All language subtitles for Un homme de trop (Constantin Costa-Gavras, 1967) FRA

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Original subtitles

(-Va placer tes hommes.)

(Faites vite!)

(Tout est pr�t?)

(-Presque.)

(-A vos places, bon Dieu.)

- Hoffer! Hoffer!

- Obersturmf�hrer...

- Les condamn�s � mort ne sont pas l�?!

- Non, Obersturmf�hrer...

- Saloperie de verts. - Ta gueule!

(-Tiens-le, bon Dieu.)

(-C'est un vieux mec.)

- A vos ordres, Obersturmf�hrer!

(-Il y en a encore un qui arrive.)

- Tsst, tsst...

(-�a marche.) (-Tire. Mais tire!)

(-Jean, c'est pr�t.)

(-Allez, sors de l�.)

(Mets en marche la voiture.)

(Allez, poussez.)

(Tirez-vous!)

- Tirez! Tirez sur le projecteur!

- Garde-le, il peut servir.

- Attention, planquez-vous.

- De ce c�t�, Thomas et son groupe sont rep�rables.

Couvrez-les.

- Thomas, c'est � nous. - Allons-y, allez.

Allez, allez.

Vite.

- Allez, par l�.

L�, c'est bon. Par l�.

Philippe, vas-y.

- Et lui? - Tu l'emm�nes.

- Allez, avance!

- Paco... - On entend une mitrailleuse.

- Tu viens ou pas? - Je fais comme pr�vu.

- Balance �a. Et tu t'assommes apr�s.

- Nous, c'est le rouge. Allez, c'est celle-l�.

Vous avez une minute pour l'ouvrir.

- Attends! Laisse, je casse.

- A la 2e explosion, fais signe au camion de venir.

- Attends. Voil�.

- Vous faites de foutus soldats.

- Il est tr�s bien, lui.

- �a y est.

- On est l�. Il faut prendre ce chemin-l�.

Allez.

- Oh, le con!

- Que fais-tu l�?

- J'aime mieux aller avec vous. C'est quoi, �a?

- Une grenade!

- Celle-l� est bidon!

- T'as rien? - Rien.

- Allez! Allons-y!

Ma grenade...

- Baisse-toi, bon Dieu!

Philippe, baisse-toi!

Paco, par l�!

Paco!

- Les prisonniers!

- Colonel Guers? - Nous sommes tous l�!

- Pourquoi tous ensemble?

- On ouvre les autres cellules?

- L�gion Condor?

- La barre � mine!

La barre � mine! - Elle est dans le camion.

- Bon, les fusils! Eloignez-vous, on va tirer!

Regardez les autres cellules.

Alors, Philippe!

- Voil� quelqu'un.

- Tirons-nous!

- Pourquoi tous dans 2 cellules?

- On nous y a mis quand vous avez attaqu�.

- C'est mes grenades.

- Occupe-toi des prisonniers. Thomas t'attend l�-haut.

- Ils m'ont pass� les pieds au chalumeau.

- Pas vous, M. le cur�. Vous restez ici.

- On les rel�che pas, eux? - �a nous regarde pas.

- Tu grouilles, avec tes fum�es?

- Couvrez-nous.

- Encore lui?

- Tire-lui dans le bide. - Avec sa gueule?

- Non, attends. Hop.

�a fait pas de mal et puis �a occupe.

(-Allez-y, descendez.)

(Vite! Vite!)

- Tu fous quoi?

- Le Chleuh arrive, ouvre, �a tombe et �a explose.

- Vicieux, va.

Ils ont r�ussi!

D�crochez!

- Nous, on reste arm�s.

- D�crochez!

- On fera diversion!

- Par ici! Avec moi!

- Jean, tout va?

- Tout, sauf le retard.

- Octave avait oubli� sa barre � mine...

- Ils sont pas faits pour �a.

- Il y en a assez qui le sont. Le chauffeur est mort.

- Attention!

- Qu'est-ce qui se passe? - Arr�te!

- Une patrouille allemande.

- Ils vont nous bloquer la sortie de la ville.

- Si vous attaquiez?

- On peut pas risquer leurs vies. - Allons d'o� ils viennent.

- Passons devant la caserne.

- Filons � pied. - Il y a un plan de secours!

- Allons-y.

- Les lib�r�s sont au complet? - Oui.

- Vous pouviez pas arriver � l'heure?

On va chez moi. Et ma femme est pas au courant.

�a va faire une histoire.

- Avec les femmes, pour les disputes, y a qu'un truc:

s'expliquer au lit.

- Que personne ne sorte. Place les sentinelles

et occupe-toi des 12 gars de la prison.

- Vous allez ameuter les voisins.

- Mets-toi face � la sortie.

- Vous y �tes, l�.

- O� sont les plans de la ville?

- On reste la journ�e ici et on repart cette nuit?

- J'en sais, rien, avec tous ces Chleuhs.

Paco, prends Philippe et suis-moi.

On d�cide au fur et � mesure.

- Faut soigner mon bless�. - Je m'en occupe.

- Moi aussi! - Un seul suffit!

- Il a eu peur. Au lieu de rester, il nous a suivis.

On n'a pas pu ramener son corps.

- Il va falloir pr�venir sa famille pour qu'elle se cache.

Ma femme... Des amis.

Ils ont un bless�.

- Il a les pieds br�l�s. Vous auriez de la pommade?

- Ma s�ur vous donnera ce qu'il faut.

Micheline?

Tenez. Vous allez faire peur aux enfants.

- Alors l�, la prison, ma maison...

Initialement, vous deviez sortir par l�.

Venez par ici, vous.

Tenez. Essuyez-vous.

Les enfants dorment.

L�, c'est la chambre des petits.

Ils vont surveiller la rue, si...

De la fen�tre, on voit tr�s bien la rue.

La fen�tre l�. Viens, toi.

Du balcon, on peut voir toute la rue.

Ici, c'est la chambre des moyens. L�, celle des grands. C'est l�.

- Vous avez beaucoup d'enfants. - 9. S'ils se r�veillaient...

Te montre pas, surtout. - Non, non.

- Vous avez r�veill� tout le monde.

- Qui �tes-vous? C'est vous, l'a�n�e?

- Non. L'a�n�, c'est papa.

- C'est pas l�, c'est plus haut.

- Ben, tant mieux.

- Je vous fais attendre.

Je m�riterais une fess�e, hein?

Surtout plac�e comme �a.

- La fess�e, ce sera pour plus tard.

- Je passe mon bac cette ann�e. - Moi aussi.

- Dans un dr�le de coll�ge. - �a n'emp�che pas.

- Vous devez �tre fort en gymnastique.

Un camion allemand.

- Hein?

Un camion! Paco!

Un camion allemand! - Retourne � ta place!

- J'ai la pommade!

- Groubac, la lumi�re! - C'est parti.

- Il y a une patrouille.

- Une patrouille.

- Il y a pire. Il y a 13 lib�r�s. - Quoi?

Paco, va � la fen�tre.

- On a lib�r� 13 hommes. - C'est formidable.

- Et impossible de dire qui est le 13e.

- C'est un mouchard.

- Alors on est foutus.

Et il a tout vu. Ma maison, la cour!

(-Chut.) (-Mes enfants.)

- Il va nous tomber dessus...

- C'est mon oncle Emile. Il travaille au barrage.

Il a un �metteur. Il envoie des messages � Londres.

- Et vous dites �a comme �a? - Tout le monde le sait.

- J'ai failli... J'ai failli...

- Leur tomber dessus.

- Oui. Il y en a partout. La ville est cern�e.

- Cern�e, d�j�?

- Hier, vous parliez de 100 soldats.

- Multipliez par 5.

- Il fallait nous le dire hier.

- Oui! - Il fallait sortir,

pas lambiner! - Je ne vous permets pas!

- Tentez une sortie.

Dans 2 heures, ils seront 2 000, ratisseront partout

et vous trouveront.

Ils ont des m�thodes. C'est pour �a qu'ils ont gagn� la guerre.

- Pas encore. - N'emp�che qu'ils sont partout.

De Norv�ge en Sicile...

- On sait, t'�nerve pas.

Qu'est-ce que tu nous proposes?

- Vous allez prendre le car de la centrale du barrage.

Il emm�ne les ouvriers.

Mais il y a que 27 ouvriers. Vous �tes 32.

- 33. - Comment?

20 plus 12.

- 13. - On avait bien pr�cis�!

Que les 12 condamn�s � mort!

Pas les autres d�tenus!

- Il y en a un 13e qui s'est faufil� parmi les 12.

- Probablement un mouton. - Supprimez-le!

- On sait pas qui c'est.

- Je vais le trouver.

- Vous n'allez pas le tuer ici?

Ma femme va �tre furieuse!

Mais t'es fou, Emile! "Supprimez, supprimez"...

Tu remets �a, toi, hein?

- Je reviens. - Oui.

- 2 bonnes s�urs p�dalent en danseuse.

- En danseuse? Ce sont elles. Venez.

- Paco, on s'en va. - Elles vont vous conduire.

- Allez, on s'en va. - On s'en va d�j�?

- Groubac, on s'en va!

La femme rit.

- T'arrives toujours au bon moment.

- La guerre te coupe pas l'app�tit de �a.

- Si c'�tait le cas, il n'y aurait plus de guerres.

- Un des n�tres.

Bougez pas.

Celui-l� est de notre groupe aussi.

Celui du coin, je ne le connais pas.

Mais il a �t� tortur�. On ne les conna�t pas tous,

avec leur syst�me. Surtout ceux qui op�rent en ville.

L�, en face, Lanel, professeur.

Lui, c'est Vatzky, un responsable de Paris.

Il a �t� pris dans la r�gion. Donn�.

Maquis d'Ussel. Celui-l�, je ne le connais pas.

Lui non plus.

Vous les avez tous vus.

- H�, Ouf, la pommade pour ton bless�.

- Alors? - Rien.

Il faut les interroger un par un.

- Si c'est un mouchard, on est faits � la 1 re patrouille.

- Et il a tout vu.

- Il faut savoir qui c'est.

- C'est moi. Vous n'aviez pas pr�vu de me lib�rer.

- Vous n'avez rien dit. - Vous ne m'avez rien demand�.

- Maintenant, on peut partir.

- Je peux m'en aller. - Il se fout de vous.

- Mais pas du tout, c'est...

- �a va. Retournez avec les autres.

- Si vous voulez pas de moi, je m'en vais.

- Il fait l'imb�cile. - Il faut le surveiller.

- Lecocq!

- Oui, Jean.

- Kerk?

Surveille ce type.

T'as ton couteau? - Toujours.

- Reste derri�re lui. S'il fuit, s'il crie, tu l'abats.

- Je vais fermer la grille.

- Qu'est-ce que tu fais l�? Veux-tu aller te coucher?

- Une mitraillette � chaque coin.

- Sous le bras, � cause de l'Espagnol.

- Paco et Philippe, derri�re. Personne ne tire avant moi.

Mon colonel, vous resterez ici.

On vous cachera en ville.

Choisissez les 5 plus indispensables pour la R�sistance.

On tente une sortie difficile.

- La camionnette ouvre le chemin.

Je conduirai les autres au couvent.

- Aucun danger, au couvent?

- Dans celui-l�, aucun.

- En effet.

- Attention, on s'arr�te!

Crissement de pneus et protestations

Ne bougez pas. Plus un mot!

- Silence, bon Dieu!

Taisez-vous! Asseyez-vous!

- Il va se tirer!

- Non! J'ai failli tomber.

- Chut!

- On les a sem�s, mais il faut faire vite.

- On vous laisse aussi le bless�.

On manque de docteurs, l�-haut.

- On s'en occupera. Dieu l'aidera.

- �a m'�tonnerait. - Il est juif.

- En temps de guerre, Il ferme les yeux.

- Il devrait les ouvrir. Il en verrait, des choses.

- Allez-y, passez dans le car.

- Vous mettez tous des bleus.

- Asseyez-vous l�.

- Fais d�barbouiller les gars.

- Mets-toi l�, toi.

- D�p�chez-vous. D�barbouillez-vous.

Toi, Florent, tu peux toujours te frotter.

- Pour quoi? Te ressembler?

- Au revoir, mon colonel. Et merci. - A bient�t.

- Planquez les armes.

- Mais gardez-les pas loin. Et les ouvriers?

- Ils n'ont rien vu, rien entendu.

- Dans 15 min, on s'inqui�te car on ne t'a pas vu.

Dans 30 minutes, on pr�vient la direction allemande.

- Et les barrages?

Et les barrages?

- J'ai un laissez-passer collectif pour 27 ouvriers. �a doit marcher.

Evidemment, s'ils demandent vos papiers personnels,

il faut leur tirer dessus.

Et l�, adieu Berthe.

- Culott�, votre plan.

- Oui, hein?

- On a une chance de passer?

- Pratiquement pas.

Il y aura des diversions

au moment o� on va passer, �a pourrait marcher.

Ils ont l'air bien gamins, vos gars.

Oubliez pas que vous allez au boulot. Faut faire la gueule, sinon...

- Aucun danger

de ce c�t�.

- Attention, attention, les gars!

Il y a du Fridolin dans l'air.

Attention, il y en aura pour tout le monde.

- Personne ne bouge avant moi.

(-Planque ton flingue.)

- Attention, papa. Tu bouges trop.

- Tu le laisses faire tout seul? - Oui.

- Mon bahut peut rester l�?

Ce sont les ouvriers que j'am�ne tous les matins au barrage.

- Tu te souviens � Barcelone? - Oui.

- Voil� le laissez-passer. Tout est en r�gle.

Et l'heure...

C'est mes ouvriers.

- Il en fait trop.

- Et la diversion en ville?

- Tous les matins...

- Merde, ma pastille.

- D�gagez les ponts!

- La diversion est arriv�e au poil.

- D�gagez les ponts, vite!

- On est sauv�s, mais j'ai eu chaud aux noisettes!

- Salut.

- Cazal a bien calcul� son coup.

- Il a fait la guerre d'Espagne.

- Si t'avais ton violon,

on ferait un bel orchestre. On pourrait danser.

- Ma musique, �a peut pas se danser.

- Ces saloperies d'espadrilles ne tiennent plus.

- �a fait plaisir d'�tre � la campagne! - Merci, Cazal.

- Je m'en vais aussi. - Vous restez avec nous.

Allez... Ne le quitte pas.

- Je lui bande les yeux? - Non. Pas la peine.

- Dis donc, qui c'est, ce type-l�?

- C'est du boulot pour Kerk.

- Faut se m�fier des �trangers.

- Quand Jean est arriv� au camp, il disait rien.

Et on a appris qu'il venait de Londres.

- Quelle pointure tu chausses?

- Je sais pas.

- C'est des bottes allemandes? - Ben, oui.

- T'�tais en prison avec des bottes allemandes?

- Et alors?

- Allez, allez.

- Groubac, continue l'histoire de ta bonne femme.

- "Une longue chevelure blonde,

"comme une longue crini�re,

"toute nue dans la rivi�re,

"se penche sur l'eau,

"et se donne un baiser.

"Je suis poisson et je la regarde.

"Vent, et je la caresse.

"Eau, et je l'embrasse...

"partout.

"Les deux mains sur les hanches,

"les seins point�s vers le haut comme dans une pri�re,

"les hanches..."

- "Douces..." - "Rondes, comme la Terre est ronde,

"et grandes comme elle."

- "Le ventre..."

- "Dur, profond et souple comme la mer.

"Comme une dune de sable chaud."

- "Sur laquelle on se roulerait comme des dingues."

- Ho! Ta gueule!

Vous g�chez tout.

On commen�ait � voir des anges et tu nous parles de putes.

- On s'arr�te ici.

Florent, va voir si on n'a pas de la visite.

Les autres, installez-vous. On attend ici.

- Il t'a parl�?

- Il m'a demand� ce qu'on allait faire de lui.

Il m'a demand� o� on l'emmenait.

- Quoi, encore? - C'est tout.

Il est pas rassur�.

- Il regarde partout.

- Toujours le b�guin? - Ils se font la gueule.

- Les femmes, il faut les faire rire.

- Il vaut mieux les faire rougir.

- Tu peux pas lui foutre la paix? - Ho, h�!

- Je voudrais �tre s�r qu'elle pense � moi.

- Oui, elle pense � toi, dans le lit d'un autre.

- Fous-lui la paix.

La prochaine op�ration, c'est l'attaque de la Perception.

Action combin�e. Tous les maquis.

Tu pourras peut-�tre la voir. - Ferme-la!

- La Perception? C'est dr�le. - Non. C'est utile!

- C'est dr�le aussi, non?

- Je crois que c'est un paysan.

- T'as vu ses mains?

- Elles blanchissent, en prison.

- Il a d� y rester longtemps.

Et on lui a donn� des bottes allemandes.

- On verra tout �a l�-haut.

- Les gars! Des bolets!

- Avec des �ufs, c'est formidable!

- Il n'y en a pas, ici. C'est des rodophiles livides.

Tout ce qu'il y a de mortel.

- Rodophiles livides...

Florent, tu restes de garde!

Je t'envoie Paco.

- Le premier arriv� aura double portion!

Et m�me triple portion!

De nouilles!

- Il faut le nettoyer. - On tombe de sommeil.

- Apr�s.

Tu pr�pares � manger.

- Corv�e d'eau!

- C'est pas ici qu'on aura une indigestion.

- Ni la v�role.

- On en a pas assez, depuis hier?

- Il faut r�gler le cas du type.

- Dis � Hardy de faire son feu dans la grange.

A cause des avions.

On s'occupera de lui apr�s.

- Florent! L'avion!

- L'avion!

- C'est un avion d'observation.

Il va vers Mende. Il finira par nous rep�rer.

- Viens.

Viens ici!

- Regarde le salaud!

- Qu'est-ce qui vous prend?

Il peut pas me voir. Il est beaucoup trop loin.

C'est pas possible. Il pouvait pas me voir. Il �tait trop haut.

- Dis-nous qui tu es. - Et ce que tu faisais en prison.

Avec des bottes de nazis.

- Ben, j'attendais.

- Quoi?

- J'attendais le matin.

On attend toujours le matin, en prison.

- Depuis quand?

- Deux nuits.

- C'est �a. Et tu savais qu'on allait venir.

- Pourquoi on t'a condamn�?

- On m'a pris sans papiers.

- C'est pas assez pour la mort.

- Et aussi � cause des bottes.

- Il a r�ponse � tout. - Me croyez pas...

- Depuis quand t'as pas de papiers?

- Je sais pas. Depuis la d�b�cle.

- Il se fout de nous.

Et les bottes, tu les as piqu�es sur un cadavre allemand?

- Non. A un Allemand qui se baignait.

- Et apr�s?

- Dans la montagne, je suis tomb� sur une patrouille...

- Qui t'a pris pour un h�ros.

- Je tuerais pas pour des bottes.

- Ta religion t'en emp�che?

- La religion... - Que faisais-tu

dans la montagne? - Je vivais chez les paysans.

- Et t'es jamais tomb� sur un maquisard? - Non.

- Mais tu sais o� ils sont. Et tu te retrouves en prison avec eux.

- Je suis pas un indicateur. La guerre, �a m'int�resse pas.

- Bonne excuse.

- C'est pas parce que vous faites la guerre, que...

- T'as pas le droit de faire �a!

- Tu m�langes sentiments et s�curit�!

- Mais arr�tez!

- T'as pas le droit!

- Excusez-moi pour votre �tui.

�a me fait mal, quand on me tire les cheveux.

- �a suffit!

Ouf, reste avec lui.

Vous n'allez pas vous battre, non?

C'est inadmissible de se d�grader comme �a.

- C'est pas des m�thodes. - Vous voyez pas son jeu?

- Il a rendu le revolver. - C'est malin.

On compromet la s�curit� du groupe.

- Rien n'est prouv�.

- Ce type-l� nous cache quelque chose.

- Il faut �tre vigilant.

- Et s'il est innocent?

Rappelle-toi le fermier et le pharmacien.

Tu crois vraiment qu'ils �taient coupables?

- Arr�te de me sortir �a!

Arr�te de critiquer les d�cisions du pass�!

C'est de l'intellectualisme!

- Qu'est-ce qui se passe?

- Ils n'arrivent pas � se mettre d'accord.

- Ton nom?

- Tenez.

Vos amis en ville pourront vous renseigner.

Ils vous raconteront.

- �a ne prouve rien et il gagne du temps.

- Parce que tu sais qu'on a des amis en ville?

- Vous n'�tes rien sans eux.

- Le motard arrive.

- Louis Robert, c'est presque un nom de guerre.

- J'aurais d� me faire soldat...

- De quel c�t�?

- Peu importe. La guerre ne m'int�resse pas.

- C'est faux. On est pour ou contre les Boches.

- Je suis contre personne. Je veux juste vivre tranquille.

Loin des excit�s. Avec leurs armes et leurs id�es.

- Il parle de nous!

- De vous, des Allemands, des Am�ricains...

Vous voulez tous du bien � l'humanit� que vous exterminez.

- Il a raison. - Tu te mets contre nous, maintenant?

- C'est absurde.

- Je ne veux aucun malentendu entre nous.

Je vais demander une enqu�te.

Si c'est un ennemi...

- On discutera encore. - Non! On le liquidera.

Et c'est toi qui t'en chargeras.

- Si c'est un ennemi.

- Ou si le Q.G. l'ordonne.

- D'accord, Paul.

- L'op�ration est avanc�e. - Quand?

- Venez chercher les instructions.

- Jean, en selle. - Mes affaires.

- Les avions m'ont retard�.

- Pour le type, je veux une enqu�te rapide.

- D'accord, Paul.

- Va surveiller le type, toi!

Va dire aux hommes de se reposer.

T'es menuisier?

- Je fais un peu de tout.

- Laisse tomber. Va te reposer.

- Qui? Moi? - Oui.

- Le mouchard viendra pas avec cette pur�e.

- Ils nous apporteront � manger? - Des clous.

- J'ai connu un homme qui en mangeait.

- De couleur? - Non. C'�tait dans une foire.

- Il les dig�rait? - Il est mort. Chut!

- Toujours tes histoires racistes.

- Bouge pas.

Alors, p�p�!

On court le guilledou?

- Tu m'as fait peur, toi.

T'es pas d'ici, toi. - Non. Je suis suisse.

- Je me disais aussi que t'avais un petit air colonial.

- Non. Par l�, p�p�.

- Non. Je vais par l�. - Non. Il y a trop de brouillard.

- Sois s�rieux. - Non, non. Par l�, p�p�.

- Merde! Mon prisonnier!

Oh, la vache!

Mon prisonnier s'est tir�!

- Qu'est-ce qui t'arrive?

- Oh, la vache!

Aidez-moi au lieu de me regarder!

T'as vu mon prisonnier? - Non.

- Quoi? - Mon prisonnier...

- Abruti!

- T'as pas vu mon prisonnier?

T'amuse pas � ce jeu-l�!

Ici, c'est comme � l'�cole. Il faut demander.

- Tu vois? Il aurait pu s'enfuir.

- Peut-�tre.

- Il aurait pu nous trahir.

- Faudra qu'on sache ce qu'il a dans le ventre.

Un bon homme, il faut 20 ans pour le faire. Il faut pas le g�cher.

Tant que c'est pas indispensable.

- J'arrive pas � dessiner son nez.

- Oh! Mais c'est le mas de Berel.

- C'est qui, lui?

- Il dit qu'il est cultivateur.

- �a manque de berg�res, ici.

- �a marche encore, p�p�?

- C'est un vrai moulin, ici!

- Les sentiers sont � tout le monde.

- Pendant des mois,

on voit personne...

- On va t'ausculter.

- Ne me pousse pas comme �a, blanc-bec.

- Ils se connaissent. - Ils sont de la m�me r�gion.

- Ou ils ont le m�me patron. - Un vieux comme �a?

- Le bon Dieu a dit de respecter les vieux.

- On peut Lui faire dire ce qu'on veut.

- Pourquoi vous me traitez comme un moins que rien?

- Assieds-toi. Comment tu t'appelles?

- Passevin.

Jules-Ferdinand.

Mais on m'appelle Henri. - Pourquoi?

- Parce qu'on me confond avec mon fr�re que j'aime pas.

- O� habites-tu?

- A Villepont.

Tout le monde me conna�t, l�-bas.

- Pourquoi t'es venu par ici?

- J'allais chez mon fr�re.

Il va crever.

D'habitude, je prends le car.

Mais ces messieurs l'ont supprim�, alors j'ai pris le raccourci.

C'est le seul passage.

Vous le savez bien, vous le gardez.

J'ai d�j� dit tout �a � votre militaire.

Le Suisse.

Je sais pas comment me faire comprendre.

Il y a jamais eu d'ivrognes, chez nous.

C'est pas vrai, �a!

- On est pr�ts � vous croire.

- Je peux partir? - Non.

- Oh...

Bon...

On peut dire que je suis bien tomb�.

- Est-ce que tu sais o� tu es tomb�?

- Pardi.

Dans un maquis.

- Et c'est quoi? - Des rebelles.

Enfin, des rebelles...

De l'ordre nouveau, quoi.

Les patriotes, quoi.

Je les connais. Je les ai vus quand ils ont d�sarm� les gendarmes.

C'�tait pas vous. Ah non, je vous aurais remis.

- T'as une bonne m�moire.

- C'est pas parce qu'on a pass� la soixantaine que...

La t�te et les jambes, �a marche.

C'est solide.

Vous croyez pas que je suis Passevin de Villepont

et que je vais voir Prosper, mon fumier de fr�re?

- On v�rifiera.

- Et apr�s, je pourrai partir?

- Non. - Mais je suis pour la R�sistance!

Quand les Allemands sont venus, je les ai trait�s de salauds.

D'assassins. - T'as pas pu leur dire �a.

- Non. Mais je l'ai pens�.

Et ils savaient que je le pensais.

Je suis pour le maquis. - Mais t'es pas rassur� avec nous?

- Non. Enfin, si.

Si. Mais mettez-vous � ma place.

- Qu'est-ce qui arrive si tu dis en ville que t'as rencontr� le maquis?

- Je dirai rien. - Juste pour causer.

�a remonte aux Allemands, ils rappliquent...

- Je dirai rien du tout. Je suis un pacifiste, moi.

Enfin, sauf en temps de guerre,

bien s�r.

- Tu parles en dormant? - Non.

- Et puis un bon petit coup, de temps en temps,

�a se refuse pas. - Ah, un bon petit coup...

- Tu vois?

- Je boirai que de l'eau jusqu'� la fin de la guerre.

- De toute fa�on, t'es bien, l�.

- Je vais rester avec vous tout le temps?

- Le temps de changer de camp.

- L'op�ration est pour demain.

C'est qui, ce vieux?

- Un emmerdeur. - Un nouveau maquisard.

- Et �a?

- Les Anglais nous l'ont parachut�.

Fais quand m�me gaffe, il est peut-�tre charg�.

C'est quoi, ce maquisard?

- Je suis pas maquisard.

Je suis un p�p�, moi.

- Il y a pas d'�ge pour servir la patrie.

- F�lix. Sp�cialiste en coffres-forts.

Condamn� � mort par les SS.

Il nous sera pr�cieux demain.

Pour l'homme de la prison, ils se renseignent.

S'il nous encombre, on a carte blanche.

- On attendra leur d�cision. - Mais...

- C'est une sorte de canon.

- Qu'est-ce que je vais faire, ici?

- Vous ferez la cuisine.

- J'aurai pas un fusil?

- Vous voulez faire la guerre?

- J'ai bien fait l'autre!

Et en uniforme, encore.

- Non! Coup de canon

- Putain! Qui a fait �a?

- Et tu peux pas me dire comment vous avez fait?

- Non.

- Avec un fusil de chasse, tu projettes des bouteilles d'essence?

- On t'a d�j� dit que tu bouffais salement?

- Oui, mon ch�ri. Toi.

- Et tu t'es pas lav�?

- Seuls les gens sales se lavent.

- Les fris�s te suivront � l'odeur. �a, c'est Pradel.

L�, la place, la Perception, la gendarmerie. Bien foutu, non?

- Tu vois? On y va demain. C'est Pradel, �a.

Tu vas la voir.

- C'est l�, la gendarmerie? - Oui.

- L�, j'ai connu une veuve rondouillarde avec des yeux...

Elle avait un gros pif.

- Toujours des cochonneries. - Non. Des tendresses.

- Arr�te, avec ton pipeau.

- Florent a une id�e.

On creuse un tunnel. Les Allemands arrivent, personne.

Ils se tirent, on ressort. �a se fait en Afrique.

- Quel Chinois.

- Le sol est rocailleux.

Pour demain, on a la partie la plus d�licate de l'op�ration.

Le Q.G. nous trouve efficaces.

- Le Q.G. vous transmet ses f�licitations pour la prison de Sarlande.

- Les Allemands nous cherchent � Sarlande.

�a nous donne 2 heures d'avance pour op�rer � Pradel.

L'op�ration nous procurera l'argent n�cessaire

pour que nos maquis

se mettent � l'abri. Tous les maquis participent.

Les copains surveilleront les routes et stopperont la centrale �lectrique.

- Je veux dire...

- Qu'allez-vous faire de moi?

- Ils nous laisseront partir.

Enfin... moi.

- Vous viendrez avec nous.

- Tr�s bien.

- Jean, � toi.

- Voil� o� �a m�ne, la sensiblerie.

C'est une op�ration �clair.

Plus on est rapide, plus on �vitera l'ennemi.

Chacun aura une responsabilit�.

Deux d'entre vous resteront en observateurs pr�s de la ville.

Les camions entreront dans la ville. Notre objectif

est �conomique.

- De la fen�tre de l'�cole, tu vois toute la vall�e!

- Allez, vas-y.

- Moot, surveille le gendarme!

- Il y a personne.

- Cassez tout! �a leur fera un alibi pour les Allemands!

- Ma femme! - Mais non.

- Qu'est-ce que tu fous l�? Va-t'en!

- Haut les mains!

Sacr� Maurice! Toujours l�! - C'est pas Maurice.

- Haut les mains!

- Allez, vous autres!

Les armes!

�a suffit comme �a. Mets-les dehors.

Il n'y a plus personne?

- Plus personne ici.

- Faites le tour pour voir s'il y a personne!

- Je suis Titus. Je suis grill�. Emmenez-moi de force.

- Descendez, allez!

- Voil� le brigadier!

- Il n'y a plus personne. - Tous en bas.

- Allez. Allez.

Allez, allez, allez!

- Mets-le avec les autres.

Vous pouvez y aller.

- Allons-y, Lecocq a d� couper le t�l�phone.

- Voil�. On a tout coup�.

- Il faut tout casser.

- Des propres � rien.

- On peut pas casser, il faut appeler la Perception.

- L'interurbain n'est pas d�branch�.

Il y a une ligne directe avec Sarlande.

- Sarlande? Passez-moi la gestapo.

Ici, milice de Pradel.

Des terroristes viennent d'arriver en ville.

All�? lls viennent de couper l'�lectricit�!

- Il doute de rien, le p�p�, l�.

- Restez l�. Si vous sortez, ils vous bousillent.

- Il faut peut-�tre surveiller un peu derri�re, aussi.

- Merde! C'est coup�.

- Toi, surveille l'entr�e.

- Personne ne bouge!

Les hommes, debout sur les chaises.

- Bougez pas! - Va voir derri�re.

On vous veut pas de mal.

Le maquis barre les routes, la gendarmerie est neutralis�e.

- C'est scandaleux!

- C'est vous, le directeur? - Depuis 10 ans!

- All�, la poste? Passez-moi la milice.

La milice!

Ici la Perception.

Comment �a, il y a un os?

Comment?

Le maquis?

- C'est toi, Lecocq?

C'est moi, Tepart.

Oui. Tout va.

Comment?

Voil�, c'est fait.

Une autre?

- On n'est pas des voleurs.

La R�sistance a besoin d'argent. Il servira � vous lib�rer.

- J'ai la poste. - Reste en contact.

Vous avez plus d'un million en caisse.

O� est cet argent?

- Dans les coffres. - O� sont les coffres?

- Ne bougez pas, je reviens.

- Feuille d'imp�ts? Gardez votre argent.

Au suivant.

Pas d'argent. Suivant.

- H�! Faut pas rester ici!

- T'as de bien grands cheveux.

- C'est pour mieux nous cacher. - Pauvre France.

- Ben merde. Il n'y a plus personne.

- Je vais vous faire un re�u.

- Quelle valeur lui donner?

- Vous le pr�senterez aux autorit�s de la France libre.

- Mettez-les avec les autres!

Ne bougez pas jusqu'� mon retour!

- Dis-leur de faire comme pr�vu.

- Lecocq? Restez � vos places.

- L'argent! - Ouf, l'argent!

C'est un tireur isol�.

- Viens. Viens, petit.

Viens plus pr�s.

- Ce salaud se tire. - Laisse.

Mais non, il se tire pas.

T'as vu?

- Allons-y en �ventail! Nous, par la gauche!

- Attention, Jean!

Planque-toi!

- C'est grave? - Oui, je crois.

- Venez m'aider!

- Il est pas mort. Je vous le balance.

- Il �tait pas tout seul!

- Mais si, s�rement.

- Il t'a rien fait. - Fous-moi la paix!

- Qu'est-ce qu'on en fait?

- On l'emm�ne.

C'est grave?

- C'est juste la cuisse.

- Trouve un toubib. Et le fric? - Il est l�. Tiens.

- Il faut respecter le plan.

- Il est bless�. - Chaque seconde compte!

Les Boches sont � moins d'une heure!

Les autres maquis vont quitter leur position!

- Tu m'emmerdes!

- Lucien!

Laissez-le! L�chez-le!

Laissez-le-moi!

- Il manquait plus que �a.

- Sois raisonnable. - Retourne � ton poste.

On part d�s que le toubib est l�.

- Il �tait malade.

Il �tait en convalescence.

S'il vous pla�t! Il n'a que 20 ans.

- L'autre aussi, a 20 ans.

- Fallait y penser avant!

- Alors?

- Soyez pr�ts � partir. Que font-ils?

- Ils coupent le courant.

- Arrange-toi pour emmener le 5e.

Allez, va les aider!

- Je ne permets pas que de sales gaullistes me touchent.

- Embarquez-le. On l'emm�ne.

- Vous n'avez pas le droit!

- Docteur, sauvez mon fils.

Piti�. Piti�.

- Mais faites-la taire!

- Assassins!

- Tais-toi, maman. Je t'en supplie, tais-toi.

- Merci, vieux.

- Il faut l'op�rer. - O�?

- A l'h�pital. - Quoi?

Les SS vont arriver. - Il sera mort ce soir.

- Venez avec nous. - Impossible.

On m'a enlev� d'un accouchement difficile.

Mais lui, vous pouvez le laisser.

- Pas question. - Ah... Tenez.

Pour calmer sa douleur. Quelqu'un sait faire les piq�res?

- Moi.

- A la fesse. Pas trop � la fois, �a l'ach�verait.

- En route! - Ce serait un service � lui rendre.

- Attention. La vieille s'accroche.

- Elle se d�crochera.

- �a y est. Elle est d�croch�e.

- Ho, Florent! �a va?

- Oui, oui. �a va.

- �a y est, ils arrivent.

- On s'en va.

- Groubac et Martin sont partis. - O�?

- Groubac est all� se soulager.

- Groubac conna�t une veuve.

- Les salauds, ils en ont profit�.

- C'est des enfants, pas des salauds.

- Alors, petit p�re?

Tiens.

Je t'ai trouv� un violon pour te refaire les doigts.

Dis pas de conneries.

- Je vais les attendre. Kerk et Paco, avec moi.

Allez!

- T'es fou! - Allez, filez!

- Dans 2 min, tous les barrages. sont l�ch�s!

- Oublie pas la poste et l'�cole. - Je te laisse Florent.

C'est plus prudent.

- Voil� Groubac.

- Vous partiez sans moi!

- Et ta veuve? - Elle est remari�e.

J'ai r�cup�r� ma balle. - On en reparlera.

- Les voil�, on s'en va.

Viens, petit.

C'est un nouveau, il vient avec nous.

- Julien! - Mon p�re!

- Julien!

Pense � ta m�re!

- Florent, on s'en va!

- Florent, tu restes!

Cazal passe te prendre.

En cas de danger, tu vas le pr�venir.

Allez! - Julien!

Tu me paieras �a, Julien!

T'es un propre � rien! Tu ne feras jamais rien!

- Qu'est-ce qu'ils foutent?

- Il faut desserrer le garrot de temps en temps.

- Ils ont l'air ballot, les gendarmes.

- C'est rien. C'est l'�lectricit� qu'on r�tablit.

- Grouille-toi! Les Allemands!

Les Allemands arrivent!

- Grouille-toi, Martin!

Allez, monte, salaud!

Combien ils sont? - Tout un convoi.

- Allez, fonce! - Ils sont nombreux.

- Il y en a d'autres par ici.

- Retourne. On passera par le nord.

- Voil� les Boches!

- On l'a eu! - C'�tait l'avant-garde. A droite!

Tourne � droite!

- Il est touch�!

- Les Allemands...

- Il est bless�!

- Le corps bloque les p�dales. Aidez-moi!

- Il a rien le vieux. L�ve-toi de l�, bon Dieu!

Pr�parez vos armes!

- Aide-moi.

- Attention,

p�p�!

- Tourne � gauche! A gauche, par l�!

- Eh ben dis donc. Tepart, occupe-toi de Martin.

- Fais couper des branches pour les brancards.

- C'�tait juste.

- H�! Des brancards.

- On n'est plus fait pour ces jeux-l�, p�p�. On vieillit.

- Toi aussi, petit, tu vieillis.

Mais tu le sais pas encore.

- Il faut remettre le mort aux siens.

- Ils vont �tre ravis.

- F�lix?

Viens m'aider.

- Camouflez le camion.

- On a rat� avec les flics quand ils �taient bien align�s.

- Certains travaillent pour la R�sistance.

- Un flic est un flic. Et moi, les flics...

- Mets-la en veilleuse.

- Je ne suis pas communiste.

- Ici, on est contre les Boches.

Prenez les sacs.

C'est mieux? - Oui.

- Je vais au Q.G.

- Pars pas tout seul. - Florent!

Double les sentinelles.

S'ils attaquent, on sera aux 1 res loges.

Pour Philippe, il n'y a rien � faire.

Je t�cherai de chercher un m�decin.

Bouscule pas le type. Il s'est bien comport�.

- Et les sanctions contre Groubac et Martin?

- Rien. - Quoi?

- On coupe pas la patte � un �ne parce qu'il a fait un faux pas.

- Il faudra qu'on en reparle.

- Salut, Forez. - Salut.

- Des nouveaux.

- Comment �a s'est pass�?

- J'ai un bless�. Le toubib est l�?

- Non. Il dirige le maquis du sud.

Viens, on t'attend.

- En ce qui concerne notre plateau,

l'ennemi consid�re que c'est le fer de lance de la R�sistance.

Tous les renseignements concordent.

Les Boches pr�parent un ratissage de la r�gion.

Notre point faible:

l'acc�s du plateau.

Et �a, c'est votre passage, Cazal.

Que proposez-vous?

- Il faut le miner.

Si le passage saute, le mat�riel des Boches ne passera plus.

- En 2 heures, ils auront r�tabli le passage.

- Et on aura disparu.

- A quoi sert mon groupe?

- Vous �tes o�?

- Au hameau abandonn�. - Va chez Cazal.

�a doublera les effectifs pour le passage.

- Et nous, alors?

- C'est tr�s simple: on s'�loigne

et on se met hors de port�e. - Absolument.

Parfois, la victoire est dans la fuite.

- Le mouchard.

- Ou on adopte la tactique de la gu�rilla.

- Et mon type?

- On essaie d'avoir des renseignements en ville.

Mais on est occup�s.

- Je peux pas le garder ind�finiment.

C'est ta fille?

- Oui. Jeanne!

- Je croyais que les Chleuhs...

- Elle a saut� du train. - Comme Groubac.

- Le mouchard va chez toi.

- Attention, planquez-vous!

- C'est un Fieseler Storch.

- T'as appris � couper les cheveux? - Pas vraiment appris.

- On peut le descendre.

- �a va pas? Planque-toi.

- Pourquoi on leur tire jamais dessus?

- Mettez-le l�.

- Tout seul? - Et lui?

Tu surveilles plus le type?

- Il a fait la piq�re � Philippe.

- Va les aider.

Ouf, viens!

C'est pas toi qui fais les piq�res?

- Il les fait mieux que moi Et Philippe, c'est mon pote.

- Bon, alors? Ouf!

- Il faudra la br�ler avant de s'en servir.

- Eh ben, dis donc.

- Tu t'y connais?

- Mon cousin, oui. - Mon oncle aussi.

- Mon cousin est n� avec 3 pattes.

- L'avion! - Bouge pas!

- Amenez-le � la lumi�re.

- Les gars!

- Bouge pas!

- Posez-le l�.

Bouge pas. Voil�.

- Qu'est-ce qui se passe? - Courage.

On va t'enlever la balle.

- Pas besoin qu'on me tienne.

Pourquoi on attend pas Cazal? Il trouvera un toubib.

- Il fera quoi de mieux?

J'ai mon badge de secouriste.

- C'est quoi?

- Un dipl�me. Chez les scouts.

- Je connais.

Un petit rond avec une croix rouge.

- Ben, c'est tr�s s�rieux.

- Tiens.

Comme le jour o� j'ai sorti ma 1 re gonzesse.

J'en ai aval� une bouteille.

- Ben, vas-y!

- Belle?

- Terrible.

Oh, t'as jamais vu �a... - Le l�che pas.

- Des cuisses... de pouliche.

- C'est le plus important.

- Moi, ma Sophie... - Laisse-le finir.

Et ses nichons? - Terribles.

Elle en avait deux.

Elle �tait toute jeune. 35 berges.

- Alors? Tu l'as grimp�e?

- �a rentre pas.

- Alors? Tu y arrives?

- Excuse... Encore un petit coup et c'est fini.

- Alors? Tu l'as saut�e? - Rien, je te dis.

J'avais bu un bon coup de calva pour avoir l'air rigolo.

Et j'ai rien pu faire. Peau de balle.

- Tu y arrives, cette fois?

- Il y a plus que la balle

� retirer. - Rien que �a?

- Qui t'a permis? - Il a mal.

- Et alors? - Salaud.

- Fous le camp. - Salaud!

- Tu y arrives? - Comment je peux l'attraper?

- Les tenailles,

�a rentrera jamais.

- Il faudrait une pince � �piler. - Et un bistouri, de l'alcool,

et 2 infirmi�res. - Nues sous la blouse.

- �a saigne, les gars.

- Mais non.

C'est rien du tout. C'est rien.

- Merci.

Alors...

- Je l'ai. - Formidable.

- La bouteille!

- Il faut d�sinfecter.

- Dis, attends un peu.

- Mais il a raison. �a va arr�ter le sang.

- Du tabac, �a l'arr�tera.

- Courage. - On va pas gaspiller le tabac!

- Il va boire toute la bouteille.

- Viens, on va am�liorer �a.

- Allez, fais-la, ta piq�re, va.

- Et le toubib? - Il y en a pas.

La ch�vre, c'est pour le d�ner. Le veau, pour demain. On sera nombreux.

Rassemble-les tous. On va au passage. Le maquis de Rey se replie avec nous.

J'ai aussi 50 kg de plastic. On va miner le passage.

Rassemble tous les hommes. - Il faut surveiller les deux.

- Il a l'air gentil. - Il faut s'en m�fier.

- Hue! Hue!

Elle a pas explos�. On la renvoie � l'exp�diteur.

- Eh ben, mon vieux...

Voil� une t�te qui m'est pas inconnue.

- C'est possible. - Vous �tes de Saint-Jean?

- J'y suis peut-�tre pass�.

- A Saint-Jean, il y avait un type que les gendarmes cherchaient.

C'�tait en 39. - Que cherchaient les gendarmes?

- Un type qui disait que la Terre �tait pourrie comme une pomme,

� cause des militaires et des cur�s.

"lls font peut-�tre pas les saloperies", il disait,

"mais ils les laissent faire."

- Forc�ment, ils l'ont mis en taule.

- On peut rien obtenir d'un type comme �a.

C'�tait pas toi, non?

- Dis donc! Elle p�se son poids!

Elle p�se 2 tonnes, cette salope.

- Vaut mieux faire la bombe que la transporter.

- Vas-y doucement.

Doucement, quoi! Doucement!

- Avance, la grosse.

- Arr�te!

On met la bombe ici, un peu de plastic...

qui la balance en l'air

et puis vlan! �a explose. �a bloquera le passage.

- C'est bien. Il faut qu'elle saute avec tout le reste.

- C'est faisable. - On reliera son c�ble � la dynamo.

- Groubac!

Si elle tombe: adieu, Berthe.

- Elle est pas d�samorc�e? - Mais si, mais si.

- Oh... Ils auront un peu chaud.

- C'est moi. Tirez pas!

- Pr�cis�ment. - Pas devant les hommes.

- Tirez pas! - Continuez.

C'�tait une erreur.

Approche!

Tu tires toujours aussi mal. Ils vous respecteront jamais

si vous faites �a.

- Il nous espionne. - M. Cazal!

- Attention, vous d�terrez les c�bles.

- M. Cazal! - Oui.

- Philippe va mal. Il veut vous voir.

- Je viens. - Tu vois pourquoi il est venu?

- N'emp�che qu'il a tout vu.

Quand vous aurez fini,

creusez un trou. - Un ou deux? Il a tout vu.

- Un pour le milicien. On r�glera �a ce soir.

- On n'attend pas l'aube?

- A quoi bon? Avec sa blessure, un peu plus t�t, un peu plus tard...

Pas de feu dehors.

Reste l�.

- Paul, viens... Je me sens comme dans un brouillard.

- Le toubib viendra demain, Philippe.

- Dis, Paul...

tu ne mens jamais, toi. M�me quand ce n'est pas bon.

Dis, ma blessure est mauvaise, hein?

- Elle est pas bonne, mais j'ai vu pire.

Te fatigue pas.

Il faut dormir.

- Je veux pas dormir.

J'ai peur.

J'ai encore rien eu.

Je n'ai encore jamais rien eu.

Tu sais... Tu sais, Paul...

J'ai...

Je n'ai encore jamais dormi une nuit enti�re avec une fille.

J'ai encore jamais vu la mer.

- Quand on aura mis les Chleuhs dehors, on les aura toutes.

- Une seule me suffit.

Tu sais, Paul...

j'en connais une qui a de beaux bras,

comme des jets d'eau. Elle aimait bien que je lui dise �a.

Elle aimait bien que je dise �a.

- Je suis s�r qu'elle t'attend.

Un gars comme toi, on l'oublie jamais.

- J'ai envie de pleurer, mais je ne peux pas.

- Les gars! �a sent le m�choui!

- Ils ont l'air d'avoir des choses � se dire.

- C'est une Maxim.

Comme en 14. �a a pas chang�.

- Papa Krupp l'a perfectionn�e, p�p�. 600 coups/minute.

- Mon fr�re en reviendrait pas.

Depuis 14, il a une balle de ce machin dans le poumon.

- Il est mort?

- Oui, Jean.

Il y a un bon moment.

- Il disait qu'on devait pardonner � ses ennemis.

- "Pardonner"!

Apr�s les avoir tu�s, comme dit Kerk.

- Eh oui! Une belle phrase et une belle id�e.

- Tu ne dis rien aux hommes?

- J'ai peur qu'ils sautent sur le milicien.

- C'est pas ce salaud qui cr�verait. - Vous allez pas me tuer!

- Qu'est-ce que tu fous l�, toi?

- On m'a mis ici.

Ne me tuez pas. Je ferai tout ce que vous voulez.

- Fallait pas choisir la milice.

- C'est pas ma faute. J'avais 19 ans.

On me parlait de la France, de la r�volution nationale

qui la sauverait du communisme.

A 19 ans...

- D'autres ont choisi l'autre camp.

- On leur a parl� aussi de la France.

Mais vous tuez pas les prisonniers, vous.

- �a y est, le trou. - Quoi? D�j�?

Assez profond? Qu'aux premi�res pluies...

- Avec les racines, �a fera corps.

- Alors? Je l'emm�ne?

- Demain.

- Pourquoi? �a vous prenait comme une envie...

Philippe... Non!

- Va avec lui.

- Je peux vous rendre service.

Je connais bien la milice, les chefs.

- On va te garder prisonnier ailleurs.

Un endroit expr�s. - Merci.

- Salaud!

Il a tu� Philippe.

Salaud! Fumier!

- Vous m'avez promis!

- Je t'ai rien promis.

Salaud!

- Ne fais pas �a ici!

- Si! Ici!

Eloignez-vous!

Ecartez-vous! Mais �cartez-vous!

- Kerk, non! - Ne me tuez pas!

Pleurs de douleur du milicien

- On va pas le laisser comme �a.

- Maman...

Maman...

- Kerk!

Qu'est-ce que tu as fait? - Philippe est mort � cause...

- Va te laver la figure.

Allez, foutez le camp, vous.

- Quel g�chis! - Il est lourd!

- On bouffe bien, dans la milice. - Pauvre gosse.

- Lui ou Philippe? - Philippe, lui et les autres.

- Ouf! - Oui!

- N'oublie pas de dire une pri�re. - Ouais.

- Encore Philippe, on le regrettera.

- Et les bottes? Elles ne lui servent plus � rien.

- Les bottes... Les tueries...

- Dis quelque chose aux hommes. Psychologiquement,

la mort du milicien n'a servi � rien.

- Voil�...

C'est le premier mort de notre groupe.

Il y en aura d'autres. Beaucoup d'autres jusqu'� la lib�ration.

Ceux qui d�clenchent les guerres n'imaginent pas

que certains meurent pour ne pas �tre esclaves.

Adieu, Philippe.

On va essayer de te venger

sans se faire assassins.

Sans que notre violence ressemble � celle de l'ennemi.

- L'avion! Tout le monde sous les arbres!

- H�! P�p�, planque-toi.

- Il est pas haut.

- Planque-toi. Allez, viens. - H�, l�! Doucement! Doucement!

- C'est la r�ponse pour votre prisonnier.

- Une moto!

- Le maquis de Rey est encercl�.

Partez imm�diatement. - Thomas, les hommes.

- Rassemblement!

- Les autres maquis sont en route.

On va tenter de les lib�rer.

- Prenez le maximum de munitions.

Groubac! On s'en va.

- Vous permettez?

- Vous ne prenez pas vos armes? - Jamais d'arme, mademoiselle.

- C'est vous, le... - Vous �tes tr�s jolie.

- Pourquoi ne pas combattre les Allemands?

- On ne me reproche plus d'�tre avec eux? - De ne pas �tre contre eux.

- C'est le baroud? - J'esp�re.

Laissez tout ce qui pourrait vous identifier.

Paco, tu viens. Envoie Moot au passage.

- Ils ont assez de munitions pour tenir le coup.

- C'est un droit commun. - Par les cr�tes,

il faut 3 heures. Il faut pas perdre une minute.

- Va dire � Forez qu'on arrive.

- Alors? - Faut r�gler �a.

- C'est un ordre. Allez.

- On ex�cute et on s'en lave les mains?

- Ceux qui donnent des ordres voient l'avenir.

- Ton amour pour les hommes, c'est toujours pour demain.

- On attaque pas par le pont-levis mais par le soupirail...

- C'est fini, les paraboles?

- Un droit commun, c'est n'importe quoi. - C'est � toi de r�gler �a.

- Oui, Paul. - Pas la Maxim.

Prends le FM.

Toi, reste ici. - Vous me mettez au rancart?

- T'es responsable du camp.

- Un camp vide. - Il y a le bless� et le b�tail.

Tiens! Te voil� maquisard.

- Ce truc date de Louis XIV.

- Passe par la rivi�re.

On passe par la for�t � cause des avions.

- Donne-moi ton revolver.

- Il faut le faire. Ce type est condamn� par la situation.

- Ce qui est terrible, c'est qu'on n'a pas de col�re contre lui.

- On me la charge, mon arquebuse?

- Passe-moi une grenade.

Te laisse pas prendre par les Boches.

Ils te couperaient en rondelles. Et le vieux aussi.

- On partira � quelques-uns.

- C'est quoi, un anthropophage? - Un assassin avec une excuse.

- Non. Quelqu'un qui aime son prochain avec de la sauce.

- Elle est belle, hein?

On s'en va par l�? - Oui.

Allez, grouille-toi.

- Ce c�t�, vous le gardez jamais? - �a te regarde?

- Les Allemands peuvent passer par l�. - Mais pas leurs canons.

Et sans leurs canons, ils sont rien.

- O� va-t-on? - On te change de camp.

Provisoirement. - J'aime mieux �a, je vous connais.

- Tu crois?

- On continue par l�?

- Allez, avance. - Je vais pas m'�vader.

�a me pla�t bien, votre truc.

Je parle de l'amiti� dans le groupe, pas des coups de feu.

- Tu retournes toujours tes balles? Y a aucune pr�cision.

- Mais �a fait un trou comme �a. - Ils ont le feu au cul, les grad�s.

- Mais il manque Thomas.

- Il est � la rivi�re pour faire notre lessive.

- Ils l'ont envoy� � Saint-Martin. - Pourquoi?

- C'est comme les Allemands qu'on balan�ait dans la rivi�re.

En hiver, les cadavres descendent la rivi�re le ventre en l'air.

- Les Chleuhs de Saint-Martin

les voyaient d�filer sous le pont tout gonfl�s.

- Allez, allez! Vite!

- Je travaillais chez eux, dans la maison, je faisais du jardinage.

Je faisais un peu de tout.

Et puis un jour, je dis � la fille... Elle avait 16 ans, elle �tait belle...

Je lui ai dit: "Venez, que mes fleurs vous voient."

Mais son p�re

a appel� les gendarmes.

- Avance.

C'est pour �a que t'�tais en prison? - La premi�re fois, oui.

J'avais pas de papiers � l'�poque.

Ils m'ont emprisonn� et ont fouill� ma vie.

- Qu'ont-ils trouv�? - Que j'avais pas fait mon service.

Ils me recherchaient comme d�serteur.

J'ai dit que c'�tait pas la peine de me mettre en prison pour �a.

Je comptais pas le faire. L�-dessus, la guerre a commenc�.

- Putain! J'y arriverai jamais.

- Qu'est-ce qui vous prend?

Vous n'avez rien de cass�?

Tenez, faut le nettoyer.

- Pas de quoi se faire la gueule. - Ben, �videmment.

On dirait

qu'on s'est battus.

- �a, �a m'arrangerait.

- Venez, on va le nettoyer.

- Alors t'as pas voulu t'engager?

- M'engager pour me battre contre qui?

Les Italiens et les Allemands?

Je les ai un peu connus au quartier latin.

Il y a plein d'�trangers.

On �tait en bande, un peu cr�tins,

on buvait des bocks, on s'engueulait.

Mais de l� � se tirer dessus sans m�me se parler avant,

il y a une marge. Un ab�me, m�me.

On peut avoir une opinion

sur sa propre mort.

- Pourquoi tu me dis �a? - J'ai dit �a aux militaires.

Asseyez-vous. Aux militaires du tribunal.

Ils me jugeaient pour d�sertion. Ils se regardaient...

et me regardaient avec des yeux ronds. - Forc�ment.

- Je comprenais rien. J'ai eu la panique. L�...

Ces types, il y en avait plein... dans toutes les arm�es du monde.

Des milliers de braves. Alors, la guerre, �a peut durer longtemps.

- Pourquoi tu nous as pas racont� �a?

- Vos camarades comprendraient pas. Surtout Jean.

Je vais le laver. Donne.

Je me demande si le vrai l�che, c'est pas moi.

Comme ces millions de h�ros pleins de haine contre le h�ros d'en face,

qui se tuent � tout prix,

couverts de d�corations parce qu'ils ont bien tu� et plus que le voisin,

b�nis des dieux et des hommes comme ceux d'en face.

Moi, je pr�f�re parler avant de tirer. Mais vous comprenez pas �a.

- �a colle pas avec ce que tu nous as racont� l'autre soir.

T'as pas �t� pris r�cemment.

- Mais si. Mais si!

A la d�b�cle, la forteresse o� j'�tais emprisonn� a �t� bombard�e.

Les militaires l'ont abandonn�e. Je me suis retrouv�...

dans la nature, en cavale, pendant 3 ans.

Et j'ai �t� repris pour une histoire de bottes. Voil�.

- Pourquoi t'as rien dit? On aurait pu t'ex�cuter pour moins que �a.

- Vous faites la r�volution,

mais vous avez du c�ur.

- Toutes les r�volutions sont mortes du c�ur.

Comme celle des communards.

Si les nazis triomphent, il y aura 10 fois plus de victimes.

Toi, les circonstances te condamnent.

- Mais �a fait des ann�es...

Vous voulez me tuer?

- Allez, fous le camp. Fous le camp!

Fous le camp!

- Tiens, voil� notre moraliste qui se fait la malle.

- C'est intelligent!

- La fleur au fusil, on l'a toujours fait.

- C'est pas notre seule connerie.

Allez, d�p�chez-vous.

Grouillez-vous! - Ben oui!

- Planquez-vous!

- Personne ne tire. Faites passer l'ordre.

- Y a rien � faire. Ils ont �t� donn�s.

Il y a 300 Allemands pour 15 types.

- On les a trahis.

- Qui a bien pu les donner? - N'importe qui.

*-Rendez-vous!

Vos vies sont garanties si vous abandonnez la r�bellion.

- Et ta s�ur!

*-Rendez-vous!

- Ecoute ces salauds.

On est des rebelles! Chez nous! Elle est bonne.

(-Tu vas la fermer, oui?)

*-Vous aurez 5 minutes

pour r�fl�chir � une r�ponse intelligente.

- Ma r�ponse, c'est: merde!

- Planque-toi! - Fumiers!

- Ils font venir

l'aviation.

- On en a assez vu. J'emm�ne mes gars.

Fran�ois! Bernard! Paul! On s'en va.

- On va pas se tirer comme �a?

- Un coup de fusil et on y passe.

- Bon. On s'en va, nous aussi.

- Il y en a qui r�sistent encore.

- Allez, c'est cuit.

Allons!

- Moi, je reste.

Kerk, avec moi. Groubac, passe le FM.

- Attendez qu'on s'�loigne et ne restez que 3 minutes.

- Il y en a un qui se rend.

- C'est Michel Rey.

Il a une grenade. - Oh, la vache!

- Tirons-nous. Vite!

- Toi qui es pion, comment t'expliques la trouille?

- C'est l'imagination. On apprend aux militaires � ne pas en avoir.

- Et le g�n�ral?

- C'est l'exception qui confirme la r�gle.

- Il m'a �chapp�, la vache.

Ben, tu vois...

pour tirer...

c'est pas l'�il, mon vieux.

C'est le nez.

C'est le flair, mon vieux.

Il fait soif.

Oh, le v'l�! - P�p�!

- Le v'l�! - Il est l�, p�p�!

- O� qu'il est?

- P�p�!

Mais non, p�p�! Il est l�!

- Il y a le b�uf qui met les voiles!

- Mais non, p�p�! Il est l�!

- Cachez-vous. Il va revenir.

- Les salauds! Ils ont siffl� toute la piquette.

- Je l'ai tir�. On le mettra dans la soupe.

- Il faut rattraper le veau.

- Vous en faites pas. Il reviendra tout seul quand il fera nuit.

- Mangez. On sait pas ce qu'on mangera et si on mangera demain.

Et dormez habill�s.

- Pourquoi on part pas? - Pour faire courir les Chleuhs.

On partira quand ils viendront. C'est �a, notre r�le.

Enlever des soldats � d'autres fronts

pour les faire courir apr�s des dizaines de partisans.

Le jour, on restera loin du mas.

Ils peuvent le bombarder.

Vous pouvez finir la gn�le.

Enfin... Ce qu'il en reste.

- Ben, p�p�! Va chercher la gn�le, toi qui sais o� elle est!

- Ils n'attaqueront pas la nuit?

- Ils se d�placent jamais la nuit.

Sauf s'ils ont quelqu'un qui conna�t le coin.

T'es de garde? - Allez, fais un effort pour manger.

- Vous vous sentez coupables.

- Pas du tout! - Oui. C'est pas toi...

- Ecoute: toi, moi, lui, c'est nous.

Nous, c'est la R�sistance, le maquis.

Nous avons tu�, nous allons tuer.

On va nous tuer.

On bousille du monde, mais on n'aime pas le faire.

Le type �tait un abc�s. L'abc�s, on l'a vid�.

La lutte continue. Et Dieu est avec nous.

- "Gott mit Uns" pour les nazis.

On bousille du monde avec Sa b�n�diction.

Le type aussi disait �a.

- Salaud! Qu'est-ce que t'es venu foutre ici?

- Je suis venu vous pr�venir: la vall�e est pleine d'Allemands.

- Par o� es-tu pass�?

- C'est lui qui m'a ramen�. Je l'ai trouv�.

Il avait peur dans le noir. Moi aussi.

Alors on a march�. Il avait l'air de savoir o� il allait.

- C'est pas dr�le.

- Non. Mais je suis content. - Ah oui?

- Oui. Si je vous avais ob�i, j'aurais �t� malheureux.

Je l'�tais parce que je vous ai menti.

Mais l�, je suis tr�s content.

- Il y a pourtant pas de quoi.

- On m'�limine, moi aussi? - Assez!

- �a se pourrait. - Paco!

- On fait un trou ou on va � la rivi�re?

- Va chercher Lecocq.

- Bon. �a a assez tra�n�. Il est venu

dire �a pour qu'on ait confiance en lui.

Les Boches, il y en a partout.

Il y avait un ordre. Il n'a pas �t� ex�cut�.

- Tu vas retrouver ton ami Lecocq.

- Mais vous voulez encore me tuer? Mais pourquoi?

Les Allemands me reprochent...

- On s'inqui�te de ce que tu sois revenu si facilement.

Il �tait pas question... - Il est revenu?

- Oui. On nous l'a ramen�.

Allez, va!

Vous serez ensemble comme avant. Donne-lui un peu de piquette.

Et mets le veau � l'abri.

- C'est moi qui m'en chargerai, maintenant.

- Tu t'en occuperas demain matin.

En attendant,

moins on se voit, mieux �a vaut.

- Il faudra reparler de �a. - Jean a raison.

- T'as install� la Maxim au passage? - Oui, Paul.

- Qui s'en charge?

- Groubac se d�brouille bien.

- "Quand la lumi�re s'�teint, je prends ton ombre dans mes bras."

- Qu'est-ce que tu dis? - Rien. Je pensais � quelqu'un.

- T'es perdu?

La nuit, tout le monde se paume.

Tiens, prends ma lampe.

Ne la pointe jamais vers le haut.

Toujours en bas. Comme au cin�ma.

Pour le pipi,

mets-toi � la fen�tre.

H�!

Pas par l�!

Arr�te! Arr�te!

Arr�te!

Le type s'est tir�.

Il a ma lampe.

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Il a laiss� partir le type. Mais il n'ira pas loin, va!

Je te suis. - Par l�.

- Laisse!

- Qu'est-ce que tu fais? - Je vais au passage.

- Je vais avec toi.

- Halte! - Imb�cile! C'est moi, Jean!

- Vous n'avez rien vu passer! - Qui?

- Quoi? - Le prisonnier s'est taill�.

- On garde les entr�es ou les sorties? - On en reparlera.

- Oui, et on prendra des sanctions. Quel emmerdeur, celui-l�!

(-Pas un mot ou on t'�gorge.)

- Il est pas parti comme �a par hasard!

- Il l'a vu descendre par l�. - Il nous a engueul�s.

- Va chercher les hommes.

Je vais jeter un �il � la pointe.

- Passe-moi �a. Prends au moins une arme.

T'as peur de quelque chose?

- T'as fini de me suivre comme un chien?

On n'a pas fait assez de conneries comme �a?

- Alors? Combien de communistes l�-haut?

- Des quoi?

- Communistes!

Des maquisards, si tu pr�f�res.

Alors? Combien?

- Chut... En voil� un autre...

- Alerte! Cazal! Cazal, alerte!

- Qu'est-ce qui te fait dire �a? - J'en sais rien.

- C'est un pressentiment? - Appelle �a comme tu voudras.

- Hein? - Appelle �a comme tu voudras!

- Alors? Combien de communistes l�-haut?

- Quand tout r�ussit, �a peut pas durer.

C'est peut-�tre �a, l'intuition.

- C'est incompr�hensible que Jean n'ait pas donn� signe de vie.

- Ils encerclent la montagne.

Va faire sauter le passage!

- Et toi? - Je te couvre.

- Et Jean? - S�rement pris.

S�par�s, on a deux chances. Le 1er arriv� fait tout sauter.

- Tiens! Ils se baladent avec une mitraillette.

Eh oui, on parle fran�ais.

- Tra�tres, vous �tes avec les Chleuhs!

- C'est toi, le chef.

C'est lui, le chef?

- Je le connais pas, moi.

- Herr Sturmbannf�hrer. Nous tenons s�rement les chefs.

Attaquons. - Parlez moins fort.

- Ils sont seuls?

- Aucune d�tonation avant mon ordre.

- Mais l'aviation

arrivera peut-�tre trop tard.

- Tire, Paul!

- Alerte, Paco!

- Tire! - Paco!

Alerte! - Tirez pas!

- Alerte!

- Que personne ne tire!

- Ne tirez pas! Prenez-le vivant!

- Chacun � son poste.

La radio...

7e et 8e sections,

envoyez deux hommes pour l'attraper.

Vous le voyez?

Personne ne tire sans mon ordre.

- Feu! - Feu!

- On attend vos ordres.

- Occupez-vous des prisonniers.

- On n'attaque pas... - Les Fran�ais, vous n'attaquez pas.

Pendez les prisonniers. - Sans les faire parler?

- Pendez-les. Pour l'exemple. Au viaduc.

- Au viaduc, les funambules.

Avec 10 m de corde, �a sera wagn�rien. Les Teutons soignent la mise en sc�ne.

- On fait le sale boulot.

- Pas du tout. On nettoie. On purge

la France du jud�o-marxisme. �a, c'est le travail. Le vrai.

Nettoyer, purifier la France des communistes de De Gaulle.

- Faites qu'il passe!

- Sinon, c'est la mort des maquis � cause de nous.

- Tu fous quoi, l�? - On vous cherche partout.

Les autres sont l� aussi.

- Fichez-moi le camp!

- Julien vient

remplacer Philippe. - Elle venait pr�venir!

- Foncez! Ils vont nous d�border.

Va faire tout sauter!

- T'es bless�? - Non. C'est rien.

- T'attends quoi?

- On est sous la bombe.

- Va � la dynamo. Si le tank passe, on est foutus.

- O� tu vas avec ton FM? Installe-toi l�.

C'est de l'autre c�t� qu'il faut tirer.

Tire sur ceux en vert et ferme un �il pour viser.

- Venez! Il y a un bless�!

- T'inqui�te pas, petit.

On est � la bonne place.

- Moot!

- Les voil�! Tire!

- Avec 10 m, ce sera plus joli � voir.

Ils souffriront pas du tout.

- Le n�ud, devant ou derri�re?

- Le r�glementaire, c'est par derri�re.

- Est-ce qu'il a pu passer? - Il faut qu'il passe!

- Vite! Le d�tonateur!

Va les pr�venir! �a va sauter.

- Eloignez-vous! �a va sauter!

- �a marche pas. Faut r�parer!

- Cazal! Faut tenir 5 minutes! Il y a une panne.

- Envoie la Maxim et le tuyau!

- Descendez la Maxim.

Descends le tuyau � Cazal. Hardy! Va les aider.

- Va chercher le tuyau.

Tire-toi.

Des munitions. Vite!

- Pas si vite, les enfants. Je peux pas vous suivre.

H�! Petit!

Baisse-toi.

Ah, ma m�re...

- Kerk!

Remplace-moi.

- Alors, �a y est?

- �a y est. J'ai r�par�.

Merde!

C'est s�rement le c�ble. - Le tank arrive.

- Cazal! Les c�bles sont coup�s!

Il faut encore tenir!

- Couvre Groubac. - �a va, chef?

- Les explosions ont coup� les c�bles.

- �a crame, au village.

- �a leur apprendra.

- Ils attendent quoi, pour faire sauter le passage?

- Groubac! Groubac, tirez-vous!

La vache! C'est encore coup�.

Le c�ble est encore coup�.

- Couvre-nous!

- Groubac! - Merde! Merde!

Couvrez-nous!

Kerk! Fais gaffe!

- Ils sont foutus, vos copains.

- Bon Dieu! Qu'est-ce qu'ils attendent pour faire tout sauter?

- Vous croyez qu'ils vont tenir?

- Groubac! C'est coup� l�.

Merde! C'est encore coup� l�-bas.

- Ah, les salauds!

- Groubac! Tu es bless�?

- Ils sont foutus.

- J'ai froid, Jean.

- Ils sont foutus, Thomas!

- A moi, les gars!

A moi, les gars!

- Merde!

T'as vu, au-dessus?

- Et alors?

- Et merde!

- Foutez-le camp, bon Dieu!

- Et les morts, on les laisse?

- Alors, p�p�, on s'en va.

Allez, tirez-vous!

Vite!

- Le salaud, il se tire.

- Halte! Halte!

- Attrapez-le, bon Dieu!

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