All language subtitles for Thunder on the Hill 1951

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Original subtitles

TEMPÊTE SUR LA COLLINE

Comté de Norfolk - Angleterre Début de l'inondation

Où est Edward '? Où est mon mari '?

Le Dr Jeffreys est à l'hôpital.

Vous l'avez eu au téléphone, rappelez-vous.

Oui, c'est vrai. L'inondation...

Le nombre de blessés risque d'augmenter.

J'ai pris presque toute ma pharmacie :

sulfamide, pénicilline, attelles et plâtre !

Dépêchez-vous, M. Harmer. Je n'en peux plus.

Voilà des semaines que je suis alitée.

Couvent et Hôpital Notre-Dame de Rheims

Posez vos affaires...

- Sœur Helen ! - Oui, Mère supérieure.

Accueillez les villageois. Prenez cette table là-bas.

Où est sœur Mary ?

Je l'ignore...

Donnez-moi ces couvertures.

Faites une liste des arrivants et relevez le nom de ceux qui sont là.

Il faut enregistrer toutes les personnes présentes.

Voilà ! Vous pourrez pousser du coude M. Evans s'il ronfle.

Il lui en faut plus que ça!

Willie, tout ça va dans la salle de repos.

L'infirmière Phillips ne veut pas.

Mais que fait-elle là-bas ?

Elle essaie de voir comment on peut installer les dames.

Qui lui a permis de...

Suis-moi, Willie.

Cette fois, elle a raison.

Cette fois ? Sœur Mary a toujours raison !

C'est une des règles de cet hôpital.

Que se passe-HI '?

C'est au sujet de la salle de repos.

Sœur Mary !

Combien serons-nous pour dîner ?

On ne sait pas. Préparez tout ce que vous pouvez.

Et votre soupe à l'oignon !

Elle mijote déjà. Un peu de ragoût aussi.

Faites cuire toute la viande que nous avons.

Comme ça, sans rien peser, j'ajoute des légumes ?

Et ce que vous avez de nourrissant.

C'est parfait !

Je ne vous ai pas autorisée à sortir.

En effet. Cette agitation fait oublier les formalités.

Il n'y a d'agitation que si nous le voulons.

L'infirmière m'a demandé la permission de sortir.

Très bien, docteur. Cette salle sera le dortoir des enfants

pour les éloigner des contagieux.

Sœur Mary a raison.

Tout ceci était mon idée. Je suis si inquiet pour ma femme.

Elle sera bientôt là et il lui faut du calme.

Bien sûr. Nous isolerons son lit.

Laissez, je ferai installer un lit dans mon bureau.

Dr Jeffreys, ne soyez pas vexé. Cela n'a rien de personnel.

Je me dois de veiller au bon déroulement des choses.

Je comprends.

Le bon déroulement! Dites plutôt "votre" déroulement.

Voilà ce qu'il y a de personnel.

Vous agissez toujours comme bon vous semble!

Veuillez retourner à l'hôpital.

Très bien.

Mais je sortirai à la première occasion !

Vous méprisez la volonté des autres.

Si je volais comme Willie,

vous m'approuveriez !

Vous m'en voulez !

Voleur, vous avez dit!

Mes mains sont propres. Elles n'ont commis aucun péché.

Willie...

va au clocher.

Fais sonner la cloche.

Nous devons avertir ceux qui sont encore en bas.

Nous sommes tous un peu nerveux. L'infirmière n'a pas voulu dire ça.

Je pensais ce que j'ai dit

et plus encore !

Que se passe-HI '?

J'en ai assez ! J'ai eu mon compte !

Elle est contrariée.

Laissez-la s'exprimer.

Vous avez réponse à tout pour défendre vos protégés !

Laissez-moi vous dire ceci.

Ça vous ferait du bien d'avoir un peu tort.

Si vous n'étiez pas aussi sûre de vous,

votre sœur serait encore en vie!

Elle ne le pense pas.

Docteur, Mme Jeffreys et M. Harmer sont arrivés.

Merci. Excusez-moi.

On ne peut faire confiance à Willie.

Dès que la situation sera redevenue normale, il doit partir.

Oui, Mère supérieure.

Nous préparons cette salle pour les enfants.

Ils doivent être éloignés des autres salles.

Ils seront en sécurité ici et ne gêneront pas les patients.

C'est certain.

Vous prévoyez tout.

Je n'avais pas prévu de perdre Phillips.

Sous le coup de la colère, on dit des choses qu'on ne pense pas.

Ma sœur, sachez que je n'ai pas trahi votre confiance.

J'ignore comment Phillips est au courant pour votre sœur.

Phillips ne m'a jamais acceptée.

On ne peut être aimé de tous. Même nos saints ne l'étaient pas.

Nous devons admettre que nous ne sommes pas des anges

et donner le meilleur de nous.

Mère Supérieure...

Ai-je donné le meilleur de moi ?

Bien sûr.

Et vous avez eu la vocation bien après les autres.

Parfois, je pense que c'était trop tard.

Il n'est jamais trop tard pour servir Dieu et les malades.

Vous en êtes l'exemple parfait.

De novice, vous êtes devenue infirmière en chef en huit ans.

Les souvenirs de la vie passée ne meurent pas facilement.

Ils finiront bien par mourir.

Si seulement en changeant de vie je réussissais à me changer, moi.

Ne vous tenez pas responsable de ce qui est arrivé à votre sœur.

J'aurais dû la laisser tranquille.

Elle tenait à cet homme, je n'avais pas à intervenir.

Mais il ne lui convenait pas. Votre devoir était de la protéger.

Quand je pense que c'est moi qui...

Le suicide est un terrible péché.

Vous devriez faire une retraite.

Il n'y a rien de plus réconfortant qu'une semaine de méditation.

J'ai essayé. Je ne trouve aucun réconfort, aucune paix.

Ça viendra, d'une façon ou d'une autre.

Vous le ressentirez.

De la soupe chaude!

La soupe chaude arrive !

Dr Jeffreys veut que je m'excuse mais je ne le ferai pas...

Avec les compliments de M. Evans, du pavillon deux.

Le "Sunday Times"! Comme c'est gentil.

Rien ne vous empêche d'en collecter.

Si j'en avais 1000, je leur trouverai 1001 utilisations.

Il ne faut jamais jeter un journal

...ou un bout de ficelle.

Il doit bien y avoir un gésier quelque part. En voilà un!

'Rai si faim...

Servez-vous.

Non, pas celui-là. C'est pour le gentil M. Evans.

J'aime le "Times". Les pages ont un si bel effet sur mes étagères.

Pour l'instant, nous sommes 72 adultes et 25 enfants.

Soixante-douze et vingt-cinq...

Il y a bien du bruit, ici.

- 97. - C'est juste.

Ajouté aux 85 personnes habituelles, ça fait...

182 personnes.

Oui, 182, c'est exactement ça.

On vous attend dans la grande salle.

- C'est urgent ? - Un homme et deux femmes sont là.

Sœur Helen va s'en occuper.

Ils veulent emprunter de l'essence et une voiture.

Ils auront bien le temps de manger une soupe chaude.

Envolé, le gésier de M. Evans !

L'amener dans un couvent, quel blasphème !

Elle a toujours été gentille avec moi.

Ma Sœur...

C'était une bonne cliente...

Je ne veux pas que mon bébé naisse sous le même toit qu'elle !

Bonsoir, Mme Smithson.

N'entrez pas.

C'est le diable qui est là.

Ouvrez la porte, s'il vous plaît.

Otez votre manteau, il est trempé.

Vous ne pouvez pas me laisser tranquille!

Ils s'en fichent que j'éternue.

Ils me diront juste "A vos souhaits".

Je veux que vous soyez à l'aise. Nous allons bientôt repartir.

Je vous ai apporté de la soupe.

Vous avez entendu ?

De la soupe bien chaude, nourrissante.

Vous n'étiez pas trois ?

Le sergent Melling est là, avec la sœur responsable.

Vous voulez dire Mère supérieure.

J'espère que vous aimez notre soupe.

Sœur Josephine a manqué sa vocation.

Elle dirige aussi les sœurs converses.

Je n'en veux pas.

Ça vous réchauffera.

Je n'ai pas froid !

- Donnez-moi votre manteau. - Laissez-moi.

Vous vous fichez de tomber malade, mais pas nous.

Pourquoi ?

Parce que nos salles sont combles.

Je ne prendrai pas votre précieux espace.

Pourquoi est-il si long ? Je veux partir d'ici.

Pourquoi êtes-vous si pressée ?

Ce n'est pas moi, c'est eux.

- Puis-je vous aider ? - Vous ne pouvez rien faire.

Vous ne pouvez rien pour elle.

Donnez-moi une cigarette.

Je suppose que fumer est interdit.

En général, mais en pareille Situation...

- Quelle situation ? - Vous le savez.

J'ai dit, quelle situation ?

Presque tout le village est ici, nous ne pouvons être trop stricts.

Alors, fumez si vous voulez.

Vous savez bien qui je suis. Ils le savent tous.

Vous êtes gentille avec moi car ça fait partie de vos devoirs.

Si je ne puis vous être d'aucun secours,

alors j'aurai échoué dans mon travail.

Comme c'est astucieux.

S'abaisser devant le pécheur. Faire appel à sa conscience.

C'est l'astuce infaillible. Avec moi, ça ne marche pas.

Je n'ai plus de conscience.

Et moi, je n'ai aucune astuce.

Je vous demande juste d'ôter votre manteau.

Tenez ! Je ne veux pas que vous échouiez à cause de moi.

Si vous acceptiez ma soupe, mon succès en serait grandi.

Vos Chaussures...

Ne vous agenouillez pas devant moi ! Et ne me touchez pas !

Quand ?

Ils sont tous sortis.

Ils savaient à quoi s'en tenir.

Allô ?

Je parlais avec l'ingénieur en chef de la digue. J'ai été coupée.

Pouvez-vous rappeler. Comment ?

Mère supérieure nous prête l'ambulance.

Nous devrions être à Norwich dans 1 h-.

- Je crains que non. - Pourquoi ?

Qu'y a-t-il ?

La digue a été abandonnée. Elle est prête à s'effondrer.

J'appelle Norwich pour qu'on envoie un bateau.

Le téléphone est coupé.

Toute communication est impossible.

Mais nous devons être à Norwich avant demain.

Impossible.

Il y en a pour 2 ou 3 jours.

2 ou 3 jours !

Je ne pourrai pas le supporter.

Que le personnel se tienne prêt. La digue a cédé.

On nous apporte des blessés. Pourquoi ont-ils continué à...

Valerie !

Comment êtes-vous arrivée ici ?

Valerie Carns, bien sûr.

C'est exact. Valerie Carns, la meurtrière.

En route vers la prison de Norwich, où elle sera pendue au matin.

Mais ce ne sera pas demain matin ! Ils devront attendre !

Vous imaginez la nouvelle!

"La sentence est ajournée pour cause de pluie !"

Comme pour un match de cricket !

Conduisez-la dans mon bureau et installez-la sur le lit.

Je vais lui chercher un sédatif.

Ne la laissez pas seule, Pierce. Même une seconde.

Sœur Mary !

Ma Molly se sent toute bizarre.

Qu'y a-t-il ?

Prendrez-vous soin d'elle ?

Vous vous en occuperez quand le bébé sera né.

Cette meurtrière va mettre la marque de Caïn sur le bébé.

Votre femme sera rentrée à la maison avant d'avoir le bébé.

Voulez-vous le lui dire. Ça la réconfortera.

Evidemment.

C'est vous, sœur Mary. Je suis si contente de vous voir.

Quelque chose me dit que le bébé va arriver avant terme.

Prendrez-vous soin de moi quand il arrivera ?

Oui, bien sûr.

Merci, ma sœur.

Mme Jeffreys !

Le petit-déjeuner !

Le Dr Jeffreys vient ?

Dans une minute. Il n'a pas tout à fait fini.

- Isabel ? - Oui, Edward.

Viens, ma chérie. C'est prêt.

- Tu l'as vue ? - Qui?

Valerie.

Oui, la nuit dernière. Comment as-tu su qu'elle était là '?

L'infirmière me l'a dit. Je te jure qu'elle est innocente.

Parle moins fort et sois raisonnable.

L'idée d'être sous le même toit qu'elle m'est insupportable.

Allez, viens. Ressaisis-toi. Ça va être froid.

Bonjour.

Assieds-toi là.

M. Harmer!

Commencez, Dr Jeffreys. Pas de formalités ce matin.

Ça sent bon, hein ?

Bonjour, Mme Jeffreys.

Laisse-moi aller la voir.

Tu ne peux pas. Elle est en état d'arrestation.

Oui, ma sœur ?

J'aimerais voir ces courbes avec vous, mais ça attendra.

- Où la gardent-ils ? - Chez la Mère supérieure.

Fais-moi plaisir...

Mlle Carns a été transférée dans mon bureau.

Nous avons jugé qu'il valait mieux la tenir à l'écart.

L'opinion publique est contre elle.

Elle a tout de même tué son frère, aussi méchant qu'il fût.

- Connaissiez-vous Jason Carns '? - Très peu.

Dr Jeffreys le connaissait bien car il le soignait.

Qu'avait-il ?

Une attaque l'avait laissé presque entièrement paralysé.

Les suites d'un alcoolisme chronique et d'une vie dissolue.

Sœur Mary va penser que la cuisine te déplaît.

Au contraire. Elle est excellente.

Toute cette agitation, c'est trop pour toi.

Quand tu auras terminé, je te donnerai un sédatif.

Je n'en ai pas besoin. Je ne suis pas fatiguée.

J'en suis seul juge.

Quel regard il m'a lancé quand j'ai quitté la barre des témoins.

J'ai une faim de loup!

Je n'ai fait que dire la vérité, il le fallait.

J'ai juste suivi l'ordonnance.

On l'a inculpée d'empoisonnement, non '?

Elle lui a fait prendre 3 cachets d'un coup. De quoi tuer un cheval!

Elle a dû être mécontente de vous voir.

En effet.

- Pourquoi ? - J'étais un témoin-clé.

Il a fait tout son possible pour la sauver.

Ah, si Willie n'avait pas tout entendu.

Notre Willie ?

Oui. Il travaillait chez les Carns.

Qu'a-t-il entendu ?

Après une nuit difficile, où Jason avait beaucoup souffert,

j'ai trouvé Valerie complètement affolée.

Elle divaguait.

Elle répétait sans cesse : "Si seulement il était mort".

Je suis désolé, ma chérie.

Nous avons tous été bouleversés par cette affaire tragique.

Le témoignage de Willie a été retenu comme preuve ?

Non, le mien. Mais il a dit la vérité.

La vérité, c'est la vérité. Et vous aviez prêté serment !

Je vous laisse les courbes.

Il est interdit d'entrer !

Je pensais que je pourrais voir Mlle Carns.

A quel propos ?

Je l'ai un peu connue... avant que tout cela n'arrive.

Je pensais la réconforter.

On ne peut pas grand-chose pour elle.

A moins de la sauver du gibet.

Le gibet...

Vous êtes la femme du Dr Jeffreys ?

Oui. Vous ne lui direz rien, n'est-ce pas ?

Je ne suis pas très bien et il serait fâché d'apprendre...

Je ne dirai mot!

Veillez à ce que chacun reste dans son dortoir.

Avertissez-moi immédiatement en cas de problème.

Vous serez relevées avant la messe.

Je ferais mieux de partir.

Ce n'était pas Mme Jeffreys ?

Si, elle voulait voir Mlle Carns.

Et vous ne le permettez pas ?

Vous pensez que je suis trop dur '?

Si je puis me permettre, ne vous mêlez pas de tout ça.

Ce n'est pas bien de l'encourager à s'apitoyer sur son sort.

Ça complique tout pour elle

et pour nous.

Qui joue ?

Mlle Carns. Elle est bonne musicienne.

Son piano lui manque beaucoup.

A-t-elle été difficile ?

Pas plus que ça.

Ces derniers jours ont été les pires, après le rejet de l'appel.

Ils pensent tous pareil.

- Quoi '? - Qu'ils sont innocents.

Je vois.

Depuis le temps que je veux faire réparer cette fenêtre.

Quand êtes-vous entrée ?

Il y a peu de temps.

Continuez. Ça ne me dérange pas, bien au contraire.

Comment va Willie ?

Imprévisible, comme toujours.

Et toujours aussi apeuré.

Il ne m'a pas regardée une seule fois durant le procès.

Mais il ajuste répété ce qu'il a entendu.

Pourquoi j'essaie de deviner, je m'y connais si peu.

C'est du Debussy ?

Non, c'est du Cams.

Vous composez '?

Jason Cams composait !

Jason ? Votre frère ?

Oui, celui que j'ai tué !

- Vous n'aimez pas, hein '? - Mais si.

Non, vous n'aimez pas!

Pauvre Jason... Toute sa vie,

il a dû faire face à la réprobation.

Mais vous avez tous tort!

La musique de Jason a de la valeur et ne sera pas oubliée.

Je ne crois plus qu'en elle.

Vous ne voulez pas vous changer ?

J'ai oublié ma garde-robe. Quelle étourdie !

Pardonnez-moi.

Ceci vous tiendra chaud.

Ça ne vous dérange pas qu'une meurtrière derme dans votre lit ?

Vous n'avez pas tué votre frère, j'en suis sûre.

C'est gentil à vous. Comme ça, nous sommes deux!

Même si vous l'aviez tué par pitié,

sa mort serait sur votre conscience et vous ne seriez pas en paix.

Vous l'étiez en jouant.

Rappelez-vous, je n'ai pas de conscience.

Je ne le crois pas.

Peut-être qu'en jouant sa sonate, les jurés m'auraient acquittée.

J'ai la conviction que...

Ne parlez pas d'inspiration divine !

Je n'allais pas le faire.

Dites-moi pourquoi vous ne me croyez pas coupable.

Parce que je sais ce qu'on ressent alors.

Vous me croyez innocente ! Et puis après ?

Ce ne sont que des mots! Que pouvez-vous faire ?

Prier pour vous.

Encore des mots !

Si vous voulez vraiment que je vous croie, agissez !

Aidez-moi à vivre mes derniers jours.

Je le ferai.

Amenez-moi la seule personne qui tienne réellement à moi.

Il s'appelle Sidney Kingham.

- Est-il ici ? - Il est à Norwich.

A seulement 12 km d'ici.

Vous savez qu'il est impossible d'aller là-bas.

Vous êtes une sainte femme,

faites donc un miracle!

Ne fais pas tant de bruit et garde ta bouche fermée.

Mais je m'étrangle.

Mets la nourriture dans ta bouche et non l'inverse.

Mlle Carns a demandé de tes nouvelles.

Plutôt gentil.

Oui. Elle n'est pas fâchée contre toi.

Elle est gentille, et douce comme un oiseau.

Finis de dîner et va te coucher.

Une longue journée nous attend demain.

Avez-vous mangé un peu ?

Sans doute. Mais je n'ai pas très faim.

Vous n'êtes pas fatiguée ?

Je suis si fatiguée que je n'arrive pas à m'arrêter.

Certains tricotent pour se détendre. Moi, j'épluche des patates !

Quand elles sont petites, et qu'on dirait des grains,

je dis des prières comme avec un chapelet.

J'ai bien dû vous le dire une centaine de fois.

Que dites-vous '?

Quelque chose vous travaille. Votre regard est ailleurs.

S'agit-il de cette malheureuse ?

Cette inondation,

ça ne peut être que la volonté de Dieu !

Certainement, comme le déluge qu'a subi Noé.

Ça doit être Sa volonté,

de nous encercler par les eaux, de bloquer tout le monde.

Si seulement je pouvais aller à Norwich !

A Norwich ?

Je ferais n'importe quoi pour y aller ce soir.

C'est la 1ère fois que je vous entends dire une bêtise !

Demain, nous aurons une soupe de légumes.

Bonne nuit, mes sœurs.

Bonne nuit, Willie.

Sois là à 6 h, pour allumer le feu.

D'accord.

Je crois que ça a assez trempé.

Vous avez oublié l'eau.

Je parle de mes pieds !

La nuit dernière,

dès que je l'ai vue, quelque chose est passé entre nous.

Elle n'est pas plus coupable de meurtre

que vous!

Vous ne pouvez pas être si affirmative.

Mais j'en suis certaine!

C'est comme si une force intérieure me poussait à agir.

J'ai besoin de votre aide.

Je veux tout savoir du procès.

Pourquoi moi ?

Et ces journaux que vous gardez! Trouvez-moi

tout ce qui date de janvier.

Est-ce bien raisonnable ?

S'il vous plaît!

Mais je les ai peut-être utilisés.

- On doit les trouver! - Demain.

Non, ce soir!

Voilà ! 14 janvier.

"Le procès Carns se poursuit. L'accusé nie les faits."

C'est tout ce qu'il y a.

Voyons... Que faisions-nous en janvier ?

Les armoires à pharmacie !

Ecoutez un peu. Accusation :

"Si vous étiez seule dans la maison,

"qui d'autre que vous a pu donner à votre frère les 3 cachets ?"

Carns : "Je vous l'ai déjà dit cent fois,

"je n'ai pris qu'un cachet de la boîte.

"Je n'ai pas remplacé les 2 cachets manquants par de l'aspirine.

"Je lui ai donné un cachet. Un seul cachet !"

Pas si fort !

La photo de Jason Carns. On en a besoin ?

Qu'est-ce que cela signifie ?

Où as-tu trouvé ça ?

Je l'ai trouvé... sur cette table.

J'ai entendu du bruit...

Tu mens. Tu m'as caché cette photo.

Je l'ai trouvée ici. Je suis sortie...

Je n'ai vu personne. Tu me mens.

Edward, plus jamais je ne te mentirai.

Retourne te coucher, Isabel.

On a changé les papiers sous les pots de framboises et de pommes.

Novembre.

En voilà un !

"Le pharmacien, M. Harmer, témoigne."

On a ça dans un autre journal.

Il vaut mieux s'en assurer.

Qui est là ?

C'est moi, Willie.

Mais tu es trempé !

Je suis venu vous chercher.

Qu'as-tu fait, Willie ?

Vous vouliez aller à Norwich. Eh bien, vous irez.

A Norwich ? Ce soir ?

Willie a trouvé un moyen. Lui seul pouvait y arriver.

Le brouillard est épais mais n'ayez pas peur, la lune va nous guider.

La pluie semble s'être arrêtée pour de bon.

Dire qu'il y a une digue juste dessous, engloutie par l'eau.

Connais-tu un homme qui s'appelle Sidney Kingham ?

Oui, ma sœur. Il emmenait Mlle Valerie se promener.

Sais-tu où il habite ?

Oui. J'ai eu à lui porter un colis et il m'a donné une pièce.

Je me suis acheté des bonbons. Au retour, j'avais mal au ventre.

C'est bien... Enfin, tant mieux que tu saches où il habite.

Voilà la colline du prunellier. Derrière, c'est le marais.

Restez bien derrière moi.

Je n'irai pas très vite, mais faites attention

à ne pas glisser sur la boue.

Ça va aller, Willie. Ne perdons pas de temps.

M. Kingham vient souvent voir Mlle Carns ?

Non. Son frère, M. Jason, détestait M. Kingham.

Et Pourquoi ?

Il avait peur qu'il emmène sa sœur loin de lui.

Il était méchant. Il aimait faire du mal aux autres.

M. Jason était très malade.

Il m'a jeté un pot à la tête. Ça m'a coupé et j'ai pissé le sang !

Pourquoi a-t-il fait ça ?

Il a dit que mes mains avaient volé ! il attendait une lettre.

Mais Willie n'a pas volé la lettre.

Tu l'as vraiment prise ?

Oui, après, quand il m'a coupé.

Il a puni Willie de l'avoir prise, alors Willie l'a prise.

Qu'as-tu fait de cette lettre ?

Je l'ai. Elle est cachée dans ma chambre.

Tu l'as cachée... Tu sais ce qu'elle dit ?

Non. Je la sens juste chaque soir avant de m'endormir.

Quand on reviendra, Willie, je veux que tu me la montres.

Oui, ma sœur. Elle sent vraiment bon,

comme les lilas au printemps.

Et ma bière ?

On ne sert plus à cette heure.

Rentrez, M. Kingham, vous serez mieux qu'à traîner ici.

Ils se sont peut-être tous noyés.

Ils sont partis de nuit, avant que la digue ne cède.

Elle n'aura peut-être pas à affronter demain.

Je vais vous servir.

M. Kingham...

Willie ! Comment es-tu arrivé ici ?

Suivez-moi dehors. C'est tout ce que je peux dire.

- Qui est dehors ? - Venez avec moi.

Par là.

Je pensais que...

M. Kingham ! Je suis sœur Mary Bonaventure,

du couvent Notre-Dame de Rheims.

Que voulez-vous ?

Mlle Carns est au couvent.

Quoi '? Mais comment le savez-vous ?

J'en viens.

Malgré l'inondation ? C'est impossible.

Willie a montré le chemin et la sœur n'a pas eu peur.

Elle ne désire qu'une chose : vous revoir.

Ils risquent de rester bloqués.

Vous êtes bien sortie, pourquoi pas eux ?

Je n'y ai pas pensé. Elle a besoin de vous

et Willie a pu trouver un bateau.

Vous vous exposez à de graves problèmes.

- Il est trop tard pour y penser. - Non !

Si vous repartez sans moi, ils ne sauront rien.

M. Kingham !

Ou vous êtes un homme très prévenant,

ou vous refusez de nous suivre.

Je ne suis pas prévenant.

La pauvre enfant !

Elle qui m'a dit que vous seul teniez à elle.

C'est vrai.

Je l'aime.

Nous allions nous marier.

Mais cela n'empêche pas que je la croie coupable.

J'ai essayé de ne pas y croire.

J'ai revu les témoignages des milliers de fois.

Vous croyez que c'est facile d'aimer une meurtrière ?

Vous croyez que c'est facile de penser au lendemain ?

C'est à elle qu'il faut penser. Il lui reste peu de temps.

Vous n'avez pas à me dire ça. Je pense à Valerie.

Et si elle savait ce que je pense d'elle '?

Cela rendrait-il ses dernières heures plus douces ?

Bien sûr que je veux la revoir.

Autant qu'elle veut me voir.

Et si elle comprenait tout ?

Prendriez-vous la responsabilité de cette nouvelle souffrance '?

Vous vous y entendez en pitié et charité.

Alors parlez. Dites-moi ce que je dois faire.

Revenez avec nous.

Très bien, ma sœur.

Willie, mais que fais-tu ?

Je le détruis pour qu'on n'emmène pas Mlle Valerie se faire pendre.

Willie est plus sensé qu'on pourrait le croire.

Attendez plutôt ici.

- Qui est-ce ? - Sœur Mary.

Une minute !

- Quelle heure est-il ? - Je ne sais pas.

Ah, c'est vous-.

Je suis allée à Norwich.

Vous avez dû marcher sur l'eau !

Willie a pu trouver un bateau.

Sidney !

Sœur Mary.

Allez prendre votre petit-déjeuner, je reste avec elle.

Est-ce vrai que vous êtes allée à Norwich, dans la nuit ?

Oui, sergent.

Vous avez dû signaler notre présence.

Je n'y ai pas pensé.

C'est regrettable.

De toute façon, Willie va nous conduire à Norwich.

Je crains que ce soit impossible. Il a détruit le bateau.

Il l'a détruit ? Pourquoi vous ne l'avez pas arrêté ?

Elle ne pouvait pas.

Voici M. Kingham.

Kingham ? Sidney Kingham ?

Son fiancé !

Voilà pourquoi vous deviez aller à Norwich.

Je vais en avertir les autorités.

Faites votre travail.

C'est ma faute. Je n'aurais rien dû vous demander.

Je savais ce que je faisais.

Attendez, ma sœur.

J'ai un cadeau pour vous.

Nous n'acceptons pas les cadeaux.

Vous avez agi pour une innocente.

Je vous le jure.

C'est tout ce que j'ai.

Je vous fais Cadeau...

de mon innocence.

Je vous en remercie.

Je n'arrive pas à y croire, Sidney.

Je n'arrive pas à croire que tu es là.

Il y a tant de choses que je veux te dire et te demander.

Mais à présent, je ne sais plus quoi.

Je suis si fatiguée.

Valerie, mon amour.

C'est dur de parler, je sais, mais les mots ne comptent pas.

Je veux juste poser ma tête sur ton épaule

et tenir ta main.

Bonjour.

Sœur Mary !

Nous vous cherchions. Je crains qu'il soit trop tard.

- Qu'y a-t-il '? - Mme Smithson a accouché.

Nous avons passé de durs moments.

Comment vont-ils ?

J'y arrive.

Mme Smithson vous demande. Vous aviez promis d'être avec elle.

Le bébé respire à peine. C'est un cas désespéré.

Vous avez laissé ma Molly seule.

Je suis désolée, j'ignorais que...

Vous deviez ramener l'amant de cette femme.

C'était plus important que ma femme et mon bébé.

De toute façon, vous ne pouvez rien faire.

Mon bébé va mourir! Mon premier garçon !

Bonjour, ma sœur.

Atélectasie ?

Les deux poumons.

Nous avons pu aspirer du mucus

mais il a encore du mal à respirer.

Avez-vous utilisé de l'oxygène ?

Oui. il était encore en couveuse il y a 1 heure.

Il me faudrait un bronchoscope.

Est-ce si grave ?

Ça ne pourrait être pire.

Vous voulez que je vous remplace ?

- Vous êtes plus fatiguée que moi. - Non.

J'aurais aimé être informé de votre sortie.

Vous n'auriez pas pu me faire changer d'avis.

Ne vous mêlez pas de cette affaire.

Appelez-moi en cas de changement.

Dans toute communauté, il y a toujours un Judas.

Mais il faut condamner celui qui a péché.

Vous auriez dû voir ce qui est arrivé ce matin.

En voyant sœur Mary, les villageois ont brandi le poing.

Je n'y crois pas, ils ne feraient pas ça à une sainte femme.

Sœur Mary n'est pas sainte, elle est moralisatrice.

Vous la détestez, hein ?

Je déteste ceux qui ont un complexe de supériorité. Donc je pars d'ici.

C'est inutile. Lorsque l'évêque le saura,

sœur Mary sera vite transférée !

Vous croyez ?

Sœur Mary est là ?

Non ! Tu n'as pas mieux à faire que de venir ici, tout crasseux.

Il y a un temps pour tout...

Arrête de marmonner, imbécile. Que veux-tu '?

Je veux parler à sœur Mary.

C'est impossible.

Elle est occupée en salle de travail.

Pourriez-vous lui dire que Willie a la lettre bleue

qui sent comme les lilas au printemps.

Les lilas ?

Les lilas sont mes fleurs préférées.

Je crois que nous n'en aurons pas au printemps,

pas après cette inondation.

La lettre sentait bien bon. Si sœur Mary me la laissait...

De quoi parles-tu ?

Du charabia !

Dites-le-lui, elle est au courant.

C'est la lettre que M. Jason cherchait.

Quel M. Jason ?

- Jason Carns ? - Oui.

Tu ignores qu'il est mort ?

Et comment qu'il est mort!

En voilà une façon de parler.

Sœur Mary m'a demandé de lui donner cette lettre.

Donne-la-moi. Je lui remettrai.

Je ne l'ai pas. Elle est cachée dans ma chambre.

Il n'y a qu'un voleur ici,

c'est toi !

Comment oses-tu ?

Quitte cette pièce.

Je le dirai à sœur Mary.

Infirmière, il faut que j'aille m'allonger.

Faites appeler mon mari, je dois lui parler.

Plus tard. Il est encore avec le bébé des Smithson.

"...Après quoi Willie Pentridge, de sa propre initiative,

"a détruit ledit canot,

"empêchant ainsi de conduire le prisonnier à la prison de Norwich."

Veuillez signer, là où est écrit "témoin".

Ai-je mal rapporté un fait ?

Il s'agit de bien autre chose.

Alors vous refusez !

Pardon pour ce retard.

Docteur,

comment va le bébé '?

Il est en couveuse. Il faut attendre.

Le sergent m'a demandé de signer ce rapport.

Vous devriez d'abord le lire.

C'est inutile, je suis sûre qu'il est exact. Signez-le.

Puis-je le lire, sergent ?

Sœur Mary et moi nous connaissons bien.

Je souhaite faire tout ce que je peux pour elle.

Je n'y vois pas dbbjection.

Je regrette de déposer ce rapport

mais il y a bien eu obstruction à la justice.

Ne vous en faites pas, sœur Mary.

Ils abandonneront les charges portées contre vous après...

Je veux dire...

Vous voulez dire : après l'exécution.

Je suis désolé.

J'aurais souhaité que votre jugement soit plus avisé.

Mais mon cœur est allé vers cette pauvre enfant.

Elle a été reconnue coupable de meurtre.

Jason Carns a mérité son sort.

Il était mauvais et dépravé,

bien qu'ayant été son médecin, je ne devrais pas dire ça.

Pourquoi ?

C'était un alcoolique invétéré.

Il maltraitait sans cesse Valerie.

Cessez de la croire coupable,

vous deux !

Regardez les faits.

Je lui avais prescrit des Somnifères.

Harmer lui en avait donné pour 3 semaines.

Soit 21 cachets emballés individuellement dans une boîte.

J'avais bien prévenu Valerie

de ne lui donner qu'un cachet par soir,

même en cas de forte douleur.

4 jours après, Jason était retrouvé mort d'une overdose.

Le coroner a ordonné une enquête.

Après 4 jours, combien de cachets devait-il rester ?

-17. - Il yen avait 17.

Mais deux étaient de l'aspirine.

Cela ne prouve pas qu'elle les ait mis.

Mais Jason ne pouvait attraper la boîte, il était paralysé.

Sinon, pourquoi aurait-il remplacé les cachets par de l'aspirine ?

Ma sœur,

si Jason Carns était paralysé et que Valerie était seule...

Je vous ai raconté ce qu'elle m'avait dit.

Qu'elle souhaitait sa mort. Mais elle ne le pensait pas,

m'avez-vous dit, hein ?

J'avais raison de le croire.

Après sa 2ème attaque, qui l'a laissé paralysé,

si elle ne m'avait pas appelé à temps, il serait mort.

Elle aurait donc pu le laisser mourir.

Elle aurait pu, n'est-ce pas ?

Elle l'a sauvé d'une mort naturelle

et ensuite elle l'a empoisonné.

Quelle étrange logique.

La patience d'une personne a des limites.

Ce n'était pas le cas de Valerie.

Je l'ai suppliée de l'envoyer en maison de santé

afin qu'elle puisse m'épouser, mais elle a refusé.

Diriez-vous qu'elle perdait patience ?

Nous n'allons pas refaire son procès.

De telles discussions ne changeront pas son sort.

Cessez de la voir, vous vous ferez du mal.

Ma sœur, venez dans mon bureau.

Vous vous mêlez de choses qui ne vous regardent pas.

Elle est innocente.

Jamais de ma vie je n'ai eu une aussi intime conviction.

Ne vous obstinez pas.

Vous n'aurez plus de contact avec elle.

Vous ne lui parlerez plus. Vous ne la verrez plus.

Elle s'est préparée à mourir. Ne lui donnons pas de faux espoirs.

Ce sera tout, ma sœur.

Le bébé des Smithson va un peu mieux.

Son état est encore critique.

Vous n'avez pas arrêté depuis hier. Après les vêpres, reposez-vous.

C'est bien que Mlle Carns ait quitté votre bureau.

Vraiment ?

Willie m'a remis une lettre pour vous.

C'est vrai, j'avais oublié.

Je crois l'avoir. Oui, la voilà.

Pauvre Willie, il dormait debout.

Je lui ai dit d'aller dîner, puis de se coucher.

Mon testament est resté chez mon avoué, à Londres.

Arrête, tu ne fais que te torturer.

Non. Nous savons ce qui va arriver. Pourquoi ne pas en parler ?

Très bien. Alors tu as laissé ton testament à Londres...

Je veux le modifier pour léguer la moitié de mes biens aux sœurs.

Le reste servira à promouvoir la musique de Jason.

Je vais le rédiger et tu rapporteras à Londres après...

Viens rasseoir, Sidney.

Je ne veux pas que tu m'oublies,

mais je veux que tu oublies nos projets.

Ils ne doivent pas l'empêcher de vivre ta vie.

Oublie nos projets de mariage, de maison...

Chérie, ne me parle pas de ça.

Il le faut.

Si tu rencontres une gentille fille, ne la rejette pas.

Si tu aimes de nouveau, ne crois pas que tu trahiras...

Mais tu es tout ce que j'ai.

Je ne veux pas d'une autre.

Tu ne dois pas être mon mémorial vivant.

Tu dois vivre une vie normale.

Je le ferais si tu mourais.

Et surtout,

ne culpabilise pas si tu ne me crois pas innocente.

Comment peux-tu dire ça ?

Tu as si bien essayé de le cacher, depuis l'enquête du coroner.

Mais ce n'est pas vrai.

Je te l'ai souvent dit,

ferme les yeux quand tu mens

parce qu'ils te trahissent.

Sœur Mary t'a-belle parlé ?

Personne ne m'a rien dit.

Je suis plus observatrice que tu crois.

Mais situ es innocente, seule une personne

avait une raison de tuer Jason. Moi. Et je ne l'ai pas fait.

Moi non plus. Alors personne ne l'a tué !

Tout ceci n'est peut-être qu'une farce !

Jason attend son dîner, à la maison !

Rentrons, il fait froid.

Je ne veux pas!

Et il ne fait pas froid !

C'est beau, ici.

Cette soirée, le grand air...

Ce n'est pas moi. Je suis innocente, je suis jeune

et je t'aime.

Je veux vivre. Je veux être ta femme et habiter notre maison.

Je ne veux pas que tu touches une autre femme!

Je ne veux pas mourir!

Ma chérie...

Mon amour.

Mon seul amour!

Mlle Carns, il y a un fait nouveau important.

Qu'est-ce que c'est '?

Cette lettre, adressée à votre frère.

- Comment l'avez-vous eue '? - Par Willie.

Votre frère Faccusait de l'avoir volée et l'avait puni.

Alors, quand Willie l'a trouvée, il l'a gardée.

Sa façon à lui de montrer sa rancune.

C'est l'écriture d'une femme. La reconnaissez-vous ?

"Cher Jason, j'ai longtemps hésité avant de t'écrire.

"J'ai très peur

"de prendre contact avec toi, pourtant il le faut.

"On nous soupçonne.

"On ne m'a pas questionnée et je n'ai pas fait d'erreurs.

"Mais je le sens.

"Nous devons faire comme si nous ne nous étions jamais connus.

"Si on te pose des questions, nie.

"Prends soin de toi et surtout guéris vite.

"Je ne changerai jamais, je ne le pourrais pas..."

Aucune signature. Tu reconnais l'écriture ?

Savez-vous qui cela peut être ?

Non. J'ai connu certaines de ses amies, à Londres,

mais je n'ai vécu avec lui qu'après sa première attaque.

Il habitait Londres depuis déjà 1 an.

Voyons le cachet.

Elle a été postée à Norwich-.

Norwich '? Je n'ai pas la moindre idée.

Pourquoi Willie ne l'a pas montrée ?

Il avait peur. De plus, il ne l'a jamais lue.

Il l'a gardée parce qu'elle sentait bon.

Votre frère ne vous a parlé de personne ?

Il ne recevait pas d'appels, de messages ?

Sœur Mary, vous ne deviez plus voir la prisonnière.

Je sais, je suis désolée.

Vous vous ingérez dans mes affaires.

Vous avez à maintes reprises violé la loi. Je dois le signaler.

Pierce, conduisez Valerie dans sa chambre. Je dois sévir.

Dorénavant, plus de faveurs ni de visites !

Emmenez-la.

Abandonnez, il est trop tard.

Vous ne pouvez rien faire.

Qui est là ?

Asseyez-vous, ma sœur.

Encore une fois je vous demande de justifier votre conduite.

- Je peux expliquer... - Laissez-moi finir.

Je sais que vous tenez à la discipline.

C'est une règle que vous imposez.

Pourtant, vous m'avez désobéi.

J'aurais dû vous demander la permission de parler à Mlle Carns.

Je devais la voir. Cette lettre aurait pu apporter du nouveau.

Ça montre juste que M. Carns avait une liaison.

Ça montre bien plus que ça. Ne voyez-vous pas ?

Une 3ème personne est impliquée. Elle aurait pu chercher vengeance.

Ce n'est qu'une hypothèse.

A cause de votre ingérence,

vous avez nui à cette femme!

Et cela en faisant naître chez elle de nouveaux espoirs...

en attisant sa passion et son désir de vivre !

J'ai fait tout ça parce que je me sentais obligée de l'aider.

Vous vous sentiez surtout obligée

de montrer que vous avez raison !

Vous ne pensez pas...

J'ignorais que vous pouviez vous entêter à ce point.

Ce n'est même pas une idée, c'est un instinct primitif !

Ce n'est pas qu'une idée. Et cette lettre '?

Vous étiez sûre de son innocence bien avant cela. Admettez-le !

Je Padmets !

J'en ai été convaincue dès que je l'ai vue.

Et tous les moments passés avec elle ont renforcé ma foi.

De la foi ! Appelez ça par son vrai nom.

Une prémonition, une drôle d'idée. Que vous êtes têtue !

Vous vous reprochez la mort de votre sœur

et pourtant vous recommencez !

Vous imposez votre volonté à tout prix !

Vous avez raison.

Ce n'était qu'une drôle d'idée

et toute ma vie, j'ai eu ce besoin impitoyable !

C'est pourquoi vous avez une si mauvaise opinion de vous.

Vous en faites toujours trop.

Vous oubliez qu'une Puissance Supérieure nous guide

et que Ses méthodes sont autres.

De même, vous croyez être venue ici à cause du vide du monde extérieur.

- C'est vrai. - Mais vous avez tort.

Vous n'êtes pas venue ici, c'est Dieu qui vous a conduite.

Rappelez-vous Ses paroles.

"Vous ne m'avez pas choisi, c'est moi qui vous ai choisis

"et vous ai établis pour que vous portiez du fruit..."

Si vous acceptiez ceci, la paix serait dans votre cœur.

Si seulement je pouvais croire que Dieu veut que je sois ici.

Mère supérieure !

Willie a été assommé.

Nous l'avons trouvé inconscient, dans sa chambre.

Qui a pu faire ça ?

Avez-vous appelé le Dr Jeffreys ?

Ses affaires étaient éparpillées, comme pour le voler.

C'est ridicule, il n'y a rien à voler chez lui.

- Sauf la lettre ! - Quoi ?

La lettre que vous venez de lire.

Que vient faire Willie là-dedans ?

Ça date de l'époque où Willie travaillait pour M. Carns.

Il a trouvé cette lettre et l'a gardée. Vous le connaissez !

Vous ne comprenez pas ?

Quelqu'un ici a tout découvert et a voulu voler la lettre.

C'est absurde ! Tous les villageois lui en veulent

parce qu'il vous a aidée et qu'il a détruit le bateau.

- Mais si jamais..- - Je vous l'interdis.

Cessez de jouer à Scotland Yard.

Vos patients doivent être votre seule préoccupation.

Je veux que vous brûliez cette lettre.

Je ne peux pas.

De grâce, pour votre bien.

Non, je ne peux pas!

Essayez de me pardonner.

Tu l'as, Edward ?

Quoi ?

Ma lettre, bien sûr. Celle dont je t'ai parlé.

J'ignore de quoi tu parles.

Mais je te l'ai dit!

Willie cache dans sa chambre la lettre que j'ai écrite à Jason.

Encore un de ces rêves qui te semble vrai.

Je te croyais guérie.

- Ce n'était pas un rêve. - Comment le sais-tu '?

M. Harmer a entendu Willie et l'infirmière en parler.

Es-tu sûre que ce n'était pas dans ton rêve ?

Ce n'était pas un rêve ! Demande-leur !

Pour qu'ils sachent combien tu es malade.

Je ne peux t'aider que si tu me fais confiance.

Tu ne voudrais pas aller en maison de santé.

Non, pas ça, Edward !

C'était un rêve, un mauvais rêve !

Seuls les idiots et les enfants parlent de leurs rêves.

Toi, tu es Isabel Jeffreys, ma femme.

Et je suis ton mari... ton tendre mari.

Isabel Jeffreys...

ta femme.

Comment vous montrer notre reconnaissance !

Le mérite en revient à sœur Mary.

C'est elle qui a poursuivi le combat.

Ne laissez pas trop longtemps le bébé ici.

Dire que nous avons été si cruels envers elle.

John, va la remercier et demande-lui pardon.

Elle a demandé à ne pas être dérangée.

Demain, alors. Dors maintenant, il va te falloir des forces.

John, es-tu au courant ? On nous envoie de l'aide !

L'eau recule, a dit la sœur!

Tu entends, Molly ? Tu vas rentrer avec ton fils demain.

Je vous ai préparé un bon dîner, rien que pour vous!

Rien que pour moi ?

Alors c'est mon dernier repas.

Il ne faut pas y penser. N'ayez pas peur, mon enfant.

Savez-vous quelque chose ?

Ils viennent me chercher, c'est ça '?

Mangez avant que ça ne refroidisse.

L'aumônier lit un texte quand l'heure est venue.

Je l'ai entendu venant d'une cellule près de la mienne.

"Je suis la Résurrection et la Vie, dit Dieu...

"celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra...

"et quiconque vit et croit en moi

"ne mourra jamais."

Indique-moi le chemin à suivre carje suis perdue.

Accorde-moi la paix et pardonne mes péchés.

- Qui est-ce ? - Kingham. Je dois vous parler.

Je suis désolée, M. Kingham...

C'est très important. J'ai besoin de votre aide.

Le téléphone est rétabli. Le sergent a appelé la police.

Elle envoie sans tarder un bateau.

Alors, tout est fini.

Je ne les laisserai pas la tuer!

Je vais l'emmener avant leur arrivée.

Nous irons sur la côte et là, je louerai un bateau de pêche.

- C'est impossible. - Pas avec votre aide.

Si Mlle Pierce pouvait quitter la pièce de Valerie juste 5 mn...

Je ne peux pas faire ça. Et vous serez pris, vous le savez !

Je m'en sortirai sans votre aide.

Vous ne savez rien.

Mais si !

Je vois maintenant que j'ai eu tort.

Je n'ai fait que nuire. Seul le mal en ressortira.

Vous avez perdu votre foi.

Et la lettre, et l'attaque de Willie ?

Elles ne prouvent rien. Pas vraiment.

Je vous croyais seule.

Je ne vous laisserai pas partir. Vous n'y arriverez pas.

Où allez-vous, M. Kingham ?

Il s'agit de Mlle Carns.

Je viens de lui apporter à dîner. Ça m'a brisé le cœur.

Ce joli visage, si jeune et si courageux.

Quel idiot je fais ! Tous ces mois de perdus.

Pourquoi n'ai-je pas cru en elle avant ?

Revoyez ces journaux. Vous n'en avez pas vu certains.

Inutile. Je les ai déjà parcourus des milliers de fois.

Ça ne sert à rien.

On peut les brûler.

Il ne faut jamais brûler un journal ou jeter un bout de ficelle.

Lisez-les tous, vous ne pouvez pas abandonner.

Saviez-vous que Jason Carns a été arrêté une fois

pour avoir brutalisé un homme ?

Il se disputait souvent, mais jamais rien de sérieux.

Et qu'on l'a jeté hors d'un bar un soir qu'il était soûl ?

Je l'ai lu, mais ça n'a aucun rapport avec sa mort.

M. Kingham, promettez-moi de ne rien faire d'imprudent.

Saviez-vous que M. Harmer avait 2 porte-clés ?

Défense : "Pourquoi avoir 2 porte-clés ?"

"En cas de perte. Les clés sont identiques.

"Elles sont rangées dans le même ordre. Je suis très minutieux."

Vous connaissez bien le témoignage.

- "Reconnaissez-vous les clés ?" - "Oui."

"Quelles sont-elles '?"

"Maison, garage, grange, officine,

"armoire à poison, réserve."

Attendez, quelque chose ne va pas.

Comment ça ?

Ecoutez. Défense : "Quelles sont les clés du 2ème trousseau '?"

M. Harmer: "Mais ce sont des doubles !"

Rien d'étrange à cela.

"S'il vous plaît, M. Harmer."

Harmer : “'Maison, garage, grange,

"armoire à poison, officine, réserve."

M. Harmer est méticuleux.

Vous ne voyez pas ?

En nommant le 1er jeu de clés, il a dit :

garage, grange, officine, armoire à poison,

et pour le 2ème : garage, grange, armoire à poison , officine.

Faites voir.

Vous avez raison.

Il ne faut jamais brûler un journal ou jeter un bout de ficelle.

- M. Harmer! - Qu'y a-t-il ?

Suivez-moi, c'est urgent.

M. Kingham... que voulez-vous ?

Je vous le dirai en route, venez.

Excusez-nous, M. Harmer_

Je suis habitué à être réveillé en pleine nuit dans mon métier.

Je lui ai dit pourquoi nous voulions le voir.

C'est absurde. Je ne fais jamais d'erreurs, je peux m'en vanter.

Lisez ce passage de votre témoignage.

J'étais sûr que mes lunettes étaient dans mon manteau.

J'avais bien entendu des voix.

J'allais voir comment allait Willie.

J'aurais fait une erreur dans mon témoignage.

En nommant mes clés !

Vous auriez fait une erreur! Difficile à croire. Excusez-moi.

C'est écrit noir sur blanc. Ecoutez.

Je préfère lire moi-même. Je vous fais confiance,

mais c'est une affaire sérieuse et je veux m'en assurer.

Tiens... C'est ridicule ! Quelqu'un s'est trompé.

Peut-être le greffier ou le journaliste.

Vous êtes bien sûr de vous!

Après 50 ans, on se connaît bien.

Et en 50 ans,

pas une erreur ?

Je vais vous paraître vantard, mais non.

Mais vous venez à l'instant de faire erreur.

Vous plaisantez, bien sûr.

Vous étiez sûr d'avoir mis vos lunettes dans votre manteau

et elles n'y étaient pas.

Sapristi !

Il faut que j'aille voir ces 2 porte-clés.

Ça ne sera pas long.

Docteur, comment va Willie ?

Je ne l'ai pas encore vu.

J'ai réalisé que ma femme n'avait pas eu son sédatif.

Le tribunal a saisi les clés.

Quand je les ai récupérées, je n'ai pas regardé...

Voici le premier porte-clés et le deuxième.

Maison, garage, grange,

armoire â poison !

Ce n'est pas le bon ordre.

Quelqu'un a pris une clé

pour ouvrir l'armoire à poison, puis l'a mal rangée.

Quelqu'un a touché à la boîte de cachets de Jason !

Ça saute aux yeux !

Mais qui avait accès

à ces clés, à part vous ?

Je n'ai jamais cru que Mlle Carns avait tué son frère.

Alors qui l'a tué ?

Celui qui a pris la clé et l'a mal rangée.

Peut-être mon apprenti ou Willie.

Ou les médecins et les infirmières qui ont accès à mon officine.

Il faut le dire au sergent sans plus attendre.

Non, Edward, non !

J'ai eu un sédatif, je n'en veux pas d'autre.

Il y en a très peu.

Comme ça, tu dormiras bien.

Non, Edward !

Toute une seringue !

Je n'en veux pas d'autre..

Mme Jeffreys, vous connaissiez Jason Carns !

Je n'ai pas le droit de dire...

Parlez ! Vous pouvez sauver la vie d'une innocente.

Vous ne voulez pas que Valerie meure ?

Pauvre Valerie, elle aussi aimait Jason.

Si seulement il était en vie, je ne serais pas là...

Vous l'aimiez ! Vous lui avez écrit cette lettre

car votre mari avait tout découvert.

Oui, je l'aimais.

Il voulait m'emmener...

Essayez de rester éveillée. Racontez-moi tout !

Vous devez tout dire au sergent. Il faut que nous sortions d'ici.

Non, je ne veux pas...

S'il vous plaît, venez avec moi. Tenez-vous à moi.

Luttez contre votre Somnolence. Ne vous laissez pas aller!

Nous devions prendre le bateau ensemble à Southampton.

Restez éveillée ! Nous ne sommes plus très loin.

A la gare Victoria, à la consigne,

il y a une valise pleine de choses qu'il m'avait achetées.

Dites tout ça au sergent.

Il voulait que je porte de si belles choses...

Tu as tué Jason !

Je t'ai toujours soupçonné, maintenant je sais.

Retourne dans ta chambre.

Tu l'as tué !

Parce que je l'aimais, tu le détestais

et il fallait qu'il meure.

Retourne dans ta chambre.

Pourquoi avez-vous fait ça ?

C'était un infirme, condamné à mourir!

Non, ce n'est pas vrai.

Son état allait s'améliorer.

Isabel allait partir avec lui.

Il n'y a qu'une chose à faire.

Dire la vérité au sergent Melling.

Vous avez raison.

Il n'y a pas moyen de s'échapper

et je suis fatigué.

Où allez-vous ?

Voir le sergent Melling.

Il est monté au clocher pour guetter la police.

Inutile de venir.

Vous êtes un malade, Dr Jeffreys.

Vous le découvrez ?

Je le sais depuis longtemps.

Mon amour pour Isabel est une maladie

qui est incurable.

Vous auriez laissé Valerie Carns mourir ?

J'ai mis les aspirines pour détourner les doutes.

C'est tombé sur elle.

Comme vous le voyez, je suis prêt à tout pour garder Isabel.

Pourquoi ne pas avoir suivi mon avertissement ?

Pourquoi vous êtes-vous mêlée de tout ça '?

Où est le sergent Melling ?

Où est-il ?

Laissez-moi redescendre.

- Laissez-moi redescendre ! - Jamais.

Nous allons aller en haut.

Là où personne ne peut nous entendre.

Non, ils le sauront.

Personne ne saura jamais.

Ils le découvriront.

Vous êtes venue pour être seule, après avoir été réprimandée.

Vous étiez bouleversée. Il faisait nuit, vous êtes tombée.

Vous ne pouvez pas faire ça, réfléchissez !

Pensez à votre âme.

Il n'y a pas qu'à la loi que vous devrez répondre,

mais à une Autorité Supérieure.

Jaffronterai ma damnation lorsque le moment sera venu.

Vous devez avoir des sentiments, pour Valerie, pour moi !

Je suis désolé pour vous deux.

Pourquoi avez-vous si peur de la mort ?

Vous ne priez pas !

Votre Autorité Supérieure vous entendra peut-être.

Mme Jeffreys, que s'est-il passé ?

Je vais vous aider.

Sœur Mary...

La cloche !

Qui peut bien sonner la cloche ?

Pitié, je vous en supplie!

M. Smithson, prenez soin de ma femme.

Elle n'est pas responsable de tout ça.

Retourne te coucher, Willie.

Sœur Mary !

Vous avez fait preuve de courage.

Je regrette d'avoir compliqué les choses.

Merci, mais je ne mérite pas vos louanges.

C'est sœur Josephine qui a sauvé Mlle Carns.

Moi ?

Elle a voulu que je lise ses journaux quand j'avais renoncé.

J'ai insisté parce que j'ai vu Mlle Carns sereine,

priant Dieu tout-puissant.

Maintenant, je sais. C'est Lui qui nous a choisies.

Vous avez trouvé la réponse.

L'humilité permet de ne pas gâcher le don d'avoir raison.

Adaptation : Virginie Darmangeat

Sous-titrage TVS - TITRA FILM

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