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Encore deux jours avant les élections régionales.
Elections décisives pour le système sanitaire lombard.
Le plus grand d'Italie,
avec son budget annuel qui dépasse 20 milliards.
Faits divers, maintenant.
Homicide à Gênes.
L'enquête montre...
Armida,
ouvrons les fenêtres, il y a une odeur d'oeuf pourri.
Si ça sent le pourri, ça vient de toi.
Tu viens te renseigner sur mon programme ?
Agnese m'a tout dit.
Tu étais médecin.
Tu as gavé des seniors de sédatifs pour qu'ils soient sages.
Pas pour qu'ils soient sages.
Pour les soigner.
Tu les bourrais de calmants pour économiser.
- J'aurais fait ça pour l'argent ? - Arrête un peu.
Tu es parti de rien pour arriver jusqu'ici.
A deux doigts de gérer la Région.
- Je cherchais un remède. - Contre quoi ?
La douleur.
Quoi d'autre ?
Quand j'ai forcé les doses de benzodiazépines
dans quelques Ephad,
le résultat a été incroyable.
J'imagine.
Ils en abusent tous.
Les grands mots.
Voyons, abuser...
Qui décide du seuil de douleur supportable ?
Pas toi, c'est sûr.
Demain, je serai conseiller.
Puis, ministre de la Santé.
Ca n'arrivera pas.
Tu as volé
des données confidentielles pour gagner les élections.
Je n'ai rien volé.
- C'est Agnese.
- Tu l'as fait chanter.
C'est elle qui dit ça ? Elle a des preuves ?
Si cette information sort,
c'est elle qui perdra tout.
Son travail,
sa réputation et sa crédibilité.
Tu viens me vomir dessus tes accusations.
Tu te trompes de personne, mon cher.
Tu as voulu guérir Agnese à tout prix.
Tu as accepté le marché.
J'ai pas violé le serment d'Hippocrate.
C'est toi qui l'as fait.
Bonjour, Dr Sandri.
- Je veux vous remercier.
- Pour quoi ?
Ne pas m'avoir signalée.
Je le méritais.
J'ai exagéré.
En effet.
Je suis mutée dans deux jours.
J'ai rencontré mon chef. Il est brillant.
Il ne me fera pas perdre la tête, promis.
- Alors, félicitations. - Vous aussi.
Allons-y.
Sans me le dire.
Je voulais pas t'attirer d'ennuis.
J'aurais pu t'en éviter, à toi et à ton génie d'ex-mari.
- Tu crois pas ? - Désolée.
Comment il va ?
Tu as bien fait de tout lui dire.
Tu pouvais pas garder ça.
Je ne sais pas si je pourrai le soutenir longtemps.
Tu lui as dit pour ta rechute ?
- Pourquoi ? - Il a tout sacrifié pour rien.
Voilà pourquoi tu avais renoncé à l'étude.
J'ai étouffé l'affaire.
Et Bramante a inscrit Agnese au programme expérimental.
Il l'a fait chanter.
- Quel connard. - Non, c'est moi.
J'ai accepté son offre.
- Pour Agnese. - Et alors ?
C'est impardonnable.
- T'as abandonné une étude. - Qui concerne
Tu l'as montré dans ton article.
Et là, je suis coincé.
Soit Agnese perd tout, soit je garde
- ma blouse d'imposteur. - Dis pas ça.
Tu resteras toujours le Doc.
On a un patient important.
J'y vais. C'est qui ?
Le politicien, Bramante.
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis le Dr Fanti.
Il présente de la fièvre,
de la tension et le scanner montre un oedème au lobe frontal.
Depuis quelques jours,
il a des nausées, des maux de ventre.
Les élections sont stressantes.
Et ces bleus ?
Il a pu se les faire en tombant.
- Je crois qu'il a été agressé. - Agressé ?
Son QG était sens dessus dessous.
Ca, je peux l'expliquer.
Je suis allé le voir au QG, ce matin,
pour aborder un sujet sanitaire.
Le ton est monté, on a eu une altercation.
Quoi ? Vous l'avez frappé ?
Non, madame. On s'est juste poussés un peu.
Il a pu être agressé par quelqu'un d'autre.
La police vérifie les caméras de vidéosurveillance.
- Ils découvriront qui a fait ça. - Oui.
ni le cholestérol.
Troisième hypothèse :
le patient a une pathologie et a été agressé.
tous les symptômes ?
Une infection.
Favorisée par une baisse des défenses immunitaires
due au stress.
Ca explique la fièvre,
les nausées, les maux de ventre.
La tension élevée.
On a un agent pathogène intestinal
et une agression.
- Autre chose ? - Un AVC.
Son taux de cholestérol LDL est à 2,1.
l'oedème, les bleus,
- la fièvre. - Hypothèse intéressante.
Ca expliquerait tout en écartant l'agression.
On va lui faire une IRM avec injection
et un bilan sanguin.
Mais n'écartons pas trop vite l'agression.
Un policier est là. Il veut te parler.
D'accord.
Pourquoi avez-vous vu M. Bramante ?
Pour discuter d'un sujet sanitaire.
Lequel ?
Je suis tenu au secret médical.
Sur les images, on vous voit entrer et sortir.
Puis, plus personne.
Jusqu'à la secrétaire qui a trouvé Bramante inconscient
dans une pièce sens dessus dessous.
Je suis sorti, il allait bien.
Mais vous avouez avoir eu une altercation ?
Ca ne l'a pas mis dans cet état.
Le sujet que vous gardez secret doit être intéressant.
Depuis votre accident, vous gérez mal votre agressivité.
Et parfois,
vous ne distinguez plus le vrai du faux.
C'est bien ça ?
pour garder ma blouse.
Oui, bien sûr.
Je ne vous dérange pas plus.
Je serai prévenu quand Bramante se réveillera.
On se reverra, donc.
Je vous attends.
Je suis à court d'internes.
A vos ordres.
Vivement l'arrivée des remplaçants.
Giulia sera nommée cheffe à Rome. Federico part dans deux jours.
Martina a démissionné d'un coup.
- Tu sais quelque chose ? - Sur les internes ?
C'est un grand mystère.
C'est normal.
Sa fille médecin n'a pas son diplôme,
est sans emploi et poursuivie en justice.
Je te vois pas travailler à la vallée.
Non, moi non plus.
Allez, rassemble tes affaires.
C'est ma faute.
J'aurais rien dû te dire.
Je n'ai absolument rien fait de mal à Bramante.
On parlait et il m'a agressé, d'un coup.
Je l'ai repoussé.
Si on fait ça, tu seras fichue.
Je suis déjà fichue.
Comment ça ?
Cette toux, c'est pas une simple grippe.
Je suis désolée.
Me voilà.
Alors, comment tu te sens ?
- Constantes ? - De la fièvre.
La tension ne chute pas.
Des signes d'infection ?
On attend encore les résultats.
C'était toi.
De quoi tu parles ?
Tu m'as agressé, c'était toi.
- Tu te trompes. - Au QG,
tu étais furieux et tu m'as agressé.
Tu me confonds...
- C'était toi. - Eloignez-vous.
Appelez la police.
Il simule pour te coincer.
T'as un avocat ?
T'attends quoi ?
C'est déjà fait.
Tu culpabiliseras plus tard.
Il va t'accuser de tentative d'homicide.
Agnese fait une rechute.
J'ai dit pas de commentaire !
La direction va faire un communiqué.
Laissez-moi travailler où vous serez le prochain patient.
Tu quittes le service au bon moment.
J'espère que ça se calmera avant mon départ.
Oui, j'imagine.
Ca n'arrive qu'une fois.
Quoi ?
D'être au centre d'une affaire médiatisée.
Aucun risque.
Je coupe mon portable au travail.
Bien, bravo. Très bien.
La presse me rend folle.
- Des nouvelles des hôpitaux ? - Il y a une place à Niguarda.
Parfait. Gère le transfert.
Plus vite Bramante partira, mieux ce sera.
Oui, cheffe.
Que fais-tu là ?
Salut. Je voulais pas déranger.
Trop mignonne. Tu m'as pas répondu.
Je vérifiais les gardes. Andrea m'a demandé un bilan
de la situation.
Sans m'en parler ?
Il voulait pas te déranger.
- Elle faisait quoi ? - Je sais pas.
Mais elle trame quelque chose.
D'accord, restons calmes.
Dans deux jours, elle sera partie.
Ca suffira pour nous faire du mal, à nous ou aux filles.
Le formulaire de confidentialité.
Evitons le questionnaire de satisfaction.
J'y vais.
Votre crayon...
Et voici mon bulletin.
Tenez.
- On peut y aller ? - Oui.
- On s'en charge. - OK.
Voilà.
Non, attendez.
- Pourquoi ? - Le patient délire.
Regardez, M. Bramante.
Qu'est-ce...
C'est mon bulletin de vote !
Rendez-le-moi !
Il délire. Il risque l'AVC. On l'amène en réa.
Madame, s'il vous plaît.
Tu dois te calmer.
- Reste calme. - Mon vote est important !
Calme-toi.
Comment vous avez compris pour l'ischémie ?
C'est Federico.
Il cachait sa feuille pour signer le formulaire.
Puis il a plié la feuille comme un bulletin.
Et en me la donnant, il a dit
"crayon" et pas "stylo".
Comme les crayons des bureaux de vote.
Et voilà.
Tu lui as sauvé la vie.
- J'ai eu de la chance. - Non.
Non, tu as été attentif.
Aucune distraction.
Vous pouvez y aller, les garçons.
Le Doc ne peut pas approcher le patient.
Je serai de garde, ce soir.
Désolé pour ma blague sur les réseaux.
Quand tu partiras, tu manqueras au service.
Merci.
Si elle nous dit la vérité.
C'est elle qui perdra tout.
J'ai pas violé le serment d'Hippocrate.
C'est toi qui l'as fait.
Oui ?
Merci d'être venu.
Ca va ?
Réponse courte ou longue ?
Agnese m'a tout raconté.
Alors, tu n'as même pas besoin de ma réponse.
Désolé.
La vie me présente la facture de mes mauvaises actions.
Non, Andrea.
Tu venais de perdre Mattia. Tu pouvais pas perdre Agnese.
Mon acte est impardonnable.
N'y pense pas.
Tu dois te défendre
face aux accusations absurdes de Bramante.
Et s'il avait raison ?
Je me rappelle que je ne lui ai rien fait.
Et si j'y étais retourné ?
Si j'avais tenté de le tuer
et que mon cerveau l'avait effacé ?
Tu peux l'exclure ?
J'ai ma réponse.
Mon père aussi va installer des panneaux solaires.
Pour lutter contre le changement climatique ?
Et réduire les frais.
- Comme Marabini. - Oui, c'est vrai.
Bref, avant que Riccardo arrive,
je voulais te remercier.
Me remercier ?
- Oui. - Pour quoi ?
Parce que...
sans ton aide, j'aurais tout abandonné.
Je crois pas.
Au début, je pensais que tu étais... fragile.
Mais t'es la plus costaude.
Merci.
Je sais pas. Elle devrait déjà être là.
Pas étonnant.
Tu sais quelque chose ?
Plus de temps libre, plus d'argent...
Et fini les mannequins.
Surtout ça.
Et pour prendre la suite de son père. C'est précieux.
C'est ce que tu voulais ?
- A Federico. - A moi.
Non, attendez-moi !
- Te voilà. - Désolée du retard.
Merci d'être venue.
J'allais pas louper ça.
Et je vous dois une explication.
Les amis, je...
Je ne peux plus exercer la médecine.
En médecine interne ?
En médecine tout court.
T'es la plus douée.
T'arrives pas à gérer le stress ?
Non, je...
J'ai pas mon diplôme.
Il me manque un examen et la thèse.
Je comprends pas. Comment c'est possible ?
J'ai menti.
J'ai profité de la confusion du covid.
Et tu vas faire quoi ?
Je me suis dénoncée.
Je vais être jugée pour exercice illégal de la médecine
Et de me trouver un petit boulot.
Je sais, c'est impardonnable.
Je suis désolée.
Et je voulais aussi vous remercier.
mon père a peut-être un poste, même sans diplôme.
- T'en penses quoi ? - Merci.
T'en fais pas, ça ira.
D'accord.
Tu as fait le bon choix.
C'est vrai.
Assez parlé de moi. On trinque, non ?
Alors...
si vous permettez...
à Federico,
le futur meilleur ophtalmo de Milan.
Et moi, je trinque à tous les médecins
qui ont le courage de faire le bon choix.
Vous en pensez quoi ?
Ca me va.
Tu voulais guérir Agnese à tout prix.
Tu as bloqué l'étude.
Partez ou j'appelle la police.
- Salut. - Salut.
Et Manuel ?
Il est avec Davide.
Il doit s'habituer à rester chez lui
et sa nouvelle compagne.
Il y a des années, on n'avait aucun espoir.
Le traitement a progressé.
Tu restes dîner ?
Oui.
- Tu veux boire quelque chose ? - Ce que tu veux.
- Ca va avec Bramante ? - Il est réveillé.
- Vous savez ce qu'il a ? - Non.
Je songe à démissionner.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ce sera sans motif. Tu n'auras rien à expliquer.
Mais...
je ne me sens plus capable d'être médecin.
J'aurais dû le faire après le marché avec Bramante.
Certaines erreurs sont comme des tumeurs.
Elles ne partent jamais vraiment.
Il n'y a pas de remède.
Je lui avais donné un nom.
A la tumeur, je veux dire.
Je l'avais appelée "l'alien".
Comme si c'était une étrangère.
Pas de héros vainqueurs ni d'ennemis vaincus.
Seulement des gens qui profitaient du temps qui reste.
Et j'ai arrêté de l'appeler "l'alien".
J'ai arrêté de l'appeler. C'était pas une étrangère.
Mais pas en effaçant le mal.
Comment ?
En reconnaissant qu'il fait partie de nous.
En l'acceptant.
Et en le partageant.
C'est le remède à tout.
A tout.
C'est pour ça qu'on doit avouer.
Et tout raconter.
Et vivre.
Tant qu'on peut.
Je te suis.
Je sais pas ce qui adviendra.
Mais au point où on en est...
C'est l'alcool qui parle.
Mais ça n'arrêtera pas Bramante.
La justice va mettre des années.
- Il dirigera la santé. - Oui.
Sauf si on raconte tout à notre manière.
C'est-à-dire ?
Je te ressers un verre et je t'explique.
Prépare la 7.
Un patient arrive de cardiologie.
- Bramante ? - Il est stable.
Et notre candidat favori ?
Sous sédatifs.
La fièvre est tombée.
La tension est stable.
On le transfère.
Trouvons un patient qui ne m'accuse pas d'homicide.
A vos ordres, Doc.
C'est pour toi. Lentini, viens.
Federico, excuse-moi.
Juste une chose.
C'est ton dernier jour ?
Oui, je pensais pas que tu te souviendrais.
Tu te fous de moi ?
Non, je voulais dire que je pensais pas mériter...
Il a eu la trouille.
Il a fait tant de conneries qu'il doute.
On a eu de la chance de t'avoir.
D'accord. J'y vais.
Au fait, des nouvelles de Martina ?
Elle a démissionné pour raisons personnelles.
On peut faire quelque chose ?
Tu les gardes pour toi.
Très bien.
C'est pour son bien.
Ca veut aussi dire que tu es le seul
qui peut l'aider.
Tu es son tuteur.
Penses-y.
Y a sûrement une solution.
Les analyses de Bramante.
Son cholestérol LDL est bien à 2,1.
Et sa glycémie est à 3,8.
Ajoute ça au dossier. C'est plus notre patient.
Avant qu'il parte, on doit savoir ce qui s'est passé.
Que s'est-il passé ?
Ca ressemble à un AVC, pas à une agression.
Ou à une agression suivie d'un AVC.
- Tu veux pas te défendre ? - J'ai un avocat.
Je suis médecin, j'ai des patients.
Je clos son dossier et je sors.
J'ai besoin d'air, après ma nuit ici.
Armida,
ouvrons les fenêtres, il y a une odeur
d'oeuf pourri.
Je vais déjeuner. Tu veux quoi ?
L'oeuf pourri.
Nouveau régime ?
Bramante aussi voulait changer d'air.
Il sentait une odeur d'oeuf pourri. Mais c'était faux.
Tu penses à quoi ?
C'est l'IRM ?
Ponction lombaire et antiviral.
Vite, si on veut le sauver.
On le veut ?
L'autopsie révélerait l'encéphalite.
Ca prouverait ton innocence.
La santé ne serait pas aux mains d'un criminel.
J'ai trahi mes principes une fois.
Je ne referai pas la même erreur.
Je suis médecin.
Je défends la vie.
Tu resteras toujours le Doc.
Mme Bramante,
je crois savoir ce qu'il a.
Moi aussi.
Vous l'avez battu à mort.
Non, il délirait quand il m'a accusé.
A cause de la pathologie dont il souffre.
Si on a raison, il peut mourir pendant le trajet.
On doit lui administrer un antiviral
et vérifier avec une ponction.
Vous lui donnez un médicament avant d'être sûrs de ce qu'il a ?
Attendre lui serait fatal.
Je vais préparer la PCR.
- T'es pas partie ? - Andrea a des ennuis, je l'aide.
D'accord, je comprends.
Ca dépend, pourquoi ?
Je cherche un quartier où m'installer à Rome.
Si je suis prise comme cheffe.
Bien sûr.
Je connais pas Rome.
Tu me donnerais des conseils ?
Oui, d'accord.
Chez moi ?
Chez toi.
Giovanna, tu as pris du bromure ?
Qui a bien pu...
Celui-là, il va où ?
Excusez-moi, vous pouvez attendre dehors ?
Edoardo, viens.
- Désolée. - J'arrive, hein ?
Il se passe quoi ?
Tu fais quoi ?
C'est transparent.
T'as encore mangé une salade du potager d'Andrea ?
On a volé des calmants
et on m'en a mis dans ma gourde.
Si j'en avais bu, je serais morte.
J'ai eu peur pour toi.
Elle a pris au moins deux boîtes.
- Elle peut l'utiliser sur elle. - Ce matin, elle allait bien.
Andrea, Barbara est avec toi ?
Elle est rentrée plus tôt.
D'accord, je t'expliquerai.
Tu fais quoi ?
Je vais chez elle...
Elle est là.
T'endors pas, écoute.
Ne ferme pas les yeux. Non !
Le liquide céphalo-rachidien de Bramante.
Merci d'être là.
Je voulais
vous parler d'une chose qui sera révélée demain sur moi.
Il y a des années, j'ai commis une grave erreur.
Je l'avais oubliée avec l'amnésie.
Mais c'est la vérité.
Quand je l'ai appris, ma situation semblait irrémédiable.
J'ai pensé renoncer à la médecine.
J'avais fait une chose trop grave, impardonnable.
J'ai été tenté de garder ce secret pour moi.
Et d'enfouir la douleur ou de me punir pour expier ma faute.
Mais heureusement, une amie m'a appris
qu'il ne fallait pas combattre ce qui nous fait mal,
mais plutôt reconnaître
que ça fait partie de nous.
L'admettre et le partager.
Elle m'a expliqué que c'était un remède à tout.
Tu as de la visite.
- C'est le mieux à faire. - Oui.
Le mieux à faire.
Mais quel gâchis.
Pour devenir médecin, il faut compter 19 ou 20 ans.
Et dans sa vie, un médecin croise combien de patients ?
10 000 ?
100 000 ?
Plus ?
20 ans.
100 000 patients.
Et tu vas tout lâcher pour un examen.
Un examen stupide, au passage.
Quel gâchis.
C'est pas l'examen.
C'est tout ce que j'ai fait.
C'est impardonnable.
Mais ça n'a servi à rien.
Il n'y a pas de remède à la vie.
Tout ce qu'on peut faire, c'est...
vivre au mieux.
C'est très clair.
J'ai la solution.
Tu fais quoi ?
Attention !
Riccardo, pourquoi ?
Je vais t'aider à réviser.
Comment, comment ?
Je connais ça, je suis passé par là.
"Comment faire sans jambe ?" Et regarde-moi.
Arrête de penser à ce qui te manque.
Pense à ce que tu es.
Pour moi, tu es un médecin incroyable.
Mal.
Je devrais être morte.
Et moi aussi, de peu.
Tu vas me faire jeter en prison.
Enrico et moi, on sera séparés.
Tu n'es pas une criminelle.
Tu es malade.
J'arrive à peine à explorer le mien.
J'espère que tu pourras enfin te sentir toi-même.
Pas pour plaire à quelqu'un d'important.
Il m'aime.
Elle va mieux. Mais il y a du travail.
Il y en a toujours.
- Café ? - Très bonne idée...
mon ourson.
- Que fais-tu là ? - Je suis entré.
J'ai pas vu ton assistante.
Je me suis permis.
Tu veux une lettre de recommandation ?
Je voulais te demander de continuer l'internat ici.
Encore un an, au moins.
On s'est parlé.
Il va s'y faire.
Qui t'a convaincu ?
Riccardo ? Damiano ?
Le mannequin des simulations.
Au début, je pensais que c'était...
une marionnette masochiste.
Mais la marionnette, c'était moi.
J'ai toujours été relié à des fils.
Les attentes de mon père,
les likes de mes contacts,
le regard des autres.
Et j'ai compris,
grâce à vous tous, grâce à toi,
que je pouvais couper ces fils.
Et décider seul de mes mouvements.
Les résultats de la PCR.
T'es là, toi ?
- Encéphalite herpétique ? - Oui.
Tu avais raison. Bramante est réveillé.
On dit que tu m'as sauvé.
Pas le choix.
Si.
J'ai préféré ne pas refaire les erreurs du passé
et t'arrêter autrement.
J'ai voté pour l'autre camp.
Je peux compter sur des milliers de voix.
Avec ce qui tourne sur les réseaux, ça m'étonnerait.
De quoi tu parles ?
J'ai arrêté le virus dans ton cerveau,
mais avec Agnese, on a trouvé plus viral que ça.
Ton téléphone.
Va sur les réseaux.
Mon nom est Agnese Tiberi. Directrice de l'hôpital.
Andrea Fanti, médecin-chef en médecine interne.
On va parler d'Alberto Bramante.
Il m'a extorqué des données confidentielles
pour servir sa campagne.
Faisons un saut en arrière de 10 ans.
On est en 2010.
M. Bramante était...
simple fonctionnaire régional.
Je venais de passer médecin-chef.
Bramante était notre professeur à la fac...
Tu aurais deux tomates, comme la dernière fois ?
Je peux payer.
Pas besoin, voici les miennes.
Mon budget est excédentaire.
La Région a trouvé son nouveau conseiller.
Piccioni.
Je le connais. C'est un très bon médecin.
Alors, de quoi voulais-tu me parler ?
Carelli Martina.
Encore ?
Vous voulez réessayer ou on passe directement aux larmes ?
Pas de larmes, cette fois.
Bien sûr.
D'ailleurs, célébrons-le.
Une petite bière ?
Je dois travailler à la pizzeria.
Non, là, tu te trompes.
Tu devais y travailler.
Ta soeur est d'accord pour te remplacer.
Allez, viens.
- T'es sûr ? - Oui.
T'as du travail depuis que tu es médecin titulaire.
Oui et c'est le médecin qui te parle.
J'ai perdu une collègue que j'appréciais.
J'essaie d'y remédier.
Merci.
Bonjour, Giordano.
Bonjour. Merci de me recevoir.
- Je... - Epargnez votre salive.
Vous allez me dire qu'à Rome,
vous avez été sélectionnée pour être cheffe de service ?
C'est ça.
Bien.
Avant d'accepter, écoutez mon offre.
Asseyez-vous.
Fanti a démissionné de son poste de chef.
Vous voulez son poste en médecine interne ?
passer plus de temps avec les patients.
Comme simple médecin,
avec un chef plus doué que moi.
J'ai pu me mettre plus facilement en dispo en faisant ça.
En dispo pour quoi ?
Pour Agnese.
Elle commence le traitement et je veux la soutenir au mieux.
Mais va à Rome, si c'est ce que tu veux.
J'espère revenir et trouver un chef qui pourra me supporter.
Alors, quel est le programme ?
Le seul qui a du sens, vivre.
C'est mieux que dormir, comme tu l'as dit.
Allons-y.
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