All language subtitles for Le trou normand.Fra

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian Download
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

-"Vous �tes pri�s d'assister..

..au convoi de C�lestin Lemoine, aubergiste, d�c�d� � 68 ans.

Il aurait d� boire moins de calva, il serait pas parti si vite.

Elle continue � lire.

-Augustine Lemoine, sa belle-soeur. -Et autre chose aussi.

-Des familles Granville et Lenormand.

A l'�glise.

-On ira.

-Ben oui.

-Bonjour, M. le maire.

-Bonjour, M. le docteur. -Qui vient nous voir aujourd'hui ?

-Le docteur soigne les vivants, et le maire enterre les morts.

-Eh ben, il ch�me pas, celui-l�. -Non.

-Salut, M. le docteur. -Firmin.

�a va chez toi ? -Oui, sauf la patronne.

Elle est au lit. -Tu dis rien ?

Si �a avait �t� pour ton cheval...

Je passerai. -�a ne presse pas.

Cloches.

-M. le maire.

-Bonjour, M. le maire.

-Bonjour, Testu.

Comment va votre fillette ? -Mieux, la fi�vre est tomb�e.

-Elle sera vite gu�rie.

Je peux la voir ? -Oui.

Prenez un caf� avant de monter. -Je dis pas non.

Voil� le corps enseignant.

Bonjour, Pichet.

-Bonjour, M. le maire.

-Votre fille devait arriver.

-Ce soir-m�me.

-Cette Madeleine. Je l'ai mise au monde...

Et la voil� professeur. -Institutrice, seulement.

Elle doit remplacer Melle Surret. -Oui, je sais.

-Un calvados avec le caf�. -Non merci.

-Je ne vous ai pas revu, depuis le transport de C�lestin Lemoine.

Il a souffert ? -Il �tait inconscient.

Une attaque.

-A votre avis, qui va h�riter de l'auberge ?

-Non, "h�riter l'auberge".

-L'instituteur a raison.

Ne dis pas "h�riter de l'auberge" mais "h�riter l'auberge".

-Ah bon.

Alors, qui va h�riter... Enfin,� qui va revenir l'auberge ?

"Le Trou Normand", c'est bien.

-Oui, avec des terres et s�rement un coffre rempli.

-C�lestin �tant c�libataire, l'h�ritage revient..

..� la veuve de son fr�re, Augustine.

-S�r, surtout qu'elle a tout fait pour �a.

On la voyait plus souvent� l'auberge que dans sa charcuterie.

-Bonjour.

-Que voulez-vous ? -Mes pieds.

Et la patronne ? -Il y a l'enterrement.

-Ah oui. -J'arrive.

Mme Augustine.

-Quoi ? -Mme Vacher veut ses pieds.

-Dans la glac�re, avec son nom.

-Bon, merci.

-Quelle gourde, elle sait rien faire !

Javotte !

Tu t'am�nes ?

-Oui, il y a le feu ?

-R�ponds autrement.

Aide-moi� mettre mon voile. J'ai sorti le tien.

-Pourquoi ? -Tu es une sauvage ?

Tu es sa n�ce. -Mais maman...

-Tu t'ach�teras de jolies choses avec l'h�ritage.

-Merci.

-Pauvre C�lestin.

Garderai-je Hippolyte ?

-Ces souliers sont un peu justes.

Ouille ouille !

Quelque chose tombe.

-Il y en a de la naphtaline.

Je vais sentir bon.

�a va bien.

-Alors ?

Le complet de l'oncle.

-Un peu juste aux �paules et aux fesses.

Et ces souliers compressent mes doigts.

-Il faut souffrir pour �tre beau.

Et ta cravate ? -Ah oui, aide-moi� la mettre.

Dis, Maria, elle dira rien, la tante Augustine ?

-Tu pouvais aller� l'enterrement de l'oncle, avec ton tablier ?

Et je me fiche de la patronne de la main gauche.

-Qu'avait-elle� la main gauche ? -Gros niais.

Tu as pas compris ce qu'elle faisait avec l'oncle ?

-L'oncle et...

Oh !

En famille, c'est pas bien.

-Depuis le temps que son mari mange les pissenlits par la racine.

Et il y avait l'auberge. Pas b�te.

-L'auberge ? -Pour la dot de Javotte.

Tes gants. -�a va.

J'aime ma cousine, je la marierais pour rien, si elle disait oui...

-Te crois pas un monsieur, parce que tu as quitt� tes sabots.

-Un monsieur...

-L'oncle t'aimait bien, mais il te laissait au poulailler.

La Javotte voudra pas d'un domestique, alors r�ve pas.

Mets le chapeau.

-L'oncle �tait maigre, mais il avait une grosse t�te.

Klaxon.

-C'est les clients.

J'arrive !

J'arrive !

-Que font-ils l�-dedans ?

-J'arrive. -On dort chez vous !

-Mais... -Mettez 20 litres.

-H�, ch�ri.

-Quoi ? -Regarde sa gueule.

-Il est dr�le.

-�a doit �tre pour une f�te locale. -Dites donc.

Il est r�ussi votre costume, o� l'avez-vous d�nich� ?

-Chez mon oncle, c'�tait dans un carton avec de la naphtaline.

-Que repr�sentez-vous ? -Le neveu.

-Dans quoi ? -De l'enterrement.

-De qui ?

-De C�lestin Lemoine. -C'est dr�le ?

-Non.

Vous voulez rire, c'est triste.

Tr�s triste.

�a fait 1 204 francs.

-Tenez, gardez tout. -Merci.

-La repr�sentation� quelle heure ? -Ah, c'est� 11 heures.

-On viendra vous applaudir.

-Hein ?

-Amusez-vous bien. -Vous en avez de bonnes, vous.

Qu'ils sont b�tes.

Au revoir.

H�, Maria.

J'ai de l'argent. -Mets-le dans ta poche.

-Ah oui.

Allez.

-Allons-y.

Cloches.

-Condol�ances.

-Condol�ances.

-Mes condol�ances.

-Hippolyte. -Hein ?

-Cours� l'auberge pour le notaire, je dois aller� la boutique.

Pr�pare du caf� et range le costume.

-D�j� ? -Ob�is !

-Oui, tante.

-Il faut pas lui parler durement. L'oncle, il savait le prendre.

Que va-t-il devenir ? -Pour rester, il devra filer droit.

-Et moi, nourrir et engueuler, c'est gu�re payer.

-Maria, vous conna�trez mes instructions.

Viens, Javotte !

-Tout de suite, maman.

Au revoir.

-Tu pourras pas aller au bal. -Dimanche prochain, non.

Apr�s pour Popaul, je m'arrangerai. -Comment ?

-Je dirai que je pars garder les gosses de ta soeur qui va danser.

-Elle danse pas, ma soeur. -Idiote, on dirait Hippolyte.

Au revoir.

-Pauvre oncle.

Enfin, c'est la vie.

-Maman vient avec le notaire, tu as tout pr�par� ?

-Oui. -Bon.

-Javotte.

Javotte !

C'est beau, hein ?

L'oncle aimait son �dredon.

On l'avait achet�� Rouen.

T�te-le dessous.

C'est doux, chaud comme un poussin sous sa m�re.

Tu fais quoi ?

Touche pas aux affaires.

La chemise du dimanche. -Il est mort.

-Je peux pas m'y faire.

Je l'entends me dire : "Hippolyte, quel abruti !"

"Hippolyte, corniaud !" -Tu aimais bien ?

-Il le disait gentiment.

-Je dois d�cider maman� tout jeter.

-A jeter quoi ?

-Ici, il faut des toilettes, l�, abattre la cloison.

-La maison tombera. -Pousse-toi.

Ici, une salle de bains. -Pourquoi ?

-Pour que les clients se lavent.

-Ils viennent ici pour coucher. -Tu es ind�crottable.

Le "Trou Normand" va changer, et puis �a te regarde pas.

-Javotte, Javotte.

-Quoi ? -Dis, dis.

Dis. -Ben quoi ?

-Ici, ce sera peut-�tre notre chambre, un jour.

-Notre chambre ? -Oui.

Le lit de l'oncle avec le bel �dredon...

Ce sera notre lit quand on se mariera.

-T'�pouser, un bouseux comme toi ?

Tu m'as pas regard�e !

-Mon caf�, mon caf� !

-Monsieur le notaire, nous vous �coutons.

-Nous allons..

..lire le testament.

-Maria, servez et sortez de la p�ce.

-Elle est un peu de la famille, elle peut rester.

-Ah bon. -Donnez-moi les dossiers.

O� est Hippolyte ? -Que vous faut-il ?

-Sa pr�sence. -Vraiment ?

-Oui, c'est le neveu.

-Hippolyte ! -Hippolyte !

-Va le chercher ! -Bon, bon !

Hippolyte !

Hippolyte !

Tu es sourd ? -Quoi ?

-Viens. -Pourquoi ?

-Toute la famille doit �tre l�. -Ah bon ?

-Tu as peut-�tre..

..un petit quelque chose.

-Bonjour, Hippolyte.

-Bonjour, Monsieur le notaire. -Non, lisez.

-"Ceci est mon testament.

Je soussign� C�lestin Lemoine,

..l�gue..

..Le Trou Normand..

..situ�� Courteville,

..et comprenant l'immeuble,

..3 hectares de terrain, le poste d'essence et tout le mobilier,

..linge, cave,

..et son contenu,

..� mon neveu..

..Hippolyte Lemoine.

-Vous avez mal lu !

-Non, je sais lire, Hippolyte Lemoine.

-Il a pas pu me faire �a et laisser l'auberge� celui-l� !

-Taisez-vous, m�chante femme, moi, je suis contente !

-J'ai l'auberge ? -Mesdames !

��coutez-moi. -Bien.

-Ah, enfin.

Asseyez-vous.

Il y a une condition� l'h�ritage.

Continuez.

-"A mon neveu... -On sait !

-Fils de mon fr�re et de S�raphine...

Mais comme Hippolyte est..

..un ignorant, et que pour diriger une affaire,

..il faut du savoir,

..je pose une condition formelle.

Pour qu'Hippolyte touche � son h�ritage,

..il devra obtenir..

..son certificat..

..d'�tudes.

-Ha ha ha !

-Ha ha ha !

-Ha ha ha !

-Hippolyte sur les bancs de l'�cole, c'est� mourir de rire.

-Alors il n'aura pas l'auberge, regardez-le, c'est couru d'avance.

-Hippolyte, tu as entendu ?

Alors ?

-Dis-leur que tu acceptes.

-Je vais pas aller� l'�cole, je suis trop grand.

Et j'ai trop de travail.

-Vous voyez ?

Tu es un sage. Qu'il signe l'acte de renonciation.

-Doucement, Madame.

Voici une 2e enveloppe,

..qui doit �tre ouverte apr�s l'examen.

Pour renoncer, c'est dans 15 jours. -Je sais ce qu'il y a dedans.

Mais attendons 15 jours. -Rangez.

Hippolyte, tu viendras me voir� mon �tude.

Et r�fl�chis bien.

Au revoir. -Au revoir.

-Madame. -Au revoir.

-Non, venez.

-Assieds-toi qu'on cause.

Viens, Javotte.

Tu iras chez le notaire, mercredi.

Je te paierai l'autocar et tu signeras l� o� il faudra.

-Pourquoi le notaire m'a dit : "R�fl�chis bien" ?

-Pour t'embrouiller.

Hein, Javotte ? -Oui, m�fie-toi de ces gens-l�.

-Me m�fier ? -Mais je suis l�.

-Alors �a va. -Tu te vois avec des morveux ?

-Devant un tableau noir ? -J'aurais eu le bonnet d'�ne.

-S�rement. -S�rement.

-Je te prends� mon service. -A la charcuterie ?

-Non, tu restes ici, car dans 15 jours, l'auberge est� nous.

-Tu y es ?

-La tante sera la patronne et couchera sous le bel �dredon ?

-Enfin tu as compris.

Que cherches-tu, maman ? -Ses �conomies.

-La patronne ?

La patronne, on va voir.

-Tu en as fait du g�chis, tu as refus� d'�tre le ma�tre.

-J'accepte et je m'en va chez le notaire.

-Bravo !

Voil� des sous. -C'est �a.

-Te laisse pas faire. -Oh mais...

Tu vas voir.

Je peux monter ? -O� vas-tu ?

-A Breteuil. -Monte.

-Elle l'aura pas l'�dredon.

Disputes d'enfants.

-Vous d�sirez ? -Bonjour.

Je cherche M. Pichet pour l'�cole.

-Il est pris, je suis sa fille. Pour un �l�ve ?

-Oui. -Petit ou grand ?

-Je sais pas. -Comment �a ?

-Grand, quoique...

-Je vois, votre fils est malade...

Cris.

-Arr�tez !

-Non, il viendra, enfin, c'est moi qui viendra.

-"Viendrai". Chercher les devoirs ?

-Non, c'est pas �a.

C'est moi qui viendrai les faire. -Vous ?

C'est direct. Suivez-moi.

Papa.

Le p�re d'un �l�ve veut te voir.

-Hippolyte, bonjour, Hippolyte !

-Bonjour, M. Pichet. -Tu ne le connais pas.

Hippolyte, le neveu de Lemoine. Tu as une commission ?

-Oui, j'ai une lettre pour vous. -De qui donc ?

-Du notaire de Breteuil. -Donne-la moi.

"M. l'instituteur, veuillez recevoir Hippolyte Lemoine,

..qui pour devenir..

..l'h�ritier de son oncle,

..doit retourner� l'�cole,

..pour obtenir son certificat d'�tudes dans l'ann�e en cours.

Ton oncle avait des id�es originales.

-Vous allez vous moquer de moi. -Non, c'est courageux.

Hein, Madeleine ? -Oui.

-Il est pas trop tard ?

-Non, je vous aiderai.

-Ah oui ?

Je croyais que vous refuseriez, j'on de la veine.

-"J'ai" de la veine.

1re personne de l'indicatif, j'ai.

-�a commence.

A demain,� 9h, on te donnera un cahier.

Je te pr�senterai aux enfants.

Au revoir. -Merci.

Au revoir Melle Pichet.

J'ai, tu as...

J'ai, il a...

Dis, Maria, Maria !

Maria !

Je commence demain matin, l'�cole communale.

Dis rien � la tante Augustine.

-J'on pas l'intention. -Non, "j'ai" pas l'intention.

1re personne de l'indicatif d'avoir.

L'instruction commence.

-Hippolyte retourne� l'�cole pour qu'Augustine ait pas l'h�ritage.

C'est bien fait. -Lui� l'�cole ?

-C'est un secret.

M�me qu'il a d�j� vu la 1re personne de l'indicatif.

Hippolyte va� l'�cole pour qu'Augustine ait pas l'h�ritage.

-Pas possible ? -Oui !

Hippolyte va� l'�cole pour qu'Augustine ait pas l'h�ritage.

-Comment ? -Oui !

-Petits, petits !

D�p�chez-vous de casser la cro�te.

Je vais� l'�cole et je veux pas arriver en retard.

Sinon je raterai mon certificat.

Bon, �a va comme �a.

Maintenant, de l'herbe pour mes lapins.

Et on y va.

On y va.

Allez !

Voyons !

Allez, je vais� l'�cole. -Hippolyte.

-Hein ? -Devine un peu ce que je t'apporte.

-Oh, un cartable ! -Et puis un plumier.

-Oh !

Oh oh oh !

Il est beau. -C'�tait� mon petit gars.

-Regarde, un porte-plume vert.

Un porte-plume rouge...

Un, deux, trois crayons.

Et �a ?

-Une gomme. -Je ferai des fautes.

-Pourquoi ? -Sans �a,� quoi �a me servirait ?

-Ah oui.

-On range tout �a pour que...

Je la mets.

-Elle te va bien. -Ah oui.

-D�p�che-toi.

-Attendez-moi !

-Hippolyte, voil� ton 4 heures.

-Merci, Maria.

-Sois sage et travaille bien. -Oui.

A ce soir, Maria.

-Je cherche la charrue ?

-C'est pas la peine, c'est pas lourd.

-En marchant vite,

..tu seras le 1er� Polytechnique.

-C'est possible. Polytechnique, o� est ce patelin ?

-2 et 2, �a fait combien ? -�a fait 4.

Et une fille comme toi, c'est 0.

-Bravo, Hippolyte, c'est beau de s'instruire� tout �ge.

Vas-y, bon courage. -Merci, M. Testu.

-C'est pas malheureux ?

Monsieur fait ses coups en-dessous.

Tu es grotesque, tu es la ris�e de tous !

-Oh, mon cartable !

-Regardez cet abruti, ce jean-foutre !

-Laissez-le !

-De quoi je me m�le ? -Des affaires des autres.

-On va voir �a !

-Foutez-lui la paix ! -Esp�ce de brute !

-La fille saucisse, boucle-la !

Allez, Hippolyte, va� l'�cole, va la gagner, ton auberge.

C'est la volont� de C�lestin, oui, de l'oncle !

N'aie pas peur, je te d�fendrai.

Dis donc !

-Tu me fais pas peur !

-Rira bien qui rira le dernier !

Esp�ce de jean-foutre ! -Arr�te !

-D�p�che-toi, Hippolyte, et arrive� l'heure la prochaine fois.

-Hippolyte !

-Bonjour, les camarades. -Silence.

Vous connaissez Hippolyte, il vient �tudier� partir d'aujourd'hui.

Soyez tous gentils avec lui.

En avant !

Brouhaha.

-Allez, Hippolyte.

-Un peu de silence !

-Je me mets o� ? -Au fond.

Clameurs.

-J'ai dit silence !

-Il peut pas rentrer.

-Allons, allons !

J'aurais d� y penser.

Demain, tu auras un banc� ta taille.

Maintenant, au travail.

Nous commen�ons par la lecture.

Voil� un livre pour suivre.

Page 89...

"La ch�vre de M. Seguin".

Tu commences...

Nicolas ?

-La ch�vre de M. Seguin.

Le vent fra�chit, la montagne devint violette.

C'�tait le soir. "D�j�", dit la ch�vre.

-Continue, Albert.

-Puis ce fut un nurlement... -Un hurlement, le "h" est aspir�.

-Un hurlement dans la montagne. -Bien.

-"Ouh ouh !", la ch�vre pensa au loup et eut envie de revenir.

Mais elle vit deux oreilles courtes, 2 yeux, c'�tait le loup.

-Julien ?

-Le centim�tre est la 100e... -Oui.

C'est le livre d'arithm�tique, or j'ai parl� du livre de lecture.

Hippolyte ?

Alors, Hippolyte ?

-On vient.

Rires. -Allons, messieurs !

Continue la lecture.

-Moi ? -Oui et bien fort.

"C'�tait le loup...

-Il se mit...

-Allez. -Chut !

Alors, c'est pour demain ?

Oui.

-Il se mit� rire m�chamment, en regardant la petite ch�vre blanche.

Je dois imiter son rire ?

Rires. -Silence, vous autres !

Non, mais dans cette phrase, la ch�vre est un compl�ment direct.

-Un compliment direct ?

-Allons !

Continue.

-Euh...

Comme il savait qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas.

Et il se pourl�chait les bambines.

-Non, pas les bambines. "Bambine" est le f�minin de bambin.

-Ah oui. -Petite fille.

L�, il s'agit de babines. -Oui, c'est l�.

-C'est-�-dire, les l�vres pendantes de certains animaux.

Et pourquoi le loup se pourl�chait-il les babines ?

-Ah, ben, c'est pour montrer� la ch�vre, qu'elle lui plaisait bien.

Compliment indirect.

Rires. -Silence !

Le prochain copiera 100 fois le verbe "rire".

Fermez vos livres de lecture, je vais vous interroger..

..sur les astres et les plan�tes.

Voyons, Pierrot ?

Combien de sortes d'astres ? -Il y a les �toiles...

Les plan�tes, les satellites. -Oui, satellites.

-Satellites. -Bien.

-Et puis...

-Chut, ne souffle pas.

-Il y a aussi celles qui ont des cheveux et une grande queue.

-Elle doit avoir bonne mine, cette �toile-l�.

Rires.

-Du calme, les enfants.

Hippolyte s'�tonne, car c'est nouveau pour lui.

Euh...

La plan�te, dont Pierrot a oubli� le nom,

..mais qu'il a bien d�crite, s'appelle une com�te.

-Ah bon ? -Oui.

Une com�te.

Et quelle diff�rence y a-t-il..

..entre une �toile et une com�te ?

-Les �toiles ont des pointes. -Des pointes ?

Oui, si l'on veut, on les repr�sente ainsi.

Et pourquoi ont-elles des pointes ? -Je ne sais pas.

-Monsieur.

-Ah, Hippolyte a trouv� !

Alors, Hippolyte ?

Pourquoi ont-elles des pointes ? -C'est parce que...

C'est pour les accrocher dans les arbres de No�l.

Rires. -Allons, ce n'est pas dr�le !

Tu crois qu'on a attendu les �toiles en carton,

..pour fabriquer celles du ciel ?

Rires.

-Une autre question.

Quel est l'astre le plus utile ?

Le soleil..

..ou la lune ?

-Monsieur, c'est pas difficile.

C'est la lune.

-Ha ha, et pourquoi ?

-Parce que sans la lune, la nuit, on y verrait rien.

Tandis que pendant le jour, il fait clair.

Rires.

-Allons !

Silence, les enfants !

Ils rient aussi.

-Au lieu de rire b�tement,

..vous devriez venir..

..vous instruire !

-Voil� vos 20 litres.

-O� est le comique qui �tait l� ? -Quel comique ?

-L'artiste amateur. -Qui ?

-Celui qui s'�tait fait une t�te d'idiot.

-Une t�te d'idiot.

Ah, Hippolyte, il vient le soir, � 5h apr�s l'�cole.

-Apr�s l'�cole ?

Il y va encore ?

Quel �ge a-t-il ? -30 ans.

Il doit se d�p�cher pour avoir son certificat.

-C'est une famille de fous.

-Oui, alors !

-A demain, tu n'as pas trop mal travaill�.

-C'est maintenant que je vais travailler, dans le potager.

Mais je suis content, j'ai bien rigol�.

Au revoir, Monsieur l'instituteur. -Apprends tes le�ons.

-Si j'ai le temps. -Comment �a ?

Que fais-tu en classe ? -Le jardin, les clients...

Les lapins et tout �a... -Tu veux l'avoir, ton auberge ?

-Oui... -Le p�re Antoine fera le jardin.

-Et qui paiera ? -On demandera au notaire.

Rentre travailler.

-Le notaire, c'est pas lui qui va faire le jardin.

-A demain.

Vous �tes content de vous ? -Pas tr�s bien.

J'apprends, mais j'oublie vite.

Si j'ai une commission, je noue mon mouchoir, pour me rappeler.

Mais l�, avec tout ce que j'ai� me souvenir, il en faudrait, du linge.

J'y arriverai pas seul.

-Je peux venir de temps en temps, le soir pour vous aider.

-Vous feriez �a ? -Puisque je vous le propose.

-D'accord. -Je mettrai de l'ordre l�-dedans.

-Merci bien.

Au revoir, Mademoiselle...

-Au revoir.

Cloches.

-Pour le bal, j'ai dit que je garderai les gosses de ta soeur.

-Rendez-vous apr�s le d�jeuner. -J'irai en solex, on sera libres.

Prends une robe. -Javotte !

-Maman ? -Eh ben ?

Que complotez-vous ? -Elle me dit d'apporter un ouvrage.

-Javotte rentrera avant la nuit. -Oui, madame.

Au revoir.

-Quelle empot�e !

-Ha ha ha !

-Pourquoi ries-tu ?

-Je pense� ma r�ponse � Mr Pichet.

Il me dit...

Un bac est trou�, et un litre d'eau coule par minute.

Alors �tant donn� le, la... Enfin il parle de plein de choses.

Il me dit comme �a : "Quelle op�ration fais-tu ?"

Je lui r�ponds : "Si le bac est trou�, je fais une soudure."

Ha ha ha !

Ha ha ha !

Il m'a bien cass�. -Pourquoi, il aurait fait quoi ?

Moteur.

-C'est Javotte.

Javotte !

Javotte, arr�te-toi, Javotte !

O� vont-elles ? C'est la route de Bernay.

-A la Ferr�re, y a bal. -Mais Javotte est en deuil.

-La Louisette a son promis, et Javotte peut-�tre aussi.

C'est de son �ge. -Je ne veux pas.

-Vas-y dire, cours derr�re ! -Oui, et je vais p�daler.

Et elle me fait pas peur.

Elle saura que c'est moi son promis.

Et puis si jamais elle me r�pond, je te lui fous une baffe comme �a.

-Hippolyte, non, Hippolyte !

Orchestre.

-Il y a rien. -Pour le th��tre ?

-L'art profite de mes d�couvertes, je suis impresario.

L'intimit� r�v�le une future com�dienne.

-Tu crois ?

-Au 1er baiser, je sais si la fille sera soumise,

..ou si elle saura me dire "je t'aime" avec la voix rauque.

Comme Dan�le. -Avec elle tu as mis dans le mille.

-Jolie formule.

Viens, on part.

-Je te laisse.

-Voil� Mimi.

-O� est Popaul ? -Il est� la p�che.

-J'ai pas de veine. -Je le cherche.

-Dansons, d'abord. �a t'ennuie pas, Javotte ?

-Non, allez danser.

-Vous �tes jolie. -J'ai eu peur.

-Rougissez, �a doit bien vous aller.

-Une photo du bal ? -Non, pas de photo.

-On verra apr�s.

Allons danser.

-Popaul restera � la p�che.

-Vous n'�tes pas �mue ?

Votre coeur bat.

-Excusez-moi, mais on doit pas savoir que je suis au bal.

-Un amoureux jaloux ? -Non.

-Plusieurs ? -Non.

-Tourn�e comme vous �tes...

-Je te va lui foutre une de ces gifles !

Elle va voir !

-Javotte, c'est charmant.

Moi, je suis Jean-Marco.

Impr�sario th��tral.

Quand j'aime une fille,

..elle devient une vedette.

Vous avez un physique de th��tre. -Un physique de th��tre ?

-Vous auriez du succ�s, et j'ai toujours raison.

-Actrice, vous croyez ? -Pourquoi pas ?

Vous apprenez un bout de r�le, et vous m'appelez� Rouen.

Je suis dans l'annuaire. -J'oserai jamais.

-Pourquoi, vous ne voulez pas me revoir ?

-Javotte !

Javotte !

-Oh, Hippolyte !

Javotte !

-Vous le connaissez ? -Tu es en deuil.

Et tu danses ? -Laisse-moi.

-L'oncle va revenir la nuit, te hanter.

-Laissez Mademoiselle danser. -C'est ma cousine, Javotte.

Alors je peux lui parler. -Restez poli.

Et laissez-nous. -Tu vas filer d'ici !

-Je partirai avec toi !

-Allez voir dehors si j'y suis !

-Je resterai ici si je veux !

-Je vais te faire..

..honte.

Vous le voyez, cet imb�cile ?

Il est tellement b�te qu'il doit retourner� l'�cole.

Comme un m�me de 5 ans !

Rires.

-Je fais des choses difficiles, le p�rim�tre, le d�cam�tre...

Des choses que tu comprends pas. -Oh !

-Et vous non plus !

Rumeurs de protestation.

-Si sa m�re apprend qu'elle est l�, �a va en faire du vilain.

-Dehors, Hippolyte, dehors, Hippolyte !

-Il doit �tre dans l'office. Rentre, Louisette.

-Que diras-tu ? Il t'�coutera pas.

-Maman doit rien savoir. Ram�ne le v�lo� la maison.

-L�, c'est le col comme vous avez dit.

-Oui, je vais vous montrer.

Pour tracer le relief, prenez votre crayon.

Vous posez la mine� plat, et vous faites �a.

Vous voyez les montagnes ? -C'est joli.

-Et vous barrez, il n'y a plus de Pyr�n�es.

-Vous avez tout g�ch�. -Tu reviens juste maintenant ?

-Chut, je te parlerai apr�s. -Je m'en vais.

-Melle Pichet, la fille de l'instituteur.

-Nous nous connaissons. -A l'�cole, c'�tait une vieille.

-3 ans de plus. -Juste 3 ans ?

Mais vous n'avez pas d'�ge.

-Je vous laisse, je ne vais pas donner des le�ons de politesse.

-Bonsoir, brioche !

-�a veut dire quoi ? -C'�tait son surnom.

-Elle est f�ch�e. -On est tranquilles.

Je dois te parler. -Non.

-Assieds-toi ! -Non, je ne te cause plus.

-Tu regrettes ta conduite ? -Moi ?

-��coute

Je te pardonne, � une condition...

Ne parle du bal� personne, � personne, tu entends ?

Si tu parles, je montrerai quelque chose.

-Quoi ? -Une photo de toi au bal.

-Donne-moi �a ! -Je ne l'ai pas.

C'est le photographe, mais je peux la montrer.

-Tu feras pas �a, Javotte.

-Alors promets-moi de te taire.

-Oui. -Bon.

-La cha�ne des Pyr�n�es s'�tend entre la France et l'Espagne.

De l'Atlantique�...

C'est emb�tant, les Pyr�n�es, pourquoi s'emb�ter ?

Madeleine renifle.

-Papa. -Quoi donc ?

Madeleine !

Madeleine sanglote.

-Madeleine.

Mais qu'as-tu ?

-Ce n'est rien, papa.

-Calme-toi, mon petit.

Na, na, na.

Dou, dou ! A la bonne heure.

Qu'est-ce qui t'a fait du mal ?

-Papa.

-Oui ?

Qu'y a-t-il ?

-Je suis laide ?

-Laide, toi ?

Mais tu es charmante.

Qui t'a dit �a ?

Hippolyte ? -Non.

Javotte.

Elle est venue� l'auberge. -Quelle petite garce !

Nous allons nous venger avec �l�gance.

Il faut qu'Hippolyte obtienne son certificat d'�tudes.

Et tu verras Mme Lemoine.

-C'est un complot. -Oui.

Bonne nuit.

Couche-toi et dis-toi que Javotte n'arrive pas� ta cheville.

-Les Cap�tiens sont Henri 1...

Robert le Pieux... Non, les Cap�tiens sont...

-Bonjour. -Bonjour.

Il me fait tromper.

Les Cap�tiens sont Hugues Capet, Robert le Pieux, Henri 1er...

Louis 6 le Gros, Louis 7 le Jeune.

Oh oh oh !

Ils sont marrants avec leurs noms.

Pourvu que je m'embrouille pas.

Les Cap�tiens sont Hugues Capet...

Sifflement.

-Ah !

Hippolyte !

-Quoi ? -Entre.

-Je vais� l'�cole. -Entre, c'est s�rieux.

Tu as pas vu le journal ?

Entre.

-Bonjour. -Bonjour, Hippolyte.

-Va au fond.

-Mais...

Qu'y a-t-il ? -Regarde un peu.

Qui est-ce ? -Ah, c'est moi.

-��coute le commentaire.

Il lit.

Le dernier des analphab�tes de France doubl� d'un minus habens.

-Hein ?

C'est quoi, un minus habens ? -Un minus habens, idiot !

C'est un cr�tin qui se laisse photographier.

-Testu ! -Quoi ?

-Remets-nous �a. -Une seconde.

Quel est le saligaud qui a fait cette blague ?

-Je sais pas. -Mais o� �tais-tu ?

O� faisais-tu le guignol ? -Euh...

A la Ferr�re. -A la Ferr�re.

Alors �coute mon gars...

Quelqu'un t'en veut. -Hein ?

-Montre ce journal � M. Pichet, il avisera.

-Bon !

-S'il n'y avait pas eu ce journal, tu ne m'aurais rien dit.

On se tue� �lever des enfants. -Je veux pas vendre du boudin.

Je ferai du th��tre. -Tu es folle, Hippolyte a raison.

Et si j'avais �t� l� ? -Tu aurais �t� f�re.

Ta fille a un physique de th��tre.

-Ha ! -Oui.

On parlera de moi� la radio. -A la radio ?

-Et avec �a, Madame ? -C'est tout.

-Hippolyte.

-Et l'�cole ?

-Javotte, regarde-moi �a, �a doit te dire quelque chose.

-C'est pas moi. -Laisse-la.

-Qui c'est ? -Je sais pas.

-Fiche-moi le camp !

-Tu sais, c'est le type du bal ?

-C'est un Monsieur, toi, tu es un cul-terreux.

Sors imm�diatement ! -Non !

-Tu connais les gifles ? -Oui.

-Quel cr�tin !

-Oh ! -Vous en voulez une aussi ?

-Oh !

-Qui aime bien ch�tie bien.

"Qui", pronom ind�fini neutre, "ch�tie", 3e personne du pr�sent.

-Les derniers Carolingiens...

Malgr� la r�sistance qu'ils impos�rent aux ducs de France,

..se virent supplanter par eux.

En quelle ann�e, Julien ?

-En 996. -Tr�s bien.

A cette �poque,

..Hugues Capet fonda la 3e dynastie de nos rois,

..celle des Cap�tiens.

Ah !

Monsieur Hippolyte daigne �tre des n�tres.

Qu'y a-t-il ? -Je vous explique.

-Va t'asseoir, on verra apr�s.

Je vous disais donc qu'Hugues Capet fonda..

..la 3e dynastie de nos rois,

..celle des Cap�tiens.

Hippolyte.

Tu dois..

..savoir ta le�on.

Viens nous r�citer les rois cap�tiens.

-Les Cap�tiens ?

Ceux-l�, alors !

-Tu vas savoir ? -Oui.

Rires.

-Chut, silence !

Je t'�coute.

-Apr�s les derniers Carolingiens, vinrent les Cap�tiens...

Les Cap�tiens sont Hugues Capet...

Qui fonda la dynastie.

Robert le Pieux, Robert le Pieux...

Ils soufflent.

-Ne soufflez pas !

-Henri 1er.

Philippe... Non.

Louis, Louis le Gros.

Ah non, le Gros vient apr�s.

Je recommence tout.

Euh... Les Cap�tiens sont Hugues Capet...

Robert le Pieux, Henri 4... -Henri 4 ?

-Non, Henri 1, je me trompe dans les num�ros.

Henri 1, Philippe le Gros...

Je bute toujours sur le Gros. Comment c'est...

Louis 7 le Jeune...

Philippe le Hardi... Louis le Hutin...

Philippe Auguste...

Augustine la Grosse.

Testu le Chauve...

Hippolyte le Beau...

-Que racontes-tu ?

-Monsieur, ils m'ont pris mon...

-Joseph, viens voir.

Allons, vite !

Va au coin.

Rires.

-Vous riez pour �a ?

Vous n'avez jamais vu une photo ?

Tu viendras me voir. Va� ta place.

-Ah bon.

-Je vous disais donc... A l'av�nement d'Hugues Capet...

La royaut� �tait faible.

-Papa. -Quoi ?

-Le garde champ�tre est l�, on te demande.

-Je me doute pourquoi.

-Pourquoi ? -Pourquoi ?

Tiens.

Regarde en 4e page.

Hippolyte, viens avec moi.

-Bien, Monsieur.

-Mets-les en r�cr�ation. -Oui.

-C'est grave. -Et comment !

D�s que j'ai vu ce torchon, je suis accouru.

On frappe. -Entrez !

-Pichet. -Docteur.

-Tu as fait venir le loustic. -Oui, Hippolyte m'a tout racont�.

-Tu nous as foutus dans un joli p�trin.

-J'�tais au bal et j'ai m�me pas dans�.

-Tu aurais d� rester tranquille ! -Qui t'aurait fait �a ?

Parle ! -Je sais pas.

-C'est un coup des r�actionnaires. -S�rement.

-Pour nous d�boulonner.

J'imagine le prochain article : "Une municipalit� r�trograde,

..les arri�r�s pullulent...

Aux �lections, on perdra 200 voix.

-Notre village est humili�, et m�me toute la Normandie.

-Si �a fait tant d'histoires et que je suis qu'un idiot,

..je peux tout l�cher.

-Non, au contraire, ne t'arr�te pas au certificat, va� la licence.

Ton doctorat, ton agr�gation. -N'exag�rons rien.

-Mais il faut arr�ter le scandale, car les journalistes viendront ici.

-Si des journalistes viennent � l'auberge, tu ne dis rien, hein ?

-Je t�l�phone au pr�fet pour obtenir une rectification.

J'ai sauv� sa fille l'an pass�.

All� ?

Janine ?

Donnez-moi la pr�fecture.

-A bient�t, bonjour chez vous.

-D'accord, M. Lemoine.

-Entrez.

-C'est le fameux Trou Normand ? -Le fameux ?

Pourquoi ? -Pour rien.

Patron, je veux du cidre.

-Je suis pas encore le patron.

Pourquoi ces questions, vous �tes journaliste ?

-Non, repr�sentant en crayons.

-Alors �a va.

Parce que certains risquent de s'amener, alors vous pensez...

Casse. -�a porte bonheur.

Mais j'ai une liste de r�ponses que l'instituteur m'a �crites.

Il faut se m�fier. -Oui.

Et ils viendront pourquoi, ces journalistes ?

-Vous venez pour me questionner ou pour le cidre ?

-Pour le cidre.

-Bruicourt.

-Duval, toujours le 1er. -Vous vous connaissez ?

-Il est aussi repr�sentant en crayons.

-Comme lui.

-On fait la r�gion ensemble. -Alors...

-Et voil� Giroud, le 3e repr�sentant de crayons.

-Ah, dites donc. -Il manquait.

-On en use des crayons, ici.

Un cidre ? -Oui.

-Ah l� l� !

Ces journalistes ont pas l'air de venir.

Mais qu'ils s'am�nent, parce qu'avec moi...

Bouche cousue.

Ils sauront rien. -Puisqu'on est entre nous...

On va bavarder gentiment. -C'est pas de refus.

Vous �tes aimable, et j'ai du temps.

-Vous n'avez pas besoin de crayons ?

-Des crayons ? -Vous allez� l'�cole.

-Oui. -Et pourquoi �a ?

-Je vais tout vous raconter, entre nous...

Figurez-vous...

-Le salaud, il l'emportera pas au paradis !

Maman !

-Qu'ont-ils, tous ? -Regarde, Hippolyte a parl�.

Il nous tra�ne dans la boue.

Dans celui-l� aussi. -Oh !

-Regarde ici, regarde.

-Tu as tout racont� !

-Tu avais bouff� du tigre.

-Mais non, j'ai pris du caf� avec des tartines.

-Ne fais pas l'idiot. -Tu t'es laiss� avoir.

-Malgr� ma mise en garde. -J'ai pas vu les journalistes.

J'ai vu des marchands de crayons qui m'ont m�me pay� un verre.

-Ils se sont pay�s ta t�te. -C'est �trange.

Le pr�fet devait rectifier. Je le rappelle.

-Il va voir de quel bois je me chauffe !

-Ha !

Pousse-toi de l� !

Augustine crie.

-Madame Lemoine !

Madame Lemoine, non, l'�cole n'est pas un lieu public !

-Voyons !

-Monsieur le pr�fet. -Oui ?

-Le Dr Aubert de Courteville. -Passez-le-moi.

Bonjour, Docteur.

Oui, je suis d�sol�.

On a �t� gagn�s de vitesse par les journalistes.

-�a fait un scandale.

Je n'exag�re rien, mais l'histoire prend des proportions grotesques.

Et si France Dimanche s'en m�le, on n'en sortira pas.

Et �a tombe sur un gar�on courageux.

C'est courageux de retourner� l'�cole.

-Il est trop tard pour rectifier.

Attendez.

Le seul moyen est d'y aller carr�ment,

..et de faire de la publicit� qui fasse de votre �colier une vedette.

Oui, je convoque la presse et voici ce que je vous propose.

-Laporte Jean. -Pr�sent.

-Ta moyenne est faible et pour ta conduite, vois avec ton p�re.

Brochet Pierre. -Pr�sent.

-Un point de plus en histoire.

-Lenormand Albert. -Pr�sent.

-Progr�s, continue.

Lemoine Hippolyte.

-Pr�sent.

Je t'annonce une bonne nouvelle. -Ah bon ?

-Tu as la croix. -Non ?

-Oui, la croix simple, en attendant la croix d'honneur.

Mets-la sur ta blouse. -Oh, M. Pichet.

Vous vous �tes mis en frais. -Non, mais je ne te la donne pas.

Tu me la rendras. -Ah bon ?

-Sauf si tu la m�rites encore. Voil� ton livret.

-Ah bon.

-Papa. -Qu'y a-t-il ?

-Des reporters veulent photographier Hippolyte.

-�a se sait d�j� ?

-Ils disent que tu es au courant. -Ils tombent bien, cherche-les.

Va� ta place.

-Ah bon.

-Mes enfants, on vient pour photographier Hippolyte.

C'est un honneur pour l'�cole, b�n�fique� tous.

Alors soyez sages.

Debout !

Messieurs, entrez, vous venez pour photographier notre ph�nom�ne.

Vous tombez bien, il a eu la croix.

Assis !

-Vous allez pas voir ma croix.

Allez-y.

Que ferez-vous de tout �a ?

Oui, quoi ?

Allez-y.

L�.

La table est petite, �a d�borde. �a sera pas pour la photo.

Mais c'est� moi.

-On va te la rendre. -Ah bon.

Par o� ?

Par l�.

Allez-y, ne vous g�nez pas.

-Tenez-vous la main. -Ah bon.

Allez-y.

-Merci.

-Ah bon.

-Au revoir, messieurs.

-On fait �a quand un �l�ve a la croix ?

-C'est Courteville ? -Oui.

-O� est le Trou Normand ? -Par l�,� la sortie du village.

-Sur la droite. -Merci.

-Javotte !

O� est la petite ?

Javotte !

-Digne fils du h�ros qui t'a donn� le jour.

-Plein de clients � l'auberge.

-D�livre l'univers d'un monstre... -Tu t'en fous, avec tes fables.

-Non, "Ph�dre". -Tu as pas mieux� faire ?

-La veuve aime Hippolyte.

-Toi, tu aurais d� aimer Hippolyte. -Mais je ne l'aime pas.

Quand ma bouche implorait le nom de la d�esse, j'adorais Hippolyte.

-Tu en fais trop. -Et le voyant...

-Tu m'�nerves avec ton Hippolyte, et enl�ve ce rideau que tu salis.

Tout le village est� ses pieds.

Ils l'adulent, et nous, on nous ignore.

Dis quelque chose ! -Quoi ?

-Il va r�ussir ?

-Le certificat d'�tudes, c'est facile, et puis il sera pistonn�.

-Moi, je me r�signe pas, j'aurai cette auberge.

J'ai tout fait pour l'avoir. Il y a un moyen, je le trouverai.

T�l�phone. -T�l�phone ?

-J'y vais. -Non.

-All� ?

J'ai pas demand� Rouen. -C'est moi.

-Ah, ta carr�re artistique, ton impr�sario.

Attends d'�tre majeure.

Je ne veux pas d'une cabotine, il y a d�j� un idiot.

Annulez.

-Il y a quelqu'un ?

-Oui, j'arrive.

-Janine, n'annule pas Rouen, passe-moi vite la communication.

T�l�phone.

-Qui est� l'appareil ?

Ah oui, parfaitement.

Si, je me souviens bien.

La fille de Courteville ?

Javotte.

On n'oublie pas ce pr�nom.

Je peux faire votre portrait.

Des cheveux dor�s...

Des yeux noisette...

Des joues rondes...

Une bouche sensuelle...

Une taille mince et souple...

Et puis des...

Je me rappelle.

-Je veux auditionner.

-Voulez-vous...

Chez moi ?

22 rue des Capucins.

Au rez-de-chauss�e, oui.

N'oubliez pas, 22.

C'est �a.

Disons... Apr�s-demain.

Trois heures.

Entendu.

-Bonjour.

-Bonjour.

-A qui donnais-tu rendez-vous ? -A mon marchand de charbon.

-Il a de la poitrine,

..ton marchand.

-Si peu...

Brouhaha des �coliers.

-Rel�ve-toi.

N'oubliez pas que c'est moi, le chef.

Allez.

Suivez.

Plus vite.

Allons.

Allez.

Un, deux. -Un, deux.

Un, deux.

-Quand on demande aux enfants, fanfan...

S'ils sont venus par la chemin�e, n�n�...

Ils vous r�pondent "c'est �vident", denden,

..en su�ant du r�glisse et du cachou, chouchou.

-Fanfan, n�n�.

Denden, chouchou.

-Fanfan na�t dans choux choux.

-Ha ha ! -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

-Ha ha. -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

Les enfants se r�veillent tr�s t�t, toto.

La maman leur peigne les cheveux, veuveu.

Mais le soir, ils reviennent crott�s, t�t�.

Le nez sale et de la boue jusqu'aux genoux, nounou.

-Toto veuveu t�t� nounou.

-Toto veut t�ter nounou.

-Ha ha. -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

-Ha ha. -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

Quand ils savent qu'on ne les voit pas, papa.

Ils s'en vont grimper sur le buffet, f�f�.

Pour chiper, les petits chenapans, panpan.

La tirelire o� l'on garde leurs �cus, cucu.

-Papa f�f� panpan cucu.

-Papa fait pan-pan cucul.

-Ha ha. -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

-Ha ha. -C'est maman.

-Ha ha. -C'est papa.

-Ha ha. -Qui nous ont appris tout �a.

-On va jouer au ballon.

Cris des enfants.

-On se pr�pare.

Ne soyez pas dissip�s, je vais s�vir.

M. Pichet vous a confi�s� moi.

Je vais former les �quipes. Ecartez-vous comme �a.

Ceux-l� jouent par l�, et ceux-l� jouent par l�.

-Avec nous, Hippolyte !

Cris des enfants.

-Du respect, je suis plus vieux et je suis le chef.

Je fais le goal des deux c�t�s et je fais l'arbitre en m�me temps.

En place !

Allez, hop !

Allez, c'est moi qui engage.

Ecartez-vous, l�.

Attention...

Hippolyte siffle.

-Un...

Hippolyte se fait huer.

-�a compte pas.

-Hippolyte !

Allez !

Cris des enfants.

-Une t�te.

Faites des t�tes.

Allez !

Allez !

-D�gage !

-Ouais !!!

Cris des enfants.

-Et hop !

Cris des enfants.

-Hippolyte !

-Je vais perdre dans les 2 camps.

-Hippolyte !

H� bien, Hippolyte !

Je t'appelle. -Ma tante.

Que veut-elle encore ?

-J'ai un mot� te dire.

-A moi ?

-C'est au sujet de Javotte.

-Javotte ?

Tiens, fais l'arbitre, j'arrive.

Javotte ?

-Approche. -Vous n'avez pas votre b�ton ?

-Non, je ne suis pas venue pour te battre mais pour faire la paix.

-J'aime mieux �a. -J'ai� te parler.

-Je reviens.

Cris des enfants.

-Pourquoi venir ici ?

-On sera bien pour causer. -Ah bon.

-C'est pas triste,� la maison, j'aurais d� te pr�venir avant.

Mais je pense� ma fille. -Qu'est-ce qui arrive� Javotte ?

-Que lui arrive-t-il ?

Elle est amoureuse de toi. -Amoureuse de moi ?

C'est pas possible. -Je te le dis.

Mais je ne voulais pas, elle est jeune.

Et �pouser un cousin, �a fait des enfants difformes.

Et tu es riche.

-Je suis riche ?

-Avec l'auberge, on aurait dit qu'elle te voulait pour tes sous.

-J'ai de la chance.

J'y crois pas.

Javotte m'aime vraiment ?

-Il te faut une preuve ?

Je te jure que devant moi, elle a dit "J'adore Hippolyte".

-Elle a dit �a ? -Et comment !

Mais tu l'as gifl�e, alors elle est but�e.

Et tous ces racontars, et son d�sir d'�tre une artiste.

De faire une carr�re.

Elle quitterait le pays. -Non ?

-Pour qu'elle te revienne, tu dois faire quelque chose.

-Ah oui. -Un geste.

-Je vais aller l'embrasser. -Non, un grand geste.

Comme un cadeau.

-J'ai une tirelire... -Non, tu veux Javotte ?

-Oui. -Alors donne-lui le Trou Normand.

-Mais je l'ai pas encore. -Tu l'auras, si tu as ton examen.

-Oui. -Alors ?

-Ah, c'est la renonciation que je dois signer ?

-Non, il est trop tard.

Et tout le monde t'en emp�cherait, �a me retomberait sur le dos.

Non, il doit y avoir un moyen.

Cherche. -Mais il faut trouver.

Comment on ferait bien ?

Et si je ratais expr�s mon examen ?

-�a alors, j'y aurais jamais pens�. -Je r�pondrai n'importe quoi.

Pour preuve d'amour, c'est bien. -Tu es plus fut� qu'on ne le croit.

-Et l'auberge serait� moi et� Javotte, puisqu'on serait mari�s.

-J'ai bien fait de venir, mais pas un mot� personne.

-Promis. -Surtout pas� Javotte.

Elle refuserait ton sacrifice,

..pour que tu ne penses pas qu'elle voulait l'auberge.

-Oui, c'est vrai, elle est si sensible.

Si droite, si f�re. -�a, tu peux le dire.

-Vaines pr�cautions, cruelle destin�e,

..j'ai revu l'ennemi que j'avais �loign�.

Ma blessure trop vive a saign�. Ce n'est plus une ardeur cach�e.

C'est V�nus toute ent�re...

-Merci, merci.

C'est pas mal du tout.

-J'en sais plus. -�a suffit.

Vous �tes tr�s dou�e.

Mais avez-vous d�j� mis un p�plum ?

-Un p�plum, non.

-Mais c'est important.

Tr�s important, question d'�paules.

Il faut pas �tre trop mince. -Je...

-Montrez votre d�collet�.

Coup d'oeil professionnel.

-Comme �a ? -Je ne vois rien.

D�gagez l'�paule.

C'est adorable.

Vous avez peur ? -Non, pas du tout.

-Alors dites-moi...

Pourquoi avoir choisi Ph�dre ?

Vous pourriez faire des r�les bien plus tendres.

Plus vous-m�me.

Petit monstre qu'on adore et pour qui on ferait tout.

-Ou les ing�nues.

-Les oies blanches, elles ne vont pas loin.

-Je veux aller loin.

-Alors l�...

Il y a une �preuve� subir. -Ah ?

-Charmante �preuve.

Comment embrassez-vous ? -Je sais pas.

-Tout est l�, le public doit voir votre temp�rament.

Et votre 1er public, c'est moi.

-Alors je dois vous embrasser ? -Exactement.

J'aurais pu le faire, mais vous auriez eu un sursaut.

Je veux un baiser d'amoureuse. -Bien s�r.

-Embrassez-moi.

Allez-y.

Embrassez-moi.

C'est �a, embrasser ?

Je vais te montrer, idiote.

Sonnette.

-Zut, c'est... -Dites...

-Mon marchand de charbon, file.

Viens.

Je te pr�pare ton contrat. Attends que je t'appelle.

-Au revoir. -Oui.

Oh, celle-l� !

-Bonjour, Mme Maria, voil� le facteur.

-Pas trop de paperasse ? -Si, le double, grand-m�re.

Les journaux.

Il y a un rouleau et des lettres.

-Mon Dieu ! -Il y a �a.

Tout �a, c'est pour vous. -Seigneur !

�a servira � allumer le fourneau.

-�a marche pour Hippolyte ?

L'examen approche.

-Sa t�te va �clater.

Mais voil� votre goutte. -Merci, c'est pas de refus.

Il doit �tre savant, maintenant. -Je peux pas y causer.

Je parle d'oignons, il me cause de Charlemagne.

-Bonjour, Hippolyte est-il l� ?

-Il y a ceux-l� aussi.

Des journalistes, des photographes. Ils demandent tous quelque chose.

-Non, moi, j'offre. -Quoi donc ?

-S'il pose pour nous et s'il signe,

..la maison du stylo "��clair" en offre un.

-D'autres sont venus avant vous.

Il a 14 stylos, dont un, en vrai or.

Et des frigidaires, des machines� laver...

M�me une auto qu'on va lui donner.

Alors... -Oui, oui.

Arrangez-vous pour qu'il vienne.

Il va pas� l'�cole, jeudi. -Il a pas de jeudi, lui.

Il a des le�ons en plus.

Je vais voir s'il a fini avec Louis XVI.

-L�.

-Calculez l'�paisseur du sable.

-Hippolyte.

Tu dois poser pour des stylos. -J'en ai� revendre.

Maintenant je veux... -Quoi ?

-Une bague et des boucles d'oreille.

-Mais pour quoi faire ?

-Hein ?

Rien.

Je disais �a pour causer. -Il d�lire.

-Reprenons, calculez l'�paisseur de la couche de sable.

-Vous y tenez vraiment ? -Vous n'aimez plus votre travail.

-C'est pas que je ne l'aime plus, mais il m'amuse moins.

-Mais vous touchez au but et il faut cravacher.

On a la surface, le volume et le poids du sable.

Calculez son �paisseur.

-Mais c'est des blagues, �a. -Des blagues ?

-Oui.

Supposons que je mette le pied sur le sable...

L'�paisseur a chang�. -Je vais me f�cher.

-Non, vous �tes trop gentille. -Quel toupet.

-C'est pas gr�ce� vous que j'ai eu toutes mes croix ?

Et que je sais que Charlemagne rendait la justice sous un ch�ne ?

-C'est pas Charlemagne, c'est Saint Louis !

Allons, il faut encore travailler, reprenons.

-L'�paisseur du sable, c'est difficile.

C'�tait vraiment Saint Louis ? -Reprenons.

-Allez.

-Reviens avec ton certificat. -Oui, m�re.

-Je te confie mon petit gars.

-Ne fais pas comme l'an pass�.

Il klaxonne.

-Cher Pichet. -Bonjour, Docteur.

-Votre candidat va bien. -Ne vous en faites pas pour moi.

-Madeleine, voyons les r�sultats de vos efforts.

-Vous avez revu votre histoire ? -Inutile.

Vous allez voir.

Acclamations.

-Bonjour !

-Et il nous nargue par-dessus le march�.

-Allons voir les r�sultats. -Non.

-Si, je sais qu'il ne sera pas re�u� son examen.

-Ah ?

...

-Le voil� !

Commentaires.

-Laissez-moi descendre.

Ne m'accaparez pas comme �a.

-Nerveux ? -Un f�tiche ?

-Que pr�f�rez-vous ? -Continuerez-vous ?

-Ne l'affolez pas ! -J'ai l'habitude.

-Avez-vous bien dormi ?

-J'ai jamais r�ussi� dormir sur mes deux oreilles.

-Il a bu ? -D�p�chez-vous.

-Vous en faites pas.

A tout� l'heure.

-Au succ�s d'Hippolyte.

-J'ai confiance. -Moi aussi.

-S'il y a un Dieu, il ne laissera pas Augustine avoir le dernier mot.

-Comment va-t-on f�ter son retour ? -Tout est pr�vu.

Les banderoles sont pr�tes.

Le vin d'honneur aura lieu dans son auberge.

Qu'il gagne. -Comment le saurons-nous ?

-Tout est pr�vu, on nous avertit par t�l�phone.

On pourra s'installer.

Je vais voir Maria pour le vin d'honneur.

-Maria, elle doit �tre� l'�glise.

Elle doit en �tre � son 14e cierge.

-Saint Nicolas, faites qu'il ait son certificat d'�tudes.

Saint Nicolas...

-Le voil�.

-Ah !

-�a a march� comme tu voulais ? -Pour �a, oui.

-Je suis fier de toi. -Quelle chance !

-Quelques mots aux auditeurs de Radio Normandie.

-Non, parce que... -Si.

-Attendons que ce soit officiel.

-Dans quelques instants,

..Hippolyte Lemoine vous fera le r�cit de son examen.

-Pardon, mais je vois ma tante... -Elle est venue, celle-l� ?

-Je dois lui parler. -M�nage-la.

Elle peut tomber raide. -J'ai des sels dans ma trousse.

-Alors ?

-Vous allez �tre contente.

O� est Javotte ? Elle fl�ne.

Elle nous rejoindra au caf�, viens.

Donnez-nous 2 cidres. -Oui.

-Merci.

Alors, raconte.

-J'ai �crit que des b�tises.

-Tu as fait �a ? -Oui.

Vous n'avez pas..

..vu le petit gros avec un lorgnon me demander...

"Dites-moi le nom de la femme de Louis XVI."

Alors je r�ponds, sans rire, Marie-Antoinette.

Et je pr�cise...

"L'Autrichienne", pour qu'il comprenne de qui je causais.

-C'�tait pas la femme de Louis XVI ?

-Oh, tante, vous n'�tes pas cal�e, vous auriez eu 0 aussi, alors.

Merci. Louis XVI...

Mari de Catherine de M�dicis.

Marie-Antoinette, elle avait �t� pendue depuis longtemps.

-Ah ?

C'est si loin.

-Le plus dr�le, c'est pour les villes de l'Am�rique du nord.

J'ai h�sit�, mais j'ai pens�� Javotte.

Pour elle, je dois faire l'idiot.

C'�tait pas commode.

Mais tr�s vite, j'ai r�pondu Boston, Chicago, New York...

-New York est du nord.

-Du nord ?

Et quand une vague de chaleur touche New York, c'est le nord ?

-Ah !

-Hippolyte reste longtemps avec sa tante.

-Vous avez un coll�gue ici ? -Oui.

-Allez vous renseigner, la radio pourra partir s'il est recal�.

-J'y vais.

-Javotte.

Je te donne l'auberge. -Tu es bien gentil.

J'ai appel�� Rouen.

Jean-Marco m'engage pour 3 mois.

-Quoi ? -Mais tu dois signer le contrat.

-Jamais ! -Et ma carr�re artistique ?

-Tu pars 3 mois ?

Elle me taquine. -Toi, la barbe !

-On lui parle de notre complot ? -Quel complot ?

-C'est rien.

Je vais appeler le notaire pour lui dire qu'Hippolyte a �chou�.

-Tu as rat�, bravo ! -C'est expr�s, pour toi.

C'�tait convenu. -Avec qui ?

-Avec ta m�re.

-Maman ?

-Oui, elle m'avait dit que...

Qu'on se marierait si je faisais �a.

-Et tu l'as cru ?

-Oui.

C'est pas vrai, tu m'aimes pas ? -Et elle t'a dit que je t'aimais ?

-Oui.

M�me que tu m'adorais.

-Et tu as march� ? -Oui.

-Pourquoi elle a dit �a ?

-Pour avoir ton auberge.

Tu me fais de la peine.

Comprends-moi, je suis pas faite pour toi, ni pour vivre ici.

Demain, je partirai vivre ma vie.

-Alors j'ai tout perdu ? -Non.

Tu as des amis, va les retrouver.

-J'ai tout perdu ?

J'ai tout perdu.

-All�, Ma�tre Poussin ?

Il n'est pas l� ?

O� ?

A Courteville.

A son retour, dites-lui d'aller au Trou Normand pour la succession.

Avec la 2e enveloppe.

Moi, j'appelle la cabine de Courteville pour le joindre.

Merci.

All� Mademoiselle, je voudrais la cabine de Courteville.

-Honneur� Hippolyte.

Mets cette banderole en place, je m'occupe des drapeaux.

-Tout de suite.

-Des nouvelles ? -Non.

-J'ai le foin� rentrer. -Et moi, mes patates.

-Patientez, on va bient�t �tre fix�s.

-Les gars, Hippolyte a rat�. -C'est pas vrai, pas possible !

-Augustine a appel�, on doit pr�venir le notaire.

-Que fait-on ? -Foutez le camp.

Les gamins, allez jouer avec les banderoles, les drapeaux.

-Y a pas de bon Dieu ! -Non, s�rement.

Oh, il a rat�.

Oh !

-J'ai tout perdu, le certificat, Javotte.

-Pardon.

Il est re�u !

-Il sera content. -L'inspecteur a dit que �a y �tait.

-Cherchons Hippolyte. -Et j'appellerai Testu.

-J'ai tout perdu.

Tout perdu.

-Alors ? -J'ai rien vu.

-Pichet ? -Rien du tout.

-O� est-il ? -Il faut faire quelque chose.

-Je prends ma voiture. -Je continue.

-On vous rattrape.

-Pardon, vous n'auriez pas vu un jeune homme en gris ?

Avec un b�ret.

-Tu l'as vu ? -Non.

-Ah, un gars est parti� gauche. -Je vous remercie.

Klaxon.

-Pardon, vous n'avez pas vu un jeune homme en gris avec un b�ret ?

-Oui, il allait par l�. -Je vous remercie.

-Hippolyte !

-J'ai tout perdu.

-Hippolyte !

Hippolyte !

Il est l�-bas.

-Allons le chercher.

-Hippolyte !

-Que fais-tu l� ? -Laissez-moi !

-Hippolyte !

-C'est vrai, je suis un idiot, j'ai tout rat�.

-Mais il est fou ! -Vous �tes re�u.

-C'est vrai ? -Oui, tu as ton certificat.

-C'est vrai ? -Oui.

-Allez, monte !

-Et vous avez bien r�pondu. -Vraiment ?

-Mais oui.

C'est vraiment moi ? -Oui.

-C'est comme �a. -Eh oui.

-Dire que c'est Augustine qui aura l'auberge.

-Elle mettra Hippolyte� la porte. -Que vont dire les r�actionnaires ?

-Pauvre Hippolyte, c'est pas juste.

C'est pas juste. -Non.

-A la n�tre. -Oui, sant�.

-�a y est, il est re�u� l'examen.

-Non ! -Melle Pichet m'a appel�e.

-Bravo !

-Et l'appel d'Augustine ? -Elle nous a eus.

On s'est pas m�fi�s.

J'ai renvoy� la fanfare. Et les banderoles.

Les banderoles.

Il est re�u, Hippolyte est re�u !

Oh oh oh !

Janine, va annoncer la bonne nouvelle.

Toi, va dire� Maria de ressortir son vin d'honneur.

T�che de r�cup�rer des drapeaux.

-Les petiots sont l�, je les prends.

-Les drapeaux !

Fl�te !

J'ai renvoy� la fanfare.

-J'en cherche quelques uns ? -C'est �a, oui.

Musique de fanfare.

Acclamations.

-Hippolyte !

-Le voil� !

Fanfare et acclamations.

-Hippolyte !

-Silence !

Je vous en prie !

Hippolyte, je te f�licite au nom des habitants de Courteville.

Tu es comme leur enfant.

Acclamations et fanfare.

-Pourquoi ce tintamarre ?

-Votre neveu a son certificat. -Quoi ?

La bourrique ! -Il t'a bien eue.

-C'est pas fini, j'ai pas dit mon dernier mot !

Il croit que �a va se passer comme �a !

Brouhaha.

-Je l�ve mon verre au symbolique courage d'Hippolyte Lemoine.

-Bravo, Hippolyte !

-Qui, malgr� les emb�ches de toutes natures,

..a men�� bien une t�che peu commune.

Retrouver l'enfant en lui pour �tre l'homme que son oncle souhaitait.

-Bravo !

-N'oublions pas d'associer � cette r�ussite notre instituteur.

Notre ami Pichet.

Acclamations.

-Ainsi que Madeleine, dont le d�vouement est un exemple.

Acclamations.

-La brave Maria qui a couv� notre F�lix.

Acclamations.

-Et vous tous, qui n'avez jamais dout� du g�nie tardif..

..et des dons pr�coces d'Hippolyte.

Acclamations.

-J'y comprends rien,� l'examen j'avais fait expr�s de me tromper.

-Ne le dites pas, il y a un bon Dieu pour les grands enfants.

-Mademoiselle Madeleine, c'est difficile, le brevet �l�mentaire ?

-Pourquoi me demander �a ? -C'est pas que je veux le passer...

�a me ferait plaisir de vous avoir aupr�s de moi, pour travailler.

-Alors, patron, tu es heureux ?

-Si je suis heureux ?

C'est comme dans un conte de f�es. -Voil� Carabosse.

-Hippolyte !

-Si c'est pour m'embrasser, j'ai pas envie.

-Viens, le notaire t'attend.

-Mme Lemoine, c'est pas le moment. -On doit ouvrir une 2e enveloppe.

Le notaire attend. -Qu'il entre.

Qu'il vienne trinquer. -Oui !

-Qu'il lise ici, j'ai rien de cach�.

-Tu vas voir !

-Ouh l� l� !

-Que contient l'enveloppe ? -Elle doit aller� l'�cole aussi ?

-Pas de blagues, je d�missionne.

Il klaxonne.

-Oh vous, j'arrive tout de suite.

-Hippolyte Lemoine, veuve Augustine Lemoine, approchez.

On lit le document.

-Le document ? -Oh !

-Chut !

A ouvrir apr�s l'examen.

-"Mais si Hippolyte est assez cr�tin pour rater son certificat,

..comme moi...

-Mais je l'ai eu. -Chut !

-Qu'il prenne l'auberge quand m�me.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.