Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
- Qu'est-ce qu'elle fout, bordel ?
Ah !
- Marchand, votre chalet est au cul du monde.
On a quoi ?
- Gaëlle Servaz, 35 ans.
Une éducatrice au lycée Amédée de Savoie.
- Celui de mon fils ?
- Oui. La soeur de Pascal
a découvert la victime.
- Lieutenant.
...
- Désolée pour le retard.
Ca va, votre soeur ? - Elle est choquée.
Je vais prendre la déposition.
- Oui. Emmenez-la.
- OK.
- Commissaire. - Je vous écoute.
- La mort remonte à un peu plus de 12 heures,
dans la nuit de dimanche à lundi. La victime présente
des traces de strangulation et 4 coups d'arme blanche.
- On n'a pas l'arme du crime.
- Excellente constatation, Maleva.
...
Deux verres. Ils se connaissaient.
- Pas de trace d'effraction.
- La dispute a éclaté dans cette pièce.
Venez ici.
Vous êtes la victime. - Moi ? Je fais quoi ?
- Echange de coups.
La victime tombe, le vase se brise.
C'est à ce moment-là
que le meurtrier décide de l'étrangler, mais elle s'échappe.
Allez-y, Marchand, échappez-vous.
- Elle fonce vers la sortie la plus proche. La cuisine.
- La victime hurle. - Il tente de la faire taire.
Vous pouvez serrer, madame la commissaire.
- De sa main libre, il tâtonne. C'est quoi, ça ?
- Si on n'essuie pas un couteau qu'on a lavé,
des fois, ça rouille.
Bien vu.
- L'arme du crime saisie par opportunité.
C'est une discussion
qui tourne mal. - Ma soeur connaît le meurtrier.
- Son prénom, c'est Lucas.
Je défends les jeunes au tribunal des mineurs.
Je connais les éducateurs
du lycée Amédée.
Mercredi, Gaëlle voulait me parler.
C'est là que je l'ai vu.
- Tu me fais quoi ?
- On peut pas se voir. C'est fini. OK ?
C'est fini. - Et eux, là ?
Tous ces connards.
Ils savent ? - S'il te plaît.
- Je leur dis qui tu es ?
- Lucas,
on sort. - Tu peux pas me quitter.
- C'est pas le lieu...
- Ferme ta gueule ! - Lucas, calme-toi.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Dégage !
Je te jure que tu vas rentrer. Sinon, je te ramène en morceaux.
- Gaëlle était vraiment embarrassée. Elle était désolée.
- Rien ne pourrait
nous aider à le retrouver ?
- Je m'occupe tous les jours de ce genre d'individu.
- Tu pouvais pas savoir.
- Dites à Nicky de trouver son numéro.
- Mme la procureure, une déclaration !
- Il n'y aura aucune déclaration.
Ma chérie, ça va ?
- Ca va, maman. - Merci
de m'avoir prévenue.
Vous savez que la victime était éducatrice
au lycée Amédée de Savoie ?
Notre ville a besoin de cette institution
de jeunes en difficulté. Nous sommes d'accord.
Cette affaire ne doit pas rejaillir sur cet établissement.
Ce serait une aubaine pour tous ses détracteurs.
Débrouillez-vous pour régler ça dans les plus brefs délais.
- On est raccord, Mme la procureure.
- Viens, on rentre.
...
- Merci, Michel.
L'INPS aura fini dans 30 minutes.
On pourra faire la perquise. - Une demi-heure ?
D'habitude il leur faut au moins deux jours pour nous répondre.
- Vous savez pas de quoi je suis capable.
Les journalistes vont nous demander
si c'est pas un élève du lycée.
- Les clichés vont pleuvoir.
Déjà, à mon époque, ça loupait pas.
- Là, c'est un meurtre. Ils risquent la fermeture.
"Cliché", c'est votre mot. Quand la presse verra
qu'un des flics chargés de l'enquête
est tatoué jusqu'au cou, ça va jaser.
- Mon tatoueur est à 10 000 km d'ici,
près de Macao. Je vous emmène quand vous voulez.
- Ca me touche beaucoup,
mais j'ai l'épiderme beaucoup trop fragile.
On retourne au lycée. Attendez-moi deux minutes.
...
- Tu me surveilles ? - T'as quelque chose
à te reprocher ?
- Tu vas pas me faire une crise de jalousie.
- Je n'ai rien dit.
Je vois juste un type qui se prend les pieds dans le tapis.
C'est trop mignon. - Ca va !
Arrête ton sketch.
J'aime pas qu'on se montre devant les autres.
- Viens Nicky, on file.
Perquise chez la victime.
- Pardon.
- Salut, Rodolphe. - M. Blondiau.
- La nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux.
Espérons qu'aucun de nos jeunes n'est mêlé à cette affaire.
- On a déjà un suspect.
Il était présent au pot,
mercredi. - Pour l'instant,
c'est une hypothèse.
On va interroger les jeunes dont s'occupait G. Servaz.
Et ses collègues. - Ils arrivent.
- On savait que ça arriverait.
- On veut pas de problèmes, mais c'est pas vous qui habitez
en face. J'ai deux ados à élever.
- Nous travaillerons avec les associations de riverains.
Je vous demande donc de garder le sens de la mesure.
- Ils ont raison. Ce bahut est plein de gamins dangereux.
- On se calme. Ce sont des jeunes à qui on donne une seconde chance.
- Facile !
- M. le proviseur. Que font les flics ici ?
Je veux voir mon fils.
- M. Berthaud, je vous comprends, mais c'est pas possible.
Votre enfant ne peut quitter l'établissement.
Laissez-nous travailler.
- Attendez.
Mon gamin n'a pas mérité d'être ici.
Ou je rentre ou il sort, mais il faut que je parle
à mon fils. - M. Berthaud, je suis désolé.
- M. Blondiau !
M. Blondiau.
Laissez entrer ce monsieur.
- Mais... - Je le prends sur moi.
Venez, monsieur.
Monsieur, venez !
Vous connaissiez bien Gaëlle Servaz ?
- Un peu. Comme tout le monde. Elle s'occupait de Kevin.
On paye ces éducateurs avec nos impôts,
et on n'est au courant de rien...
- Ces jeunes doivent se reconstruire. Les éloigner
de leurs familles, c'est le principe. C'est comme ça.
- J'ai tout fait pour mes gamins.
Mon fils, c'est comme si on me l'avait enlevé.
- Je ressens la même chose que vous.
Je pense qu'ici, nos enfants
sont entre de bonnes mains.
...
- Ca va, mon chéri ?
Je suis là, t'inquiète pas.
- Elle a quoi, Mlle Servaz ? - On l'a retrouvée morte,
ce matin. On a un suspect.
- Elle a souffert ? - T'as pas besoin de détails.
Tu la connaissais ?
- Oui. On est tous hallucinés.
Je veux pas en parler.
- Qu'est-ce que t'as ?
Tu me caches quelque chose. Parle-moi, je vais pas te lâcher.
- C'était ma nouvelle éducatrice.
C'est tout. Elle me faisait progresser.
C'était la plus cool. J'aime pas
les autres.
- T'as changé d'éducatrice ?
Sonnerie.
...
Tu me fais pas un baiser ?
- Vous saviez pas,
pour son éducatrice ?
- Ben non, je savais pas.
Personne ne m'a rien dit. Surtout pas son connard de père.
- Madame la commissaire. Par ici.
...
- Tu trouves quelque chose ?
- Que dalle !
Pas un sex-toy. Rien.
- Vous savez, les sex-toys, ça existe depuis les Grecs.
...
- C'est pas du strass, ça. Une éducatrice peut se payer ça ?
Allez, on l'embarque.
- Oh, merde !
Viens voir.
Regarde-moi ce merdier.
Le fils de la commissaire. Jules.
La victime s'occupait de lui.
- Et elle ne nous a rien dit.
- Ca vient de tomber. Il faut que ça se décante.
- Elle a oublié de nous dire que c'était l'éducatrice de son fils ?
On embarque le dossier.
- Franck.
Franck.
Franck Talbot.
Le collègue le plus proche de Mlle Servaz.
- Monsieur.
Commissaire Cassandre. - Je vous laisse.
- Merci, Rodolphe.
- Vous savez, Gaëlle... Tous les élèves l'adoraient.
Elle avait le don de gagner leur confiance,
et en même temps, elle savait être ferme.
- Vous pensez que ça peut avoir un rapport avec quelqu'un d'ici ?
- J'en sais rien. On a des délinquants, ici,
mais pas des assassins.
On vous a parlé du type qui a sorti un couteau sous son nez ?
- Oui. - C'est notre suspect.
- C'est un suspect.
- Vous auriez remarqué un détail qui nous permettrait
de retrouver ce type ? Un certain Lucas. Ca vous parle ?
- Non. Je ne l'avais jamais vu.
Et je vois pas ce que Gaëlle aurait foutu avec un type pareil.
Il a 10 ans de moins qu'elle.
Je l'ai vu repartir, ce gars.
Une camionnette verte.
Avec un logo dessus.
Un arbre. Un pin...
- Vous n'avez pas relevé
l'immatriculation ? - Non. J'ai pas percuté.
- Nicky, j'ai besoin que tu me fasses une recherche.
Notre suspect travaille dans une scierie avec un arbre comme logo.
Rappelle-moi. Merci.
- Il se fout de ma gueule.
Italien.
- Putain ! ...
- Tiens.
Qu'est-ce que tu fais là ? - Tu réponds pas au téléphone.
- Ce mec dissimule des déchets
toxiques. C'est sensible.
- Jules a une nouvelle éducatrice et je suis pas au courant ?
C'est normal ? - Ca y est, t'es au courant.
- Il a fallu un meurtre pour que je l'apprenne. Gaëlle Servaz,
son éducatrice, a été tuée. - Comment c'est arrivé ?
- Ca ne te regarde pas.
Et Jules va mal. Il commence à mentir.
Et grâce à toi,
je débarque.
J'aurais dû la rencontrer, l'éducatrice.
Mais t'as tout fait pour dresser une barrière
entre mon fils et moi. - On se calme.
- Attends.
- L'éducatrice, je l'ai rencontrée. Ca suffisait.
- Je t'ai demandé de penser à ma place ?
Je suis sa mère, putain !
- C'est dur pour Jules en ce moment.
Je voulais pas t'alarmer. - C'est pas tout ?
- Alors... Jules est dans un nouveau délire. On n'arrive pas
à le tenir. Il fait le mur. On sait pas ce qu'il trafique.
- Avec Kevin Berthaud ? - Comment tu sais ?
C'est la nouvelle influence
de Jules. Gaëlle m'a dit que si ça continuait, elle en parlerait
au juge. - Au juge ?
Comment t'as osé me cacher tout ça ?
- Parce que tu viens me faire chier sur mon lieu de travail.
Voilà pourquoi.
C'est moi qui ai
la garde
de Jules, alors laisse-moi gérer ça.
- Philippe.
J'ai quitté Paris, mes amis...
- Oui, Nicky ? - Je t'interdis de me cacher...
- C'est pas route des Beauges ?
OK. On arrive.
- Me regarder m'engueuler avec mon ex,
ça vous excite ? - Non.
Mais ça vous donne un air sexy.
Je vous emmène en voyage.
Nicky a logé un Lucas Perrin. C'est pas un enfant de choeur.
...
On frappe.
- Ah, Lucas.
La police veut te parler.
T'as pas fait
de conneries ? - Vous me voulez quoi ?
- Commissaire Cassandre. Vous n'écoutez pas
la radio, M. Perrin ? Gaëlle Servaz, ça vous parle ?
- Gaëlle ? - On l'a retrouvée morte, ce matin.
Il va falloir t'expliquer.
- Mais ça va pas, non ?
- Ho ! Changez de ton. Pourquoi vous êtes-vous disputé avec elle ?
Qu'y avait-il entre vous ?
- C'est quoi encore, cette merde ?
- Vide tes poches sur le bureau. Ton couteau va aller direct
au labo pour analyse.
- Lucas, fais pas le con !
- Arrête-toi !
...
- Arrête-toi !
...
- Ah !
...
- Lâche ton arme !
Ecarte les mains !
Je retournerai pas en prison.
Je veux une bagnole.
Sinon, je la crève. C'est clair ?
- Une bagnole !
On a affaire à un comique.
- Il se croit
à Hollywood.
- T'auras que dalle.
- Peut-être une balle dans la tête ?
- Bonne idée.
Coup de feu.
- Aaah !
- Tu bouges pas.
Tu bouges pas.
- Aaah !
- Ca va ?
- Vous savez quoi ? Vous êtes un grand malade.
- Il n'y a pas qu'au 36 qu'on sait bluffer.
- N'importe quoi.
...
- Une simple éducatrice n'aurait pas pu se payer un bijou pareil.
J'ai cherché.
Et les gendarmes m'ont envoyé ça. Le butin
du braquage d'une bijouterie.
Ils ont chopé le braqueur.
- Perrin ? - Oui.
Il n'avait alors commis que de petits délits.
Il a le parcours type du gosse maltraité qui tourne mal.
- Mais que faisait ce bijou
chez Gaëlle Servaz ?
- Quand Perrin était en taule, quelqu'un venait le voir
toutes les semaines.
Il avait été en centre éducatif fermé.
Et son éducatrice était... - Gaëlle Servaz.
- Ils se connaissaient.
- Servaz tombe amoureuse du voyou, elle le quitte, et ça tourne mal.
- Poignardée
pour des bijoux. - Des nouvelles
de sa blessure ? - Ca va. Pascal
est un bon tireur. C'est superficiel.
On l'interrogera demain. - Merci.
- T'avais pas arrêté
de fumer, toi ?
- 3 ans, 9 mois et 2 jours foutus en l'air, dis donc.
- Ca va pas ?
- Hier soir, au supermarché,
à la caisse, il y avait 3 personnes entre nous.
C'était Anaïs, ma fille... Enfin, la fille de ma femme.
Elle a fait mine de ne pas
me reconnaître. T'imagines ? 3 ans que je l'avais pas vue.
Anaïs ne veut pas me pardonner.
J'aurais peut-être pas dû, avec Hélène...
- Mais non.
Hé, dis pas de conneries.
J'aurais fait pareil pour la femme que j'aime.
- La femme que t'aimes, elle ressemble à quoi ?
Une jolie métisse, genre Maleva, ou une belle blonde,
genre patronne du 36 ?
...
- T'as dit quoi au directeur ? Kevin, il a pas pu sortir.
- C'est pas mal, une maman qui bosse dans la police.
On va se faire une chouette soirée tous les deux.
- Tu m'as pistonné, en fait.
Tout le monde va me prendre pour un bouffon. Merci, maman.
- Je t'en prie, mon chat.
...
Ta-da !
- Qu'est-ce que c'est ?
Des lasagnes au saumon ?
C'est mamie qui fait ça. - Je me suis mise
à la cuisine. - Toi ?
- Oui, moi.
Et c'est de la truite que j'ai pêchée moi-même
derrière le chalet,
dans le torrent.
Non, c'est pas vrai.
Donne-moi ton assiette.
Voilà. - Merci.
- Quand tu fais le mur avec Kevin,
tu vas pêcher des truites ?
- Arrête, maman. - Je m'inquiète, c'est normal.
Comme n'importe quelle maman.
Je veux t'aider.
Mais si tu me parles pas, je vais pas y arriver.
- On en a ras-le-bol, de ce lycée. C'est tout.
- C'est tout ?
Mais il a une tête sympa, ce gars. Je comprends que tu te sois
attaché à lui.
Je suis lourde, mais si t'as un problème avec Kevin,
il faut que tu m'en parles. On recommence pas les conneries
comme l'année dernière. D'après ton père,
c'est ta nouvelle influence. - C'est mon pote.
Les autres le trouvent chelou. - Pourquoi ?
- Ils se foutent de sa gueule, parce que son père est berger.
Ils le traitent de bouseux. - C'est débile.
J'ai rencontré le papa,
il n'a rien d'un bouseux. C'est tout ?
- Il fait des cauchemars.
Il se réveille en hurlant. Les autres le traitent de bébé.
Il se lève parfois la nuit, il est endormi.
J'ai essayé de le rattraper. On s'est fait choper.
Alors je suis allé voir Gaëlle.
Je lui ai expliqué. Elle l'a emmené voir un psy.
A cause de ça, il m'a pourri. - C'est très bien ce que t'as fait.
Je suis fière de toi. - C'est ça !
Les autres vont me prendre
pour une balance. - C'est ridicule.
Tu m'as pas dit pourquoi tu faisais le mur.
On frappe.
- T'attends quelqu'un ?
- Non.
Tu ouvres ?
- Yvan, qu'est-ce que tu fais là ?
- Salut, je passais dans le coin.
Comment tu vas ? - Ca va.
Je termine ma peine en Haute-Savoie.
- Remonte à Paris avec moi.
Je t'en montrerai des prisons. - Non, merci.
J'ai un contrôle à réviser.
Bonne nuit.
...
- Tiens. - Merci.
- Je suis désolée, mais j'avais prévu cette soirée
avec Jules... - C'est moi. Fini les surprises.
Ou je te préviendrai. Mais ce sera plus une surprise.
T'en es où avec ton logement de fonction ?
Tu vas pas rester dans ce chalet. - Je sais pas. Je m'en fous.
- Je peux te dégoter un appart avec vue sur le lac...
- Yvan, c'est super gentil,
mais j'aime bien choisir moi-même. Et Jules recommence
ses conneries. Il m'inquiète. J'ai besoin
de réfléchir.
J'aime pas qu'on envahisse ma vie.
Ca m'angoisse.
Je préfère être seule.
C'est pas contre toi.
- Non, non.
- Ne m'en veux pas.
...
- Alors démerde-toi pour ton logement de fonction.
Dans ce monde pourri, il faut prendre les mains qu'on te tend.
Hein ?
Restes-y, dans ton chalet paumé !
Je dors sur le canapé. Je reprends pas la route.
J'ai pas envie de manger un sapin.
...
- Quand on assure les points école, on reste devant l'école !
La prochaine fois, je vous renvoie à l'école de police. C'est clair ?
J'ai pas entendu.
- OUI, MAJOR.
- Filez.
- Désolé, mais il faut qu'on arrive
à se parler. Allô ?
Allô ? Oh, merde !
- Entre G. Servaz et vous, il y avait quoi ?
- Rien de spécial ! Une copine.
- Une copine.
- A qui tu as offert
un bracelet d'une valeur de 15 000 euros volé à la bijouterie
Weybel.
- Vous l'avez tuée
pour le récupérer ou parce qu'elle
ne voulait plus de vos cadeaux ? - On s'aimait !
Elle me regardait pas comme les autres. C'est la seule.
- Je trouve ça mignon comme histoire.
La gentille éducatrice
qui tombe amoureuse du vilain petit voyou.
- On comprend rien, là.
- On est sortis ensemble, mais on a arrêté.
- Vous étiez mineur.
- Elle est venue me voir au parloir !
Je lui ai dit que tout ça, c'était pour elle,
que je savais faire que ça : voler, mentir.
Je l'ai suppliée de me laisser une chance.
Et elle m'a attendu. C'est elle qui m'a trouvé
ce job. - Admettons.
Mais alors,
la rupture, l'autre jour ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Elle a trouvé de la came dans mes affaires.
Elle a compris que je recommençais.
Je la méritais pas, mais jamais je l'aurais tuée !
- Que faisiez-vous,
le soir du meurtre ? Où étiez-vous ?
- Pas d'alibi, un beau casier et un mobile :
le crime passionnel. - C'est un mobile en béton.
Il l'a rencontrée si jeune qu'il a pas supporté qu'elle le quitte.
- Mais on n'a ni preuve ni aveux.
On n'a même pas ses empreintes.
Je sais que tout l'accuse, mais s'il était sincère ?
Cette nana a compris qu'il ne changerait jamais.
- Vous voulez me parler de vous ? - Non, pas du tout.
- On le garde et on cherche des preuves.
On se voit à la conférence de presse.
Merci.
- Je comprends pas ce qu'on fait là.
Si c'est pour l'enquête... - Non.
Je ne vous poserai aucune question.
Alors...
Je m'inquiète pour mon fils, voilà.
Je sais qu'il est très copain avec le vôtre,
qu'ils font des conneries ensemble,
et je maîtrise pas. Il se passe quoi, à votre avis ?
- Je sais que Kevin a fait le mur deux fois.
Le proviseur me lâche pas avec ça.
Il a jamais été à l'école. Enfin, si...
A la maternelle.
Après, je les ai sortis du système éducatif.
Je voulais les mettre
à l'air pur. J'ai tout quitté : la ville, mon boulot.
J'ai une bergerie,
là-haut. - Vous leur avez fait l'école
à la maison ? - Oui. Ils avaient un bon niveau.
J'étais contrôlé par l'Education nationale.
- Eh ben !
Et leur mère ?
Vous êtes divorcé ?
- Non. Elle est morte.
Ils étaient petits.
- Je suis désolée.
- Vous savez, je leur ai tout appris,
à mes fils.
Autre chose que les conneries de l'école.
Ils sont pas formatés, ces deux-là.
Les enfants, c'est des cerfs-volants.
Et l'école les retient au sol. Vous croyez pas ?
- Vous savez que Kevin fait des crises de somnambulisme ?
- Oui. Depuis qu'il est dans cette école.
- Pourquoi il a atterri là-bas ?
- Il s'est battu, il a volé des scooters...
Autant Nathan... Enfin, le petit, il a toujours été calme, sérieux,
mais lui, on peut dire qu'il a eu une adolescence difficile.
Ils ont dit que je l'avais désocialisé.
Ils vous ont dit, à vous, que vous étiez
une mauvaise mère ?
- Bon, on va leur parler, tous les deux.
On va essayer qu'ils sortent de leurs conneries, vite.
- D'accord. Je parlerai à Kevin.
Le mieux,
pour eux, ce serait qu'ils sortent vite de là.
Je crois.
Au revoir. - Au revoir.
...
- Je tiens à confirmer
la réputation de sérieux
de ce lycée
qui offre toutes les garanties
de sécurité pour ses élèves et pour le personnel.
Il s'agit d'une regrettable
affaire de moeurs. Mlle Servaz semble avoir été
victime d'un crime passionnel,
et son agresseur a agi chez elle, loin de ce lycée.
Que chacun rentre chez soi tranquillisé. Mme la commissaire.
- Je n'ai rien à ajouter.
- Je ne répondrai à aucune autre question d'ici le prochain
point presse.
Je vous remercie.
- Non, on arrête là.
- J'ai rien dit devant la presse,
mais si on établit la culpabilité de Lucas Perrin, le lycée
va se retrouver dans un énorme scandale.
- Le suspect qu'on a en garde à vue
a suivi l'itinéraire type du primo-délinquant. Comme moi.
Et tu sais qui s'occupait de lui ?
Gaëlle Servaz. Tu imagines ?
Un mineur qui couche avec son éducatrice.
On est dans la merde. Ca pourrait éclabousser le lycée.
- Ca va péter !
- Le coupable, c'est vraiment ce Perrin ?
- Les présomptions sont fortes. On cherche des preuves.
- Explorez d'autres pistes.
Pour l'instant, tout le monde la boucle.
On frappe.
- Pardon, je vous dérange. - Non.
Nous avions fini.
Cassandre,
je ne vous retiens pas.
...
Ca devient dur de vous voir tous les deux.
- D'accord, maman. Tu m'as fait venir pour ça ?
- Tu pourrais pas nous inviter au resto, pour une fois ?
- Pascal, c'est l'occasion
qui fait le larron. Allez, trinquons.
Comment ça va, dans vos vies ?
- Arrête. T'as jamais su
faire ça. Stop !
- J'ai besoin de savoir, moi.
- T'es vraiment
un phénomène !
...
On sonne.
- Audrey. Merci d'être venue jusqu'ici.
- Vous n'avez pas de logement en ville ?
- Je me suis habituée. J'ai même appris à faire du feu.
- Moi, la solitude en pleine montagne, je supporte pas.
- Pas comme votre frère, alors.
Lui, il a l'air très solitaire. Il ne parle pas facilement.
- Pascal a son petit caractère.
- Du blanc ? - Avec plaisir. Merci.
Quand Pascal est sorti d'Amédée de Savoie,
il a disparu soudainement,
sans prévenir personne, ni moi ni mes parents.
Il a disparu pendant 5 ans.
On l'a même cru mort. Et un matin,
il est rentré à la maison avec ses tatouages partout.
Il ne nous a jamais dit où il était.
- Je sais,
il m'a raconté.
- Il vous a dit où il était ? - Ah non.
Mais je sais d'où viennent
ses tatouages. Macao. - Même moi, je savais pas.
Il vous aime bien.
- Faire parler les gens, c'est un métier.
Audrey, je ne vous ai pas
fait venir ici pour parler de Pascal.
J'ai besoin de l'avocate.
J'ai tout abandonné à Paris pour me rapprocher
de mon fils. Mon ex-mari en a la garde.
Ma question est simple : quelles sont mes chances de le récupérer,
sachant qu'il a commis
des faits de délinquance quand il vivait avec moi ?
- Je vois. Je préfère le pénal.
Mais une commissaire comme cliente,
ça compense.
- Merci.
Deal. - Deal.
...
- Nicky. Réveille-toi. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Cassandre est là. Va dans la salle de bains.
Dépêche-toi.
Putain !
...
- Vous êtes injoignable.
Vous avez coupé votre portable ?
- Non.
- Je dérange ? - Pas du tout.
Je reçois jamais mes supérieurs chez moi.
- Ca me gêne pas.
Par contre, il y a du nouveau.
On tient Perrin par les "cojones". Habillez-vous.
Je vous attends dans la voiture.
- "Habillez-vous". T'en n'as pas marre de faire ton chien-chien,
auprès de la boss ? - Quoi ?
C'est ça.
C'est le boulot, tu le sais très bien.
Tu te prends trop la tête.
Coups de Klaxon.
- Wouf wouf !
- Arrête, putain !
- Lieutenant, un appel pour vous.
- Qui ? - Elle n'a pas dit son nom.
- Elle a dit quoi ? - Qu'il ne fallait plus appeler.
Je l'ai envoyée promener. Je lui ai dit que c'était pas
le bureau des pleurs.
Il se passe quoi ? J'ai fait une connerie ?
Vous êtes pas très... Je peux vous aider ?
- Vous êtes adorable.
Des affaires de famille.
Rien de grave. Merci, Sidonie.
- De rien.
Appelez-moi "Sissi".
- La géo-localisation.
Tu connais ?
Ton portable a borné chez Gaëlle Servaz,
juste au moment du meurtre. La scoumoune continue.
- On attend vos aveux. On a tout notre temps.
- Oui, j'étais dans le coin.
Dans le périmètre de votre borne.
Mais j'étais pas chez elle. J'étais à 50 mètres, dans la rue.
- Ben voilà. Ca, c'est intéressant.
Eh ben, vas-y.
On t'écoute.
- Je m'en suis voulu.
Je voulais m'excuser.
Je voulais pas croire que c'était fini.
Je suis venu et je l'ai attendue.
- Sous son balcon, toute la nuit ?
Vous avez pas une tête à jouer les Cyrano de Bergerac.
- Vous savez la vérité ?
C'est un môme,
un gamin qui est rentré chez elle.
17-18 ans. Pas plus.
J'étais vénère...
Parce qu'elle est là, la vérité.
Gaëlle aime les petits jeunes.
Et elle m'avait remplacé par un de ces lycéens.
Le lycée Amédée de Savoie, c'est un réservoir inépuisable
pour une fille comme elle.
Alors je me suis barré.
- Gaëlle Servaz était peut-être un peu plus qu'une éducatrice,
avec certains élèves.
Ca se confirme. - Non.
Arrêtez, Marchand.
On nage en plein cliché.
- C'est une hypothèse comme une autre.
Mais je comprends
votre réaction.
Elle s'occupait de votre fils. - Pardon ? Vous voulez partir
à la retraite plus tôt que prévu ?
- Commissaire, on essaie juste de comprendre.
C'est normal.
- Je suis désolée.
- Non, ça va.
Ca va, on avance.
Tous ensemble.
...
- Vous plaisantez ?
Gaëlle avec des élèves ?
- Je sais pas, moi.
Vous travailliez tous les jours avec elle,
et vous n'avez jamais rien entendu
de sa relation avec Lucas Perrin. - Et alors ?
C'est moi que vous accusez ? - Non.
J'essaie de comprendre. Est-ce qu'elle a pu...
- Ca va. Allez chercher vos infos ailleurs.
Vous me faites gerber.
- Gaëlle Servaz a-t-elle pu avoir des relations avec des élèves ?
- C'est à vous de me le dire. C'est vous le psy du lycée.
- C'est arrivé avec votre suspect.
Ca s'appelle la pédophilie. Plus rare chez les femmes.
Mais bien documenté.
Dans ce cas,
Gaëlle se serait consacrée à son métier
dans le but d'être au contact de ces jeunes.
N'est-ce pas un peu excessif ?
- On ne lui a pas trouvé d'autre relation.
Elle a le droit de s'amuser, mais le témoignage de cet ancien élève
est troublant. Vous la connaissiez bien ?
- Assez. C'était une personne triste.
Elle venait de la DDASS.
Elle avait besoin d'être aimée.
- Au point de s'accrocher à l'un de ses élèves ?
- Ca me surprendrait beaucoup.
- Moi, ça fait longtemps que plus rien ne me surprend.
- Bon...
Tu les regardes bien, et tu m'arrêtes
quand t'as un doute.
Non. C'est aucun de ces gamins.
Non... Attendez.
C'est lui.
Je crois que c'est lui.
Le petit blond.
- T'en es sûr ? - Oui, c'est lui
qui est entré chez Gaëlle.
- Perrin est dos au mur. Il est capable de dire n'importe quoi.
- Et ça tombe sur Jules ?
Il ne pouvait pas savoir que c'était son fils.
- Il s'est peut-être trompé.
Il faisait noir.
- Nicky, Jules figure au casier
des mineurs. Sors-moi ses empreintes.
- Qui donne les ordres, ici ?
- C'est la seule manière d'être fixé.
...
- Désolée, commissaire. Perrin n'a pas menti.
- C'est pas possible.
Ce n'est pas possible !
- Il y a forcément
une explication.
- J'y crois pas non plus.
- Jules est votre fils. Votre brigade doit être dessaisie
de l'enquête.
- Oui, mais je dois protéger mon fils.
- Je mens pas au parquet. Faites votre rapport,
ou c'est moi qui m'en charge.
...
Protéger son fils, OK, mais il y a des lois.
Il frappe.
- Je vais demander à votre soeur
d'être l'avocate de Jules. - Relax.
Et pour Nicky, on va s'en occuper.
On va aller parler à votre fils.
C'est ça, la priorité. - Merci, Pascal.
- Court, non sucré.
Le fils de la patronne, coupable. T'y crois, toi ?
- C'est pas le problème.
- Il n'est pas question de mentir au parquet.
Il faut juste nous laisser du temps.
Imagine si les gendarmes
s'emparent de l'affaire. Jules va se retrouver en taule,
même s'il est innocent. A 17 ans !
Quand la machine se met en marche, elle écrase tout sur son passage.
De temps en temps,
il faut savoir tordre un peu les règles.
Toi, par exemple...
Tu couches avec ton supérieur hiérarchique.
C'est pas très raccord avec le règlement.
C'est pas interdit, mais si ça se savait, l'un de vous deux
serait probablement muté. Mais je dirai rien. On est une équipe,
une famille.
Une famille,
ça se serre les coudes.
...
- Tu sais, Jules, moi aussi, j'ai fait des conneries.
Et je m'en suis pris plein la gueule. Et à l'époque,
c'était pire. Alors tu me racontes pas de conneries, c'est clair ?
- J'étais chez elle, ce soir-là. Mais quand je suis parti,
elle était en vie. - Que foutais-tu,
chez elle ?
Elle t'a fait quelque chose ? - J'avais un truc à lui dire.
C'était personnel.
Vous voulez un dessin ?
- Ca veut dire quoi ?
Tu couchais
avec ta prof ?
- Mais non. Kevin m'a dit qu'elle me kiffait grave.
- Et tu l'as cru ? - Tu comprends rien.
- Explique-nous.
Il s'est passé quoi,
ce soir-là, entre vous ? Vous avez...
- Mais... Ca va pas, Pascal ?
- Je me suis pris la honte de ma life.
Elle m'a fait un bisou et m'a raccompagné.
Et elle m'a dit de ne pas me faire choper en rentrant.
- Tu nous raconterais pas des conneries ?
T'as besoin de faire le mur, alors que tu la vois
tous les jours au lycée ?
- On n'est jamais tranquilles. Et je voulais
épater les potes.
- T'as pas tout balancé ?
- Ca va pas ? T'es mon pote.
- Tu leur as dit quoi ? - Ma mère avale n'importe quoi.
Allez, viens.
- Mon fils nous ment. Foutez-le en cellule.
- Ca va remonter au parquet et on sera dessaisis
de l'enquête.
- On fait semblant de le mettre en garde à vue.
- C'est extrêmement grave, les accusations que vous portez.
- J'estime que c'est mon devoir,
madame la procureure. - Nicky,
votre droiture vous honore.
Mais je n'ai pas trop envie qu'une telle affaire éclate.
Je peux vous demander
de rester discrète ? La commissaire Cassandre pourrait
faire fuiter l'affaire. Elle a plus d'un tour dans son sac.
Vous ne voulez pas qu'elle sache que vous l'avez balancée.
- Je m'en fous.
- Très bien.
Cassandre, non,
mais je suis sûre que vous tenez à l'estime de mon fils.
Parce que...
Sonnerie.
Une mère, ça sait toujours tout. Ca sent les choses.
Et une mère, ça veut protéger son fils.
Vous comprendrez ça un jour.
Je compte sur votre discrétion, Nicky.
...
- Marchand. Epluchez-moi le dossier scolaire
de Kevin Berthaud.
Vous avez une heure. - Une heure ?
- Bientôt, vous ferez le ménage
dans son chalet.
...
- Ca donne quoi ?
- C'est votre fils. Il lâche rien.
- Je le prends comme un compliment.
- Depuis 2 heures, il me raconte les mêmes conneries, en boucle.
Vous avez raison, il nous ment.
- Le dossier du copain de votre fils,
Kevin Berthaud, est gratiné
comme une croûte
savoyarde.
- Famille atypique. Le père, veuf, a élevé ses enfants seuls.
- C'est pas ce que dit l'éducatrice.
Elle pense que la mère de Kevin
est vivante. - Vivante ?
- Regardez ce que Berthaud
lui a écrit.
- Il traite Gaëlle Servaz d'affabulatrice.
"Laissez ma famille tranquille".
Comment ça ? - D'après Servaz,
les mensonges de Berthaud perturbent
son fils. Je crois
qu'une petite visite
à la bergerie s'impose.
- On va profiter de nos belles montagnes.
- Je tenais à m'excuser.
Pour Jules, c'était idiot de ma part.
On est une équipe.
- Vous êtes une bonne flic, honnête et droite,
mais à force de vouloir trop en faire, on récolte des emmerdes.
...
- Vas-y, accélère.
- C'est bon. Coupe.
Va t'occuper des bêtes.
- Mais... - Obéis.
- Bonjour. Bonjour, M. Berthaud.
J'ai encore quelques questions à vous poser.
- J'ai parlé avec Kevin de votre fils.
Ils vont se calmer. Si c'est pour ça
que vous venez... - Non.
- Il a encore fait une connerie ?
- Non. Rassurez-vous, il va très bien.
Je voudrais qu'on reparle
de Gaëlle Servaz.
Pourquoi m'avez-vous menti ?
- Menti ? Pourquoi ?
- Votre femme n'est pas morte.
...
- Elle nous a abandonnés, il y a 12 ans.
Du jour au lendemain, elle a disparu.
J'étais plus âgé qu'elle.
Elle était peut-être pas prête pour être mère.
- Faire croire aux enfants que leur mère est morte,
c'est grave.
- Elle nous a effacés de sa vie. J'ai fait pareil.
Je savais pas quoi leur dire.
Je voulais pas qu'ils souffrent. - Et Gaëlle Servaz ?
- Elle a foutu le bordel.
Je voulais pas qu'elle se mêle de nos vies.
- Et ?
- Quoi ? Rien.
Mon fils écoute son père, personne d'autre.
Ca l'a calmée. - Comment ça ?
- Elle a compris
que c'était pas la peine d'insister.
- Et si le somnambulisme de votre fils
venait de là ? - C'est depuis qu'il est au lycée.
Vous savez ce qu'a dit le psy ?
Que mon fils avait un comportement anormal
et qu'il avait peut-être été exposé à des abus sexuels.
Ils sont même venus ici
pour interroger Nathan. Moi, faire ça à mes fils ?
Ils ont compris que c'était n'importe quoi. Ils sont partis.
- Vous ne m'aviez pas dit ça.
- Vous ne m'avez pas posé la question.
Il y a des choses que je préfère oublier.
J'avance.
Je veux que mes fils deviennent des adultes responsables.
- Je vais être obligée d'interroger Kevin.
Il ne sait pas pour sa mère ?
- Ne le mêlez pas à tout ça.
- Mentir à des enfants, chez moi, ça passe pas.
- Je pense que M. Berthaud a compris.
Mais il faut que vous leur parliez vite.
- J'ai combien de temps ?
- Le plus tôt sera le mieux.
- Kevin rentre ce week-end. Je leur parlerai.
- Bien. On l'interrogera lundi.
Je vous fais
une faveur,
M. Berthaud.
- Vous avez d'autres questions ?
Je dois m'occuper des bêtes avant la nuit.
- Vous disiez que c'était
un bon père ?
- Il s'est sacrifié pour ses enfants.
- C'est des conneries. Il les a retirés
de la vraie vie, leur a menti sur leur mère
et leur a dit que c'était une société de merde.
Il est responsable. - Vous êtes encore en train
de parler de vous.
- J'ai pas besoin de psy.
Je vous ramène ? - Ben oui.
Je voudrais pas que vous ayez ma mort sur la conscience.
Comment Servaz a su que la mère était vivante ?
*-Ne quittez pas, nous allons prendre votre appel.
- Le numéro d'un hôtel revient souvent dans la téléphonie
de la victime.
- Là où elle passait du bon temps avec ses petits élèves.
- Alors vous, les mecs,
vous pensez qu'au cul.
- En ce bas monde,
qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
*-Allô ?
- Je suis bien à l'hôtel du Lac ? *-Oui, chambre 7.
- Lieutenant Maleva. Vous êtes ?
*-Carole Jouanic.
- Vous avez bien appelé Mlle Servaz, la semaine dernière ?
...
- Saint-Cloud, Hauts-de-Seine.
Oui, Yvan, c'est Cass.
J'espère que ça va. Ecoute...
Je voulais te dire que pour l'autre soir, t'as été...
Enfin, c'est moi qui n'ai pas été...
Bref. Je t'appelais pas pour ça.
Pour mon enquête, j'ai besoin d'avoir accès aux fichiers
de la préfecture des Hauts-de-Seine. Et sans toi,
je peux rien faire. Si tu pouvais m'aider, ce serait top.
Tu me rappelles ?
Je t'embrasse.
Je t'embrasse fort.
...
- Oh, putain, c'est pas vrai !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- La Parisienne modernise le commissariat,
c'est gentil, mais sa machine ne fait plus
que du velouté de tomates. J'ai une tête
à boire du velouté de tomates ?
Sans café, je suis bonne à rien. - Vous avez tort.
La tomate, ça protège des radicaux libres.
- C'est quoi, les radicaux libres ? Un nouveau groupe d'extrémistes ?
Dites...
Ca vous ennuierait de me faire un café ?
- Pas de souci. Tenez. Je vous l'offre.
- Merci.
C'est gentil.
Il va pas fort, Marchand.
Des histoires de famille, je crois.
Des problèmes... Ca vous parle, vous ?
- Si je peux vous donner un conseil,
faites attention où vous mettez les pieds.
C'est du lourd.
...
- Oh !
Merci.
- Ca fait 37 minutes que vous êtes là. Vous, ça va pas.
- Vous m'espionnez ? - Tous les matins,
vous mettez à peine 2 minutes pour vous préparer.
Une fois, vous êtes resté 20 minutes.
Le jour de la poursuite qui a mal tourné.
Je vous avais proposé d'emmener vos affaires au pressing.
Le 24 juin aussi, le braquage... - Merci, Sidonie...
- Qu'est-ce qui se passe ? Parlez-moi.
Je suis pas qu'une chef de poste.
Je suis une femme, aussi, sensible.
Vous me verriez en soirée,
vous en perdriez vos galons.
- Anaïs... C'est ma fille.
Enfin, la fille de ma femme qui est morte
il y a 3 ans, maintenant.
D'une longue maladie, comme on dit.
Depuis, Anaïs ne me parle plus. Elle me reproche un tas de choses,
notamment d'avoir dit oui aux médecins
pour qu'ils la débranchent.
- Je suis désolée, mais je sais pas quoi dire.
Pardon.
- Il n'y avait plus aucun espoir.
J'ai voulu faire un dernier geste d'amour pour elle.
Elle souffrait tellement.
Tellement...
J'ai dit oui aux médecins pour la laisser partir.
J'ai pris cette décision seul, c'est vrai.
Anaïs m'en a toujours voulu.
...
Je vous laisse.
La commissaire Cassandre m'attend.
- J'ai eu le 36. Il n'y a pas d'actes de naissance aux noms
de Kevin et Nathan Berthaud. - Les papiers fournis au lycée
par Berthaud
sont faux.
- Ben voilà.
- "Berthaud" serait un faux nom ?
- Et le père qui dit à ses fils que leur mère est morte. C'est quoi,
cette embrouille ?
- Il leur a menti parce qu'il les a kidnappés.
C'est ça !
- Il a jamais voulu les scolariser...
Ca se tient.
- Attendez. Florent,
va me chercher le carton de scellés de l'affaire G. Servaz.
Regardez.
Jouanic.
J'avais pas percuté. Jouanic, c'est peut-être leur vrai nom.
- Je lui ai parlé hier. Les appels
de l'hôtel,
c'était elle. Carole Jouanic.
...
- Bonjour.
Vous cherchez quelque chose ?
Je peux vous aider ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Tu es Nathan ? - Oui, c'est ça.
- Tu me reconnais pas ? On se connaît, tous les deux.
- Non, désolé.
- Nathan.
Je suis ta maman.
- Vous dites n'importe quoi.
Allez-vous-en.
- Attends. Laisse-moi t'expliquer.
- Non. Lâchez-moi ! Allez-vous-en !
Elle est morte, ma mère.
- Qu'est-ce que tu fous là ?
Nathan, va dans ta chambre. - J'ai pas dix ans.
- Obéis. Tiens.
- Tu m'avais promis que je les reverrais,
que Gaëlle Servaz
t'avait convaincu, que tu leur parlerais.
Ca fait 2 fois que j'attends à l'hôtel.
Tu me prends pour une conne.
- Ecoute, j'ai du boulot, je m'en sors pas.
Je vais te les amener. Laisse-moi juste
un peu de temps. - 12 ans.
Ca fait 12 ans que tu m'as enlevé mes enfants.
12 années que je rêve de les serrer dans mes bras,
de leur raconter des histoires, de les endormir le soir.
Je les ai pas vus grandir, moi. J'ai rien vu.
Rien !
J'étais leur mère.
J'étais une maman, et tu m'as tuée.
Je suis désolée, mais tout est fini.
T'as plus qu'à aller t'expliquer avec la police.
...
- Désolée, la chambre 7 ne répond pas.
- Merci.
- Ca marche. Je te rappelle.
- Elle est pas là.
...
- Monsieur !
Police ! Ne la touchez pas.
- J'ai vu la plaque d'immatriculation.
- Madame ! Vous m'entendez ?
Serrez-moi la main si vous m'entendez.
Madame, serrez-moi la main,
si vous m'entendez.
- Merde !
C'est la femme
qu'on recherche.
Carole Jouanic.
...
- Elle a quelques contusions et un léger trauma crânien.
Rien de grave.
- Merci, docteur. - Je vous en prie.
- Quand Gaëlle Servaz m'a téléphoné,
j'étais en passe de renoncer.
J'y croyais plus.
Mais elle voulait vérifier son intuition,
alors je suis venue à Annecy.
Carole Jouanic. - Bien sûr.
- Bonjour. - Oui.
- Carole Jouanic ? - Oui.
- G. Servaz.
C'est moi qui vous ai appelée.
- Elle avait cherché des faits d'agression sexuelle
au sujet de mon mari. Elle est tombée sur l'histoire
de Kevin et Nathan, enlevés par leur père.
Elle a vu l'avis
de recherche et les annonces que je fais depuis 12 ans.
C'était un miracle.
Je le reconnaissais à peine.
Il avait tellement changé.
Gaëlle m'a dit que mon fils
était très attaché à son père. Je savais pas comment m'y prendre.
Je m'étais imaginé que la police me les ramènerait.
Gaëlle m'a convaincue que c'était
une mauvaise approche pour renouer avec eux.
On pouvait peut-être éviter de mettre leur père en prison.
Mais...
Le plus horrible...
C'est qu'elle m'a dit qu'ils me croyaient morte.
Alors j'ai accepté.
Elle a fait un travail formidable.
Elle a parlé à Marc.
Non, enfin...
André Berthaud.
- Pourquoi votre mari a kidnappé vos enfants ?
- On n'était pas d'accord sur l'éducation
qu'il fallait leur donner. Et avec l'arrivée du 2e,
c'était l'enfer. Moi, j'avais un travail qui s'ouvrait à moi,
et lui, il enchaînait les échecs.
On allait droit vers un divorce.
Il savait que j'aurais la garde.
- Quand vous avez appris la mort de G. Servaz,
vous n'êtes pas venue nous voir ? - Je ne savais pas
ce qui s'était passé. Gaëlle devait le dénoncer,
s'il ne me laissait pas voir
les enfants. Mais Marc m'a appelée et m'a juré
qu'il ne l'avait pas tuée, qu'il était tombé d'accord avec elle.
- Il vous a baladée.
- Il me disait que...
Les garçons étaient grands,
que c'était à eux de choisir.
Que le temps avait passé.
Qu'il reconnaissait ses torts.
D'ailleurs, si Kevin... - Mon fils est dans le même lycée.
Il est très copain
avec le vôtre. Mme Jouanic,
je suis une femme comme vous qui ne lâche rien. Jamais.
On va vous rendre vos enfants.
Sonnerie.
...
Deux secondes.
Oui, Pascal ?
- Aucune trace de Berthaud ni de Nathan.
Négatif. On a vérifié. Rien dans les hangars.
- Armoires vides. Ca sent le départ en panique.
- Il s'est barré.
- Comme je vous l'ai dit, Jules et Kevin ont encore fait le mur.
- Mais merde, vous êtes censé les surveiller !
- Je comprends
votre colère, mais c'est un lycée,
pas une maison d'arrêt.
...
- Tu m'as suivi ?
Reste pas là, mon père va arriver.
Klaxon.
On part loin d'ici. On est obligés.
- Obligés de quoi ?
- Ta mère veut mettre mon père en taule.
- Arrête !
Ecoute-moi. Ta mère, elle est pas morte.
- On s'en fout. - Mais non.
T'as peur, c'est tout. T'as envie de la revoir.
Pourquoi tu te lèves la nuit ? Pourquoi tu dors pas ?
Pourquoi j'arrive pas à te réveiller ?
Ouvre les yeux.
- Tu joues au psy ?
- La dernière fois, tu te rappelles de ce que tu criais ?
Tu criais : "Maman !" "Maman !"
Je peux plus fermer ma gueule.
- Ma mère, elle est morte. OK ?
- Et l'enterrement,
tu t'en rappelles ?
Si elle était morte,
il y aurait eu un enterrement. Quand on est petit,
on n'oublie pas ça.
...
Sonnerie.
- Allô ?
*-C'est moi, maman.
- Jules, t'es où ? Ca va ?
- Ca va. Je suis au terminus du bus. Je suis désolé.
- Où est Kevin ? *-Parti
avec son père.
- Tu as vu
*la voiture ? - Oui, un van blanc.
- Ils sont partis vers où ?
- Chambéry.
- Ne bouge pas. Quelqu'un vient te chercher.
*D'accord ?
- Merci.
...
- Papa, on va où, là ?
- Remonte dans le van.
- Pourquoi on part ?
T'as rien fait. On n'a rien fait.
- Remonte dans le van, j'ai dit.
- Maman n'est pas morte ?
- Qu'est-ce que tu me fais chier
avec ta mère ? - Putain, Kevin !
Tu nous fais chier.
Si t'avais pas fait de conneries,
on serait encore à la bergerie. Papa fait tout ça
pour nous protéger.
- Je me souviens pas
de l'enterrement. Normalement, tu t'en rappelles, non ?
- D'accord. Vous écoutez bien. Ta mère vous a abandonnés !
Elle était pas digne de vous élever. Elle est pas morte,
mais c'est tout comme. OK ?
- Tu nous as menti. T'as raconté des conneries.
T'avais pas le droit de nous priver d'elle.
- Remonte dans le van.
- Putain !
...
- Cette femme, c'était elle.
C'était maman.
- T'as vu maman ?
...
Sirène.
...
- Merde !
...
- Papa.
Arrête-toi, papa !
Arrête-toi !
- Merde !
Ca va aller.
...
Qu'est-ce qui t'a pris, Kevin ?
Oh ! Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Je veux voir ma mère.
Pousse-toi.
Viens, Nathan, on y va. - Attends, Kevin.
Kevin, oh ! - Lâche-moi !
Lâche-moi.
On y va, Nathan.
Descends, Nathan.
- Nathan...
- Dépêche-toi.
Allez, on y va. - Nathan.
- Kevin ! Nathan !
...
- On y va ? - Non.
...
- Berthaud,
lâche ça.
- Je veux mes fils.
Je veux mes fils !
Rendez-moi
mes fils !
- Lâche ton arme ou je tire. - Rendez-moi
mes fils ! - Non ! Papa !
- Nathan ! - J'irai jamais en prison !
- M. Berthaud.
Vous ne pouvez pas faire ça.
M. Berthaud.
Vous ne pouvez pas faire ça.
Pensez à vos enfants.
- Papa !
- Regardez, vos enfants sont là.
Vous ne pouvez pas faire ça.
Pensez à eux.
Je sais que c'est dur,
vous vous êtes sacrifié,
mais vous ne pouvez pas finir comme ça. Arrêtez.
Donnez-moi l'arme. Lâchez ce fusil.
Donnez-moi l'arme.
- Je veux serrer mes fils
dans mes bras.
- Papa !
Papa !
...
- Gaëlle Servaz disait que la mère n'était pas morte.
Mais Berthaud est arrivé chez elle
après mon fils. - Vous m'avez dissimulé
des éléments de l'enquête. Je ne peux éviter des sanctions.
- J'ai agi dans l'intérêt de l'enquête.
- Si tu nous avais dessaisis de l'affaire, C. Jouanic
serait peut-être morte.
- Du moment qu'on obtient des résultats,
on peut piétiner les règles ?
On apprend ça, au 36 ?
Vous amenez votre western dans nos montagnes.
- Lance-la, ta putain de procédure. Et mets mon nom
en majuscules, histoire que je sois muté
loin d'ici. Je connais un bon resto. Je vous invite.
Ici, on étouffe.
- Ne touchez pas à mon fils.
- Vous n'auriez pas dû me dire ça. En général,
quand on m'interdit quelque chose, je fais le contraire.
- Lieutenant, j'ai besoin de vous.
- Doucement, la journée a été rude. - Elle est pas finie.
Le pickpocket du parc est revenu.
Vous êtes le seul OPJ de libre
pour aller au contact.
- Au contact ? - Oui.
Prenez ce portable.
Vous voyez le banc, près du pont ? - Oui.
- Je serai pas loin. - Vous allez me tuer.
- C'est bon pour votre santé.
...
- Anaïs ?
Mais qu'est-ce que tu fais là ?
On m'a dit que tu serais là.
On t'a dit ? Mais qui t'a dit...
- Un coup de téléphone. Je sais pas son prénom.
Elle avait une voix douce.
Elle m'a dit qu'elle te connaissait.
Elle m'a tout raconté.
Tout ce que t'as traversé.
Je suis désolée.
On peut pas continuer comme ça. Il faut qu'on se parle de maman.
...
- Ce jour-là, j'ai essayé d'être le plus fort, le meilleur mari,
le meilleur père, d'agir comme il fallait pour vous deux.
C'était tellement dur, Anaïs.
Tellement.
T'avais à peine 20 ans. - Mais j'aurais été là pour toi.
Et pour maman. T'as pris la bonne décision.
Je le savais déjà, à l'époque.
Mais il fallait me laisser une place.
- Ce jour-là, je vous ai perdues toutes les deux, ta mère et toi.
C'est trop dur, Anaïs. J'ai besoin de toi.
- J'ai rencontré quelqu'un,
il y a 6 mois.
Je pensais pas qu'on pouvait aimer comme ça.
Et c'est drôle, parce que quand il me regarde,
il a le même regard de panda que toi
quand tu regardais maman. J'adore.
- Ca doit être un type bien.
- Oui. Tu veux que je te le présente ?
Papa, avec ta maladie, tu pourras marcher jusque-là ?
- Ma maladie ?
Mais quelle mala...
...
- J'aurais dû t'écouter,
mon pote. - C'est pas ta faute, tout ça.
Tu n'y es pour rien.
- C'est elle.
...
Sous-titrage MFP.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.