All language subtitles for Grace.A.Dieu.2018 FR

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

- Seigneur Jésus-Christ, dans cet admirable sacrement,

tu nous as laissé le mémorial de ta passion.

Donne-nous de vénérer d'un si grand amour

le mystère de ton corps et de ton sang,

que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption.

Toi qui règnes pour des siècles et des siècles.

Amen.

...

Piano

...

- Faut y aller, là! - Je finis ma page.

- Marie!

Je m'appelle Alexandre Guérin. J'ai 40 ans, je suis père de 5 enfants,

scolarisés aux Lazaristes à Lyon où ma femme enseigne.

- Gaspard. - Victor, Gautier.

- J'ai été longtemps en conflit avec l'Église,

mais je garde un contact intime avec l'amour du Christ

et j'élève mes enfants dans la foi de Son amour.

J'ai croisé le père d'un camarade de mes enfants.

Comme moi, il était aux scouts de St Luc.

Nous nous sommes rappelé nos souvenirs

et il m'a posé cette question:

"Toi aussi, le père Preynat t'a tripoté?"

C'est cette discussion qui m'a permis de vous écrire.

Je serai direct: durant 2 ans,

aux scouts, entre ma 9e et 12e année,

j'ai souffert des attouchements du prêtre Bernard Preynat.

Après un camp

où le Père tenta de me forcer à le masturber, j'ai fui les scouts.

- SEIGNEUR,

JE NE SUIS PAS DIGNE DE TE RECEVOIR

MAIS DIS SEULEMENT UNE PAROLE ET JE SERAI GUÉRI.

Chœurs

...

- Le corps du Christ.

...

- Amen.

...

- Le corps

du Christ. - Amen.

Malheureusement, je découvre il y a un mois, par hasard,

que le père Preynat est revenu dans la région de Lyon

et qu'il est intervenu pour la pastorale de certains collèges.

Même si j'ai pu pardonner ce que j'ai pu

et que sa trace m'accompagnera toute ma vie,

de nombreuses questions me hantent: étiez-vous au courant?

A-t-il eu des sanctions? A-t-il été condamné?

Pourquoi s'occupe-t-il encore d'enfants?

N'ayons pas peur d'avoir peur pour nos enfants.

Respectueusement, Alexandre Guérin.

- Monsieur, Pierre Durieux m'a transmis votre message.

Terrible témoignage.

On comprend qu'il vous ait fallu du temps pour l'écrire.

Merci pour votre confiance.

Je pense à vos enfants et votre famille.

Que nul parmi eux n'ait à souffrir des conséquences de ces actes.

On vous a donné les coordonnées de Mme Régine Maire

qui reçoit ceux qui ont vécu de telles souffrances à cause d'un prêtre.

Que le Seigneur nous éclaire

et qu'Il guérisse ce qui doit l'être dans son Église.

Philippe Barbarin.

- Le samedi, il m'emmenait dans le local photo,

à droite, en haut des escaliers.

C'était sombre, tranquille.

Il fermait la porte, me prenait dans ses bras.

Il passait sa main dans mon short. Je bougeais pas.

Il me serrait fort. Très fort.

Il m'embrassait dans le cou. Il se frottait contre ma jambe.

Il disait: "Je t'aime".

Après, il disait: "C'est notre secret." d'un ton bienveillant.

Puis je retrouvais les autres.

Bizarrement, j'étais fier d'être l'élu du Père.

Tout le monde disait:

"Il est exceptionnel. Si tous les hommes d'Église

"étaient comme lui." - Ça a duré longtemps?

- Jusqu'au Portugal, en 1986.

C'était un camp d'été organisé par le père Bernard chaque année.

Là-bas, j'ai essayé de l'éviter.

Je trouvais des prétextes pour ne pas être près de lui

et éviter de l'accompagner.

Plusieurs fois il me l'a demandé, mais je trouvais une excuse.

Et il y a eu le tournoi de foot.

Le camp était vide, les tentes aussi.

À la mi-temps, je suis allé chercher mon médicament.

J'ai une maladie chronique depuis le 1er abus.

Et là, le père Bernard me suit dans ma tente.

Il m'allonge.

Il se couche à côté de moi et je sens son poids,

son gros ventre sur moi.

Et ça recommence. Il m'embrasse avec la langue.

Il descend ma braguette, il met sa main...

Il se frotte. Il respire fort.

Il met ma main sur son sexe.

Y a personne à part nous et je le sens plus pressant.

Excité.

Soudain, j'entends quelqu'un dehors et j'en profite.

C'est comme un déclic.

Je sors et je retourne au terrain de foot.

Sanglot

Excusez-moi.

- Merci de vous être confié.

Ces choses sont arrivées

et hélas, elles arrivent encore.

À l'époque, on déplaçait

les prêtres.

- Vous connaissez le père Preynat? - De nom, oui. Pas personnellement.

Piano

- On reprend.

...

Si.

...

Tu continues.

...

Alors? - Je lui ai tout raconté.

- Qu'a-t-elle dit?

- Pas grand-chose. Elle m'a écouté et on a prié.

- Il faut que tu parles aux enfants.

- Tu crois? - Oui. Ils m'ont posé des questions.

Ils voient que tu es préoccupé. Surtout les grands.

...

- J'ai toujours eu l'impression que ma famille m'avait abandonné.

- Papi et mamie t'ont pas abandonné. - Non.

Mais je leur en veux de pas m'avoir protégé.

- C'est pour ça qu'on a pas fait les scouts?

- Ouais...

- Tu leur as dit

à papi et mamie? - À 17 ans,

ils m'ont écouté mais j'ai senti que ça les intéressait pas.

- Ils voulaient pas se sentir coupables. - Peut-être.

Barbarin a proposé que je rencontre le prêtre

qui a abusé de moi, mais je sais pas quoi faire.

- Il te demandera pardon?

- Oui, peut-être.

- Tu le feras?

- Je sais pas si c'est possible.

- Pourquoi tu fais tout ça?

- Pour que ça ne se reproduise plus.

Et puis pour vous: vous saurez qu'il ne faut pas

avoir peur de parler.

- Bonjour, Père. J'ai rencontré Alexandre cet été.

J'ai trouvé un homme sans amertume et en paix.

Merci d'accepter de le rencontrer car cela sera facteur

de paix et de guérison.

Souhaitez-vous le contacter directement?

Venez-vous à Lyon?

Alexandre est souvent sur Paris pour son travail.

Merci de votre réponse. Que Dieu bénisse votre ministère.

Cordialement, Régine Maire.

- Lave-moi de mes fautes et purifie-moi de mon péché.

- Bonjour Régine et grand merci pour votre médiation.

Je ne demande pas mieux que de rencontrer Alexandre.

A-t-il deux ou trois moments où il serait disponible?

Je viendrai alors à Lyon. Il faudra définir un lieu de rendez-vous.

Ou s'il préfère que je le contacte... Voyez ça avec lui.

- C'est Barbarin.

- Merci de prier pour moi, Bernard.

- Alexandre, j'ai eu une réponse positive de Bernard Preynat.

Il souhaite que vous lui proposiez

deux ou trois moments où ce serait possible pour vous.

Pour le lieu, ce pourrait être la Maison diocésaine où nous nous sommes vus.

Régine Maire.

- Bonne nouvelle, même si c'est un peu stressant.

Je trouve deux ou trois dates où je suis sur Lyon et je vous dis.

La Maison diocésaine est parfaite. J'aimerais que vous soyez là pour écouter.

- Tu veux plus y aller?

- Je sais plus.

Régine Maire m'a dit qu'un jour elle avait organisé une rencontre

qui s'était mal passée.

- Pourquoi? - Elle m'a pas dit.

- Tu as peur?

C'est normal. - Non.

C'est pas que de la peur. C'est de la colère.

- De quoi? - Qu'il nie. Qu'il dise que je mens.

Et que ça serve à rien. - C'est un risque.

Si tu n'y vas pas, tu le regretteras. - Je veux qu'il avoue.

Et que le diocèse et Barbarin soient témoins.

Qu'ils l'entendent.

- Alors vas-y.

...

Orgue

...

Porte

Musique inquiétante Cris joyeux

...

... Brouhaha enfantin

... ...

Fermeture éclair

...

On frappe.

Porte

- Bonjour, Père. - Bonjour, Régine.

- Merci d'être venu.

- Bonjour, Alexandre. - Bonjour, mon Père.

- Alors? Comment ça va? En bonne santé?

- Oui, ça va. - Régine m'a dit que tu travaillais

à Paris. - Oui, dans une banque.

- Et tu es marié? - Oui.

- Tu as des enfants? - Oui, cinq.

- Ah bien!

Heureux de voir que tu as fondé une famille.

Une famille nombreuse!

- Vous vous souvenez de ce que vous m'avez fait?

Dans le labo photo de 1983 à 1986?

- Oui.

- Et au Portugal aussi? - Oui, Alexandre, je m'en souviens.

- Vous m'avez embrassé avec la langue, serré contre vous,

déshabillé, caressé le sexe et fait toucher le vôtre.

- Oui, c'est une ombre sur ma vie.

J'ai dû vivre avec ça.

J'ai toujours eu une attirance pour les enfants

et c'est une souffrance pour moi.

- Une souffrance pour vous? Et pour moi? - Je sais le mal que j'ai fait,

mais c'est une maladie.

J'ai essayé me faire soigner plusieurs fois.

- Il y a eu d'autres enfants comme moi? - Oui.

De très nombreux.

Chez les scouts surtout. C'était un autre temps.

- Vous accepteriez de reconnaître publiquement ces attouchements?

C'est important pour moi.

- Je comprends,

mais publiquement...

Je veux éviter les débordements

ou agressions physiques que ça provoquerait.

- Comment ça? - J'ai déjà été

agressé et molesté dans le jardin de ma maison de campagne

par des parents violents, hystériques.

- Vous aviez abusé de leurs enfants.

- Mais c'est pas une raison!

- Vous vous rendez compte de ce que vous dites?

Il faut que vous compreniez que vous êtes un pédophile

et cette violence n'est rien comparée à la souffrance

que leurs enfants ont subie.

- Père Preynat,

quelque chose à ajouter?

- Non.

- Voulez-vous vous adresser à Alexandre? - Non.

- Alexandre?

- Non, c'est bon.

- Bien, je vous invite à vous lever.

- NOTRE PÈRE QUI ÊTES AUX CIEUX,

QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ, QUE TON RÈGNE VIENNE

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL.

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI

NOTRE PAIN DE CE JOUR.

PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES,

COMME NOUS PARDONNONS AUSSI À CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS.

NE NOUS SOUMETS PAS À LA TENTATION, MAIS DÉLIVRE-NOUS DU MAL.

- Amen. Je vous salue, Marie,

- PLEINE DE GRÂCE, LE SEIGNEUR EST AVEC VOUS.

VOUS ÊTES BÉNIE ENTRE TOUTES LES FEMMES

ET JÉSUS, LE FRUIT DE VOS ENTRAILLES, EST BÉNI.

SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, PRIEZ POUR NOUS, PAUVRES PÉCHEURS,

MAINTENANT ET À L'HEURE DE NOTRE MORT.

- Ainsi soit-il.

- Amen.

- Au revoir, Régine. - Merci, Père.

Musique tendue

...

- Ça va?

...

Ça va les enfants? - Salut, papa.

- Papa? - Oui?

...

- Il est malin!

Il sait que c'est prescrit. Il risque plus rien.

- Il a avoué devant une représentante de l'Église

et ils vont définitivement le dégager. - Espérons, mais j'y crois pas trop.

- Barbarin est courageux. Il a toujours dénoncé la pédophilie.

- Je suis sûr que tout le monde savait et personne n'a rien fait.

- Tu sais quoi?

Tu devrais témoigner aussi. Ils verraient que je suis pas seul.

- Je sais pas. - Si!

Il faut que tu parles. Écris-leur.

- Isabelle flippe un peu, elle a peur des rumeurs.

Pour nous, ce serait compliqué. - C'est qu'au sein de l'Église.

- Justement, tu connais la famille d'Isabelle.

- Madame, merci pour votre démarche.

Cette situation n'a pas dû être facile pour vous.

Penser à ces enfants et à ce passé si sombre de notre histoire...

Ces aveux nous amènent à la question du pardon,

mais aussi à l'innocence brisée. Pas évident.

Avec toutes mes prières. Alexandre.

- Quoi? - Elle m'a pas répondu.

- C'est le week-end, c'est normal.

- Je pensais qu'elle m'annoncerait qu'il était sanctionné.

- Elle vous a réunis, elle a fait son travail.

C'est à Barbarin d'agir. - J'espère qu'elle va tout lui dire.

- Elle vous a enregistrés? Elle a tout noté?

- Non. Mais ça va, je m'inquiète pas.

- Alexandre,

moi aussi, je souhaitais vous joindre.

Cette rencontre est déjà un pas, mais j'attendais un pas de plus:

une vraie demande de pardon.

Mais les prêtres en sont-ils capables? Je me sens petite.

J'espère que cette rencontre pourra vous guérir d'un passé douloureux

qui laissera toujours une cicatrice, certes,

mais qui, avec la Grâce, se ferme si nous ne la grattons pas trop.

Mais elle est bien là.

- Rien sur Barbarin!

Pour elle, c'est réglé, même s'il a pas dit pardon.

- Je continue à écrire? - Oui, c'est trop léger.

Cette histoire de cicatrice, pour une soi-disant psy, c'est pas fin.

- Je suis serein, sans agressivité, mais c'est notre devoir

de mettre un nom sur ce qu'il est, sans avoir peur ni honte.

Le père Preynat est un pédophile, hier comme aujourd'hui.

Je prie pour que Monseigneur Barbarin ait le courage de dire stop

et de combattre ce fléau qui a tant blessé l'Église.

J'espère rencontrer Monseigneur Barbarin. Je compte sur vous.

- Où est ma chemise?

- Ne m'en veuillez pas de mettre en copie

mes deux garçons qui seront confirmés

par notre évêque ce samedi et qui me soutiennent.

- Et toi?

- Monsieur,

Régine Maire m'a transmis votre mail.

Il devait vous demander pardon lors de cette rencontre

et c'est incompréhensible que ces paroles ne soient pas venues.

Je suis prêt à vous recevoir.

Je suis prêt à vous recevoir...

Pas samedi,

car vous souhaiterez sans doute être en famille.

Au moins nous pourrons nous saluer et trouver

un autre moment.

Accompagnons de notre prière les jeunes

qui seront confirmés. Philippe Barbarin.

Orgue

...

Par le baptême,

Tu les as délivrés du péché et fait renaître de l'eau et de l'Esprit.

Comme Tu l'as promis, répands maintenant sur eux

Ton Esprit Saint.

Donne-leur en plénitude l'Esprit qui reposait

sur Ton fils, Jésus: esprit de sagesse et d'intelligence,

esprit de conseil et de force,

esprit de connaissance et d'affection filiale.

Remplis-les de l'esprit d'adoration

par Jésus-Christ, notre Sauveur qui est vivant

pour les siècles des siècles. - AMEN.

Orgue

...

Gauthier,

sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu.

...

Victor,

sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu.

...

Il chuchote.

- Barbarin a fait un très beau sermon. - Oui.

Il va me rencontrer à propos de Preynat. - Vraiment?

- C'est important pour moi. - Ça fait plus de 30 ans, Alexandre!

- J'ai besoin de lui parler.

- À quoi bon le déranger avec ça? Il n'y est pour rien.

- Preynat est toujours en contact avec des enfants.

- C'est un vieillard inoffensif et sûrement malade.

- L'Église doit agir et le condamner.

- Aujourd'hui, ça ne sert plus à rien.

- Il pourrait le destituer. Ce serait un acte fort et symbolique

qui prouverait que l'Église

condamne la pédophilie.

Vous en avez parlé à papa? - Vaguement.

- Que dit-il?

- Que tu es doué pour remuer la merde.

- En 91, je vous ai tout raconté et vous n'avez rien fait!

- Tu avais déjà 17 ans.

- Ça va? - Je veux partir.

- Déjà? - Je peux plus les voir.

- Vous avez parlé? - Je ne devrais pas "déranger" Barbarin!

- T'aurais dû attendre ton rendez-vous. - On y va?

Maman, on part.

À l'attention de Pierre Durieux.

Ce fut une joie que mes garçons soient confirmés par Mgr Barbarin.

Nous devions prendre rendez-vous.

Je lui avais donc répondu promptement.

J'ai peur qu'il ne reçoive pas mes réponses.

Cela arrive souvent avec mes mails.

Vu qu'il m'avait rapidement répondu suite au mail de Régine Maire,

je voulais vérifier.

Pas

...

- Vous me suivez?

Aimez-vous le jus de raisin? - OUI.

- Ça va depuis votre confirmation?

- Oui. C'est plus compliqué pour notre père.

- Votre père a du courage d'oser témoigner

pour que la vérité soit dite et que justice soit faite.

- C'est difficile. - On voudrait l'aider.

- C'est beau de vous inquiéter pour votre père.

Je ne savais rien des agissements du Père Preynat.

Mgr Decourtray qui s'en était occupé n'est plus de ce monde.

On ne peut pas revenir sur le passé.

Mais maintenant je suis là et vous pouvez compter sur moi.

Il faut prier pour votre père et tous les pécheurs de notre Église.

De tels actes sont révoltants,

qu'ils soient commis en famille,

à l'école, dans le monde du sport. Mais ils le sont doublement

quand les coupables sont des prêtres dont la mission

est d'annoncer le Christ et l'Évangile.

Pour le pécheur, il y aura toujours miséricorde.

Mais prêtre et pédophile sont deux mots incompatibles.

- Quand allez-vous le rencontrer?

- Très bientôt.

Mon emploi du temps a été très chargé.

Bon, Régine...

J'en ai dédicacé un pour votre père.

Notre Père qui êtes aux cieux...

- QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ, QUE TON RÈGNE VIENNE

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL.

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI NOTRE PAIN DE CE JOUR

PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES

COMME NOUS PARDONNONS AUSSI À CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS.

- J'ai envie de les jeter. - Il est de notre côté.

Tu savais qu'ils allaient le voir? - Non, je leur aurais interdit.

- Pourquoi? - Il aurait pu les manipuler.

- Il l'a pas fait. Au contraire.

- J'ai l'impression qu'il essaie de nous endormir, de t'anesthésier.

D'abord avec Régine Maire, Preynat, puis les enfants...

- Ils semblent obsédés par l'absence de demande de pardon.

- C'est normal.

Ils croient à la rédemption, à la force du pardon.

- Tu vois,

si Preynat m'avait demandé pardon,

je sais pas ce que j'aurais fait. - Tu serais devenu son prisonnier,

sa victime pour toujours.

- Régine, j'ai eu enfin le cardinal Barbarin au téléphone.

On a rendez-vous dans 15 jours. Merci.

J'ai relu La Vie du mois de juillet,

magazine qui fut un des catalyseurs de ma démarche.

Voici le lien. C'est très intéressant.

Notre Pape a des phrases incroyables. Il dit:

"Je m'engage à ne tolérer aucun mal envers un mineur

"pour qu'aucun loup n'entre dans la bergerie."

- Alexandre, merci pour ce texte où la demande de pardon est centrale.

Le cardinal m'a parlé de votre rendez-vous.

Je tenais à vous prévenir:

il semble que des rumeurs sur Bernard Preynat se répandent

sur Neulise au moins.

C'est regrettable. Je sais que ce n'était pas votre but.

Je voulais juste vous en informer

avant votre rendez-vous avec le cardinal.

Bon week-end. Que la paix du Seigneur vous habite.

Amitiés, Régine Maire.

Musique d'enquête

...

- Cette photo est poignante. Vous la connaissiez?

- Oui, je l'ai vue dans un livre d'histoire.

- Mgr Decourtray l'avait fait accrocher ici,

ses successeurs l'ont conservée. Je vous en prie.

- Merci.

- Combien de victimes? Deux? Trois? - Beaucoup plus!

Des dizaines, voire une centaine.

Il avait 200 scouts sous sa responsabilité

chaque année, vous pouvez imaginer. - Je suis horrifié.

Je regrette tant

que le père Preynat n'ait pu vous dire pardon.

Je lui ai dit. Il prétend que c'est un oubli.

Il m'a dit: "J'aurais dû lui demander pardon."

- Moi, je n'attends pas

une repentance, mais une sanction à son encontre.

Le Père Preynat est un danger pour les enfants.

Il a reconnu être pédophile...

- Évitez cette expression. - Quelle expression?

- Ce mot!

- Mais c'est ce qu'il est! - Oui, mais au sens étymologique,

pédophile veut dire "aimer les enfants."

Selon Dieu, il faut aimer les enfants.

Pas trop, évidemment.

- Mais...

Que faut-il dire alors? Pédosexuel?

- Oui, ça me paraît plus juste.

J'ai fait passer dans tout le diocèse une circulaire

exigeant qu'aucun prêtre ne reste seul avec un enfant

pour une confession.

Pour le catéchisme, qu'ils soient accompagnés de quelqu'un.

- Cela met l'opprobre sur tous les prêtres.

Et ils ne sont pas tous pédosexuels!

- C'est une mesure de prévention, de sécurité.

- Il vaudrait mieux condamner la pédophilie

et destituer les prêtres violeurs. - Chaque chose en son temps.

Le Pape François nous dit d'être courageux

en ce qui concerne ce Mal.

Croyez-moi, je ne vais pas manquer de courage. À bientôt.

- Merci, Monseigneur. Au revoir. - Au revoir.

- "On amena devant Jésus les petits

"pour qu'il les touchât mais les disciples les gourmandèrent."

- "Jésus, à cette vue, fut indigné et leur dit:

"Laissez les petits enfants venir à moi

"car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent."

- "Je vous le dis,

"qui ne recevra pas comme un enfant le Royaume de Dieu, n'y entrera point."

- Puis, Il les embrassa et les bénit en leur imposant les mains.

Le jour de notre baptême, on devient les enfants de Dieu

et Jésus nous aime comme il aimait ces petits enfants.

- M. le cardinal, je n'ai pas écrit

durant cette période de Noël, si propice à la prière.

Mais le fait que le père Preynat donne encore des cours de catéchisme

me révolte quelque peu.

Heureusement, les paroles de notre Pape ont résonné fermement en moi.

J'ai suivi de près l'affaire des prêtres pédophiles de Grenade.

Vous parliez de courage, notre Pape n'en manque pas manifestement.

Je m'en remets à vous.

Je prie pour notre Église si belle et si humaine.

Alexandre.

Chant de Noël

- ET L'ÉCHO DE NOS MONTAGNES

REDIT CE CHANT MÉLODIEUX

GLORIA

...

IN EXCELSIS DEO

- OH!

- Waouh!

- Merci. Bonne année à toute votre famille

et spécialement à nos deux confirmés.

Je ne sais pas

ce qui s'est passé à Grenade mais je vais me renseigner.

Que le Seigneur veille sur toute sa famille.

À dimanche peut-être pour les vœux diocésains.

*-Pour la 1re fois,

*un dirigeant de l'Église, accusé de pédophilie, va être jugé.

- T'as pas pris ta douche? Tu fais quoi?

- J'arrive.

J'arrive!

- Dépêche-toi.

- M. le cardinal,

Régine, je vous envoie cet article sur l'archevêque polonais,

Józef Wesolowski,

accusé de pédophilie et réfugié au Vatican depuis 2013.

Il a été arrêté par la gendarmerie du Saint-Siège.

Le Pape demande à ce que l'on affronte

la situation avec rigueur.

J'attends d'autres témoignages sur les agissements du père Preynat.

Je vais orienter mon action au niveau de Rome.

Où en êtes-vous?

Que Dieu continue de protéger nos enfants.

- Merci Alexandre, j'ai lu votre article.

Au récent consistoire, le cardinal O'Malley de Boston fut très clair,

c'est lui que le Pape a chargé de ce dossier sur la pédophilie.

Je prendrai les mesures qui nous seront suggérées.

Je vous tiens au courant.

Bon carême et un salut aux confirmés de l'an dernier,

ce sont des messieurs sympathiques.

- Cher Alexandre, j'avais bien lu ce texte.

L'Église est déterminée. Le cardinal vous a-t-il répondu?

Je ne saurais vous dire ce qu'il faut faire avec le Pape.

L'essentiel est que vous trouviez la paix et les moyens de la trouver.

Je vous assure de mon amitié et ma prière.

Cordialement, Régine Maire.

- Marie pense que je suis trop gentil et qu'ils me mènent en bateau.

- Ils protègent l'institution, classique.

- Je vais faire un dossier avec leurs mails, d'autres témoignages

et l'envoyer au Pape.

- Et la justice? - C'est à l'Église de régler ça.

- C'est embêtant que je sois prescrit? - Pourquoi ça?

- J'ai réfléchi.

Je suis prêt à témoigner. - Et Isabelle?

- Ça la regarde pas, c'est mon histoire.

Musique d'enquête

...

- M. le cardinal, voici la lettre d'un ami, Olivier Itaque,

qui a subi les mêmes agissements pédosexuels du père Preynat.

Il m'a dit que Preynat tournait sur beaucoup de garçons.

- J'ai subi un attouchement sexuel

et plusieurs fois il m'a embrassé sur la bouche.

- Je crains qu'il y ait eu des centaines d'enfants victimes.

Olivier Itaque en connaît plusieurs.

- Remerciez M. Itaque de ma part

pour son témoignage et dites-lui que nous le recevrons

s'il le désire.

Comme annoncé, j'ai appelé le père Preynat.

Il est venu et je lui ai dit que je lui retirais la charge

de sa paroisse et qu'il n'en aurait pas d'autre.

Bon dimanche à vous.

Orgue

...

- Il t'a vu. - Je sais.

- Le corps du Christ.

- (Non! Pas avec lui.)

- (Asseyez-vous.) - Le corps du Christ.

Le corps du Christ.

Le corps du Christ.

...

Le corps du Christ.

...

- Venez.

On y va.

...

- Je comprends pas.

Barbarin se fout de moi.

À l'attention du père Frillon.

Sachant que le père Preynat est sous votre direction,

je voudrais savoir pourquoi il célèbre encore des messes

entouré d'enfants de chœur.

- Notre Seigneur. - AMEN.

- Je vais écrire à son sujet à notre Saint Père, le Pape.

Alexandre Guérin.

PS: j'ai rencontré Suzanne Cremer, ancienne secrétaire au diocèse,

qui a beaucoup d'informations sur le dossier Preynat.

- Vers 1980, un de mes frères m'a dit

que le cardinal de l'époque retirait Preynat

de la paroisse pour des problèmes de pédophilie.

Il avait interdiction d'être en contact avec les gamins.

C'est vrai, il avait toujours eu des chouchous blondinets.

À cette époque, Preynat a reconnu auprès d'une amie qu'il était malade,

qu'il avait subi lui-même des assauts d'adultes.

- Ça n'excuse rien mais il semble qu'il n'ait jamais nié, juste minimiser.

- Depuis longtemps,

on entend parler de lui mais personne n'a jamais porté plainte.

- Pourquoi Barbarin fait rien? Il a assez de pouvoir pour agir.

- Vous savez,

ils se connaissent depuis longtemps.

Quand Barbarin a vu le bon travail de Preynat,

l'argent et les fidèles qu'il ramenait...

- Vous connaîtriez des victimes non-prescrites?

- Mes neveux

n'ont heureusement pas eu affaire à lui.

Mais je suis sûre qu'il en existe dans les campagnes,

parmi les enfants de chœur, au catéchisme.

Je ne crois pas qu'il se soit arrêté.

Vous savez, je m'en veux.

Au fond, je savais. On savait tous et on a rien dit.

- T'es là, toi? On va se promener. Alexandre, tu viens?

- Je finis. - T'écris à qui?

- Au Pape.

- Bon, on y va.

- On va où?

- À la Tête d'Or.

Victor, Gautier, Benoît, on y va.

- Très Saint Père, j'ai entamé une démarche de vérité.

J'ai rencontré Mgr Barbarin et Mme Régine Maire.

J'ai parlé avec le père Preynat qui a avoué sa pédophilie

et tous les sévices

qu'il a fait endurer à des enfants.

Notre silence ne l'a pas absout de ses crimes,

source d'une douleur qui souvent ne cesse jamais.

L'Église ne peut oublier sa complaisance.

Il faut mettre la lumière sur la terrible obscurité de l'Église.

Le cardinal Barbarin ne lui confiera plus d'église,

mais il restera prêtre.

"Pas de vague." Cette minimisation de ses crimes m'est insupportable.

Il y a très peu de compassion devant cela.

Ma démarche de vérité gêne et ennuie.

C'est grâce à votre engagement que je me suis confié,

mais j'ai honte d'appartenir à notre Église

qui laisse des personnes comme le Père Preynat être encore prêtre.

Pourquoi n'agissez-vous pas?

- Alexandre.

- Il a souillé des enfants dans leur chair.

Musique douce

...

Pour ne plus avoir peur d'écrire, il m'aura fallu 30 années.

- Grâce à vous,

dans nos réunions, on parle d'homosexualité et de pédophilie.

- C'est pas pareil, une orientation sexuelle

et une perversion criminelle.

- Oui, mais comme ce sont des sujets que nous n'abordions jamais,

je considère que c'est un progrès

pour notre Église.

- Que se passe-t-il vraiment pour Preynat,

pour sa destitution? - Je vais être clair,

peut-être un peu brutal,

mais je pense que le père Preynat

sera et restera toujours prêtre.

- Vous niez notre statut de victimes.

- Bien sûr que nous sommes du côté des victimes.

On est conscient du caractère criminel du père Preynat.

D'ailleurs, on a trouvé des papiers de Decourtray

se disant "ébouillanté par la vérité concernant Preynat".

- Mais pas de destitution.

- Non. - Vous savez ce qui va se passer

s'il n'est pas destitué?

Dans six mois, l'affaire sera enterrée

et il pourra aller à l'étranger exercer sa perversion en toute impunité.

Après les scouts, les petits Libanais. - Je vous en prie, M. Guérin!

- Plus qu'une solution. - Quoi?

- Porter l'affaire en justice. - C'est inutile.

Vous êtes prescrit et aucun non-prescrit ne s'est déclaré.

En existe-t-il?

Non, d'après les paroles de Preynat...

- Les paroles de Preynat? Comment le croyez-vous?

- Mais...

Pourquoi remuer ces vieilles histoires?

Je prierai pour vous. Porte

- Cher Alexandre,

j'ai reparlé à mes frères et neveux de Preynat pour votre enquête.

Un de mes neveux, Didier, a reconnu avoir subi des attouchements de Preynat.

Je suis sous le choc.

La parole a besoin de temps pour se libérer.

Nous avons aussi reparlé de Mathieu, son frère décédé.

Il aurait subi le plus d'attaques sexuelles.

Mon frère pense que son suicide serait lié à ces viols.

Je suis bouleversée

et je me sens coupable de n'avoir rien dit.

Je n'ai pas revu Didier depuis 5 ans.

Il a beaucoup de conflits avec son père et l'autorité.

Une vie marginale après des années difficiles dans la drogue.

Rencontrez-le car si les faits ont eu lieu,

ils ne sont pas prescrits pour lui.

Il a 33 ans.

- Il vous faisait le catéchisme?

- Ouais.

- Et l'enfant de chœur? - Parfois,

mais pas tous les dimanches.

- Ça se passait où? - Ça dépend.

Dans la sacristie, mais parfois aussi dans la cure.

- Il vous faisait quoi?

- Non... J'ai pas envie de parler de ça.

- Je comprends. Moi, il me serrait fort dans ses bras.

Il m'embrassait, il me disait

"Je t'aime." et il me caressait.

Vous savez,

si vous portez plainte, Preynat sera attaqué par la justice.

Vous le feriez pour les victimes prescrites.

Et on est nombreux.

Votre tante m'a parlé de votre frère, Mathieu.

Il se serait suicidé à cause de Preynat?

Soupir

- Non, c'est parce qu'il était pédé. - Même s'il était homosexuel,

les agressions de Preynat étaient criminelles.

Il faut rompre la chaîne du silence. Faites-le pour Mathieu.

- C'est facile de parler pour vous.

Vous, vous avez une famille, du fric, un boulot. Vous avez tout.

Moi, j'ai quoi, moi? Hein? J'ai quoi? J'ai que dalle.

J'ai pas d'avenir. - D'accord, mais je reviens de loin.

- Si je le fais, y a marqué quoi sur ma gueule?

Victime de pédophile?

- Si vous parlez, d'autres parleront.

Vous serez pas tout seul. On sera là.

- Je sais pas.

Faut que je réfléchisse.

Piano

...

- Regarde, c'est là qu'on était. - Oui.

- Oui.

...

*Signal sonore

...

*-Vous avez un nouveau message.

...

- On va y aller. - Pourquoi?

- J'ai un truc à faire. - On était bien.

- Viens.

...

Tiens. - Merci.

Marteau piqueur

...

- Bonjour.

- Vous faites quoi ici? - Je voulais parler.

- Vous avez pas eu mon message? - Si...

- On a plus rien à se dire. - Je voudrais...

- Je témoignerai pas, c'est clair?

- Didier... - Casse-toi!

Musique rythmée

...

...

- Je porte plainte contre M. Bernard Preynat.

...

Sonnette

- Bonjour. M. Debord? - Oui.

- Courteau, brigade des mineurs.

- Ça date de 25 ans, on croyait que c'était classé.

- Oui, mais aucune plainte n'avait encore été déposée.

- Qui l'a fait?

- Une de ses victimes mais je ne peux pas vous dire qui.

Mais c'est possible

qu'il y ait prescription.

- Un scout? - Oui, de St Luc, comme votre fils.

- Je savais que ça ressortirait.

- On a retrouvé, dans les archives du diocèse, votre lettre de 1991

adressée à Mgr Decourtray au sujet de Preynat.

- Y en a eu plein.

- C'est-à-dire?

- J'ai échangé avec Decourtray et Preynat.

- Avec Preynat?

- Oui. - Je peux voir ça?

- Bien sûr.

Là, Decourtray me demandait de ne plus envoyer de recommandés.

Ça, c'est le père Plaquet...

Le père Faivre et voilà les lettres de Preynat.

- "Une blessure profonde dans mon cœur de prêtre."

Il avoue, incroyable.

- Il a toujours avoué. C'est bien sa seule qualité.

- Je prends tout ça. - J'ai pas de doubles.

- On vous envoie des copies par mail. - D'accord.

- Votre fils est sur Lyon? - Il habite dans le beaujolais.

- Ses coordonnées? - C'est pas opportun.

- On doit le voir rapidement. Son numéro.

Musique calme

...

- J'appelle François? - Je m'en occupe.

...

Je vais me préparer!

...

- Ah bah? Maman?

- Ça va? - Oui, ça va.

- Je faisais des courses dans le coin.

- Tu veux un petit café? - Oui.

- T'as un truc à me dire.

C'est Louis. - Rien à voir avec ton frère.

- Qu'y a-t-il? - Ça va te contrarier mais...

- Mais quoi?

- La police est passée nous voir...

Pour nous interroger sur le père Preynat.

Une enquête pour abus sexuel. - Ah bon?

- Il nous a retrouvés grâce à ma lettre de 91.

- Et alors? - Une plainte

a été déposée contre Preynat et le commissaire voudrait

t'interroger. - Mais non.

C'est du passé! Qui est le con qui se réveille maintenant?

Il pouvait pas parler avant? - Je sais pas, il n'a rien dit.

- C'est pour le fric.

- Il va t'appeler.

- Mais non, j'ai rien à lui dire, moi.

- Il a pris tout mon dossier. - Quel dossier?

- Tu sais bien.

Les lettres du cardinal, de Preynat. J'avais tout gardé pour le jour

où tu voudrais les lire.

Je suis désolée de te replonger là-dedans.

- Te prends pas la tête, je vais gérer ça.

*-On peut prendre rendez-vous?

- Je vous arrête, j'ai rien à déclarer.

Mais je voudrais récupérer les documents.

*-Vous devriez témoigne r. Vous êtes peut-être non-prescrit.

*M. Debord? - Oui, je suis là.

Allô, ma chérie? *-Oui.

- Je passe prendre du pain? *-Non, j'en ai acheté.

- Les filles sont couchées? *-Je viens de les mettre au lit.

- Ça marche. À toute, je t'aime. *-À tout de suite.

*-Appel terminé.

- François, tu peux venir?

- François, ce que t'a fait le père Preynat, c'est mal.

C'est interdit par la loi.

Un prêtre n'embrasse pas un enfant sur la bouche

et ne lui touche pas les fesses.

Il risque la prison. - Je veux pas.

- On doit faire quelque chose.

Il n'avait pas le droit de te faire ça.

- Donc vous n'irez pas au camp scout

ton frère et toi. - Je voulais y aller!

- Louis!

- Ce qui intéresse Preynat, c'est les petits.

Musique tendue

...

- Papa?

- Ça va, ma chérie? Dors.

Mes parents ont fait arrêter les scouts.

- C'est dingue.

- J'étais mal et c'est pour ça que je voulais pas

qu'il aille en prison. - Je comprends pas,

c'était pas à toi, à 11 ans, d'en décider!

- Ils ont fait ce qu'ils ont pu.

Au moins, ils ont réagi.

- Ouais...

Imagine que ça arrive aux filles.

- Putain, c'est pas vrai! - Quoi?

- Il est encore avec des gosses!

C'est des malades.

Je le croyais mort.

Coups lointains

...

Batterie

...

- Ça va pas? - Non.

*-Decourtray nous avait assuré que c'était fait.

- Quelle bande d'enfoirés!

*-Tu as eu le commissaire? - On a rendez-vous.

*-On a tout fait pourqu'il ne soit plus au contact d'enfants.

- Avec tes lettres, il va falloir faire quelque chose.

*-Fais attention, ils sont puissants.

- Je t'embrasse.

J'ai des aveux de Preynat que je peux vous montrer.

*-Écoutez, je les connais, ça ne me paraît pas crédible.

- Y a déjà une plainte pour abus sexuel,

je délire pas! *-Je vois ça et je vous rappelle.

- Elle est belle la presse locale!

*-Bon, au revoir.

- Connard.

- Ah oui. Comment a réagi Barbarin? - Je sais pas,

il doit m'appeler.

On peut ne pas me citer? - Vous assumez pas?

- Si, mais je voudrais protéger ma famille.

Vous comprenez? - Non, faut y aller, là.

- Je ne veux pas révéler mon identité.

- OK, je peux prendre vos lettres?

- Je pourrai lire l'article? - Non.

C'est pas ma déontologie.

- OK.

Il rit.

- Ça m'empêchera pas d'écrire. - Je vous laisse payer?

Je vais au commissariat.

Il était charismatique, bon orateur, apprécié.

C'était presque un gourou. - Comment ça s'est passé pour vous?

- Ça s'est passé plusieurs fois. Entre 5 et 10 fois.

Dans des lieux isolés.

En camp ou sur St Luc, lors de sorties, le week-end...

Il me faisait des câlins comme mon père.

- Qu'avez-vous dit à vos parents? - J'ai parlé que du dernier contact.

- Oui?

- C'était aux louveteaux. Il m'avait demandé de rester.

On était seuls, la lumière était éteinte.

Il m'a ôté mon béret, mes lunettes et m'a pris contre lui

pour me faire un câlin.

Ça a duré une quinzaine de minutes.

Je me souviens encore de ses râles,

de son souffle chaud, de la couleur de sa chemise.

Il m'enlaçait et...

Et d'un seul coup, il a soulevé ma cuisse

pour mettre sa main sous mon short et me caresser les fesses.

- Il est allé sous votre slip?

- Dans mon souvenir,

il m'a pas touché le sexe.

Mais il m'a embrassé sur la joue et en passant,

il m'a embrassé sur la bouche. Et il a dit que c'était notre secret.

- Le baiser était posé ou glissé? - C'était...

Posé. Sans la langue.

- Et après?

- Je suis rentré. J'ai dit à mon frère:

"Preynat m'a embrassé sur la bouche."

J'étais fier. Mon frère en a parlé à mes parents

qui se sont battus pour qu'il soit éloigné des enfants.

Pour moi, ça s'est arrêté là. - Votre mère

nous a dit qu'elle avait extrapolé,

en déclarant qu'il vous avait déshabillé.

Qu'en est-il?

- Non, ma mère a dû faire un amalgame avec d'autres histoires.

C'est normal. Elle a très mal vécu les faits.

- Vous savez que vous êtes non-prescrit? - Oui.

- Vous portez plainte contre lui?

- Oui, je porte plainte.

Y a pas que Preynat mais aussi depuis quand le diocèse savait?

Et si Barbarin savait, pourquoi il l'a laissé en poste?

- Si vous voulez Barbarin, vous allez courir longtemps.

- Alors je porte plainte contre le diocèse de Lyon qui savait

et qui n'a rien fait.

- OK. Vous avez quelque chose à rajouter?

- Non.

Si! Je vais médiatiser l'affaire.

- Comment ça?

- Faut que ça sorte.

- Vous allez pourrir mon travail

en excitant des journalistes qui vont en révéler trop.

Soyez raisonnable.

Évitons le syndrome de l'affaire Grégory.

- Ah putain! Vous voulez juger un homme,

moi, c'est une institution, un système, qui a permis à un pédophile

de commettre ses crimes des années en toute impunité.

- On mène le même combat.

- J'espère. - Bien sûr!

Portable

- Allô, oui? *-Bonjour, ici le cardinal Barbarin.

*François Debord? - Oui, bonjour, merci de me rappeler.

Je sors de chez Courteau. *-Ah? Très bien.

- Depuis que j'ai lu les lettres, je suis sous le choc.

*-Je comprends.

Mais nous devrions nous rencontrer pour en parler.

- Avec plaisir. *-À la mi-novembre?

- C'est un peu tard.

*-Je dois parti r au Liban quelques jours.

- J'ai une proposition.

- Je vous écoute.

*-Ce serait fort si on faisait un communiqué commun.

*Un cardinal et un athée, ça aurait de la gueule.

- Je comprends pas.

- Pour condamner la pédophilie et le silence de l'Église.

C'est une question de morale et de devoir.

*-Je pense pas

que ce soit une bonne idée mais je prends l'affaire au sérieux.

- Mais avec ou sans vous, il faut médiatiser.

Au revoir, monsieur.

- Je vais pas annuler le Liban? - Non.

Mais il faut agir vite.

- On t'a dit pour Benoît? - Non.

- Il est allé aussi au commissariat. - Ah bon?

- Mais il n'a pas porté plainte.

- Ça ne m'étonne pas. - Je peux vous poser

une question sur ce qui s'est passé pour François?

- Ma chérie... - On n'a rien à cacher.

- Je dis plus rien. - Mais non.

- On t'écoute, Aline.

- Pourquoi ne pas avoir vu la police?

- C'est compliqué à expliquer mais c'est vrai, on s'est posés

la question.

Peut-être aurait-on dû?

- Il fallait le protéger,

lui éviter la pression de la justice, la presse...

C'est compliqué pour un enfant de témoigner et puis,

on s'est dit que c'était pas la peine d'en rajouter.

On a fait confiance à l'Église. - J'avais appelé Decourtray

et il m'avait dit:

"Je l'ai retiré du groupe St Luc, que puis-je faire de plus?"

Je lui ai dit qu'on pouvait pas le laisser sans suivi psychologique!

"Je m'en occupe." Tu parles!

- On peut parler d'autre chose?

- Oui, bien sûr, mon chéri.

Brouhaha léger

...

*-Bonjour.

*Plusieurs plaintes ont été déposées contre un prêtre de ce diocèse.

*Les faits, antérieurs à 1991,

*implique ce prêtre accusé d'agressions sexuelles sur mineurs.

*Je condamne sans réserve des actes qui ont atteint

*des jeunes dans leur vie intime.

*Ce prêtre n'a plus aucune responsabilité pastorale

*et tout contact avec des mineurs lui a été interdit.

*Comme l'a dit le Pape:

*"Les familles doivent savoir que l'Église veut protéger les enfants.

*"Elles peuvent avoir confiance

*"car c’est une maison sûre."

- Monseigneur, je dois vous dire mon profond respect

pour votre démarche.

Inutile de vous faire perdre un temps précieux

et je vous propose d'annuler notre rendez-vous.

- Merci. Je vous laisse juge de l'opportunité de cette rencontre.

Mais je trouve utile de vous entendre.

Bonne fête de la Toussaint à vous.

- Monseigneur, pour être sincère,

je n'éprouve pas le besoin d'être entendu

et qu'on me témoigne de la compassion.

Grâce à mes parents, je me suis affranchi de tout cela.

Je n'ai aucune animosité à l'encontre du père Preynat ou de l'Église.

Ravi de voir que la religion catholique se remet en question.

Mais je suis outré par l'inertie du cardinal Decourtray.

Il y a du criminel dans cette affaire et je me battrai,

animé par ce que je crois juste et bon au fond de mon âme.

Je préserverai la foi de vos fidèles que je respecte, malgré mon athéisme.

Cordialement. François Debord.

- Regarde! - Quoi?

- "Au moins 20 gamins

"y sont passés", assure un Lyonnais victime du prêtre.

- Moi? - Oui.

"Le silence aura tenu 20 ans mais son passé le rattrape.

"Le père Preynat n'a pas donné suite

"à nos sollicitations. Il vit chez les Sœurs de Montgay..."

- "Où il a été mis sur la touche.

"Mais ce curé pourrait bénéficier de la prescription."

Portable

Bonjour, capitaine. *-Vous avez vu La Tribune?

- Oui, incroyable!

*-C'est vous? - C'est pas moi!

Mais c'est très bien que ça sorte enfin.

*-J'en suis pas sûr. - L'enquête avance?

*-J'ai des victimes non-prescrites.

- Mais je vous avais prévenu.

*-Je vous demande d'être discret pour ne pas gêner l'enquête.

- Je suis pas d'accord! Vous, vous faites respecter les lois,

moi, mon devoir, c'est d'informer pour que ça n'arrive plus.

*-François pensait avoir tourné la page.

*-J'étais habillé en scout, avec un short court,

*il m'a enlevé mon béret, mes lunettes,

*il m'a enlacé et il s'est passé ce qu'il s'est passé.

*-II subit des attouchements sexuels.

*Ses parents préviennent le diocèse qui reconnait d'autres signalements.

*Le prêtre est éloigné de la paroisse,

*et avoue les faits.

*Mais il y a 3 semaines, François apprend

*que le prêtre est rapidement

*revenu officier auprès d'enfants.

*Le diocèse de Lyon a publié un communiqué

*mais les mutations n'y sont pas justifiées.

*La police cherche des victimes d'agressions récentes.

- Bravo.

À visage découvert!

- On va pas se cacher.

- On va avoir des appels! - De soutien!

- Non, nos amis du bridge sont catholiques et ça va pas leur plaire.

- T'as fait ce qu'il fallait.

- J'étais chez les scouts en 1980, bien avant vous.

Cette histoire date d'au moins 35 ans.

Il souffle.

- Vous aviez quel âge? - Au début, 9 ans.

À 10 ans, j'ai dit à ma mère que je voulais arrêter

à cause de Preynat.

Elle est allée trouver le père Plaquet

qui lui a dit que Preynat serait éloigné des enfants.

Ce qui était faux.

- J'ai fait le tour des médias locaux, mais rien ne bouge.

J'aimerais faire une conférence de presse nationale.

- Avant, il faut trouver d'autres victimes pour avoir plus de poids.

- Vous en connaissez?

- J'ai d'anciens copains scouts. Je suis sûr que certains ont été abusés.

- Y avait des listes de scouts?

- Certainement.

- Bon alors, on se lance? - OK.

Je te suis.

- Merci.

En quelle année à St Luc? Très bien!

Ah, d'accord. OK, merci monsieur. Au revoir, monsieur.

Preynat, un type formidable. Un autre?

- Appelle celui-là. - Merci.

François Debord, ancien scout du groupe St Luc.

Y a une enquête sur le père Preynat pour actes pédophiles. Allô?

Vous m'entendez? - Il a raccroché?

- Je comprends.

Vous pouvez me rappeler à ce numéro quand vous voulez.

Merci. Au revoir.

- Alors? - Il pleurait.

- On va organiser une réunion avec plusieurs victimes.

En attendant,

vous pourriez écrire votre histoire? Oui, ce serait formidable.

Bon, merci beaucoup. À bientôt.

- Alors? - Déjà quatre.

- Pas mal. Tu veux de l'aide?

- Tu peux t'occuper de cette liste?

Sonnerie

...

- Allô? *-Allô?

*Tristan, on s'est parlé hie r.

- Oui. *-Je vous dérange pas?

- Pas du tout. Je vous écoute. - (Mets le haut-parleur.)

*-C'était difficile de vous parler hier

*mais depuis, ma tête explose... J'ai vomi ce soi r.

*C'est comme s'il était revenu. - Je comprends.

*-Preynat est un vieux salopard. II m'a bousillé.

- Vous êtes pas le seul. *-J'ai jamais parlé.

*Ma femme, ma mère, mon fils, personne sait ce qu'il m'a fait.

- Vous voulez témoigner? *II pleure.

La police recherche des victimes.

*-Je sais pas.

*

- Y a du monde.

- Un type m'a dit:

"Quand on fait l'amour, on est trois. Moi, ma femme et Preynat."

- C'est sûr que c'est difficile de se réjouir.

- Tu sais qui est à l'origine de la plainte?

- Non. Courteau t'a pas donné son nom?

- Il se méfie de moi.

Il est content qu'on envoie des victimes.

Brouhaha

- Excusez-nous, on va commencer.

Vas-y.

- Gilles a eu l'idée de créer un site Internet pour l'association.

On y retrouvera les articles de presse,

les courriers et nos témoignages. - Voilà.

Ce sera une source d'informations et un soutien pour les victimes.

- Il faut trouver un maximum de victimes, prescrites ou non.

On compte sur vous pour arriver en force

en janvier. - Pourquoi janvier?

On n'est pas pressés. - Si!

Courteau finit son enquête fin janvier, donc on doit tout sortir avant

pour faire pression sur le parquet

et faire du bruit. - Les témoignages,

on est obligés? - Chacun

fait ce qu'il veut, mais prenons exemple sur les rescapés d'Auschwitz.

- C'est pas un très bon exemple. - Non.

- C'est pour éviter

les détails glauques.

Il m'a sucé, je l'ai caressé... Les gens ont pas envie de lire ça.

- Vous savez ce que risque

le père Preynat?

- D'après Courteau, il risque la prison.

- Il encourt la correctionnelle sauf s'il y a viol avéré,

c'est-à-dire toute forme de pénétration:

sodomie, fellation, là, c'est les Assises.

Et "mineurs de moins de 15 ans", ça aggrave son cas.

Mais ses avocats vont jouer la prescription, c'est pas gagné.

Il faut voir Courteau même si c'est désagréable.

Dominique?

- Je suis psychologue-victimologue.

Certains d'entre vous se sont construits

avec de telles défenses et ont refoulé tant de traumatismes

qu'ils hésiteront à entreprendre des démarches.

Mettre des mots sur des souvenirs qui vous appartiennent

et être écouté par une autorité judiciaire

neutre et plutôt bienveillante,

qui va confirmer que ce que vous avez subi n'est ni normal, ni inventé.

Ça n'a pas de prix pour la tranquillité de l'esprit.

En gros, parler, ça fait du bien. - Merci.

- Un peu de quiche? - Merci.

- Pardon, maman, on n'a pas fini.

- Excuse-moi, mon chéri. - Merci.

On a commencé

une lettre ouverte autour du silence de Preynat.

On va être publiés dans Le Progrès et on aurait une page...

- Dans La Tribune. - Pour dire quoi?

- On s'adresse à l'Église mais aussi à ceux qui n'ont rien dit.

Ces "collabo-catho" qui organisaient une véritable omerta,

ne seront jamais jugés mais ils doivent comprendre

qu'ils sont tous coupables. Et ils sont nombreux.

On a pensé à un titre genre "Honte à vous."

- Faut-il prendre le risque de tomber

dans un registre "tous collabo".

- Les parents coupables sont ceux qui n'ont pas

voulu entendre leurs enfants.

C'est pas la majorité. - Je suis d'accord avec eux.

On doit pas être guidés par la vengeance, mais la justice.

- OK... Merci les gars, bon recadrage.

On est là pour ça.

J'ai été maladroit, mais je voudrais

faire condamner les gens qui sont restés silencieux.

Perso, j'aurais du mal à vivre avec ça.

Batterie

.

Portable

.

Allô? *-François?

- Oui. *-On l'a retrouvé.

- Qui? *-Celui à l'origine de la 1r e plainte.

*Par un ami commun.

Cymbale

- Yes!

L'association, c'est "La Parole libérée".

On va déposer les statuts.

Je serai président, Gilles, secrétaire et toi, trésorier.

- Je sais pas.

Je suis allé au bout de ma démarche. Vous n'avez pas besoin de moi.

- Sans toi, Courteau serait jamais remonté jusqu'à moi.

T'es à l'origine de tout. Sans toi, on n'est pas crédibles.

- Tu peux pas t'arrêter là.

- Je suis consultant éco à la télé à Paris, c'est compliqué.

- T'es pas obligé de t'exposer.

- Oui. - Y a aussi

ma femme qui travaille chez les Lazaristes. Ça jase.

Mes enfants y sont scolarisés.

- Je suis chirurgien, la moitié de ma clientèle est ultra catho.

Ils soutiennent tous Barbarin.

Je pense pas perdre ma clientèle pour ça.

Je suis catholique, comme toi.

Je fais ça contre, mais pour l'Église.

- Merci.

- On l'attend? - Il va arriver.

- J'espère. - Je l'appelle.

On frappe. - Entrez.

- Pardon, y avait des embouteillages. - Super, t'es venu!

- Bonjour, Maître.

- Installez-vous.

- Y a un effet boule de neige incroyable.

On a une soixantaine de témoignages.

- La parole se libère partout, même dans l'Église.

- Vous vous attaquez à une grosse machine, une vraie institution.

C'est pas gagné. - On sait,

on est là pour faire bouger les choses. - On aura du mal

à avoir des condamnations, mais on peut faire bouger les choses

sur la prescription.

- Il faut que le public comprenne

que 20 ans, c'est pas assez long. Il faut du temps aux victimes.

- Sinon,

vos statuts, c'est n'importe quoi.

- Pardon?

- Va falloir qu'on se revoie.

- On n'a pas le temps. Le site doit démarrer avant Noël.

- Il a raison,

on a besoin d'adhérents. Faut foncer. - Et on prépare

un dossier complet pour les journalistes, donc non.

- Bon... Bah d'accord.

Faites-moi tout relire pour éviter une dénonciation calomnieuse.

- Pas de problème.

Ça va être Noël, y a les cadeaux des enfants.

Faut payer la typo, la photo, faut s'y mettre.

- Tu viens? - Non, j'ai rendez-vous.

- Ah bon? - Salut. À bientôt.

- À vite. - Ouais.

- Il est chelou!

- Pas plus que toi. - Je le fais flipper?

- Ton côté "bouffeur de curés", c'est pas son truc.

- Je me suis calmé quand même. - Va falloir rebosser ton texte.

- Oui, je le ferai, mon Père. - Sinon, c'est le labo-photo.

Rires

- "Surpris du peu de retentissement de cette affaire,

"on a créé l'association "La Parole libérée"

"qui soutient les victimes du père Preynat.

"Et enfin, une conférence de presse aura lieu le 12 janvier 2016.

"Chacun peut adhérer moyennant une cotisation de 10€.

"J'ai besoin de votre mobilisation. Adhérez!"

- Alors?

- C'est bien, c'est clair. Tu l'as posté quand?

- Hier sur Facebook. - T'as eu des retours?

- Des gens du boulot.

- Tes parents ont répondu? - Tout de suite.

- Et Louis? - Non, pas encore.

Brouhaha

.

- Madeleine, Aurélien, revenez à table.

- Laisse-les, c'est Noël. - Noël, c'est demain.

Les cadeaux, c'est demain matin, les enfants!

Merci. - À quelle heure est la messe de minuit?

- À ton avis? - Je sais pas.

D'habitude, c'est 10-11 heures?

- Tu crois? - C'est bien à minuit.

- On y va à la messe?

- Si tu veux. - Papa?

- Ce sera sans moi.

- Fais un effort, c'est Noël.

S'il te plaît. - De la dinde?

- Non, merci bien.

- Le fromage. - Je vais vous aider.

- Merci, mon amour. - C'était très bon.

- Oui, je t'en prie.

- Je devrais faire un effort?

- Pour tes enfants.

Tintement

- Ah!

.

- Je profite de ce beau soir familial de Noël

pour porter un toast à mon frère. - François,

s'il te plaît. - C'est pour moi.

- Louis. - Oui.

- Merci pour ta grande générosité et ta bienveillance légendaire.

- De quoi tu parles? T'es bourré?

- Tu sais que cette cause me tient à cœur.

Et je demande pas grand-chose,

10€ symboliques.

Je dois être con pour imaginer

que mes proches, mon frère, me soutiennent.

Et en plus, tu me demandes d'aller à l'église?

- OK, là c'est les vacances... - Oui!

On est ensemble et pas un mot!

Rien! - Ça sert à rien de devenir hystérique.

Tu veux 10€? Tiens. - Oh non!

C'est trop généreux, franchement!

Non, Louis, garde-les. Tu peux même te les mettre au cul.

- Ça suffit!

- S'il te plaît, François.

- Tu sais Louis, ton silence, c'est une trahison.

Soupir

- De quoi

tu parles? T'es dingue. - Tu méprises la souffrance des autres.

- Ça va! Tu n'as pas le monopole de la souffrance!

Tu nous emmerdes avec ton association! - Putain!

Putain, la vérité qui sort enfin!

- La vérité, c'est que tu nous emmerdes avec ton histoire de curé!

Les parents

parlent que de ça! Tu vois pas qu'on n'en peut plus?

Ça a toujours été comme ça!

Tout a toujours tourné autour de toi!

Tu prends toute la place

et tu nous as fait chier toute notre enfance.

Ça continue!

Tu sais quoi? T'as réussi. Même maman est sous ton influence.

- Tu parles de quoi? - Que tu veuilles te faire incinérer,

ça vient d'où?

- Je savais même pas.

- Louis... - Papa, sérieux...

Allez, ça va. Tout va bien, papa... Tout va bien.

Je monte.

(Je vais me coucher. Fait chier.)

- Ses mots ont dépassé sa pensée. - Non.

Il est jaloux. C'est moi qui devrais l'être.

Il a tout réussi! Il est blindé avec ses deux baraques.

- Pour lui, t'es resté le chouchou de tes parents.

- Allez.

Tu m'envoies un texto quand t'arrives. - Salut.

- Au revoir. Bonne route.

Au revoir!

Chœurs d'enfants

.

- SEIGNEUR JÉSUS, APPRENEZ-NOUS À ÊTRE GÉNÉREUX,

À VOUS SERVIR COMME VOUS LE MÉRITEZ,

À DONNER SANS COMPTER,

À COMBATTRE SANS SOUCI DES BLESSURES,

À TRAVAILLER SANS CHERCHER LE REPOS,

À NOUS DÉPENSER SANS ATTENDRE D'AUTRE RÉCOMPENSE

QUE CELLE DE SAVOIR QUE NOUS FAISONS VOTRE SAINTE VOLONTÉ.

AMEN.

.

.

- Je flippe,

en fait. - Pourquoi?

- Tristan m'a envoyé son témoignage hier.

C'est horrible.

Tout lui est revenu. Il s'est fait violer pendant 3 ans.

- Violer? - Par fellation.

- Il est prescrit? - Oui. Preynat s'est comporté

comme un porc avec lui.

Il avait des problèmes auditifs et avait été diagnostiqué autiste.

Il savait qu'il parlerait pas.

Il allait même le dimanche chez ses parents pour déjeuner.

- L'ordure.

Tristan accepte d'être sur le site? - Faut que je lui en parle.

- J'ai lu ton texte pour la conférence. C'est bien, mais trop long.

- Ah?

- Il faut être plus neutre, plus factuel.

Enlever les passages agressifs.

Les témoignages, les faits, jouent pour nous.

C'est aux journalistes de s'indigner,

nous, on donne les infos. - L'avocate sera d'accord.

- On fait quoi?

- Tu lis ton texte, je réponds aux questions,

Fabrice présente le site,

et Alexandre... - Je suis pas sûr d'être là.

- Tu plaisantes? - Désolé,

j'ai un rendez-vous à Paris.

- Notre démarche est laïque, apolitique, citoyenne.

On œuvre pour le bien.

On a 40 adhérents dont 10 victimes.

Parmi nous des chefs d'entreprise, des informaticiens,

des professionnels de la finance, des médecins.

Nous avons un réseau puissant associé à une détermination totale.

Je ne reviendrai pas sur les agressions sexuelles sur mineurs,

une enquête préliminaire est en cours

et l'instruction du dossier devrait avoir lieu prochainement.

Cette affaire de pédophilie est d'une ampleur effroyable.

Des enfants ont été brisés, des familles se sont désunies,

des croyances religieuses bouleversées.

Au vue de l'irresponsabilité dantesque

du diocèse de Lyon, nous voudrions poser 3 questions:

Mgr Barbarin,

pourquoi le tribunal ecclésiastique n'a pas été saisi

vu le nombre de plaintes reçues par le diocèse?

Mgr Barbarin, depuis quand avez-vous connaissance

que le père Preynat est un pervers pédophile?

Mgr Barbarin, depuis quand le Vatican a-t-il connaissance

que le père Preynat est un pédophile?

Au nom des victimes, de leurs parents,

de leurs enfants, de vos fidèles, des prêtres innocents salis

par cette affaire, des citoyens français,

des laïcs, du clergé et de la société,

nous vous sommons de répondre publiquement à ces trois questions.

Le monde vous regarde et attend des réponses.

Merci.

- Vous êtes des lanceurs d'alerte?

- Alexandre! Super que tu sois là.

- J'ai pu me libérer.

- Celui grâce à qui tout est arrivé. - On peut vous interroger?

- Si, vas-y. - Je te prends ça.

- Merci. - Super.

- Vous êtes le premier à avoir contacté Mgr Barbarin?

- On appréhende toujours. - C'est normal.

Bonjour. - Mon épouse.

- Enchantée. - Bon, merci beaucoup.

- À bientôt.

- Au revoir. - Au revoir.

Tu la connais?

- C'est une journaliste qu'on a déjà rencontrée.

- J'ai pas parlé trop vite? - Non.

- Ton père a quelque chose à te dire.

- Ça va, papa?

- C'était très bien. - Merci.

- Tu as parlé avec calme.

Tu sais, j'ai parlé à ton frère. - Et alors?

- Il m'a donné ça pour toi.

- (Merci.)

(Merci, papa.)

*Météo à la radio

*

- Maman, c'est moi.

- Ça va? - Ça va?

Je suis passé à la boulangerie. - Y a du café.

- T'as du courrier pour moi? - Je vais te le chercher.

J'ai mis aussi 2 articles. - C'est quoi?

- Je te laisse regarder. - Un croissant?

- Non, merci.

Doucement, doucement. Calme.

Doucement... Voilà... Voilà...

Ça va aller...

- Faut que je leur écrive. - Attends un peu.

- Aujourd'hui, ma mère m'a montré 20 minutes et le Progrès.

J'ai été victime entre 1988 et 1991,

de ce prêtre, le père Bernard Preynat.

J'ai des photos du voyage en Irlande

où ma mère était accompagnatrice et à qui j'ai tout dit à 17 ans.

Ma mère avait loué un appartement face à cette église

que je pourrai décrire en détail.

- C'est l'Irlande. Il acquiesce.

- L'émotion est si forte que j'ai pas encore regardé le site,

j'ai directement cliqué sur "contact".

J'ai été diagnostiqué zèbre à 30 ans.

Depuis j'ai compris pourquoi je suis instable dans la vie en général.

Toujours en mode survie.

- Zèbre, c'est-à-dire?

- Ça désigne les surdoués. J'ai un QI de plus de 140.

Le zèbre est trop intelligent pour s'adapter.

L'intelligence n'a jamais rendu personne heureux.

- Et Preynat?

- De 88 à 91. Ça fait 25 ans.

J'attends depuis toujours que quelqu'un parle,

que je puisse tout raconter.

- Tu te fais accompagner? - Comment ça?

- Tu vois un psy? Ça peut aider. - Ah non!

J'ai fait plein de trucs: thérapie, hypnose, atelier de danse Soufie.

Le seul truc qui m'aide, c'est le sport.

- Je comprends. - Ça me vide la tête.

En tout cas, je vais vous aider

pour que Preynat aille en prison. Il faut qu'il paye!

J'ai bossé pour Euronews, il y a quelques années.

Je peux les appeler pour qu'ils fassent un sujet.

- Oui, mais le plus important, c'est d'aller voir Courteau

pour faire ta déposition. Et après, écris

ton témoignage pour le site. - Pas de problème.

- Super.

- C'est bien de savoir qu'on n'est pas seul.

- C'est important. - Ouais.

- Fallait m'attendre.

- J'avais faim. Demain, je me lève tôt.

- Bonsoir.

- Comment ça s'est passé?

- Ça va. Il est sympa. Il se bat.

- C'est un bourge? - Comme beaucoup de scouts.

- Sauf toi.

- Tu fais quoi demain? - Je vais à l'hôpital, voir ma mère.

- Elle va mieux? - Non, je crois pas. Tu viens avec moi?

- Non, faut que j'aille au commissariat. - Bonne chance.

- Arrête d'être méchante. - Un peu d'humour.

- C'est drôle!

*Télévision

*

On est arrivés avec ma mère à Lyon en février 88.

J'avais 8 ans.

Une dame a conseillé à ma mère de m'inscrire au groupe St Luc.

C'est là que j'ai rencontré le père Preynat. Il était agréable.

Moi, je croyais en Dieu.

Début 89, je sais plus le jour exact,

mais je visualise bien, juste sur la droite.

Il m'a demandé de venir avec lui pour l'aider.

Musique tendue

.

Grondement inquiétant

.

Ça a duré 5 à 10mn et on est ressortis.

Mais à partir de la 2e fois, il...

- Oui?

- Il m'a enlevé la chemise du short,

caressé le sexe...

Puis il a passé sa main dans mon slip.

Il caressait mon sexe dans un mouvement circulaire.

Il m'a embrassé sur les lèvres.

- Vous en aviez parlé à l'époque? - Non.

Le sexe, c'était tabou. Et c'était à l'église.

Moi, j'étais perturbé par le divorce de mes parents, le déménagement.

Une fois, j'ai avoué à ma mère qu'il m'avait embrassé.

- Et à vos camarades? - Personne n'en parlait.

Mais je voyais qu'il en emmenait d'autres vers son bureau.

- Comment ça s'est arrêté? - Quand Preynat a été muté dans la Loire

pour s'occuper soi-disant de personnes âgées en 91.

- Vous voulez ajouter quelque chose? - Oui.

Suite à ses attouchements,

j'ai eu une façon de me masturber durant l'adolescence...

Comme sa main sur mon sexe.

Ça a provoqué une déformation de ma verge.

- Ça vous handicape?

- Actuellement, non.

J'ai une vie sexuelle normale, en couple.

Mais ça me complexe beaucoup avec les femmes.

- Bon. Vous déposez plainte?

- Bien sûr.

Au revoir. - Au revoir.

- Maman?

- Ça va? - Tu veux lire?

- Quoi? - J'ai piqué une copie de ma déposition.

- Ah bon? - Oui.

(Vas-y.)

Alors? - Je savais pas les détails.

- Je vais l'envoyer à François Debord. - Oui.

Qu'en dit Jennifer?

- Elle est contente pour moi. - Tant mieux.

Tu viens dîner à la maison avec elle? - Non, merci.

- Je suis fière de toi. - (Merci.)

Portable

.

Allô? *-M. Emmanuel Thomassin?

- Oui. *-M. Courteau. J'enquête sur Preynat.

*Je vous contacte suite à votre déposition.

*Vous êtes libre demain à 9h pour une confrontation?

- Demain? *-Oui.

*On doit faire vite, Preynat est mis en examen. Vous êtes plusieurs

*à être confrontés à lui.

- Je peux venir avec ma mère? *-Non, juste avec un avocat.

- Ah d'accord. *-C'est bon?

- OK.

*-Merci, à demain. - À demain.

- Alors? - J'appelle l'avocate.

- N'appelle pas cette conne.

- Arrête. - Elle a pas su te défendre de ton ex.

- Bon, ferme ta gueule, casse-toi!

Porte

- Je vais être cash: les faits remontent à 25 ans.

Il risque de nier. Préparez-vous.

- S'il ose, je le tue!

- Non, dites pas ça, tuer quelqu'un, c'est pas vous.

OK? Bon allez, il va falloir y aller.

- T'as pris tes médicaments? - Ah non.

- Bon courage. - À tout à l'heure.

- Entrez, je vous en prie.

- Merci.

- Oh!

C'est le petit Emmanuel! Comment ça va?

- Mais...

On n'est plus chez les scouts, il n'a plus 8 ans.

Parlez-lui autrement.

- Asseyez-vous, M. Preynat.

Bonjour, Maître. - Bonjour.

- Voici le procès-verbal de M. Thomassin.

M. Preynat, reconnaissez-vous les faits décrits?

- Oui.

Je reconnais les faits. - Vous l'avez bien fait monter

dans votre bureau pour des attouchements sexuels?

- Oui. Tout ce qu'il raconte est vrai.

- Vous saviez que vous aviez de l'ascendant?

- À l'époque, non, mais aujourd'hui, je comprends que...

Je leur ai fait peut-être du mal.

- Pensez-vous que ce jeune homme ait souffert?

- Oui.

Il a dû souffrir.

Mais vous savez, j'en ai parlé à ma hiérarchie plusieurs fois.

Personne n'a rien fait. - Comment ça, la hiérarchie?

Ils savaient? - Oui!

Ils ont toujours su, depuis Mgr Decourtray.

- Jusqu'à Barbarin?

- Oui! - Ils n'ont rien fait?

- Qu'aviez-vous dit à votre hiérarchie?

- Que j'avais des problèmes avec les gosses.

- C'est tout? Rien de plus précis? - Non.

M. Courteau,

j'aimerais ajouter une chose. - On vous écoute.

- Emmanuel,

je voudrais te dire... - Vouvoyez-le!

- M. Preynat.

- Je voudrais dire aujourd'hui à Emmanuel

pardon pour tout ce que je t'ai fait subir.

- Je "vous" ai fait subir.

- Je vous ai fait subir.

- M. Thomassin?

- Vous avez trahi ma confiance,

et celle de tous ceux qui venaient dans cette église.

J'étais un enfant. Pour vous, c'était un jeu mais moi, ça m'a détruit,

détruit en moi la "valeur du père".

Je ne vous pardonnerai jamais.

- Maître, quelque chose à ajouter?

- Non.

- Vous pouvez l'emmener. Au revoir, M. Preynat.

- (Voilà. C'est fait.)

- Quel fils de pute.

- Alors?

- Je sais pas. - Bonjour. Nadia,

mon avocate.

- Il a tout reconnu et dit que sa hiérarchie savait.

- On s'en fout! - Non, il faut le faire condamner.

- Oui, et surtout le silence de l'Église.

- Faut qu'on y aille.

- On s'appelle? - Bon courage.

- À l'attaque de Preynator!

Il rit.

Musique calme

.

- C'est pour quoi?

- Bravo.

- Pour quoi?

- T'as gagné. - J'ai gagné?

- Le père Preynat est mis en examen

pour agression sexuelle et viol sur mineur de moins de 15 ans

par personne ayant autorité.

.

- (Oh putain...)

.

Je crois que je vais appeler mon père. - Pour lui dire quoi?

- Pour savoir s'il est au courant.

Il sera fier de voir ce qu'on fait, de savoir que j'en fais partie.

- Il sait pour Preynat? - Non.

- Alors à quoi bon?

- Ça a impacté ma sexualité.

J'ai mis du temps à me trouver, non pas de quel bord je suis,

mais comment m'épanouir

dans une relation de couple.

J'étais un enfant précoce, un zèbre. J'avais des facilités,

mais j'ai pas pu les mettre en application.

Je suis resté en échec scolaire.

- Qu'attendez-vous aujourd'hui? - Que Preynat

soit condamné.

Que d'autres personnes témoignent, que la législation change

pour qu'il y ait plus de prescription.

- J'espère que vous ferez bouger les choses.

- On se bat pour ça, en tout cas.

- Encore merci et puis, à bientôt.

- Vous savez quand ça passera? - Pas encore.

J'enverrai un texto.

- C'est gentil. - Merci.

- Au revoir. - Au revoir. Bonne chance.

- T'as aimé ça? - Quoi?

- Parler à cette pute.

- Putain, arrête.

- T'as aimé jouer ta victime.

Tu vas la revoir pour qu'elle te suce profond.

- Elle me sucera, elle. - Connard.

- Qu'est-ce que t'as? C'est quoi, ton problème?

T'aurais adoré passer à la télé! T'es jalouse! Pathétique!

- T'es pathétique. - Pathétique!

Bordel de merde!

Elle pleure.

.

.

Pourquoi tu réagis comme ça? Je comprends pas.

T'as vécu la même chose.

Allez.

- Vous pouvez vous rhabiller.

Effectivement, vous avez une courbure du pénis

qui s'apparente à la maladie de Lapeyronie.

- Mon avocate voudrait lier ça

avec les attouchements que j'ai subis.

C'est important pour le procès.

- Je comprends mais... Cette courbe peut être apparue

lors de votre puberté suite à des mouvements

particuliers. - Un mouvement circulaire.

- Oui, mais c'était il y a 20 ans.

C'est là que j'aurais pu faire un diagnostic précis.

Certains hommes ont le pénis courbé naturellement.

C'est peut-être votre cas. La seule chose que je peux faire...

Il démarre.

- Bonjour. - Bonjour.

- Ça va? - Et vous?

- Ça va.

- Ça aurait été bien d'avoir une attestation

mais on le mettra dans le dossier médical.

- Vous voulez voir des photos? - Des photos?

- De mon sexe. - Non, c'est pas nécessaire.

.

Musique calme

.

Brouhaha

- Est-ce qu'on commence? - Oui.

- Vous savez pour la mise en examen de Preynat?

- OUI.

- Ça a provoqué un choc au diocèse.

Depuis Barbarin se contredit: il disait avoir appris les faits en 2014,

et maintenant il dit qu'il savait depuis 2007.

Ses avocats ont dû lui dire

qu'au bout de 3 ans, il y avait prescription.

Il peut être blanchi.

C'est immoral puisqu'il savait

et qu'il a rien dit. Maintenant,

on va continuer à chercher

un moyen de les attaquer

pour non-dénonciation et mise en péril.

- Et le procès canonique? - On a écrit à Barbarin,

au Pape, pas de réponse.

Avec la médiatisation, ils vont bouger.

- Pardon. À propos de médiatisation,

je voulais vous dire que c'est bon,

j'ai un pilote qui nous aidera pour 3000€.

- Un pilote? - Pour quoi?

- Explique-leur.

- En plus de l'action juridique contre Barbarin,

on a besoin d'un gros coup de com et je pensais faire du skywriting.

- Quoi? - C'est un avion qui dessinerait

au-dessus de Fourvière, une grosse bite

avec le logo LPL. Rires

- C'est drôle.

- C'était pas des tracts? - Non, une bite géante!

Ça dit: "Qu'est-ce qui choque le plus,

"une bite ou des pédophiles?"

- C'est lourd comme message. - Oui!

- On peut le faire au-dessus du Vatican:

le gars nous le fait à 4000 parce que ça le fait marrer.

Là, résonnance mondiale!

- Non,

tu peux pas lâcher une bite dans le ciel!

Il faut qu'on voie les initiales de l'association

ou "Pédophilie halte au silence de l'Église".

- C'est trop long!

- Sinon tu fais ta réunion tout seul.

- Non, j'ai pas dit ça. Je parle de faisabilité.

Sinon, oui, t'as raison:

on écrit "La parole libérée.fr" mais il peut pas le faire.

- C'est une bonne idée. - Oui, ça vient

de ton homme. - Au moins,

on est sûrs de faire le buzz.

Si je vois un logo dans le ciel, je me dis que c'est de la pub.

Une bite, ça parle. - C'est sûr!

- C'est moins choquant que le sujet du débat.

- Les Debord, vous êtes incroyables.

- Ça reste une action populaire. - OK, pour cette idée,

sauf qu'il faut des termes précis qui cadrent avec notre action.

Il faudrait parler de la sexualité des prêtres,

sujet tabou, et en particulier de la pédophilie.

Faut ramener ça à une dimension intellectuelle, et là, OK!

- Je suis d'accord. Je vous parle de faire un buzz de malade.

Ça fera marrer tout le monde

et ça mettra la pression sur le diocèse, les politiques et les procureurs.

- L'image de Fourvière est protégée.

Pour toute médiatisation, il faut leur accord.

Ils risquent de pas être contents.

- On fait pas ça pour qu'ils soient contents.

- Ça me fait penser à la capote sur l'obélisque.

Ça avait fait le buzz, mais c'est polémique.

- C'est le monde d'aujourd'hui, on n'a pas le choix.

- À Pâques, ce serait bien.

Rires

- Faudra que le ciel soit bien dégagé.

- Je suis contre, c'est trop extrême.

Ça va choquer le pékin moyen qui comprendra rien.

- Le but, c'est de fédérer. - Excusez-moi.

C'est notre avocate.

- On passe au buffet, hein?

Brouhaha

.

- Salut. C'est Alexandre?

- Oui, salut. - Emmanuel.

- Enchanté. - Enchanté.

J'ai lu ton témoignage sur le site:

j'ai trouvé ça dingue... T'obliger à prier main dans la main

avec Preynat... - Ma femme, Marie.

Emmanuel. - Ah!

Bonsoir. - Enchanté.

- Votre témoignage m'a beaucoup émue. - Merci.

- Au revoir.

Pour la bite sur Fourvière, c'est mort. - Pourquoi?

- D'après Nadia, c'est diffamation directe.

- J'aurais dû être avocat!

- T'aurais dû. - Un verre?

- Un blanc.

- Pendant qu'on y est, quelqu'un veut reprendre

la ligne téléphone de l'association, j'en peux plus.

C'est du 24h sur 24, entre les victimes et les médias...

Je suis épuisé. Quelqu'un?

- Moi.

Je suis la maman d'Emmanuel. Je peux, je suis à la retraite.

J'ai du temps. - Oui, avec plaisir.

- Génial.

- T'es sûre? - Bien sûr.

Bonsoir. - Alexandre. Marie.

- Vous voulez boire quelque chose? - Volontiers.

- BONSOIR.

- Je vous jure,

combien de fois j'ai rêvé de le torturer,

de lui arracher les yeux, les doigts,

un par un. - Comme dans Reservoir dogs.

- J'ai pas vu.

- Il lui coupe l'oreille. - Il parle à l'oreille coupée!

- Les garçons, au lit.

Vous vous levez tôt demain.

- Salut. - Bonne nuit, papa.

- Bonne nuit. - Salut.

Pas de cauchemar, pas d'oreille coupée.

- Bonne nuit.

- Ils sont super. - Marie les a bien élevés.

- On s'entend bien, on parle beaucoup.

- Le contraire de moi avec mes parents. - Moi, c'est pareil.

Si tu voyais les textos de ma mère...

- T'as été dur aussi.

- Voilà un de mes textos.

"Maman, Barbarin doit juste avouer qu'il a protégé un pédophile.

"Être obligé de sucer ou masturber un prêtre à 9 ans,

"qu'y a-t-il de plus terrible?

"Nous protégeons les enfants que nous étions.

"Nous sommes des victimes et n'avons plus honte ni peur."

- Ouais, ça envoie!

Qu'a-t-elle dit? - "On t'aime,

"fais attention à toi et méfie-toi des médias."

Pleurs Non, laisse.

- T'y vas? - Oui.

- On boit le café au salon? - Oui.

C'est beau cette famille que vous formez. Je vous admire.

- Merci.

- J'ai rien.

Pas de famille, pas de boulot.

Une relation toxique avec ma copine.

- Nous aussi, on a eu des moments difficiles.

- Vous êtes toujours ensemble et tu le soutiens.

- Oui, c'est vrai.

- Pourtant, c'est dur de vivre avec des zèbres comme nous.

Sanglot

J'ai été maladroit?

- Non, c'est rien.

- Ça va?

- Je vais te dire une chose que les autres ignorent.

- Ouais?

- Si j'ai réussi à soutenir Alexandre dans ses démarches,

c'est que son combat est aussi le mien.

- Je comprends.

- Moi aussi, j'ai été abusée.

C'était un voisin...

Enfin, un ami. Tout le monde l'adorait.

Il est mort, donc c'est prescrit...

Si je parlais, ma famille exploserait, donc je me tais.

Il faut être courageux pour parler et affronter le regard des autres.

Moi, j'ai pas pu. C'est pour ça que je vous admire, tous.

- Merci.

Sonnette

*-C'est qui? - C'est moi!

*-Qui? - Emmanuel.

*-C'est Emmanuel. *-Ouvre-lui.

- Fallait prévenir.

- Non, mais je passais par hasard.

- Un peu de purée? - Oui. Merci.

T'as reçu ce que je t'ai envoyé? - Oui.

- T'as regardé? - C'est la vie, on a tous nos problèmes.

- Quel ramdam,

avec votre association!

- Fallait que tu saches.

Pour comprendre notre relation et pourquoi c'était dur.

- C'est ta mère, la responsable. Fallait pas t'envoyer là-bas.

- Elle l'ignorait.

- Tu sais ce que je pense d'elle? - Oui.

- Elle l'a mérité.

Elle a tout fait pour te monter contre moi.

- La victime, c'est pas toi.

C'est moi.

- Victime... Arrête avec ça!

T'es un homme, maintenant.

Fais quelque chose de ta vie. - C'est ça, ma vie!

La parole libérée! Tu comprendras jamais rien!

Désolé de vous avoir dérangés! - Non!

Fais pas ça. On est très contents de te voir.

- Désolé.

- Reste. - Dis-lui d'aller se faire foutre

à ce vieux con.

Claquement de porte

- T'aurais pu faire un effort.

La moto s'éloigne.

- Tu veux autre chose? - Non, merci.

- Ça te fera 6€,

s'il te plaît. - Tiens.

- T'as connu le père Preynat? - Ah...

Euh... Ah oui, oui.

Je suis une de ses victimes.

- Je faisais partie du groupe St Luc. - Oui.

- J'étais aux scouts. - OK.

Tu veux en parler?

- Non, je te remercie, moi ça va bien.

À bientôt.

Vous désirez? - Salut.

- Un pain au chocolat.

- Bien sûr, je comprends.

Très bien. D'accord.

C'est compliqué, mais ça peut vous faire du bien

de mettre ça sur papier. Rappelez quand vous voulez.

Au revoir.

Excuse-moi, mais ça n'arrête pas.

Trois nouvelles victimes.

Une religieuse, c'est adorable. - C'est mérité.

- J'ai vu Étienne. - Oui?

- Je crois qu'il a été abusé. - Il te l'a dit?

- Pas directement, mais j'ai compris. - Il vit chez ses parents

et à part la boulangerie, il n'a pas l'air d'avoir une vie.

Il est prêt à témoigner? - Je crois pas.

- C'est pas bon pour le commerce: ils ont cinq boulangeries

et ils sont très cathos.

Et toi? Ça va bien?

Avec Jennifer? - Je crois qu'on va faire un break.

- C'est triste. - C'est usant.

Elle supporte pas que j'aille mieux.

J'ai vu mon père.

- Pour quoi faire? - Pour lui parler.

- Et alors?

- Il dit qu'on a tous nos problèmes.

- Tu vas pas le changer. Nicole était là?

- Ouais.

Maman, tu te souviens,

un jour, je t'avais dit que Preynat m'avait embrassé.

- Oui... Je me souviens plus vraiment.

- Pourquoi t'avais rien dit?

- Je pouvais pas imaginer une chose pareille.

À l'église, il embrassait tous les enfants.

Je pouvais pas me douter qu'il te...

Elle renifle.

Je m'en veux aujourd'hui.

Portable

.

.

- La parole libérée.

Oui, bonjour monsieur. Bien sûr.

Oui, j'écoute.

- DEVANT TOUS JE M'ENGAGE

SUR MON HONNEUR

ET JE TE FAIS HOMMAGE

DE MOI, SEIGNEUR!

JE VEUX T'AIMER SANS CESSE

DE PLUS EN PLUS

PROTÈGE MA PROMESSE

SEIGNEUR JÉSUS

.

FIDÈLE À MA PATRIE, JE LE SERAI

Chants lointains

.

- Viens prier, Emmanuel.

Musique pesante

.

- Pourquoi avez-vous cru le père Preynat quand vous l'avez vu en 2007?

- Quand on me parle, je crois.

C'est sur cela que ça s'est le plus déchaîné.

À juste titre!

Donc, ma première question, c'est les enfants évidemment.

J'ai dit: "Y a-t-il eu le moindre enfant abîmé ou agressé

"depuis 1990?"

Il m'a dit:

"Non, je vous le promets car j'ai horreur de ce que j'ai fait."

Et voilà, je l'ai cru.

Si on me prouve qu'il y a eu des faits après,

là, c'est dramatique.

Je reconnais l'extrême violence subie par les victimes,

mais personnellement, je n'ai jamais couvert le moindre acte.

Grâce à Dieu, tous ces faits sont prescrits.

Clameur

Certains, peut-être pas. La justice se prononcera.

- Vous mesurez la violence de: "Grâce à Dieu, c'est prescrit."?

- Euh oui... Oui, c'est-à-dire...

Juridiquement, la majorité est prescrite.

- "Grâce à Dieu" veut dire "heureusement".

- Oui...

C'est juste une erreur de mon langage, je le reconnais.

Quand j'ai reçu cette victime, je lui demandé d'envoyer sa lettre.

Là, j'ai été horrifié.

La 1re chose que j'ai faite, même pour ces faits anciens et prescrits,

je les ai envoyés à Rome et Rome m'a dit:

"Ce n'est pas possible, ne lui confiez plus de ministère."

Merci de m'avoir repris.

- Et le procès canonique?

- J'ai demandé au Pape François s'il pouvait lever la prescription.

Il a accepté.

Cette procédure sera conduite

par plusieurs prêtres qui étudieront les pièces, entendront les victimes,

et rendront un jugement canonique. - Preynat serait-il renvoyé

à l'état laïc?

- C'est envisageable.

Tintement

.

- Je voulais porter un toast. À vous tous.

À notre travail au sein de l'association

qui va nous mener à la condamnation de Preynat

et j'espère, à celle de l'Église et de Barbarin.

Et vous dire merci pour tout ce que vous avez fait...

Pour votre soutien. Ça a changé ma vie.

Ça lui a même donné un sens.

Une valeur. Voilà, je sais qu'aujourd'hui,

grâce à vous, tout ce qu'on a vécu, subi,

n'aura pas servi à rien. - On va chialer!

- Aux Lyonnais

de l'année!

- J'aurais aimé

voir la tête de Barbarin. - SANTÉ!

- Santé à tous. - Santé.

- J'apporte le dessert. - Je vais t'aider.

- Bon, je voulais vous dire que pour Dominique et moi,

le travail est terminé.

- Comment ça? - On a dû faire à peu près

tous les médias à part 30 millions d'amis.

On a atteint notre but.

Preynat va être jugé. - C'est plus le problème.

- Tant que l'Église reconnaît pas ses erreurs,

et refuse d'évoluer... - Ce qu'il ne dit pas,

c'est qu'on a besoin de se retrouver en tant que couple.

L'association a pris beaucoup de place émotionnellement,

professionnellement.

- Nos vies ont été bouleversées.

Moi, je vous comprends.

- Tout est sur les rails: c'est les avocats qui vont faire

le boulot.

- Ça casse un peu l'ambiance mais bon... - Non.

Faut pas devenir des bêtes de foire.

- Pardon?

- Remettez les victimes en avant.

- On est des victimes. - Les autres

victimes!

- Pour le procès, il y a une date?

- Non. - Mais Preynat est vieux. S'il meurt

ou se suicide, qu'est-ce qui se passe? - Rien, ma chérie.

Pas de procès. Tout ça aura été vain.

- Non!

Il se suicidera jamais! Trop orgueilleux!

- Il pourrait avoir un accident.

- La parano des complotistes!

- Ça arrangerait du monde qu'il disparaisse.

- Oui, tous les politiques de Lyon soutiennent Barbarin.

- Bon!

J'avais une bonne nouvelle. - AH?

- Voilà, j'ai fait une demande d'apostasie.

- C'est quoi?

- C'est quand tu te fais débaptiser.

- Bravo.

- C'est dommage.

Triste!

- J'ai des valeurs humaines, pas catholiques: trop d'hypocrisie.

- Nous, notre fille

ne fera pas ses sacrements.

Ce qui compte, c'est la foi.

- Je te comprends. C'est un geste fort. - Non!

Pour lutter contre l'Église, il faut être à l'intérieur.

La force, c'est quand on est dedans. Il rit.

- Toutes tes démarches prouvent le contraire, non?

- Oui,

on devrait tous se faire a...

- Apostasier. - Et on communique là-dessus.

"Les membres de "La Parole libérée" quittent la religion

"catholique."

C'est énorme.

Non?

Je dis ça comme ça.

- On sert le dessert. - Non merci.

Je vais fumer. - Je viens.

- Merci.

Musique mélancolique

- Salut! - Merci, c'était super.

- Merci. - Emmanuel, on te ramène?

- Non, c'est bon.

- Au revoir. - Salut.

- Merci, à bientôt.

- Au revoir et bonnes fêtes.

- Joyeux Noël! - Oui, bonnes fêtes.

- Ça va? - Oui.

.

Musique calme

.

.

. Clé

.

T'as vu l'heure?

- Maman avait accepté. Demain, c'est dimanche.

- T'étais avec Élodie? - Oui.

- C'était bien? - Oui, on était à une fête.

Et vous, le dîner? - Ça va, un peu tendu.

On est les Lyonnais de l'année!

- Ah! Bravo!

- Tu sais qui a gagné l'an passé? - Non.

- Vas-y, devine. - Je sais pas.

- Barbarin. - C'est énorme.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

.

Papa?

- Oui?

- Tu crois toujours en Dieu?

.

.

.

Chœur d'enfants

.

.

. Musique d'enquête

.

Musique douce

.

.

.

.

Sous-titrage: HIVENTY

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.