All language subtitles for 2019 Queen Marie of Romania.VOEN.FR

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

BAS� SUR DES �V�NEMENTS R�ELS

En 1916, la Roumanie entra dans la Premi�re Guerre mondiale

� c�t� de la France, la Russie et le Royaume-Uni,

ranim�e par le d�sir de r�unir ses provinces fragment�es

dans une Roumanie Unie.

Malgr� le succ�s initial en Transylvanie,

le retrait de la Russie de la guerre laisse le pays isol� et expos�.

Les forces roumaines souffrent des pertes massives

apr�s une f�roce invasion allemande qui d�vaste le pays

et oblige le gouvernement � accepter un trait� humiliant.

Bien qu'il n'ait jamais �t� ratifi� par le roi Ferdinand,

ce trait� est maintenant utilis� contre la Roumanie,

� la Conf�rence de la paix � Paris.

La guerre est finie, mais on perd l'espoir

que la Roumanie Unie sera reconnue au niveau international.

MARIE, LA REINE DE ROUMANIE

ABIS STUDIO PR�SENTE

UN FILM DE ALEXIS SWEET CAHILL

R�ALIS� AVEC LE SOUTIEN DU CENTRE NATIONAL DE LA CIN�MATOGRAPHIE

SC�NARIO ET DIALOGUES BRIGITTE DRODTLOFF et MARIA DENISE THEODORU

MONTEUR THEODORA PENCIU

COMPOSITEUR GIANCARLO RUSSO

DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE GABRIEL KOSUTH

CO-PRODUCTEUR C-STORY CRISTINEL ?IRLI

PRODUCTEUR EX�CUTIF COSTIN RANTE?

PRODUCTEUR RADU APOSTOLESCU

PRODUCTEUR GABI ANTAL

R�ALISATEUR ALEXIS SWEET CAHILL

Votre Majest�, ne serait-il plus prudent de revenir un autre jour,

avec les ambulances remplies?

LA P�RIPH�RIE DE BUCAREST F�VRER 1919

- Les pains, Baliff! - Nos enfants meurent de faim!

- Nous avons du pain pour tout le monde!

- Restez en arri�re! Restez en arri�re! - Voil�! Voil�!

- Laissez-nous un peu d'air! Il y a assez de pain pour tout le monde!

- Arr�tez de pousser, s'il vous pla�t!

S'il vous pla�t, du pain et aussi des m�dicaments!

S'il vous pla�t, Votre Majest�, montez en voiture en ce moment!

Demain on vous apportera aussi du bois de chauffage.

Je vous promets que demain on reviendra

avec plus de m�dicaments et de nourriture. Je vous le promets.

Que Dieu vous b�nisse! Ayez piti� de nous!

De retour! Restez en arri�re!

La Roumanie va s'�panouir seulement en tant que pays ind�pendant.

Nos fronti�res doivent �tre restaur�es

� celles pour lesquelles nos anc�tres se sont battus et ont gagn�!

Des fronti�res que, et je vous le rappelle, nous ont �t� promises par nos alli�s,

avant d'entrer en guerre!

La promesse d'une Grande Roumanie �tait la raison principale pour laquelle

nous avons sacrifi� des milliers de vies, les vies de nos soldats.

Et maintenant, messieurs, on d�couvre que cette promesse est retir�e...

�a c'est absolument intol�rable!

En outre, la Roumanie a le droit l�gitime � la liber...

BUCAREST, LE PALAIS COTROCENI

Oui?

Majest�, vous m'avez demand� de vous informer quand la Reine arrive.

- Marie!

- La prochaine fois que tu quittes le palais, o� que tu ailles,

tu dois respecter le protocole et avoir une escorte compl�te avec toi.

- Nous vivons des temps troubl�s... - Mais ils ont besoin de notre aide.

- Je sais que tes intentions sont bonnes et que tu es d�sireuse d'aider tout le monde,

mais ne met pas ta vie en danger..

- S'il te pla�t, soit prudente! - Je suis prudente.

- Missy, je ne peux pas lutter contre toi aussi!

- Merci!

- Contre moi et qui d'autre?

- Nos politiciens n'ont aucun pouvoir.

Les n�gociations ne se d�roulent pas bien � Paris.

- Peut-�tre ils ne connaissent pas tous les aspects.

- Peut-�tre ils ne veulent pas les conna�tre.

- Maintenant c'est en jeu m�me l'avenir de la Grande Roumanie.

- Que voudrais-tu que nous fassions?

Revenir sur notre parole?

Apr�s que des milliers de soldats se sont sacrifi�s sur le front?

- Non, mais tout le monde est contre nous :

L'Angleterre, la France, les Am�ricains.

Ils d�cident notre destin et aussi celui de tous les autres.

Ils se cachent tous derri�re le trait� de Bucarest avec l'Allemagne.

Trait� avec lequel je n'ai pas �t� d'accord. Et que je n'ai m�me pas sign�!

- Nando, tu as promis que tu seras le roi de la Roumanie Unie.

Nous devons respecter notre parole! N'oublions pas qui tu es!

Tu es un roi puissant, et ensemble nous trouverons un moyen.

- Monsieur le Premier ministre! Monsieur Bratianu! Ion! S'il vous plait!

- Excellence...

- Tu ne penses pas qu'une approche plus diplomatique serait meilleure?

- Non! Tu as vu ce que s'est pass� l�!

- Ils se moquent de nous avec cette conf�rence-l�! - Pour cela, je m'excuse.

Clemenceau et Lloyd George nous ignorent tout simplement,

et le pr�sident am�ricain ne sait pas non plus o� se trouve la Roumanie sur la carte!

- Je m'excuse, je m'excuse.

Je fais de mon mieux, mais je suis un seul homme...

Avez-vous des id�es?

- Majest�, Son Altesse le Prince ?tirbey est rentr� de son voyage

et demande � vous voir.

- Un instant.

Dites-lui d'entrer.

- Le Prince ?tirbey.

- Majest�...

- Comment s'est pass� ton voyage?

- Je te demande pardon, nous aimons tous la Grande Roumanie,

mais maintenant les routes sont deux fois plus grandes qu'avant.

- Nous pourrions ne plus avoir une Grande Roumanie.

- Tu as lu les journaux?

- De Paris? Oui. Je ne voudrais pas �tre � la place de Bratianu.

- Pourtant, il doit y avoir quelque chose qu'on puisse faire!

- Et qu'est-ce qu'on pourrait faire? Tout d�pend des politiciens maintenant!

- J'ai une id�e! Et si j'�crivais � mon cousin George?

Il doit avoir un mot � dire, apr�s tout, il est le roi d'Angleterre!

Qu'en penses-tu?

- Sans le dire � Ferdinand? - Il n'y a pas de temps pour �a maintenant!

- Et de toute fa�on, il ne me laisserait rien faire.

- � Missy, les t�tes couronn�es ne se m�le pas � la politique.

Ce sont deux affaires distinctes! �

- Et il a raison.

Voil� pourquoi je doute que votre cousin, le roi, puisse nous aider quoi que ce soit...

- Si seulement j'�tais au lieu de Bratianu, c'est s�r que nous nous ferions entendre!

- Barbu, pourquoi ne suis-je pas un homme?

- En ce qui me concerne, je ne me plains pas du tout...

que Votre Majest� ne soit pas un homme.

- Mais si tu devais te joindre � ce combat, je suis s�r que tu gagnerais.

La volont� et le courage de toute la nation sont avec toi!

Sa Majest� demande la pr�sence de Son Altesse le Prince ?tirbey tout de suite.

Majest�...

Mon cher cousin George, je vous �cris pour vous demander tout carr�ment

de nous aider avec notre r�ception injuste � Paris...

- Maman, je ne suis plus un enfant. Tu ne peux plus me plier � ta volont�...

- Carol, mon cher, �coute-moi s'il te pla�t,

il ne s'agit pas de �ma volont�, il s'agit de ton statut!

Dieu merci, nous avons arr�t� le malheur et le mariage est annul�.

Et malgr� tout cela, tu continues � voir cette femme.

Carol, au nom du ciel, pourquoi?!

- Parce que je l'aime, Maman! Tu ne vois pas que Zizi est mon seul bonheur?

Rien ne peut me tenir loin d'elle.

Mais que pourrais-tu savoir sur l'amour?

- Comment peux-tu me dire �a?

Est-ce que tu sais ce que j'ai v�cu, moi?

- Ce qui compte, Carol, est que nous sommes la famille royale et non pas de roturiers!

Et tu as �t� �lev� de mani�re que tu connaisses la diff�rence!

Alors n'oublie pas qui tu es!

- Arr�te!

- Vas-y!

- Le comte de Saint-Aulaire est arriv� de Paris.

- On repproche toujours � la Roumanie le Trait� de paix de Bucarest.

- Et qu'est-ce que le comte de Saint-Aulaire nous conseille?

- Que le roi envoie encore une personne � Paris pour aider � sauver la situation.

Une personne dont la voix sera entendue. - Qui?

- Ils vont tous rire de nous.

- Laissez Bratianu finir ce qu'il a commenc�!

- Une femme, m�me une reine, n'a aucune place dans une telle situation politique!

- Messieurs, s'il vous pla�t! Messieurs, s'il vous pla�t!

- Votre Excellence, que proposez-vous exactement que la Reine fasse � Paris?

- Eh bien, sa Majest� pourrait am�liorer la position de la Roumanie.

Prenant en compte les questions urgentes d'actualit�.

- Elle sera soutenue par la communaut� roumaine � Paris,

qui depuis quelques ann�es est assez influente et bien organis�e.

- Monsieur Le Flers.

- Bien s�r, moi et mes coll�gues journalistes nous pr�parons d�ment la presse fran�aise.

- Pourquoi ne cherchons-nous pas une alternative? Par exemple, pourquoi ne pourrais-je pas aller � Paris?

- Monsieur Averescu?

- Votre Majest�, nous avons besoin de quelqu'un avec de l'exp�rience diplomatique.

- N'oublions pas qu'officiellement les membres de la royaut� ne doivent pas participer aux pourparlers de paix.

- C'est une id�e absurde!

C'est le travail des politiciens de r�soudre la situation, peu importe la dur�e des n�gociations!

Et surtout qui va payer un voyage si co�teux?

- Laissez-moi m'en occuper... - Ah bon?

- Ne serait-il plus appropri� de d�penser votre argent en aide,

au lieu de le gaspiller pour un voyage si inutile, Monsieur Moscovici?

- Votre Altesse Royale, les banquiers investissent pour faire du profit.

Sa Majest� la Reine va augmenter dix fois les avantages de la Roumanie.

- Si Sa Majest� le roi est d'accord avec Son Excellence, le Comte de Saint-Aulaire,

je vais accepter avec honneur son souhait et je partirai pour Paris.

- Alors c'est d�cid�.

- Merci messieurs!

- Messieurs, nous venons d'�tre t�moins d'une grave violation de la Constitution.

La loi stipule clairement

que les d�cisions sont prises par les partis et leurs politiciens.

- D'accord! Exactement! - D'accord! Oui!

- Cette fois-ci le roi est all� trop loin!

- Il ne peut pas d�cider cela sans nous, il a d�pass� ses attributions.

C'est un mauvais pr�c�dent.

- Nous avons d�j� envoy� Bratianu! - Il a besoin de plus de soutien.

- Nous devons envoyer plus de ministres, et non pas la Reine!

- Nous risquons beaucoup!

Juste une de ses explosions spontan�es et nous serons de retour dans l'�re pr�-Bismark!

Avec tout notre pays divis�!

- Je n'en suis pas convaincu!

- Mieux vaut la Reine que Bratianu! Il n'a rien fait jusqu'ici!

- Laissez la Reine partir!

Elle parle leur langue et sait comment s'y rendre!

- Et que pouvons-nous faire maintenant? La Reine sera d�j� dans le train le 1er mars!

- Attendez un peu, attendez.

N'avons-nous pas la presse locale de notre c�t�?

- Pas toute la presse, mais oui, la plupart.

- Mais nous pouvons commander quelques articles

pour mettre en doute les m�rites de ce voyage.

- Ce dont nous avons vraiment besoin

c'est le prince lui-m�me!

Nous devons attirer Carol de notre c�t�.

Il a une influence croissante � la cour, m�me sur la Reine.

Si on lui promet notre soutien,

il pourrait s'av�rer �tre un roi plus flexible, qu'en dites-vous?

- Peut-que de cette fa�on nous pouvons encore arr�ter la Reine d'aller � Paris.

- Non!

- Monsieur Cantacuzino! Messieurs!

- Des nouvelles de Londres?

- Malheureusement, non!

Sa Majest�, le roi George n'a pas r�pondu au t�l�gramme d'hier non plus.

- S'il te pla�t, demande que nous appelons Londres.

Si on ne trouve pas George,

essaie � notre ambassade, il se peut que Joe Boyle soit l�.

- Oui, votre Majest�. - Merci.

- Tu vas vraiment porter ces chiffons du dernier si�cle � Paris?

- Et tu n'as vraiment pas d'autre pr�occupation que la mode?

- Si tu ne souhaites pas venir avec nous, tu es libre de rester � la maison.

- Carol m'a dit qu'en fait tu pars en mission politique � Paris.

- Pourquoi te m�lerais-tu dans une telle chose?!

- Nous avons r�ussi � appeler par t�l�phone monsieur Boyle.

- Merci.

- Joseph, bonjour! Joe?

- Marie, c'est toi?

- Oui, Joe, c'est moi! - Comment �a va?

- Je vais bien, comme je te l'ai dit dans le t�l�gramme d'hier aussi.

- l'as-tu lu? - �videmment!

- Je pars pour Paris!

- Quelle bonne nouvelle! Dis-moi, qu'est-ce que tu vas faire � Paris?

- Eh bien, ce n'est pas tout � fait une visite officielle, mais j'y vais pour soutenir notre cause.

- Je crois que c'est une id�e extraordinaire! Je parie que tu vas les surprendre � Paris.

- Mon cher Joe, tu ne sais pas � quel point ta confiance en moi est importante pour moi.

- Je viens aussi � Londres pour voir Nicky!

- Comment va-t-il � Eton? - Il va tr�s bien!

- Tu sais Marie, ton gar�on n'est plus un enfant, c'est un beau jeune homme avec des notes extraordinaires.

- Je suis tellement fi�re de lui!

- Son Excellence, le Comte de Saint-Aulaire, et Monsieur Robert de Flers

sont d�j� partis pour Paris.

- Mais... - Mais quoi?

- Votre Majest�, s'il vous pla�t, pardonnez-moi, �tes-vous absolument s�r que c'est une bonne id�e

d'envoyer la Reine dans une mission aussi importante?

- � Une bonne id�e �? C'est une catastrophe! Une terrible erreur!

- Tu penses vraiment que tu es le plus indiqu� � te prononcer?

- Le plan n'est pas sans risques. Mais c'est notre derni�re chance!

- Monsieur le G�n�ral, quand est-ce que la Reine peut-elle partir?

- Le train royal est d�j� pr�t.

- S'il vous pla�t, informez tous les officiels, notre service de presse et celui de Paris.

- Messieurs, s'il vous pla�t.

- Merci, je m'en occupe d'ici.

- Mes hommes ont vu Carol prendre le d�ner avec Zizi Lambrino � Cap?a.

Apr�s cela, ils ont disparu ensemble dans sa maison.

- Oui, je l'ai vu plus t�t partir en grande vitesse d'ici.

- Et tu ne lui as rien dit? - Qu'est-ce que j'aurais pu lui dire?

- De devenir raisonnable et de quitter cette femme.

- Je l'ai essay�! C'est ton tour de lui parler, de p�re � fils!

Il en aurait besoin de plus dans sa vie!

Nous en aurions tous besoin.

- Il ne m'�coute jamais. Tu sais que j'ai tout essay�.

Et franchement, quand il est submerg� par la col�re, il devient incontr�lable.

Tu aurais d� passer plus de temps avec lui quand il �tait petit,

au lieu de le laisser avec des gouvernantes odieuses.

- Vraiment? C'est ma faute maintenant?

Tu as oubli� les r�gles de l'oncle Carol.

Que devais-je faire? Que d'esp�rer qu'un jour tu interviendras.

- As-tu d�j� intervenu? As-tu intervenu? - D'accord, nous sommes tous les deux � bl�mer.

- Et maintenant on fait quoi? - Je vais te dire ce qu'on fait...

- Je vais ramener mon fils � la maison.

Tu lui trouves une fonction importante,

suffisamment imposante pour qu'il en soit int�ress�

et aussi loin que possible de Bucarest.

- Comment osent-ils t'appeler � tra�tre � juste parce que tu m'aimes?

- Tu seras la Reine. Je vais te le prouver, Zizi! Je vais leur montrer comment on fait la justice!

- Qu'est ce que c'est?

- S'il vous pla�t, pardonnez-moi, madame, mais Sa Majest� la Reine est ici.

Elle demande � parler � Son Altesse Royale tout de suite.

- Votre Majest�, juste pour me faire comprendre, je ne suis pas une roturi�re.

Les Lambrinos, ma famille, ce sont des aristocrates!

- Dis-lui, mon amour! Dis-lui ce que je signifie pour toi!

Il se peut que je ne provienne pas d'une famille royale,

mais vous devez comprendre que l'Europe et le monde changent!

La Russie l'a compris! Personne ne peut s'opposer � l'histoire.

Carol m'aime vraiment.

Et je l'aime de tout mon c�ur. Il est heureux avec moi.

Que pourrait vouloir de plus une m�re pour son fils?

- Carol, mon cher, je t'en prie! L�ve-toi et viens � la maison avec moi!

- Dis-lui, mon amour, s'il te pla�t!

Dis-lui ce que je signifie pour toi! S'il te pla�t! Mais s'il te pla�t!

- Si tu souhaites �tre � la hauteur de ton r�le comme h�ritier du tr�ne de la Roumanie,

tu vas te lever maintenant et retourneras au palais avec moi.

- Maintenant, Carol!

- Pourquoi?

- Qu'est-ce que tu vas me faire? Tu vas me punir?

- Par cons�quent, tu reconnais

la nomination du roi de votre fr�re en tant que nouvel h�ritier de la Couronne.

- Est-ce qu'elle peut faire �a? Elle ne peux pas le faire, non? - Tais-toi!

- Qui?! Nicky, prendre mon tr�ne?!

Nicky est quelqu'un de maudit! Il est un pauvre mec!

- O� vas-tu? Ne pars pas, s'il te pla�t! S'il te pla�t!

- Tu es vraiment capable de tout faire!

- Papa! Papa! Papa? Papa?!

- Oui.

- Tu as �t� d'accord avec �a? - Avec quoi?

- De mettre Nicky sur le tr�ne si je continue � voir Zizi?

- Carol, moi et ta m�re nous avons discut� et d�cid�

que ce serait le mieux pour toi maintenant d'aller en Transylvanie.

Tu transporteras l�-bas les aides des fondations de ta m�re.

- Il ne suffit pas que tu nous d�truis, moi et Zizi,

mais tu m'envoies au bout du pays.

Pour faire quoi?! Donner du pain aux pauvres?!

Non, tu apporteras un soulagement aux moins fortun�s.

- Ma m�re se prom�ne avec mes soeurs � Paris,

Nicky vit comme un roi � Londres,

et moi, ton premier n�, tu m'envoies au milieu de nulle part?!

- Carol, tu seras digne d'un futur roi,

tu feras preuve de compassion et d'attention pour le destin de ton peuple.

Tu as entendu?

- Pr�tes, oui? Partez! Bravo!

Cher journal,

Je sens que tout le monde a mis ses espoirs en moi pour ce voyage.

Mais vais-je r�ussir? Pourrais-je apporter � mon peuple la victoire dont il a besoin?

C'est �trange que maintenant, quand je me pr�pare pour lutter pour l'unit� de mon pays,

il semble que j'ai presque perdu l'unit� de ma famille.

En fait, ne devrais-pas me battre pour cette unit�-ci?

- Nando! Tu est �veill�?

- Je ne pouvais pas dormir, je pense toujours � ce voyage.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Missy, je veux que tu prennes soin de toi.

Comprends-moi bien, mais parfois tu te laisses emport�e par ton ardeur.

Tu dois toujours garder � l'esprit les conseils de Saint-Aulaire.

Si tu veux faire un discours ou parler � la presse,

laisse Bratianu te conseiller.

Ils sont l� pour toi, permets-leur de te guider.

S'il te pla�t, n'improvise pas!

- Tu ne me fais pas confiance.

Nando, mais tu as accept�!

- Ce n'est pas �a, mais...

Les enjeux sont �lev�s, m�me pas les politiciens habiles ne l'ont pas r�ussi jusqu'au pr�sent...

- Je ne vais pas �chouer.

Je ne peux pas avoir de doutes maintenant.

Je suis d�termin�e � r�ussir et je vais obtenir des r�sultats.

Nando, tu le verras, tu le verras!

- Tu es in�branlable, tu le sais?

- Veux-tu rester ici pendant la nuit? - On a besoin de repos tous les deux.

On se verra demain matin.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

PARIS, LA GARE DE LYON

- Bienvenue, Votre Majest�!

- Monsieur Mi?u, contente de vous revoir. - La joie et l'honneur sont � moi, Majest�.

- Monsieur Bratianu, quel plaisir! - Bienvenue, Votre Majest�.

- Contente de vous revoir, Monsieur le Premier ministre.

� Je suis une petite princesse et j'ai un joli diad�me.

Et j'aimerais recevoir une petite poup�e.

Maman m'a appris � �tre sage, et je suis joyeuse comme une hirondelle. �

- D�ner avec l'Ambassadeur de l'Angleterre � Paris.

Inauguration du mus�e Rodin.

Conf�rence de presse, r�ception � notre Ambassade, ouverture de mon spectacle, �videmment,

r�ception � Madame la Marquise de Flers.

D�voilement de la statue de Victor Hugo?!

Rencontre avec Madame Jeanette Lahovary, r�ception � l'Acad�mie des Beaux-Arts.

Ouverture de l'exposition florale?!

Monsieur Bratianu, ce calendrier est pour combien de jours?

- Pour les quatre prochains jours.

- Quatre jours?! - Quatre.

- Et ceci est la liste de ceux

qui veulent vous �tre pr�sent�s d�s que possible :

des marquises, des comtes et des comtesses et aussi des Am�ricains et des Anglais importants,

aussi connus ces jours-ci en tant qu' � hommes d'affaires �.

Vous allez les rencontrer au petit d�jeuner, au d�jeuner et au d�ner.

- Mais le Premier ministre Clemenceau n'est pas sur cette liste...

- Non, il n'y est pas.

Je suis d�sol�, je n'ai pas encore r�ussi � planifier un rendez-vous avec lui.

- Le comte de Saint-Aulaire n'a-t-il m�me pas r�ussi � organiser quelque chose?

- Il est parti.

Il a quitt� la capitale pour quelques jours, mais il doit �tre de retour demain et...

- Merci.

- Monsieur Bratianu, un instant s'il vous pla�t. - Votre Majest�!

- Est-ce que ma pr�sence � Paris vous d�range?

- Pas du tout.

- Je veux que nous soyons honn�tes l'un envers l'autre.

Je ne veux pas me m�ler � la politique,

mais si je veux aider la Roumanie de quelque mani�re que ce soit, j'ai besoin de votre soutien total.

- Je comprends.

Nous avons d�j� assez d'ennemis,

et cela n'a aucun sens pour nous d'�tre des adversaires.

- Votre Majest�, vous pouvez compter sur ma loyaut�. Pour �tre honn�te, je ne vous envie pas du tout.

- Merci. - C'est moi qui vous remercie.

- Excusez-moi...

Excusez-moi... excusez-moi... Une seconde s'il vous pla�t...

- Les filles, les filles, s'il vous pla�t. Arr�tez. Remets �a, s'il te pla�t!

D'o� vient tout �a?

- De moi, Votre Majest�. Je m'appelle Alice Alleaume et je suis � votre disposition

pour toute pi�ce de garde-robe dont vous et vos filles avez besoin.

Avec les compliments de Madame Ch�ruit.

- Tu le savais?

- Oui, votre Majest�. Et il y en a d'autres encore � venir.

- Merci madame.

- M�me beaucoup de gens. J'ai �t� surpris par le nombre de personnes qui l'ont rencontr�e.

- Je l'ai rat�e. A-t-elle amen� ses enfants?

- Elle est ici pour la premi�re de sa propre pi�ce? - Ce n'est pas une pi�ce de th��tre, c'est du ballet!

- J'ai entendu qu'elle est venue pour faire des achats.

- Non, non, non! Mon journal est convaincu qu'elle est venue pour les pourparlers de paix.

- Les pourparlers de paix? Mais qu'en est-il de Bratianu?

- Qu'en est-il de Bratianu?

- Mesdames et Messieurs, La Reine Marie de Roumanie!

- C'est un plaisir de vous rencontrer.

- Au nom de la presse fran�aise et �trang�re, nous vous souhaitons la bienvenue � Paris, Votre Majest�.

- Merci. Veuillez vous asseoir.

- Je vais commencer. Je m'appelle Gabrielle de Jouvenel, Le Matin.

Vous �tes venue pour la premi�re soir�e du spectacle inspir� de votre conte de f�es,

� Le Lys de la vie �?

- Je suis venue pour m'assurer qu'ils le comprennent comme il faut!

- Merci, Votre Majest�.

- Votre Majest�, Bernard Fresh, le New York Times. Quels endroits allez-vous visiter � Paris?

- Au lieu des endroits, je vais rendre visite aux gens.

De bons gens qui veulent aider notre pays se remettre des horreurs de la guerre.

- Merci, Madame. - Votre Majest�, Votre Majest�!

- Wickham Steed, le Times, Londres. Participez-vous �galement aux pourparlers de paix?

- Malheureusement, non. Mais dites aux politiciens

que s'ils ont besoin de mes conseils je vais les aider volontiers.

- Je vais s�rement leur transmettre �a, Ma'ame.

- Il semble que vous avez d�j� accord� depuis l'ann�e derni�re plus d'attention aux femmes en Angleterre.

Il est peut-�tre le temps que le reste du monde suive votre exemple.

- C'est vrai.

- Pavel Brata?anu, de La Roumanie.

Vous avez eu l'occasion de parler avec monsieur le Premier ministre Bratianu?

- Une chose � la fois. - Merci.

- Votre Majest�, Votre Majest�! Votre Majest�!

- Valbelle, de Le Journal.

- Votre Majest�, alors quel est le but principal de la visite � Paris?

Mon but principal est de recueillir de l'aide pour mon peuple.

Je suis ici pour faire appel � la bienveillance de votre pays

et pour recueillir le plus d'aide possible pour notre nouvelle nation.

Nos soldats se battent encore sur le front de la Transylvanie.

- Sur la petite table, s'il te pla�t.

- Merci.

� Le peuple meurt de faim alors que La Reine fait la f�te � Paris �

� Une politique externe soumise aux contournements de la politique interne �

� O� sont les wagons avec les aides promis par la Reine? �

�Les Grands Pouvoirs accomplissent les pr�tentions de la Roumanie�

- Elle est tr�s belle, n'est-ce pas?

- Elle est juste une femme qui expose sa garde-robe � Paris.

Elle ne ressemble pas du tout � sa grand-m�re,

La Reine Victoria, une force contre laquelle il �tait mieux ne pas lutter.

- Certains l'admirent, d'autres la critiquent.

- C'est ce qu'elle a en commun avec nous, les politiciens.

- Je suis constamment press� par tout le monde autour de moi pour lui donner audience.

Elle est tr�s pers�v�rante.

J'ai l'impression d'�tre chass�. - Vous n'�tes pas le seul.

- Votre Majest�. - Monsieur le Premier ministre.

- Votre Majest�.

- Majest�, vous �tes juste arriv�e, et Paris est � vos pieds.

- Il est peut-�tre vrai, mais les nouvelles parlent trop peu de mon appel � l'aide.

Ils semblent plus int�ress�s par mon agenda social ou ma garde-robe.

Mais je ne trouve pas la m�me pr�occupation journalistique

pour les v�tements de Lloyd George, Clemenceau ou tout autre dignitaire!

- Mais vous savez ce que disent les Am�ricains. - Qu'est-ce qu'ils disent?

- Toute publicit� est bonne.

- Eh bien, je suppose que si je veux me faire entendre je dois d'abord me faire voir.

- Qu'en penses-tu?

- Pourrions-nous trouver quelque chose que Lisbeth fasse ici � Paris?

- � quoi avez-vous pens�?

- �tant donn� sa passion pour la musique, peut-�tre elle pourrait �tudier le chant ou le piano.

- Je vais m'int�resser. Pour combien de temps? - Jusqu'� ce que je lui trouve un mari convenable.

- Contribution � la guerre et � sa Grande Union.

- Les territoires roumains qui se trouvent actuellement sous l'occupation austro-hongroise.

- Au nom du Conseil Supr�me, on a d�cid�

que les int�r�ts sp�ciaux de la Roumanie soient trait�s par des comit�s sp�cialis�s.

Nous invitons les interlocuteurs suivants � prendre la parole.

- Messieurs, quelles nouvelles avez-vous des pourparlers de paix?

- Votre Majest�, c'est une farce!

Les quatre grandes puissances coupent la carte du monde � leur guise.

- Maintenant que l'Empire Ottoman a disparu, les nouveaux pouvoirs la d�mant�lent

sans aucune consid�ration pour personne.

- Y a-t-il des nouvelles sur ma rencontre avec le Premier ministre Clemenceau?

- Des milliers d'excuses, Votre Majest�. Permettez-moi quelques jours de plus.

Il semble que Clemenceau m'�vite.

� Le Tigre �, comme ils l'ont appel� sait exactement ce que je veux de lui.

� Le Tigre �?

- Majest�, vous avez un appel t�l�phonique de prince ?tirbey de Buftea.

- Un moment.

- S'il vous pla�t, arrangez la rencontre!

- Merci.

- Mon cher Barbu! Quelles nouvelles as-tu de la maison?

- Carol est parti en Transylvanie et Zizi est rest�e � Bucarest.

Apparemment, elle ne s'est pas sentie � la hauteur pour un tel voyage.

- Oui, j'ai parl� � Nando hier. Il �tait plut�t tendu.

- Le gouvernement le tient responsable de ton voyage � Paris.

- Mais je pensais que tout le monde avait accept�?!

- Oui et non. L'opposition proteste :

Maintenant que � Le peuple meurt de faim La Reine fait la f�te � Paris. �

- Oui, j'ai lu �a. Veuillez informer le gouvernement que

le premier chargement d'aides part pour la Roumanie demain.

Des v�tements pour les pauvres et de la nourriture.

Des m�dicaments et des �quipements pour les h�pitaux vont suivre.

- Cela les apaisera un peu.

- Merci d'�tre direct, comme d'habitude! On se reparle bient�t.

- Bonne chance!

- Merci.

- C'�tait le chef de cabinet de Clemenceau, le G�n�ral Mordacq.

� Il est impossible, Votre Majest�, de gaspiller plus de 20 minutes. S'il vous pla�t, comprenez-le. �

20 minutes, ce n'est pas beaucoup.

Messieurs, j'ai besoin de toutes les informations que vous avez sur � Le Tigre �.

- Du caf�, Votre Majest�? - Du th�, s'il vous pla�t.

- Je m'excuse, j'oublie toujours d'o� vous venez.

- Apporte du th�, s'il te pla�t!

- Que pensez-vous sur Paris, Votre Majest�? - C'est splendide, mais incroyablement encombr�.

- Il l'est, vraiment.

- Monsieur le Premier ministre, nous remercions la France

pour l'aide accord�e pendant la guerre.

Comme vous le savez, des milliers de soldats ont donn� leur vie sur le front,

mais il semble que leur sacrifice a �t� en vain.

La Roumanie s'est r�jouie auparavant du respect et de la faveur du peuple fran�ais,

donc je suis �tonn�e de d�couvrir

qu'elle ne b�n�ficie pas du tout de l'attention qu'elle m�rite dans les pourparlers de paix.

- Votre Majest�, la Roumanie a sign� l'ann�e derni�re le trait� de Bucarest avec les allemands,

ce qui a �t� une erreur colossale.

Donc, les alli�s ne se sentent plus oblig�s

� respecter les promesses territoriales de 1916!

- Monsieur, je vous rappelle que le trait�

a �t� sign� sous occupation allemande et n'a jamais �t� ratifi� par le roi.

Nous avons �t� abandonn�s et press�s,

nous avons attendu en vain de l'aide de la France et de l'Angleterre.

Malgr� tout cela, nous sommes rest�s fid�les aux Alli�s.

Le roi a d� agir m�me contre sa propre famille, monsieur Clemenceau

et vous vous accrochez toujours au trait� non officiel avec l'Allemagne?!

Pardonnez-moi, Monsieur Clemenceau, cela ne vaut pas la peine

de gaspiller ni une minute de plus de votre temps limit�!

- Votre Majest�, pas besoin de pleurer.

Il ne sert � rien de pr�cipiter ces questions importantes.

Veuillez vous asseoir.

Pour vous j'ai tout le temps du monde.

La politique est un jeu assez complexe.

Mais vous, vous apprenez vite. N'est-ce pas?

- Je suis venue devant vous comme une femme simple,

qui est en m�me temps la Reine d'un pays ravag� par la guerre.

J'esp�re qu'un homme avec votre position et influence

peut m'aider � lui faire justice, Monsieur Clemenceau.

- Justice? Qu'est-ce que c'est la justice, exactement?

Juste ce qui serait censer de nous appartenir :

la Transylvanie jusqu'� la Tisza, la Bessarabie, la Dobrog�e et le Banat.

Tous les territoires avec population roumaine.

- Juste �a?

- La Bessarabie est un probl�me russe, mais je pense que quelque chose peut �tre arrang�.

La Dobrog�e est d�j� en discussion, probablement la Roumanie va la r�cuperer.

La Transylvanie est une autre affaire,

les relations avec la Hongrie se d�t�riorent en ce moment.

- Mais tout le Banat?

Vous demandez la part du lion, n'est-ce pas, Votre Majest�?

- Voil� pourquoi, monsieur le Premier ministre,

La Lionne est venue voir son cousin, le Tigre!

- M�me si je ne peux pas vous faire aucune promesse, vous avez toute mon admiration.

- Je suis flatt�e par votre admiration, mais je veux quelque chose de plus concret.

- Je vous remercie pour votre temps, Monsieur le Premier ministre.

Mon cher Nando, j'ai eu aujourd'hui mon premier grand test.

J'ai eu une entrevue avec Clemenceau.

Nous avons �t� assez directs l'un avec l'autre,

mais je ne suis pas s�re qu'il veuille ou qu'il puisse nous aider.

Je voudrais tellement que tu sois ici, avec moi,

tu l'aurais s�rement fait comprendre mieux que moi notre mis�re.

Tes conseils me manquent tellement!

J'esp�re qu'il sera plus facile avec mes compatriotes.

Aujourd'hui, j'ai rendez-vous au d�jeuner avec Lloyd George.

- Ileana, mon amour, que s'est-il pass�? - J'ai fait un mauvais r�ve!

- Qu'est-ce que tu as r�v�? - Je ne m'en souviens pas.

- �a va, elle restera avec moi. - Bonne nuit, Votre Majest�.

- Ce n'�tait qu'un r�ve. Maintenant tu es avec moi. D'accord? Viens.

- Cela nous arrive dans la vie aussi,

nous avons de mauvais r�ves, mais heureusement, nous avons aussi de bons r�ves.

Le secret est de garder les bons r�ves et d'oublier les mauvais r�ves.

- Cet arrangement � la table, Lloyd George l'a fait expr�s!

- C'est vrai, les pays des Balkans sont tous pareils, ils ne savent pas ce qu'ils veulent.

- Au contraire, monsieur le Premier ministre, la Roumanie sait tr�s bien ce qu'elle veut.

Vous avez probablement �cout� le discours de monsieur Bratianu aux pourparlers de paix.

- Oui, oui. C'�tait un discours plut�t... magnifique!

- Votre Majest�, j'ai entendu dire que vous vous r�jouissez de merveilleuses vacances � Paris.

Je suis content que vous ayez de la chance pour un si beau temps.

- Nous savons bien que nous ne sommes pas ici pour parler de la m�t�o, monsieur le Premier ministre!

- Non, non, c'est vrai.

J'ai d�couvert que vous avez �galement re�u les distinctions de l'Acad�mie des Beaux-Arts.

Mes f�licitations, ma'ame.

- La question est de savoir si les Britanniques vont honorer

les sacrifices faits par le peuple roumain pendant la guerre.

- Le Roi George V serait mieux en mesure que moi de vous r�pondre.

- Comme nous le savons tous, mon cousin n'a pas pu venir.

Par cons�quent, j'adresse ma demande directement � vous, monsieur,

que les besoins urgents de la Roumanie soient consid�r�s.

- Je vais la transmettre. - � qui plus pr�cis�ment?

- Vous avez entendu les derni�res discussions � propos des Arabes?

Il semble que maintenant nous sommes coinc�s � cause de quelques acres de d�sert.

C'est ridicule.

- Faites attention o� vous tracez les fronti�res, monsieur le Premier ministre.

Les cons�quences pourraient �tre ressenties encore cent ans d'ici.

- Nous vous remercions pour la g�n�reuse invitation au d�jeuner!

Malheureusement, nous devons partir. D'autres d�l�gations nous attendent,

des gens qui prennent au s�rieux le destin de la Roumanie.

- Encore un peu de vin, messieurs?

- Votre Majest�! - Comment s'est pass�e la rencontre?

- Majest�!

- Paris vous aime!

- Que puis-je faire pour vous?

Le trait� de paix est r�dig� par les Quatre puissances, les �tats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie,

et soumis pour �tre sign� aux d�l�gu�s.

- Elena...

s'il te pla�t, occupe-toi de mes bagages. Nous partons � Londres.

- Bien s�r, Votre Majest�.

- Vous demandez m�me la part du lion, n'est-ce pas, Votre Majest�?

- S'il te pla�t, n'improvise pas.

- Et si tu devais rejoindre ce combat...

- Les Britanniques vont-ils honorer les sacrifices du peuple roumain pendant la guerre?

- Le Roi George V serait mieux en mesure de vous r�pondre.

LONDRES, LE PALAIS BUCKINGHAM

- Ma ch�re May, on ne s'est pas vues depuis des si�cles.

- C'est vrai. Oui, c'est vrai. Mais dis-moi, Marie, c'est comment � Paris ces jours-ci?

- Terriblement encombr�.

Tu te souviens de l'exposition? Trois fois plus encombr�.

- � cause des Allemands, les b�tards. Ils ont presque d�truit l'Europe.

- Oh l� l�, oh l� l�, Je suis le gar�on qui peut tout faire,

Voil� le b�ton pour le p'tit Nic, Qui ne peux rester en arri�re

Mais doit entendre ma pri�re!

C'est bizarre, c'est bizzare,

Le b�ton a disparu! Et tout est perdu! C'est comme �a qu'on doit le faire!

- Bien s�r, demande-lui!

- Pourquoi tu t'appelles Windsor? - Viens ici, princesse. Je vais te l'expliquer.

- Vas-y, vas-y!

- Houp-l�!

- Pendant la guerre, les Allemands ont bombard� Londres

avec un grand avion, Gotha G IV, un nom qui ressemblait � une partie de notre nom.

- Saxe-Coburg et Gotha! - Exactement.

- � cause de la guerre, personne n'aime plus les Allemands ici,

donc il y a deux ans, nous avons d�cid� de changer notre nom en � Windsor �.

- C'est toujours ces allemands, les connards! Ils n'apportent que des probl�mes.

- Mon cher, laisse-moi te rappeler que toi aussi tu as du sang allemand.

- Nous sommes les Windsor depuis quelque temps!

Nous ne sommes pas et nous ne serons plus jamais des allemands!

Nous l'avons fini, c'est une nouvelle �re pour notre famille!

- Mais pourquoi Windsor? - C'est un ch�teau magnifique.

- Quand tu vas te marier, tu vas vivre l�-bas avec ta femme?

- Eh bien, si elle le voudra...

- Et qui va la choisir? Tes parents?

- Ma princesse, j'ai l'intention de choisir ma femme seul.

- Je te dis que ce n'est pas fini!

- Est-ce que tu sais? Nicky a re�u le permis, et il sera ici samedi.

- C'est super!

- C'est formidable de te voir! - Mignon, c'est formidable de te voir!

- Aimes-toi Londres? - Oui, beaucoup. Merci.

- May, j'ai pens�... pouvons-nous trouver une bonne �cole pour Mignon, ici, � Londres?

- Je suis contente que tu y penses. Nous pouvons certainement trouver quelque chose qui lui plaise.

- Dis-moi, Marie! Qu'est-ce qui te pr�occupe?

- La Roumanie a terriblement souffert � cause de la guerre et d'une certaine mani�re, c'est de ta faute aussi.

Nous avons compt� sur l'aide de l'Angleterre quand nous �tions en �tat de si�ge!

- Malheureusement nous n'avons pu rien faire.

- Je ne te demande pas de revenir en arri�re. Je te prie de nous aider maintenant.

- Je t'envie, tu luttes avec une telle passion pour ta Roumanie!

- George, ne me prends pas de haut. Toi aussi tu luttes pour ton pays.

- Oui, mais je suis n� ici!

J'ai h�rit� de la couronne de ma famille, ils sont tous n�s ici, depuis des g�n�rations.

Je connais les coutumes, les jeux politiques, les perspectives et le caract�re de l'entourage.

Mais toi?

Tu t'es attach�e � un pays compl�tement �tranger et tu lui as donn� tout ton coeur!

- George, fais quelque chose pour nous aider, s'il te pla�t!

- Tu sais que je ne peux pas en faire trop, on est une monarchie constitutionnelle, comme vous.

Je pense que je peux parler avec ton vieil ami, Churchill.

Mais Marie, � l'avenir, s'il te pla�t emp�che vos politiciens de signer des trait�s avec, avec... les allemands!

- Merci, George. Merci.

- Je lui ai dit : arr�te de me parler comme �a, tu me souviens de mon premier mari!

- Merci!

- Merci d'�tre venus.

- Marie, ma ch�rie! - Nancy!

Quelle joie de te revoir! Merci!

Non, merci!

- Joe, mon cher ami! - Votre Majest�!

- D'une ann�e � l'autre vous �tes de plus en plus belle!

- Et toi Joe, de plus en plus charmant!

- Nancy, o� est Waldorf? Je pensais qu'il allait venir avec toi.

- Malheureusement, il ne s'est pas senti bien. Il m'a dit de l'excuser.

Dis moi ce que tu as r�alis� � Paris jusqu'ici.

- Pas grande chose, comme si je me heurte � un mur de briques.

- Il est temps que les femmes fassent entendre leur voix directement!

Je ne m'arr�te pas avant de recevoir un si�ge au Parlement de Londres!

Et toi, Marie, tu dois expliquer ce qu'il faut faire pour ton pays

� partir d'une position officielle, et non pas des salons, des restaurants et des h�tels!

- Votre Majest�... - Merci.

- Les monarques ne peuvent pas faire ce que font les politiciens. Tu le sais et c'est la m�me chose ici.

- Qui t'as donn� le plus du fil � retordre?

- Qui ne m'en a pas donn�? Lloyd George m'ignore avec arrogance.

Clemenceau se cache derri�re sa politesse,

et Wilson est simplement inaccessible.

- Laisse Lloyd George affronter ton autorit� de Reine.

Tous les hommes anglais sont pareils,

r�primande-les durement et ils vont s'incliner devant les sup�rieurs.

Et qu'en est-il de Wilson, monsieur Boyle?

- D'une part, il est un conservateur bien connu,

et d'autre part il respecte beaucoup

les femmes �nergiques qui n'ont pas peur de se battre pour leurs id�es.

Et votre Majest�, vous �tes certainement une femme puissante.

La politique est un jeu tellement compliqu�.

- C'est vrai, ma ch�rie, tu ne peux pas jouer le jeu si tu ne connais pas bien les r�gles.

- Je suis s�r que vous allez entrer dans le jeu pour gagner.

- Les amis, les invit�s, rapprochez-vous! Je voudrais vous pr�senter un cher ami.

L'aventurier intr�pide.

L'arch�ologue audacieux. - Pardon?

L'entrepreneur prosp�re.

Le guerrier galant omnipr�sent.

Mesdames et Messieurs, je vous pr�sente monsieur Joe Boyle!

- Aucun sacrifice n'est trop grand pour Votre Majest�!

- Joe, j'ai vraiment besoin de ton aide.

- Je suis enti�rement � votre disposition,

mais maintenant je veux vous enseigner une nouvelle danse.

- Voyons.

1-2-3. Par ici et encore une fois. Tr�s bien!

Ma Marie, je ne veux pas t'inqui�ter, mais je dois �tre honn�te.

Le danger hongrois en Transylvanie s'est empir�.

Les bolcheviks hongrois ont travers� les fronti�res

et ils d�vastent des villes et des villages entiers.

Le roi a d�j� fait appel au G�n�ral Berthelot pour de l'assistance militaire.

Nous devrons peut-�tre ramener Carol � Bucarest.

Essaie de gagner le plus d'alli�s que possible pour la cause de la Roumanie,

sinon notre pays va s'effondrer.

Je t'admire de tout mon coeur.

Je t'aime, ma Marie.

- Et il a un ch�teau? - Oui, un grand et beau ch�teau.

- Et comment s'appelle-t-il? - Il s'appelle David.

� David � est un nom merveilleux.

- Je suis tr�s contente.

- Oui, moi aussi. - Moi aussi.

- Nicky! Nicky!

- Comment �a va?

- Un jour, j'�pouserai David. - Vraiment?

- Bonjour, maman. - Nicky! Te voil�...

Si mignon! Prends place, prends place!

Enfin, nous pouvons parler tranquillement. C'est tellement d�primant quand George est ici.

- En fait, j'aime bien. - Qu'est-ce que tu veux dire?

- Juste ce que j'ai dit. J'aime bien Eton,

je me suis m�me fait des amis, je ne veux pas retourner en Roumanie.

- Pourquoi?

- Ici je me sens comme si la guerre n'a pas du tout exist�

C'est tellement civilis�!

J'ai d�test� les terribles ann�es de guerre, notre mis�rable exil � Jassy.

Pourquoi voudrais-je retourner dans ce pays pauvre, moche, en retard de notre �poque?

Qu'est-ce que je pourrais faire � Bucarest, entour� de petits politiciens

qui ne font que se disputer?

Mon propre fr�re n'a pas d'amour du tout pour moi, Maman!

Tu veux que j'attende jusqu'� ce qu'il agisse sous cette impulsion?

- Les enfants, allons-y un peu! - Ileana? Oui!

- Je n'ai pas d'avenir dans cet arri�re-pays, Maman!

- Je ne te reconnais plus!

Bien s�r, je suis contente que tu sosis heureux ici en Angleterre.

Je ne suis pas surprise que tu vois comme �a notre guerre et l'exil...

Je peux m�me comprendre ce que tu ressens � propos de ton fr�re.

Mais ne sois plus jamais irrespectueux envers ton pays!

PARIS, FRANCE

- Majest�, le Premier ministre Bratianu.

- Merci.

- Votre Majest�!

- Monsieur Bratianu, veuillez vous asseoir. - Merci, je pr�f�rerais rester debout.

- Comment �a se passe � la Conf�rence de paix?

- Personne n'ose dire mot tant que le pr�sident am�ricain n'est pas convaincu.

Quand il ouvre la bouche, tout le monde se tait.

- Comment se fait-il?

- Votre Majest�, depuis des mois on a la m�me routine :

tous les jours nous allons dans les salles de Quai d'Orsay, comme toutes les autres d�l�gations.

Tout le monde r�it�re ses voeux, pr�sente ses revendications encore et encore.

Nous n�gocions, citons des exemples historiques, nous mettons de la pression et que font-ils?

Ils mangent, ils boivent, ils fument et nous ignorent tout simplement!

Et voil� un autre jour sans progr�s, sans aucune d�cision!

- S'il vous pla�t, pardonnez mon temp�rament. Pour �tre honn�te, j'aimerais pouvoir d�missionner.

- Monsieur Bratianu...

- Je suis ici depuis beaucoup moins de temps et j'ai r�alis� encore moins que vous, mais...

croyez-moi je d�missionnerais moi aussi, si seulement je le pouvais.

- Votre Majest�, un t�l�gramme de Lloyd George!

Ouvrez-le, s'il vous pla�t!

- Il demande audience!

- Il vous attend demain � midi, au restaurant � La Tour D'Argent �.

- Non, non, non. - Votre Majest�...

- S'il vous pla�t, dites-lui que nous nous rencontrerons ici, � la m�me heure, dans la Salle de R�ception!

- Oui, Votre Majest�!

- Bienvenue, monsieur Lloyd George!

- Asseyez-vous.

- Voulez-vous un peu de th�? Ou peut-�tre quelque chose de plus fort?

- Une tasse de th� n'est que bonne. Merci.

- Votre Majest�, je comprends qu'il y a une affaire urgente?

- Nous avons discut� de la situation actuelle autant avec le Roi George qu'avec monsieur Churchill.

Nous avons tous trouv� du temps pour arriver

� une bonne compr�hension en ce qui concerne la situation politique de la Roumanie.

Je pense que vous avez �galement �t� inform� � propos de ces informations.

L'affaire urgente est la m�me : la reconnaissance de la Roumanie Unie.

- J'ai promis � monsieur Churchill que je vais m'occuper de l'affaire de votre pays.

- Magnifique. Et?

- Eh bien, en principe...

- La plupart de mes coll�gues consid�rent

que la Roumanie Unie assurera la stabilit� dans la r�gion,

surtout maintenant, � la lumi�re de la menace bolchevique.

- Maintenant que vous avez compris parfaitement

notre point de vue que nous soutenons depuis trois mois,

quel pourrait �tre le probl�me?

- Vous voyez, Madame, le pr�sident Wilson a une opinion in�branlable sur la Roumanie.

- Vous voulez dire que vous vous en remettez � l'autorit� du pr�sident am�ricain?

- Je ne le dirais pas exactement en ces mots, Votre Majest�...

C'est compliqu�, il y a beaucoup d'aspects diplomatiques subtils...

- Je connais tr�s bien la diplomatie!

Je veux savoir quelle est la position de l'Angleterre vers la cause roumaine!

- Votre Majest�, nous lui accordons la plus haute importance!

- Bon.

- Merci, monsieur le Premier ministre, je dois dire que j'ai presque appr�ci� notre conversation, Monsieur.

Nous attendons avec impatience votre soutien v�h�ment de la cause roumaine.

- Une derni�re chose, je suis la ni�ce de la Reine Victoria.

Ne l'oubliez jamais!

- C'�tait vraiment int�ressant.

- Monsieur Mi?u!

- Une r�ponse du pr�sident Wilson? - Malheureusement, pas encore, Votre Majest�.

- Votre Majest�, si vous me le permettez...

Aujourd'hui m�me, � l'Atelier Franco-Am�ricain il y a une rencontre avec les invalides de guerre et

l'invit�e d'honneur est m�me la Premi�re Dame Am�ricaine, Edith Wilson.

- Votre Majest�!

Vous me permettez de vous pr�senter un cher ami?

- Bien s�r, monsieur Moscovici.

- Monsieur Nelson Cromwell, le fondateur de cette initiative philanthropique.

- Enchant�e, monsieur Cromwell.

- Majest�, c'est un honneur sp�cial pour moi.

- J'esp�rais avoir la chance de faire votre connaissance!

- Monsieur Cromwell, vous avez tout mon respect pour votre initiative philanthropique!

- Merci, Votre Majest�! Me permettez-vous de vous pr�senter la Premi�re Dame?

- �videmment, monsieur Cromwell! J'en serais ravie.

- S'il vous pla�t, par ici.

- Votre Majest�, madame Edith Wilson, la Premi�re Dame des �tats-Unis.

- Madame Wilson, Sa Majest�, Reine Marie de la Roumanie.

- Enchant�e de vous conna�tre, madame Wilson. - Le plaisir est � moi, Votre Majest�.

J'ai entendu dire que vous vous battez fort pour votre Roumanie.

- J'essaie.

- Madame Wilson, je veux �tre honn�te,

je suis venue ici parce que j'ai besoin de votre aide.

- Bien s�r. Comment puis-je vous aider, Votre Majest�?

- Depuis mon arriv�e � Paris,

j'ai essay�, mais en vain, d'obtenir une entrevue avec votre mari.

Je ne veux pas trop imposer,

mais pourriez-vous lui dire un bon mot pour moi?

- Consid�rez que c'est fait.

Je vais prendre soin que mon mari trouve le temps

pour parler � la Reine Marie, l'H�ro�ne de la Roumanie.

- Merci!

- Une photo? Pourquoi pas?

� Le Lys de la Vie �

Je pense que Loie Fuller a �t� incroyable!

- J'ai beaucoup aim� le conte de f�es de Votre Majest�!

Elle a �t� merveilleuse, n'est-ce pas?

- Non, non! Du caf�, du caf�.

Je comprends, monsieur le Pr�sident, que votre temps est tr�s limit�,

alors permettez-moi de souligner imm�diatement quelques probl�mes.

Tout d'abord, j'admire beaucoup votre id�e visionnaire de la Ligue des Nations.

- C'est un projet primordial pour la paix future dans le monde.

- C'est un de mes projets sp�ciaux.

Et c'est essentiel, surtout pour les petits pays.

Qui resteront petits, on l'esp�re.

- Je pense que la Ligue des Nations donnera un peu plus de force

aux pays qui se confrontent avec le chaos laiss� par la guerre,

et surtout maintenant, avec la menace bolchevique.

Je veux vous rappeler le r�le essentiel

d'une grande et puissante Roumanie dans la lutte contre cette menace.

- Le probl�me de l'unificaton de la Roumanie a d�j� �t� discut� plusieurs fois dans les pourparlers de paix.

- Cependant, qu'en est-il de votre ministre... comment s'appelle-t-il?

- Ion Bratianu.

- Oui, lui. Ni les fran�ais ni les anglais ne m'ont pas convaincu.

Maintenant, avec tout le respect que je vous dois, croyez-vous que vous pourriez me faire changer d'avis?

- Ne pensez-vous pas qu'il serait mieux

de rester la Reine que tous les journalistes aiment et admirent

et de laisser la politique aux politiciens?

- Monsieur le Pr�sident, j'imagine

que vous �tes submerg� par les dizaines de demandes re�ues quotidiennement

et que ce n'est pas toujours facile de prendre les bonnes d�cisions.

- C'est vrai. Depuis des mois nous recevons des d�l�gations de tant de pays diff�rents.

Tout le monde veut de nouvelles fronti�res,

mais la plupart de leurs demandes sont purement utopiques!

En fait, il serait mieux pour l'Europe de devenir une f�d�ration, comme les �tats-Unis.

Un congr�s, un pr�sident, beaucoup moins de probl�mes!

- Exactement! C'est pourquoi

la solution la plus simple est de reconna�tre la Grande Roumanie!

Surtout que c'est le d�sir de notre peuple.

- Votre Majest�, qu'en est-il des vos minorit�s ethniques?

J'ai entendu dire que votre pays a de graves probl�mes avec elles.

- Les minorit�s agit�es sont une r�alit� partout dans le monde...

- Non, non, non, je parle de la Roumanie,

de vos minorit�s et de leur accorder la citoyennet� roumaine!

- Vous connaissez bien s�r le rapport de monsieur Bratianu et

vous vous rappelez que nous avons eu de tels probl�mes pendant l'occupation allemande.

Jusqu'� pr�sent toutes les minorit�s ont re�u leurs droits.

- �coutez, pourquoi ne venez-vous pas vous convaincre seul?

J'aimerais beaucoup que vous et votre femme visitiez mon pays.

Bien s�r, j'aimerais vraiment

vous recevoir dans une Roumanie pacifique et unie.

- Je ne sais pas si c'est enti�rement appropri� � ce moment-ci...

- Monsieur le Pr�sident, c'est un pays merveilleux.

D�s montagnes avec des pentes douces jusqu'au delta du Danube,

d�s forteresses la�ques aux magnifiques monast�res du nord.

Ne parlons plus de la richesse naturelle :

des terres fertiles, des for�ts vierges, des eaux et beaucoup, beaucoup d'huile.

- Je vois. Eh bien, si votre pays est si riche

alors pourquoi les gens meurent de faim?

- Parce que les richesses de mon pays ont �t� pill�s par les allemands!

Et maintenant, le danger bolchevique

peut se r�pandre comme la peste partout en Europe.

Je vous rappelle, monsieur le Pr�sident, m�me l'ann�e derni�re

ils ont d�truit la famille Romanov, une partie de ma famille!

Donc c'est dans l'int�r�t de toutes les nations europ�ennes,

mais aussi des �tats-Unis, de les arr�ter.

Et vous comprennez pourquoi je ne peux et je ne vais pas me reposer

avant de soulager la souffrance de mon pays!

Avec ou sans votre aide!

- Votre Majest�, vous savez faire �couter votre message.

Je vais voir ce que je peux faire.

- Merci.

- Nando, je voulais t'appeler, mais...

- Tu voulais m'appeler?

- Je m'excuse, que veux-tu dire?

Quand voulais-tu me dire que tu as �t� d'accord que nos filles d�m�nagent dans d'autres pays?

Et que tu as pris toi seule la responsabilit� de d�cider de leur destin?

- Je ne pensais pas que tu en �tais int�ress�.

- Tu as mal pens�! Je suis int�ress�!

- Tu ne penses pas que tu as de plus grandes pr�occupations que l'endroit o� Mignon et Lisbeth seront �duqu�es?

- Ma pr�occupation maintenant est que tu prends trop de d�cisions toute seule!

Rappele-toi que ta t�che principale est d'�tre une bonne m�re pour tes enfants!

- Nando, de quoi s'agit-il vraiment?

- Je me sens tr�s isol�, Missy.

Mon premier ministre est parti depuis des mois.

Je passe mes journ�es � attendre des nouvelles, et les nuits tout seul,

en refl�chissant encore et encore aux m�mes pens�es.

J'ai besoin de toi ici, Missy, � c�t� de moi.

- Je comprends, Nando.

Je rentre � la maison.

- Merci, mon cher ami. Vous avez �t� d'une grande aide � notre cause.

- Je savais que vous alliez conqu�rir Paris.

- Merci, monsieur Bratianu. - Votre Majest�.

- Monsieur le Premier ministre, quel honneur de vous revoir!

- L'honneur est � moi! Vous serez toujours bienvenue.

- Je reviendrai peut-�tre dans des moments plus heureux.

- R�jouissez-vous, Votre Majest�!

Vous avez fait une impression ici, peut-�tre m�me plus que vous ne le pensez.

Laissez-moi vous donner un conseil, du Tigre � la Lionne.

Ne jamais abandonner le combat!

- Merci!

- J'ai donn� � mon pays une image �nergique, vivante!

J'ai les promesses du pr�sident Woodrow Wilson, des Premiers ministres Clemenceau et Lloyd George

qu'ils reconsid�reront leurs positions concernant la Grande Roumanie.

Et nous sommes revenus, comme vous le savez, avec de la nourriture et de l'�quipement.

- Bravo!

Bravo, Maman.

- Quoi, tu n'attendais pas des applaudissements?

Je pensais que tu les attendais.

Voyons voir, tu es retourn�e de Paris avec les promesses des politiciens.

Et tu les as crues? Et maintenant tu t'attends � ce que nous les croyions aussi?

Laisse-moi te dire la v�rit� � propos de ton voyage, Maman.

- C'�tait inutile!

Et le pire, alors que tu te baladais � Paris,

nous nous battions et nous nous battons encore ici, en Transylvanie!

Peut-�tre tu �tais trop occup�e � �taler tes nouveaux v�tements dans toutes sortes de restaurants.

Eh bien, laisse-moi te dire que B�la Kun et ses bolcheviks sont arriv�s � Budapest

et tuent des gens � gauche et � droite!

�a c'est vraiment � une image vivante �, n'est-ce pas?

Quoi? Ils ne te l'ont pas dit?

Peut-�tre ils ne voulaient pas ruiner ta f�te.

Mais je te le dis maintenant : ton voyage a �t� une terrible perte de temps et d'argent!

- Est-ce que tout le monde ici est d'accord?

- Quel est le probl�me, Papa? Tu t'es f�ch� aussi?

- Laissez-moi un peu, s'il vous pla�t.

- Cher Nando, je pense que c'est mieux pour nous deux que je reste � Peli?or pendant un certain temps.

Comme �a je peux �tre seule avec mes pens�es et analyser la situation de plus pr�s.

Je suis retourn�e du combat le plus dur de ma vie,

plus lourd que l'exil, la guerre, les h�pitaux sur le front,

et j'ai os� croire que j'ai gagn�.

� Paris j'ai endur� la superficialit�, la malveillance,

le m�pris, la malhonn�tet�,

sans perdre mon calme parce que je savais combien mon peuple avait besoin de la victoire.

Quand je l'ai enfin obtenue et je l'ai rapport�e � la maison comme un cadeau pr�cieux,

mon propre fils et mon propre mari m'ont �cras� plus douloureusement

que toute indiff�rence que j'ai d� endurer � Paris.

Trop de fois j'ai �cout� tes besoins et d�sirs, Nando.

Trop de fois j'ai �cout� mon sens du devoir

et ma confiance dans l'�quipe que nous �tions une fois, toi et moi.

Mais c'est fini.

Maintenant je vais me donner ce dont j'ai besoin, du temps et de la distance, autant que j'en ai besoin.

Et � la fin j'esp�re que je trouverai la voie � suivre.

- Viens, viens!

- Vous �tes all�s dans la for�t? - Oui.

- Et qu'est-ce que vous avez trouv�? - Des escargots et des fleurs.

- Et quoi d'autre? - Plus de fleurs.

- Et est-ce que vous avez pass� un bon moment? - Oui.

- Et qu'est-ce que vous avez cueilli? - Des fleurs.

- Et quoi d'autre? Qu'est-ce que vous avez cueilli?

Allons-y les enfants.

- Avant de dire quoi que ce soit, s'il te pla�t, �coute-moi!

Je sais que tu as besoin d'espace. Je sais que tu es bless�e et d��ue.

Tu as �crit cela clairement dans la lettre, mais pouvons-nous en parler?

- Tu sais ce qui est ironique, Missy?

Ils nous admirent tous, mais ils n'ont aucune id�e sur ce que nous avons travers� pour arriver ici.

Nous n'avons m�me pas d�cid� de nous marier.

On se connaissait � peine, te souviens-tu?

Et je ne devais m�me pas avoir ce tr�ne.

Nous avons d� venir dans ce pays �tranger. L'oncle Carol, la guerre...

Mais au total, je pense que nous nous sommes bien d�brouill�s.

Nous avons cinq enfants en bonne sant�.

Et le plus important c'est que nous sommes rest�s ensemble.

- �coute, Missy, je te demande pardon parce que j'ai �t� injuste avec toi.

Tu m�rites plus. Tu m�rites tout l'amour et toute l'admiration du monde.

Je dois �tre honn�te, je suis reconnaissant de t'avoir dans ma vie en tant que partenaire,

en tant que m�re de mes enfants, en tant que ma Reine.

J'admire ta confiance et ton �nergie.

Je suppose que ce que je veux vraiment dire c'est que...

je t'aime, Missy. � ma mani�re, mais de tout mon c�ur.

Je pense vraiment que main dans la main, nous sommes plus forts ensemble.

- Cependant, je suis venu te dire quelque chose de plus. - Quoi exactement?

- J'ai de bonnes nouvelles de Paris, de Saint-Aulaire.

- Il semble que le destin nous sourit,

Contre toute attente, tu as r�ussi!

Tu as gagn�, Missy! Tu as gagn�!

- Et tu me le dis maintenant?

- Si je te l'avais dit depuis le d�but, tu n'aurais pas �cout� le reste.

En juin 1919,

le trait� de Versailles a mis fin � la Premi�re Guerre mondiale.

Les Alli�s ont reconnu l'union de tous les territoires roumains.

En juin 1920,

apr�s des centaines d'ann�es, le r�ve d'une Roumanie Unie est finalement devenu r�alit�.

� cette �poque-l�, la Roumanie a r�ussi d'avoir

les fronti�res les plus larges qu'elle ait jamais eues.

En octobre 1922, � Alba lulia

Le Roi Ferdinand et la Reine Marie ont �t� couronn�s les Rois de la Grande Roumanie.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.