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Coucou, tu m'entends, Marla ?
- Oui. - Bien.
Tiens la cam�ra. Tu peux m'interviewer.
Bien, tu es pr�te ? Tu peux me poser toutes les questions que tu veux.
T'arrive-t-il de te demander ce que je fais ici ?
- Oui. - Pourquoi je suis ici ?
- Car les tableaux de Marla sont cool. - C'est vrai.
Les tableaux de Marla sont cool. Exactement. Bonne r�ponse.
Tu dois jouer, Amir. Tu ne peux pas juste rester l� avec la cam�ra.
Tu ne veux pas parler de tes nouveaux tableaux ?
- Non. - Pourquoi ?
Parce que j'ai pas envie.
- Tu veux parler de l'exposition ? - Non.
- Tu veux... - Rien du tout.
Je parlerai de rien.
La plupart des dessins d'enfants de 4 ans repr�sentent papa, maman, des arbres,
et �trangement, ils se ressemblent beaucoup.
Mais pas les siens. Regardez.
Marla Olmstead, de Binghamton, n'a que trois ans,
Enfant artiste
mais elle fait parler d'elle.
On s'arrache ses tableaux dans les galeries.
Et attendez de savoir � quel prix.
Dix de ses tableaux abstraits se sont vendus des milliers de dollars.
L'argent coule � flots.
5 500 $ pi�ce. Incroyable, pas vrai ?
Elle a d�j� vendu 24 tableaux pour un total de 40 000 $.
Zane, son petit fr�re de deux ans, a dit que �a faisait beaucoup de bonbons.
Quant � Marla, ses parents disent qu'elle est au-dessus de tout �a.
Toutes les personnes de cette histoire sont parfaites.
Anthony Brunelli Propri�taire de galerie
La famille a du charisme.
Marla est adorable.
Les tableaux sont incroyables.
Ils plairaient m�me si elle n'avait pas
- 3 ou 4 ans. - Oui.
Le fait qu'elle ait 4 ans rend la chose incroyable.
Oui.
Ils ont un petit gar�on de deux ans et demi, Zane.
- Oui. - Lui et Marla pourraient faire de la pub.
1er octobre 2004 - Binghamton, New York
Que se passe-t-il ?
C'est l'inauguration de l'exposition de Marla.
GALERIE ANTHONY BRUNELLI
C'est le branle-bas avec toutes les cha�nes de t�l� pr�sentes
et tous les gens venus du monde entier � Binghamton.
On ne fait que parler de cette petite fille et de son �uvre.
Le fait qu'elle soit � Binghamton importe peu.
Qu'elle soit � Binghamton, � SoHo ou � New York,
des gens du monde entier appellent pour acheter ses tableaux.
On en a vendu trois aujourd'hui.
All�.
Le propri�taire des Rockets de Houston en a achet� un.
Je suis en pleine interview.
Citez n'importe quelle �mission t�l�, ils nous ont contact�s.
Conan O'Brien, Letterman. Oprah vient d'appeler.
60 Minutes est l�.
C'est l'histoire dont on parle le plus en ce moment.
�a d�passe tout ce que j'aurais pu imaginer.
Mais je pensais aux parents quand j'ai vu son travail :
"�a va secouer. J'esp�re que vous �tes pr�ts."
Si �a finissait l�, ce ne serait pas grave.
Laura Olmstead - Maman de Marla
Je serais heureuse.
Partout les cam�ras sont sur nous, on nous prend en photo.
On nous suit partout, et on voudrait qu'on soit naturels.
Encore une fois.
Les gens l'interrogeaient sur son travail.
Ils s'attendaient � ce qu'elle s'�tale l�-dessus.
M�me si elle pouvait le faire, �a ne l'int�resse pas de parler
� un adulte de 35 ou 40 ans.
Elle aime �tre avec les enfants et faire des choses de son �ge.
- Tu manges une glace � quoi ? - Au chocolat.
- Montre-moi, Zane. - Non !
- Tu ne veux pas sauter ? - Non !
Je veux voir l'image.
Tu ne seras pas sur l'image si tu vois l'image.
Je ne la regarde pas comme une artiste. Je ne la vois pas comme �a.
J'ai pas fini mon dessin.
Bien. Je n'ai bient�t plus de batterie, alors je vais l'�teindre.
Si tu me montrais ce que c'est ?
C'est un sac.
- Un sac ? - Oui.
- Tu es vraiment dou�e, ma ch�rie. - Je suis encore en train de faire le sac.
R�capitulons. Comment tout �a a commenc� ?
Oui.
On a vraiment eu de la chance.
Au revoir.
Mark peint.
Ce n'�tait pas quelque chose qu'il faisait de fa�on assidue.
Il peignait un peu, mais pas r�guli�rement.
Marla me regardait peindre et �tait tr�s int�ress�e.
Mark Olmstead - Papa de Marla
Elle n'arr�tait pas de dire qu'elle voulait peindre.
Alors au lieu de la coller � la t�l� pour pouvoir peindre,
je lui ai donn� un pinceau, du papier, et je l'ai mise au chevalet.
Elle a fini par faire une grande toile.
Je voulais voir de quoi elle �tait capable, car le papier la limitait.
Je l'ai mise sur la table du salon en couche et je l'ai laiss� faire.
J'ignorais si c'�tait extraordinaire ou pas.
On les a toujours trouv�s magnifiques.
C'est ma fille. C'est normal que je les trouve magnifiques.
Des gens venaient et disaient : "H�, c'est vraiment bien."
Notre ami Andy, qui a un bar, a dit :
"Et si on les exposait ?" Il l'a dit en souriant,
genre : "Exposons-les et voyons ce qui se passe, ce sera sympa."
Puis Andy a appel� Laura en disant :
"Il faut leur mettre un prix. Les gens sont vraiment int�ress�s.
"Ils veulent savoir qui les a faits et combien ils co�tent."
�a nous a fait rire : "Allons, elle a trois ans !
"Que se passe-t-il ? Ces gens sont ridicules."
Les gens �taient int�ress�s.
Quelqu'un a achet� un tableau, et on a appel� tous nos amis.
"Marla a vendu un tableau. C'est fou ! 250 $."
C'est une chance que des gens s'int�ressent autant � Marla.
Mais on n'a jamais cherch� � vendre. Les gens venaient nous voir.
Je le voyais comme un heureux hasard.
J'ai photocopi� les ch�ques pour les mettre dans son album.
Je pensais que �a finirait l�.
Si �a avait �t� le cas, on aurait �t� ravis.
Ce n'est pas un jeu d'enfant
Mon photographe a �t� le premier � mettre Marla sous les projecteurs.
J'ai r�dig� le premier article.
Comment avez-vous �t� m�l�e � l'histoire de Marla ?
Elizabeth Cohen Journaliste - The Press & Sun Bulletin
Tout a commenc� avec un peintre local
qui s'appelle Anthony Brunelli.
Il a vu les tableaux de Marla chez un ami
et il d�marrait juste avec sa galerie.
On pensait qu'il exposerait ses propres tableaux,
des �uvres hyper r�alistes, comme le photor�alisme.
L'appr�ciation d'une personne a eu un effet boule de neige.
Anthony m'a contact�e et m'a dit : "J'ai un sujet d'article pour vous.
"Je vais exposer les tableaux d'une fillette dans ma galerie."
J'ai dit : "Pourquoi moi ? Je ne suis pas journaliste d'art.
"Je parle des familles, des enfants, des probl�mes parentaux."
Il a dit : "C'est une histoire pour vous, car il s'agit vraiment d'une famille."
Il m'a pr�sent� l'histoire d'un point de vue familial, humain.
Un responsable de nuit d'une fabrique Frito-Lay qui a une fille artiste
avec sa femme qui est assistante dentaire.
Ils s'y connaissaient peu en art, alors ils �taient en terrain inconnu.
C'est vers ce moment-l� que j'ai rencontr� Laura.
Je l'ai vue comme la protagoniste d'une de mes histoires.
Presque comme un personnage. Mais je l'ai aussi vue en tant que m�re,
car on a des enfants du m�me �ge.
J'ai dit : "Vous �tes s�re de vouloir le faire ?
"Cela risque d'affecter votre vie et votre famille.
"Ce ne sera pas forc�ment tout positif.
"Alors vous ne voulez peut-�tre pas que j'�crive cet article.
"Vous pouvez tout arr�ter apr�s cette expo et reprendre votre train-train quotidien."
Inutile de dire que j'ai �crit l'histoire. Une semaine plus tard,
le New York Times la reprenait.
The Metro Section - The New York Times Portrait d'une jeune fille artiste
C'est comme si on avait allum� une m�che et que tout commen�ait � prendre feu.
Je voyais les aspects n�gatifs qui pouvaient en d�couler.
Mais ils ne se voyaient pas, ils �taient cach�s.
Mon souci principal, en tant que m�re, c'est le bien-�tre de Marla.
Si �a devait finir aujourd'hui, l'important, c'est qu'elle soit heureuse et �quilibr�e.
Je ne veux pas qu'on attende d'elle quoi que ce soit,
pas plus que pour tout autre enfant de son �ge,
car c'est une fillette de quatre ans normale.
J'ai r�ussi.
On adorerait faire certaines choses,
exposer en Europe...
C'est l� que tout a commenc�.
On adore l'art. On n'est pas des critiques d'art,
on n'est pas des connaisseurs, mais on adore ce genre d'atmosph�re.
C'�tait agr�able de rencontrer ces gens formidables.
Je sais que c'est �go�ste de notre part, mais j'adorerais que Marla
fasse le plus d'exp�riences positives possibles.
Si ce n'est pas positif, on devra prendre en consid�ration
son int�r�t avant tout.
Tant que �a reste positif, tout est possible.
Tu t'habitues � la cam�ra ? Elle est gentille.
Dis : "Bonjour, cam�ra." Regarde-la et dis : "Bonjour, cam�ra."
Amir, je crois que j'en ai un.
Je crois que c'est bon.
Oui, c'est parfait.
Comment s'appelle ton nouveau tableau ?
Je sais pas. Il est pas nouveau.
J'ai vu que tu en avais fait un noir. C'est ton nouveau style ?
- C'est un vieux. - Ah bon ?
Comment sais-tu quand tu as fini un tableau ?
Tu le d�cides ?
Tu dis : "Fini" ?
- Je dis pas : "Fini." - Tu dis quoi : "J'ai fini" ?
Amir, j'y arrive pas toute seule.
- Tu devrais m'aider. - D'accord, je vais t'aider.
Michael, comment vous �tes-vous retrouv� impliqu� ?
Michael Kimmelman Art - The New York Times
Le Times a �crit un article sur Marla.
Par la suite, j'ai �t� contact� par la section Week in Review,
qui veut souvent que quelqu'un revienne
sur des articles marquants de la semaine.
C'�tait le cas de cette histoire.
Le pinceau des petits 4 ANS, D�J� C�L�BRE
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