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Original subtitles

23.976 FPS

www.calorifix.net Strange Circus (v.01)

Traduction : grumz, mr-potato Correction : Okki, Johnny Pourri

Bonjour mesdames et messieurs, soyez les bienvenus au cirque.

Merci d'être venus.

Ce soir, vous allez assister à un spectacle magnifique.

Ce sera très amusant, j'espère que ça vous plaira.

Mon nom est Black Shadow, je serai votre hôte.

Je suis aussi connu sous le nom de Sad Song.

J'essaierai d'être un bon hôte,

et je vous prie de rester jusqu'à la fin.

Maintenant, que le spectacle commence !

Voulez-vous mourir ?

Où souhaitez-vous vivre ?

Bien, amusons-nous tous et sentons-nous vivants.

Allez, Rock n' roll !

Maintenant, voici le premier acte.

Y a-t-il quelqu'un dans le public

qui aimerait se faire guillotiner ?

Quelqu'un ?

Vous ?

Vous ?

Vous, là.

Avez-vous peur de mourir ?

J'ai été condamnée à mort à la naissance.

Ou peut-être est-ce ma mère qui a été condamnée,

et j'ai pris sa place.

Aussi loin que je puisse m'en souvenir...

j'ai toujours été entourée par des guillotines.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Un seul faux pas et c'était fini...

S'il vous plaît, faites attention.

Ça peut être dangereux.

Ne jouez pas avec le feu.

Si vous parlez, vous risquez d'éteindre la flamme.

Il faut rester calme.

Maintenant, allumez.

Mitsuko Ozawa de 6ème. Rendez-vous au bureau du principal.

Mitsuko ?

Mitsuko !

Oui.

Entrez.

Par ici.

Plus près.

Plus près.

Dis-moi...

Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tes résultats sont en baisse ?

Je suis désolée.

Ne me fais pas honte.

Désolée.

Maman s'inquiète.

Qui suis-je ?

Qui ?

Papa.

Répète-le.

Papa.

Suis-je un homme ?

Ou bien une femme ?

- Un homme. - Exact.

- Et toi, qui es-tu... ? - Je suis Mitsuko...

Et ?

Je suis un homme. Dis-moi ce que tu es, Mitsuko.

Es-tu un garçon ou une fille ?

Une fille.

Bien.

Tu te débrouilles bien.

Assieds-toi.

Ce morceau d'accordéon a été enregistré en 1938.

C'est intéressant.

Regarde.

Quand papa a commencé à abuser de moi,

ce fut le début de la fin.

J'avais 12 ans.

Je ressemblais parfaitement à ma mère.

J'étais elle et elle était moi.

Au début, maman était gentille.

Tu me ressembles tellement.

Un jour, tu seras magnifique,

car tu es ma fille.

Tu es tellement belle.

Je te donnerai tous mes vêtements

quand tu seras assez grande.

Ils seront tous à toi.

Tu es si jolie.

Viens ici, Mitsuko.

C'est un étui à violoncelle que j'ai un peu modifié, tu vois ?

On va jouer à un jeu.

Rentre dans l'étui

et regarde à travers ce trou.

Allez. Entre là-dedans.

Maintenant.

Gentille fille.

Qu'est-ce que c'est ?

Ce n'est rien.

Ça me dérange.

Ce n'est rien.

Quand papa et maman couchaient ensemble, ils me faisaient regarder.

C'était comme si je participais.

Dès que je fermais les yeux, j'entendais un grincement.

Le bruit de "ça".

Bonjour les enfants. Comment allez-vous, aujourd'hui ?

C'est une très belle journée.

Très ensoleillée.

C'est une superbe journée.

Et c'est ce dont nous avons besoin,

des rayons de soleil dans nos cœurs.

C'est le plus important.

Nous en avons tous besoin.

C'est comme ça que nous devons vivre.

Papa parlait souvent de ce qui était bon pour nous.

Ainsi, je me disais que ce qu'il faisait était bon pour moi.

Je suis rentrée.

Mitsuko ?

Chéri ?

Chéri ?

Mitsuko ?

Ce bruit.

Encore.

Papa nous touchait toutes les deux, maman et moi.

La différence entre nous était qu'elle semblait heureuse.

Mais sa joie était contagieuse. C'était dangereux.

Sayuri.

Elle nous regardait.

Méchante fille.

Regarde ce que tu lui as fait, Mitsuko.

Maintenant, c'est ton tour.

C'est ton tour d'aller dans l'étui, Sayuri.

Je me suis allongée et je suis devenue maman.

Quand papa me touchait, maman regardait.

J'étais convaincue que j'étais maman et que maman était moi.

Que quand papa me touchait, je devenais maman.

Et j'ai même commencé à aimer le sexe.

Car j'étais maman.

Regarde.

Elles te vont bien.

Va demander à maman ce qu'elle en pense.

Va.

J'ai été condamnée à mort à la naissance.

Ou peut-être est-ce ma mère qui a été condamnée,

et j'ai pris sa place.

Aussi loin que je puisse m'en souvenir...

j'ai toujours été entourée par des guillotines.

Un seul faux pas et c'était fini...

Ce sont...

mes boucles d'oreille.

Où est-ce que tu te crois ?

Enlève-les !

Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

Arrête.

Chéri.

Lâche ce couteau, vieille pute.

Pute.

Je l'entends encore.

Maman.

Voleuse.

Quand papa était absent, maman devenait violente.

Reviens ici.

Viens avec moi.

Qui t'a fait ce suçon ? Réponds-moi.

Chaque fois que nous étions seules, elle essayait de me tuer.

Elle était jalouse de moi.

Maman.

Ce jour-là...

Mitsuko !

J'aimerais l'oublier.

Tu as pris une de mes boucles d'oreille ?

Attends !

Je n'ai rien fait !

Tu l'as prise !

Je sais que tu l'as prise !

Attends !

Viens par là !

Ma boucle d'oreille préférée ! Où est-elle, sale voleuse ?

Retrouve-la.

Si jamais...

Si tu retrouves ma boucle d'oreille, dis-le-moi.

Je te le promets.

Merci.

Désolée.

Quand maman est morte, elle me ressemblait.

Moi à 12 ans.

Ce jour-là, je suis devenue maman à 35 ans.

Couchée dans son cercueil, elle était moi.

Elle semblait si sereine. Comme un enfant innocent.

Je l'ai tuée.

Il ne reste que nous deux maintenant.

Au secours !

Mitsuko.

Appelle-moi Sayuri.

Ça a toujours été nous deux.

Quoi, Mitsuko ?

Chéri, je m'appelle Sayuri.

Mitsuko.

Quand le corbillard est parti, je n'étais plus une enfant.

J'ai pris mon cartable et suis allée à école.

J'avais 35 ans.

J'étais ma mère.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime...

Quelqu'un sait-il ce que cela signifie ?

- Oui. - Mitsuko ?

L'amour dure pour toujours.

Qu'est-ce qu'il y a là-bas, maman ?

La guillotine... là où on meurt.

Mitsuko.

Tu es vivante.

Ton père est là.

Pouvez-vous nous laisser seuls un moment ?

Bien sûr.

Tu l'as dit à quelqu'un, Mitsuko ?

Tu sais...

Ce qui s'est passé.

C'est notre petit secret, d'accord ?

J'ai emprunté un chemin difficile.

Vous avez beau aimer et prendre soin de vos enfants,

cela ne suffit jamais.

Pour vraiment les comprendre,

vous devez apprendre à communiquer avec eux.

Vous devez les aimer, prendre soin d'eux et bâtir une relation.

C'est ça qui est important. C'est ce que nous devons faire.

Sortons.

Miroir, miroir sur le mur...

Qui est la plus belle de nous toutes ?

Maman.

Après que...

le corbillard soit parti...

à cet instant...

j'ai cessé d'être une enfant.

J'ai pris mon cartable...

et je suis allée à l'école.

J'avais 35 ans...

Vous voulez faire une pause ?

Attendez.

Je dois aller aux toilettes.

Là.

Restez à l'intérieur.

Excusez-nous.

Ce paragraphe d'introduction est vraiment captivant.

Ça me plaît.

"J'ai été condamnée à mort à la naissance."

"Ou peut-être est-ce ma mère qui a été condamnée,"

"et j'ai pris sa place."

C'est brillant.

Taisez-vous.

Lisez-le.

C'est un nouveau ?

Non, mais il a voulu être assigné avec vous.

Vraiment ? Lisez-le.

Allez-y.

Oui. Avec plaisir.

Vous n'aimez pas ?

Tous vos romans sont brillants.

Je vous fais peur ?

Je vais bien.

Vous avez voulu travailler avec moi ?

Je suis un de vos fans.

Continuez à lire, s'il vous plaît.

Oui.

Madame ?

Oui.

Puis-je vous demander quelque chose ?

Juste une seconde.

- Laissez-moi... - Non.

Oui.

Je me demande pourquoi elle t'apprécie.

Bonne chance pour... tu sais quoi.

Quoi ?

Allons...

Tu sais.

Je ne vois pas.

C'est pour cette raison qu'elle l'aime ?

J'imagine que oui.

C'est parce que tu as l'air asexué.

Tu veux la baiser ou pas ?

Ce n'est pas ça.

Ça ne pose pas de problème tant qu'elle écrit de bons trucs.

En fait, j'ai baisé ce monstre.

Eux aussi.

Nous l'avons tous baisée.

Mais nous nous sommes fait avoir.

Elle nous a dévorés et puis elle nous a vomis.

Nous sommes son vomi maintenant.

Mais toi, tu es de la viande fraîche.

Fais attention, viande fraîche.

Tu sais, son fauteuil roulant grince quand on la baise.

C'est tellement érotique.

Mais personne ne sait vraiment qui elle est.

Peut-être que tu pourras découvrir ce qu'elle est vraiment.

Par exemple, pourquoi elle écrit toujours sur "Mitsuko".

- De quoi parliez-vous ? - De rien.

Vous pouvez y aller maintenant.

Allons-y.

Le débutant reste.

À plus tard, Yuji.

Madame ?

J'ai une question.

Vas-y.

Est-ce que ce livre est autobiographique ?

Ne dis pas de bêtises.

Je suis dans un fauteuil roulant,

mais mon père ne m'a jamais frappée.

Ça ira pour aujourd'hui.

J'ai fini d'écrire, j'ai envie de marcher un peu.

Marcher ?

Ouais.

Bien.

Tu sais, tu parles comme un robot.

Je peux t'appeler "Robot" ?

Bien.

C'est si charmant.

C'est vrai.

Je veux y aller à pied.

Comment ça ?

Prendre le train.

Je les envie.

- Laissez-moi vous aider. - Non, c'est bon.

Vous êtes sûr ?

Merci, Robot.

Tu vois cet étui ?

J'écris sur ça.

Exact.

À l'école, j'étais dans l'orchestre.

Vraiment ?

Je jouais du xylophone. J'étais toujours debout.

Je vois.

Je voulais être violoncelliste.

J'imagine.

Ça souffle, aujourd'hui.

Ce n'est pas grave, Robot.

Avez-vous froid ?

Même si c'était le cas, je ne l'admettrais pas.

Ici.

Ici ?

Je veux être seule. La date limite est la semaine prochaine ?

Finissez-le, s'il vous plaît.

À propos, c'est la musique sur laquelle j'ai écrit.

Un morceau d'accordéon enregistré en 1938.

Écoute-le.

C'est magnifique.

Merci.

Au revoir.

Je suis rentrée.

Qu'est-ce que tu veux manger ?

Tu as faim ?

Je pense que je vais aller faire quelques courses.

- Cette auteure est folle. - Surtout son dernier bouquin.

Taeko Mitsuzawa vous fait vivre la vie de Mitsuko.

C'est bizarre qu'il n'y ait jamais de photos d'elle.

Elle a sûrement honte. C'est le genre de chose qu'on écrit anonymement.

Vous croyez ?

Il paraît qu'elle écrit des trucs sexuels parce qu'elle est handicapée.

Vous pensez qu'elle est sexuellement frustrée ?

Ne la sous-estimez pas.

Bonsoir.

Bienvenue.

- Est-ce que Saya est là ? - Oui. Par ici, s'il vous plaît.

- M. l'éditeur. - Ça va ?

- M. l'éditeur. - Je vous aime, mes sœurs.

Là-bas.

Bienvenue.

Venez, venez.

Voici Yuji. Il est nouveau.

- Il est mignon. - Très mignon.

Dommage qu'il soit asexué.

Vraiment ?

Non.

Tu as des envies sexuelles ? Est-ce qu'elle t'a baisé ?

Qui ?

La romancière, Taeko Mitsuzawa.

- Je l'aime. - Moi aussi.

Les filles aiment toutes ces histoires de cul.

Vous travaillez avec elle ?

Ouais, il a demandé à être assigné avec ce monstre.

Je l'admire.

Je vais te dire quelque chose d'intéressant.

Échangeons nos places.

En fait, elle n'est pas vraiment handicapée.

Ne le dis à personne.

Je sais aussi où elle habite.

On la voit à Aobadai...

mais elle ne vit pas là-bas.

Autre chose : c'est une malade mentale.

Elle voit un psy.

Tu penses que tu peux...

en découvrir davantage sur elle ?

Les types de notre magazine veulent faire un article sur elle.

Tu penses que tu peux les aider ? Ils ont besoin de ton aide.

D'accord.

Tu le feras ?

Super.

Buvons un coup !

Tout à coup, vous êtes prêt à vous amuser.

Ma bite est toujours prête.

Buvons.

À Yuji.

Santé !

Tu vas bien ?

Je dois pisser.

Je dois pisser.

Je dois pisser.

Maman disait toujours...

que je lui ressemblerais quand je serais grande.

Je m'en souviens.

Elle avait tort.

Je dois pisser.

Je dois pisser.

Nom de Dieu.

Donne-moi ce couteau.

Arrête.

Mitsuko.

"Dépersonnalisation".

Ici Yuji.

C'est moi. À propos de ce que je t'ai demandé...

C'est bon.

Je le ferais.

Ouais ? Je suis content. Les dépenses seront couvertes, ça va ?

D'accord.

À demain.

Bonne nuit.

Ce soir, je voudrais vous présenter un nouveau membre.

Votre nom, s'il vous plaît ?

Je m'appelle Yuji Tamiya.

Yuji...

Nous devrions dire à Yuji pourquoi nous avons mutilé nos corps.

Expliquons-lui.

Je détestais mes tétons. Laids et inutiles.

Laisser vivre mes cellules.

Libération.

Les cicatrices sont jolies.

Pour contrôler mon corps.

Pour être mannequin.

J'ai tailladé mes poignets. Je me sens bien maintenant.

Les cicatrices sont des fleurs.

Yuji ?

Mon corps est un vase. C'est juste un récipient.

Mon cœur est une fleur.

J'ai voulu que mon corps y ressemble.

Accueillons-le chaleureusement. Il est des nôtres maintenant.

- Tu portes la même culotte ? - Arrête ça.

Je t'ai dit d'arrêter.

C'est toi qui m'as acheté cette culotte.

Tiens, tu es réveillée.

Tu devrais aller à l'école de temps en temps, Mitsuko.

Laisse-la tranquille.

Mais elle est ennuyeuse.

Maman.

Je l'ai retrouvée, maman.

Maman !

Je l'ai retrouvée, maman !

T'as retrouvé quoi ?

C'est quoi ?

Ça ?

Qu'est-ce que c'est ?

La boucle d'oreille de Sayuri.

Ton ancienne femme ?

Ça craint.

Tu la veux ?

Vraiment ?

Rends-la.

Non.

- Donne-moi ça. - Non.

Je la chierai.

Pas encore.

Va dedans.

C'est bien.

Allez.

Terminé !

J'ai terminé !

Mitsuko !

Fini... Mitsuko.

Robot ?

As-tu déjà pensé que ça pourrait ne pas être la réalité ?

Et que ce que j'écris est plus réel ?

Maintenant, c'est juste un rêve ?

L'imagination de Mitsuko.

C'est une idée assez intéressante.

Je dois faire une pause. Allons quelque part.

Descendons ici.

Hé, et si je pouvais marcher ?

Tu m'as demandé si j'écrivais sur moi.

Disons que oui.

Mon père m'a violée.

Ça m'a détruit mentalement et physiquement.

Je suis dans un fauteuil roulant pour exprimer ça.

Je vois.

- J'ai déjà entendu ça. - Quoi ?

Je connais une femme...

Elle aussi...

elle a été violée par son père, et elle dit la même chose.

Qu'a-t-elle dit ?

Qu'après son viol...

elle s'est sentie...

comme amputée.

Comme si ses bras et ses jambes avaient été coupés.

Les victimes de viols se sentent comme amputées ?

Comme si leurs membres étaient coupés ?

C'est fascinant.

Je pense que je vais l'utiliser dans mon livre.

J'ai une idée.

Et si Mitsuko était amputée à la fin ?

Ça sonne bien.

Faisons également de Gozo un amputé.

Bonne idée.

Regarde, Robot.

J'écris sur ça.

Oui.

À l'école, j'étais dans l'orchestre.

Vraiment ?

Je jouais du xylophone.

Je vois.

Un mauvais rêve ?

Quelle heure est-il ? Pourquoi suis-je ici ?

Vous avez dit que vous vouliez rester ici.

J'ai dit ça ?

Je n'ai plus sommeil. Sortons.

- Comme c'est beau. - Il y a beaucoup de magasins ici.

Attends.

Offre-moi ce beau maillot de bain.

Ce n'est pas encore l'été et...

Et quoi ?

D'accord.

Plus vite, Robot.

Qu'y a-t-il ? Vous allez bien ?

- Qu'est-ce que vous faites ? - Pardon... où sont les toilettes ?

Demandez à l'accueil.

Partez.

- Partez. - Désolé.

Madame...

Est-ce que ça va ?

C'est moi.

Tu l'as acheté ?

Oui.

Bien.

Je voudrais...

le porter.

Maintenant ?

Aide-moi, Robot.

Mais...

Tu n'éprouves aucun désir, n'est-ce pas ?

Donc je ne risque rien.

Tu as bien réagi tout à l'heure.

Comment ça ?

Tu as engueulé cet abruti.

Vous m'y avez obligé.

C'était juste un client de l'hôtel.

C'était vraiment un idiot. Seuls les idiots trimbalent des étuis.

Alors ?

Alors quoi ?

Comment me trouves-tu ?

Magnifique.

Vraiment ?

J'aimerais faire une petite sieste pendant 30 minutes.

Bien.

Merci.

Robot ?

Je me suis endormi.

Rentrons à la maison.

Bien.

Tu as faim ?

Je travaille sur un nouveau livre.

Tu le liras quand il sera terminé.

Je vais te présenter à Yuji.

C'est un garçon très gentil.

Allô ?

C'est Yuji.

Excusez-moi.

Il semblerait qu'une page du manuscrit soit manquante.

Puis-je venir la chercher maintenant ?

Pourquoi pas demain ?

Mon patron en a besoin ce soir.

Je vous attends à l'endroit où nous nous sommes quittés.

Bien. Laissez-moi 30 minutes.

D'accord.

Ça fait longtemps, hein ?

Allô ?

Madame.

Où es-tu ?

En route vers la maison de vos parents. J'ai votre animal de compagnie avec moi.

Robot ?

Venez vite...

Ou votre animal de compagnie se fera baiser.

Robot ?

Allô ?

Robot ?

Je suis là, Robot.

Yuji ?

Robot.

Qui es-tu ?

Ne me regarde pas comme ça.

Ta chaise de merde !

Qui es-tu ?

Tu ne te souviens pas ?

Quoi ?

"Qui es-tu ?"

Qui es-tu ?

Tu ne te souviens absolument pas de ton passé ?

Attends...

Mitsuko ?

Moi ?

Je suis Mitsuko ?

Oui...

Je suis Mitsuko.

Je m'en souviens !

Et toi, qui es-tu ?

Dis-moi qui tu es !

Tais-toi, maman.

Maman ?

Tu ne reconnais pas mon visage ?

Non.

Ça craint.

Dans tous les cas, c'est ainsi que doit se terminer le livre.

Taeko comprend enfin qu'elle est en réalité Mitsuko.

Maintenant, retournons travailler.

Et terminons ça avant que tu n'oublies, maman.

Maman ?

Lève-toi.

Tu veux ton fauteuil roulant ?

Maman...

Assis.

Aide-moi.

On se ressemble vraiment.

Allons dans la chambre de Gozo,

ça te donnera envie d'écrire.

Quoi ?

J'ai été violée.

Tu as été violée ? Ici ?

Regarde, tout est prêt.

Tu ne remarques rien ?

Ça.

C'est quelque chose de spécial pour toi.

Maintenant, maman, revoyons ce que tu as écrit jusqu'ici.

Passons en revue votre histoire...

et la mienne.

"J'ai été condamnée à mort à la naissance."

"Ou peut-être est-ce ma mère qui a été condamnée, et j'ai pris sa place."

Ça me plaît beaucoup, Taeko.

C'est un bon paragraphe d'introduction.

Je veux dire... maman.

"Aussi loin que je puisse m'en souvenir,"

"j'ai toujours été entourée par des guillotines."

"Un seul faux pas et c'était fini..."

"Quand papa a commencé à abuser de moi, ce fut le début de la fin."

"J'avais 12 ans."

"Je ressemblais parfaitement à ma mère."

"J'étais elle et elle était moi."

Oui, tu me ressembles vraiment.

Tu me ressembles vraiment.

"Papa nous touchait toutes les deux, maman et moi."

"Quand papa et maman couchaient ensemble, ils me faisaient regarder."

"C'était comme si je participais."

C'est vrai, maman.

J'ai dû vous regarder tous les deux baiser comme des animaux.

Toi et ce porc.

Tu m'entends ?

Taeko.

Désolé.

Devrais-je t'appeler Mitsuko ?

Par contre, la suite est bourrée de conneries, maman.

Tu as écrit...

"Quand papa me touchait, maman regardait."

"La différence entre nous était qu'elle semblait heureuse."

"Mais sa joie était contagieuse. C'était dangereux."

Que des conneries !

Ta joie n'était pas contagieuse.

Tu aimes ça ?

Je ne suis pas toi ! Tu n'es pas moi !

Maman.

Maman...

Tu me reconnais ?

"J'étais convaincue que j'étais maman

et que maman était moi."

"Quand papa me touchait, je devenais maman."

"Et j'ai même commencé à aimer le sexe."

"Car j'étais maman."

C'est à mourir de rire.

Ridicule.

"Maman est morte quand j'étais en sixième."

"Je suis restée là, devant son cercueil, et j'ai pleuré."

"Couchée dans son cercueil, elle était moi."

"Elle semblait si sereine."

"Innocente."

"Comme un enfant."

"Je l'ai tuée."

"Chaque fois que nous étions seules, elle essayait de me tuer."

"Elle était jalouse de moi."

Tu étais le mal incarné, Sayuri.

Sayuri ?

Ne fais pas l'idiote.

Ça ?

Plutôt cool, non ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Que dis-tu ?

Quoi ?

Je n'arrive pas à t'entendre.

"Aide-moi, Sayuri. Débarrasse-moi de ce monstre."

Pas question.

Sayuri...

Je vais faire quelque chose pour toi, tout de suite.

Regarde !

Cet escalier.

Ma boucle d'oreille !

Mitsuko !

- Tu as pris mes boucles d'oreille ? - Non.

Je sais que tu l'as fait ! Rends-la-moi !

Tu l'as volée, n'est-ce pas ?

Attends !

- Attends ! - Ce n'est pas moi.

Je sais que tu l'as prise ! Ne fuis pas !

Mitsuko !

Rends-moi ma boucle d'oreille !

Tu te souviens ?

Mitsuko est morte...

Mitsuko est morte ?

Les funérailles...

Il n'y a pas eu de funérailles. Mitsuko n'est pas morte.

Après ce jour, tu n'as plus quitté la maison.

En attendant, j'ai été envoyée

dans une famille d'accueil.

Je suis venue te voir à plusieurs reprises.

Tu écrivais des lettres d'excuses.

Mais tu les as écrites comme si tu étais une enfant...

qui a tué sa mère.

Tu étais en rejet complet.

Comme si tu n'avais jamais été jalouse de ton enfant.

Tu as réussi à te convaincre que tu étais morte.

Tu t'es enfermée...

et tu as commencé à écrire des histoires.

Mais tu t'es montrée une fois àl'école.

Tu portais l'étiquette "Mitsuko".

Mais qu'est-ce que...

Papa !

Enfin bref, tu ne t'en es jamais remise.

Tu as vécu en tant que Mitsuko.

Tu as choisi ça, car tu n'arrivais pas à vivre avec toi-même.

Tu es une personne malade, tordue, et aussi rusée.

Même en tant que Mitsuko,

tu as continué à baiser avec Gozo.

Hein ? Tu as baisé avec lui !

Papa...

Mais il a finalement trouvé une autre femme.

Tu es donc restée dans ta chambre, à écrire tout le temps.

À écrire en tant que Mitsuko.

Tu étais solitaire, n'est-ce pas ?

Hé, toi.

Arrête de nous regarder.

Tu veux te joindre à nous ?

Ça te plaît ?

- Sayuri, j'ai mal. - Tu souffres, papa ?

TAEKO

C'est fini !

Regarde, papa.

Je viens juste d'écrire un roman.

Tu vois ?

Tu ne veux pas que j'utilise mon véritable nom, pas vrai ?

J'ai donc changé pour Taeko.

Tu vois ?

Regarde !

T'es content, maintenant ?

À propos, j'ai encore mieux que ça, papa.

Je vais le chercher.

Va dans cet étui.

As-tu idée de ce que j'ai dû traverser ?

J'ai réussi à avoir ce travail, et j'ai fini par atterrir ici.

Tu sais...

J'ai attendu si longtemps que tu écrives sur notre passé.

Si longtemps.

Et enfin...

C'est fini.

C'est fini.

Maman.

Mitsuko.

Je suis désolée.

Ce n'est pas ce que je veux.

Les mots ne signifient rien.

Tu as essayé de me tuer pour une de tes boucles d'oreille.

Ce que je veux...

c'est que tu te sentes coupable...

et puis que...

que tu sois Sayuri.

Mitsuko...

Et ensuite, je serai libre.

Tu as dit que le protagoniste

serait amputé à la fin ?

Je vais t'aider pour ça.

Qu'est-ce que c'était ?

Vous allez prendre froid.

Donne-moi mon peignoir.

Je dois aller aux toilettes. Où est mon fauteuil roulant ?

Alors, où est-il ?

Quoi ?

Je ne peux pas marcher.

Quel fauteuil roulant ?

- Sois sérieux. - Quoi ?

C'est une blague ?

Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Tu le savais ?

Quoi ?

Tu m'as vu marcher, c'est ça ?

Vous êtes dingue.

Vous pouvez marcher. Vous marchez tout le temps.

Non...

Qu'est-ce qui est réel et qu'est-ce qui est faux ?

Merci d'être restés avec nous.

Et maintenant, voici notre dernier acte pour la soirée.

Bonne chance, Sayuri.

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