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Original subtitles

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1 DES ANNÉES DURANT, LE PAYS DES FÉES FUT UN LIEU DE MYTHES ET DE LÉGENDES

JUSQU'À L'ARRIVÉE D'EMPIRES HUMAINS S'AFFRONTANT POUR SES RICHESSES.

IL Y A SEPT ANS, CETTE GRANDE GUERRE PRIT FIN

LORSQUE LA RÉPUBLIQUE DE BURGUE SE RETIRA...

...ABANDONNANT LES FÉES AU POING D'ACIER DE SON RIVAL, LE PACTE.

DÉSORMAIS, LE PAYS DES FÉES EST UN ENFER AUQUEL ELLES ESPÈRENT ÉCHAPPER...

Courez !

ANOUN - ZONE OCCUPÉE PAR LE PACTE TIRNANOC

Vite !

Allez ! Allez !

Abattez-la !

Hé ! Je te l'ai déjà dit. Tu auras ta part après que j'ai eu la mienne.

- Déguerpis. - Non. Cette fois-ci, je viens.

Tu parles. On a besoin de toi ici. Tu es notre dernier épervier.

J'arrête. Un autre Pix rassemblera les passagers pour vous.

Je vais en Burgue.

Tu le sais.

Si tu ne paies pas,

mieux vaut ramener ton petit cul sur la côte.

Avec tout mon respect, capitaine, je ne partirai pas.

Dégage de mon bateau, ou je te balance par-dessus bord.

Essayez donc.

Je viens du rocher où vos gars n'osent même pas poser le pied

et j'ai abattu des trucs plus robustes que vous en cinq minutes.

C'est la flotte côtière !

Merde ! Mettez-la dans la soute. Tirons-nous d'ici, messieurs.

Merci.

Excusez-moi.

Pardon, madame.

Je voulais juste vous remercier pour ce que vous avez fait.

On dit que c'est vous qui avez permis la traversée.

Ne me remerciez pas. Vous devrez tout de même payer.

Ou travailler en Burgue.

Je n'ai rien accompli.

Ça compte beaucoup.

Grâce à vous, nous pourrons avoir une meilleure vie.

Je l'espère.

C'est un soldat burguais ?

Oui. Je l'ai connu pendant la guerre.

Lui et vous, vous...

Pas de quoi avoir honte.

Une fois, j'ai eu un flirt avec un fusilier burguais.

Surtout par curiosité. Mais il était très gentil.

Pour moi, c'était un peu plus que ça.

C'est pour ça que vous allez en Burgue ? Pour le retrouver ?

Non.

Il est mort lors de la dernière attaque du Pacte.

Je suis désolée.

LA BURGUE

Salut !

Où cours-tu, mon chou ? Monte donc me voir.

On ne vend pas de camelote de critch dans la Ruelle.

Pas sans permis.

Heureusement, c'est ton jour de chance,

on peut t'en vendre un.

Je dois parler à mon père.

Il n'est pas là.

C'était un grand médecin dans son pays, à l'époque.

Ah bon ? Et à présent, il vend cette merde.

Allez, vire-moi cette merde d'ici.

Tu peux pas rester là.

Vous allez le ramasser ?

Qu'avez-vous dit ?

- Thatch, arrête ! - Non, tout va bien.

J'ai l'impression que vous demandiez une leçon de civisme.

Ne faites pas ça.

Ou sinon ?

Vous devriez changer de pantalon.

Ne te lève pas. Arrête !

Désolé, inspecteur. Il est nouveau.

Tu as perdu la boule ? Tu sais qui c'est ?

Merci, inspecteur.

Comment va ton père ?

Bien. Que faites-vous dans la Ruelle ?

J'enquête.

Elle s'est réveillée hier soir.

Elle est lucide ? Elle parle ?

Oui. Par la grâce de Titania.

Magrite, mon amour,

voici l'inspecteur Philostrate.

Vous pouvez m'appeler Philo.

Vous êtes de la police ?

En effet.

Je suis chargé de trouver l'homme responsable de ces agressions.

Unseelie Jack.

C'est ainsi qu'on le nomme.

C'est ainsi que nous, les critchs, nous l'appelons.

Jack ne s'en prendrait jamais à votre espèce.

Tu peux lui parler, Mags.

Il fait partie des gentils.

J'ai parlé à certains autres,

du moins, à ceux qui le peuvent.

Je crains de ne pas avoir obtenu grand-chose.

J'espérais que vous m'en diriez plus.

Aidez-moi à traduire cet homme, enfin, si on peut dire ça,

en justice.

Puis-je avoir du thé ?

Bien sûr.

Vous venez d'Anoun.

Pendant la guerre, j'ai servi dans les montagnes tirnanaises.

J'étais déployé dans une mimasserie,

l'un des plus beaux lieux que j'aie jamais vus,

avec des gens parmi les plus courageux.

Parfois, j'ai l'impression d'y avoir laissé mon cœur.

Moi aussi.

Désolé de vous demander de revivre ça, je sais que c'est douloureux.

Mais cet homme court toujours, il pourchasse d'innocentes fées.

Toutes les trois semaines, il recommence.

Votre attaque remonte à trois semaines. Il va frapper.

Nous devons l'en empêcher.

J'ai besoin de votre aide.

S'il vous plaît.

Je l'ai entendu

avant même de le voir.

Il m'a traitée de pute pix.

Il a dit la sentir sur moi.

L'ombre.

De quoi avait-il l'air ?

Il avait le crâne rasé,

mais il avait des poils sur les joues.

Des favoris.

Il avait un tatouage sur l'avant-bras.

Quel dessin ?

Un serpent, je crois.

Autre chose ?

Le moindre détail pourrait mener à son arrestation.

Il portait un uniforme.

Un uniforme ?

Quel genre ?

De la police ?

De l'armée ?

Vous le savez ?

Je suis ici depuis peu de temps.

Oui.

Évidemment.

Merci.

Vous m'avez bien aidé. Un courage digne des gens des montagnes.

M. Philo,

je sais que vous êtes un homme bon.

J'espère que vous trouverez ce que vous y avez perdu.

Vous aussi.

Attention, Franny ! Pas si près, Peter !

Tu as entendu grand-mère, reviens !

Je me fiche de cette vieille bique !

Par le Martyr, regardez !

Une épave !

Partez d'ici.

Allez chercher un policier. Dépêchez-vous !

Les critchs envahissent notre ville.

BALEFIRE HALL RÉPUBLIQUE DE BURGUE

Ils changent le tissu de notre société.

Et ça n'a rien de positif.

Ils apportent le vice, le libertinage,

le fléau de l'addiction au lixer,

la vénération de dieux étranges.

Nos rues ne sont plus sûres.

Des quartiers entiers sont devenus infréquentables pour les bons citoyens.

Le peuple demande de l'aide à son Chancelier.

Et que trouve-t-il, à la place ?

Une majorité se contentant de ne rien faire !

Il semblerait que ce bon Proctor Longerbane ait oublié

pourquoi les fées ont dû fuir leurs terres, au départ !

Parce que le parti qu'il dirige a choisi

de laisser Tirnanoc tomber aux mains du Pacte !

N'oublions pas quel parti

nous a attirés dans cette aventure mal conçue de création d'empire.

Nous aurions pu gagner cette guerre.

Nous aurions dû gagner cette guerre !

Regardez comme il ignore le problème.

Les hommes de la Burgue ne trouvent pas d'emploi décent,

car les critchs font leur travail pour une misère !

Si Proctor Longerbane souhaite renvoyer les fées là d'où elles viennent,

laissez-le donc récolter les votes nécessaires.

Après tout, rédiger les lois est le domaine

de cette auguste chambre.

Le mien est de faire en sorte que ces lois soient bien appliquées !

Il n'inclut donc pas la loi interdisant des fréquenter les filles de joie pix.

Quelle audace !

Contester l'honneur de ma famille !

Contester ? Comment ça ?

Son affront n'a pas d'importance.

Le nom de Breakspear est au-delà de tout soupçon.

Quand bien même, devoir tolérer une telle impudence

alors que vous détenez la majorité.

Oui, mais la marge est faible.

Le moindre faux pas me coûterait la chancellerie.

Jonah !

Bonjour, père.

Bonjour, mère.

Au-delà de tout soupçon.

En effet, cher mari.

Et où étiez-vous ?

Sorti avec des amis.

Toute la nuit ?

Il semblerait bien.

Pas sur Carnival Row, j'espère ?

Bien sûr que non.

Non, vous êtes bien au fait des limites de mes allées et venues.

Vous êtes le fils du Chancelier, Jonah.

N'offrez pas de munitions aux ennemis de votre père.

Ne vous en faites pas, plutôt mourir

que de faire honte à mon cher père bien-aimé.

C'est votre avenir qui m'inquiète, Jonah.

Ne vous en faites pas.

Mon avenir n'est que jonquilles et arcs-en-ciel à perte de vue.

Chers habitants de la Burgue,

votre ville est assiégée.

Mais vous n'êtes pas seuls.

Faites entendre votre voix.

UNE TEMPÊTE DÉTRUIT UN VAISSEAU DE MIGRANTS

CENT ÂMES PERDUES !

Alors, vous l'avez attrapé ?

Tourmaline.

Le dernier remonte à trois semaines.

Il chassera sûrement cette nuit.

Ravi de vous voir aussi.

Je me demande si je devrais

faire mes courses avant la nuit.

Je le tiendrais déjà

si d'autres victimes avaient parlé.

Eh bien, un type avec un badge qui frappe à la porte,

ce n'est pas vraiment un soulagement.

Quoi ?

Certes, les policiers ne sont pas des anges,

mais on n'est pas le Pacte.

Non, mais vous avez abandonné, comme vous le ferez avec Jack.

C'est ce qu'on dit.

C'est ça.

C'est grave ? Dois-je craindre des émeutes ?

C'est tendu.

Un raciste nous tabasse avec un marteau,

et peu d'entre vous semblez vous en soucier.

Tu cherches les ennuis ?

Tu n'es plus au pays des moutons, enfoiré de trotteur.

Cette ville nous appartient ! Vous feriez mieux de vous en souvenir.

Bref, concernant ce Jack. Je peux vous dire où chercher,

voilà la raison de votre présence.

La dernière victime a dit qu'il avait des favoris.

Bien joué.

Regardez ça.

Encore une épave.

En provenance d'Anoun.

Des survivants ?

Y en a-t-il jamais eu ?

Elle a été trouvée sur le rivage près de Cap Tairn.

Pile ce dont a besoin cette ville, une bouche pix de plus à nourrir.

Hé, réveille-toi.

Le nom.

Le nom ?

Vignette. Vignette Stonemoss.

Pas le tien, imbécile, celui du foutu bateau qui a coulé.

Oh, le Deliverance, je crois.

Tu as embarqué où ?

Près d'Anoun. Sur la côte.

Malins, ces passeurs de critchs.

Ils sillonnent la côte pour éviter les canons du Pacte.

Pas assez malins pour éviter les bourrasques hivernales.

Et les autres ?

Tous péri, sauf toi.

Ils ne nous ont pas laissés sortir de la cale, même quand le bateau

a commencé à prendre l'eau.

S'ils t'avaient laissée sortir et que tu avais volé jusqu'à la côte,

tu n'aurais plus de valeur pour eux.

Avec qui as-tu passé un marché ?

Je n'en sais rien. Un travail de deux ans pour le passage.

D'accord. Enregistrez-la.

Trouvez à qui était le bateau

et envoyez-la où il faut.

Tenez. Le voilà.

Je me demande qui c'est.

C'est la plus belle maison de la place. Il doit être très riche.

Sans nul doute.

Il a envoyé son notaire aux enchères, a acheté la maison sans la voir,

paraît-il.

Sans la voir ?

Il doit être très riche, en effet.

Vous attendez quelqu'un, chère sœur ?

Non.

Oui ? Puis-je vous aider ?

Je cherche M. Ezra Spurnrose.

C'est bon, Afissa.

Je suis Ezra Spurnrose.

Vous êtes le propriétaire du navire Deliverance ?

Quel est le problème ?

Perdu en mer.

Bien sûr, vous étiez conscient des risques.

Apparemment pas.

J'ai investi une grosse part des capitaux familiaux

dans cette entreprise.

On m'a demandé de financer l'achat et la restauration...

du Deliverance comme navire,

contre une part des profits récoltés en amenant ces...

malheureux sur nos côtes.

Ça n'a rien d'illégal.

- Si ? - Non.

Ça devrait l'être, selon moi.

Nous avons déjà bien assez de critchs,

merci bien.

En ce qui concerne cette Pix,

elle est sous contrat pour le prix du passage,

cinquante florins.

Vous pouvez vendre ce contrat ou la conserver comme domestique,

à vous de voir.

Une femme de chambre !

Ezra ! Je n'en ai plus depuis le décès de notre pauvre papa.

Il est grand temps de remédier à cette situation intolérable.

Merci.

Et je suis désolée.

De quoi, ma chère ?

D'avoir douté de vous et de vos entreprises mystérieuses.

Clairement, vous savez bien gérer nos affaires.

Comment t'appelles-tu, jeune fille ?

Vignette.

Suis-moi, nous allons te laver.

Je crois qu'on a toujours l'uniforme de la précédente.

Vous serez libre le swansday.

Réservez-le pour vos propres affaires. Pas en semaine.

Désolée.

La dernière... Et du lait.

La dernière fille avait tout un tas de proches

qui venaient la voir... Ça suffit.

À toutes heures du jour et de la nuit. C'était vraiment ennuyeux.

Ne vous en faites pas, mademoiselle.

Je n'ai pas de proches.

Sont-ils toujours à Tirnanoc ?

Ils sont tous morts.

Bien sûr, je trouve affreux que la Burgue ait abandonné Tirnanoc

aux ravage du Pacte.

Accueillir une misérable comme vous, c'est le moins qu'on puisse faire.

Nettoyez-vous les ongles avant de me servir le thé.

Oui, mademoiselle.

Pas étonnant qu'elle vous aille si bien.

Vous, les fées, vous êtes si menues et graciles.

- Mais cette tresse... - Non.

Vraiment désolée, mademoiselle.

Veuillez m'excuser. Il ne me reste que peu de choses.

Mes tresses sont mon identité.

Que c'est original.

Elle me rappelle un proche perdu.

J'espère que vous ne ferez pas de vagues.

Vous pouvez disposer.

C'est notre ville.

Elle appartient aux gens de la Burgue !

Il suffit de constater l'enfer impie

que ces races bestiales et merdiques ont fait de leurs terres

pour comprendre ce qui est en jeu !

Si Absalom Breakspear ne parvient pas à mettre fin

à la marée de critchs déboulant sur nos côtes,

qu'il soit remplacé par un homme qui saura le faire.

Ritter Longerbane !

Longerbane !

C'est une disgrâce, voilà tout.

Ce quartier était respectable, avant.

Sergent, que fichez-vous ici ?

Aux dernières nouvelles, il n'était pas illégal de se rassembler.

Même avec ceux qui aimeraient

briser des crânes de fées au marteau ?

Vous le recherchez toujours ?

Pour combien de temps ?

Jusqu'à ce que je le trouve. Et je le trouverai.

Pas parmi ces braves gens.

Je n'en sais rien. Il pourrait être proche.

Très proche.

Qu'insinuez-vous ?

Que la dernière victime de Jack dit qu'il pourrait être un Chopper.

Chauve.

Portant un uniforme, sergent.

Ces foutus critchs

sont prêts à tout pour attirer l'attention.

- C'est ça. - Exactement.

Vous voudrez bien me montrer votre bras ?

Je n'ai pas à vous montrer quoi que ce soit.

J'ai prêté serment de protéger les gens de cette bonne ville, comme vous.

Et vous et vos amis

prenez en compte les fées ?

Pourquoi êtes-vous tant impliqué ?

Quelle étrange affinité avez-vous pour eux ?

J'ai servi à leurs côtés pendant la guerre.

Ils ont mis leur vie en danger, comme nous,

et je n'aime pas la façon dont cette ville les remercie.

La guerre. Il paraît qu'il s'y est passé plein de choses.

"Il paraît" ?

Je ne critiquerai pas un homme s'il a pêché.

Pas de vraie femme alentours, juste ces cloches ruinées

prêtes à se coucher pour une belle pièce bien brillante.

C'est facile.

On ferme les yeux et on pense à sa douce, chez soi.

Il paraît que c'est comme tremper sa queue dans un seau de furets huileux.

C'est vrai ?

Si vous vous levez, vous le regretterez.

N'imaginez pas vous en tirer sans un rapport !

Allez-y ! J'ai hâte de leur dire où je vous ai trouvé !

CHAMBRES À LOUER

Bonsoir.

Bonsoir.

- Mme Fyfe. - M. Philostrate.

J'ai gardé votre assiette au chaud.

Je vous remercie.

Vous pouvez.

Le souper est servi entre 18 h et 19 h, règles de la maison.

Allons, M. Bagstock,

nous pouvons accorder une largesse de 20 minutes.

Il passe ses journées à sécuriser nos rues.

C'est du favoritisme, voilà tout. Sachez que je l'ai remarqué.

Tu ne m'as pas raconté comment c'est arrivé.

Je suis sûr que si.

C'est une blessure de guerre.

Oui, mais tu ne m'as jamais dit comment.

Je ne crois pas que tu veuilles en savoir plus.

Pourquoi ?

Car tout le monde n'est pas revenu, j'imagine.

Tu parles de mon mari ?

Ça fait sept ans. Même plus.

Parfois, ce sont les vieilles blessures qui font le plus mal.

Je suis en paix avec ma douleur.

Je suis curieuse de la tienne.

C'était la guerre, c'était dur...

J'ai des remords.

Je suis sûre qu'il n'y a pas que ça.

Peut-être que si ?

Pourquoi es-tu sûre qu'il y a un récit intéressant ?

Car tu es un homme intéressant.

Les hommes comme toi sont des récits. Raconte-m'en un.

Une autre fois. Il est tard.

D'accord.

Oui.

Je devrais partir.

Bonne nuit, M. Philostrate.

Bonne nuit, Mme Fyfe.

Est-ce bien nécessaire ?

On ne peut pas se permettre que tu voles en pleine journée.

Lace-le.

Tu vas où bon te semble sur ton temps libre,

mais n'oublie pas que tu représentes cette maison.

À ce propos, y a-t-il un train

allant à l'hôtel Tetterby ?

Que sais-tu de cet endroit ?

Une amie est venue en Burgue il y a longtemps.

Elle pourrait y séjourner.

Le Tetterby a mauvaise réputation.

Sur Carnival Row.

Alors je dois me tromper.

Tu as tout compris.

Écoute, jeune fille.

Je t'aurai à l'œil.

Cette famille me loge et me nourrit.

Dans cette ville, ce n'est pas rien.

Alors comporte-toi bien.

Vignette !

Vous avez terminé ?

Oui, madame.

Je vous envoie faire une course.

Puis-je compter sur votre discrétion ?

Oui, madame.

Allez remplir ceci dans la Ruelle.

Huile de Tamphus ?

Avec de la racine de Calder et le Martyr sait quoi d'autre.

Une goutte à chaque oreille, et les hommes vous remarquent.

Je suis quelconque, mais au moins, j'en suis consciente.

C'est très cher.

Mon frère n'approuverait pas une telle dépense.

Mais ce n'est pas lui qui va avoir 23 ans

et peu de potentiels maris convenables.

Allez donc.

Il paraît que notre nouveau voisin s'installe aujourd'hui.

Je suis sûre que Louisa Pembroke a déjà choisi une nouvelle robe

pour parader devant lui.

Filez.

Je les ai trouvés sur la rive. Bel état.

Un florin chacun, au moins.

Deux florins pour les deux. À prendre où à laisser.

- Excusez-moi. - Pardonnez-moi, madame.

Tourmaline !

Vini !

Comment m'as-tu trouvée ?

J'ai payé un matelot pour qu'il te retrouve.

J'ai dépensé toute ma paie d'épervier.

Tout ça pour découvrir que ta vieille amie est une putain.

On fait tous ce qu'on a à faire.

Dixit celle qui aidait des réfugiés à fuir le Pacte.

Je crois que tu veux dire "vendre des contrats à des réfugiés".

Allons.

Ce n'était pas de l'héroïsme, mais un boulot.

J'étais payée, comme toi.

Oui. Mais tu ne le faisais pas pour ça.

Ah non ? Pourquoi je le faisais ?

Parce que les gens ont besoin d'aide, et tu pouvais les aider ainsi.

Je te connais depuis assez longtemps. Tu n'abandonnes pas.

Et pourtant, me voilà.

L'heure doit être grave.

Je n'aurais jamais imaginé que tu quittes Tirnanoc.

Ce n'était pas prévu.

J'ai appris qu'un groupe se cachait dans les bois,

dans l'attente d'un bateau.

Ils avaient fui un genre de camp.

Des femmes et des filles.

Des fillettes.

Le Pacte les pourchassait, et j'ai tenté d'aider, mais...

Ils les ont toutes tuées,

chacune d'entre elles.

La brigade, ils étaient si nombreux...

Je savais que je ne reviendrais pas, donc j'ai rejoint le bateau,

leur bateau,

celui que je leur avais trouvé

et qu'elles n'auront jamais vu.

Mais à présent, tu es là.

C'est une tresse de veuve ?

Mes Dieux, tu ne sais pas ?

Quoi donc ?

Vignette...

Philo est vivant.

Et vous pensez que le sergent Dombey est ce...

- Comment l'appellent-ils ? - Unseelie Jack.

"Unseelie" ?

Ça veut dire "détestable" dans leur langue.

Je ne peux pas blanchir Dombey, chef.

Ça n'a rien à voir avec votre dégoût

de la politique du sergent ?

Seulement dans la mesure où elle s'aligne avec celle d'Unseelie Jack.

Il correspond à la description faite par la dernière victime,

jusqu'à son uniforme.

Quand bien même, on n'agresse pas ses collègues.

Les policiers ne sont pas vos ennemis.

Je suis mal placé pour décider qui sont mes ennemis. Eux aussi.

La justice, c'est la justice.

Quand avez-vous pris du repos ?

Pas besoin de repos.

Pourquoi cette hâte ?

Pourquoi, bordel ?

Toutes les trois semaines, ce fou joue du marteau. Demain...

On retrouvera un accro au lixer mort,

un sang-mêlé avorté

ou un Black Raven du mauvais côté d'un combat au couteau.

La Ruelle est un endroit hideux.

Ce ne sont pas des criminels. La dernière victime était servante.

Celle d'avant, pêcheur.

Vous ne les sauverez pas tous !

Bon sang, je peux en sauver un !

Laissez-moi assigner un homme à Dombey.

Absolument pas !

Vous voulez filer l'un des nôtres ?

Donnez-moi une autre preuve qu'une foutue intuition.

C'est plus qu'une intuition.

Philo, rentrez chez vous !

Allez vous reposer. Revenez frais, demain.

- Je vous assure... - Philo !

Ce n'était pas une demande.

Qu'a-t-il dit ?

De laisser Dombey. Que j'en fais une affaire personnelle.

Tu as quoi ?

Le dessinateur a parlé à la victime.

Bien.

Mieux vaut garder ça pour nous.

Hé, Cuppins.

On est devenu une école navale ?

Le foutu Basilisk est à quai.

Le Basilisk ?

Cuirassé. Longue portée.

Ils les gardent dans une boîte jusqu'à les rendre à moitié fous,

puis ils rentrent relâcher la pression.

- Un fichu cauchemar. - C'est vrai.

Pour moi. Toutes les trois semaines.

Bouge !

Toutes les trois semaines ?

Jack ne porte pas d'uniforme de policier. C'est un foutu marin.

J'aurais dû y penser.

Tu avais raison.

Ces Burguais sont tous les mêmes.

Ils arrivent avec des promesses, nous prennent tout,

puis quand il ne reste plus rien, ils partent.

C'est une histoire connue.

Celle de notre fichu pays.

Alors on avance.

On raconte une plus belle histoire.

Non.

Pas encore.

Vignette, écoute. Calme-toi. Écoute-moi un instant.

Je n'en ai pas fini avec lui.

Il saura ce qu'il m'a fait.

Il le verra dans mes yeux.

Putain.

Un carrosse.

Luxueux.

C'est lui. C'est forcément lui.

Tout va bien ?

Notre nouveau voisin.

Doit-on l'accueillir en premier ?

Imogen ?

Quoi ? Pour lui être agréable.

Cela ne se fait pas.

Ne soyez pas vieux-jeu. Nous sommes au septième siècle.

Imogen.

Vous venez, finalement.

Il fallait bien vous empêcher de vous donner en spectacle.

- Puis-je vous aider ? - Bonsoir, monsieur.

Le maître de maison est-il là ?

Qui le demande ?

- Ezra... - Ezra Spurnrose et sa sœur.

Nous sommes vos voisins, nous venons nous présenter.

Faites-les entrer, Fergus.

Merci.

Spurnrose.

Il paraît que votre père était le meilleur horloger de la Burgue.

Nous aimons penser que oui.

Le maître de maison est-il disponible ?

C'est moi, le maître ici.

J'aurais dû ne rien dire.

Elle a survécu à sept années en Tirnanoc sous le joug du Pacte.

Je suis sûre qu'elle survivra une nuit en Burgue.

Oui, moi aussi. Mais je ne le suis pas pour celui à qui elle en veut.

C'est encore le gamin ?

La deuxième fois, cette semaine.

Le propre fils du Chancelier

qui valse devant la porte d'un bordel de fées

comme s'il ignorait les risques.

Ma soirée est gâchée.

C'est bon. Je me dévoue.

Vraiment ? Tu es sûre ?

Oui, pourquoi pas ? J'ai bien besoin de me distraire.

Jonah.

Ravie de vous revoir.

Bonsoir, ma chère Moira.

Quel genre de compagnie désirez-vous ce soir ?

Fleury.

Je dois aller pisser.

Du nouveau, sur les quais ?

J'ai montré l'esquisse au maître d'équipage.

S'il connaissait ce visage, il n'a rien dit.

C'est ce que je craignais.

Que fait-on ici, alors ?

Comme on dit,

si le poisson que tu veux pêcher n'est pas en mer...

regarde dans l'aquarium.

Ces messieurs ne balanceront pas l'un des leurs si facilement.

Ce n'est pas ce qu'on demande.

Toutes les victimes ont été frappées sur le côté droit de la tête.

Ce qui veut dire que notre homme est gaucher.

Sa dernière victime a dit qu'il avait un tatouage à l'avant-bras.

Vous voulez qu'ils remontent leurs manches ?

En quelque sorte.

Je suis pas inquiet.

Je te l'avais dit, cette salope !

C'est un sacré connard.

Hé, vous faites quoi avec ça ?

Excusez-moi.

Désolé, mon pote.

Putain ! Merde !

Oh, bordel de merde.

Putain !

Inspecteur !

C'est lui. C'est Jack. Fais le tour !

Montrez-moi vos mains ! C'est terminé !

Terminé ?

Ce n'est que le début.

Je devais les arrêter.

Pas le choix.

Vous ignorez le plan machiavélique qu'ils prévoient sous votre nez.

Éloignez-vous de la corniche.

Ils ne sont pas les enfants de notre dieu.

Ils ont de sombres origines.

Et ils ne sont pas seuls. Ils ont apporté un truc avec eux,

un truc qui sonnera notre fin.

Je l'ai vu de mes propres yeux.

Vous me croyez fou ?

Je connais les ténèbres.

J'ai vu le crépuscule du monde

et remonté des choses des profondeurs obscures

qui vous glaceraient le sang. Mais rien...

ne ressemblait à la chose que j'ai vue dans l'ombre sous nos pieds.

Vous n'êtes pas prêts pour l'épreuve qui nous attend.

Il y a plus que vous ne l'imaginez.

Tandis que vous vivez votre petite vie,

tellement sûrs que ce monde vous appartient,

un dieu des ténèbres s'éveille.

Il va sans dire qu'on est sortis en hâte.

Imaginez.

Un Puck, qui vit ici, sur Finistere Crossing.

Que devient cette ville ?

Ma robe de chambre.

Ce sera tout, Vignette. Je prendrai le thé ici à 7 h.

Bonne nuit, mademoiselle.

M. Philostrate ? Que faites-vous ici ?

Quoi, ce n'est plus ma chambre ?

Je pensais te surprendre pour ton anniversaire.

Ce n'est pas mon anniversaire.

Tu as emménagé il y a un an, donc j'ai bien dû en rater un.

Qu'as-tu à la main ?

Et à la tête ? Philo.

On m'a attaqué au marteau. Tu sais.

Quoi ? Fais-moi voir.

Tu devrais te faire examiner.

- Pas besoin... - Des points.

- Non, c'est bon. Pas de médecin... - Tu pourrais avoir une commotion.

J'ai dit...

Pas de médecin.

Je suis désolé.

C'était une sacrée nuit.

Je suis préoccupé.

Tu peux en parler.

Tu le sais, non ?

Il peut arriver que des gens qui partagent une couche

partagent leurs pensées, parfois.

- Une autre fois, peut-être. - Arrête.

- Quoi ? - "Une autre fois, peut-être."

Je ne veux pas t'accabler avec ce fardeau, Portia.

Ce n'est pas un fardeau.

- Tu en ignores le poids. - C'est vrai.

Je sais que tu le portes seul, tu n'es pas obligé.

Je veux te connaître, Philo.

Et je te dis que tu es plus heureuse dans l'ignorance.

Je vois.

Oui.

D'accord.

J'oublie toujours.

- Je ne voulais pas... - Non, tu veux me protéger.

Merci.

Fais-moi savoir la prochaine fois que tu veux un coup vite fait.

- Portia... - Bonne nuit, M. Philostrate.

Espèce de menteur de merde.

Tu es vivant.

Mima Roosan est venue me voir avec du sang sur les mains.

Elle a dit que tu étais mort dans ses bras.

Pourquoi m'a-t-elle menti ?

Car je le lui ai demandé.

On se racontait tout.

Tu n'aurais pas pu au moins me dire adieu ?

Je le voulais.

Je n'ai jamais voulu te blesser.

Me blesser ?

Tu m'as détruite.

Je t'ai attendu, et tu m'as abandonnée dans les cendres de mon pays

avec mon deuil pendant sept ans.

J'aurais dû faire ça le jour de notre rencontre.

Fais-le.

Fais-le.

Tu n'en vaux pas la peine.

Je préférerais que tu sois mort.

Il y a plus que vous ne l'imaginez.

Tandis que vous vivez votre petite vie,

tellement sûrs que ce monde vous appartient,

un dieu des ténèbres s'éveille.

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