All language subtitles for Wind Across the Everglades (1958)

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Original subtitles

LA FORÊT INTERDITE

Au début du siècle,

l'Amérique déferla sur la Floride du Sud.

Même type d'aventuriers que ceux de l'ouest.

De la femme respectable à la fille facile,

le chapeau à plumes faisait fureur

dans ce paradis sauvage.

Un paradis déjà perdu.

La demande de plumes était telle

que des hors-la-loi massacraient tous les oiseaux

du Golfe du Mexique à l'Atlantique.

Au terminus,

la ville de Miami fermait les yeux.

Des cargaisons sanglantes accostaient,

défiant ouvertement la loi.

On préservait les plumes de choix dans des livres.

Parfois même dans la Bible.

Plus les oiseaux se faisaient rares, plus les prix montaient.

Jusqu'à 60, 80, 100 dollars l'once !

Compte-les.

Regarde-les bien une à une avant de payer.

Tout le monde sacrifiait

à cette mode criarde sans penser au sort des oiseaux.

Seuls quelques volontaires

luttaient pour sauver les oiseaux de l'extermination.

Ils essayaient de recruter des gardes-chasse

pour les marais.

Mais les recrues étaient rares.

Deux gardes avaient déjà été tués en service.

Bon week-end, Sally ?

Délicieux !

Bienvenue dans notre jolie ville.

Vous serez très heureuse dans mon établissement.

Je cherche le directeur du collège.

Pas vu.

Elle dirige un pensionnat ?

Mrs Bradford ? "Pensionnat" n'est pas le mot !

Elle n'opère pas dans mon secteur.

Que faites-vous à mon chapeau ?

Vous aimeriez être à la place de cet oiseau ?

Il a arraché mes plumes !

Qui donc ?

Ce jeune homme !

Jeune homme !

- Que faites-vous ? - Une leçon sur les plumes !

On traite les Indiens de sauvages et on se dit civilisés !

Assez ou je vous fouette !

Shérif !

- Arrêtez-le ! - Je m'en occupe.

Qui êtes-vous ? Votre nom ?

Murdock, le nouveau professeur de sciences naturelles.

Je siège au conseil du collège.

Vous n'y mettrez jamais les pieds !

Je l'arrête, M. Liggett ?

Le juge statuera demain. N'est-ce pas ?

Certainement, shérif.

Voilà un jeune homme intéressant.

C'est peut-être le garde-chasse qu'on espérait.

Un nouvel oiseau à descendre.

T'as l'argent ?

C'est une ville libérale.

Le juge a commué votre peine en vous nommant garde-chasse.

Vous pourriez coucher à bord

mais vous serez mieux chez Nathanson.

Je m'y plais déjà.

Voilà mes amis de ce matin.

Deux types de Gueule de serpent.

Le chef de ces bandits.

Il a son quartier général

au cœur des marais.

Il se balade toujours avec un serpent.

Et pas "à sonnettes" !

Le sien ne prévient pas.

C'est sympathique.

C'est en allant l'arrêter

que j'ai gagné ça.

En une minute, ma jambe avait triplé.

Je suis en réserve depuis.

Allons voir Nathanson.

Comme dit l'araignée à la mouche,

les marais disent au garde-chasse :

"Un petit tour dans ma toile ?"

Aaron, voici ton nouveau pensionnaire.

Il est fort bien élevé

pour un délinquant.

Ma fille est contre les chapeaux à plumes.

Quel magasin extraordinaire !

Bonjour, je suis Naomi.

Vous voilà en de bonnes mains.

A demain pour installer votre équipement.

Voici une carte de navigation jusqu'à Chikikee,

à 25 miles d'ici.

N'allez pas plus loin pour cette fois.

Bonne chance.

Je n'ai qu'une chose à vous dire :

je vous envie.

Voilà du café,

quelques cigares

et une flasque de rhum.

Avec ça, je risque de ne pas revenir.

Quand rentrez-vous ?

Demain.

Je vais juste voir...

Je passe la nuit et je rentre.

Je ne chercherai pas Gueule de serpent.

Lui pourrait vous trouver.

Aidez-moi, s'il vous plaît.

- Tu chasses, étranger ? - Si on veut.

On m'appelle Joe la Bouteille.

Je ravitaille tout le coin.

T'en veux ?

Il est bon ?

De l'alcool à brûler que je bois moi-même.

Je vais goûter.

Ça sert aussi d'insecticide.

T'es nouveau par ici.

Tu devrais rentrer avant la nuit.

Y a de tout par ici.

On prend des photos ?

D'où vous sortez ?

C'est moi qui pose les questions.

Cœur de palmier.

C'est bon pour le ventre.

Goûte.

Vous habitez dans le coin ?

J'habite tout le coin.

Toute la terre ferme d'ici au Cap Sable.

Je suis né ici.

Je mourrai ici

avec du cœur de palmier dans les tripes.

Un arbre me poussera dessus !

Ils ont eu peur.

Vous en faites pas. Ils reviendront. Ils couvent là.

Y en a plus de l'autre côté.

RÉSERVE , FAUNE PROTÉGÉE

Abattez-les !

Je l'ai eu, chef !

Et un de plus !

Et un pour Mrs Bradford !

Des plumes contre de l'oseille yankee !

Tu veux m'arrêter ?

Vous auriez pu me tuer.

Trop risqué.

C'est toi, Gueule de serpent ?

Lui-même.

Je ferai respecter la loi !

T'as l'insigne !

On y va, les garçons !

M'accorderez-vous la prochaine, mademoiselle ?

Choisissez votre partenaire...

Un pas en arrière...

Un pas en avant... Ça va, Mathilde ?

Un pas en arrière Admirez votre grimacière...

Un pas en avant Ah ! la jolie cavalière...

Donnez-lui un baiser Un baiser tout mouillé !

Silence !

Montrez-vous !

Entendu parler des deux évadés ?

- C'est nous. - Vos noms ?

Le Bœuf et la Feuille.

Si vous étiez flics ?

Nous !

On a volé un bateau et on a ramé jusqu'ici,

dans ce... pot de chambre de la création.

Pourquoi il dit rien ?

Il est sourd et muet.

Bon compagnon de cellule.

Approchez.

Tu penses survivre au milieu de cette vermine ?

J'essaierai.

On verra bien.

C'est pas des enfants de chœur.

La Sciure a dompté des fauves dans un cirque.

Et même la femme du dompteur.

Voici le Perdant.

Ancien jockey. Viré pour brutalité.

J'y allais un peu trop de la cravache.

Il a l'air nerveux.

Tu peux leur faire confiance...

tant que tu n'as pas le dos tourné.

Où on dort ?

Choisis ta cabane.

Bats-toi pour l'avoir...

et elle est à toi.

C'est la mienne.

Tu la veux ?

A qui elle est ?

La prends pas. Le toit fuit.

Les poutres s'écroulent.

Laissez-les choisir.

- Hé, le Perdant ! - Oui ?

Viens.

Tu prends le gros.

T'esquives, le temps que je rétame le petit.

Après on liquide le gros à nous deux.

Sortez-moi ce minable.

Évite-toi une raclée, le Perdant.

Il risque seulement de me tuer.

Je me battrai avec mes genoux, mes dents,

et tout ce que j'ai !

Il peut cogner qu'en dessous de la ceinture.

5 plumes contre 1

que le Perdant s'allonge au premier coup.

5 que le gros saigne d'abord.

Ta cravache !

10 plumes pour moi !

Mords-le ! Laboure-le !

Vas-y, selle-le !

Tu vas l'avoir !

Monte-le !

Laisse tomber !

Jamais de la vie !

10 plumes qu'il se relève.

Tenu !

Un mort se relève pas !

Relève-toi !

J'ai misé sur toi.

Allez, debout !

Un effort !

Un effort !

Je dis "lève-toi",

et on se lève !

La cabane est à vous.

Vous l'avez eue à la loyale.

Tu coucheras dans ma cabane.

A Miami !

Aux grands espaces libres !

Je boirai à ça.

Bon retour, moussaillon.

Vous avez déjà l'air d'un sauvage !

Laisse-le se détendre.

Je suis sûre qu'il veut oublier les marais pour l'instant.

Personne ne pourrait jamais oublier ces marais.

Cette rivière... on dirait une prairie...

pendant 50 miles.

L'herbe et l'eau sont complices.

90 millions d'acres vierges...

qu'un réseau de canaux pourrait rendre cultivables.

C'est un royaume de terres vierges.

Et je veux qu'il reste un royaume.

Un paradis sauvage.

Avec les trafiquants de terre de Miami

et les pillards des marais ?

Unissons-nous pour le progrès.

Le progrès et moi ne faisons pas bon ménage.

C'est ce qui m'a attiré ici.

C'est comme au premier jour de la création.

Rien que de l'eau...

et puis...

la première terre

qui émerge de la mer.

On touche la vie...

à l'état pur.

Alors Caïn et ses frères...

ont ajusté leurs fusils et fait feu à la face de Dieu.

Maintenant qu'on a enfin trouvé un garde,

n'essaie pas de me l'enlever.

Regardez qui voilà !

On vous croyait perdus !

On arrive à pic !

Mes compliments au chef !

Bande de salopards !

Où vous étiez ?

Laisse-moi t'expliquer...

Professeur !

Alors ?

J'ai espionné notre oiseau.

C'est pas un blanc-bec.

Il boit, il fume

et il se bagarre bien.

Un fou qui veut sauver des oiseaux,

ça fait des histoires.

Il mourra de mort naturelle.

C'est le meilleur moyen de l'éliminer.

C'est décidé.

La Sciure, emmène Billy à Miami.

Gamin !

Réveille-toi, Billy.

Prend-le...

Trouve-lui une belle grenouille pour dîner.

Hé, Solo !

Joue-moi une belle ballade bien triste.

Un bourbon, Louis.

Louis, une tournée pour tous...

sauf pour le type du bout, c'est un perturbateur.

Alors, ça donne quoi ?

Bel-Oiseau est là.

Et comme l'araignée dit à la mouche...

Mrs Bradford a l'œil.

Un autre bourbon.

Un double !

Miss Denise !

Quelle honte !

Vous êtes trop serrés. 15 cm.

Je tiens à ces 15 cm entre les danseurs.

C'est bien dommage.

Ça suffit. Remontez dans votre chambre.

Je ne tolère aucun laisser-aller dans mon établissement.

Parfait.

Plus tard, mon cher.

Bonsoir.

Je suis Mme Bradford.

Je crois vous avoir vu à la gare.

C'est très noble de vouloir protéger nos pauvres oiseaux.

A la gare, vous portiez vous-même

plusieurs de ces pauvres oiseaux.

Voyons un peu...

Il me faut une perle

pour un homme si délicat.

Miss Gloria Stowe !

De la famille des Stowe, de Savannah.

Merci. Je prendrai seulement un whisky.

Amusez-vous bien.

Les Stowe de Savannah...

Je connais son vieux.

Le meilleur pickpocket de toute la région !

Le meilleur bourbon de la maison pour mon ami.

Ici, on est une grande famille.

C'est pas toi qu'es venu fouiner dans les marais ?

Tout le monde est au courant.

Même la bande de Gueule de serpent.

Bonne chance, si tu t'attaques à eux.

Hé ! C'est moi.

Je mets toujours ça ici.

Je plais davantage avec.

Je connais les marais.

Tu sais pas ce que c'est que de ramer pendant des jours

à travers l'herbe, l'eau et la boue.

Un vrai vivier de serpents et de panthères !

Crois-moi, fiston,

si tu y vas seul,

tu fais le dessert d'un alligator.

J'ai cherché un guide...

J'ai ce qu'il te faut.

Un Séminole. Billy-le-Manchot.

Voilà ton homme.

Un indigène qui connaît les canaux...

Ça peut aider !

Avale ton verre. On file à l'autre bar.

C'est là que traîne Billy.

Mrs Bradford sélectionne les clients

de ses exquises pensionnaires.

Qui est-ce ?

Ma femme et mon enfant.

Je suis passé par là pour les voir.

Tu veux accoster ?

Non. Je suis un paria.

La tribu lui interdit de me parler.

On ne suit pas un canal.

Canal disparu. Herbe pousse trop vite.

Toi ramer bien.

Pourquoi tu te sauves ?

Chasser grenouilles pour manger.

Ne mens pas.

Ton peuple ne ment jamais.

Billy a menti à sa tribu.

Tribu a dit :

"Toi, vivre avec Blancs".

Je connais ton peuple.

Je sais qu'on l'a refoulé...

de bonnes en mauvaises terres jusqu'à ces marécages.

On y vit quand même.

Comme les oiseaux ?

Mais chaque année,

moins d'oiseaux, moins de Séminoles.

Tu dis...

ma tribu comme oiseaux.

Certains Blancs tuent. Certains Blancs aident.

Je n'ai jamais vu un Blanc comme toi.

J'ai oublié mon calumet.

Que dirais-tu...

d'un cigare de la paix ?

Ne touche pas !

Poison !

Le mancenillier brûle comme du feu.

Jamais toucher !

- Une chance que je t'aie. - Pas pour Billy.

Le voilà.

Billy devait rentrer à l'aube !

Bel-Oiseau devait rassasier les busards pour le déjeuner.

Trouve-les et ramène-moi Billy.

Comment veux-tu Bel-Oiseau ?

Rôti ou en morceaux ?

Ne t'en prends pas à lui. Laisse-le.

Mais, monseigneur,

s'il met la nature en échec...

Pas de sang maintenant. Ramenez-moi Billy.

Et fissa !

Un feu séminole.

Peut-être celui de Billy.

Ne bouge pas.

On vient.

Je crois savoir qui.

Je vais les semer.

Je reviendrai après.

Pas bouger.

Homme-Oiseau !

T'as trahi ta tribu.

T'as trahi Gueule de serpent.

Il t'attend !

Ça fait loin à pied, d'ici à Miami, Bel-Oiseau !

Je dirai adieu aux filles pour toi !

On l'a eu !

Excellent ! Où l'avez-vous trouvé ?

Baie des alligators.

Tu devais le semer.

- Pourquoi ne pas l'avoir semé ? - Lui très malin.

T'as pris son parti.

T'as voulu le sauver.

Le Grand Sage de la Nuit a dit à Billy :

"Ne fais pas de mal à l'Homme-Oiseau.

"Homme-Oiseau bon."

Le Grand Sage !

Tu me dictes mon devoir ?

Il m'a montré les Séminoles

être comme les oiseaux.

Il m'a montré hommes blancs être différents.

Les uns comme héron blanc.

Les autres comme buse noire.

Fin de l'audience !

Je te déclare coupable ! La cour approuve ?

Qu'on l'exécute !

- Qu'on le pende ! - Ce serait trop beau pour lui.

Au mancenillier !

Non !

Pendez-moi ! Abattez-moi !

Pas le mancenillier !

C'est quoi ?

"Hippomane mancenilla".

Sa sève attaque les muqueuses,

fait enfler les yeux, les lèvres, la langue...

et autres désagréments.

C'est le seul arbre à pouvoir te graver ses initiales.

Que fais-tu ici ?

Ne le touche pas.

Billy plein de poison.

Mon peuple l'enterrera selon son rite.

Même les arbres sont avec eux.

Je vais te ramener.

Saletés de marais !

On l'a trouvé sur le quai.

Suivez-moi. Mettez-le ici.

Il a sa dose des marais.

Il devrait s'installer ici et se marier.

Ce n'est pas votre avis ?

Allez prévenir le docteur.

Regardez un peu ça !

Le Marie-Melon !

Je vous salue, Marie.

Comment sont tes melons ?

Bonjour, messieurs.

Montez donc les goûter.

Ces jolis melons bien mûrs me mettent en appétit !

Toujours en appétit pour ma marchandise.

Tu te maintiens ?

Toujours pareil. La folie des grandeurs.

Tu ressembles de plus en plus à ta mère.

Tenez, les gars !

J'ai vu la femme de Billy

ramener votre Bel-Oiseau vers Miami.

Il était couché dans la barque,

incapable de lever le petit doigt.

Comme prévu.

On l'a laissé à la merci de la nature.

Mort de mort naturelle...

Regardez, les gars.

Vous avez compris ?

Il veut l'épouser.

Il est en extase devant elle.

16 ans et timide !

J'avais peur qu'elle reste vieille fille.

Allons dans ta cabine. Faut qu'on cause.

Ah ! Les douces joies de l'existence !

Je me croyais bon citoyen.

Mais il faudra un jour qu'on m'explique

pourquoi on fête l’indépendance,

ce glorieux jour anniversaire,

avec des garnements

qui ne pensent qu'à faire du bruit.

Continue ! J'aime ça.

L'eau est merveilleuse.

Tu devrais y aller.

Ne me dis pas qu'il est convenable

de recevoir ainsi vêtue.

Tu es vieux jeu, papa.

Des conques. Toutes fraîches.

Mieux qu'au Waldorf !

Un grand jour ! Un glorieux anniversaire !

En tant que conseiller de la ville,

tu devrais intervenir contre cette femme !

Je fais tout ce que je peux !

J'ai envie de courir.

Vive le 4 Juillet !

Champagne !

C'est à toi qu'elles s'adressent ?

Impossible.

Tu sais, George est un prénom courant.

J'attendais ça depuis longtemps.

Moi aussi.

J'aime ta bouche. Je passe mon temps à la regarder.

Cette jolie bouche coquine...

Reste avec moi.

Ce soir ?

Demain ?

Combien de demains ?

Combien en veux-tu ?

Tous ! Je les veux tous jusqu'au dernier.

Je suis très gourmande.

Je te les donne tous.

Sans hésiter.

Je t'aime !

Se conduire comme ça,

sous un kiosque à musique !

Quelle effrontée tu fais.

Effrontée et pure.

Un mélange foudroyant.

J'aime foudroyer.

L'orchestre... Dans 10 mn, on est cernés.

Rentrons vite.

Presque un kilomètre de rue pavée !

Grâce à votre rapport sur le mancenillier.

Je n'oublierai pas le mancenillier.

On me croit fou,

mais un jour, dans cette rue, on pourra conduire sur 3 km.

Toute une chaussée !

Je n'ai rien contre.

Liggett embobine les délégués à l'expansion.

Notre rapport sera plus efficace que sa pommade.

Rendez-vous à la réunion.

A 15 h à la mairie ?

On attaquera Liggett.

On le déboulonnera de son trône.

A tout de suite.

Projet d'expansion de deux nouveaux tronçons

Qu'est-ce qu'il a ?

La dengue.

Il est quasiment mourant.

M. Liggett l'hébergera volontiers.

La dengue ?

Je connais cette fièvre.

Mal aux os ?

Mon cou... Il est tout raide.

Je peux pas bouger la tête.

Il bougeait bien tout à l'heure...

Allez, dans le bateau.

Suivez-moi avec ce matelas.

Allez-y, prenez ce matelas.

Si j'obtiens cette concession,

j'ouvre le chantier.

M. Liggett !

Je vous accuse de trafic de plumes.

Voici la preuve.

J'exige la saisie et un mandat d'arrêt contre les pourvoyeurs.

Je proteste !

Vous troublez notre commission !

Vous et vos sornettes !

Cette cargaison témoigne d'un massacre !

M. Liggett a retiré sa plainte contre vous

à condition que votre activité se limite aux marais.

Vous n'avez ici aucun pouvoir.

Je ne peux retenir votre accusation.

Toutefois,

si vous tenez tant à vos oiseaux,

je peux vous donner un mandat contre Gueule de serpent.

A condition que vous alliez le présenter en personne.

Merci, M. le juge.

Je ne vous force pas,

mais je savais que tôt ou tard, il faudrait en finir.

Un autre whisky.

J'espère que le temps se lèvera demain.

Où tu vas, Joe ?

Key Largo, Flamingo...

jusqu'au Cap Sable, s'il fait beau.

Pas loin de Gueule de serpent.

C'est à 35 miles.

Tu m'embarquerais ?

J'embarque tout ce qui paye.

T'es décidé ?

Je ne sais pas.

Je vais réfléchir.

Je t'attendais pas.

Tu y retournes ?

Est-ce que j'ai le choix ?

Sans doute pas.

Tu viens ou pas ?

J'aurais dû t'épouser.

Tu m'aurais épousée par respect des convenances.

J'avais une meilleure raison.

Ne t'inquiète pas pour moi.

Cette médaille te protégera.

T'as de la chance, le vent est avec toi.

Il t'entendra pas arriver.

La baie de Gueule de serpent.

C'est comme un royaume.

Tu me cherchais ?

Oui.

Content de te voir.

Je désespérais de te voir arriver jusqu'ici.

Combien tu lui as pris, Joe ?

25.

T'aurais eu 50 pour me l'amener.

Viens à l'abri.

Un peu de tenue ! On a un invité.

C'est une invitation officielle !

Qui l'a invité ?

Peut-être mon protégé.

Hein, c'est toi ?

C'était mon meilleur ami.

Dans ce nid de vipères !

Tous à la cabane !

Apportez le pichet.

J'ouvre la fenêtre ?

Y a une drôle d'odeur.

Je te bouffe après celui-là.

Soyons distingués.

Du Bel-Oiseau rôti au menu !

Un tour dans ma toile, petite mouche ?

Qu'on l'écrase !

Puisqu'on est tous réunis,

passons une soirée amicale.

On est ravis.

On lui sourit.

On lui sourit !

C'est mieux.

Prends place.

Un peu de liqueur de serpent ?

Tu es un vrai gentleman.

Attendez !

Rien que lui et moi !

Le cordial du condamné.

Débattre de la question est discourtois,

en la circonstance,

mais pourquoi ne pas tirer l'exécuteur à la courte-paille ?

Ce serait démocratique.

Un coup de couteau serait plus rapide.

Moi, je l'enterrerais vivant.

Fermez-la !

Il flotte trop pour enterrer quelqu'un.

C'est pas une nuit à tuer.

On reçoit pas toutes les nuits un étranger de marque.

On va faire la fête !

Solo, joue-moi La rivière de l'homme perdu.

A toi, Bel-Oiseau.

Je m'appelle pas Bel-Oiseau.

Je m'appelle Murdock.

Walt Murdock.

Les gars !

Je vous présente monsieur Walt Murdock !

Enchanté, M. Murdock.

Môssieur Murdock.

Monsieur la Loi.

Ravi de faire votre connaissance.

J'ai jamais troublé l'ordre de Miami.

En effet, M. Gueule de serpent.

Et l'ordre des marais ?

Je mange les oiseaux...

avant d'être un jour mangé moi-même.

L'équilibre de la nature, ça me connaît.

Que les poissons, les oiseaux, les serpents... toi y compris,

s'entre-dévorent. C'est naturel.

Mais exterminer des colonies d'oiseaux

à coups de fusil

pour s'engraisser au profit d'une mode idiote,

c'est plus de l'équilibre,

c'est du massacre !

Faudrait que t'aies l'occasion de me redire ça.

Ça vous remue un homme.

J'ai rien à perdre à parler franchement.

C'est vrai...

Que ta vie.

T'en fais peu de cas, pour être revenu.

Je mange pas de plumes, moi.

Y en a combien, dans cette marmite ?

Y a combien de hérons et d'aigrettes,

dans ce ragoût ?

Hé, les rois des marais, c'est bon, la plume bouillie ?

Laissez-le.

Assieds-toi donc.

Garde tes dix commandements.

Ici, on n'en a qu'un.

"Mange ou sois mangé".

C'est la loi des marais.

En d'autres termes,

Gueule de serpent prêche la liberté individuelle

jusqu'à son terme logique.

Professeur !

Prends ce couteau et enlève-toi ce charabia

du peu de dents qu'il te reste.

Tu dépares pas dans le tableau !

C'est une très belle chanson.

Goûte-moi ça.

C'est quoi ?

Queue d'alligator.

Liqueur foudroyante et alligator !

Après nous le déluge !

Ah ! Les douces joies de l'existence...

Tu vois pourquoi on vit ici ?

Aucun souci, aucune responsabilité.

Sauvages, comme la vie à l'état sauvage.

Je comprends.

Professeur !

C'est quoi, ton mot

qui dit pourquoi on vit ici ?

J'ai réussi à rassembler en un seul mot

tous les sentiments de cette foutue bande.

Arrête ton phono !

Le mot !

Protester.

C'est un bon mot.

J'approuve.

J'ai protesté aussi à ma manière.

Contre les maris jaloux !

Contre toutes les taules !

Contre le fléau croissant de la civilisation !

Contre tout !

Sauf ça !

Une tournée générale. Au mot du Professeur.

"Protester" ! Tout un programme !

A la protestation !

A la vie !

Libre !

Tu sais quoi ?

J'aurais jamais cru ça,

mais c'est la plus belle nuit de beuverie

que j'aie jamais vécue !

Les gars !

Il est des nôtres !

Bois encore !

L'alcool, y a que ça de vrai !

Tu vas me prendre en traître, comme les serpents.

Erreur.

Si tu survis à cette beuverie, on avisera demain.

Bien le bonjour !

Tu cherches ton fusil ?

T'es un type régulier.

T'es joueur ?

Je serais pas là !

Un défi te fait pas peur.

Je t'en propose un beau.

Si tu me ramènes vivant à Miami, je me rends.

Je me bornerai à ramer,

et à la première occasion, je te tuerai.

L'offre est loyale, non ?

Tue-moi ici.

Je gagnerai quoi, à jouer ton jeu ?

Un pari.

Ta vie contre la mienne.

Moi, ça m'excite.

En route.

Restez pas à m'attendre. Filez à Duck Rock.

C'est la saison des nids, là-bas.

Mets-toi à l'avant.

T'es le capitaine !

Mais t'auras pas Joe pour te guider !

Pourquoi tu perds ton temps avec lui ?

Question rejetée.

Il a son plan, et pour l'exécuter,

il veut pas de témoins.

A bientôt, papa.

Adieu, Bel-Oiseau.

C'est un mirage.

Ça s'éloigne sans cesse.

Pas de terre ferme ce soir.

Faudra dormir à bord.

J'ai pas l'intention de dormir.

Tu peux pas.

La nuit sera longue.

Tu crois que tu tiendras ?

J'espère.

Si tu t'endors, ce sera pour longtemps.

Je vais bien dormir.

Bonjour.

Reprenons la route.

Je suis prêt.

Tu sais quel canal...

C'est toi, le capitaine.

C'est toi qui vas à Miami.

Il va falloir descendre et marcher.

Les détours sont les plus courts.

Ce qui veut dire ?

A toi de comprendre.

Tu fais tout pour que je me perde.

Mais je connais la route !

Faut traverser ici.

Ata place, j'éviterais ce coin-là.

On coupera ici.

Impossible.

Aide-moi à pousser.

J'ai pris l'engagement...

de ramer.

Pas de me mouiller les pieds.

Rame ! Je pousserai.

Pèse de tout ton poids dessus ! Avance !

Tu m'as pas encore ramené à Miami.

Rame !

J'ai cru que c'était un serpent !

J'ai cru que tu voulais me tuer !

J'espérais ne jamais te faire mal.

J'ai jamais rien regretté...

mais ça, je le regrette.

Sincèrement.

T'as gagné, hein ?

J'avais gagné depuis le premier jour.

Ils sont beaux.

Pourquoi les tuer au lieu de les admirer ?

Juste les admirer.

J'ai jamais compris que tu risques ta peau pour eux.

Regarde-les dans le soleil.

Je te ramène à Miami.

Je te ferai arrêter.

T'as du cœur au ventre, comme moi.

Je te ramènerai.

Il m'a eu !

Je pensais pas que la nature m'aurait en premier.

Tu seras le plus fort.

Les marais sont plus forts que tout.

Je vais enlever le venin.

Trop tard.

Je l'ai déjà dans le sang.

Continue ta route.

T'avais choisi la bonne, au dernier cyprès.

Tu tomberas sur le canal qui te ramènera.

Et toi ?

J'ai de la compagnie.

Je reste avec toi.

Je te dis de filer !

Il avait peut-être raison.

Je les avais jamais bien regardés.

Venez me bouffer !

Né dans les marais ! Engraissé par les marais !

C'est de la bonne viande des marais !

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