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Original subtitles

Explosion Le canard cancane.

Cloches d'église

...

... Chant liturgique

...

... Explosions

... ...

Musique militaire Tirs d'arme à feu

... ...

...

... ...

...

Explosion

Orgue de barbarie

Explosion

Musique mexicaine

Le canard cancane.

Chant liturgique

Musique rythmée

...

Jazz

...

... Klaxon

... Fracas et explosion

Orgue de barbarie

Explosion

...

Sifflement aguicheur

...

Chant liturgique

Musique classique

...

Sifflet

...

Musique latine

...

... Coups de feu

Vrombissement de moteurs

...

...

Musique rythmée

... Coups de feu

...

... Tic tac

Cloches d'église

Explosion

Cloches

-Je m'appelle Rita. Je suis drôlement bien foutue

et vachement intelligente.

J'sais pas ce que vous aimez,

les oeufs au plat, théière de jardin ou le rhythm and blues,

moi, c'est les sous.

J'pense qu'à ça. A ça, et aux hommes.

Aux hommes qu'ont des sous. Je pourrais pas vivre aux Indes.

J'dis les Indes comme j'dirais la Chine, c'est la même misère.

Un jour, ils mangeront les touristes.

Sans méchanceté, un coup de fringale.

Pareil en Chine.

Vous verrez qu'ils boufferont pas toujours que du riz.

Ils tourneront voraces.

A la télé, je les observe. Ils ont de drôles de regards.

Moi, ce qui me plairait, c'est les Bahamas.

J'me vois dans une piscine, je me noierais.

Un homme plongerait pour me sauver, la cinquantaine,

mais sportif, très texan.

J'aurais perdu mon maillot sans m'en apercevoir.

Lui serait un roi du pétrole, il me ramènerait dans ma chambre.

Le coup de foudre !

Moi, je m'apercevrais de rien puisque je serais évanouie.

D'ailleurs, il serait trop tard.

J'aimerais bien les Bahamas.

Crissement des pneus

Premières notes de la "Symphonie N5" de Beethoven

...

Qu'est-ce vous feriez, vous, avec un milliard ?

Il y a les placements immobiliers, mais il faut être raisonnable.

Fred, par exemple, tout passerait dans les fringues.

C'est pas pour rien qu'on l'appelle "L'Elégant".

Même pour une cravate, il part comme un fou chez Cardin.

Pareil pour les tifs. Il est tous les jours chez Carita.

C'est la tôlière qui le shampouine.

Moi, bourrée d'osier, ce serait les voyages culturels, mon truc.

La connaissance des arts.

J'ai déjà mon petit programme.

J'achète ça au drugstore en prévision.

"Les merveilles du monde", ça s'appelle. Vachement sympa !

Ca, c'est la Grèce.

"Notre mère à tous", comme dit ma tantine.

Et ça, c'est pas beau, ça ?

Qu'est-ce qu'il a, ce truc ?

C'est moi à Megève !

Ah bon ! Le palais des Doges.

La chapelle Sixtine.

Oh, v'là que ça remet ça !

Bon, c'est moi à Saint Trop'.

C'est là que j'ai rencontré Fred.

Au Café des Arts. Je prenais un sirop avec Jacky.

-Jacky, c'est moi.

-Avant son opération, il s'appelait Rosemonde.

-Mais attention, déjà dangereuse ! Cheftaine de bande, et tout.

Genre égérie, si vous voyez ce que je veux dire.

Musique dramatique

...

Cris de mouette

...

"Symphonie N 5" de Beethoven

Elle siffle le même air.

Il déglutit.

Maintenant, je suis un mâle, un pointeur,

et je ne regrette rien.

Sauf des fois, comme ça...

Un coup de nostalgie au moment des collections de mode.

Il sifflote.

...

Explosion

Musique édénique

...

C'est pas de la violence pour de la violence, ça, hein ?

C'est pas du travail d'homme ?

-Pour moi, la Rosemonde et sa bande de gouines, c'est des prétentieuses.

Des insolentes. Je dirais même des personnes malsaines.

-Ca, c'est Fred.

-Fred...

Je l'emmerde.

*-Que pensez-vous des hold-up ?

*-Il faut les punir. On les nourrit des années, ces gens-là.

*-Dans le temps, il y avait les bagdafs, ça donnait à réfléchir.

*Maintenant, on leur dit des "vous" à la télévision, alors...

*Quand même, faudrait plus d'énergie.

*Paris sera bientôt pire qu'au Moyen Age, franchement !

*-C'est la faute au gouvernement.

*-Que feriez-vous en tant que juge ? *-Une peine très sévère.

*-Faut réfléchir avant d'agir.

*On file la perpétuité aux assassins et il faut encore les nourrir !

*-C'est la faute à ceux qui ont fermé les maisons closes.

*Eux-mêmes mériteraient la peine de mort.

*-Je suis d'accord.

*-Etes-vous pour la peine de mort ? *-Oui !

*-On devrait leur couper la tête. -Ils méritent la mort.

*-Ils ne souffrent pas assez. Ils doivent souffrir.

*-Une mort très lente, ce qu'il y a de plus cruel.

*-Je leur couperais la tête.

-Elles sont dingues ! Elles butent, elles me fouteraient le trac !

Go away now.

Allez, get out.

Maintenant, vous allez voir un truc pas banal.

Ca glisse, ça remonte, ça redescend, ça se dilate.

Vous me direz que c'est compliqué. C'est pas pour tout le monde.

Maracas et bip

Sifflet crescendo et gong

Grésillement

...

Coups de sifflet de cotillon

La colombe roucoule.

...

C'est moins intelligent qu'un dauphin, OK, mais ça vole.

-Tu fumes trop ! T'as déjà les dents jaunes.

-Je pourrai m'en payer des encore plus jaunes, en or.

-Oh tiens, une colombe !

...

-Sans être le coup du train postal, c'est quand même un beau coup.

-Du style, de la couleur,

de la grâce... -Oui.

-Un coup bien préparé est un coup à moitié réussi !

Croyez-moi, il pouvait rien se passer !

Explosion

Musique édénique

...

-C'est pas environnant, ça ? Pas structuré ?

-La dialectique, c'est avec ça que Fred m'a eue.

La dialectique et les manières.

On pourrait écrire un livre sur sa façon de passer les portes.

C'est pas comme ceux qui vous la foutent dans la gueule.

Lui, il passe devant bien sûr, mais il vous la tient.

"Pardon, madame." Une classe folle !

Elle crie.

...

Bande de sauvages !

-C'est les hommes qui vont aller chercher à boire ?

-Oh, mais dis donc !

Oh, c'est beau !

-C'est pourtant vrai que c'est beau.

Elle soupire et rit.

Bon, allez me chercher le reste, qu'on ait tout sous les yeux.

Toi, saute ! De la blonde fraîche et sans mousse.

Enclenchements des armes

Technicité plus efficience égale rendement.

On n'est plus à l'époque de la bande à Bonnot.

Le bricoleur, même de génie, n'a plus sa place dans ce monde.

Vous m'écoutez ou pas ?

Puisqu'on m'écoute, j'explique.

J'ai drôlement peaufiné le coup.

Quand t'auras fini d'aller et venir...

J'ai drôlement peaufiné le coup. Le fourgue est à Hong Kong,

il recevra la livraison par paquets transités moitié par Anchorage

et moitié par Johannesburg.

On ne bouge pas quand j'explique !

Je serai casqué moitié en dollars, moitié en francs suisses.

J'avais dit sans mousse.

Les biftons partiront de Formose,

moitié par jonque et moitié par Boeing,

et seront versés à un compte numéroté

dans une banque égyptienne à Tel-Aviv.

C'est ça !

-Debout face au mur

et les paluches en l'air, que je les voie bien.

On est chargés à la Magnum.

Si vous bougez, on vous coupe par le milieu.

Ca fera 10 morceaux.

-T'es pas en train de me hold-uper, Charles ?

Dis-moi que je m'hallucine, que je cauchemarde !

-Ficelez les paquets et emballez la joncaille.

Si j'avais pas eu peur de te vexer,

je t'aurais demandé de livrer chez moi.

Je t'aurais filé une petite pièce, t'aurais pas tout paumé.

-C'est pas ta voix, Charles ? C'est pas possible.

J'ai des bourdonnements.

-Avec ou sans mousse ? -Avec.

Oh, merde.

-Oui, hein.

-Tu sais ce que t'es ?

-Une femme riche.

-Virez ces andouilles sur le Chesterfield.

-De quoi ?

-Le canapé !

C'est quelque chose ! -Passe devant, t'es chez toi.

-Quand je pense qu'on devait se marier à la St Médard !

Je lui aurais donné mon nom. -J'avais dit avec.

-Ca monte !

-Madame Fred. Reçue partout. First Lady.

Que je sorte et je la marque au fer, je l'empale sur un cactus !

-Ca, fallait le dire avant.

-J'ai tout relevé. On fait quoi ?

-J'ai dit "on emballe". Faut une note de service ?

-Hé, le manoeuvre ! Freinez un peu votre zèle !

Faudrait partager.

-Partager quoi, mon coeur ?

-Oh... -Allez-y, vous autres !

-Regarde-moi, Charles !

Regarde-moi en face ! -Oui, mon petit coeur ?

-Quand je t'ai balancé le coup, on avait convenu fifty-fifty.

500 briques chacun.

-Ecoutez ça ! Que veux-tu que je fasse avec 500 briques ?

Surtout de nos jours. Le SMIG est un plein chanstique,

la TVA nous suce le sang et la bourse se fait la malle.

J'en aurais pour 5 piges, j'aurai 50 berges.

Tu voudrais pas que je retourne au charbon à cet âge ?

Tu serais pas vache avec les vieux.

-J'sens que je vais crier.

-Toi, t'es jeune, t'as l'avenir devant toi,

surtout salope comme t'es.

Embarquez le métal.

Pardon, petit coeur.

Elle pleure de rage.

...

-Avec mousse, sans mousse, et puis quoi ?

...

Je m'en fous, je vais le dire à ma tantine !

Musique traditionnelle italienne

...

-Sais-tu qui m'a enseigné, voilà bientôt 40 ans,

la greffe des oliviers ?

-Ah non, tantine. -Ton oncle Adrien.

Un homme qui portait la moustache à la Morny

et qui ôtait sa casquette quand il giflait une dame.

-Ah.

-Sais-tu de qui je tiens les graines de ces orangers ?

-De l'oncle Adrien ? -Oui.

Un homme d'un grand savoir.

Qu'irait-on faire à Paris quand on a ça sous les yeux ? Je te le demande.

Avoue qu'on est mieux ici qu'à Saint-Ouen.

"La mer, toujours recommencer", comme disait ton oncle Adrien.

Un homme fabuleux qui disait des choses sur la mer,

qui chantait la Tosca dans son bain, qui abattait un buffle à 30 mètres.

Oh... -Et un homme à combien ?

-Ma petite, j'ai horreur de cette forme d'esprit.

Elle me rappelle fâcheusement celle de ton pauvre papa,

qui était libre penseur.

Il est monté à la guillotine en blasphémant.

-Il est mort à Cayenne lui aussi, l'oncle Adrien.

-Possible,

mais il tenait l'harmonium à la chapelle du pénitencier.

-Ouh, alors !

-Je me suis laissée dire qu'à la fin,

il composait des cantates.

C'est pas tout ça, j'ai faim.

Quand même, c'est bon, les cantates.

Ca aide.

Tu n'as pas fait 1 h d'aéroplane pour prendre des leçons de solfège ?

Je t'écoute.

Merci, mon bon Casimir.

-A dire vrai, j'ai des ennuis.

-Ah ?

-Pas plus tard qu'hier, j'étais fiancée à Fred L'Elégant.

-Depuis que tu vis à Paris, où tu dois te coucher à 22 h,

voire 22 h 30,

je m'attendais à ce que tu côtoies des personnages... originaux.

-On devait se marier à la Saint Médard,

je me suis mal conduite.

Pourtant, je te jure, je suis pas vraiment mauvaise.

-Une fille qui fait 85 de tour de poitrine et 32 de tour de tête

ne peut pas être

vraiment mauvaise.

Elle peut être sotte. Je crains que tu le sois.

-Pas pour tout, rassure-toi.

D'ailleurs, mes ennuis viennent pas de mon fiancé, mais de mon associé.

Charles Le Téméraire.

S'il s'agissait que

de mon honneur...

Mais ce mal élevé a mis la famille en cause !

Quand j'ai dit : "Je vais le dire à tantine !",

il t'a balancé un de ces surnoms ! J'ose même pas répéter.

-J'aimerais, pourtant.

-Léontine la gâteuse.

-Tiens ?

-Il a ajouté : "La vieille perd ses boulons."

Elle pose violemment sa tasse.

-Casimir !

-Mademoiselle ?

-Les valoches !

Alarme

...

-Allô, Oiseau de feu ? Ici Judex.

*Qu'est-ce que ça donne ? -Rien.

*-Comment "rien" ? Ca veut dire quoi ?

-Rien à signaler, patron.

-Allô, Super Chief ? Ici Judex.

Klaxon

*-Qu'est-ce que ça donne ? -RAS, patron. On fait quoi ?

-Vous continuez.

J'ai tout mon temps. Mordez un peu le matériel !

Bouclée dans Paris, la Rita, prise dans la nasse, condamnée à mort !

Kafkaïen.

Coûteux, mais kafkaïen.

*Allô, Flying Patrol ? Ici Judex.

-On épluche toutes les voitures qui sortent, patron.

*Rire sardonique de Fred

Qu'est-ce qui vous fait marrer ?

-Je pense à Charles et je me marre.

Complètement disparu, ce gros dégueulasse depuis son forfait.

Il a raison.

Condamné à mort, comme la Rita.

S'attaquer au môme Fred, faut être maso !

-Je sais que je devrais pas pleurer comme ça, mais c'est de bonheur.

C'est de la joie.

Je suis trop heureux.

J'ai même plus envie de sortir, je mange plus,

je mate.

Soupir larmoyant

...

C'est beau comme une crèche !

-Il est né le divin enfant

Jouez hautbois, résonnez musettes !

-Mlle Léontine ? Vous ! Je pensais ne jamais vous revoir.

-On revient toujours, mon bon Ruffin.

-Que devient notre petite demoiselle ?

-Ca pousse.

-Mon bon Ruffin, si vous voulez bien aider mon bon Casimir...

-Bonjour, Ruffin. -Bonjour, Casimir.

Musique orientale

...

-Nom de Dieu ! C'est pas vrai ! -Mais si, mais si.

...

-Où est Bouguereau ? Et les bronzes ? Et les bouillonnés persans ?

Où sont les bouillonnés persans ?

...

Quels sont ces androgynes hallucinogènes ?

...

-Je pensais que ça vous ferait drôle,

mais c'est la mode.

Dans l'hôtellerie, faut recycler ou mourir.

-Très, très sympa.

...

-Notez qu'ils sont pas méchants. Ils se coiffent avec des fleurs.

-Et ils fument quoi ? Ca sent drôle.

-Du champignon mexicain qui provoquerait des visions colorées.

J'y crois pas.

-Dans le doute, priez-les d'aller fumer ailleurs.

Si je croise un seul de vos pique-fleur,

je l'éjecte à coup de barre à mine. Rita !

Elle râle.

Ma chambre, toujours au 1er ?

-Bien sûr, Mlle, au bout du couloir, la suite Directoire.

-Recyclée, je suppose ?

...

Grincement

...

Mon pauvre ami !

...

Tintement de cloche

-A ton avis, on est venu à Paris pour faire des achats ?

-A mon avis, on serait plutôt venu buter le gros Charles.

-Alors là, évidemment, c'est autre chose.

Si le living doit devenir opérationnel...

L'éclairage est amusant.

-Très.

Rita siffle d'émerveillement.

-J'ai oublié ce que c'était.

-C'est un couple qui fait l'amour dans un parc.

-Primé à Chicago, médaille d'argent.

Médaille d'or à Pittsburgh.

-Peut-on téléphoner sans passer par Téléstar ?

Balzac, 4404.

Allô ?

Pourrais-je parler à M. Charles, s'il vous plaît ?

Ce que ça peut m'agacer, ce truc-là !

Allô ? Charles ?

Ici Léontine.

-Léontine qui ?

-La gâteuse.

-Tiburce !

-Mon oncle ?

-Convoque toutes les épées pour ce soir, minuit.

Tout le who's who, le Moko,

Trois Doigts, le Petit Cheval,

la Tirelire, l'Espingo,

et puis Jambe de Laine. Oh là là !

Ronflement

...

Percussions africaines angoissantes

...

-Sainte Rita pleine de grâce, faites que le gros se fasse repasser

et que tantine me pique pas mes sous.

J'aimerais bien aussi que Fred ait un accident

ou une maladie mortelle, quelque chose comme ça.

Vous voyez ? Je vous fais confiance, hein.

Ronflement

...

-Oh. Pardon. Un cauchemar, j'ai oublié de prendre mon tilleul.

-Vous avez besoin de quelque chose ? -D'un lit où je puisse dormir.

Ma parole, c'est le Bouguereau ! Ce vieux Bouguereau !

Et voilà les Barbedienne !

Chers souvenirs, ils sont tous là.

Mercure.

Psyché.

Diane.

Oh mon Dieu, et même ma petite baigneuse !

-J'aime pas jeter.

Ca fait un peu de bric-à-brac, mais c'est ma chambre.

-C'était.

-Messieurs,

si je vous ai arrachés à vos pokers et à vos télés,

c'est qu'on est au bord de l'abîme.

La maladie revient sur les poules.

Si j'étais pas sûr de renverser la vapeur,

je vous dirais de filer comme en 40.

Le tocsin va sonner dans Montmartre.

Le choléra est de retour.

La peste revient sur le monde.

Carabosse a quitté

ses zoziaux.

Bref, Léontine se repointe.

Moteurs d'avions et bombardements

...

Ben quoi ? Ce vieux fourbi, c'est pas du plutonium !

Jusqu'ici, on a eu la poisse, c'est tout. Et j'en veux plus.

C'est fini les mômeries ?

Musique douce

...

Percussions africaines angoissantes

...

Je récapitule dans le calme.

On la débusque, on la passe à l'acide,

on la découpe au laser, on la dissout

et on balance les restes dans le lac Daumesnil.

-Je vois que t'as un programme chargé, je te laisse.

-Et puis, avec le boulot qui t'attend, faut que tu dormes.

-Bonne chance, mon pote.

-Amuse-toi bien.

-Bonne nuit.

-Tiburce !

-Mon oncle ?

-Mon petit, je viens d'assister à la démission des élites.

Dieu merci, je t'ai.

Tu as l'âge de Rodrigue

et, comme lui, la tête grosse comme un petit pois.

Souviens-toi : qui t'a offert ta 1re carabine à plomb,

ton 1er revolver ?

-Vous, mon oncle !

-T'as l'occasion de me rembourser les bienfaits dont je t'ai comblé.

Seulement, je serai franc et te parlerai comme à un grand.

Il va falloir assassiner un peu.

-Oh... -Laisse-moi finir !

Il s'agit d'une vieille personne. -Ah bon !

Musique intrigante

...

Aspirateur

-Mlle Léontine, je vous prie. -Quoi ?

-Mlle Léontine,

je vous prie !

Il éteint l'aspirateur. -On prend plus de pensionnaires.

-Je ne viens pas prendre pension, annoncez-moi à Léontine.

-Connais pas. Qui demande ?

-J'aime pas les questions.

-Moi, j'aime pas les conneries.

Surtout le matin, avant le café, ça agace.

Viens un peu par là. -C'est quoi, par là ?

-La cave.

-Je veux pas y aller.

-Mais si ! On sera mieux pour causer.

-Causer de quoi ?

-De tout, de rien, de la vie, de la mort.

Allez, passe devant.

-Ruffin !

Et mon jus d'orange ?

Musique enchanteresse

...

-Je ressens tout au fond de moi

Je ne saurais dire pourquoi

Oui, je ressens un doux émoi

En forme d'étincelle

-Quant à moi, rien que de vous voir

J'éclate en cent larmes d'espoir

Le ciel désormais n'est plus noir

Et je vous interpelle

Oui, la vie est si belle -Oui, vous êtes si belle

-C'EST L'AMOUR QUI S'EVEILLE

-Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, d'accord.

C'est extrêmement curieux.

*-Super Chief, ton Viandox va te filer une cirrhose.

*Alors, what's new ? -Toujours rien, patron.

Soupir

-Oiseau de Feu à Judex. Rien à signaler.

-On vient de totaliser, patron. 38 750 autos sont sorties,

mais pas la bonne. Pardon.

-Tout va bien.

Le piège se resserre.

Musique romantique

...

-La branche ! Attention voyons ! Léontine râle.

...

Maintenant que nous sommes entre nous,

serait-il indiscret, jeune homme, de vous demander vos intentions ?

-Epouser Henriette adorée !

-Il est idiot ou c'est un genre ?

-Il est idiot.

-Il a dû être retardé dans un embouteillage.

-A l'école,

il avait toujours le prix d'exactitude.

Et le prix de bonne camaraderie.

Les institutions, la notoriété, le prestige,

tout est bafoué ! Tout !

Le roi s'endort, on dessoude le dauphin. Jolies manières !

Mais attention, hein ! J'ai bon caractère,

mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier.

L'aigle va fondre sur la vieille buse.

-C'est chouette comme métaphore.

-C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.

-Oh, fais pas chier ! -Ca, c'est une métaphore.

-L'amour, bon, d'accord.

Seulement, je parles pas du superflu mais du nécessaire.

Avec quoi comptez-vous vivre ?

-Henriette a une dot.

-Avait ! Un milliard en lingots. Charles me les a secoués.

-Tiens, je croyais qu'il avait juste dit du mal de moi !

-L'un n'empêche pas l'autre. -Ne faites pas de mal à mon oncle.

Fracas

-Un milliard, c'est une somme !

-Je comprends, oui.

-C'est même une très grosse somme.

Il est imprudent, Charles.

-Qu'on ne lui fasse pas de mal.

Coups de feu

...

... Musique de carnaval

... ...

...

Jacassement d'oiseau

...

Crissement de pneus

Fracas

Grincement

...

-On ne mange plus ! On ne claque plus les portières !

Et on se tait !

Ah...

Aile nord. Aile sud.

Gazouillis des oiseaux

...

Choc lourd

Ca commence bien !

Gazouillis des oiseaux

...

Tintement de cloche Décidément !

Petits chocs métalliques

Bip

Gazouillis des oiseaux

...

Grincement

*-Marcel ?

*Approche, mon petit Marcel, approche !

-Oui, mademoiselle. Grincement

*-Je t'ai jamais fait de mal. -Non, mademoiselle.

Coups de feu

-Drôle de calibre, hein ! -Colt Frontiere 1812, monsieur.

Tintement de cloche

-Barbedienne, c'est du solide !

La Marseillaise

...

-Vous qui êtes du coin, vous trouvez ça normal ?

Gazouillis des oiseaux

...

Coups de feu

Il se passe dans cette maison des choses que je n'aime pas.

Gazouillis des oiseaux

...

Le moteur démarre péniblement.

Roulement de tambours

Musique olympique

-Ruffin !

Casimir ! -MADEMOISELLE ?

-Vous pouvez débarrasser.

-La scie électrique, l'air pulsé, le thermostat...

Pour le mec qui débute, avoue que c'est fascinant.

Tu te souviens avant ? L'arrivée de mademoiselle à Paris ? La prise

du pouvoir ?

On s'en est coltiné, des valises !

-J'aimais pas le canal de l'Ourcq. Drôlement crapuleux !

La nuit, tu croisais de drôles de frimes !

-Ici aussi.

Je suis farci toute la bande à Riton par colis de 10kg dans des musettes.

37 voyages entre Pigalle et Joinville.

-La Marne, c'est gai. -C'est gai, mais c'est loin.

La machine est vraiment l'amie de l'homme. A ton avis,

y en a pour combien de temps ?

-Deux bonnes heures pour saisir et 5 h à feu doux.

-La note sera salée. -Je prévoyais. Y a un compteur bleu.

...

-Veni, vidi, no vici.

-Merci.

J'avais compris.

-Vous avez l'air flapi, Ruffin.

-Pardonnez-moi, quand j'ai pas mes 8 h...

-Cette nuit, vous avez fait un de ces foins !

-Je voudrais, ma petite cocotte

Que tu confitures ma biscotte

-Tiburce,

vous n'êtes pas au Châtelet. Essayez de parler normalement.

C'est pas pour me vanter, mais quand je ne dors pas,

moi, je pense.

-Moi aussi.

-Je pense à Charles.

-Moi, à Tiburce. Des trucs insensés !

J'ose

même pas dire !

-Oh là là qu'est-ce ça peut être ?

-Allez chanter dehors !

Que je ne vous entende plus !

Maintenant, tu peux fermer ton bazar !

-Quel bazar ? D'abord, y a rien de prévu pour.

-Vous vous êtes quittés comment ? Grincement

Elle râle. Ce que ça peut m'agacer, ce truc !

Vous vous êtes quittés comment avec l'autre ?

-Quel autre ? -Fred.

-Ah !

Il était dans un jour odieux ! Genre vulgaire, tu vois ?

Il me menaçait de sévices orientaux

et Charles, d'exécution sommaire.

-Ca te gênerait beaucoup ?

-Ben... Oh, beaucoup, beaucoup...

Si j'avais bu, si j'étais...

-Je parle pas de toi, mais de Charles.

Oh, je souhaite de mal à personne, mais...

Je pense qu'on dormirait mieux si Charles était mort.

-Tu veux que j'en cause à Ste Rita ?

-Voilà. Comme ça, on en parlera chacune de notre côté.

Quand il n'attaque pas les banques, il a bien une couverture, ton Fred ?

Rita s'étouffe de rire.

Eh ben ? -Ca va te faire un choc.

Rita rit.

-Monsieur le Rapporteur aux Finances.

-Si tu la voyais, tu pardonnerais tout.

Elle mange plus, elle boit plus...

-Tant mieux. Qu'elle crève !

Monsieur le Président de la Cour de cassation.

-Elle crie ton nom la nuit, elle dévore ses oreillers...

Tiens-lui la main.

-Ma main dans sa gueule

après ce qu'elle

m'a fait.

-Péché de jeunesse.

-A coup de pompe que je la recevrai.

Même pas, à coup de tisonnier. Ca la redressera, cette salope.

Monsieur

le Procureur à la Cour des Comptes.

-Le milliard de la Franco-Libanaise ferait un beau matelas

pour une nuit de noces ? -Je suis trop meurtri.

Monsieur le Général, Président du Haut tribunal militaire.

-Eh bien moi,

voir Charles se tirer avec tes sous, ça me rend malade. Pas toi ?

Tu travaillerais pour moi ? -Pis quoi encore ?

-Tu dynamites plus les autres ? -Je dynamite plus rien.

-La route d'Orly, ça ferait pas ton bonheur ?

-Y a plus de bonheur, y a que des misères.

-Pourtant, Charles prendrait l'avion avant ce soir, ça m'étonnerait pas.

-Alors là, Mlle Léontine, entièrement à votre service.

Il va gicler, le gros.

Monsieur l'Archevêque de Tulle.

Tango

...

-Je ne suis qu'une vieille dame qui aspire à la paix.

Ton neveu est amoureux de ma nièce. Eh bien, marions-les.

-Si on m'avait dit que tu deviendrais ma cousine !

Ca me fait drôle. -A moi aussi, mon grand.

L'argent fait pas le bonheur,

mais j'aimerais que nos petits mènent une existence décente.

T'es de mon avis ? -Absolument.

-Par exemple, si tu es d'accord,

je verrais bien ma villa de Menton dans la corbeille de mariage.

-Entre nous, dans ta corbeille,

tu verrais pas non plus mes barres de jonc, vieille seringue ?

Rock 'n roll

...

-C'est chaud !

...

-Tu finis pas ?

...

Tu fais la gueule ?

...

-Ca balance !

Fracas

...

...

-Bon, à part ça...

Reparlons de cette corbeille.

-Dans ta folie de l'or, as-tu pensé à tes petits neveux ?

Il y en aura forcément un jour. -Tu vois loin.

-Sais-tu ce que coûte l'éducation d'un enfant ?

Ce que j'appelle une éducation. Nurse anglaise, collège suisse,

neige à Noël et mer en août.

Charles, serais-tu un monstre ?

Tu ne vas pas lésiner sur la santé de ton petit neveu !

Ni le priver de mer !

-T'as failli le priver de père.

Il rit. Oh, que c'est drôle !

...

Ca m'est venu comme ça. Toc ! Terrible, non ?

Avoue que c'est drôle !

-Mon pauvre Charles.

-Bon, rendez-vous chez le notaire demain à 11 h.

Je mets le jonc sur la tête de Tiburce.

Au moment du contrat de mariage,

fifty-fifty sur nos deux petits trésors.

-Le but de nos vieillesses.

-Tu peux pas savoir, ma grande

comme c'est bon de faire le bien !

Elle me prend pour un pélican, pour St Vincent de Paul,

pour l'UNESCO, la vieille bourrique !

Attends un peu !

Soupir ému

Crissement de pneus

Accélération

-Ca y est, va y avoir de l'explosion, du crime,

des malveillances, des sous qui vont changer de pogne.

Si vous voulez me regarder prendre un bain...

C'est un peu plus intéressant.

Va falloir le marier vite, Tiburce.

Il fait des trous partout, il abîme !

-J'abîme rien, je touche à rien, je regarde.

Crissement de pneus

-Merde, des bolivars !

Musique mexicaine

Le Raoul, si je le retrouve, je lui mange une oreille !

...

...

Bips

Crissement de pneus

Bips

...

Alors ça, c'est une blague !

C'est comme s'il avait laissé sa carte de visite, le Fred.

Il rit.

Oh, ce qu'il peut être branque, c'est pas vrai !

...

Décidément, faut l'encadrer, ce mec. Et voilà !

Explosion

-La connerie à ce point-là, moi, je dis que ça devient gênant.

-Moi, je l'avais dit.

-Dansons la capucine Y a pas de pain chez nous

Y en a chez la voisine Mais ce n'est pas pour nous

Dansons la capucine Y a pas de pain chez nous

Y en a chez la voisine Mais ce n'est pas pour nous

Et ron et ron petit patapon

Et ron et ron petit patapon Et ron et ron petit patapon

Et ron et ron et ron

Dansons la capucine Y a pas de pain chez nous

Y en a chez la voisine Mais ce n'est pas pour nous

-Des bolivars ?

Il se sera fait baiser jusqu'au dernier soupir, le gros.

Musique mexicaine

Caracas ? Bof...

Là ou ailleurs, tant qu'il fait beau...

*Annonce passagers

*-Départ à destination de Caracas vol 733,

*embarquement immédiat porte 32.

*Même annonce en anglais

-Excuse me, madam.

*-Attention, l'Etoile du nord Trans-Europe-Express numéro 73

*à destination d'Amsterdam va partir.

*Nous vous souhaitons un bon voyage.

Sifflet de départ

Le train se met en branle.

...

-Alors, Fred, toujours en balade ?

Explosion

...

-Bon, ben je crois qu'il va falloir trouver autre chose.

-Et alors ? J'ai dit qu'il s'appelait Fred L'Elégant.

J'ai jamais dit qu'il s'appelait Fred Le Mariolle.

Quand même, c'est à croire que je les envoûte.

Tenez, prenez Tiburce. Question cellules motrices,

c'est pas une IBM.

En un sens, ce serait même un cas.

Je dis bien en un sens, parce qu'à côté de ça, attention !

Champion au jeu des 7 erreurs et imbattable aux dominos.

Mais pour le reste...

Moi, à sa place, j'irais consulter.

Des fois qu'il aurait eu les oreillons sur le tard ou autre.

Parce que moi, je vous le dis, il tourne pas rond, le Tiburce.

D'accord, il y a mon genre réservé,

mon côté petit saxe qui prête pas aux agressions.

Et puis, la 1re nuit sous le toit d'une fille...

-Je dois entendre ça ?

-Quoi ?

Il balbutie.

Ah bon !

Je disais donc que la 1re nuit sous le toit d'une jeune fille,

ça impose le respect.

Mais la 2e ?

Surtout que, pour le petit saxe,

passé le couvre-feu, je freine drôlement.

Quand je sais que Tiburce écoute à la porte, je rêve tout haut.

Pas trivial, mais énervé.

Juste à peine vicieuse, voyez ?

Il pousserait la porte, j'entendrais même pas.

En somme, je me rendrais compte de rien.

Le lendemain, au petit-déjeuner : "Bonjour, Tiburce".

Je saurais pas que j'ai été violée, et on pourrait parler fiançailles.

Promouvoir l'imagination sans tomber dans le mauvais genre,

faut du doigté, comme dit ma tantine.

Oh, mais au fait, je la vois plus beaucoup, celle-là !

-Je prendrai un potage julienne et une crème caramel.

Ces journées à Paris sont harassantes. Du nouveau ?

-Un appel de monseigneur l'Archimandrite Joseph.

Il m'a prié d'avertir mademoiselle qu'il y aurait comme de l'agitation

sur le bolivar.

-Allons donc !

Musique mexicaine

...

-Des bolivars !

Tu m'offrirais de la sterling,

du mark, de la couronne, je dirais banco, même pour du yen.

Mais le bolivar, c'est jamais que du bolivar, Alfredovitch,

c'est-à-dire petite monnaie nègre.

-"Petite monnaie nègre" ? Je suis agacé comme tout, Joseph.

Je pourrais te tarter.

Alors laisse quimper ton sabir et parlons affaires.

-Comme tu voudras.

Tu m'offres du papier à cul contre du dollar US au cours officiel.

Tu me prends pour un enfant de choeur ?

-Tu refuses de changer ma monnaie ?

-Tu peux jouer au Monopoly avec tes biftons de carnaval.

Je pourrais, à la rigueur, te les prendre en consigne.

Et encore ! A condition d'en connaître la provenance.

-Rita, une personne avec qui j'étais.

-Bonne famille ?

-Ca dépend comment t'entends ça. La nièce de Léontine.

-Léontine ? Sauve-toi vite, Fred !

Tu m'as rien dit, on s'est jamais vus !

Je veux pas mourir dans la monnaie. Enterre tes sous !

Au plus profond possible. -Où ça ?

-C'est pas les trous qui manquent.

Lascaux, La Pierre Saint André, Padirac...

Le Trou du Diable.

-Tu crois ?

-Elle a drôlement confiance en nous, tantine, vous savez.

-Ah oui ? -Elle est partie avec Casimir

et Ruffin est au cinéma.

-Et alors ? -Rien.

Je sais qu'on est pas du genre à abuser, mais n'empêche.

Supposons qu'on mette de la musique,

le genre cool, malsain,

ou qu'on se mette à boire.

Je dis bien supposons. Ce serait la faute de personne.

On aurait bu,

on saurait plus ce qu'on ferait... Et crac ! V'là le facteur.

-Où ça, le facteur ?

-C'est une expression. Fred disait souvent ça.

Enfin, assez souvent. Tiburce ?

-Rita chérie ?

-Toujours en admettant, on aurait bu,

moi moins sévère puisque j'aurais plus ma tête.

-J'aurais préféré sans glace.

-Et la bière, vous l'aimez comment ? -Pourquoi ?

-Pour rien. Alors, j'aurais plus ma tête, et d'un coup...

-Voilà le facteur !

-Une panne d'électricité.

On serait dans le noir. Vous feriez quoi ?

-Je demanderais où est le compteur.

Elle souffle. -A la cave !

On serait à la cave...

-Non, pas la cave !

-Mais si, mais si. Alors, on chercherait le compteur...

Toujours en admettant, hein !

Moi, complètement affolée dans le noir,

plus rien sur moi, forcément,

puisque j'aurais coincé ma robe dans la porte.

En somme, presque toute nue.

Vous feriez quoi ?

-J'essaierais... -Oui ?

-J'essaierais de changer les plombs. Rita se lamente.

-Eh ben, mes enfants, ça va pas être du millefeuille !

-C'est curieux, te v'là tout excité sur le Trou du Diable, prêt

à foncer.

Mais, je te préviens, ça descend. C'est pas du plat.

Bien sûr, si tu vises la performance, alors...

-Puisqu'on joue sur les profondeurs, jouons-les à fond.

OK pour le Trou du Diable. Merci, mon père.

La porte claque. -Joseph !

Vous pouvez sortir.

Vous toucherez vos 10%, comme d'habitude.

-Mademoiselle pourrait peut-être ajouter un don

pour le pèlerinage à Nijni Novgorod.

-Mon ami, entendons-nous bien. Les affaires sont les affaires.

Mais j'ai été baptisée et confirmée

dans le sein de l'Eglise catholique romaine.

C'est pas pour me faire caver à 75 piges

dans vos singeries byzantines.

-Mademoiselle, l'avenir est tracé.

-Si c'est fléché, y a plus de problème !

Rita s'exclame.

-Eh ben !

...

...

Oh là là !

Hé ! Lisez ! Moi, j'en peux plus !

-"Les 1ers explorateurs

"de la mission Steinway n'ont pas été sans être frappés

"par la fureur érotique de la tribu des...

-"Walla Walla".

-Voilà, voilà.

"Egalement appelés 'les grands hommes rouges de l'Amazonie'".

-C'est plus loin que c'est chouette.

-Plus loin ? -Excitant, mais scientifique.

-Où ça ? -Pages 70, 71.

-Ah, voilà. -Vous allez voir.

-"Dès l'âge de raison, le Walla Walla

"ne se contente pas de demander à ses diverses épouses les services

"sexuels normaux,

"mais exige que ceux-ci soient divertissants et variés."

...

"Au cours de séances d'initiation très particulières,

"la coutume veut que le Walla Walla soit peint en rouge

"des pieds à la tête."

Rita rit. -Vous allez voir la suite.

-Qu'est-ce que ça va être !

"Les rites sexuels chez les grands hommes rouges de l'Amazonie

"sont interminables, se prolongeant des jours entiers,

"quand ce ne sont pas

"des semaines."

-Vous y croyez, vous ?

-S'il fallait croire tout ce qu'on lit !

-Oh, quand même, hein !

-Euh...

-Tiburce ?

-Henriette chérie ?

-Si je te peignais en rouge qu'on se marre un peu ?

-Pauvre Fred, il serait pas en train de se perdre ?

-Monsieur Fred vient de passer. Profondeur, 70 m, plafond bas.

-Eh bien, roulons, mon bon Casimir.

-Bon ben, ça y est, v'là que ma petite lampe est cassée.

-Tiburce ! -Non, je suis pas un Walla Walla !

Non, pas la cave ! -Tiburce ?

Tiburce, au pied ! -Non ! Je suis pas un homme rouge !

-L'escalope Vichy, c'est quoi ?

-Une escalope, madame. -Mais encore ?

-Un morceau de veau servi avec des carottes sans beurre ni sel.

Très indiqué pour le soir.

-Et l'escalope Monte Verdi, c'est quoi ?

-Ca, c'est un émincé de veau légèrement poêlé,

frisoté dans une sauce Orloff, moitié Tokay, moitié mascara,

le tout repris dans une flambée barbaresque

et nappé de crème fraîche.

-Et c'est recommandé pour le soir ? -Pas du tout.

-Tant pis. -Deux.

-Faut bien qu'il mange, ce pauvre Fred.

Il va se taper une soupe de poisson.

C'est plein de phosphore, bon pour la tête.

Quand j'étais petit, maman voulait que je mange du poisson.

On passait nos vacances à Dieppe.

De là, on allait à l'île de Ré, voir papa.

Et puis aux îles du Salut.

Je mangeais toujours du poisson, maman était contente.

On gratte à la porte.

-Bon, c'est d'accord, je suis un Walla Walla.

Voilà.

Elle rit.

Couinement -Tiens ! Un rat d'égout !

Etrangement bizarre. Curieusement étrange.

Etrangement curieux.

Pauvre Fred ! Il aura tout vu !

Fred éternue.

Pauvre Fred ! Sa dernière petite allumette.

Tiens, une côte !

Merci, mon brave.

Il hurle.

Choc sourd

-Casimir, faites-moi couler un bain. -Bien.

-Les promenades matinales ne sont plus de mon âge.

Vivement notre soleil et nos orangers.

-Mademoiselle n'aurait pas dû les quitter.

-Qu'y a-t-il ? Vous avez l'air tout chose.

-Les choses ne vont pas.

-Je trouve qu'elles vont gaiement. -Je crains que

pendant l'absence de mademoiselle, et si j'ose m'exprimer ainsi,

la nièce de mademoiselle et le neveu de M. Charles

ne se soient légèrement envoyés en l'air.

-Ah. -J'ai le regret de confirmer.

-Bon, eh ben j'ai réglé les questions de pognon,

je vais régler les questions d'honneur.

Je vais mener ce petit monde à la mairie à coups de latte.

Musique enjouée

-Les voilà !

Applaudissements

...

Claquements de portes

...

-"Non" ? Ca veut dire quoi ?

-Ca veut dire non !

-Ouais... Néanmoins, on ne va pas à la mairie pour dire "non".

Qu'est-ce qui t'a pris ?

J'attends au moins des explications.

-Je me marierai quand j'aurai mes sous.

Ah bon ? Eh bien, je vais te casser ton canapé.

Rita rit.

Je veux mes sous !

Si tu me les rends pas, je dirai partout que t'es une assassine.

Je le dirai au boucher, au crémier, aux éboueurs, je te ferai du tort.

Peut-être même que je le dirai aux poulets.

-Mon enfant, regarde-moi bien.

Tu m'as vue ?

Ai-je une tête à me farcir 1 500 bornes de route,

une escalope Monte Verdi

et le fléchage complet du grand collecteur

pour me faire racketter par un petit boudin ?

-On me frappe, on me dit des gros mots

et en plus, on me pique mes sous ! J'en ai marre !

Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour...

Et vous, là, Tiburce !

Si vous la massacrez pas... Fracas métallique

... -Qu'est-ce que c'est ?

Musique rythmée

...

-V'là autre chose !

...

Come upstairs, Charlie.

...

Il grogne. -Entrez, mon bon Charles !

Asseyez-vous donc !

Il balbutie.

...

-Et ron et ron petit patapon Et ron et ron petit patapon

...

-La route vous a fatigué ?

-Allez jouer dehors.

-Gnagnagna.

Elle râle.

-Mon sac ! Venez, Tiburce, ici, c'est plein de voleurs.

Mais bon...

-Maintenant, Charles, je t'écoute.

Il bredouille.

Ca, tu l'as déjà dit. -Je veux les sous.

-Vous vous êtes donné le mot.

-Je sais tout. T'as donné Fred à manger aux rats.

Moi, ils me mangeront pas, je sors mes griffes !

Il imite le feulement d'un chat

-Charles, je te donnerais cet argent avec plaisir, mais on est samedi.

Les banques sont fermées.

-Chaque fois que t'es entrée dans une banque, elle était fermée !

La BNP de Levallois, ça te parle ? -Tu cancanes, maintenant ?

-Bon, je te préviens, c'est un 38. Je tire, t'as plus de tête.

-Bon...

Musique mexicaine

...

Coups de feu

-Mais, on dirait des coups de feu !

-Mets ça.

-Je suis pas en deuil. -Qu'est-ce que t'en sais ?

-Parie pas.

Musique rythmée

...

-On dirait que le film est fini.

Pauvre Fred ! On va pas le laisser dans le noir !

On n'a pas le droit !

Hé, messieurs, dames ! Faites quelque chose !

Oh là là ! Oh !

Explosion

Sous-titrage : VDM

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