All language subtitles for Edouard et Caroline

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Original subtitles

Gammes au piano.

-Doudou, le fleuriste va être fermé.

-J'y vais.

-J'aimerais bien avoir une petite fleur pour ma robe.

Elle est si laide. -Elle est parfaite.

Tu lui reproches quoi ?

-Depuis le temps que je la mets !

-Pff ! Évidemment

Je vais acheter la fleur.

Caroline. -Oui ?

-Viens voir.

-Pourquoi ? -Viens voir.

-Quand tu prends mes dictionnaires, remets-les bien..

..en place.

-Je ne m'en suis jamais servi de tes dictionnaires.

Je ne m'en servirai jamais.

Edouard !

-Quoi ?

Oh !

Ha, ha, ha.

Bon vent !

Radio.

*Musique des îles.

Sonnette.

-C'est toi, Doudou ?

-Ne vous dérangez pas, j'ai tout mon temps !

-Flûte, la concierge !

-Je viens demander une faveur Ă  madame.

-Entrez, Mme Leroy.

-La belle robe !

-Comme ça, vous pourrez juger. -C'est somptueux.

-Aidez-moi Ă  l'agrafer.

-Avec plaisir, pensez donc.

-Ouh !

-Pardon, j'ai les doigts froids. -C'est rien.

-Mes pieds sont toujours froids. -Comme toutes les femmes.

-Madame aussi ? -Bien sûr.

-LĂ ...

Ça y est !

-Merci.

-Madame va au bal avec monsieur ? -Oui. Enfin, non.

Nous allons à une soirée. -Mmm !

-Excusez-moi, mais je dois finir de me préparer.

-Je vous laisse.

Oh !

J'oubliais le principal. -Quoi ?

-Vous savez qui j'ai vu ? -Non.

-Mon neveu Ernest, celui qui est mobilisé !

Il a une permission de 24 heures. -Bien.

-Il veut entendre monsieur au piano.

Dans l'immeuble, on parle que du grand musicien.

Il veut pas rater ça. -On nous attend à 9 h.

-Il est 7 h 30. J'amène Ernest à 8 h, et on s'en va tout de suite.

Le temps d'écouter un beau morceau. -Bon, si vous voulez.

-Alors, à tout à l'heure. -C'est ça.

A tout Ă  l'heure. -A tout Ă  l'heure.

-Eh ben...

*Samba.

Elle fredonne l'air.

-La la la la la.

La la la la la la.

La la la la la.

La la la la la.

La la la la la.

Porte.

T'as trouvé ?

-Les fleuristes sont tous fermés. -Je m'en doutais.

Il éteint la radio. Oh !

Tu as fermé ? C'était mon air, "Tic tic tic".

-C'est terrible. Radio rallumée.

-Oh, doudou !

-"Oh, doudou" !

-Ce qu'elle est jolie. -Tu permets ?

-J'ai plus rien à te refuser. Elle éteint la radio.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Oh !

Il faut que je pense Ă  acheter du dentifrice.

Edouard,

..quel pied ? Quel pied ?

-Le gauche.

-J'aurais dit le droit, ça m'avantage mieux la jambe.

-Ta robe cache tes jambes, alors ! -T'as raison.

Je vais mettre ceux que tu dis.

-Tu vas craquer ta robe. -Je cherche le soulier.

Laisse-moi faire. -Relève-toi.

-Oh !

-Laisse-moi faire ça.

Tiens.

-C'est pas celui-là, laisse. -Je ne veux pas que tu abîmes..

..ta robe.

Tiens, tiens !

-Quoi ?

Je les aurais remis, tu sais.

-Tu consultais mes dictionnaires ? -Oui.

J'avais besoin d'un renseignement. -Lequel ?

-Un renseignement.

C'est mon droit, non ?

-Je croyais que tu te servais pas..

..de mes dictionnaires.

-Il est près de 8 h. -On a le temps.

-Non. Habille-toi, lave-toi. -Oh !

-Edouard,

..j'ai une idée formidable. Je regarde un modèle de Christian.

Terrible ! -Jacques Christian ?

Je vais te montrer quelque chose. -Quoi ?

Qu'est-ce que tu cherches ?

-Tu permets ?

Ah, la voilĂ  !

Je te présente Be-Bop !

Création Jacques Christian, recopiée par ta couturière,

..Mme Benoît. Tu la trouves peut-être bien, toi.

Gardons cette robe, ça peut servir.

Montre-moi ton nouveau modèle. -Pas question.

-C'est peut-ĂŞtre bien. -Non.

-Elle est si moche que ça ? -Atroce. Oublie, va t'habiller.

Elle chantonne "Le Beau Danube Bleu".

La la la la la.

La la la la la la la.

La la la la la la la.

-Ça va pas ?

-La la la la la la la.

-Elle est folle. J'ai épousé une folle !

-La la la la la.

La la la la la.

Mais c'est Edouard !

Le bon petit Edouard. -Allons, allons, allons, allons.

-Il n'est pas bon du tout, c'est le méchant Edouard.

Tu cherches quoi ? Tout est lĂ . -Sauf mon gilet.

Tu dissimules mes habits partout. -Je ne dissimule rien.

Je retrouve tout les yeux fermés. -Tellement tu as d'ordre ?

-Du flair, c'est mieux.

Je vais te le trouver, ton gilet.

Tiens ?

-Ton flair te trahirait-il ?

-Comme c'est étrange.

-Tu vas pas me faire ça ?

-Ne nous affolons pas. -Tu crois !?

-Si on ne le trouve pas, tu peux t'en acheter un.

-Tout est fermé !

-Tu te feras ouvrir. -C'est ça. Et l'argent ?

Tu y as pensé ? Ça vaut au moins 2 000 balles, un gilet d'habit !

Non, il me faut mon gilet !

-Il faut, il faut ! T'es drĂ´le. On va trouver une solution.

-Y a pas de solution. -Tout de suite le drame !

Je vais le retrouver. Un gilet, ça se glisse partout.

-Vraiment !?

-Aide-moi au moins ! Au lieu de rester planté là !

-Insensé.

C'est insensé. Sonnette.

-C'est la catastrophe.

-Qui est-ce ?

-C'est la concierge.

-Et alors ?

-Je te supplie, sois gentil. -C'est nous, madame.

Nous sommes lĂ .

-Edouard, il faut, tu m'entends, il faut que tu joues un morceau.

-A la concierge ? -A son neveu.

Sinon, on devra déménager. -Pourquoi ?

-La concierge nous aime tant, elle ne comprendrait pas.

Sonnette. VoilĂ , voilĂ  !

Edouard ! -Et mon gilet ?

-Je vais le chercher pendant que tu joueras.

Jure-moi que tu le feras. -Je te promets.

-Jure-le. -Oui. Ouvre.

Merci, doudou.

Je m'excuse, mon mari n'était pas visible.

-Avance, Ernest.

Nous vous dérangeons pas ? -Non, entrez.

-Avance, voyons.

C'est un morceau, hein ? -C'est vrai.

-Bonjour, Mme Leroy.

-Bonjour. Mon neveu, Ernest.

-Soldat ? -Oui.

-Parfait, parfait.

Si vous détruisez mes instruments de travail.

-Pardon. -On ne dérange pas monsieur ?

On est montés pour que monsieur nous joue.

Ernest a une permission de 24 h. -Bien.

Si vous le permettez, j'y vais.

Malheureusement, on est un peu pressés. Pas vrai, chérie ?

-Il exagère. On n'est pas si pressés que ça !

Vous ne vous asseyez pas ?

On écoute mal debout. -Merci, madame.

-Merci, madame.

-Cherche, Caroline !

Chopin.

Le téléphone sonne.

-Non, continuez votre travail. Je vais répondre.

Allô, j'écoute ?

-AllĂ´, Julien ? Je voudrais parler Ă  M. Beauchamp.

-Monsieur est occupé, madame.

-Attention aux carreaux ! Attention aux carreaux.

Julien, que faites-vous ? Arrivez ici.

-Pardon, madame.

-Un instant, messieurs. Roulons le tapis.

Reculez, s'il vous plaît.

Sur le côté !

Pliez-le sur le côté, comme ceci.

Voyons.

En route ! Quand vous voudrez.

Doucement.

Doucement.

Qui téléphone ? -La nièce de monsieur.

-Une seconde.

-Si madame veut bien... -Messieurs...

-Je demande pardon Ă  monsieur. Monsieur arrive, madame.

-Mes amis,

..tous les meubles, les bibelots qui ornent ce salon,

..n'ont pas de prix pour moi. Pièces de collection,

..souvenirs de famille,

..vous me comprenez. Maintenant, allez-y.

Suivez, Julien ! Suivez, voyons.

AllĂ´, "CarolaĂŻne" ?

-Ne quittez pas, mon oncle. Je reviens.

Applaudissements.

C'est pas fini. Tu joues pas..

..la suite ? -La suite ?

-"La Polonaise" de Chopin, il vaudrait mieux..

..que vous l'entendiez en entier. Allez, joue.

-Vous voulez vous asseoir ?

-Assieds-toi.

-J'ai pas le temps de m'asseoir. -Caroline !

Tu fais quoi..

..dans le vestibule ? -Rien.

-Tu cherches pas le gilet, non ?

-C'est arrangé. -Où vas-tu ?

-Nulle part.

-Tu fais quoi dans le vestibule ?

-Vous voyez comment il est, Mme Leroy ?

Joue !

Piano.

AllĂ´ ?

Vous ĂŞtes encore lĂ  !

-Oui, tu permets ? Une seconde.

Tout est fini ?

-Il faut mettre le piano debout.

-Parfait. Pour le reste, Nous ferons ça nous-mêmes.

Julien ?

Faites le nécessaire pour le pourboire de ces hommes.

Remerciez-les de ma part. VoilĂ .

Ils s'en vont, je respire.

Alors, CarolaĂŻne ?

-C'est désastreux, je vous assure. Je suis terriblement ennuyée.

-Madame.

-Bonsoir, monsieur.

VoilĂ , j'ai absolument besoin d'un gilet.

-Un gilet ? Pour quoi faire ?

-Pour Edouard. Il en avait un, mais...

-Un seul ?

-Oui, hélas.

-C'est ridicule. Comment peut-il ĂŞtre aussi stupide ?

Un seul gilet d'habit !? Ça doit être ça qu'on appelle la bohème.

Je vais voir ce qu'on peut faire.

Vous ĂŞtes lĂ . Bonsoir, Angel.

-Bonsoir, monsieur. Je vais prendre monsieur.

-N'en profitez pas pour me tondre, j'aurais l'air de sortir..

..de chez le coiffeur.

-Votre père a plus confiance que vous, M. Alain.

Depuis le temps que je le coiffe. -J'ai parlé à ta cousine.

-Caroline est là ? -Au téléphone.

Son imbécile de mari n'a pas de gilet d'habit !

Grotesque. -Fini ?

-Oui, M. Alain. Une seconde.

-Elle au au bout du fil ? -Oui.

Rafraîchissez seulement, ça suffira.

-D'accord, M. Beauchamp. Juste le duvet ?

-VoilĂ , juste le duvet.

-Pardon.

Bonsoir, cousine de mes rĂŞves, comment vas-tu ?

-C'est toi, Alain ? J'ai cru qu'on m'abandonnait.

-T'es folle ? -C'est ça.

Une seconde. Ça vous a plu ? -Je crois bien. Merci.

On vous laisse. Viens, Ernest. -Au revoir. Au plaisir.

-Bonsoir.

AllĂ´ ? -Qui est-ce ?

-Je m'excuse, on m'a dérangée. -Qui est-ce ?

-C'est ton gilet. -Mon gilet ?

-AllĂ´ ?

-L'artiste a des ennuis vestimentaires ?

J'ai une collection de gilets Ă  la disposition d'Edouard.

-Je t'adore ! -Quoi ?

-Ce sera peut-ĂŞtre grand. *-Tu crois ?

-J'ai les épaules larges, le sport. Le Conservatoire, par contre...

-A qui téléphones-tu ? -Il peut venir ?

-Si tu veux.

-A tout Ă  l'heure.

-C'était ton lamentable cousin.

-C'était mon lamentable cousin, comme tu dis.

-T'avais peur que j'écoute, hein ? Celui-là, alors !

Quelle idée d'aimer sa cousine. Il t'aime pas, il te désire.

-Ah ? Il te prĂŞte un gilet.

-Pas question ! J'aimerais mieux crever !

Je mettrai mon gilet. -Impossible !

J'avais oublié. Je l'ai jeté.

-Tu te fous de moi ? -Non.

Je l'ai jeté avec des saletés qui encombraient !

-Il était neuf ou presque. Je l'avais à peine mis.

-Oh ! C'était le vieux gilet de ton père.

Il était tout effiloché.

Tu devais t'en acheter un autre. -Quand as-tu jeté mon gilet ?

Hein ?

-Ça doit faire un an. On peut pas tout garder !

-Pourquoi t'as pas jeté mon habit aussi ?

Je fais comment, moi ?

-Tu vas avoir un gilet d'Alain.

Un magnifique gilet. Enfile ça et va le chercher.

Enfile ça.

-Je te jure. Si j'avais su que tu les appellerais..

-C'est pour ça que j'ai rien dit. Seul mon oncle pouvait nous aider.

-Je croyais que c'était Alain. -J'ai demandé à mon oncle d'abord.

-De toute façon, que ce soit ton cousin ou ton oncle,

..ils me déplaisent autant l'un que l'autre.

-N'enlève pas tes vernis, tu devras les remettre.

Mon oncle, il t'aime beaucoup. -Ha ha !

-Parfaitement. Il aimerait que tu réussisses.

-Tu parles !

Il en a marre d'avoir un fauché comme moi dans la famille.

"Un artiste obscur", n'est-ce pas ? Moi, les Beauchamp,

..je les emm...merde ! -Merde !

-Je vais avoir l'air malin. -Tu ne verras personne.

Le paquet est près. -J'aime mieux ça.

Ce qu'il faut pas faire dans la vie, alors !

-Cette soirée est très importante pour nous.

C'est la chance de notre vie. -Tais-toi.

-Moi, je suis très optimiste. Dégrafe-moi dans le dos.

-Tu vas te déshabiller ? -Non. Un point à faire à ma robe.

Je peux ? -Oui.

-Parfait.

Radio. Jazz.

-Bonsoir.

-Bonsoir, monsieur.

-Je viens chercher un paquet. -Un paquet ?

-Un paquet pour moi. M. Mortier,

..le neveu de M. Beauchamp. -Je reconnais monsieur.

Mais on ne m'a rien remis. -Ah ?

-Si monsieur veut entrer... -Non, j'attendrai ici.

-Bien. Je vais prévenir monsieur. -Merci.

-Bonsoir, monsieur.

-J'allais justement entrer !

-Entrez donc. -Merci, monsieur.

Igor Poniev.

-Edouard Mortier.

-Monsieur ?

-Je suis l'extra. Engagé pour servir buffet.

-Il y a un escalier de service.

-Oui, je sais. Escalier de service pas trouvé.

-Je ne vous félicite pas. Vous avez une moustache ?

-Oui.

-Monsieur vient tout de suite, monsieur.

Suivez-moi. -Oui.

-Comment, mon cher, vous ĂŞtes dans l'antichambre ?

Mais entrez, voyons. Entrez.

-Je m'excuse de vous déranger. -Pas du tout.

Je vais vous montrer quelque chose. VoilĂ  votre piano.

-Vous avez acheté un piano !? -Non, je l'ai loué chez Pleyel.

On n'achète pas un piano de grand concert,

..c'est affreux. Vous l'essayez ? -Volontiers.

-Je pense qu'il est bien placé ?

Je l'ai roulé moi-même, avec mes gens.

Claude Beauchamp en déménageur !

Vous voyez la scène ? Ha, ha, ha...

Piano.

Instrument correct ?

Est-il parfait ? -Je le trouve excellent.

-Sinon, Pleyel vient le changer.

-Ce sera inutile. -Ah.

Piano.

Vous jouerez ce soir devant des gens merveilleux.

Florence de Martelie et les Barville..

..font la pluie et le beau temps Ă  Paris.

-En effet.

-Si je peux réparer une injustice. -Ah ?

-Vous avez un talent fou, mais personne ne vous connaît.

Il joue très fort. J'en parlais à votre femme,

..je lui disais... J'expliquais Ă  CarolaĂŻne..

..que si vous plaisez aux invités, votre nom sera, demain,

..sur toutes les lèvres. Compris ? -Oui.

-Qui lance les artistes, selon vous ?

Nous montrons le chemin, le public nous suit.

Ça vous étonne ? -Non, pas tellement.

-Vous verrez, vous serez célèbre, riche.

A propos, est-ce que CarolaĂŻne a une robe "convenable"..

..pour ce soir ?

-Oui, elle a une robe.

-Je voulais emmener CarolaĂŹne chez Jacques Christian.

Vous connaissez ? -Oui.

-Un ami. Je voulais offrir ça à CarolaÏne.

Tant pis, trop tard !

-Il n'y avait aucune raison. -Mais si, mais si.

Faites-nous deux dry.

Ça vous va ?

-Pas maintenant.

Je bois peu, surtout quand je dois jouer.

-Je comprends. Alors, un seul. -Bien, monsieur.

-Alors ?

-Je dois y aller, il faut que je m'habille.

-C'est ma foi vrai. Sauvez-vous.

On vous a donné votre gilet ? -Non, mais...

-Pourquoi ne le disiez-vous pas ? Nous sommes Ă  votre disposition.

Julien !

Ha, ha, ha.

Conduisez M. Mortier auprès de M. Alain.

Alain va vous donner ça. -Merci.

-S'il vous plaît, monsieur. -Merci.

Dites-moi, quel est votre prénom ?

-Igor, monsieur.

-Vous ĂŞtes russe ? -Oui, je suis russe.

-Parfait, parfait.

On frappe. -Oui ?

-M. Mortier.

-Qu'il entre, qu'il entre.

Bonjour. Tu tiens la forme, je t'entendais jouer d'ici.

Comme ça !

Tu permets que je continue Ă  m'habiller.

Qu'est-ce que tu joues, ce soir ?

-Différentes choses. -Tu as le trac ?

-Non, pourquoi ?

-Tu n'es pas impressionné ? -Je te dirai ça ce soir.

-Un conseil, joue-leur du Brahms, surtout du Brahms.

C'est ton triomphe.

-Peut-ĂŞtre.

-Chacun sa spécialité. Brailovski, c'est Chopin.

Toi, c'est Brahms. -Tu es bien bon.

-Joue ce que tu veux, après tout. -Je verrai.

-J'ai horreur de ce noeud.

Je n'ai jamais pu choisir entre le satin mat et le satin brillant.

Tu préfères quoi ? -Je sais pas.

Je m'excuse pour le gilet. -Tu plaisantes, mon vieux.

Choisis dans le tas.

-Tu es bien aimable. Celui-là ira très bien.

-Essaie-le, malheureux.

J'adopte le genre mat. Ça finit toujours comme ça.

Je dois dire que tu es parfait.

Mon père, vous ne trouvez pas qu'Edouard est sublime ?

-Je dois dire qu'il est pas mal. Sonnette.

Je m'excuse, on sonne.

-Reste comme ça, ta femme en profitera au moins.

-Pourquoi pas.

-Tu ne veux pas un paquet ? -Non, ça ira très bien.

Merci, Ă  tout Ă  l'heure.

-Chers amis !

-C'est affreux, nous sommes les premiers ?

-C'est tout ce que je souhaitais.

-Merci.

Qui est-ce ?

-Mais approchez !

Approchez, voyons.

Ah, ces artistes !

M. et Mme Barville dont je vous ai parlé.

Je vous présente le mari de Caroline, un grand pianiste.

Lauréat du Conservatoire.

M. et Mme Barville. -Madame, monsieur.

-Quelle joie ! Jouez tout de suite.

-Je dois m'en aller.

-Quel dommage.

-Il va revenir.

-A tout Ă  l'heure.

-A tout Ă  l'heure.

Bonsoir, mon oncle.

-Charming. -C'est vrai.

-Ne m'appelez pas "mon oncle" devant les gens, c'est ridicule.

Dites Claude comme tout le monde. -D'accord.

-Prenez l'ascenseur. -Non, ça va plus vite comme ça.

Caroline !

Il arrĂŞte la musique.

-Oooooh !

-T'es pas encore prĂŞte ?

Ouvre ! -J'ai pas fini.

-On est en retard ! On devrait déjà être là-bas.

-On y sera. Habille-toi, tout est sur le lit.

-Je sais, je sais.

-T'as trouvé le gilet ?

-Qu'est-ce que tu dis ? -Tu as eu le gilet ?

-Tu parles ! Il a fallu que je m'appuie toute ta famille.

-Pauvre Edouard, comme il a eu peur !

-Non, j'étais très à l'aise. Elle rigole.

Coup dans la porte. Rire.

Ils ont été parfaits.

Alain m'a même conseillé sur le choix de mon répertoire.

Il est charmant, ton amoureux.

Tu sais qui j'ai vu ? -Non, mais je vais le savoir.

Alors, qui as-tu vu ?

-Mme Berville. -Barville !

-Oui.

J'ai fait une grosse impression Ă  Mme Barville.

Elle m'attend avec impatience.

-Doudou ! -Quoi ?

-Assieds-toi, je vais sortir.

-Quoi ?

-Va t'asseoir, je vais sortir.

-Oh lĂ  lĂ  !

-T'y es ? -Attends.

VoilĂ  !

Sans blague, t'es devenue folle ?

Défais-moi ça tout de suite.

-Défaire quoi ? C'est coupé.

-Coupé ?

OĂą sont les morceaux ?

-Pour quoi faire ? -Je veux voir les morceaux !

Mais regarde-toi ! Regarde-toi !

-Justement, c'est formidable.

Ça surprend, mais c'est formidable.

Voyons, doudou.

Tu as failli l'abîmer.

Mon petit doudou, calme-toi voyons.

Domine-toi.

Écoute..

Je vais t'expliquer gentiment.

Tu n'es pas au courant de la mode, mais maintenant,

..toutes les femmes élégantes portent des robes du soir courtes.

-Pauvre malheureuse.

-Oui ! Tout le monde porte des robes du soir courtes..

..sauf les ploucs comme toi !

-J'en ai jamais vu.

-Attends !

Tiens, regarde.

-T'avais une robe ravissante.

Maintenant, tu es ridicule ! C'est réussi !

Elle est plus longue derrière !

-C'est fait exprès !

C'est le mouvement plongeant ! -Grotesque !

-Tu me dégoûtes ! -Touche pas à mon métronome !

-Tu me dégoûtes !

Tu me dégoûtes !

-T'es pas folle !?

-Je te hais !

Métronome.

-Quoi ?

-Je te hais, je te hais. Tu es immonde.

-Pardon, je voulais pas.

-Je suis très contente.

C'est exactement ce que je voulais. Tu es comme je le souhaitais.

-Allons, voyons !

-Aaahh !

Sanglots.

-Écoute, Caroline...

Je regrette, mais c'était pas le moment de faire des bêtises.

-Va-t'en.

Ta gifle m'a ouvert les yeux.

Tu es vulgaire, vulgaire !

Va-t'en ! Va-t'en ! Je veux plus te revoir ! Jamais !

-Bon...

-Alain, vous ĂŞtes impardonnable, Ă  La Baule !

-Vous avez toujours la villa ? -Vous ĂŞtes fou ?

Quelle horreur !

-Vous n'allez pas aux Puces ? -Non. Pourquoi, c'est bien ?

-Pardon, Mme Barville me réclame.

-Il y a des choses merveilleuses. -Alors, ce pianiste ?

-Nous l'attendons.

-Il paraît qu'il joue si bien. -Il joue pas mal.

-Nous aurons droit à un récital ?

-Au fait, ton pianiste ? -Il arrive.

Sonnette.

Vous permettez ?

Florence !

Quelle joie !

My dear friend. -Bonsoir.

-Nous sommes en retard. -Non.

-Il est encore plus tard que je ne croyais.

-Florence, c'est votre rĂ´le.

Vous ĂŞtes une reine, une reine se fait attendre.

Don't you think?

-Parlez français, je comprends rien quand vous parle anglais.

-Vraiment ? -Pas un mot.

-C'est étrange que Spencer ne comprenne pas votre anglais.

Je trouve que vous parlez bien. -Je l'ai appris à l'université.

Oxford, you know? -Tout s'explique.

Oxford n'a rien Ă  voir avec Chicago.

-En Angleterre, on m'entend bien. -Alors, Claude !

-J'arrive, j'arrive.

-Soyez poli, s'il vous plaît. -Ah, pff !

-Moi qui déteste le bridge !

-Je vais vous sauver.

-Chère amie, chère Florence. Qu'elle est belle, comme toujours.

-Ah ça ! -N'est-ce pas ?

Je vous amène un nouveau 4e, mon mari.

Spencer Borch,

..M. Hubert Demoule,

..M. Killy-Foucart, le baron Erpin.

Bridge ?

-Bravo !

Monsieur va montrer comment on joue au bridge.

-Bye bye. Be a good boy.

Bonsoir, Hélène.

-Bonsoir. -Jean.

-VoilĂ  Florence.

-Bonsoir, Olivia.

-Vous n'allez pas la saluer ? -Plus tard. Je suis bien ici.

-Elle est ravissante, très jolie robe.

Vous avez vu ? -Oui.

-Elle vous regarde avec des yeux...

-Je vais aller la saluer, il faut ĂŞtre poli.

-Bonsoir, mon petit Alain. -Très jolie robe.

-Vous aimez ?

-Beaucoup. Vous me plaisez beaucoup.

-Lucy Barville nous observe.

-Vous croyez ?

Si nous allions par lĂ  nous asseoir un peu.

-Alors ?

-Le musicien ne viendra pas ?

-J'espère que si. -Lucy tient à son concert.

-Nous y tenons tous. -Alain devrait appeler.

-Vous avez raison. -Il est parti par lĂ ,

..avec Florence.

-J'y vais, j'y vais.

Ah !

Ah, ah, ah, ah !

-Votre fils est charmant.

Il a de qui tenir. -Merci, Florence.

Il faut que tu téléphones. Caroline et son mari ne sont pas arrivés.

Je ne comprends pas.

-C'est affreux. Et notre concert ? -Justement. Non, téléphone.

Et ne te gĂŞne pas, surtout.

Je rejoins Mme Barville.

-Pardon, Florence.

Le téléphone sonne.

Tout va bien, ils sont partis. Tiens ?

-Merde, merde, merde.

*Merde !

Je demande le divorce !

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Vous ne pourriez pas comprendre.

-Ah !

-On me réclame. Nous avions tant de choses à nous dire.

-Vous aviez des choses Ă  dire ?

-Et vous ?

-Moi ? Je ne vois pas.

-Au fond, moi non plus.

Nous nous sommes trompés, sans doute.

-C'est vous qui vous êtes trompé. -Ça doit être moi, oui.

Edouard, qu'est-ce que tu faisais lĂ  ?

-J'allais sonner. -T'es en retard.

-Oui.

-Tout le monde t'attend. OĂą est Caroline ?

-Elle est malade. -Pauvre Edouard.

Débarrasse-toi. -Tu sors ?

-Oui, comme tu vois.

-Merci, mademoiselle.

-Téléphonez, je m'en vais.

-Merci, c'était sans importance.

-Vous ĂŞtes Edouard ? -Oui, madame.

-Tout de mĂŞme.

Entrez, mon cher ! Je vous assure.

OĂą est CarolaĂŻne ?

Elle a eu le temps de se coiffer depuis le temps !

-Je vais vous aider à faire votre entrée.

Brouhaha.

-Le voilĂ  !

Nous vous attendions avec une impatience !

-Vous pouvez le dire.

Rires.

-OĂą est Caroline ?

-Elle est malade.

-Impossible. -C'est triste.

-Beauchamp ! -Qu'est-ce qu'elle a ?

Comment dis-tu "sans atout" en anglais ?

-Without...

Without...

-Ça, je sais. C'est "atout" que nous ne savons pas.

-Je ne reviens pas sur le mot.

-Pas la peine d'avoir fait Oxford. -Je vais chercher Mme Borch.

I ask your wife. -Ça vaut mieux.

-On a besoin de vos lumières. -Où ça ?

-A la table de bridge. -Je m'excuse.

-Edouard...

-Vous allez jouer ? Quelle chance !

Il faut d'abord vous restaurer. -Je n'ai pas faim.

-Nous allons goûter tous les deux. Non, tous les trois. Venez, Hervé.

Regardez, des toasts au caviar.

-Non, merci.

-Un petit pâté ?

-Non, merci. -Non ?

Une tranche de saumon fumé, c'est si bon.

-Non, je ne peux rien avaler.

-C'est parce que sa femme est malade. Il est sensible.

-De la salade de fruits ? -Non, merci.

-Alors ? -Il ne veut rien manger.

-Les artistes vivent d'amour et d'eau claire.

-Buvez ça, c'est bon. Croyez-moi.

-Oh ! Et nous alors ?

-Laissons-le, il ne veut rien.

-Je vais prendre un sandwich.

-Bravo !

-Et un peu de salade de fruits.

-C'est un succès. -N'est-ce pas ?

-Encore un diable noir ?

-Oui, c'est ça, un diable noir.

Sonnette.

Couvercle rabattu.

Petits coups de sonnette.

-Tu me laisses dehors ?

Bonsoir quand mĂŞme.

-Bonsoir.

T'es pas à la soirée ? -Toi non plus.

Quel heureux hasard !

Je suis lĂ , princesse, pour vous y mener. Tu permets ?

Comment trouves-tu mon smoking ? Je suis beau, non ?

-Je m'excuse, tout est en désordre.

-En effet, c'est en désordre. Comment me trouves-tu ?

-Beau, comme d'habitude.

-Avant, tu me trouvais superbe.

-Dis-moi, que fais-tu ici ?

-Je viens te chercher.

-Merci, mais je ne suis pas prĂŞte.

Ne gâche pas ta soirée pour moi.

Quand je serai prĂŞte, je prendrai un taxi.

-Je reste.

-Alain...

-Oui ? -Je n'irai pas à cette soirée.

-Pourquoi ?

-Je vais te montrer quelque chose.

Attends.

-J'attends, j'attends.

Radio.

Jazz lent.

Sifflement.

-Qu'en penses-tu ?

-Extraordinaire. J'adore ce mouvement.

-Ça ne te gêne pas que ce soit plus long derrière ?

-Au contraire, c'est ça qui fait le chic.

Mouvement plongeant.

Viens ici, je vais te l'attacher.

Alors,

..on s'est disputé avec son mari ?

-Comment le sais-tu ? -Je sais des choses.

-Tu sais quoi ?

-Je sais tout.

Tu t'es disputée avec Edouard, tu lui as dit que tu voulais..

..divorcer et tu lui as dit merde. Trois fois.

C'était moi au téléphone.

C'était pas ton mari, c'était moi.

Tu t'apprêtes à aller chez ta mère et tu as laissé un mot à Edouard..

..avec une faute d'orthographe. Qu'est-ce que tu en dis ?

-Tu sais tout, alors va-t'en. -On va passer la soirée ensemble.

-Je vais te mettre Ă  la porte.

-Rien ne t'empĂŞche maintenant. -Alain !

Partons si tu veux bien.

-Et où ça ?

-A la soirée.

-Tu as peur de rester avec moi ?

-Tu viens ?

-Vous devez faire des gammes du matin au soir.

-Il faut que je vous demande, c'est très important.

-Madame, votre femme dit non.

-Ma femme ?

-Je ne suis pas sa femme.

-Madame empĂŞche monsieur boire. J'ai cru madame femme de monsieur.

-Ha ha ha.

-Florence, c'est important.

Je peux vous appeler Florence ? -Oui.

-Parfait.

Moi, je m'appelle Edouard.

-Vous permettez ?

Quand vous voudrez, Edouard.

Vous devriez jouer avant d'être complètement saoul.

N'est-ce pas ?

Je vais prévenir tout le monde.

-Excusez cette interruption. VoilĂ , aimez-vous votre mari ?

-Moins fort. -Pardon.

Aimez-vous vraiment votre mari ? -Je ne peux pas répondre, comme ça.

-Vous ne l'aimez pas ?

-Si, naturellement.

-Vous aimez M. Borch. -Enfin...

-Vous l'aimez, votre ménage est parfait.

Un jour, pour une bĂŞtise, il vous gifle. Que faites-vous ?

-Je divorce.

-Mais non ! -Mais si.

-Comment ?

-Évidemment

Maintenant, il faut..

..aller jouer.

-Florence...

-Tout le monde vous attend.

-Vous divorceriez vraiment ? -Chut. Allez vous mettre au piano.

-Je pensais que peut-ĂŞtre je pourrais lui tourner les pages.

-Vous lisez la musique ? -Non.

-De toute façon, il joue sans partition.

-Vous serez bien ? -Oui.

-Installez-vous, Olivia.

-Moi, je veux être près, pour voir ses mains.

-Ça va ? -Bien.

-Quand vous voudrez ? -Nous arrĂŞtons.

On va tout mettre. Ça suffira.

Il va nous jouer quoi ? -Il a tout un répertoire.

Quand il aura joué 2-3 morceaux, il te jouera ce que tu veux.

-Je demande Ă  voir.

-Va t'asseoir.

-Hum.

-Prélude de Chopin.

C'est un prélude de Chopin.

-C'est une étude.

-Ah.

Le carillon sonne.

-Très agréable.

-Très joli.

-Excellent.

-Bien, bien. -Tu n'as rien entendu.

Attends, attends.

-Excusez-moi, mais je dois partir.

Excusez-moi.

-Vous ĂŞtes malade ?

-Non.

-Vous l'avez applaudi, alors, il est affolé.

C'est tout.

Rires.

-Il faut que je rentre chez moi. -Ha, ha, ha, ha !

Il est fou.

-Je peux vous voir seul ? -Pas question.

Jouez. -Je dois voir ma femme.

-Ne faites pas l'enfant.

Caroline est malade, vous ĂŞtes inquiet, c'est normal.

-Non, monsieur. -Vous avez de bons sentiments,

..c'est parfait. Si Caroline reste seule 1 heure ou deux,

..elle s'en portera pas plus mal. Les malades aiment ĂŞtre seuls.

Au piano.

-Je regrette, mais moi, je ne peux pas entendre ça.

Claude, si vous étiez une femme,

..je vous dirais ma façon de penser.

Je comprends, Edouard. Je comprends tout Ă  fait.

-Vous ĂŞtes gentille, mais tout va bien.

Edouard partira après avoir joué.

-Vous ne comprenez rien ! Écoutez-moi.

Ça charmant garçon, talentueux, voudrait se retirer.

Sa femme qu'il adore est malade. Malgré ça, il est venu jouer.

Maintenant, il est inquiet.

Un pressentiment peut-être ? Il veut vite retourner près d'elle.

Y a-t-il ici..

..un ĂŞtre assez inhumain qui veuille empĂŞcher..

..ce garçon de voir sa femme ?

Non, n'est-ce pas ?

Vous pouvez partir, Edouard. Embrassez Caroline de ma part.

Je passerai prendre des nouvelles dans 2 ou 3 jours.

Dites au revoir Ă  tout le monde.

Allons, vite.

Allons, allons.

-Bonsoir.

-Dites au revoir Ă  madame.

Et Ă  Mme Delmar.

A M. Valéry.

A Mme Roch.

Il se cogne dans la table.

VoilĂ . Euh...

-Évidemment, on ne peut pas l'empêcher de partir.

Que voulez-vous ? On arrangera quelque chose une autre fois.

-Mais oui. -Bien sûr.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Bonsoir.

-Bonsoir.

-Votre femme a un bon docteur ? -Je crois.

-Good.

-Nous avons dit au revoir Ă  tout le monde.

Il reste mon mari.

Hervé.

Il est charmant.

-J'espère avoir l'occasion..

..de vous entendre une autre fois. -Edouard...

-Je suis bien content.

-Claude, je préfère partir.

-Voyons, chère amie !

-Je suis bien content.

Tu vas mieux ?

Vraiment mieux ?

-J'ai été la chercher. Ça ne t'ennuie pas, j'espère.

-Bonsoir, Caroline.

-Bonsoir, M. Barville.

Bonsoir, mon oncle. -Je reviens.

-Merci, Julien.

Vous êtes très gentil.

-Au revoir.

-Voyons, Lucy !

-J'ai été ridicule. -Non.

-Tu aurais dĂ» m'empĂŞcher. -Lucy !

-Laissez, elle est inconsolable.

-Bravo !

-Que s'est-il passé ? -Vous venez de me brouiller..

..avec une amie de 20 ans. Vous avez été brillant !

Vous vous rendez compte ? -Je regrette.

-J'espère.

Quand on ment, on le fait convenablement.

Ça n'est pas difficile. Suivez-moi.

-Mon oncle, je voudrais parler Ă  Edouard.

-Excusez-nous, mon oncle. -Ne vous gĂŞnez pas.

-Après, je me remets au piano. -Rien ne presse.

Il soupire.

-Caroline... -Non.

C'est moi qui vais parler.

-Écoute.. -Non, tais-toi.

Tu crois que ce qui s'est passé n'a aucune importance.

-Continue. -Hein ?

Eh bien pour moi, ça en a tellement que...

En un mot,

..je veux divorcer.

-Le fils de la maison, monsieur...

-M. Alain ? -Oui, Alain.

Ce monsieur envoie le champagne Ă  madame et Ă  monsieur,

..avec tous ses voeux de bonheur.

-Charmante attention, tu ne trouves pas ?

Merci, mon vieux. -C'est du plaisir.

-Tu bois pas ?

-J'ai pas soif.

-Pauvre Caroline, il faut pas te frapper, tu sais.

-Alors ?

-J'ai compris. Je suis lent, mais quand mĂŞme.

-Tu as bien compris ? -Oui.

-Tu as compris quoi au juste ? -Ce que tu m'as dit.

Tu veux divorcer, c'est ça ? -Oui.

-Je suis d'accord.

-Ah ! C'est merveilleux.

Tu es d'accord ? -Puisque je te le dis.

-J'en reviens pas. J'avais peur que tu fasses des difficultés.

-Pourquoi ? C'est normal.

Je t'ai giflée. J'accepte le divorce.

VoilĂ .

Je vais y aller. Mon public a assez attendu.

Tu viens ?

-C'est drĂ´le.

Ma famille m'a toujours dit qu'on finirait par divorcer.

-Tiens !

Ma famille, pourtant moins chic que la tienne,

..m'a toujours dit la mĂŞme chose, figure-toi.

Brouhaha.

-VoilĂ  Caroline ! -Formidable.

-Caroline !

Enfin !

Chérie, ta robe est sensationnelle. -Tu trouves ?

-Merveilleux !

-J'adore cette robe du soir courte.

-Chère Caroline ! -Bonsoir.

-Chère amie, vous êtes adorable. -Merci.

-Pauvre Edouard.

-Il est délicieux, pas vrai ? Tout à fait mignon.

-I don't like you, mister.

-Qu'a-t-il dit ? -Aucune importance.

-Mais encore ? -Il pense que vous ĂŞtes l'amant..

..de Caroline. -Ah ?

-Ça vous fait rire ? -Votre mari est parfait.

-Je trouve, vous avez beaucoup talent.

-J'ai pas joué grand-chose.

-Je vois très vite. -Tant mieux pour moi.

-Ton mari..

..joue divinement. -Je vais dire bonsoir Ă  Florence,

..pardon.

-Bonsoir.

On a dĂ» vous dire que vous aviez une robe sensationnelle.

Moi, je ne dirai rien. -Tu me plais, Caroline.

-Votre femme est très jolie.

-Oui.

La vĂ´tre aussi !

-Ha, ha, ha, ha !

Nous allons arroser cette chose au bar.

J'ai soif. -Oui, moi aussi.

-Votre mari m'a conquise. Je ne l'ai pas quitté de la soirée.

Rassurez-vous, Edouard est incorruptible.

Il n'y a rien Ă  faire. -Un saint.

Florence a dĂ» lui faire tous ses tours, y compris l'oeil de biche.

Un de ses plus gros succès.

Faites-le à mon père !

-Alain, ne soyez pas idiot.

Rires.

-On s'amuse bien ?

-Papa, vous allez vous prêter à une petite expérience.

-Volontiers. -C'est une invention diabolique.

-Je vous défends de le prévenir. -Qu'est-ce que je dois faire ?

-Regardez Florence les yeux dans les yeux.

Levez-vous, Florence. -Non.

Je m'agenouille, c'est le jeu. -Bravo, voilĂ .

-Je fais quoi ?

-Rien. Regardez Florence et attendez.

Allez-y. -C'est idiot.

-Que faites-vous ? -On peut jouer ?

-Personne ne bouge.

Allez, Florence. -Chut, taisez-vous.

-C'est très agréable, tout ça. Rires.

-Chut !

-On ne m'a pas donné mon rôle et je n'ose pas improviser.

Rires.

-Non,

..pas ça !

Rires.

Alors, papa ?

Donnez-nous vos impressions.

C'est fini. -Déjà ?

-Oui. Vous n'avez rien éprouvé ? -Pas grand-chose.

-OH ! -Désastreux, Florence.

-J'ai fait tout ce que j'ai pu.

-Notre amie a des yeux ravissants. -AH !

-Bravo !

-Ça me plaît, je recommence. -Pas toujours les mêmes.

A moi ! La mĂŞme chose. -Non, non. J'en ai assez !

Rires.

-Here's to you.

Now tell me all about it.

-Pardon ?

-Racontez.

-J'ai rien Ă  raconter.

-Oh oui, je sais exactement.

Vous, votre jolie femme et cet imbécile.

-Alain ? -Yeah.

-Ça va pas !?

-Don't get excited.

Moi aussi, je suis cocu.

-Vous, peut-ĂŞtre, pas moi ! Enfin...

-Moi, je suis !

-Vraiment ? Florence... ? -C'est égal.

J'ai une petite amie française.

Une simple midinette.

Brouhaha. Rires.

-Florence !

-Maintenant, c'est fini.

Vous comprenez ce qu'il dit ? -Assez bien.

-Parfait. -Un rouge.

-Deux ! Bonne idée. -Edouard,

..je vais expliquer.

-C'est clair.

-J'explique.

La midinette, toute la journée, travaille.

-Oui.

-Good!

Pas cocu.

La femme riche, toute la journée...

Fait rien.

Cocu.

-Mon mari vous expose sa théorie favorite,

..la midinette et la femme du monde.

-C'est intéressant. -Il faudra m'expliquer, Spencer.

-Yeah. -Quelle théorie ?

-Je ne sais pas, je n'ai jamais fait attention.

Vous n'avez pas vu mon oeil de biche !

-Non ? -Si, un petit.

Je ne recommencerai pas. Edouard,

..vous avez une femme délicieuse. Je l'adore !

-Florence aime qu'on s'occupe d'elle.

Elle est alors..

..très heureuse.

-Vous me plaisez bien, M. Borch.

-Moi aussi.

Edouard,

..jouez, s'il vous plaît.

-Je ne sais pas si ça va amuser les gens.

-Pourquoi ? Vous ĂŞtes un grand pianiste.

Jouez. Il faut !

-Ah ?

J'ai des projets sur vous.

-Comment ?

-Hum hum.

Allez jouer.

-Dommage que vous ne soyez pas venue l'été dernier.

-Je l'ai regretté. -Nous avons eu...

-Edouard va jouer.

-Ah ?

Edouard va jouer.

-Chut !

Chut.

Edouard va jouer. -Oh good!

-Chut !

S'il vous plaît, chut.

Edouard va jouer.

Chut !

-Allons lĂ -bas.

-Venez vous asseoir.

-Je m'assieds près de toi. Tu permets ?

Il se trompe en jouant.

La porte claque.

-Mon cher Claude,

..Ă  mon tour maintenant !

-Il joue ? -Oui, il joue.

-C'est merveilleux ! -BRAVO !

-Quelle bonne idée !

Il joue "La Raspa".

-LA LA LA LA LA LA LA LA.

LA LA LA LA LA.

-Je n'irai pas jusqu'au bout. -OH !

-Je le sens. Rires.

C'est très intimidant.

Je quitte cette maison. -OH !

-LA RASPA ! LA RASPA ! LA RASPA ! LA RASPA ! LA RASPA !

Piano. -LA LA LA LA LA LA LA.

LA LA LA LA LA LA LA.

LA LA LA LA LA LA LA LA.

LA LA LA LA LA LA LA.

LA LA LA LA LA LA LA.

-Je vous enlève. -Tu permets ?

-Je t'en prie. -Merci, Caroline.

-Tu t'es bien trompée, Edouard est un raté.

Il ne fera jamais rien.

-Allez, Claude, "La Raspa" !

-Non. -Allez !

Allez !

-Vous permettez ?

J'espère que vous m'accorderez la prochaine valse.

Malheureusement, je connais mal "La Raspa".

-Whisky.

-Ça n'a pas l'air si difficile que ça.

Nous pourrions essayer ?

Téléphone.

-AllĂ´ ?

-AllĂ´, Edouard ?

Je te passe M. Borch. -Thank you.

-Quel est ce mystère ? -Bibiche, je téléphone.

Laissez-moi, s'il vous plaît.

-Oh ! -Florence.

-Edouard, comment ça va ?

-Ça va, M. Borch. Ça va.

Je m'excuse pour tout Ă  l'heure.

-J'ai confiance en vous.

-Vous ĂŞtes gentil, M. Borch.

-Je vais organiser un concert.

-Non !?

-Un grand concert.

Salle Pleyel peut-ĂŞtre.

Je vais y réfléchir.

Porte.

-Finie, la soirée ?

-Non, mais j'en avais assez.

Je vais me changer.

Edouard !

Oh !

-Je m'excuse.

-J'arrive.

VoilĂ  ce que je voulais te demander.

-Hum ?

-Je voulais aller chez maman.

Maintenant, il est trop tard.

Si j'y vais,

..elle va s'affoler, surtout vu ce qui se passe.

Alors voilà, si ça ne t'ennuie pas trop, je vais rester ici.

Et toi, tu pars.

-Où ça ?

-Chez tes parents.

-Ils dorment aussi, mes parents.

-Évidemment

Bon alors, j'y vais.

-Reste, je vais passer la nuit Ă  l'hĂ´tel.

-Ça ne t'ennuie pas ? -Non.

-Je vais te faire une autre proposition.

Ne t'occupe pas de moi, mets-toi au lit.

Maman se lève toujours très tôt, j'irai chez elle vers 7h30.

Je vais lire en attendant.

Tu ne te couches pas ?

-Non, j'ai pas sommeil.

J'ai pas sommeil.

Air romantique.

-Te crois pas obligé de rester habillé à cause de moi. Mets-toi..

..à ton aise. -Ça ira.

-Moi, c'est ce que je vais faire.

-Ne crois pas que j'ai mis ce déshabillé pour te séduire.

-Il te va très bien.

Dommage que tu ne l'aies pas mis plus souvent.

Je n'en ai profité que 2-3 fois.

-J'ignorais que tu aimais..

..le genre vaporeux.

Il ferme le verrou.

Qu'est-ce..

..qui te prend ?

-Je voulais te faire peur.

-Très drôle.

Pourquoi as-tu fermé le verrou ?

-Pour les voleurs. Nous le fermons tous les soirs.

-Ah...

-Tu croyais que je voulais te violer ?

-J'ai jamais cru ça.

-J'ai envie de toi.

-Tu dis ?

-J'ai très envie de toi.

-Il n'en est pas question.

-Restons sur une bonne impression. Quittons-nous bons amis.

-Edouard !

Ah non !

Reste oĂą tu es !

Attention, je vais crier !

Je compte jusqu'Ă  trois ! Un, deux... trois.

-Tu ne cries pas ?

-Tu ne bouges plus.

Edouard !

Lâche-moi !

Je te prie de me lâcher !

Je vais hurler.

Téléphone. Aaaahhh !

Aaaaahh ! -AllĂ´ ?

-Edouard, vous dormez pas ?

-Une seconde.

-Je t'ordonne de me lâcher, brute.

-Hello ?

-Aahh !

-Ne quittez pas, cher monsieur. -Qui est-ce ?

-J'écoute.

-Je voulais vous dire, venez demain Ă  midi Ă  mon office.

Rue de Berry, numéro 4.

Je réglerai toutes questions.

Good night.

-Qu'est-ce qu'il voulait ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Je te raconterai ça plus tard.

Piano.

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