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L'AMOUR A SES RAISONS...
L'amour est un sentiment qui nous �branle.
Parfois, c'est un tra�tre,
il nous ab�me le portrait,
s'enfuit et vole comme un boomerang.
Il te laisse en plan
avec un sourire cr�tin dans le vent.
Eh bien...
moi, je suis ce vent.
Ce tourbillon.
Ce boomerang qui revient subitement.
Je suis Cupidon.
Je suis le chauffeur du taxi de l'amour.
Peu importe s'il est jeune, vieux, long ou court.
L'important,
c'est le c�ur qui bat et la chair de poule.
Comme pour moi, chaque fois que mon arc d�coche une fl�che d'amour.
Premier �ge de l'amour LA JEUNESSE
Voil�...
L�, c'est le coin poker et Playstation.
T'as besoin de tout cet espace ?
Ch�rie, je dois mettre la table basse, la chaise,
la console et l'ordinateur.
OK, alors si le coin jeux est aussi grand,
on enl�ve la vitrine de ta m�re.
Tu rigoles ? Tu la connais,
si elle ne voit pas sa vitrine, elle va g�cher la f�te.
Ici, on met l'autre table...
Roberto, j'ai mal au ventre.
Je sens un truc, juste l�.
Mais...
tu es s�r qu'on fait bien de se marier ?
On n'est pas oblig�s de se marier.
On le fait si on le veut vraiment.
Laisse-moi t'expliquer � quel point je le veux.
Aujourd'hui, par exemple,
en sortant de la maison,
j'ai vu une fille qui se garait dans un mouchoir de poche,
un chien qui aboyait,
une dame en jupe qui p�dalait sur son v�lo,
elle a grill� un feu sans s'en apercevoir.
Mes cl�s sont tomb�es � c�t� d'une bouche d'�gout,
je les ai ramass�es.
Tout s'est pass� en un instant.
Eh bien,
m�me pendant cet instant,
j'ai pens� � toi,
et � tes yeux noirs et profonds comme la nuit.
Tu viens d'inventer tout �a pour me s�duire.
Avoue-le, imb�cile !
- Salut, Augusto ! - Bonsoir.
Bonsoir, les jeunes.
Francesco !
Ces moments vont me manquer.
Pourquoi ?
Parce que c'est un truc d'ado de se faire raccompagner.
Et tu es encore un ado.
Je m'appelle Roberto de Tommaso.
Dans la vie, je veux deux choses.
Devenir un grand avocat et �pouser cette femme.
Bonne nuit.
Ce sont deux paysans toscans, tr�s t�tus.
Ils y vivent depuis 50 ans.
Ils disent qu'ils sont n�s sur cette terre et qu'ils y mourront...
Bref, ta mission est de les convaincre de partir.
- Le contrat expire quand ? - Dans trois ans.
Mais s'ils s'obstinent, on ne pourra plus les chasser.
- Ils vont construire quoi, l�-bas ? - Le Clubhouse d'un terrain de golf.
Ce sont les derniers occupants et ils sont en plein milieu du lotissement.
- L'indemnit� est de combien ? - Maximum 30 mille.
D'accord.
- Dites-moi quand je dois partir. - Ma�tre, pour moi, tu es d�j� parti.
La voil�... la chance de ma vie.
�a devait arriver. Je ne vous d�cevrai pas.
Je dois y arriver, �tre acharn� et frapper fort.
On m'a appris que seul le r�sultat compte.
�tre toujours lucide et concentr�.
Bonjour, excusez-moi.
Mon GPS ne capte plus...
Je sais, �a capte dans le village d'avant et dans le suivant, mais pas ici.
O� allez-vous ? On va faire �a � l'ancienne.
Au domaine Michelacci, vous connaissez ?
Prenez la nationale sur 4 kilom�tres.
� droite, il y a un chemin de terre qui descend et qui remonte,
puis un petit pont. Soyez prudent, il y a eu beaucoup d'accidents,
on voit les croix plant�es sur la route. Bref, c'est l�.
- Tu l'envoies o�, le pauvre ? - Eh, c'est � moi qu'il a demand� !
Et tu r�ponds des idioties ?
Quoi, on peut plus faire de blagues ?
Vous �tes tous devenus trop s�rieux.
Je vous �coute.
- Ce n'est pas un agent ? - Si, mais il a une case en moins.
Je cherche le domaine Michelacci.
Pas de probl�me.
Prenez le chemin de terre qui longe la rivi�re Bruna.
Vous allez tomber sur une maison rouge. Vous verrez, elle est rouge.
Vous voyez la maison rouge et en gros vous �tes arriv�.
- C'est facile. - Merci pour vos indications.
J'esp�re qu'elles sont justes.
Les touristes, faut les attirer, pas le contraire !
Tu portes un uniforme, en plus !
- Votre caf�, Ma�tre. - Merci, il ne fallait pas.
Vous comprenez, Ettore, la situation est compliqu�e.
Je suis de votre c�t�, mais je connais ces gens.
Les carabiniers vous expulseront.
Calme-toi.
Je mourrai dans cette maison.
Ils ne peuvent rien nous faire, on a un handicap�.
Soyez gentil, Ma�tre.
�a ne d�pend pas de moi.
On ignore de qui �a d�pend.
Tout ce que je peux faire c'est essayer...
de vous obtenir...
15.000 euros d'indemnisation.
15.000 euros ?
- Mon Dieu, �a fait combien ? - 30 millions.
J'ai trim� pendant 40 ans sur cette terre.
Je l'ai d�frich�e, j'ai arrach� les ronces, j'en ai fait un jardin.
Heureusement, l'usucapion est la loi en vigueur.
Oui, l'usucapion !
Dites-le � ces enfoir�s.
Ils ne feront pas de trous pour y lancer leurs balles.
�coutez, je vais m'en aller.
Vous r�fl�chissez, et je reviens demain.
Et vous prendrez une d�cision.
15.000 euros, c'est une belle somme.
R�fl�chissez-y.
Je n'ai jamais vu 15.000 euros, mais j'ai ma dignit�.
- Allez leur dire, � ces fumiers ! - Au revoir.
Dites-leur aussi que le Michelacci, il a encore des couilles !
- Laisse-moi ! - Ne sois pas mal �lev� !
Qui va faire son possible ? Toi ?
Qui va faire son possible ?
Je n'en sais rien !
Tr�s n�gatif.
N�gatif !
Tr�s n�gatif !
C'est joli ? Et l'h�tel ?
Je ne sais pas trop.
Je cherchais mon chemin, un flic m'a fait une blague.
J'ai trouv� un ballon et un seau dans l'armoire,
l'eau froide sort chaude et vice-versa.
La salle de bain a pas de porte, on dirait une prison.
L'horloge est bloqu�e sur 15 h.
On dirait le d�but d'un conte. Allez, tu dois y rester 2 nuits.
J'esp�re, parce que ce Michelacci, il a pas l'air facile.
Tu as mang� ?
Non, d'ailleurs j'y vais, �a va fermer.
Alors vas-y, � demain.
- A demain. - Salut.
Ch�rie ?
- Tu sais que t'es belle m�me sur l'ordi. - T'es b�te !
Ma m�re a raison :
On est vraiment une bande de d�prim�s.
Mais non, c'est toi qui es d�bile !
Je tombe en panne d'essence, je t'appelle pour que tu viennes
et c'est toi qui tombes en panne d'essence !
Et on t'appelle Le Devin !
Oui, je suis devin. Et d'ailleurs, je l'avais pr�dit.
J'aime cr�er des situations absurdes, j'aime le paradoxe.
Le paradoxe, quelle connerie !
T'y connais que dalle.
Micol, si tu te gares l�, je te mets une amende.
Tu me la d�chireras apr�s deux verres !
Pravda, tu penses que �a met moins de temps
de faire le tour du village en courant
que de faire, en voiture, le grand tour de la...
route panoramique.
�coute, un homme qui court pendant 500 m�tres
arrive avant celui qui conduit pendant deux kilom�tres.
Pravda a raison.
Tu lui donnes toujours raison. Qu'en pense Le Devin ?
- Dis-nous... - Dire quoi ?
Ce soir, je ne ressens que dalle !
Il n'y a pas de r�seau, je capte � peine.
Je parie 20 euros sur la voiture.
Bon, c'est le moment de parier.
OK, mais qui va courir ?
Doucement, j'ai bu, mang� et je suis constip�.
Je ne peux pas courir.
- Quelqu'un doit faire le tour. - Pas moi.
- Quelqu'un doit courir. - Alors...
- Ne me regardez pas. - Qui le fait ?
Moi.
- Je vais courir. - Regardez, le Passant !
- Je dois changer de chaussures. - S'il court, je conduis.
Trois,
deux,
un... partez !
Qu'est-ce que je fous ?
Je vais o� ?
Pourquoi j'ai remont� mon pantalon et je cours dans un village toscan ?
Je devrais �tre au lit depuis longtemps.
Et en fait...
je cours
sans savoir si c'est pour aller quelque part
ou pour fuir quelque chose.
O� t'as appris � courir comme �a ? J'ai failli me tuer dans les virages !
Dis quelque chose ! Parle !
Et voil�, apr�s si longtemps,
et apr�s avoir failli y laisser ma rate,
finalement,
encore une fois,
je me sens adolescent.
Mon mari refuse
mais il n'y a pas d'autre choix ?
Je ne pense pas, madame.
Vous nous donneriez ces 15.000 euros tout de suite ?
Non, je suis ici pour n�gocier.
Parce que s'il les voyait, peut-�tre que...
Ils complotent. J'aime pas �a...
Ettore, si vous voulez, je m'en vais et vous me reverrez plus.
Et c'est l'huissier qui viendra pour l'expulsion.
Mais sans vous donner un euro.
N�gatif, z�ro euro, n�gatif...
�coute, petit,
je vais te le dire, moi,
comment on n�gocie.
Je ne veux plus 15.000 euros
mais plut�t le double, 30.000.
Je reconnais les gens peu s�rs d'eux
au mouvement de leurs yeux.
Je pourrais descendre jusqu'� 20.000.
30.000, c'est une somme importante.
Je ne sais pas si...
Je ferai mon possible.
Arr�te, fais pas chier.
- Qui est-ce ? - Ma�tre !
Entrez.
Bonjour.
Suivez-moi, c'est une question d'ordre public.
- Non, je dois partir. - Non, c'est tr�s grave.
Vous aurez un mort sur la conscience, venez.
- Qui est mort ? - Encore personne, j'esp�re.
Laissez-moi prendre mes cl�s. Quel village !
Simplet, descends !
Il a fait pleurer tonton Ettore. �a, c'est antid�mocratique !
On ne veut pas de leur terrain de balles, c'est n�gatif !
Et on a pas de milieu de terrain.
Ballotelli est pas venu. Giaccherini est au club de C�s�ne.
C'est une p�riode n�gative.
S'il vous pla�t, essayez de le convaincre.
Vous �tes un avocat !
Vous �tes fous ? Comment il s'appelle ?
- Simplet. - Comment ?
Simplet, descends.
Je vais tout arranger, ne t'inqui�te pas.
Non, c'est une p�riode avec des hauts et des bas.
Et l�, il y a des bas, c'est n�gatif.
Allez descends, on va aller �couter le rossignol.
Le rossignol, oui.
On y va.
Mais il y a aussi un souci en d�fense.
Stankevicius est pas venu.
� moi de r�soudre le probl�me ! C'est une p�riode n�gative !
J'ai assur� ?
Allez tous vous faire foutre !
Vous faites que des blagues de merde !
Ma�tre, maintenant qu'on est presque amis
on peut aller �couter le rossignol tous ensemble.
- Le rossignol ? - Oui.
Oh, oui
Je t'aurais fait vivre une vie de r�ves
Que tu ne peux pas avoir avec elle
Oh, oui
Je t'aurais fait comprendre
Que ce qui est beau, le soir
Ce n'est pas seulement sortir
Oh, oui
Je t'aurais appris
Qu'on commence � vivre
Quand elle veut dormir
Mais d�sormais...
Elle chante pour moi.
Malheureusement,
je suis une vielle tapette toscane.
- Je t'ai eu, cr�tin ! - Et merde !
Bravo !
Ne pars pas ce soir.
Je t'emm�ne quelque part.
T'am�nes ta voiture m�me l� o� on peut pas ?
C'est toi qui cours.
Moi, j'aime le confort.
Un jour, avec les copains, on a pari�.
J'ai gagn� 100 euros.
Je faisais semblant de faire le tapin sur la jet�e.
- De faire quoi ? - Le tapin.
Je faisais le tapin.
Pour voir si les gens viendraient jusqu'ici, en voiture.
Ils ont fait la queue jusqu'au pont, en bas.
Ils sont tous venus, m�me ceux qui me connaissaient.
Et un gar�on sublime est arriv�.
Il m'a dit : tu prends combien ?
Pour faire quoi ?
Pour faire l'amour.
J'ai dit : l'amour se fait gratuitement.
Et je suis mont�e dans sa voiture.
Tu as couch� avec lui ?
�a, tu ne le sauras jamais.
M�me s'ils pensent tous que oui.
Tu me laisses l� ?
Je n'aime pas le romantisme.
T'avais d�j� des yeux de merlan frit, t'allais m'embrasser.
Elle se prend pour qui ?
Tu rentres quand ? Les petits vieux sont d'accord ?
Les petits vieux...
Ce sont des durs � cuire.
Il me faudra un jour de plus.
Au moins, un jour de plus.
�a va pas ? T'es bizarre.
Non, pourquoi ?
Les gens sont bizarres ici...
Ils sont lents !
Ils font tout lentement.
Ils marchent un peu... au ralenti.
Mon c�ur...
Tu sais quoi ?
M�me si c'est au ralenti,
rentre vite.
D'accord.
Au ralenti.
C'est bien, abruti !
Tu l'as tromp�e. Tu lui dis quoi, maintenant ?
Je me sens trop mal !
Courage, fais ta t�te la plus sinc�re possible.
Je dois faire semblant, avec un sourire sinc�re.
Fais ton sourire le plus sinc�re.
Mon c�ur !
Je t'ai appel� 4 fois cette nuit, tu n'as pas r�pondu.
Mon portable capte une fois sur deux...
Et je suis all� � la f�te des champignons avec les petits vieux.
Ils m'ont fait boire du vin, j'ai mal au cr�ne !
Ils vont finir par me rendre jalouse, ces petits vieux.
T'inqui�te pas, ils vont bient�t c�der.
Il faut que je te dise un truc.
J'aurais pu venir avec toi.
Mais j'�tais contente d'�tre seule pendant deux jours.
Je suis all�e au resto avec Francesca et Silvia.
Et on est sorties danser.
On �tait les plus vieilles.
Mardi matin, je ne suis pas all�e bosser.
Je suis all�e � la plage avec ma s�ur et le petit.
Je me sentais si bien !
Mais j'ai eu un moment de panique.
Je me demandais pourquoi tu ne me manquais pas.
Et j'ai r�alis� que j'ai fait tout �a en deux jours.
D�s le troisi�me, tu me manquais terriblement.
Et le quatri�me...
Je n'en pouvais plus.
Aujourd'hui, j'ai du mal � respirer.
Oui.
Cher Ma�tre,
sans toi, j'ai du mal � respirer.
Je t'aime !
Et alors ?
Alors, sors de l�. De toute fa�on, je t'ai vu.
Elle vit dans un ch�teau, en plus.
Mon Dieu...
- Tu te baignes dans ce froid ? - J'ai pas froid.
�coute, toi et moi, on n'a jamais parl�, disons les choses clairement.
Si, on a parl� mais pas avec des mots.
Tu prends mon crocodile ?
Comment tu fais... je pourrais �tre mari� avec des enfants...
Tu es mari� ? Tu as des enfants ?
Alors quoi ? Tu me plais comme �a, comme je t'ai connu.
Tu es peut-�tre fianc�, qui ne l'est pas ?
Et qu'est-ce que je peux y faire ?
Tu peux rester ici toute la vie.
Avec moi. Aller � la plage de nuit et faire l'amour � en perdre la t�te.
Pourquoi pas ?
Pourquoi pas...
Non, c'est impossible !
Comment on peut vivre ainsi ?
Ici on se croirait tout le temps en vacances !
Et puis je veux mettre �a au clair.
Je ne suis pas venu trouver une ma�tresse.
Pourtant maintenant, on dirait que...
Soit je mets une heure pour me doucher et m'habiller,
soit je me d�shabille en une seconde.
� toi de voir.
Attends, parlons un peu.
- Apr�s, apr�s. - Allez, parlons.
- Allez, on parle. - Parler de quoi ?
Micol ? Tu es l� ?
- Mon mari ! - Quoi ?
Cache-toi !
T'es mari�e, en plus ? T'aurais pu le dire !
Ce n'est pas tr�s correct...
Ch�ri !
Quelle surprise, tu es rentr� !
Mon vol a �t� annul�, je voulais rentrer vite.
Je l'ai cherch� partout.
- C'est celui de la photo ! - Je l'ai trouv�.
Celui de la photo ! Merci !
- Tu t'es baign�e ? - Oui, dans la piscine.
Tu es trop belle.
�coute...
Demain, je repars pour Bruxelles.
J'ai r�serv� dans un h�tel splendide.
- Je voulais t'emmener avec moi. - � Bruxelles ?
Toi et moi ? Je ne peux pas.
Je ne peux pas.
- Maman s'est r�veill�e ? - Je sais pas, je l'ai pas vue...
Je me suis tromp� d'�tage, pardon.
Je voudrais venir mais je ne peux pas.
Comment je fais ? Et maman ?
- Ces jours-ci, elle est bizarre. - Comment �a ?
Maman boit.
- Ce n'est pas possible ! - Si.
- Elle n'a jamais bu. - Mais maintenant, elle boit.
- Elle boit comme un trou. - Elle n'a jamais bu.
- Maintenant, si. - Mais l'ascenseur...
Elle monte et descend, elle boit.
Laissez-moi passer, s'il vous pla�t.
Ne criez pas !
Arr�tez !
- Que s'est-il pass� ? - Rien, elle a d� boire.
- Elle ne boit jamais ! - Elle est toujours ivre.
Que s'est-il pass� ?
- Elle s'est �vanouie ! - Am�ne-la aux urgences !
Je reviens dans cinq minutes, ne bouge pas d'ici !
Cinq minutes !
- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Ouvre !
Ce n'est rien, d�p�che-toi.
- Tu me rejoins ? - Je ferme et j'arrive.
Salut.
Je dois te demander une chose.
Tu �tais venu me quitter ?
J'�tais venu parler.
On n'a jamais parl�. C'est qui, ce type ?
Qui c'est...
C'est ma famille.
On est mari�s depuis 3 ans mais on vit ensemble depuis 10 ans.
C'est un homme bien, il me supporte.
Moi, je suis une menteuse, je suis infid�le.
Je ne veux pas d'enfants.
Je d�pense des sous pour des futilit�s, la femme id�ale, quoi.
Mais il m'aime vraiment.
J'avais m�me pens� t'emmener avec moi.
Je ne serais pas venue.
Je ne pense pas pouvoir mener une autre vie.
Je vais me mettre � pleurer.
Allez, va faire l'avocat.
Et bonne chance.
Ma�tre !
Je n'ai pas couch� avec ce gar�on.
Ce sera notre secret.
Tu sais pourquoi on vit bien, ici ?
Parce que personne te demande d'�tre meilleur que ce que tu es.
Jamais.
Le Devin, par exemple, est un rat�.
Il vit gr�ce � la pension d'invalidit� de son p�re.
Eh bien, personne ne le lui dit en face.
C'est vrai. Toi, par exemple, ta m�re est une cochonne
et personne ne te le dit en face.
Vous savez qui prend Albinoleffe ? Toni !
- Chut, quand il fait nuit, tu dois... - Te taire.
Voil�, tais-toi.
Passe la bonbonne.
Nous sommes tous diff�rents.
Pas le m�me �ge, pas le m�me compte bancaire.
Pas les m�mes prises de t�te.
Mais on a une chose en commun.
On est tous amoureux de Micol.
Quand elle est pas l�, on est tristes.
Vous avez bu ?
Non, je...
Moi, c'est pas pareil.
Il est saoul aussi.
- Je ne suis pas amoureux de Micol. - Ah, non ?
Moi, j'ai peur.
Peur ?
De quoi ?
De rentrer chez moi.
Faut bien rentrer chez soi t�t ou tard, non ?
On ne peut pas vivre �ternellement
avec un crocodile sous le bras !
- Y a pas de crocodile, ici... - J'ai rien compris.
�coute, on a d�cid� qu'on ne veut pas te perdre.
Mais comment faire ?
D'habitude, on se paie la t�te de tout le monde.
Cette fois, c'est toi qui nous as eus, on s'est attach�s.
Putain, on s'est bien attach�s � toi.
Et maintenant ?
Maintenant...
Si je reste ici, je perds tout.
Si je rentre,
je vous perds, vous et le crocodile.
Ouais...
Je dois mourir.
Je dois mourir.
Je vais mourir, salut.
Il y a un moment pr�cis dans la vie o� les choses changent.
Mais on ne le reconna�t pas bien.
La jeunesse nous abandonne et on devient adulte, m�r.
Prends-moi !
Prends-moi, tu entends ?
C'est le bon moment, choisis comment !
Foudre, noyade, attaque. Choisis !
Mais prends-moi, maintenant !
Je ne te donnerai pas une autre occasion.
Si tu ne me prends pas maintenant,
demain, je rentre, je me marie et je fais des enfants.
Et je deviens un avocat sans scrupules !
Apr�s, ce sera la merde !
Prends-moi !
Prends-nous !
Prends-nous tous ensemble !
Mon c�ur !
Regarde, ton horloge est � l'heure.
15 h...
Putain, 15 h !
Ils t'emm�nent en rave party, les vieux ?
Ils m'ont emmen� avec eux,
ils m'ont fait boire un vin d�gueulasse, c'�tait du vinaigre.
Et directement � la bonbonne.
- J'ai r�ussi � les convaincre. - Tu rentres quand ?
D�s que...
Je pars aujourd'hui.
Alors, on voyagera ensemble.
Comment �a ?
La vache, t'es l�...
Mon c�ur !
Quelle surprise.
Laisse-moi te regarder.
T'es bon � mettre � la casse.
Je sais, je suis dans un �tat...
Pas mal, ici.
Enfin...
Mais ce village est beau.
On pourrait y passer des vacances ?
- Je dois te dire un truc. - Un truc ?
Non, je ne veux pas savoir.
Sauf si c'est quelque chose de g�nial.
C'est quelque chose de g�nial ?
C'est la v�rit�.
La v�rit� ?
Vas-y.
Sara, je...
Je t'�coute, mon amour.
Je t'aime.
- O� tu vas ? - Je reviens.
Je vais faire une derni�re connerie.
Bonjour, Ettore.
- On vous offre � boire ? - Non, merci.
- � quoi doit-on l'honneur ? - On changera pas d'avis.
- 30.000 euros. - Justement...
J'ai parl� avec mes sup�rieurs
et j'ai r�alis� qu'ils sont pr�ts � donner 50.000 euros.
Mais apr�s, je me suis dit...
Qu'il y ait un contrat ou pas, personne ne peut vous chasser d'ici.
Alors, vous pourriez... r�sister.
� vous de voir. Pas moins de 50.000 euros.
Ou r�sister.
Je vous ai tout dit.
Adieu, Simplet.
Au revoir.
Mon Dieu !
50.000 euros ?
- �a fait combien ? - 100 millions.
- 100 millions ? - Oui.
Moi, je me suis toujours fichu des sous.
L'avocat a raison, on r�sistera !
Salet� de Maremme crasseuse qui empeste...
On r�sistera, m�me si on vient nous chercher en camionnette !
On r�sistera plus qu'il n'en faut ! Ils ne feront pas de trous !
� tr�s bient�t !
� tr�s bient�t, vraiment !
Positif.
Deuxi�me �ge de l'amour LA MATURIT�
Hors du syst�me solaire,
des plan�tes tournent en sens oppos� au soleil.
La d�couverte, annonc�e au Congr�s d'Astronomie en �cosse,
a �t� qualifi�e d'historique par l'observatoire de Gen�ve.
Une nouvelle de derni�re minute.
Les combats survenus � Mogadiscio
ont fait plus de deux cents bless�s graves.
Ces informations nous ont �t� communiqu�es...
� un certain �ge, la cravate saumon, c'est ridicule.
Mais ce n'est pas lui qui choisit, maman.
Je connais ton p�re, il ne m�prise pas certains �lans de vanit�.
Giorgia, je suis content que tu m'aies accompagn�.
C'est important, mais ne le dis pas � maman !
Parce qu'elle me stresse.
Elle aime �tre pol�mique,
exposer de mani�re narcissique ses id�es de gauche.
Tu n'es pas de gauche, toi ?
En 30 ans de carri�re, je n'ai jamais fait comprendre mes opinions.
Mais tout le monde sait que tu �tais socialiste !
Ne fais pas comme maman, souris.
Et laisse-moi profiter un instant de ta gr�ce !
Marco, tu veux quoi, putain ?
J'avais parl� de gr�ce...
Je peux pas, je suis avec mon p�re.
Comment �a, je rentre ?
Tu te prends pour qui ?
- On ne se voit pas depuis deux mois. - Moins fort.
Je ne suis pas ta marionnette.
Alors, on se verra plus.
C'est comme si on s'�tait d�j� quitt�s.
Qu'est-ce qu'il te veut ?
Qu'il reste � sa place.
Papa, je dois aller le voir.
Il me faudrait la voiture.
- Et je rentre comment ? - Quelqu'un te d�posera.
Ou tu prendras un taxi.
Je prendrai un taxi.
On devait passer la soir�e ensemble.
Je ne peux jamais �tre avec ma fille.
- Renzullo ! - Cher pr�sident, comment vas-tu ?
Mon cher Fabio !
Merci pour la... mise en �vidence de l'autre jour.
Concise mais efficace.
Si on est sur la m�me longueur d'onde, on dit mieux les choses.
Je voudrais te demander un service.
J'aimerais te recommander quelqu'un.
Il y a un jeune journaliste dou�...
- Qui m'a pouss� ? - Et tu t'agrippes � moi, bordel ?
Pardon, c'�tait un r�flexe.
Pardon, j'ai cass� mon talon.
Mettez des pantoufles si vous ne savez pas marcher avec des talons, merde !
Je suis navr�e.
C'est l'autre cr�tin qui m'a pouss�e.
Mon talon s'est pris dans la grille et s'est cass�.
� cause de vous, le pr�sident est tomb� aussi.
Il en est � son troisi�me pacemaker.
Je suis r�ellement navr�e.
Je ne me suis m�me pas pr�sent�e. Eliana Rame.
- Enchant�. - Je suis psychiatre.
Fabio Renzullo, journaliste. Vous devez me conna�tre...
Pas besoin de vous pr�senter.
Vous entrez chez les gens chaque soir avec votre regard, votre sourire.
Je vous cite m�me dans mon livre.
Vraiment ?
Je le lirai et vous donnerai mon avis.
Volontiers.
- Je dois y aller. - Je me s�che juste les cheveux.
Ma femme me gave !
- On va finir par se disputer. - Juste 10 minutes.
Bonne nuit, Fabio.
- Je vais devoir dormir ici. - Je peux vous accompagner.
- Non, merci. - C'est le moins que je puisse faire.
Laissez-moi vous rendre ce service.
D'accord.
Tu dis que je suis un homme rassurant,
avec qui on se sent vite � l'aise.
�a a beaucoup � voir avec ma discipline de vie.
Avec ma rigueur.
- Avec mon style. - Ah, carr�ment !
Alors...
Bonne nuit.
Donne-moi ton num�ro, non ?
- On pourrait aller boire un caf�. - Bien s�r. Note-le.
343...
6875...
898.
- Je t'appelle alors. - Avec plaisir.
Bonne nuit.
C'EST MON NUM�RO, JE COMPTE SUR TA DISCRETION
UN CAF� DEMAIN ?
- Salut, Fabio. - Salut, �a va ?
Excuse-moi, j'ai eu une patiente difficile.
Ce n'est rien.
Une bipolaire, maniaco-d�pressive, nymphomane et mari�e !
Bon, parlons de choses...
- Tu as apport� ton livre ? - J'ai oubli�, excuse-moi !
D�sol�e, mon mari est parti deux semaines...
Quelle co�ncidence, ma femme aussi est partie deux semaines.
Et s'ils �taient amants !
Non, pas �a !
- Et toi ? - Quoi ?
- Tu es comment ? - C'est-�-dire ?
Comme presque tous les hommes : infid�le, non ?
- Je n'ai jamais tromp� ma femme. - Pas m�me en pens�e ?
Parfois, les pens�es volent, se concr�tisent mais au niveau...
On a tous eu ces fameux fantasmes,
quand on �tait jeunes.
L'id�al serait de rencontrer quelqu'un
qui penserait comme toi pour faire l'amour une fois,
comme �a, sans pr�voir, intens�ment.
Et apr�s, chacun dispara�trait.
Oui mais toujours dans l'imaginaire.
N'exag�rons pas !
- Tu veux un sorbet ? - Un quoi ?
- Un sorbet. - Oui, si tu en prends un aussi.
J'habite juste l�.
Tu habites o� ?
Tu es dans un groupe de pri�re ?
J'aime les anges.
Ce sont tous des anges gardiens.
Ils prot�gent.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Tu as de la glace, �a ne part pas.
C'est � cause des colorants, ce ne sont plus les glaces...
Tu t'es sali, comme les enfants.
Ne me d�coiffe pas.
- Tu portes une moumoute depuis quand ? - Je n'en porte pas !
Pourquoi tu parles de �a ?
Tu serais mieux comme �a.
Tu m'as arrach� la peau ! Idiote !
Regarde ce que tu as fait !
�a me br�le.
- J'ai la t�te en feu. - Tu es mieux ainsi, crois-moi.
Avec le cr�ne couvert de mercurochrome ?
Comment je vais faire devant le public ?
Et qu'est-ce que je vais dire � la maison ?
Tu seras plus vrai, authentique.
Tu seras enfin toi-m�me.
La chasse d'eau, pardon.
Notre infid�lit� ne sera pas banale :
toi qui trompes ta femme et moi mon mari.
On sera d'autres personnes.
- On sera qui ? - Quiconque.
- Mais qui ? - Des animaux.
Qu'est-ce qui nous prend ?
- On n'est pas nous. - On est qui, alors ?
- On est deux aigles. - Deux quoi ?
- Deux aigles. - Et toi, tu es sexy.
Oui. Je suis ton aiglon.
Comme tu es sexy !
- La vache ! - Non ! On est deux chats.
Et tu es mon gros matou, toi !
Tu m'embrouilles avec ces animaux.
- Je veux �tre moi-m�me. - Tu es mon gros matou.
Miaule et souffle.
Miaule et souffle.
- Allez... - Laisse-moi �tre moi-m�me.
T'es folle ou quoi ?! Tu vas me les arracher !
- Souffle ! - Oui.
Voil�, comme �a !
Encore, plus fort !
- Plus fort ! - Ne me touche pas l� !
Maintenant...
Fais la voix du gros matou.
C'est comment la voix du gros matou ?
Je ne trouve pas ma p�t�e...
Je dois la trouver...
J'ai trouv� une grosse souris !
Je vais la manger en entier !
- En entier ! - Comme �a !
Oh, putain ce que t'es bonne !
Pourquoi ?
Dis-moi pourquoi.
Je n'arrive pas � comprendre.
Qu'est-ce qui t'a pris ?
D�sol�, monsieur le pr�sident.
J'ai besoin d'�tre moi-m�me.
Je dois �tre authentique et vrai avec mon public.
Jusqu'� hier on t'a vu avec un buisson sur la t�te !
Et l�, tu as l'air d'avoir le typhus.
Alors, licencie-moi !
Motif : vir� pour refus de porter sa moumoute.
Mon contrat arrive � terme.
On verra bien ce qu'en pense le public. Je le sais d�j�.
O� tu vas ?
- C'est mon bureau, �a. - Excuse-moi.
Fabio n'est plus le m�me !
C'est quoi cette urgence ? On devait plus se revoir, non ?
- C'est risqu�, ici. - Tu n'as pas envie de le refaire ?
On avait dit qu'on ne le ferait qu'une fois car on est des adultes.
Eh bien, on s'est tromp�s.
On va le refaire
et apr�s... salut.
Tu veux le faire ici ?
Tu es s�re ? Je suis un personnage public.
N'oublie pas qu'on n'est pas nous.
On n'est jamais nous. Pourquoi ?
J'ai 15 ans et toi, 18. Tu es venu me chercher � l'�cole.
Deux lyc�ens.
Mon Dieu...
- Et je suis vierge. - Non, c'est un peu trop !
Mettons du journal sur les vitres.
On peut me reconna�tre.
J'ai de l'arthrose au m�nisque.
- Tu es excit� ? - Oui.
Attention � la boucle de la ceinture.
C'est ma premi�re fois, tu m'apprends � le faire ?
On dirait qu'ils vont exploser !
- Tu n'as pas de culotte ? - Oh... J'ai oubli�.
Je vais baisser ta moyenne. On met une culotte � l'�cole.
Non, tu n'es pas prof, tu es un lyc�en !
Faudrait savoir ! Un ange, un aigle, un lyc�en...
Laisse-moi �tre moi-m�me.
Enl�ve ta jambe.
Je dois baisser ma braguette sinon on va avoir du mal.
Je me suis coinc� la peau !
Je me suis coinc� la peau !
Arr�tez-vous !
Qu'est-ce que vous foutez ?
Vous nous �tes rentr�s dedans ?
Nous ?
Permis et carte grise !
C'est la voiture de madame, pas la mienne.
Ton permis et ta carte grise, allez !
- Un instant. - Elle les prend.
Vous avez parfaitement raison.
Tout est normal.
- Je vous avais dit qu'on n'avait pas bu. - Baisse d'un ton.
- Monsieur Renzulla ? - Renzullo.
- Vous pouvez venir un instant ? - Oui.
Vous savez qui est cette dame ?
Oui, mais je la connais depuis peu.
Mademoiselle Gaia Arpea
a �t� d�nonc�e deux fois pour harc�lement.
- Ce n'est pas Gaia Arpea. - Elle a dit s'appeler comment ?
Elle s'appelle Eliana...
Eliana Rame ?
Une psychiatre qui �crit des livres.
Pensez-vous ! Elle est suivie par une psychiatre de ce nom.
- Quoi ? - Je vous le dis !
Quelle est la nature de vos rapports ?
- Comment ? - Quelle est la nature de vos rapports ?
Ludique.
Vous avez bais� ?
- Comment ? - Vous avez bais� ou pas ?
Il n'y a personne !
Renzulli...
Vous ignorez ce que vous risquez.
- Tenez cette femme � l'�cart. - Oui.
C'est de la dynamite pour vous et votre famille.
En sortant, faites une t�te normale. Vous savez faire ?
Bien s�r.
Saluez-la et ne dites rien.
- Et demain, disparaissez. - Non, aujourd'hui !
- Je peux filer maintenant ? - Non, il faut attendre.
- D'accord. - Attendez puis disparaissez.
Les imb�ciles ! Ils ont tout g�ch� !
- On n'a pas pu finir ! - Finir quoi ?
- On va chez moi. - �a suffit !
On a d�fonc� la voiture des carabiniers !
Mais on n'est pas nous !
J'en peux plus de cette connerie !
Moi, je suis moi. Toi, tu es un ange, un aigle ou ce que tu veux.
Tu m'as fait passer pour un con !
On s'est bien amus�s, maintenant, salut !
Ne me rappelle plus, �a suffit !
Putain de merde !
Pourquoi vous rigolez ?
- Je suis si moche que �a ? - Non.
Eh bien alors !
Je te connais depuis 30 ans,
je reviens d'un congr�s et l�, j'ai un mari chauve !
Je t'en prie, on s'est d�j� pay� ma t�te au travail.
- Aidez-moi. - Tu as raison, pardon !
On est b�tes, ch�ri.
Tu me plais avec ou sans cheveux, avec ou sans barbe...
Tu avais une moustache quand on s'est connus.
�a me vieillissait.
- Je peux venir aussi ? - Viens, mon c�ur.
Tu veux aller o�, mon c�ur ?
- Tu avais une moustache ? - Oui.
Comme un gros matou !
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Qu'est-ce que tu veux ?
- Je dois te parler. - Je n'ai pas le temps, va-t'en !
Pousse-toi !
Mais c'est de menottes ? Tu t'es menott�e ?
Tu ne r�ponds pas au t�l�phone.
Tu crois pouvoir m'utiliser � ta guise ?
Mais qui t'utilise ?
Demain, je porte plainte !
Accorde-moi juste une heure.
Non, va-t'en !
Alors, je reste attach�e ici !
Donne-moi la cl�.
- O� est la cl� ? - Dans ma culotte.
- Comment ? - Dans ma culotte !
Prends-la.
Dans ta culotte ?
- C'est un porte-cl�s ? - Non, un bouton.
Un bouton ?
Elle est vers l'aine gauche ou vers l'aine droite ?
Au milieu.
Bonjour, monsieur Renzullo !
Monsieur Gastoni ! Madame !
Madame...
Qui m'a envoy� cette timbr�e ?
Je comprends qu'il y ait eu un moment d'engouement.
�a peut arriver mais �a suffit.
Je suis fatigu� !
Je suis compl�tement d�connect�.
Je suis tourment� !
Arr�te de tripoter ce truc !
Je ne renie rien, on ne renie pas ces choses.
On les appr�cie, m�me.
Mais c'est toi qui as dit :
"On est des anges, des animaux, on doit dispara�tre..."
Eh bien, voil�, disparaissons !
Tu fais quoi ? Arr�te !
Miaule !
C'est moi, �a ?
- Mignon, hein ? - Tu m'as film� ?
Un souvenir. Au moins comme �a, je peux te voir... en dvd.
D�truis ce dvd, imm�diatement.
J'en ai fait 100 copies.
- Combien ? - Cent.
Qu'est-ce que tu veux de moi ?
De la consid�ration, de l'affection !
Mais c'est du chantage !
Tu me fais du chantage.
- Je te fous en prison. - Et moi, sur Internet.
- O� �a ? - Sur Internet !
Une copie � ta femme, une sur Internet et une � la r�daction.
Je suis la vraie Eliana Rame, la psychiatre de Gaia.
Je la suis depuis 12 ans.
12 ans !
Elle est atteinte d'un syndrome bipolaire.
Elle alterne les bons et les mauvais moments.
Elle peut aller bien et travailler pendant de longues p�riodes.
Mais �a finit r�guli�rement mal.
On ne peut pas prendre un papier
et �crire ses pathologies pour la faire interner ?
- Il faut l'interner ! - Oui.
Je pourrais mais il faut la d�noncer pour harc�lement.
Vous pouvez porter plainte ?
Combien de fois avez-vous couch� ensemble ?
Combien de fois ?
Deux ?
Et elle vous aurait pas film� par hasard ?
Oui, malheureusement.
Eh bien...
- Eh bien quoi ? - Eh bien, c'est la merde.
Pardon mais elle peut vous faire chanter.
- Je dois faire quoi ? - Voici un conseil professionnel.
Ne vous mettez pas contre elle.
Les personnes bipolaires comme Gaia, je ne veux pas vous alarmer,
mais elles peuvent devenir dangereuses.
- Dangereuses comment ? - Dangereuses.
Dans un communiqu� audio remis � Al Jazeera,
le chef d'Al Qaida, Obama Ben Laden, s'exprime � nouveau.
- Qu'est-ce qu'il raconte ? - Il est tar� !
Ce n'est pas possible !
- On fait quoi ? - Il a perdu la t�te.
J'envoie la pub ?
Je ne me sens pas bien.
En attendant, vous pouvez lancer le reportage...
- Le reportage ! - Les pandas chinois en captivit� ?
- �a va ? - Je me sens mal.
- On te remplace ? - Oui.
- Tu peux le remplacer ? - Oui, j'essaie.
- Je me sens mal... - Emm�ne-le.
Une chaise !
- On se voit pour le d�jeuner. - Salut, ch�rie.
Repose-toi, mon c�ur.
Je rentrerai plus t�t pour �tre avec toi. Repose-toi.
Salut, ch�rie.
Repose-toi...
Vous n'avez pas les cl�s ?
Vous avez oubli� quoi encore ?
Et si tu avais crois� ma femme, l� ?
- Laisse-moi entrer. - Non, c'est chez moi, sors !
Bon, tu ne veux plus entendre parler de moi ?
- Je comprends. - Des mots sens�s !
- Tu crois que je suis folle ? - Et comment !
Bon, je disparais, tu ne me verras plus.
Tu vois que tu peux �tre raisonnable ?
Tu peux �tre pond�r�e, tu vois ?
Mais au moins... mets-moi enceinte.
Quoi ?
- Je veux un enfant de toi. - Quoi ?
Bon, si tu ne veux pas, alors...
Donne-moi ton sperme.
- Te donner quoi ? - Ton sperme !
Mon sperme ?
Grosse d�gueulasse ! On ne donne pas son sperme comme �a !
Regarde-moi dans les yeux.
Tu veux combien pour d�guerpir ?
Dis-moi, tu veux combien ?
Cinq, dix, quinze...
Combien pour acheter tout le sperme que tu veux ?
- Combien ? - Oui.
Moi, je veux un enfant, et toi, tu me donnes de l'argent ?
C'est une t�te assyrienne !
- Je m'en fous ! - Pas le vase sum�rien !
- Quel d�sastre ! - Sors de ma vie !
- Va-t'en ! - Toi, va-t'en, sale folle !
Pas le vase de famille !
Non, �a vient de Tunis !
- Et ne me rappelle plus ! - Moi, te rappeler ?
Moi, te rappeler !
C'est moi qui veux la rappeler, maintenant ?
Je suis tomb� sur le diable !
Seigneur !
Qu'y a-t-il ? Mon mari va bien ?
Ne vous inqui�tez pas, montez.
- Papa ? - �a va ?
- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Qui a fait �a ?
Des voleurs.
Apparemment, il y a un gang qui fait �a.
Comme au-dessus, l'ann�e derni�re.
- Tu n'as pas mis l'alarme ? - Non, j'�tais sorti un moment.
- En pyjama ? - Non, je me suis chang�.
Je l'ai remis pour �tre � l'aise.
- Monsieur Renzulli ? - Renzullo.
- Veuillez me suivre. - Oui.
On a la sensation que ce n'est pas un cambriolage.
- Comme une sorte d'avertissement. - Ah, bon ?
C'est possible.
Au fait, et cette femme ?
- Quelle femme ? - Celle de la voiture.
Vous rigolez ? �a fait des jours, d�j� !
- Vous ne l'avez plus fr�quent�e ? - Mais non !
- Alors, je porte plainte contre X. - Oui, contre X !
Mais promettez-moi de ne plus la revoir.
- Bien s�r. - Dispara�tre !
Je ne veux plus habiter ici.
Qui nous en veut autant, papa ? Pourquoi ?
Mon c�ur, papa a dit n'importe quoi.
- Ce ne sont pas des voleurs. - C'est qui ?
Une folle qui me harc�le, j'ignore ce qu'elle me veut,
ce qu'elle cherche.
C'est elle.
- Tu as couch� avec elle ? - Mais non, enfin !
- Papa ! - Je peux pas y croire !
J'ai �t� con, mais je vous demande...
de vous serrer
autour du chef de famille,
de lui donner de la force, du soutien et de la chaleur.
Car c'est la famille qui fait la diff�rence,
� travers l'affection, l'amour et la protection.
Je sais, j'ai fait une connerie.
M�me si �a aurait tr�s bien pu vous arriver aussi.
Mais je vous demande trois choses.
Soutien,
compr�hension,
pardon.
Vous me pardonnez ?
- Essayons de parler. - Tu as tout g�ch�.
- Georgia, viens voir papa. - Arr�te, tu es ridicule.
Parfois, l'amour peut donner des baffes. Et m�me si on en a d�j� re�u,
� chaque fois, �a fait aussi mal.
L'amour n'�pargne personne.
L'exp�rience est inutile dans ce m�tier.
Une baffe, � 20 ans, �a t'assomme autant qu'� 60.
Voil�, c'est �a le mal d'amour : des baffes !
Fabio, on aurait pu te licencier.
Mais tu es proche de la retraite.
Tu as de l'anciennet�.
Je n'ai pas trouv� �a opportun.
Et puis, tu m'as toujours dit qu'un des r�les...
les plus d�licats de notre m�tier,
est celui de l'envoy� sp�cial.
Vous m'envoyez o� ?
En Afrique centrale.
- � Nairobi. - Il y a le paludisme et le chol�ra !
Mais j'ai la diverticulite.
Je suis un traitement de Flagyl, sept fois par mois.
Si je vais l�-bas, je suis fichu.
Les diverticules, �a ne rigole pas !
Bon, dans deux ans tu seras � la retraite.
- Encore �a ! - C'est la v�rit�.
Et apr�s tout ce qui s'est pass�...
Oui, on efface tout ! Apr�s tout ce qui s'est pass�,
c'est la seule mission prestigieuse que j'ai r�ussi � te trouver.
Et une capitale d'Europe du Nord ?
Stockholm, Helsinki, Oslo...
- Pourquoi pas Oslo ? - Il ne s'y passe rien.
Dis-moi quand tu es pr�t � partir.
On d�nera et on trinquera, avant ton d�part,
� ton succ�s. � toi !
Me voil� !
Excusez-moi, tenez.
Qui est-ce ?
Je pars, je ne peux pas.
Je m'en fiche, j'ai un avion dans deux heures, pour l'Afrique.
Et puis, cette femme m'a g�ch� la vie. D�sol�.
On nous l'a amen�e dans un sale �tat.
Elle vous demande et veut vous donner une chose importante,
sinon, elle refuse la nourriture et le traitement.
Je suis terrifi� � l'id�e de la revoir.
Elle est sous s�datifs, elle est inoffensive.
Attendez ici.
Monsieur Renzullo est l�.
Salut.
Je suis contente que tu sois l�.
- Comment �a va ? - Bien.
�a, c'est ma deuxi�me vie.
Ici, je gagne toujours � la belote.
Pourquoi tu voulais me voir ?
Je voulais te demander pardon.
Je vis comme �a.
Je fous la pagaille et je demande pardon.
- J'ai quelque chose pour toi. - Quoi ?
Les cl�s de chez moi.
- Tu te souviens du dvd ? - Oui.
Il est � c�t� de la t�l�.
Prends-le.
Je veux que tu le gardes.
D'accord.
- Tu n'avais pas fait 100 copies ? - Non.
- Une seule. - �a me paraissait bizarre...
Bon, merci.
- �coute, Fabio. - Oui.
M�me si tu en avais envie, ne viens pas me voir.
- R�siste. - Bien s�r que je r�sisterai.
De toute fa�on, je pars.
Ah, oui ? O� �a ?
O� ? Tr�s loin.
Je pars vraiment loin.
Je suis envoy� sp�cial, en Europe du Nord.
- Alors, bon voyage. - Merci.
- Tu as regard� les cartes ? - Non.
Po�me pour Fabio.
C'est reparti...
Qu'est-ce qu'elle me veut encore ?
"Toi et moi sommes le soleil, la lune,
la lune, le soleil, le jour, la nuit, la nuit, la lune...
la nuit, le jour, le jour, la lune,
le soleil, l'obscurit�, les �toiles, le jour, la lune...
la mort..."
Oh, mon Dieu, excusez-moi !
Vous ouvrez un ascenseur comme une porte de saloon ?
S'il y avait eu un gamin, vous l'auriez d�capit� !
Je suis navr�...
J'habite au-dessus, l'ascenseur n'arrive pas jusque-l�.
- Je vais vous chercher de la glace ? - Non, �a ira.
�vitez les marches arri�res, la prochaine fois, regardez devant vous.
Excusez-moi, c'est � vous ?
Non ! Si ! C'est � moi.
Pardon.
Je me tire, cet immeuble porte la poisse !
Vole !
Non, pardon ! C'est � moi !
- C'est personnel, n'y touchez pas. - Esp�ce de d�gueulasse !
- Jetez pas vos ordures dans le fleuve ! - Vous accostez o� ?
Enfoir�, va !
- � l'a�roport ? - Non, suivez le bateau !
- Le bateau ? - Longez le Tibre, on verra bien.
Il finira par accoster quelque part ce con !
- J'ai un taxi, pas un bateau ! - D�p�chez-vous !
Je ne peux pas continuer � vivre avec ce cauchemar !
Ne vous fiez pas aux apparences, Fabio Renzullo n'est pas d�truit.
Il a seulement besoin d'y voir plus clair.
Il �tait peut-�tre trop s�r de lui.
Ou alors, tout simplement,
sa fl�che est encore en voyage.
Troisi�me �ge de l'amour L'�GE DE LA RAISON
Une chose est s�re :
le c�ur ne prend jamais sa retraite.
Cet homme est la preuve qu'on ne peut pas d�cider seul
d'arr�ter d'aimer, quel que soit l'�ge que l'on a.
Bonjour !
- Bonjour, madame. Salut, Sara. - Bonjour, professeur.
- Alors, c'est pour quand ? - J'ai la robe, on se marie le 20.
- F�licitations, � Renato aussi. - Merci.
Renato... Il oublie tout le temps qu'il s'appelle Roberto.
Adriano !
Viens voir ! Il faut que je te montre un truc.
Mon cousin les a rapport�s de Talamone.
Il veut que tu y jettes un �il. Pour moi, ce sont des couverts.
Non, ignorant... Ce sont des instruments de chirurgie romains.
Premier si�cle apr�s J�sus-Christ. Il a trouv� �a o� ?
Ah, j'en sais rien... �a vaut dans les combien ?
Je suis historien.
Pour moi, on peut pas faire du commerce avec �a. C'est ill�gal.
Tu sais, en Italie, les lois ne sont pas obligatoires.
Elles sont plut�t facultatives !
Bonjour, Adrian... Augusto...
- Bonjour, les s�urs ! - S�urs mais pas nonnes.
On se voit ce soir, alors ?
- � quelle heure ? - 20 h ?
C'est trop t�t. Disons 20 h 30, chez toi.
- D'accord. - Merci.
- Salut. - � plus tard.
Ce soir, avec les s�urs Vip�res, pas d'allusion sexuelles,
elles risquent de se faire des id�es.
Pr�vois quand m�me un petit Viagra... on ne sait jamais !
Vous savez que c'est en Europe qu'il y a le plus de rapports anaux !
Je t'en prie, Augusto !
Tu n'as que le sexe en t�te, toi.
C'est une statistique. Et l'Italie a la premi�re place.
Une personne sur quatre le pratique.
Un, deux, trois et quatre. Quelqu'un ici est bon pour...
Allez ! On change de sujet !
Oui, changeons de sujet.
Adrian, tu as choisi le titre de ton livre ?
Glaives, foufounes et orgies dans la Rome antique.
S'il te pla�t !
Excusez-le, c'est un animal, il ne pense qu'� �a.
Si on ne peut pas parler de sexe, on peut le pratiquer.
Ton t�l�phone.
- Ton t�l�phone. - Oui.
Ma fille !
All�, Viola ?
Rien, je...
Je papote avec des amis.
Tu es o� ?
O� ?
Ma fille vient d'arriver de Paris, je ne la vois pas depuis deux ans.
Bon, allons dormir, il est tard.
D�sol�, il s'est fait tard.
Bon, je n'insiste pas.
- Le rendez-vous est juste repouss�. - Un dessert ?
- La prochaine fois. - D'accord.
Il n'aime pas les fruits.
Bonne nuit.
J'adore parler avec toi.
Merci, bonne nuit.
Salut.
Que penses-tu des statistiques d'Augusto ?
Quelles statistiques ?
Un dernier verre ?
Merci, mais je ne peux plus boire.
- Une liqueur de noix ? - Non, merci.
- Une liqueur des Fr�res trappistes ? - Silvana, allez !
J'arrive, va-t'en !
Eh bien... bonne nuit.
Je n'ai pas de rapports depuis six ans
alors, ce n'est pas avec toi que je vais coucher !
Notre coll�gue Fabio Renzullo
a �t� captur� par des rebelles somaliens.
Les images de sa captivit� ont fait le tour du monde.
Je suis Fabio Renzullo. Ils m'accusent d'espionnage.
Mais je ne suis pas un espion.
Si, j'en suis un.
Mais je le connais, ce gars.
On me traite avec humanit�...
Avec dignit�, oui, avec dignit�.
C'est le type que j'ai assomm�.
La Cour islamique Al Shababah demande, sous 48 heures,
la lib�ration de 22 combattants d�tenus � Nairobi.
Si leur demande n'est pas accept�e, ils m'ex�cuteront.
Que fait-il prisonnier en Somalie ?
Je vous en prie, acceptez leur juste proposition.
J'implore le gouvernement...
J'implore le gouvernement, les Affaires �trang�res,
de ne pas m'abandonner et de comprendre leurs raisons.
De comprendre leurs raisons.
Comment se fait-il qu'un homme
qui a le cerveau d'un primate
puisse engendrer une telle merveille ?
Viola !
Bonjour, je m'appelle Adrian, je suis un ami de ton p�re.
Le professeur am�ricain ? Enchant�e.
- Bienvenue. - Merci.
Pardon, j'ai la main un peu moite.
- Il fait tr�s chaud. - Pas de souci.
- Bonne journ�e. - Toi aussi.
On aurait peut-�tre d� y aller seuls.
Viola, c'est un homme sp�cial, sensible.
On a m�me des points communs : en 68,
il faisait la guerre au Vietnam et moi, je manifestais contre.
Il y a deux ans, il enseignait � Boston.
Quand il a pris sa retraite, il est venu � Rome.
Au d�but, je l'ai trouv� tr�s snob, pas sympa du tout.
Quand je demandais quelque chose, il disait : quoi ?
Mais j'ai su qu'il a eu de sacr�s soucis....
Sa maladie, sa greffe...
- Une greffe ? - Oui, une greffe du c�ur.
Il y a 7 ans, il est rest� 14 heures sous anesth�sie. Incroyable.
Il a fallu attendre trois ans pour trouver un c�ur.
Ils ont d� l'ouvrir en deux.
Apr�s, il avait peur de son nouveau c�ur, il ne dormait plus.
Il avait peur de se faire avoir par ce nouveau c�ur.
Il a mis longtemps � se confier, ce gars garde tout pour lui.
Mais un jour, il m'a dit : j'ai transform� ma col�re en calme.
Le voil�.
Non, je ne suis pas en retard,
ta montre avance de 10 minutes, tout le monde le sait.
Cher professeur "Quoi ? Quoi ?"
- Montez devant. - Merci.
Raconte-lui ton arriv�e � Paris. Ils l'arr�taient dans la rue.
- Elle a �t� prise chez Yves Saint Laurent. - Un coup de chance.
Ne sois pas modeste !
Diriger une boutique, �a rapporte. Elle m'a offert ma voiture.
Papa, arr�te.
- C'est un atelier, pas une boutique. - Cette ann�e, je viens � No�l.
En 10 ans, elle ne m'a pas invit� une seule fois !
Je la comprends, tu es un peu... encombrant.
Pardon, je visais la Fran�aise.
Laisse tomber. D�sol�, il est ivre.
M�le-toi de tes oignons !
Alors ?
T'as perdu ton portable ?
Tes fractures aux dix doigts t'ont emp�ch� de t�l�phoner ?
Si c'est �a, je te pardonne, sinon...
- c'est que t'es une connasse. - Arr�te, tu es ivre.
Ta fille s'est trop mont�e la t�te, dis-lui quelque chose.
On a un invit�.
J'�tais venu � Paris pour toi !
Je me suis tap� 17 heures de route !
J'arrive, Madame �teint son portable.
Je t'ai cherch�e, tu �tais o� ?
- Parle ! - Tu te prends pour qui ?
Arr�tez, la demoiselle n'appr�cie pas votre pr�sence.
- Allez-vous-en. - Laisse tomber.
C'est qui, ce...
Papa !
Dehors !
Je ne vois plus rien !
Qui est l� ?
Je suis navr�e.
- Je suis d�sol� pour lui. - Tu parles !
En tant que p�re, si je ne bouge pas, �a signifie quelque chose !
- Mais c'est un con ! - C'est un ancien boxeur !
Ce n'est pas �crit sur son front.
Mais c'est moi qui ai pris le coup.
Il a failli me p�ter le nez ! Comment est mon �il ?
�a va.
- Pourquoi tu ris ? - Je te dois un coup de poing.
Bonne nuit.
J'ai appr�ci� ton geste, et mon p�re m'a parl� de ta situation.
Quelle situation ?
Ton c�ur... la greffe.
Ton p�re est juste envieux.
Ma vie est normale, je peux tout faire, m�me de la boxe.
Merci.
La vie est bizarre,
tu t'attends � un coup de poing et tu re�ois un baiser.
Tu fais quoi ?
Un petit footing.
Tu t'�puises en montant trois marches, et tu cours sous 40 degr�s ?
40 degr�s, ce n'est rien apr�s l'enfer du Vietnam.
� plus tard.
Il a perdu la boule !
Merde, je suis d�j� fatigu�.
Je dois arriver au coin de la rue,
sinon je vais passer pour un con !
Attention avec cette chaleur !
Va-t'en !
- Ce n'est pas grand-chose ! - Je les trouve o� ?
T'es un con ! Je t'ai juste demand� un service !
Je ne les ai pas ! Va-t'en !
Toujours seule, tu n'as jamais �t� l� !
Disparais de ma vue !
Maman avait raison, t'es vraiment con !
C'est toi la conne !
- Augusto, �a va ? - C'est rien, Maria.
Va-t'en !
Et que je ne te revoie plus !
Mademoiselle, qu'est-ce que je fais ?
�a fait 2 heures qu'on tourne en rond.
Je crois qu'on est arriv�s.
- Oui ? - C'est Viola. Je peux monter ?
Qui ?
Viola, la fille d'Augusto, le concierge.
Tu veux bien que je monte ?
Monte.
Je ne l'ai encore jamais utilis� comme lit.
Le vendeur m'a dit qu'il est confortable.
Merci.
C'est gentil de m'h�berger sans me poser de questions.
Mon p�re doit �tre sympa en tant qu'ami,
mais il est aussi insupportable, born�.
Vieux jeu.
Oui, mais pas vieux jeu genre romantique.
Vieux jeu genre casse-pied.
Je ne sais pas o� aller.
Je ne peux pas retourner � Paris.
Je t'expliquerai demain, c'est compliqu�.
Je ne veux rien savoir, j'ai confiance en toi.
Tu es chez toi.
Bonne nuit.
Pardon !
Je voulais une bouteille d'eau.
Ce n'est rien.
Bonne nuit.
Adrian !
Merde !
Professeur !
- Va-t'en ! - Je vais o� ?
L�, dans la chambre.
Adrian, tu es l� ?
Allez !
Je m'habille et j'arrive !
J'arrive !
Tu m'ouvres ?
- Dix ans de mensonges ! - Quoi ?
Et moi comme un cr�tin, je n'ai jamais eu de doutes !
Je me suis toujours vant� : "Ma fille travaille � Paris !"...
On aurait trouv� une solution, je sais pas...
Mais avec son visage d'ange, elle m'a roul� dans la farine.
Comment �a "dans la farine" ?
Elle n'�tait pas directrice d'un atelier,
mais strip-teaseuse, tu sais avec la barre, vous appelez �a comment ?
Lap dance, peep show... Bref, une putain !
Non, ne dis pas �a.
Si, une putain.
J'ai la boule au ventre, je te parle comme � un fr�re.
Elle m'a offert une voiture mais je me dis :
combien de peep shows �a lui a co�t� ?
- Une putain ! - Non, pas �a !
Je ne peux pas dire que ma fille est une putain ?
Ma fille est une vraie putain !
Bon, c'est une putain.
Elle est entre les mains d'escrocs.
J'ignore ce que fait cette conne !
Arr�te ces insultes.
Je suis venu me d�fouler, je l'insulte si je veux.
Elle m'a demand� 30.000 euros. O� je les trouve, moi ?
Je gagne 1.200 euros par mois et j'ai des �trennes � No�l.
M�me si je les avais, je ne lui donnerais pas 30.000 euros !
30.000 coups de pied au cul, oui !
Regarde-moi, calme-toi.
Rentre chez toi, installe-toi sur ton divan,
et calme-toi, �a va te passer.
- Me passer ? - Oui, tu verras !
- Tu feras la paix avec elle. - Laisse-moi rester.
Il vaut mieux que tu rentres.
Dans ces cas-l�, il vaut mieux rester seul.
- On se voit plus tard ? - Oui, demain.
Si l�, on me prenait la tension,
on m'enverrait tout droit aux urgences.
Je peux rester ou...
tu veux que je parte ?
Tu as un joli accent.
Le grand-p�re de ma femme �tait de Marseille.
Il a pass� des ann�es en prison. Je vais garder �a pour moi.
Ma m�re m'a appris le fran�ais.
Elle est n�e � Tunis, puis elle est rentr�e en Sicile avec son p�re.
Enfin, sur une �le pr�s de la Sicile.
Quand j'�tais petite, j'y allais pour les vacances.
C'est le plus bel endroit au monde, au pied du volcan.
Comment dit-on volcan en fran�ais ?
Mais je m'en fiche...
Pourquoi j'insiste avec ce fran�ais ?
�a ne va pas ?
J'ai chaud, le ventilateur ne suffit pas.
Tu pleures � cause de �a ?
J'ai tout rat�.
J'ai essay� de changer de vie, mais ce n'est pas facile.
On m'a pr�t� de l'argent
et j'ai ouvert un restaurant.
Je n'ai m�me pas vers� aux serveurs leur premier salaire.
Qu'est-ce qui rend une femme heureuse ?
Un emploi ? Je d�teste le mien.
Un enfant ? Je n'en ai pas.
Un homme � aimer ? N'y pensons pas !
J'ai l'impression d'avoir 80 ans, pas 40.
Tiens.
- Pourquoi ? - La pomme arr�te les larmes.
- N'importe quoi ! - En Am�rique, �a marche.
Ma femme �tait st�rile.
Mais on s'est aim�s quand m�me.
L'amour s'est �teint quand j'ai chang� de c�ur.
�a n'a pas �t� facile, hein ?
Je n'aurais peut-�tre pas aim� une vie facile.
Je ne peux pas rester ici.
Ces gens ne rigolent pas, et je n'ai pas cet argent.
J'ai peur qu'on s'en prenne � mon p�re.
Et � toi aussi.
�coute,
demain, c'est le 15 ao�t, il n'arrive jamais rien � cette date.
Les ennemis aussi prennent des vacances.
Et d'ici, on voit les plus beaux feux d'artifice de Rome.
Reste.
Si quelqu'un vient te faire du mal, je me battrai avec lui.
J'ai arr�t� de pleurer.
Bien...
La pomme fonctionne aussi en Italie.
- Trinquons � Rome ! - � Rome et � ton livre.
Merci. � mon livre !
Encore ? Je suis d�j� saoule !
� la vie !
Je veux trinquer sur le muret de la terrasse.
Je vais sauter !
Tu es folle !
Trinque ici !
Fais-moi monter.
Trinquons � ce 15 ao�t si �trange et si beau...
Attends, je cherche une rime... Voil� !
Professeur ?
On boit un verre, comme deux petits vieux ?
En ce 15 ao�t de solitude ?
Il doit �tre aux chiottes.
Je ne l'ai pas vu sortir.
Professeur !
On trinque...?
Bon.
C'est mon premier 15 ao�t sans faire de strip-tease.
�a allait jusqu'� 20 strip-teases par soir.
6 ou 7 minutes par strip-tease, ni trop court, ni trop long.
Je n'ai jamais compris si le strip-tease
est une question de technique ou d'instinct.
Bon, je vais t'apprendre.
Tu vas m'apprendre ?
Le strip-tease ne s'apprend pas
en le regardant.
On l'apprend en le faisant.
Ce soir, tu vas te d�shabiller pour moi.
Je serais trop g�n� !
Tant mieux, tu seras encore plus sexy.
Il y a un truc contre l'embarras.
Il y en a m�me trois.
L'obscurit�,
la musique,
la torche.
On peut avoir ces trois choses ?
Tu es pr�t ?
Mets-toi de profil.
Comme �a.
Regarde-moi.
Ne souris pas. La bouche ferm�e.
Enl�ve ta veste.
Comme �a.
Deux tours.
On lance.
Enl�ve ta cravate.
Souple, avec nonchalance.
C'est bien !
Bravo.
Maintenant, fais voler tes chaussures.
Ton pantalon.
Deuxi�me bouton...
Allez, improvise.
Ta chemise.
Tous les boutons. Tous.
Et maintenant, le final.
Enl�ve tout, comme �a...
Tourne-toi.
Enl�ve tes mains.
Ma poitrine est refaite.
�a sonne.
On n'est pas l�.
Il est �teint.
Professeur !
Qu'est-ce qu'il t'arrive, Adrian ?
Augusto, qu'y a-t-il ?
Il ne r�pond pas depuis hier.
Il est arriv� quelque chose ?
- Tu as appel� les secours ? - Un 15 ao�t ?
- La police n'est pas en vacances. - Allez, on y va.
- Tu as essay� de d�foncer la porte ? - Ne dis pas de b�tises !
Doucement... J'y suis.
La fen�tre est ouverte, j'entre.
Je vais ouvrir la porte.
Professeur ?
- Des voleurs sont entr�s ! - Ils ont m�me mang� le g�teau !
Papa !
Augusto !
Esp�ce d'enfoir� !
Je vais te tuer !
Tu es venu d'Am�rique...
pour me couillonner !
Moi !
Mon Dieu !
Qu'est-ce que tu as ?
Aidez-le !
Eh bien, l'ambulance va s'occuper de lui au lieu de l'autre !
Aidez-moi !
Qu'est-ce qu'elle a, elle ?
Quand on croit que tout est fini et qu'on doit fermer boutique,
tout recommence de plus belle.
La vie ne finit jamais.
Enfin, si ! Mais c'est seulement un probl�me pour celui qui reste.
Alors ?
Il a fait un malaise, il refuse de me parler. Je pars.
Comment �a ?
- Je viens avec toi. - Je ne suis pas une femme � suivre.
Je t'aime.
- C'est trop compliqu�. - �coute...
Un homme de mon �ge ne dit pas �a facilement.
Je ne pensais d'ailleurs ne plus jamais le dire, mais c'est arriv�.
�coute-moi bien.
Tu vas en Mongolie ? Je viens avec toi.
Tu y vas en v�lo ? Je te suis en v�lo.
Ce nouveau c�ur a d�cid� de t'aimer, je ne peux rien y faire.
Fais-t'en une raison.
� ton r�veil, tu verras ce visage pendant encore tr�s longtemps.
Cher Augusto,
on croit savoir comment marchent les choses.
Mais un jour, ta vie change.
M�me � notre �ge. C'est ce qui m'est arriv� !
Ta fille est extraordinaire, elle te ressemble beaucoup.
On s'est enfuis, comme deux ados qui font une fugue d'amour.
Le ch�que te servira � r�gler ses dettes.
Mais elle ne sait rien de tout cela et ne devra jamais le savoir.
Adieu, mon ami. Je suis un nouvel homme,
et j'ai r�alis� que la vie n'est pas celle que l'on vit
mais celle qu'on vivra,
m�me si on croit avoir d�j� tout v�cu !
�a arrive ?
Allez, on y va.
- Qui est Satriano ? - C'est moi.
C'est un joli petit gar�on.
Prenez-le.
- Merci. - De rien.
Salut, beaut� !
Je suis ton p�re... Tu sais �a ?
Je pourrais m�me �tre ton papi !
Justement, tu as de la chance
car quand ton papa te grondera,
tu pourras courir te faire consoler par papi.
J'aimerais l'appeler comme mon grand-p�re,
mon grand-p�re italien, Giovannino.
Trouvez-lui vite un nom, il faut le d�clarer aujourd'hui.
- Salut, Giovannino, grandis bien. - Giovannino ?
Il n'a pas encore de pr�nom !
Il s'appelle Giovannino, croyez-moi.
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