All language subtitles for Grace a Dieu aka By the Grace of God

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Original subtitles

Seigneur Jesus Christ,

dans cet admirable sacrement

tu nous a laiss� le m�morial de ta passion...

donnes nous de v�n�rer d'un aussi grand amour...

le myst�re de ton corps et de ton sang

que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta r�demption

Toi qui r�gnes pour des si�cles et des si�cles. Amen.

Ben, faut y aller l� !

Je finis la page.

Marie.

Je m'appelle Alexandre Gu�rin.

Marie...

J'ai 40 ans, je suis mari�, et p�re de 5 enfants.

Ils sont scolaris�s au Lazariste � Lyon,

o� ma femme est elle-m�me enseignante.

Apr�s avoir �t� longtemps dans le doute, puis en conflit avec l'�glise,

j'ai toujours gard� un contact intime avec l'amour du Christ.

et j'�l�ve mes enfants dans la foi de son amour.

J'ai crois� il y a quelques temps le p�re d'un petit gar�on

dans la m�me �cole que mes enfants...

Comme moi il �tait aux scouts de Saint Luc � Sainte-Foy-l�s-Lyon...

Nous nous sommes rappel�s nos souvenirs d'enfance, l'�cole, les camps de scout

Et il m'a pos� cette question qui trotte encore dans ma t�te...

Toi aussi tu t'es fait tripoter par le p�re Preynat ?

C'est certainement cette discussion et cette phrase

qui m'ont permis de vous �crire.

Je n'irai donc pas par 4 chemins,

durant pr�s de 2 ans, aux scouts, entre ma 9eme et ma 12eme ann�e,

j'ai souffert des attouchements du pr�tre Bernard Preynat

qui s'occupait des enfants.

Apr�s un camp au Portugal,

o� le p�re avait encore essay� de me forcer � le masturber,

j'ai fuit les scouts � mon retour en France.

Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir,

mais dis seulement une parole et je serai gu�ri.

Le corps du Christ...

Malheureusement l'histoire ne s'arr�te pas l�...

Je d�couvre alors, il y a 1 mois par hasard

que le p�re Preynat est revenu sur la r�gion de Lyon...

depuis plusieurs ann�es... comme avant,

et qu'il est intervenu pour la pastorale de certains coll�ges.

M�me si j'ai pu pardonner ce que j'ai pu,

et que l'ombre de sa trace m'accompagnera encore tout au long de ma vie,

de nombreuses questions me hantent.

Etiez-vous au courant ?

A-t-il eu des sanctions ?

A-t-il �t� condamn� ?

Pourquoi cet homme s'occupe-t-il encore d'enfants ?

N'ayons pas peur d'avoir peur...

...peur pour nos enfants.

Respectueusement, Alexandre Gu�rin.

Monsieur, Pierre Durieux m'a transmis votre message...

terrible t�moignage...

et l'on comprend qu'il vous ait fallu tant de temps pour pouvoir le mettre par �crit.

Merci de vous �tre adress� � nous avec confiance.

Je pense � vos enfants et � toute votre famille...

que nul parmi eux, n'ait � souffrir des cons�quences lointaines de ces actes.

Pierre Durieux vous a donn� les coordonn�es de Madame R�gine Maire

qui accepte de recevoir et d'�couter

ceux qui ont v�cu de telles souffrances par la faute d'un pr�tre.

Que le seigneur nous �claire sur la bonne mani�re d'agir.

et qu'il gu�risse tout ce qui doit l'�tre dans son �glise.

Philippe Barbarin.

...ces samedis apr�s-midi il m'emmenait dans le local photo de la paroisse.

� droite, quand on regarde la place St Miko derri�re l'�glise.

c'�tait sombre, tranquile...

Il fermait la porte, et me prenait dans ses bras.

Il passait sa main dans mon short bleu-marine.

Je bougeais pas.

Il me serrait fort.

Tr�s fort.

IL m'embrassait dans le cou...

Il se frottait contre ma jambe...

Il me disait "Je t'aime"...

Apr�s, il me disait, "c'est notre secret"

Toujours d'un ton bienveillant.

En sortant, je retrouvais les autres.

Et bizarrement je ressentais un sentiment de fiert�

d'�tre l'�lu du p�re Bernard.

Mes parents, les amis de mes parents, tout le monde disait...

il est exceptionnel...

si tous les hommes d'�glise �taient comme lui...

Ca a dur� combien de temps ?

Jusqu'au Portugal... en 1986.

C'�tait un camp d'�t�...

organis� pour les scouts du groupe Saint Luc

par le p�re Bernard, chaque ann�e.

Pendant les 7 jours du s�jour, j'ai essay� de l'�viter.

Je trouvais sans cesse un pr�texte pour ne pas me retrouver seul � c�t� de lui.

J'avais peur qu'il me demande de l'accompagner.

Plusieurs fois il m'a demand� de le rejoindre mais...

j'ai toujours trouv� une excuse.

Et puis il y a eu le tournoi de foot.

Le camp �tait vide.

Les tentes o� nous dormions le soir aussi.

Je ne me souviens plus pourquoi, mais � la mi-temps,

je suis all� chercher mon m�dicament

...j'ai une maladie chronique depuis la premi�re fois o� il a abus� de moi.

Et l�, le p�re Bernard me suit dans ma tente.

Il m'allonge.

Il se couche � c�t� de moi...

et je sens son poids.

Son gros ventre sur moi... et �a recommence.

Il m'embrasse avec la langue.

Il descend ma braguette.

Il met sa main...

Il se frotte.

Il respire fort.

Et il m'a mis... ma main sur son sexe.

Il n'y a personne � part nous... Et le le sens plus... pressant.

Excit�.

Soudain j'entends quelqu'un dehors, et j'en profite.

C'est comme un d�clic.

Je sors, et je vais retrouver le terrain de foot.

Excusez-moi.

Je vous remercie de vous �tre confi� Alexandre.

Ce genre de choses sont arriv�es... h�las elles arrivent encore.

A l'�poque, la coutume �tait de d�placer le pr�tre.

Mais vous connaissez le p�re Preynat ? - De nom, oui.

Pas personnellement.

Tu reprends...

Alors ?

Je lui ai tout racont�.

Et qu'est-ce qu'elle a dit ? - Pas grand chose.

Elle m'a �cout�... et on a pri�...

Alors il faut que tu parles aux enfants maintenant. Que tu leur expliques.

Tu crois ? - Oui.

Ils vont me poser des questions.

Ils voient que tu es pr�occup�.

Surtout les grands.

J'ai toujours eu l'impression que ma famille m'avait abandonn�.

Qu'ils m'avaient envoy� aux scouts pour se d�barrasser de moi.

Mais c'est pas vrai.

Papi et Mamie t'ont pas abandonn�. - Non.

Mais au fond de moi, je leur en veux de ne pas m'avoir prot�g�.

Donc c'est pour �a que tu ne voulais pas qu'on aille aux scouts.

Ouais.

Et tu leur a dit, � papi et Mamie ?

Ben, � 17 ans, quand j'ai �t� capable de tout leur raconter, ils m'ont �cout�.

Mais j'ai senti que �a ne les int�ressait pas.

Ils ne voulaient pas se sentir coupables. - Oui, peut-�tre.

Maintenant que j'ai vu la psychologue de l'�glise

Barbarin a propos� que je rencontre le pr�tre qui a abus� de moi.

Et je sais pas quoi faire. - Il va peut-�tre te demander pardon.

Oui, peut-�tre. - Et tu vas lui pardonner ?

Je sais pas si c'est possible.

Et pourquoi tu fais tout �a Papa ?

pour que ce que j'ai subi ne se reproduise plus.

Et puis pour vous.

S'il vous arrive quelque chose

vous saurez maintenant qu'il ne faut pas avoir peur de parler.

Bonjour p�re, j'ai rencontr� Alexandre cet �t�

J'ai trouv� un homme sans amertume et en paix.

Le cardinal m'a dit que vous seriez d'accord pour le rencontrer...

et je vous en remercie car cela sera facteur de paix et de gu�rison.

Souhaitez-vous prendre directement contact avec lui,

venez-vous de temps en temps � Lyon ?

En ce moment Alexandre est souvent sur Paris pour son travail.

Merci de votre r�ponse, et que dieu b�nisse votre minist�re.

Cordialement. R�gine Maire.

Lave moi de mes fautes, seigneur...

et purifie-moi de mon p�ch�.

Bonjour R�gine, et grand merci pour votre m�diation.

Car c'en est une.

Je ne demande pas mieux que de rencontrer Alexandre, s'il le d�sire.

Peut-�tre pouvez-vous lui demander 2 ou 3 moments, o� il serait disponible

et je me d�brouillerai pour venir � Lyon.

Il faudra d�finir un lieu de rendez.vous.

Ou, s'il pr�f�re que je le contacte,

si c'est plus simple, je vous laisse voir avec lui.

Merci de prier pour moi. Bernard.

Alexandre, je viens d'avoir une r�ponse positive de Bernard Preynat.

Il est pr�t � venir � Lyon, et souhaite que vous lui proposiez

2 ou 3 moments o� ce serait possible pour vous.

Pour le lieu, ce pourrait �tre la maison dioc�saine.

o� nous nous sommes rencontr�s.

Bien � vous. R�gine Maire.

C'est une bonne nouvelle, m�me si elle est un peu stressante.

Je retravaille sur Paris depuis quelques jours.

je trouve 2 ou 3 dates o� je suis sur Lyon et je vous dis.

La maison dioc�saine est parfaite.

J'aimerais aussi que vous soyez l�... pour �couter.

Tu ne veux plus y aller?

Je ne sais plus.

R�gine Maire m'a racont� qu'un jour elle avait organis� une rencontre

entre un pr�tre et une femme qu'il avait abus�e

et que �a s'�tait mal pass�.

Pourquoi ? - J'sais pas, elle m'a pas dit.

Tu as peur, c'est normal. - Non.

C'est pas que de la peur.

C'est de la col�re.

De quoi ? - Ben, qu'il nie.

Qu'il dise que je mens, que �a ne s'est pas pass�.

Et puis que �a ne serve � rien.

C'est un risque.

Si tu n'y va pas, tu le regretteras.

Ce que je veux, c'est qu'il avoue.

Et que le dioc�se, Barbarin, et tous les autres soient t�moins.

Qu'ils l'entendent.

Alors il faut que t'y ailles.

Bonjour p�re.

Bonjour R�gine. - Merci d'�tre venu.

Bonjour Alexandre.

Bonjour mon p�re.

Alors... comment �a va ?

En bonne sant� ?

Oui, �a va.

R�gine m'a dit que tu travaillais � Paris.

Oui... dans une banque.

Et... tu es mari� ?

Oui.

Tu as des enfnts ? - Oui, j'ai 5 enfants.

Ah... bien !

Je suis heureux de voir que... tu as fond� une famille, une famille nombreuse.

Vous vous souvenez de ce que vous m'avez fait, enfant ?

Dans le labo photo, les samedis apr�s-midi de 1983 � 1986 ?

Oui...

Et au Portugal, vous vous en souvenez aussi ?

Oui Alexandre, je m'en souviens. - Sous la tente.

Vous m'avez embrass� avec la langue.

Serr� contre vous.

D�shabill�.

Carress� le sexe.

Et fait toucher le v�tre. - Oui...

C'est une ombre sur ma vie...

et toute ma vie j'ai d� vivre avec �a.

J'ai une attirance depuis toujours pour les enfants,

et �a a toujours �t� une souffrance pour moi.

Une souffrance pour vous ?

Et pour moi ?

Je sai le mal que j'ai fait aux enfants...

mais c'est une maladie...

j'ai essay� de me faire soigner, plusieurs fois.

Est-ce qu'il y a eu d'autres enfants comme moi ?

Oui.

Il y en a eu de tr�s nombreux...

chez les scouts surtout.

C'�tait un autre temps.

Est-ce que vous accepteriez aujourd'hui publiquement,

de reconnaitre les attouchements que vous m'avez fait subir ?

C'est important pour moi.

Je comprends, Alexandre... mais publiquement euh...

je dois t'avouer que je veux �viter...

les d�bordements ou agressions physiques que �a pourrait provoquer.

Comment �a ?

Il y a quelques ann�es, j'ai �t� agress� et molest�

dans le jardin de ma maison de campagne.

par des parents, violents,

hyst�riques,

Mais enfin, vous aviez abus� de leurs enfants...

Oui, mais ce n'est pas une raison pour �tre violent !

Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ?

Il faut que vous compreniez que vous �tes un p�dophile.

Et que la col�re et la violence de ces parents contre vous n'est rien

par rapport � la souffrance que vous avez fait subir � leurs enfants.

P�re Preynat,

voulez-vous ajouter quelque chose ?

Non.

Vous adresser directement � Alexandre ?

Non.

Alexandre.

Non, c'est bon pour moi.

Bien, je vous invite � vous lever.

Notre p�re, qui �tes aux cieux,

que ton nom soit sanctifi�

que ton r�gne vienne

que ta volont� soit faite sur la terre comme au ciel

donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour

Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi

� ceux qui nous ont offens�s

Ne nous soumet pas � la tentation

mais d�livre du mal

Amen

Je vous salue Marie, pleine de gr�ce,

le Seigneur est avec vous

Vous �tes b�nie entre toutes les femmes

et J�sus, le fruit de vos entrailles est b�ni

Sainte Marie, m�re de Dieu

priez pour nous, pauvres p�cheurs,

maintenant et � l'heure de notre mort.

Ainsi soit-il.

Amen.

Au revoir R�gine. - Merci p�re.

Ca va mon grand ?

Ca va les enfants ?

Oui papa.

Papa... - Oui ?

Il est malin, hein...

Il sait que �a fait plus de 30 ans, c'est prescrit...

Il ne risque plus rien maintenant.

Ce qui compte c'est qu'il a avou� devant une repr�sentante de l'�glise

qui va aller tout raconter � Barbarin,

comme �a ils vont le d�gager une bonne fois pour toutes.

Esp�rons.

Mais moi, j'y crois pas trop.

Mais si, Barbarin c'est un homme courageux.

Il a du puvoir , et il a toujours d�nonc� la p�dophilie au sein de l'�glise alors...

Attends, je suis s�r qu'au dioc�se

tout le monde savait pour Preynat personne n'a rien dit,

Personne n'a rien fait pendant toutes ces ann�es.

Tu sais ce qu'il faudrait faire ?

Il faudrait que tu t�moignes, toi aussi.

Que tu racontes ce qu'il t'a fait comme �a ils verront que je suis pas tout seul

et qu'il y a d'autres victimes

Je sais pas... - Mais si, il faut que tu parles.

J'te donne leur mail, et tu leur �cris.

Ecoute Isabelle flippe un peu avec toute cette histoire.

Elle a peur que �a se sache, les rumeurs...

Je sens que pour notre couple se serait compliqu� de m'exposer comme �a.

C'est que au sein de l'�glise. - Oui ben, justement je pr�f�re pas

tu connais la famille d'Isabelle.

Madame, je vous remercie pour votre d�marche...

Je pense que malgr� votre compassion,

cette situation n'a pas d� �tre si facile pour vous.

Penser � tous ces enfants et � ce pass� si sombre de notre histoire

avec un p�dophile devant soi, qui avoue ses crimes

cela nous am�ne certes � la question du pardon

mais aussi � l'innoncence bris�e.

Pas �vident...

Avec toutes mes pri�res, Alexandre.

Qu'est-ce qu'il y a ? - Elle m'a pas r�pondu.

Ben, c'est le week end, c'est normal, elle r�pondra lundi.

Apr�s ce qu'il s'est pass� je pensais qu'elle allait m'annoncer tr�s vite

qu'il �tait sanctionn�.

Elle vous a r�unis, il a avou�... Elle a fait son travail.

Maintenant c'est � Barbarin de d�cider et d'agir.

Eh ben j'esp�re qu'elle va bien tout lui dire.

Elle vous a enregistr� ? Elle a tout not� ?

Non.

Mais �a va, je m'inqui�te pas.

Alexandre, merci pour votre message,

moi aussi je souhaitais vous joindre.

Bon, la rencontre a eu lieu, c'est d�j� un pas.

Mais j'aurais attendu un pas de plus.

Une vraie demande de pardon.

Mais les pr�tres en sont-ils capables ?

Je me sens petite, l� devant.

J'esp�re que cette rencontre a eu pour vous un go�t de paix et de gu�rison

d'un pass� douloureux... qui laissera toujours une cicatrice, certes...

mais qui avec la gr�ce se ferme si nous ne la grattons pas trop.

Mais elle est bien l�.

Mais, il n'y a rien de Barbarin, c'est bizarre !

A mon avis, pour elle c'est r�gl�, m�me si Preynat ne t'a pas dit "pardon".

Bon il faut que je continue � leur �crire - Ah oui, la r�ponse est trop l�g�re.

Cette histoire de cicatrice qu'il faut pas trop gratter...

�a, de la part d'un psychologue, c'est pas fin...

Encore une fois, je suis tr�s serein, sans agressivit� ni haine.

mais c'est notre devoir envers l'�glise de mettre un nom sur ce qu'il est

sans avoir peur, sans avoir honte...

Le p�re Preynat est un p�dophile.

Peu importe que ce soit hier ou aujourd'hui.

Je prie pour que Monseigneur Barbarin ait le courage de dire "Stop".

et de combattre ce fl�au, qui a tant bless� l'�glise et ses enfants.

J'esp�re que Monseigneur Barbarin me permettra de m'entretenir avec lui

Je compte sur vous pour relayer ce message.

Maman, elle est o� ma chemise ?

Vous ne m'en voudrez pas de mettre en copie pour information

et pur hasard de date, mes 2 gar�ons, Victor et Gauthier,

qui seront confirm�s par notre ev�que ce samedi

et qui me soutiennent dans mon chemin de v�rit�.

Et toi ?

Monsieur, comme vous le souhaitiez

R�gine Maire m'a transmis le mail que vous lui avez adress�.

Alors que cette rencontre

�tait manifestement faite pour qu'il vous demande pardon,

c'est pour moi incompr�hensible que ces paroles ne soient pas venues.

Je suis pr�t � vous recevoir, bien s�r

...je suis pr�t � vous recevoir, bien s�r

Samedi apr�s la confirmation de vos fils

ce ne sera peut-�tre pas un bon moment car vous souhaiterez sans doute �tre en famille

Au moins nous pourrons nous saluer,

et si ce n'est pas possible de parler � ce moment l�

trouver un autre moment.

Accompagnons de notre pri�re tous les jeunes qui vont �tre confirm�s samedi.

Philippe Barbarin.

Par le bapt�me, tu les as d�livr�s du p�ch�.

Tu les as fait rena�tre, de l'eau et de l'esprit

Comme tu l'as promis, r�pands maintenant sur eux

ton esprit saint.

Donne leur en pl�nitude l'esprit qui reposait sur ton fils J�sus.

Esprit de sagesse et d'intelligence.

Esprit de conseil et de force, esprit de connaissance

et d'affection filiale.

Emplis les de l'esprit d'adoration.

Par J�sus Christ notre sauveur

qui est vivant,

pour les si�cles des si�cles...

Amen.

Gauthier...

Soit marqu� de l'esprit saint.

Le don de Dieu.

Victor...

Soit marqu� de l'esprit saint.

Le don de Dieu.

Les gar�ons ont �t� adorables.

Et Barbarin a fait un tr�s beau sermont.

Ouais.

Il a accept� de me rencontrer pour parler de Preynat.

Vraiment ?

Ben, vous savez que c'est important pour moi.

Ca fait plus de 30 ans Alexandre. - Oui, ben, j'ai besoin de lui parler.

A quoi bon le d�ranger avec ces vieilles histoires

il n'�tait pas � Lyon � cette �poque, il n'y est pour rien.

Maman, il s'agit d'aujourd'hui,

du p�re Preynat, toujours en contact avec des enfants.

Mais c'est devenu un vieillard inoffensif et s�rement malade.

Et alors, c'est pas une raison pour que l'�glise

ne fasse rien et ne le condamne pas.

Qu'est ce que tu veux qu'il fasse aujourd'hui ?

Ca ne sert plus � rien.

Barabarin pourrait le destituer.

Ce serait un acte fort... Symbolique.

qui prouverait que l'�glise est bien du c�t� des victimes

et condamne la p�dophilie.

Vous en avez parl� � Papa ?

Vaguement. - Et qu'est-ce qu'il dit ?

Que tu as toujours �t� dou� pour remuer la merde.

Quand preynat a �t� mut� � Mulhouse en 91

et que je vous ai tout racont� vous auriez pu agir, mais vous avez rien fait.

Tu avais d�j� 17 ans.

Ca va ? - Non je veux partir.

D�j� ? - Je peux plus les voir.

Tu leur a parl�...

Ma m�re ne comprend pas pourquoi je "d�range" Barabarin.

T'aurais d� attendre ton rendez-vous.

Bon, on y va ?

Maman, on part.

A l'attention de Pierre Durieux,

Ce fut une grande joie que mes 2 gar�ons soient confim�s par Monseigneur Barabarin.

La c�r�monie fut merveilleuse.

Il devait me joindre pour que nous fixions un rendez-vous.

Je lui avais donc r�pondu promptement.

J'ai peur qu'il ne recoive pas mes r�ponses.

Cela arrive souvent avec les mails.

Je ne veux surtout pas le brusquer,

mais vu la r�activit� dont il avait fait preuve

en m'�crivant , suite au mail de R�gine Maire, je voulais v�rifier.

Vous pouvez me suivre ?

Est-ce que vous aimez le jus de raisin ? - Euh... oui.

Alors ? Comment allez-vous depuis votre confirmation ?

Tr�s bien, mais pour notre p�re, c'est compliqu�.

Votre p�re Alexandre, a beaucoup de courage d'oser t�moigner...

pour que la v�rit� soit dite.

Et que Justice soit faite.

Oui, c'est difficile pour lui. On voudrait l'aider.

C'est tr�s beau de voir des jeunes gens comme vous, s'inqui�ter pour leur p�re.

Je ne savais rien des agissements criminels de p�re Preynat.

Monseigneur Decourtray qui s'�tait occup� de lui � l'�poque, n'est plus de ce monde.

Et on ne peut pas revenir sur le pass�.

Mais maintenant je suis l�, et vous pouvez compter sur moi.

Ce qui compte, c'est de prier pour votre p�re,

ainsi que pour tous les p�cheurs de notre �glise.

Vous savez, de tels actes sont toujours r�voltants

qu'ils soient commis dans les familles, le...

l'�cole, le monde du sport

mais ils le sont doublement quand les coupables sont des pr�tres

dont la mission est d'annoncer le Christ,

et la joie de l'�vangile.

Certes pour le p�cheur, il y aura toujours une porte de mis�ricorde.

Mais pr�tre, et p�dophile, sont 2 mots incompatibles.

Et... quand allez-vous le rencontrer ?

Mais tr�s bient�t... Mon emploi du temps �tait derni�rement tr�s charg�.

Bon... R�gine, s'il vous pla�t.

J'en ai d�dicac� un exemplaire pour votre p�re.

Notre p�re qui �tes aux cieux, que ton nom soit sanctifi�,

que ton r�gne vienne,

que ta valont� soit faite sur la terre comme au ciel,

donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour,

pardonne nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi � ceux qui nous ont offens�...

J'ai envie de les jeter. - Ben arr�te, il est de notre c�t�.

Les enfants t'avaient pr�venue qu'ils allaient le rencontrer ?

Non, si j'avais su, je leur aurais dit de pas y aller.

Pourquoi ?

Il aurait pu les manipuler. - Mais il l'a pas fait.

Au contraire.

Je sais pas, j'ai l'impression qu'il essaie de nous endormir.

de t'anesth�sier.

D'abord avec R�gine Maire, puis avec Preynat,

Maintenant en recevant les enfants...

C'est bizarre, la seule chose qui semble les obs�der et les �nerver

c'est que Preynat n'ait pas demand� pardon - Ben c'est normal.

Ils croient � la r�demption, � la force du pardon...

Tu vois, si Preynat s'�tait agenouill� devant moi

et m'avait demand� pardon...

je sais pas ce que j'aurais fait.

En acceptant son pardon, tu serais devenu son prisonnier.

Sa victime, pour toujours.

Bonjour R�gine, j'ai eu enfin le cardinal Barbarin au t�l�phone.

J'ai rendez-vous avec lui dans 15 jours. Merci beaucoup de votre aide.

Fait du hasard, j'ai relu La Vie du mois de juillet,

magazine auquel je suis abonn� et qui avait �t� un des catalyseurs de ma d�marche

Je vous envoie le lien, il est tr�s int�ressant.

Notre Pape a des phrases incroyables notemment quand il dit:

Je m'engage personnellement � ne tol�rer

aucun mal envers un mineur par tout individu, clerc ou non,

pour qu'aucun loup ne rentre dans la bergerie.

Alexandre, merci pour ce texte de notre Pape,

o� la demande de pardon est centrale.

Oui, le cardinal m'a dit qu'il vous avait appel�

et qu'un rendez-vous �tait pris.

Par ailleurs, je tenais � vous pr�venir...

il semblerait que des rumeurs sur Bernard Preynat

aient commenc� � se r�pandre sur Neulise au moins.

C'est regrettable, et je sais que ce n'�tait pas ce que vous cherchiez.

Je voulais juste vous tenir au courant

sachant que vous aviez un rendez-vous avec le cardinal.

Bon week-end, et que la paix du seigneur vous habite.

Amiti�s, R�gine Maire.

C'est une photo poignante...

Vous la connaisiez ? - Oui.

Je l'ai d�j� vue dans un livre d'histoire je crois.

Monseigneur Decourtray l'avait faite accrocher dans ce bureau

ses successeurs l'ont conserv�e, moi aussi.

Je vous en prie.

Et � votre avis...

combien y a t-il eu de victimes ?

Deux, trois ? - Ah non, beaucoup plus.

Des dizaines, voire une centaine.

C'est simple, il avait au moins 200 scouts sous sa responsabilit� chaque ann�e

donc euh... vous pouvez imaginer.

Je suis horrifi� par ce que vous me dites

Et je regrette tellement que le p�re Preynat ait �t� incapable

de vous dire pardon lors de votre rencontre

Je lui ai dit d'ailleurs.

Il pr�tend que c'est un oubli... il m'a dit, euh...

j'aurais d� lui demander pardon.

Enfin moi ce que j'attends, ce n'est une repentance monseigneur,

c'est une sanction d'�glise � son encontre.

Le p�re Preynat est un danger pour les enfants.

Il a reconnu devant R�gine Maire et moi-m�me,

�tre p�dophile depuis plusieurs ann�es

S'il vous pla�t �viter cette expression.

Quelle expression ? - Ce mot.

Mais c'est pourtant ce qu'il est ! Il le reconnait lui m�me.

Oui, mais au sens �tymologique du terme,

p�dophile veut dire aimer les enfants.

Et selon notre seigneur, il faut aimer les enfants.

pas trop, �videmment.

Mais... que faut-il dire alors ?

P�dosexuel ?

Oui, �a me parait... plus juste.

Suite � votre d�marche, j'ai fait passer dans tout le dioc�se une circulaire,

exigeant d�sormais qu'aucun pr�tre ne puisse �tre seul avec un enfant pour...

une confession, et...

pour les cours de cat�chisme, qu'il soit d�sormais accompagn� d'une

d'une tierce personne.

Dans ce cas, vous risquez de mettre l'opprobe sur tous les pr�tres.

Et je ne pense pas qu'ils soient tous p�dosexuels. Enfin j'esp�re.

C'est une mesure de pr�vention, de s�curit�.

Excusez-moi, mais je pense qu'il vaudrait mieux dire haut et fort

que l'�glise condamne la p�dophilie et agir pour destituer les pr�tres violeurs.

Chaque chose en son temps Alexandre.

Notre Saint Pape Fran�ois a dit que les cardinaux et �v�ques

devaient �tre courageux en ce qui concerne ce... mal.

Eh bien croyez moi, je ne vais pas manquer de courage.

A bient�t Alexandre. - Merci beaucoup monseigneur.

Au revoir. - Au revoir...

Alors on amena devant J�sus les tous petits pour qu'il les toucha.

Mais les disciples les gourmand�rent.

J�sus � cette vue fut indign� et leur dit:

"Laissez les petits enfants venir � moi et ne les en emp�chez pas"

"car le royaume des cieux est � ceux qui leur ressemblent."

Je vous le dit, en v�rit�,

qui ne recevra pas comme un petit enfant

le royaume de Dieu, n'y entrera point.

Pui, il les embrassa et les b�nit en leur imposant les mains.

Nous avons vu que le jour de notre bapt�me

nous sommes devenus les enfants de Dieu,

et J�sus nous aime comme il aimait ces petits enfants

qui venaient pr�s de lui quand il �tait sur la terre.

Monsieur le cardinal, je n'ai pas repris contact avec vous

pendant cette p�riode de No�l, si propice � la pri�re et au silence.

Je vous avoue que le fait que le p�re Preynat donne encore des cours

de cat�chisme et c�l�bre des messes de No�l, me r�volte quelque peu.

Heureusement, les paroles de notre Pape ces derniers jours ont r�sonn�

fermement en moi.

Je suis de pr�s l'affaire des pr�tres p�dophiles de Grenade du mois de novembre.

Vous m'avez parl� du courage des cardinaux

notre Pape Fran�ois n'en manque pas manifestement.

Je m'en remets � vous.

Je prie pour notre �glise si belle, et si humaine.

Alexandre.

Merci cher Alexandre.

Bonne ann�e, � toute votre famille, et sp�cialement � nos 2 confirm�s.

Je ne sais pas ce qui s'est pass� � l'archev�ch� de Grenade,

mais je vais essayer de me renseigner.

Que le seigneur veille sur toute sa grande famille, chaque jour de l'ann�e nouvelle.

A dimanche peut-�tre, s'il vous pla�t de venir � nos voeux dioc�sains.

Pour la premi�re fois l'un des dirigeants de l'�glise catholique,

accus� de p�dophilie, va �tre jug�...

T'as toujours pas pris ta douche ?

Qu'est-ce que tu fais ?

J'arrive.

J'arrive.

D�p�che toi.

Monsieur le cardinal, R�gine,

Je vous envoie cet article tr�s int�resant

sur l'archev�que polonais, Joseph De Solovski

accus� de p�dophilie, et r�fugi� au Vatican depuis 2013.

Il vient d'�tre arr�t� par la gendarmerie du Saint-Si�ge.

Cette initiative est d�e � la volont� exprim�e par le Pape,

qui demande d'affronter la situation avec rigueur.

Quant � moi, j'esp�re avoir bient�t d'autres t�moignages

sur les agissements du p�re Preynat.

Je vais certainement orienter mon action au niveau de Rome.

O� en �tes vous de votre c�t� ?

Que Dieu nous vienne en aide, et continue de prot�ger nos enfants.

Merci Alexandre, je viens de lire l'article que vous nous avez envoy�.

Au r�cent consistoire,

nous avons eu un expos� tr�s fort et clair du cardinal O'Malley de Boston.

C'est lui que le Pape a charg� de ce dossier sur l'�glise et la p�dophilie.

La ligne est claire.

Donc je prendrai les mesures qui me seront sugg�r�es.

Je vous tiendrai au courant.

Bon car�me � vous, et un salut aux confirm�s de l'an dernier.

Ce sont de petits messieurs sympatiques.

Cher Alexandre, Oui j'avais bien lu ce texte sur internet.

Il y montrait la d�termination de l'�glise

Le cardinal vous a-t-il r�pondu ?

Pour ma part, je ne saurais vous dire ce qu'il convient de faire avec le Pape.

Il me semble que l'essentiel, c'est que vous trouviez la paix,

et les moyens de la trouver.

Je reste � l'�coute et vous assure de mon amiti� et de ma pri�re.

Cordialement, R�gine Maire.

Marie pense que je suis trop gentil, trop poli et qu'ils me m�nent en bateau.

Ils feront jamais rien contre Preynat.

Ils prot�gent l'institution, c'est clair dans ce genre d'affaire.

Oui, ben je vais faire un dossier avec tous leurs mails,

trouver d'autres t�moignages, regrouper les articles sur Preynat

et tout envoyer au Pape.

Faut peut-�tre envisager la Justice.

Mais non... c'est le probl�me de l'�glise, c'est � elle de r�gler �a.

Le fait que je sois prescrit, c'est emb�tant ?

Pourquoi tu me demandes �a ?

Parce que j'ai r�fl�chi...

et je suis pr�t � t�moigner.

Et Isabelle ?

Isabelle, quoi Isabelle... Isabelle �a la regarde pas, c'est mon histoire.

Monsieur le cardinal, je joins � ce mail, pour compl�ter le dossier,

la lettre d'un ami, Olivier Itaque

qui a subi les m�mes agissements p�dosexuels, du p�re Preynat.

Monsieur Itaque m'a dit que Preynat tournait dans les tentes

pendant les camps scouts, sur beaucoup de gar�ons.

J'ai subi une fois un attouchement sexuel, et plusieurs fois il m'a embrass�

sur la bouche en me demandant si je l'aimais

J'ai bien peur de vous confirmer que potentiellement,

il y ait eu des centaines d'enfants victimes

Cette personne en connait d�j� plusieurs.

Merci Alexandre. Remerciez monsieur Itaque de ma part pour son t�moignage,

et dites lui que nous sommes pr�ts � le recevoir s'il le d�sire.

Comme je vous l'avais annonc�, j'ai appel� le p�re Preynat.

Il est venu me voir,

et je lui ai annonc� que je lui retirais la charge de sa paroisse.

et que je ne lui en donnerai plus d'autre.

Bon dimanche � vous et � toute votre famille.

Il t'a vu. - Oui je sais.

Le corps du Christ. - Non, pas avec lui.

Le corps du Christ.

Le corps du Christ...

Le corps du Christ.

Le corps du Christ...

Le corps du Christ. - On y va.

Je comprends pas.

Barbarin se fout de ma gueule.

A l'attention du p�re Maxime Grillon.

Sachant que le p�re Preynat est sous votre direction

je serais tr�s heureux de vous rencontrer pour comprendre pourquoi

ce dernier c�l�bre encore des messes,

entour� d'enfants de ch�ur.

Notre seigneur...

Je vous informe que je vais envoyer une lettre

� son sujet, � notre tr�s saint p�re le Pape.

Alexandre Gu�rin.

Post criptum: J'ai aussi rencontr� par un ami pr�tre, Suzanne Cremer,

ancienne secr�taire au dioc�se,

Je ne sais pas si vous la connaissez, mais elle a beaucoup d'informations

sur le dossier Preynat.

Au d�but des ann�es 80, un de mes fr�res m'a t�l�phon� pour me raconter

que le cardinal de l'�poque

retirait Bernard Preynat de la paroisse pour des probl�mes de p�dophilie

et l'installait chez les petites s�urs des pauvres comme aumonier,

avec interdiction d'�tre en contact avec des enfants de ch�ur ou d'autres gamins.

Ca a commenc� � faire tilt dans ma t�te, je me suis dit c'est vrai,

il a toujours eu des petits chouchous blondinets.

A cette �poque une amie m'a dit

avoir eu un �change de lettres avec Preynat qui reconnaissait

qu'il �tait malade.

Qu'il avait subi lui m�me, en pension, d�s l'age de 7 ans des assauts d'adultes.

Ca n'excuse rien, mais c'est vrai, il semble qu'il n'ai jamais ni�,

juste minimis� les faits.

En fait, depuis longtemps on entend parler du cas Preynat par �pisode

mais personne n'a jamais port� plainte.

Il a une telle emprise sur les gens.

Et pourquoi Barbarin ne fait rien aujourd'hui ?

Il a assez de pouvoir pour agir, m�me sans la b�n�diction du Pape, non ?

Vous savez, Barbarin et Preynat c'est une vieille histoire,

ils se connaissent depuis longtemps,

et puis quand Barbarin est arriv� sur Lyon et qu'il a vu

le bon travail qu'avait fait Preynat,

tout l'argent et les fid�les qu'il ramenait au dioc�se...

Vous avez une id�e d'autres victimes

qui pourraient t�moigner et qui soient non prescrites ?

Mes neveux l'ont cotoy�, mais heureusement ils n'ont pas eu affaire � lui,

mais je suis s�re qu'il en existe.

Dans les campagnes o� il disait ses messes

parmi les enfants de ch�ur, au cat�chisme

j'ai du mal � imaginer qu'il se soit arr�t� du jour au lendemain.

Vous savez Alexandre, je m'en veux un peu.

Au fond, je savais.

On savait tous.

On a rien dit.

Ah, t'es l�, toi.

Tu viens on va se promener.

Alexandre tu viens avec nous ?

Non je dois finir ma lettre.

T'�cris � qui encore ?

Au Pape.

Bon, allez viens on y va.

On va se promener o� ? - A la T�te d'or.

Victor, Gauthier, Benoit on y va !

Tr�s saint p�re, il y a quelques mois j'ai fait une d�marche de lumi�re et de v�rit�.

J'ai rencontr� le cardinal Barbarin et madame R�gine Maire...

j'ai eu un entretien avec le p�re Bernard Preynat,

qui a avou� sa p�dophilie,

et tous les s�vices qu'il a fait endurer � des enfants

jusqu'au moins en 1993.

Le silence...

Notre silence ne l'a pas absout ses crimes

sources d'une douleur �motionnelle profonde,

qui souvent ne cesse jamais.

L'�glise ne peut oublier son silence et sa complaisance,

Il faut mettre la lumi�re sur la terrible obscurit� de l'�glise.

Manifestement le cardinal Barbarin ne lui confiera plus d'�glise en septembre

mais il restera pour l'instant pr�tre,

cela doit se faire sans vague.

Cette minimisation de ces crimes est insupportable.

Il y a tr�s peu de compassion et de r�volte devant cela.

J'ai l'impression que ma d�marche de v�rit� g�ne, et ennuie.

C'est gr�ce � votre engagement, tr�s saint p�re que je me suis confi�,

mais j'ai honte d'appartenir � notre �glise,

qui a laiss� et laisse encore des personnes comme le p�re Preynat,

exercer son minist�re, et �tre encore pr�tre.

Qu'attendez-vous pour agir fermement contre ce criminel ?

Alexandre

Il a souill� des enfants, dans leur chair.

Pour ne plus avoir peur d'�crire, et avoir la certitude d'�tre lu,

Il m'aura fallu 30 ann�es.

Gr�ce � vous, d�sormais dans nos r�unions nous parlons d'homosexualit�

De p�dophilie aussi. - C'est pas tout � fait la m�me chose.

Vous ne pouvez pas mettre sur le m�me plan une orientation sexuelle

et une perversion criminelle, p�re Grillon.

Vous avez raison.

Mais, comme ce sont des sujets que nous n'abordions pas auparavant,

je consid�re que c'est une �volution positive,

et je dirais m�me que c'est un progr�s pour notre �glise.

En tout cas je voulais vous voir pour savoir ce qu'il se passait

concr�tement pour Preynat.

Pour sa destitution, est-ce que les choses avancent enfin ?

Je vais �tre clair avec vous, peut �tre un peu brutal,

mais enfin je pense que le p�re Preynat,

sera et restera toujours pr�tre.

Donc, vous refusez de nous consid�rer commes des victimes.

Mais bien s�r que si.

Nous sommes avec vous du c�t� des victimes

et nous sommes tous conscients du caract�re criminel du p�re Preynat.

D'ailleurs nous avons trouv� dans les archives dioc�saines,

des papiers du cardinal Decourtray, se disant lui m�me �bouillant�

par la v�rit� concernant Preynat. - Oui, mais pas de destitution.

Ce n'est pas � l'ordre du jour.

Vous savez ce qui va se passer si Preynat n'est pas destitu� ?

Dans 6 mois l'affaire sera enterr�e, Preynat sera toujours pr�tre,

et pourra partir � l'�tranger, au Liban par exemple

et continuer � exercer sa perversion en toute impunit�.

Apr�s les scouts et les enfants de la campagne, les petits libanais.

Ecoutez je vous en prie, monsieur Gu�rin...

Moi, il me reste une seule solution. - Quoi ?

Porter l'affaire devant la justice. - Vous savez que c'est aujourd'hui inutile

...vous �tes prescrit.

Et selon mes informations aucune personne non prescrite ne s'est d�clar�e, alors...

en existe-t-il, euh...

je ne le crois pas, d'apr�s les paroles de Preynat...

Les paroles de Preynat ?

Mais comment vous pouvez le croire ?

Mais...

pourquoi toujours remuer ces vieilles histoires ?

Je prierai pour vous !

Cher Alexandre.

Suite � notre rencontre, j'ai reparl� avec mes fr�res et neveux

des agissements de Bernard Preynat, pour votre enqu�te.

Et un de mes neveux, Didier,

a reconnu avoir subi des attouchements de Preynat

alors qu'il l'avait toujours ni�.

Je suis sous le choc.

La parole semble avoir besoin de beaucoup de temps pour se lib�rer.

Nous avons aussi reparl� de son grand fr�re, Mathieu, aujourd'hui d�c�d�,

c'est lui qui aurait subi le plus violemment les attaques sexuelles

du p�re Preynat,

et mon fr�re pense que le suicide de Mathieu,

serait li� aux viols r�p�t�s du p�re Preynat.

Toutes ces histoires me bouleversent, et

aujourd'hui je ressens une grande culpabilit� de n'avoir rien dit.

Je n'ai pas revu Didier depuis 5 ans,

il vit loin de la famille.

Beaucoup de conflits avec son p�re, et l'autorit� en g�n�ral,

une vie marginale, apr�s des ann�es difficiles dans la drogue,

et toutes sortes de traffics.

Je vous conseille de le rencontrer,

car si les faits ont eu lieu, ils ne sont pas prescrits pour lui.

Il a 33 ans.

Vous avez fait votre cat�chisme avec lui ?

Ouais...

Et l'enfant de ch�ur ?

De temps en temps oui, mais pas tous les dimanches.

Ca se passait o� ?

Ca d�pend.

Dans la sachristie mais euh...

parfois il m'appelait pour que je monte dans la cure.

Il vous faisait quoi ?

Non...

J'ai pas envie de parler de �a.

Je comprends.

Moi, il me serrait fort dans ses bras.

Il m'embrassait.

Il me disait "Je t'aime".

Et il me caressait.

Vous savez, si vous acceptez de t�moigner, de porter plainte contre lui,

Preynat pourrait �tre attaqu� par la Justice.

Et vous le feriez pour toutes les victimes prescrites.

Et je pense qu'on est nombreux.

Votre tante m'a parl� de votre fr�re...

Mathieu.

Il se serait suicid� � cause de Preynat ?

Mathieu, il s'est suicid� parce qu'il �tait p�d�.

Mais non, mais m�me s'il �tait homosexuel,

les agressions de Preynat �taient criminelles. C'�tait un enfant.

Il faut rompre la chaine du silence, Didier.

Faites le pour Mathieu.

En fait, �a semble facile, de parler pour vous.

Vous, vous avez... vous avez une famille, vous avez du fric,

Vous avez du boulot, vous avez tout en fait.

Moi j'ai quoi, moi ?

Hein ?

J'ai quoi ? J'ai que dalle.

J'ai pas d'avenir moi en fait.

D'acord, moi je m'en suis sorti, n'emp�che que je reviens de loin aussi.

Et si je le fais, il est marqu� quoi sur ma gueule ?

Toute ma vie il y aura marqu� victime de p�dophile.

Mais non, si vous parlez, d'autres parleront.

Vous serez pas tout seul.

On sera l�.

Je sais pas.

Faut que je r�fl�chisse.

Tiens regarde mon grand.

C'est l� qu'on �tait. - Ah ouais.

Bon les enfants, prenez vos affaires, on va y aller.

J'ai quelque chose � faire. On y va. - Oh... on �tait bien !

Tiens. - Merci.

Bonjour Didier.

Tu fais quoi ici ?

Je voulais vous reparler parce que je

Ouais, mais vous avez pas re�u mon message ?

Si, mais... Ben alors on n'a plus rien � se dire non ?

Si mais je voulais - Mais quoi ?

Moi j'ai dit que je t�moignerai pas,

et je veux plus entendre parler de cette histoire. C'est clair ?

Ecoutez Didier... - Casse-toi maintenant.

En cons�quence, je porte plainte contre monsieur Bernard Preynat.

Bonjour, monsieur Debord ? - Oui, bonjour.

Capitaine Courteau. Brigade des mineurs.

Mais cette histoire date d'au moins 25 ans, on croyait que c'�tait class�.

Oui je sais bien madame.

Mais aucune plainte n'avait �t� d�pos�e avant cet �t�.

Et qui a d�pos� plainte ?

Une de ses victimes d'avant 1991

mais je peux pas vous r�v�ler son identit� pour l'instant.

Et il est possible que sa plainte ne soit pas recevable pour cause de prescription.

Un scout ?

Un ancien scout du groupe Saint Luc, oui, comme votre fils.

Je savais que cette histoire ressortirait un jour, je savais.

Nous avons retrouv� dans les archives du dioc�se,

votre lettre de 1991, adress�e au cardinal de l'�poque,

monseigneur Decourtray au sujet du comportement de Preynat

envers votre fils Fran�ois.

Mais, il n'y en a pas eu qu'une.

C'est � dire ?

J'ai toute une correspondance avec Decourtray, et m�me avec Preynat.

Avec le p�re Preynat ?

Oui, tout est rang� dans un dossier au grenier.

Je peux les voir ? - Bien s�r, je vais vous les chercher.

Ca, c'est Decourtray qui me demandait de...

ne plus lui envoyer de lettre recommand�e.

Ca, c'est le p�re Plaquet

Le p�re Faivre

Et voil� les lettres de Preynat.

Une blessure profonde,

dans mon c�ur de pr�tre.

Il avoue, c'est incroyable.

Oh mais... il a toujours avou� Preynat, il a jamais ni�.

C'est bien sa seule qualit�.

Bon je prends tous ces documents.

Mais, je, je n'ai pas de double.

Moi j'ai besoin des originaux, on va vous envoyer des copies par mail.

Bon d'accord. - Votre fils est sur Lyon ?

Il travaille � Lyon.

Mais il habite � une trantaine de kilom�tres dans le beaujolais.

Vous pouvez me donner ses coordonn�es ?

Vous savez je ne crois pas que ce soit opportun

Il faut qu'on le voit rapidement madame. Son num�ro, s'il vous pla�t.

Tu veux que j'appelle Fran�ois ?

Non non, je vais m'en occuper.

Allez, je vais me pr�parer.

Ah ben, maman...

Ca va mon ch�ri ? - Eh ben oui, �a va.

Je faisais des courses dans le quartier, j'ai voulu te faire un petit coucou.

C'est gentil, �a. Tu veux un petit caf� ?

Oui.

Oh toi, t'as quelque chose � me dire.

C'est Louis ? - Non, �a n'a rien � voir avec ton fr�re.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je sais que �a ne va pas te faire plaisir, mais...

Mais quoi ?

Un commissaire de police est pass� nous voir,

ton p�re et moi ce matin pour nous interroger

sur le p�re Preynat.

UJne enqu�te pour abus sexuel.

Ah bon...

Il nous a retrouv�s gr�ce � ma lettre envoy�e � Decourtray en 91.

Oui, et alors ?

Il y a une plainte qui a �t� d�pos�e contre Preynat.

Et forc�ment le commissaire voudrait t'interroger.

Pfff... mais non, il s'en fout de cette histoire, c'est du pass�.

C'est qui ce con qui se r�veille maintenant ?

Il pouvait pas parler avant ?

Je sais pas il n'a rien voulu nous dire.

Encore un qui veut se faire du pognon.

Le commissaire va t'appeler.

Mais, non, j'ai rien � lui dire moi. C'est r�gl�.

Il a pris tout le dossier que j'avais gard�.

Quel dossier ?

Tu sais bien Fran�ois.

Les lettres du cardinal, de Preynat, de...

J'avais tout gard� pour le jour o� tu voudrais les lire.

Je suis d�sol�e mon ch�ri de te replonger dans toutes ces histoires.

Te prends pas la t�te maman.

Je vais g�rer �a.

Est-ce qu'on peut prendre rendez-vous rapidement au commissariat ?

Non mais attendez, je vous arr�te tout de suite,

j'ai rien � d�clarer, �a ne m'int�resse pas.

Par contre je voudrais juste r�cup�rer les documents

que vous avez pris � ma m�re.

Je pense que vous devriez t�moigner.

Il est possible que vous soyez non prescrit.

Monsieur Debord ?

Oui je suis l�.

Allo, ma ch�rie, c'est moi.

Oui.

Est ce que tu veux que je passe prendre du pain ?

Non c'est pas la peine j'en ai achet� en rentrant.

D'accord... Les filles sont couch�es ?

Oui, je viens de les mettre au lit.

Ca marche.

Bon, � toute, je t'aime.

A tout de suite.

Appel t�l�phonique termin�

Fran�ois, est-ce que tu peux venir s'il te pla�t ?

Fran�ois...

ce que t'a fait le p�re Preynat, c'est mal.

et c'est interdit par la Loi.

Un pr�tre n'embrasse pas un enfant sur la bouche,

et ne lui touche pas les fesses.

Il peut aller en prison pour �a. - Moi je veux pas qu'il aille en prison.

Oui, Fran�ois... Mais on ne peut pas ne rien faire.

Il n'avait pas le droit de faire ce qu'il t'a fait.

Nous avons donc d�cid�

que vous n'irez pas au camp scout en Irelande, ton fr�re et toi.

Et moi je voulais y aller au camp ! Louis.

Mais il s'en fout Preynat de moi. Ce qui l'int�resse lui, c'est les petits.

Papa.

Dors ma ch�rie.

Dors.

Mes parents se sont battus au sein du dioc�se.

Et les scouts se sont arr�t�s gr�ce � eux.

C'est dingue.

Moi quand les scouts se sont arr�t�s j'�tais mal... c'�tait de ma faute,

c'est aussi pour �a que j'ai dit � mes parents

que je voulais pas qu'il aille en prison.

Mais je comprends pas tes parents. C'�tait pas � toi, un gamin de 11 ans

de d�cider s'il devait aller en prison.

Ecoute, tu les connais...

Ils ont fait ce qu'ils ont pu. Au moins ils ont r�agit.

Ouais... Imagine que �a arrive � l'une de nos filles aujourd'hui.

Putain, c'est pas vrai !

Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?

Ben regarde, il est encore avec des gosses

Ce type est malade.

Je croyais qu'il �tait mort, moi.

Ca va pas ?

Non.

Decourtray nous avait assur� que c'�tait fait,

et qu'il �tait chez les petites s�urs des pauvres.

Quelle bande d'enfoir�s, sans d�conner.

Tu as vu ce commissaire ?

Oui, j'ai pris rendez-vous.

C'est bien...

je te promets qu'avec ton p�re,

on a tout ait pour qu'il ne soit plus au contact d'enfants

Oui, mais tu sais maman, avec tes lettres � Decourtray et � Preynat,

il va falloir faire quelque chose.

Fran�ois, fais attention, ils sont puissants.

J't'embrasse maman.

Mais, j'ai des preuves, des aveux. J'ai une lettre magnifique de Preynat

que je peux passer vous montrer quand vous voulez.

Je connais le p�re Preynat, le cardinal Barbarin, pour l'instant

rien de ce que vous me dites ne me para�t criminel.

Mais puisque je vous dis qu'il y a d�j� une plainte pour abus sexuel sur mineur

c'est quand m�me pas moi qui dit �a ! - Monsieur Debord, j'ai votre num�ro,

je vois avec la r�daction et je vous rappelle d'accord ?

Eh bien bravo, elle est belle la presse locale, courageuse...

Bon allez, au revoir monsieur.

Connard.

Ah ouais, c'est du lourd hein !

Comment il a r�agit Barbarin ? - Je sais pas, il va m'appeler.

C'est possible de pas citer mon nom ?

Pourqoi ? Vous assumez pas ?

Si mais... je voudrais prot�ger ma famille mes parents, vous comprenez ?

Non, je comprends pas. il faut y aller l�, faut pas avoir peur.

Ecoutez, je vous demande de pas r�v�ler mon identit�,

�a me regarde quand m�me, non ?

Bon, Ok, euh... je peux prendre vos lettres ?

Je pourrai lire votre article ?

Non, d�sol�, �a fait pas partie de ma d�ontologie �a.

Ok.

Vous savez �a va pas m'emp�cher d'�crire un papier hein ?

Je vous laisse payer, j'ai rendez-vous au commissariat.

Il �tait tr�s charismatique. Bon orateur, appr�ci� par tout le monde.

Pour la paroisse, il avait presque le rang de gourou.

Comment �a c'est pass� pour vous ?

Dans mon souvenir, �a c'est pass� plusieurs fois.

Entre... 5 et 10 fois, je pense.

Dans des endroits isol�s.

Ca pouvait �tre en camp comme sur Saint Luc ou lors de sorties le week-end.

Il me faisait des calins comme mon p�re. Moi je trouvais �a presque normal.

Qu'avez-vous dit � vos parents ? - Au d�but rien.

Je leur ai seulement parl� du dernier contact.

Oui...

C'�tait aux louveteaux...

Il m'avait demand� de rester apr�s que tout le monde soit parti.

On �tait seuls, tous les 2, la lumi�re �tait �teinte.

Il m'a �t� mon b�ret, enlev� les lunettes,

et m'a pris contre lui

pour me... faire un calin.

Ca a dur� euh...

une quinzaine de minutes...

je me souviens encore de...

ses r�les, de son...

son souffle chaud, de

la couleur de sa chemise.

Euh... il m'enla�ait, et...

et...

d'un seul coup, il a soulev� ma cuisse pour mettre sa main sous mon short

et me caresser les fesses.

Sa main est all�e sous votre slip ?

Je pourrais pas vous dire, dans mon souvenir, il m'a pas touch� le sexe euh...

Par contre il m'a embrass� sur la joue, et en passant sur l'autre,

il m'a embrass� sur la bouche,

et il m'a dit que c'�tait notre secret qu'il fallait que je le dise � personne.

Et le baiser �tait pos�, ou gliss� ?

C'�tait...

po... pos�, sans la langue.

Et apr�s ?

Et apr�s euh... je suis rentr�, et je l'ai dit � mon fr�re.

Euh...

Preynat il m'aime bien, il m'a m�me embrass� sur la bouche.

J'�tais fier.

Mon fr�re en a aussit�t parl� � mes parents,

et ils se sont battus pour que... il soit plus au contact d'enfants.

Et pour moi, �a s'est arr�t� l�.

Votre m�re nous a rappel� pour nous indiquer qu'elle avait extrapol�

sa d�position, notemment en d�clarant qu'il vous avait d�shabill�.

Qu'en est-il ?

Non, �a n'a jamais �t� le cas. Je pense que...

ma m�re a... a fait un amalgame avec d'autres histoires, c'est normal.

Elle a tr�s mal v�cu les faits � l'�poque.

Bon... vous savez que vous �tes non prescrit ?

Oui.

Est-ce que vous voulez porter plainte contre Bernard Preynat ?

Oui.

Je porte plainte.

Et pour moi, ce n'est pas seulement le cas de Preynat

C'est plut�t depuis quand le dioc�se savait Je me demade si Barbarin le savait.

Et si c'est le cas, pourquoi il a laiss� Preynat � son poste.

Si c'est la t�te de Barbarin que vous voulez,

vous pouvez courrir encore longtemps

Alors dans ce cas, je tiens aussi � porter plainte contre le dioc�se de Lyon.

Qui �tait au courant du dossier, et qui n'a rien fait

de ce qui �tait convenu avec mes parents � l'�poque.

Ok.

Est-ce que vous avez quelque chose � rajouter ?

Non.

Ah si.

J'ai l'intention de m�diatiser l'affaire.

Comment �a ? - Je trouve �a trop d�gueulasse.

Faut que �a sorte.

Vous risquez de pourrir mon travail en excitant des journalistes

qui vont r�v�ler des choses avant qu'elles soient dans l'enqu�te...

Alors soyez raisonnable...

pour �viter de syndrome de l'affaire Gr�gory...

Ah putain !

Vous voulez juger un homme, moi c'est... une institution.

Un syst�me, qui a permis � un p�dophile

de commettre ses crimes pendant des ann�es

en toute impunit�.

Oui, je sais on m�ne le m�me combat monsieur Debord.

J'esp�re. - Mais oui, bien s�r.

Allo oui. - Bonjour,

Ici le cardinal Barbarin. Fran�ois Debord ?

Ah oui, bonjour monsieur, merci de me rappeler.

Je sors justement de chez Courteau.

Ah, tr�s bien.

Je vous ai appel� parce que je voulais vous pr�venir

que moi, que j'ai d�couvert les lettres de mes parents, je suis sous le choc.

Je comprends...

Mais je crois qu'il est important que nous nous rencontrions,

pour en parler de vive voix. - Oui, avec plaisir.

Est-ce que nous pourrions nous rencontrer mi-novembre ?

C'est un peu tard, mi-novembre, non ?

J'ai un emploi du temps compliqu�, je dois partir � l'�tranger,

Au Liban, quelques jours.

Ok, mais je voulais vous proposer un truc.

Je vous �coute.

Moi je me dis que...

Ce serait fort et �a aurait de l'impact

si on faisait un communiqu� commun pour la presse.

Vous un cardinal, et moi un ath�e...

�a aurait de la gueule, non ?

Je ne comprends pas.

Ce serait pour dire qu'on condamne la p�dophilie,

et le silence et l'inaction de l'�glise parce que c'est pas une question

de croyance ou de foi, mais de morale, et de devoir.

Ecoutez, je ne pense pas que se soit une bonne id�e � l'heure actuelle.

Mais je tiens � vous dire que je prends l'affaire tr�s au s�rieux.

Ok, mais je vous pr�viens, avec ou sans vous, il faut m�diatiser.

Au revoir monsieur

Je ne vais tout de m�me pas annuler le Liban.

Non.

Mais il faut faire quelque chose, et vite.

Fran�ois, on t'a dit pour Benoit ? - Non.

Il est all� aussi au commissariat.

Ah bon ?

Mais d'apr�s ce que sa m�re m'a dit il n'a pas voulu porter plainte.

Ca m'�tonne pas.

Et euh... excusez moi, est-ce que je peux vous poser une question sur euh...

sur ce qui s'est pass� � l'�poque pour Fran�ois ?

Ma ch�rie s'il te pla�t...

Fran�ois on a rien � cacher !

Mais non c'est euh... - On t'�coute Aline.

Voil� je voulais juste comprendre pourquoi vous �tiez pas all�s voir la police.

C'est compliqu� � expliquer mais...

c'est vrai, on s'est pos� la question.

Peut �tre qu'on aurait d�.

Il fallait prot�ger Fran�ois.

Lui �viter la pression de la Justice et de la presse.

C'est compliqu� pour un enfant de t�moigner.

Et puis comme il n'avait pas l'air plus traumatis� que �a, on s'est dit

que c'�tait pas la peine d'en rajouter.

On a fait confiance � l'�glise.

Moi, �a m'avait pas suffit, j'avais appel� Decourtray.

Mais il m'avait dit, "Vous m'avez demand� de le retirer du groupe Saint Luc"

"je l'ai fait, qu'est-ce que vous voulez que je fasse de plus ?"

Je lui ai dit qu'on ne pouvait laisser cet homme avec son probl�me

sans suivi psychologique, il fallait le soigner

"Je m'occupe du probl�me" qu'il m'avait dit. Tu parles !

Bon �a y est, on peut parler d'autre chose ?

Euh... mais oui bien s�r mon ch�ri.

Bonjour,

Nous avons appris avec gravit� que plusieurs plaintes ont �t� d�pos�es

contre un pr�tre de ce dioc�se.

Les faits, ant�rieurs � 1991,

impliquent ce pr�tre accus� d'agression sexuelle

sur plusieurs personnes alors mineures.

Comme en d'autres circonstances

J'exprime ma condamnation sans r�serve

des actes qui ont atteint des jeunes dans leur vie intime.

Aujourd'hui ce pr�tre n'a plus aucune responabilit� pastorale,

et tout contact avec les mineurs lui a �t� interdit.

Comme l'a dit le Pape Fran�ois,

les familles doivent savoir que l'�glise ne m�nage pas ses efforts

pour prot�ger les enfants.

Ils ont le droit de s'adresser � elle

en pleine confiance, parce que c'est une...

Monseigneur...

J'ai vu aujourd'hui votre communiqu�,

et je dois vous dire mon profond respect pour votre d�marche.

Il me semble d�s alors inutile de vous faire

perdre un temps pr�cieux � l'occasion de notre rendez vous du 11 novembre � 09h00.

Je vous propose donc de l'annuler.

Cher monsieur, merci de votre message.

Bien s�r je vous laisse juge de l'opportunit� de cette rencontre

et pour ma part, je trouve utile de vous entendre

Bonne f�te de la Toussaint � vous, et � chacun des v�tres.

Monseigneur... - Salut Papa !

pour �tre tr�s sinc�re avec vous, je n'�prouve pas le besoin d'�tre entendu

et encore moins qu'on me t�moigne de la compassion.

Mes parents ont �t� � l'�poque tr�s pr�sents,

et c'est gr�ce � eux, que je me suis affranchi aujourd'hui de tout cela.

Je n'�prouve aucune animosit� � l'encontre du p�re Preynat

que je consid�re comme malade.

Ni contre l'�glise.

Je suis heureux de voir que la religion catholique se remet en question.

Je suis toutefois outr� de d�couvrir aujourd'hui la fa�on dont cette affaire

a �t� g�r�e par le cardinal Decourtray.

Il y a semble-t-il des criminels dans cette affaire.

Et j'en ferai un combat ferme,

anim� par ce que je crois juste et bon,

au plus profond de mon �me et de ma conscience.

Je me promets de tout faire pour pr�server la foi de vos fid�les que je respecte,

malgr� mon ath�isme.

Cordiallement. Fran�ois Debord.

Regarde ce qui est paru. - Quoi ?

Je pense qu'au moins une vingtaine de gamins y sont pass�s,

assure un lyonnais, victime du pr�tre,

qui avait 11 ans � l'�poque. - C'est moi.

Oui... La loi du silence aura tenu 20 ans, mais son pass� aura fini � le rattraper

Le p�re Preynat, aujourd'hui ag� de 70 ans

n'a pas donn� suite � nos sollicitations,

Il vit chez les s�urs de Mongay

o� il a �t� discr�tement mis sur la touche par le dioc�se.

Reste � savoir si des poursuites seront engag�es contre ce cur�

qui pourrait b�n�ficier de la prescription.

Bonjour capitaine.

Bonjour, vous avez vu l'article dans la tribune ?

oui, j'ai vu c'est incroyable.

C'est vous qui avez parl� ? - Ah non c'est pas moi,

j'ai pas fait tout �a pour rencontrer la presse.

Par contre je trouve �a tr�s bien que �a sorte enfin.

Ben j'en suis pas s�r.

Bon, et comment va votre enqu�te ?

Je pense avoir trouv� des victimes non prescrites.

Je savais que j'allais me faire engueuler mais je vous avais pr�venu.

Ecoutez je vous demande juste de vous taire et de rester discret

pour ne pas g�ner l'enqu�te.

Ah non non, d�sol�. Je suis pas d'accord. Je vous l'ai d�j� dit.

Vous, votre boulot c'est de faire respecter les Lois et la Justice,

Moi, mon devoir de citoyen, c'est d'informer.

Et de faire en sorte que ces choses l� n'arrivent plus une bonne fois pour toutes

Fran�ois pensait avoir tourn� la page.

J'�tais habill� en scout, avec un short qui �tait vraiment tr�s tr�s court,

euh... il m'a enlev� mon b�ret, mes lunettes

mis les mains derri�re le dos,

il m'a enlac�,

il s'est pass� ce qui s'est pass�.

Fran�ois a subi des attouchements sexuels.

Alert�s, ses parents pr�viennent le dioc�se

qui reconnait des signalements similaires, d'autres enfants.

Le pr�tre est alors �loign� de la paroisse

il avoue les faits dans un courrier � ses autorit�s.

Mais il y a 3 semaines, Fran�ois apprend

que le pr�tre n'a �t� d�plac� que quelques mois apr�s les faits,

Avant de revenir officier aupr�s d'enfants dans une paroisse de la r�gion.

Le dioc�se de Lyon a publi� un communiqu�

mais les mutations du pr�tre n'y sont pas expliqu�es.

La police cherche maintenant � savoir si d'autres agressions

ont eu lieu r�cemment.

Bravo... Finalement tu l'as fait � visage d�couvert.

Ah oui, pas de raison de se cacher, hein ?

Je pense qu'on va avoir un certain nombre d'appels.

De soutien... - Ah �a m'�tonnerait...

nos amis du bridge sont tous tr�s catholiques,

et je ne pense pas que �a va leur plaire. - En tout cas, t'as fait ce qu'il fallait.

Moi j'�tais chez les scouts de Saint luc en 1980.

Bien avant vous.

Ce qui veut dire que cette histoire elle date pas de 25 ans

mais d'au moins 35 ans ! - Pfft !

Et t'avais quel �ge ?

Quand �a a commenc�... 9 ans.

Apr�s, � 10 ans j'ai dit � ma m�re que...

je voulais plus aller aux scouts � cause de Preynat.

Alors elle a compris...

elle est all�e trouver le p�re Plaquet, - Ouais...

Il lui a assur� que Preynat serait d�finitivement �loign� des enfants.

Ce qui a l'�vidence �tait faux.

Pour l'instant j'ai fait un peu le tour des m�dias locaux, un peu de t�l�,

mais y a rien qui bouge vraiment.

J'aimerais bien marquer un grand coup, et...

et faire une conf�rence de presse au niveau national.

Oui, mais avant �a il faut r�unir des t�moignages

trouver d'autres victimes.

Plus on sera nombreux, et plus �a aura de poids.

Tu en connaissais ?

Ben... moi j'ai des anciens copains aux scouts

j'ai pas de preuve, mais je suis s�r que certains ont �t� abus�s.

Il doit bien y avoir des listes de scouts � Saint Luc.

Oui certainement.

Bon alors on se lance ? - Ok... je te suis.

Merci.

En quelle ann�e � Saint luc ?

Ah, tr�s bien !

Ah ! D'accord.

Ok merci monsieur.

Au revoir monsieur.

Preynat, un type formidable.

T'en as un autre ? - Tiens regarde celui l�.

Bonsoir monsieur.

Fran�ois Debord � l'appareil,

je vous appelle en tant qu'ancien scout du groupe Saint luc.

Il y a une enqu�te en ce moment au sujet du p�re Preynat pour actes p�dophiles.

Allo ?

Vous m'entendez ?

Il a raccroch� ?

Oui, je comprends.

Vous pouvez me rappeler � ce num�ro.

Quand vous voulez, il n'y a pas de probl�me.

Merci, au revoir.

Et alors ?

Il pleurait.

Nous de notre c�t�, on va organiser rapidement une r�union

avec plusieurs victimes,

en attendant, est-ce que vous pourriez �crire votre histoire ?

Oui, oui ce serait formidable.

Bon, ben merci beaucoup... A tr�s bient�t, au revoir.

Alors ? - Y en a d�j� 4 !

C'est pas mal. Tu veux que je t'aide ?

Oui, est-ce que tu peux toi, t'occuper de cette liste ?

Allo ? - Allo...

oui.

Non non, pas du tout, je dormais pas. Je vous �coute.

Le haut parleur...

Excusez moi, c'�tait difficile de vous parler hier, mais...

depuis que vous m'avez appel�...

ma t�te explose, J'ai vomi ce soir.

C'est comme si il �tait l�, comme si il �tait revenu...

Je comprends.

Preynat est un vieux salopard.

II m'a bousill�.

Vous �tes pas le seul.

J'en ai jamais parl�,

ma femme, m�me ma m�re...

mon fils, personne ne sait ce qu'il m'a fait.

Vous voulez t�moigner ?

Une enqu�te de police a lieu, et on cherche des victimes.

Je, je sais pas.

Ca commence � faire du monde hein ?

Hier un type m'a dit... quand on fait l'amour, on est trois

Moi, ma femme et Preynat.

Ouais, c'est s�r que...

il est difficile de se r�jouir.

T'as des informations sur le type qui est � l'origine de la plainte ?

Non, et toi Courteau t'a pas donn� son nom ?

Ben non, il se m�fie de moi.

m�me s'il est bien content qu'on lui donne le nom des victimes.

Excusez nous, excusez nous on va... on va commencer...

Donc Fran�ois... Oui, merci, alors euh...

Gilles a eu l'id�e de cr�er un site internet au nom de l'association,

et sur ce site on pourra retrouver les articles de presse,

les faits, les courriers,

et puis bien s�r les t�moignages.

Voil�, l'id�e c'est que ce soit accessible pourtous.

A la fois une source d'information et un soutien pour les victimes.

Et � propos de victimes, il faut en trouver un maximum.

Prescrites ou non.

C'est pour �a qu'on ompte sur vous, pour qu'on arrive en force en janvier

� la conf�rence de presse.

Et pourquoi d�j� en Janvier, on n'est pas press�s ?

Ah, ben si, Courteau nous a dit qu'il terminait son enqu�te fin janvier,

l'instruction du dossier, c'est en f�vrier,

donc nous on doit tout sortir avant pour faire pression sur le parquet,

et �tre s�rs que �a fasse du bruit, tu vois...

Et pour les t�moignages, on est oblig�s ?

Chacun fait il veut, on peut rester anonyme,

mais l'id�e c'est un peu de faire comme pour les rescap�s d'Auschwitz

Il faut laisser une trace.

Auschwitz je suis pas certaine que ce soit un tr�s bon exemple.

Non, mais c'est pour �viter les d�tails glauques, vous voyez ce que je veux dire,

il m'a suc�, je l'ai carress�, ces trucs l� euh...

C'est pas digne, les gens ont pas envie de lire ce genre de truc.

Excusez moi, j'aimerais poser une question.

Vous savez ce que risque le p�re Preynat ?

Eh ben, d'apr�s Courteau

le dossier est assez lourd pour qu'il aille en prison, oui.

Pour l'instant il risque la correctionnelle - Oui.

Sauf s'il y a... viol av�r�.

Alors l�... c'est � dire toute forme de p�n�tration, pardon d'�tre cru, mais...

c'est euh... sodomie, fellation, alors l�, c'est les assises.

Et bien s�r le fait que ce soit sur des mineurs de moins de 15 ans, �a...

�a aggrave son cas.

Mais attention ses avocats vont jouer � fond la prescription,

donc c'est pas du tout gagn�. C'est pour �a qu'il faut voir Courteau

m�me si c'est d�sagr�able. Hein ? Dominique tu peux en parler peut-�tre ?

Je me pr�sente, je suis la femme de Gilles et je suis psychologue victimologue.

Alors c'est vrai que certains d'entre vous se sont construits avec de telles d�fenses

et ont refoul� des choses si traumatiques,

qu'ils vont peut-�tre h�siter � entreprendre des d�marches.

Moi je veux juste vous dire une chose.

Mettre des mots sur des souvenirs qui n'appartiennent qu'� vous.

Et surtout �tre �cout� par une autorit� judiciaire neutre,

et plut�t bienveillante,

qui va confirmer que ce que vous avez subi n'est ni normal,

ni invent�, ni transform� par les ann�es,

ben... �a n'a pas de prix pour la tranquilit� de l'esprit.

En gros, parler, �a fait du bien. Voil�. C'est vrai.

Quelqu'un veut � nouveau de la quiche ?

Maman pardon. Maman, on n'a pas fini en fait.

Excuse moi mon ch�ri. - Merci.

Avec Gilles, on a commenc� � mettre en forme une lettre ouverte

autour du silence de Preynat,

on va d�j� �tre publi�s dans Le Progr�s, et on aura une pleine page euh...

dans le... - dans La Tribune.

dans la tribune de Lyon. - pour dire quoi exactement ?

Ce serait une lettre qui s'adresserait � l'�glise, mais aussi �...

� tous ceux qui n'ont rien voulu voir, et qui n'ont rien dit.

ces bien-pensants qui sont des colabos-cathos,

et qui ont organis� une v�ritable omerta

ne seront jamais jug�s, mais pourtant il faut qu'ils comprennent

qu'ils sont tous coupables,

par rapport � leurs enfants, et ils sont tr�s nombreux.

Donc on a pens� � un titre tr�s fort, cinglant, genre "Honte � vous".

Moi je sais s'il faut prendre le risque de faire une sorte coup m�diatique.

Il faut pas tomber dans un registre "Tous colabos", autrement...

Oui, les parents sont pas coupables d'avoir voulu mettre leurs enfants

aux scouts...

Les coupables, c'est ceux qui n'ont pas voulu entendre leurs enfants.

C'est pas la majorit� je pense.

Oui, je suis d'accord avec Fabrice et Fred

On doit pas �tre guid�s par un sentiment de vengeance, mais de justice.

Ouais... - Ouais...

Ok.

Merci les gars, bon recadrage, en m�me temps on est l� pour �a.

Moi ce que je voulais, p't'�tre j... j'ai �t� maladroit, mais moi

ce que voudrais c'est faire condamner les gens qui sont rest�s silencieux

parce que je sais que personnellement j'aurais du mal � vivre avec �a.

Oui allo ?

Fran�ois ? - Ouais.

On l'a retrouv�. - Qui ?

Le gars qui est � l'origine de la premi�re plainte.

Par un ami commun victime aussi.

Oui.

L'association va s'appeler "La parole lib�r�e".

On d�pose les statuts la semaine prochaine chez notre avocat.

Je serai le pr�sident, Gilles secr�taire, et toi...

tr�sorier.

Je sais pas.

Moi personnellement j'ai l'impression d'�tre all�

au bout de ma d�marche au sein de l'�glise.

Et je sais pas si vous avez vraiment besoin de moi.

Eh, �videmment.

Si t'avais pas port� plainte, Courteau ne serait pas remont� jusqu'� mes parents.

T'es � l'origine de tout !

On a besoinde toi de ta voix, sans toi y a pas d'association,

on n'est pas cr�dibles.

Et avec ce boulot incroyable que t'as fait depuis 2 ans,

tu peux pas t'arr�ter l�.

En fait, �a m'emb�te par rapport � mon travail.

En plus je suis consultant �co sur une chaine t�l� � Paris, et c'est compliqu�.

T'es pas oblig� de monter en premi�re ligne, nous on est l�.

Ben oui. - Y a pas que �a, ma femme travaille chez

les lazaristes, �a commence � jaser...

en plus mes enfants sont scolaris�s l� bas.

Tu sais, moi je suis chirurgien, la moiti� de ma client�le � Lyon est...

ultra catho,

tradis, ils poussent Barbarin � fond, la manif pour tous...

je pense pas que je vais perdre ma client�le pour �a.

Je suis catholique, comme toi...

Je fais pas �a contre l'�glise, mais pour l'�glise.

...Merci.

On l'attend votre num�ro ? - Oui oui, il va arriver l�.

Ben j'esp�re oui. - Attends, je l'appelle.

Entrez.

Excusez moi, il y avait des embouteillages.

Super, t'es venu.

Bonjour ma�tre. - Bonjour.

Installez-vous.

Il y a un effet boule de neige incroyable sur les r�seaux sociaux

On a r�colt� plein de t�moignages d�j� une soixantaine de noms...

La parole se lib�re de partout, dans les familles, m�me dans l'�glise.

Vous vous rendez compte que vous vous attaquez � une grosse machine ?

Une institution qui est l� depuis des si�cles.

C'est pas gagn� d'avance.

Ben, on sait bien, mais on est l� pour faire bouger les choses...

que les gens parlent que l'�glise �volue.

Franchement, je pense qu'on va avoir du mal � avoir des condamnations,

� part ce Preynat.

Mais cette affaire, �a peut �tre l'occasion de faire bouger

certaines choses, juridiquement, notemment sur la prescription.

Oui, il faut que le public comprenne

que 20 ans pour la prescription, c'est pas assez long.

Il faut du temps aux victimes pour qu'elles se r�veillent

et pour qu'elles parlent.

Sinon j'ai vu les statuts de l'association,

c'est un peu n'importe quoi. - Pardon ?

Va falloir qu'on regarde �a tranquilement.

Qu'on se revoie et qu'on prenne un peu de temps.

Je suis d�sol�, on n'a pas le temps.

Il faut que le site soit mis en ligne avant No�l.

Fran�ois a raison, on a besoin d'adh�rents, d'argent euh...

faut foncer avant que �a retombe.

Et en plus on est en train de pr�parer un dossier complet pour les journalistes

qu'on leur remettra � la conf�rence de presse. Donc non, je suis d�sol�.

Bon... euh...

Ben d'accord.

Mais vous me montrez bien tout avant que je relise...

Faut pas qu'on se prenne une d�nonciation calomnieuse.

Pas de probl�me.

... moi je veux bien, mais �a va �tre No�l et

avec les cadeaux aux enfants,

Le temps que ce soit mis en ligne, c'est 5 jours.

Faut payer la typo, faut payer la photo,

il faut quand m�me s'y mettre.

Tu viens manger avec nous Alexandre ? - Non je peux pas, j'ai rendez-vous.

Ah bon. - Salut.

Salut, � bient�t. - A bient�t alors.

Il est chelou ce mec non ?

Oh ben, pas plus que toi hein ?

Tu crois que je le fais flipper ?

Oh ben c'est s�r que ton c�t� bouffeur de cur�,

c'est pas sa tasse de th�.

Je me suis �panoui quand m�me.

Ouais, mais ton texte, il va falloir que tu le rebosses.

Oui mon p�re, je s'rais bien venu t'voir mon p�re.

Ah, sinon c'est le... labo photo.

J'ai �t� tr�s surprise du peu de retentissement de cette affaire,

nous avons donc cr�� l'association "La parole lib�r�e"

qui a pour objet de venir en soutien

aux victimes de p�dophilie du p�re Preynat,

et enfin nous ferons une conf�rence de presse

le 12 janvier 2016, dont vous devriez entendre parler enfin.

Sur le site internet chacun peut adh�rer moyennant un cotisation de 10 Euros

J'ai besoin de votre mobilisation,

adh�rez et faites suivre ce mail.

Alors ?

Ben... c'est, c'est bien, c'est clair.

Tu l'as post� quand ?

Hier matin sur Facebook.

Et t'as eu des retours d�j� ?

Un peu, surtout des gens du boulot.

Tes parents ont r�pondu ? - Ouais, tout de suite.

Et Louis ?

Non, pas encore.

Madeleine, Aur�lia, revenez � table. On n'a pas fini.

Oh mais laisse les, c'est No�l Louis voyons !

No�l c'est demain. Les cadeaux c'est demain , les enfants.

Je comprends votre impatience, mais c'est demain matin.

Merci mes ch�ries.

D'ailleurs vous savez � quelle heure est la messe de minuit ?

Ah, � ton avis ?

Non, je sais pas je demande. D'habitude pour les enfants c'est quoi ? 10-11 heures

Maman ?

D'apr�s ce que j'ai vu en ville c'est bien � minuit.

D'accord. - Maman, nous on y va � la messe ?

Ben, si tu veux. - Papa ?

Non, ce sera sans moi, ma ch�rie.

Oh Fran�ois tu pourrais faire un effort, c'est No�l...

S'il te pla�t...

Bon, on reprend de la dinde ?

Non, merci bien. - Non.

Alors on passe au fromage.

Je vais vous aider. - Merci maman.

Merci mon amour. - C'�tait tr�s bon.

J't'en prie.

Tu voudrais que je fasse un effort pour aller � l'�glise ?

Oui, pour tes enfants !

Ah !

J'aimerais profiter de ce beau soir familial de No�l,

plein d'amour et de joie,

pour porter un toast � mon fr�re...

Fran�ois... s'il te pla�t.

Voil�, c'est pour moi.

Louis, - Oui...

Merci.

Merci pour ta grande g�n�rosit�, et ta bienveillance l�gendaire.

De quoi tu parles, t'es bourr� ?

Tu sais que depuis plusieurs mois j'ai pris tous les risques.

pour une cause qui me tient � c�ur, pour laquelle je pourrais crever

et o� je demande pas grand chose, hein. 10 Euros symboliques seulement.

Alors je dois �tre un peu na�f et s�rement un peu con

pour imaginer que ma famille, mes proches,

mon fr�re surtout... me soutiennent.

Eh ben toi tu t'en fous, tu r�ponds pas. En plus tu me demandes d'aller � l'�glise!

D'accord, moi j'ai re�u to mail il y a 2 jours. L� c'est les vacances,

Eh oui bien s�r c'est les vacances,

on passe les journ�es les soir�es ensemble

pas un mot, rien, que dalle.

Ca sert � rien de devenir hyst�rique pour �a d'accord ?

Tu veux mes Euros, je vais te les donner.

Ah non, trop g�n�reux...

Ecoute, franchement...

Tu vas pas me les donner maintenant en plus. Non mais louis, garde les.

Tu sais quoi ? Tu peux m�me te les mettre au cul tes 10 Euros.

Fran�ois, �a suffit. - S'il te pla�t Fran�ois.

S'il te pla�t...

Tu sais Louis, ton silence l�...

c'est une vraie trahison.

De quoi tu parles ? T'es dingue, non ?

Louis calme toi. - T'es dingue.

T'as jamais �t� capable de reconna�tre la souffrance des autres.

Bon, �a va...

Tu n'as pas le monopole de la souffrance, il n'y a pas que toi qui souffre ici.

Tu nous emmerdes avec ton association...

Oh, oh putain...

La v�rit� qui sort enfin. Ah ben bravo.

La v�rit� c'est que tu nous emmerdes avec ton histoire de cur� !

C'est �a la v�rit� !

Mes parents ne parlent que de �a, jour et nuit.

Et tu vois pas qu'on en peut plus ? Eh ben non !

Parce que t'as toujours �t� comme �a !

Tout a toujours tourn� autour de toi, de tes putains de probl�mes !

T'as toujours pris toute la place !

Et tu nous fait chier, hein, toute notre enfance.

Ca continue maman...

Bon allez, tu sais quoi, t'as r�ussi.

Parce que m�me maman, elle est sous ton influence maintenant.

Tu parles de quoi Louis ? - De quoi je parle ?

Quand tu m'as dit que tu ne voulais plus de c�r�monie religieuse

que tu voulais te faire incin�rer tu crois que je sais pas d'o� �a vient ?

J'�tais m�me pas au courant.

Louis...

Papa, soit s�rieux...

Allez, �a va... Tout va bien Papa.

Tout va bien. Je monte, d'accord ?

Mais tu sais tr�s bien que ses mots ont d�pass� sa pens�e.

Je crois pas, non.

Il est jaloux hein...

Alors que c'est moi qui devrait l'�tre.

Il a tout r�ussi, ses �tudes, son entreprise...

Il est blind� avec ses deux baraques.

Oui mais pour lui t'es rest� le chouchou de tes parents. Voil�.

Salut.

Tu m'envoies un texto quand t'arrives. - Salut !

Salut ! - Allez, au revoir !

Bonne route hein !

Au revoir !

...� donner sans compter

� combattre sans souci, ni mesure,

� travailler sans chercher de repos,

� nous d�penser, sans attendre d'autre r�compense,

que celle de savoir que nous faisons votre sainte volont�... Amen.

Je flippe un peu les gars en fait. - Pourquoi ?

Le Tristan qui m'appelle la nuit,

il m'a envoy� son t�moignage hier.

C'est horrible.

Tout lui est revenu d'un coup.

Il s'est fait violer pendant 3 ans. - Viol� ?

Par fellation, oui

Il est prescrit ? - Ouais.

Il a plus de 50 ans.

Et Preynat, il s'est comport� comme un porc avec lui.

Le mec avait des probl�mes auditifs, il avait meme �t� euh...

diagnostiqu� autiste.

Du coup Preynat en a profit�. Parce qu'il savait qu'il parlerait pas.

Il allait m�me le dimanche chez ses parents pour d�jeuner et prendre des ch�ques.

Quelle ordure...

Et Tristan il accepte, qu'on le mette sur notre liste ?

Il faut que je lui en reparle. Je pense qu'il y a pas de probl�me.

Bon sinon Fran�ois, moi j'ai lu ton texte pour la conf�rence de presse demain,

Je trouve �a bien, mais je pense que c'est trop long.

Ah ? - Ouais, je pense que...

Il faut �tre plus neutre, plus actuel.

Enlever les passages trop lyriques et trop agressifs, �a sert � rien.

Les t�moignages, les faits, les preuves, �a, �a joue pour nous.

Apr�s c'est aux journalistes de faire leur boulot et de s'indigner

mais nous on fait que transmettre les infos.

T'as raison. Je crois que notre avocate sera d'accord.

Bon, ben concr�tement on fait quoi ? - Toi Fran�ois tu vas lire ton texte,

Moi, je vais r�pondre aux questions,

Fabrice, il va pr�senter le site internet,

Et toi Alexandre, ce qui serait bien, - Moi je suis pas s�r de pouvoir �tre l�.

Tu plaisantes ? - Non, je sais, je suis d�sol�,

Mais j'ai un rendez-vous � Paris que j'ai pas pu d�placer.

Notre d�marche est la�que, apolitique,

r�publicaine, citoyenne,

et notre mission est d'�uvrer pour le bien.

Nous comptons � ce jour 40 adh�rents, dont des victimes,

parmi nous des chefs d'entreprises

des experts informatiques,

des professionnels de la finance,

des m�decins...

Nous b�n�ficions donc d'un r�seau puissant

associ� � une motivation et une d�termination totale.

Je ne reviendrai pas sur les faits connus...

attouchements et aggressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans,

une enqu�te criminelle est en cours, et l'instruction du dossier

devrait avoir lieu dans les prochains mois.

Au fil de nos efforts pour nous regrouper,

nous prenons conscience que cette affaire de p�dophilie,

s'annonce �tre d'une ampleur effroyable.

Des enfants ont �t� bris�s

des familles se sont d�sunies

des croyances religieuses boulevers�es.

Au vu de ce constat accablant,

et de l'irresponsabilit� dantesque de la plus haute hi�rarchie

du dioc�se de Lyon,

nous voudrions poser 3 questions...

Monseigneur Barbarin,

pourquoi le tribunal �cl�siastique n'a pas �t� saisi pour le jugement du p�re Preynat

vu le nombre de plaintes re�ues par le dioc�se ?

Monseigneur Barbarin,

depuis quand avez connaissance que le p�re Bernard Preynat est un pervers p�dophile ?

Monseigneur Barbarin,

depuis quand le Vatican a-t-il connaissance

que le p�re Bernard Preynat est un p�dophile ?

Au nom des victimes

de leurs parents, de leurs enfants,

de vos fid�les,

des pr�tres innocents, salis par cette affaire

des citoyens fran�ais, des la�ques

du clerg�,

et aussi bien de la soci�t� au g�n�ral,

nous vous sommons de r�pondre publiquement � ces 3 questions.

Le monde entier vous regarde.

Et attend des r�ponses.

Merci d'applaudir.

Tu sens tr�s bon. - Merci.

C'est vrai que vous �tes des lanceurs d'alerte ?

Bonjour - Alexandre !

Salut. - J'esp�re que �a va...

Je perdrai rien du tout on dirait.

Je vous pr�sente Alexandre, celui gr�ce � qui tout est arriv�.

Bonjour enchant�. - Bonjour.

On peut vous poser quelques questions ?

Mais si, allez vas-y.

Merci. - Super.

Donc, vous �tes le premier � avoir �t� en contact avec monseigneur Barbarin.

On appr�hende toujours... ouais. Ah !

Pardon. - Bonjour.

Je vous pr�sente mon �pouse. - Enchant�e.

Bon ben, merci, - Oui

Merci beaucoup. - Merci beaucoup, � bient�t.

A bient�t, au revoir. - Au revoir.

Tu la connais ? - Ben euh, oui euh...

c'est une journaliste que j'ai d�j� rencontr�e une fois.

Ca va j'ai pas parl� trop vite ?

Non on dirait que t'as fait �a toute ta vie

Vas voir ton p�re, je crois qu'il a quelque chose � te dire.

Ah.

Ca va Papa ?

C'�tait tr�s bien Fran�ois.

Merci.

Tu as parl� avec beaucoup de calme...

Tu sais...

j'ai parl� � ton fr�re...

Et alors ?

Il m'a donn� �a pour toi.

Merci.

Merci Papa.

Maman, c'est moi.

Ca va ? - Ca va.

Je suis pass� � la boulangerie. - Merci. J'ai fait du caf� si t'en veux.

Ouais, et euh... t'as du courrier pour moi ?

Oui, je vais te le chercher.

J'ai mis aussi... 2 articles que j'ai d�coup�s

C'est quoi ? - Je te laisse regarder.

Tu veux pas un croissant ? - Non, merci.

Doucement...

Doucement, du calme.

Doucement...

Voil�.

Voil�...

Ca va... �a va...

Il faut que j'leur �crive.

Attends un peu.

Aujourd'hui, je suis pass� chez ma m�re afin de r�cup�rer des affaires

et c'est l� qu'elle m'a montr� les articles

des 20 Minutes et du Progr�s.

Tout comme vous, j'ai �t� victime entre 1988 et 1991, de ce pr�tre

le p�re Bernard Preynat.

J'ai � disposition des photos du voyage en Irlande, o� ma m�re �tait accompagnatrice,

et � qui j'ai avou� ce que j'ai subi seulement apr�s avoir eu 17 ans.

Ma m�re avait alors lou� un appartement boulevard des Provinces,

face � cette fameuse �glise que je pourrais d�crire dans les mondres d�tails,

Ah ben l�, c'�tait en Irlande. - Hmm.

L'�motion est tellement forte que je n'ai pas encore regard� votre site.

J'ai senti le besoin de directement cliquer sur "Contact".

J'ai �t� diagnostiqu� z�bre � 30 ans.

Depuis j'ai compris pourquoi j'ai rat� mes �tudes, pourquoi je suis instable,

dans ma vie professionnelle, affective,

toujours en mode survie... - Et, z�bre... c'est � dire ?

C'est une expression collective pour les surdou�s.

Qui ont un QI de plus de 140.

Le z�bre en fait, c'est un annimal qui est trop intelligent pour s'adapter.

Bon, l'intelligence n'a jamais rendu personne heureux...

Et Preynat, c'�tait quand ? - De 88 � 91.

Ca fait 25 ans.

Et j'attends depuis toujours ce moment.

Que quelqu'un parle, que... je puisse enfin tout raconter moi aussi.

Tu te fais accompagner ?

Comment �a ?

Ben je sais pas, tu... tu...

tu vois un psy ? Ca peut aider.

Ah non, j'ai fait plein de trucs, j'ai fait euh...

th�rapie, hypnose, atelier de danse soufie.

Ah bon. - Non, le seul truc en fait qui m'aide,

c'est le sport.

Je comprends oui. - Ca me vide la t�te.

En tous cas, moi je suis de tout c�ur avec vous.

Je vais vous aider dans l'association pour que Preynat aille en prison

parce qu'il faut qu'il paye.

Pour toutes les saloperies qu'il a faites.

Et, d'ailleurs, j'ai, moi j'ai boss�

pour "Euro News", la cha�ne d'info, il y a quelques ann�es,

j'ai gard� les contacts, je les ai,

et je peux les appeler, les mecs, tu vois, leur demander qu'ils fassent un sujet.

Pourquoi pas, oui, c'est une bonne id�e,

mais le plus important, c'est que ailles voir le...

le capitaine Courteau, pour faire ta d�position, il est charg� de l'enqu�te.

Et apr�s, si tu pouvais �crire ton t�moignage

pour qu'on le publie sur le site,

pas de probl�me, je fais �a. - Super.

C'est bien de savoir qu'on n'est pas seul.

Ca... Oufff...

Ouais, c'est important. - Ouais.

T'aurais pu m'attendre. - J'avais faim.

Demain je me l�ve t�t.

Bonsoir.

Alors, comment �a s'est pass� ?

Ca va, il est sympa, c'est...

un mec qui se bat.

Ah bon !

Comme beaucoup de scouts.

La forme, quoi.

Tu fais quoi demain ?

Je vais � l'hopital, voir ma m�re.

Elle va mieux ?

Non, je crois pas.

Tu viens avec moi ? - Non, il faut que j'aille au commissariat.

C'est une nouvelle chanson...

T'en a pas marre d'�tre m�chante ?

Que d'humour...

Eh oui, c'est dr�le.

On est arriv�s avec ma m�re � Lyon en...

f�vrier 88,

on venait de Strasbourg, moi j'avais 8 ans,

une dame a conseill� � ma m�re de m'inscrire au groupe Saint Luc,

pour faire du scoutisme et du cat�chisme.

C'est l� que j'ai rencontr� le p�re Preynat.

Il �tait agr�able,

moi j'�tais bien �duqu�, et je croyais en Dieu

D�but 89, je me rappelle plus le jour exact, mais

je l'ai visualis� en rentrant en dessous de l'�glise, l� juste sur la droite,

Il m'a demand� de venir avec lui pour l'aider � r�cup�rer

du mat�riel � son bureau.

Ca a dur� 5 � 10 minutes pas plus, puis on est ressortis.

Mais � partir de la deuxi�me fois, il...

Oui ?

Il m'a... m'a enlev� la chemise du short,

caress� le sexe � travers le tissus,

Puis il a pass� sa main dans mon short et dans mon slip,

et caress� mon sexe en faisant un mouvement circulaire avec sa main,

et il m'embrassait tr�s doucement sur les l�vres.

Vous en avez d�j� parl� � l'�poque ? - Non, j'en ai pas parl� euh...

le sexe �tait tabou.

Et puis euh... c'�tait � l'�glise.

Moi... j'�tais perturb�

par le divorce de mes parents, le d�m�nagement,

Je crois avoir une fois avou� � ma m�re

qu'il m'avait embrass�, mais �a n'a pas eu de r�percussions.

Et � vos camarades ?

Personne n'en parlait.

Mais je voyais bien qu'il prenait d'autres enfants gentiment

par l'�paule pour les emmener vers son bureau.

Comment �a s'est arr�t� ?

Quand le p�re Preynat a �t� mut� dans la Loire

pour s'occuper soit disant de personnes ag�es,

d�but 91.

Vous voulez rajouter quelque chose ?

Euh oui.

Je voudrais dire que... suite � ces attouchements

j'ai eu une...

une fa�on de me masturber pendant l'adolescence

comme le mouvement de sa main, sur mon sexe.

Et �a a provoqu� une d�formation de ma verge pendant l'�rection.

Vous �tes handicap� par �a aujourd'hui ?

Non, actuellement non.

J'ai une vie sexuelle normale.

En couple.

Mais c'est quelque chose qui me complexe et me paralyse beaucoup

dans mes relations avec les femmes.

Bon.

Vous d�posez plainte ?

Bien s�r.

Au revoir. - Au revoir.

Maman !

Ca va ? - Tu vas bien ?

Pourquoi ? - Non rien.

J'ai piqu� une photocopie de ma d�position.

Ah bon ? - Ouais.

Alors ?

Je savais pas les d�tails.

Je vais l'envoyer � Fran�ois Debord, le mec de l'association.

Oui, c'est bien.

Et jennifer, elle en dit quoi ?

Elle est contente pour moi. - Tant mieux.

Viens d�ner � la maison avec elle.

Non, merci, faut que je rentre l�.

Je suis fi�re de toi...

Allo ?

Monsieur Emmanuel Thomassin ?

Oui, c'est moi.

Oui, capitaine Courteau, charg� de l'enqu�te sur l'affaire Preynat.

Je vous contacte suite � votre d�position d'aujourd'hui au commissariat.

Est-ce que vous �tes libre demain � 09h00

pour une confrontation avec le p�re Preynat ?

Euh... demain ? - Oui.

Nous sommes oblig�s d'aller vite, Preynat est mis en examen.

Vous ne serez pas seul � �tre confront� � lui,

si �a vous rassure... vous �tes plusieurs non prescrits

Je peux venir avec ma m�re ?

Non. Vous pouvez juste �tre accompagn� d'un avocat.

Ah d'accord.

C'est bon ?

Ok. - Merci, � demain.

A demain...

Alors ?

Faut que j'appelle l'avocate.

Ah non, tu vas pas appeler cette conne.

Arr�te.

Non mais elle est nulle, elle a m�me pas �t� capable de te d�fendre contre ton ex.

Bon h� ! Ferme ta gueule, casse toi !

Casse toi.

Bon euh... je vais �tre cash,

les faits remontent � 25 ans, il va s�rement nier.

pr�parez-vous � �a.

Si il fait �a, moi je le tue. - Non, Emmanuel,

dites pas des choses comme �a.

Tuer quelqu'un, c'est pas vous. Ok ?

Bon allez, va falloir y aller.

Emmanuel, t'as pris tes m�dicaments ? - Ah non.

Bon courage.

A tout � l'heure.

Entrez je vous en prie, installez-vous.

Ah...

Ah mais c'est le petit Emmanuel ! Alors comment �a va ?

Non mais...

On n'est plus chez les scouts l�,

monsieur Thomassin n'a plus 8 ans,

il faut que vous lui parliez autrement s'il vous pla�t.

Ah bon.

Asseyez-vous monsieur Preynat s'il vous pla�t.

Bonjour maitre. - Bonjour.

Bien, je vais vous donner lecture

du proc�s verbal d'interrogatoire de monsieur Thomassin.

Monsieur Preynat reconnaissez-vous donc

les faits d�crits par monsieur Emmanuel Thomassin ici pr�sent ?

Oui...

Je reconnais les faits.

Vous l'avez bien fait monter dans votre bureau � plusieurs reprises ?

pour des attouchements sexuels. - Oui...

Tout ce qu'il a racont� est vrai.

Vous rendez-vous compte que vous aviez de l'ascendance sur les enfants ?

A l'�poque non, aujourd'hui...

je comprends que...

je leur ai fait peut-�tre...

du mal.

Pensez-vous que ce jeune homme ici pr�sent ait souffert ?

Oui... je pense qu'il a d� souffrir.

Mais vous savez...

j'en ai parl� � ma hi�rarchie, plusieurs fois...

personne n'a rien fait.

Comment �a la hi�rarchie ?

Ils �taient au courant ? - Oui.

Ils ont toujours su... depuis monseigneur Decourtray.

Jusqu'au cardinal Barbarin. - Oui !

Et ils n'ont rien fait !

Qu'aviez-vous dit exactement � votre hi�rarchie ?

Que j'avais des probl�mes avec les gosses...

Et c'est tout ? Rien de plus pr�cis ? - Hmm.

Monsieur Courteau, j'ai...

j'aimerais rajouter quelque chose. - On vous �coute.

Emmanuel je voudrais te dire,

On vous a demand� de vouvoyer monsieur Thomassin

Monsieur Preynat s'il vous pla�t.

Hmm...

Je voudrais dire �

aujourd'hui � Emmanuel

pardon

pour tout ce que je t'ai fait subir.

Je "vous" ai fait subir.

Je vous ai fait subir...

Monsieur Thomassin...

Vous avez trahi ma confiance.

Vous avez trahi la confiance de milliers de personnes qui venaient dans cette �glise

et j'�tais un enfant...

alors pour vous c'�tait un jeu, mais moi �a m'a d�truit.

et vous avez d�truit en moi la valeur de ce qu'est un p�re...

Donc, non monsieur, je ne vous pardonnerai jamais.

Bien, maitre, vous avez quelque chose � ajouter ?

Non.

Bon vous pouvez l'emmener.

Au revoir monsieur Preynat.

Voil�.

C'est fait.

Fils de pute !

Alors ? Ca s'est pass� comment ?

Je sais pas.

Bonjour, Nadia mon avocate. - Bonjour.

Il a tout reconnu, et il a avou� que toute sa hi�rarchie �tait au courant.

De toute fa�on nous on s'en fout, c'est qu'un barbare malade.

Mais non, on s'en fout pas, il faut le faire condamner.

Oui bien s�r, mais l'important c'est de faire condamner le silence de l'�glise

ils �taient tous au courant.

Bon Fran�ois, il faut qu'on y aille.

On s'appelle ? - Ouais, bon courage.

A l'attaque de Preynateur ! Ah ah...

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Bravo !

Pourquoi ?

T'as gagn�.

Qu'est-ce que j'ai gagn� ?

Le p�re Bernard Preynat, 71 ans,

est mis en examen et plac� sous contr�le judiciaire

pour aggression sexuelle et viol sur mineur de moins de 15 ans,

par personne ayant autorit�.

Je t'aime.

Je crois que... je vais appeler mon p�re.

Pour lui dire quoi ?

Pour lui demander s'il est au courant de "La Parole Lib�r�e".

Il sera fier,

de voir ce qu'on fait,...

de savoir que j'en fais partie.

Il sait pour Preynat ?

Non.

Alors � quoi bon ?

Ca a emp�t� ma sexualit�, j'ai mis du temps � me trouver.

Non pas de quel bord je suis, est-ce que j'aime les hommes ou les femmes,

mais comment m'�panouir dans une relation de couple.

En plus j'avais des particularit�s

j'�tais un enfant plut�t pr�coce, un z�bre...

j'avais des facilit�s quoi,

mais j'ai jamais pu les mettre en application

je suis rest� en �chec scolaire toute ma vie...

Et qu'attendez-vous aujourd'hui ?

J'attends que Preynat soit condamn�,

Que d'autres personnes puissent aussi t�moigner, que la l�gislation change

au niveau de l'�glise, au niveau de la Loi tout simplement,

pour qu'il y ait plus de prescription.

Moi j'ai 2 enfants et j'esp�re que vous allez r�ussir � faire bouger les choses.

On se bat pour �a, en tout cas.

Encore merci et puis, � bient�t.

Et vous savez quand est-ce que �a passera? - Non, je sais pas encore.

Je vous envoie un texto, d�s qu'on a une date.

C'est gentil. - Merci.

Au revoir. - Au revoir. Bonne chance.

T'as aim� �a? - Quoi?

Parler � cette pute de journaliste.

Ah, putain, arr�te, s'il te pla�t.

Ca t'a fait jouir de jouer les victimes devant elle hein ?

Tu lui a donn� ton num�ro pour la revoir

pour qu'elle te console et qu'elle te suce bien profond.

Elle au moins va me sucer, oui - Connard.

Qu'est-ce que t'as? Putain... C'est quoi, ton probl�me?

T'aurais ador� passer � la t�l�! Mais t'as eu droit qu'au tribunal.

T'es jalouse! Path�tique!

Toi t'es path�tique. - Path�tique!

Fous le camp, bordel de merde!

Pourquoi tu r�agis comme �a?

Je comprends pas.

Tu devrais me soutenir, t'as v�cu la m�me chose.

Allez.

C'est bon, vous pouvez vous rhabiller.

Bon, alors effectivement, vous avez euh... une courbure du p�nis

qui s'apparente � la maladie de Lapeyronie.

Mon avocate souhaiterait que vous puissiez clairement �tablir un lien

avec les attouchements que j'ai subis.

Ce serait une preuve importante dans le cadre du proc�s.

Oui je comprends bien monsieur, mais...

il est possible effectivement que

cette courbe soit apparue lors de votre pubert�, suite...

� un impact s�v�re, ou � des mouvements particuliers.

Oui, c'est un mouvement circulaire. - Pourquoi pas,

mais c'�tait il y a une vingtaine d'ann�es,

et c'est � ce moment l� que j'aurais pu faire un diagnostic pr�cis.

Par ailleurs certains hommes ont le p�nis courb� naturellement, c'est g�n�tique.

C'est peut-�tre aussi votre cas. Moi la seule chose que je peux faire, c'est...

Bonjour. - Bonjour Emmanuel.

Vous allez bien? - Et vous �a va ?

�a va.

C'est vrai que pour plaider le dommage corporel

�a aurait �t� bien d'avoir une attestation

mais �a ne nous emp�che pas de le mettre dans le dossier m�dical.

Vous voulez voir des photos? - Des photos?

De mon sexe. Vous comprendrez ce qu'il m'a fait.

Non, Emmanuel je crois pas que ce soit n�cessaire.

Est-ce que... on commence? - Oui.

Tout le monde est au courant pour Preynat, sa mise en examen et tout �a ?

Ouais, oui. - Ouais.

En tout cas sachez que �a a provoqu� un vrai choc au sein du dioc�se.

Barbarin depuis n'arr�te pas de se contredire

Au d�but il disait qu'il avait appris les faits gr�ce � Alexandre en 2014,

et depuis 2 jours il dit qu'en fait il savait depuis 2007.

Non, mais c'est pas un hazard,

ses avocats ont d� lui dire qu'au bout de 3 ans, il y avait prescription donc euh...

il peut tout � fait �tre blanchi par la Justice,

alors que c'est totalement immoral puisqu'il �tait au courant

et qu'il a rien dit. Donc l'id�e maintenant,

c'est de continuer avec notre avocate de chercher

un moyen de les attaquer, lui et ses acolytes,

et euh... de le faire condamner pour non-d�nonciation et mise en p�ril.

Et le proc�s canonique, ils font quoi ? - Ben on a �crit � Barbarin,

on a �crit au Pape, pas de r�ponse pour l'instant.

Mais avec la m�diatisation actuelle, ils vont bien �tre oblig�s de bouger.

A propos, pardon, de m�diatisation,

je voulais vous... revenir sur l'id�e dont je vous ai parl� la derni�re fois

pour vous dire que c'est bon,

j'ai trouv� un pilote, et il est pr�t � nous aider pour 3000�.

Un pilote? - Pour quoi?

Explique Fran�ois pour ceux qui �taient pas l� � la derni�re r�union.

Ah pardon, euh... En fait, en plus de l'action juridique contre Barbarin,

on s'est dit qu'on avait besoin d'un gros coup de com

et j'a pens� � faire du skywriting.

Quoi ? - C'est quoi ?

C'est � dire un avion qui dessinerait dans le ciel

au-dessus de Fourvi�re au fumig�ne, une grosse bite

avec en dessous, le logo LPL.

C'est dr�le.

Je croyais que c'�tait juste un lacher de tracts au dessus de Fourvi�re.

Non, une bite g�ante !

C'est une mani�re de dire aux associations catholiques

Qu'est-ce qui vous choque le plus ?

une bite ou des p�dophiles au sein de vos rangs ?

C'est un peu lourd comme message, hein ? - Ah oui ! Alors l� c'est le bouquet.

Et en plus, On peut le faire au-dessus du Vatican.

Pour 8000�, mais le gars est pr�t � nous le faire � 4000

parce qu'il dit que bon, �a le fait marrer et qu'on est une association, et l�

...r�sonnance mondiale!

Non mais tu peux pas l�cher une bite dans le ciel! C'est ridicule,

C'est pas �a qu'il faut... Faut trouver un truc qui ait de l'impact,

qu'on puisse voir les initiales de l'association LPL

tu vois avec un truc du genre

"P�dophilie halte au silence de l'�glise".

Ah non, c'est beaucoup trop long ce que tu proposes.

Trop long... excuse moi de proposer, au moins je fais quelque chose,

sinon tu fais ta r�union tout seul.

Non, mais attends, j'ai pas dit �a.

Non non, pardon excuse moi, non, je parle juste de faisabilit�

Sinon, oui, t'as raison, euh...

au moins faut marquer "La parole lib�r�e.fr"

mais c'est beaucoup trop long il peut pas le faire.

Moi, �a me para�t �tre une excellente id�e.

Evidemment �a vient de ton homme. - Non mais c'est vrai, c'est vrai.

Ca fait une image choc, au moins on est s�rs que �a fait le buzz.

Si demain je vois passer un logo dans le ciel,

je vais me dire "c'est de la pub", je vais passer � autre chose.

Ah bon ?

Alors qu'une bite, �a parle. - C'est s�r, �a parle.

M�me si �a choque ou si c'est vulgaire,

�a reste moins choquant que le sujet du d�bat.

Les Debord l�, vous �tes juste incroyables.

�a reste une action populaire, les gars !

Fran�ois, Ok, l'id�e n'est pas si b�te

sauf que si on veut faire une bite dans le ciel,

il faut utiliser des termes pr�cis, exacts qui cadrent avec notre action.

Il faut pas parler de bite, ni m�me de sexe,

Non, il faut parler de la sexualit� des pr�tres,

sujet tabou, et en particulier de la p�dophilie.

Faut ramener �a � une dimension intellectuelle, voire spirituelle.

A ce moment l�, moi je suis Ok.

Mais moi aussi je suis d'accord avec toi Fabrice.

Moi je vous parle de faire des mises en vue, de faire un buzz de malade.

Alors Ok, on va se mettre des gens � dos. Et alors ?

Ca fera marrer tout le monde

et �a mettra la pression de dingue sur le dioc�se, les politiques et les procureurs.

Attention, pour info, l'image de Fourvi�re est prot�g�e.

Normalement pour toute parution dans la presse ou � la t�l�,

il faut l'accord de la fondation de Fourvi�re,

je pense qu'ils vont pas �tre tr�s contents.

On fait pas �a pour qu'ils soient contents, d'accord ?

Moi �a me fait penser � quand ils avaient mis une capote capote g�ante

sur l'ob�lisque, � la Concorde.

�a avait fait le buzz, super, mais c'est vachement pol�mique.

Oui euh... c'est le monde d'aujourd'hui, on n'a pas le choix.

Et P�ques, ce serait une bonne date, non ?

Oui, c'est une bonne date. Faut juste regarder la m�t�o

pour que le ciel soit bien d�gag�.

Moi personnellement je le dis, je suis contre, c'est trop extr�me.

�a va choquer le p�kin moyen qui comprendra rien de toutes fa�ons

Non, si c'est juste pour choquer...

C'est vrai que notre but, c'est de f�d�rer, pas de passer pour des fous furieux.

Ah, excusez moi...

C'est Nadia, notre avocate. Je vais la prendre.

Je crois que c'est le moment de passer au buffet, hein?

Salut, bonsoir. C'est Alexandre?

Oui, salut. - Emmanuel.

Enchant�. - Enchant�.

Je voulais te dire, j'ai lu ton t�moignage sur le site...

j'ai trouv� �a... dingue, T'obliger � prier main dans la main

avec Preynat... - Ma femme, Marie.

Emmanuel. - Ah!

Bonsoir. - Enchant�.

J'ai lu votre t�moignage �a m'a beaucoup �mue. Vraiment.

Merci.

Au revoir.

Putain je suis d�go�t�, pour la bite sur Fourvi�re, c'est mort.

Ben pourquoi ?

D'apr�s Nadia, c'est diffamation directe donc c'est Niet de chez Niet.

Ben tu vois... j'aurais d� �tre avocat!

Ben ouais t'aurais d�. - Tu veux boire quelque chose?

J'veux bien un p'tit blanc.

Bon tiens � propos tant qu'on y est euh... avant de se s�parer est-ce que...

quelqu'un veut reprendre la ligne t�l�phone de l'association,

parce que moi je... j'en peux plus.

C'est du 24h sur 24, entre les victimes et le coup de fil des m�dias...

Je suis �puis�. Quelqu'un?

Moi.

Je suis la maman d'Emmanuel. Je peux prendre le t�l�phone,

je suis � la retraite.

J'ai du temps. - Ben... oui, avec plaisir.

G�nial.

T'es s�re? - Bien s�r, je suis s�re.

Bonsoir. - Alexandre. mon �pouse, Marie.

Vous voulez boire quelque chose? - Volontiers.

Bonsoir.

Non mais je vous jure,

combien de fois j'ai r�v� de le torturer, dans une cave,

de lui arracher les yeux, de lui arracher les doigts,

un par un pour bien le faire souffrir. - Comme dans Reservoir dogs.

Ah je sais pas, je l'ai pas vu.

A un moment il lui coupe l'oreille. Ca fait d�gueulasse.

Il parle � l'oreille coup�e comme �a, moi j'ai ador�.

Bon allez les gar�ons, il faut aller se coucher.

Vous vous levez t�t demain.

Bonsoir. - Salut.

Bonne nuit papa. - Bonne nuit mon grand.

Salut les gars, bonne nuit Pas de cauchemar, pas d'oreille coup�e.

Bonne nuit.

Ils sont super vos enfants. - Ah oui, Marie les a bien �lev�s.

Oui on s'entend bien, on parle, on �change beaucoup.

Un peu tout le contraire de moi avec mes parents quoi.

Ben je te rassure, moi c'est pareil avec les miens.

Si tu voyais les textos de ma m�re m'a envoy�s apr�s la Parole Lib�r�e

Faut dire que tt'as �t� dur quand m�me.

Bon, je vais te lire un texto que j'ai envoy�.

"Maman, on n'est pas contre l'�glise

"Barbarin doit juste avouer qu'il a prot�g� un p�dophile.

"�tre oblig� de sucer ou masturber un pr�tre � 9 ans,

"qu'y a-t-il de plus terrible?

"Vous n'avez pas pu nous prot�ger � l'�poque,

"c'est donc � nous de prot�ger les enfants que nous �tions.

"Nous sommes des victimes et n'avons plus honte ni peur."

Ouais, �a envoie!

Qu'est-ce qu'elle a r�pondu ? - "Oh des banalit�s, on t'aime mon grand,

"fais attention � toi et m�fie-toi des m�dias."

Ah ? - Non, laisse, j'y vais.

T'y vas? - Oui.

On va boire le caf� au salon? - Ouais.

C'est beau cette famille que vous formez. Je vous admire.

Merci.

Moi j'ai rien construit hein.

Pas de famille, pas de boulot.

Une relation bien toxique avec ma copine.

Nous aussi, on a eu des moments difficiles, avec Alexandre.

Oui, mais vous �tes toujours ensemble et puis tu le soutiens.

Oui, c'est vrai.

Je sais pas comment t'as fait, parce que...

c'est dur de vivre avec des z�bres comme nous.

Excuse moi j'ai dit quelque chose qu'il fallait pas ?

Non, c'est rien.

�a va? - Hmm.

Je vais te dire une chose que les autres membres de l'association ne savent pas.

Ouais?

C'est euh...

Si j'ai r�ussi � soutenir Alexandre comme �a

dans ses crises et ses d�marches face � l'�glise,

c'est que son combat, c'est aussi le mien.

Bien s�r, je comprends.

Non, c'est que moi aussi, j'ai �t� abus�e.

C'�tait un voisin...

Enfin, un ami. Tout le monde l'adorait.

Bon, aujourd'hui il est mort, donc c'est prescrit...

De toute fa�on si je parlais ma famille exploserait, donc je ne dis rien.

Il faut �tre courageux pour parler et affronter le regard des autres.

Moi, j'ai pas pu. C'est pour �a que je vous admire, tous.

Merci.

C'est qui? - C'est moi!

Qui? - Emmanuel.

C'est Emmanuel. - Ouvre-lui.

T'aurais pu pr�venir.

Oh je passais par hasard, c'est... pour faire un petit coucou.

Un peu de pur�e? - Oui. Merci.

Papa t'as re�u tout ce que je t'ai envoy� ?

Oui.

T'as regard�?

Ecoute... C'est la vie, on a tous nos probl�mes.

C'est un vrai ramdam, que vous faites.

avec votre association!

Je pensais que c'�tait important que tu saches.

Pour comprendre notre relation, et puis pourquoi c'�tait si difficile pour moi

quand j'�tais enfant.

C'est ta m�re, la seule responsable.

Elle avait qu'a pas t'envoyer l�-bas.

Elle pouvait pas savoir.

Tu sais ce que je pense d'elle? - Oui.

Elle a que ce qu'elle m�rite.

Elle a tout fait pour m'emmerder, pour... pour te monter contre moi.

La victime, c'est pas toi.

C'est moi.

Victime... Arr�te avec �a!

T'es un homme, maintenant.

Essaie de faire quelque chose de ta vie. - Justement, c'est �a, ma vie! Tu vois ?

La parole lib�r�e! C'est �a. Tu comprendras rien en fait !

Tu comprends jamais rien � rien. D�sol� !

de vous avoir d�rang�s! Pardon !

Non, fais pas �a.

Quelle id�e � la con ! - On est tr�s contents de te voir.

Je suis d�sol�. Je reste pas.

Mais non, reste. - Dis-lui d'aller se faire foutre

� ce vieux con.

T'aurais pu faire un effort.

Tu veux autre chose? - Non, �a va merci.

�a te fera 6�, s'il te pla�t.

Tiens.

T'as connu le p�re Preynat?

Ah, euh... Ah oui, oui.

Oui je... fais partie de ses victimes.

Je faisais partie du groupe St Luc. - Oui.

J'�tais aux scouts. - OK.

Tu, tu... tu veux en parler?

Ah non, non... non, je te remercie, moi �a va bien.

A bient�t.

Madame, vous d�sirez? - Bon, ben salut.

Je vais vous prendre un pain au chocolat.

Oui...

Oui.

Hmm.

Mais bien s�r, je comprends.

Tr�s bien. D'accord.

Je sais que c'est compliqu�,

mais �a peut vous faire du bien de mettre tout �a sur papier.

Vous pouvez me rappeler quand vous voulez.

Au revoir, et bon courage.

Ah excuse-moi, mais �a n'arr�te pas depuis ce matin.

Au moins 3 nouvelles victimes.

Tu m'a pris une religieuse, t'es adorable. - Tu l'as bien m�rit�.

J'ai vu �tienne, le fils du boulanger. - Ah ouais?

Hmm. Je crois qu'il a �t� abus� lui aussi. - Il te l'a dit?

Pas directement, mais j'ai compris.

Ca m'�tonne pas. Il vit toujours chez ses parents

et � part la boulangerie, il a pas l'air d'avoir une vie.

Il est pr�t � t�moigner? - Je crois pas.

Ah...

C'est s�r que, c'est pas bon pour le commerce de ses parents,

ils ont cinq boulangeries sur Lyon, et ils sont tr�s cathos.

Et toi? �a va bien?

Hmm.

Avec Jennifer? - Je crois qu'on va faire un break.

C'est triste. - Non, c'est usant.

Elle supporte pas que j'aille mieux en fait.

J'suis all� voir mon p�re.

Pour quoi faire? - Ben... pour lui parler.

Et alors?

Il comprend rien, il dit qu'on a tous nos probl�mes.

Tu vas pas le changer. Nicole �tait l�?

Ouais.

Maman, tu te souviens,

un jour, en sortant du cat�chisme

je t'avais dit que Preynat m'avait embrass�.

Oui... Je me souviens plus vraiment.

Pourquoi t'avais rien dit?

Je pouvais pas... je pouvais pas imaginer une chose pareille.

Souviens-toi, � la sortie de l'�glise, il embrassait tous les enfants.

Je pouvais pas me douter qu'il te...

Je m'en veux aujourd'hui, tu sais.

La parole lib�r�e, j'�coute.

Oui, bonjour monsieur. Bien s�r.

Oui, je comprends.

# Devant tous je m'engage

# sur mon honneur

# et je te fais hommage

# de moi seigneur.

# Je veux t'aimer sans cesse

# de plus en plus

# prot�ge ma promesse

seigneur J�sus

# Fid�le � ma patrie, je le serai...

Viens prier, Emmanuel.

Monseigneur Barbarin, pourquoi avez-vous cru le p�re Preynat

lorsque vous l'avez rencontr� en 2007-2008 ?

Parce que quand quelqu'un me parle, je le crois.

Evidemment c'est le point sur lequel �a s'est le plus d�cha�n�.

A juste titre, � juste titre.

Donc, ma premi�re question, c'est les enfants �videmment.

J'ai dit: "Est-ce qu'il y a le moindre enfant qui a �t� ab�m�,

"ou agress�, ou inqui�t� depuis 1990?"

Et l�, il m'a dit:

"Non, non non, non. Jamais, je vous le promets"

"Parce que j'ai tellement horreur de ce que j'ai fait."

Et voil�, je reconnais que je l'ai cru.

Alors si on me prouve que je me suis tromp�,

qu'il y a eu des faits apr�s,

Alors l�, c'est vraiment dramatique.

Je reconnais �videmment l'extr�me violence subie par les victimes,

mais je tiens � redire que personnellement,

je n'ai jamais, jamais couvert le moindre acte.

Nous somme confront�s � des faits anciens

et gr�ce � dieu, tous ces faits sont prescrits.

Pour certains, peut-�tre pas. C'est � la justice de se prononcer.

Excusez moi. Vous vous rendez compte de la violence de ce que vous venez de dire ?

"Gr�ce � Dieu, tous ces faits sont prescrits."?

Euh oui... Oui, c'est-�-dire...

Du point de vue juridique, la majorit� des faits sont prescrits.

Oui, mais "Gr�ce � Dieu" �a veut dire "heureusement".

Oui... Oui oui je comprends.

Mais c'est juste une erreur de mon langage, je le reconnais volontiers.

D'ailleurs ils le savent...

Quand j'ai re�u cette victime, je lui demand� d'envoyer sa lettre.

Et l�, c'est vrai que j'ai �t� horrifi�.

La premi�re chose que j'ai faite,

m�me pour des faits tr�s anciens et... et prescrits d'ailleurs,

je les ai envoy�s � Rome et Rome m'a dit:

"Non, ce n'est pas possible, arr�tez de lui confier un minist�re."

Merci de m'avoir repris.

Et qu'en est-il du proc�s canonique?

J'ai demand� au Pape Fran�ois,

s'il pouvait pour ce cas gravissime lever la prescription.

Il vient d'accepter.

Cette proc�dure va donc s'�tendre sur quelques semaines,

sous la conduite de plusieurs pr�tres qui �tudieront les pi�ces,

entendront les victimes,

et rendront un jugement canonique.

Le p�re Preynat pourrait-il alors �tre renvoy� � l'�tat la�que ?

C'est envisageable.

Je voulais porter un toast. Euh...� vous tous.

A notre travail au sein de l'association

qui va nous mener au proc�s de Preynat, � sa condamnation,

et j'esp�re, � celle de l'�glise et de Barbarin.

Et vous dire merci pour tout ce que vous avez fait...

Pour votre soutien. �a a chang� ma vie.

Et je dirais m�me, �a lui a m�me donn� un sens.

Une valeur.

Voil�, je sais qu'aujourd'hui, euh...

gr�ce � vous, tout ce qu'on a... tout ce qu'on a v�cu, tout ce qu'on a subi

n'aura pas servi � rien. - Arr�te tu vas nous faire chialer !

Allez, et aux lyonnais de l'ann�e. - Aux lyonnais de l'ann�e !

J'aurais aim� bien aim� voir la t�te de Barbarin

quand il a appris �a... Sant�. - Sant� � tous.

Sant�.

Bon j'apporte le dessert. - Attends je vais t'aider.

Bon, puisqu'on en est au discours officiel,

je voulais vous dire que pour nous, euh... pour Dominique et moi,

ben le travail, �a y est, il est termin�.

Comment �a? - Ben on a fait un super travail...

on a d� faire � peu pr�s tous les m�dias � part 30 millions d'amis.

Voil�, on a atteint notre but. Preynat va �tre jug�.

Enfin tu vas pas nous faire �a. Preynat c'est plus le probl�me, tu sais bien.

Eh oui, c'est vrai, tant que l'�glise reconna�t pas ses erreurs,

et refuse d'�voluer...

Oui, mais ce que Gilles ne dit pas c'est que...

on a besoin... nous aussi de se retrouver en tant que couple,

en tant que famille. L'association a pris beaucoup de place,

�motionnellement, professionnellement,

Je dirais que nos vies ont �t� boulevers�es, comme le disait Emmanuel.

Moi je vous comprends que vous ayez besoin de prendre un peu de distance.

Et puis tout est sur les rails, maintenant c'est la Justice et les avocats

qui vont faire le boulot.

�a casse un peu l'ambiance mais bon... - Non.

Non, il faut juste savoir s'effacer pour pas devenir des b�tes de foire.

Pardon?

Il faut remettre les victimes en avant.

Enfin... on est des victimes.

Je parle des autres victimes, de toutes les autres.

Et pour le proc�s, vous avez une date?

Non, non. - Non.

Moi ce qui m'inqui�te, c'est que Preynat est vieux.

s'il meurt, ou se suicide, qu'est-ce qui se passe?

Ben il se passe rien ma ch�rie.

Pas de proc�s.

Tout �a, �a aura servi � rien.

Non mais... il se suicidera jamais! C'est pas son genre... Trop ennuyeux.

Non, mais on pourrait s'arranger pour qu'il ait un accident.

Allez c'est reparti, la parano des complotistes!

Excuse moi mais �a arrangerait beaucoup de monde qu'il se taise ou qu'il disparaisse.

Oui, pas que sur Fourvi�re, tout le milieu �conomique

tous les politiques de Lyon soutiennent Barbarin.

Bon! Moi j'avais... une bonne nouvelle � vous annoncer.

Ah !

Voil�, euh... j'ai fait une demande d'apostasie.

C'est quoi?

C'est quand tu te fais d�baptiser pour plus du tout faire partie de l'�glise.

Bravo.

Eh bien moi, je trouve �a dommage, et triste.

Excuse moi Alexandre,

mais moi j'ai juste des valeurs humaines, pas catholiques.

Il y a trop d'hypocrisie.

Nous, notre fille a �t� baptis�e, elle ne fera pas ses sacrements.

Ce qui compte c'est le bapt�me et la foi...

pas l'institution.

Moi je te comprends Fran�ois. C'est un geste fort. Politique.

Non !

Pour lutter contre l'institution

il faut �tre � l'int�rieur de l'�glise, pas � l'ext�rieur...

La force, c'est quand on est dedans.

Comment tu peux dire �a ?

Toutes tes d�marches, tout ce que t'as fait, �a prouve le contraire, non?

Oui, ce qui serait g�nial, c'est qu'on se fasse tous euh

a... machin l�. - Apostasier.

On se fait tous apostasier, et on communique l� dessus.

Tu vois les gros titres... "Les membres de "La Parole lib�r�e"

"abandonnent la religion catholique."

C'est �norme �a,

Non?

Je dis �a comme �a, hein.

Bon, on sert le dessert.

Non merci, je vais fumer une cloppe. - Ah ben tiens, je viens avec toi.

Salut! - Merci, c'�tait super.

Merci pour tout.

Merci. - De rien.

Emmanuel tu veux qu'on te ram�ne ou pas ?

Euh, non, c'est bon. Merci

Merci. Au revoir. - Salut.

Merci pour tout, � bient�t.

Allez, au revoir tout le monde. Et bonnes f�tes !

Joyeux No�l! - Oui, bonnes f�tes.

�a va? - Oui, oui.

C'est maintenant que tu rentres ?

J'avais la permission de Maman.

Et puis demain, c'est dimanche.

T'�tais avec �lodie? - Oui.

Hmm, c'�tait bien?

Oui, on �tait � une f�te. C'�tait sympa.

Et vous, le d�ner? - �a allait, un peu tendu.

Mais on a f�t� notre prix, les Lyonnais de l'ann�e!

Ah! Bravo!

Tu sais qui a gagn� l'ann�e derni�re ? - Non.

Vas-y, devine. - Je sais pas.

Barbarin. - C'est �norme.

Allez bonne nuit. - Bonne nuit.

Papa?

Oui?

Tu crois toujours en Dieu?

Le p�re Preynat a �t� renvoy� de l��tat cl�rical le 4 juillet 2019.

Il b�n�ficie de la pr�somtion d'innocence.

Il devrait �tre jug� fin 2019 ou en 2020

Le 07 mars 2019 le cardinal Barbarin a �t� condamn� � 6 mois de prison avec sursis

pour non d�nonciation d'agression sexuelle sur mineurs de moins de 15 ans.

Il a fait appel de cette d�cision et reste pr�sum� innocent.

Le 3 ao�t 2018 la prescription est pass�e de 20 � 30 ans d�s la majorit� des victimes

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