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Merde !
Ao�t 1975.
Sept semaines � Rome et cinq �... Florence.
G�nial !
H�tel Romo, via Lorenzo...
- Lorenzo quoi ? - Je sais pas.
Lorenzo Ghiberti. Il a fait
les portes du baptist�re de Florence.
Lequel je mets ?
Je sais pas, le d�chir�.
T'es s�r ? �a va peut-�tre l'�nerver.
Lequel est le mien ?
- Celui-l�. - Je pr�f�re celui-ci.
Qui a fait les portes du palais M�dicis ?
- Des M�dicis. - Qui les a faites ?
Y a pas un autre papier ?
- Non. - Vous allez les d�chirer.
- Lequel je mets ? - Le d�chir�.
- Il me serre. - Pourquoi tu demandes alors ?
C'est pas toi qui d�cides.
Nous emmerde pas, mets ce que tu veux.
- Je d�cide pas pour toi, moi ! - C'est ce que je te dis !
T'entends �a ?
Dernier appel !
Alors ?
C'est mieux.
- Il est quelle heure ? - Tard !
Allez, on est en retard.
- Il s'est lev� ? - Non, mais il va pas tarder.
- Tu en es o� ? - Il m'en manque deux.
Je vais t'aider.
Fais chauffer du lait.
Et ferme la porte, il risque de voir les cadeaux.
T'as pas d'autre pantalon ?
Tu vois ?
- Je me change ? - Non, sors les tasses.
- Tu donnes un coup de main ? - Les coups, c'est son truc.
- Pauvre con ! - Arr�tez. Il est 10 h ?
Moins une.
- On chante ? - Au moment des cadeaux.
- C'est pas maintenant ? - � 10 h 15, t'as oubli� ?
- Il manque des tasses. - C'est bon, range.
Je lui donnerai quand il s'y attendra pas.
Les cadeaux s'offrent quand on s'y attend pas.
Et les anniversaires ?
Vite ! Nico, tu m'�coutes ?
- �teins la t�l�. - Minute.
Tout de suite.
Il arrive ?
Le voil�.
- Tu en veux ? - Non, il y a des biscuits ?
T'es vraiment accro, toi.
Carlos, passe-moi le beurre.
Le beurre.
Tout le monde est l�, �a change.
Un peu de sucre ?
Attention, c'est chaud.
T'es pas sorti hier soir ?
Non, je b�chais.
Et toi ? T'as pas droit aux biscuits ?
- Pourquoi �a ? - �a fait grossir.
- Il est d�j� gros. - Tu dirais n'importe quoi
pour me contredire.
Je suis pas gros.
Tu es parfait.
Va lui chercher les biscuits.
Pourquoi il y va pas ? Il est gros, pas paralys�.
- Je suis pas gros. - Ne les �coute pas.
Tu es rentr�e � quelle heure ?
Il �tait t�t, vers trois heures.
Rafa t'a ramen�e ?
- Rafa ? - Un copain de classe.
- Son copain. - N'importe quoi.
- Ah bon ? - C'est juste un ami.
Mais il t'a ramen�e.
- Il a une voiture. - Pr�sente-le-nous.
Pourquoi ?
Quand on a une copine, on rencontre ses parents.
Pour notre premier rendez-vous, votre p�re
avait apport� des cadeaux.
Comme il se doit.
Il �tait si nerveux qu'il a donn� les cigares � mamie
et les bonbons � papi.
Qu'est-ce qui vous fait rire ? Depuis, mamie fume le cigare.
Plus personne n'en veut ?
J'ai mal dormi. Je sais pas pourquoi,
- j'ai pas ferm� l'�il. - C'est ta conscience.
Comment �a ?
Pourquoi ma conscience ?
�a se dit, non ?
Depuis quand ?
Vous savez pas �a ? Quand on dort pas,
on dit �a, c'est tout.
Rafa dit �a ?
C'est une expression, n'en fais pas un plat.
- Quoi ? - Rien, pourquoi ?
Tu es s�re ?
- Il y a quelque chose. - Que veux-tu qu'il y ait ?
Je sais pas,
mais il y a quelque chose.
- �a va pas ! - C'est une expression.
Tu veux que �a foire ?
- Tu les trouves pas bizarres ? - Comme d'habitude.
Faites de la place.
- C'est quoi, �a ? - Joyeux anniversaire.
Je le savais bien !
- Joyeux anniversaire. - Je le savais bien, maman.
Tu as quel �ge ?
Presque autant que mamie.
- Pas vrai ? - Non, je vous bats tous.
On applaudit l'auteur.
Elle le m�rite.
Ce jour-l�,
� 10 h 15, tonton Santiago
a couru � l'usine pr�venir ton p�re.
Il y a des ann�es de �a.
Il braillait et donnait des coups de pieds.
Il a pas tellement chang�.
- Luna... - Je plaisante.
Tu m'as fait souffrir.
Je sais, tu le racontes tous les ans.
�a a dur� 2 heures.
Papa aime �tre en retard.
Ton p�re �tait si nerveux...
Et tonton Santiago courait avec des serviettes.
Ton p�re l'appelait sans arr�t, il ne voulait pas �tre seul.
D'o� le pr�nom Santiago, non ?
Il est n� quand papi criait tr�s fort,
alors on s'est dit que le pr�nom lui avait plu.
S'il avait appel� la bonne, je m'appellerais Margarita.
Excusez mon retard.
J'ai mis un temps fou pour venir.
- Bon anniversaire. - Merci, Martin.
Martin �tait l�.
Tu te souviens ? � cette heure-ci,
Santiago courait � l'usine.
- Encore ? - Parfaitement.
Et son p�re �tait si nerveux.
Il fallait le voir...
Quand le m�decin allait fesser le b�b�,
il a dit qu'il voulait le faire.
Il ne voulait pas que le premier
� faire pleurer son fils
soit un �tranger.
Sacr� papi.
Et les cadeaux ?
- Il faut les ouvrir. - Ton fr�re a t�l�phon�.
Il arrivera dans la matin�e avec sa femme.
Le plus grand d'abord.
�a doit �tre de Luna.
C'est une surprise.
�a alors !
C'est quoi ?
- Une incitation ? - � faire du footing.
- �a te ferait du bien. - Ces manches...
Quelle couleur !
C'est pour �tre vu de loin.
- Je pr�f�re ne pas �tre vu. - Enl�ve-les.
Mets que le bas.
Un chronom�tre.
�a te pla�t ?
Beaucoup, mais �a me sert � quoi ?
Je sais pas, � chronom�trer des choses.
Oui, si tu veux mesurer la dur�e d'une chose,
�a peut servir.
Qu'est-ce que c'est ?
Rien.
Et �a ?
C'est qui ?
Moi.
Pourquoi ?
�a y est, t'as tout fichu en l'air.
Une pipe ! T'es b�te ou quoi ?
Tu entends ?
Pardon.
Tout allait si bien.
D'o� il sort ?
Il sait que je ne fume pas !
S'il te pla�t.
Vous le saviez, non ?
Tu le fais pleurer.
Papa... Je t'aime.
- Quoi ? - Je t'aime !
Je te crois pas. O� sont les larmes ?
Mais je t'aime.
Je ne voulais pas d'un fils gros,
ni � lunettes. Je l'avais dit, non ?
C'est ce qu'on a trouv� de mieux.
Papa, mon �il ! Tu es vir� !
Va apprendre � pleurer. Je veux un fils sans lunettes.
C'est pas difficile !
Et pas de gros !
Pas d'anniversaire
sans mon benjamin.
Je m'excuse.
Il est fou !
- Il me fout la trouille. - Il va t'entendre.
On commence, il en a d�j� vir� un.
Tu sais pas pleurer ?
On aurait d� faire plus attention.
�a ne peut pas marcher.
- Ventura est un vieux con. - On �tait tous d'accord.
On avait rien d'autre avant ao�t.
Je ferais tout sauf �a.
Normal, tes parents paient.
Carlos, c'est trop bizarre.
C'est comme une repr�sentation.
- En plus long. - Et pour un seul mec.
Ce sera pas la premi�re fois.
� Alcantara, l'�t� dernier.
Et � Medinaceli.
T'as �t� tr�s bien tout � l'heure.
Avec l'histoire de Rafa.
C'est vrai ?
Franchement, j'y ai cru.
Qu'est-ce que je fais ?
On attend. Ventura ne va pas tarder.
On s'est rencontr�s il y a 22 ans.
Il est venu � notre mariage, il y a 20 ans, � Santander.
- Qui d'autre �tait l� ? - Maman. Papa �tait d�j� mort.
Tr�s bien.
Il est mort quand ?
Deux ans plus t�t, d'une crise cardiaque.
Et maintenant ?
� droite, puis tout droit jusqu'� une d�viation.
Tu vas le remplir de cendre.
- C'est un cendrier. - �a l'ab�me.
Santiago est n� quand ?
Avril 1940.
- Il a 8 ans de plus que toi. - Quoi d'autre ?
Couleur pr�f�r�e : le bleu.
Programmes pr�f�r�s : les documentaires animaliers.
Il aime le caf�, les salades.
Tiens ! Sa femme id�ale est une grande brune.
Et alors ?
Comme Carmen.
On a �a de bon.
Ils en mettent du temps !
Sole n'a pas eu le temps de pr�parer son r�le.
Ils ont r�p�t�. �a a d� les retarder.
C'est pas nouveau.
On engage des clowns pour un anniversaire.
Ou une pute ?
- Pourquoi pas ? - Il cherche autre chose.
- Quoi ? - Une famille.
- Il m'attendrit. - Sa famille
est morte dans un accident de voiture, d'o� son comportement.
Ou alors en avion, il y a longtemps.
Depuis, il monte �a pour son anniversaire.
C'est comme un hommage.
- Tu as vu trop de films. - C'est possible.
Ou il les a tu�s et enterr�s dans le parc.
D�conne pas.
J'ai vu de la terre retourn�e.
- Ne dites pas �a ! - Que font-ils ?
Ils nettoient la piscine.
Ils cherchent quelque chose.
- Les corps, peut-�tre. - Impossible.
- Ils flotteraient. - M�me lest�s ?
- Carlos ! - Idiote.
Il se moque de toi.
Tu �tais o� ?
J'ai fait un tour.
Moins il te voit, mieux c'est.
Ils parlent de nous.
Il a dit "Luna".
- Arr�te. - Je te jure.
Tu sais pas lire sur les l�vres ?
Tu vois ? Encore. Ils parlent de toi.
Ne l'�coute pas.
"Celle-l�... Laisse-la-moi."
"Elle est bonne."
- Que dira Ventura pour Nico ? - "On se partagera sa part."
- On le conna�t... - Il faudra le remplacer.
Sa famille peut �tre en voyage et rentrer lundi.
S'ils rentrent plus t�t et nous trouvent l� ?
Il n'y a pas une seule photo.
Il a peut-�tre lou� la maison pour cette histoire.
Il est si seul que �a ? Il n'a vraiment personne ?
Il faudrait encore pouvoir le supporter.
- Il est pas si m�chant. - Va dire �a � Nico.
O� est Nico ?
Il me ressemble pas.
Il est brun. Et vous avez les m�mes yeux.
- J'ai les yeux fonc�s. - Lui aussi, c'est la lumi�re.
Il n'est pas si gros.
J'ai commenc� un r�gime. J'ai rien mang�
depuis tout � l'heure.
On va essayer.
J'y comprends rien.
- Alors ? - J'aime bien.
- Tu m'aimes ? - Beaucoup, papa.
Tu as mis le champagne au frais ?
Six bouteilles.
- �a sera assez ? - Oui, on est sept, non ?
Tu devrais te couper les cheveux.
Je suis habitu�e � les avoir comme �a.
�a te d�gagerait le cou.
Comme �a.
Je pr�f�re ma coupe. Pas toi, Luna ?
Oui, c'est mieux comme �a.
Les voil� !
Quelle voiture !
- Bonjour, tatie. - Bonjour, ma puce.
Vous en avez mis du temps.
Je me souvenais mal du chemin. Et maman ?
Elle se repose.
Martin est all� la pr�venir.
Elle est neuve ?
Il est gaga avec sa voiture.
- Tout va bien ? - Moyen. Je te raconterai.
Et vous deux ?
�a va, rien de sp�cial.
- Vous n'�tes pas en avance. - Ta s�ur est chiante.
C'est comment, la vie � 55 ans ?
Pareil. Un an de plus.
Il est comme �a depuis ce matin.
- Arr�te ! Il rajeunit. - J'ai m�me eu un surv�tement.
Le cadeau est rest� dans la voiture.
Je vais le chercher.
Je t'accompagne.
Il est compl�tement malade !
Il a vir� Nico !
- Mais il est l�. - Par miracle.
Il s'est calm� et tout s'est arrang�.
T'as vu dans quel �tat il �tait ?
- Apr�s, il l'a embrass�. - Qui ?
- Nico. - Il l'a vir� ou pas ?
Les deux. Il l'a d'abord vir�. Trop gros.
Je vois. Mais tout s'est arrang�.
- Il a enlev� ses lunettes. - C'est mieux.
- Tu vois ? - Bof.
C'est bon, il voit bien.
- Il est un peu bizarre. - Je ne trouve pas.
Tu paierais pour qu'on joue ta famille ?
- Pour t'en d�barrasser, oui. - Peut-�tre bien.
Mais je prendrais des gens qui font leur travail.
- Comment �a ? - Pour qui vous vous prenez ?
- J'aime mon travail. - Alors, ne te plains pas.
Non ?
Il m'a embrass�e.
Qui ? Santiago ?
Deux fois, et il m'a touch� les fesses.
Et alors ?
Quoi ? �a t'est �gal ?
Non, c'est parfait. Tu joues bien ton r�le.
On est mari�s, �a devrait t'�nerver.
Carmen, tu es actrice. C'est ton m�tier.
Tu en as embrass� d'autres. Pacheco, Salo...
Et alors ? Tu as aussi embrass� plein d'actrices.
Eh bien, c'est pareil.
- Lui, il ne joue pas ! - On n'en sait rien.
- Il joue peut-�tre. - Fais semblant, comme les autres.
Et s'il veut coucher avec moi ? J'y vais, je suis actrice...
- Pr�texte une migraine. - Comme avec moi.
- Et le contrat ? - Martin veut te parler.
Vous voyez ? Ils sont s�rieux.
Ils paient.
Tout se passera bien. Il veut une famille heureuse ?
C'est pas difficile.
Ah bon ?
"La famille heureuse".
C'est pas un restaurant chinois ?
Il est dans la bo�te � gants.
- Tout va bien ? - Oui.
Tout va bien.
Le voil�.
Mon fr�re est bon avec toi ?
- Tu es heureuse ? - Tr�s heureuse.
Tant mieux.
Vous avez toujours form� un beau couple.
Je me souviens
de votre mariage.
C'�tait o� ?
� Orense ?
� Santander.
Il y a combien de temps ?
20 ans.
C'est �a. Papa �tait mort.
Deux ans plus t�t,
d'une crise cardiaque.
Je pense beaucoup � vous.
Tu te souviens du jour o� je vous ai pr�sent�s ?
Je sais pas... Parfois, je pense qu'on aurait d�
le lui dire.
On �tait des gosses.
On avait quel �ge ? 17, 18 ans ?
Plus ou moins.
Les retenues ?
En bas, article cinq.
�a va ?
Je me bats avec les calamars.
Comme le capitaine N�mo.
Il pourrait nous voir.
Le contrat est pr�t. Ils font des doubles.
�a te pla�t, hein ?
�a va nous aider � payer la voiture.
Ne me parle pas de cette voiture.
Tu recommences !
On en a pour 10 ans � tout rembourser.
C'est une tr�s bonne voiture.
Une voiture familiale, on a pas de famille !
Pour les r�p�titions, etc.
C'est �a, le probl�me ? On n'a pas de famille ?
Pas de famille, pas d'argent, rien.
Les enfants co�tent cher. On n'a pas les moyens.
Mais on les a pour une voiture familiale.
C'est un investissement. Et on en avait besoin.
Et la camionnette ?
Elle est vieille, on peut pas aller voir les clients avec.
- �a leur ferait peur ? - Elle ne d�marre pas !
Ta s�ur peut la garder, elle s'en sert plus que nous.
Bien s�r.
Du Moet et Chandon. Il ne se refuse rien.
C'est pour plus tard.
Tu vois ? C'est pas si terrible.
Tu me laisseras boire dans ta chaussure ?
Fais comme tu veux. J'ai des sandales.
Des sandales, comme quand on �tait hippies.
Arr�te de pleurer.
Je ne pleure pas, c'est les oignons.
Elle est tr�s belle, merci.
- C'est ta taille ? - Oui, �a ira.
Sinon, �a servira pour battre les enfants.
Je vais chercher la nappe. Surveillez le riz.
Ta femme est charmante.
La tienne aussi.
Je viens de me la faire dans la voiture.
- Je peux ? - Entre.
Je viens me laver les mains.
Je te laisse la place.
- Il a beaucoup aim�. - Tant mieux.
- La ceinture, je veux dire. - Moi aussi.
Une t�te de cheval.
Tu vois les oreilles ?
Et les dents.
En dessous, tu les vois ?
- Quelles dents ? - Les dents...
Tu sais pas jouer aux nuages ?
Comment on joue ?
Tu regardes les nuages et tu dis
� quoi ils ressemblent.
Qui gagne ?
Personne. Personne ne gagne.
Mais personne ne perd.
Voyons voir.
Celui-l�, c'est quoi ?
Un nuage.
- �a ne compte pas. - Pourquoi ?
Ils ressemblent tous � des nuages.
J'ai trouv�, alors.
Souffle.
- Fais un v�u. - Mais vite, Nico et moi,
on a faim.
�a y est ?
Dis-le � haute voix et �teins les bougies
ou il ne sera pas exauc�.
Qu'on ne se s�pare jamais.
�a craint !
- Un v�u... Quelle id�e ! - Je pouvais pas savoir.
D�p�chons.
Tu l'as entendu ?
- C'est un jeu. - Et si �a se r�alise ?
N'importe quoi. Donne, �a va �tre chaud.
- J'ai eu un examen comme �a. - Allez !
En sc�ne !
- C'est � la framboise ? - C'est tr�s bon.
D�licieux.
- Nico, ton assiette. - Un tout petit peu.
Voyons si �a saute. Allons-y !
Doucement.
- Pas pour moi. - Elle te ressemble.
Vous n'aimez pas le champagne.
Moi ?
Oui, toi. Quand on �tait jeunes,
il trinquait avec du soda.
Tu sais pas ce que tu perds.
Tu veux du Fanta ?
Ton verre est vide.
C'est meilleur, le Fanta.
Vous vous souvenez du voyage � Rome ?
C'�tait quand ? En 1970 ?
En 75, puis Florence,
- l'h�tel Romo. - Quelle m�moire !
- Tu �tais b�b�. - Oui, et l'ann�e d'avant,
- c'�tait Amsterdam. - Quelle merveille !
- Vous vous en souvenez ? - Tr�s bien.
- Les canaux, les v�los... - Luna a �t� con�ue l�-bas.
Une deuxi�me lune de miel.
Attendez...
C'�tait pas � Paris ?
Merveilleux.
- Paris ? - J'en suis s�r, c'�tait Paris.
Tu as raison, c'�tait � Paris.
La Seine, la tour Eiffel...
- Amsterdam, c'�tait apr�s. - C'�tait en m�me temps.
On est rentr�s par Paris.
La route est superbe.
On a pris le train.
Eh bien !
On n'est pas dou�s.
Voyons... Qui se souvient
du No�l � Berlin ?
Berlin-Est ou Ouest ?
J'y vais.
J'�tais n�e ?
Un moment.
Qui c'est ?
Un homme.
Amsterdam, hein ?
- C'est lui qui l'a dit. - Tu as jou� le jeu.
C'�tait dans le texte ?
On ne parle pas de ce qu'on ne conna�t pas.
Pas d'improvisation !
Qui a dit que la route �tait superbe ?
J'�tais pas vis�, j'�tais pas � votre "2e lune de miel".
�a ne t'emp�che pas de donner ton avis.
Je fais ce que je veux !
Je dirige cette troupe merdique.
- �a y est. - Arr�tez.
- Il y a rien d'�crit l�. - Qu'est-ce que tu fais ?
Je cherche Amsterdam.
Mais il est � c�t� !
Range �a.
Arr�te de le regarder avec tant d'admiration.
- Je le regarde comme �a ? - Oui !
Benitez veut te dire bonjour.
C'est qui, ce Benitez ?
Aucune id�e.
Prends-le.
J'arrive.
Benitez ?
On a pass� l'�t� dernier chez lui, � Majorque.
Ah oui, Benitez...
Vous sortez ce soir ?
Je sais pas, pourquoi ?
Si on faisait un barbecue ? Il doit �tre dans le garage.
Bien, embrasse ta femme de ma part.
Les enfants aussi.
Au revoir.
C'�tait Benitez. Il vous embrasse.
Benitez n'a pas d'enfants.
Quelle t�te de linotte !
Elle oublie tout.
Vu !
Quel salaud ! Heureusement qu'il en reste.
Remplis-la d'eau.
Tu pourrais aider, non ?
On dirait de l'argent.
- �a doit valoir hyper cher. - Laisse �a.
- Il s'en rendrait pas compte. - �a va pas ! Il est pas con.
Je pourrais en tirer deux mois de loyer, facile.
Tu veux nous faire tuer ?
T'es b�te ou quoi ?
- "Qu'on se s�pare jamais" ! - C'est une phrase toute faite.
"� l'�chafaud" aussi, et regarde o� �a m�ne.
Et s'il voulait tuer sa famille,
comme dans les faits divers ?
"Un homme tue sa famille au fusil de chasse."
- Arr�te ! - Vous lisez pas les journaux ?
Il y avait une histoire comme �a l'autre jour.
Il avait but� femme et enfants
pour ne plus attendre la salle de bains.
D'apr�s les voisins, c'�tait un type tr�s poli,
alors je vous dis pas lui...
�a n'a rien � voir, c'est diff�rent.
On a sign� un contrat.
Et ici, il y a plein de salles de bains.
Les voil� !
Il fait tr�s bon dehors.
On pourra faire le barbecue.
Je vais faire un somme. Tu viens, ch�rie ?
Tu ne te couches pas ?
- Tu ne te d�shabilles pas ? - J'ai un peu froid.
Tu as de la fi�vre ?
Laisse, �a va passer.
J'ai pas sommeil.
Qu'y a-t-il ?
Quand je m'allonge, j'ai la naus�e.
Tu es en sueur.
Je prends ta temp�rature ?
Non, c'est juste mon ventre.
Attends.
Quoi ?
J'ai honte.
Honte ?
Depuis le temps ?
Santiago, j'ai mal � la t�te.
J'ai un excellent rem�de pour �a.
Je suis jalouse !
Montre-moi comment tu fais.
Il y a plein de trucs.
Ne pas cligner des yeux, mettre des gouttes.
C'est physique, il ne faut aucun talent.
Le mieux, c'est d'avoir une raison.
- �coute ce qu'elle dit. - Et si t'en as pas ?
Tu cherches. Pense � quelque chose de triste.
M�me si �a n'a aucun rapport ?
Bien s�r.
- Qu'est-ce qui t'attriste ? - Moi ?
Je sais pas, la guerre.
Une dispute avec tes parents, ton fianc�, je sais pas...
Bambi.
Oui, quand ils tuent la m�re, c'est affreux.
Ce qui me fait mal,
c'est tous ces petits vieux qui arrivent � peine � marcher.
�a y est ! Quand on tue les phoques dans l'Antarctique.
Vous avez pas vu le reportage o� on les frappe sur la t�te ?
Tu vas pas penser � des phoques en pleine sc�ne !
Si �a la fait pleurer...
Je sais pas, l'Antarctique...
�a me donnerait froid.
�a va ?
�a va ? On dirait mon voisin !
- Que veux-tu que je dise ? - Ce que dirait n'importe qui.
J'ai couch� avec un autre, tu pourrais t'�nerver.
Mais je m'�nerve.
T'es m�me pas curieux ?
On aurait bais� dix fois, tu t'en foutrais.
Je m'en fous pas !
Alors dis quelque chose ! Crie un peu !
Fais comme si tu tenais � moi !
Il va t'entendre !
Je t'en supplie. On travaille, pas maintenant.
- Quoi, pas maintenant ? - Cette discussion !
- On parlera de �a demain. - Il sera peut-�tre trop tard !
Tiens bon ! On a bient�t fini.
Sinon, qui va payer le loyer ? Et la voiture ?
La voiture ? Ras-le-bol de ta voiture !
Tu sais ce que j'en pense ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Il y a une fille qui a crev�.
Regarde.
Qu'y a-t-il ?
Une fille a crev�.
Elle est mignonne.
On fait quoi ? L'autre tar� voudra qu'on continue.
N'oublie pas ton personnage, parle pas comme �a de ton p�re.
Ils arrivent.
Elle va vite voir qu'on n'est pas une famille.
Pourquoi �a ?
On est des acteurs, non ?
- Je fais vite. - Allez-y, ne vous g�nez pas.
Ma famille.
Bonjour.
Bonjour.
Alicia.
Elle a crev�. Le t�l�phone est l�.
Je n'ai pas de roue de secours. C'est la 2e fois en 10 jours.
En plus, je vais rater mon train.
- Vous avez l'heure ? - Moins dix.
C'est rat�.
- Occup�. - On peut vous d�poser ?
Non, merci, je ne veux pas abandonner ma voiture.
- Un caf� ? - Comme vous voudrez.
On allait en pr�parer.
Tu m'aides, Luna ?
Luis ?
J'ai crev�.
Moins cinq.
Demain. C'�tait le dernier...
Luis...
�coute-moi ! J'ai crev�, j'ai pas...
C'est pas ma faute.
Je ne m'�nerve pas. C'est toi qui t'�nerves.
Appelle-moi ce soir.
J'ai dit non.
Excusez-moi.
Elle va s'en rendre compte.
Il faut lui dire que c'est la Maison de l'�pouvante.
Ne complique pas les choses.
Tu as vu ce porc ?
Il �tait ravi, et Ventura aussi.
Sors-moi un Schweppes.
Elle sait pas o� elle s'est fourr�e.
Tu te plaignais de n'avoir qu'un seul spectateur.
En voil� deux.
Super, il peut m�me y avoir un d�bat.
O� est l'ouvre-bouteille ?
Aucune id�e.
Il vous ressemble.
N'est-ce pas ?
Les enfants se ressemblent.
Un peu de g�teau ?
C'est l'anniversaire de mon mari.
Bon anniversaire !
On va faire un barbecue, restez donc.
- Non, merci beaucoup. - Vous avez rat� le train...
Vraiment, j'attends un coup de fil � la maison.
- On ne finira pas tard. - Laisse-la, elle ne veut pas.
C'est une f�te familiale.
Ce n'est pas ma place.
Nous, on a toute l'ann�e pour se voir, hein, ch�rie ?
Tout � fait.
Elle a tout aval�. On est vachement bons.
Comment pourrait-elle imaginer un truc pareil ?
Tant mieux, c'est plus excitant. Maintenant,
on peut plus foirer.
G�nial. Plus c'est dur, mieux c'est.
Tu as vu �a ?
Au fait, remets l'ouvre-bouteille � sa place.
- L'ouvre-bouteille ? - En argent, il a disparu.
- J'y ai pas touch�. - Carlos, c'est trop risqu�.
Je te le jure.
Parole de frangin.
Je ne suis pas ta s�ur. Allez, aide-moi.
Il faudrait le lui dire.
� qui ? � Alicia ? Elle va rien comprendre.
On n'a pas le droit de la tromper comme �a.
T'as vu comment il la regarde ? Elle lui pla�t.
� moi aussi.
Tiens-moi, je vais me tuer.
Le voil� ! Me laisse pas toute seule avec lui.
T'en fais pas.
Salut, papa !
Et le gril ?
On est en train de le nettoyer.
Va sauver Alicia, ils vont la rendre folle.
- Je peux y aller. - Non, Carlos.
�a m'est �gal.
Je pr�f�re que ce soit Carlos.
Je fais vite.
- Je peux t'aider ? - Non, �a va.
- Qu'y a-t-il, Luna ? - Rien.
- Tu vas bien ? - Tr�s bien.
- Pourquoi tu m'�vites ? - Je ne t'�vite pas.
- Je crois que je te fais peur. - En voil� une id�e.
On ne se parle pas beaucoup.
De quoi ?
De toi, de ta vie.
- Tu es � un �ge difficile. - T'en fais pas, je vais bien.
Je ne m'en fais pas, mais il y a certaines choses
dont un p�re devrait pouvoir parler avec sa fille.
Parfois, j'ai du mal � croire qu'on vive ensemble
et qu'on se connaisse si mal.
Par exemple,
je ne savais m�me pas que Rafa existait.
- Et c'est ton petit ami, non ? - On est copains.
Tu couches avec lui ?
Quelquefois.
Vous utilisez des contraceptifs ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
- �a te g�ne d'en parler ? - Un peu, oui.
C'est que je m'inqui�te � ton sujet.
Si tous les parents faisaient �a, il n'y aurait pas
- autant de probl�mes. - On utilise des capotes.
C'est toi qui les lui mets ?
Non, c'est lui.
Tu �tais vierge ?
Je t'en prie !
T'as de ces questions !
Mais tu es ma fille. Tu n'as pas confiance en moi ?
Alors tu �tais vierge ?
Non, j'�tais pas vierge !
Tu le suces ?
Tu le suces ou pas ?
Oui, je le suce !
- Et les autres aussi ? - Je suce tout le monde !
J'ai pas le droit de savoir qui ma fille suce ?
Non !
�a va ?
Vachement bien !
Je reviens.
�a ne va pas ?
Ce n'est rien. Luna est un peu bizarre.
- Que s'est-il pass� ? - L�che-moi !
L�che-moi, merde !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je me casse !
Je vais la calmer.
- Tu es s�r ? - Oui.
- Calme-toi. - S�rement pas !
Il va plus me faire chier !
�a le regarde pas comment mon copain me baise !
- Il t'a demand� �a ? - �a le fait bander ?
Je sais pas.
Peut-�tre.
�a m'apporte rien.
Si Ventura aime �a, tant mieux pour lui, pas moi.
Je vais faire des cauchemars.
On a presque fini.
�a m'est �gal.
Encore un petit effort.
Ce mec, il est dangereux.
Regarde-moi cette chambre. Tu trouves �a normal, toi ?
C'est rien, �a. Viens voir la mienne.
C'est la m�me chose. Tu es aussi bien ici.
- Ton vieux, c'est un tyran. - Oui, mais c'est mon vieux.
Et alors ? C'est encore pire.
C'est pas gr�ce au mien que je suis l�.
Il voulait pas que je sois acteur.
Le mien non plus.
Pour financer mon premier cours,
j'ai d� dire que j'�tudiais l'anglais.
Pendant deux ans, j'y allais un dico sous le bras.
- Ils ont jamais su ? - Ils me croient bilingue.
Tu as fait semblant pendant 2 ans. Un jour, c'est rien.
C'est pas pareil.
�videmment.
Ici, t'es pay�e.
Et puis, il y a les extras.
T'as d�j� eu un fr�re comme moi ?
Ni comme toi ni comme personne. Je suis fille unique.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me change. - Ici ?
On est fr�re et s�ur, non ? On est proches.
Tr�s proches.
Mais t'as pas de v�tements.
Excusez-moi pour le t�l�phone.
Luis est comme �a, un peu impulsif.
Ne vous en faites pas.
�a fait trois week-ends que je devais aller le voir.
C'�tait ma derni�re chance, il part � Londres lundi.
Si j'avais pris un taxi, j'y serais peut-�tre arriv�e.
Je ne sais pas.
Je crois que je n'�tais pas tr�s s�re de moi.
Il est mari�. � une autre, je veux dire.
- Je vous ennuie avec �a ? - Non, continuez.
Il part � Londres avec elle, en vacances.
Quinze jours.
C'est pour �a qu'il fallait qu'on se voie.
�a fait deux ans qu'il doit quitter sa femme
et que je le crois.
La crevaison est peut-�tre un signe du destin.
- �a arrive. - C'est s�r.
J'ai trouv� une famille tout � fait normale.
�a me plairait bien, je suis tr�s famille.
Je ne sais pas.
Je vous envie.
Je crois que je n'aurai jamais une famille comme la v�tre.
Ne dites pas �a. Je pensais comme vous, avant.
Maintenant, regardez.
Vraiment, vous avez l'air si bien.
M�me si �a ne doit pas �tre toujours rose.
Je peux me tromper, mais vous avez l'air heureux.
C'est l'image qu'on donne ?
Votre fr�re est charmant avec sa femme...
Et votre m�re.
Les enfants sont adorables. Nico est un chou.
Carlos et Luna ont l'air de tr�s bien s'entendre.
C'est papa !
C'est papa !
Quoi, papa ?
- Je peux entrer ? - Va-t'en !
C'est pas notre p�re !
- Il va nous tuer ! - Putain !
J'arrive !
Il manquait plus que �a !
- Va dans la salle de bains. - Il fait chier.
J'arrive !
- Qu'est-ce que tu fichais ? - Rien.
- �a va, les �tudes ? - �a va.
Tu as des examens ?
Deux, la semaine prochaine.
Tu n'as pas vu Luna ?
Luna ? Non, je l'ai pas vue depuis tout � l'heure.
Elle �tait un peu bizarre. Je ne sais pas ce qu'elle a.
Ah bon ?
Je l'ai trouv�e normale, comme d'habitude.
J'ai essay� de lui parler,
mais je crois que je n'ai pas �t� brillant.
C'est peut-�tre ma faute.
Elle t'a dit quelque chose ?
Non, rien.
Je l'aime beaucoup.
Je n'ose pas le lui dire. �a me g�ne.
Elle me regarde comme si elle ne me connaissait pas.
Je l'aime beaucoup, vraiment.
Enfin, ce n'est pas grave.
Excuse-moi.
Ne t'en fais pas.
Un jour, je saurai comment le lui dire. �a s'apprend.
Fais-moi plaisir.
Si tu la vois,
ne lui dis rien.
D'accord.
Tu as entendu ?
Il m'aime beaucoup ! Il est gonfl�.
Je crois qu'il �tait s�rieux.
�a va ?
Depuis qu'elle est arriv�e, il nous ignore.
Mon r�le �tait d�j� pas terrible.
Tu trouves qu'�tre ma femme, c'est pas terrible ?
- Pas d'apr�s ma s�ur. - Que lui as-tu dit,
- si on peut savoir ? - Elle se moque de toi.
- Dis plut�t la v�rit�. - Il y a rien � dire.
Eh ben dis donc !
Et vous deux ? Vous n'avez rien � me dire ?
- � propos de quoi ? - � propos de votre relation.
Comment �a va, comment �a marche au lit.
- Vous formez un joli couple. - Quoi ?
Je parle du couple bidon. Comme couple,
vous �tes tr�s cr�dibles.
Regarde Ventura.
Il met sa main sur tes �paules, il te caresse.
- Le parfait mari ! - Je suis un professionnel.
Ah, c'est �a. Il faut te payer.
- �a aide. - Tu co�tes combien ?
�a vaut peut-�tre le coup.
- Carmen... - Laisse-la faire sa sc�ne.
C'�tait pas assez, la voiture.
Je ne suis pas jalouse, je vous envie.
Vous faites �a tr�s bien.
On laisse tomber ?
Vous avez d� beaucoup r�p�ter pour faire �a si bien.
Carmen, s'il te pla�t.
Quand ? Je ne vous ai jamais vus.
Chez toi ? Au th��tre ? O� ?
- Vous avez r�p�t� � l'h�tel ? - Tu es folle.
Ce matin, vous r�p�tiez ?
On en a d�j� parl�.
Non, tu m'as dit : "Ta s�ur est chiante."
�a peut vouloir dire : "Ta s�ur est chiante,
"elle est tr�s lente",
ou : "Elle baissait pas son slip.
"J'ai d� la convaincre et �a nous a retard�s."
On n'est pas bons du jour au lendemain.
Vous devez r�p�ter depuis longtemps.
Deux ans, minimum. Ou plus.
Ou depuis le d�but, depuis qu'on est mari�s.
C'est pas grave. �a va.
Vous �tes vraiment incroyables,
vous �tes un couple extra. Vous allez peut-�tre
faire un enfant.
Pour amortir
la putain de bagnole familiale !
Je vais lui chercher quelque chose.
Excusez-moi.
Une coupe ?
- Il ne boit pas. - Il n'aime pas le champagne.
Non, pas trop.
Mais je vais go�ter.
Au moins, j'aurai essay�.
Bravo !
Je ne sais pas si je vais aimer.
Alors ?
Pas mauvais.
Bien s�r !
C'est bon.
Dire que je m'en suis pass� pendant toutes ces ann�es.
On ne peut qu'aimer le Moet et Chandon.
"Mo�chando" ?
- C'est une marque ? - Oui.
- �a va ? - Tr�s bien.
Une belle journ�e en famille. Que demander de plus ?
O� as-tu trouv� cette robe ?
Dans l'armoire.
Tu es toute belle.
Je devrais pas le dire,
mais je suis content que tu aies crev�.
Et manqu� le train.
Et que tu te sois disput�e avec ton petit ami.
Quel con, celui-l�.
Il ne doit pas arr�ter de m'appeler.
Tu avais peut-�tre raison � propos du signe.
Tu as appel� �a comment ?
Le destin ?
Vous en voulez ?
- Merci, Nico. - De rien.
Je vais parler � ma femme.
- De quoi ? - De toi. De nous.
Tu me plais. Je dois lui dire.
- Disons-le-lui ensemble. - Quoi ?
- Viens. - J'arrive.
- Ne fais pas �a ! - Ne t'en fais pas.
- Elle comprendra. - Comprendre quoi ?
Qu'on s'aime.
Je vais aux toilettes.
- Que vouliez-vous ? - Moi, rien.
Tu la trouves comment ?
Alicia ?
Je sais pas, elle est sympa.
Elle me pla�t beaucoup.
Plus que ta m�re.
- Tu trouves �a mal ? - Non, pas mal.
Bizarre.
- Maman le sait ? - Pas encore.
Comment le prendra-t-elle ?
Bien. Tr�s bien, m�me.
On fait comment, avec la glace ?
Donne. Le mieux, c'est l'eau chaude.
On a presque fini.
Ne t'en fais pas pour moi. Je commence � m'y faire.
- � quoi ? - � Santiago.
Il n'est pas si mal. Et c'�tait bien d'essayer.
Essayer quoi ?
Tout �a, un autre mari, une autre famille.
Tu as un fianc� � vingt ans,
et tu es toujours avec le m�me � cinquante.
Tu n'as pas le temps de comparer.
C'est pas qu'on s'entende mal, au contraire.
C'est juste que... Je ne sais pas.
Tu t'entends mieux avec quelqu'un d'autre.
C'est bien, d'essayer sans engagement.
C'est comme une voiture.
Il y a plein de mod�les et on fait son choix.
Et pour choisir, il faut comparer.
Et comment va ta comparaison ?
Une fois ma peur surmont�e, tr�s bien.
Alors, il te pla�t ?
Beaucoup.
Depuis quand ?
Je ne sais pas.
La troisi�me ou la quatri�me fois, je crois.
C'est le bon c�t� de la chose. Tu as d'autres points de vue.
Avant de choisir, compare � nouveau, pour �tre s�re.
Non, j'ai assez compar� pour trois mois.
Tu savais que 80 % des couples sans enfant se s�paraient ?
C'est une menace ?
Une statistique.
Il pourrait venir.
S'il nous voit ?
Carmen, tu es ma femme. J'ai tous les droits.
Quelle idiote...
Excusez-moi.
Je suis d�sol�e.
Mon Dieu !
Tu as vu Carmen ?
Il reste du champagne ?
Il n'en reste presque plus.
Carlos, va � la cuisine, mets une bouteille au frais.
Ce n'est pas grave.
Je prendrai du vin, �a m'est �gal.
Vous avez du feu ?
Dans mon sac. Tu veux bien me le passer ?
Tu veux le briquet ?
- Je vais le prendre. - Laisse.
Tu ne sais pas o� il est.
Donne-moi �a.
S'il te pla�t.
Tiens.
On dirait un rouge � l�vres.
On dirait.
Quoi ?
Tu vas bien ?
Pourquoi ?
Et toi, tu vas bien ?
Oui, c'est pas �a...
Je ne sais par o� commencer.
Commencer quoi ?
Alicia me pla�t.
Quand elle est arriv�e, je la trouvais juste jolie.
Je ne la connais pas beaucoup, mais...
Je ne sais pas ce qui va se passer.
Tu ne dis rien ?
Je ne sais pas.
�a te surprend, non ?
Bien s�r.
Et �a ne t'emb�te pas ?
- Si, �a m'emb�te. - Alors, dis-le !
Eh bien... �a m'emb�te !
�a m'emmerde que tu bandes pour une gamine !
J'ai juste dit qu'elle me plaisait.
Tu veux qu'on se cr�pe le chignon ?
- Tu veux ma b�n�diction ? - Arr�te.
Tu veux ma permission pour la baiser ?
On ne peut pas parler sans crier ?
Pas si une femme ne peut pas venir � la maison
sans que tu veuilles te la faire !
Tu sais, dans la cuisine...
Tu n'as pas � me donner d'explication.
On n'a rien fait de mal.
C'est que...
D'une certaine mani�re, Carmen et moi,
on est mari�s.
Enfin, plus ou moins.
C'est comme si on l'�tait. Mais pas aujourd'hui.
Tu ne dois rien comprendre.
Santiago est au courant et �a ne le g�ne pas.
Santiago sait que tu couches avec Carmen ?
Oui et non, en quelque sorte.
Pour aujourd'hui, non, mais en g�n�ral, oui.
Je crois.
Je n'aurais jamais cru.
Ce n'est pas ce que tu imagines.
Un motard.
Non ? Avec son casque et tout. Tu le vois ?
C'est possible.
Mais je ne vois pas la moto.
Il n'en a pas.
C'est un motard sans moto.
Bien s�r.
Celui-l�, on dirait Ventura.
Lequel ? C'est vrai !
Qu'est-ce que j'ai ?
Un nuage te ressemble.
Allons bon !
Le pauvre, il doit se sentir bien seul.
Il n'est pas tout seul.
Regardez Alicia. Ils finiront peut-�tre ensemble.
Je serais plus tranquille.
On peut rester plus longtemps.
- Jusqu'� lundi. - J'ai une audition demain.
- Repousse-la. - Vous allez pas un peu loin ?
Les voil� !
On prend une photo ?
Sans appareil ?
J'en ai un dans la voiture.
Une photo de famille.
Sole, contre Ventura.
Luna, baisse-toi.
Parfait. Santiago avec Carmen.
- Et toi ? - Il marche pas tout seul ?
Non, il est simple, c'est pas grave.
- Martin n'a qu'� la faire. - J'y vais.
C'est une photo de famille. Ce n'est pas ma place.
- Ne t'en fais pas. - Avance, Rosa.
- On ne te voit pas. - Pour ce qu'il y a � voir...
�coute-la, maman.
- C'est quoi, �a ? - Je n'ai pas trouv� Martin.
Comme �a, tu seras sur la photo.
- Tu te vois ? - Oui.
- Mets-toi devant. - Je suis bien, l�.
- �coute Alicia ! - Allez, maman.
- �a va, le miroir ? - Mets-toi devant.
- �coute Alicia. - Ce n'est pas grave.
Si. Tu l'as dit.
Je veux me voir.
- Maman ! - Je ne bougerai pas.
Laisse-la.
La ferme !
Si tu veux �tre sur la photo, mets-toi devant.
Ne parle pas comme �a � ta m�re !
Comment je dois le dire ? En cognant, comme papa ?
C'est �a ?
Ne me parle pas sur ce ton.
Excuse-moi.
Souris, Nico.
Toi aussi, Luna.
Allez, Sole.
Alicia, souris.
Tout le monde sourit.
Souriez.
Tu es trop pr�s.
Recule un peu.
Oui.
Il faudrait l'emmener chez l'ophtalmo.
Oui.
Ils adorent la t�l�.
Ils connaissent m�me les pubs.
- Et maman ? - Elle cherche son bracelet.
Celui de papi ? Elle l'a perdu ?
Elle ne verra rien. Et elle va attraper froid.
Tu la connais.
- Elle ne partira pas sans. - O� ?
Au lit.
Elle peut chercher demain.
Pas elle.
J'y vais.
Tu ne fais pas de cauchemars, apr�s ?
Moi, je ne pourrais pas. Quand j'�tais petite,
je dormais la lumi�re allum�e.
On me grondait
� cause des factures sal�es.
Avoir peur du noir,
c'est avoir peur d'�tre seul.
Ne rien voir, c'est comme �tre tout seul.
Je ne peux pas dormir pr�s d'une armoire ouverte.
�a fait peur aux enfants. Je crois que la forme
leur rappelle les cercueils. Ils s'en rendent compte.
Ils y sont tr�s sensibles.
De nos jours, ils ont peur des zombies.
Hein, Nico ?
- Tu as peur d'une armoire ? - Si elle me tombe dessus.
Je suis d�sol�.
- Quel �ge avait-elle ? - Quatre-vingts ans.
Vous ne pouvez rien faire ?
Plus maintenant.
Venez avec moi.
Je vous raccompagne.
Alors, �a va ?
- Comme d'habitude. - Tu as quelque chose ?
Une petite s�rie la semaine prochaine.
Pas mal.
- Et vous ? - Des petits trucs en juillet.
Peut-�tre quelque chose apr�s. Rien de bien s�r.
La prochaine fois, pr�viens-moi � l'avance.
- Luna, s'il te pla�t. - Sortons.
Laisse-moi.
Allez, viens.
Je suis d�sol�e.
Vraiment.
Ce n'est pas ta faute.
Je regrette d'�tre venue...
comme �a.
Comment ?
Pardonnez-moi.
Vous n'allez rien comprendre.
Je ne voulais pas vous tromper, mais... je ne sais pas.
On m'a pay�e
pour venir ici et faire tout �a.
Alors...
je l'ai fait.
La vache.
Vous n'y croyez pas,
�a ne m'�tonne pas.
Je suis d�sol�e...
- Vraiment - C'est incroyable.
Vraiment.
- Elle n'est pas morte. - Vite, je suis gel�e.
- Quoi ? - Elle est bidon comme nous.
- Tu es actrice ? - Vous n'�tes pas sa famille ?
Il est cingl� !
- Et le pneu crev� ? - C'�tait pas vrai.
- On l'a pay�e. - C'est fini ?
- Presque. - J'ai mal au dos.
Et moi qui croyais que je vous trompais !
J'avais m�me des remords.
- Tu pensais � quoi ? - Aux phoques, c'�tait affreux.
- Je te l'avais dit. - Quels phoques ?
- Tu joues bien la morte. - J'ai d�j� jou� Cl�op�tre.
J'ai tout aval�.
J'avais honte � l'id�e que vous �tiez morte
et que j'�tais figurante !
Je me disais aussi que je te connaissais.
Je t'ai vue aux auditions de "Don Juan".
Et moi, je t'ai vue au Comedia, avec Manu.
- Un grand maigre. - Qui c'est, Manu ?
Merci beaucoup.
Vous avez �t� fantastiques. Vraiment.
J'ai beaucoup aim�.
Tout ce temps, tous ces moments,
j'ai pu profiter d'une famille � moi.
J'ai �t� tr�s heureux.
Il vaut mieux �tre mal accompagn� que seul.
Ceux qui disent le contraire n'ont jamais �t� seuls.
Vous avez �t� brillants.
Et m�me grandioses � quelques reprises.
S'il y avait eu des critiques, elles auraient �t� tr�s bonnes.
Je vous aime beaucoup.
Parfait.
Tu as les cl�s ?
Allez, Nico. Dis au revoir � Santiago.
Embrasse-moi.
- Merci. - Merci � toi, et couvre-toi.
Ob�is, les m�res ont toujours raison.
Tu as �t� fantastique.
On a souvent besoin de rempla�ants.
On retravaillera peut-�tre ensemble un jour.
Mais en �tant au courant.
Voici ma carte.
Le premier num�ro, c'est chez moi.
- Envoie-nous la photo. - D'accord.
Je vais poser �a dans la voiture.
Pourquoi elle te donne son num�ro perso ?
Il y avait les deux num�ros. J'allais pas la d�chirer !
Elle a bien soulign� qu'il y avait son num�ro perso.
- Toi d'abord. - Non, toi.
Je ne sais pas quoi dire.
Voil� !
On est ravis d'avoir �t� tes enfants.
Vous avez �t� brillants, je suis fier de vous.
Si on avait pu r�p�ter, �a aurait �t� encore mieux.
Alicia, on se voit au Comedia ?
Dis � Manu de m'appeler et on prend un pot.
Il revient samedi.
Dimanche, alors. J'ai plein de temps libre.
�a a �t� une joie de tomber amoureux de toi.
Pour moi aussi.
�a m'a �mue que tu veuilles quitter ta femme pour moi.
J'ai m�me cru que c'�tait s�rieux.
Bon, � la prochaine.
On se reverra peut-�tre gr�ce... � quoi, d�j� ?
- Au destin. - Oui, le destin.
Au revoir.
�a suffit. Pas de rappel.
- � la prochaine. - Oui.
- On prendra la voiture lundi. - D'accord.
Martin a ma carte.
Si tu veux quoi que ce soit, No�l, la F�te des P�res,
appelle-nous.
Je vais conduire.
Allons-y.
Tout le monde est l� ?
- J'avais h�te de partir. - C'�tait pas si terrible !
Trois comme �a par an et c'est bon.
Ne comptez pas sur moi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je suis n� le 20 avril 1940, � 10 mois de grossesse.
Mon p�re disait que je ne sortais pas
parce que je savais ce qui m'attendait.
J'ai march� � un an.
Six mois plus tard, on d�m�nageait.
Sous-titrage : AS'IMAGE - Paris
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