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Ça ressemble à quoi quand vous faites l'amour ?
Et quand vous fantasmez,
et quasiment tout le monde le fait,
à quoi ça ressemble ?
C'est du sexe que vous voulez ?
Ou tout autre chose ?
Sur l'un des plus grands sites porno, Pornhub,
trois des termes les plus recherchés sont "Maman", "Belle-mère" et "MILF",
une variante de "Maman".
Mais le porno ne reflète pas forcément nos fantasmes intimes.
Pour le savoir, il faut le demander aux gens.
J'ai interrogé près de 4 200 Américains
venant des 50 États,
âgés de 18 à 87 ans,
de toutes les identités de genre, toutes les orientations sexuelles,
démographiques et politiques,
je leur ai posé des centaines de questions.
Selon son enquête,
97 % des Américains adultes ont eu un fantasme sexuel,
c'est-à-dire qu'ils ont imaginé un scénario sexuel excitant.
87 % ont au moins un fantasme par semaine.
Et 52 % en ont au moins un par jour.
Et on peut penser que nos fantasmes
sont très bizarres et uniques...
La plupart des gens, quel que soit leur sexe,
ont les mêmes fantasmes.
Alors, sur qui et de quoi fantasme-t-on ?
Et que disent nos fantasmes sur nous ?
Linda, si seulement vous étiez là pour me soigner.
J'aime regarder les gens se masturber.
J'adore les pieds mais je me dis pourquoi les pieds ?
Pourquoi tout cela est considéré comme anormal ?
Le fantasme, c'est imaginaire et ça nous excite.
On peut le garder pour soi,
ou parfois, on peut le réaliser.
Fantasmes sexuels
La plupart des fantasmes se classent en trois catégories :
le sexe à plusieurs,
le sexe d'une façon ou dans un lieu inédits,
et les fantasmes de pouvoir et de contrôle.
En premier, le sexe en groupe,
comme les orgies ou les gang bangs,
une orgie où beaucoup d'hommes
couchent avec la même femme.
Le sexe en groupe est un fantasme pour presque tous les adultes américains.
Et chez 53 % des hommes, c'est un fantasme récurrent.
En général, le fantasme porte sur un nombre de participants précis.
- Je dirais à trois. - Le plan à trois est super.
Un plan à trois,
mais il y a du raisin aussi.
En regardant les descriptions en un mot
des gens
pour résumer leur fantasme absolu
en un mot,
je les ai pris et réunis dans un nuage,
La première fois, "plan à trois" ressortait en tête
parce que beaucoup ont écrit que le plan à trois
était leur plus grand fantasme.
C'est un moyen de se sentir compris et accepté.
Beaucoup veulent être au centre de l'attention,
ils veulent que plusieurs personnes
les désirent en même temps.
Il y a donc un gros facteur émotionnel.
Malgré le stéréotype des jeunes expérimentant
le sexe en groupe,
ce fantasme est plus populaire
chez les gens de 40, 50 et 60 ans.
Les plans à trois attirent
parce que beaucoup ont une vie sexuelle ennuyeuse
et vivent une longue relation monogame,
le plan à trois permet d'apporter de la nouveauté.
Et la nouveauté
est la deuxième grande famille de fantasmes.
Les gens y mélangent tout.
Dans une petite étude,
les hommes ont regardé en boucle la même scène de porno,
provoquant une baisse de l'excitation.
Puis une nouvelle scène a été diffusée
et leur pénis s'est fortement durci très rapidement.
Une étude similaire menée
pour mesurer l'excitation des femmes
a montré les mêmes résultats.
J'aime le côté secret de la chose,
genre "Je n'ai jamais fait ça avant".
Genre on était dans le même avion
et "Oh, ton vol est retardé ?
Passe donc la nuit chez moi.
J'ai une chambre d'amis."
De la cire de bougie qui s'égoutte sur mon corps,
des plumes qui effleurent tout mon corps.
Du côté exhibitionniste,
j'ai fait des trucs sur le pont de Brooklyn.
Ce qui revient le plus
dans les nouveautés, c'est le sexe en public.
Parmi les favoris :
le sexe dans un parc,
la voiture, les toilettes publiques,
des vestiaires, un ascenseur,
et le bureau.
L'un de mes fantasmes
serait que ma partenaire
se promène avec un sextoy
que je pourrais contrôler et moduler
à un mariage, ou à une réunion d'affaires...
Il y a théoriquement un risque de découverte,
ça rend la situation excitante.
Deux tiers des gens
fantasment sur les jouets sexuels.
Les deux plus courants :
les bandeaux et les menottes.
Ce qui nous amène à la troisième grande catégorie :
le pouvoir et le contrôle.
Plus d'un quart des gens
l'ont cité comme fantasme préféré.
J'aime quand la personne est agressive.
Quelqu'un qui peut être...
Ouais, agressif.
C'est tout. Quelqu'un d'agressif.
J'ai toujours pensé qu'être...
un peu bousculée
était vraiment excitant
comme cette scène dans Mr. et Mrs. Smith.
Ils veulent s'entretuer, mais c'est chaud.
Mon truc préféré, c'est la pénétration anale.
Pénétrer un mec, ça donne vraiment le pouvoir
et je ne m'en excuserai pas.
J'aime les infirmières.
Les infirmières, les policières...
Vous savez ce que je pense ?
La psychologie. Les femmes au pouvoir.
C'est sexy. C'est ça.
Mais pas trop de pouvoir.
Juste assez. Ne me faites pas peur.
Le BDSM est l'une des façons d'explorer les jeux de pouvoir.
Le BDSM c'est "bondage, discipline et sado-masochisme".
C'est le plaisir érotique ressenti en provoquant la douleur,
en subissant la douleur,
en dominant,
en punissant, avec des "punitions",
en subissant une punition, en humiliant ou en subissant une humiliation.
Mais tout appartient au royaume du jeu.
Le BDSM est souvent associé aux accessoires coquins
et aux lanières en cuir.
J'adore le cuir.
Je crois que de nos jours, les gens en ont une vision,
comme dans Cinquante Nuances de Grey
et ce genre de choses.
C'est une idée très répandue.
Mais ma version du cuir
vient d'un milieu très queer.
Tout a commencé aux États-Unis, dans les années 1940
avec l'émergence de la culture biker.
Le cuir était une bonne protection
pour les hommes à moto,
et les clubs masculins sauvages
étaient idéaux pour les homosexuels.
Après la guerre,
des vétérans homos sont restés sur la côte ouest,
sont devenus bikers,
adoptant une identité gay et hyper-masculine
pour tester une sexualité libérée.
La culture du cuir se répand alors
aux États-Unis et en Europe.
Et il y a quelques décennies,
elle a gagné en visibilité.
À la fin des années 80, à San Francisco,
la sexualité a connu une période de tourments
à cause du sida
et à cause de la fureur, de la confusion
et de la terreur autour de la maladie.
Certains policiers portaient des protections
en présence d'homosexuels,
des pompes funèbres refusaient
d'embaumer le corps des victimes du sida.
Et le BDSM était la vitrine idéale pour cela.
Les préservatifs, les digues dentaires et le latex
ont fait partie du plaisir.
Ça a sexualisé toutes ces choses
qui étaient comme des obstacles avant,
ce qui est vraiment curatif
et vraiment remarquable.
Les gens ont pu surmonter leurs angoisses sexuelles,
en les sortant de leur esprit,
c'est ce qui attire dans le BDSM.
C'est tout un processus, toute une histoire,
c'est une immersion totale que vous créez vous-même
et que vous vivez avec quelqu'un d'autre,
et c'est ce que l'on appelle "jouer" dans le BDSM,
parce que c'est cette partie de nous
qui a oublié comment jouer un rôle.
Mais les fantasmes BDSM datent de bien avant le XXe siècle.
"Sado," dans sado-masochisme,
vient du marquis de Sade,
un noble français des années 1700, connu pour ses crimes sexuels,
et pour ses romans dépeignant des crimes sexuels.
Quant au mot "masochisme",
il vient de Leopold Von Sacher-Masoch,
un noble autrichien né cent ans plus tard,
et dont le livre "Venus im Pelz" raconte l'histoire semi-autobiographique
d'un homme persuadant une femme d'en faire son esclave.
Le psychiatre ayant inventé le terme "masochisme"
a expliqué que cette "perversion",
jusqu'à son époque, était presque inconnue du monde scientifique.
Nous savons que cette "perversion", du moins l'imaginer, est répandue.
Lehmeiller révèle que plus de 75 % des gens
avaient fantasmé sur le bondage,
c'est-à-dire attacher quelqu'un ou être attaché.
Plus de la moitié sur la discipline,
c'est-à-dire donner ou suivre des ordres.
Et pour 73 % des gens,
c'est subir ou infliger des douleurs,
surtout des morsures et des fessées.
Savoir que presque tout le monde
a un genre de fantasme de BDSM
nous montre que ce n'est pas un intérêt rare ou inhabituel.
Y compris le sexe forcé,
sur lequel, selon l'étude de Lehmiller, 54 % des hommes, 61 % des femmes,
et 68 % des personnes non binaires
ont fantasmé, imaginant se voir imposer des relations sexuelles.
Donc, c'est moi qui serais en position
où on me court après, mais je ne veux pas.
Et c'est presque un scénario de viol.
Dans les séries et les films, ce fantasme suit un schéma :
une femme intrépide mais vulnérable se fait violer,
puis tombe amoureuse de son agresseur.
Pour les deux de droite,
c'est plus complexe.
Ce schéma est utilisé
dans 80 % des feuilletons thaïlandais.
Elle est si courante qu'elle porte un nom :
"slap and kiss",
car on se gifle, puis on s'embrasse beaucoup.
Ce fantasme est très ancien.
Le Cheik, l'un des premiers romans modernes
sur ce sujet, a été publié en 1919 en Angleterre.
Son succès fut tel qu'il a été adapté par Hollywood.
Une femme blanche est enlevée
par un prince arabe sexy et violent.
Il la viole, elle tombe amoureuse,
et ils vivent heureux.
Le public a adoré.
Le film a battu des records à New York
et eut un succès retentissant en France.
En 1987, une étude sur les romans d'amour historiques américains,
surtout écrits et lus par des femmes,
a révélé que plus de la moitié
racontait le viol de l'héroïne,
la libérant de "l'insulte morale
de rapports consentis avant le mariage"
selon un chercheur.
Nos fantasmes concernent souvent un tabou,
des choses interdites,
qu'on ne peut pas exprimer au quotidien,
et c'est ce côté tabou, interdit,
qui rend la chose excitante.
Ce n'est pas forcément ce que l'on veut au quotidien.
Personne ne se dit que fantasmer sur le viol
veut dire que l'on veut être violé
ou que vous avez un penchant pour le viol.
Moi j'aime être soumise,
car j'ai beaucoup de contrôle sur ma vie.
Et être sexuellement soumise
ne veut pas dire s'abandonner, parce que j'ai le contrôle.
C'est l'extension naturelle de ma personnalité.
Nos fantasmes découlent aussi de notre culture.
Une étude des romans d'amour suédois
datant aussi des années 1980
a montré que presque aucune femme
ne tombait amoureuse de son violeur.
Le chercheur a émis l'hypothèse
que "le sexe avant le mariage
n'était alors pas aussi tabou qu'aux États-Unis".
Aujourd'hui en Inde, l'interprétation du sexe est tabou,
et le porno est illégal.
Il est donc représenté sous forme de BD.
Voici deux des personnages les plus connus,
les femmes au foyer Savita Bhabhi et Velamma.
Deux figures maternelles, des mensurations différentes,
mais toutes deux délaissées
et s'ennuyant dans leur quotidien,
à la recherche d'aventures sexuelles avec de jeunes hommes.
Pour leur plaisir,
elles enfreignent toutes les limites sociales
imposées aux Indiennes.
Aux États-Unis, le genre préféré des hommes
est l'humiliation des hommes.
Un homme blanc regarde sa copine ou sa femme coucher
avec un homme noir bien plus fort et dominant...
C'est chez moi.
C'est chez toi,
mais j'y vis parfois.
...jouant sur le stéréotype de l'homme noir menaçant
vieux de centaines d'années.
Et dans les années 2000,
une nouvelle menace captive l'occident.
Ce sont les derniers jours de décisions en Irak.
Nous détruirons l'appareil de la terreur et vous aiderons à bâtir un nouvel Irak
Durant la guerre en Irak,
le genre sexy Cheik a connu un regain,
avec un pic lors de l'invasion de l'Irak,
sur les thèmes "liens Al-Qaïda",
"armes de destruction massive",
et "vaincre le terrorisme".
Le racisme institutionnalisé aux États-Unis
semble s'infiltrer dans nos fantasmes.
Cela impacte aussi les groupes marginalisés.
Chez beaucoup de gens qui ont immigré ici,
leurs idées de réussite et de sécurité pour leurs enfants
tient à l'intégration,
surtout chez les Asio-Américains.
Ils veulent que leurs enfants réussissent
dans tous les domaines déjà approuvés par cette société blanche.
L'étude de Lehmiller
montre qu'une grande majorité des Asio-Américains
fantasment surtout sur les Blancs,
qu'ils fantasment sur les hommes ou les femmes.
Et on connaît depuis longtemps
le fantasme des hommes blancs pour les Asiatiques
souvent représenté dans les vieux films.
À cet instant, toutes mes honorables intentions flanchent.
Vos yeux sont si tendres,
vos cheveux sont si doux.
Je me déshabille ?
Non, jamais de nus.
Il est temps d'essayer.
Notre sexualisation est surtout définie
du point de vue blanc,
ou masculin,
mais ce n'est pas notre sexualité.
Ceux qui ont le pouvoir racontent l'histoire.
C'est pourquoi Yin Q a créé une web-série,
Mercy Mistress,
sur sa carrière de dominatrice.
Pour moi, je suis programmée pour la perversion.
Ça fait partie de ma sexualité. De mon homosexualité.
J'étais attirée par Mercy Mistress
parce que j'adore l'idée
d'avoir une dominatrice asio-américaine
parlant de sa vie.
J'aime toutes les histoires parlant de la sexualité asio-américaine
car on n'en a pas encore.
Nous fantasmerons toujours.
Des chercheurs disent que nos penchants sont comme une langue :
on ne peut pas les oublier mais on peut en apprendre d'autres.
Regarder du porno peut
façonner les fantasmes.
Peut-être que lorsqu'on se masturbe,
quand l'orgasme arrive,
qu'on voit quelque chose de nouveau,
de jamais vu, peut-être de très osé,
le dégoût étant au plus bas,
on pourrait vouloir regarder la vidéo en entier,
jusqu'à atteindre un puissant orgasme
que l'on associe à cette "perversion".
Cela pourrait nous amener
à vouloir explorer ce fantasme.
Et alors que dans l'étude de Lehmiller,
79 % des gens révèlent vouloir réaliser leur fantasme,
23 % ont dit qu'ils avaient essayé.
Si vous êtes amoureux
et sexuellement actif,
que vous avez confiance,
que vous pensez pouvoir partager ces tabous sur vous,
ça peut être un bon moyen de voir
le niveau d'intimité.
La vraie intimité, c'est partager la beauté
mais aussi la laideur en nous
et c'est cela qui est gratifiant.
Et si vos fantasmes sont violents,
il faut beaucoup communiquer.
On peut découvrir toutes les obsessions,
toutes sortes d'idées et de perversions en toute sécurité avec le BDSM.
C'est une merveilleuse façon de faire.
C'est ce qui est incroyable dans la sexualité.
Ça nous rapproche
comme aucune autre forme de communication.
C'est la mise en place
et s'assurer constamment que la personne qui partage le jeu
apprécie toujours l'expérience partagée,
et le choix de mots de sécurité
pour empêcher les deux personnes de dépasser les limites.
Les fantasmes reposent souvent sur des besoins de base :
se sentir désiré et accepté,
sortir de notre quotidien
et surmonter nos angoisses.
Beaucoup de fantasmes populaires mélangent ces genres.
Comme le fantasme de la mère, assez nouveau.
Et qui joue sur le pouvoir.
Ou les gang bangs,
du sexe en groupe,
avec un jeu de pouvoir.
Ou Le Cheik,
qui est un jeu de pouvoir racial,
et de sexe forcé,
et de romance.
Souvent, les fantasmes varient d'un lieu à l'autre :
un souvenir,
un livre que vous lisez.
Tout se mélange dans l'esprit.
Les fantasmes sexuels sont très variables
et ils ne disent rien de fiable sur vous.
Si vous avez des fantasmes
qui vous perturbent,
qui vous interrogent sur vous-même, ce n'est rien.
Donc ne vous en inquiétez pas.
Sous-titres : Céline Thorin
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