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Original subtitles

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- Bonjour. - Bonjour.

15,80.

Tenez.

Céline, tu peux venir en caisse, s'il te plait ?

- il est pas à votre nom, le chèque. - Oui, mais c'est à mon fiancé.

Ça change rien, ça va pas être possible.

Mais j'ai sa pièce d'identité.

Vous avez un autre mode de paiement ?

Ah ben non.

Denis !

Oui, Nadine. Qu'est-ce qui se passe ?

Elle a un chèque qu'est pas à son nom

et elle a que ça pour payer.

Oui, mais j'ai la pièce d'identité.

Allez.

Merci.

Dégage.

Tu dégages, allez !

La

Reine

des

pommes

La Reine des pommes

Adèle,

Je n'ai pas d'explication.

Je ne trouve pas les bons mots pour t'expliquer mon mal.

C'est le mal de vivre.

Peut-être une sorte de vague à l'âme.

J'ai mal dans ma tête et dans mon corps.

Des douleurs abstraites qui me font souffrir

et qui m'amènent à cette conclusion :

la fin de notre histoire.

Tu as tout donné et j'ai tout pris, mais ça ne suffit pas.

L'amour ne suffit pas je crois.

J'étouffe.

Si tu pars, je me tue. Tu me crois pas ? Regarde !

Laisse-moi !

Aujourd'hui, tu me vois comme un monstre.

Mais plus tard, tu me remercieras.

Lâche-moi !

T'as dit que tu me quitterais jamais. Tu m'as menti !

Gros bâtard.. grosse baltringue... fils de pute

- C'est une ordure ! - Ma chérie...

Ma chérie.

Ma chérie, la séparation, c'est de la boucherie.

Qu'est-ce que je vais devenir ?

Je veux mourir !

Ah non, non, non !

Arrêtez-vous là, c'est bon. Assez des conneries, hein ?

Je vais vous donner quelque chose, ça va vous faire du bien.

Allez, tenez.

Avec un petit verre d'eau. Hop !

Allez.

Maintenant, vous pouvez pas rester ici.

C'est pas bien.

il faut changer d'air, il faut aller ailleurs.

il faut... respirer l'air pur !

J'ai nulle part où aller.

C'est chez lui ici, c'est sa maison.

Moi, j'ai pas de travail.

J'ai rien.

Votre maman ?

Ah non, surtout pas.

Bah, votre papa.

J'en ai pas.

Y a bien ma cousine Rachel, mais elle voudra jamais.

Adèle, tu peux m'expliquer qui est cette Espagnole.

Je suis la voisine de palier. Mathieu a quitté Adèle.

Elle a voulu se zigouiller, vous vous rendez compte ?

Heureusement que je suis arrivée à temps.

Je lui ai donné des calmants.

- Ah bon ? - Oui.

Moi, je travaille toute la journée.

Je peux pas la laisser seule vu son état.

Pourquoi vous la prenez pas vous ?

Parce que c'est pas ma famille.

Aujourd'hui, exceptionnellement,

je peux la garder ici tandis que vous travaillez.

C'est impossible.

Je supporte pas qu'il y ait des gens chez moi quand j'y suis pas.

Alors voilà ce qu'on va faire.

Vous allez m'attendre au parc et je la récupère après le travail.

Oui, on a qu'à faire comme ça.

Voilà. On se retrouve ici à 17h.

D'accord, à 17h.

Allô ?

Oui, c'est moi.

Mais qu'est-ce qui se passe ?

C'est pas vrai !

Mais comment ? il est tombé ? il saigne ?

J'arrive tout de suite.

Qui êtes-vous ?

Elle est où, l'Espagnole ?

Elle est partie précipitamment, elle me l'a confiée.

Je m'appelle Pierre.

Merci, Pierre, je suis désolée.

Ce n'est rien, ça ne m'a pas gêné du tout.

J'habite à côté à la Cité Universitaire.

Je passe mes journées ici pour mes études.

Très intéressant.

Bien au revoir, Pierre.

Au revoir, mademoiselle.

Madame.

Excusez-la.

Je sais pas ce qui t'a pris !

Une vraie crise de démence.

Ça doit être les calmants de l'Espagnole.

D'ailleurs On va les jeter.

Tu sais, c'est pas la fin du monde non plus.

Regarde, moi.

Avant de partir en Italie, j'étais au fond du trou.

Puis là-bas, j'ai rencontré un type sensas.

il m'a dit qu'il voulait venir vivre à Paris.

J'étais folle de joie, mais j'ai rien montré, tu penses !

Je crois que je suis amoureuse.

Je crois qu'on va avoir un problème.

Quoi ?

Je suis désolée, mais je ne supporte pas de dormir

avec une femme, c'est névrotique.

Voilà.

Bonne nuit.

Tu t'habilles pas ?

Tu devrais parce qu'on part dans 5 minutes.

Et il n'est pas question que je sois en retard à cause de toi.

Il m'a même pas appelée.

Oui, mais tu n'as pas de téléphone portable.

Tu peux pas rester comme ça.

Il faut que tu désacralises cette histoire.

Il faut que tu vives pour toi, que tu rencontres d'autres hommes.

Que tu trouves un travail, un logement.

Bref, que tu te construises.

Moi, c'est avec lui que je voulais me construire.

Je veux vivre et mourir avec lui.

Tu l'aimais tant que ça ?

Je ne sais pas si c'est ça, aimer quelqu'un

Mais je crois que quand on regarde quelqu'un

Qu'il devient flou car l'émotion nous rend fou

Qu'on ne peut rien dire car tout se mélange en nous

Sortie de mes rêves

Sa beauté sage

me paralyse

Et je pouvais

rester là une éternité

Sans broncher juste à sentir son odeur tendre et matinale

Je ne sais pas si c'est ça, aimer quelqu'un

Mais je crois que quand on regarde quelqu'un

Qu'il devient flou car l'émotion nous rend fou

Qu'on ne peut rien dire car tout se mélange en nous

L'envie, le désir

qui m'habitaient

de le réveiller tous les jours

avec ma bouche, je l'embrasserais

Pas sur sa bouche mais sur sa queue

C'est mon désir et mon secret

Je ne sais pas si c'est ça, aimer quelqu'un

Mais avec lui, c'était comme ça chaque matin

Je ne pourrai jamais je crois

m'en sortir

Car un chagrin d'amour, c'est ce qu'il y a de pire

Bonjour, Pierre.

- Vous vous souvenez de moi ? - Oui, bonjour.

J'ai un énorme service à vous demander.

Je dois aller travailler. Vous pourriez garder Adèle ?

Je ne peux pas la laisser seule.

- Oui, sans problème. - Merci, c'est très gentil.

Excusez-la, elle n'est pas très présentable.

Voilà.

Vous lui achèterez à manger. Un sandwich...

A tout à l'heure.

J'ai jamais fait ça ! Non !

Eh ben répondez-moi !

Pourquoi vous dites ça ?

Faites pas ça !

Pourquoi c'est fini ? C'est complètement...

Allô ?

Merde !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ?

- C'est quoi, cet air de con ! - Oh, ça va !

Vous avez jamais vu quelqu'un de triste, en colère ?

Ça existe pas dans votre monde ?

Imbécile !

Mollasson !

Tu sers à rien !

Quelle femme !

Je peux vous poser une question ?

Vous êtes malade ?

Oui, je crois.

Ça se guérit ?

Non, je ne crois pas.

Vous êtes sûre ?

Oui, je suis sûre.

Puis de toute façon, je ne veux pas guérir.

Je veux me laisser mourir.

Ah mais c'est très différent, ça.

Pourquoi vous ne vous suicidez pas ?

J'ai déjà essayé une fois et je me suis ratée.

C'est pas de chance.

Ben si heureusement parce que sinon je serais plus en vie.

Mais vous venez de dire le contraire.

Que vous vouliez vous laisser mourir.

Non, c'est-à-dire que...

Je suis malheureuse, que je souffre et je veux continuer de souffrir

pour continuer de l'aimer.

- Qui ? - Mathieu.

Pourquoi, il est mort ?

Non, il m'a quitté.

C'est dur.

Mais vous allez vous en remettre.

Ma cousine dit qu'il faut que je rencontre d'autres hommes.

Elle a raison.

Aucun ne me plait.

Vous en avez rencontré beaucoup ?

Non, que vous. Et vous ne me plaisez pas du tout.

Je vous ai rien demandé.

Je m'en fous de pas vous plaire.

Vous non plus, vous ne me plaisez pas avec votre malheur pourri.

- Vous êtes très méchant. - Je suis méchant ?

Je pourrais ne pas m'occuper de vous.

Je vous connais pas. En plus, il fait froid.

Si j'ai été méchant, c'est parce que vous m'avez blessé.

Mais vous aussi, vous m'avez blessée.

En fait vous ne reconnaissez jamais vos torts.

- Si. - Non !

- Mais non. - Si, vous m'énervez à la fin !

Alors donnez-moi un exemple.

Bah heu...

Par exemple, c'est de ma faute s' il m'a quittée,

parce que je suis une fille nulle.

Ça, ce n'est pas reconnaitre ses torts.

C'est de l'auto-flagellation

Ah bon ?

Ce que j'ai dit tout à l'heure,

je le pensais pas vraiment.

Pourquoi l'avoir dit ?

Je sais pas.

J'avais peur que vous vouliez coucher avec moi.

Décidément, je dois être vraiment repoussant.

Mais ça me panique, ce genre de situation.

Adèle...

Je ne vous connais pas mais je vous respecte.

Vous voulez bien qu'on se revoie demain ?

Avec plaisir.

Merci, Pierre.

Mon petit chou, j'ai une très bonne nouvelle.

Je t'ai trouvé du travail.

Une photographe de l'agence cherche quelqu'un

pour garder son bébé.

Elle s'appelle Gladys.

Je lui ai dit que tu étais très équilibrée

et que tu adorais les enfants.

Tu as RDV demain pour une journée d'essai.

- Demain ? - Oui, demain.

Tu es déçue ? Tu exagères.

Tu manges pas ?

Heu... non.

J'ai pas très faim.

Je crois que je vais aller me coucher.

Sage décision.

Tu seras en forme pour ton RDV de demain.

Adèle n'a jamais pu revoir Pierre. Elle finit même par l'oublier.

Son nouveau travail se passe bien mais n'est pas très intéressant.

Les jours se suivent et se ressemblent.

Elle s'ennuie beaucoup, elle se sent très seule.

Elle vit certes mais à moitié seulement.

Rachel est très satisfaite.

Elle trouve qu'Adèle s'en sort de mieux en mieux.

Elle participe aux courses, fait le ménage, arrose les plantes.

Elle la trouve de plus en plus responsable.

Elle se fait à la cohabitation.

Elle arrive même à lui faire confiance.

Bonjour !

La belle petite table de déjeuner !

Tu dors bien par terre, t'as pas trop mal au dos ?

Justement je voulais t'en parler...

Avec les baby-sittings que je fais, j'ai pu mettre de l'argent de côté

et je me disais que...

j'aurais pu acheter un petit canapé-lit.

Je t'arrête tout de suite, j'ai une sainte horreur des canapés.

Ça fait salle d'attente.

Mais c'est vrai

que cette situation ne peut plus durer.

Je ne vois qu'une solution :

c'est qu'on dorme toutes les deux dans le même lit.

- T'es sûre ? - Oui.

Et on fera un essai dès ce soir.

Ne m'attends pas pour diner ce soir, je risque de rentrer tard.

Ah bon ? Mais c'est chiant, je voulais faire un risotto.

Bonjour.

Je file, Louise dort encore.

Je suis désolée, je m'étais assoupie.

Ça va... allez vite vous coucher, mon mari vous attend en bas.

Merci, monsieur.

Je vous en prie, appelez-moi Jacques.

Au revoir, Jacques.

Au revoir.

Tu rentres bien tard !

Je m'impatientais.

Elle voulait que je reste plus tard ce soir.

Et demain soir, je rentrerai encore plus tard,

parce qu'ils sortent.

C'est bien, ça te fait plus d'argent.

C'est ce que je me suis dit.

Tiens, c'est pour toi. Bon anniversaire.

Merci.

Tu t'en es souvenu, ça me touche beaucoup.

Oui, parce qu'on est nées le même jour.

Ah bon ? Je savais pas.

Ça tombe bien comme j'ai une surprise pour toi moi aussi.

Soulève ta serviette.

C'est la clé d'ici.

C'est ta clé.

C'est le 1er anniversaire que je fête sans Mathieu.

Tu n'arrives pas à l'oublier ?

Aujourd'hui encore, c'est un peu dur

Je crois que je n'y arrive pas

Tout encore en moi est si obscur

J'étouffe, étranglez-moi

Car je n'ai pas le courage de m'y prêter moi-même

La force me manque, je voudrais mourir

Étranglée comme une héroïne d'Hitchcock

Assassinée par son amant

qui l'aimait tant, l'aimait tant

Aujourd'hui encore, c'est un peu dur

Je crois que je n'y arrive pas

il a ouvert en moi cette blessure

Je souffre, étranglez-moi

Car je n'ai pas le courage de m'y prêter moi-même

La force me manque, je voudrais mourir

Étranglée comme une héroïne d'Hitchcock

Assassinée par son amant

qui l'aimait tant, l'aimait tant...

L'aimait tant...

L'aimait tant

Il faut que tu couches avec d'autres hommes.

D'autres hommes.

Bonsoir, Adèle.

Excusez-nous, il est très tard.

- Tout s'est bien passé? - Oui.

- Elle est adorable, n'est-ce pas ? - Oui, vraiment.

Mon mari vous attend en bas pour vous raccompagner.

Adèle !

J'ai une chance folle de vous avoir.

Bonsoir.

C'est la fin des programmes sur France Classique.

N'oubliez pas demain votre rendez-vous

avec Marie-Thérèse Luçon

pour la matinale de 5h45.

Je souhaite une bonne nuit à nos auditeurs.

Et je vous laisse...

Adèle...

Ça me fait du bien de vous voir.

Je pense à vous souvent.

Je veux vous emmener dans un très bon restaurant.

C'est compliqué, Jacques.

Réfléchissez.

Oui, Jacques.

Rachel...

Tu crois que...

Quand un homme t'invite à diner dans un très bon restaurant,

c'est parce qu'il veut coucher ?

C'est un bon début en tout cas. Quelqu'un t'a invitée ?

Oui.

Qui ?

Un homme.

Tu l'as rencontré où ?

- Au parc. - En promenant Louise ?

Ben oui.

Oh la la, ces hommes... ils sont prêts à tout.

ils manquent pas d'air.

Moi, je dirais méfiance.

En même temps, vu ton état, c'est vital.

Il faut que tu couches avec un autre pour oublier.

Alors vas-y, fonce.

Merci, Jacques pour ce très bon diner.

Adèle, vous m'excitez.

Qu'est-ce que t'as ?

Ça s'est pas bien passé ?

Je comprends rien à ce que tu dis.

T'as pas joui ?

T'as joui ?

C'est une chance, pourquoi tu pleures ?

Parce qu'avec Mathieu, je jouissais pas.

Oh la la, la belle affaire, on s'en fout pas mal de celui-là.

T'es insupportable, en fait.

On te quitte, tu pleures. Tu jouis, tu pleures.

T'es toujours la victime.

C'est chiant.

Qu'est-ce que tu as à l'oeil ?

Rien. Moi, je vais me coucher.

Excuse-moi, je suis vraiment insupportable.

Arrête de dire ça, tu ne le penses pas.

- Mais si, je te jure. - Non, tu ne le penses pas.

D'ailleurs t'es tellement hors-norme que t'acceptes tout, tout le temps.

T'as pas la moindre idée de ce que c'est, être insupportable.

Pourquoi t'as un pansement à ton oeil ?

Parce qu'il est malade mon oeil, voilà.

- Qu'est-ce qu'il a ? - On sait pas trop.

Un truc dégueulasse qui le zigouille petit à petit.

Mais tu vois avec ?

Pas vraiment. Mais de l'autre, je vois double.

- Et le pansement, c'est pour quoi ? - T'arrête tes questions !

C'est pour le fermer parce qu'il est tout sec.

Et la nuit, il s'abime encore plus.

Je peux te poser encore une question ?

Non !

Tu pleures que d'un oeil alors ?

Bonne nuit.

Bonne nuit.

T'as de la chance d'avoir joui.

Adèle, c'est très perturbant.

Vous pleurez à chaque fois qu'on fait l'amour.

Vous ne vous laissez pas aller.

C'est une chose très rare.

Il y a des femmes qui n'y arrivent jamais.

Je vais faire des efforts.

Les 1res fois les probabilités pour que ça marche sont infimes.

Ah oui ?

- Combien ? - Je ne sais pas...

C'est comme gagner au loto.

Alors j'ai gagné au loto.

Adèle, mais c'est magnifique !

Vous rendez-vous compte de la chance qu'on a ?

Jacques, cette chance-là va s'arrêter tout de suite.

Mais pourquoi ?

Parce que ça m'est insupportable.

Vous ne pouvez pas faire ça, c'est absurde.

Je suis désolée, c'est plus fort que moi.

Ne résistez pas à cet amour.

Arrêtez, je vous en supplie.

Vous m'aimez, ne le niez pas.

Mais qu'est-ce que vous croyez, Jacques ?

Vous êtes riche et vous voudriez qu'on vous aime comme un pauvre.

Veuillez descendre de mon automobile.

Pas la peine de te donner tout ce mal, je dors pas.

Je te préviens, je suis très déprimée.

Il vient plus, mon italien.

Décidément tous les mêmes.

Dès qu'il y a un peu d'engagement, ça fuit.

J'en ai marre.

Et toi ? Tu l'as revu, Pénétrator ?

J'ai rompu.

- Pourquoi ? - C'est politique.

Je comprends.

A ce soir.

Vous pouvez garder Louise ce soir ? On va au cinéma.

Non, madame, ce soir, je ne peux pas, je suis désolée.

Et les autres soirs non plus.

Par contre, je peux continuer à garder Louise dans la journée.

J'ai décidé de reprendre mes études et je prends des cours du soir.

- Rachel, je peux voir ton oeil ? - N'y pense même pas.

Pourquoi ?

Je vois pas l'intérêt de te montrer ce truc dégueulasse.

Comment tu peux savoir si c'est dégueulasse ?

Toi, tu peux pas être juge.

Moi, si tu me le montres, je pourrai te le dire.

Et puis c'est important que tu désacralises cette histoire.

Pour ça, il faut me le montrer au moins une fois.

Comme ça, tu pourras le montrer à d'autres.

Ce soir, on pourrait aller au cinéma ou diner au restaurant ?

Ou non, on va aller à la piscine, c'est nocturne le jeudi.

C'est une bonne idée. Tu sais nager ?

Évidemment !

Jacques !

Pardon, Adèle ! Pardon, mon amour !

Ce que vous avez dit l'autre jour m'a fait réfléchir.

Je quitte tout pour vous. Tout !

Mais enfin Jacques, je suis désolée, vous vous trompez.

il y a un énorme malentendu,

ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire.

Je vous en supplie !

Je vous en supplie, vous devenez fou !

Mais non !

Attendez ! Laissez-vous aller, enfin !

Gladys gifle Jacques, congédie Adèle

et lui conseille de laisser Rachel en dehors de ça.

Adèle est très blessée.

Elle n'a plus de travail et doit mentir à sa cousine.

Elle l'accompagne comme tous les jours jusqu'au parc

et fait demi-tour pour rentrer chez elle où elle l'attend.

Elle se débrouille comme elle peut

pour que Rachel ne se rende compte de rien.

Rachel est très contente car Adèle travaille moins.

Qu'est-ce qui nous arrive ?

Je sais pas.

J'ai le coeur qui bat.

Moi aussi.

J'ai mal au ventre.

Moi aussi.

Ne joue pas avec moi.

Je ne joue pas.

J'ai l'impression d'être dans un rêve.

Moi aussi.

Tu veux qu'on se revoie ?

J'en ai très envie.

Moi aussi.

Donne-moi ton téléphone.

J'en ai pas.

Alors appelle-moi.

Tu le feras ?

Oui.

C'est bien comme ça, un coup de foudre

N'est-ce pas ?

En dix secondes, un nouveau monde

C'est ça

Mais qui est-il ?

Où se trouve-t-il ? Dites-moi

Je pense à lui

Je deviens débile

Voilà

Une rencontre insensée

Nos regards croisés

Je suis ensorcelée

pour le restant de mes jours

Je crois que j'ai rencontré un tout nouvel amour

que je voudrais garder à moi et pour toujours

Je voudrais retrouver

son sourire enchanté

la douceur de ses mains

et son nez aquilin

Connaitre aussi son nom et l'âge de ce garçon

Son gâteau préféré

Bref, savoir qui il est

Tu m'énerves, ça m'énerve.

Je suis jalouse, voilà.

Je t'envie. Ça pourrait pas m'arriver à moi ?

- C'est pas vrai. L'italien. - Tu parles !

J'ai tellement été froide qu'il a eu peur de venir.

Maintenant à part 3 textos pourris, j'ai presque plus de nouvelles.

- Va le voir. - Pour me prendre un râteau ?

Merci.

Tu peux pas savoir. Moi, j'irais.

T'as de la chance, t'es beaucoup plus simple.

Moi, je suis trop méfiante.

Ton type-là, moi, j'y serais jamais allée.

Je l'aurais envoyé bouler.

Tu crois qu'il se moque de moi ?

Me demande pas. Je crois plus en l'amour,

je crois plus en rien.

- il s'appelle comment déjà ? - Aucune idée.

- T'as son numéro de téléphone ? - Je l'ai appris par coeur.

Faut que je l'appelle tout de suite.

Et mon italien, je fais quoi ? Tu crois que je le rappelle ?

Non, ça sert à rien puisque tu n'y crois pas.

- Tu pourrais me prêter ton porta... - N'y pense même pas.

Tu t'achètes un téléphone portable,

mais il n'est pas question que je te prête le mien.

Bonjour, je suis Adèle,

la jeune fille que vous avez rencontrée au parc.

Donc je vous rappelle comme vous me l'aviez demandé.

Mon numéro ! Alors mon numéro de téléphone...

J'ai un nouveau numéro...

Donc, c'est le 35 69 83 01

12 81 12 01.

Donc vous pouvez me rapp...

Oui, bonjour, c'est encore Adèle,

la jeune fille que vous avez rencontrée au parc.

J'ai toujours un téléphone qui marche bien

mais je vous ai donné un mauvais numéro. Voilà...

Ce sont des choses qui arrivent.

Le bon numéro, c'est le 06 87 79 41 37.

Voilà, je répète...

J'attends votre appel...

Enfin... ton appel.

Voilà, au revoir merci.

Qu'est-ce que tu faisais dans le noir ?

Ça va ?

Qu'est-ce que t'as ?

Je crois que t'as raison, il s'est foutu de moi.

Ton coup de foudre, t'as pas de nouvelles ?

Non.

Je crois que tu as reçu un message.

Adèle, c'est un texto !

Donne-moi ça.

Alors ?

"Adèle, j'ai tellement attendu ton appel

que je me suis rendu malade.

Je pense tout le temps à toi. Paul."

Il est à fond.

Paul, c'est Adèle. Je viens de lire ton message.

Donc, je te...

"Nouveau message."

Tu peux me le lire ?

Je vais te montrer, c'est pas très compliqué.

Tu vas dans Messages puis dans Reçus.

Tu ouvres le message reçu.

Et tu lis.

Non, vas-y, je préfère que ce soit toi.

"Adèle, je rêverais de t'entendre

"mais j'ai une sainte horreur du téléphone.

"Tu me manques."

Réponds : "Toi aussi, tu me manques."

"Tu penses à moi ?"

Réponds : "Oui, tout le temps."

- Il est déchainé. - Alors ?

Deux secondes !

"Adèle, je suis accro, penses-tu qu'on a un avenir ?"

Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ?

Ben oui ! Réponds : "Oui, je le veux."

Allez !

- T'as pas peur. - Ben quoi ?

"Moi aussi, je le veux. Quand se revoit-on ?"

Le plus vite possible. Écris !

Hé ho du calme ! Je suis pas dactylo.

Et j'ai autre chose à faire.

- Dès que t'as ton RDV, j'arrête. - D'accord.

Demain même heure même endroit

Pierre !

Adèle, qu'est-ce que vous faites là, toute seule sur ce banc ?

J'attends quelqu'un.

Vous aviez RDV à quelle heure ?

A 16 h.

Il est très en retard.

Comment vous savez que c'est un garçon ?

Si c'était une fille, vous seriez déjà partie.

C'est pas de chance pour vous. C'est une chance pour moi.

- Il a peut-être eu un empêchement. - Peut-être. Vous l'avez appelé ?

Non, il déteste le téléphone.

Maintenant que vous êtes là,

vous allez pouvoir lui envoyer un message.

Je sais pas comment on fait.

Qu'est-ce que j'écris ?

Paul.

Je suis au parc.

Je t'attends sur le banc à côté de l'escalier.

Que fais-tu ?

Je suis très très inquiète.

Voilà. On met le numéro maintenant.

06 10 12 14 18.

Ça y est, envoyé.

"Message en instance." Il est peut-être dans le métro.

Vous croyez ?

Je vais attendre encore un peu alors.

Je vais vous laisser. Moi aussi j'ai un RDV.

D'accord.

Maintenant que vous avez un téléphone,

appelez-moi. On pourrait se revoir.

Mon numéro est encore plus simple à retenir.

06 60 15 30 15.

Au revoir, Pierre.

Au revoir, Adèle.

Merci.

Je suis au lit, mon petit chou.

Je crois que j'ai pris froid, je me suis fait un bouillon de poule.

On a fait des photos en extérieur toute la journée.

Elle est spéciale, Gladys hein ? Un peu caractérielle, non ?

Il est pas venu, c'est ça ?

J'en étais sûre, c'est un salaud. Il t'a posé un lapin ?

Non. Je pense qu'il a peut-être eu un problème.

Je suis très inquiète.

Tu devrais pas t'inquiéter.

Tu devrais être folle de rage.

C'est hyper irrespectueux. C'est pas compliqué de prévenir !

Il a ton téléphone.

Il laisse un message, il t'appelle mais il fait pas ça !

Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

Je sais pas.

Je lui laissé un message pour lui dire que j'étais rentrée.

Il te rappellera jamais, j'en suis sûre.

Il a fait ça pour te provoquer.

Tu veux le revoir ?

Alors envoie-lui un message où tu l'insultes, où tu le pourris.

- Il voudra jamais me revoir. - C'est tout le contraire, tu verras.

De toute façon il reçoit pas mes messages.

Ils sont tous en instance.

"Paul. Je crois que je vais rentrer parce que j'ai un peu froid."

"Paul. Je suis très triste que tu n'aies pas pu venir

"J'espère que tu n'as pas eu de problème."

- Ben quoi ? - C'est n'importe quoi !

Ce mec te traite comme une merde et tu l'excuses.

Il va pas te répondre.

Attends !

Il reçoit tes messages.

Je vais lui envoyer un message pour savoir si tout va bien.

Non ! Tu l'insultes. Tu pourris ce connard.

Mais qui fait ça ? Personne fait ça !

Il te traite mal et toi, tu fais rien !

Il va jamais te répondre.

Peut-être, mais s'il me répond pas, c'est qu'il m'aime pas vraiment.

"Mère grand, que vous avez de grandes oreilles !

"C'est pour mieux écouter, mon enfant.

"Mère grand, que vous avez de grands yeux !

"C'est pour mieux voir, mon enfant.

"Mère grand, que vous avez de grandes dents !

"C'est pour mieux te manger.

"Et en disant ces mots,

"le méchant loup se jeta sur le petit chaperon rouge

"et la mangea.

"On voit ici que de jeunes enfants, surtout de jeunes filles

"belles, bien faites et gentilles,

"font très mal d'écouter toutes sortes de gens.

"Et que ce n'est pas chose étrange s'il en est tant que le loup mange.

"Je dis "le loup"

"car tous les loups ne sont pas de la même sorte.

"il en est d'une humeur accorte,

"sans bruit, sans fiel et sans courroux

"qui, privés, complaisants et doux,

"suivent les jeunes demoiselles jusque dans les maisons,

"jusque dans les ruelles.

"Hélas, qui ne sait que ces loups doucereux,

"de tous les loups, sont les plus dangereux ?"

Tu veux voir mon oeil ?

C'est beau !

On dirait une méduse.

Adèle, ne fuyez pas !

Je vous en supplie.

Je ne vis plus depuis que je vous ai perdue.

J'ai besoin de vous. Ne m'abandonnez pas.

Jacques, c'est très gentil.

Mais je ne peux rien vivre avec vous.

C'est plus fort que moi.

Pourquoi ?

Nos rapports sexuels se passaient si bien.

Oui, c'est vrai, c'est très étrange.

Je ne me l'explique pas moi-même car vous ne me plaisez pas du tout.

Je suis fou de vous. Je ne veux rien.

Juste une ballade de temps en temps pour discuter !

Je n'ai pas envie de vous voir pour discuter

car je n'aime pas discuter avec vous.

Vous avez un portable, donnez-moi votre numéro.

Donnez-le-moi !

Voici mon numéro.

Voyons-nous encore une fois, sans parler.

Donnez-moi une chance !

Une chance !

Je ne parlerai pas !

Adèle, j'ai honte, pardonne-moi.

Je n'ai pas pu venir au RDV.

Après, j'avais trop peur que tu m'en veuilles.

Mais vous voyez pas que je suis occupée !

Vous me dérangez, fichez-moi le camp !

Adèle marche très vite, elle est énervée.

Elle s'assoit sur un banc à bout de nerfs,

se met à pleurer.

Elle prend son téléphone et envoie un 1er message

sur lequel est écrit : "Gros bâtard".

Et un second sur lequel est écrit : "Grosse baltringue".

Puis un autre : "Fils de pute".

Et un dernier qui dit : "Va te faire enculer".

A sa grande surprise, cela lui fait du bien.

Paul lui répond vite lui déclarant à nouveau sa flamme.

Adèle lui dit qu'elle ne veut plus le voir

car il la rend malheureuse.

Paul lui répond que cette rencontre

est la chose la plus importante de sa vie.

Que quand il cherche quelque chose de bon en lui,

il ne voit qu'elle.

Il lui demande alors si elle est d'accord

pour repartir à zéro et être enfin heureux.

Elle lui répond : "Je le veux mais j'ai peur."

Alors il lui dit : "N'aie pas peur mon Adèle.

"À demain."

Rachel est très fière d'Adèle et Adèle est transportée de joie.

Quant à Rachel, elle rappelle son italien

mais ne l'insulte pas.

Elle lui dit qu'il lui manque.

À sa grande surprise,

elle apprend que l'italien a perdu son travail,

qu'il a des problèmes d'argent

et qu'il n'a pas repris contact parce qu'il a eu peur de sa réaction

mais qu'il a très envie de la revoir.

Très envie de me revoir !

Tu te rends compte !

Rachel s'endort pleine d'espoir et Adèle pleine de désir.

C'est moi, Paul.

J'ai tellement attendu ce moment.

Moi aussi.

Qu'est-ce que tu fais ?

N'aie pas peur.

Je suis là.

Viens.

Enlève tes bas.

Tu veux bien enlever ta culotte ?

Fais-le.

Remonte un peu ta robe.

Je voudrais voir ton sexe.

Juste un peu.

S'il te plait.

Touche-toi.

Je peux pas, j'ai jamais fait ça.

C'est bien, continue.

- Allô Pierre ? - Adèle ?

Il faut que je vous voie tout de suite.

Venez, je vous attends.

Entrez vite, c'est un pavillon interdit aux filles.

Pierre, je suis dans une situation étrange.

J'ai rencontré quelqu'un et je crois qu'on a eu un coup de foudre.

Mais j'ai peur.

Jusque-là, il n'y a rien d'incroyable.

C'est difficile, les sentiments.

Mais là, c'est différent.

J'arrive pas à dire ce que c'est.

Je comprends pas ce qui se passe.

Vous voulez que je vous pose des questions ?

Oui.

- Comment s'appelle-t-il ? - Paul.

C'est avec lui que vous aviez RDV quand on s'est vus la dernière fois ?

Oui.

- Et ce jour-là, il est venu ? - Non.

- Il vous a donné une explication ? - Pas tout de suite.

- Et vous lui en avez voulu ? - Pas sur le moment.

Mais après, quand il vous a donné l'explication ?

J'étais folle de rage... Mais ça se voyait pas.

Et qu'est-ce que vous avez fait ?

Vous l'avez insulté ?

J'ai envoyé des messages d'insulte.

Mais quand vous l'avez insulte, il a fait pareil ?

Il m'a suppliée pour qu'on se revoie.

Vous l'avez revu ?

C'était agréable ?

C'était troublant ?

Vous vous êtes embrassés ?

Vous avez fait l'amour ?

Mais vous avez fait quelque chose.

Il vous a touché ?

Il vous a demandé de le faire ?

Vous l'avez fait ?

Ça vous a plu ?

Pierre. Quand j'ai enlevé le bandeau...

Il était parti et j'étais toute seule

à moitié nue dans le parc.

Vous aviez un bandeau ? C'était dans le parc ?

Pierre, j'ai tellement honte !

Vous n'avez pas à avoir honte.

C'est une situation très érotique, très excitante.

Vous vous abandonnez parce que vous faites confiance.

C'est pas grave alors ?

Non.

Vous avez raison. Il faut que je lui fasse plus confiance.

Mon amour, tu me manques...

C'est lui !

Regardez.

Il ne faut plus que j'aie peur. Il est diffèrent, c'est tout.

Ne vous emballez pas trop.

Vous savez comment on écrit

"mon amour, tu me manques" par texto ?

Vous voulez un verre d'eau ?

Non, non.

- Pas de biscuits, vous êtes sûre ? - Oui, ça va.

Mon amour, tu me manques. Pierre.

Pierre, vous êtes beaucoup trop jeune pour moi.

On ne pourra jamais rien vivre ensemble.

Merci, Pierre, je vais beaucoup mieux.

J'ai envie de faire l'amour avec toi.

Moi aussi, tellement.

Ça t'a plu l'autre fois ?

Oui, beaucoup.

Adèle, tu m'excites tellement.

- Je pense à toi tout le temps. - Moi aussi, tout le temps.

Adèle...

J'aimerais te demander une faveur mais je n'ose pas.

Si, vas-y, dis-moi.

Non. J'ai peur que tu te moques de moi.

Je ne suis pas comme ça. Quelle opinion as-tu de moi ?

J'aimerais que tu couches avec un autre homme

en pensant à moi.

C'est fait.

Je ne te crois pas, tu mens.

Je veux que tu le fasses vraiment.

Je ne peux pas. C'est avec toi que je veux coucher,

c'est toi que j'aime.

Tu ne m'aimes pas, je suis triste d'y avoir cru...

Allô, Jacques, c'est Adèle.

- Adèle, c'est bien vous ? - Jacques...

Il faut que je vous voie, je n'arrive pas à résister...

à l'appel de votre corps.

Je le savais, où êtes-vous ?

Au café du parc.

J'arrive !

Vite, ne restons pas là.

- Mais où allons-nous ? - Vous verrez !

- Stop, arrêtez ! - Mais pourquoi ?

Elle me regarde !

Voilà, tout est arrangé.

Enfin, Jacques, dépêchez-vous !

Ma cousine va arriver d'une minute à l'autre.

Vite !

Tenez.

Allez !

Merci beaucoup.

J'étais vraiment pas à mon meilleur.

Mais si, c'était très bien !

Je vous assure.

- Vous m'en voulez, c'est ça ? - Non, pas du tout.

Merci, au revoir.

Ça y est, je l'ai vraiment fait.

Comment pourrais-je te croire ? Tu m'as déjà menti une fois.

Quoi ?

Je n'ai plus confiance en toi.

C'est injuste. Je l'ai fait pour toi, par amour !

Je ne te crois pas.

Tu joues avec moi. Je ne veux plus jamais te voir.

Paul, je t'en supplie, crois-moi.

- Ça va ? - Oui.

- Vous étiez où ? - Chez moi.

- Tu as pense à moi ? - Je n'ai fait que ça.

- Qu'est-ce que tu fabriques ? - Rien du tout.

Je me sens pas très bien, je vais aller me coucher.

Déjà ? il est hyper tôt !

Tu veux pas diner ?

Alors je te crois, mon amour.

Je voudrais que tu le refasses avec lui devant moi.

Tu es si belle.

Je voudrais juste te voir une fois avant de t'avoir toute à moi.

Je sais que tu trouves cela étrange,

mais je le désire vraiment.

Alors d'accord Paul j'accepte

demain

même lieu

même homme

- Adèle... - Oui.

Aujourd'hui, c'était vraiment catastrophique.

Je tiens à m'excuser.

Je veux refaire l'amour avec vous. Au plus vite.

D'accord mais à une condition : c'est qu'on nous regarde.

Mais que va-t-on faire de l'enfant ?

Je m'occuperai de tout, à demain.

Adèle a tout préparé. Des gâteaux, du thé...

Elle a travaillé toute la matinée pour que le RDV se passe bien.

D'abord elle a contacté Pierre pour lui donner RDV au parc

sans lui dire que c'était pour garder l'enfant.

Elle a rappelé Jacques pour lui dire que tout était arrangé.

Et ensuite elle a prévenu Paul pour l'heure et le lieu du RDV.

Il lui a donné quelques recommandations

mais Adèle ne peut que reculer.

Elle est vraiment prête à tout

pour pouvoir vivre son amour avec Paul.

- Attendez-moi là. - Où allez-vous avec Louise ?

Faites-moi confiance, j'arrive.

Pierre, merci d'être venu.

- Vous avez l'air bien agitée. - J'ai couru.

J'ai besoin que vous gardiez la petite fille

pendant une heure environ.

Je reviendrai la chercher ici.

Mais Adèle je ne peux pas.

J'ai des choses à faire cet après-midi, je suis désolé.

Je vous en supplie. C'est une question de vie ou de mort.

Merci, Pierre. Merci beaucoup.

Jacques, arrêtez !

- Calmez-vous ! - J'aime quand vous me giflez.

Vous n'avez donc aucune dignité.

- Mais, qu'est-ce qu'on attend ? - Des instructions.

Mangez une part de gâteau en attendant.

Ça va, ça s'est bien passé, non ?

Cette mannequin est chiante, non ?

Épouvantable

- Mais toi, t'as été géniale. - Merci.

Vraiment. T'es une super assistante.

C'est mon bébé !

Qu'est-ce que vous faites avec lui ?

- Où est mon mari ? - C'est quoi, ce bordel ?

C'est Adèle qui m'a demandé de la garder.

- Elle est renvoyée depuis longtemps. - Quoi ?

Vite, dépêchez-vous. Il va arriver d'une minute à l'autre.

- Vite, déshabillez-vous ! - Écoutez, Adèle...

Je ne peux pas faire l'amour dans ces conditions.

Je ne suis qu'un homme.

C'est du délire !

Lâchez-la.

Bon, on va chez moi, c'est tout près.

Bandez-moi les yeux.

J'ai peur.

Je suis là.

Qu'est-ce que vous faites chez moi ?

Pardon ! Pardon, Rachel !

C'est odieux, dégueulasse !

Le RDV est une catastrophe.

Gladys est ulcérée, Jacques est effondré.

Rachel est consternée.

Pierre est bouleversé. Paul s'enfuit.

Adèle s'évanouît.

C'est un vrai salaud, ton mari.

Ta gueule, t'es virée !

Quoi ? Mais c'est injuste, j'ai rien fait !

Gladys !

J'arrive même pas à lui en vouloir.

Ça m'énerve, les filles sont trop prévisibles.

Même les plus surprenantes.

Ça sert à rien d'être respectueux, d'être à l'écoute.

La seule chose qui marche, c'est qu'on les flatte.

Qu'on leur dise qu'elles sont uniques.

C'est injuste parce que moi, j'arrive pas à faire ça.

C'est très bien comme ça.

De toute façon, ça c'est du vide.

Ça sert à rien, ça reste pas le vide.

Mais apparemment, ça laisse pas indiffèrent.

Je pourrai jamais avoir d'enfant.

J'ai eu une maladie grave quand j'étais petit

avec des traitements très lourd.

Maintenant mon sperme est pourri.

J'ai l'impression que je sers à rien.

Je m'en souviens même pas en plus,

j'étais trop petit.

Je sais pas pourquoi je vous raconte ça,

ça vous met mal à l'aise.

C'est vrai, je sais pas pourquoi.

Ça doit être parce que vous avez vu mon oeil,

alors vous vous dites : "Tiens elle a un problème."

Alors vous me confiez le vôtre.

C'est hyper spectaculaire, votre oeil.

Oui bon... Moi, c'est mon oeil qui est pourri,

vous, c'est votre sperme.

A chacun son boulet.

Cette jeune fille a eu un choc émotionnel.

Il s'est passé quelque chose de particulier ?

Non.

Vous l'avez trouvé comme ça ?

- On est chez qui ici ? - Chez moi.

En fait, je l'héberge. Adèle a eu une rupture amoureuse.

Elle aurait pu prendre des médicaments ?

Ah non.

Je vais lui donner une piqûre.

Il faut qu'elle prenne un peu d'air. Elle est livide, cette petite.

Un voyage, voilà ce qu'il faudrait.

Bien. Merci, docteur.

- Fermez vos yeux. - Pardon ?

Fermez vos yeux.

Vous n'avez jamais pensé à faire de la chirurgie pour votre oeil ?

Votre oeil ne se ferme pas, c'est pour ça qu'il est fatigué.

Vous devriez aller à l'hôpital Saint-Antoine,

on a un excellent service de chirurgie oculaire.

Voyez le Pr. Sarose.

Essayez, on ne sait jamais.

- Merci. - Au revoir, mademoiselle.

Pierre. il y a toujours une solution à tout.

Adèle est malade. Eh bien on va la soigner.

Mais pas en lui foutant des Dom Juans dans les pattes.

On va lui faire faire un voyage.

Adèle dort pendant 3 jours et 3 nuits

et se réveille le 4ème.

Elle ne sait plus trop où elle est.

Elle trouve une lettre au pied du lit.

"Tu es malade, mon petit chou, mais c'est pas grave.

"il te faut du temps pour panser ta blessure.

"On a tous une blessure.

"Tu m'as fait du bien, Adèle.

"Sans t'en rendre compte, tu m'as rendue meilleure.

"Aujourd'hui, je peux te le dire sans rougir :

"tu comptes beaucoup pour moi.

"Et c'est en amie que je t'envoie vers d'autres horizons.

"Alors fais ta vie, ma reine.

"Et n'aie pas peur."

Connard !

Bonjour.

Bonjour, madame.

Vous auriez une cigarette, s'il vous plait ?

Comment vous savez que je parle français ?

Parce que je vous ai déjà vue et je vous ai reconnue.

Vous habitez Paris.

Non, j'habite ici.

Non, je vous ai vue un jour à Paris.

Vous étiez au téléphone, vous pleuriez beaucoup.

Ça m'a marquée

parce que j'étais dans le même état que vous.

- Moi aussi, je voulais mourir. - J'ai jamais voulu mourir, moi.

Vous vous trompez, c'était pas moi.

Mais si c'était vous. Je m'en souviens.

Après vous avez crié sur un homme

parce qu'il vous regardait et vous l'avez frappé.

Ça m'a beaucoup impressionnée, j'aurais jamais osé faire ça.

Je vous ai admirée.

Qu'est-ce que vous faites ici ?

Je sais pas trop.

- Comment vous vous appelez ? - Adèle.

Adèle et la femme se rencontrent sur un mot, une délicatesse.

Adèle se souvient d'une histoire qui lui est arrivé

et elle raconte :

"Je me souviens très bien,

"c'était le lendemain de mon anniversaire.

"Je jouais à l'élastique dans le salon de mes parents.

"Je jouais seule comme toujours.

"J'avais accroché l'élastique à une chaise

"et l'autre bout à un guéridon sur lequel était posée une lampe

"à laquelle ma mère tenait beaucoup.

Quand ma mère a vu ça, elle m'a dit :

"Ça suffit maintenant, tu vas finir par casser ma lampe."

Et elle part.

Une fois partie, je décide d'obéir et j'arrête de jouer.

Et en enlevant délicatement l'élastique du guéridon,

la lampe tombe et se casse.

Quand elle est rentrée, elle m'a vue en pleurs.

Elle a vu la lampe. Je lui ai dit :

"C'est pas moi, c'est pas moi.

"Je te jure que j'avais arrêté de jouer."

Elle m'a pas crue, Et elle m'a frappée.

Mais, Adèle...

La lampe, vous l'avez cassée.

Vous l'avez pas fait exprès mais vous l'avez cassée.

C'est vrai.

Mathieu,

Je t'écris de New York.

Si j'ai fait ce voyage,

c'est un peu grâce à toi.

Aujourd'hui, je peux enfin te dire merci.

Adèle.

Adèle ?

Pierre ?

Vous avez changé, Adèle.

Vous aussi, Pierre, vous avez changé.

Non, Adèle, moi je suis resté le même.

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