All language subtitles for Shahada.(2009).Z2.FR

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Original subtitles

I. al hadj (le début du voyage)

Maryam...

Salam... Tu veux du feu ?

- T'es allée voir Arzu ? - Oui.

- T'as déjà pris le médoc ? - Oui.

Tu veux toujours entrer ? Bien sûr.

- Elle a demandé combien ? - 50.

Pas ce soir, les filles. Revenez quand vous aurez

des poils Ă  la chatte.

Les poils de chatte, c'est une invention turque.

- Montre-les-moi, alors. - Fais gaffe !

T'as vu ça ? Il m'a frappée. Tu débloques ? Vous avez vu ?

Ce type tabasse les femmes.

Appelle la police, j'ai mal. 112, et c'est parti.

Imbécile.

- T'es fatigué ? - Vanné.

Regarde oĂč tu vas, sale branleur. T'es con ? Tu m'as foncĂ© dedans.

Mon poisson est foutu. ArrĂȘte, il l'a pas fait exprĂšs.

- Il doit faire gaffe. - Sinan, laisse tomber.

Dis Ă  ton pote de regarder devant lui. Il y a des gens qui bossent, connard.

Sale pédale.

Sinan, ton pĂšre vend du poisson, non ? T'es turc.

Pourquoi il vend pas des kébabs ? Ta gueule ! Ne parle pas de ma famille.

Sinan... ArrĂȘte. Calme-toi. Heureusement qu'il est lĂ ,

sinon je t'aurais massacré. Me regarde pas comme ça.

Va te faire foutre.

Tu ne pouvais pas la fermer ? Pourquoi ? T'es là pour me protéger.

Je ne suis pas toujours lĂ .

Tu dois comprendre Non, pas question

Tu dois t'adapter Non, pas question

Tu dois suivre le mouvement Non, pas question

Je dois juste dormir Boire, respirer, baiser

Et vivre selon mes propres rĂšgles

Je dois juste dormir

Boire, respirer et baiser

Fais gaffe.

Casse-toi.

Tu veux aller Ă  l'hĂŽpital ?

Écarte les jambes.

Appuie.

Maryam...

Restez oĂč vous ĂȘtes !

Police ! Restez oĂč vous ĂȘtes !

ArrĂȘtez-vous !

- Lùchez ce garçon. - Police. Ferme-la.

Police.

Maryam...

C'est moi. Ouvre.

On a un peu trop picolé ? Ta gueule, sale manouche !

Tu ferais mieux de la fermer. Rentre chez toi.

Va dire Ă  ta mĂšre de rentrer chez elle.

Ta bohémienne de mÚre...

Ça va ? Je ne crois pas qu'il Ă©tait tsigane.

Mais c'Ă©tait un trou du cul. Ça va ?

On va prendre un taxi.

Qu'est-ce que tu fais ?

Ne fais pas ça. ArrĂȘte.

Tu veux l'emporter, ou quoi ?

Maryam...

Depuis quand vivez-vous en Allemagne ? 35 ans.

Vous venez du Nigeria ?

Oui, mais on habite ici depuis 8 ans. Je peux voir vos papiers ?

C'est en ordre. Vous pouvez y aller.

Tous des imbĂ©ciles. OĂč qu'on aille.

Dans mon pays, ici. Partout, des policiers.

- En allemand ! - Rainer.

Si les papiers sont en ordre, laisse-les. Et elle a raison.

Vos papiers sont périmés. Vous...

C'est en ordre. Vous pouvez y aller.

Vous pouvez y aller.

II. al zalat (la dévotion)

Bonjour.

Allez, viens enfiler ta veste.

- Quelle heure est-il ? - 9 h 30.

Je pars bosser, je le déposerai à l'école. Tu vas continuer à dormir dans le salon ?

Viens...

Kinay, va mettre tes chaussures.

Écoute...

Je l'ai revue.

Qui ?

Leyla Imamovic.

Un contrĂŽle de routine.

Ses papiers étaient périmés, mais je l'ai laissée partir.

T'as fait quoi ? Je l'ai laissée partir.

- Personne n'a remarqué. - Pourquoi ?

Pourquoi tu l'as relùchée ? Tu ne lui dois rien.

- Rien Ă  voir. - Ah non ?

Je ne veux pas revivre ça. Je ne le supporterai pas.

On a enfin repris une vie plus ou moins normale...

Oui, tu as raison.

Je voulais juste te le dire.

C'est terminĂ©. Ça n'arrivera plus.

C'est terminé. Maman ?

Promis.

Raté.

Ismail, vise un demi-mĂštre Ă  gauche.

Ça va ? Ce n'est pas ton jour, hein ?

T'as raison. C'est pas mon jour.

Touché.

Daniel, tu ne dois pas aller Ă  l'Ă©cole ? Ça, c'est la vie,

et la vie est une école. Que sais-tu de la vie ?

Viens aider Sammi.

Laisse faire Daniel. C'est haram.

Tu veux vraiment venir demain ? Pourquoi pas ?

Tu dois aller à l'école. La mosquée m'intéresse.

On ne bouge plus ! Plus un geste !

La ferme.

Tu devrais inviter Daniel Ă  manger.

Je ne sais pas, maman. C'est un gentil garçon. Invite-le.

Peut-ĂȘtre.

Je ne sais pas trop.

Je peux vous déranger une minute ?

- Salam aleikum. - Aleikum salam.

- Comment va ta mĂšre ? - Bien.

C'est Daniel, un ami. Pour un cours de coran.

Il est circoncis ?

Bien. Tu peux te joindre Ă  nous aujourd'hui. Je donne cours en allemand.

Tu peux participer en non-musulman.

Sinan.

Tu peux traduire ça pour notre invité ?

Allah est le seul dieu et Mahomet est son prophĂšte.

C'est exact. C'est la shahada,

notre profession de foi. En prononçant cette phrase

devant un témoin, on devient musulman.

Ça veut dire quoi ?

Allah, rends-moi repentant et pur.

Qu'est-ce que ça veut dire, "pur" ? Que tu es juste, que

tu aimes ton prochain,

- que tu es honnĂȘte, que tu... - HonnĂȘte ?

Que dit le coran des gens comme nous ?

Les gens comme nous ?

Hé, ça va aller ?

OĂč t'Ă©tais passĂ©e ?

Chez Renan. Encore et toujours chez Renan.

- Papa... - Épargne-moi tes histoires.

Va te coucher.

Et ferme la porte.

Oui, papa.

- Oh, non. - Maryam !

Ton petit-dĂ©jeuner est prĂȘt.

Tu ne vas pas à l'école, aujourd'hui ?

Les deux 1res heures sont tombées. Du coup, je suis restée plus tard chez Renan.

Tu vas encore voir le Dr Olmas ? Ça fait des annĂ©es.

C'était mon pédiatre, quand maman...

Quand maman vivait encore.

Ton repas va refroidir.

Pardon, le service de gynécologie ?

Prenez l'ascenseur là-bas à droite, puis montez au 3e étage.

Tout va bien ?

Vous voulez de l'aide ? Il y a quelqu'un ?

Qu'y a-t-il ? J'ai eu un accident.

Arzu.

Entre.

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ? Je t'ai dit de ne pas venir ici.

J'ai été claire. C'est mon lieu de travail. J'ai besoin d'aide.

Il y a un truc qui cloche.

C'est déjà sorti ?

Oui.

Tu saignes beaucoup ? Comme si t'étais réglée ?

T'as des crampes ? T'as encore les pilules ?

- Prends-les. - Oui, mais...

Tout va bien, Maryam.

C'est comme ça.

Maryam, je ne peux rien faire de plus.

Merde.

Mon Dieu, faites que ça s'arrĂȘte...

Merde.

Mon Dieu...

III. al sakat (le sacrifice)

Il a pleurniché toute la soirée. Il n'a pas voulu manger

ni se brosser les dents.

Je t'ai appelé un millier de fois.

Je me suis dit que je devais le calmer

d'une façon ou d'une autre.

J'étais à bout de forces.

Il a enfin fini par s'endormir.

Je l'ai regardé. Il est tellement beau.

Ça me briserait si...

Il y avait une femme aux urgences...

avec son petit garçon. Ils avaient eu un accident de voiture.

Je n'arrivais mĂȘme pas Ă  la regarder. J'ai continuĂ© Ă  faire mon boulot.

J'avais envie d'aller vers elle et de lui tenir la main.

Mais j'avais trop honte, parce que

mon fils est sain et sauf dans son lit.

Et si incroyablement beau. Puis je suis rentrée à la maison

et le petit n'arrĂȘtait pas de pleurnicher. Et tu n'Ă©tais pas lĂ . Et...

OĂč Ă©tais-tu ?

Je sais, c'est injuste. J'ai eu une journée pourrie.

Je ne sais pas...

Je me suis mis en tĂȘte que t'avais vu cette femme.

- Elle a besoin d'aide. - C'est clair.

Je pourrais l'aider.

Tu es le dernier qui puisse l'aider.

C'est moi qui tenais l'arme. C'était un accident.

Ce n'était pas un accident. Je vois ça tous les jours.

- Ça peut arriver. - C'est de ma faute.

J'ai tué son enfant.

Papa ?

Et voilà, t'as réveillé Kinay.

Retourne faire dodo.

Qui veut travailler ?

Il me faut 4 personnes.

Une,

deux, trois...

quatre. Par lĂ .

Amin.

- Des dattes ? - Oui.

- Donne-lui une fourchette. - Non, ça ira.

- Sûr ? - Oui.

C'est de la banane ?

Comme ça ?

Viens lĂ .

Prépare-toi.

Tu dois lui parler. Je suis inquiĂšte.

- Tu l'appelleras ? - Oui, OK.

- Sinan. - Comment tu vas, mec ?

Renan, Sammi. Sammi, Renan. Samuel L. Jackson.

Lui, c'est Daniel.

Tu l'as rencontrĂ© oĂč ? Dans une backroom.

- Au boulot. - Aux halles ?

Oui. On était là avant, il est arrivé plus tard.

Je vais faire un tour.

Excusez-moi. Je peux avoir un Coca ? Un vin pétillant.

- Ma chanson préférée. - Non, non, non.

On dansera plus tard.

- On vient d'arriver. - Le Coca ?

Tu bois pas d'alcool ? Je suis musulman.

Oui, OK. Moi aussi. Je vais aux toilettes.

Je reviens.

Maryam, décroche. Je dois te parler.

Décroche, putain.

Tu me suis, ou quoi ?

Ne me touche pas. OĂč il est, ton copain black, sale branleur ?

Je sens le poisson ? Ou bien c'est toi ?

Ça t'excite ? Ça te fait bander ?

Tu trouves ça excitant ? Hein ? Tu bandes, là ?

T'as envie de la toucher ? Hein ? Tu veux la voir ?

Sale branleur.

Sinan, arrĂȘte ! Qu'est-ce qui te prend ?

La tapette a pissé dans son froc.

- AmĂšne-toi. - Non, Daniel. ArrĂȘte.

Daniel, ça n'en vaut pas la peine.

Écoute-moi. C'est juste de la provocation.

Calme-toi.

"Vous voilà prévenus. Le jour de la vérité viendra."

Maryam ?

- Que fais-tu ici ? - Tu as de la fiĂšvre.

Tu ne devrais pas voir un médecin ?

Je ne sais pas si tu peux comprendre,

- mais j'ai... - Ça a à voir avec Renan ?

J'ai mes rĂšgles, c'est tout.

Excuse-moi.

Je voulais seulement... Je me fais du souci, parce que ta mĂšre...

Je n'ai pas de cancer. Et Dieu veille sur moi. Non ?

Oui, c'est vrai.

C'est toujours pareil. Orhan a failli me frapper.

Tu veux entrer ?

On est en Allemagne, je bosse chez Starbucks.

- Personne ne jeûne. - Je dois venir ?

Rien ne t'y oblige. Pour donner des cours

d'allemand aux enfants. Et Ă  d'autres membres

de la communauté.

- Je ne veux pas déranger. - Aucun problÚme.

Je peux vous aider ? Puis-je me joindre Ă  vous ?

Bien sûr.

Assieds-toi. Continue, Cemre.

Il a failli me frapper devant un client.

Alors je lui ai dit que j'avais mes rĂšgles

et que jeûner serait un péché. Là-dessus, il n'a plus rien dit.

Tu as péché deux fois. Tu as mangé et menti.

C'était juste un verre d'eau.

Et pourquoi il me surveille au boulot ? Comme s'il n'avait rien de mieux Ă  faire.

T'as pas peur qu'il te punisse ?

- Qui ? Orhan ? - Non, Dieu.

Dieu a déjà assez à faire avec les péchés de nos hommes.

Il ferme les yeux sur ceux des femmes.

C'étaient des punaises.

On ressemble à une pizza quand elles piquent. Elle a logé chez son amie...

Il y a un truc qui cloche. Ça ne va pas.

Je pense aussi.

Ton boss a un goût de chiottes. C'est afghan ?

Il y a un truc qui ne tourne pas rond.

Ce médicament...

Ça va passer.

Je fais des rĂȘves bizarres.

- Qu'est-ce que tu fais ? - ArrĂȘte.

Tu me fais mal.

T'as pris une décision, tu te rappelles ? Celle de ne pas gùcher ta vie

et de te débarrasser de l'enfant. Tu m'as demandé de l'aide,

ne me fais pas de reproches.

- Qu'est-ce que tu veux ? - Te parler.

Allons boire un café quelque part.

Je travaille ici. C'est ma pause.

Alors, t'as le temps. Je veux te parler. Il n'y a rien Ă  dire. Va-t'en, OK ?

Renan m'a parlé.

Je ne vois pas de quoi tu parles.

Tu le sais trĂšs bien.

Elle m'a raconté ce que tu as fait.

Si tu m'en avais parlé, j'aurais pu t'aider.

- Ça ne te concerne pas. - Bien sĂ»r que si.

Je me sens hyper-concerné, tu piges ?

Je ne mange plus, je ne dors plus...

Je fais des cauchemars...

Comment t'as pu tuer mon enfant ?

Dis quelque chose.

C'était mon enfant ?

- Pardon. - Dégage. Casse-toi !

Mon Dieu, faites que ça s'arrĂȘte.

Mon Dieu, faites que ça s'arrĂȘte. Je deviendrai meilleure.

Je ferai n'importe quoi. Je me libérerai du mal.

Je vous en supplie...

IV. al saum (l'abnégation)

Dieu est grand.

Quoi ?

Sur le pendentif, il est mis : Dieu est grand.

Allah akbar.

Pourquoi as-tu...

Daniel appelle

Dis quelque chose.

Tu t'en vas ?

Tu me fais un bisou ?

Pourquoi ?

Parce que j'en ai besoin.

Attention, c'est chaud.

- Fais gaffe. - C'est le ramadan.

Oui, c'est ça...

Pourquoi tu l'as dit Ă  Sinan ?

Je m'en fais pour toi. Tout le monde s'en fait pour moi.

Va voir un médecin.

- Inutile. - Tu n'as plus mal ?

- Je me sens bien. - Tu n'as plus mal ?

Tu ne saignes plus ?

Tu devrais en parler Ă  ton pĂšre. Sinon tu le feras ?

Rien n'arrive par hasard. Fiche-moi la paix et ne parle plus de moi.

T'as compris ?

Tu essaies un nouveau style ? Pourquoi ? T'aimes pas ?

Si.

L'école a appelé. Tu n'y es pas allée.

Je ne me sentais pas bien.

Ça va mieux ? Le jeĂ»ne m'a aidĂ©e.

Le jeûne ?

Je me sens lucide et pure. La faim permet de distinguer

les rĂȘves de la rĂ©alitĂ©.

Regarde oĂč tu marches !

Daniel n'y est pour rien. Je t'ai vu, tu l'as poussé.

Nettoie-moi ça.

Laisse-moi tranquille.

Laisse-moi tranquille.

Sammi ?

Pourquoi t'as fait ça ?

Dieu te met à l'épreuve. Ce ne sont pas tes idées.

Ce Daniel, évite-le.

Ne te laisse pas... Il s'agit de moi,

pas de Daniel ou de Dieu.

Je ne veux plus rien entendre. C'est haram. Prions.

Ça suffit !

Viens ici !

Prions Dieu.

Et tout s'arrangera.

Qu'Allah me protÚge contre Satan, le réprouvé.

Prie avec moi, Sammi.

Content de te revoir.

Qu'est-ce que tu fais ici ?

ArrĂȘte de me poursuivre.

OK ?

Je vais arrĂȘter. Promis.

Je vais m'en aller.

Je ne reviendrai plus.

Dis-le juste une fois.

Que toi aussi, t'as aimé ça.

Tu ne peux pas ou ne veux pas comprendre ?

T'as aimé ça. Ce qu'on a fait n'était pas bien.

C'était mal, tout simplement.

- T'as aimé ça ? - C'était mal.

Ma religion l'interdit.

Toi aussi, t'as aimé ça.

Toi aussi, t'as aimé ça !

Pourquoi t'es parti ?

J'ai rien Ă  faire ici. Je suis pas comme toi.

- Je ne trouve pas de... - Tu es musulman.

Ils cherchent une prof d'allemand. T'en es une, non ?

Oui, je l'ai Ă©tĂ©. À l'universitĂ© populaire.

Puis je suis tombée sur toi.

Angelina Jolie est super. Elle s'occupe des pauvres,

alors que c'est une star. Et elle est avec Brad Pitt.

Tu rigoles, ou quoi ? Elle ne sait rien de la vie.

Et toi, oui ? Je trouve que Khadija,

la 1re femme de Mahomet, est trĂšs bien. Un bon modĂšle.

C'était une femme d'affaires. Elle a épousé Mahomet

qui avait 15 ans de moins. Elle était moderne. Elle se moquait

éperdument des ragots. Ils sont importants

pour la communauté.

Comme ça, on sait tout sur tout le monde. Et si ce n'était pas le cas ?

Je pourrais Ă  nouveau m'amuser un peu.

Ça n'intĂ©resse pas Dieu.

- T'en es sûre ? - Oui, j'en suis sûre.

Dieu veut qu'on lui obéisse. Pas que tu joues les cerbÚres.

Il juge les gens d'aprĂšs leurs actes.

Maryam, Allah finit toujours par décider de quel cÎté penchera la balance.

Ce sera entre toi et lui. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

- Et toi bien ? - Oui.

J'ai connu les abĂźmes.

"Quiconque ne croit pas en Dieu, ses anges, ses Livres...

et le jour du Jugement... Chacun peut vivre sa foi comme il l'entend.

... n'est pas dans le droit chemin." C'est dans le coran.

Attends, Maryam.

Je sais que j'ai déconné. Pourquoi ? Que s'est-il passé ?

Quand on s'est vus au magasin... Excuse-moi. Quand es-tu venu au magasin ?

Écoute, je me suis mal comportĂ©

Ă  cause de cette histoire d'enfant.

Quel enfant ? De quoi tu parles ? Tu as eu raison de te faire avorter.

De quoi tu parles ?

Tu te fous de moi ?

Ne me parle pas comme ça. Ne raconte pas d'histoires.

Quoi ? Quelles histoires ?!

Ça va ?

MĂȘme si peu de gens le comprennent,

le coran est un livre qui parle d'amour. Mais ici, s'agit-il

d'amour ou de désir ?

C'est-Ă -dire qu'un ami...

Un ami à moi est désemparé. Il ignore ce qu'il ressent,

et si c'est bien.

Il existe aussi une sorte d'amour interdite, non ?

Et mauvaise.

Allah interdit cet amour parce que...

Je suis désolé.

Sammi, dans beaucoup de cas, le coran nous dit ce qui est bien ou mal.

Ce qui est bon ou mauvais.

Le coran veut nous guider, mais ne nous dit pas qui on est

ni ce que nous devons penser de nous-mĂȘmes.

Je dis cela en tant qu'ami Ă  ton ami, pas en tant qu'imam.

Pour Allah, toutes les formes d'amour sont bonnes.

Cela le rend supérieur à ceux qui ne l'ont pas encore compris.

Comment ça avance, ta sourate ? Bien.

Tu pries dans la mauvaise direction.

La Mecque est par lĂ .

Pourquoi cette dispute avec les femmes ?

Tout le monde en parle.

J'ai assez d'intĂ©gristes. Il t'en faudrait peut-ĂȘtre un peu plus.

Tu m'en veux ?

PĂšre...

"J'ai reçu un savoir que tu n'as pas.

Suis-moi et je te guiderai." ArrĂȘte. ArrĂȘte ces citations.

Tout va bien. Dieu veille surmoi.

Il me guide de sa main de fer.

Tu parles comme un vieil homme.

Ça ne te plaĂźt pas qu'elles m'Ă©coutent.

Tu veux parler de ces jeunes filles que tu as déstabilisées ?

T'es si tolĂ©rant que t'en oublies d'ĂȘtre musulman !

T'aurais dû faire ça plus tÎt.

Tu sortiras quand t'auras retrouvé la raison.

Donne-moi cette clé.

Je préférais l'ancienne Maryam.

Ouvre cette porte !

Merde !

"Et un tiers des étoiles disparaßtra..."

C'est là que je t'ai touchée ?

Oui.

Je te demande pardon.

Je n'ai pas besoin de ta pitié.

Je n'ai pas voulu ça.

Moi non plus.

L'enfant... Je n'en voulais pas.

J'ai supplié Dieu de m'en débarrasser.

Je voulais pas d'enfant de cet homme.

Je ne voulais pas l'avoir en moi.

Je ne voulais pas qu'il grandisse en moi.

J'ai supplié Dieu de m'en débarrasser.

Quoi ?

Et puis tu es arrivé.

Mon ange noir...

qui a exaucĂ© mon Ă©pouvantable vœu. C'est n'importe quoi.

Qui a fait disparaĂźtre l'enfant. N'importe quoi.

Tu crois que Dieu m'a envoyé ?

Dieu n'a rien à voir là-dedans. Ton dieu est un petit voleur débile.

BlasphÚme. Il avait volé un autoradio

et je le poursuivais. Un autoradio...

Chaque jour, j'imagine que je suis restĂ© oĂč j'Ă©tais,

que je l'ai laissé filer. Grùce à Dieu.

À Dieu...

Un autoradio.

Ça ressemblait Ă  une arme. Il s'est retournĂ©...

et j'ai vu briller un truc. Un autoradio.

- Il brillait. - ArrĂȘte.

Je lui ai crié de jeter son arme...

- et j'ai tiré. - Tais-toi.

- J'ai tiré sans réfléchir. - Tais-toi.

- Je t'ai entendue crier. - Ferme-la !

Je t'entends crier tous les jours.

Tous les jours.

C'est pour ça que t'es là ?

J'aimerais pouvoir tout effacer. Tout effacer.

Il n'y a rien Ă  effacer.

Je suis infiniment désolé. Si tu te sens si mal,

agis en conséquence. Flingue-toi.

Tu n'as fait que ce que j'avais demandé à Dieu.

Dieu...

- Tire. - Que fais-tu ?

Si Dieu m'a envoyé, il me sauvera. Tire.

Tire, si je suis ton ange noir.

- ArrĂȘte. - Tire...

V. al shahada (le choix d'une voie)

Qu'est-ce que l'islam ?

Être un bon musulman, qu'est-ce que c'est ?

Quand les enfants Ă  qui je donne cours et

les adultes que je conseille me le demandent, je parle toujours

de la communauté musulmane.

Je pense alors...

Ă  ce qu'ĂȘtre bon signifie.

Dans...

cette grande... communauté.

Être agrĂ©able Ă  Allah. Être quelqu'un de bon,

un fils loyal, un bon frĂšre.

Un bon pĂšre qui aide son enfant

au quotidien, qui lui apporte son soutien

ici et maintenant. Qui comprend son univers, son époque.

Et qui ne le prive pas

des opportunités qui lui sont offertes.

Pour ces petits péchés,

nous demandons aujourd'hui pardon Ă  Allah.

Levons les mains au ciel et disons :

Je n'ai qu'un seigneur, et c'est Allah.

Je n'ai nul autre seigneur qu'Allah.

Allah, pardonne-nous.

Et Allah dira : Je vous ai pardonnés. Ce n'est pas vrai.

Dieu voit et Dieu punit. Ce serait trop facile.

On pĂšche et on se pardonne ?

Tu trompes ces gens.

Vous péchez en écoutant cet imam.

Dieu ne supporte plus ça. Vous n'avez pas vu les signes ?

Le 1er ange qui a soufflĂ© dans la trompette. La grĂȘle et le sang.

Et le 2e ange.

L'eau mélangée au sang.

Vous n'avez pas vu ça ? Vous ĂȘtes aveugles ? Vous n'avez pas vu les flĂ©aux ?

Les étoiles qui disparaissent.

"Et un grand signe apparut dans le ciel. Une femme, vĂȘtue du soleil,

la lune à ses pieds. Et elle était enceinte."

Elle sortait en boĂźte. Qu'en sais-tu ?

Reprends-la en main, sinon...

Sinon quoi ?

Pour l'amour du ciel... Tu as perdu la tĂȘte ?!

J'entends une certitude en moi...

comme la voix d'un ange. Il dit...

Non, je sais qu'on doit changer.

Dieu ne nous pardonnera pas si on ne change pas. Sur-le-champ.

Maryam, on prie.

On prie : On ne doute pas de la grĂące d'Allah.

Allah est miséricordieux, il pardonne.

Non, non.

Papa, écoute-moi. Je suis ta fille.

Regarde-toi. Regarde-moi.

Ce qu'il nous a pris... Il ne me pardonnera pas.

Il ne m'apporte aucun soulagement.

Que s'est-il passé ? Pourquoi crois-tu

qu'Allah veut te punir ?

Vedat...

Parle, Ă  la fin !

Le pire. J'ai commis le pire.

Et il sait comment me punir.

Vedat, il faut qu'on parle.

Il faut qu'on parle !

- Sammi, comment tu vas ? - Bien.

Tu fais une pause ? Oui. Toi aussi ?

Allez, viens. Déstresse.

Alors, mon frĂšre ? Quoi de neuf ? ArrĂȘte, Sinan.

Quoi ? On est tous amis, non ? Tous amis...

Comment va ? Tout roule ?

Je déteste ce boulot. Allah ne nous donne pas d'argent

parce qu'il sait ce qu'on en ferait.

Tu piges ?

T'as quoi, là ? Un suçon ?

De ton mec ? De ton mec, ou quoi ?

C'est quoi, ce regard pétillant ?

Il te plaĂźt ?

- Pourquoi tu me regardes ? - T'es amoureux ?

Ne me regarde pas comme ça.

ArrĂȘte.

ArrĂȘte de me regarder comme ça !

Démolis-le.

On va faire de toi un musulman. Fais ta profession de foi

et tu ne seras plus pédé.

RépÚte. Il n'y a qu'un seul dieu

et Mahomet est son prophĂšte.

RépÚte. Il n'y a qu'un dieu,

et Mahomet est son prophÚte. RépÚte, pédale.

Dis-le.

RépÚte, branleur.

- Allez, sale pĂ©dĂ©, rĂ©pĂšte ! - ArrĂȘte.

Quoi ? On le tient. Qu'est-ce que t'as ?

On le tient, lĂ .

Non, hein ?

Attends.

Qu'y a-t-il ? Je veux rentrer. Je dois te parler.

Ça n'a pas Ă©tĂ© facile d'Ă©tablir

la communauté. On a dû combattre plein de préjugés.

Mais tout le monde peut nous rejoindre. Tu vas finir par anéantir

la communauté de ton pÚre. Cette communauté a besoin d'aide.

Il faut éclairer les jeunes.

Tu oublies que les jeunes doivent respecter les aßnés.

Nos parents veulent qu'on obéisse, mais leur vie, leur foi sont un mensonge.

Regarde mon pĂšre.

AprĂšs la mort de maman, j'ai pu tout faire.

Tout est de sa faute.

Comment oses-tu dire ça ? Le coran dit :

S'ils t'ordonnent de m'associer Ă  ce que tu ne connais pas,

ne leur obéis pas. Mon enfant, pour comprendre le coran,

il faut toute une vie.

Laisse-moi. Jure devant Allah que tu vas arrĂȘter.

Maryam, ma petite fille...

Vos enfants

Ne sont pas vos enfants

Ce sont les fils

Et les filles du désir

Ils ne viennent pas de vous

Ils sont avec vous

Mais ils ne vous appartiennent pas

Vous pouvez seulement

Leur offrir votre amour

Mais pas vos idées

On a trouvé la notice d'un médicament dans sa poche.

On s'en sert pour interrompre une grossesse.

Votre fille a avorté illégalement.

Elle aurait dĂ» ĂȘtre soignĂ©e tout de suite.

Elle était presque exsangue.

Tout va bien, ma petite.

Tout va bien.

Toi non plus, tu n'arrives pas Ă  dormir ?

Tu sais ce qui m'aide ?

Prier, parce que c'est barbant. J'y vais ?

Je vais dormir, je suis fatigué Mes yeux vont bientÎt se fermer

Dieu, veille sur mon sommeil Jusqu'à mon réveil

Si j'ai mal agi aujourd'hui N'en tiens pas compte, je t'en prie

Ta miséricorde nous encourage Et répare tous les dommages

Puisses-tu toujours veiller Sur mes proches tant aimés

Tous les gens, petits et grands Devraient suivre tes commandements

Sùme la paix dans les cœurs Sùche les yeux qui sont en pleurs

Que la lune au plus haut des cieux

Brille sur le monde silencieux Dors bien, papa.

Texte français : Annick EVRARD

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