All language subtitles for Les mis_rables (1958) Part 2.FR

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Original subtitles

-La Révolution de 1830 n'avait pas apporté la République,..

..mais Louis Philippe. Et la France s'agitait.

-Citoyens, le général Lamarque est malade et peut mourir.

C'était notre dernier défenseur.

Si nous le perdons, tout redeviendra comme avant 89 !

-Marius s'était fait des amis..

..dans la jeunesse généreuse du Quartier latin.

Il en était venu à fréquenter des groupes révolutionnaires.

Les amis de l'ABC se réunissaient..

..dans l'arrière salle du Café Musain, Place Saint-Michel.

-Messieurs, voici votre nouvel ami.

-Leur chef se nommait Enjolras.

-Nous sommes heureux de te recevoir parmi nous.

Tu as fait un long chemin avant d'arriver jusque ici. Mahorel.

-Monsieur... -Joly.

-Si Lamarque meurt,..

..les républicains bougeront, les bonapartistes aussi.

La racaille en profitera pour piller et assassiner.

-M. le Préfet, partout dans Paris, le plomb est arraché.

Pourquoi ? Pour en faire des balles. -Il faut me surveiller tout ça.

Vous vous installerez chacun dans un commissariat de quartier.

Voici les dossiers des suspects. Javert, Allez au Val-de-Grâce.

Les étudiants, amis de l'ABC, y sont.

-La bande à Claquesous. -Occupez-vous d'eux.

-Dans la masure où habitait Marius, c'était moins à la République..

..qu'il rêvait qu'à la jeune fille rencontrée au Luxembourg..

..et dont il ignorait même le nom. -Entrez !

-Bonjour, monsieur Marius. Vous ne me reconnaissez pas ?

Pourtant on se connaît, on se croise tous les jours dans l'escalier.

Vous ne faites pas attention à moi.

Je suis la fille de vos voisins, les Jondrette.

La chambre à côté... Vous devez pourtant nous entendre.

Un miroir ! Eh bien, j'en ai une tête !

C'est pas étonnant si vous ne faites pas attention.

-Et que puis-je faire pour vous ? -Je portais une lettre.

-Une lettre ? -Oui, de mon père.

Ne la lisez pas ! Il dit ça à tout le monde pour demander des sous.

Tout est faux, sauf qu'autrefois, on avait une auberge.

Puis la faillite.

Là, on mange quand on a le temps. Je peux ?

C'est bon. Ca casse les dents.

On a l'habitude... Et encore, faut pas se plaindre !

L'hiver dernier, on couchait sous les ponts.

On se serrait pour ne pas geler, ma soeur pleurait.

Des fois, j'avais envie de me noyer. Je me disais que l'eau était froide.

-Moi aussi j'ai eu de mauvais moments.

J'ai fait de la copie pendant des nuits.

J'ai déchargé des sacs... -Vous ?

Pourtant vous avez de jolies mains, elles sont blanches.

Vous savez, M. Marius, que vous êtes plutôt joli garçon.

Vous n'avez pas plus d'argent que nous,..

..pour habiter une pareille baraque.

-On veut détruire la misère. A chacun selon ses besoins.

On voudrait du pain et du travail pour tous !

Vous savez que Lamarque est mourant ? -Qui c'est ?

-C'est notre dernier défenseur. -Alors, on est perdu ?

-Non, on est là. La révolution, on la prépare.

Mon père nous parle sans cesse de l'Empereur.

C'est pas ça qui nous nourrira. -Tiens, il me reste ça.

J'ai déjà déjeuné. -Ah, Louis XVIII !

Vive le roi, quand même !!!

-Quelques jours plus tard...

La jeune fille passant devant une boulangerie, le ventre creux,..

..ne put résister à la tentation.

-O voleur ! O voleur ! Arrêtez-là !

Arrêtez-là ! O voleur !

-Qu'est-ce qui se passe ? -C'est une fille qui a volé un pain !

-Je t'emmène à la police ! Appelez un sergent !

-Pas besoin de sergent. -Vous me paierez le pain ?

-Mais oui ! -C'est quand même une voleuse !

-2 livres de pain ne crouleront pas la maison.

Tenez.

-A ce prix, je vous en vends tous les jours, du pain !

-Tiens.

-C'est bon.

Mais les autres, pendant ce temps, ils la sautent.

-Je savais que vous pensiez à ça. On leur portera un bon morceau !

Mon père s'en occupe. -Mademoiselle...

Voilà la nouvelle robe.

-Vous la voulez ? -Oh non !

-Si, prenez-là, vous me ferez plaisir.

On fait à peu près la même taille.

Les riches, d'habitude, c'est pas comme ça.

Ca vous donne de vieilles affaires et ça vous fait des discours.

Avec leurs mains qui traînent, ils vous donnent des croûtes..

..comme à un chien. Je voudrais les mordre.

Vous, c'est différent.

-Alors, on y va ?

-Je lui ai donné ma robe. -Tu as bien fait.

Tu vois, il y a plus terrible que les chagrins d'amour.

Il entend un bruit de calèche.

-J'ai ramené un riche !

Avec sa fille, ils m'ont sauvée de la taule !

Ils m'ont donné une robe, ils apportent de quoi manger !

On a pris un fiacre ! J'ai bu un coup de trop.

-Un riche ! Toi, couche-toi ! -Pourquoi ?

-T'es malade ! Allez couche-toi ! Va casser un carreaux !

-Pour quoi faire ? -Pour faire pitié !

-Tu vas pas leur jouer des tours ! -Toi, la ferme ! Et ce carreaux ?

-Je saigne. -C'est rien.

La maladie, le froid et le sang. Parfait.

Attention, que lui as-tu dit que j'étais ?

-Mon père. -Le nom ?

-J'ai pas dit de nom. -Je suis Honoré Fabantou, dramaturge.

Va devant eux, allez ! Ca y est ?

-C'est ici, chez nous.

-Entrez, ma bonne demoiselle. Entrez ! Entrez !

Entrez, mon bon Monsieur...

Ma fille m'a expliqué ce que vous avez fait pour elle.

La misérable enfant ! Voler un pain pendant que sa mère est malade !

Je l'ai élevée comme une artiste et elle a du talent !

Elle va voir ce qu'elle va prendre, quand vous serez partis.

Débarrassez-vous... Avance une chaise, toi !

Pas celle-là ! Du bordeaux ! C'est le petit Jésus en culotte de soie !

Débarrasse-ça, toi ! Asseyez-vous, mademoiselle.

Excusez la chaise, c'est la misère.

Vous devez avoir bien du bonheur avec une telle demoiselle !

J'élève aussi les miennes dans la religion.

Que ça soit honnête et gentil. Et que ça croie en Dieu !

La demoiselle ne veut pas s'asseoir ?

-Merci, nous partons. -Vous n'allez pas partir comme ça !

J'aurais voulu mieux vous recevoir, mais ma pauvre femme est malade.

Elle est malade ! Regarde bien cet homme.

Tu le reconnais ? -Qu'est-ce qu'il a ?

Regarde-le, puis gémit, bon Dieu ! -Ahhh !

C'est les étouffements, l'âge critique !

Et puis mon autre fille blessée. Ca se casse, c'est timide, ça.

Elle travaillait à la fabrique, c'est la courroie qui l'a prise.

Son bras a failli être arraché.

-Mon Dieu ! -Ne l'écoute pas.

-Plus de carreaux, plus de feu... C'est la misère, quoi.

-Vous ne travaillez pas ?

-Je suis artiste, je ne peux pas faire n'importe quoi.

J'ai eu du succès. -Je vous connais.

-Je ne peux pas approcher un théâtre dans mon état.

Je dois 4 termes à mon propriétaire, il m'a donné jusqu'à demain.

Sinon il nous met à la rue.

Ma femme malade et mon enfant blessée.

-Mais non, vous n'irez pas à la rue.

J'ai pas l'argent sur moi, mais je ramène ma fille et je reviens.

Je serai là vers 8 heures. -Merci.

-Alors c'est entendu, je serai là à 8 heures.

Merci, mon bienfaiteur. Au revoir, mon bon Monsieur.

Vous êtes la providence. Vous êtes le bon Dieu.

-Nous irons le voir jouer, un jour ? -Non.

Je ne crois pas que tu aies l'occasion de le revoir, mon enfant.

19, rue Plumet.

-Suivez cette voiture ! -C'est 40 sous de l'heure.

-Je vous payerai au retour. -On paye d'avance.

-Hé !

-Elle est belle ! Tu me la prêteras ? -Elle t'irait pas.

Tu es trop maigre. -Ne touche pas, idiote !

-Papa, elle ne veut pas me la prêter.

-Demain, tu auras une robe de satin et des bottines de soie !

-Quoi ? -Oh, t'es maboul !

-Tu ne l'as pas reconnu ? Pauvre vieille !

-Mais qui c'est ?

-Il a plus d'argent que le ministre des Finances.

Trop d'argent. On dira à Claquesous qu'il alerte la bande.

-Ne le fais pas, tu t'y connais pas. -Ne t'en fais pas...

Ce monsieur aime pas la police.

Tu me suis ? Eponine ! Où est-elle, celle-là ?

-Qu'est-ce que vous faites là ? -Je me regarde.

Vous ne remarquez rien ? -Non.

-Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous êtes triste ?

-Oui.

-C'est le général qui est mort ? -Mais non.

-Vous n'êtes pas malade, au moins ?

L'autre jour vous avez été gentil avec moi, chacun son tour.

Je ne peux pas vous aider ?

J'aimerais.

-Ecoute... -Oui...

Tutoyez-moi.

-Ce Monsieur et sa fille qui étaient chez toi...

-Vous l'avez vue ? Elle vous plaît ? Vous la trouvez belle ?

-Belle.

-Tu sais où elle habite ?

-Non.

-Mais tu peux la trouver ? -Je ne crois pas.

-Tiens, à ta santé, la mère !

Ah, te v'là, toi ! Où tu étais passée, encore ?

J'ai besoin de toi. Cette nuit on ira chez ton bon monsieur et sa fille.

Où c'est qu'ils habitent ? -Je ne sais pas.

-Comment ça ? -On s'est rencontrés dans la rue.

-Et ta robe ? Tout ça ? -Ils venaient de l'acheter.

Va demander aux commerçants ! -Non.

Je ne veux pas que tu les touches ! -Quoi ?!

Me parle pas comme ça ! -Me touche pas !

Tes mauvais coups, ne compte pas sur moi pour t'aider !

-Voilà ton coup en l'air. -A cause de cette garce ? Non.

Va-t-en, toujours là à rien foutre et à rien dire !

-Je vais où ? -Dehors ! Tu reviendras demain !

Je veux avoir les mains libres ! Si j'en suis sûr ?

Je l'ai reconnu. Il n'a pas changé, le salaud !

Y en a qui ne vieillissent pas. Moi, il ne m'a pas reconnu.

La belle demoiselle, "sa fille", qu'il dit...

-Non ! -Si, c'est elle !

-Ca ? -C'est ça, oui.

-Habillée comme une princesse quand mes filles n'ont rien !

Je voudrais lui crever le ventre ! -Demain, tes filles s'habilleront.

T'auras aussi une robe avec falbalas et des "Suivez-moi, jeune homme!" !

Et nous mangerons du poulet ! J'en ai assez de la misère !

A mon tour, avant de crever ! Etre un peu millionnaire aussi !

-Chut, pas si haut, le voisin. -Ce blanc-bec !

On va prévenir Claquesous, il réunira la bande. A 8h, sa maison sera vide.

L'étudiant sera sorti pour sa politique.

Les chasseurs seront seuls avec le pigeon !

Il s'exécutera le mignon... Aux petit pois !

-Il y a là un homme qui nous amène une affaire intéressante.

-Politique ? -Non, mais...

Elle peut nous permettre de mettre la main sur la bande Claquesous.

-Monsieur Marius Pontmercy ? -Oui.

-Je vous remercie de nous prévenir, pour ces canailles.

Vous nous parlez de flagrant délit, mais ces hommes sont dangereux.

Avez-vous peur ? -Pas plus que vous.

-Vous êtes armé ? -Non, pourquoi ?

-Prenez ce pistolet, cachez-vous dans votre chambre.

Après qu'on vous croie sorti, observez.

Nous laisserons passer les hommes, laissez-les agir un peu.

Juste que nous puissions les prendre sur le fait.

Quand vous jugerez le moment venu, tirez en l'air.

Un conseil, M. Pontmercy...

Les prochains jours, abstenez-vous de fréquenter vos jeunes amis..

..qui veulent refaire le monde.

-Mes idées ne regardent que moi. -Vous me rendrez le pistolet.

-Pourvu que les autres soient exacts.

Y a personne, à côté ? -Il est sorti. Avec sa politique...

Il rentre pas avant minuit. -Va voir.

-Y a personne.

Elle entend du bruit. -Un fiacre !

-Dépêche-toi !

Et s'il le faut, bloque la porte ! On cogne à la porte.

-Oui, oui... Entrez, mon bienfaiteur.

Vous êtes si bon de vous être encore dérangé.

-J'avais dit que je reviendrais vers 8 h.

-Nous ne le savons pas, je n'ai plus de montre.

-Comment va votre femme ? -Elle est mourante.

Mais elle a tellement de courage... C'est pas une femme, mais un boeuf.

-Vos filles ne sont pas là ? -La petite est allée à l'hôpital.

L'aînée l'a accompagnée.

Mon bienfaiteur a apporté l'argent du loyer ?

-Oui, voilà. -Merci bien, monsieur.

Asseyez-vous, mon bon Monsieur. -Asseyez-vous aussi.

Je viens vous proposer quelque chose.

Voilà, Paris ne vous vaut rien.

Vous ne vous y ferez jamais la place honnête que vous méritez.

Beaucoup de comédiens comme vous, et pas assez de recette.

-C'est bien vrai. -Il vous faut un pays neuf.

Je paye le voyage pour vous et votre famille pour les Amériques.

Et je vous donne une petite somme pour vous établir..

..en attendant les rôles qui vous iront.

-C'est combien, la petite somme ?

-Mille louis. -Mille louis !

Seigneur Jésus ! -Ta gueule !

Excusez, mon bon monsieur, les femmes ne pensent qu'à l'argent.

Chez les hommes, c'est le coeur qui parle.

J'aime Paris, je ne peux pas vivre loin de Paris.

Dès que je suis à 2 lieues de la Seine, le souffle me manque.

Il m'en faudrait beaucoup pour oublier Paris.

J'ai dit beaucoup.

-Vous avez tort de refuser ma proposition.

Ca vaudrait beaucoup mieux pour votre avenir.

-Pour mon avenir ou pour le vôtre ? Je vous montre..

..ce qui vous fera comprendre pourquoi je tiens tant à la France.

C'est un tableau, mais un tableau de maître.

J'y tiens.

Mais s'il vous intéresse, je consens à m'en défaire.

Nous avons tellement de misère...

Ne faites pas attention, c'est un voisin.

Il s'est barbouillé parce que ça travaille dans le charbon.

Ici, entre et sort qui veut.

C'est une peinture de grand prix.

C'est David qui l'a faite. Il s'est inspiré de mon histoire.

"Au sergent de Waterloo". Le sergent, c'est moi.

Je suis en train de sauver un colonel de cuirassiers.

C'est le moment où je lui sauve la vie.

Ce tableau ne vous rappelle rien ? Vous ne l'avez pas déjà vu ?

-Non.

-Peut-être que si je le vendais assez cher, j'accepterais de partir.

A combien l'estimez-vous ? -3 francs.

-Nous voilà au complet.

La séance peut commencer.

D'abord, regardez-moi bien ! Vous ne me reconnaissez pas ?

Comme ça, sans barbe.

L'auberge de Montfermeil à l'enseigne du Sergent de Waterloo.

Thénardier !

Je suis Thénardier.

-Je ne vous connais pas.

-Vous ne voyez pas qui je suis ?

-Si, une belle canaille !

-C'est ainsi que vous nous appelez, Messieurs les riches ?!

Parce qu'on a faim, on est des canailles !

Pour mesurer le froid, vous regardez le thermomètre !

Le thermomètre de "la canaille", c'est sa peau !

-Pousse-toi, qu'on puisse travailler.

-Ne le laissez pas échapper !

-Ne lui faites pas de mal. Asseyez-le là.

Et relevez la table, ça fera plus correct.

-Qu'est-ce qu'il attend ? Allons voir ça de plus près.

-Pas de papiers, pas d'argent... Tu te crois malin ?

Mais tu vas donner ton adresse, mon mignon !

-Parce que tu ne la connais pas ? Je te la donne.

-Où est-ce qu'on habite ? -Sur la Colonne Vendôme.

-Salaud, je vais te faire causer, moi !

Amenez-moi le brasero !

Ca va.

Tu vas nous donner gentiment cette adresse.

Après, nous irons chercher ta belle demoiselle.

Alors, tu nous donneras tout l'argent.

Tu ne voudras pas qu'on abîme ton petit trésor. Alors ?

-Attend, il va gueuler ! -Il tient pas à attirer les cognes.

A Montfermeil, il avait déjà la police au derrière.

Hein ?...

L'adresse ! -Non.

-Tu m'avais assommé. Tu te souviens ?

-Vous croyez pouvoir me faire dire ce que je ne veux pas dire ?

Tenez, regardez !

Vous n'êtes pas de taille, mes agneaux !

Le vieux est encore trop dur pour vous !

Que celui qui ne craint pas le chaud, s'approche.

Si vous avez du vice, vous manquez d'épaule !

-Mes petits amis, on s'amuse ? -Javert !

-Vous êtes 6, nous sommes 15.

Ne nous battons pas comme des Auvergnats.

Montparnasse, Gueullemère, toute la bande à Claquesous ?

Tue-moi, mes hommes te prennent... -Ca va, je me rends..

Je demande seulement qu'on me prive pas de tabac, là-haut.

-C'est accordé. Emmenez-moi tout ça, sans oublier madame !

-Salope ! Elle m'a pincé ! -Bande de lâches ! Des hommes, ça ?!

Ca se dit affranchis..

..et ça se fait arrêter comme des gonzesses !

-Attention à ces deux !

Jean Valjean ! Arrêtez-le !

-La mort du général Lamarque ! Tous les détails !

-Demandez le Constitutionnel ! La mort du général Lamarque !

-Les dernières paroles du bon soldat !

-Merci.

Mes amis, que sa mort soit pour la République..

..l'occasion de renaître.

Son dernier mot a été : patrie.

Sa patrie, notre patrie, c'est la République.

La France et la liberté ne font qu'un.

Les obsèques du général Lamarque auront lieu dans 3 jours.

Tout le peuple de Paris l'accompagnera..

..dans son dernier voyage. Messieurs...

Ce sera le jour de montrer si nous sommes prêts à vivre libres...

-Ou à mourir.

-M. Marius, y a quelqu'un qui vous demande à côté.

-Et une côtelette pannée !

-C'est vous qui me demandez ? -Vous ne me reconnaissez pas ?

Eponine. Je m'habille ainsi parce que les cognes me recherchent.

-Je ne t'aiderai pas. -Je n'étais pas dans le coup.

-Je t'ai vue les livrer. Quelle famille organisée !

-C'est pas vrai, car j'ai pas voulu leur donner l'adresse !

Sinon, la demoiselle à cette heure-ci...

Mon père, ça l'a secoué !

Ca m'a démangé, mais je ne l'ai pas donnée.

-C'est vrai ? Tu sais l'adresse ? -Oui.

-Pourquoi tu ne l'as pas donnée ? -Parce que.

Si vous ne devinez pas, je dis rien. -J'ai mieux à faire que deviner.

-Si je vous donne l'adresse, vous me croirez ?

Vous me croirez, maintenant ? Que me donnerez-vous pour ça ?

Vous m'embrasserez au jour de l'an ?

C'est rue de Plumet, 19. Une maison avec une grille et un jardin.

Vous êtes content ?

-Rue Plumet, Jean Valjean quittait brusquement la maison..

..pour un voyage de 24 heures. Il avait pris une grave décision.

Il savait que cette retraite n'était plus un abri.

Que tôt ou tard, les sombres fantômes surgis de son passé..

..en franchiraient les grilles.

Sans compter ce jeune godelureau qui faisait rêver Cosette.

-"Oh printemps...

Tu es une lettre que je lui écris. Dis-lui que je soupire..

..et je languis loin d'elle.

Et de l'avoir perdue que j'ai voulu mourir.

Oh que tout le jardin, la maison, que la branche, la feuille...

Que tout devienne une âme et te parle de moi.

C'est toi qui tiens ma main quand je marche dans l'ombre.

Les rayons du ciel me viennent de tes yeux.

Si j'étais roi des rois, je donnerais l'empire, mon peuple,..

..pour un baiser de vous que je prendrai ce soir.

-Ce soir...

-Ce soir-là, dans les bois de Montfermeil,..

..une paysanne crut de nouveau apercevoir le diable..

..déterrer son trésor.

A la même heure, rue Plumet...

-Le lendemain, Paris enterrait le général Lamarque.

-Alors, vous venez avec nous, M. Mabeuf ?

-On tombera le gouvernement ! -J'en suis !

-Des coups de sabre et de fusil ! -C'est bon !

-Des coups de canon. -C'est bon !

-Mêlez-vous au cortège et dispersez-vous !

-Entendu, chef.

-Présentez, armes !

Chant funèbre.

-Halte-là !

-Laissez-nous passer ! Laissez-nous passer !

Laissez-nous passer !

-L'armée avec nous !

-Honneur au Général Lamarque !

LAMARQUE AU PANTHEON ! LAMARQUE AU PANTHEON !

LAMARQUE AU PANTHEON ! LAMARQUE AU PANTHEON !

LAMARQUE AU PANTHEON !

-Dételez les chevaux !

-LAMARQUE AU PANTHEON !

-Au Panthéon !

On entend des tirs et des cris.

-N'acceptons pas le combat en terrain découvert !

Gagnons le centre de Paris ! -J'ai un fusil et des cartouches !

-Allez ! -J'en suis aussi, moi !

-Ils ont tiré sur le peuple !

Ici, nous ne pouvons rien faire !

-Vous allez me ruiner ! -La Révolution te paiera !

-Et maintenant, aux barricades ! -Aux barricades !

-Ho, les amis ! -Par ici, les gars !

-Allez, on embauche pour la République !

-On arrive. -Allez, les étudiants !

-Nous commenderons..

..sous notre feu, toute la rue Saint-Denis.

Ils n'oseront même pas s'approcher !

Allons-y, mes amis !

-"Au Raisin de Corinte"... Sans h ! Eh bien... Un café, ça me plaît.

Décidément, Enjolras est le roi des stratèges.

Salut !

-Bien ! Mettez ça là-bas !

-Hé ! Ha ! Ha ! Hi ! Hi ! Hi !

-Nous mettrons ici nos blessés. Là-haut, ce sera notre citadelle.

Les balles taperont comme un marteau sur ce plancher de chêne.

-Monsieur, j'ai une idée. -Quoi donc ?

-Buvons un coup, buvons en deux... A la santé de la République !

-Va-t'en, tu nous déshonores ! -J'ai pas tout bu, il en reste.

-Monte les bouteilles, elles nous serviront de projectiles.

-Mourir pour le République, oui. Mais pas de soif.

-Alors, cette idée ? -Elle est là, elle travaille.

Le chauve, là-bas...

C'est un mouchard. -Tu es sûr ?

Y a pas 8 jours, il a failli m'arracher une oreille.

-Je le connais aussi. -Bon, attendez.

-Qui êtes-vous ? -Je vois ce que c'est.

-Mouchard ? -Inspecteur Javert.

-Emmenez-le dans le café. Si ça tourne mal, on le fusille.

Pour le moment, il ne s'agit pas de gaspiller une cartouche.

-On se retrouve.

Tu ne m'as toujours pas rendu mon pistolet.

-Dans le même temps, Jean Valjean, ayant rassemblé ses biens,..

..se préparait à quitter la France.

En attendant ses passeports, il se transportait..

..dans un appartement retiré qu'il venait de louer dans Paris.

-Tu viens ?

Le temps d'obtenir nos passeports et dans 8 jours, on sera à Londres.

7, rue de l'Homme armé.

-"Bien aimé...

Nous allons partir pour l'Angleterre.

Et je mourrai si je te perds.

Rue de l'Homme armé, numéro 7."

-Eponine savait que quels que fussent les événements..

..qui se déroulaient dans Paris, la nuit lui apporterait Marius.

-Cosette...

Cosette...

-Non, pas Cosette !

-Toi ?

-Vous êtes déçu ? -Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je vous attendais. Elle est partie.

Ils ont fermé la maison, ils ne reviendront pas.

-Partie ? Tu sais où ?

-Le monsieur disait : "Bientôt, on sera à Londres".

-Londres ?!

-C'est pas ici, hein ?

-Elle ne m'a pas laissé un mot, un message ?

-Non.

Où allez vous ?

-On se bat, dans Paris.

Je te l'avais dit. -Oui, le grand chambardement !

-J'avais un peu peur de mourir. Maintenant, ça m'est égal.

-Laissez-moi aller avec vous. On va rire.

-Prenons par derrière, il y a un passage.

Une cloche sonne.

-Ecoutez, c'est la cloche de Saint-Merri.

-Monsieur Enjolras, les soldats, ils approchent !

Roulement de tambours.

-Dispersez-vous !

Sinon, nous allons vous donner l'assaut !

-Attendez !

Soldats, écoutez-moi !

La nuit vous cache,..

..mais je connais vos visages. Vous pourriez être mes fils.

En 89, moi aussi j'avais 20 ans ! Je me battais pour la République !

Venez avec nous !

Coup de feu.

-Que chacun défende ce vieillard mort comme il défendrait son père vivant.

Son vêtement sera notre drapeau.

-Attention, alignez-vous !

-Visez bien ! Ne gaspillez pas vos cartouches !

En avant, balayez-moi la canaille ! Feu à volonté !

-Feu !

-Passez les fusils !

-En avant ! Pas de quartier !

-Restez calme !

-Balayez-moi cette canaille !

Enlevez-moi ça !

-Gare au tonneau de poudre ! Sauvez-vous ! Vous allez sauter !

-Vive la République !

Ils se sont sauvés comme des lapins !

-Rechargez vos armes !

Occupez-vous des blessés !

-Sans toi, j'étais fini.

-Bravo, monsieur Marius !

-Monsieur Marius.

Monsieur Marius...

-Attends, je vais t'emmener, on va te soigner.

-J'ai trop mal, laisse-moi ici.

C'est plus la peine.

Reste avec moi.

-Je t'ai vue te jeter au devant des coups de fusils.

Pourquoi tu as fait ça ? -Pourquoi ?

J'ai vu qu'on vous visait, j'ai pas pu...

On se retrouvera après. C'est vrai, qu'on se retrouvera après ?

-Oui.

-Pourtant, si tout le monde se retrouve là-haut,..

..ça doit faire les mêmes drames qu'en bas.

Dans ma blouse, j'ai une lettre pour vous.

Elle était sur le banc.

Je ne voulais pas vous la donner.

Mais c'est drôle, je ne peux pas vous voir malheureux.

Vous vous souvenez quand je vous ai donné l'adresse...

Je vous ai demandé : "Qu'est-ce que vous me donnerez ?

Vous m'embrasserez au jour de l'an ?"

On est qu'au mois de juin.

Promettez-moi... -Quoi ?

-Promets...

-Je promets.

-Quand je serai morte, vous m'embrasserez pour de vrai ?

-Oui.

-Je crois que j'étais un peu amoureuse de vous.

-On coucha Eponine aux côtés du père Mabeuf.

Et Gavroche comprit ce que pouvait être la famille.

Javert, immobile, attendait son sort On avait étendu les morts..

..dans la ruelle. Ils étaient côte à côte,..

..ces hommes faits pour s'entendre et que la société avait séparés.

Grantaire avait réussi à trouver encore quelque chose à boire.

Gavroche jouait... Marius terminait une lettre...

-Tu peux me rendre un service ? -Un service ? Une douzaine.

-Je voudrais que tu portes cette lettre.

-C'est pas l'heure du courrier. -Justement.

Mlle Fauchelevent, 7, rue de l'Homme armé.

-"L'Homme armé", ça me plaît. C'est un nom de circonstance.

-Rue de l'Homme armé, Jean Valjean ne dormait pas.

Il savait qu'on se battait en bas. Mais c'est pas ça qui l'inquiétait.

Il avait fui la police, mais il devinait un autre danger..

..contre lequel il se sentait d'avance désarmé.

Cosette s'était retirée dans sa chambre,..

..dès leur arrivée, et avait refusé de dîner.

-"Bien aimée...

Pour l'Angleterre, mourrai si je te perds."

On tape à la porte.

-C'est pas trop tôt. C'est ici qu'elle habite, Mlle Fauchelevent ?

-Qu'est-ce que tu lui veux ? -Ca la concerne, pas vous.

-C'est une lettre ? -Ca se voit.

-De l'étudiant ? -Vous connaissez M. Marius ?

-C'est un ami. -Il faut que je lui donne.

-Elle dort, je lui donnerai demain. -Non, aujourd'hui. J'attends.

Y a peut-être une réponse. -Donne, je la réveille.

-Dépêchez-vous...

Je dois retourner à la barricade. -Barricade ?

-On fait quoi, nous autres, pendant que vous roupillez ?

J'attends.

-"Bien aimée, adieu. Je vais mourir avec mes amis.

Quand le soleil se lèvera, mon âme sera près de toi."

-Marius...

-Et s'il gardait la lettre...

Cet homme mourrait et elle n'en saurait rien.

Jamais.

Il n'y a qu'à laisser faire.

"Tu l'oublieras et je te garderai."

-Eh bien, je crois que je dormais. La demoiselle, elle est réveillée ?

-Je porterai moi-même la réponse, tu vas me conduire.

-C'est peut-être notre dernier matin, Enjolras.

-Tu regrettes ? -Non. Pas de mourir, mais de tuer.

-Laissez-moi l'officier !

-Quel dommage de tuer ce jeune homme, il pourrait être ton frère.

-Il l'est.

-Canonnier, à vos pièces !

-Soldats, nous allons enlever ça. En avant ! A la baionnette !

Allez sapeurs !

-Feu !

-Ne reculez pas ! -Vite, c'est commencé, là-bas !

-Cessez le feu !

-VICTOIRE !!! -Vive la République !

-Encore une victoire comme celle-là et nous n'aurons plus de cartouches.

-Il paraît que Gavroche entendit cette phrase.

-Je suis né à Nanterre, c'est la faute à Voltaire.

Et non à Palaiseau, c'est la faute à Rousseau.

-Gavroche !

-Joie est mon caractère, c'est la faute à Voltaire.

Misère est mon trousseau, c'est la faute à Rousseau.

Coups de feu.

-Reviens !

-La poudre va aux moineaux, c'est la faute à Rousseau.

J'suis pas propriétaire, c'est la faute à Voltaire.

Je suis petit oiseau c'est la faute à... Rousseau.

Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire.

Le nez dans le ruisseau c'est la faute à...

-Ah ! Touché ! Prends les cartouches !

-Il est mort. -Donnez-le moi.

-Mettons-le à côté des autres. Par ici.

-Et Prouvaire ? -Il est prisonnier.

-En joue !

-Vive la France !

Vive l'avenir ! -C'est Prouvaire.

-Feu ! Tirs.

-Tes amis viennent d'être fusillés.

Le dernier survivant te cassera la tête.

-Voulez-vous que je m'en charge ?

-Vous ? -Oui.

-Tu le connais ? -Oui.

-S'il n'y a pas d'inconvénient, je l'emmène dehors.

-Comme vous l'entendrez.

-Votre situation n'est pas meilleure que le mienne !

Toi, ici... Evidemment, c'est dans l'ordre.

-Lève-toi.

-Prends ta revanche. -Passe devant.

-Attention ! A vos postes !

-Au couteau, tu as raison, ça te va mieux.

-Voilà, vous êtes libre.

Au fond de la ruelle, il y a une palissade, passez par là.

Et si je sors d'ici, je serai au 7, rue de l'Homme armé.

-Je ne comprends pas.

-Vous n'avez jamais rien compris.

Alors...

Roulement de tambours. -Pointez !

Feu !

-Chargez !

Allez, les sapeurs ! A la baionnette !

Allez en avant ! En avant ! Chargez ! En avant !

-Feu ! A volonté !

Ne reculez pas !

-Replions-nous dans le café ! Allez !

Allez !

-Amenez des haches, enfoncez la porte !

-Plus de cartouches, on fait quoi ? -Alors, vite les bouteilles !

-Allez, alignez-vous !

-Attendez !

J'en suis.

Tu ne vas pas partir sans moi.

-Qui êtes-vous ? -Personne.

-En joue !

Feu !

Reposez armes !

-Au cours des premières émeutes,..

..le peuple généreux avait ouvert les portes des prisons.

Avec les innocents étaient sorties les pires canailles.

-Hé là ! -C'est chez moi, on m'a cambriolé !

-Emmenez-le ! -Je ne suis pas un révolutionnaire.

Je suis un honnête homme. J'ai les mains propres.

Attention, ça tire là-bas !

-Oh là... Mauvais, tout ça !

-L'émeute raffermit les gouvernements qu'elle ne renverse pas.

Elle éprouve l'armée, concentre la bourgeoisie..

..et étire les muscles de la police. Il faut traquer les survivants.

-Certains ont pu s'enfuir par les égouts, mais où iront-ils ?

D'ici un quart d'heure, toutes les issues seront occupées.

L'armée à placé des patrouilles dans les collecteurs.

-Je félicite notre ami Javert d'avoir réussi à s'échapper.

Assurez et faites garder la fermeture des grilles.

-Ils tomberont entre nos mains ou ils crèveront comme des rats.

-Au milieu même de la ville,..

..Jean Valjean était sorti de la ville.

Il avait passé du plein jour à l'obscurité, du fracas au silence.

Du tonnerre des explosions à la stagnation de la tombe.

Ce labyrinthe avait un fil : sa pente.

Suivre la pente, c'était aller à la rivière... au salut.

-Tu as entendu ? Ca bouge là-bas ! -Oui.

-Hé là ! Ici 6e de ligne, sergent Lachenal.

-Vous feriez pas mal de faire un peu attention.

Vous avez failli nous tirer dessus. -On avait aperçu quelque chose.

-Vous avez bu un coup de trop, non ?

-Chef...

-Part à deux !

Je comprends, maintenant, pourquoi les cognes te cherchent.

C'est du travail en grand ! Et toi qui me traitais de canaille.

C'est pas plaisant ! Alors, bonne affaire ?

-Touche pas ! Touche pas ! -Tu es trop fort, tu fais mal.

Tu veux la sortie ? J'ai un passe-partout.

-Comment ? -Regarde la clé des champs.

Mais faut partager.

D'accord, mais ton pente...

Il ne faut pas le laisser là, il faut le foutre à la Seine.

-Compte sur moi. -Tu veux un coup de main ?

-Non. -Egoiste.

-Je vous ai déjà dit que j'étais votre prisonnier.

Mais auparavant, laissez-moi le porter chez lui.

-Marius Pontmercy est un meneur, il appartient à la justice militaire.

-Il a déjà payé. -Oui, mais il n'est pas mort.

-Tenez, c'est ce qu'il avait sur lui.

-"Prière de ramener mon corps à mon grand-père, M. Gillenormand.

Rue des Filles du Calvaire, No 25."

Appelle un fiacre !

Sonnerie

-Qu'est-ce que c'est ?

Qu'est ce que c'est ? -Monsieur Gillenormand ?

-Oui. On rapporte son petit-fils.

-Oh, monsieur Marius !

Etendez-le là !

Mon Dieu ! Que lui est-il arrivé ?

-Il est allé à la barricade. -Marius ! Marius, mon petit !

Il s'est fait tuer aux barricades ! En haine de moi !

Va chercher le médecin, imbécile ! C'est contre moi qu'il a fait ça !

C'est comme ça qu'on me le ramène. Oh, misère de ma vie !

Je vous suis. -Marius !

Marius, mon petit, tu es vivant ! Il est vivant !

-Je vous demande encore une chose : rentrer chez moi un moment.

Après, vous ferez de moi ce que vous voudrez.

-Au 7, rue de l'Homme armé.

-Attendez-moi, je ne serai pas long.

-Un instant... Pourquoi m'avez-vous sauvé la vie, ce matin ?

-Vous ne savez pas pourquoi ? -Non.

-Je vous plains.

-Jean Valjean voulait dire à Cosette..

..que rien ne l'empêchait plus d'être heureuse..

..si l'homme qu'elle aimait survivait..

..à ses blessures.

La rue était déserte.

Javert avait disparu.

-La vie avait repris son cours.

L'espoir et l'amour reprenaient leur place.

Chez M. Gillenormand...

Grand-père et petit-fils avaient fait la paix.

Tous les après-midi, ils recevaient la même visite.

-Sont-ils gentils, tous les deux ?

-Tout irait mieux si je pouvais savoir.

-Savoir quoi ? -Tout est flou. Quel est cet homme ?

Il m'a porté et sauvé, et ne veut pas se faire connaître.

-Le lendemain, c'était le mariage.

-Vous êtes blessé ? -C'est en fendant du bois.

-Laissez-moi voir. -Non, c'est rien.

Je vais arranger ça moi-même.

-Fiévreux à la suite de sa blessure..

..Jean Valjean se déclara incapable d'assister à la cérémonie.

-Je suis en retard !

Oh, vous allez être tout seul !

Vous n'êtes pas triste ?

On viendra vous voir demain.

Est-ce que je suis belle ? -Très belle.

-Vous êtes content ? -Très.

-Eh ben alors, riez !

C'est toi qui tiens ma main quand je marche dans l'ombre.

Et les rayons du ciel me viennent de tes yeux.

-Si j'étais roi des rois, je donnerais l'empire et mon char...

Et mon peuple à genou, pour un regard de vous, Cosette.

-Je ne suis plus Cosette. -Et qui es-tu ?

-Je m'appelle Marius, je suis madame Toi.

On frappe. -Entrez !

Oh, Monsieur !

Je préviens Mademoiselle. Non, Madame...

-Non, ne la dérangez pas, Toussaint.

C'est à M. Pontmercy que je veux parler.

-Bonjour. Cosette sera heureuse de voir que vous allez mieux.

Nous avons été un peu surpris hier, de votre absence.

-Monsieur, je tenais à vous voir pour vous dire ceci...

Je suis un ancien forçat. J'ai pas mal à la main, j'ai jamais eu mal.

C'était pour ne pas assister au mariage.

Pour ne pas signer, ne pas faire un faux.

-Ca signifie quoi ? -Que j'ai été 19 ans aux galères.

Condamné à perpétuité pour récidive. Je m'appelle Jean Valjean.

-Depuis longtemps, je me doutais de quelque chose.

Quelque chose d'affreux qui se cachait derrière vous.

Et pourquoi me le dire aujourd'hui ?

-Parce que Cosette disait qu'on vivrait en famille.

Je ne peux être d'aucune famille. Tant qu'elle n'avait que moi,..

..j'étais obligé d'accepter pour elle le danger de ma présence.

Je vous l'ai confiée, moi je dois disparaître de sa vie.

Promettez-moi qu'elle ne saura rien. -C'est promis.

-Merci.

Je vous demande la possibilité de la voir de temps en temps.

Je l'ai eue très petite, je pense que vous comprendrez cet amour-là.

Même venant d'un homme comme moi.

Je pourrais passer dans le quartier et lui dire bonjour.

-Il ne vaut mieux pas.

Chaque fois que vous entrerez ici, j'aurai peur pour elle.

Mieux vaut qu'elle vous oublie. -J'ai été tout, pour elle !

Je crains que si elle ne me voit plus elle soit malheureuse.

Vous n'y croyez pas ? Vous pensez que pour elle, sauf l'amour..

..rien n'existe ?

-Père, vous êtes là et on ne m'a rien dit !

-Je viens te faire mes adieux. -Vos adieux ?

-Je pars en Angleterre. -Encore cette Angleterre !

Je la déteste, elle veut toujours me séparer de ceux que j'aime !

Maintenant que vous êtes débarrassé de moi, c'est bien d'en profiter.

-Je compte m'y fixer pour toujours. -Pour toujours ?

Vous vous y ennuierez, il pleut sans cesse ! Vous nous écrirez ?

-Bien sûr. -Père craignait ton opposition.

-Moi ? Pourquoi ? -Une idée comme ça.

-Madame est servie.

-"Madame !"

-Bon... Eh bien, je vous laisse.

Adieu, Cosette. -Adieu ?

Au revoir.

-Au revoir.

-Pitié pour les malheureux, mais indulgence pour les heureux.

-Une vieille dame qui avait des rhumatismes..

..et rien d'autre à faire que de regarder par la fenêtre,..

..remarqua l'étrange promenade d'un homme..

..qui semblait vieillir à vue d'oeil.

-Cosette !

-Marius de son côté, était obsédé..

..par le pensée de cet homme à qui il devait la vie..

..et qui ne s'était jamais fait connaître.

-La personne attend.

-"Monsieur le Baron...

Si l'Etre Suprême m'en avait donné les talents,..

..j'aurais pu être le baron Thénard, membre de l'Institut.

Mais je ne le suis pas. Je porte seulement le même nom que lui.

Je porte aussi un secret concernant une personne.

Cette personne vous concerne. Thénard."

Thénard... Tu me laisses un instant ? -C'est une femme ?

-Mais non.

Faites entrer !

-J'ai déjà eu l'honneur de rencontrer Monsieur le Baron.

C'était chez Madame la Comtesse de Bagration, je crois.

-Je ne connais pas Madame Bagration. -Ah.

Alors, c'était chez Chateaubriand !

Je connais beaucoup Chateaubriand. Il est très affable.

-Et alors ?

-M. le Baron n'a pas lu ma lettre ? J'ai un secret à lui vendre.

-Quel secret ?

-Monsieur le Baron, vous avez chez vous..

..un voleur et un assassin.

-Chez moi ? Non.

-Assassin et voleur ! Je ne parle pas de faits anciens.

Non, mais de faits récents, actuels et encore ignorés de la justice.

Cet homme a gagné votre confiance sous un faux nom.

Je vous dis son vrai nom.

Et vous le dire pour rien.

Il s'appelle... Jean Valjean !

-Je le sais. -Ah.

Mais ce que vous ignorez, c'est que c'est un ancien forçat.

-Je le sais.

-M. le Baron m'étonne. En tout cas, il voit que je suis bien renseigné.

Mais ce que j'ai à vous apprendre n'est connu que de moi.

C'est un secret extraordinaire.

Je le vends... 20 000 francs. -Je connais ce secret aussi.

-Mettez 10 000 F et je parle. -Vous ne m'apprendrez rien.

-Il faut quand même que je dîne, ce soir !

-Je sais tout et même votre nom !

-Je vous l'ai écrit. Thénard. -Dier !

-Comment ? -Thénardier.

-Thénardier ? -Jondrette, le poète Alvarez...

Fabantou, l'artiste, le père d'Eponine et de Gavroche.

-Là, vous me faites mal.

J'ai perdu ma grande fille, mon pauvre petit garçon.

Ils sont morts pour la République.

C'est vrai, je suis Thénardier.

-Vous voyez que j'en sais aussi long que vous.

Jean Valjean a été condamné pour vol. Un bien petit vol.

-Ce qui n'empêche pas le même Jean Valjean..

..d'être un voleur et un assassin.

-Expliquez-vous ! -Le 6 juin, jour de l'émeute...

Pour des raisons personnelles, j'étais dissimulé dans l'égout.

-L'égout ? -Qui donne dans la seine.

Certaines circonstances obligent parfois un honnête homme..

..à mettre les pieds dans l'eau sale.

Et j'ai aperçu quelqu'un que je connaissais bien.

C'était notre homme. -Jean Valjean ?

-Il n'était pas seul, il portait quelqu'un sur son dos.

Un jeune homme couvert de sang. Flagrant délit d'assassinat.

Le vol était le mobile du crime. -Ce jeune homme n'avait rien !

-Pour le faire sortir, J. Valjean m'a proposé la moitié de son butin.

C'est un homme d'une force terrible, j'ai pas pu refuser.

-Vous veniez accuser un homme, vous l'avez justifié.

Je vous considère comme un canaille ! -Le mot est gros.

Je vous connais ! Mais j'ai envers vous une dette.

Demain, je vous donnerai assez pour partir aux Amériques.

-Merci, mais je ne comprends pas. -Ne comprenez pas, mais sortez !

-Comme il plaira.

Vous avez bien dit demain ? -Sortez !

-Il faudrait le faire porter à l'hôpital.

Il n'a pas de domestique.

Moi, je ne peux pas être tout le temps là à le garder.

J'ai ma loge. -L'hôpital, ce n'est plus la peine.

C'est un homme usé qui a dû perdre quelqu'un qui lui était cher.

On meurt de ça. -Reviendrez-vous, docteur ?

-J'aimerais mieux que ce soit un autre...

-Père, vous êtes malade ! Pourquoi n'avez-vous rien dit ?

-Ah, c'est toi mon enfant ! Tu es venue. Comme c'est gentil !

Vous aussi, vous êtes venu ? -Je vous demande pardon.

Maintenant, je sais tout. Elle aussi.

Venez avec nous, vous serez heureux. -On ne vous quittera plus !

-Demain, je viens vous chercher. -Il est trop tard.

-Non, il n'est pas trop tard !

-Ne pleure pas, mon petit. J'avais si peur de ne plus te voir.

Et tu es venue... Je suis si heureux !

Tu te souviens de Montfermeil et de la forêt ?

Quand j'ai porté ton seau et pris ta main pour la première fois ?

Et la grande poupée ?

Tu sais qu'elle est toujours là, la grande poupée ?

Et le couvent, quand tu mettais des cerises à tes oreilles ?

Dis-moi, mon enfant...

Il est temps que tu saches le nom de ta mère.

Elle s'appelait Fantine. Rappelle-toi bien de ce nom.

Fantine. Tout ce que tu as eu en bonheur,..

..elle l'a eu en malheur.

Elle t'a beaucoup aimée et elle a beaucoup souffert.

-Père !

-Ah, mes enfants !

Il faut que je vous avoue quelque chose, Marius.

Je ne vous ai pas toujours aimé, mais il ne faut pas m'en vouloir.

Je vous en demande pardon.

Mais vous deux, aimez-vous bien. Toute la vie.

Parce que finalement une seule chose compte, dans le monde...

Aimer. Aimer.

Tu emporteras ces deux flambeaux.

J'espère que celui qui me les a donnés est content de moi.

En tout cas, j'ai fait de mon mieux.

Autre chose...

N'oubliez pas que je suis un pauvre.

Et quand je partirai...

Je veux qu'on m'enterre sous une pierre simple, sans nom.

Et ça, c'est ma volonté.

Mon petit, tu es là...

Je suis heureux.

-Il dort. Quoique le sort fut pour lui bien étrange.

Il vivait, il mourut quand il n'eut plus son ange.

La chose simplement d'elle-même arriva.

Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.

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