All language subtitles for All My Sons (Irving Reis, 1948)_FREN

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Original subtitles

Tu t'es mis sur ton trente-et-un.

- Nouveau costume ? - Il me va bien ?

Comme un gant.

- C'est pour Annie ? - Oui.

- Quand arrive son train ? - J'ai le temps.

- Comment va maman ? - Mieux.

- Je l'ai laiss�e dormir, ce matin. - Je l'ai entendue pleurer.

Oui, elle a beaucoup pleur�.

Papa, on a fait une erreur. Elle doit accepter la mort de Larry.

- C'est de la folie. - Elle pourrait nous entendre.

Papa, suis-moi au garage, j'aimerais te parler.

Oublie. Tu n'arriveras pas � la convaincre.

Trois ans, personne ne revient apr�s trois ans.

Dis ce que tu veux. Pas de cadavre, pas de tombe.

Il a �t� port� disparu, c'est tout.

Il suffit de lire les journaux. Chaque mois, on retrouve quelqu'un.

Le prochain, ce sera Larry.

�coute, papa. Je vais demander Ann en mariage.

Annie est la copine de Larry. Ils �taient fianc�s.

Non, elle n'est pas sa copine. Larry est mort.

Pas d�apr�s ta m�re. Tu n'as pas le droit de voler sa copine.

- Il y a plein d'autres filles qu'Annie. - Je suis amoureux.

Tu la vois si peu depuis qu'elle a d�m�nag� et que tu as fait la guerre.

Je l'ai vue � Chicago, deux semaines, tous les jours.

On est voisins depuis qu'on est petits. Je l'ai toujours connue.

Je ne peux pas imaginer en �pouser une autre.

- Je dois te faire un dessin ? - Si tu l'�pouses, tu le d�clares mort.

Tu n'as pas le droit.

D'accord.

- Salut, Joe. - Dick...

- R�fl�chis-y. - C'est tout r�fl�chi.

Je voudrais un mariage normal, heureux. Si c'est impossible, je pars.

- De quoi parles-tu ? - Je me marie et j�irai vivre ailleurs.

Tu es fou ?

- J'ai le droit de vivre ma vie. - Mais tu as une entreprise.

- L'entreprise ne m'inspire pas. - Comment �a ?

Tu dois �tre inspir� ?

Tu n'as pas d�j� assez ?

C'est une tr�s bonne entreprise qui g�n�re de gros b�n�fices.

- Inspire ? - Keller Machine Works ne m'inspire pas.

Si je dois fouiner pour gagner de l'argent,

je veux aussi une famille, des enfants.

Je veux construire quelque chose. Avec Ann.

O� puis-je trouver �a ? Dis-le-moi.

Tu veux dire...

Dis-moi...

- Tu quitterais l'entreprise ? - Oui, je le ferais.

- Ne pense pas comme �a. - Aide-moi � rester.

OK, mais ne pense pas comme �a.

Tout ce travail, je l'ai fait pour toi. Tout ce bataclan.

- Je sais, papa, aide-moi � rester. - Ne pense pas comme �a.

Je pense comme �a.

�coute...

Ne fais rien.

Parles-en d'abord � Kate, je ne veux pas qu'elle souffre. Tu la connais.

- Je ne veux pas que maman souffre. - Je sais.

Tu dois faire attention. Ne fais pas de folies, tu comprends ?

- Je comprends. - Promets-moi que tu lui parleras.

Je te le promets.

Je ne te connais pas, pas vrai ?

En effet, papa.

- C'est comme avant, rien n'a chang�. - �a ne fait que trois ans.

- Les Sagendorf ont repeint leur maison. - Enfin !

La voil�, notre maison.

Bonjour.

Ann, voici le Dr Bayliss. Jim, voici Annie.

- Enchant�e. - Moi de m�me.

Elle semble tr�s intelligente.

Comment dois-je le prendre ?

Chris a parl� de vous dans ses lettres.

Parler de moi � une jolie fille, quelle id�e, Chris.

- J'ai Mme Adams au t�l�phone. - Je ne veux pas �tre d�rang�.

Le dimanche, je ne travaille pas.

- Qu'est-ce... - Pas d'appels le dimanche.

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous devez �tre Ann. - Et vous, Mme Bayliss.

Coupable. Ne m'en voulez pas, il sait parler aux malades.

Va lui parler. Elle dit qu'elle a tr�s mal.

C'est moi qui ai mal. Que veut-elle ?

� ton avis ? Elle veut que tu lui tiennes la main.

- Vas-y. - Je n'ai pas le choix.

N'�pouse jamais une infirmi�re, Chris.

Je dois m'assurer qu'il ne rate pas cet appel. � plus tard.

- Annie. - Joe.

Annie.

- Bonjour, Joe. - Annie, laisse-moi te regarder.

Tu es magnifique. Une belle nana, comme on dit. Embrasse-moi.

- J'ai encore du succ�s. - Tu es un vrai chien.

Laisse-moi t'aider. Viens, Annie. Bienvenue � la maison.

�a fait plaisir de te voir.

Tu es superbe. Voil�, Annie. Entre.

- Kate ? - Oui.

Annie est l�.

- Qu'en penses-tu ? - Su superbe.

- Tu vas t'y retrouver ? - Je pense, oui.

Le piano. �a fait des ann�es que je n'ai plus jou�.

Annie, il vaut mieux que tu ne joues pas sur ce piano.

Kate refuse qu'on y touche depuis que Larry...

- Larry aurait aim� que je joue. - Vas-y.

- Je voulais juste dire... - Vas-y, joue.

Comme c'est joli. Ce piano est rest� muet si longtemps.

Bonjour, Kate.

- Annie, je suis ravie de te voir. - Je suis contente d��tre l�.

- Je monte tes affaires. - C'est comme avant. Pas vrai, Kate ?

Presque comme avant.

Le piano est encore bien, malgr� ce qu'il a d� subir avec Larry et moi.

Tu penses � lui ?

- Tu vois Joe, elle pense encore � lui. - Que veux-tu dire, Kate ?

Que tu te souviens de lui.

- Il est dans tes pens�es. - Comment pourrais-je faire autrement ?

- Je t�accompagne � ta chambre. - � tout � l'heure, Annie.

Tu dois �tre fatigu�e apr�s ce voyage.

J'�tais contente de rentrer.

- Tu as dormi ? - Impossible, j'�tais surexcit�e.

Une chambre qui ne donne pas sur une cour. Quel soulagement.

- N'est-elle pas la plus adorable ? - Arr�te, je vais finir par le croire.

Dans ce cas, tu n'es pas la plus adorable, c'est maman.

- Chris, va-t'en. - On se voit en bas.

Chris est comme un fr�re pour toi.

En quelque sorte, c'est un peu le cas.

Tu te plais, � Chicago ? Tu as toujours le m�me boulot ?

Chicago, c'est pas mal.

Je travaille toujours pour Lubowitzt & Cochrane, le bureau d'avocats.

Qu'est-ce que c'est ? Les affaires de Chris ?

Non, c'est la chambre de Larry.

Tu ne t'en souviens pas ?

C'est � Larry ?

Oui.

- Tu ne les reconnais pas ? - Je ne pensais pas que...

Les chaussures sont cir�es.

Oui, pour son retour.

Parfois, il vaut mieux ne pas changer les choses.

Ne pas y toucher.

Quoiqu'il arrive.

Joe, tu as pris le sac qui �tait en dessous de l'�vier ?

Oui, je l'ai mis � la poubelle.

Rends-moi un service, Joe. Arr�te d��tre serviable.

C'�taient les pommes de terre.

- Je pensais que c'�taient des d�chets. - Tous les sacs ne sont pas des d�chets.

Penses-y, cela t'�vitera de jeter mes l�gumes.

- L'autre fois, c'�taient les oignons. - Je n'aime pas les d�chets.

Arr�te de manger, dans ce cas.

Quand j'�tais petite, un sac de pommes de terre, �a valait de l'or.

O� est Annie ?

Elle se change.

- Je regrette qu'elle soit venue. - Pourquoi ?

- Les gens poseront des questions. - Peu importe.

- On a le droit d'avoir des r�ponses. - Quelles questions ? Quelles r�ponses ?

C'est bien qu'elle soit venue.

Les gens verront qu'il n'y a pas de rancune, c'est du pass�.

J'aime bien cette fille.

Il fallait du cran pour venir.

- Elle n'est pas b�te. - Tu aimes toutes les filles.

Je ne suis pas b�te non plus.

Ne bougez pas.

Annie, j'ignorais que tu avais de belles jambes.

- Joe! - C'est vrai.

Joe devient gay. Tu devrais agir.

Il n'y a pas pire qu'un vieil imb�cile.

Kate, j'ai l'horoscope de Larry, il est arriv� hier par la poste.

- Annie! - Frank.

Lydia...

Oui ?

- Viens, Annie est l�. - Annie. J'arrive tout de suite.

Mince alors!

- Ravie de te revoir. - �a fait un bail.

- Quoi de neuf ? - Tout va bien. Et toi ?

- J'ai trois enfants. - J'ai entendu.

- Toujours mercier ? - Moi aussi, je pourrais �tre pr�sident.

- Tu es magnifique, tu es devenue... - Du calme, tu es un homme mari�.

Et comment !

Ceci pourrait t'int�resser, l'horoscope de Larry. Kate me l'a demand�.

- C'est une carte. - Horoscope ?

Je m'explique.

Si le 9 f�vrier, quand Larry a disparu, �tait un jour favorable pour lui,

il devrait encore �tre en vie.

Il ne peut pas mourir si ce jour lui est favorable.

Foutaises.

Ce n'est pas parce que tu n'y crois pas que c'est forc�ment faux.

Je n'ai pas invent� tout �a. C'est �crit dans les �toiles.

�a a toujours exist�.

- Annie. - Lydia, quelle joie de te revoir.

�a te va bien, les enfants. C'est lequel ?

Voici le dernier. Rupert, comme le grand-p�re de Frank. C'est affreux.

- Pourquoi affreux ? - Frank, le grille-pain est en panne.

- Je l'ai r�par� ce matin. - Je sais, mais essaie encore.

Tu... Et ton fr�re ?

George va bien, il a son propre bureau.

Un avocat � part enti�re, sans clients.

Et ton p�re, il s'en sort?

- Je ne sais pas. - Il sera en libert� conditionnelle ?

Frank, tu devrais rentrer, Gertrude est dans la cuisine.

Quand je pense qu'un homme intelligent comme ton p�re est en prison,

- alors qu'il y a des bandits partout. - Arr�te, Frank.

� plus tard.

D�sol�e, Annie. Frank n'est pas fut�. Son intention �tait bonne.

Oui, je sais. Je passerai te voir.

Au revoir.

Kate, votre chapeau sera fini demain. Il reste quelques retouches.

Bien.

Lydia adore faire des chapeaux. J'ignore o� elle trouve le temps.

- Ils en parlent encore ? - Plus personne n'en parle, Ann.

- Vraiment. - Jet� aux oubliettes, crois-moi.

- Je n'aurais plus de travail, sinon. - Tu as �t� disculp�.

Le p�re d'Annie est en prison. Elle doit �tre pr�par�e.

Les gens en parlent.

Seule ma femme en parle. Elle regrette qu'ils m'aient lib�r�.

C'�tait plus calme quand tu n'�tais pas l�.

- Je te l'avais dit. - C'est bien que vous puissiez en rire.

- �a d�dramatise. - � quoi t'attendais-tu ?

J'ai une id�e. Si on allait manger au bord du lac, ce soir ?

- Tous ensemble ? - Je trouve �a super.

- Et toi, Annie ? - G�nial.

- J'appelle Swanson's pour r�server. - Non, c'est ma f�te. J'appelle.

Avec tout le tralala, soupe, vin et j�en passe. On sera beurr�s.

- Non, je ne peux pas en boire un autre. - Allez, maman.

- Tu sais qu'un, c'est plus qu'assez. - C'est la f�te. O� en �tais-je ?

Oui, donc le type se fait du souci et d�cide de rentrer � l'improviste.

- Et donc... - Pas d'obsc�nit�s.

Pas du tout. C'est un des gamins qui me l'a racont�e.

- Buvez, �a semblera moins obsc�ne. - C'est pr�t, M. Keller.

Merci. Prenez vos verres, je terminerai l'histoire � table.

- Je m'en charge. - Merci.

- Par ici. - C'est un chouette gars. Quel service.

- �vitons les probl�mes, ce soir. - C'est un assassin.

Comme tout le monde.

- Bonsoir, M. Keller. - �a va, Henry ? O� �tais-tu ?

- O� sommes-nous ? - �a suffit, maintenant.

Voil� les meilleurs.

- Tu m'apprendras ce pas ? - Pas mal, hein ?

Assassin.

La s�curit� avant tout.

- Magnifique, Pete. - Que le meilleur pour vous, M. Keller.

- Il suffit de demander. - Ne l'encouragez pas.

Tout ce que M. Keller veut.

- On le voit trop peu, pas comme avant. - Non, pas comme avant.

Un gros bonnet.

Tu l'ignorais, n'est-ce pas ? Suis-moi et tu iras loin.

Je vais grossir.

- Pas � cause du homard. - Vu comment je le mange, si.

- Donc ce gars rentre � l'improviste... - H�, Joe.

- Ed, comment �a va ? - Super.

- Et toi ? - G�nial. C'est Ed. Quel est son nom ?

J'ai oubli� son nom de famille. Chouette gars.

Pas comme �a. Tu rates le meilleur. Laisse-moi t'aider.

- Je n'arrive pas � manger du homard. - Tu fais comme �a.

Et puis tu tords, comme �a.

- Et tu peux le manger. - C'est trop gros, Joe.

- Donc ce gars rentre � l'improviste... - Qui ?

- Le gars. - Elle a int�r�t � �tre bonne.

Elle est bonne.

Il rentre � l'improviste. Il sonne, mais personne ne r�pond. Il fait le tour.

Joe, regarde qui est au bar.

Vous m�emp�chez de terminer l'histoire. Qui est au bar ?

Mme Hamilton. Elle est saoule.

- Et ? - Elle est toujours saoule, une alcoolo.

- Qui est Mme Hamilton ? - Une alcoolo qui a travaill� � l'usine,

pendant la guerre, comme extra.

Son mari a �t� tu� lors de l'invasion. En France.

Je peux terminer mon histoire ? Personne n'ouvre, donc il fait le tour.

- Il grimpe par la fen�tre. - Joe. Elle nous a vus, elle arrive.

Ce n'est rien, ne lui pr�te pas attention, elle partira.

Une fois � l'int�rieur,

il voit un gars qui porte son pyjama et fume un de ses cigares.

Il lui dit : "D�sol�, je ne savais pas que j'�tais rentr�."

- Assassin. - Arr�te, tu m'entends ?

- Assassin ! - Arr�te, ou je...

- Assassin ! -Joe!

- Que se passe-t-il ? - Faites-la sortir, vite.

Tout va bien, retournez � votre table, je vous prie.

- D�sol�, M. Keller. - C'est bon, Pete.

Elle fait �a d�s qu'elle est saoule et qu'elle me voit. Elle est folle.

- Ce n'est rien, asseyez-vous. - Joe, rentrons, je ne me sens pas bien.

Oui, je t'en prie. Allons-y.

D'accord.

Allez chercher la voiture, je paierai l'addition.

On se voit dehors.

Annie...

- Tu n'es pas boulevers�e, j'esp�re ? - Je pensais que ce serait diff�rent.

- Je n'aurais pas d� venir. - Je l'ai dit � Chris.

- Maman... - Kate a raison.

C'est faux. Tu devais venir. C'est chez toi, ici.

�coute, il faut que je te parle, Annie.

Fais comme j'ai fait et tout ira bien.

En rentrant, apr�s le proc�s, je suis sorti de la voiture.

Pas devant la maison, non. Mais au coin de la rue.

Tu aurais d� �tre l�. Toi aussi, Chris. Quelle histoire.

Tout le monde savait que j'�tais libre et me croyait coupable.

Ils �taient tous l�.

Je suis sorti de la voiture. J'ai descendu la rue.

Doucement. Et avec le sourire.

La b�te. J'�tais la b�te.

J'avais vendu du mat�riel d�fectueux � l'arm�e.

Caus� le crash de 21 avions en Australie.

Quelle histoire, descendre la rue, ce jour-l�.

Mais je l'ai fait, je suis pass� devant toutes les maisons, la t�te haute.

R�sultat :

14 mois plus tard, mon magasin �tait un des meilleurs. Un homme respect�.

- J'ai peur de manquer de courage. - C'est le seul moyen de les battre.

Il faut du cran.

Chaque mardi soir, on joue au poker dans mon bureau.

Ils m'ont trait� de meurtrier, voulaient mon argent.

Annie, la pire chose que tu aies faite �tait de partir d'ici.

�a durera jusqu�� ce que tu reviennes.

Quand les gens joueront aux cartes avec ton p�re.

Souriront, parleront.

Ils sauront qu'il n'est pas un criminel.

Dis-le-lui, dans ta prochaine lettre.

Je ne lui �cris pas.

- Parfois... - George non plus.

Pourquoi ?

Car il a tu� 21 pilotes. Voil� pourquoi.

- Que dis-tu l� ? - �a ne se fait pas.

Quand ils l'ont emmen�, je l'ai suivi. J'allais le voir tous les jours.

- Quand j'ai su pour Larry, j'ai arr�t�. - �a n'a rien � voir avec Larry.

Rien.

Il n'est pas mort, tu entends ?

- Il n'est pas mort. - Kate, je t'en prie.

Il n'est pas mort.

Je vais me coucher.

Il y a encore des plats froids dans le frigo, si l'un de vous a faim.

Et du jus de raisin.

�coute, Annie. Rien ne prouve que Larry �tait dans un de ces avions.

Qui pilotait, des cochons ?

Ne le traite pas de meurtrier, tu ne vois pas qu'elle en souffre.

Annie, il faisait du bon travail pendant la guerre.

Essaie de regarder �a d'un point de vue humain.

Tout � coup, il y a un d�faut de fabrication, une erreur.

Ce n'est pas un meurtre. Tu ne dois pas penser �a de lui.

- Il n'aurait pas d� les livrer. - Il pensait qu'ils tiendraient le coup.

Le major r�clamait la livraison, donc il les a livr�s. Il n'aurait pas d�.

Ce n'�tait pas un meurtre.

- Oublions �a, Joe. - Annie...

Quand on a appris la nouvelle, pour Larry...

Ton p�re �tait dans la cellule � c�t� de moi.

Il a pleur�, Annie.

- Il a pleur� la moiti� de la nuit. - Comme les autres p�res.

Ne dis pas �a.

- Je ne comprends pas pourquoi... - Arr�te �a.

Ne crie pas.

On en a trop parl�.

Chris a raison, on en a trop parl�.

Et si vous alliez faire un tour ? Allez boire un verre.

Voyons, Chris, il y a une jolie fille et tu ne fais rien.

- M�le-toi de tes affaires. - Il a raison. Allons-y.

Tu vois ? Dommage que je ne sois pas plus jeune.

- Tu as l'�ge id�al, Joe. - Tu vois ?

- Je dois me m�fier de toi. - Bonne soir�e.

- Amusez-vous. - Va au lit.

All�.

Oui.

Un appel longue distance pour Annie.

- Elle est sortie avec Chris. - Elle n'est pas l�.

Dans une heure, peut-�tre.

Qui ?

D'accord, je lui dirai.

- C'�tait George. - George ?

De Springfield, Joe.

- Que fait-il l� ? - Je suppose qu'il a �t� voir son p�re.

- Annie disait qu'ils ont perdu contact. - C'est ce que j'ai pens�.

C'est l'op�rateur quatre.

Tu te souviens des pique-niques, Larry, toi et moi ?

- Quand j'ai su que j'�tais de trop. - Tu �tais trop sensible.

- Tu l'es encore ? - Plus autant depuis l'arm�e.

Ce n'est pas assez, je crains.

- Chris, je ne reste pas. - Pourquoi ? Qu'y a-t-il ?

Kate ne veut pas de moi.

- Elle ne comprend pas. Elle... - Et depuis que je suis l�...

tu es plut�t distant.

Ma pr�sence te g�ne, Chris ?

- Pas du tout. - On ne dirait pas.

Vois-tu, je...

Le probl�me est que je voulais me pr�parer.

- Tu sais pourquoi je t'ai invit�e. - C'est pour cela que je suis l�.

Je t'aime, Annie. Je t'aime tant.

Je t'aime.

Mince, je n'ai pas d'imagination, c'est tout ce que j'arrive � dire.

Je ne voulais pas te dire �a ici, mais dans un endroit nouveau, inconnu.

Je t'ai embrass�e, Annie. J'ai embrass� Annie.

J'ai tant attendu ce moment.

Je vais te rendre heureuse, si heureuse.

Non, pas de cette fa�on.

Tu m'as embrass�e comme le fr�re de Larry. Embrasse-moi comme Chris.

- Depuis quand m'aimes-tu, Chris ? - Depuis toujours, depuis notre enfance.

Tu ne l'as jamais dit ni montr�.

Tu avais Larry.

Tu es dr�le.

Annie, on a eu un appel longue distance pour toi. Op�rateur 4, Springfield.

- Springfield ? - Oui, c'est George.

Op�rateur quatre, s'il vous pla�t.

C'est Ann Deever. Il y avait un appel pour moi.

Bonjour, George. C'est Ann. Que fais-tu � Springfield ?

Je n'entends pas, pourquoi es-tu si excit� ?

Cela n'a pas de sens.

Que t'a-t-il dit ?

Non, pas par t�l�phone, on se verra � Chicago.

� Chicago.

- Il y a un probl�me ? - Non.

- Comment va George ? - Il va bien. Il a �t� voir mon p�re.

Ton p�re est tomb� malade ?

- Non, George est juste troubl�. - � cause de quoi ?

Je vais aller me coucher. Bonne nuit, Joe.

Bonne nuit.

- Bonne nuit, Chris. - Bonne nuit, Annie.

Le m�decin m'a donn� ces m�dicaments pour toi.

Je lui ai dit pour hier soir.

- Des somnif�res ? - C'est ce qu'il a dit.

Je d�teste prendre �a. Je n'aime pas ce type de sommeil.

C'est mieux que de ne pas fermer l��il de la nuit.

Je pense que Rupert fait ses dents. Lydia dit que non, mais je pense que oui.

Toutes ces ann�es, il n'�crit m�me pas � Herb.

Et tout � coup, il va le voir.

- Il est avocat maintenant, Joe. - Quel est le rapport?

- Les avocats aiment les vieux dossiers. - Laisse-le faire, je n'ai pas peur.

- Tu es s�r, Joe ? - Bien s�r que je suis s�r.

J'ai un papier du tribunal. Laisse-le faire.

Arr�te de t'inqui�ter.

Je ne suis pas inquiet.

Joe, je ne veux pas que Chris �pouse Annie.

Dors.

Sois malin, Joe. Fais-la partir. Elle va nous cr�er des ennuis.

Elle et George aussi.

Dors.

Sois malin, Joe.

�teins-la.

Ne te fais pas d'illusions, Tom. Elle est inutilisable.

J'y jetterai un coup d��il demain matin.

- Utilisez les vieilles machines. - D'accord, chef.

Si tu veux des infos, demande � Joe. C'est ce qu'on disait toujours.

C'est vrai Charlie, on disait �a. Si tu veux des infos, demande � Joe.

Allez, retournez bosser. Il n'est pas encore 5 h.

De quoi s'agit-il, Joe ? Au bureau, personne ne le sait.

Donc tu viens demander au vieux.

J'ai achet� �a dans un magasin qui est en liquidation.

Tu peux envoyer les camions.

Vous devez nous en parler, M. Keller. Vous n'�tes plus le seul, ici.

Je ne m'habituerai jamais � ce que les autres s'en m�lent.

O� �tais-tu, ce matin ? Tu �tais en retard.

- J'ai pris le petit-d�j' avec Annie. - Le travail passe avant.

Tu auras une retenue sur salaire.

- Ce n'�tait qu'une heure. - Et 14 minutes.

Si tu veux des infos, demande � Joe.

- Annie va bien ? - Tr�s bien.

Il nous faut encore cinq ou six tourneurs.

Annie a dit pourquoi George l'a appel�e ?

Et des finisseurs. Autant que possible.

Non, je suppose que ce n'�tait pas important.

- �a te pose probl�me ? - Non.

Je pr�f�re �viter qu'il parle de choses qu'on devrait oublier.

Jusqu�� la fin, il m'a accus� de tout.

- C'est sa fille. - Papa, Annie sera ma femme.

- Tu lui as fait ta demande ? - Hier soir.

Je suis content. Je suis content pour toi.

Je suis content qu'Annie soit de la famille, c'est une bonne chose.

Ce sera un nouveau d�part pour toi.

L'usine aura une nouvelle enseigne.

"J. Keller & Fils". Qu'en penses-tu ?

- �a semble important. - C'est le cas.

Je vais te construire une maison. En pierre. Avec une all�e.

Prends ton envol, Chris. Utilise ce que j'ai fait pour toi.

- Avec joie, je veux dire. Sans honte. - Bien s�r, papa.

J'ai parfois l'impression que tu as honte de l'argent.

- D�sol�. - Ce n'est pas un capital douteux.

Tu ne dois pas me le dire.

Oublie, fiston. Oublie.

Je ne vous d�range pas ? Je suis venue pour vous raccompagner.

� 16 h 30 ? Quelle usine penses-tu que nous dirigeons ?

- Vous avez pass� assez de temps ici. - Dis-lui.

Annie, Chris m'a annonc� la bonne nouvelle.

Je suis ravi. Vraiment ravi.

- Merci, Joe. - Ta place est chez nous, d�sormais.

La m�me famille. Et George aussi.

Et Papa.

J'esp�re qu'il ne m'en voulait plus autant, quand George l'a vu.

Il n'a rien dit.

Je vous raccompagne ?

Je dois rester pour la fermer. Je ne suis que le patron.

Esclave. Viens, on le laisse � son gagne-pain.

Attention, c'est pratique.

�coutez,

vous devrez tenir compte de Kate.

Vous devrez tenir compte d'elle, vous comprenez ?

- Ce sera difficile. - Mais vous allez devoir lui parler.

Je lui parlerai. Viens, Annie. Avant qu'il me donne une autre t�che.

Et c'est une mauvaise id�e ?

Tu arrives en retard et tu rentres t�t, tu es le fils du patron ou quoi ?

Que penses-tu de l'usine, Annie ? �a a chang�, non ?

- C'est grand, Joe. - Cela t'appartiendra.

Et � lui. Dis-le � George quand tu le verras.

Il pourra le dire � ton p�re. Il sera heureux de le savoir.

Tu es un homme bien, Joe.

On se voit au d�ner.

George a t�l�phon�, Annie. Il est � la gare.

- Ici ? - Oui. Il veut te voir l�-bas.

Je ne sais pas ce qui lui prend. Jim Bayliss est all� le chercher.

J'appelle la gare pour voir s'il y est encore.

S'il vient pour rouvrir l'affaire, je ne survivrai pas.

Ne t'�nerve pas pour si peu. Ce n'est pas si grave.

Dis-lui de repartir avec George.

Annie est diff�rente, maman. Quoi que disent les autres.

- C'est aussi son p�re. - Elle est diff�rente.

Tu verras.

Il n'est pas l�.

Jim est s�rement pass� le prendre.

Je vais m'occuper du d�ner. M�me si on est aid�, il faut tout faire soi-m�me.

Elle est f�ch�e.

Elle est inqui�te pour George. Elle croit qu'il va cr�er des ennuis.

Il n'est pas amical, Chris. Il vaut mieux que tu sois pr�par�.

Il sait �tre idiot, parfois.

�a ne changera rien entre nous. Pas vrai, Chris ? Quoi qu'il dise.

- Quoi que tous les autres disent. - Jim ? Vous avez vu Jim ?

Il est parti chercher mon fr�re � la gare.

Quand je lui demande de me conduire, il n'a pas le temps.

Pour les autres, si.

C'est quand on �pouse un homme g�n�reux.

Chris, tu peux venir, s'il te pla�t ?

Quoi que disent les autres.

- Ton fr�re est l� pour le mariage ? - Il y a des rumeurs ?

Ce n'est pas difficile � deviner.

- Que dira ton p�re ? - Pourquoi dirait-il quelque chose ?

Apr�s tout, Joe a �t� plus malin que lui.

- C'est faux. - Je suis d�sol�e, Ann.

Tu me connais, je parle trop. Kate le sait ?

Pas encore. C'est faux, ce que tu as dit.

Tout le monde le pense.

Tu sais que les gens croient toujours le pire.

Impossible, ils sont en de bons termes avec tout le monde.

Ils reconnaissent juste que Joe est fut�.

Moi aussi, je pense.

Susan,

essaie de calmer maman, elle est �nerv�e.

Elle est au courant pour vous deux ?

Occupe-toi de tes affaires, va la voir.

- Regarde dans la pharmacie. - Deux de chaque, comme Jim fait.

- Ils pensent que Joe est coupable. - Elle parle trop.

Ce n'est pas tout rose, Chris. J'ai tourn� le dos � mon p�re.

- Si c'est une erreur... - Annie, il est innocent.

Tu crois que je lui aurais pardonn� s'il �tait coupable ?

Ta pr�sence n'est pas une erreur.

- Il est dans la voiture. - Qu'il entre.

- Ne fais pas �a. - Pourquoi ?

- Je vais voir... - J'y vais.

Ne sois pas idiot, il vient chercher Ann. Faites �a ailleurs.

- Personne n'a peur de lui. - Chris...

- George. - Salut, Annie.

Kate m'a dit d'apporter le jus de raisin.

Susie, voici le fr�re d'Ann, George.

- Mme Bayliss, la femme de Jim. - Vous �tes donc George ?

Ravie de vous rencontrer, on m'a beaucoup parl� de vous.

Qui peut tenir ceci ? Que je lui serre la main.

Il �tait temps que d'autres hommes arrivent.

On doit y aller.

- Vraiment ? - Oui.

Ne me pousse pas, j'ai compris.

- Au revoir, le fr�re d'Ann, George. - � bient�t.

- Merci de m'avoir d�pos�. - � plus tard.

Du jus de raisin ? Kate l'a fait pour toi.

Non, merci.

Incroyable que je sois ici.

- Comment va la loi, George ? - Je ne sais pas.

Pendant mes �tudes, �a avait du sens. Maintenant, plus vraiment.

Tu ne l'�pouseras pas.

- Pourquoi pas ? - Son p�re a d�truit ta famille.

- �coute, George... - Sois bref. Dis-lui de me suivre.

Tu crois que tu peux d�barquer de la sorte ? Dis ce que tu as � dire.

J'ai dit � papa que tu allais te marier. Impossible de ne pas lui dire.

J'ai pens� qu'on a eu tort de ne pas aller le voir. �a me rongeait.

Quoi qu'il ait fait, c'est notre p�re. On ne peut pas oublier.

Tu ne disais pas �a quand tu es revenu.

Je sais ce que j'ai dit, c'�tait mal.

Je suis impardonnable. Tout n'�tait pas la faute de papa.

- Joe savait pour le mat�riel. - C'est faux, tu le sais.

- Il �tait � la maison, malade. - C'�tait un alibi, pour accuser papa.

Papa a dit tout �a pendant le proc�s, le jury ne l'a pas cru.

Le jury ne le connaissait pas. Hier, il m'en a parl�.

C'est tr�s diff�rent des enregistrements.

Ceux qui connaissent notre p�re et le sien sauront.

Ton p�re l'a pi�g�. Il nous a tout pris. Je ne peux rien y faire.

Mais je peux emp�cher ceci. Elle, il ne l'aura pas.

Prends tes affaires, on y va.

Non, George. Je reste avec Chris.

Tout ce qu'ils ont est couvert de sang. Tu ne peux pas vivre comme �a.

Georgie !

Georgie.

Mon Georgie.

Bonjour, Kate.

Georgie, ils ont fait de toi un vieillard.

- Je... - Je t'ai dit d'�viter les m�dailles.

- C'�tait plut�t facile. - Vous �tes tous pareils.

Regardez-le. Il ne va pas bien, on dirait un fant�me.

Tu ne manges pas ? �a doit �tre les restaurants.

Je vais bien, je manque juste d'app�tit ces jours-ci.

Si tu mangeais ici, tu aurais faim. Attends de voir ce que j'ai pr�par�.

Je repars tout de suite.

Bien s�r que tu restes. Ne me dis pas ce que tu peux et ne peux pas faire.

Faire croire � tout le monde que tu nous d�testes.

C'est impossible, Georgie. Pas dans son c�ur.

Je te connais, tu n'arriveras pas � me duper. J'ai chang� tes couches.

Tu n'as pas chang�.

Aucun de nous, Georgie. On est rest�s les m�mes.

- Donne-lui du jus de raisin. - Non, merci.

Tu as toujours aim� mon jus de raisin. Tu venais toujours m'en demander.

Tu ne t'en souviens pas ? Bois ceci.

Kate, je commence d�j� � avoir faim.

Je pense que je vais rester.

- On ne peut rien refuser � Kate. - Pourquoi ferait-il �a ?

Georgie est comme mon fils. Vraiment.

Je vous ai pratiquement �lev�s, Ann et toi.

Quand votre pauvre m�re est morte.

- Georgie. - Lydia.

- Qu'as-tu fait ? - J'ai grandi, je suppose.

Tu t'es embellie.

- Voici votre chapeau. Il est termin�. - Merci. Il est tr�s beau.

Elle est tellement habile.

- J'ai appris que tu avais eu un b�b�. - J'en ai eu trois.

- Trois ? - Tu es parti un long moment, Georgie.

- Je commence � m'en rendre compte. - Tu vas rester ?

Non, je dois repartir ce soir.

C'est le plus jeune. Il ne fait que pleurer.

Je dois y aller.

� bient�t, Georgie.

- � bient�t, Lydia. - On se reverra.

- Elle est devenue jolie. - Avec elle, tout semble agr�able, ici.

- Ils n'ont pas pris Frank. - Il a toujours eu un an d'avance.

Quand ils ont dit 27 ans, il en avait 28.

Quand ils ont dit 28, il en avait 29.

Je suppose que Frank a gagn� la guerre.

Eh bien, regardez qui voil�.

Content de te voir.

- Comment vas-tu, Joe ? - Je m'en sors bien.

- Tu as bonne mine. - Il a mauvaise mine.

C'est ce que je disais. Je porte la culotte, mais elle me bat.

Oh l� l�, je suis fatigu�.

- Tu es trop souvent � l'usine. - Il faut gagner sa cro�te.

- Comment va ton p�re ? - Il va mal, Joe.

Quel dommage.

C'est comme �a, George.

Un homme fait une erreur, et ils lui en font baver.

- Si j'avais su que tu y allais. - Cela t'int�resse ?

Bien sir que oui. Pourquoi pas ? Je pense souvent � lui.

En ce qui me concerne, il peut revenir travailler chez moi quand il veut.

- Pas comme associ�, bien sir. - Tu ne lui dois rien, papa.

- Je sais bien, mais peu importe. - Il te d�teste, Joe. Tu le sais.

Oui, je m'en doutais.

�a peut changer.

- Herb n'�tait pas comme �a. - Il l'est devenu.

- C'est triste. - Pourquoi ? � quoi t'attendais-tu ?

C'est triste, m�me si je m'y attendais. Je m'y attendais, car je le connais.

Je suis triste, car il n'a pas chang�.

Depuis que je le connais, depuis 25 ans, ce c�t� me rend triste.

Il n'a jamais reconnu ses torts.

Tu le sais, George. Tu en es conscient. Vu ton attitude, on ne dirait pas.

Comme quand on avait le magasin � Flood Street.

Il y a presque eu une explosion � cause du radiateur.

Il refusait d'admettre que c'�tait lui. J'ai d� virer un m�canicien.

Tu t'en souviens, pas vrai ? Et la liste est longue.

Comme quand il a demand� � Frank d'investir pour lui.

- Je sais. - C'est bien d'y repenser.

Il a maudit Frank quand les actions ont baiss�.

C'�tait la faute de Frank ?

� l'�couter, c'�tait un escroc. Il l'a juste mal conseill�.

- Je sais. - Repenses-y.

Repenses-y.

- Le d�ner est pr�t. - On arrive, Minnie.

Certains hommes n'ont pas le courage d'admettre leurs torts.

Tu comprends ?

Viens, entre. Allons manger.

Et donc, le gars dit qu'il parle, mais qu'il n'aboie pas.

J'ai fait tout ce que Georgie aime.

- Je n'en peux plus. - Mange.

- Il y a assez. N'aie pas peur. - Je vais �clater.

D�apr�s maman, s'il en reste, tu as encore faim.

Tu ne meurs pas de faim.

Georgie, ressers-toi. Mais laisse-moi quelque chose.

Et la fois o� Kate a fait un pique-nique.

On a d� donner le reste aux passants.

Un camion plein de nourriture. De quoi nourrir une arm�e.

Je n'aime pas que les gens aient faim. C'�tait un petit camion.

- Tu aurais d� venir avec nous. - Oui, en effet.

Ce serait une bonne chose, les m�res qui viennent nourrir leurs fils.

- M. Macy a une fille pour George. - Elle l'a trouv� une fille.

- Qui est la fille de M. Macy ? - Une lavette.

C'est pas vrai, elle est gentille et tr�s intelligente.

- Il ne faut jamais dire �a, Kate. - Reviens vivre ici, comme a dit Joe.

Oui, je parlerai au juge Collins. Tu travailleras avec lui.

Un bon poste, Georgie. Je fais �a demain.

Et moi, je te trouverai une copine. On te redonnera le sourire.

Je me sens si...

C'est magnifique.

Je me suis toujours senti chez moi, ici.

Pourquoi pas, Georgie ? On ne s'est pas disput�s.

Pourquoi devrait-on ? On est tous dans le m�me cas. Tous.

Kate, tu as l'air si jeune. Tu n'as pas du tout chang�.

�a me rappelle des choses.

Toi non plus, Joe. Tu es rest� le m�me. En bonne sant� et fort comme un b�uf.

�tre malade, c'est pour les vieux.

- Joe n'a jamais �t� chez le m�decin. - Jamais malade, m�me pas un jour.

Touchons du bois.

- Vraiment, Joe ? - Oui, bien sir.

Sauf la fois o�...

Oh oui, la fois o� j'ai eu la grippe.

- Il n'arrivait m�me pas � se lever. - Jamais malade ?

- Pas un seul jour. - George, je t'en prie.

- Tu te souviens de chaque fois ? - Celle-l�, je m'en souviendrais.

Surtout si ce jour-l�,

mon associ� allait livrer du mat�riel d�fectueux � l'arm�e.

Que s'est-il pass� ce jour-l�, Joe ?

Pas si fort, George. Minnie pourrait entrer.

Tu en as assez dit, j'en ai marre.

Je ne te dois pas d'explications.

Tu n'as qu�� demander au tribunal et au jury qui m'ont lib�r�.

Tout est sur papier. Ils m'ont innocent�.

Je t'ai cru, pendant un instant, Joe.

Avec cette nourriture, � parler travail et filles.

Je t'ai cru.

On part. Maintenant. Je t'attends dehors, prends tes affaires.

Je vais lui parler.

Mettez le dessert au frigo, on le mangera apr�s, Minnie.

- Elle n'est pas � sa place, ici. - Pourquoi pas ?

- C'est la copine de Larry. - Non, Larry est mort.

- Il ne reviendra pas. - Arr�te, Chris.

Pour rien au monde. Il n'est pas mort.

Pas tant que ton p�re et moi serons en vie. Il ne peut pas �tre mort.

- Que voulait-elle dire ? - Je ne sais pas.

- Bizarre qu'elle dise �a. - Tu sais comment elle parle.

- O� veux-tu en venir ? - S'il s�av�re que tu mens, je te tue.

Que dis-tu l� ?

Que dis...

Je n'ai pas � me justifier vis-�-vis de toi ou de qui que ce soit.

Sans rancune.

Tu crois que tous les po�les �taient parfaits ?

Rien n'est parfait.

- C'est diff�rent, Joe. - Tu veux quoi, annuler et �tre ruin� ?

Tu sais ce qu'ils feront si on ne livre pas.

- Ils tiendront ? - Il le faut.

- J'aime pas �a. S'il y a un probl�me... - Tu as une meilleure id�e ?

On prend le risque ou on est fini, en faillite.

Joe, j'ai mis tout mon argent dans cette usine.

Ce serait la fin, pour moi. Je ne pourrais pas garder ma maison.

Tu penses que moi, je m'en sortirais ?

J'ai investi mon argent, mais je me suis aussi investi moi-m�me.

Corps et �me. Mon c�ur, ma t�te. Pendant 40 ans, 40 dures ann�es.

Keller & Deever.

Tu ne sais pas ce que �a signifie. Tu n'as pas d� travailler dur pour ceci.

Moi, j'ai d� m'accrocher. Et tenir bon.

Pendant que tu travaillais avec ton p�re,

je ramassais la ferraille des ruelles.

Vieilles voitures, vieux �viers, vieux po�les.

J'ai m�me repris un po�le chez toi, Herb. Et je t'ai pay�.

Tu as s�rement oubli�, ce n'�tait que 3,50 $.

Moi pas, car c'�taient mes derniers 3,50 $.

Je l'ai retap� et je l'ai revendu pour 5 $.

1,50 $ de profit. C'est pas mal.

Les temps durs �taient finis quand tu es arriv�, Herb.

On �tait sur la bonne voie.

� une �poque, je ne pouvais pas payer les employ�s.

Et les ouvriers rentraient avec plus d'argent dans les poches que moi.

Quand Kate a d� travailler pour payer les int�r�ts.

Kate...

Kate, la fille �trang�re qui travaillait pour ta m�re.

Tu ne perdrais que de l'argent, Herb.

Livrer ce mat�riel, c'est un crime. Tu dois t'en rendre compte.

�a l'est si on se fait prendre. Il faut survivre.

Joe Keller survivra.

Fais-les livrer, c'est bon.

Mais je ne l'ai pas fait. Lundi, Joe �tait malade. J'avais peur.

J'aurais voulu dire que c'�tait par honn�tet� et par principe.

Mais ce n'est pas le cas. J'�tais terrifi�.

Lundi passa.

Apr�s, on �tait mardi.

Mardi noir.

�a a fait du grabuge.

La livraison du mat�riel avait du retard.

l'arm�e en faisait tout un scandale.

Quand ils sont partis, j'ai appel� Joe.

Il �tait chez lui, malade.

Pour la premi�re fois depuis que je le connaissais.

Joe, c'est toi ? C'est Herb. Ils sont venus, ils veulent le mat�riel.

- Tu as dit qu'ils l'auraient ? - Bien s�r que non.

Pourquoi ?

J'ai peur de prendre la responsabilit�.

Qui dit que tu dois faire �a ? Arr�te de r�agir comme une vieille.

- J'ai peur. Tu peux t'en charger ? - Je suis malade.

- S'il arrive quelque chose ? - J'en prends l'enti�re responsabilit�.

J'ai entendu, tu prends la responsabilit�. Quand m�me, Joe.

J'en prends la responsabilit�, j'ai dit. Fais-les livrer.

Joe...

Joe ?

Que fait-on du mat�riel, Herb ? On le fait livrer ou pas ?

Quelqu'un va enfin se d�cider ?

Fais-le livrer, Eddie.

- Fais-le livrer. - Il �tait temps.

Fais-le livrer.

Il prendrait l'enti�re responsabilit�.

- Il prendrait la responsabilit�. - Au tribunal, ils ne l'ont pas cru.

Le juge, le jury, ils ne t'ont pas cru. Pourquoi ?

Impossible de prendre la responsabilit� par t�l�phone.

Dans un tribunal, on peut nier.

Il ne peut pas �tre comme �a. Il ne peut pas, c'est mon p�re.

Tu as rumin� cela jusqu�� ce que tu y croies.

Mais c'est faux et tu le sais.

C'est la v�rit�, Chris. C'est la v�rit�.

C'est termin�.

Les gars de l'usine disent encore : "Si tu veux des infos, demande � Joe"?

Bien.

C'est bon, Minnie. J'y vais.

- Annie... - Oui, c'est moi. Je peux entrer ?

Bien sir.

Je suis surprise.

- Tu n'�tais pas � Chicago ? - En effet. Chris est l� ?

J'ai appel� au bureau, il n'est pas l�.

Il est en vacances.

Quel dommage. Je voulais le voir avant de te parler.

- Mais c'est tout aussi bien. - Annie...

Je regrette que tu sois revenue.

Je ne vais pas faire semblant. Tu n'es pas la bienvenue.

Je m'y attendais, Kate. �a n'a pas d'importance.

- Mais ce que j'ai � dire en a. - Tu n'as rien � me dire.

Quand je suis partie la semaine derni�re, c'�tait pour de bon.

� Chicago, j'ai r�fl�chi et je me suis rendu compte que je m'�tais enfuie.

Il ne faut pas laisser les choses comme elles sont, Kate.

Parfois, il faut y toucher.

Que veux-tu de nous ? Pourquoi vous �tes revenus, George, ton p�re et toi ?

- Je veux �pouser Chris. - C'est impossible, tu le sais.

Chris ne t'�pousera pas tant que Larry est en vie.

Quand affronteras-tu la v�rit�, Kate ?

� quoi bon, si la v�rit� nous d�truit ?

- Chris m'a demand�e en mariage, Kate. - Il n'a pas le droit. Toi non plus.

- C'�tait mal et vous le savez. - On s'aime.

- Tu es fianc�e � Larry. - Larry ne reviendra pas, Kate.

Pas du tout, tu entends ?

Il reviendra.

Si tu veux rompre, tu peux, mais tu devras attendre son retour.

On ne va pas attendre � jamais. Chris et moi avons le droit de vivre.

�a ne d�pend pas de moi, je ne peux rien y faire.

Je ne veux rien faire sans ton accord. Chris serait malheureux, il t'aime tant.

Tu lui dois bien �a, dis-lui que tu es d'accord.

Il faudra plus que mon accord.

Quand tu l'�pouseras, Larry sera avec vous.

Vous ne ferez que penser � lui, tant qu'il sera en vie.

- Larry est mort. - Non.

- L'avion s'est �cras� le 9 f�vrier 44. - Tu n'as aucune preuve.

Tu dis �a, mais tu n'as pas de preuves. L'arm�e non plus.

J'ai des preuves, Kate.

C'est une lettre de Larry.

La derni�re, �crite le jour de sa mort.

Non...

- Lis l�, Kate. - Non.

Je ne voulais pas te la montrer.

Larry...

Tu comprends maintenant pourquoi je ne te l'ai pas montr�e.

Quand Chris arrivera, je serai chez Lydia.

Larry...

Annie...

Annie.

Joe ne peut pas voir cette lettre. Quoiqu�il arrive.

- C'est Joe. - Je relance.

- Quoi ? Tant que j'y suis. - Trop difficile pour moi.

Remets-moi un verre, Charlie.

Non, non.

Joe n'a pas besoin d'aide, Charlie. C'est un gagnant.

Je joue pour gagner, c'est ma devise. Je te relance.

- Je suis. - Tu ne perds jamais, Joe ?

- Carte ? - Une, s'il te pla�t.

Il va refaire un flush.

Il y a quelqu'un. Va voir, Charlie.

C'est bon ?

Tu devras payer pour le savoir.

Bonsoir, Charlie.

Chris, je pensais que tu voulais t'absenter.

- Je suis venu te chercher. - Ce ne sera pas long, j'ai presque fini.

Tu connais tout le monde. M. Ellsworth, un bon client.

- Mon fils, Chris. - Enchant�.

- Finissons-en, il est tard. - O� en �tions-nous ?

D�voile ton jeu, Joe. Tu as quoi ?

- Quatre dames. - Je ne pensais pas que tu avais �a !

Tu vois, gagner de l'argent, c'est facile. Rassemble le tout, Charlie.

Ne te vante pas, Joe. Je t'aurai mardi prochain. Tu finiras par perdre.

Je lui rends mon salaire au poker.

- � mardi prochain. - Bonne nuit.

Quelles caries ! Je n'ai pas de chance.

- � demain, Joe. Chris... - Bonne nuit, Swede.

C'�tait chouette, Joe.

- C'est � refaire. - Certainement. Je prendrai ton argent.

- Je t'ai bien conseill�, Joe. - En effet, Charlie.

- Bonne nuit, Joe. - Bonne nuit.

- Vous jouez aussi bien que votre p�re ? - Je ne fais rien aussi bien que lui.

Tu as entendu ? En plus, il a �tudi�, pas comme moi.

Il m'appelle "lgnoramus",

Au fait, Joe, il y a eu des plaintes pour les portes. Tu sais ce que c'est ?

C'est la poin�onneuse, elle ne fonctionnait pas bien.

Renvoie-les, je les remplacerai gratuitement.

Encore une chose que ni toi ni les experts ne savez.

Elles ne correspondent pas aux prescriptions, je les ai modifi�es.

- Si je te suivais, tu serais ruin�. - Joe, tu es incroyable.

- Tu es au courant de tout. - Je n'oserais pas dire le contraire.

Si tu veux des infos, demande � Joe. C'est ce qu'on dit.

- Si tu veux des infos, demande � Joe. - Bonne nuit, Joe.

- Au revoir, monsieur. - �a ira mieux la prochaine fois.

Un grand homme. � la t�te d'une grande entreprise.

Il nous rapporte gros.

Si tu veux des infos, demande � Joe. M�me lui l'a entendu.

Je deviens connu.

Remets les chaises en place.

Tu n'as pas l'air bien. �a n'a pas �t� ?

C'est vrai ? Si tu veux des infos, demande � Joe ?

Bien s�r, je suis au courant de tout, comme il dit.

C'est pour �a que je suis ici, car je sais tout.

- J'ai une question � te poser. - Vas-y.

Comment a-t-on pu livrer des pi�ces sans que tu le saches ?

- Tu recommences ? - Comment?

Vas-y, dis que je suis coupable.

Je veux que tu sois innocent. Aide-moi � me d�barrasser de mes doutes.

Je te l'ai dit, �a ne suffit pas ? Tu n'as pas confiance ?

Tu as raison, je devrais. Mais je n'y arrive pas. Tu dois m'aider.

Que puis-je faire ? Je te l'ai dit si souvent. Je l'ai dit au jury.

- Que puis-je faire ? - J'ai vu Herb Deever.

J'�tais � Springfield.

- Pourquoi as-tu fait �a ? - J'ai eu sa version, je veux la tienne.

- Mon propre fils... - Je veux ta version et juger.

Mon fils m'espionne. Il fait �a dans mon dos.

J'ai le droit de savoir, tu me dois bien �a. Explique-moi.

Expliquer !

Expliquer, je n'ai fait que �a.

J'en ai marre d'expliquer. Je ne te dois aucune explication.

Tu es mon fils, la chair de ma chair.

Je t'habille, te nourris, t'h�berge, je n'ai rien � t'expliquer.

Si je suis coupable, tu l'es aussi. Tu as compris ? Toi aussi.

Donc, tu savais.

Un homme a une entreprise, j'ai une entreprise.

Des pi�ces d�fectueuses et plus d'entreprise.

Tu ne sais pas quoi faire. Ils disent qu'ils vont arr�ter les contrats.

Ils s'en fichent. 40 ans de travail et tu es fini en cinq minutes.

Que devais-je faire ? Sacrifier 40 ann�es ?

Sacrifier ma vie ?

Je ne pensais pas qu'ils les utiliseraient. Vraiment pas.

Je pensais qu'elles ne serviraient pas.

Pourquoi tu n'as rien dit ? Tu savais qu'elles ne tiendraient pas.

Il �tait trop tard. �a a fait la une des journaux.

21 avions s'�taient �cras�s.

Il �tait trop tard. Ils sont venus � l'usine avec des menottes.

Que pouvais-je faire ? Je te le demande. Que faire ?

Chris, je l'ai fait pour toi.

Je suis vieux. C'est tout ce que je pouvais faire pour toi.

Pour moi ? Mes fr�res et moi, on mourait chaque jour. Tu as fait �a pour moi ?

Quel genre d'homme es-tu ! Des gens sont morts et tu le savais.

J'�tais fier de toi. Tu nous aidais, mais c'�tait pour ton entreprise.

Et ton pays ? Et les gens ? Et le monde ? Tu n'as pas de c�ur ?

- Que dois-je faire ? - Chris.

Papa...

Chris...

Chris...

Va dormir, Kate. Il est presque 1 h.

Tu sais que j'attends que Chris revienne.

Ne t'inqui�te pas, Jim. Je vais bien.

Tu veux du caf� ?

Il est trop tard, pas �tonnant que tu ne dormes pas.

Je ne veux pas dormir.

- Tu as eu une urgence ? - Un mal de ventre. Il croyait mourir.

Comment va Joe ?

Il a pleur� comme un b�b�.

Je ne l'avais jamais vu comme �a.

Depuis quand le savais-tu, Jim ?

Je l'ai toujours su, Kate.

Tu es intelligent.

J'ai toujours eu l'impression qu'au fond de lui, Chris savait.

Je ne pensais pas que ce serait un tel choc.

Tu ne connais pas ton fils.

Tu penses qu'il...

partirait sans...

- Pour de bon, je veux dire. - Il reviendra.

C'est un bon gar�on, il reviendra.

J'ai entendu des voix.

- Salut, docteur. - Salut, Joe.

- Que fais-tu l� ? - Je pars.

Mets-la au lit, Joe. Tous les deux.

Rester debout n'aidera pas. Il faut dormir.

Le sommeil est une chose merveilleuse, ce qu'il y a de mieux.

Que voulait-il ?

- Je n'aime pas qu'il s'en m�le. - Joe, il sait.

- Comment? - Il s'en doutait depuis longtemps.

Je n'aime pas �a.

Annie sait aussi, alors.

- Tu as eu des nouvelles ? - Non, elle est chez Lydia.

Bizarre qu'elle ne revienne pas.

- Chris est peut-�tre avec elle. - Non. Frank est pass�.

Ce sont les portes ouvertes en pleine nuit ?

- Tu veux une tasse ? - Tu sais ce que �a me fait.

Je pensais avoir une famille. Qu'est-il arriv� � ma famille, Kate ?

- Joe, j'ai r�fl�chi. S'il revient... - Quand il reviendra.

Si tu pouvais tout lui expliquer.

Il doit comprendre que tu sais que tu as fait une erreur.

Je veux dire...

S'il voit que tu t'en rends compte...

Tu vois ?

- Demander pardon, tu veux dire ? - En quelque sorte, Joe.

Demander pardon � mon fils.

J'ignore ce qui s'est pass�.

Il voulait de l'argent, j'en ai gagn�.

Un homme doit prendre soin de sa famille. Demander pardon pour quoi ?

Toi aussi, tu avais besoin d'argent. Des v�tements, � manger, l'�cole.

- Joe, pas comme �a. - Je ne voulais pas non plus.

Peu importe, tant qu'on en a.

Je vous ai g�t�s. J'aurais d� le mettre dehors � 10 ans, comme moi.

Pour qu'il sache comment gagner son argent.

Pardon. Je n'ai besoin que d'un dollar par jour, mais j�ai une famille.

- La famille n'est pas une excuse, Joe. - �a doit l��tre.

- Il y a plus que �a pour lui, Joe. - Non, il n'y a pas plus.

Je lui pardonnerais tout. Car je suis son p�re et il est mon fils.

Tu vas le lui dire, tu entends.

- Tu crois qu'il irait voir la police ? - Joe, je t'en prie.

Non.

Il ne ferait pas �a, pas sans me le dire.

O� est-il ?

Partir comme �a, ne rien dire, ne pas revenir.

Tout ira bien, Joe. Il ne se passera rien.

Pour toi, Kate. Pour vous deux.

Je vis uniquement pour vous.

Je sais, Joe.

Je sais.

Je sais.

- Annie. - Chris.

Chris, je savais que tu serais ici.

Il est coupable, Ann.

Jim Bayliss m'a tout racont�.

Je regardais les �toiles pour essayer de comprendre.

Regarder et essayer de comprendre.

- Je l'ai presque tu�, Ann. - Chris, non.

Je l'aime. Et j�ai failli le tuer. J'ignore pourquoi je ne l'ai pas fait.

�a n'aurait servi � rien. Il ne se rend pas compte.

Il ne sait pas que c'est une chose affreuse. Il se ment et ne le sait pas.

Il doit souffrir pour savoir. Souffrir atrocement.

Viens avec moi, Chris. On laisse tout et on recommence � z�ro.

Je ne peux pas m'enfuir. C'est trop facile.

On le fait tous et c'est trop facile.

Va � la police pour le d�noncer.

Ce n'est pas suffisant, Annie. La prison ne suffit pas.

Il doit comprendre ce qu'il a fait. Tu comprends, Annie ?

Il doit �tre son propre juge.

Oui, Chris.

Comment faire pour qu'il se remette en question ?

Comment expliquer cela � un homme comme papa ?

Un homme qui a oubli� qu'il y a des gens autour de lui.

Comment lui dire et lui faire comprendre ?

Montre-lui ceci.

Tu as d�cid� de revenir ?

Qu'est-ce qui te prend d'effrayer ta m�re � ce point?

- Tu sais qu'elle va mal. - Je veux te parler.

Moi aussi, je veux te parler.

Quelque chose te d�range.

- J'ai trop d'argent, c'est �a ? - La fa�on dont tu l'as eu.

Quel est le probl�me ?

Tu t'y habitues, ou tu t'en d�barrasses.

Si tu ne peux pas t'y habituer, jette-le.

� une �uvre de charit�, dans les �gouts.

�a te va ? Aux �gouts et puis fini.

�a ne suffit pas, papa.

Tu crois que je plaisante ? Je te dis quoi faire. Si c'est sale, br�le-le.

C'est ton argent, pas le mien. Je suis vieux et mort. Rien n'est � moi.

- Que veux-tu que je fasse ? - Il s'agit de ce que toi tu veux.

Et je veux quoi ?

La prison ? Tu veux que j'aille en prison ? Ma place est l� ?

Dis-le-moi.

Pourquoi tu ne dis rien ? Tu as d�j� tout dit, dis-le.

Je vais te dire pourquoi tu ne dis rien, tu sais que ma place n'est pas l�.

Tu le sais.

Lis ceci, papa.

Tu sauras quoi faire.

- De quoi s'agit-il ? - Chris. O� �tais-tu ?

Non, Chris.

C'est de Larry. Il l'a �crite le jour de sa mort.

Ne la lis pas, Joe.

- "Ch�re Ann..." - N'�coute pas.

Tais-toi, Kate. Je veux entendre ce qu'il a � dire.

"C'est impossible de d�crire ce que je ressens. J'ai une chose � te dire.

"Hier, dans le journal, il y avait un article sur papa et ton p�re.

"Je ne suis pas intelligent comme toi ou Chris.

"Je n'arrive pas � comprendre comment c'est arriv�.

"On peut �tre fiers de nos avions.

"Chaque partie vient de vous, qui les avez fabriqu�s � la maison.

"Nous ne sommes pas seuls. Mais � cause de mon p�re, je suis seul.

"Il nous a tous trahis.

"Vous, qui avez tenu vos promesses. Et nous, les n�tres.

"J'ai honte. Je ne peux pas faire face aux autres soldats.

"Je ne peux faire face � personne.

"Je ne sais pas comment te le dire, Annie. Mais je vais partir en mission.

"Et je ne reviendrai pas.

"Pardonne-moi, Annie. C'est la seule mani�re de payer pour ses actes."

Tu sais ce que �a signifie ?

Oui.

Je sais.

Je n'ai pas aim� faire �a, papa. Tu le sais ?

Oui, fiston. Je sais.

Tu as bien fait.

Joe.

Pas la peine, Kate.

Pas la peine.

Peut-�tre que je l'ai toujours su.

Un homme aussi peut �tre d�fectueux.

Comme du mat�riel, une pi�ce.

Un peu de pression et il craque.

Beaucoup d'innocents meurent.

Beaucoup d'innocents.

Tu as pay�, Joe.

Larry a pay�, c'�tait ton fils. Tu ne peux rien faire de plus.

Oui, il �tait mon fils.

Mais pour lui,

ils �taient tous mes fils.

Je suppose qu'ils l'�taient.

Ils �taient tous mes fils.

C'est ton p�re. Tu ne peux pas l'envoyer en prison.

- C'est � lui de... - Tu es devenu fou ?

� quoi bon, la prison ? �a ne fera revenir personne.

- La guerre est finie. - Ne dis pas �a.

Et Larry, c'est quoi pour toi ? �tre d�sol� ne suffit pas.

Il ne s'est pas tu� pour que vous soyez d�sol�s.

- C'�tait pour vous montrer. - Que peut-on faire de plus ?

Devenez meilleurs.

Sachez qu'il y a un monde dehors. Et que vous avez des responsabilit�s.

Sinon, vous aurez perdu votre fils. C'est pour �a qu'il est mort.

C'est pour �a.

Joe !

- N'entre pas, maman. - Pourquoi pas ?

Je me suis occup�e de lui toute sa vie. Quand il avait besoin de moi.

Je peux le faire maintenant aussi.

Soyez heureux. Ne regardez jamais en arri�re.

Jamais.

Larry est mort. Joe est mort.

Alors, vivez.

Vivez.

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