All language subtitles for Cassandre.S02E04.FiNAL.Le.valet.noir.FRENCH.AD.1080p.WEB.H264-THESYNDiCATE_track4_[fre]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

...

- Allez ! T'y es presque. Respire. Ne regarde pas en bas, surtout.

Allez, un dernier effort ! - Un dernier effort ?

Ca fait dix fois que tu me dis ça. - Tu n'as pas le choix.

En montagne, il n'y a qu'un seul chemin. C'est vers le haut.

- Je ne suis pas savoyard.

Ma mère m'avait pourtant dit d'épouser une Bretonne.

Crissements de pneus.

...

Bris de verre.

Putain !

- Oh !

...

- On va pouvoir dégager la route.

Ouais.

...

- File-moi un coup de main.

- On vient à peine de remonter le véhicule.

Les durites de frein ont été sectionnées

des deux côtés et proprement.

- Vous l'avez inspecté ? - On a préféré vous attendre.

- La rigidité cadavérique n'a pas commencé.

Premières lividités visibles. Donc ça s'est passé tôt.

- Il y a 2, 3 heures. Je ne sais pas ce que vous en pensez,

mais la nuque semble brisée. - L'autopsie nous le confirmera.

- Vu le vol plané et la violence du choc,

le gars ne pouvait pas s'en sortir. - Envoyez le corps à l'IML.

- OK.

- Le propriétaire du véhicule s'appelle Kamel Nedjari.

Il est médecin.

- Les grimpeurs ont eu peur de se prendre la bagnole.

- Il y avait ça entre les sièges.

- Ah, merci.

Oh !

Ferme des Alpages, village de Montmin. C'est où ?

- Juste avant la descente.

C'est un village en haut du col.

- Il aimait beaucoup nos fromages. C'était pour le remercier.

Mon mari est diabétique.

Le docteur venait souvent le voir. - A quelle heure il est parti

de chez vous ?

- Sept heures et demie. Huit heures moins le quart, je crois.

- Vous croyez ? - Non, je suis sûre.

- C'est tôt pour une visite à domicile.

- Il a de grosses journées. Et on est des lève-tôt,

mon mari et moi. Mais pourquoi vous me posez ces questions ?

- Je pense que vous êtes les derniers à l'avoir vu vivant.

- Oh là !

- Ca fait une grosse quantité de liquide de frein.

Le réservoir s'est vidé sur place. - Pendant la consultation.

La pente est très raide, il n'avait aucune chance. Et il faisait nuit.

- Vous voyez le projecteur ? C'est un spot à détecteur

de mouvements. Enfin, ce qu'il en reste.

Etant donné tout le verre qui reste au sol, il a été cassé

il y a peu. - C'est tout ?

- Non. Venez voir.

Vous voyez les traces de pas ? - Oui.

- On dirait des traces de bottes. Je sais, dans une ferme,

c'est pas ce qui manque.

J'ai demandé un moulage. - Vous avez eu raison.

Je ne pense pas que ce soit la victime. Il portait des baskets.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne peux rien dire. - Qui c'est qui va nous soigner ?

La petite a de la fièvre depuis deux jours.

Je ne sais plus quoi faire. - Je suis là, madame Daniel.

Je suis l'ancien médecin.

C'est vous qui m'avez appelé ? - Inspecteur Marchand.

- Docteur... - Je suis à vous dans 5mn.

- Elle a plus de 39.

- Kamel était quelqu'un de bien.

- Comment vous avez fait pour le convaincre de venir ici,

à Talloires ?

- Il avait fait son externat avec moi. Il a voulu retourner à Lyon.

Mais on lui a proposé un logement gratuit, une voiture de fonction...

- Pas de réactions racistes ? - Et pourquoi donc ?

- Il y a peu de gens d'origine algérienne, ici.

- Alors, un médecin...

- Quand on a mal au ventre, on est beaucoup moins regardant

sur les origines de celui qui vous soulage.

- C'est vrai.

- Ici, c'est la police. Pas la SPA. Voilà. Merci.

Audrey ! - Oui ?

- Je file en brief. Prends l'accueil. Prends tous les appels.

Fais gaffe, ils sont hyper relous, aujourd'hui. Merci.

- Nedjari était apprécié de son prédécesseur et de ses patients.

- Pareil pour le couple de la ferme.

Ils n'ont pas le profil, mais on se renseigne sur eux et ses patients.

S'il y a eu un mauvais diagnostic, il peut y avoir une vengeance.

- Rien à signaler pour le moment. - Par contre, le toubib,

les finances, c'était pas son truc. J'ai regardé ses relevés bancaires.

Il est dans le rouge depuis 6 mois. Il a cramé son livret et son PEL.

Il a vendu une guitare,

un vélo, une chaîne hi-fi. - Les généralistes

sont mal payés, mais là... - Un créancier irritable ?

- C'est possible.

Achats, loisirs, amoureuse, amoureux... Trouvez-moi

ce qu'il faisait en dehors de son travail. Il me faut une réquis'

pour son portable. - Je m'en occupe.

- Qu'est-ce qu'il foutait de son argent, ce gars ?

- Une virée à Lyon, ça vous dit ? - Avec vous ?

- Je ne dépasserai pas les 50km/h. Elle rit.

- Il a toujours été sérieux,

mon fils. Comment il aurait eu des dettes ? Kamel ne faisait

que travailler. C'est impossible.

- Il vous parlait de son travail ? De sa vie personnelle ?

- Il n'est pas bavard.

Kamel, il est pudique.

- Sa réussite aurait pu provoquer de la jalousie autour de lui.

- Pourquoi des jaloux ?

Tout le monde était content

pour notre famille. Et il en a aidé plus d'un, ici.

Je ne parle même pas

des voisins qu'il soignait sans jamais rien demander.

- Youssef, ton frère te parlait de ses problèmes d'argent ?

- Celui qui a fait ça le paiera. - Arrête, Youssef !

Pas de ça chez moi. Elle parle en arabe.

Youssef, reste ici !

- Ca va, mec ? - Ouais, tranquille.

- Viens, on va discuter.

- Je n'ai pas envie de discuter.

- Viens là.

Il est où, Kamel ? - Lâche-moi ! Il est mort !

- Il est mort ? Te fous pas de moi ! - C'est fini, il est mort !

Tu l'auras jamais, ton fric. - C'est ta reum qui va raquer.

Tu piges ? Je veux ma thune ! - Bouge pas ! Police !

- Bouge ! Bouge !

- Ca va ? - Ouais.

Klaxon.

- Putain !

Arrête-toi, putain !

- Va te faire foutre, sale bâtard ! - Enfoiré !

Merde !

- T'as un train à prendre ? Non, non, non. Lève les bras.

Plus haut.

Bon, alors Dylan Morel, vous avez une vie un peu agitée, non ?

Vol de voiture, trafic de stupéfiants, cambriolage. Vous êtes

en liberté conditionnelle. - Il est où, mon baveux ?

- Il est dans les embouteillages. Tu vas pouvoir bavarder

avec madame la commissaire. - Je fais usage du droit au silence.

- Vous feriez mieux de faire usage de votre cerveau. Vous avez menacé

Youssef Nedjari avec une arme juste après l'assassinat de son frère.

- En gros, t'es un peu dans la merde.

- Bon, OK,

joue-la comme ça, mais je te préviens.

Ton avocat n'aura pas accès à ton dossier avant la mise en examen.

C'est un commis d'office. Il va juste t'écouter faire ton numéro.

Alors que nous, on va appeler le juge. Tu vas retourner en prison.

C'est ça que tu veux ?

- Tu ne connais pas la meilleure. Les durites de frein de la bagnole

de Nedjari ont été coupées avec un objet tranchant. Comme ton couteau.

- Je n'ai rien à voir avec ça. Vous me collez pas ça sur le dos.

- Fin de la minute de silence ?

- Bien. Docteur Nedjari, Kamel,

tu le rackettais ? - Moi ? Il me devait 6 000 boules.

- Tu te fous de ma gueule ?

- Je voulais qu'il me rembourse. J'ai fait passer le message

à Youssef. J'allais pas le planter. - Admettons.

Pourquoi il voulait cette oseille ? - Casino.

- Casino ?

- Kamel, le jeu,

il avait ça

dans la peau. Il claquait toute sa caillasse au casino.

Moi, je lui ai fait un prêt.

- A un taux avantageux.

- Je suis un businessman, moi.

- Ah...

- Je suis choquée par cette nouvelle.

Le docteur Nedjari était un client fidèle.

- Fidèle comment ? - Il venait presque chaque soir.

- 12h de travail puis casino...

Il jouait à quoi ? - Au Blackjack.

- La table des gros joueurs.

- Nous surveillons l'endettement de nos clients.

- Il perdait beaucoup ? - Nous restons discrets...

- Madame,

nous enquêtons sur son meurtre. - M. Nedjari remboursait ses dettes.

- A combien se montait son dernier remboursement ?

- Aux alentours de 6 000 euros.

De mémoire.

- Vous avez des problèmes avec des usuriers ?

- Pardon ? - Des gens qui prêtent de l'argent

aux joueurs. - Non, pas dans mon établissement.

Nous avons un service de sécurité. - Je veux voir vos caméras,

s'il vous plaît. - Très bien. J'ai une réunion.

- Faites. Faites.

C'est toujours ce croupier ? - Le soir, c'est souvent lui.

- C'est lors de sa dernière visite ? - Oui, il y a environ deux semaines.

- Vous n'avez rien remarqué ? - Rien. A part une engueulade

avec madame... - Madame ?

Elle défonce la voiture de Nedjari. - Elle n'y va pas de main morte.

*-Eh ! Mais ça va pas, là ?

*Isabelle ? Calmez-vous. *-Lâchez-moi, salaud !

- Elle est énervée.

*-Salaud ! *-Ecoutez-moi, Isabelle...

- Vous n'avez pas bougé ?

- Je ne m'occupe pas de la vie privée des clients.

*-Qu'y a-t-il ?

*-Je deviens folle. *-Taxi !

*Calmez-vous. Je vais m'en occuper. Ne vous mettez pas

*dans cet état. Je vais vous aider. - Stop !

- Taxi Annecy à 00h09.

- OK. J'ai besoin de la copie de cette vidéo. Et des vidéos

de ces deux derniers mois. - Pas de soucis.

- Merci. - Il faut identifier cette femme.

- Je m'occupe de savoir où le taxi l'a déposée.

- C'était une très belle surprise, ce dîner. Merci.

- Je suis content que ça t'ait plu. - Comment t'as trouvé cet endroit ?

- Maman, tu ne sais pas tout de moi.

- Je sais que cette invitation cache

quelque chose. - Pas du tout.

- On est entre la poire et le fromage. Je peux tout entendre.

T'as arrêté tes partiels ? T'as pas mis une fille enceinte ?

- T'as vraiment l'esprit mal tourné.

- Qu'y a-t-il ? - Madame désire un café ?

Un digestif ? - Non, merci.

- Une tisane, alors ? - Non. Voilà. Merci pour tout.

- Merci.

- Quelle lourdeur ! Accouche.

- Voussac veut que je sorte un gros article pour Annecy Matin.

- Voussac ? T'as terminé ton stage de journaliste.

- Maman... - On avait un deal avec la fac.

- Voussac croit en moi. Il dit que c'est le moment que je décolle.

J'ai pensé...

- Qu'en échange d'un dîner, je te filerais des informations

sur une enquête ?

- Juste un petit tuyau. Le meurtre de Kamel Nedjari, par exemple.

- T'es sérieux ? - Oui.

Elle rit.

- Je vais te donner l'exclu, chéri.

Mais tu vas être discret. - Oui.

- J'ai arrêté l'assassin. - Déjà ?

C'est vrai ? - Oui.

- Trop fort !

C'est qui ?

- Je le dis doucement...

(Le colonel Moutarde avec le chandelier.)

C'est drôle, hein ?

- Super drôle.

- Tu pensais que j'allais parler ? - Je ne suis pas qu'un journaliste.

Je suis ton fils. Tu pourrais m'aider.

- Je t'aide en t'apprenant les bases du métier.

Pas en te donnant des infos

sur une enquête en cours. Un vrai journaliste, arrête de boire,

fait sa propre enquête. - D'accord.

- Que fais-tu ? - Je ne te demandais pas beaucoup.

- Tu t'en vas ? Jules !

Jules !

Merci.

- Isabelle Cantin. On l'a identifiée grâce aux vidéos de surveillance.

- On la connaît ?

- C'est la femme de Pierre Cantin, directeur

de l'usine Skitel à Annecy. Venez.

Tenez.

- "Fabrication et entretien de télécabines de stations

"de ski." - L'une des plus grosses entreprises

de la région.

- "Isabelle Cantin, responsable qualité."

- C'est la fille de Charles Favereau, le fondateur de Skitel.

- Un notable friqué.

Un peu un ami de ma mère.

- Qu'est-ce qu'elle foutait sur le parking du casino ?

- Désolée.

- Le taxi a donné d'autres infos ? - Il l'a prise au casino d'Annecy.

Bip. - Il l'a déposée chez elle ?

- Non, à L'Envol.

- C'est un centre d'hébergement pour femmes en détresse.

- Que faisait-elle

là-bas ? - Mystère.

- Allons voir madame Cantin.

- Allez. Tu t'attaches, hein.

Bonjour.

Je peux vous aider ? - Oui. Commissaire Cassandre.

On voudrait parler à madame Cantin. - Elle n'est pas là.

Je suis Pierre Cantin, le mari d'Isabelle.

Que lui voulez-vous ? - Lui parler de M. Nedjari.

- J'ai appris sa mort dans le journal. C'était notre médecin.

Un bon médecin.

Il nous avait conseillé le centre L'Envol pour ma femme.

- Ca fait longtemps qu'elle y vit ?

- Ma femme souffre de trouble bipolaire.

C'était devenu un peu difficile à la maison. Surtout avec Juliette.

Je suis en retard. Je dois déposer la petite à l'école.

- Je vous en prie.

Madame Cantin ?

Isabelle Cantin ?

Je peux regarder ?

C'est très ressemblant.

- Vous connaissez Juliette ?

- Je l'ai croisée.

- Comment elle va ?

- Je ne l'ai vue

que quelques secondes, mais elle a l'air d'être en pleine forme.

On vous a annoncé ma venue ?

J'ai besoin de vous poser quelques questions à propos du décès

de votre médecin.

Le docteur Nedjari.

- C'est lui qui m'a envoyée chez les fous.

- Vous voulez dire en hôpital...

- A l'hôpital psychiatrique. - Pourquoi avez-vous été internée ?

- Ils disaient que je ne prenais plus mon traitement. C'est faux.

Ils disaient tous que je ne le prenais pas.

Pierre, mon mari, le médecin. Lui, surtout.

- Vous êtes restée combien de temps à l'hôpital ?

- Un mois. Un peu plus. Ils m'ont fait des...

- Des électrochocs ?

- "Electroconvulsivothérapie",

ils appellent ça. ECT.

Depuis, je n'ai plus toute ma mémoire, toute ma tête.

Je lui en voulais à mort.

- Vous l'avez giflé sur le parking car vous lui en vouliez à mort ?

C'est ça ?

- Qu'est-ce que vous me voulez ? Vous voulez me piéger, vous aussi ?

- Non. Qui veut vous piéger, madame Cantin ?

Vous souvenez-vous de ce que vous vous êtes dit sur le parking ?

- Je ne sais plus. Il avait promis de m'aider.

- Le docteur ? Vous aider ou vous piéger ?

Je ne comprends pas bien ce que vous me dites. Calmez-vous.

Vous allez m'expliquer calmement ce qu'il s'est passé. Ca ne va pas ?

- J'ai besoin de voir ma fille. Je veux voir ma fille.

- On va se rasseoir. - Foutez-moi la paix.

Je veux voir Juliette ! Rendez-moi Juliette !

- Madame Cantin... - Elle est où, Juliette ? Juliette.

- Madame Cantin,

calmez-vous. - Lâchez-moi.

- Vous êtes madame Quinet ?

- C'est le principe même de la bipolarité.

L'alternance de phases d'abattement et d'euphorie.

- Je pensais qu'il existait des traitements efficaces.

- Oui. Avec ces traitements, ils ont une vie presque normale.

- Isabelle Cantin affirme qu'elle prenait son traitement.

- Oui, depuis qu'elle est ici. Mais on n'a pas trouvé le bon dosage.

On en a parlé avec le docteur.

- Avec le docteur Nedjari ? - Oui.

- Il consultait ici ? - Oui.

Et gratuitement.

Beaucoup de gens ici n'ont pas les moyens d'avoir des soins.

- Il est venu quand

pour la dernière fois ? - Attendez, je note tout.

Mardi dernier.

- Il y a une semaine. Il a parlé avec Isabelle Cantin ce jour-là ?

- Non. Elle était sortie.

Ils ne s'entendent plus depuis qu'elle ne voit plus sa fille.

- Comment ça ? - Il y a une mesure d'éloignement.

- Une mesure d'éloignement ? - Ca a été décidé quand elle était

en HP.

- Je comprends qu'elle en veuille à son médecin.

- Elle en veut

à la Terre entière. A son médecin, à son mari, à son père.

Elle pense que sa famille l'a trahie. Elle ne veut plus les voir.

- Pardon.

Pardon, Juliette.

- Pour l'instant, Isabelle Cantin n'a pas le droit de voir sa fille.

- Qui a demandé l'internement et l'injonction ?

- Le mari avec l'aval du médecin qui l'a vue deux fois avant.

- Il y a de quoi l'avoir mauvaise.

- De quoi avoir des envies de meurtre. C'est un mobile solide.

- Aurait-elle pu passer à l'acte ? - Son mari pourrait nous le dire.

- Sur des oeufs, Cassandre. Skitel, ça pèse lourd dans la région.

- Vous me dites ça à chaque fois. - Oui. Je connais vos méthodes.

- Vous connaissez surtout ma diplomatie légendaire.

Je vais y aller au burin, là.

Elle rit.

Elle n'a pas d'humour, aujourd'hui. Téléphone.

- Oui ?

OK.

Très bien.

L'alibi de Dylan Morel est confirmé.

- Ah, je m'en doutais. On relâche le businessman.

- Je n'aurais jamais dû la laisser partir là-bas,

livrée à elle-même.

On frappe. - Oui ?

- Monsieur Cantin... - On a des questions à vous poser.

- Voici mon beau-père, fondateur et gérant de Skitel.

- Commissaire Cassandre.

- Enchanté. - Nous aimerions parler d'Isabelle.

On revient du foyer.

- Isabelle a besoin de repos. Elle n'a rien à voir avec la mort

de Kamel Nedjari. - Pourtant, elle lui en voulait.

- Elle l'a agressé physiquement.

- Elle m'en voulait à moi aussi. Elle en voulait à tout le monde.

- Evidemment. Les moments ont été difficiles. Pour elle.

Et pour nous tous.

Au début, avant de se coucher, ma fille pleurait.

Elle réclamait sa mère chaque soir. Alors, oui, Isabelle en voulait

à son médecin, elle m'en voulait à moi aussi. Ma fille m'en voulait.

Et moi, je m'en voulais. Vous venez de la voir, Isabelle.

Dans son état, elle est incapable de s'en prendre à qui que ce soit.

- Si elle ne peut faire du mal à personne,

pourquoi l'avoir fait interner

et avoir demandé au juge une injonction d'éloignement ?

- Elle aurait pu rentrer chez elle. - Savez-vous

ce que c'est de vivre avec un bipolaire ? Non ? Moi, oui.

Ma femme était aussi bipolaire. Elle serait encore en vie

si j'avais eu le courage de la protéger d'elle-même.

Ma femme s'est pendue. Je l'ai trouvée en rentrant du travail,

alors, vos questions, s'il vous plaît, merci.

- Charles...

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

D'après votre femme,

vous l'accusiez de ne plus prendre son traitement.

- C'est vrai.

C'est notre seule explication

au docteur et à moi. Mais qui aurait pu blâmer Isabelle ?

Il y a des effets secondaires.

Prise de poids, baisse de la libido, problèmes

de concentration et j'en passe. En tout cas, les crises sont revenues.

- Que s'est-il passé de si grave ? - Racontez-nous.

- Sa dernière crise a été affreuse.

On est passés à ça de la catastrophe.

C'était un dimanche. On avait une amie à la maison.

- Il faut touiller sinon ça reste collé.

- Juliette et Isabelle

préparaient le repas. - La prochaine fois,

c'est vous qui cuisinerez.

Sonnerie. Voilà.

C'est prêt.

Juliette, c'est toi qui égouttes.

- Moi ? - Oui. Vite. Ca sera trop cuit.

- Je ne peux pas me rapprocher du gaz. Je suis trop petite.

- Tu peux, enfin. T'es grande, maintenant, chérie.

- C'est lourd. - Fais-moi confiance.

Bon...

Puisque je te dis que tu peux ! Egoutte-moi ces spaghettis !

Et tu vas m'obéir. - Isabelle,

elle est trop petite encore.

Laisse.

- Tu vas m'apprendre à éduquer ma fille ?

Pour qu'elle devienne une empotée comme la tienne ? Vas-y.

Voilà. Tu vois quand tu veux.

C'est bien, ma chérie.

- Aïe ! Papa, j'ai mal ! - Qu'est-ce qu'il se passe ?

Cris. - Elle s'est ébouillantée.

- Ma chérie !

On va mettre de l'eau froide. Appelle les pompiers !

- Oui.

- Ca fait mal !

Pleurs.

J'ai mal !

- Vous me demandez si ma femme est dangereuse.

Je ne sais pas. C'est ma femme.

C'est ma femme.

...

- Pourquoi il vous a raconté ça ? - Vous avez ébouillanté votre fille.

Vous l'avez mise en danger. - Je sais tout ça. Je sais !

C'est... C'est de ma faute. Voilà. Tout est de ma faute.

C'est de ma faute si Juliette a peur de moi, maintenant.

Si elle ne veut plus me voir.

Elle halète.

Elle chantonne.

...

La mise en garde à vue d'Isabelle Cantin

est liée à la mort du Dr Nedjari ?

- C'est dans le cadre de cette enquête qu'elle sera entendue.

- On parle d'une altercation entre eux.

- Sans commentaires. - Le mise en garde à vue

de Mme Cantin implique également l'entreprise Skitel ?

- Non. C'est à titre personnel qu'Isabelle Cantin sera entendue

par la commissaire.

- Oui, oui.

- Madame la procureure... - Madame la procureure...

- Est-ce que l'injonction d'éloignement

de la petite Juliette doit être remise en question ?

- Je me fous qu'il soit doué. Jules n'est plus en stage.

Il est en fac de lettres. - Il ne va plus à la fac.

- Comment ça ?

- Vous communiquez ? - Ne me donnez pas de leçon.

- Surtout pas. Ce que je veux vous dire,

c'est que vous êtes belle... - Arrêtez.

- Et Jules est brillant. Il est fait pour ce métier.

Il va falloir que vous l'acceptiez. Il y a un âge

où ce sont nos enfants qui nous élèvent.

Parlons-en autour d'un dîner. - Dans vos rêves.

- C'est bon. Le médecin est passé voir...

- D'accord. Elle est en état ?

- Oui. - J'y vais.

Merci de vous être déplacé. - Je vous en prie.

Bonne journée.

- Je ne me souviens plus.

- Mardi.

7h, 7h30.

Rappelez-vous. C'est dans votre intérêt.

- Je ne sais plus. Je ne sais plus ce que je faisais ce jour-là.

Je devais être...

Je devais être encore dans ma chambre.

- Et la Ferme des Alpages,

ça ne vous dit rien ? A Montmin.

- Je connais Montmin.

Pourquoi j'y serais allée ? - Pour saboter

la voiture du docteur Nedjari.

Non ?

- Pourquoi j'aurais fait ça ?

- Je ne sais pas. Parce qu'il vous accusait de ne plus prendre

votre traitement. Parce qu'il vous a fait interner.

- Non... - Parce qu'à cause de lui,

vous ne voyez plus votre fille.

Il frappe sur la table. - Je vous repose la question.

Qu'est-ce que vous faisiez mardi entre 7h et 8h du matin ?

C'est simple

comme question.

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Vous nous dites que tout est de la faute du docteur Nedjari,

puis vous nous dites qu'il voulait vous aider. Ca veut dire quoi ?

Vous vous souvenez, vous m'avez déjà dit ça la première fois

qu'on s'est parlé.

- Je...

Il voulait refaire un point sur mon état de santé.

- Il vous a dit ça quand ? - Quand on s'est parlé.

- Quand vous l'avez giflé au casino ?

- Je ne sais pas.

Je ne sais plus. J'ai l'impression d'être...

Je ne suis pas folle, hein. Mais...

Je me rappelle juste qu'il ne comprenait pas

pourquoi j'étais dans un état pareil. Ca, oui.

- Et si elle nous baladait ?

- Tu crois que ses trous de mémoire, ce serait bidon ?

- Je ne sais plus.

- On ne peut pas écarter cette hypothèse. Mais elle est bipolaire.

Il faut y aller en douceur si on ne veut pas qu'elle refasse une crise.

- Bonjour.

- Eh bé ! En voilà une tenue pour faire des heures sup.

Canon.

- Merci. Je file. Si ça pouvait rester entre nous,

ce serait vraiment cool. - Une tombe.

- Hou là là !

Cette fois... - Je confirme, elle est amoureuse.

- J'aurais dû parier.

- Qu'est-ce que vous faites encore ici à cette heure-ci ?

- Je reviens du labo. Les bottes d'Isabelle Cantin

qu'on a retrouvées dans la chambre du foyer,

elles matchent avec les traces dans la boue dans la cour de la ferme.

Les mêmes traces d'usure. - La commissaire va être contente.

- La preuve dont elle avait besoin pour prolonger la garde à vue.

- Sacré Jean-Paul, va.

- Les fameuses bottes d'Isabelle Cantin.

Vous y croyez ? - Vous voulez que je vous dise ?

- Oui. - Je n'en sais rien.

Mais elle a un mobile en béton. A L'Envol, il n'y a pas de contrôle,

pas de caméra. - Vous avez raison.

Elle a pu sortir et revenir sans que personne ne la voie. Ca...

Mais Isabelle Cantin est dangereuse quand elle est en état de crise.

C'est incontrôlé. Elle est capable d'aller gifler Nedjari,

mais elle n'est pas capable d'aller couper ses durites de frein

pour qu'il finisse dans un ravin.

Et je ne parle pas du... - Spot à détecteur de mouvements.

- Qui était à 3m de haut et qu'elle aurait neutralisé. Non.

Peut-être qu'elle peut tuer, mais pas préméditer un meurtre.

- C'est votre intuition

féminine qui parle ? - Non, c'est mon instinct de flic.

Cette preuve est presque

trop belle pour être vraie. - J'avoue.

- Ce n'est pas moi.

- Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé là-bas ?

- Je ne me souviens plus. - Si vous vous souvenez de rien,

comment vous pouvez affirmer ne pas avoir été à cette ferme ?

- Je suis bipolaire, pas somnambule.

J'ai des problèmes de mémoire, mais je ne suis pas folle.

- Personne ne dit que vous l'êtes. - Ce n'est pas moi, je vous dis.

- Bah c'était vos bottes,

en tout cas.

- C'est quelqu'un qui les a mises à ma place.

C'est une machination.

C'est quelqu'un qui a fait croire que... c'était moi.

C'est une machination.

- Commissaire, quelqu'un vous demande.

- Ce n'est pas le moment.

- C'est important. Venez.

La porte claque.

- Vous me dites ça que maintenant ? - J'ignorais quand il avait été tué.

- Asseyez-vous. - Et je suis tombée sur cet article.

Je suis allée voir

dans mon journal de bord, vous savez.

- Oui, oui.

- Dans la nuit de lundi à mardi, Isabelle allait mal.

Elle n'arrivait pas à dormir, alors elle est venue me réveiller.

Il devait être 3h du matin.

Donc je l'ai sédatée et j'ai noté tout ce que je lui avais donné.

De quoi dormir au moins 10h. Après, je l'ai remise au lit

moi-même.

- Je pourrais le voir, ce journal de bord ?

- Bien sûr, je vous l'ai apporté.

- Merci.

Très bien, je vais le garder. - Ah...

- Ca ne prouve rien. Cette femme a pu écrire ça pour la couvrir.

- Je suis d'accord avec Pascal. Cet alibi tombe un peu du ciel.

- Oui, à point nommé. Mais on ne peut pas faire comme si cette femme

mentait. On doit considérer l'hypothèse qu'elle dit la vérité

et que quand les freins de Nedjari ont été sabotés,

Isabelle Cantin dormait.

- Après ce témoignage, qu'il soit mensonger ou non,

on ne peut plus la garder. - Il faut envisager l'idée

que quelqu'un ait voulu

lui faire endosser le meurtre. - Exactement.

Sonnerie. - Pardon.

Oui ?

- On dirait que ça vous arrange, cet alibi providentiel, Cassandre.

- Disons que ça va me laisser le temps de bien faire mon travail.

Qui voudrait faire endosser le meurtre de Nedjari à Isabelle ?

- Quelqu'un en rapport avec eux. - Le mari d'Isabelle.

Sonnerie. - On pense forcément à lui.

- En tout cas, il a le profil du parfait self-made-man.

Enfant de la DDASS, trimballé

de foyer en foyer avant d'être adopté par une famille

avec qui ça s'est mal passé.

Il a un casier. Juste des conneries de jeunesse d'un gamin

qui n'a pas eu de chance. - Pas le même milieu que sa femme.

- Non, effectivement. Son mariage avec Isabelle Cantin l'a propulsé

dans un autre monde. - Surtout à la tête de Skitel.

- Oui. - Il a aussi

tapé dans l'oeil de son beau-père. On le décrit comme un autodidacte

et comme un bosseur de folie. Il n'a pas laissé passer sa chance.

Sonnerie. - Maleva, décrochez

ou mettez sur silencieux. - Oui, oui. Pardon.

- Après la mort de la femme de Favereau, Skitel battait de l'aile.

C'était trop pour lui. Le suicide de sa femme, sa fille bipolaire...

Et Cantin a redressé la barre.

L'entreprise était devenue sa priorité.

Favereau lui a donné les pleins pouvoirs.

Skitel est devenu concurrentiel.

Ils ont raflé tous les appels d'offre.

Ils inaugurent la rénovation

d'une station, cette semaine.

- Pourquoi un type à qui tout réussi aurait tué Nedjari ?

- C'est lié à sa femme.

Surtout si on garde l'idée qu'il a voulu lui faire porter le chapeau.

- Ou alors des problèmes d'argent. Le docteur était joueur.

Il était aux abois.

- Qu'est-ce que vous avez, toutes les deux ?

- En parlant de casino et de jeux, le lieutenant Maleva a reçu

du ministère de l'Intérieur une lettre.

- Nedjari avait fait une demande d'interdiction de jeux

il y a deux semaines. - Ca va ?

- Ca va.

- Ca explique pourquoi il n'est pas retourné au casino.

- Il y est retourné.

On a fouiné dans les vidéos. - On avait déjà tout visionné.

Non ? - Oui.

Avant la gifle d'Isabelle Cantin. - Nedjari y est retourné après.

- On l'a laissé entrer ?

- Ouais. - C'est pas mal. Marchand,

vous y allez ? - Bien.

Sonnerie. - Ce n'est pas moi.

- C'est vous.

- Bah non...

...

- Faites vos jeux.

Les jeux sont faits ?

Rien ne va plus.

"Blackjack". C'est "valet noir", c'est ça ? "Black", c'est noir...

Je vous dérange ? J'aurais besoin de quelques infos sur M. Nedjari.

- Je dois changer

de table. Bonne soirée.

- Jean-Paul ? - Evelyne ?

- Qu'est-ce que tu fais là ? - Bah...

- On prend un verre ?

- Euh... bah oui.

Je n'aurais jamais imaginé que t'étais joueuse.

- Une toute petite joueuse.

Et très occasionnelle. C'est pour l'ambiance, les frissons.

- Quand même. Le casino...

- Bernard me manque, tu sais.

- A moi aussi.

- Les soirées sont longues sans ceux qu'on aime. Tu dois le savoir.

- Oui.

Trop longues.

- Alors, parfois, le soir, quand j'ai le cafard...

- Il faut se méfier, Evelyne. Le jeu, ça peut mener loin.

- J'ai juste besoin d'un peu d'aventure.

Le bureau, les tonnes de paperasses, le poids de la justice.

Ici, je me sens ailleurs.

- Si c'est de l'aventure que tu recherches, je suis ton homme.

Tu viens ?

Elle soupire.

- Tu crois

que ça va être encore long ? - C'est ça, les planques.

- On ne pourra pas dire que les magistrats ne connaissent pas

le travail des policiers.

Oh !

- Ah !

C'est le moment.

Conso perso ou deal ? - Vous allez me la jouer comme ça ?

- Madame la procureure et moi, on se demandait si t'avais pas

des choses à nous raconter sur Kamel Nedjari ? Combien il jouait ?

Combien il perdait ?

- Nedjari ne jouait plus.

- Alors, pourquoi il est venu la semaine dernière ?

- Il avait des dettes. - 6 000 euros. On sait.

- Non. Beaucoup plus gros.

- Combien ?

- 20 000.

Il siffle.

Je peux y aller, maintenant ? - Filez.

- 20 000E, c'est une somme pour un généraliste.

- On a tué pour moins que ça. De quoi t'occuper ces prochains jours.

Toi et tes collègues.

A propos, je compte sur ta discrétion rapport au casino.

Je préfère que Pascal ne sache pas que parfois, je...

Merci, Jean-Paul.

...

- Je pensais qu'on s'était tout dit. - On le pensait aussi.

- Nedjari avait une dette de 20 000E, et vous n'avez rien dit.

- Vous m'avez demandé le montant du dernier remboursement du docteur.

- Je pensais qu'au casino, on jouait avec l'argent. Pas sur les mots.

Il s'était fait interdire de jeux. Pourquoi est-il revenu ici ?

- Je voulais le voir à propos de sa dette.

- Les 20 000E. - Il voulait qu'on l'étale.

Mais ce n'était plus la peine. - Pourquoi ?

- Parce que quelqu'un avait remboursé sa dette.

- Ah bon ?

Qui ça ?

- Qui ?

- Monsieur Cantin.

Pierre Cantin.

Normalement,

je ne peux encaisser que 3 000E en espèce à la fois.

C'est pour ça que je n'ai rien dit. C'est illégal.

- Il a su qui était le bienfaiteur ? - Oui. Je lui ai dit.

- Et ?

- Ca l'a rendu furieux. C'était un homme qui s'était bâti tout seul.

Il ne supportait pas l'idée d'être redevable de quoi que ce soit

à qui que ce soit.

- Pourquoi il a remboursé la dette ? - Pour service rendu, j'imagine.

- Ce serait un internement abusif ? - Cet argent est lié à sa femme.

Le toubib fait un certificat médical de complaisance

et il signe l'internement. - Il ne voulait pas de ces 20 000E.

Ca le rendait fou. - C'est bizarre.

Téléphone. - Maleva ?

- J'ai épluché les fadettes du portable

*de Nedjari. - Je vous mets sur haut-parleur.

*-Quatre jours avant sa mort, il a appelé un laboratoire médical.

- Pour un médecin, ça doit être normal.

- Ce n'est pas son labo habituel.

- Vous avez appelé ? *-Oui. Nedjari a un pote d'internat

là-bas. Il lui a demandé une analyse en urgence.

- Une analyse de quoi ? - Des comprimés d'Isabelle Cantin.

- Ca a donné quoi ?

- On les cherche. Je suis avec le Dr Leterrier à son cabinet médical.

*Le labo a dû appeler Nedjari et envoyer

*les résultats par courrier. - Ca y est, je l'ai.

*-Alors ?

- C'est pas vrai ! *-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Isabelle Cantin prend deux médicaments. Un antidépresseur

et des sels de lithium sous forme de comprimés.

C'est classique.

J'avais mis en place ce protocole. - Et alors ?

- Dans ces analyses, il n'y a aucune trace de sels de lithium.

Il y a l'antidépresseur

et le paracétamol, là.

- Les sels de lithium auraient été remplacés par du paracétamol ?

- Des comprimés qu'on trouve dans n'importe quelle pharmacie.

- Isabelle pensait prendre son traitement alors qu'elle prenait...

- Un genre de placebo sans aucun effet.

- Les comprimés ont le même aspect. - Ca explique

son état d'instabilité ? - Absolument.

Le lithium a pour fonction de stopper les crises d'angoisse

et les crises maniaques. - Qui aurait eu intérêt

à trafiquer son traitement ?

- Désolée pour l'attente, monsieur Cantin.

Je vous remercie de bien avoir voulu venir. Asseyez-vous.

- Demain, j'inaugure des nouvelles cabines téléphériques.

Venez-en au fait rapidement.

- C'était bien mon intention.

- Qu'est-ce que c'est ? - Des analyses biologiques.

- En quoi me concernent-elles ? - Ce sont les analyses des comprimés

de votre épouse, monsieur Cantin.

Les comprimés de sels de lithium ont été remplacés par des comprimés

de paracétamol.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- C'est vous qui allez à la pharmacie.

- Oui, parfois. - Tout le temps. On a vérifié.

Et vous mettez les pilules

dans le semainier. - J'aurais trafiqué le traitement ?

- Absolument. - Vous êtes folle.

- Attention à vos paroles. Je pense que vous avez tué Kamel Nedjari.

- Quoi ?

- Il avait compris que vous étiez le responsable

de l'état de santé de votre épouse. - Je refuse de parler

sans la présence de mon avocat. - Me Lamarque ? Je l'ai rencontré.

Oui, appelez-le vite. Il va aussi falloir nous expliquer

pourquoi vous avez tenté d'acheter

le silence de Nedjari pour 20 000E. - J'ai voulu aider le docteur

qui est une personne précieuse

pour la région. C'était un prêt. Si rien ne s'y oppose légalement,

je m'en vais. Je suis attendu. - Je vous donne un conseil.

Réfléchissez à ce que vous faisiez mardi aux alentours de 7h du matin.

Ce sera ma première question

lors de votre garde à vue. - Ce matin-là, j'étais à la pêche

avec Charles Favereau à Doussard. Mon beau-père vous le confirmera.

Elle compose un numéro.

- Vous pouvez appeler Charles Favereau et vérifier

qu'il était bien à la pêche avec son gendre le matin du meurtre ?

De toute façon, il va le couvrir. Par acquit de conscience. Merci.

- Du paracétamol ?

Mais pourquoi ?

- Je ne sais pas. Mais ça explique votre état depuis des mois.

Sans sels de lithium, vos crises n'ont fait qu'empirer.

- Mais... mais ça veut dire que...

L'hôpital psychiatrique...

Si j'avais pris le bon traitement, rien de tout ça ne serait arrivé.

- Le docteur Nedjari n'y était pour rien.

- J'aurais jamais mis Juliette en danger.

Juliette...

Ma Juliette.

Je peux la voir, alors ? - N'allons pas trop vite.

- Je ne suis pas dangereuse, alors. Donc je peux voir ma fille.

- Je vous ai apporté des comprimés de sels de lithium.

Avec ça, ça ira mieux. Mais ça va prendre du temps. Des semaines,

des mois. Il faudra être patiente. Vous comprenez, Isabelle ?

Vous m'entendez ?

- C'est Pierre.

C'est Pierre qui a fait ça. - Je n'en sais rien.

Ce qui compte, c'est que vous preniez le lithium.

Isabelle, c'est très important.

- C'est Pierre.

C'est Pierre qui voulait m'empêcher de voir Juliette.

- Charles Favereau confirme l'alibi de son gendre.

Ils étaient à la pêche le matin du meurtre.

- Pour ce que vaut le témoignage d'un membre de la famille...

- On le fera tomber dès qu'on saura pourquoi il a fait ça.

- Pourquoi il l'a éloignée de sa fille ?

- Et de l'entreprise. Isabelle Cantin, c'est aussi Skitel.

En quoi elle gênait

chez Skitel ? Cherchons par là.

Sonnerie. Excusez-moi.

C'est mon fils. Oui, Jules ?

Quoi ?

Qu'est-ce que tu racontes ? Quoi, Pralognan-la-Vanoise ?

Quelle inauguration ?

- Je fais un reportage sur la nouvelle télécabine.

Merde ! La cabine est bloquée.

*-Je ne comprends pas. - La cabine est coincée.

- On va tomber. - Ca craint, maman.

*-Je ne comprends pas. - Ne paniquez pas.

- On redémarre ? - Tout va bien se passer.

Grincements.

- On dirait qu'on va se décrocher. - Pourquoi ça bouge ?

Cris.

- Jules, il faut écouter le responsable

de la cabine. C'est son boulot. Cris.

Qu'y a-t-il ? *-Les gens paniquent.

Il y en a une, elle est claustro.

- Calme-toi. Un hélicoptère arrive.

- Pourquoi ça bouge ? - Surtout, ne paniquez pas.

- Faites quelque chose ! - Nous avons la situation en main.

- Tout le monde panique.

Cris.

- S'il vous plaît. Monsieur Cantin ! - S'il vous plaît !

Monsieur Cantin !

- Je n'ai rien à dire. Laissez-moi tranquille. Charles !

Charles, venez ! - S'il vous plaît, une réaction.

- Monsieur le maire ! Vos impressions ?

- Qu'est-ce que vous foutez ? - Faites-moi sortir !

- La situation est sous contrôle. Hein ? Tu restes calmes.

- L'hélico est déjà en intervention. Il ne sera pas dispo avant 2h.

- Merde. - Ca ira.

Ils feront une sortie verticale. - Jules, tu m'entends ?

Vous allez faire une...

- Une sortie verticale. - Une sortie verticale.

Mets ton portable sur haut-parleur et fais ce que je te dis.

- S'il vous plaît, écoutez-moi, là.

Vos gueules, là !

J'ai la police au bout du fil. Ils veulent vous parler à tous. Vas-y.

*-Je suis le commissaire Cassandre

du commissariat d'Annecy et... Je ne peux pas. Je n'y arrive pas.

Je n'y arrive pas.

- Ici le capitaine Roche.

Vous allez faire une sortie verticale, sous la cabine.

*Ca ne présente aucun danger à partir du moment où vous suivez

les instructions de votre accompagnateur. Ne vous agitez pas.

- Faites-nous juste redescendre !

- Gardez votre calme. Ca va aller. - Vous ne pouvez pas redémarrer ?

- On est formés pour ça.

Grincement. - Ah ! Jules !

Jules !

Cris.

- On va s'écraser ! - J'en suis incapable.

- Sors vite.

- Ne vous inquiétez pas. Ca va aller.

- N'ayez pas peur. Tout va bien se passer.

Equipe au sol pour cabinier.

Je suis prêt à envoyer la première personne.

Vos deux pieds. Un pied à gauche, un pied à droite. Voilà.

Mettez vos pieds dans le vide.

Allez-y. Vous êtes prête ? C'est parti. N'ayez pas peur.

Elle crie.

Mettez vos pieds dans le vide.

Joignez vos pieds.

C'est parti.

- Voilà.

Ca va ?

Attends, je finis de te détacher.

Ca y est.

- Maman !

- Mon petit homme.

Ah, mon petit homme...

Tu me refais plus jamais ça. Jamais.

Que foutais-tu là-dedans ?

- On prépare un dossier sur Skitel. - Encore Voussac.

- J'ai voulu prendre des photos de la cabine. J'ai fait mon enquête.

- Tu leur voulais quoi à Skitel ? - Comprendre pourquoi l'entreprise

a raflé tous les marchés. En 2016, il y a eu un autre accident

dans une station.

C'est passé complètement inaperçu. - Skitel était sur le coup ?

- Leur cabine s'est décrochée. On a parlé d'un problème lié au vent.

- Pour faire porter le chapeau à la société d'exploitation.

- Skitel a été mis hors de cause. On n'en a plus parlé. Sans quoi

c'était mort pour leur monopole. - Ca fait deux accidents

en très peu de temps.

- Commissaire...

- Démerdez-vous comme vous voulez.

Je veux tout le monde dans mon bureau.

- M. Cantin. - Ce n'est pas le moment.

- Que s'est-il passé ? - En quoi ça vous regarde ?

C'est sûrement un triple croisement des câbles. Ca arrive parfois.

La cabine a déraillé.

- Ce n'était pas un problème de vent comme en 2016 ?

- Vous allez encore mettre ça sur le dos de l'exploitant ?

- C'est du sabotage.

- Du sabotage ? - Oui. C'est la seule explication.

Quelqu'un a bougé le câble. - Dans quel but ?

- Pour me nuire. Par vengeance. - Se venger de quoi ?

- Et, surtout, qui aurait fait ça ?

- Isabelle.

- Votre femme ? - Oui. Elle est responsable qualité

chez Skitel. Elle m'en veut pour Juliette et pour l'hôpital.

- Vous portez de graves accusations contre votre épouse.

- Elle a risqué la vie des passagers. C'est de votre faute.

Vous la poussez dans son délire,

donc elle s'en prend à moi. Un classique chez les malades mentaux.

On déteste les gens

qui veulent vous aider, vous soigner. Les gens qui vous aiment.

- Les malades mentaux ?

Il a une drôle de manière de parler de sa femme.

- Vous croyez qu'elle aurait pu saboter la cabine ?

- Elle en a les compétences.

- Surtout qu'elle a appris que son mari trafiquait son traitement.

- Ca doit foutre la rage. Sonnerie.

- Oui ?

Quoi ?

Comment ça, "partie" ? On arrive.

- Elle est partie tôt ce matin. Elle a pris ses affaires.

Elle a volé ma bagnole. - Tout correspond.

Isabelle a pu saboter la cabine. - Elle était en boucle sur son mari.

Elle avait vraiment la haine. - Et merde !

- Il faut l'arrêter avant qu'elle fasse d'autres conneries.

- Checkez les lieux familiers. Chez elle, chez son père, à l'école.

- Ca marche. - Elle n'avait rien fait.

Elle était innocente de tout ça, et maintenant...

- Vous savez ce que je vous ai dit pour le jour du décès du docteur...

- Vous avez menti. - Je ne croyais pas

qu'elle pouvait tuer.

J'ai voulu la protéger. Je ne sais pas ce qu'elle a fait ce matin-là.

- Ni où elle est.

- Je suis désolée.

- Le centre équestre de sa fille sur la route des Séracs, c'est là

qu'elle a été vue. - Elle a pris la fuite avec sa fille

dès qu'elle a vu la police. *-Isabelle Cantin n'a pas le droit

*d'approcher sa fille. - Elle ne lui fera rien.

- Elle n'a pas pris son traitement. - Et elle est énormément stressée.

- Employez les grands moyens.

*-Une alerte enlèvement ? *-Elle a peut-être tué Nedjari

*et elle est suspectée d'avoir saboté

la télécabine. En cas de crise, elle peut faire n'importe quoi.

- Laissez-moi deux heures. Je voudrais lui éviter

de faire la une des médias. - Deux heures, pas plus.

- On va tout recommencer, ma chérie.

Je te promets, tout sera comme avant.

Tu m'entends, Juliette ?

Tout va aller bien maintenant qu'on est ensemble.

Tu m'entends, Juliette ? - Oui, maman, je t'entends.

- Quand même.

Tout va aller bien.

*-Vous confirmez ? - Affirmatif, c'est elle.

Il n'y a pas d'erreur.

*-On envoie une équipe.

Sirène au loin.

...

- Que faites-vous ? - J'y vais seule.

- Vous êtes sûre ? - Oui.

Je viens vous aider. Je viens vous aider.

- Foutez-nous la paix ! On veut juste pouvoir partir.

- Vous aggravez la situation.

- Je voulais juste voir ma fille ! - Je sais.

Faites-moi confiance.

Vous la verrez après. - Non. Vous êtes comme les autres.

- Ecoutez-moi... - Reculez ! Reculez !

Tu recules !

- Laissez sortir votre fille. Après, on se parle. Que faites-vous ?

Non ! Que faites-vous ?

- Personne ne prendra ma fille. Vous nous laissez partir

ou je fais tout sauter.

- Personne ne va vous prendre votre fille. Ne faites pas ça !

- Y a plein d'essence sous nos pieds.

Foutez-nous la paix ou je fais tout sauter.

Ou je fais tout sauter ! T'as entendu ? Vous voyez ?

- OK. OK. Alors, écoutez...

- T'as entendu ? - Oui, j'ai entendu. J'ai entendu.

Isabelle, laissez sortir la petite.

Je sais que vous êtes une bonne mère. Que vous adorez votre fille.

Mais la petite, elle n'y est pour rien. Vous lui faites peur.

Vous avez toujours été une super maman.

Vous n'avez jamais voulu

lui faire du mal. Dites-le-lui. Dites-le-lui car c'est la panique.

Dites-le-lui. Dites-le-lui.

Elle a besoin de l'entendre.

- Je voulais pas, Juliette. Je voulais pas te faire de mal.

Tu le sais, Juliette ?

- Le traitement n'était pas bon.

- Hein ? - C'était le traitement !

- Oui, c'était le traitement. - Oui. C'est lui, le malade.

- C'est ça, c'est le traitement.

Il avait changé mon lithium !

C'est lui, le malade. Ce n'est pas moi. Il a changé mon lithium.

- Je vous crois, moi. Alors, ouvrez cette porte, Isabelle.

On va se parler calmement.

Laissez la petite sortir. Vous l'adorez, votre petite fille.

Isabelle...

Isabelle !

Allez, Isabelle.

Je sais que vous pensez comme moi. Ouvrez la porte. Laissez-la sortir.

Isabelle ! Isabelle !

C'est bien. C'est bien. C'est ça.

Vous faites le bon choix, Isabelle. Allez, viens, Juliette. Viens.

Va là-bas.

C'est bien. Vous avez fait le bon choix. C'est bien.

Elle pleure.

Allez, allez, c'est fini.

C'est fini. C'est fini. C'est bien. Vous avez fait le bon choix.

C'est bien.

- Ca va ? - Ca va.

- Madame Cantin, une déclaration ! - Par ici, s'il vous plaît !

- Juste quelques mots !

- Est-ce que vous niez

être à l'origine de la mort du docteur Nedjari ?

- Madame Cantin !

- Papa ! - Juliette !

Juliette !

- Monsieur Cantin, une déclaration, s'il vous plaît !

- C'est fini. C'est fini. C'est fini.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? - Si on ne trouve pas de preuves

contre lui, devant le parquet, c'est elle qui prendra.

- Attache-toi, ma chérie. Attache-toi.

- Je n'étais pas à Pralognan.

Pourquoi j'aurais saboté la cabine ?

- Pour vous venger de votre mari.

Vous veniez d'apprendre que vous étiez dans cet état à cause de lui.

- Je n'y étais pas. - Que s'est-il passé, alors ?

Vous pouvez nous expliquer ce qu'il s'est passé ?

- Comment vous voulez que je sache ? - C'est votre métier.

Il y a déjà eu un accident.

La Sylvoise, ça ne vous dit rien ? En 2016, l'année dernière,

il y a eu un accident aussi. Vous étiez en poste à cette époque.

Vous avez forcément travaillé dessus.

- Allez, essayez de vous souvenir.

Il y a eu deux blessés graves. C'est la société d'exploitation

qui a été tenue pour responsable. Vous vous souvenez de ça ?

Ca ne vous dit rien ? - Si. Deux blessés, oui.

- Prenez votre temps, Isabelle.

Fermez les yeux, si vous voulez. Respirez. C'est bien.

Respirez calmement.

Respirez. Fermez les yeux si ça vous aide.

Voilà. Faites le vide.

Réfléchissez.

C'est quelque part. C'est dans votre mémoire.

Caché.

La Sylvoise.

Deux blessés.

- Oh !

Je n'y arrive pas. C'est trop dur.

Pardon.

- Ce n'est pas mon genre d'être pessimiste, mais là,

je ne vois pas ce qu'on peut faire.

- On est des flics, pas des neurologues ou des magiciens.

On n'a pas le don de lui faire retrouver la mémoire.

- C'est sûr.

- A moins...

Oui, ça pourrait marcher.

Oui.

- Qu'est-ce qui pourrait marcher ?

- Jules, t'as les photos de la télécabine de Pralognan ?

- Oui. - Tu me les files ? J'en ai besoin.

- Oui. - Intérieur et extérieur ?

- Oui.

Tu m'expliques ?

- Stop.

Euh... non, avancez.

Revenez un peu en arrière.

Avant encore. Ouais. Là. Là.

- C'est quoi ?

- Des flasques de bogie. Est-ce qu'on peut agrandir l'image ?

- Vous pouvez m'aider ? Je ne sais pas le faire.

- Oui. oui, c'est ça. - "C'est ça" quoi ?

- Regardez, là.

La pièce est usée. Elle ne devrait plus être en service.

- Le matériel n'est pas censé être neuf ?

- Si, justement. Et c'était la même chose à La Sylvoise.

Je me souviens, maintenant.

C'est ça que j'avais découvert, l'année dernière.

- Ca a pu provoquer les accidents ? - Evidemment.

- Vous aviez découvert que Skitel... enfin, que votre mari utilisait,

et utilise toujours,

du matériel d'occasion ?

- Du matériel low cost. - Oui, pour remporter les marchés.

- J'ai l'impression que la réussite professionnelle compte beaucoup

pour votre mari. C'est sa revanche sur son enfance difficile ?

- Pierre est prêt à tout pour être le premier.

A tout.

- Charles !

Charles ! - Je suis là, Pierre. Je suis là.

- Vous vouliez me voir ?

- Oui, j'ai besoin d'explications. - A quel propos ?

- Les flasques de bogie.

Il y a un défaut de fabrication. - C'est-à-dire ?

- Et à la Sylvoise en 2016 ? - Je ne comprends pas.

- Isabelle avait compris, elle.

- Isabelle ? - Isabelle, oui.

Elle savait que tu utilisais des pièces de récupération à bas prix.

- Je voulais vous en parler. Isabelle voulait nous balancer.

- Elle avait constitué un dossier ? - Oui, mais ne vous inquiétez pas,

j'ai détruit les preuves. On ne risque rien.

- On ne risque rien ? Tu te fous de ma gueule ? Il y avait un double

du dossier.

- Mais il est vide.

- Oui. C'est après l'incident de la Sylvoise que tu as commencé

à remplacer son lithium

par du paracétamol ? - J'ai fait ça pour sauver la boîte.

Pour sauver Skitel.

- C'est pour ça que tu as fait interner ma fille ?

- On est leader, Charles. Leader. - Tu as mis en danger Juliette.

Tu l'as écartée de la vie de sa mère !

- Isabelle voulait nous faire tout perdre.

- Quand je pense que j'ai dit que nous étions en train de pêcher...

- Je n'avais pas le choix !

- On a toujours le choix, Pierre. Toujours.

- Le toubib avait tout compris. - Ah oui ?

Donc tu es passé chez toi récupérer les bottes d'Isabelle.

- Il allait tout dire aux flics. - Comme toi, Pierre. Comme toi.

- Charles...

- Salopard, tu ne vas pas t'en tirer comme ça !

- Ah ! Arrêtez ! - Tu ne vas pas t'en tirer comme ça.

- Cantin !

Lâche ça. Lâche, je te dis.

- Charles, pourquoi ?

Pourquoi ?

- Je t'ai tout donné. Ma fille, mon entreprise, tout.

Espèce de salaud !

Salopard !

Et dire que je n'ai rien vu pendant toutes ces années. Il a fait ça

sous mes yeux, avec ma bénédiction. - Non.

Il vous a manipulé. Comme il a manipulé Kamel Nedjari.

- Oui.

Mais ma fille avait besoin de moi, et je n'étais pas là pour elle.

- Vous êtes là, maintenant. Vous allez vous occuper d'elle.

- Merci.

(Va vite embrasser ta maman.)

...

Ca va aller.

Allez.

...

- Oh ! Eh !

- Vous aussi, alors ?

Quelqu'un sait pourquoi ?

- Mystère.

- Fais voir.

Il lit rapidement. - C'est la même chose.

- Quelqu'un peut m'expliquer ? - On a tous reçu le même SMS.

C'est ça. - Moi aussi, s'il vous plaît.

- Le lieutenant Maleva. - Quoi ?

- Elle n'est pas là. C'est forcément elle qui a envoyé le texto.

- Fin limier de mère en fils. - Mon fils est passé du côté obscur

de la force. Il est journaliste. - C'est la une de demain matin.

- La une ? - Et voilà.

- Bientôt le prix

Albert-Londres.

Sifflements.

Balade en anglais.

...

Applaudissements.

france.tv access

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.