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Votre fleur.
Allez, mes ch�ris. C'est le moment de saluer.
Tr�s bien, mes cocottes. Tr�s bien.
Et voici la grande, la merveilleuse, Mercedes.
80.000 ce soir.
Mais c'est pas vrai! Qu'est-ce qu'elle fait?
Je vais la chercher.
Monsieur Baldi?
Monsieur Baldi, il faut qu'elle descende maintenant.
Mercedes vient de commencer.
Occupe-t-en.
Moi, j'en peux plus.
Je vais la tuer.
�a marche bien ce soir, Monsieur Baldi.
On a fait combien?
12.000 de plus qu'hier.
Monsieur Baldi, on fait quelque chose pour l'addition du--?
Non, plus de r�ductions.
Elle est grosse, l'addition?
-5.000 environ. -Et combien ils sont?
Deux.
On ne comptera pas les caf�s pour cette fois.
J'y arrive pas. M. Baldi, il n'y a rien � faire.
-Insiste, nom de dieu! -�a ne sert � rien.
�a ne sert � rien.
Dis � Mercedes de me remettre cette chanson.
Bravo, chers amis, bravo!
Je prends ma trousse.
Je suis navr� de vous d�ranger. Elle ne veut pas se lever.
-Vous d�niez, bien s�r. -Oui.
Il faut qu'elle entre en sc�ne dans dix minutes...
et elle n'est pas maquill�e.
Je n'ouvre pas!
C'est moi, Zaza.
C'est le docteur.
Je ne suis pas visible!
-Zaza. -Non.
-Zaza. -Non.
On va se montrer, hein?
On va vite se montrer pour que le Docteur voie Zaza.
Mais je suis affreuse, je suis affreuse, enfin!
Zaza, votre public vous attend et mon d�ner refroidit.
Soyez raisonnable, je vous en prie.
Docteur! C'est que je suis si malheureuse!
Si malheureuse, vous savez!
C'est un petit coup de d�pression.
-Non. -�a va se passer.
J'ai envie de mourir, Docteur.
-Vous �tiez en train de d�ner? -Oui.
Mais �a se r�chauffe, au moins?
Du lapin � la moutarde.
Alors �a se r�chauffe bien, tant mieux.
Voil� ce que vous faites. Faites r�duire le fond de sauce...
dans la sauteuse, hein.
Attention, vous faites �a dans une sauteuse en cuivre.
�a, je dis toujours � mes amis. Surtout, la sauteuse en cuivre.
Sinon, alors, je r�ponds de rien--
Tu meurs, ou tu cuisines?
Toi, tais-toi, hein!
C'est � cause de toi que j'en suis l�!
Regarde ce que je suis devenu par ta faute!
Une loque humaine.
Une �pave! Un d�chet!
Quand je pense qu'avant de te rencontrer...
j'avais les �paules si belles...
Regarde ce qu'elles sont devenues maintenant--
C'est tous les soirs la m�me chose.
Je t'ai enregistr� hier.
Regardez � quoi il joue pendant que je souffre.
Tu veux continuer en play back?
Je lui fais une piq�re.
Non, Docteur! Pas de piq�re!
Et vous demandez � sa doublure de jouer ce soir.
Je serai raisonnable.
Bon.
On va descendre travailler?
Il lui reste des calmants?
Oui, il doit rester un ou deux comprim�s dans le coffret.
Enfin, il n'y a pas de probl�me.
Deux comprim�s comme d'habitude apr�s le spectacle.
-Je vous laisse. -Au revoir, Docteur.
On commence � peine la saison.
Qu'est-ce que je fais, moi, si je tombe malade?
Je ferme la boite?
�a n'est pas grave. C'est un petit coup de fatigue.
Soyez gentil avec lui, m�nagez-le...
et tout se passera bien.
-Bonsoir M. Baldi. -Bonsoir.
Encore merci.
Tu sais l'heure qu'il est?
Tu veux couler l'affaire, ou quoi?
Tu le fais expr�s.
Pourquoi tu te maquilles les cuisses?
On ne voit pas tes cuisses en sc�ne.
L'indiff�rence est la chose la plus horrible.
Je fais deux mois de r�gime.
Tu n'as m�me pas remarqu� que j'avais maigri.
Je me suis d�traqu� la sant� pour toi.
Tous ces coupe-faims, ces diur�tiques.
Rien.
Pas un mot.
Pas un encouragement.
Tu ne me vois pas.
Tu ne m'aimes plus.
Tiens, l'autre jour...
j'ai achet� un petit ensemble...
je l'ai mis...
pour te faire plaisir.
Rien.
Albin...
je vais tomber malade si tu continues.
C'est possible.
Tu ne m'aimes plus, Renato.
Apr�s tant d'ann�es de vie commune...
tu me regardes comme un pot-au-feu...
plus comme une reine de th��tre.
Tu me trompes, Renato.
�a recommence.
Il y a un homme dans ta vie, �a, je le sais.
Il n'y a aucun homme.
Seulement il y a 250 personnes qui attendent...
que la Diva se d�cide � entrer en sc�ne.
Ils se sont d�plac�s pour toi, pour t'applaudir.
Pour applaudir la grande Zaza Napoli!
Qu'est-ce que tu fais pendant que je suis en sc�ne?
O� est-ce que tu tra�nes?
Pendant que je me tue en sc�ne!
Vas-y.
Frappe-moi.
Frappe-moi.
Alors?
T'inqui�te pas, �a ira.
Ce n'est pas si mal. C'est rien du tout.
-Tu t'es fait mal? -Non.
Tes petits poings...
Allez. D�p�che-toi.
Tu m'aimes toujours, dis?
Mais oui. D�p�che-toi.
Qu'est-ce qu'il y a?
Mon �ventail!
Bon, vas-y. Jacob va te le descendre.
Mon �ventail! Je ne peux pas chanter sans mon �vantail!
Jacob! Apporte l'�ventail de Zaza sur le plateau.
Mon �ventail!
-Bonsoir, mes ch�ris. -Salut, Zaza.
J'en ai marre de Sa Gonzesse
On est toutes les bonnes � cette p�tasse.
Mercedes, moins haut, s'il te pla�t...
il y a une camarade qui travaille.
Pourquoi elle est descendue? J'aurais pu finir la soir�e.
Mercedes, �a commence � aller trop loin!
Je veux savoir si c'est quatre chansons ou si c'est huit.
-Ce soir, j'en ai chant� huit! -Demain, on discutera de �a.
Non! On r�gle �a ce soir.
Je ne veux pas d�pendre des humeurs de Madame!
Elle n'a qu'� moins tra�ner au lit, ce gros moule!
Je ne veux pas que parles comme �a d'Albin.
Et d�s demain, tu t'habilles en homme.
Non, je t'en prie. Pas �a!
J'ai dit au gar�on qu'il aille chercher Henri.
-Henri? -Oui, Henri.
Alors, mon �ventail, merde, alors!
Tout de suite.
Jacob.
Je t'ai d�j� dit que je ne voulais pas te voir � poil...
dans la maison.
-Tu n'aimes pas? -Non.
Pourquoi tu ne veux pas que je danse? Regarde-moi.
Qu'est-ce que j'ai de moins que les autres?
Quelque chose en plus. Tu sais faire la cuisine.
Allez. D�p�che-toi. J'ai besoin de toi.
Qu'est-ce qui m'a foutu une bonne pareille!
C'est pas vrai!
Je peux te voir une seconde, Renato?
Non, mais c'est la nuit, et j'ai un rendez-vous.
Il faut me foutre la paix.
Qu'est-ce qu'il y a?
Qu'est-ce qu'il y a?
P�tonia, qu'est-ce que tu m'as encore invent�, toi?
J'attends un enfant.
Comment?
J'attends un enfant.
Tu as fait un autre enfant � ta femme?
-Oui. -Mais, c'est le septi�me.
Et comment peux-tu esp�rer faire une carri�re?
Viens. Regarde-toi dans la glace.
Tu t'�puises � procr�er.
Tu vois bien que tu vieillis de jour en jour.
C'est vrai.
Allez, je parlerai au comptable...
il te versera l'allocation de maternit�.
Non. �a va.
Va travailler. Va travailler.
Comme tu es gentil, Renato.
Tu sais que tu me co�tes cher.
Jacob...
enl�ve-moi cette perruque,
autrement je dirai � Albin que tu portes ses perruques.
Moi, je lui dirai que tu fais des petits soupers d'amoureux...
pendant qu'elle travaille.
Allez, fous-moi le camp. A la cuisine.
Viens ici.
T'es de plus en plus beau, tu sais?
Tu m'offres un verre?
Scotch? Champagne?
Champagne, tiens.
Il est en sc�ne?
Oui. Il en a pour deux heures.
�a va bien. On est tranquille.
Et Jacob?
Je lui ai donn� sa soir�e, mon ch�ri.
Nous sommes compl�tement seuls.
T'es en forme, toi aussi.
Mais non. Je suis tout gonfl�.
Le boulot, je travaille trop, je m'�nerve...
Alors, qu'est-ce que tu veux, je gonfle.
C'est vrai, tu me trouves en forme?
Tr�s.
Vraiment, t'es gentil.
La silhouette, �a peut encore aller...
J'ai quelque chose d'important � te dire.
Oui?
C'est pas facile.
Je vais me marier.
Non.
Je voulais te l'�crire dans une lettre,
C'est une fille formidable. Je suis s�r qu'elle te plaira.
T'es contrari�?
Non.
Au contraire, je devrais �tre content.
J'ai toujours esp�r� que tu ne serais pas...
enfin, que tu tomberais amoureux d'une fille.
Je devrais �tre content.
�a va bien.
J'�l�ve un gar�on pendant vingt ans, mon fils...
et puis une fille arrive, elle me le pique.
Une salope.
Une salope, oui, une salope.
Papa...
Excuse-moi.
�coute-moi bien, Laurent...
si jamais tu �pouses cette fille...
tu ne remets plus les pieds chez nous.
Je ne te donne plus un centime et on ne se revoit plus jamais.
Choisis.
Au revoir, Papa.
Pauvre petit imb�cile, viens ici.
Allez, on va f�ter cette catastrophe.
Je crois que �a marcherait.
Non, mais on peut toujours essayer:
Bon, commen�ons les d�g�ts.
Un mariage, bon dieu de bois, �a s'arrose!
Et vive le mari�!
Elle s'appelle comment, la salope?
Papa, s'il te pla�t.
Excuse-moi. Elle s'appelle comment, cette jeune fille?
Andr�a.
Comme �a t'es depuis un an � Paris avec un gar�on...
et tu nous apprends �a aujourd'hui.
R�ponds.
Eh bien, r�ponds!
Tu lui fais peur, Simon.
Ne la brusque pas comme �a.
Maman, hein...�a va.
C'est un gentil gar�on, Papa, vraiment s�rieux.
C'est lui qui a parl� le premier de mariage.
Que font ses parents?
Que font ses parents?
All�.
Ne quittez pas.
C'est pour toi.
Oui, all�?
Je leur ai parl�. Et toi?
Oui, moi aussi.
-Il est ravi. -Salope.
Il a sorti le champagne. On se pr�parait � f�ter.
Ah oui, j'ai mon verre dans la main.
A notre amour, Andr�a.
Je vais te le passer.
Papa?
-Papa! -Non.
Non.
All�?
Je bois � votre bonheur, Andr�a.
Merde.
Non, excusez-moi, je viens simplement de casser mon verre.
C'est pas grave. C'est du verre blanc, �a vous portera chance.
Tiens.
Une salope, une salope cette fille.
Il est sympathique, ton p�re.
�coute, je suis avec mes parents.
Je te rappelle demain matin.
Non, rien, ne t'inqui�te pas.
Moi aussi, � demain.
�a s'est tr�s bien pass�. Je suis contente.
Tu as vu comment on entendait bien?
C'est croire qu'il appelait de la pi�ce � c�t�.
C'�tait d'une clart�, alors!
Bien, je...
Il est tard. Je monte. Bonne nuit.
On t'a demand� ce que faisaient les parents de ce jeune homme.
Ses parents?
Rien... enfin...
C'est � dire qu'ils sont en vacances sur la c�te.
Mais enfin, ils ne sont tout de m�me pas toujours en vacances.
Ah, non.
Alors, que fait le p�re?
Il a des activit�s artistiques.
Artistiques?
Enfin, plut�t culturelles en somme. Voil�
Attach� culturel. C'est �a.
Il est attach� culturel � l'ambassade italienne.
Ah, bon. Il est dans la carri�re!
C'est bien, la carri�re.
Tu ne crois pas que c'�tait la premi�re chose � nous dire?
Et la maman travaille?
La maman?
Non. Elle s'occupe de ses enfants.
Elle en a des tas.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour M. Albin!
Bonjour M. Lef�bre.
Le petit est arriv�
Je vous mets un bon r�ti, alors?
Oui. Je passe le prendre tout � l'heure.
D'accord.
�a va, M. Albin?
Tr�s bien, M. Lepel. Des p�tes fra�ches et du parmesan.
-Le petit est arriv�? -Oui. Je me d�p�che.
�a sera jamais pr�t.
-Bonjour, M. Lafaille. -Bonjour, M. Albin.
Comme d'habitude?
Oui. Une nougatine et vous �crivez.
"A mon Lolo. Sa Tati.".
A mon Lolo. Sa Tati.
Merci pour le pain. Je me sauve parce que il va se r�veiller.
Dois-je vous livrer la nougatine?
Non. Jacob viendra la chercher.
Je peux prendre un chocolat?
Au revoir.
Jacob.
Qui j'ai vu l�?
Qui j'ai vu qui �tait l� ce matin?
Qui j'ai vu l�? Le petit ma�tre blanc.
Ton caf� est franchement d�gueulasse.
Vous les Fran�ais, vous faites vraiment un caf� de merde!
On m'a d�j� trait� de n�gre, on m'a d�j� trait� de tante...
mais jamais de Fran�ais.
Coucou, me voil�.
C'est l'�pici�re.
-Bonjour, toi. -Bonjour, Ma�tresse.
T'as pass� une bonne nuit entre sauvages.
-Tr�s bonne nuit. -Bien.
Fais attention aux commissions.
J'ai les fraises au fond. Attention.
Et n'oublie pas la nougatine chez Lafaille, � midi.
Bonjour toi.
Mon Dieu! Que tu piques.
Il dort encore. Je suis all� le voir tout � l'heure...
mon Dieu, qu'il �tait beau!
T'aurais pu me pr�venir...
que Laurent arrivait.
�a t'aurait �vit� une sc�ne.
La v�rit�, c'est que tu ne supportes pas...
de partager ton fils
Alors, tu me le caches.
Tu me gommes, tu m'�vinces.
J'ai une faim !
Mais t'en fais une t�te, toi, ce matin.
Mais qu'est-ce que tu as?
Il se marie.
Comment?
Mon fils, il se marie.
Tu es b�te, toi.
Je lui ai achet� des soles.
Il adore les soles. Je voulais prendre des langoustes...
mais les langoustes, c'est un peu cher.
Alors, j'ai pris des soles.
C'est dr�le...ce que tu viens de me dire...
parce qu'il y a huit jours, j'ai r�v� qu'il se mariait.
Alors on �tait tous � l'�glise, et on pleurait.
C'est...
C'est pas vrai, Renato.
Un esp�ce de fille qu'il a rencontr� � l'universit�.
�a devait arriver.
Avec une fille? Quelle horreur!
Pauvre petit bonhomme, ce n'est pas possible...
il est trop...jeune.
Il est tout petit encore...
il va g�cher sa vie, c'est tout.
Je lui ai dit. Bien s�r que je lui ai dit.
Mais, �a ne servira rien.
Il croit qu'il sera heureux. Peut-�tre, il le sera.
Il n'y a rien � faire.
Sur le moment, �a fait mal...
Je ne m'attendais pas � �a... C'est dur.
Je me sentais bien, et d'un seul coup, c'est...j'ai...
une crise de foie, sans doute.
C'est rien, �a va passer.
Salope. Cette bonne femme, tu sais...
Tu l'as mis au courant?
Voil�, la sale b�te!
Alors? On embrasse tout de m�me sa tatie.
Bonjour Albin.
On va nous le prendre, Renato.
Et on en aura plus d'autre.
Comme dans les miracles.
J'ai beaucoup pens� � ce mariage, Simon.
Dans le discours du pr�sident...
remplacez le mot "crapule" par "voyou".
Voyou.
La t�te de Mme Simoneau si nous �pousons le fils d'un diplomate.
A la place du mot "voyou", mettez "d�g�n�r�".
"D�g�n�r�".
Pensez � vos origines, Simon, quelle alliance!
Vous �tes fils de gendarme, apr�s tout.
Alors! Vous n'allez pas recommencer!
Y en a marre maintenant!
C'est fini! Fils de gendarme! Y en a marre � la fin!
Vous comprenez!
Voil�, regardez ce me me faites faire.
Andr�a est trop jeune pour se marier.
Je n'en reviendrai pas l�-dessus.
All�. Oui c'est lui-m�me.
Non.
Mon Dieu!
Mon Dieu!
Qu'est-ce qui se passe?
Le pr�sident Bertier est mort.
Le pr�sident? Mon Dieu!
Dans les bras d'une femme.
Une prostitu�e.
Dans les bras d'une...
Et mineure en plus.
Non!
Mineure et noire.
Comment?
Une prostitu�e mineure de couleur.
Ma carri�re est foutue.
Mais pourquoi, Simon?
Vous n'�tes pas responsable.
Vous m'entendez, Simon?
Vous n'�tes pas responsable de la vie priv�e du pr�sident.
Louise, je suis le secr�taire g�n�ral d'un parti...
qui s'appelle: L'Union pour l'Ordre Moral...
dont le pr�sident vient de mourir...
dans les bras d'une prostitu�e.
Vous allez voir les journalistes tout � l'heure.
Je mangerais bien un petit bout de chocolat.
Ah non, ils ont �crit "sa Tati"
C'est pas "sa Tati-l", c'est "sa Tati-E".
A Lolo, sa Tatie. Sinon, sa Tati, �a ne veut rien dire.
Sa Tatie.
Bon, ben, j'agace.
�a sent bon.
�a va mieux, hein.
Il viendra nous voir.
Il viendra nous voir avec la petite.
A propos, il faudra faire quelque chose pour la chambre.
Pour un couple, c'est quand m�me un peu juste.
Et puis alors, on aura des petits enfants.
Regarde-moi, toi.
Je te vois!
Je te vois, toi, en grand-p�re.
En train de pousser le landau avec tes gourmettes.
-Je casse un oeuf? -Non, je t'en prie.
Au moins dans la cuisine tu me l�ches,
Dans la cuisine c'est moi le patron.
La cuisine, c'est votre domaine.
Oui. Tu fais la vedette sur la sc�ne...
et ici, tu me laisses faire.
C'est �a. Eh bien je vais sur la sc�ne.
Vas-y. C'est �a.
Ne vous arr�tez pas. Faites le tour!
Monsieur Charrier n'est pas l�.
Non, ne pense pas qu'il rentre d�jeuner.
�a n'a pas arr�t� ce matin.
Et ton p�re qui n'arrive pas.
Maman?
Je voudrais te dire quelque chose.
Oui?
Voil�...
C'est au sujet des parents de Laurent.
Ne t'inqui�tes pas
On va en parler tout � l'heure avec ton p�re.
Non Maman,
je t'en prie, c'est ce qu'il faut �viter.
Si, si...
Tu vas avoir une bonne surprise
Mais qu'est-ce que vous faites l�?
Vous avez vu par la porte? J'ai pr�f�r� prendre l'�chelle.
Mais c'est dangereux! Vous pouviez tomber!
Mais je suis tomb�.
Et voil�!
Vous imaginez ce qu'a �t� ma vie ce matin.
Je vous pr�viens, moi, je m'en vais.
Ces journalistes qui appellent sans arr�t...
qui ricanent au t�l�phone...
Moi, je n'en peux plus!
Mais tout le monde, tout le monde ricane!
Tout le monde se tord!
Tout le monde hurle de rire.
Mais de qui on rit? De qui on se fout?
Mais de moi!
Gr�ce au pr�sident Ferrier, l'Ordre Moral...
est devenu une vaste rigolade.
Alors, merci Monsieur le Pr�sident. Merci!
Vieux cochon!
Il y a une solution, Simon.
Un grand mariage en blanc.
Quoi?
Le plus vite possible, pour retrouver votre image de marque.
Morale, famille, tradition.
Votre fille �pouse en blanc le fils d'un attach� culturel.
Le pr�sident, la prostitu�e: termin�!
Vous mariez Andr�a...
et vous demandez la b�n�diction du Pape, s'il le faut.
�coute, je suis d�j� compl�tement perdu.
en plus vous dites n'importe quoi. Moi, je coule.
Il faut la marier, Simon, et en grande pompe.
Et vous incarnerez � nouveau la tradition!
Les parents de ce jeune homme, o� habitent-ils?
Je ne fais pas n'importe quoi...
parce que je suis une vraie professionnelle.
Engage une d�butante si tu veux...
mais qu'elle ne g�ne pas les vrais artistes!
Tu vas voir ce que M. Salom� se permettrait...
pendant que je danse.
Play back.
Seulement avec moi, vous avez toujours �t� tr�s exigeant.
Je dois r�p�ter � n'importe quelle heure de la journ�e.
En costume et dans les lumi�res.
Et pour les autres, basta. C'est honteux.
Pour la reine de Broadway!
Vous faites n'importe quoi maintenant...
Il faut que je te parle.
Une seconde.
C'est joli d'avoir la cuisse longue...
mais �a ne suffit pas pour vous donner du talent.
Vous comprenez, mon ch�ri?
Papa, c'est important.
Tu vois bien qu'il r�p�te, non?
-Tu as vu ce qu'il fait? -Non, je parlais avec Laurent.
Il fait des bulles.
Non.
Il fait des bulles avec sa gomme pendant que je chante.
Mais il n'a pas � faire des bulles--
Et pourquoi il fait des bulles?
�a veut dire quoi, mon lapin, de faire des bulles, hein?
Sur son nez. Il a raison, c'est g�nant les bulles.
C'est pas parce que nous jouons une revue de travestis...
qu'il n'y a pas une situation dramatique, mon petit gars.
Il faut comprendre les choses.
Il faut te concentrer et penser � ton personnage.
Tu sais ce que c'est, ton personnage?
C'est ce bel inconnu, superbe, qui se prom�ne dans Broadway...
la d�marche virile, et puis tout � coup il se trouve...
dans cette chose incroyable, cette apparition.
Tu la regardes, et tu ressens...
comme une esp�ce d'appel sensuel...
qui t'�lectrise d�licieusement le bassin, l�, comme �a.
Essaie un peu.
Comme appel sensuel, c'est un peu exag�r�.
-Papa. -Qu'est-ce qu'il y a encore?
Je reviens tout de suite. Continuez sans moi.
-Je peux te parler deux minutes? -Qu'est-ce qu'il y a ?
Viens en haut, on sera mieux.
Andr�a arrive avec ses parents.
-Et alors? -Il veulent te conna�tre.
Tu as besoin de me d�ranger pour �a?
Elle a racont� que t'�tais attach� culturel...
et Albin, m�re de famille.
Mais elle est malade, celle-l�.
Papa, quand tu m'as inscrit � l'�cole...
tu te souviens de ce que tu m'as dit?
-Non. -Je m'en souviens tr�s bien.
Ah, oui?
Tu m'as dit, si on demande la profession de tes parents...
r�ponds, commer�ants.
Mais quel rapport?
J'imagine que le p�re de ton camarade...
a les id�es un peu plus larges que ton professeur.
Non Papa, plut�t moins.
Charrier, le d�put�.
L'Ordre Moral, tu connais?
Alors, � la question "profession des parents"...
j'ai r�pondu: Attach� culturel, et m�re de famille.
Voil�.
Alors, on fait quoi?
Je vends La Cage aux Folles, je m'inscris en Science Po...
je deviens diplomate? Et Albin, lui, il fait quoi?
Cut, il se fait op�rer?
Si son p�re apprend qu'elle a menti...
�a va se terminer en drame.
Essaie de nous aider, ce serait sympa.
De quelle fa�on?
D'abord, si on pouvait �loigner Albin quelques jours...
Albin? Tu t'en occupes, toi, d'�loigner Albin.
Tant pis. Il faudrait virer quelques trucs ici.
Par exemple?
Ben, �a par exemple.
Je sais pas moi...
-Et puis, �a aussi. -Le Grec? Pourquoi?
Et puis, �a aussi.
C'est tout?
Mais non, je ne sais pas... Essaie de faire plus simple.
Plus d�pouill�.
Tu vois ce que je veux dire?
Il faut aussi modifier le d�cor?
Un endroit de r�ve photographi� par Maisons &Jardins...
une centaine de fois...
�coute, on ne touche � rien ici, c'est bien compris?
Toi aussi, il faudrait que tu fasses un petit effort.
Un effort? Pour quoi?
Essaie de corriger ce qui est un peu...
Un peu sp�cial en ta fa�on d'�tre.
Est-ce que j'ai quelque chose de sp�cial, moi?
Papa.
Laurent...
je viens de faire repeindre ce mur, il y � peine un mois.
Entrez.
M. Renato, il y M. Albin et Salom�...
qui se tapent dessus. Il veut lui retirer son chewing-gum.
Oui, je mets du fond de teint, je vis avec un homme.
Oui, je suis une vieille Tata, mais j'ai trouv� mon �quilibre.
Et j'ai mis plus de 20 ans pour �a:::
et ce ne sera pas ton d�put� qui va tout d�molir.
Je m'en tamponne de ton d�put�.
Je l'emmerde, ton d�put�.
Vous partez en voyage?
St. Tropez.
Qu'est-ce que vous faites?
Je ne veux pas les voir!
Vous allez sortir par la porte et leur parler.
-Non! L�chez-moi! -Il faut annoncer la nouvelle.
C'est ce que nous avions d�cid�.
Faites-le vous m�me, apr�s tout, c'est votre id�e.
-Simon... -Moi, je descends.
Dites au chauffeur de faire demi-tour.
Alors? Vous nous quittez, M. le Secr�taire G�n�ral?
Irez-vous � l'enterrement de votre pr�sident?
Quel est � votre avis l'avenir de l'Union pour l'Ordre Moral?
Messieurs, je ne peux vous dire qu'une chose.
Je m'absente quelques jours pour m'occuper d'un �v�nement...
qui s'inscrit tr�s exactement...
dans l'esprit de notre mouvement
Voil�!
Ce qu'il est de mauvaise humeur le petit ma�tre blanc!
Je lui ai demand� s'il a bien dormi...
il me r�pond, "Tu t'habilles comme une pute".
Il a raison.
D�s ce soir tu t'habilles normalement...
comme un vrai ma�tre d'h�tel.
Et �a, tu me le descends � la cave.
Je ne veux plus voir tout �a, toute cette fanfreluche...
tout ces chichis, ces coussins, vire-les!
Tout �a, ce truc en priorit�, dehors, � la cave!
Non, c'est plus la peine.
Merci, Papa.
Laurent, ne me casse pas les pieds, je t'en prie!
Je dois parler � ce pauvre Albin, maintenant.
J'en suis malade!
Qu'est-ce que je vais lui dire?
Mais qu'est-ce que je vais lui dire?
Je vais lui dire, "Va-t-en, grosse vache...
tu encombres? Disparais, tire-toi, vieille tante."?
T'es peut-�tre pas oblig� de lui dire comme �a.
-�a va? -�a tape.
Tu ne devrais pas te mettre au soleil, tu sais?
C'est bon.
Non, pas du tout.
Dans ton �tat, le soleil n'est par recommand�.
Pourquoi me dis-tu �a?
Mais, tu t'es regard� dans une glace, ce matin?
Qu'est-ce que j'ai?
Tu es vert.
Non...
je suis tout bronz�.
Oui, tu es vert bronze.
C'est bien �a qui m'inqui�te.
Je pense que tu as besoin de quelques jours de vacances.
Non, pourquoi quelques jours de vacances?
Je me sens tr�s en forme.
Bien...je n'ai rien dit.
Renato, pourquoi me dis-tu �a? Tu me fais peur.
On t'a fait des r�flexions?
Le Docteur Desmangle t'a dit quelque chose que tu me caches?
Non, le Docteur ne m'a absolument rien dit.
C'est moi qui pense, comme tu es plut�t nerveux...
disons un peu d�pressif...
peut-�tre deux, trois jours de vacances...
ne te feraient pas de mal.
Dis donc, mon petit Renato...
je ne suis peut-�tre pas tr�s fin...
mais quand on me met les points sur les l,
je finis par avoir des lueurs.
Tu cherches � m'�vincer?
Depuis 15 ans, tu sais...
je commence � conna�tre tous les trucs.
A non, �a...
�a n'est pas bien ce que tu fais Renato.
Non.
�a n'est pas digne de toi.
Tu sais quel jour nous sommes?
Non.
Nous sommes le 25 Juin.
"Ah!", comme vous dites.
Le jour de notre anniversaire.
Vingt ans de vie commune.
�a fait plaisir.
Et vous avez attendu ce jour-l�, pour me mentir...
de la fa�on la plus ignoble.
Et pour me tromper.
Albin, tu veux le bonheur de Laurent, non?
Quel rapport, je vous prie?
Si tu veux le bonheur de Laurent, tu vas t'en aller.
Jacob?
Le petit ma�tre blanc m'a appel�?
Arr�te tes conneries. Sors-moi le Grec.
Tout de suite?
Mais oui. Il ne faut plus tra�ner maintenant.
Alors, on me rejette? On m'exile comme un l�preux!
-On a honte de moi! -Albin...
J'ai pass� des nuits enti�res au chevet de ce gosse.
J'ai tout sacrifi�!
Je lui ai donn� ma vie!
Albin, �coute-moi.
Non! C'est toi qui doit m'�couter, Renato!
Je reste ici � ma vraie place pour recevoir ces gens...
ou alors je ne remets plus les pieds dans cette maison!
Qu'est-ce qu'il y a?
Laurent, tu crois pas que t'aurais pu attendre un peu?
Ce n'est rien. J'ai compris.
On m'exclut! On me chasse!
On me chasse de ma maison.
�a n'est pas d'importance.
Je vais partir.
Je vous laisse.
Le monstre...le monstre s'en va.
�a y est. T'es content?
Viens.
Allez, rentre.
Viens pleurer � la maison. Viens.
Non!
Arr�te de faire l'imb�cile!
Je ne veux plus te voir. Je te d�teste. Tu as tout bris�.
Tr�s bien. C'est d'accord, tu restes.
Je me sens pas bien du tout, tu sais...du tout.
J'ai plus la sant�, et toutes ces �motions, c'est trop...
je suis dans un �tat... Tiens, touche mon pouls.
C'est la fin!
Viens. On va prendre quelque chose chez Marcel.
C'est la fin!
C'est la fin, tu sais.
C'est de la faiblesse, tu sais.
Tu n'as rien mang� de la journ�e.
Assieds-toi.
Bonjour, M. Renato. Bonjour, M. Albin!
Bonjour. Donnez-nous deux th� au lait et des biscottes.
�a ne va pas?
Non...c'est un peu de fatigue.
-Allongez-vous un moment. -Il boira son th�. �a ira mieux.
Sans sel, les biscottes.
Qu'est-ce qu'on fait alors, pour ce soir?
Il y a un probl�me.
Qu'est-ce qu'on va leur raconter?
Deux hommes comme nous...
T'es gentil. �a fait du bien sur le cou.
Je pourrais peut-�tre...�tre quelqu'un de la famille...
un parent...
Non?
Je pourrais peut-�tre �tre son oncle.
On pourrait dire que je suis son oncle.
Oui...d'accord.
C'est vrai que je n'ai pas une t�te d'oncle.
De toutes fa�ons, pour toi, c'est pareil...
ce n'est pas gagn�.
Le petit a dit que tu �tais attach� culturel?
Oui.
Attach� culturel? Eh bien, dis donc!
On n'est pas sorti de l'auberge!
Et voil�! Le th� au lait et les biscottes.
-�a va mieux? -Oui.
Merci.
Ah, la la...
Attach� culturel! C'est distingu� ta fa�on de manger!
On dirait une p�teuse!
Ton doigt.
En fait, qu'est-ce qu'il fabrique en l'air, ton doigt.
Regarde un peu!
Et alors? Il se redresse tout seul.
Oui.
Tu raconteras �a au d�put� ce soir!
Commen�ons � le viriliser un petit peu ce cher oncle.
On essaie.
Tu dois apprendre...
comment un homme tient une biscotte.
La biscotte doit se tenir virilement.
Comme �a. Regarde.
Le beurre, on l'�tale avec la m�me puissance...
et le th� se boit paisiblement en surveillant son petit doigt.
Allez.
Pour commencer, on se tient bien droit--
Enfin, qu'est-ce qui te prend?
Ne pleurniche pas, je t'en prie, � chaque observation.
C'est pour ton bien.
Fais un effort. Je voudrais que tu sois pr�sentable, ce soir.
Oui, bien s�r.
Commen�ons par la biscotte et au beurre.
Viril, hein.
N'aie pas peur d'appuyer. Oui, c'est �a!
Tu le fais expr�s!
Tu m'en veux!
�a va, on recommence.
Prends une autre biscotte.
Je n'y arriverai jamais, jamais...
La pleurniche, encore! C'est fini, oui?
Tiens-la bien cette biscotte, bien fermement dans ta main--
avec mesure et d�cision, une main de fer...
dans un gant de velours.
Essaie maintenant.
C'est �a. La biscotte de l'homme!
Allez, on passe au plus difficile.
-Un peu de confiture? -Oui, prends la cuiller.
-Je prends la petite cuiller... -Oui, c'est �a.
Non, pas comme �a.
Qu'est-ce que c'est...
On dirait une clochette que tu secoues.
C'est simplement une cuiller. Tu la tiens sans trembler--
D'accord! Elles ont trembl�--
Si tu veux me tuer, tu le dis carr�ment!
Tu veux me tuer. C'est bien cela.
Vise les yeux alors, c'est plus s�r!
Je n'y arriverai jamais...
j'ai cass� ma biscotte.
D'accord. Tu as cass� ta biscotte, c'est un d�sastre.
Devant une situation de ce genre...
c'est important de r�agir en vrai homme, tu as compris?
Oui, bien s�r.
�a, tu as raison, je l'admets.
Tu dois te dire, calmement, solennellement:
"Albin, tu l'as cass�e, mais au fond, �a n'est pas si grave."
Ta vie n'est pas finie pour �a.
Encore, prends une autre biscotte.
Tu as raison, parce que, finalement...
�a n'est pas grave, quand m�me, j'ai encore d'autres biscottes.
En ce moment...
Attention, le petit doigt, l�.
-Le petit doigt en l'air. -Il se rel�ve tout seul.
Bon, �a suffit.
Souffle l�-dedans... C'est �a.
On rentre � la maison. Allez, viens.
Non, mais attends. Je vais me rafra�chir un peu.
Non! Non! Non!
Qu'est-ce que j'ai fait?
-Quelle est cette d�marche? -Qu'est-ce qu'il y a?
Marche comme �a ce soir, et adieu, Bert.
-Qu'est-ce que je dois faire? -Viens ici.
Qu'est-ce que tu veux?
Essaie de marcher comme John Wayne.
Le cowboy?
Oui...John Wayne...tu descends de cheval...
tu t'avances vers le saloon...
envoie valser la porte, et crac...
-Tu peux essayer? -Que je fasse John Wayne?
C'est �a.
�a, c'est John Wayne jeune fille.
Alors, p�d�?
Il y en a un qui m'a trait� de p�d�.
Il va voir!
C'est toi qui a trait� mon copain de p�d�?
Voil�, �a d�gonfle d�j�. �a sera rien du tout.
D�tends-toi.
Tu �tais magnifique, merveilleux.
Je suis fier de toi.
Il �tait ridicule, ce grand type...
quand il s'est assis sur toi pour te cogner la t�te...
contre le carrelage!
Il m'a fait piti�.
Une grande brute qui ne savait pas comment s'occuper!
Pauvre type.
Non, laisse.
Je vais aller chercher de la glace, ce sera mieux.
Je reviens Mamou.
J'ai une mauvaise nouvelle � t'apprendre.
J'ai craqu�. Je lui ai dit de rester.
-Pourquoi? -Comment pourquoi?
Parce que j'ai cru que je le ram�nerais sur un brancard.
Parce que c'est mon vieux compagnon:
Et puis, il a 80% des actions de la boite.
Tu vas le pr�senter comment?
Comme ton oncle.
C'est foutu, Papa.
Que t'es nerveux! Quel caract�re de cochon!
On peut parler et discuter un peu!
Ce serait mieux, �videmment, si on avait une femme avec nous.
C'est dr�le. Pour une fois, il manque une femme ici.
Et si on demandait tout b�tement � ta m�re?
-Pas question! -Pourquoi?
Tu le sais. Elle m'a laiss� tomber il y a 20 ans...
Je ne vais rien lui demander, c'est tout.
On peut pas dire que tu nous facilites les chose!
Tr�s bien, je m'en occupe.
Je vais m'en occuper.
Tu ne parles pas s�rieusement?
Tu ne veux pas aller chercher cette femme...
apr�s ce qu'elle nous a fait!
Tu as perdu la t�te!
Pourquoi?
Madame Deblond.
Vous demandez au secr�tariat.
Entrez.
Je pourrais voir Madame Deblond?
Vous avez rendez-vous?
Vous lui dites que c'est Renato Baldi.
Si vous n'avez pas rendez-vous...
�a m'�tonnerait qu'elle vous re�oive.
Madame Deblond est tr�s occup�e.
Essayez, c'est urgent. Je ne la retiendrai pas. Renato Baldi.
Attendez dans le hall.
La Pr�sidente va vous recevoir.
-Je viens avec toi. -Non, je t'en prie.
Je ne te laisserai pas seul avec elle!
Si tu viens, c'est foutu.
Je sais ce dont elle est capable.
Madame la Pr�sidente vous attend.
Je viens, je viens.
C'est toi que j'aime. Ne t'inqui�te pas.
Tout ira bien.
Renato Baldi.
Ch�re Pr�sidente.
Pour une surprise, c'est une surprise.
Assieds-toi.
Je ne bois jamais le matin, mais...
mais l�...
Qu'est-ce qui a pu te pousser � venir ici?
Laurent.
Rien de grave?
Mais si.
Il veut se marier.
D�j�?
Quel �ge a-t-il, grand Dieu?
Quel �ge? Bien plus que �a.
Il va bient�t faire 20 ans que tu ne l'as pas vu, ce petit.
Oui, je le sais. C'est pour me le reprocher que t'es venu?
Ne crois pas �a.
Pour la premi�re fois aujourd'hui...
il va avoir besoin de toi.
Sans aucun probl�me. Je d�commande mes rendez-vous...
et je suis avec toi.
-Merci. -�a me fait plaisir.
Je n'ai pas fait beaucoup pour cet enfant en 20 ans...
Je me le reproche souvent.
Qu'est-ce que tu dis.
Je ne suis pas tr�s paternelle, tu comprends?
Moi, si.
C'est vrai?
Il a eu de la chance.
Bon, � quelle heure ce soir?
A 8h. Ils arrivent, et nous jouons notre pi�ce en un acte...
et puis salut, on rentre dans notre province, et on se repose.
Tu te souviens de La Revue?
Si je me souviens!
Ce que tu �tais beau!
Je n'ai jamais vu un corps pareil.
�a me g�ne quand tu parles comme �a:
Tu te souviens comme tu as eu peur?
Bah, j'ai cru j'allais avoir un infarctus.
J'entre dans ma chambre, et dans le lit je trouve une femme.
J'avais donn� 50 francs au concierge.
50 francs! Tu rends compte, � l'�poque!
Moi, j'�tais compl�tement parti.
Autrement, j'aurais jamais os� me dire, "On peut voir, non?".
Dans la vie, il faut tout faire.
On m'a tant parl� de ce truc, qu'est-ce que je risque?
Allez, j'y vais, je plonge.
�a a dur� combien de temps, nous deux?
Je peux te le dire, pr�cis�ment.
De 2h30, � 3:45. Deux fois.
Il fait chaud ici, non?
-T'as pas chang�, tu sais. -Non?
T'as pris un peu de poids, mais...
dans le bon sens.
Plus viril...
Qu'est-ce que c'est ces poils?
T'en avais pas quand je t'ai connu.
Bien s�r que non. Je me rasais pour la sc�ne.
-Il se rasait, celui-l�? -Oui.
Il se rasait, il se rasait...
Moi j'aime bien quand il y a des poils.
Attention, c'est une chemise de cr�pe...
Excuse-moi, mais avec tes ongles tu vas...
Regarde! Regarde, tu m'as tir� un fil.
�a veut dire quoi, la lampe rouge, l�?
Qu'on ne doit d�ranger Mme la Pr�sidente sous aucun pr�texte.
Vous n'avez pas mes lunettes?
O� sont mes lunettes?
Voil�.
"La mort du pr�sident Bertier". Il n'y a rien.
Il n'y a rien. C'est parfait.
"Carri�re exemplaire, arr�t du c�ur..."
Toujours rien.
C'est parfait.
C'est parfois utile d'avoir des amis dans la presse.
Je le savais!
�a, j'en �tais s�r!
Deux colonnes!
"La mort joyeuse du Pr�sident Bertier". Les voyous!
Les voyous!
Calmez-vous, Simon!
Mais �coutez �a.
"Il semblerait que la derni�re phrase entendue...
par le Pr�sident Bertier, champion de l'Ordre Moral...
soit: N'oublie pas mon petit cadeau".
Charognes!
Les charognes! Les charognes!
Oubliez toute cette boue, Simon.
Pensez au but de ce voyage.
Je l'ai emprunt� � l'antiquaire.
On va lui rendre demain.
J'ai aussi remeubl� tout le living.
J'esp�re que tes amis appr�cieront.
Mais qu'est-ce qui se passe?
Merci, Jacob.
J'aurais aim� conna�tre tes enfants.
Ne pars pas, Ma�tresse, ne pars pas!
Mon bon Jacob...
Mais qu'est-ce que vous me jouez l�...
c'est La Case de l'Oncle Tom ?
Je sais. Je sais ce que tu penses:::
on rit de moi...
pas seulement dans la boite, mais dans la rue aussi.
Partout.
Je me rends tr�s bien compte que je suis ridicule.
Alors, je me suis dit qu'il n'y a qu'un seul endroit...
o� on n'est pas ridicule.
J'y vais.
Adieu, Renato.
Ma�tresse! Ne pars pas!
Je te laisse ma cha�ne st�r�o, mes bottes rouges...
et mes perruques.
Mais o� tu vas? O� tu vas?
A Foissy.
Foissy? Mais il n'y a rien du tout � Foissy.
Il y a juste un cimeti�re.
C'est pour �a que je prends le minimum.
Et tu vas dans ton caveau avec une brosse � dents?
Adieu, Renato.
Ma�tresse.
C'est fini, Jacob.
Je prie, Ma�tre.
Tu sais, mon cimeti�re, il est en Lombardie.
C'est le plus beau cimeti�re du monde.
L�-bas, il y a des arbres, le ciel est bleu...
il y a des oiseaux.
Le tien � Foissy, c'est vraiment de la merde � cot�.
C'est vrai.
A Foissy, ils sont enterr�s dans de la merde.
Excuse-moi de te dire �a...
mais tu n'es qu'une vieille emmerdeuse aigrie.
C'est vrai que tu n'excites plus personne...
que tu es devenue grotesque...
que tu fais rire tout le monde.
Tu vois que je suis toujours avec toi.
parce que tu me fais rire.
Alors, tu sais ce que je vais faire?
Je revends mon caveau en Lombardie...
et je viens avec toi dans la merde � Foissy...
pour rire encore.
A chaque fois que tu te retrouves seul...
avec cette bonne femme, c'est la m�me chose.
En 20 ans, c'est juste la deuxi�me fois.
Alors, justement...
Tu te vois � ton �ge avec un deuxi�me enfant?
Tu sais, ma vieille, apr�s le b�b�, tu va te retrouver seul.
Je ne peux pas supporter une deuxi�me maternit�.
On peut savoir ce qui vous amuse?
J'ai de nouveau envie de t'�trangler.
-Papa? -Oui?
Je peux te parler un instant?
Je sais que en ce moment tu as des probl�mes, et...
Ies journalistes vont s'occuper de nous...
encore quelques jours...
Je voulais te dire que...
Ies personnes chez qui nous allons vont peut-�tre te...
Attends un peu. Ma�tre d'h�tel!
Oui Monsieur. Tout de suite.
Tenez, Madame.
Monsieur?
Elle n'est pas fra�che, votre viande.
Nous allons vous la changer, Monsieur.
Mais non, laissez �a, je ne vais pas attendre de heures...
que vous fassiez cuire un autre morceau.
C'est un scandale de servir de la viande avari�e...
dans un �tablissement de votre cat�gorie.
Si vous ne voulez pas que la remplace...
qu'est-ce que je peux faire?
Moi, je sais ce que je vais faire.
�crire au Michelin.
�a m'�tonnerait que vous gardiez vos �toiles.
Voil�, vous pouvez disposer.
Tr�s bien, Simon.
Tu disais que les gens chez qui nous allions...
Non, rien.
�a n'a aucune importance.
Tr�s, tr�s bien.
Le ma�tre d'h�tel.
Jacob?
Il ne te manque pas quelque chose, l�.
Je ne peux pas mettre de chaussures.
Je n'ai jamais mis de chaussures, �a me fait tomber.
Va, va. File, file. Va mettre des chaussures...
et reprends ta voix normale. C'est beaucoup mieux.
C'est la voix du vrai m�le noir...
comme le petit ma�tre blanc m'a demand�.
Fous-moi le camp!
-Magnifique, Papa. -Tu crois?
Tu sais qui ce costume me rappelle? Mon grand p�re.
Il s'habillait exactement comme �a:
Il s'est suicid�, il avait 30 ans.
Rappelle-toi, hein...
Le moins de gestes que possible, tu ne bouges pas...
tu ne parles pas, enfin, le minimum, quoi.
Le minimum.
�a ne va pas?
Pourtant, je me suis habill� comme vous:::
J'ai retir� toutes mes bagues.
J'ai rien sur le visage.
Mais sur les pieds?
L�, �videmment, il reste une petite note de couleur.
Oui, vous avez raison.
C'est encore comme �a que je suis le plus choquant.
Hein? C'est �a?
C'est ce que vous pensez? Moi aussi.
Eh bien...je vais vous laisser.
Je m'en vais.
J'aurais tellement voulu t'aider, mon ch�ri.
Allez.
Je voudrais parler � Monsieur Baldi.
-De la part de qui? -Simone Deblond.
C'est ma m�re.
-Monsieur Baldi n'est pas l� -Qui est � l'appareil?
C'est Laurent?
Laurent...
Je voudrais que tu saches que...
depuis la visite de ton p�re, je me suis pos�e...
un certain nombre de questions.
C'est peut-�tre un peu tard, tu me diras...
Laurent, �coute-moi.
Je crois que ton p�re a raison.
Vous vous en sortirez mieux avec une femme.
Voil�. Je suis sur la route dans une station service.
Si vous voulez encore de moi... Voil�.
Venez.
Comment, venez... Mais tu es devenu fou?
On s'en sortira mieux avec elle, Papa.
Mais tu as pens� � lui?
Tu sais ce qu'il est fichu de faire...
si Simone mets les pieds ici?
Il a dit qu'il voulait m'aider, il va se tenir tranquille.
Allez..
D�tends-toi, �a va s'arranger.
Allez, touche. Touche �a vite.
L'antiquaire qui t'a pr�t� est un voleur.
Mais si tout va bien, je suis dispos� � t'acheter.
Et je balance le piment.
Tiens, je te le donne tout de suite.
Jacob?
Tu as tes chaussures? Va ouvrir.
Laurent.
Enchant�.
Tr�s heureux.
-Je vous en prie. -Merci.
Mon p�re.
Enchant�.
-Ma fille. -Tr�s heureux.
Mon mari.
Infiniment honor�.
Ma m�re est d�sol�e...
elle sera un peu en retard.
Elle a �t� voir mes fr�res et s�urs qui sont...
chez mes grand-parents dans l'arri�re pays.
Oui.
Andr�a nous a dit que vous aviez une tr�s nombreuse famille.
Assez nombreuse.
Combien Laurent a-t-il de fr�res et s�urs?
-Six. -Six.
Nous ne faisons plus assez d'enfants, Monsieur Baldi.
Notre mouvement est tr�s pr�occup� par cette d�natalit�.
Permettez-moi de vous f�liciter. Une famille comme la votre...
doit �tre cit�e en exemple.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Un, deux, trois.
-Oui, all�? -Le chauffeur de Charrier.
Ne quittez pas, je vous prie.
Le chauffeur de Charrier.
Oui. Alors?
Les Charrier d�nent chez les patrons de La Cage aux Folles.
Comment, vous �tes s�r?
Certain. Je viens de les d�poser.
Je me suis renseign�.
Vous pouvez v�rifier.
Appelle-moi Monreau � Toulon, vite.
Charrier chez les folles, c'est trop beau.
Vous avez fait bon voyage?
Tr�s bon. Tr�s bon. Un temps superbe.
I'autoroute, enfin... aucun probl�me.
Nous avons dormi...
pr�s de Lyon, chez mon ami Bouchard...
un gar�on que j'ai connu pendant mon service militaire...
et que j'ai retrouv� quelques ann�es plus tard...
dans l'h�tellerie.
Alors, il a h�rit� de l'�tablissement de son p�re.
Alors, il a form� un h�tel moderne...
confortable, tr�s agr�able, enfin, c'�tait bien...
c'�tait bien.
C'�tait l'�tape...
plaisante...
C'�tait...
J'aime la rigueur de cet endroit.
Oui, pour mon p�re, cette maison est plus un lieu de travail...
et de recueillement...
qu'une v�ritable maison de vacances
Un monast�re.
Je suis tr�s sensible aux ambiances...
et quand j'entre chez quelqu'un...
je sais tout de suite � qui j'ai affaire.
Il me pla�t de vous dire...
que je me sens bien chez vous.
-Tr�s bien. -Merci.
Vous avez s�duit mon mari, Monsieur Baldi.
Je l'ai rarement entendu faire ce genre de compliment.
Je dois avouer, que bien que faisant un m�tier public...
je suis plut�t sauvage...
Vous voulez peut-�tre autre chose que du Champagne?
Du Porto, du whisky?
Madame?
Non, juste un peu d'eau, s'il vous pla�t.
Moi, je ne bois jamais, mais aujourd'hui...
je peux faire une exception.
Fais attention � ce que tu fais, idiote!
C'est pas grave, c'est du Champagne!
�a porte bonheur.
Merci Jacob. Nous ferons le service nous-m�mes.
-Je peux t'aider? -Oui.
Jacob, il est tr�s gentil, mais pour le service...
c'est pas encore tout � fait �a.
C'est un vrai probl�me, les domestiques, � notre �poque.
Si vous disais combien de chauffeurs...
j'ai essay� cette ann�e...
Et vous, vous devez avoir d'autant plus de mal..
que vous voyagez beaucoup dans la diplomatie.
Voil�.
C'est moi.
C'est Maman.
Je vous prie de m'excuser, vraiment, je suis navr� mais...
cette circulation! Ces bouchons, c'est vraiment...
�a devient impossible...
Pardon...
Je suis furieuse de vous conna�tre, vous savez.
Oui! Le papa de la vilaine...
qui va me voler mon grand fils!
La vilaine!
Pardon...
Pardon, ch�re Madame, bonjour. Mais je plaisante!
Je plaisante, vous savez, je l'aime d�j�, cette petite.
Elle est si mignonne!
Eh bien? On m'embrasse?
On embrasse Maman? Mamie...
Eh bien, approchez, mon petit.
Je l'aime d�j�, cette petite...
Elle est adorable...
intimid�e, forc�ment... Bon, venez.
Je vous fais peur? Le petit bouchon...
elle est mignonne. C'est une petite fille.
C'est mignon!
T'es mignonne!
Tu as une cigarette?
Tu vas essayer d'arr�ter ta m�re, tu lui expliques.
Merci.
Veuillez m'excuser un petit instant.
O� va cet enfant?
Monsieur est servi.
Eh bien, Jacob, qu'est-ce qui vous prend?
Rien du tout.
Ces domestiques! Quel probl�me!
Nous en parlions � l'instant, ch�re Madame...
c'est quasiment impossible d'�tre servi � notre �poque.
A qui le dites-vous?
Vous n'imaginez pas le nombre de bonnes...
qui se sont succ�d�es dans cet appartement.
Toutes aussi godiches les unes que les autres.
Pas m�chantes, mais maladroites, vous savez:::
C'est terrible, je pourrais vous en citer une demi-douzaine.
Roger, Marcel, Lucien, Andr�, Michel--
A table.
-A table. -Oui.
C'est pas une raison pour �tre d�sagr�able!
Mais dites-moi...il est beau, ce Christ.
-Oui, c'est mon p�re. -Comment?
C'est mon p�re qui l'a restaur�.
C'�tait un connaisseur, un grand passionn� d'art et de brocante.
Voil�. Alors, M. Charrier � ma droite...
Renato se mettra l�, � ma gauche.
Mme Charrier...
et la petite...
En face de sa maman. Je vous en prie.
Ils sont curieux, ces assiettes.
Ce sont des jeunes gens qui jouent ensemble, non?
Il y a tellement d'assiettes dans cette maison...
je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dedans.
Du 17�me...
Ce sont des Grecs, j'ai l'impression qu'ils sont Grecs.
En effet, des Grecs! Des Grecs dans mes assiettes!
C'est bizarre!
-Vous voulez voir? -Oui.
Ce sont des Grecs?
C'est effrayant, moi je ne vois plus rien sans lunettes.
Attendez... Ce sont des gar�ons.
-Ce sont des gar�ons. -Des gar�ons?
Il y a s�rement des filles aussi, non?
Vous n'avez pas des filles?
Si, bien s�r, je crois en avoir vu une.
Elle est mignonne, la gosse, naturellement...
elle a raison. L�, voyez, l�!
Vous avez une fille l�, c'est une fille, non?
Il y a longtemps que vous n'en avez pas vu, c'est pas possible.
Parce que non! Ah non! Ce sont des gar�ons!
Ils sont tout nus!
Ils sont tous...
Voyons, o� sont mes lunettes?
Tenez. Je reviens tout de suite.
Imb�cile. Il met le couvert, il ne remarque rien.
Donne-moi la casserole!
C'est extraordinaire, je ne les trouve jamais...voyons.
Voyons. A quoi jouent-ils, ici?
Surprise � la martiniquaise, une sp�cialit� de Jacob.
Monsieur Baldi!
Excusez-moi, Madame. Jacob, continuez le service.
Cette pauvre Madame Charrier a le Seigneur sur les bras.
Encore pardon, Madame.
Que de probl�mes, aujourd'hui!
Je suis d�sol�.
Voil�.
Par ici, s'il vous pla�t.
Voil�.
Bon.
Bon app�tit.
Merci.
Il n'y a que deux entr�es. Une ici, et l'autre en bas.
Maurin et Chauvet, devant la boite.
Nous, on reste l�.
Vous comptez rester un peu sur la c�te?
Non, je n'aime pas rester trop longtemps...
�loign� de ma circonscription...
-De? -De ma circonscription.
Puis, j'avoue que l'ambiance de ce pays...
le laisser-aller...
la l�g�ret� des m�urs...
�a me soul--
�a me soul�ve le coeur.
�a ne vous g�ne pas, cette boite de nuit...
en dessous de chez vous?
Une boite de nuit?
Oui, cette esp�ce de night club...
La Cage aux Folles.
Oui, La Cage aux Folles.
Non.
Mais c'est la m�me maison!
Vous partagez les murs avec ces gens-l�?
Ah, mais seulement les murs!
Nous ne les fr�quentons pas...
on ne les fr�quente pas du tout. C'est un autre monde.
Oui, mais...qui est propri�taire des murs?
Nous.
Vous louez votre cave � un patron de night club?
Oui, mais oui! Ben oui!
Seulement nous ne savions pas que c'�tait un..
un patron de night club.
Nous ne le savions pas.
C'est un homme qui parle tr�s peu,
tr�s taciturne, juste... bonjour, au revoir...
Pas du tout le genre � vous dire...
"Tiens, je vais installer un night club dans votre cave."
Pas le genre du tout.
On pourrait peut-�tre parler de ce mariage?
Bien s�r, Laurent n'est pas l�, mais justement.
Oui, ce sont des choses dont les parents doivent parler.
Quoique ces chers petits ont de plus en plus tendance...
� se passer de nous, enfin.
Cher Monsieur, que pensez-vous de la d�cision de nos enfants?
Je dois vous dire, cher ami, qu'au d�but, j'�tais...
un petit peu r�ticent.
Mais, ce que ma fille m'a dit de votre famille...
de son s�rieux...
de son honorabilit�...
Ce que votre fille vous a dit de...
notre famille.
�a m'a un peu...rassur�.
J'ai pens� qu'Andr�a �tait trop jeune...
pour se marier.
et votre fils aussi...
mais, puisqu'ils s'aiment...
puisque nous ne pouvons pas les raisonner...
puisqu'ils se sont choisis...
Puisqu'ils se sont choisis.
Eh bien, il faut bien l'avouer...
que nous aussi, au d�part...
nous �tions...
un peu hostiles � ce mariage.
Surtout moi.
Pour une maman, c'est toujours tr�s difficile
de voir son grand fils la quitter pour une autre femme.
Bien s�r vous me direz, c'est la vie.
Certes, c'est la vie.
On sait qu'un jour ou l'autre, les enfants doivent s'en aller.
C'est notre lot.
C'est difficile � supporter--
Vous nous excusez un moment. Viens ch�rie.
Oui, mais une seconde, certainement on voit bien...
-Laisse-moi...excusez-moi... -Viens.
Qu'est-ce qu'il y a?
Qu'est-ce qui t'arrive? Tu t'es vu?
Regarde-toi.
Regarde-toi dans la glace.
D'accord, elle a un peu tourn� effectivement...
Qu'est-ce qui t'est pass� par la t�te?
Je te jure qu'ils y croient, Renato.
D'ailleurs, tous les trois, ils ont �t� charmants avec moi.
Je crois que j'ai fait une grosse impression.
Qu'est-ce que tu me chantes! On va finir par se casser la gueule
De toute fa�on, c'est pas pour toi que je le fais...
c'est pour le gosse, pour Laurent.
�a marche tr�s bien.
Au th��tre, peut-�tre, mais pas dans la vie.
Tu t'es regard�, des poignets, des chevilles?
Quand le d�put� t'a bais� la main...
tu crois qu'il n'a pas vu tes poils?
J'y vais, parce qu'ils vont se demander ce qui se passe.
Attends, Albin, reste l�!
-Ma perruque! -Non.
Renato, rends-moi cette perruque!
-Non! -Rends-la moi!
Non, non!
Elle ne s'y attend pas. Je suis s�r que �a va �tre une surprise!
-Madame? -M. Baldi, s'il vous pla�t.
C'est au dessus, mais il faut faire le tour, par la rue.
Mais je suis la maman de Laurent.
Venez, Madame.
"Joyeux anniversaire
"Joyeux anniversaire..."
Enfin, qu'est-ce que �a veut dire de nous laisser seuls!
Et leur fils qui dispara�t brusquement avant le repas.
Peut-�tre qu'il avait une course urgente � faire...
je ne sais pas...
Cette femme est bizarre...
je ne sais pas ce que tu en penses...
mais moi, je ne la sens pas...
C'est pas net, �a.
Moi, je la trouve gentille.
On a frapp�, non?
Eh, oui!
Enfin, o� est le domestique?
Qui est l�?
C'est la maman de Laurent, M. Baldi!
La maman de Laurent?
C'est moi, Renato, ouvre-moi!
Il dit que c'est la... la maman de Laurent.
-Qui est l�? -C'est la maman de Laurent.
M. Baldi s'est absent�. J'ai pas la cl�.
La cl� est dans la niche, pr�s de la porte.
Il dit qu'elle est dans la niche.
A gauche.
Monsieur Charrier, sans doute? Simone Baldi.
Je suis tr�s heureuse de vous conna�tre, Monsieur.
Vous avez une fille adorable, Madame.
Je vous f�licite.
Elle est ravissante.
Je savais que mon Laurent avait du go�t, mais � ce point-l�!
Votre fils, Monsieur Baldi, il a combien de mamans?
Voulez-vous r�p�ter la question, s'il vous pla�t?
Je vous demande...
combien de mamans a votre fils.
Une seule, Albin.
Enchant�, Monsieur.
"Joyeux anniversaire
"Joyeux anniversaire
"Joyeux anniversaire..."
La Cage aux Folles!
La Cage aux Folles!
Papa, est-ce que je peux te parler?
Mais, qu'est-ce que tu m'as racont�?
Qu'est-ce que tu m'as racont�?
Attach� culturel! M�re de famille!
Maintenant, �a suffit, hein!
Cent fois, j'ai voulu te dire la v�rit�, mais j'ai eu peur...
�a fait 18 ans que j'ai peur de toi!
Simon!
Partons.
C'est �a!
En route!
Non, je reste.
Eh bien, reste. Je n'ai plus de fille!
Je n'ai plus de fille!
Les journalistes.
Les journalistes.
C'est le comble, �a.
C'est beau �a, un mariage en blanc, hein?
En grande pompe, hein?
Avec la b�n�diction du Pape.
Bravo!
Qu'est-ce que vous allez foutre de cette photo?
C'est de la merde.
Qu'est-ce qu'on va voir, Une porte? Et Charrier derri�re.
A quoi �a servira?
Je vois les titres demain, dans les journaux.
"Apr�s le pr�sident Bertier et sa putain...
"le d�put� Charrier dans La Cage aux Folles."
Vous permettez, cher d�put�...
veuillez consid�rer cette porte.
Elle n'a pas d'enseigne avec la mention Cage aux Folles.
Vous pouvez sortir tranquillement.
Les salauds.
Ils ont bloqu� la porte, hein.
Elle est bloqu�e?
Ils veulent vous emp�cher de sortir par cette porte...
pour vous obliger � passer par la boite.
-Par la boite? -Il fallait le trouver.
Par la boite! �a, c'est pas possible!
-On va appeler la police! -Non!
Surtout pas la police!
Une �chelle! Vous n'avez pas une �chelle?
Vous n'allez pas recommencer, Simon.
Je suis foutu! Foutu!
Je suis foutu, je suis foutu.
Tu vois, Renato, il a raison le bonhomme, tu sais.
La pauvre femme aussi. Ils sont dans un p�trin!
�a fait plaisir � voir!
Il va falloir que je sauve la situation, c'est tout...
une fois de plus.
Alors, vous voulez sortir d'ici, c'est bien �a?
Sans scandale, sans publicit�.
�coutez...
La premi�re fois, �a surprend toujours.
-Et la seconde? -Vous allez vous y faire.
Quel physique! Vous �tes extraordinaire!
C'est affreux, Simon!
Je sais, le blanc me grossit, du noir, ce serait mieux...
Laissez-le tranquille. Il a du charme, et �a lui suffit.
Une illusion!
Sortez, d�p�chez-vous, on est press�.
Mercedes, danse et am�ne-la danser.
Allez, ma douce. On va danser.
Allez... Allez ma choute.
A l'h�tel. A l'h�tel, vite!
C'est combien?
Comment c'est combien? C'est moi, Monsieur!
-Tu ne me reconnais pas? -Mais enfin, Madame!
Quoi, "Madame"?
Quoi, "Madame"?
Tu ne me reconnais pas?
Tu m'appelles "Madame"?
Bonjour.
C'est elle.
Elle est venue. �a, je le savais.
Je t'avais bien dit que je ne voulais pas de cette femme, ici.
Excuse-moi, c'est quand m�me la m�re de mon fils, non?
-C'est normal qu'elle soit l�. -Non, �a n'est pas normal.
Tr�s joli de jouer les m�res exemplaires apr�s tant d'ann�es.
Je te pr�viens tout de suite que si elle reste ici...
moi, je ne reste pas au d�jeuner.
Je m'en irai.
-Je t'en prie. -Je m'en irai!
C'est comme �a et pas autrement!
-C'est trop facile, �a. -Je t'en prie...
Moi, je t'en prie aussi, tu sais...
On en a par dessus la...
Tu lui diras � Laurent, parce que lui il comprendra, lui...
c'est un enfant qui m'aime.
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