il doit �tre l�.
Bien !
Bien !
Ne regarde pas n'importe o�. C'est �a.
En rythme, en marche. Bien.
Suivez les battements. Oui !
Jamais un vain d�sir dans nos c�urs.
Nous devons savoir ce que nous faisons,
sinon, comment raconter l'�uvre.
Les gar�ons, o� en �tes-vous ? Tout va bien ?
OK. Bien.
On tourne. Les gar�ons, qu'est-ce qu'on a dit ?
L'�nergie vers le bas. Et quand �a tourne, vous y allez.
Oui !
S'ils sont sensibles, fortune,
ce n'est pas au prix de ta faveur.
Bien !
Le sourire, les filles, n'oubliez pas.
C'est �a. Je veux voir vos dents. Bien !
C'est quel tour ?
Attention tu l'enl�ves. Bien ! C'�tait � temps, �a.
Le cheval, elle r�siste. Bien. Les femmes paralys�es.
Ici. Un. Bien !
La ronde des femmes. Deux.
Attention, maintenant en file !
Bien ! Et le moment de la plume.
Excusez-moi, mais je faisais la sieste.
C'est moi qui m'excuse, ce n'est pas une heure pour les visites.
Je suis un ami du Docteur Caniparoli. Nous �tions au lyc�e.
Je suis pass� chez lui. Il n'est pas l�, ni sa femme.
- Ni la voiture. - Vous ne savez pas ?
- Quoi ? - Le docteur a d� voyager.
Je ne savais pas. Et vous savez quand il rentre ?
Il est parti pour un moment. Il y a eu des probl�mes.
Le docteur a eu des probl�mes,
La femme du docteur, elle est m�decin � l'h�pital.
Oui, oui.
Elle passait toute la journ�e au syndicat.
Et ils ont d� quitter le pays.
Ne vous inqui�tez pas. Ils reviendront.
Merci.
L�. Les initiales.
Premi�re lettre du pr�nom et du nom.
Tr�s bien.
Bien, �a y est.
Bon.
Pour vous.
Merci, Ma�tre.
Non. Il n'y a pas de quoi Mario. Allez-y.
Pardon, vous mangez un bonbon, non ?
Et on dirait des extrafins au chocolat.
Oui, je sais. Recouverts de chocolat.
Ils sont d�licieux, non ?
Vous m'en donnez un ?
Allons, ne d�tes pas non.
Un seul.
Bon, je vous les prends.
Bonbons extrafins de Bonafide. Pour les �go�stes.
C'est une chose caract�ristique d'ici, de notre r�gion.
C'est une chose typique de notre pays.
Un mat� et une bombilla.
�a s'utilise avec de l'herbe mat�, une plante typique de notre pays.
C'est une infusion. Tr�s agr�able.
Non, non. Une boisson, une infusion.
On va vous apprendre � la pr�parer, c'est tr�s bon.
Donc...
Je vous en prie.
Ils ont aussi quelque chose pour vous.
C'est tr�s vieux, c'�tait � mon grand-p�re.
Ce n'est rien mais c'est tr�s utile au ranch.
Comment, pas grand-chose ?
C'est tr�s bien fait, �a a beaucoup servi.
Nous passons un tr�s bon moment, donc...
Sant� !
� l'union de nos deux peuples !
- Monsieur le Pr�fet ! - Monsieur le Pr�fet !
- Une minute. - S'il vous pla�t !
- Des commentaires ? - Un instant !
Quelques mots, Monsieur ?
Quelques mots pour la t�l�vision provinciale ?
Bien s�r. Bonjour � tous.
Simplement partager avec les auditeurs la joie
d'avoir enfin pu d�bloquer la situation de nos amis ici pr�sents.
Les fameux cow-boys am�ricains...
qui, comme vous le savez, �taient rest�s bloqu�s
� cause de l'administration ant�rieure.
Monsieur, il y a eu un �change de cadeaux ?
Vous �tes bien inform�, je vois.
C'est vrai. Nous leur avons offert un formidable service de mat�
fabriqu� par un artisan d'ici, de la province.
Et ils nous ont offert... Si vous me permettez,
un de ces fouets typiques...
Pardon si je change de th�me.
Je voulais vous demander
si vous pensez que la population
est contente de l'intervention f�d�rale.
Je suis convaincu
que la population est tr�s satisfaite de l'intervention f�d�rale.
Monsieur, une derni�re question.
Je voulais savoir si vous voulez commenter
les rumeurs selon lesquelles, sous peu,
certains partis seront d�clar�s ill�gaux.
- Vous �tes de quelle radio ? - Radio Province, Monsieur le Pr�fet.
Radio Province. Et votre nom ?
Non, oui. C'est vraiment bien.
�a t'a plu ? La prof nous demande d'exprimer l'enfermement,
j'ai pens� que j'�tais dans une goutte
impossible � crever ou dans une bo�te ferm�e.
Ou m�me, suspendue t�te en bas.
Plong�e dans un monde triste, obscur, dont je ne peux pas sortir.
Oui.
Non. Arr�te, arr�te.
Assieds-toi.
Tu me plais.
Non. Attends.
Non. Attends, attends.
Qu'y a-t-il ?
Je me sens bizarre.
Comment �a ?
Je...
Je suis indispos�e.
- Mais, tu perds beaucoup de sang ? - Oui.
Non, non.
�a va te d�go�ter. �a ne te plaira pas.
Et comment tu sais si �a me pla�t ou pas ?
Non, mais...
Non, non.
Santiago, attends. Attends.
Comprends-moi, Santiago. Attends.
Comprends-moi, en plus mes parents vont arriver.
Ne t'approche pas.
Tu me d�ranges. Va-t'en.
Mabel !
Mabel, qu'y a-t-il ? Du calme.
Du calme, Mabel.
Qu'y a-t-il ? Calme-toi, viens.
Elle va mieux.
Ferme la porte.
�coute.
Mabel vient d'une famille tr�s riche.
Son grand-p�re �tait allemand.
Il a achet� des milliers d'hectares quand il n'y avait rien.
Ensuite son p�re a travaill� les terres, il a amen� du b�tail...
Il est devenu tr�s riche, mais il est mort jeune d'un accident.
La m�re de Mabel a fait une d�pression terrible
et Mabel a d� prendre en charge Diego, son fr�re cadet.
Elle ne savait pas quoi faire,
et l'a mis en internat � Venado Tuerto.
Chez les s�urs.
�a ne lui a pas r�ussi.
La vie des religieuses, c'est pas bon pour un jeune.
- Tu ne crois pas ? - Si.
� 18 ans il est revenu puis parti � la capitale �tudier les beaux-arts.
- Les beaux-arts ? - Les beaux-arts.
Au d�but je croyais que �a allait.
Il venait souvent, nous racontait ce qu'il faisait,
mais ensuite c'est devenu plus sporadique.
D'abord il a totalement chang� d'aspect.
Il �tait comme les jeunes de son �ge. Cheveux longs, moiti� hippie.
M�me ses amis l'appelaient gentiment "le hippie".
Mais un jour il est venu d�guis� en mec s�rieux.
Et il s'est mis � parler de politique.
Chose qu'il n'avait jamais faite.
Il nous a demand� beaucoup d'argent, sans dire pour quoi.
Moi, bien s�r, j'ai refus�.
Mais Mabel...
a donn� l'argent et il a disparu.
Apr�s on n'a plus rien su de lui. Personne ne l'a vu.
Mabel est d�sesp�r�e, elle a des crises d'angoisse,
de la tachycardie. Elle vit un vrai calvaire.
Mais ce n'est pas le pire.
Le pire...
c'est que nous croyons qu'il est dans un truc louche, clandestin.
Pourquoi n'avoir jamais rien racont� ?
Mabel ne veut pas qu'on en parle.
- Ni avec la police ? - Non.
En ce moment, avec tout ce qui se passe, c'est d�licat.
Mais j'ai fait mieux.
J'ai appel� le d�tective Sinclair, qui travaille � la t�l�vision.
- Le Chilien ? - Oui.
Il est hors de prix mais il est d�j� au travail.
Il a des liens. Avec la Coordination F�d�rale.
Il a acc�s � ce type d'informations, tu comprends ?
Il a d�j� d�couvert que Diego avait un billet de train
pour venir ici il y a 3 mois.
- Tu as une photo de Diego ? - Oui, oui.
Celle que je montre toujours. De sa derni�re visite.
- Il arrive quand Sinclair ? - Il est ici.
- Ici � Grenade ? - Dans le mus�e.
Il est arriv�. Je te le pr�sente ?
- Sinclair ? Non. - Ne sois pas timide.
C'est un type sympa. Reste ici. Je te l'am�ne.
Tu as d� le voir � la t�l�. Il r�sout tous les cas.
Oui. Il a marqu� son �poque.
J'aurai besoin de votre aide, Ma�tre.
- Nous allons tous vous aider. - Merci beaucoup.
Va voir ta femme.
- Je te pr�sente... - Nous avons fait connaissance.
Il travaille � la t�l�.
Je n'avais jamais vu une c�l�brit�.
Donc cette semaine je passe � votre cabinet
pour discuter tranquillement, d'accord ?
C'est que justement...
Nous pensons aller sur la c�te cette semaine.
Je ne sais pas si...
Pourquoi parlez-vous au conditionnel ?
Vous envisagez ou c'est d�cid� ?
C'est presque s�r que nous irons sur la c�te.
C'est ce que je dis.
Quel homme curieux ! Vous parlez de presque un fait.
C'est un fait.
Cette semaine nous partons.
Maintenant c'est clair...
N'oubliez pas qu'avant d'�tre � la t�l�vision, j'�tais policier.
Dans l'une des meilleures polices du monde, � Santiago du Chili.
Nous sommes cart�siens.
Pour nous les choses sont ou ne sont pas et au milieu...
il n'y a rien.
Vous �tes l� pour l'�clipse ?
- Vous �tes l� pour l'�clipse ? - Non.
- Merci. - Tr�s aimable.
J'ai envie de pisser.
Tu n'as pas fait avant de sortir ?
Si mais j'ai encore envie. Que veux-tu !
Il n'y a pas de toilettes par ici. Tu peux tenir ?
Non, je ne peux pas.
Tu veux faire quoi ? Tu veux rentrer ?
Non. Non.
On ne peut pas se promener comme pr�vu ?
Il faut toujours qu'il y ait un probl�me. Qu'il manque quelque chose ?
Je veux qu'on marche. Comme on avait dit.
Nous passons un bon moment.
On est bien ici.
On est tranquilles, on profite. Alors, profitons.
Je vais chercher un coin isol�. Attends-moi ici.
- Monsieur ! - Ne regardez pas !
- C'est bient�t fini ! - Quoi ?
Oui, tout de suite, Ma�tre.
- Vous vous �tes repos� ? - Cette nuit ?
Pendant votre escapade.
Oui.
Vous connaissez le probl�me avec le fr�re de Madame, non ?
- Le hippie ? - Le hippie.
Il a appel� un jour de Buenos Aires disant qu'il prenait le car
- et venait voir sa s�ur. - Il n'est jamais arriv�.
Ah, donc vous �tes au courant.
Si savoir cela, c'est �tre au courant, alors je le suis.
Je travaille sur deux hypoth�ses. Les deux plut�t sombres,
car dans les deux, le hippie est mort.
Vous avez un indice allant dans ce sens ?
Je marche, j'observe, je demande...
Les gens semblent avoir mauvaise m�moire, non ?
Par exemple vous, Ma�tre.
Qu'avez-vous mang� hier soir ? Allez, faites le test.
De la viande.
Et avant-hier ?
Pareil. Viande.
Et il y a deux soirs ?
O� voulez-vous en venir.
Si je vous demande o� vous avez d�n� il y a 3 mois,
vous ne vous rappelez pas, non ?
� la Cantine espagnole.
Donc, vous vous rappelez.
De quoi ?
D'un type faisant scandale.
Mais ce n'�tait pas le hippie.
Je n'ai pas dit que c'�tait lui.
C'est un endroit tranquille. Monsieur Sinclair.
De gens qui veulent...
travailler,
et vivre en paix.
Ce que nous voulons tous.
Je n'abuserai pas plus.
- Non, je vous en prie. - Tr�s aimable, merci.
Merci. Bonne journ�e.
Oui. Entrez.
Oui ?
Vous avez une assiette, l� ?
Oui, mon d�jeuner.
�a va attirer des insectes.
Jetez-le.
- Arr�te, arr�te. - Quoi ?
Marche arri�re.
Marche arri�re, allez.
Tu me reconnais ?
Non ?
Tu connais Paula.
La blonde, celle qui fait de la danse.
Oui, je la connais.
Je sais qui tu es.
- Tu es le copain de Paula ? - Oui !
Je suis le copain de Paula.
Et Franco, de la danse, tu le connais aussi ?
Bien s�r. Il est � la soir�e.
C'est un ami.
Je peux te poser une question un peu d�plac�e ?
Je ne sais pas. �a d�pend.
Franco, il l'a bais�e ou non Paula ?
- Tu es vraiment s�rieux ou tu blagues ? - � ton avis ?
C'est � lui qu'il faut demander... Ou � Paula.
Et Franco est encore � cette soir�e ?
Non, il est parti t�t.
�coute, je ne suis pas un mouchard. Sois tranquille.
Mais il y a des choses qu'on ne fait pas.
Alors, je te le redemande.
- Il l'a bais�e, oui ou non ? - Je n'en ai aucune id�e.
C'est la v�rit�.
�a m'�tonne pas que tu sois cocu,
si t'as pas les couilles pour leur demander.
C'est bon.
D�marre, allez, vas-y.
Qu'est-ce que tu fais ?
Dis-lui qu'on le ram�ne chez lui.
Viens, excuse-moi.
Viens, monte, on te ram�ne. En plus tu as ta guitare.
�a va. Excuse-moi de m'�tre �nerv�.
Je rentre � pied. C'est tout pr�s, merci.
Allez, ne sois pas b�te. On te ram�ne.
Tu ne vas pas rentrer � pied avec la guitare.
Descends, il monte au milieu. Wini sort en premier, il est � c�t�.
Les cow-boys am�ricains illuminant notre province
de leur pr�sence majestueuse, sur leurs fougueux chevaux mustangs.
Les voil�, compatriotes, les cow-boys am�ricains.
Nous Argentins, sommes faits comme il se doit,
pas comme on veut nous le faire croire.
Observez la gr�ce de ce cheval am�ricain
sur le sol argentin.
Unifiant la mati�re organique de nos deux nations.
Sellant le destin commun de peuples fr�res.
Archange Saint Michel,
Prot�ge-moi...
Je t'en supplie,
aide-moi � lutter contre les perversions
du d�mon.
Vous avez vu le p�re ?
Non, je ne suis pas d'ici. Je suis juste entr� pour prier.
Vous allez bien ?
Vous voulez que j'aille le chercher ?
Mon fils a disparu il y a plusieurs jours.
Il n'est pas rentr� d'une f�te.
La police ne m'�coute pas.
Et la mairie est intervenue. Le pr�fet ne re�oit personne.
Bon, il va revenir. Une histoire de gar�ons, non ?
- Je suis inqui�te. Aidez-moi. - S'il vous pla�t.
D�tes-moi. Vous �tes chr�tien ?
- Je fais quoi ici ? - Alors aidez-moi.
Des gens disparaissent dans le d�sert.
Papa !
- Papa, r�veille-toi. - Quoi ?
- Il y a un homme en bas. - Tu l'as vu ?
- Non, entendu. - Tu l'as entendu ?
Je crois qu'il disait ton nom, comme s'il t'appelait.
- Je n'ai pas regard�. - Restez-l�.
Ne descends pas. Claudio !
�a va, Ma�tre. Juste un coup de feu.
Maintenant, le meilleur. Le dernier tour.
Pour ce tour, j'ai besoin d'une demoiselle,
d'une volontaire.
Allez. Une jeune femme volontaire.
Qui ? Qui ? Qui ?
Allez, osez donc.
Pas une n'est jolie. C'est vraiment terrible.
Non !
Stop, je vois une main, l�.
Oui, mademoiselle. Oui.
Auriez-vous l'amabilit� de venir ?
Ne m'obligez pas � aller vous chercher.
Tr�s bien. On l'applaudit.
Bonsoir ma jolie !
- Bonsoir. - Votre nom ?
- Celina. - Celina !
- Joli nom. - Merci.
Vous travaillez ?
Je suis secr�taire au tribunal civil.
- Des avocats ! - Oui.
Vous connaissez celle du client qui dit � l'avocat
"Ma�tre, quel est votre tarif ?"
Il dit "12 000 dollars les 3 questions".
"�a ne vous para�t pas cher ?" Et l'avocat :
"Quelles sont les deux autres ?"
Bon et maintenant, le tour.
Je veux entendre les tambours et les trompettes.
Celina, s'il vous pla�t. Entrez.
Attention. Concentration. Allons-y.
Bien, bien.
Mesdames, messieurs. Un, deux... Ensemble.
- Trois ! - Et l�...
Rien. On m'applaudit.
Et, maintenant oui.
Je la fais appara�tre. Un, deux, trois !
Avec vous, Celina !
Comment "haha" pas de "haha" ?
Une minute s'il vous pla�t. On ne rit pas. Elle a disparu.
Elle a disparu, Messieurs Dames.
Ce tour est rat�.
Non, elle n'est pas l�.
Aidez-moi en faisant "Ssshh"...
Ce n'est pas elle.
Cet homme non plus.
Allez, un "hmm" g�n�ral. Un "hmm".
O� est-ce qu'elle est ?
La voil�. Bravo !
Depuis douze ans j'arrive tous les jours � midi au studio.
Pas par la porte principale, il y a toujours des filles.
J'ai une entr�e sur le c�t�, par le sous-sol du studio.
Je gare ma voiture, descends, vais � ma loge...
Ma�tre ! Je suis venu vous saluer.
Je rentre � Buenos Aires.
- Ah bon ? - Oui, mais...
J'ai besoin d'une faveur.
Bien s�r. Dites.
Emmenez-moi d�couvrir le d�sert.
Mais je suis occup� maintenant.
Je suis venu ici pour vous demander de m'emmener d�couvrir le d�sert.
Dans le d�sert il n'y a rien.
Si on allait � Rio Seco voir la campagne ?
Je vous dis que je suis venu
pour que vous m'emmeniez dans le d�sert. C'est mal ?
Non, non. Bien s�r.
Alors, allons-y.
Oui, un moment s'il vous pla�t.
�a vous int�resse de savoir pourquoi je rentre � Buenos Aires ?
Vous ne me demandez pas o� en est mon enqu�te ?
Qu'est devenu le hippie ?
Si ce n'est pas indiscret, oui �a m'int�resse.
Alors, demandez.
Comment ?
Demandez.
Qu'est devenu le hippie ?
Le hippie est mort.
Quelle trag�die pour la famille.
Oui.
Une trag�die pour la famille.
Et comment est-il mort ?
Attention, Ma�tre.
N'allez pas trop loin.
Vous me diriez en face que vous ne savez rien ?
Que vous ne savez pas comment il est mort ?
Que croyez-vous que nous faisons ici ?
N'essayez pas de m'intimider.
Je vous ai men� au d�sert.
�pargnez-moi vos contes, Ma�tre, s'il vous pla�t.
Personne n'a oubli�
que vous l'avez humili� ce soir-l� ?
Avec vos airs de grandeur
et vos mani�res de gentleman de village paum�.
Personne ne vous a vu le mettre dans la voiture ?
Personne n'a entendu les coups de feu ?
Vous me prenez pour un idiot ?
Il s'est suicid� !
Peut-�tre.
Mais � l'h�pital vous avez parl� d'un type, d'une bagarre.
Le lendemain vous faites r�parer la vitre de la voiture.
Pleine de cette terre.
Que fa�tes-vous ? Qu'avez-vous dans la poche ?
- Rien. - Montrez-moi.
Ne soyez pas ridicule.
Ne faites pas deux fois la m�me erreur.
Et vous allez pleurer ? Quel hypocrite !
C'est pour �a que le pays est dans la merde !
� cause de gens comme vous !
- Vous ignorez tout ! - Oui, c'est vrai.
Voyons, Ma�tre...
L'important est de savoir qu'ici on combat un mal plus grand.
Vous comprenez quand je parle d'un mal plus grand ?
Vous comprenez la nature de notre ennemi ?
Vous imaginez une terre...
Sans loi, sans Dieu ?
Regardez cette plaine, Ma�tre. Splendide.
Regardez ce ciel.
Regardez tout �a et tremblez.
Tremblez.
Ceci est l'�uvre de Dieu.
N'est-ce pas Lui qui a ouvert la terre
pour engloutir les disciples de Kor�...
Et a br�l� vifs les fils de Levi ?
Tremblez, Ma�tre. Tremblez.
Parce que c'est Lui qui nous guide.
Par des chemins myst�rieux. C'est Lui qui nous guide.
Ne parlons plus de tout cela.
Emmenez-moi � l'a�roport et rentrez chez vous.
Et vous vous sentirez plus tranquille.
Claudio, change-toi, on va arriver en retard.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pousse-toi.
Je te connais, il t'arrive quelque chose...
Tu es triste ?
Ma�tre, bonsoir.
Comment allez-vous ?
Bonsoir � tous. Merci d'�tre venus.
J'aimerais...
J'aimerais profiter de cette occasion
pour partager avec vous... quelques r�flexions
�labor�es avec quelques enseignants.
Monsieur le Pr�fet,
chers parents, familles, voisins, �l�ves.
�tre n� dans ce pays est une b�n�diction.
Cette terre a tout.
La grandeur des plaines, la majestuosit� des montagnes,
l'opulence des fleuves.
C'est une terre riche, nous le savons tous.
Mais notre plus grande richesse c'est notre peuple.
Les Argentins sont une grande famille.
Et c'est avec tristesse
que nous assistons � d'horribles conflits entre fr�res.
Nous sommes des gens normaux,
qui allons travailler tous les jours avec joie.
Pr�servant ces valeurs re�ues � l'enfance.
Le pays est d�sorient�.
Et il ne faut pas oublier qui nous sommes.
Prenons soin de nous et de nos biens.
Il va y avoir un coup d'�tat.
Ne laissons pas la politique nous g�cher la vie.
On ne peut pas nous �ter notre droit � vivre en paix.
Merci.
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