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C'est un test d'étirement
pour mesurer
la force et l'élasticité des matériaux,
comme le caoutchouc.
Mais là , on teste quelque chose de différent :
le tissu d'un col d'utérus humain.
Le col est le passage entre l'utérus et le vagin.
Il bloque tout,
comme le passage du pénis.
Il assure d'autres fonctions,
comme empêcher le fœtus de descendre trop tôt.
L'utérus est comme un ballon.
Vous le gonflez d'air.
Il faut garder l'air dans l'utérus,
ou le bébé dans l'utérus,
et le col est le nœud qui garde l'utérus fermé.
En tant qu'ingénieure,
ce qui m'impressionne avec le col
c'est que chez une femme enceinte,
le tissu s'étire sans jamais se déchirer.
Ă€ neuf mois de grossesse,
le col est cinq fois plus extensible.
Quand il est aussi souple que la peau des lèvres,
il s'ouvre.
Vous le savez par expérience,
ou vous l'avez vu à la télé,
c'est souvent quand...
Mindy, tu viens de perdre les eaux.
Je perds les eaux.
Je baigne dans une flaque d'eau.
J'ai perdu les eaux.
T'inquiète, on en a au réfrigérateur.
Après la naissance,
cette matière très maniable
doit se remodeler et se réparer.
Je ne connais aucune autre matière
qui peut s'assouplir ou se remodeler aussi rapidement.
Le col de l'utérus est un miracle de l'anatomie et de l'ingénierie.
Mais ça ne rend pas l'accouchement moins terrorisant.
Je n'ai pas vraiment peur.
Je suis nerveuse.
Je suis vraiment nerveuse,
mais c'est parce que c'est mon premier,
je ne sais pas Ă quoi m'attendre.
Dans le monde, 250 bébés naissent chaque minute.
Ă€ l'hĂ´pital, Ă la maison,
avec des sages-femmes, des doulas, des médecins.
Parfois avec des antidouleurs,
parfois par césarienne,
ou d'autres technologies médicales.
Et d'autres, non.
Vous en êtes capable. Prête ? Inspirez profondément.
Et... poussez par le bas. C'est bien.
Deux, trois, quatre...
Mais l'accouchement tue encore plus de 800 femmes
chaque jour dans le monde.
Une enquête mondiale a révélé que
30 % des femmes voyaient l'accouchement comme traumatisant.
Je me souviens avoir fermé les yeux et être entrée en moi-même,
genre, au plus profond de moi
et m'être dit : "Je dois traverser ça."
J'ai été traumatisée pendant très longtemps.
Pourquoi est-il si difficile d'accoucher ?
Et que faire pour s'assurer une expérience sûre et simple ?
Les contractions du vrai travail
ont toujours un rythme défini.
Vous vous demandez
comment le bébé peut passer par cette petite ouverture.
Ne vous inquiétez pas, le col s'étire.
Les connaissances seules ne font pas un bon obstétricien.
C'est la vigilance.
Elle vous rappelle que vous avez deux vies
entre les mains.
Accouchement
La plupart des grands primates accouchent de la même façon.
La femelle porte le fœtus entre 30 et 40 semaines
puis le bébé sort par le canal utérin,
en général la tête en avant, en quelques heures.
Mais il y a une différence :
les humaines souffrent beaucoup plus.
Ce n'est pas comme si le bébé tombait,
chez les primates non humaines, comme dans un sketch.
Elles souffrent,
et pourtant, leur accouchement semble
bien plus simple que chez les humaines.
Le premier accouchement chez l'humain dure environ neuf heures,
voire souvent bien plus,
et seulement deux heures chez les guenons.
Mais une donnée sur l'accouchement
est plus dure Ă quantifier :
la douleur.
J'ai eu l'impression que le bas de mon corps
allait exploser et qu'un truc visqueux
allait gicler sur tous les murs de la pièce.
Comme une sorte de "mixeur de douleur"
dans lequel vous tournez sans arrĂŞt
sans savoir ce qu'il se passe.
On est déchirée en deux.
Tout devient rouge
et il y a cette alarme qui hurle.
J'avais l'impression de subir un exorcisme.
Les raisons des douleurs de l'accouchement
se trouvent dans l'anatomie et l'évolution.
Voici une théorie :
contrairement aux primates,
l'humain a évolué en bipède,
rendant le bassin plus complexe et étroit.
Notre cerveau est devenu plus gros que chez les autres primates,
tout comme la tête des bébés.
Les guenons poussent une petite tĂŞte par des hanches larges,
alors que nous devons passer un gros bébé dans un tunnel étroit.
Mais pourquoi notre anatomie n'a-t-elle pas continué à évoluer
pour faciliter l'accouchement ?
Pourquoi n'avons-nous pas évolué
en éliminant le transit douloureux ?
Ou en ne souffrant plus des ruptures amoureuses ?
La sélection naturelle se moque de la douleur, mais pas de la survie.
Malgré la douleur,
on continue à faire des bébés.
Ce qui marche, marche. Ce qui est suffisant suffit.
C'est très étroit.
C'est un travail pénible et très long.
Mais il marche.
C'est suffisant.
Alors, pour assurer la survie de notre espèce,
les femmes subissent encore l'accouchement douloureux.
- On y est presque. - Combien encore ?
Une poussée à la fois.
L'Ancien Testament dit :
"Tu enfanteras avec douleur,"
après qu'Eve a mangé le fruit défendu.
Et ce parchemin japonais du XIIe siècle
montre la naissance comme si mortelle
qu'elle attire les mauvais esprits cherchant les ĂŞtres presque morts.
Beaucoup de cultures ont cherché
comment protéger et soulager les futures mères,
avec des rituels et le soutien de leurs proches.
Les femmes ont essayé d'apaiser la douleur
avec l'opium et le haschich en Méditerranée,
ou l'écorce de saule dans la Grèce antique,
Ă la chimie semblable Ă l'aspirine.
Les scientifiques ont créé des outils et technologies
pour agir si le bébé est coincé.
Grâce aux progrès médicaux,
l'accouchement devient moins fatal.
Et l'une des plus grandes avancées
a été la césarienne.
La césarienne a été créée il y a des milliers d'années.
Référencée dans presque toutes les cultures anciennes,
elle servait à sauver le bébé
si la mère risquait de mourir en couches.
L'une des premières césariennes
à laquelle la mère a survécu
a été pratiquée en Afrique du Sud en 1826,
par le chirurgien britannique James Barry,
né femme sous le nom de Margaret Bulkley.
Cela n'a été découvert qu'après sa mort.
À la même époque,
un missionnaire a vu des médecins ougandais
faire des césariennes.
Il a parlé d'une opération
où la mère et le bébé ont survécu.
L'anesthésie n'existant pas, la femme a bu une grande quantité de vin de banane.
Au XXe siècle,
toutes les femmes survivaient grâce aux césariennes.
Puis les technologies d'accouchement ont commencé à décoller.
C'est le début des échographies
indiquant la durée et l'avancée du travail.
Pour un travail ne progressant pas assez vite,
ils ont développé un médicament pour l'accélérer
appelé Pitocin,
une forme synthétique de l'ocytocine.
Cette hormone naturelle
envahit le corps des femmes en trois occasions :
l'orgasme, l'allaitement et l'accouchement.
Le Pitocin est si efficace que les déclenchements étaient programmés
dès que la date était dépassée d'une semaine,
pour apporter des certitudes sur un événement imprévisible.
L'arrivée de la médecine dans les accouchements
est liée à l'émergence de l'obstétrique
comme profession médicale.
L'accouchement a longtemps été pratiqué sans médecin,
par les sages-femmes.
Les femmes se formaient
par l'expérience et l'observation.
Puis en 1700, en Europe, des écoles de sages-femmes ont ouvert
avec des formations officielles.
Et les immigrés européens arrivés
en Amérique au siècle suivant
ont apporté ces compétences
en s'installant dans le nord.
Tandis que dans le sud,
les esclaves noires devaient faire naître et s'occuper des bébés blancs
et étaient arrachées à leur famille.
Et elles travaillèrent comme sages-femmes
bien après la fin de l'esclavage.
On les surnommait "grand-mères sages-femmes."
Elles étaient souvent les plus âgées de la communauté
et elles avaient eu des enfants,
elles étaient respectées au sein de leur communauté.
Mais à partir de 1900, les médecins
ont évincé les sages-femmes,
avec un argument convaincant.
La naissance semble simple,
pratiquée depuis des siècles,
Mais c'est en réalité un événement pathologique
nécessitant une intervention médicale.
Comme pour l'épisiotomie par exemple.
Souvent, l'ouverture du vagin se déchire en accouchant.
Dans les années 1920, les médecins
ont décidé de couper l'ouverture eux-mêmes.
L'idée était que
recoudre serait plus simple.
Et il s'est avéré que l'épisiotomie
aggrave la déchirure.
À la même époque,
les médecins occidentaux prescrivent de nouveaux antalgiques,
suite à une tendance née en Allemagne
appelée "demi-sommeil provoqué".
C'était un mélange de narcotiques :
la scopolamine et la morphine.
C'était très controversé car très dangereux.
Beaucoup de femmes ayant subi un demi-sommeil provoqué
ont rejoint le mouvement des suffragettes.
Leur argument était que les femmes
avaient le droit d'accoucher sans douleur.
Mais les médicaments n'éliminaient pas la douleur,
juste le souvenir de la douleur.
Les femmes se débattaient et hurlaient pendant l'accouchement.
Elles étaient cagoulées
ou placées dans des lits-cages pour accoucher.
L'expérience de la naissance différait
selon votre pays, votre classe sociale
et votre couleur de peau.
Une théorie prétend que plus une race ou une culture est civilisée,
plus les femmes vivent des accouchements difficiles.
Donc, l'anesthésie était nécessaire pour s'assurer qu'elles y parviendraient.
Les femmes ouvrières, de couleur,
les immigrées, aucun problème.
Le bébé sortait sans peine.
Mais les femmes plus civilisées de la classe supérieure
avaient besoin d'aide.
Ce stéréotype persiste, c'est pourquoi les femmes noires au Royaume-Uni
risquent cinq fois plus de mourir en couches que les blanches.
Aux États-Unis, c'est trois fois plus,
car les disparités portent aussi sur les revenus.
Le problème, c'est qu'on ne les écoute pas.
Quand elles disent "j'ai mal",
on constate le stéréotype des femmes de couleur
disant qu'elles ne souffrent pas vraiment.
Dans les années 50,
peu de femmes noires avaient des antalgiques,
mĂŞme en cas de besoin,
et les femmes blanches disaient
être surmédicalisées.
En 1958, le Ladies Home Journal publie une enquĂŞte,
"la cruauté dans les maternités",
relatant les abus vécus par les femmes à l'hôpital.
Une femme écrit :
"On vous oblige à prendre des médicaments
et on vous attache comme un animal."
Les femmes commencent à réagir à ce qu'elles pensent être
une expérience absolument atroce de l'accouchement.
Elles sont en colère et pensent avoir raté
ce qui devait ĂŞtre le plus beau moment de leur vie.
Et, d'une certaine manière, on le perd
dans le processus d'accouchement médicalisé.
L'une des voix les plus influentes du mouvement
était Ina May Gaskin,
une sage-femme devenue militante.
Dans son livre Spiritual Midwifery, datant de 1975,
elle dit que lorsqu'une femme
"peut accoucher sans médicament ni intervention",
la naissance est "une expérience spirituelle qu'il faut vivre
dans un cadre sûr et confortable."
Beaucoup de hippies étaient impliquées
dans le mouvement d'accouchement naturel,
mais il y avait aussi des femmes au foyer de classe moyenne,
des personnes de tous les bords politiques
qui pensaient : "Je n'ai pas besoin d'être sonnée
pour accoucher. Je peux le faire."
À cette époque, il y avait un nouveau médicament :
la péridurale.
On découvre qu'injecter l'anesthésiant
dans un point précis de la colonne, appelé "espace épidural",
empĂŞche les signaux de douleur d'atteindre le cerveau.
La moitié inférieure du corps de la femme
s'engourdit en quelques minutes,
tandis qu'elle reste alerte.
C'était super.
Vraiment bien.
Aucun regret sur la péridurale.
Je ne sentais plus le bas de mon corps.
Et j'ai su Ă ce moment
que c'était l'un des meilleurs choix de ma vie.
J'étais...
L'Organisation Mondiale de la Santé dit que la péridurale est sûre
durant l'accouchement.
Mais une moitié de votre corps est inerte, donc...
La phase de poussée est plus longue
de 20 minutes en moyenne.
Vous n'avez plus le contrĂ´le de votre vessie
et il est plus difficile de marcher par la suite.
Une autre intervention médicale est populaire :
la césarienne.
Près d'un cinquième des bébés dans le monde naissent ainsi,
deux fois plus qu'en 2000.
Dans certains pays, c'est près de la moitié des naissances,
comme en Égypte, en République Dominicaine
et au Brésil, où le taux global est de 55 %.
Mais dans les cliniques,
où les médecins sont payés au service,
et non Ă l'heure, le taux est de 83 %.
Une étude a noté :
"Le gain de temps en raccourcissant le travail
peut pousser les obstétriciens à choisir la césarienne."
Alors que le taux de mortalité maternelle
est plus bas dans les pays favorisant la césarienne,
ce n'est vrai que si le taux de césariennes est inférieur à 19 %.
Au-delà , il n'y a pas de différence,
ce qui indique que la césarienne n'est pas nécessaire.
Les femmes subissant une césarienne
risquent des complications lors des prochaines grossesses,
comme une fausse couche ou un enfant mort-né.
Selon les adeptes du naturel, les césariennes inutiles
sont dues au dérèglement du rythme de travail des femmes,
un concept connu comme la "cascade d'interventions".
J'ai "consenti" à cette césarienne d'urgence
en raison de la souffrance fœtale
et du monitoring fœtal.
On voit une évolution du rythme cardiaque du bébé
surtout après une péridurale.
Et les péridurales succèdent souvent au Pitocin, car...
En augmentant la dose,
j'ai commencé à avoir des contractions très douloureuses.
Le Pitocin peut aider quand le col
ne s'ouvre pas assez vite.
Ils ont augmenté mon Pitocin,
parce que j'avais dépassé le terme
et le travail ne commençait pas.
Une fois déclenchée, la technologie prend le relais.
Mais la théorie de la cascade d'interventions pose un problème.
Dans un vaste essai, les chercheurs ont noté...
Les femmes déclenchées
ne sont pas plus susceptibles de subir une césarienne.
On déclenche probablement plus que nécessaire,
mais il n'y a pas d'inconvénient majeur.
Mais les changements de dernière minute
peuvent affecter la santé mentale de la mère.
Une étude a montré que lors d'une césarienne imprévue,
plus de femmes souffrent
de dépression et de syndrome post-traumatique.
Dans son best-seller de 2004, Ina May Gaskin écrit
que les longs accouchements
peuvent être dus à "un manque d'intimité ou à la peur."
Elle l'appelle "la loi du sphincter",
et dit que le col est comme un sphincter
et que "le sphincter réagit mal aux ordres."
Imaginez que vous êtes dans des toilettes publiques pour déféquer
et que quelqu'un ouvre la porte,
ou qu'il y a un gros bruit.
Le sphincter se bloque.
Imaginez-vous essayer de pousser un bébé de votre vagin.
Vous tentez de vous détendre, de respirer...
La peur aura un gros impact
sur votre capacité à le faire.
L'idée que la peur complique l'accouchement
a été énoncée par Fernand Lamaze, un obstétricien français,
dans les années 50.
Il a popularisé la méthode psycho-prophylactique,
aujourd'hui appelée Méthode Lamaze,
avec des techniques pour accoucher sans douleur, sans peur, sans médicament.
Ce sont des techniques de respiration,
des positions de travail, des massages.
Dans son livre, il écrit
qu'on "ne soigne pas la douleur de l'accouchement
avec des médicaments",
mais qu'il faut arrĂŞter d'avoir peur de la douleur.
Mais les femmes choisissent ou refusent les antalgiques
pour des raisons complexes.
Au Japon, 6 % de femmes demandent la péridurale
car les attentes culturelles
imposent de souffrir en accouchant.
Et tandis que 70 % des Américaines choisissent la péridurale,
30 % décident de faire sans.
Quand j'ai dit Ă ma famille que je voulais accoucher naturellement,
ils m'ont dit : "Tu n'y arriveras pas."
Et j'ai dit : "Non, je dois le faire,
car je ne veux pas entendre le contraire."
J'avais cette fascination bizarre de la sensation,
et je voulais savoir ce que ça serait.
Aujourd'hui je me dis : "Pourquoi je ne l'ai pas prise ?"
Je ne sais pas pourquoi je ne voulais pas de péridurale.
Les recherches montrent qu'être détendue
peut avoir un impact sur le travail
comme le clament les adeptes de l'accouchement naturel.
Beaucoup de muscles du haut du col se contractent,
c'est ce qui nous a fait dire :
"C'est peut-ĂŞtre un sphincter."
Et ça a changé notre perception du travail
pour comprendre le déroulement de l'accouchement,
car lors d'un accouchement précoce,
le col s'ouvre prématurément
comme un sphincter qui se relâche trop tôt.
Mais pourquoi une patiente plutĂ´t qu'une autre,
on ne le sait pas.
La mécanique joue un rôle important dans la grossesse.
J'ai besoin d'un ingénieur pour comprendre la résistance du tissu.
On peut créer des scénarios "et si".
Et si la patiente a un col court ?
Son col s'ouvrira-t-il si le bébé bouge,
ou en cas de petite contraction ?
Le col peut-il supporter la charge de la grossesse ?
On devrait le savoir.
On traite des cancers...
On devrait mieux comprendre la grossesse.
C'est pourquoi il reste tant d'informations contradictoires
sur l'accouchement.
Et certaines sont tenaces.
Ce sont ces forums
qui plantent la graine.
Comme le fait que la péridurale soit de la triche,
et que la meilleure façon d'avancer
est d'accoucher sans aucune aide médicale.
Je pense que parfois, les voix du mouvement
se poussent vers un choix en particulier.
PlutĂ´t que de dire :
"Donnons aux gens les moyens de choisir",
ils disent : "Donnons-leur ces choix-lĂ ."
Quand j'ai su que ma fille
allait devoir arriver par césarienne,
j'ai pris ça comme un échec.
J'ai eu l'impression de ne pas avoir réussi à faire
ce que je voulais.
Les défenseurs de l'accouchement naturel peuvent être critiqués
pour exagérer l'impact négatif de l'aide médicale
mais leurs arguments ont amélioré
l'accouchement pour beaucoup.
Dans les années 70, le Royaume-Uni comptait plus de 50 % d'épisiotomies,
parfois sans l'accord de la patiente.
Mais il y a eu un revers
contre les "coupures de naissance".
Sheila Kitzinger, sage-femme et activiste britannique, a mené une enquête.
Elle a noté que l'épisiotomie provoquait une douleur durable
par rapport aux autres procédures,
et qu'une déchirure naturelle entraînait moins de douleur.
Une étude a été menée et a conclu, trois ans plus tard,
qu'il n'existait pas de "preuve
soutenant les bénéfices de l'épisiotomie."
D'autres recherches le confirment
et en 2012, les épisiotomies au Royaume-Uni
ne représentaient plus que 15 %.
Et l'accouchement naturel
fait revivre l'un des soutiens les plus anciens lors du travail,
la présence d'une doula.
Une doula n'est ni médecin, ni sage-femme,
c'est un coach en accouchement
soutenant la future maman
et s'assurant que ses désirs
sont respectés par le médecin.
Tu es forte. Regarde-toi.
Des études confirment que la présence d'une doula
"réduit le besoin d'interventions",
avec une baisse de 51 % des césariennes.
Je pense que c'est agréable d'avoir quelqu'un dans la pièce
pour dire "C'est normal.
Tout va bien.
Tout va bien se passer."
Je pense que cette partie du travail peut faire peur.
Presque, ma chérie.
On y est presque.
Et le message sous-jacent du mouvement pour l'accouchement naturel
résonne encore dans le monde entier,
qu'une femme peut faire ses choix
selon ce qui est le mieux pour elle.
J'ai décidé d'accoucher naturellement
parce qu'Ă l'hĂ´pital,
les femmes noires sont beaucoup trop
ignorées.
J'ai assisté à une seule naissance,
celle d'une amie qui a accouché
sans médicament ni intervention
mais Ă l'hĂ´pital,
ce qui me semblait être l'idéal.
Mon projet de naissance était d'aller à l'hôpital,
d'écouter les médecins et de revenir avec un bébé en bonne santé.
C'était 100 % de mon plan.
Il n'existe aucun moyen de prédire le déroulement d'un accouchement,
ou quelles interventions seront nécessaires
car chaque femme est différente.
Et chaque bébé est complètement différent.
Le bébé était retourné,
c'est un genre de douleur
bien pire que la douleur normale.
Je suis devenue bleue,
il y avait du sang partout.
Ils m'ont donné du Pitocin
sans péridurale,
et j'ai eu une épisiotomie,
et j'étais en état de choc.
Je ne savais pas
que ça serait si dur.
J'étais très nerveuse.
Je sais à quel point le tissu s'étire,
j'ai fait confiance aux médecins.
Pour mon premier enfant, l'expérience m'a submergée.
L'accouchement de mon deuxième enfant a été une expérience très idyllique.
Avec beaucoup de sang.
Je ne vais pas mentir.
Je suis en colère,
et j'ai encore un travail à faire, cinq ans après.
Et pourtant, en même temps, c'était incroyable et merveilleux.
Je considère ma césarienne comme un accouchement naturel.
Pour moi, rien de ce qu'un humain fait
n'est artificiel ou surnaturel.
"Naturel" est la seule autre option.
J'avais peur de la douleur
et j'ai eu une péridurale.
Je me suis dit : "C'est ridicule.
Je rate quelque chose.
J'aurais pu le faire."
J'étais en colère contre moi-même
et j'avais honte d'avoir cédé.
Elles n'ont pas Ă avoir honte
parce qu'elles font encore un gros travail,
qui est de donner la vie.
Faire grandir un humain, et mettre cet humain au monde,
peu importe l'accouchement...
Neuf et dix. Magnifique. Respire profondément !
...c'est un exploit.
On s'y remet. PrĂŞte ?
Pousse vers le bas !
- Allez, encore un peu. - PrĂŞte ? On y est.
- Allons-y. - PrĂŞte ?
Un, deux, trois...
Maintenant !
Ouvre les yeux !
Regarde ton bébé.
Ouvre les yeux.
Oh, mon Dieu.
Félicitations, maman.
Mon bébé !
Ça en vaut la peine, non ?
Regarde-le !
Il est si petit !
D'accord.
VoilĂ .
Bienvenue dans ce monde, mon chéri.
Daysha, tu as réussi !
Sous-titres : Céline Thorin
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