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Au nom du P�re, du Fils et du L'Esprit Saint.
Seigneur, ayez piti� de nous
Christ, aie piti� de nous.
Seigneur, aie piti� de nous Christ, entends-nous
Christ, aie piti� de nous.
Notre P�re qui �tes aux cieux
ayez piti� de nous.
Fils r�dempteur du monde.
Aie piti� de nous.
Esprit-Saint.
Aie piti� de nous.
Sainte Trinit�.
Aie piti� de nous.
Sainte Marie.
Priez pour nous.
Sainte m�re de Dieu.
Priez pour nous.
- Sales porcs ! - Priez pour nous.
- Halte l� ! - Priez pour nous.
- Sainte Vierge. - Priez pour nous.
Plus vite ! Sales porcs !
Halte ! Sale porc ! Tirez !
- Sainte Marie. - Priez pour nous.
- Portes du Ciel. - Priez pour nous.
�toile du matin.
Prions.
Nous vous supplions, Seigneur, que tous vos seigneurs...
...soient b�nis dans un corps et un esprit sains.
Et que par l'intercession glorieuse de Marie, toujours vierge
nous soyons lib�r�s de nos peines pr�sentes.
Par J�sus-Christ, notre Seigneur Amen.
S�ur Clotilde, que s'est-il pass� dehors ?
Je ne sais pas. Je ne veux pas le savoir.
Rejoins le rang, �lise.
Vous avez fini ?
Je vous montre comment je faisais quand j'�tais petite ?
Oui, ma S�ur.
Je prenais la coquille vide.
Je la retournais.
Et je disais : "Regardez, ma S�ur je n'ai pas mang� mon �uf."
Et la S�ur disait : "Mon Dieu, je vais le manger."
Et elle le frappait avec la cuiller comme �a.
- Bonjour, ma M�re. - Bonjour.
Bien, bien...
Comment ces petites souris sont arriv�es jusque-l� ?
Sous la porte quand je ne regardais pas.
Ils ont mang� deux �ufs entiers avec la coquille.
Ils seront seize dans votre dortoir S�ur Clotilde. Il sera plein.
Cela ne fait rien.
J'aime m'occuper des petites, elles n'ont subi aucun mal.
Et si c'est le cas, elles sont assez jeunes pour oublier.
Vous n'�tiez pas plus grande quand vous �tes arriv�e.
Mais si. J'avais 8 ans.
Je me souviens...
de mon premier jour ici.
Je ne voulais plus partir.
Peut-�tre elles aussi...
Elles ne peuvent toutes devenir des nonnes.
En attendant, nettoyez leurs mentons.
Que cuisinez-vous aujourd'hui, S�ur Seraphina ?
Du lapin.
Encore ? � ce rythme, nous finirons en sautant au Ciel.
- Mon nez reniflera la moindre carotte. - Le mien aussi.
Bonjour, Pierre.
Bonjour, R�v�rende M�re.
Je ne sais qui passe le plus de temps � genoux. Vous ou moi.
Et lequel pr�sentera le plus de r�sultats.
Les miens ne rempliraient pas cette brouette ces temps-ci !
Des Anglais ?
Non, des Am�ricains.
Nos lib�rateurs.
Deux nouvelles ce matin.
Les filles de Jacques Moret.
- Il a pu s'�chapper ? - Oui.
Avec qui ?
Jean Cartier et �mile Fournier.
Seulement trois.
Nous avons fait ce que nous avons pu.
Ils ont besoin de nourriture pour combien de temps ?
Deux jours au moins. Ils n'arriveront pas facilement � la c�te, m�me en partant ce soir.
Le plus t�t sera le mieux. Je n'ai pas �t� tranquille...
...tout le temps que nous les avons cach�s dans la chapelle.
C'�tait en dehors des murs du couvent.
En effet, mais les �vasions me rendent nerveuse.
Mais c'est un petit prix � payer pour des vies humaines.
Voil� le Major Krupp qui me rend une petite visite.
Vous allez le recevoir ?
Je le re�ois toujours et nous jouons une com�die. Il regrette de devoir...
...m'interroger de fa�on formelle, et je me d�sole qu'il perde son temps
ensuite il regrette de ne pouvoir classer le couvent de fa�on formelle,
et je suis d�sol�e que l'acc�s du couvent soit interdit aux hommes.
Et notre pauvre maire reste l� debout � tordre son chapeau...
...et sa conscience.
Je regrette, Madame, de ne pouvoir classer le couvent
comme une formalit�, bien s�r.
Et je regrette, Monsieur, que les hommes ne soient pas admis.
Tr�s bien, Madame.
Maintenant que nous avons observ� nos petites formalit�s
il est temps d'arr�ter de feindre.
Feindre ? Bien s�r, je n'ai jamais demand� qu'on me pr�sente des papiers
mais je n'ai jamais dout� que vous soyez un officier Allemand.
Je vous assure que le grade de M. Krupp ne fait aucun doute.
Il est inutile que des Fran�ais parlent pour les Allemands.
Alors je suis s�re que vous ne doutez pas que je sois M�re sup�rieure.
Que j'appartiens � cet ordre depuis plus de 60 ans
57 pour �tre exact.
Et selon votre dossier depuis l'�ge de 15 ans.
Je suis n�e en 1871.
Cette date ne vous dit rien, Major Krupp ?
Oui, ce fut l'ann�e de la guerre franco-prussienne.
Je suis n�e avec le bruit des bottes allemandes sur le sol fran�ais.
Je les ai revues en 1914.
Et maintenant... peut-�tre ai-je v�cu trop longtemps ?
Apr�s la derni�re guerre, j'ai cru en avoir fini avec les Allemands.
On en a jamais fini avec les Allemands.
C'est ce que dit notre jardinier � propos des pucerons...
...qui attaquent nos rosiers Mais...
...nous devons les combattre.
Cela me ram�ne au sujet de ma visite.
Ce matin, sur 20 d�port�s vers L'Allemagne, trois se sont �vad�s.
Certains �l�ments dans ce village ne sont pas sous contr�le.
Un village ridiculement petit.
Une poign�e de maisons, un village de la taille d'un trognon de pain
quelques fermes et un couvent.
Et il me cr�e plus de soucis que n'importe quel autre village.
La morsure d'une puce n'a rien � voir avec sa taille.
Malgr� tout, elle est tout aussi incommodante pour vous.
En tant que maire de ce village, elle est aussi incommodante pour moi.
Non, non, Vitrey, pour vous., comme maire, elle est malsaine.
�coutez,
je n'ai rien personnellement contre les institutions religieuses,
et j'ai l'intention de les respecter,
tant que vous vous limiterez � la pratique religieuse.
On est les Fran�ais qu'on veut. Mais on est toujours des citoyens.
Je travaille en parfaite harmonie avec le major Krupp.
C'est ce qui se dit dans le village.
On parle de moi dans le village ?
Que dit-on ?
Je n'�coute pas les calomnies.
Vous �tes stupide, Vitrey, de vouloir �galer le talent de la M�re Sup�rieure.
J'y arriverai
si je veux...
parce que je repr�sente l'autorit�.
Vous comprenez ?
Franchement, je vous avertis.
Nous ne nous sommes pas toujours consid�r�s.
Vous allez me donner votre parole, comme d'habitude
que vous ne cachez personne dans votre couvent.
Personne.
Ce sera suffisant... pour l'instant.
- Bonne journ�e, Madame. - Bonne journ�e
"...tout pr�s de Toi, pour la b�n�diction. Amen."
Oh, cette �paule, Jacques. Tu pourras fuir avec les autres ?
�a ira, R�v�rende M�re.
Mais ces taches de sang...
Je les nettoierai.
Il est temps de partir.
Adieu, R�v�rende M�re.
Nous ne pouvons vous payer, mais vous serez dans nos pri�res.
Merci.
Je suis d�sol�.
Je croyais trouver un homme ici.
Un nomm� Cabeau. Vous savez o� il est ?
Il n'est pas ici.
C'est bien le bon endroit.
Une vieille chapelle, des escaliers qui descendent ici.
Tout co�ncide.
Eh, attendez !
O� allez-vous ?
On va me rep�rer si on vous voit sortir d'ici.
Personne ne me verra. La porte donne directement sur le couvent.
D�sol� d'�tre si nerveux, mais mon avion s'est �cras� pr�s d'un vieux moulin.
On m'envoie ici pour rencontrer un certain Cabeau.
- Y a-t-il un Cabeau par ici ? - Oui.
- Qui est-ce ? - Le jardinier.
Bien, vous pouvez lui porter un message de ma part ?
Je ne porte que les messages qui viennent de la M�re Sup�rieure.
�coutez !
Je ne suis jamais rentr� dans un couvent et je peux appara�tre grossier.
Comment faut-il parler � une religieuse ?
Le moins possible.
Merci, je m'en souviendrai.
Mais j'ai plus important � penser maintenant.
Si vous ne comprenez pas, peut-�tre que la M�re sup�rieure le pourra.
Dites-lui que je suis ici et que je dois contacter Cabeau
Ceci ne va pas contre le r�glement ?
Je donnerai le message � la M�re sup�rieure.
Un aviateur suppos� Am�ricain On sait qu'il est dans les parages.
Ch�timent pour qui l'aidera ou ne le d�noncera pas : LA MORT !
- Tout est pr�t ? - Tout.
Voil� : certificat de mariage, passeport, laissez-passer
m�me le certificat m�dical. Un beau travail. Personne ne le d�couvrira.
Mon oncle a travaill� toute la nuit. Il ignorait que c'�tait si urgent.
J'ai d� changer mes plans.
Les Allemands sont certains que l'Am�ricain est dans les parages.
Ils ont doubl� les patrouilles.
Il doit partir cette nuit.
Vous avez les instructions.
C'est Jean Dubray et sa femme.
On lui a tir� dessus et il a perdu sa voix.
On vient de l'enregistrer � l'h�pital, et j'ai l'autorisation de l'amener...
- ...chez nous pr�s de la c�te. - Bien.
Je suis devenue perfectionniste.
Vous devez l'�tre.
Cet aviateur va ramener � Londres des informations r�colt�es par la R�sistance.
� quelle heure dois-je �tre au pont ?
Je le ferai sortir vers 21h.
Nous mettrons une demi-heure pour arriver.
Je l'attendrai.
Je suppose que vous r�alisez que...
...vous risquez votre vie.
Bonjour, Major Krupp.
- Et notre bon maire, M.. Vitrey. - Bonjour.
- Vous �tes Madame... - Madame Bouchard.
Son oncle a des serres en dehors du village.
- Ce nom m'est familier On s'est d�j� rencontr�s ? - Non.
Alors votre mari ?
Mon fils.
Vous l'avez tu�.
Dans ce panier ? Qu'avez-vous ?
Des semences.
Des semences ?
Des semences.
Vous allez entrer ?
C'est une belle laine pour un temps de guerre.
O� l'avez-vous eue ?
C'est du vieux fil. Nous le mettons � la vapeur et le r�utilisons.
Si vous permettez, Major. Krupp.
Cette novice n'a pas l'habitude du monde ext�rieur
surtout des hommes.
Cela va � l'encontre des r�gles.
Nous autres, Allemands, cr�ons nous-m�mes nos r�gles.
�lise !
N'es-tu pas trop grande pour jouer � ces jeux ?
- Quel �ge as-tu ? - Quinze ans.
Quinze ans ?
Un �ge adorable.
"Tu es comme une fleur. Si belle si fra�che, si charmante."
Tu ne parles pas encore allemand, n'est-ce pas ?
"Tu es comme une fleur. Si belle si fra�che, si charmante."
La M�re sup�rieure m'avait dit que vous gardiez...
...les orphelines que jusqu'� quatorze ans.
Cette ann�e, nous avons d� garder certaines comme �lise.
Elle n'a nulle part o� aller.
Il y a toujours un endroit pour des jeunes filles saines.
Mais Major Krupp...
D�s 14 ans, elles peuvent servir,
aussi bien maintenant qu'apr�s.
� 14 ans ce sont des enfants !
Pas en Allemagne.
M. Vitrey !
Je vois une solution � notre probl�me.
Si cet Am�ricain n'est pas trouv� avant demain,
nous prendrons les trois filles les plus �g�es.
Quelle id�e splendide !
Le Colonel sera enchant�.
Au revoir, ma s�ur.
Et... merci pour l'information.
Allons-y, Vitrey.
Major Krupp !
Oui ?
Cet Am�ricain...
Si quelqu'un savait o� il est...
S�ur Clotilde, que dites-vous ?
Elle ne s'adresse pas � vous.
Continuez.
Je veux simplement dire...
S'il se livrait...
Les filles...
...vous ne les prendriez pas ?
Alors vous pensez que quelqu'un sait ?
Vous, par exemple.
Vous avez vu l'Am�ricain ?
Vous savez o� il est ?
Pourquoi ne r�pondez-vous pas ?
Par peur de mentir ?
Major Krupp...
- Une religieuse ne saurait mentir. - Je crois que si !
C'est une religieuse, mais aussi une Fran�aise.
J'esp�re que l'Am�ricain sera trouv� avant demain.
Sinon...
Bien... ce serait dommage.
Parfois les innocents doivent payer pour les coupables.
Et je n'ai pu lui r�pondre.
J'aurais menti. Et je n'ai jamais menti de ma vie.
Qui a commenc� cet �change ? Vous ou le Major Krupp ?
C'�tait horrible comme il a regard� cette enfant !
C'est ma troisi�me guerre. Tout change sauf les Allemands.
Il a dit qu'il les prendrait. Il l'a dit au maire.
Au maire ? Oui, mais il ne me l'a pas dit � moi.
Il ne peut toucher � des pupilles de L'�glise et de L'�tat.
Il a voulu vous faire peur pour que vous lui disiez...
...juste ce que vous lui avez dit ...
Je n'ai rien dit, j'ai juste dit "si quelqu'un savait".
"Si quelqu'un savait...!"
Et si quelqu'un le disait � l'Am�ricain...
et qu'il se rende.
Ce "si", c'est ce dont il avait besoin.
J'ai juste voulu nous prot�ger.
C'est de ma responsabilit�, S�ur Clotilde, pas la v�tre.
Mon enfant, de quoi avez-vous peur ?
Vous savez si peu du monde ext�rieur et pourtant il vous parait si terrible.
Peut-�tre que je devrais vous laisser retourner un temps au monde.
Oh non ! Ne me faites pas partir !
Ici c'est le seul monde que je veux conna�tre.
Et je n'ai jamais pens� rester une novice.
J'ai fait mes v�ux il y a des ann�es.
Et j'ai toujours �t� ce que vous vouliez que je sois, n'est-ce pas ?
S�ur Clotilde, je vous connais depuis toute petite.
Vous �tiez une brave petite et une novice d�vou�e.
Mais vous avez une tendance � l'orgueil.
Fi�re d'�tre en lieu s�r, fi�re que la vie ne vous ait jamais touch�e.
Pourquoi devrait-elle me toucher ?
Ceci est notre symbole, S�ur Clotilde.
Pourquoi devrions-nous nous �pargner de la souffrance ?
Heureusement, l'Am�ricain est maintenant sur le point d'�tre sauv�.
Et je peux maintenant vous : ce n'est pas un simple aviateur.
Il porte une information d'une grande importance.
Qui est-ce ?
Cabeau, faites-moi entrer !
Ils ont arr�t� Mme Bouchard quand elle rejoignait l'Am�ricain.
- Elle a parl� ? - Non.
Bien. Il faut informer l'Am�ricain et concevoir un nouveau plan.
Je ne peux pas, ils m'ont suivi. Je ne peux le contacter.
- Quelqu'un doit aller lui parler. - J'irai.
Ils viennent fouiller le couvent.
Ils ne franchiront pas le seuil de la porte !
Ouvrez cette porte !
- Que voulez-vous ? - Nous fouillons tout le village.
Pas ici.
- Nous avons des ordres. - De qui ?
Du major.
Le Major sait que je ne peux admettre personne sans l'autorisation de l'�v�que.
Quand j'aurai cette autorisation, j'ouvrirai la porte. Pas avant.
Si vous n'ouvrez pas la porte, je tirerai pour l'ouvrir.
- Ils vont oser ! - Tirez sur la serrure !
C'est de sa faute
Elle aurait d� ouvrir la porte.
Qu'est-ce que c'est ?
Elle aurait d� ouvrir la porte.
- Vous feriez bien de sortir. - Mais nous avions des ordres.
Des ordres !
Je n'avais pas parl� du couvent.
Vous feriez mieux de m'annoncer son arrestation !
Madame...
je regrette...
Oui... une simple formalit�.
Que personne ici ne soit inqui�t�. Ne causons pas d'autres dommages.
Vous �tes en retard !
Une voiture est pass�e. J'ai cru qu'elle m'avait vu, mais elle est partie.
Allons-y !
Oh, je suis d�sol�.
Ne vous occupez pas de moi Avancez. Je vous suis.
Regardez. Voil� le moulin qu'il fallait trouver.
Allons-y !
Entrez ! Vite !
Attention � cette marche !
Je pensais qu'on vous avait pris.
Mme Bouchard �tait en retard.
Mais ce n'est pas Mme Bouchard !
Ce n'est rien. M. Cabeau m'a donn� cela pour vous.
J'ai remplac� Mme Bouchard.
- O� est-elle ? - Arr�t�e.
Que s'est-il pass� ?
Quelqu'un a parl�.
Votre nom ?
Louise. Louise Dupr�e.
Vous �tes du village ?
Je viens d'un lieu plus au Nord.
Mais je vis au village depuis peu.
S'ils ont d�j� arr�t� des gens, il faut vous sortir de l�.
Montrez-moi vos passeports.
La photo du passeport n'est plus bonne.
- Oui ? - Asseyez-vous l�.
- Je peux fumer ? - Oui.
Si vous voulez boire, servez-vous dans le tonneau.
Arrangez-vous pour que je prenne la photo.
Vous avez un miroir et un peigne ?
Tenez, utilisez �a.
Quittez votre manteau et votre ch�le.
D�p�chez-vous.
C'est bien mieux.
Restez tr�s calme.
Et voil�, Louise.
Vous �tes maintenant Mme Jeanne Dubree.
Et maintenant l'alliance.
Vous voulez une croix en m�tal ? Souvenirs de gens qui passent.
Tenez, Louise, voyons si c'est bon.
Non, non, non. L'autre main.
Trop grande.
C'est bon.
- Nous devons nous rappeler de �a. - Une montre Am�ricaine, �a va pas.
Maintenant, rappelez-vous :
Vos permis de voyager ne sont valables que dans le train.
Apr�s vous pourrez voyager assez librement.
Mais restez loin des grandes routes.
Le voil�... venez !
- Vous n'avez jamais travaill� pour nous ? - Non.
Alors pourquoi Cabeau vous a envoy�e ?
Il n'y avait personne d'autre. C'�tait urgent.
- Vous �tes s�re de vous ? - Je le dois.
Beaucoup d�pend de vous.
Vous �tes un soldat maintenant. Vous devez ob�ir aux ordres.
Une chose encore :
Cet homme est un �tranger,
mais en public, ce n'est pas un �tranger
c'est votre mari.
Restez � l'arri�re.
Merci.
C'est bon, Pierre.
Qui �tes-vous ? Et o� allez-vous ?
J'am�ne des sacs de farine � la ville.
Et ces deux derri�re ?
Je sais pas. Je me suis offert pour les transporter.
O� allez-vous ?
Vous avez compris ? Qui �tes-vous et o� allez-vous ?
Il ne peut r�pondre. Je parle pour lui.
Vous parlerez quand on vous le dira.
Vous allez me r�pondre ou je dois m'�nerver ?
S'il vous pla�t, ne faites pas �a !
Il ne peut pas parler, il est malade.
Pourquoi ne pas l'avoir dit ?
Que lui est-il arriv� ?
Traumatis� par les bombardements... Il ne peut plus parler...
Il sort de l'h�pital.
Voil�... un certificat.
Qui est-ce ?
Votre fr�re ?
Non... C'est dit dans le papier Mon mari.
Alors vous �tes sa femme ?
Et il est � votre charge ?
Oui... il est � ma charge.
Vous croyez que je vais gober �a ?
Je vous ai montr� le certificat m�dical.
Que faites-vous � parcourir le pays sur un char ?
La gare est loin et on nous a offert de nous transporter.
Si c'est interdit ?
Restez o� vous �tes.
Allez. On continue, Gustav.
Il s'en est fallu de peu.
Vous vous en �tes bien sortie.
Descendez, s'il vous pla�t.
Voil� le chemin que vous devez suivre.
Quinze kilom�tres au nord-ouest jusqu'aux champs de bl�.
Apr�s avancez vers le Nord...
...jusqu'� ce que vous voyez le drapeau du terrain d'aviation.
Ne le traversez pas avant qu'il fasse nuit.
Il faut croiser une route surveill�e jour et nuit.
- Merci. Bonne chance. - Bonne chance � vous. Vous en aurez besoin.
Bien... En marche.
Regardez.
Le pauvre, il est bless� ?
Bless� ? Sa patte me perfore le doigt.
C'est qu'il a peur.
Prenez-le, je vais chercher le nid.
N'aie pas peur. Personne ne te fera de mal.
Le voil� !
Il y en a un autre.
Passez-moi Elmer.
Qui ?
Laissez tomber.
Donnez-le-moi.
Et voil�, sain et sauf.
La maman arrive.
Comment saviez-vous que le petit oiseau �tait l� ?
Nous savions tout des oiseaux.
Mon petit gar�on et moi...
Vous avez un enfant ?
Si je commence � parler de lui...
Votre fils � vous ?
Bien s�r !
Comme tous les p�res, j'ai des photos sur moi...
J'ai oubli�...
J'ai d� les laisser derri�re moi.
Celles de ma femme aussi.
Quand la nuit tombera sur le terrain, nous traverserons la grande route.
Le drapeau est l�, en bout de terrain.
Apr�s la route, il y a une ferme o� nous passerons la nuit.
Vous savez ? Vous avez pris ces coups de soleil aujourd'hui.
Je n'ai pas l'habitude de m'exposer au soleil.
Vous auriez d� prendre un chapeau.
Je n'ai pas eu le temps d'en prendre un.
Votre petit gar�on...
...il bronzait beaucoup en �t� ?
Non. Taches de rousseur...
Vous devriez voir Peggy...
Ma femme.
En �t�, une vraie Indienne.
Nous allions dans des endroits pareils les soirs d'�t�.
On amenait le pique-nique.
On se baignait.
- � la nuit ? - Oui, au clair de lune
Elle nageait comme un poisson.
Je lui l'ai dit quand elle n'�tait pas plus �g�e que Johnny maintenant.
Vous la connaissez depuis aussi longtemps ?
Toute ma vie.
C'�tait la fille des voisins dans ma ville natale.
Je lui portais ses livres � l'�cole.
On achetait des glaces au drugstore du coin
Elle disait qu'elle m'avait s�duit quand j'avais 8 ans.
Je n'ai pas pu en regarder une autre. C'est ce que je voulais.
Puis nous sommes all�s au coll�ge ensemble.
� la facult�.
Vos parents �taient d'accord pour le mariage ?
Non ! L'id�e ne leur plaisait pas. Ils nous trouvaient trop jeunes.
Mais il fallait bien ! Devenir ensemble des adultes.
Regardez maintenant Peggy. Elle se lamente � la maison...
...� s'inqui�ter pour moi ? Non !
Elle a trouv� un travail dans une usine d'aviation.
Je la vois d'ici... � courir avec son uniforme
le casse-cro�te dans une poche et le rouge � l�vres dans l'autre.
M�me la guerre n'a pu s�parer Peggy de son rouge � l�vres.
Je n'oublierai jamais la nuit o� Johnny est n�.
Nous partions � l'h�pital vers 3h du matin.
J'ai avanc� la voiture et j'ai klaxonn�, mais pas de Peggy.
� la fin, elle est parue � la fen�tre en disant : "Je ne le trouve pas !"
"Qu'est-ce que tu ne trouves pas ?", je lui ai dit.
"Mon rouge � l�vres !"
"Tu ne vas pas tout arr�ter pour �a" Elle dit : "Je n'y vais pas sans lui."
"Je veux �tre la plus belle quand il me verra la premi�re fois !"
C'est une fille fantastique.
�a ne vous d�range pas que je parle de ma femme ?
Cela me fait sentir moins seul
Elle me manque.
Le r�veil � ses c�t�s me manque.
Blottie comme un petit chat.
Toute ensommeill�e et chaude.
Sa t�te sur mon �paule, le parfum de ses chevaux me manquent.
Je suis d�sol�.
Mais �a fait si longtemps...
Un jour vous aurez tout �a et vous me comprendrez.
Je ne veux pas le savoir.
D�sol�e, mais...
Tout ce que vous me dites sur votre mariage ne me concerne pas.
Je vois.
Il va faire nuit.
Remettons-nous en marche.
Que font-ils ?
Ils transf�rent des hommes et du mat�riel vers la c�te.
Ils ne peuvent le faire de jour. Trop voyant.
�coutez.
Il faut partir d'ici maintenant.
Dans peu, l'endroit ne sera s�r pour personne.
Restez pr�s de moi. Si �a bombarde, plaquez-vous au sol.
Vous �tes bless�e ?
Non, �a va.
Nous devons rejoindre la ferme. Vous pourrez ?
Oui, je crois.
Allons-y !
D�sol� de devoir m'appuyer sur vous.
Ce doit �tre l�.
Ils ont dit qu'il y avait � manger et des m�dicaments.
Ce doit �tre cela.
Attention !
C'est une grenade � main. Ne la touchez pas.
Ces papiers aussi
Elle n'est pas dangereuse ?
Tant que je ne tire pas sur la goupille.
Si on est pris et que vous me voyez la manipuler, �loignez-vous
il ne restera rien de moi et des documents.
Je voudrais de l'eau ? Je prendrai ces pilules.
Remontez ma montre.
Je dois en prendre deux toutes les quatre heures.
Je me r�veillerai difficilement Elles sont tr�s fortes.
Que fait-on avec la poudre ?
Pulv�risez-la sur la peau meurtrie.
C'est l'heure de vos rem�des.
C'est l'heure de vos rem�des.
Nous avons vol� tard. Laisse-moi dormir.
Votre m�dicament. Vous devez le prendre.
Laisse- moi dormir.
Ch�rie...
Peggy ch�rie.
Ne me laisse pas.
Tu me manques tant.
Je me sens si seul.
S�ur...
Oui ?
Ainsi c'est vous...
Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
S'il vous pla�t, non !
�coutez... je ne veux pas insister, mais vous avez un invalide avec vous.
Un petit d�jeuner me ferait du bien.
Je suis d�sol�e.
Pourquoi les s�cher ? Nous ne devrions pas les ignorer.
Il y a s�rement une ration d'urgence � l'int�rieur.
Avec ce bras, je ne peux pas faire grand-chose.
- Il faut changer le bandage. - Non, je ne peux vous laisser faire cela.
Plus maintenant.
Bien s�r que si. Je le faisais au couvent.
C'�tait mon devoir.
D�jeunons d'abord.
Ces pilules me ramollissent.
Au fait... je ne les ai pas prises.
Je vous ai r�veill�.
Je ne me souviens de rien.
J'esp�re avoir �t� courtois avec vous.
Vous ne saviez pas qui j'�tais.
Il doit y avoir du caf�, du sucre
des biscuits et des cigarettes l�-dedans.
Je dois vous dire une chose.
Vous n'avez pas � me dire quoi que ce soit.
- Si ! - Pourquoi ?
Parce que vous �tes si gentil...
...et vous ne m'avez pos� aucune question.
Je n'ai pas le droit de vous questionner.
Mais vous...
Vous avez remis votre vie entre mes mains.
Ce voyage que je fais avec vous...
Vous avez le droit de savoir si je suis digne de confiance.
Je dois vous dire qu'une fois je ne l'ai pas �t�.
Si on prenait notre caf� d'abord ?
Nous nous sentirons mieux.
Bien s�r. Je suis d�sol�e.
Vous ne devez pas vous faire de reproches.
Je l'ai tu�e.
Comme si j'avais tir� moi-m�me.
Non. N'importe qui aurait fait la m�me chose.
J'ai �t� faible.
Je n'ai pens� qu'� moi.
� mon confort
Elle dirait que la faiblesse c'est de regarder en arri�re.
Je parle de la M�re sup�rieure.
Je ne l'ai vue qu'une fois, mais elle n'�tait pas de celles...
...qui perdent leur temps en remords.
Je m'�tonne que vous soyez si sage.
Vous ne saviez rien de nos vies...
...et vous le savez maintenant.
Je ne savais pas qu'un homme puisse �tre si brave.
Quelle opinion aviez-vous des hommes ?
Ce n'est pas simplement parce que vous �tes une nonne ?
Que vous est-il arriv� ?
Quelque chose de mal ?
Oui.
�coutez. Pourquoi ne pas me le dire ?
Cela pourrait vous aider de l'exprimer au grand jour.
C'�tait mon p�re...
Ma m�re...
est morte quand j'avais 8 ans, mais elle �tait d�j� malade.
Nous avions une femme qui faisait le m�nage.
Mon p�re...
Oui ?
Ma m�re morte, on m'a envoy�e au couvent. C'�tait comme aller au ciel.
Je ne voulais pas en sortir.
Je voulais laisser tout mon pass� derri�re moi.
Mais vous en �tes sortie.
C'�tait la seule fa�on de r�parer ce que j'avais fait.
Quitter ce que j'aimais le plus.
Arracher ma vie de ses racines.
Mais je ne voulais faire souffrir personne d'autre.
Aucune de mes s�urs.
Elles vous accepteront de nouveau ?
Je ne sais pas.
Je me sens perdue.
Vous ne devriez pas.
Dieu est partout.
Et en dehors du couvent, tout n'est pas laid et mauvais.
Et le mariage peut �tre bon, sinon ce ne serait pas un sacrement de L'�glise.
J'ai aussi fait des v�ux Et je les ai tenus.
Le mariage peut �tre la chose...
...la plus admirable au monde C'est comme de trouver un autre moi,
Une fois trouv�, vous n'�tes plus que la moiti� de vous sans lui.
Je me souviens... apr�s trois mois de mariage, Peggy �tait partie.
Je vaquais comme une �me en peine. J'ouvrais l'armoire pour voir ses habits.
C'�tait comme si... comme si j'�tais mort.
Quelqu'un est entr�, j'ai fait semblant de chasser les mites. Quel idiot !
Apr�s, quand l'enfant est n�...
je vous ai parl� de lui...
J'ai appris � le changer, � lui donner le biberon...
Et puis nous avons perdu un b�b�.
Une petite fille.
Un accident de voiture et l'enfant est n�e avant terme. Toute belle aussi.
Les mois suivants, Peggy se r�veillait la nuit en pleurs
je la prenais dans mes bras pour qu'elle se rendorme.
C'est le c�t� triste... On n'y pense plus quand on fait un mariage heureux.
C'est comme d'�tre en bonne sant�, comme l'air que nous respirons.
Dans le mariage, il y a beaucoup de petites choses.
Des souvenirs qui nous ont fait rire ou pleurer
Peggy restant digne avec un peu de cr�me sur le nez...
Mon journal du matin trempant dans la confiture...
Ses pantoufles toujours du mauvais c�t� du lit
qui me font tr�bucher.
Quelqu'un qui se moque de toi puis qui vient se blottir pr�s de toi.
Qui te fait sentir...
...un homme, fort et protecteur.
M�me si tu sais que sans elle tu ne serais pas grand-chose.
Quelqu'un qui croit en toi alors que tu doutais de toi.
Quelqu'un � qui tu confies des succ�s et tes �checs.
Quelqu'un qui fait d'une maison vide un foyer.
D'un foyer, un refuge.
Vous dites cela comme une litanie.
Qu'est-ce que c'est ?
Une sorte de pri�re.
Si vous attendez un peu, je vous aiderai � finir.
Vous ne devez pas trop bouger votre bras.
Un dernier bandage et �a ira tr�s bien.
De toute fa�on, il ne reste rien � faire.
Votre derni�re cigarette ?
- Il reste un paquet. - Laissons-le � celui qui suivra.
J'en prends deux
John, juste apr�s que j'ai balay�.
C'est une jolie petite maison.
Je n'avais jamais r�alis� comme cela pouvait �tre accueillant.
Apr�s le couvent o� les pi�ces sont vastes et ouvertes...
C'est diff�rent.
Je m'en souviendrai toujours
Elle para�t d�j� vide.
Je crains qu'il soit temps de partir.
Vous �tes fatigu�. On va arr�ter ce bus.
Ce n'est pas possible.
- Bien s�r que si ! - C'est trop risqu�.
- Nous avons des papiers. - Simplement pour le train.
Nous sommes suffisamment pr�s pour les utiliser.
En plus, on ne demande rien dans le bus.
N'oubliez que vous ne pouvez pas parler.
C'est bon ! On descend !
Ces soldats nazis...
Vous avez eu peur aussi !
J'avais l'air d'avoir peur ?
Non, mais votre c�ur battait fort.
C'est tout ce que j'ai remarqu�.
Inutile de rester l�.
Pas de trains depuis deux jours.
Pas de trains ? C'est une plaisanterie.
Les bombardements Am�ricains ne sont pas une plaisanterie.
Il ne reste pas grand-chose de la voie ferr�e.
Combien de temps avant qu'elle soit r�par�e ?
Qui sait ? Peut-�tre une heure, peut-�tre dix heures.
Vous pouvez nous indiquer un restaurant. Nous n'avons pas mang�.
Oui.
L�-bas. De l'autre c�t� de la rue.
Eh, toi !
O� est la fille pour moi ?
Elle va arriver
Elle a �t� retard�e.
Soyez patient...
Patient ?
T'as pas � me donner d'ordres ?
Non, bien s�r que non.
- Je voulais seulement... - Tu re�ois seulement des ordres.
Oui, Monsieur.
Et tu as peut-�tre oubli� quels sont ces ordres ?
Tu dois nous fournir des filles, � nous tous.
� nous tous, t'as compris ?
Et...
Et trouve-m�en une bien vivante.
Une qui...
...parle.
J'en ai marre des filles qui boivent et qui dansent
mais qui ne veulent pas parler avec toi.
Oui, Monsieur.
Et toi...
- ...le vieux ! - Oui, Monsieur.
Am�ne de la bi�re et vite !
D�sol� d'avoir �t� long. Vous avez entendu...
Oui.
Tous pareils, ces nazis.
Ils essaient de se comporter en conqu�rants.
Mais ils savent qu'ils n'ont rien conquis du tout.
Ils sont seuls, ont le mal du pays et sont pleins de haine
John, je crois que je vais aller prendre nos billets.
Bonne id�e, Madame Il y a parfois la foule.
Avec nos billets, nous pourrons monter dans le train avant le d�part.
�a ira pendant mon absence ?
Ils ne sont pas l�.
Vous auriez d� les retenir et envoyer quelqu'un me chercher.
Je les ai vus traverser la rue et...
Attendez.
La femme n'est pas l�.
Mais je suis certain que c'est le type.
Nous allons le savoir.
Bonsoir.
Pardon de vous d�ranger, mais nous avons un message important...
...pour un aviateur qui doit passer dans la ville.
Et vous correspondez � sa description.
Il ne peut pas parler !
Le traumatisme des bombes l'a rendu muet.
Inutile de le questionner.
M�le-toi de tes affaires.
Nous savons qu'il est muet, mais il peut entendre, non ?
Oui, bien s�r.
Il peut dire oui ou non avec la t�te.
Votre femme et vous �tes arriv�s par le bus, pas vrai ?
Et vous voulez prendre le premier train pour la c�te ?
Et vous pr�tendez voyager dans une zone contr�l�e.
Vous savez qu'il vous faut un sauf-conduit ?
Pourquoi est-il seulement en allemand ?
Les n�tres sont en fran�ais et en allemand
sign�s par l'inspecteur en chef.
Et pas digne du papier sur lequel ils sont r�dig�s.
Ce papier vient du bureau central Le sceau et la signature...
...sont officiels.
Il est �vident que ce n'est pas lui que nous recherchons.
Vous devez comprendre que c'est une affaire tr�s s�rieuse.
Je joue non seulement mon poste, mais aussi ma t�te.
Mais ce n'est pas possible Le Major Krupp arrive en voiture.
On nous a dit de l'assister en tout
et d'�tre tr�s vigilants.
Bon... je retourne � la gare pour surveiller.
Le guichet est ouvert. Peut-�tre qu'ils vont se montrer.
Un cognac.
Eh, toi !
O� est la fille ?
Je vais pas rester � regarder les autres s'amuser ? Tu sais qui je suis ?
Je sais qui vous �tes.
Vous �tes un soldat Allemand.
Et vous voulez quelqu'un � qui parler.
Je veux une fille
et j'en aurai une.
Tu sais ce qui te reste � faire !
- Tu m'en trouves une ! - Attendez juste un peu...
J'ai assez attendu.
Je vais voir ce que je peux faire.
- T'arrives enfin. - S'il vous pla�t, mon mari m'attend...
Et alors ?
D�sol�, mais ce sont des amis du Major Krupp.
Oui. Il vaudrait mieux retourner avec les autres.
Vitrey.
Oui, S�ur Clotilde.
N'essayez pas de prendre votre arme, je serai plus rapide.
Entrez dans cette pi�ce.
Vous deux.
Bureau du Major Krupp.
Le Major Krupp est tr�s occup�.
Lieutenant M�ller � l'appareil.
C'est trop important pour le r�gler avec un lieutenant.
Dites au Major Krupp que Vitrey a des bonnes nouvelles.
Il me prendra au t�l�phone.
Nous ne nous connaissons pas, Monsieur.
Aussi je me pr�sente.
Je suis le maire du village dont vous vous �tes enfui
et o� vous allez retourner.
Vous et votre compagne.
Vous allez l'arr�ter aussi ?
Je m'occuperai d'abord d'elle.
Vous �tes un soldat.
Vous faites votre devoir.
Sans d�shonneur.
Mais elle...
Elle, elle a rompu...
S�ur Clotilde n'a fait qu'ob�ir � des ordres.
Des ordres de qui ?
La M�re sup�rieure est morte avant qu'elle parte.
Vous usez votre salive, Capitaine.
Vous essayez de la disculper, mais personne ne vous croira.
Ni moi, ni le Major Krupp.
Ni le tribunal militaire allemand.
L'arm�e ne peut la juger. C'est une religieuse !
Dans ces habits ?
Dans cet endroit ?
S'il vous pla�t, croyez-moi devant Dieu.
Je n'ai fait que ce que j'ai cru �tre mon devoir.
J'ai mis en danger ce que j'aimais le plus.
Maintenant que nous atteignons le but, nous devrions trahir.
- Allo ? Vitrey ? - Allo.
Major Krupp ? Ici Vitrey.
Je vous avais bien dit de me donner une chance.
Raccrochez ce t�l�phone.
Vous savez ce que c'est ?
Si je d�goupille...
Vous le ferez pas.
Si vous bougez...
Passez par-derri�re, courez � la gare. Et prenez le train.
Allez ! D�p�chez-vous !
Je n'irai pas.
Ah, c'est donc �a.
Vous ne pouvez me tuer sans la tuer, elle. Vous ne le ferez pas.
S'il vous pla�t, Monsieur.
Allo ? Allo ?
V�rifiez ce num�ro.
Vous �tes charpentiers ?
Attendez ici.
Vous voulez acheter une carte postale ?
Ils sont l�.
Vos papiers.
On ne pourra pas avancer sans eux !
Ni avec.
La Gestapo recherche un couple.
Un aviateur et sa femme.
Donc vous n'�tes plus un couple.
Vous, Capitaine, vous serez Fran�ois Marin,
un ouvrier aux fortifications.
Et vous, Mademoiselle
vous avez travaill� en cuisine ou � servir � table ?
Oui, je servais les s�urs.
Bien.
Il y a une grande pension au port, pour les ouvriers aux fortifications.
Vous irez cette nuit et vous serez Marie Arienne, une femme de chambre.
Monde-l� pour lui donner des habits ad�quats.
Et vous, Capitaine, enfilez �a.
Vous trouverez un coin pour vous changer
Gabriel, va voir Cabeau.
Oui, il est l�.
Il a trouv� un plan pour que vous alliez directement en Angleterre.
Non, pas par l�. Par les toits Et que Cabeau prenne le m�me chemin.
Il ne faut courir aucun risque.
Bonsoir, Major Vous avez fait vite.
Oui Voici le maire, Vitrey.
Ils �taient dans le train ?
Oui. M.. Vitrey avait raison.
D�s qu'il a t�l�phon�, nous avons suivi sa suggestion.
Les laisser sortir de la gare sans qu'ils ne soup�onnent quoi que ce soit.
Ils ont trouv� un vendeur de cartes postales.
Ils ont rejoint une blanchisserie non loin de l�.
Tenue par une nomm�e Sarou, qui a toujours paru bien collaborer.
Mes hommes surveillent les lieux. Personne n'est sorti.
Bien.
Prenez vos hommes pour qu'ils les cueillent.
Je comprends vos buts Major Krupp.
Mais pour nous, la Gestapo, l'information...
...que poss�de cet homme est plus importante...
...que l'homme lui-m�me.
Bien, je comprends que cela est de votre ressort.
Mais que voulez-vous faire ?
Ou ils sortent bient�t ou ils passent la nuit.
S'ils sortent, ils ne pourront s'�chapper.
S'ils restent, nous utiliserons l'ammoniaque
et les gaz lacrymog�nes en abondance.
Il ne pourra se d�fendre ni utiliser sa grenade.
Les gaz lacrymog�ne ? N'aura-t-il pas le temps de d�truire ces documents ?
Vous avez peut-�tre une meilleure id�e.
Supposons que je lui parle d'abord.
Si je convainc l'Am�ricain que la situation est d�sesp�r�e...
Il veut prendre du galon.
Une chance de rattraper sa bourde.
Nous nous en chargerons nous-m�mes.
Si nous avons besoin de votre aide,
nous vous la demanderons.
Incidemment...
Si nous ne trouvons pas cet homme,
inutile de vous dire ce qui vous arrivera.
S�ur Clotilde.
Vous �tiez ainsi la premi�re fois que je vous ai vue.
Seulement quelques jours...
seulement quelques kilom�tres...
mais ce fut un long voyage.
Nous avons beaucoup avanc� depuis ce matin o� vous m'avez...
...regard� avec tant de m�fiance.
Vous ne l'avez pas oubli� ?
Je n'oublierai jamais rien de vous.
C'est bon de vous voir.
Monsieur Cabeau !
J'ai oubli� de vous dire qu'il �tait ici.
Vous avez fait du bon travail, tous les deux.
Si la M�re sup�rieure �tait encore en vie
elle serait fi�re de vous.
- Qu'est-il arriv� au couvent ? - Rien.
On les a convaincus que seules, vous et la M�re, �tiez impliqu�es.
�coutez, Capitaine.
Nous n'avons pas de temps � perdre.
Avant tout, ceci
Elle ouvre la porte de la pension, pr�s des fortifications.
Entrez et allez manger avec les ouvriers � la salle � manger.
Vers minuit, vous serez � table.
- J'aurais pr�par� le canot. - Le canot ?
Oui, il transporte les v�tements et la nourriture...
...des officiers de l'�le, � minuit.
Le matelot nazi a l'habitude de le manier, mais...
...ce soir ce ne sera pas lui.
� minuit moins quart...
...vous sortez de la salle � manger...
...et vous allez au vieux magasin au coin de l'�difice.
C'est juste vers l'embarcad�re.
Restez ici jusqu'� ce que vous entendiez le signal.
- Quel sera le signal ? - Un piano m�canique.
Il est dans la salle � manger
avec une carte perfor�e endommag�e.
Un de nous commencera � en jouer quand le canot arrivera.
Ils l'amarreront sous le magasin.
Il y a une trappe sous le tapis.
Vous tomberez directement dans le canot.
Et avec de la chance, un sous-marin anglais vous r�cup�rera avant le jour.
Et S�ur Clotilde ?
- On s'occupera d'elle. - Qui ?
S'il vous pla�t, John, ne vous inqui�tez pas pour moi.
M.. Cabeau a raison : l'important c'est votre s�curit�.
- Elle vient avec moi. - En Angleterre ?
Pourquoi pas ?
Et en Angleterre, que ferez-vous d'elle ?
On a le temps d'y songer. On trouvera bien quelque chose.
Vous l'emm�nerez en Am�rique ?
Je ne sais pas, je n'y ai pas song�.
Je n'ai pas eu le temps.
Je sais seulement que je ne peux pas l'abandonner.
Elle n'est plus en s�curit� en France.
Vous �tes s�r qu'elle ne courra pas de danger ?
S'il vous pla�t, M.. Cabeau.
Le temps et les dangers que nous avons partag�s...
...ont fait de nous des amis.
Et il est naturel de s'inqui�ter pour une amie.
Pas le temps de discuter sur l'avenir.
Rejoignez tous les deux la salle � manger.
Nous en parlerons plus tard.
Maintenant il faut vous faire sortir sans qu'on vous reconnaisse.
Descendez, une fille vous attend qui vous accompagnera.
Vous devez porter le panier avec le linge.
Suivez-moi.
D�p�chez-vous.
Deux filles de la blanchisserie. Elles ram�nent le linge chaque soir.
Attendez !
Laissez-moi l'interroger.
Madame Sarou,
cela va vous aider...
...� coop�rer avec nous...
...si vous savez que nous sommes au courant de tout.
�coutez...
L'Am�ricain et la femme ont �t� suivis.
Le vendeur de cartes postales les a amen�s ici.
On les a vus entrer.
Maintenant...
Comment sont-ils sortis d'ici ?
O� sont-ils all�s ?
Je ne les ai pas vus.
Je ne sais rien.
Non, non ! Je vais tout vous dire.
Vous �tes nouveau ici ?
Oui.
Nous ne servons personne sans badge.
Allez le demander au contrema�tre.
Je ne travaille pas aux fortifications.
Je cherche quelqu'un.
Quand le piano sera-t-il r�par� ?
Tr�s vite pour ceux qui veulent l'entendre. Trop vite pour ceux qui ne veulent pas.
S�ur Clotilde.
�coutez-moi.
Je ne vous veux pas de mal. Je veux vous sauver.
Me sauver ?
Je veux �tre votre ami.
Faites-moi confiance Vous me croyez ?
Je ne sais pas, je ne peux pas parler.
Cet Am�ricain s'est mis dans de sales draps.
S'il vous pla�t, je dois travailler.
Dites-moi o� il est, je ferai en sorte que rien ne vous arrive.
Je dirai au Major Krupp que je me suis tromp�
et que vous n'�tes pas celle que j'ai vue avec lui.
Vous ne comprenez pas que je veux vous aider ?
Vous devez me dire o� est cet homme.
Si on ne le trouve pas, ce sera grave pour vous et pour moi.
D�sol�e, les serveuses n'ont pas � recevoir de visites.
Elles ont assez de travail.
- �coutez... - S'il vous pla�t, Monsieur.
Eh ! Qu'est-ce que tu cherches ?
Alors, on mange avec les doigts, ce soir ?
Si on nous amenait couteaux et fourchettes ?
Excusez-moi...
Ne soyez pas si nerveuse ! Prenez votre temps.
Nous avons encore un quart d'heure pour manger...
C'est bien suffisant pour ce qu'on nous donne ici !
Et toi, tu vas rester toute la nuit pour r�parer �a ?
Encore un quart d'heure.
Attention, des soldats Allemands sont entr�s.
Merci, S�ur Clotilde.
Ainsi...
Notre Am�ricain est encore dans le b�timent.
Laissez-moi vous remercier encore une fois.
S�ur Clotilde, vous et moi devons avoir une petite discussion.
- Encerclez l'immeuble. - Oui, Major.
N'ayez pas peur.
Mes sentiments pour vous sont reconnaissants.
Au bout du compte, vous m'avez rendu service.
Nous autres Allemands, savons r�compenser les services.
Allons...
L'Am�ricain est quelque part dans l'immeuble.
Pas vrai ?
Vous ne voulez pas r�pondre.
Bon, tant pis.
La fouille bient�t r�glera tout �a.
Mais peut-�tre r�pondrez-vous � �a :
Qui vous a amen�e ici ?
Qui vous a donn� ces habits ?
Vous r�alisez la gravit� de votre situation ?
Vous r�alisez que vous avez commis un acte de trahison ?
Non seulement vous �tes en dehors de la protection de L'�glise,
mais vous agissez en ennemie du "Reich" allemand.
Vous savez ce qui arrive aux ennemis du "Reich"?
Bon...
Vous faites la t�tue.
Tr�s bien.
Vous avez trouv� l'Am�ricain ?
Oui.
Gr�ce � cette jeune fille, nous savons o� il est.
Il faudrait plus d'hommes et les gaz lacrymog�nes.
Il a toujours sa grenade � main ?
Elle ne veut rien dire.
Mais elle devrait parler plus tard.
Je peux vous le garantir.
Mais nous devons nous d�placer avec pr�caution.
Il n'est pas important.
Mais il d�tient des informations sur la R�sistance fran�aise.
Je veux ces documents.
Je peux les obtenir.
Vous ?
Je peux les obtenir.
Si vous promettez de ne pas le tuer comme espion.
Vous voulez dire...
...vous voulez faire un march� avec moi ?
Sa vie contre les renseignements ?
Oui.
Il ne vous les donnera jamais.
� moi, si.
Ainsi...
le lapin peureux se transforme en renard.
March� conclu.
Je vous donne dix minutes. Pas plus.
Vous devez me laisser le voir seule � seul.
Vous ne serez pas suivie.
Mais seulement dix minutes.
Compris ?
Un instant.
Comment savoir que vous reviendrez ?
Que vous ne voulez pas vous enfuir ?
Vous avez entendu ?
Oui, je vous promets de revenir.
Une promesse !
Vous savez que je suis une novice dans un couvent.
Je promets...
...sur les v�ux que je veux faire en tant que nonne...
...� mon retour.
Je connais cette fille
Elle ne ment pas.
Allez-y.
Nous nous fions � votre parole.
Ne tentez aucune entourloupe.
Sinon...
vous savez ce qui vous arrivera.
Oui.
Je le sais.
On peut la laisser aller. Toutes les issues sont surveill�es
John ! John, laissez-moi entrer !
Qu'y a-t-il ?
Rien. Je...
Je me suis d�p�ch�e.
Quelque chose cloche ?
Je me suis souvenu...
...qu'il �tait presque l'heure de partir.
Qu'y a-t-il ? Pourquoi me regarder ainsi ?
Je pensais...
D�s qu'on vous enverra chez vous...
Peut-�tre...
Je ne peux pas vous laisser ici.
Votre fils...
...sera si content de vous voir.
S'il me reconna�t.
Il �tait si petit quand je suis parti.
Bien s�r qu'il vous reconna�tra.
Il a tant de chance d'avoir un p�re
et toutes les choses que vous faisiez ensemble...
...vous les referez.
Boxer et nager...
Il est temps de se dire adieu.
Adieu ?
Que nous reste-t-il sinon nous dire adieu ?
Je ne vous oublierai jamais.
Je ne le souhaite pas.
Je veux que vous vous souveniez toujours de moi
comme je me souviendrai de vous.
Que va-t-il vous arriver ?
Je ne peux partir sans le savoir.
Mais je le sais.
O� irez-vous ?
Vous devez me le dire.
Je ne peux, mais l� o� j'irai je serai prot�g�e.
Je vous le promets.
Vous la portez encore.
Vous avez oubli� de l'enlever ?
Oui, j'ai oubli�.
En France, un bon mari porte une alliance.
Gardez-la pour votre femme
Elle la mettra � votre doigt...
...et vous la porterez toujours.
Deux minutes.
D�j� ?
Il faut se d�p�cher.
Aidez-moi.
Ce n'est pas facile ce que vous me demandez de faire.
Vous croyez que c'est facile pour moi ?
Nos vies ne pourront plus �tre comme avant, vous le savez ?
Oui, j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais.
Quand vous m'avez parl� du mariage,
j'ai compris ce que cela signifiait pour un homme...
...d'avoir une femme et un enfant.
Vivre si pr�s l'un de l'autre...
...j'ai compris ce que cela repr�sentait...
...pour une femme...
...partager sa vie avec l'homme qu'elle a choisi...
...et avec l'enfant qu'il ont fait ensemble.
Vous savez que cette vie n'est pas pour moi.
Je serai toujours heureuse de voir un homme et une femme ensemble
et je saurai ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre.
Je ne vous remercierai jamais assez.
Capitaine, d�p�chez-vous !
Adieu !
Adieu.
Que Dieu vous b�nisse.
O� est-il ?
Parti.
Et les documents ?
Partis.
J'avais raison
Elle nous a menti
Elle nous a tromp�s.
Fouillez la maison.
Ainsi...
...c'�tait un tour pour le faire s'�chapper.
C'est �a ?
R�pondez !
Je vous ai simplement promis de revenir.
Et maintenant ?
Qu'attendez-vous de moi ?
Que vous me fassiez fusiller.
Ainsi vous croyez que je vais vous faire fusiller.
Vous vous y voyez, pas vrai ?
Je vous vois devant le peloton d'ex�cution...
...� dire vos pri�res.
La belle h�ro�ne martyre.
Non, S�ur Clotilde.
C'est trop facile.
Je ne vais pas vous donner ce r�le.
Vous �tes une femme...
une jeune femme
et plut�t belle.
Le "Reich" allemand sait rendre utile ce genre de femme.
Non, vous ne pouvez faire cela !
Vous ne le ferez pas !
S�ur Clotilde...
Vous avez compris ce qu'il attend de vous ?
Silence !
Oui, S�ur Clotilde
vous serez plus utile vivante que morte.
Saisissez-la
et embarquez-la demain matin.
Non, je ne vous laisserai pas faire cela !
L�chez ce r�volver.
Je ne vous permettrai pas !
Je vous remercie, Seigneur.
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