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Original subtitles

Vous parlez tous de miracles,

de réveil, de supercheries, d'illusions,

de résurrection,

du retour du Christ.

C'est faux, tout est faux.

Le Saint-Siège réfute tout cela sans équivoque.

La photo qui a enflammé votre imagination a deux ans.

Quelqu'un a voulu nous faire une plaisanterie.

Une plaisanterie d'assez mauvais goût.

Vous mentez ! Sa chambre aux soins intensifs

de l'hôpital de Venise est vide.

Pie XIII n'est plus là-bas.

Je démens catégoriquement.

Alors, qu'est-il devenu ?

A-t-il connu le même sort

que François II ?

C'est de la provocation.

Et vous le savez, le Saint-Siège ignore les provocations.

Merci.

Comment suis-je ?

Eblouissant.

Vous m'avez manqué.

Je suis votre ami et je le resterai toujours.

Voilà qui est réconfortant.

Vous êtes nerveux ?

Quand je veux, Gutierrez,

je suis capable de tenir la scène.

Je sais.

Les filles qui nous ont snobés, les garçons qui nous ont repoussés,

les inconnus qui nous ont ignorés,

les parents qui ne nous ont pas compris...

les employeurs qui nous ont rejetés,

les mentors qui ont douté de nous...

les tyrans qui nous ont battus,

les frères et soeurs qui se sont moqués de nous,

les amis qui nous ont abandonnés,

les conformistes

qui nous ont exclus...

Les baisers qu'on nous a refusés

parce que personne ne nous voyait.

Ils étaient tous trop occupés à regarder ailleurs,

tandis que je braquais mon regard sur vous.

Sur vous seuls.

Parce que je suis des vôtres.

La douleur ne connaît pas de hiérarchie.

La souffrance n'est pas un sport.

Il n'y a pas de classement final.

Tourmentés par l'acné et la timidité,

par les vergetures et le mal-être,

par la calvitie et l'insécurité,

par l'anorexie et la boulimie,

par l'obésité et la diversité,

insultés pour notre couleur de peau,

notre orientation sexuelle,

nos portefeuilles vides,

nos défauts physiques,

nos disputes avec nos aînés,

nos sanglots inconsolables,

le gouffre de notre insignifiance,

les abîmes de notre douleur,

le vide qui est en nous,

l'envie récurrente et incurable

d'en finir avec tout cela.

Nulle part où se placer, nulle part où exister,

rien à quoi se raccrocher.

Rien, rien, rien !

Oui.

C'est ce que nous ressentions.

Et tout comme vous,

je n'ai rien oublié.

Mais cela n'a plus d'importance

si le monde n'est pas d'accord avec nous.

Car désormais, c'est nous

qui ne serons pas d'accord avec le monde.

Nous n'accepterons plus d'être perçus comme le problème.

Car, au bout du compte,

ce sont eux, le problème. Nous sommes la solution.

Nous qui avons été trahis et abandonnés,

rejetés et incompris, exclus et humiliés.

"Il n'y a pas de place pour vous ici",

nous disaient-ils par leur silence.

"Alors, où est notre place ?",

les implorait-on par notre silence.

Nous n'avons jamais reçu de réponse.

Mais maintenant, nous savons.

Nous savons où est notre place.

Notre place est ici.

Notre place, c'est l'Eglise.

C'est le cardinal Biffi qui a été le premier à le dire,

d'une façon étonnamment simple.

"Nous sommes tous de misérables créatures

que Dieu a réunies pour former une glorieuse Eglise."

Oui.

Nous sommes tous de misérables créatures.

Oui, nous sommes tous semblables.

Et oui,

nous sommes les oubliés.

Mais plus maintenant.

A partir d'aujourd'hui,

nous ne serons plus oubliés.

Croyez-moi.

Ils se souviendront de nous

parce que nous sommes l'Eglise.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien.

Tu doutes ?

Je ne comprends pas, c'est tout.

Comprendre quoi ?

Ce que nous voulons.

Le corps de Lenny.

Voilà ce que nous voulons.

Mort ou vif.

Nous n'aurons pas de répit

tant que nous n'aurons pas son corps.

Pourquoi ?

Parce que, pour moi, c'est comme le corps du Christ.

Ce n'est pas pareil pour toi ?

Il faut que vous compreniez que si vous allez jusqu'au bout,

vous ne pourrez probablement plus travailler ici.

Ce n'est pas une bonne idée de contacter la police ?

Une bonne idée est une idée qui minimise les dégâts

et optimise les bénéfices.

Dans le reste du monde, on appelle ça le capitalisme.

Mais nous le mettons en pratique depuis l'époque des catacombes.

Pourquoi avoir fait ça ?

Selon vous, le vrai châtiment n'est pas subi en prison,

mais dans l'âme de chacun.

Mais je me dis

que la prison est l'endroit idéal pour affronter son âme.

Classons l'intégralité de l'incident et remettons-nous au travail.

J'ai décidé de démissionner.

- Je m'en vais. - Pourquoi ?

Je vous en prie, ne me forcez pas à le dire.

Nul n'est plus intelligent que vous.

Je suis sûre que vous imaginez pourquoi.

Pourquoi commettez-vous tous la même erreur ?

Laquelle ?

Tôt ou tard,

vous tombez tous amoureux.

Dans le martyrologe chrétien,

il y a 9 900 saints et bienheureux.

Je ne prierai aucun d'entre eux. Je ne prie que toi.

Tu es le seul saint que j'ai connu. Les autres, qui les a vus ?

Voilà ce qui se passe.

Le calife,

probablement avec l'aide de la communauté de réfugiés

accueillis à Ventotene il y a quelques mois,

a pris en otage six élèves de l'école de l'île

et leur maître, Don Antonio.

Un bon prêtre, Girolamo.

Un bon prêtre, je te jure.

Comme tu le sais, j'ai passé ma vie à m'informer.

Maintenant, tu es sûrement mieux informé que moi.

Allons droit au but.

Je te le demande de toutes mes forces :

libère-les.

Qu'ils ressortent libres et indemnes.

Ce sont des enfants.

Ils sont innocents.

Ce sont des saints. Ils sont beaux comme toi.

Je vous en prie.

Faites ce que vous voulez de moi, mais libérez les enfants.

J'aurais nettement préféré

que notre première rencontre

se déroule dans des circonstances plus agréables.

Mais une mission délicate et urgente nous attend.

Nous avons six enfants et un prêtre à sauver.

La police...

Ce n'est pas du ressort de la police.

C'est du ressort de l'Eglise.

Vous savez qui redoutait mon réveil davantage que vous ?

Qui ?

Le calife.

Analysons la situation, Votre Sainteté.

Je tombe dans le coma et je deviens un saint sur terre.

Nous assistons à la naissance

d'un fanatisme catholique.

Jusqu'à présent, le fanatisme était l'apanage du calife.

Il pense qu'on empiète sur son territoire.

Par conséquent, il nous attaque.

Maintenant,

il a peur que je me sois réveillé.

Il passe donc à la vitesse supérieure.

Et il s'en prend à ce qui m'est le plus cher :

les enfants.

Ce n'est pas votre réveil qui l'inquiète,

mais que vous puissiez être revenu d'entre les morts.

Dans ce cas, vous n'êtes pas seulement un infidèle.

Mais comme vous seriez l'antéchrist pour nous,

pour lui, vous seriez Iblis,

le diable.

Et on ne négocie pas avec le diable.

C'est justement ce que je veux.

Il va devoir négocier avec moi.

Le calife

ne sait pas vraiment si je suis revenu d'entre les morts

ou pas.

Il a des doutes.

Et le doute,

comme dit Voiello, est une arme.

Mais nous avons un secret, une certitude.

Je suis revenu.

Et notre certitude n'est pas une arme, mais une bombe.

Personne n'a envie que cette bombe explose.

C'est pourquoi on peut le forcer à libérer les enfants.

Je ne vois pas ce que vous comptez faire.

Je compte faire savoir au calife

que je ne suis plus dans le coma.

Il sait que si je me montre aux yeux du monde,

je le priverai du monopole du fanatisme.

Je peux créer un milliard de fanatiques catholiques

en une semaine.

Le calife le sait, d'où sa réaction erratique.

Si je ne me montre pas, il pourra poursuivre

ses rêves délirants.

La décision lui reviendra.

Mais s'il ne veut pas que je me montre,

il devra libérer ces enfants et leur maître

sans plus attendre.

Qu'en pensez-vous ?

Je pense

que nous sommes l'Eglise

et que nous devons agir comme il se doit.

Nous devons nous agenouiller

et prier pour six enfants et un prêtre

tandis que les forces de l'ordre

élaborent une stratégie pour les libérer

sans laisser aucun cadavre à terre.

Et c'est ce que nous ferons,

Lenny.

Tel est le juste milieu.

Vous êtes le pape, vous dictez la marche à suivre.

Je me soumettrai à votre volonté.

Le soir où vous avez pleuré sur la tombe de votre frère,

vous lui avez dit que Dieu ne vous aimait pas.

Comment le savez-vous ?

Vous pensiez être seul ?

J'étais avec vous, John.

Vous allez devoir accepter

de croire en moi.

Maintenant que vous avez compris

ce que je suis.

Libérez-les tout de suite !

Mes frères cardinaux...

je suis de retour.

La réunion d'aujourd'hui doit rester secrète.

Si vous parlez à quiconque de mon retour,

je saurai comment vous punir.

Vous souvenez-vous, frères cardinaux,

du jour où je vous ai dit

que les fidèles devaient venir à nous par une porte étroite

et que nous n'irions pas à eux ?

Vous étiez tous

plutôt sceptiques.

Et c'est exactement ce qui s'est passé.

C'est pour cette raison

que je vous demande à tous

d'observer le silence absolu

et de fermer les yeux.

Fermez les yeux

pour vous concentrer

et me demander pardon.

Et dites-vous :

"Plus jamais on ne verra

un misérable comme moi

refuser de croire en Pie XIII."

Nous disons toujours que nous guidons le coeur des gens.

Qu'est-ce que cela signifie ?

Le coeur en soi,

et je suis bien placé pour le savoir,

n'est rien de plus qu'un organe qui bat.

Parfois, il bat plus vite.

Parfois, il bat plus lentement.

Et parfois, il s'arrête.

Le coeur est un mécanisme.

Il ne signifie rien.

Qu'est-ce que cela signifie au juste,

de guider le coeur des gens ?

Cela signifie

régner sur les émotions.

Vos émotions,

les émotions des autres catholiques hors de ces murs.

Si vous régnez sur les émotions de votre prochain,

il vous suivra.

Partout où vous voudrez.

Voilà ce qu'on appelle

le pouvoir.

Notre brillantissime Voiello

exerce ce pouvoir sur vous tous.

Jean-Paul III et moi

l'exerçons sur le monde dans son ensemble.

Quel travail extraordinaire Jean-Paul III a accompli !

Lorsqu'il a crié ce "non" à Lourdes,

il a fait preuve de tout le courage qui vous a toujours manqué.

Et dimanche dernier,

lors de l'angélus,

quand il a mis son coeur à nu,

il a aussi mis à nu le coeur des autres.

Ces autres qui se dissimulaient.

Maintenant,

ils ont émergé

de leurs pauvres petites chambres,

de leurs gouffres d'incertitude.

Ils sont tous à découvert, désormais.

Sur la place.

Ils sont venus.

Ils sont restés.

Et ils continueront à rester.

Quel pape exceptionnel !

Jean-Paul III !

Parce que Jean-Paul III a enfin

insufflé de la colère

à une armée catholique naissante.

S'il le faut, je la développerai,

je l'inspirerai

et je l'armerai.

Les prochains jours seront décisifs.

C'est pourquoi j'ai besoin de vous à mes côtés.

J'ai besoin de ma toile de fond pourpre.

Vous resterez donc

à mes côtés, silencieux,

obéissants

et sages.

Vous êtes trop vieux pour vous réinventer,

trop vieux pour appréhender l'évolution

de la nature affective de ce monde.

Inutile de me faire confiance.

Vous devez seulement vous en remettre à moi

et prier.

Priez pour Don Antonio,

un bon prêtre qui est en train de souffrir,

et pour six enfants terrorisés.

Dieu est à nos côtés.

Nous tendons vers le bien

et Dieu tend vers le bien.

C'est pour cela que Dieu

restera à nos côtés.

Parce qu'Il me connaît.

Et je Le connais.

Maintenant, prions.

Je ne comprends pas.

Qui est le pape, maintenant ?

Tais-toi et prie,

imbécile.

Lorsqu'un homme,

au nom d'autres hommes

et au nom de Dieu,

enlève des enfants,

les terrorise, les prive de nourriture, les menace

de mort,

il ne se contente pas de commettre un crime.

Il déclare la guerre.

L'Eglise moderne ne tombera pas

dans le piège de ces provocations.

Mais je ne suis pas moderne.

Je suis ancien.

Je vous le dis,

je suis prêt à répondre à cette déclaration de guerre.

- Mais... - Taisez-vous et écoutez.

Nous allons les anéantir.

Demain matin,

je veux que Jean-Paul III s'adresse aux gens sur la place.

Prenez des notes,

je dois dicter ce qu'il dira.

Je m'adresse aux ravisseurs.

Oui, vous êtes méprisables,

et oui, vous êtes déjà morts.

Vous agissez contre toute volonté de n'importe quel dieu.

Par conséquent, je vous ordonne

de libérer les enfants et Don Antonio.

Si vous refusez d'obéir,

je me déplacerai et j'aurai avec moi

Dieu et le fer, la foi et le feu.

Et je ne serai pas seul.

Il faut que vous le sachiez : je ne serai pas seul.

Vous avez la moindre idée du travail que nous accomplissons ?

Nous n'avons pas dormi depuis des jours.

Nos services secrets, nos diplomates,

le vice-président...

On se casse le cul pour sauver votre peau,

pour libérer ces gamins et le prêtre.

Et comment nous remercie votre pape émérite ?

En faisant dire à Jean-Paul III qu'il est prêt à déclarer la guerre.

Vous êtes malades ?

La dernière guerre que vous avez menée

remonte à 1540, et c'était pour conquérir Pérouse.

Est-ce que vous avez la moindre idée

du danger qu'il y a à déclarer la guerre ?

Non, dites-moi.

Vous allez vraiment devoir vous battre.

Calmez-vous, Bauer.

Pie XIII est simplement un peu tendu.

Alors, pourquoi vous n'essayez pas de le détendre un peu ?

Parce que sinon, je serai contraint de prendre une mesure plus décisive.

Que voulez-vous faire ? Assassiner le pape ?

Cela ne servirait à rien.

Il ressusciterait encore.

Lui, peut-être.

Pas vous.

Je vais vous expliquer une chose, Votre Eminence.

Si on connaît le scénario, on le contrôle.

Mais si on est en territoire inconnu,

les choses deviennent incontrôlables.

Un jour, vous emmenez vos enfants au parc.

Le lendemain, vous êtes dans un abri anti-aérien.

Un jour, le pape

est un peu tendu.

Le lendemain, la 3e guerre mondiale éclate.

Vous voyez la légende vivante qui est derrière moi ?

Sa présence ne m'a pas échappé.

Le général Parker, inutile d'en dire plus.

Le général ne proférera pas un seul mot,

mais il hochera la tête

pour répondre à mes questions.

Regardez-le donc attentivement.

Général Parker,

dans l'éventualité d'une guerre,

est-ce que les Etats-Unis, première puissance mondiale,

seraient prêts à sauver la peau du Vatican ?

Compris ?

Oui, j'ai compris.

Mais c'est vous qui faites semblant de ne pas comprendre.

Personne ne veut la guerre.

Si Pie XIII se montre aux yeux du monde,

l'intégrisme catholique débordera.

Si Pie XIII prononce le mot "guerre",

des millions de personnes

aux quatre coins du monde seront prêtes à s'immoler

à la frontière syrienne

et à déclencher la plus grande guerre de religion

de tous les temps.

Un grand nombre d'entre elles

seront américaines.

Sur la ligne de front, on trouvera

des factions catholiques

issues des conflits de l'ancienne Yougoslavie,

des combattants pour la liberté ukrainiens

et les forces spéciales lituaniennes.

Des membres aisés de la diaspora catholique

sont prêts à financer le conflit et à fournir des armes.

Je me trompe, général Parker ?

Vous voyez ?

Nous avons beau être un peu rouillés,

la guerre ne nous est pas étrangère.

J'ai du mal à croire que nous avons cette conversation.

Le Vatican

qui caresse l'idée de déclarer la guerre à l'islam.

Bordel de Dieu, Voiello !

Un instant.

Pas à l'islam, au terrorisme islamique.

Nous savons parfaitement

que la majorité des musulmans sont modérés.

Mais c'est bien le problème.

Ce sont les catholiques modérés qui risquent désormais

de se retrouver en minorité parce que la majorité

deviendrait intégriste

si Pie XIII

venait à se montrer.

Alors, écoutez-moi, Bauer.

Pie XIII a peut-être le projet

de laisser un signe.

Un signe divin.

Pas une paix temporaire

qui durerait jusqu'à l'arrivée du prochain fanatique

désireux de perpétrer un attentat quelque part dans le monde.

Je parle d'une paix éternelle.

Ou, du moins, d'une paix très durable.

Là où vous avez échoué,

il se pourrait bien qu'il réussisse

parce que l'imagination collective

est plus puissante que la bombe atomique.

Vous comprenez, Bauer ?

La vie est si belle.

Il suffit de la chérir pour ce qu'elle est,

une chance de connaître la joie,

la grâce,

l'amour

et l'insouciance.

Quand avez-vous perdu votre insouciance ?

Quand ?

Tous se rappellent mes miracles,

mais ils oublient les meurtres que j'ai commis.

Ils ignorent que c'est moi qui ai assassiné ce prêtre,

le héros deVentotene.

C'est moi qui ai laissé ces six enfants perdus

seuls aux mains de ces fous.

On accusera Jean-Paul III, mais c'est ma faute.

Je suis dangereux. Je suis un bon à rien.

Je suis un gamin impulsif et irresponsable.

Votre Sainteté, Jean-Paul III vous demande.

- Votre Eminence. - Bauer.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Je vous amène quelqu'un.

Qui est-ce ?

L'homme le plus proche du calife.

- C'est vous qui l'avez trouvé ? - Non.

De façon fort intéressante, c'est lui qui m'a trouvé.

Ce n'est pas nous.

Pourquoi vous croirais-je ?

Je ne m'attends pas à ce que vous me fassiez confiance.

Je ne vous fais pas confiance non plus.

Mais je tenais à vous dire, en personne,

que ce n'était pas nous.

Ni à Lourdes,

ni à la basilique Saint-Pierre,

ni à Ventotene.

Donnez-moi une seule bonne raison de vous croire,

et je vous croirai.

L'Europe n'a plus aucune importance.

Ce n'est qu'une vieille vitrine abandonnée

dont nous n'avons plus rien à faire.

Ne serait-ce que pour cette raison,

ça ne peut pas être nous.

S'il n'y a pas de preuve,

il n'y a pas de preuve.

Voiello m'a appelé.

Ils l'ont contacté.

Ce sont eux qui sont venus à nous.

Ils clament leur innocence.

Ils bluffent, évidemment.

C'est la preuve que ce sont bien eux les coupables.

Etes-vous un charlatan ?

Etes-vous un gourou ?

Etes-vous un saint ?

Etes-vous le diable ?

Etes-vous le Messie ?

Etes-vous le Christ ?

Etes-vous Dieu ?

C'est sans importance, Lenny.

Le pape, c'est moi.

A mes yeux, vous n'êtes qu'un prêtre,

rien de plus.

Vous agirez avec l'obéissance aveugle

que me doivent tous les prêtres.

C'est la seule chose dont nous soyons sûrs.

C'est cela, l'Eglise.

Et nous représentons l'Eglise.

Votre Sainteté, vous avez parfaitement raison.

Et j'ai tort.

Si vous continuez à m'écouter,

je continuerai à commettre des erreurs.

Je vais me retirer dans ma tour jusqu'à la fin de mes jours.

Personne ne me reverra plus.

Non, vous ne vous retirerez pas.

Vous allez vous montrer au monde.

Et vous allez dire

ce que je n'ai pas eu le courage de dire.

Serez-vous à mes côtés, Votre Sainteté ?

Le moment dont j'ai toujours rêvé est enfin arrivé.

Lequel ?

Je vais enfin réaliser

mon unique ambition :

être oublié.

Mais vous êtes le pape.

Je suis un fragile objet en porcelaine.

Mais j'ai enfin compris que ma fragilité

était ma force,

pas ma perdition.

Qu'allez-vous faire ?

Retourner chez vous ?

Je vais retourner à moi-même.

Sommes-nous sûrs

de n'avoir rien oublié ?

Oui, Monsieur.

Que dois-je faire de la boîte ?

Gardons-la encore un peu.

Comme disait le cardinal Newman :

"Dans la vie, on ne sait jamais."

Debout.

Doux Jésus...

Je vous présente Amber, une escort d'Hanovre.

Je l'emmène partout.

D'ailleurs, nous avons décidé de nous marier.

Vous allez me manquer, Voiello.

- Vous partez ? - Oui, ma tâche ici est achevée.

Où allez-vous ?

En Corée.

Ca commence à chauffer, là-bas. Je vais essayer de calmer le jeu.

Ne dites à personne où je vais.

Ca n'arrange pas mes affaires.

Je sais.

Je fais de mon mieux pour les en dissuader,

mais les gens finissent tous par avoir un faible pour moi.

Vous aviez raison.

Le calife n'est responsable d'aucun attentat en Europe.

A qui vais-je bien pouvoir parler ?

Depuis la mort de Girolamo, vous êtes mon seul ami.

Détendez-vous, Voiello.

On n'est plus au XVe siècle.

En étant prudents, on pourra s'appeler.

Souhaitez-moi bonne chance.

Ici, je me nourrissais de palourdes,

ce sera de la soupe de chien en Corée.

Il est pas trop mignon,

mon petit poulpe de Bauer ?

S'il te plaît,

ne dis pas ça, chérie,

tu détruis ma légende.

Voiello, expliquez-moi quelque chose.

Pourquoi des catholiques ont-il tué d'autres catholiques ?

Parce que le fanatisme et la bêtise

ne font qu'un.

Et on ne mange plus de chien, en Corée.

Je sais.

Je sais, mais ça ne change rien.

Quoi qu'on me serve, je m'attendrai à en manger.

Ce sera mon point de vue.

Du chien.

Et comme nous le savons trop bien, cher ami,

le point de vue, c'est tout ce qui compte.

Sir John.

Vos parents demandent à vous voir.

Ils veulent vous souhaiter la bienvenue.

Nous répétons sans cesse le mot "amour".

Mais moi,

moi le premier, je ne savais pas le définir.

Nous répétons sans cesse le mot "beauté".

Mais moi,

moi le premier, je ne savais pas la recevoir.

Et pour cela, je vous demande pardon.

Pardonnez-moi.

Parfois, nous confondons amour

et folie.

Beauté

et extase.

L'Histoire s'est répétée.

La folie et l'extase ont à nouveau été

d'irrésistibles tentations.

Mais cela se termine toujours

comme à Ventotene.

Par des morts injustes.

Dans ce cas,

celle d'un prêtre bon et innocent.

Toute une vie de bonheur peut être menée

si on s'entoure

de délicatesse,

de gentillesse,

de bienveillance

et de tendresse.

Nous devons apprendre à être au monde.

Et l'Eglise

doit envisager de s'ouvrir

à l'amour possible

afin de lutter contre l'amour aberrant.

C'est tout cela que Jean-Paul III,

dans sa grande humilité,

nomme le juste milieu.

J'ai compris récemment

que ce n'était pas seulement la voie du juste milieu,

mais la seule voie possible.

Depuis mon retour,

vous vous posez de nombreuses questions.

Est-ce le Père ou le Fils ?

Est-ce Dieu

ou le Saint-Esprit ?

Est-ce un homme ou Jésus ?

S'est-il réveillé

ou est-il revenu d'entre les morts ?

Est-ce un saint ou un imposteur ?

Est-ce le Christ

ou l'antéchrist ?

Est-il vivant ou mort ?

C'est sans importance.

Pourquoi les questions sont-elles belles ?

Parce que...

nous n'avons pas les réponses.

Dieu seul a les réponses.

Il les garde secrètes.

Elles sont le secret de Dieu, celui que nul autre ne connaît.

Ce mystère est au coeur de notre foi.

Ce mystère guide nos consciences.

Et maintenant,

j'aimerais vous rejoindre

et faire enfin ce que je désire faire depuis le début.

Vous embrasser.

Un par un.

Mes frères cardinaux,

nous avons eu la chance de connaître deux grands papes,

Jean-Paul III et Pie XIII.

Que nous faut-il, maintenant ?

Un homme pétri de médiocrité.

Quelqu'un de fade, de travailleur, de sensible

et de bien disposé envers les innombrables requêtes

de ses collègues bien-aimés

du collège des cardinaux.

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit.

J'ai lu et relu

l'annuaire pontifical.

Mille fois.

Et pourtant,

je n'ai pas trouvé

un seul nom à la hauteur de cette mission.

Moi, si.

J'ai trouvé un nom.

Lequel, Don Cavallo ?

Le dernier,

par ordre alphabétique.

Voiello Angelo.

Pourquoi

tenez-vous tant à me mettre dans l'embarras ?

Pie,

tu me casses les couilles.

Adaptation : Odile Manforti et Joanna Levy

Sous-titrage TITRAFILM

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