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...
- "Il était une fois un riche marchand.
"Un homme aimable et courageux
"qui depuis la mort de son épouse
"ne vivait que pour le bonheur de ses six enfants.
"Trois filles et trois garçons
"qui remplissaient la maison de rires et de chamailleries.
Oh, on a une petite invitée.
- Elle aussi, elle veut entendre l'histoire.
- Nous allons tous faire un vceu, mais en silence.
Sinon, il ne se réalisera pas.
Vous avez fait votre vceu ? - OUI !
Alors, un, deux, trois.
Voulez-vous entendre la suite de l'histoire ?
OUI !
- "Le marchand avait trois navires qui faisaient sa fortune et sa fierté.
"Ils s'appelaient La Sirène, Le Triton,
"et le plus gros, Le Léviathan.
"Remplis de merveilles, ils revenaient d'un long périple
"quand soudain, une terrible tempête s'éleva.
"Les navires furent balayés par d'immenses rouleaux.
"La foudre déchira les voiles, brisa les mâts.
"Sous la surface où régnait le froid et le silence,
"l'océan se mit à scintiller de mille feux.
"L'armada et ses trésors sombrèrent par le fond,
"engloutis, perdus à jamais.
"Ruinés en un mois,
"le marchand et ses enfants durent quitter leur maison,
"leurs amis, leurs habitudes.
"Tout ce qui faisait leur bonheur.
- Je vous interdis
de le prendre.
Allez-y, servez-vous.
Ce qu'on a de plus précieux, on l'emporte avec nous.
Cris exaspérés de femmes
Posez ça ou je vous crève les yeux.
Mon papinou, faites quelque chose !
Tout ! Nos bijoux, nos lits, tout !
C'est la fin, je veux mourir.
Clotilde, ne m'appelle pas papinou devant eux.
Toi, Anne, arrête de parler de mort.
Oh ! Oh, mon cceur.
il ne bat plus.
Vous êtes content ? Adieu.
Papinou, c'est la catastrophe. Que va-t-on devenir ?
Où est Belle ?
Belle, Belle ! il y en a que pour elle.
- Oh, réveille-toi.
Maxime, viens nous aider.
Là. Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
Tous mes livres.
Mes carnets, mes croquis, j'allais pas les laisser là.
Tristan.
Qu'y a-t-il ? Veille bien sur ton père.
Ne laisse pas Maxime dilapider l'argent qu'il vous reste.
Oui, ne t'inquiète pas. C'est promis.
Tout va bien se passer.
Faites attention.
Celui qui rigole, je lui colle mon poing sur le nez.
Lgnore-les.
Allez, quoi !
Encore un peu d'action avant de s'enterrer à la campagne.
Ce n'est pas plus mal que tu te fasses oublier.
Tu ne crois pas ?
Belle ?
Belle ?
Voilà, maman.
C'est une nouvelle vie qui commence.
Je crois que je suis prête.
Aurait-elle aimé vivre à la campagne ?
Elle aurait adoré.
- Moi aussi, ça va me plaire.
J'en suis sûre.
Evidemment, on a de la fierté et du courage dans cette famille.
On va se serrer les coudes comme on a toujours fait.
"ll leur fallut quelque temps
"pour s'habituer à leur nouvelle vie.
"Les premières nuits, Belle resta éveillée
"à écouter les bruits de la campagne.
"Puis, aidée de ses frères,
"elle décida de débroussailler le jardin
"et fit de leur maison un joli refuge."
J'ai de la fièvre.
J'ai une ride !
Et ces bestioles qui n'arrêtent pas !
Un mois qu'on vit dans cet enfer.
On va mourir seules, fripées,
dévorées par les bêtes.
- Anne, Clotilde, venez.
Oh, pas elle ! Son bonheur me dégoûte.
J'ai envie de la noyer.
Moi, de l'enterrer dans son potager. Anne rit.
On frappe à la porte. - Qu'est-ce que vous faites ?
Clotilde a ses vapeurs. On déjeunera ici.
Certainement pas.
Après déjeuner, on ira s'occuper du potager.
Plutôt mourir.
Allez, hop ! Tout le monde en bas.
- "Déchu,
"transpercé de flèches,
"le jeune homme quitta le champ de bataille
"et se réfugia dans la forêt."
Oh, oh !
Hou, hou !
Oh, oh !
- Ils étaient contents de me voir,
aux Affaires maritimes. Dumont était charmant.
Sa grande a épousé un comte.
QUOI ?
Ah non !
Mais la grande nouvelle,
c'est que La Sirène,
le navire préféré de votre mère,
ils l'ont retrouvé.
Ll dérivait le long de la côte et ils l'ont ramené au port.
Et la marchandise ? Intacte.
On est sauvés.
Préparons nos bagages. Remarque, non.
On va tout jeter au feu. J'ai le sang qui palpite.
Je revis, papinou. Je renais.
- On peut pas rentrer dans cet état.
il nous faut des nouvelles robes, du parfum... Quoi d'autre ?
Faisons une liste. A nous, le bon air de la ville.
La vie, la vraie.
Tu vas venir avec moi en ville.
il est temps que je présente mon successeur à Dumont.
Je ne vous décevrai pas, père.
- "Après avoir vaincu son dernier ennemi,
"le jeune homme rentra sur ses terres, triomphant,
"acclamé par son peuple."
Point final.
Un nouveau roman, mon frère ?
- Encore mieux. Celui-là sera un chef-d'ceuvre.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Tu boudes ?
Evidemment.
Quand une fille est triste, elle boude.
Quand elle est trop joyeuse, on dit qu'elle est folle.
Comment veux-tu qu'on te comprenne ? Tout le monde est heureux sauf toi.
J'aurais aimé qu'on reste ici plus longtemps.
C'est tout.
il est là-bas.
On est venus dans cette maison pour cacher notre malheur.
Notre vie n'est pas ici.
Vous savez ce qu'il va se passer.
Maxime retrouvera ces voyous qu'il appelle ses amis.
Anne et Clotilde sortiront pour trouver un mari.
Vous, vous serez toujours occupé par vos affaires.
On est tous amenés un jour à se séparer.
Même toi, tu grandiras et tu auras envie de partir.
Ça ne voudra pas dire
qu'on ne s'aime plus, mais que tu es une femme.
N'oubliez rien.
Clotilde le supporterait mal.
Et toi, qu'est-ce que je te rapporte ?
Je voudrais juste une rose.
Je n'ai pas réussi à en faire pousser ici.
- lls me prennent tout !
ils ont même refusé que je monte à bord de mon navire.
il faut vous faire une raison.
La Sirène et toute sa cargaison
ne vous appartiennent plus.
ils me traitent comme un moins que rien.
Mais sans moi, cet endroit serait un port de pêcheurs.
Vous les laissez faire ?
Vous avez manqué de jugeote, mon pauvre ami.
Vous avez signé toutes les lettres de créance,
alors que je vous avais prévenu.
Ne me prenez pas de haut, Dumont.
Sans moi, vous ne seriez pas derrière ce bureau.
Auriez-vous perdu votre élégance en même temps que votre fortune ?
Je vais t'écraser la tête ! Arrête ça tout de suite !
Vous ne comprenez pas ?
Vous n'avez plus aucun pouvoir.
Vous jouez les bourgeois,
mais vous n'êtes plus rien.
Vous me faites pitié, père.
Maxime !
- Je vois un homme.
il ne faudra pas le laisser passer.
il est porteur de nouvelles importantes.
- Nouvelles ? Bonnes ou mauvaises ?
Tu sais que cela dépend des autres cartes.
Tu n'as pas envie de me faire plaisir, Astrid ?
Annonce-moi quelque chose d'excitant.
- Je suis comme les cartes,
je ne peux pas te mentir.
Je ne t'ai pas prévenu
pour ta balafre ?
Un torrent d'or sous une lune en émeraude.
Le destin te sourit.
De l'or ?
Des émeraudes ?
Allez, mes pouilleux !
Je vous ai pas dit qu'on allait devenir riches ?
Mauvaise nuit. Ça sent la poudrière.
Je vous sers quoi ?
Je cherche mon fils. On m'a dit qu'il vient souvent.
Un habitué de ce taudis ?
Eh bien, je vous plains.
Comment il s'appelle, votre fils ?
Maxime de Beauffremont.
Vous auriez dû parler plus bas.
Je vais devoir vous faire sortir par derrière.
Je dois retrouver mon fils. Vous n'êtes pas le seul.
Passez vite derrière le comptoir.
Ton parfum,
tes présages,
tu as trop de pouvoir sur moi.
M. de Beauffremont.
Ça fait des mois que je cherche Maxime.
C'est sur son vieux père que je tombe.
Je ne vous connais pas.
Vous êtes...? Perducas.
Pour vous servir.
Votre gamin me doit une très forte somme.
Vous et moi, on va s'arranger.
Tout sera pardonné.
Mon fils ne fréquente pas les crapules.
Servez-les, qu'ils me fichent la paix.
il nous prend pour des mendiants.
- Pas de ça chez moi, Perducas.
Tu le sais.
Laisse le bonhomme tranquille.
D'accord.
Reculez. Et vous,
passez vite derrière le comptoir.
Allez, venez.
Bon courage. il ne va plus vous lâcher.
Disparaissez ! Vite.
- "Sur le chemin du retour,
"le marchand luttait contre le vent, le froid et la tristesse.
"Il avait fui la ville sans Maxime.
"Il l'imaginait errant dans les bas-fonds ou pire,
"étendu dans une ruelle, sans vie.
"Il tira sur les rênes de son cheval,
"espérant rentrer au plus vite à la maison
"où l'attendrait son fils."
Je n'ai même pas d'arme pour t'achever.
Pardonne-moi.
La maison !
J'ai réussi !
Non, c'est pas la maison.
ll y a quelqu'un ?
Je me suis perdu.
Et c'était ouvert.
Qui est là ?
Je rêve...
Ou je suis mort et me voilà au paradis.
Non, je suis bien vivant.
Et j'ai faim.
Je vous prends quelques petites choses sur la table.
Hein ?
Canaille !
Les robes,
les châles,
les fards.
Incroyable ! Tout y est.
Enfin presque.
Mais qui t'a soigné ?
Mes cadeaux ne te suffisent pas ?
Tu voles aussi ce que j'ai de plus sacré ?
Je ne laisserai personne me traiter de voleur ou de lâche.
Je suis un homme droit et digne.
- A qui est destinée cette rose ?
A la plus jeune de mes filles.
Elle est ce que j'ai de plus précieux au monde.
Je te laisse un jour pour dire adieu à ceux que tu aimes.
il te suffira de dire :
"Plus que tout au monde"
à l'oreille de ton cheval pour qu'il te ramène jusqu'à moi.
Je ne reviendrai pas.
Oh si, tu reviendras.
Sinon, je tuerai tous les membres de ta famille
l'un après l'autre.
Je terminerai par ta plus jeune fille puisque c'est ta préférée.
Souviens-toi,
une vie
pour une rose.
- Là ! - Oui, c'est lui.
- En bas, je le vois.
- Père !
- Père !
Père !
Père !
Cette bête et cette rose, ça n'a pas de sens.
- Comment tu expliques ça ?
Tu vois bien que c'est réel.
"Plus que tout au monde."
Et votre cheval retrouvera le château ?
C'est notre faute. Tout est de notre faute.
Tu n'as pas réclamé cette fleur.
Ce n'est la faute de personne ! Taisez-vous.
Je ne peux expliquer
qui est cette bête.
Mais pour avoir volé cette rose,
je dois retourner là-bas dans quelques heures.
Qu'est-ce qu'il va vous faire ?
- Je ne sais pas, Tristan.
il a dit : "Une vie pour une rose."
- Si vous ne lui obéissez pas ?
Alors on mourra tous.
Ne dites rien.
Je sais ce qu'ils pensent tous.
Que maman est morte en me donnant la vie.
Je ne comprends pas de quoi tu parles.
Je ne serai pas non plus responsable de votre mort.
- Belle ! Belle !
Belle !
N'oubliez pas de m'aimer.
- Belle ! Belle ! Belle !
Belle !
Belle.
Non, père.
Guide-moi jusqu'au château.
Et conduis-moi jusqu'à cette bête.
Plus que tout au monde.
- Une vie pour une rose.
- "Belle était déjà prête à mourir
"lorsque retentit le 1er coup du carillon.
"A mesure qu'elle découvrait le château de la Bête,
"un bruit, plus fort, plus entêtant que la cloche,
"se mit à résonner dans tout son être :
"les battements de son cceur."
Je m'appelle Belle.
Je suis venue échanger ma vie contre celle de mon père.
Assieds-toi.
Mange.
Quand tu auras repris des forces,
tu pourras te promener où bon te semble sur mon domaine.
Mais quand la nuit sera tombée, je t'interdis de sortir du château.
Si je dois mourir,
autant que ce soit maintenant.
- Tu as plus de courage que ton père.
Chaque soir, à cette heure précise,
tu devras être là.
Ne pense même pas à t'échapper.
La forêt se refermerait sur toi.
Vous voulez que j'arrête ? - Non, je veux la suite.
Ce qui me rend triste,
c'est qu'elle est toute seule, la pauvre.
C'est vrai. Elle se sentait très seule.
"Alors qu'elle remontait l'immense escalier,
"Belle réalisa que pas une fois,
"de toute sa vie entière,
"elle n'avait passé une nuit loin des siens.
"Ce qu'elle ne savait pas,
"c'est que dans sa chambre l'attendaient les Tadums,
"des petites créatures qui peuplaient le château
"et qui allaient devenir ses meilleurs amis."
- Dors.
Rêve.
Viens.
Viens.
Rejoins le miroir où rien n'est fané.
Viens.
La source des souvenirs.
ils vont hurler, être sales et excités. ils m'énervent déjà.
Celui qui va conquérir ton cceur est peut-être l'un d'eux.
Alors je lui ferai vivre un enfer.
Les voilà !
Je savais que tu étais infidèle.
Je vais te manger.
Le prince aboie. Le chien grogne.
Enlève tes sales mains de là.
- Oui, mon ami.
Pas de biche, pas de récompense.
Tu n'as toujours pas renoncé ?
Des années qu'elle m'échappe,
mais je vais l'avoir. Je le sens.
Ça sera mon plus beau trophée...
Après toi.
On la lui a offerte.
Toute dorée comme le pelage de cette biche.
Allez !
J'ai soif.
il faut qu'on boive.
Viens.
Ll aurait tout de même pu me rejoindre.
J'en ai assez.
Tu sens le fauve.
Mon amour,
je veux te demander quelque chose.
Quelque chose ?
Je veux que tu renonces à cette biche.
Pourquoi ?
J'en ai assez que tu partes des jours entiers pour la chasser.
Je me sens terriblement seule ici,
sans toi.
D'accord.
Mais à une seule condition.
Donne-moi un fils.
- "Belle avait hésité à sortir de sa chambre,
"craignant de voir la Bête surgir d'un recoin d'ombre.
"Mais sa curiosité fut plus forte que sa peur.
"Elle voulut explorer le domaine,
"voir jusqu'où s'étendait sa prison.
La princesse !
- "C'est ainsi que Belle comprit que des années,
"ou des siècles plus tôt, une autre femme avait vécu,
"connut l'amour et était morte
"dans ce château maudit.
"Pourquoi moi ?", demanda-t-elle à la statue.
"Pourquoi troublez-vous mes nuits ?"
"Prise de mélancolie,
"Belle se réfugia dans sa chambre,
"attendant que le carillon annonce son rendez-vous quotidien
"avec son étrange geôlier."
Tu es en retard.
Aimes-tu ta nouvelle robe ?
Ne venez plus jamais dans ma chambre.
- Je te rappelle que j'ai tous les droits.
C'est ce qu'on verra.
Ne me regarde pas. Mange.
Vous ne mangez pas ?
- Non, pas devant toi.
Je peux parler ou je dois dîner en silence, telle une enfant ?
- C'est pourtant ce que tu es,
une enfant arrogante.
J'aime que les gens croient que je suis puérile et futile...
Tu parles trop !
Je suis sûre
que ça vous plaît, que je meuble le vide.
A qui appartient ce château ?
- Tout ce qui est ici m'appartient.
Vous parlez comme n'importe quel homme.
C'est assez décevant.
Je te déçois. Vraiment ?
Y a-t-il d'autres choses qui te déplaisent en moi ?
Tu ne dis plus rien ?
Jour et nuit, j'attends que vous décidiez de mon sort.
Je suis comme une souris entre vos pattes.
Si tu acceptais de t'abandonner,
je pourrais combler tous tes désirs.
Vous croyez qu'une bête comme vous
pourrait combler une femme comme moi ?
Baisse les yeux.
Baisse les yeux !
Je sais ce que je suis.
Résiste-moi tant que tu veux.
Tu seras à moi.
"Mange, ne me regarde pas.
"Fais-ci, fais pas ça."
Je vais lui montrer les manières à cet animal.
Qu'est-ce que c'est ?
Mais c'est moi.
C'est mon portrait craché.
Quel merveilleux cadeau.
Je me demande qui a pu faire une si jolie poupée ?
Où vous cachez-vous ?
Montrez-vous. Je ne vous mangerai pas.
Je la pose là.
Comme ça, je l'aurai près de moi.
- Des jours heureux.
Que s'efface le passé.
Rêve.
Ecoute notre chant
qui mène jusqu'au miroir.
Vois le fiancé devenu animal.
Rêve, rêve.
Mes amis,
aujourd'hui est un grand jour.
Notre royaume va enfin avoir un héritier.
Et vous, madame ?
Ça vous dirait que je vous fasse un héritier ?
- Il faudrait déjà que vous ayez un royaume.
Prions le ciel pour qu'il n'ait pas ta tête.
A quoi penses-tu ?
A notre première rencontre,
à la rivière.
Tu t'es approché du bord et tu as fait mine de te déshabiller.
Tu allais te noyer.
Je nage mieux que toi.
Et si nous retournions dans notre chambre ?
Et toi, n'oublie pas ta promesse.
Laquelle ?
La biche dorée.
Que jaillisse l'amour.
Rêve, rêve.
Rêve.
Nous sommes les lucioles.
- "A son réveil, Belle partit explorer le château,
"déterminée à percer les mystères de la Bête.
"Elle se perdit dans un dédale de couloirs et de passerelles délabrées
"avec toujours la sensation confuse d'être suivie.
Je te prie de m'excuser pour hier soir.
Tu as raison.
Tu remplis un vide immense.
Mes cadeaux te plaisent-ils ?
Pourquoi tu ne réponds pas ?
Ma famille me manque.
- Oublie-la.
Elle n'existe plus.
Vous préférez ne plus penser au passé.
Moi, je n'y ai pas renoncé. Que sais-tu de moi ? Rien !
Rien.
Vous avez raison.
Je vous propose un marché.
Quelques heures avec ma famille...
- Contre quoi ?
Une danse.
En échange, vous me laisserez les voir.
Tu me fais l'aumône.
- Je vous guiderai si ça vous fait peur.
Danser avec moi ne t'effraie pas ?
Laissez-vous aller.
Voulez-vous m'aimer ?
Nous avons passé un marché.
Tenez votre promesse.
Cela fait longtemps que je ne promets plus rien à personne.
Vous revêtez les parures d'un prince. Vous croyez être un homme.
Mais vous n'êtes qu'une bête cruelle et solitaire.
Vous pourrez tout essayer, vous ne cesserez de me répugner.
Maintenant, vous savez ce que je suis.
Dites-moi encore que je vous répugne.
Dites-le-moi.
Je vous autorise à revoir une dernière fois votre famille.
Vraiment ?
Ce n'est pas pour me torturer ?
Je vous accorde un jour.
Pas un de plus.
Vous partirez à l'aube.
Tendez-moi votre main.
Laquelle ?
Je ne sais pas. N'importe, la gauche.
Vous allez m'offrir une bague ?
Taisez-vous donc un peu.
Ecoutez-moi.
Vous connaissez les pouvoirs de cette eau.
Si jamais vous vous blessez...
S'il vous arrive quoi que ce soit...
ll ne m'arrivera rien.
il faut que je me prépare.
Belle.
Si vous ne revenez pas...
Je sais, vous nous tuerez tous.
Non.
J'en mourrai.
Je serai là demain,
à 7h.
- Qui est là ?
Je vous préviens, on est armés.
Belle.
Regardez-moi ce bazar.
Que faites-vous avec ces armes ?
Demande à Maxime. Ferme-la, toi.
Retourne à ton poste.
"Retourne à ton poste ?" Oui.
Tu es général ?
- Ça va, ça va.
Ne recommencez pas. Arrête de prendre sa défense.
Tu siffles du vin tellement t'as peur. J'ai peur ?
Ça va, ça va !
Qu'est-ce qu'il vous arrive ?
Vous êtes tous devenus fous ?
Allez, viens. Monte.
Ça va s'arranger. T'inquiète pas.
Pas question d'être vendues pour payer les dettes.
On sera sur des navires avec des marins en sueur.
Oh ! Et nous obliger à nettoyer les cales ?
Non.
On dira qu'on a le mal de mer et qu'on sait rien faire.
Ah oui.
- Anne ?
Clotilde ?
Je suis revenue.
- Clotilde,
tu vois ce que je vois ?
Le fantôme de Belle vient nous hanter,
toute rouge et ensanglantée.
Vous ne rêvez pas, mes sceurs chéries.
C'est bien moi.
Je suis venue vous dire un dernier adieu.
Morte, elle est plus jolie que nous.
Regarde sa taille toute fine.
Sachez que je vous aimerai toujours.
Nous aussi, mon petit cceur.
On pense à toi sans arrêt.
Elle m'a obligée à prendre ta chambre.
Je le savais !
Je vais me venger.
Où est papa ?
il est si triste depuis ton départ
qu'il ne veut plus se réveiller.
C'est quoi, cette robe ?
- Papa ?
C'est moi,
Belle.
Je suis là.
Revenez à la vie, papa chéri.
Faites-le pour moi.
Papa !
Papa !
Vous avez déjà vu une pierre de cette taille ?
Et les coffres du château ?
Pas ça, je vous l'interdis.
C'est la seule chance.
Moi vivant, vous ne passerez pas cette porte.
- Dors.
Dors.
Rêve.
Mystère.
- Tu me vois ?
Viens, viens. - Entends-moi.
Regarde
ses flancs qui frémissent, son pelage luisant.
Je peux presque sentir son odeur.
C'est son heure.
Elle est à moi, compris ?
Chut.
Je suis la nymphe des bois.
J'ai eu le droit de prendre forme humaine.
Je voulais connaître ce que les hommes appellent amour.
Et je t'ai connu, toi,
mon prince.
Pardonne-moi.
Père.
Dieu de la forêt.
Epargnez mon adoré.
il a rempli votre fille d'un amour éternel.
Père.
Epargnez-le.
- "Une voix terrifiante retentit dans le ciel.
"Pour avoir tué ma fille, je fais de toi une bête.
"Seule une femme pourra te sauver.
"Mais quelle est celle qui voudra t'aimer ?
"Sois maudit pour l'éternité."
Tu es en train de trahir Belle.
Je nous sauve.
Elle comprendra.
T'aurais préféré un autre frère, pas vrai ?
Qu'est-ce que tu fais là, mon lapin ?
On devait pas se voir à ta bicoque ?
Regarde,
mes hommes se sont faits beaux pour tes sceurs.
J'ai un marché à te proposer.
il n'y a plus de marché qui tienne.
J'ai été trop patient.
Regarde.
C'est d'un château abandonné.
Si on y va, tu récupères le trésor
et tu effaces ma dette.
Des pierres comme ça,
il y en a combien ? Des coffres entiers.
- Ne me déçois pas, mon lapin.
C'est ta dernière chance. Tu le sais.
Dis à tes hommes de se mettre derrière moi.
Faites ce qu'il dit.
Plus que tout au monde.
"Alors qu'il galopait sur le sentier magique,
"Perducas rêva au trésor qui l'attendait.
"Il maudit ses hommes,
"s'imaginant déjà devoir partager son butin.
"Il regarda Astrid et se demanda s'il préférait l'amour ou la richesse.
"Parfois, l'esprit des hommes se trouble.
"Leurs croyances s'envolent
"et ils n'ont plus que des doutes.
"Pendant ce temps,
"Belle revivait l'histoire du prince devenu bête
"jusqu'à ce que monte en elle une plainte déchirante.
Papa.
Mon enfant.
Papa.
Tu m'as tellement manqué.
- Belle !
Père ?
Oh, bon sang !
Anne ! Clotilde !
Père s'est réveillé.
Anne, Clotilde, venez vite ! J'ai eu si peur.
- Venez vite !
Quelque chose a changé en toi.
Ton regard...
Ta voix aussi...
Je dois repartir, père.
Ll faut que je retourne là-bas.
Tous ces morts qui ressuscitent.
C'est le plus beau jour de notre vie.
Vous m'écrasez, espèce de folles.
Oh.
Tu as senti quelque chose ?
Le danger.
Je le sens, il est partout.
Tout ce qu'on aime, hein ?
Allons-y.
Vous trois, déployez-vous à l'ouest.
Les autres, prenez le flanc est.
Vous, mes lapins,
vous passez devant moi.
- Céleste Astrid.
Assez de peur... Assez de sang...
De toutes tes forces...
Sauve ton amant...
Sauve-toi.
Tu le dois.
Si fidèle.
A moins de subir un supplice éternel...
Prends l'or dans tes mains, Astrid.
Prends l'or, Astrid.
Sauve-le si tu peux.
Prends l'or dans tes mains.
Où sont nos frères ?
Ll faut que je me dépêche.
Maxime a aussi pris le cheval.
J'ai essayé de les en empêcher. Pardonne-moi, Belle.
- Vite, vite !
Je n'aime pas quand tu es loin de moi.
Tu étais où ?
Si je te dis de partir maintenant,
est-ce que tu me suis ?
C'est de l'or ?
- Cette flèche a un pouvoir immense.
Avec elle, on aura plus que la fortune.
On nous respectera. On sera au-dessus de tout.
Ouvre les yeux.
Nous avons trouvé ce que nous avons toujours cherché.
Arrête.
Qui me dit que tu ne vas pas revenir voler mon trésor ?
Si tu ne crois plus en moi, écoute la prophétie des cartes.
Qu'est-ce que tu as vu ?
La mort.
La tienne ?
Ou la mienne ? Tu préfères quoi ?
Ni l'un ni l'autre, mon cceur.
Et puisque tu n'es sûre de rien,
on va dire que c'est lui, là, ce blanc-bec,
qui va mourir cette nuit.
Alors ?
Elle ne va pas s'ouvrir toute seule, cette porte.
Un château abandonné ?
Du nerf, mes lascars.
il y a encore les étages à visiter.
- OUAIS !
Faut qu'on trouve un autre chemin.
J'ai perdu ce ruban en venant.
On n'est plus très loin, j'en suis sûre.
Belle, qu'est-ce que tu fais ?
Belle, arrête. Tu vas te faire du mal.
Reviens.
Reviens, Belle.
Belle, s'il te plaît, reviens.
Belle !
Dieu de la forêt,
entendez-moi.
Laissez-moi retourner auprès de lui.
C'est mon seul souhait.
Mon seul désir.
Tu avais tort.
Personne ne nous attendait.
Ne gâche pas la fête. Je suis riche, maintenant.
Je peux exaucer tous tes vceux.
Celui de mourir ensemble ?
Tes cartes ne décident plus.
C'est moi.
Qu'est-ce qu'il a à couiner ?
Où sont mes frères ? Là-bas, avec Perducas.
il va les tuer !
Maxime !
Sauve-toi. Dis à Belle de me pardonner.
Non. Allez, va-t'en !
Tu lui diras toi-même.
Arrêtez !
Toi, ma petite, tu vas m'aider.
Lâche-la.
Qu'est-ce que tu es, toi ?
Un lion ?
Un gros chat ?
Qui va te vider de ton sang.
Tu peux ronronner pendant des heures.
Mais si tu ne veux pas que j'abîme ta poupée,
laisse-moi partir.
Je vous en supplie !
Souvenez-vous que vous avez été un homme.
Epargnez-le et laissez partir mes frères.
L'important, c'est que je sois là, que je reste avec vous.
Aidez-moi !
Viens ! Vite !
- Ne me laisse pas !
Amour, ton destin sera pire que le mien.
Venez m'aider !
Dépêchez-vous !
Dans le bassin, vite.
Allez !
Ll ne respire plus.
Allez, mes frères.
Voix étouffée
Nous avons manqué notre dîner.
Vous dites cela comme si vous le regrettiez.
Belle,
pensez-vous qu'avec...
un peu de patience,
ou par habitude peut-être,
vous auriez pu finir
par m'aimer ?
Mais je vous aime déjà.
- Bien, l'histoire est finie.
il est temps de dormir.
Allez, allez.
Et les frères, et les sceurs, que sont-ils devenus ?
- Ils sont repartis à la ville.
Les frères ont ouvert une imprimerie.
Quant aux sceurs, elles ont épousé deux jumeaux.
Elles-mêmes ne pouvaient les distinguer.
Comme ça, elles sont toujours ensemble.
Et le papa ?
il a ouvert un commerce de fleurs.
- Lui aussi ?
Oui, lui aussi.
Faites de beaux rêves.
Maman...
Dormez, mes chéris.
Si tu lisais entre les lignes
Entre les peurs
Entre les signes
Un peu plus loin que voient les yeux
Si tu croyais à l'impossible
Qu'il y a une heure
Et une rive
Pour laisser place au merveilleux
Tout pourrait alors commencer
Parce que derrière les apparences
Derrière les griffes de l'existence
ll y a tant de beauté
Parce que derrière les différences
Malgré le passé, les distances
Tout reste à inventer
Sauras-tu aimer ?
Sauras-tu m'aimer ?
Entends-tu le cceur pur
Sous les rumeurs
Sous les murmures
Qui disent mes tendres vérités
Voilà la lumière sous mes parures
La vraie couleur
Et la nature
Qui sauront bien nous transporter
Vers nos vies
Métamorphosées
Parce que derrière les apparences
Derrière les griffes de l'existence
ll y a tant de beauté
Parce que derrière les différences
Malgré le passé, la distance
Tout reste à inventer
ll y a derrière les apparences
Tant d'espoir et de ciel immense
Qu'on pourra partager
Juste derrière nos différences
Les promesses de ces jours qui dansent
Toujours à inventer
Sauras-tu aimer ?
Tu sauras m'aimer
Je me laisserai
Emporter
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