All language subtitles for La traque Leroy, Serge 1975BDRip.1080p.x264.AACFR

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Original subtitles

Villeherviers !

- Ça va ? - Ça va.

Salut !

Villeherviers !

- C'est bien l'hĂŽtel Molette en face ? - Oui.

- C'est fermĂ© ? - Ça m'Ă©tonnerait.

Ah, vous savez, c'est dimanche.

Ah, ça ne fait rien, je vais attendre un peu.

Oh, ils vont pas tarder.

- Tenez... Votre retour. - Ah, merci.

Il y a un train pour Alençon à midi, c'est vrai ?

Midi deux.

- Il te plaĂźt ? - Superbe.

C'est pas raisonnable.

C'est un achat d'homme.

Jeanne n'imaginera jamais qu'une femme te l'a offert.

Je pensais pas seulement Ă  elle.

A David ?

Il en avait envie justement, il ne l'a pas acheté, je sais pas pourquoi.

- Il va le reconnaĂźtre. - Mais quelle importance ?

Tu peux t'acheter un fusil, toi aussi.

Oui, bien sûr.

- Qu'est-ce que tu as ? - Oh, rien.

David te fout la paix, c'est une affaire entendue.

Moi, je te rappelle, je peux prendre aucun risque.

Ah, Philippe !

Mon beau-pÚre me balaierait immédiatement s'il savait.

Mais tu es quand mĂȘme le pĂšre de ses petits enfants.

Oh, si tu crois que ça compte.

Embrasse-moi.

Il faut que je parte maintenant.

Tu rentres directement chez toi ?

Pas avant ce soir.

Et toi, qu'est-ce que tu as dit Ă  Jeanne ?

Que je dormirais chez le garde.

Ne fais pas ça, Françoise.

- Il n'est pas chargé. - Je sais mais ça ne se fait pas.

- Tu fumes déjà ? - La derniÚre... ou la premiÚre.

- Qui y a-t-il avec vous ? - La bande habituelle.

Je vais demander qu'on te monte ton petit-déjeuner.

- Tu t'en vas quand ? - Oh, je ne suis pas pressée...

Dans deux ou trois heures.

Prend-le avec toi. Il te portera chance.

- A mardi ? - Bien sûr.

Le taxi a été appelé pour une urgence,

il sera de retour dans 1h, 1h30 au plus.

Je pensais pouvoir reprendre le train de midi.

Mais il y en a un autre vers 4 heures,

ça vous donnera plus de temps pour visiter.

Si vous décidez de louer La GuetiÚre, il vous faudra une voiture.

C'est loin de tout, vous savez.

- Bonjour, M. Mansart. - Bonjour, Mme Molette.

- Vous pouvez monter le petit déjeuner. - D'accord.

Je repasserai ce soir prendre mes affaires.

- Bonne journée, M. Mansart. - Merci.

Les seuls gens que vous verrez Ă  La GuetiĂšre : les chasseurs.

Et encore, Ă  la saison.

C'est un ancien moulin, vous verrez, il a été trÚs bien aménagé.

- Voulez-vous monter ça avec le plateau ? - Entendu.

- Pardon, vous allez Ă  La GuetiĂšre ? - Oui.

Je passe devant, je peux vous y emmener si vous voulez.

C'est une bonne idée, ça vous avancera.

Tenez, voilà la clé. N'oubliez pas de me la rendre quand vous rentrerez.

Je dirai au taxi d'aller vous chercher vers 11 heures,

comme ça vous l'aurez votre train de midi.

- Si ça vous ennuie pas ? - Philippe Mansart.

- Helen Wells. - Je vous en prie.

- Au revoir. - Au revoir.

Vous voulez acheter La GuetiĂšre ?

Peut-ĂȘtre que je vais la louer pour les week-ends.

Faut aimer la solitude.

Le climat n'est pas trÚs agréable en cette saison.

Ça ne me dĂ©range pas.

Vous vous installez dans la région ?

Je suis chargée de cours à l'université de Caen.

Vous connaissez le pays alors ?

Pas beaucoup. J'ai des amis à Alençon. Le professeur Juillet et sa femme.

Ah, vous ĂȘtes une amie des Juillet !

Nous aurions déjà pu nous rencontrer.

Je suis le gendre d'Auguste Marjorie.

Vous connaissez les établissements Marjorie ?

- Non. - Vous connaĂźtrez...

Mon beau-pÚre est sénateur, il fait la pluie et le beau temps sur la ville.

Ce sont des amis. Les Danville.

Idiots !

Ils sont un peu fous !

Ne craignez rien, ce sont des gosses.

- Laissez-les passer. - C'est pas commode !

Alors, Mansart, on se dégonfle ?

- Imbécile ! - Ralentissez. Je vous en prie.

Ah, les salauds !

- La maison est Ă  100 mĂštres, vous verrez. - Merci encore.

- A bientĂŽt, j'espĂšre. - Au revoir.

Bonjour.

Vous pourriez nous présenter, Mansart.

Un instant, mon vieux !

Helen Wells. Paul Danville, Albert Danville.

Ces messieurs sont dans la ferraille.

Voilà ce qui explique le mépris qu'ils ont pour la carrosserie de leur voiture

et celle de leurs amis.

Ça va, Mansart...

Bon, ben, au revoir. Au revoir.

Vous ĂȘtes AmĂ©ricaine ?

- Non. - Anglaise ?

Oui.

Venez avec nous, on va chasser le cochon.

- Le sanglier. - Ah...

Non, je crois pas que j'aimerais ça.

Dommage.

C'est malin ça, bravo !

Vous en faites pas, on vous en achĂštera une toute neuve.

J'y compte, imagine-toi.

Qui c'est ? OĂč c'est que vous l'avez ramassĂ©e ?

Sur la route.

Et elle est tombée dans votre lit, hein ?

Tu peux te marrer, Albert, bravo !

Merde ! C'est le genre de fille Ă  me faire bander, moi. MĂȘme Ă  jeun.

A jeun, Ă  jeun... ou pas ! Hein ?

Ce hangar ne tient plus debout.

J'ai pas l'intention de dépenser une fortune pour son entretien.

On y remise tout de mĂȘme les machines.

Remisez-les ailleurs. C'est pas la place qui manque.

Faut voir.

Bon, écoutez, j'en parlerai avec votre mari au moment des comptes du fermage.

Est-ce que la clÎture des prés de Longueville est terminée ?

C'est tout comme.

Il en manque bien encore une cinquantaine de mĂštres, oui.

J'y suis passé hier.

Tu ferais mieux de t'occuper de tes collets, Maurois. Y'en a jamais eu autant.

C'est faux, M. Sutter. Je vous jure que je le tiens à l'Ɠil le braco.

Y'a pas de collets sur vos chasses.

- J'y mettrais pas ma main au feu. - Bon, bon, bon, bon !

- Bonjour, tout le monde. - Bonjour, M. Rollin.

- Bonjour cher ami. - Mme Leuillot, cher David.

Il fait frisquet ce matin. Ça va, Maurois ?

Bonjour, M. Rollin.

- Je me suis frigorifié à l'église. - Quelle idée, aussi ?

- Celle un bon chrétien ! - Un peu de soupe ?

Non, non, un peu de jambon.

Dites-moi, Rollin... Les Pichon sont bien vos clients ?

Oui, depuis toujours.

Qu'est-ce qu'ils comptent faire de leur terrain de Saint Jean le Blanc ?

Ça vous intĂ©resse ?

S'ils ne sont pas trop gourmands, oui.

Vous devez avoir de l'influence sur eux.

L'influence d'un notaire, vous savez...

Vous pensez pouvoir obtenir le permis de construire ?

Bah, aprÚs les élections au conseil général, oui.

Mansart ?

Il vaudrait mieux que les Pichon l'ignorent.

Oui, mais ce sont presque des amis, alors...

Ben, justement.

Je vais essayer de vous arranger ça.

Vous savez que j'ai bonne mémoire des services que l'on me rend.

Messieurs les Danville et Monsieur Mansart.

Ça m'ennuie que vous invitiez toujours les Danville.

Bah, j'avoue qu'ils m'amusent.

Moi pas.

- Alors, comment ça va, les voyous ? - C'est la superforme aujourd'hui, David.

- Paul et moi, on prend tous les paris. - Affirmatif !

Eh bien, nous allons voir ça.

- Occupe-toi des clébards, Maurois. - Entrez manger quelque chose.

- Alors ? - Bonjour.

- Comment ça va, Rollin ? - Ça va, merci.

- Il est bon, le jambon ? - Oui.

Qu'est-ce que tu nous as fait de bon, Fernande ?

Allons, Messieurs, un peu de tenue !

Laissez donc, M. Sutter. En v'lĂ  deux qu'en disent plus qu'ils n'en font.

C'est pas comme d'autres.

Vous devriez pas laisser dire ça, M. Sutter.

Occupe-toi du vin, Maurois, tu veux ?

- Apporte du vin Maurois, bon Dieu ! - Maurois, Ă  boire.

Manger du petit Jésus le matin, ça donne de l'appétit, hein, notaire ?

Ne blasphémez pas, Danville, je vous en prie.

- Mais c'est à qui ce galure ? - Ah, ça c'est fin.

Vous boirez bien un petit coup, hein ? LĂ . Allez, M. Albert.

- Pourquoi tu fais la gueule, Maurois ? - Je fais pas la gueule, M. Danville.

Quand je pense Ă  Fernande...

Je pensais vous trouver ici !

J'ai téléphoné chez vous hier soir et Jeanne m'a dit

que vous passeriez la nuit chez Maurois.

Oui, c'était mon intention, mais vous savez, j'ai changé d'avis.

En cours de route ?

- M. Rollin ! - Vous voulez de la soupe, M. Mansart ?

Oui, avec beaucoup de chou, Mme Leuillot.

Pas du chou ! Ça va te faire pisser, Mansart.

Moi je serais avec une nana comme celle avec qui on vient de le voir,

je boufferais pas du chou.

Qu'est-ce que c'est cette histoire de nana ? De quelle nana s'agit-il ?

Hé, hé, hé, Messieurs, je réclame votre discrétion.

Comment elle s'appelle déjà ? C'était pas une Anglaise ?

Qui rit quand on la baise !

Quoi ?

- Philippe, je la connais ? - Je crois pas, non.

- Une amie de Juillet. - Le psychiatre ?

Mais alors, c'est une cinglée si elle est avec Juillet.

- Et au lit elle est comment ? - Folle, voyons.

- Bonjour, Messieurs. - Bonne route ?

On a failli s'emplafonner !

En plein virage, Chamond a voulu que j'évite un lapin

la route est humide, j'ai dérapé, on a failli se retrouver dans le fossé.

Mme Leuillot, servez ces messieurs.

Qu'est-ce que tu veux, du jambon cuit ou du jambon cru ?

Donne-moi du cru. Bonjour, Mme Leulliot.

- Bonjour. - Tiens, voilĂ  du boudin.

C'est vrai, dis donc.

Heureusement qu'il a pu redresser, dites donc, parce que sinon

on était bons pour le fossé.

- T'as dĂ» bander que d'une, hein, Chamond ? - Chamond il bande pas.

Laissez-les dire, Chamond.

- Bien sûr que je les laisse dire. - Non, merci, Mme Leuillot.

De toute maniĂšre tout le monde sait qu'ils sont idiots.

- J'ai mis de cÎté une terrine... - Merci, Maurois, ça va ?

- Alors ? - Change pas de main !

Quel est le programme, David ?

Et bien voilà : Maurois a remisé deux enceintes. Un solitaire au bois des cailles

et une harde de deux ou trois bĂȘtes Ă  MaltournĂ©.

- Comment va votre mari, Fernande ? - Il va trĂšs bien, merci.

- Pas trop de boulot à la ferme ? - C'est pas ça qui manque.

Un mec est venu à la chasse ici l'année derniÚre.

Du grand garage à la sortie de la route d'Alençon.

Dites-moi, Claude, j'ai su que vous aviez perdu votre niĂšce.

- Oui, la semaine derniĂšre. - Mon Dieu !

Il va ĂȘtre obligĂ© de larguer sa taule,

il a plus de pognon. Du travail, y'en a plus.

Faudrait que tu le vois.

Et Marie-Danielle ?

Il demande pas que tu lui prĂȘtes du pognon mais tu peux peut-ĂȘtre...

Ah non mais c'est pas moi qui lui prĂȘterai du pognon, c'est mes clients.

Dans le fond, l'affaire est saine et solvable.

Elle était malade depuis six mois.

Qu'est-ce vous allez faire pour l'héritage ?

Rien ne marche, en ce moment, tu le sais aussi bien que moi.

Ça marche pour toi les affaires ? Les notaires, ça marche toujours !

Tu la connaissais bien ?

C'est surtout Roseline qui m'a branché dessus.

Il nous faudrait un journalier de plus.

- Y'a qu'Ă  demander au patron. - Bah... vous le connaissez.

Mme Leulliot, je vais prendre un peu de vin s'il vous plaĂźt.

- Je lui en toucherai un mot aujourd'hui. - Merci, vous ĂȘtes gentil M. Nimier.

Tu touches toujours, toi.

Toi si tu t'en Ă©tais pas mĂȘlĂ©, ça m'aurait Ă©tonnĂ©.

- C'est un assez beau prĂ© ça. - Ça fait Ă  peu prĂšs sept hectares.

- Un petit coup ? - Ben alors ?

- Vous m'oubliez un peu en ce moment. - Oh, je vous oublie jamais M. Albert.

Elle a traßné les trois derniÚres semaines, ça a été trÚs dur.

- Mais laisse-la. - Je peux lui faire un bisou, non ?

Un de ces jours, il t'arrivera un ennui

Ă  dire des choses sur moi comme tout Ă  l'heure.

Mon pauvre Maurois. C'est pourtant vrai que pour t'amuser

- tu préfÚres les petites filles. - J'ai rien fait de mal, t'entends. Rien.

La petite, je sais pas pourquoi elle a eu peur, elle a crié, c'est tout.

Pauvre gosse. A te voir comme ça, Maurois, les yeux fous,

j'imagine bien moi pourquoi elle a crié.

T'as pas le droit. J'ai rien fait moi.

N'empĂȘche que sans M. Sutter, les gendarmes t'emmenaient,

et t'y croupirais encore, en prison.

Maurois ?

Salope !

Allez, aujourd'hui, je prends les paris.

- Ah oui ? - T'ouvres Ă  combien ?

- J'ouvre Ă ... - J'sais pas...

- 1000 balles sur le frangin. - OK ! Comme d'habitude !

Allez, et vous, David ?

- Oh, moi, 2000 sur Nimier. - Il m'a foutu un sucre lĂ -dedans ?

2000 sur Nimier ? Il est favori !

Il prend pas de risque, hein ?

- Et toi, Mansart ? - 500 sur Chamond.

- Ben dis-donc, t'es gùté ! - Eh ben oui, dis donc.

- Et toi ? - Moi, le capitaine, 2000.

- Allez, le capitaine. Et toi, mon loup ? - Donne-moi le blé.

HĂ© ! Regarde le notaire qui se barre en douce !

Je déteste cette tradition stupide,

m'enfin pour faire comme tout le monde, je prends 2000 sur Nimier.

T'as peur de paumer ton pognon ?

Mon pognon, comme vous dites, je l'ai gagné

durement et proprement, c'est pourquoi j'y tiens.

Dans la ferraille, le pognon sent pas plus mauvais qu'ailleurs.

- J'ai jamais dit une chose pareille. - Bon, et toi, Nimier ?

Personne n'a joué sur toi, je mise sur toi.

Et mon frangin, il a misé sur moi !

Avec ce que vous avez bu aujourd'hui,

ça m'étonnerait que vous touchiez quelque chose.

- C'est quoi ? - Ah, non, ne touche pas.

Allons, messieurs, pressons s'il vous plaĂźt.

- Monte ta vitre ! - Ne perdons pas de temps, SVP.

Attends, Chamond, j'ai les clés du coffre.

- Tu te magnes, Chamond ? - Une minute.

Tiens, une nouvelle arme ?

Vous permettez ?

Oh là là, c'est superbe ça. Une petite fortune, non ?

En effet. Pardon.

Avec une mitraillette ç'aurait été plus facile.

Ta gueule, Nimier, hein, fais-le avec une carabine.

- C'est pas raisonnable, M. Paul. - Oh, ta gueule, Maurois.

- Allez, apporte. Va chercher. - Au pied, mon chien.

Ils chassent aussi mal qu'ils boivent.

Ben dis donc, j'ai pas encore l'Ɠil ! J'ai bien failli le louper.

Au moins quatre livres. Tiens, Ă  toi, Paulo.

Quatre livres ? Tiens, Chamond.

Oh, non, merde !

- Vous ĂȘtes dĂ©gueulasses. - ArrĂȘtez vos conneries.

Tiens, Maurois.

Il t'a pas mordu, hein ?

Allez, les chiens, allez, Rex, allez. Allez, les chiens. Allez.

- Tiens, j'ai eu la visite de Mangin. - Oui, c'est moi qui te l'ai envoyé.

Oui, je sais. D'ailleurs, je te remercie.

Y'a pas de quoi. Il m'a acheté la derniÚre Ford

et il avait besoin d'une bonne assurance

alors je lui ai dit d'aller te voir.

Soigne-le, il est bourré de fric.

Oh, ben je crois que je lui ai fait un beau contrat, lĂ .

Surtout pour toi, hein ?

Alors, vous vous présentez, c'est décidé ?

Oui, j'ai l'accord de mon beau-pĂšre.

Il aura au moins un conseiller général à sa botte.

J'ai décidé moi aussi de soutenir votre campagne,

l'argent ne vous manquera pas.

Les autres aussi vous soutiendront.

Je crois que c'est leur intĂ©rĂȘt.

Pas le vĂŽtre ?

- Bon alors, bonne chance, messieurs. - Ouais. On est d'accord.

N'allez pas nous porter la poisse !

Mon Capitaine, Chamond, prenez direct par lĂ .

Monsieur Paul, Monsieur Albert...

Un petit peu plus Ă  gauche, M. Paul.

Dis, Maurois...

Dix sacs pour toi, si tu te démerdes pour que le cochon sorte par la trouée, là.

Quand on le traque, le cochon sort oĂč il veut, M. Danville.

Ce serait pas honnĂȘte de ma part d'accepter.

Faux cul.

- Fait pas chaud, hein ? - C'est un peu humide.

Dans une heure, le vent va tourner.

Vous inquiétez pas, on l'aura traqué avant ça.

Dites, mon Capitaine...

Je parierais gros que vous ĂȘtes passĂ© devant la bonne coulĂ©e.

Celle-lĂ , lĂ , lĂ -bas.

Bon, ben, j'y vais.

Maurois !

J'aime pas qu'on m'avantage. Vu ?

Vu, mon Capitaine.

Delagrange, cuvée spéciale, ça vous dit ?

Merci.

Vous avez tort, c'est excellent. Rollin, vous voulez ?

Merci. Vous savez bien que je ne bois pas.

- Vous voulez vous réchauffer les mains ? - Merci.

Vous ĂȘtes Ă©quipĂ©.

Ah, ça, je suis un homme organisé. Le hasard a peu de prise sur moi.

VoilĂ  Maurois.

M. Sutter pourrait tenir la ligne de gauche,

M. Mansart le centre avec moi, et M. Rollin, l'autre cÎté.

Bon, allons-y.

- Nerveux ? - Je n'aime pas qu'on arme dans mon dos.

Gardez votre ligne, M. Sutter, il peut rebrousser.

Craignez rien, Maurois, je suis chargé.

Allez, les chiens. Allez !

Il est lĂ .

Allez, les chiens. Allez, allez !

Ah, saloperie !

Attention au retour.

Il est pour eux M. Mansard !

Bravo, Maurois !

Chamond, Ă  toi !

Merde ! Merde, merde, merde.

Ben alors qu'est-ce qui t'arrive, toi ?

- Hein ? - Bon ben d'accord, oui.

Oh, non mais il est pas vrai. Pourquoi tu changes pas de lunettes ?

- Ah, c'est fin. - Il t'est passé entre les jambes ?

Alors, que se passe-t-il ?

C'est Chamond, il est complĂštement miro.

Non mais les gars, c'est pas de ma faute.

Tais-toi ! il a raté un sanglier à 2 mÚtres, faut le faire.

Le capitaine il a rencontré un fellaga dans le bois.

Allez, attrape.

- Allez, Chamond, allez. - ArrĂȘtez !

Nom de Dieu de merde !

Dites-moi, Maurois, j'ai bien failli me prendre les pieds lĂ -dedans.

Saloperie de braquo.

Je vous jure, si je l'attrape, il va passer un mauvais quart d'heure.

En quoi ça vous gĂȘne, David, quelques petits collets ?

Vous ne chassez jamais le lapin.

Non mais la propriété, c'est la propriété. Que ce soit des lapins ou autre chose.

On pourrait se diriger vers Maltourné, M. Sutter.

Un bout de pomme, Philippe ?

Les traqueurs d'un cÎté, les tireurs de l'autre.

On gagnerait du temps. Le capitaine nous rejoindra.

Surtout qu'il y a un bout de chemin. Bon, en route, Messieurs.

- Rendez-vous à Maltourné. - OK, d'accord, on y va. Allez, viens.

- Un café, Albert ? - Tu m'emmerdes avec ton café, toi.

Ça va pas, non ?

Écoute, la prochaine fois que tu loupes un cochon,

Paul et moi on te coupe les roupettes.

HĂ©, je veux ! Les roustons Ă  Chamond. Pour un cochon.

Ouais, vous ĂȘtes saouls tous les deux.

- Oh, fais pas la gueule. - ArrĂȘte, non !

Ça pique, non ?

Allez, va mon chien.

Qu'est-ce qu'il a Rex, Paul ?

- Cet idiot vous a pris... - Vous pouvez pas le tenir ?

Rex, tais-toi.

Ben alors ? Qu'est-ce que vous faites lĂ  ?

Je regardais la statuette.

- Ah ? - Vous la voulez ?

Elle est bien oĂč elle est.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Oh, tire pas, Chamond.

Non, c'est Rex qui s'est trompé de gibier.

Vous n'aimez pas les chiens. C'est quelque chose qu'ils sentent.

Je suis désolée.

- Vous partez ? - Oui.

Alors, Chamond, tu peux pas offrir un café à Mademoiselle ?

Vous en voulez ?

Oui, je veux bien.

- Ça vous a plu, La Guetiùre ? - Beaucoup.

C'est bien, hein ?

Vous avez l'intention de vous y installer ?

Je sais pas encore, peut-ĂȘtre.

Méfiez-vous, il est brûlant.

Merci.

C'est bon.

- Ça rĂ©chauffe, hein ? - Oui, c'est chaud.

En tous cas, si vous venez habiter dans le coin,

ça nous fera une compagnie agréable, hein, Paul ?

C'est vrai qu'on se plaindrait pas.

Ne comptez pas trop sur moi pour vos distractions.

Oh, on n'a pas que celle-lĂ , vous savez.

Si vous habitez La GuetiĂšre, c'est M. Mansart qui va ĂȘtre content.

Vous aimez pas les chiens, mais vous avez rien contre les hommes ?

Merci pour le café.

Alors là, je te comprends pas, Paul, t'aurais pas dû dire ça.

Mademoiselle va croire que t'es jaloux de Mansart.

Il voulait dire qu'il aimerait bien avoir autant de chance que lui.

Les écoutez pas, Mademoiselle, ces deux-là, faut toujours qu'ils plaisantent.

Je dois partir.

Vous ĂȘtes fĂąchĂ©e ? Alors lĂ , si vous partez comme ça, on va croire qu'on vous ennuie.

Oui, c'est vrai. Maintenant, vous m'ennuyez.

LĂąchez-moi.

- Vous trouvez pas que vous exagérez ? - Ta gueule.

Rex.

Allez, arrĂȘtez de faire les idiots maintenant.

Rappelez-le.

- Viens ici, Rex. - Fous-nous la paix, Chamond.

Qu'est-ce que t'as derriĂšre la tĂȘte, Paul ?

Mais qu'est-ce qui vous prend, ça va pas, mais vous ĂȘtes...

Mais arrĂȘtez !

Mais arrĂȘtez, pauvres idiots !

Je vous préviens, je suis pas dans le coup.

Ta gueule, Chamond.

Et vous ĂȘtes de beaux salauds, tous les deux.

- T'entends ? - Ça vient de La Guetiùre.

Tirons-nous.

Magne-toi, bon Dieu, Chamond !

Ben, Nimier, qu'est-ce qu'il fabrique alors ?

Ça, je me le demande.

Maurois, allez placer Messieurs Danville et Chamond.

- On attend votre signal. - Bien, M. Sutter.

Qu'est-ce que t'as ?

- Rien, on a fait les cons. - Bof, t'en fais pas...

Elle connaissait pas Mansart ?

Écoute, elle va pas aller lui raconter, hein ?

Ça klaxonne plus, vous croyez qu'elle est partie ?

Allez, allez, allez...

Merde, mon fusil.

Non mais c'est pas vrai !

- Va le chercher. - Laisse.

J'y vais.

Oh, venez m'aider. Il fait au moins 80 kilos.

Oh, bravo.

Vous ĂȘtes encore lĂ  ?

Je suis revenu pour le...

Bien joué !

Tu saurais pas t'en servir. Donne.

Paul !

- Mon petit Paul, qu'est-ce que t'as ? - Touche pas.

Oh, nom de Dieu.

J'ai cru qu'elle... J'ai rien compris, tu sais.

Je vous l'avais dit que ça tournerait mal.

Bouge pas. Bouge pas, on va s'occuper de toi et aprĂšs...

AprĂšs, je te jure que je vais m'occuper d'elle.

Non, c'est elle...

il faut la rattraper sinon elle va parler, maintenant.

Elle peut plus faire autrement. Pour se défendre.

Elle a tiré sur moi, tu comprends ?

Mais on peut pas te laisser comme ça.

Écoute, c'est pas grave, je te dis.

Cours aprÚs, et... Proposez-lui un marché.

- On la boucle et puis... - Et puis elle la boucle, hein ?

Donnant-donnant, quoi.

Aux autres, t'as qu'Ă  dire que c'est un accident.

Oui.

Ça finira bien par se savoir.

Ecoute, si elle accepte, personne saura.

C'est une affaire entre elle et nous.

Fais pas le mariole, Chamond, t'es dans le coup.

Mais j'ai rien fait.

Quoi, t'étais là, non ?

C'est avec ton fusil qu'elle a eu Paul, c'est Ă  cause de ta connerie.

Grouillez-vous, sinon c'est foutu.

Écoute, tu vas aller prĂ©venir les autres.

Tu dis bien que c'est un accident et que tu vas chercher

- L'ambulance et les gendarmes. - Les gendarmes ?

C'est ce que tu leur feras croire.

AprĂšs, tu iras te planquer dans la carriĂšre Legrand et tu ne bouges pas.

Jusqu'à ce que je vienne te dire que c'est arrangé avec la fille.

- Et Paul ? - Allez, allez, allez, vas-y. Démerde-toi.

Déconne pas, Chamond. Je tiens pas en plus à aller en taule.

T'es sûr de pouvoir tenir le coup ?

T'en fais pas, ça fait mal mais c'est pas dangereux.

Tiens, mets-ça contre toi.

Allez, t'inquiĂšte de rien, mon grand.

Qu'est-ce qui vous est arrivé, M. Paul ?

Une connerie.

Donne-moi de l'eau.

Posez ce téléphone et écoutez-moi, on va s'arranger.

Non, mais il marche pas.

Et tant mieux, vous alliez faire une bĂȘtise.

Hein ?

Allez, ouvrez-moi, mon petit. On va parler tranquillement.

David !

Qu'est-ce qui se passe ?

David !

David !

Mais Ă©coutez-moi, merde, qu'est-ce qui vous prend, oĂč courez-vous ?

Allons.

Puisque je vous dis qu'on ne demande qu'Ă  s'arranger.

Allez, revenez.

Hein, mais pourquoi vous vous sauvez comme ça, pour aller aux gendarmes ?

Qu'est-ce que vous allez leur dire, que vous avez tiré sur mon frÚre ?

Vous pourrez rien prouver.

Alors le mieux c'est de s'entendre, pour vous comme pour nous.

Mais partez pas, nom de Dieu ! Ah, bon Dieu !

Vous aviez raison, Mansart, elle est vraiment folle.

Ne vous fatiguez pas, Paul,

Chamond nous a tout raconté, il est allé chercher l'ambulance.

Elle l'a pas fait exprĂšs.

Et pourquoi avait-elle un fusil ?

C'est Chamond, pour lui montrer.

Et chargé, en plus, quelle imprudence.

Ne le faites pas parler.

Ça ira quand mĂȘme.

On gagnerait du temps avec une voiture.

Vous allez pas me trimballer jusqu'à la route, je vous dis que ça peut attendre.

Qu'en pensez-vous Nimier ?

Dans le buffet ça impressionne toujours, ça pisse le sang.

- Tiens, laisse-moi voir. - J'aime mieux pas.

On sait comment tu soignais tes felouzes.

Comme tu voudras.

Allons, Mademoiselle, arrĂȘtez vous. Putain, elle est cinglĂ©e.

Et Albert qui ne revient pas avec cette femme !

Mais aussi, pourquoi s'est-elle sauvée ?

Elle a eu peur.

Albert et Chamond s'occupaient de moi, ils l'ont pas vue partir.

L'un de nous devrait peut-ĂȘtre aller voir ce que fait Albert ?

Ouais, ça sert pas à grand chose qu'on reste tous là. J'y vais, moi.

- Vous me laissez pas ? - Mais non.

Allez-y vous autres, je reste avec lui.

Laissez Albert s'en occuper, il va revenir avec elle.

C'est probable. En attendant, restez tranquille.

Prenez ça, Rollin, et donnez-le-lui s'il a froid.

Vous inquiétez pas, Paul, l'ambulance ne saurait tarder.

Va jeter un coup d'Ɠil à La Guetiùre et rejoins moi là-haut.

J'aime pas cette histoire, vous savez.

Ce n'est qu'un accident, bien sûr,

mais allez savoir ce que ces imbéciles de journalistes vont écrire là-dessus.

Vous pensez pas que ça peut ĂȘtre ennuyeux pour vous ?

Si, mais pas plus que pour tout le monde.

Tout de mĂȘme, c'est vous qui avez passĂ© la nuit avec cette femme.

Évidemment ça n'a aucun rapport avec ce qui s'est passĂ© mais...

elle peut parler,

et citer le nom d'un futur conseiller général, ça peut l'arranger.

Elle ne le fera pas.

Vous la connaissez si bien que ça ?

Évidemment, vous pourrez toujours dire qu'elle ment.

On vous croira vous, forcément.

Ecoutez, si ça peut vous arranger...

je suis mĂȘme prĂȘt Ă  dire que vous n'Ă©tiez pas avec elle cette nuit.

Ce ne sera pas nécessaire.

Ah ben, tant mieux pour tout le monde.

Alors ?

La porte de derriÚre est ouverte et il y a un carreau cassé.

Ah bon ?

Tiens, regarde.

- C'est elle ? - Qui veux-tu que ce soit ?

David !

Albert et la fille sont en train de courir lĂ -bas.

Mais qu'est-ce que vous foutez lĂ  bon Dieu, vous pouvez pas rester avec Paul ?

Rollin est resté avec lui. Chamond est parti chercher l'ambulance.

Mais qu'est-ce qui se passe avec cette femme ?

Ben quoi, ça se voit pas ? Elle essaie de se barrer.

Elle est là-bas, de l'autre cÎté, je la vois, elle est en train de se tirer.

Relayez-moi un peu, les gars, moi j'en ai ma claque.

A mon avis, elle est lĂ -dedans.

- Ça c'est pas clair, Capitaine. - Qu'est-ce qui est pas clair, Maurois ?

Mais qu'est-ce que vous foutez, merde ! Elle prend une drĂŽle d'avance.

Alors, vous y allez ou quoi ?

Ouais, on arrive.

Ce que les Danville et M. Chamond racontent.

T'as une idée ?

Je voudrais pas faire d'histoires ni avoir d'ennuis.

- OĂč t'as trouvĂ© ça ? - A la chapelle.

C'est peut-ĂȘtre pas Ă  elle et mĂȘme ça prouve rien.

Les fumiers.

Oh, j'ai dĂ» me faire une entorse.

HĂ© ! Emmenez les autres avec vous.

Mais enfin, Albert, qu'est-ce qui se passe ?

Mais cette fille est cinglée, je vous dis, la laissez pas s'échapper.

Cavalez-lui aprÚs, moi je peux plus, je suis crevé.

Enfin ça veut dire quoi "s'Ă©chapper", oĂč voulez-vous qu'elle aille ?

On peut laisser les gendarmes s'en occuper aprĂšs tout.

Oh, je commence Ă  en avoir assez, moi, de cette histoire.

Elle est dans le tunnel.

Enfin, qu'est-ce qu'elle cherche Ă  faire ? C'est dangereux le tunnel.

Nimier pense qu'elle est dans le tunnel.

Mais non, je vous dis qu'elle est passée de l'autre cÎté.

Albert, je sais pas ce que tu manigances

mais Maurois et moi on est sûrs qu'elle est planquée là-dedans.

- Bon, bon alors j'y vais. - Ah non !

Restez lĂ  oĂč vous ĂȘtes. Vous ne faites que l'effrayer cette femme.

Allez-y, Philippe, vous, au moins, elle vous connaĂźt.

- Elle ne doit plus savoir ce qu'elle fait. - Raisonnez-la, qu'on en finisse.

Vous vous ĂȘtes fait mal ?

Philippe.

Philippe. Laisse-moi y aller, Philippe.

Qu'est-ce que tu lui veux Ă  cette femme, Albert ?

T'as pas vu ce qu'elle a fait Ă  Paul, non ?

Oui, justement et je voudrais bien comprendre.

Mademoiselle Wells ?

Qu'est-ce que vous vouliez dire par "les manigances" d'Albert ?

Maurois a trouvé ça dans la chapelle.

Mademoiselle Wells ?

Mademoiselle Wells ?

Je sais rien d'autre, M. Sutter. J'ai juste ramassé ça.

Qu'est-ce que ça signifie ?

Ça signifie qu'ils ont dĂ» se la faire, et Ă©videmment elle Ă©tait pas d'accord,

et puis ça explique pourquoi Paul a les tripes à l'air.

Vous ĂȘtes fou !

Pas moi, les Danville. Et ils savent qu'ils se sont mis dans un drĂŽle de bain.

Et nous avec.

Mademoiselle Wells ?

C'est moi, Mansart. Vous m'entendez ?

N'ayez pas peur, montrez vous.

Venez. Vous n'avez rien Ă  craindre.

- Qui est avec vous ? - Des amis.

Danville aussi ?

Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Allez, ne restons pas lĂ , venez.

Venez. Vous marcherez derriĂšre moi.

- Danville, il faut que je vous parle. - Foutez-moi la paix. C'est pas le moment.

Elle arrive.

Venez.

Ne craignez rien. Faites moi confiance.

Je ne veux parler avec personne.

Emmenez-moi Ă  la police.

Revenez !

Mais qu'est-ce qui te prend, t'es fou ou quoi ?

La laissez pas filer, bordel.

ArrĂȘtez-le, Nimier.

Mais qu'est-ce qui t'a pris ?

Si elle parle, on est tous foutus.

Dis-moi. Pourquoi on serait tous foutus ?

Parce que ces salauds-là l'ont violée.

Chamond avait oublié son fusil,

Paul est retourné le chercher et elle lui a tiré dedans.

Vous vous rendez compte dans quelle situation vous nous avez mis ?

C'est pour ça qu'il faut la rattraper et lui proposer un marché.

AprÚs lui avoir tiré dessus ?

Il faut pas qu'elle aille aux gendarmes.

Quelle sorte de marché ?

Elle la boucle et on la boucle.

Mais qu'est-ce qu'on vient faire lĂ -dedans, nous ?

- On y est pour rien. - On ne sera pas complices,

c'est monstrueux ce que vous avez fait.

Si elle s'échappe, il n'y aura pas d'arrangement, elle parlera.

Puis on sera tous dans le mĂȘme bain, que vous le vouliez ou non.

On marche ensemble, David ?

Hein ?

Albert ?

Chamond n'a pas été prévenir les gendarmes ni l'ambulance ?

Non, il se planque, il bougera pas jusqu'Ă  ce que je lui dise.

Mais si ça traßne, ton frÚre peut y laisser sa peau.

Non, non, je connais Paul, il tiendra le coup.

Faut pas le laisser seul, il va encore faire des conneries.

Attends-moi, j'arrive.

Maurois, va avec le capitaine.

- Mais... - Fais ce que je te dis !

Mais y a pas de raison...

Tu te rappelles ton histoire et comment je t'en ai sorti ?

- Mais c'est pas vrai ce qu'on a dit ! - File ou je te fous Ă  la porte.

Vous devriez y aller aussi, Philippe.

Qu'ils aillent se faire foutre.

Vous n'ĂȘtes pas le mieux placĂ© dans cette affaire.

Je parle de cette nuit, vous étiez bien avec elle ?

Non.

Imbécile.

Allez, grouillez vous.

Il faut absolument étouffer cette affaire.

- Comment ? - Hein ?

En amenant cette femme Ă  la raison.

N'oubliez pas qu'elle a tiré sur Paul,

elle est pas innocente non plus, elle doit le comprendre.

- Et si elle ne comprend pas ? - L'argent convainc tout le monde.

Vous me dégoûtez, David.

J'ai dĂ©cidĂ© de rĂ©gler cette affaire dans l'intĂ©rĂȘt de tous,

y compris du vĂŽtre, et je vous y obligerai.

Comment ?

Vous le savez bien.

Je vous casserai les reins auprĂšs de Jeanne

et de votre beau-pĂšre et sans la fortune des Marjorie vous n'ĂȘtes rien.

Vous prendriez le risque d'ĂȘtre ridicule ?

Oh ben ça, moins que vous.

Et puis comptez pas sur Françoise pour vous en sortir,

parce que je l'ai habituée au luxe, moi, Françoise, et vous ne feriez pas le poids.

- Vous n'auriez pas du feu ? - Ben si, voyons.

Bon, allons-y.

Rollin !

Rollin !

Je suis lĂ .

- Ah bon, j'ai cru... - Mais non.

Je me demande seulement ce qu'ils peuvent bien faire.

Et Chamond et les gendarmes qui reviennent pas.

Et avec ça, j'ai... j'ai froid.

Vous n'avez pas l'intention de boire avec ce que vous avez ?

Non, c'est pour vous.

Je ne bois plus. Vous le savez trĂšs bien.

Je sais, mais ça vous réchauffera.

C'est pas un jour ordinaire, ça c'est vrai.

C'est fort. J'avais oublié.

Allez-y, encore.

Ça rĂ©chauffe, c'est vrai. C'est pas trĂšs bon pour les rĂ©flexes.

La partie est foutue.

Alors d'ici dimanche prochain les réflexes reviendront.

C'est drĂŽle.

Quoi ?

Je savais pas que vous pouviez rire.

Comment vous vous sentez ?

Un peu dégueulasse.

Ça, c'est rien.

Merci. Merci de rester avec moi, Rollin.

C'est bien naturel.

Non, c'est pas possible, elle a pas pu filer.

Moi, Ă  sa place, je chercherais Ă  sortir du bois.

- Moi je lui fous Rex au cul ! - Ah non, M. Danville.

Mais t'es dingue, toi !

Laisse-moi. Regarde-moi ça, elle est en train de foutre le camp.

- Ça va Maurois ? - Oui, oui, ça va, ça va.

J'en ai vu d'autres en Indo.

Allez, viens.

On dirait une battue.

Si elle est lĂ -dedans, faut bien l'en faire sortir.

Et aprĂšs ?

Attendez !

Monsieur, attendez !

Attendez !

Monsieur, attendez !

Attendez !

Ne cherchez plus Ă  vous sauver, Mademoiselle.

Croyez-moi, ça vous mÚnera à rien.

Je vous jure qu'on vous fera aucun mal.

Albert, donne-moi ton fusil. T'arriveras Ă  rien avec.

Voilà, vous dites rien sur ce qui vous est arrivé,

- et nous, on vous... - N'approchez plus.

Nous, on vous met pas dans le coup pour mon frangin, on dira que c'est un accident.

Vous n'y serez pas mĂȘlĂ©e.

Quelqu'un peut passer sur cette route, Capitaine.

Elle le sait. Elle cherche Ă  gagner du temps.

Allez, dites oui. Et tout sera réglé.

Je ne vous crois pas.

Tu vois ?

Non, pas question, Albert.

Philippe, allez-y.

- Albert, laissez Mansart y aller ! - Mais ça changera quoi ?

Laissez-le, je vous dis !

Ne restons pas sur cette route.

Ils viendront pas.

Qu'est-ce que vous dites, Paul ?

Les gendarmes et l'ambulance, ils viendront pas.

Personne n'est allé les chercher.

Qu'est-ce que vous racontez là, voyons. Bien sûr que si.

Seulement, quelque chose a dĂ» les retarder, je sais pas moi.

Et puis c'est dimanche.

Mais les autres... Avec cette femme, ça,

c'est plus surprenant qu'ils soient pas encore lĂ .

Ils sont aprÚs elle parce qu'elle s'est sauvée.

Chut. Parlez pas, vous vous fatiguez.

Elle a pas voulu écouter Albert ni les autres, j'en suis sûr.

Personne viendra.

Personne viendra. Personne.

Tant qu'ils auront pas rattrapé la fille.

Ça va pas ?

Si.

Ça va, j'ai seulement un peu froid.

Je vais vous passer la chaufferette.

- Attendez-moi. - On peut pas, on les a perdus de vue.

Il faut prévenir Rollin, il doit se demander ce qui se passe.

Et Chamond, Chamond lui aussi doit paniquer.

Surtout lui.

- Toi, t'as l'air d'oublier ton frĂšre. - Ferme-la, tu veux ?

- Attendez-moi. - Oh, dĂ©pĂȘchez-vous, David.

Bon, écoutez, Maurois va y aller. Alors, tu vas dire à Rollin la vérité.

Et oui, on peut pas faire autrement, il va pas comprendre cet homme.

Alors surtout, qu'il ne fasse rien, qu'il nous attende.

Je lui expliquerai tout. Allez va.

Donne-moi Rex. Puis fonce.

Ne me regardez pas comme ça. Vous n'avez rien à craindre de moi.

Et des autres ?

Nimier, attendez-moi, bon Dieu, j'ai du mal Ă  avancer.

DĂ©pĂȘchez-vous. Si Mansart l'a pas rattrapĂ©e elle doit ĂȘtre loin.

Elle est peut-ĂȘtre Ă  la gendarmerie.

Ça c'est pas drîle.

Ce qui serait encore moins drĂŽle, c'est que Mansart joue une autre carte avec la fille.

Il la connaĂźt bien, non ?

Une chose qu'il connaĂźt encore mieux, c'est son intĂ©rĂȘt.

Au tunnel, personne savait ce qui s'était passé.

Ne croyez pas que Danville ait voulu vous tuer.

Vous faire peur, tout au plus.

Il tirera Ă  nouveau s'il me trouve.

- Ils sont lĂ  ? - Non, c'est Chamond.

Qu'est-ce que vous allez faire ?

Attendez qu'il s'éloigne.

Et aprĂšs ?

- Qu'est-ce que tu fous lĂ  toi ? - Je vous cherche partout.

Je savais plus quoi faire.

- Vous avez prévenu personne, au moins ? - Hein ?

Te fatigue pas, ils sont au courant.

Non, personne.

Alors, qu'est-ce qui se passe, oĂč est la fille ?

- Tu l'as pas vue, lĂ  ? - Ben non.

Non, c'est pas possible. Ils se planquent tous les deux.

Mais...

- Y'avait pas de fumée tout à l'heure. - Hein ?

LĂ -bas.

Je suis dans le mĂȘme sac que les autres. Je peux rien faire.

Sauf d'essayer de me faire taire, c'est ça ?

Ce sont eux ?

Laissez-moi partir.

Ils vous rattraperont.

Vous sortirez quand je vous le dirai.

Elle est lĂ , hein ?

- T'entends pas ce que je te dis ? - Si.

Ben alors, elle est lĂ -dedans ?

Elle est lĂ , oui.

C'est arrangé ?

Répondez, Philippe, est-ce qu'elle est d'accord ?

Non.

- Reste lĂ , Albert. - Vous devenez fou, Philippe ?

C'est possible.

Allez-y, vous pouvez sortir.

T'es un beau fumier, Mansart.

Vous vous rendez compte de ce qui se passe ? Vous vous perdez vous-mĂȘme.

Elle nous a tous perdus depuis longtemps.

Nimier !

T'as pas l'intention de tirer sur moi, non ? Ni sur aucun de nous.

Pas facile de tirer sur des copains, tu sais.

C'est vraiment touchant de vous voir jouer les héros mais vous le regretterez.

Non. On ferait mieux d'essayer de lui couper le chemin des étangs.

C'est mon garenne que tu veux, Maurois ?

Fais pas le mariole.

Je me suis encore pris un savon par mon patron Ă  cause des tes collets.

Pourtant tu fais bien ton boulot ?

Tu te fous de ma gueule ?

Tu veux que je te dise ? Les patrons, c'est tous des fumiers.

Tu vas me foutre la paix, oui ?

Mais qu'est-ce que t'as aujourd'hui ? T'as l'air bizarre.

Bizarre, moi ? Pourquoi je serais bizarre ?

- Tu veux me le dire ? - Ben, je sais pas...

Tu m'engueules pas, tu me colles pas ton fusil sur le ventre...

Pourquoi t'as quitté la traque ?

Quelle traque ?

Ben, celle de ton patron et de ses amis.

T'as vu quoi ?

Ben rien, ils traquent, c'est tout.

Un pigache. Un gros. ils sont aprĂšs depuis ce matin.

C'est ça que tu voulais savoir ?

Oh, j'en ai rien Ă  foutre, j'aime pas le cochon.

Manquerait plus que ça, que tu t'intéresses aussi aux cochons.

- Alors, tu le veux mon garenne ? - Fous-toi-le au cul.

- Elle est passée par là. - Allez, le chien !

Tu vois, Nimier, je te saisis pas toujours.

Ça n'a pas d'importance.

Pourquoi tu marches avec moi, par exemple ?

Avec toi ?

Ben ouais, dans ce coup là, si tu préfÚres.

Les autres j'en sais assez sur eux

pour les faire jongler s'ils m'emmerdent et ils le savent.

Mais toi, t'en as rien Ă  foutre.

Tu veux pas répondre ?

- Tu comprendrais pas. - Dis toujours.

C'est une chose que j'ai apprise à l'armée.

On peut pas ĂȘtre dans un coup et en mĂȘme temps hors du coup.

Un groupe, c'est un groupe.

Je vois pas le rapport.

Parce que t'es con, Danville. Allez, cherche, cherche, cherche.

C'est pas moi je vous jure, j'ai prévenu personne.

J'espĂšre que c'est pas Rollin.

Non, ils vont vers FonviĂšre, c'est pas pour nous.

S'ils la rattrapent pas dans le bois, elle devrait sortir vers les étangs.

Allez-y, je vous rejoindrai.

Qu'est-ce que vous espérez, David ?

J'ai mal, vous voyez pas, non ?

Ça vous arrangerait de nous laisser continuer tous seuls ?

Je comprends pas.

Mais qu'est-ce que vous faites ?

Je vous oblige Ă  aller jusqu'au bout.

Qu'est-ce que vous faites, Paul, vous ĂȘtes fou !

J'ai soif.

Il faut pas boire. Surtout cette saloperie.

AĂŻe ! Vous me faites mal.

Vous n'auriez pas dĂ» bouger.

Restez tranquille, maintenant.

Je suis en train de crever, Rollin.

Vous avez perdu beaucoup de sang, vous ĂȘtes affaibli.

Écoutez, Paul, il faut absolument que j'aille voir ce qui se passe.

Partez pas !

- Vous ne pouvez plus rester comme ça. - Pas maintenant.

Bon, ça va.

Je reste.

Je reste.

Vous endormez pas, Paul.

Vous prendriez froid.

En 43...

j'Ă©tais au maquis et un jour on nous a demandĂ© d'aller arrĂȘter...

une bonne femme qui avait dénoncé les copains à la milice.

On est partis Ă  trois...

et... quand elle nous a vus arriver,

elle s'est enfuie.

Elle était pas toute jeune, et ben...

elle nous a fait cavaler tout la journée, impossible de mettre la main dessus.

Enfin, sur le soir...

on a réussi à la coincer dans un petit chemin.

Elle était là, complÚtement exténuée. Vidée, sans force.

Elle avait fait ce qu'elle avait cru devoir faire.

Quand elle a parlé, ça a été pour nous demander de l'achever.

Eh bien...

On a tiré dessus tous les trois.

Une balle chacun, ensemble.

Ensemble.

C'était important. Parce que ça, c'est le plus difficile.

Réveillez-vous, Paul. Paul !

Il faut pas dormir.

A cause du froid...

Moi je les ai suivis parce qu'ils m'ont forcé.

Je voulais pas.

Si on allait prévenir les gendarmes maintenant ?

Tous les deux, on s'en sortirait.

Parce que vous imaginez qu'on peut s'en sortir, comme vous dites ?

Moi pas.

Oubliez ça, Maurois.

Oui, M. Rollin. J'ai dit ça comme ça.

Bon, alors essayons de les retrouver, et vite.

Ils l'ont trouvée.

Ça a pas l'air de vous rĂ©jouir.

C'est pourtant bien ce que vous vouliez.

Chamond, derriĂšre vous !

- Qu'est-ce qui vous a pris ? - J'ai pas voulu, je vous jure.

Chamond, vous ĂȘtes devenu fou ou quoi ?

Mais je l'ai pas tuée, hein ?

C'est pas possible. Pas moi.

Faut pas la laisser se sauver. Je lui ai tiré dessus moi maintenant.

Qui est-ce qui a tiré ?

Hé ben, répondez, bon Dieu.

David !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - David, venez vite !

Qu'est-ce qu'il y a, Rollin ?

Paul est mort.

Comment avez-vous pu laisser faire une chose pareille ?

C'est insensé.

Et vous, Philippe ?

Et oĂč est-elle, maintenant ?

Elle s'est enfuie vers les étangs.

Elle est blessée, c'est moi qui ai tiré mais ça s'est fait comme ça.

Maintenant c'est trop tard.

HĂ©, dites, vous allez pas me laisser tomber, faut pas la laisser s'enfuir.

- Sinon moi je suis foutu, je peux pas... - Ça va, ferme ta gueule, Chamond.

Viens, Albert.

Allez, viens.

Dieu fasse qu'ils la retrouvent.

Maurois, on va aller sur l'autre rive.

Je ne peux plus avancer Philippe, je vous assure, j'ai trop mal.

Je vous porterais s'il le fallait, David.

Rollin a accepté bien facilement la situation.

Il avait pas le choix. Les Danville lui avaient rendu service autrefois.

Oui, un accident de brouillard.

Y'avait un cycliste au bord de la route, et on l'a pas vu.

Attendez un instant.

Vous vous ĂȘtes enfuis ?

Ce cycliste, vous l'avez tué, c'est ça ?

C'est Rollin qui conduisait, il était ivre.

Aidez-moi Ă  sortir de lĂ .

Et les Danville lĂ -dedans ?

Y'avait des traces de l'accident sur la voiture. ils les ont fait disparaĂźtre.

J'aimerais vous voir crever lĂ , David.

Mais attendez...

Attendez !

Albert ! C'est son sac.

Je vais la faire sortir.

J'aurais jamais cru ça d'une gonzesse.

Help !

Help !

Non, c'est dégueulasse. Pas comme ça.

Ça va pas, non ?

Fous-moi la paix, Albert.

- T'as envie d'y rester, toi aussi ? - Help !

- C'est ce que tu veux ? - Help !

Help...

Help !

Help !

AchĂšve-la, au moins.

Help !

Help !

Help !

Help !

Vous auriez bien voulu, hein ?

Help !

C'est nous tous qui la tuons.

Help !

Help !

Help !

Help !

Help !

Help !

Et rappelez-vous qu'il est important que nous disions tous la mĂȘme chose.

Paul était seul.

Il s'est lancĂ© Ă  la poursuite d'une bĂȘte blessĂ©e.

Comment c'est arrivé, nous l'ignorons, mais nous pouvons l'imaginer.

Il a dĂ» glisser, tomber, c'est un accident banal.

Comme il en arrive souvent.

On l'a cherché une partie de la journée, et quand on l'a trouvé...

vers quatre heures... Quatre heures.

Il était mort.

Bien.

Vous, Philippe, vous savez ce que vous avez Ă  dire ?

Vous avez déposé cette femme devant La GuetiÚre,

en venant ici ce matin, vous ne l'avez pas revue,

vous ne nous en avez pas parlé.

Aucun de nous n'a vu cette femme dans le courant de la journée.

Nous ignorons complĂštement son existence.

Et si on retrouve son corps ?

J'interdirai qu'on vide et qu'on récure ces étangs pendant des années.

Maurois veillera Ă  cadenasser les vannes.

Et dites-vous bien que tout ce que nous dirons...

a de fortes chances d'ĂȘtre cru.

Nous ne sommes pas des gens facilement soupçonnables.

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