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- Combien ĂŞtes-vous ? - Il n'y a que moi.
Vous n'avez pas pu obtenir de garantie sur deux ans ?
- J'ai un contrat de six mois. - Probablement renouvelable.
Je trouve aussi le loyer un peu trop élevé.
Dommage, c'était près de la mer.
L'été ne dure que deux mois ici, de toute façon.
- Je vous dépose quelque part ? - Oui.
- Salut. - Salut.
- Vous démarrez à 18. Vous tirez ? - Carte.
Première rangée : 20.
- Vous tirez ? - Reste.
Deuxième rangée : 19.
- Vous tirez ? - Reste.
Troisième rangée : 19.
- Vous tirez ? - Reste.
Reste. La banque : 10, 17, 18. Le joueur l'emporte.
Vous empochez 1000,
1000...
et 1000.
Messieurs, faites vos jeux.
Misez.
Rien ne va plus.
- Ils t'ont versé combien ? - Un peu moins de 25 : 24 980.
Fais-moi voir.
6 % déduits pour l'assurance maladie,
11 % pour l'allocation chĂ´mage, j'imagine,
et le reste pour les œuvres locales.
C'est-Ă -dire ?
Un impôt régional. Rien d'anormal.
Il n'existe pas une indemnité de déplacement ?
Ça ne me dit rien du tout.
Ta fiche de paie est normale.
Avec ce salaire, je peux tout juste payer mon loyer.
- Tout est hors de prix ici. - C'est vrai. Attends.
- Bonsoir. - Ça va ?
Vous avez du feu ?
- Merci. - Pas de quoi.
T'as raison.
Si tu veux vraiment vivre en bord de mer,
il va te falloir une voiture.
- C'est sûr. - Andrea ?
On a besoin de toi.
Il faut que j'y réfléchisse.
- Tu la veux ? - Merci.
Je reviens.
Excuse-moi.
J'ai entendu votre conversation. On embauche pas mal lĂ oĂą je bosse.
Pardon ?
L'entreprise pour laquelle je travaille ouvre une filiale.
Je suis sur le puits de pétrole, mais ils ouvrent des bureaux.
- C'est quel genre d'entreprise ? - Une compagnie pétrolière.
Je t'avais dit qu'on avait des congés.
Jeudi, en fin de soirée. Tu t'en souviens ?
Non, je ne m'en souviens pas. Des congés ?
Oui, on ne bosse pas au puits.
Ils cherchent des employés de bureau ?
Je ne sais pas exactement.
- Je peux me renseigner, si tu veux. - Oui.
- Je veux bien. - Super.
Ça a sacrément soufflé !
J'ai cru que ça ne s'arrêterait jamais.
- AllĂ´ ? - Julia ? Gwynfor Ă l'appareil.
Tu peux te libérer aujourd'hui ?
J'ai des trucs Ă faire en centre-ville.
Et Ă midi ?
Quelle heure il est, en fait ?
- AllĂ´ ? - Oui ?
Je ne pourrai pas être là à midi, mais je peux venir après le déjeuner.
Bien, mais pas plus tard, on a beaucoup de route.
Entendu. On se rejoint oĂą ?
À Astra, là où se trouvait le cinéma. Ça te va ?
- Parfait. À tout à l'heure. - OK.
- Bonjour. - Ça va ?
Je suis en retard ?
Non, c'est bon.
Tu montes ?
- On attend quelqu'un d'autre ? - Non.
C'est lĂ ?
Non.
Ce sont les entrepĂ´ts. Le puits est plus loin.
J'ai apporté mon CV et une lettre de recommandation.
Bien.
C'est encore loin ?
Non, on y est presque.
Je n'étais pas venue ici depuis longtemps.
Tu es en congé ?
On ne prend pas la grande route ?
C'est plus court par ici.
Tu n'auras pas de réseau.
- Ça va ? - Me touche pas !
Du calme ! Ferme la porte !
- Lâche-moi ! - Calme-toi !
ArrĂŞte !
Ă€ l'aide !
Ă€ l'aide !
Avance !
Laisse-moi partir !
Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Laisse-moi !
Avance, bon sang !
- Tu fais quoi, là ? Doucement ! - Pitié, laisse-moi !
Lâche-moi !
Assieds-toi.
On y va ?
Plus tu boiras, plus tu auras soif.
Je n'en peux plus.
Passe-moi l'autre.
Tu peux dormir, si tu veux.
Donne-moi ton CV.
Qu'est-ce qu'on fait lĂ ?
Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Tu ne réponds rien ?
Dors.
Je dois faire pipi.
Qu'est-ce que tu as ?
- Je suis morte de soif. - J'ai du jus.
- Je l'ai fini. - Tu as bien gardé la bouteille ?
Non.
Comment ça, tu l'as pas gardée ?
Me dis pas que tu l'as brûlée...
Non.
Tu en es sûre ?
Je l'ai laissée à l'endroit où on a dormi.
- Attends-moi ici. - Quoi ?
Ne bouge pas d'ici.
Il y a quelqu'un ?
Tu veux bien accélérer le mouvement ?
On devrait faire demi-tour.
Je ne dirai rien Ă personne.
- C'est le bon chemin. - Pour aller oĂą ?
Il faut que tu manges quelque chose, Julia.
Passe-moi le couteau.
Tout ça, c'est temporaire.
D'abord, on rejoint la route 40.
On se pose quelque part.
Puis, on se dirigera vers le nord.
Allez, on y va ?
J'arrive.
Barbi !
Tu n'aurais pas vu passer une camionnette jaune ?
- Aujourd'hui ? - Oui. Tu l'as vue ?
- Non. - Hier, peut-ĂŞtre ?
Non plus.
Et lundi ?
Oui, j'en ai vu une lundi.
Ils sont partis par lĂ .
D'après nos infos, elle travaillait au casino depuis un mois.
Elle venait d'arriver de Trelew.
- Un ami que l'on pourrait joindre ? - A priori, non.
M. le commissaire, s'il vous faut quoi que ce soit,
je me tiens Ă votre disposition.
- Une cigarette ? - Non.
- Vous n'avez pas trop chaud ? - Non, tout va bien.
C'est un honneur de travailler à vos côtés.
Vitali !
Vitali !
- Bonjour. - Comment vas-tu ?
- Bonjour. - Vous allez bien ?
Vous faisiez une petite sieste ?
Non, je regardais la télévision.
- Vous faites la sieste, vous ? - Non, on travaille.
Vous travaillez ? Quelle idée !
Vous repartez en Italie ?
L'année prochaine. Une année, je vais en Europe,
et la suivante, au Mexique et aux États-Unis.
- J'adore le Mexique. - Ah oui ?
Vous savez pour quoi ? Pour ses mariachis.
Ses mariachis ?
- Leur musique ne vous plaît pas ? - Vitali.
Lundi, à 15 h, cette jeune femme s'est présentée pour un entretien.
On ne l'a pas revue depuis. Elle te dit quelque chose ?
Personne ne s'est présenté pour un entretien d'embauche.
Je n'ai vu personne.
- Tu es sûr ? - Oui, personne.
Qui pourrait bien venir chercher du travail ici ?
À l'évidence.
- Santé. - Santé.
Ă€ la tienne.
Commissaire ?
Barrero !
Tu peux descendre, s'il te plaît ?
Alors ?
- Tu la connais ? - Non.
- Certain ? - Oui.
Elle a été aperçue dans une Chevrolet jaune à ton nom.
Ça devait être mon cousin.
Je suis resté ici toute la semaine. Un problème ?
Elle s'est retournée sur la route de Caleta.
Plusieurs témoins ont vu cette femme monter à bord.
- Le nom de ton cousin ? - C'est pas mon cousin.
On se connaît depuis longtemps, c'est tout.
Comment il s'appelle ?
- Gwynfor. - Comment ?
Gwynfor. Le "W" est muet.
- Comme Galez. - Avec le "W" muet, OK.
C'est gallois.
Et son nom de famille ?
C'est ça, son nom : Gwynfor. Gwynfor Berwyn.
Berwyn ?
- Il travaille ici ? - Il a débarqué il y a six mois.
Il est parti sans donner de nouvelles.
Gwynfor, avec un "G".
Commissaire.
C'était un chic type, sans histoires.
- Il faisait quoi avant ? - Il tondait le bétail.
Il restait cloîtré tout l'hiver.
- Où ça ? - Aucune idée.
Tu n'as aucun moyen de le contacter ?
Non.
Et pour ma camionnette ?
La voie est libre. On peut y aller.
Est-ce que tu as la moindre idée d'où on est ?
Comment on va rejoindre la route 40 ?
On va mourir ici.
Tu ne vois pas qu'on va mourir ici ?
Allez, il faut qu'on continue.
Il y a quoi par lĂ ?
Pas grand-chose, commissaire. Il y a deux fermes dans le coin.
La Apreciada et celle des Williams.
Il n'y a pas âme qui vive.
- Tu as donné l'alerte à la radio ? - Oui, avant de partir.
Les locaux doivent nous signaler toute anomalie.
Ça ne pas va être facile.
Les Gallois sont installés ici depuis des générations.
Ils savent survivre dans le désert.
Il a forcément pris ce raccourci.
OĂą est-ce qu'il pourrait se rendre ?
Il faut faire vite, avant que la tempête ne se lève.
Tant qu'on voit les empreintes...
Tant qu'elle est en vie, tu veux dire.
Vous connaissez sûrement cette histoire ?
Quelle histoire ?
Celle des Indiens qui enlevaient des filles.
Ils les tiraient de force. Par les cheveux, s'il le fallait.
Puis, ils s'en débarrassaient.
Où est-ce qu'elles pouvaient aller après ?
Elle est encore en vie et elle marche.
Les choses n'ont pas changé.
Entre. C'est abandonné.
Comment tu te sens ?
Va chercher de l'eau.
Que faites-vous ici ?
On a eu un accident en allant chasser.
Et ton mari ? Il a quoi ?
Il a une insolation. On allait partir.
Laisse-le se reposer.
- On est loin de Comodoro ? - PlutĂ´t, oui.
- Tu es originaire de lĂ -bas ? - Non, je viens de Trelew.
Ouvre-moi la barrière.
- Tu as un téléphone portable ? - Oui.
Je pourrais passer un appel ?
Je ne l'utilise que pour jouer. Il n'y a pas de réseau ici.
Choisis une carte.
Ne me la montre pas.
Coupe.
Raté.
- C'est pas ta carte ? - Non.
Tu as gagné.
Moi aussi, je veux aller vivre Ă Comodoro.
Tu es jeune. Tu vas encore à l'école ?
Oui, mais j'irai à la fin de mes études.
Vous vous êtes rencontrés là -bas ?
- Oui, au lycée. - Quand vous étiez jeunes ?
C'est ça.
Vous avez des enfants ?
On a de la visite.
Je vois ça...
- Ils sont lĂ depuis ce matin. - Vraiment ?
Bonjour.
Pardonnez notre intrusion.
- Gwynfor. - Amadeo.
- Enchanté. - Madame.
C'est gentil.
Passe-moi le blouson.
Amadeo.
Je voudrais te remercier...
Non, ce n'est qu'un simple ranch, pas un hĂ´tel.
Merci.
Vous auriez dû me demander de vous réveiller, il est tard.
Vous allez devoir marcher sur des kilomètres, maintenant.
Je ne suis pas ici de mon propre chef.
Moi non plus. Je devais rester trois mois.
Finalement, je suis ici depuis 32 ans.
Il en faut toujours un qui reste, c'est comme ça.
L'essieu est mal fixé. Le rivet va lâcher.
C'est ça, le problème ?
Oui, mais je pense qu'il faut monter
et le fixer dans la baguette de droite.
Tout lĂ -haut ?
Oui, ça maintiendra la structure.
- On fait un essai ? - Pourquoi pas ?
- Ça te va ? - Oui.
- Amadeo ? - Oui ?
J'ai besoin d'un objet lourd pour taper.
Une massue... Peu importe.
- Je l'ai prêtée à quelqu'un. - On fait comment alors ?
Tu n'as rien d'autre dans le ranch ?
Une pierre, ça irait ?
Quelque chose comme ça ?
- Ça va, ça ? - Oui.
Alors, Amadeo ?
Maintenant ça fonctionne !
Tu es allé à l'école à Trelew ?
Un an seulement.
- Tu ne te souvenais pas de moi ? - Non.
Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant ?
Je pensais que tu le savais.
Je suis quasiment sûr qu'ils sont allés par là .
Enfin...
Dépêchez-vous ! Il faut prendre une décision.
On doit penser comme un fugitif.
OĂą passer la nuit ? OĂą trouver une source d'eau ?
C'est ce qui définit les bons flics.
Il faut choisir entre suivre son instinct ou son flair.
Je vais d'un côté, mais mon flair me guide ailleurs.
On suit quoi, lĂ ? Votre flair ou votre instinct ?
Le flair, commissaire.
La science a toujours raison.
Tout doux !
M. le commissaire, on va passer par lĂ !
Doucement, mon beau.
Cuello !
Bordel !
On a grimpé pour rien.
Il n'y a plus qu'Ă revenir sur nos pas.
Cuello !
En route. On n'a plus rien Ă faire ici.
Belle journée, hein ?
Tu connais un peu le coin ?
J'ai travaillé ici il y a longtemps.
Et personne ne vit lĂ ?
C'est forcément à quelqu'un. Et s'ils rentrent ?
Tu règles tout comme ça ?
Message à l'intention de Daniel : j'y serai mercredi. Signé...
... Parc national Perito Moreno.
Message de Mark Fausto : venez chercher le congélateur...
Message au ranch Guillermina : Nuñez, veuillez amener...
Ça va continuer combien de temps ?
On est tranquilles ici. On peut rester le temps que tu veux.
Mes affaires me manquent.
- Quelles affaires ? - Toutes.
Trelew te manque ?
Tu aimes cette vie ?
Plus que les forages pétroliers. Je veux vivre à ma façon.
- Moi aussi ! - Alors on est d'accord.
Je n'ai pas choisi de venir vivre ici. Tu comprends ça ?
Qu'est-ce qui peut te manquer autant ?
Le casino ?
- Ça ne t'apporte rien. - Je veux ma liberté.
Tu te fous de moi ?
Qui te retient ?
Pars, si c'est ce que tu veux.
Tu sais oĂą je garde l'argent. Sers-toi, vas-y.
Tu peux m'aider...
Ă porter le bois ?
- Tu fais quoi ? - Pardon. Je ne le referai plus.
- ArrĂŞte ! - Tu te crois drĂ´le ?
- J'arrête, promis. - À mon tour de m'amuser.
Non, arrĂŞte !
- Alors ? - Minute.
Stop !
- Allez, viens. - C'est pas un jeu. Faut s'entraîner.
T'es folle ou quoi ?
- Pardon. Je ne le referai pas. - Oh non !
N'avance pas.
On fait moins la maligne maintenant, hein ?
- Tu as commencé. - Y a rien de drôle.
- Tu m'as lancé le couteau au visage. - Tu fais la belle ?
OĂą est-ce que tu te sauves ?
Bonjour, madame.
Madame ? C'est moi, Enzo.
Madame ? Pardonnez-moi si je vous dérange...
- Il t'a fait du mal ? - Non.
Pourquoi tu as crié, alors ? Viens !
Au commissariat de police El Tehuelche de Bajo Caracoles,
s'est aujourd'hui spontanément présenté un individu
souhaitant faire une déposition.
L'homme en question s'identifie comme étant Enzo Luis Espinosa,
ouvrier, célibataire.
Immédiatement, nous lui avons demandé un récit complet des faits
que voici :
"Je me présente devant les forces de l'ordre
"afin de signaler que, ce jour, en entrant dans la ferme La Pionera
"dans le but de réaliser des travaux,
"je fus victime d'un acte d'agression commis par un homme
"se faisant passer, avec sa femme, pour les maîtres des lieux."
Quant Ă la description physique de ses agresseurs,
M. Espinosa affirme n'avoir pu apercevoir que la femme,
qu'il décrit comme étant jeune, hâlée et répondant au nom de Julia.
L'homme convalescent a appuyé sa plainte
par la présente, signée sous mon autorité.
- On est à peu près ici ? - Oui.
Pour rejoindre La Pionera,
on doit longer le fleuve jusqu'au mont Corona,
sur plus ou moins 30 km.
- Quand a-t-elle été aperçue ? - Il y a deux jours.
- Ils voyagent donc par la route. - Très certainement.
- On est loin de la route 40 ? - À 50 km.
50 kilomètres...
Le témoin a reconnu Julia sur la photo ?
Oui, il a reconnu son visage et ses vĂŞtements.
Très bien.
Un détail l'a interpelé ?
Il a dit qu'elle ne semblait pas être retenue contre son gré.
Julia !
Doucement, ça va aller.
Je vais chercher du bois.
Reste assis, j'y vais.
Julia !
Ici Prieto.
Je suis avec la femme recherchée, Julia Medrano.
Je répète :
je suis avec la femme recherchée, Julia Medrano.
Vous me recevez ?
Reçu, commissaire. Ici Savedra.
Votre position, commissaire, s'il vous plaît ?
On est à une vingtaine de kilomètres de la route 40,
près de Los Antiguos.
Bien reçu, commissaire. J'attends vos ordres.
Maintenant, j'ai besoin de ton aide.
De sorte que ce qui t'est arrivé n'arrive pas à d'autres.
Cet homme, oĂą il se cache ?
Tu t'es défendue contre lui ?
Tu sais s'il est en vie au moins ?
Julia !
Je l'ai perdu.
Quand ça ?
Je ne sais pas.
Où ça ?
Je ne sais pas.
Un jour, je me suis réveillée et il n'était plus là .
Très bien.
Tu veux appeler quelqu'un ? Un parent, peut-ĂŞtre ? Une amie ?
Tu es prĂŞte Ă rentrer ?
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