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A CAUSE DES CHATS
Van der Valk.
Oui, j'arrive.
Rue Schubert ? D'accord.
C'est grave ?
Boersma n'a personne d'autre ?
Il y a pourtant assez de jeunes types, non ?
Encore une nuit de sommeil fichue.
Ne rentre pas trop tard. - Non, chérie.
Les mêmes qu'à la rue Rubens ? - Boersma pense que oui.
Les salopards.
Voici Madame Maris.
Je peux vous poser quelques questions ?
Après tout ce qu'elle a enduré ?
Mais bien sûr.
Je me sens mieux, Bob.
Tout à coup, ils étaient là.
Très efficaces.
Nous n'avons pas d'ennemis.
Enfin, pas que je sache.
Pourquoi nous ?
Nous avions passé une bonne soirée.
Notre soirée de bridge hebdomadaire.
Ils devaient le savoir.
Les tableaux.
Ici aussi.
Qui êtes-vous ?
Que voulez-vous ?
J'exige de savoir qui vous êtes.
Donne-leur l'argent, Bob. - Quel argent ?
J'exige...
Je vais vous donner l'argent.
Pas mal.
Non, je vous en prie.
Vous le paierez.
C'est votre dernière chance.
Je vous donne l'argent et vous disparaissez.
J'attendrai une demi-heure avant d'appeler la police.
Écarte les jambes.
Écarte les jambes.
Allez, plus.
Laissez-la tranquille.
Je n'ai rien pu faire. Ils m'auraient tué.
Ils étaient armés ? Revolvers ? Couteaux ?
Oui, bien sûr.
Bob, fais quelque chose.
Oui, fais quelque chose, Bob.
Hé, Bob, ta femme te demande de faire quelque chose.
A toi.
Tu aimes bien regarder, hein, Bob ?
C'est son genre, à Bobbie.
Je vous donne tout l'argent.
Tu ne penses qu'à ça.
Et défendre le pot à miel de ta femme, tu n'y penses pas ?
Et toi ? - Non.
Comme tu veux.
Les chats ne vont pas aimer.
Ta gueule.
D'autres détails ?
Leur voix. Ils semblaient être de bonne famille.
Des étudiants ? - De bonne famille, qu'elle dit.
C'est possible.
Ces salopards me tapent sur les nerfs.
Ils suivent un scénario habituel. Il ne s'agit pas d'argent.
Au contraire, même.
Ça ne peut pas être politique.
Quatre cambriolages. Quatre casses. Puis un viol collectif.
J'ai l'impression qu'ils ne sont pas d'Amsterdam.
Ce n'est pas notre type d'ordure.
Commençons par les faubourgs.
T'en as pour un mois, au moins.
Boersma, tu peux te passer de moi pendant un mois ?
Il faudra bien. Ils me tapent sur les nerfs.
Oui, de bonne famille. Ils étaient six.
Et ils sont descendus... ? - A Bloemendaal.
Vous en êtes sûr ? - J'ai déjà travaillé avec la police.
L'affaire F., ça vous dit ? La veuve...
C'était moi. - Des billets aller et retour ?
Oui, depuis Bloemendaal. - Vous pouvez les décrire ?
Pour ça, je ne suis pas doué. Il nous faudrait des petites caméras.
Et l'affaire serait dans le sac.
Mais comment savoir s'il s'agit de criminels ?
Ils ont fait quoi, ces six ?
Un viol.
A six ? - A cinq.
Une pression.
Zut, le voilà déjà.
Au revoir.
A bientôt. - Peut-être.
Pas mal.
C'est une bonne copine à moi. Une habituée.
Revenez demain soir, et vous la reverrez.
Tu vois ce que je vois ?
Où ?
Près du bidon.
Ah oui.
Arrête.
Viens ici, couillon.
Qu'est-ce que tu fais ? - Tu te branles ?
Je faisais la sieste. Je vous ai entendu tirer.
Je peux essayer ? Je me suis entraîné.
Avec des amorces ?
Non, mon oncle Max a un Magnum 44.
S'il était tombé, je t'aurais fais sauter les dents. Une par une.
Regardez.
Fais-moi sauter les dents. Une par une.
Tu me feras savoir quand je serai prêt à être admis.
Ne marchez pas au pas.
Vous voulez lui casser les côtes, ou quoi ?
Veillez à son confort.
Pas au pas. C'est bien comme ça.
Très bien.
Parce que nous sommes vides si nous ne nous rapprochons pas...
pour explorer ensemble ce monde plein de possibilités.
La communication n'est pas un mot creux.
On est ce qu'on mange.
Quand on mange de la nourriture polluée...
notre esprit, et donc, nos actions, sont aussi pollués.
Notre jugement s'appauvrit.
Non, merci.
Vous n'aimez pas ? - Si, mais je n'ai pas tellement faim.
Nous mangerons pour vivre.
Vivre, c'est être en harmonie avec les lois de la nature.
Vous me reconnaissez ?
Bien sûr. Je n'ai pas fermé l'œil depuis.
Ouais, c'est ça.
C'est combien ?
Pour la nuit ?
250 florins.
Je ne les ai pas sur moi.
Attends, du riz.
Comme ça ?
C'est assez salé ?
J'en mets peu, parce qu'on peut toujours en rajouter.
C'est délicieux.
Tu es banquier ?
Tu pourrais être voyageur de commerce.
Je suis inspecteur.
A la brigade des mœurs ?
Mon département.
Que penses-tu de cinq ou six gars, d'aux alentours de 20 ans...
qui entrent par effraction, pour s'amuser...
et qui cassent tout.
Si les habitants arrivent à l'improviste...
alors ils violent collectivement...
pour s'amuser...
une femme qui a l'âge de leur mère.
Ça arrive.
Ils sont de Bloemendaal ? - Je crois.
Oui, les gosses ici ont des sous. - Qui c'est ?
C'est ton boulot de le découvrir.
Tu as raison.
Tu es mon premier policier.
Inspecteur Van der Valk ?
Le préfet Marcousis veut vous parler tout de suite.
Vous deviez vous présenter dès votre arrivée.
Et vous ne l'avez pas fait.
Ce n'est pas officiel. Je ne voulais pas vous y mêler.
Je suis sûr que vous avez à faire. - C'est à moi de juger.
Vous aviez sans doute vos raisons pour visiter cette prostituée.
Sympa. C'est italien ?
Oui. Martinelli.
Alors la police d'Amsterdam a décidé...
qu'une bande de cambrioleurs prospère à Bloemendaal ?
Si c'était vrai, je le saurais.
Une pastille ? - Non. Je fume.
Sale habitude.
Je vais bien sûr vous aider. Pour mon ami Boersma.
Mais je vous demande d'agir avec tact.
Vous ne connaissez pas les gens d'ici. - Leur type, si.
Ils cambriolent, ils font de la casse, ils violent.
Je veux trouver ces gosses.
S'ils sont de Bloemendaal, je coopérerai avec vous.
Mais vu qu'ils ne sont peut-être pas d'ici...
je vous demande d'être discret.
D'accord. Mais ne me faites plus cueillir dans la rue.
C'est non seulement indiscret, mais irritant.
Vous voulez une cabine ? Ou un parasol ?
Je ne fais que regarder.
Où est M. Jansen ?
Vu le temps, il doit être à l'intérieur. - Dans la discothèque ?
Ben, y'a un juke-box. Mais c'est plutôt un salon de glace.
Un salon de glace, pour les jeunes.
J'aimerais bien le voir.
J'aime la glace.
Sept sur dix. Un tireur d'élite.
Moi, j'ai fait huit. - Tu ne seras jamais un Corbeau.
Un quoi ? - Un Corbeau.
Quel score il faut pour ça ? - Dix sur dix.
Dis donc.
Un Corbeau touche une cannette en plein vol.
Viens, le Car Crash est libre.
Un coca, s'il vous plaît.
Un coca.
Prenez un verre. - Bonjour.
C'est sa façon d'accueillir les nouveaux.
Alors ?
Vous vendez de l'alcool ? - Pas aux gosses.
Mais lui, ce n'est pas un mineur.
Chats. Attention aux chats.
Attention aux chats.
Chats. - Un gin ?
Oui. Très bien.
Salut. - Hjalmar, tu as vu Kees ?
Il doit être en train de nager. - Avec le temps qu'il fait ?
Qu'est-ce qu'il a dit sur les chats ? - Il en parle toujours. Il les chasse.
J'ai peur qu'ils lui arrachent les yeux, une fois.
C'est combien ? - Aux frais de la maison.
Essayez mon restaurant, une fois. "L'ange Gabriel".
Absolument, maintenant que je sais où c'est.
Hé, dis.
Tu parlais bien des Corbeaux ?
Tu les connais ? - Bien sûr.
Michel Carnavalet, 18 ans...
fils de l'architecte qui a conçu les nouveaux quartiers de Bloemendaal.
Beaucoup d'argent de poche.
Erik Mierle, 20 ans, fils d'un fabriquant de plastique multimillionnaire.
Mère décédée il y a deux ans.
La maison de Wagenveld. Ingénieur, dirige une entreprise de construction.
Riche aussi.
Fils Bert, 18 ans.
Wim Brinkman, 19 ans, fils du manager des exports de l'usine de plastique.
Le pauvre de la bande.
Mais plus riche que le fils d'un inspecteur de police.
Frank Kieft, 20 ans...
fils du directeur d'une maison d'édition.
Pas riche, mais aisé. Beaucoup d'influence.
Kees van Sonneveld, 19 ans...
fils du directeur d'une agence de publicité.
La nouvelle recrue.
Merci qui ?
Merci, Feodora.
Ces garçons, ils ont quelque chose de bizarre.
Je ne sais pas exactement quoi...
mais il y a un truc qui cloche.
Où ils amènent leurs copines ? Pour faire l'amour ?
Ils font encore ça, non, les jeunes ?
Dans le dunes.
Non, ils n'amènent jamais leurs copines dans les dunes.
Ou ailleurs.
Y'a personne.
Amis, Romains et compatriotes.
Ecoutez-moi.
Je viens enterrer César, et non pas le louer.
On avait dit : Pas d'alcool.
Une coutume russe.
Une coutume néerlandaise.
On dirait mon cousin Michael.
Attrape.
Tu t'es bien amusé ?
Vous êtes encore debout ?
Il est presque 4 h. - J'ai fait tous les mots croisés.
Et père ?
Il est rentré soûl. Comme d'habitude.
Ferme les yeux.
Pourquoi ?
Bon, d'accord.
Oh, c'est fantastique.
Père avait dit : A mon anniversaire.
Il était de bonne humeur. Il a eu une prime, ou quelque chose comme ça.
Je le réveille ? - Surtout pas.
Il t'a un peu attendu. Mais le whisky l'a achevé.
A combien estimez-vous les dégâts ?
L'année dernière, un Reynolds s'est vendu à 110.000.
Florins ?
Livres. - Pauvre société d'assurances.
Cela va vous surprendre, mais la perte de mon Reynolds...
ne me touche pas...
comparé à l'acte insensé de Robbie.
Et pourquoi ?
Pourquoi me déteste-t-il ?
Je lui ai donné amour et affection.
Autant qu'un père.
Veuillez m'excuser.
Je veux porter plainte contre Robbie Verkerk.
Et tant pis si on le lit dans les journaux.
Vous ne voulez pas attendre la fin de l'enquête ?
Si ça se lit dans les journaux...
N'oubliez pas votre sac.
Une seconde, John.
Que voulez-vous ?
Vous parler. - Ça ne pouvait pas attendre ?
Non.
Attendez-moi sur la terrasse.
Pourquoi ? J'aime bien vous voir jouer.
Vous avez un revers très subtil. - Allez, Louis, arrête de bavarder.
Quelle idée... - S'ils sont innocents, c'est bon.
C'est ridicule. C'est ça qui est pas bon.
Boersma vous a demandé de coopérer.
C'est ce que je fais, non ?
Mais vous voulez couvrir de ridicule toute la police.
J'informerai tous les concernés que vous venez les interroger.
Je ne peux pas faire plus. - Je ne vous en demande pas plus.
Habille-toi. - Je ne veux pas le voir.
Ta mère a promis à l'inspecteur.
Elle ne doit pas promettre sans me demander.
Qui n'a rien fait, n'a rien à craindre.
Je ne crains rien, mais je ne veux pas qu'on m'interroge.
On ne vit pas dans un état policier.
Dis-le à l'inspecteur.
Je ne lui dirai rien.
Je ne suis pas là aujourd'hui.
Plusieurs cambriolages ont eu lieu.
Des dégâts volontaires de plusieurs milliers de florins.
Faits par des garçons de l'âge de votre fils.
Des amis de Frank ? - C'est possible.
Frank est soupçonné ?
Pas officiellement. Pas encore.
C'est un inspecteur de police d'Amsterdam.
Il veut te poser quelques questions. - Un dimanche ?
Mais on mange toujours à 13h30.
Il vous faudra plus de dix minutes ?
Je demande pour mon gigot.
Cinq minutes tout au plus.
Que c'est gentil.
Au revoir.
Je dois répondre ? - Comme tu veux.
La position légale de l'inspecteur ne doit pas forte.
Assez forte pour le mettre en état d'arrestation.
Et l'amener à Amsterdam. Dans une voiture blindée, si ça me dit.
Mais un peu de coopération, et on aura vite fini.
Qui a eu l'idée de violer la femme ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Qui l'a baisée en premier ?
Surveillez votre langage.
Quelle insinuation vulgaire.
D'accord. On va en rester là, pour le moment.
Mais regardez bien Frank...
pendant que vous savourez votre gigot.
Il a violé quelqu'un de l'âge de votre femme.
Whisky ?
Qu'a fait Erik ? - J'espérais qu'il me le dirait.
Une bande ? Ils ont couru après les filles ?
Si vous voulez. Entre autres.
Mais on a tous fait ça.
Casser des bouteilles de lait. Pincer les fesses des filles.
Mais pas des cambriolages.
Pas le viol collectif d'une femme de 40 ans.
Et Erik a participé ?
Descends, fiston.
Voici l'inspecteur Van der Valk.
Bonjour, Erik.
Raconte, pour les chats.
Les chats ?
L'un de vous a dit : Les chats ne vont pas aimer.
Quels chats ?
Dans un appartement à Amsterdam.
Le jeudi 28 juillet.
La femme que vous avez violée l'a entendu.
Je ne sais rien de tout ça.
Protéger les autres n'a aucun sens. Je sais qui ils sont.
Père, je ne sais pas de quoi il parle.
Et pourquoi tu transpires ?
Il était mort de peur.
Je m'en occupe.
Je découvrirai la vérité.
Un de vous six est sûr de craquer.
Kees van Sonneveld, par exemple.
Je le connais à peine. - C'est une nouvelle recrue.
Vous l'avez emmené chez l'antiquaire ?
J'aimerais pouvoir vous aider.
Je n'y comprends pas grand-chose non plus.
Les chats ne vont pas aimer. - Que savez-vous des chats ?
Plus que tu ne crois. Et ça non plus, ils ne vont pas aimer.
Que vous a dit Kees ? - Qui sont les chats ?
Je ne vous permets pas d'user de l'intimidation.
Soyez aussi serviable au procès.
Il va en avoir besoin.
Non.
Pourquoi non ?
Je n'ai pas envie.
Qu'est-ce que j'ai ?
Je ne te veux pas.
Je ne fais pas un bon ennemi.
Je sais.
Je peux te compliquer la vie.
Je sais.
Et pourtant, je préfère comme ça.
C'est Kees van Sonneveld.
Le flic l'a dit. "Les chats..." Il ne sait pas tenir sa langue.
On n'aurait jamais dû l'admettre.
Il est le seul à ne pas avoir été interrogé.
Ah, la jeunesse.
Oui, la jeunesse.
La semaine prochaine, j'aurai 72 ans, et je ne me suis jamais plaint.
J'ai encore toutes mes dents.
Vous venez essayer notre cuisine ? A mes frais.
Ou c'est une visite officielle ?
On pourrait dire ça.
J'ai une petite idée de quoi il s'agit.
J'ai remarqué que quelques gars avaient des pépins.
La police les a interrogés sur quelque chose.
C'était peut-être vous.
Oui, c'était moi. - Asseyez-vous.
Vous savez de quoi il s'agit ?
Ils ont leurs secrets.
Mais ils se confient à vous ?
Parfois.
Ça vous a surpris, d'entendre pour l'enquête ?
Je serais surpris d'entendre que c'est sérieux.
Ça l'est ?
J'ai ma propre idée là-dessus.
Veuillez m'excuser.
Une chose m'intrigue et vous pouvez peut-être m'aider.
Volontiers. C'est quoi ? - Les chats.
Qu'y a-t-il avec les chats ?
Vous savez qui c'est ?
Il y a beaucoup de filles dans le club.
Les Chats, c'est une élite, comme les Corbeaux.
Les gosses aiment bien les noms. - Oui.
Ces Chats, elles dorment avec les Corbeaux ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
Vous ne croyez pas que je les laisse se servir de...
Inspecteur, je ne tiens pas un bordel.
Ils fument beaucoup ?
Pas plus qu'à Amsterdam.
Et d'autres drogues ?
Je crois que vous allez trouver Bloemendaal ringard et ennuyeux.
Laisse-le.
On l'aura demain.
Hjalmar, tu dois dire aux Corbeaux d'arrêter.
Ils sont cruels et brutaux.
Ils veulent me tuer.
Pourquoi ils feraient ça ?
Ils pensent que j'ai vendu la mèche, pour les Corbeaux.
Et ce n'est pas vrai ? - Mais non.
Qu'est-ce que t'en sais ?
Parce que Kees te l'a dit ?
Tu peux répondre de lui ?
Oui, si tu le veux.
Mais qu'ils le laissent en paix.
Je ne suis pas votre leader.
Toutes les décisions sont collectives.
Ils croient que je les ai donnés.
Tu peux leur dire que ce n'est pas vrai.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Et toi ?
Je suis de garde.
Que vous est-il arrivé, à vous tous ?
Tu y étais aujourd'hui, pour mes chats ?
Comment tu as pu, Erik ?
Laisser arriver une chose pareille ? Faire une chose pareille ?
Je ne te comprends pas.
Non. Et tu ne le pourras jamais.
Mais comprends bien une chose.
Je ne suis pas comme mon père.
Ne reviens pas, Feodora. C'est un bon conseil.
Et laisse mon père tranquille.
Je ne dirai pas que je t'ai vue.
"Garçon ne sait pas manier l'Aqualung."
"A eu une crampe." "Mort accidentelle."
C'est possible.
C'est possible.
Allez vous faire voir.
On a trouvé ses habits.
On vous les rendra quand le laboratoire aura fini.
Vous voulez que j'appelle votre mari ?
Il a dû partir.
Quelque chose d'important. Au bureau.
Qu'est-ce que je fais avec tout ça ?
Je le laisse comme ça ?
J'en fais un musée ?
Le Musée Kees van Sonneveld.
J'ai toujours détesté ce truc.
Vous savez d'où ça vient ?
De l'lndonésie, peut-être. - Mais vous l'avez déjà vu ?
Ce collier a été volé à un antiquaire à Amsterdam.
Récemment ? - Oui.
Un des cambriolages, que nos jeunes ont soi-disant fait ?
L'Aqualung marche très bien.
Je sais. Ils se vendent bien.
Kees savait bien nager ?
Très bien, même.
Docteur, il aurait pu avoir une crampe ?
Ou paniquer et arracher son masque ?
Aucune trace de tout ça. Le garçon était en parfaite santé.
Et le sable dans les poumons ? - L'eau de mer, c'est curieux.
On verra bien le rapport médical, ce soir.
Ils attendent des résultats de tests.
Et la météo ? - Marée normale. Eaux calmes.
Alors il a dérivé 25 m au maximum. - C'est ça, Monsieur.
Donc, pas de crampe.
Pas de problème avec l'Aqualung.
Pas d'anomalie météorologique.
Donc, pas d'accident.
Belle journée.
Pas mal. - L'air pur.
La brise marine. Le soleil.
Profitez-en.
Faites-les entrer.
Je n'ai rien à dire.
Mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone. C'est tout.
Et si ce singe ne me lâche pas, ça va barder.
Ah oui ?
Je ne suis pas une femme que vous pouvez écraser à cinq. Penses-y.
Je proteste. Je vais...
Le raconter aux journaux ?
Aux amis haut placés de ton père ?
Brutalité policière ? - Vous êtes témoin.
Je n'aime pas les fils à papa en chaussures de daim.
Evidemment, je vous représente tous. Avec votre consentement.
Et si l'histoire était vraie ?
Vous plaisantez ? - Je veux entendre les deux versions.
Alors Hannie Troost était aussi sur la plage ?
Bien. Ça fait cinq.
Et Lies ? Elle y était ?
Lies ?
Elle y était aussi.
Très bien. Tout le groupe.
Ah non. Pas toi. Tu as juste entendu les autres en parler.
Oui.
Tu as encore peur de moi, Carmen ?
Pourquoi ?
Vous voulez nous faire avouer à tort.
On est juste allées nager.
Bon, vous êtes juste allées nager.
Y'a pas de mal à ça. - Bien sûr que non.
Pourquoi ne pas le dire tout de suite ?
C'est privé. Ça ne vous regarde pas. Je nage quand je veux.
Pourquoi vous êtes allées si loin ?
Juste pour nager ?
C'est plus privé, là-bas.
Et les gens s'étonnent qu'on nage la nuit.
Ou qu'on veuille nager sans maillot de bain.
Exactement.
Vous étiez toutes à poil ?
Ça vous choque ?
Kees y était aussi ? Avec toutes ces belles filles toutes nues ?
Il s'est déshabillé plus loin. - Plus loin.
Il ne vous a rejoint que dans l'eau.
Il est resté à distance.
A quelle distance ?
Dix mètres ? Deux mètres ?
Il devait être plus près. - Pourquoi ?
Pour baiser l'une d'entre vous. - Non mais.
Ça vous choque ?
Je ne suis pas choquée.
Tu t'y connais en biologie, Lina ?
Ce que j'ai appris à l'école.
Le rapport d'autopsie sur Kees dit :
Traces de spermatozoïdes.
Tu sais ce que ça veut dire ? - Qu'il a éjaculé.
Et s'il a éjaculé, comme tu dis si bien...
il a dû avoir des rapports sexuels.
Pas nécessairement.
C'est-à-dire ?
Il aurait pu le faire tout seul. Sans femme.
Il en avait l'habitude ?
La nuit, dans l'eau, avec un Aqualung ?
Peut-être. - Non, et tu le sais bien.
Qui c'était ? - Pas moi, en tous cas.
Hé, du calme.
Terlaan, va à la cantine.
Hannie.
Ça ne sert à rien de...
De quoi ?
De le cacher, de ne rien dire.
Ça ne sert à rien du tout.
Qui croirait que... ?
Je l'aimais.
Je l'aime.
Ils voulaient que je le fasse.
Je ne voulais pas, mais je n'avais pas le choix.
J'étais obligée.
Pourquoi t'étais obligée, Hannie ?
Pourquoi ?
Bouclez-la.
Bourreau des cœurs.
Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ? - Incroyable.
Sortez du couloir immédiatement.
J'étais dans la résistance et la Gestapo traitait les gens mieux que vous.
Silence. - J'invoquerai vos méthodes au procès.
Monsieur l'avocat...
avant que vous disiez une autre bêtise :
L'accusation d'homicide volontaire...
est aussi bien collective, qu'individuelle.
Allez Hannie, sois raisonnable.
Bouclez-les tous.
Et voilà.
Je rentre chez moi.
Allez, Minou, il faut que t'apprennes.
Minou, fais comme je dis.
Très bien, Minou.
Boersma ?
Tu peux relâcher Erik ?
Erik Mierle.
Oui, ce soir.
Je sais ce que je fais.
Non, on n'a pas du tout fini.
Fé, je ne comprends pas. Qu'est-ce qui se passe ?
Père, c'est toi qui m'as fait libérer ?
Et les autres ?
Les autres sont enfermés, en sécurité.
Derrière les barreaux.
Pourquoi on m'a libéré ?
Parce que tu es le seul du groupe...
à pouvoir regarder les choses en face. - Je ne vais pas vendre...
Oublions tes amis et ta copine. Tu es aussi coupable qu'eux.
Et le juge ne va pas te rater. Ne t'inquiète pas.
Mais pourquoi tu protèges Hjalmar Jansen ?
C'est un pervers corrompu et brutal...
qui n'a rien fait pour vous.
Et il vous trahira, le moment venu.
On n'était pas une bande.
Mais une commune, une cellule, une famille.
Mais avec de la discipline.
Hjalmar avait remarqué qu'on volait un peu à droite et à gauche...
et qu'on faisait des farces, pour s'amuser.
Ce qu'il a fait, c'est qu'il a organisé la chose.
"Ce sera bien plus excitant, et vous ne vous ferez pas attrap..."
Je ne suis ni communiste, ni socialiste.
C'est superficiel, tout ça.
Mon système...
est plus profond.
Tous les régimes sont corrompus.
C'est le principe de base.
La démocratie, c'est une farce grotesque.
Et le communisme, une illusion absurde.
La seule façon d'atteindre la liberté individuelle, c'est d'être libre.
Nous...
nous sommes la société.
Le plus le groupe est petit, le plus il faut des règles...
et de la discipline.
Une société secrète avec un noyau dur et solide.
Un pour cent de la population a le pouvoir de changer...
toute la société, disait Lenin.
Moi, je dis : Un pour mille.
Moins.
Un pour dix mille.
Si le noyau est solide.
La discipline. Comment maîtriser les autres...
si on n'a pas de maîtrise de soi ?
La plupart des gens refusent d'agir de sang-froid.
La plupart des gens ont besoin d'un idéal, d'une religion, d'un mythe.
Seules les émotions fortes ont de la valeur.
Et l'émotion la plus forte, c'est la maîtrise de soi.
Le soi.
Je.
Nous.
Le noyau solide.
Tu veux que je te ramène ?
Reste, Feodora.
Tiens. Tu vas devoir t'en passer pendant longtemps.
Merci, père.
Puis les Chats sont entrées sur scène.
Oui.
Elles étaient très disciplinées.
Et à l'abri de tout soupçon.
Lies veut aller à Cuba.
Ou en Israel.
Le lit, c'est la meilleure arme des femmes.
Tout savoir, c'est tout vouloir.
Tout savoir, c'est tout oser.
Tout prendre, tout.
La trahison, c'est la mort.
La trahison, c'est la mort.
Va te coucher.
Dans trois heures, on t'embarque.
J'ai honte, père.
Toutes ces idioties.
Un jeune a été tué pour ces idioties.
Je suis désolé, Fé.
En fait, je ne suis pas de service.
Tu me ramènes ?
Ne va pas le voir. Il est dangereux.
C'est pour ça que je dois te ramener ?
Tu reviens quand à Bloemendaal ?
M. Jansen vous attend.
Il m'a demandé de vous attendre et de vous amener jusqu'à lui.
Tu peux te retirer.
C'est donc ici.
Oui, c'est ici.
Vous nourrissez les pères et mères. Vous les gâtez.
Puis vous détruisez leurs enfants.
La révolution d'un homme.
Avez-vous la moindre preuve ?
Plus qu'assez.
Le juge en décidera.
Vous aurez bien sûr les avocats les plus chers du pays.
Comment avez-vous deviné ?
L'ennuyeux, au poker...
c'est qu'on ne peut jamais être sûr...
que quelqu'un ne va pas renverser toute la table.
Ça dépend avec qui on joue.
Là, vous vous êtes trompé.
Je ne me suis pas trompé avec vous.
Vous êtes un parfait produit du système.
Que ça vous plaise ou pas.
Mais moi aussi, je suis un produit...
mais d'un autre système.
Un système que j'ai créé moi-même.
Courvoisier ? - Non, merci.
Votre système vous interdit de faire ce que vous aimeriez vraiment faire.
Ce qu'au plus profond de vous-même vous aimeriez vraiment faire.
C'est-à-dire, me détruire.
Au contraire.
Vous devez me défendre contre vous-même...
avec vos ridicules sophismes juridiques.
J'ai tort ?
Comment allez-vous m'arrêter ?
Vous ne comptez quand même pas sur votre pouvoir de persuasion ?
Ou sur des menaces ?
Inspecteur Van der Valk...
Pour m'amuser, je vais vous montrer ce que je ferais à votre place.
Vous condamnez votre plus cher désir.
La force de la destruction.
Regardez bien.
Allez.
J'ai appris ça en Birmanie.
Je vais briser vos côtes. Vos 24 côtes.
Comme ça.
Ne tire plus.
Je le veux vivant.
Je voulais juste te baiser, c'est tout.
Tu as un permis ?
Qui donnerait un permis à une pute ?
Rentre chez toi.
Et toi ?
Je vais appeler Boersma.
Ça va ?
J'étais ici. Va-t-en. Pars en vacances.
Et toi ? - C'était en légitime défense.
Quand je vais te revoir ? Je vais te revoir ?
Oui. Peut-être. Allez.
Vous avez besoin de moi ?
Non.
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