All language subtitles for Die.Bruecke.1959

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Original subtitles

LE PONT

Il ne manquait plus que ça.

La situation va s'améliorer.

Ça ne durera plus très longtemps.

Espérons-le.

Mon fils a fait les trois jours.

- Sigi ? - Oui.

Il ne sera pas appelé.

Vous pensez ?

Vous aurez votre linge dans 5 jours.

Les chemises vont me donner du travail.

Rien ne presse.

- Bien, docteur… - Au revoir.

Au revoir.

- C'était une bombe ! - En effet.

La maison a tremblé.

- Où est-elle tombée ? - Du côté du fleuve.

- Vous n'étiez pas à la cave ? - Avec le cheval ?

- Je vais vous aider. - Ça ira.

Je sais bien, vous y arrivez toujours toute seule.

Et vos ouvriers ? Vous n'avez pas peur ?

Si, mais je dois rester forte pour mon fils.

Bonjour, Mme Major.

- Je passerai plus tard. - Je serai lĂ .

Mme Borchert, j'ai entendu pour votre fils.

- Il s'est engagé ? - Oui.

Vous ĂŞtes d'accord ?

Les Borchert sont tous officiers.

Merci de votre aide.

Il n'y a pas de quoi. Au revoir, Mme Borchert.

Il y a eu une explosion.

Vous pouvez me croire, je l'ai entendue.

Ne nous emballons pas.

Regardez-le !

Vous partez en voyage, M. le chef local du parti ?

Non, M. Rentorf, vous vous faites des idées.

On est sévères avec ceux qui doutent du parti.

Ne l'oubliez pas, M. Rentorf.

Emma, tu en mets du temps !

Je ne peux pas tout laisser.

- Tu as les papiers ? - Je les ai oubliés !

C'est pas vrai.

- M. Forst ! - Oui ?

Vous pourriez me demander avant de couper mon bois.

Je n'en ferai rien. La victoire est en jeu.

Ne l'oubliez pas !

- Qu'y a-t-il ? - Ça ne te regarde pas.

- J'ai les papiers. - Dépêche-toi.

On doit passer par l'école.

Trop tard. Estime-toi heureuse.

- Je dois dire au revoir. - Tu raterais le train.

J'expliquerai tout Ă  Walter. Allons-y, il faut partir.

Walter, passe-la-moi !

T'as qu'Ă  jouer tout seul.

Allez, les enfants. On se dépêche.

Que faites-vous lĂ  ?

C'en était une grosse.

Vous l'avez entendue tomber ?

Imagine qu'elle nous tombe dessus.

Avant le cours de maths.

Churchill refera notre emploi du temps.

Il vous faut une invitation pour aller en classe ?

On y va lentement, dans le calme.

On en a de la chance.

Plus qu'une demi-heure d'anglais et du temps libre après.

Et le tir Ă  la mitrailleuse ?

Franziska !

Tu veux aller voir le cratère de la bombe ?

Oui, après le calcul.

- Mutz ! - Oui.

- Tu sais ce que j'ai ? - Non.

- Vraiment ? - Oui.

Devine.

- Allez, dis-moi ! - Regarde.

Où l'as-tu trouvée ?

Dans la cave.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une souris.

Je la lâcherai en classe.

Tu n'oseras pas.

Je vais te le prouver.

Très drôle !

T'es le roi des imbéciles.

D'après la Wehrmacht, il y a eu des combats à Oberbach.

Oberbach ? C'est juste au sud.

On est en réserve.

Ils devraient nous appeler.

Les gamins, les gardiens de notre avenir.

- Laisse-le tranquille. - La ferme !

- Ils ont une vraie ligne. - Oui.

Mais ils ont un flanc découvert.

- Il faut envoyer des chars. - Et briser la ligne ?

Messieurs de l'état-major, pouvons-nous reprendre ?

Mutz ?

Excusez-moi, je m'occupais du front.

Jouer Ă  la guerre t'amuse ? Tu veux ĂŞtre officier ?

Il veut ĂŞtre conducteur de train.

C'est vrai ?

Oui, mais c'était avant.

Et alors ?

On en aura bientĂ´t plus besoin que de soldats.

Que voulez-vous dire ?

Une fois la guerre finie.

Tu n'as rien contre la paix, Borchert ?

Bien sûr que non, monsieur.

On reprend la version. Hager, Ă  toi.

Si…

- Si tu ne me chéris pas… - Ne m'aimes pas.

Si tu ne m'aimes pas…

- Alors qu'ils… - Me trouvent.

Alors qu'ils me trouvent.

Si je meurs par leur fureur…

Cela vaut mieux…

Cela vaut mieux

- que si tu ne m'aimes pas… - Toute une vie.

Oui. Toute une vie.

Je te remercie de tes efforts, Hager. Toi aussi, Franziska.

Voyons comment les romantiques ont traduit ces vers.

Lis-nous ce passage, Scholten.

"Le manteau de la nuit me soustrait Ă  leur vue.

"D'ailleurs, si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici.

"J'aime mieux ma vie finie par leur haine

"que ma mort différée sans ton amour.

"Quel guide as-tu donc eu pour arriver jusqu'ici ?

"L'amour, qui le premier m'a suggéré d'y venir,

"il me prĂŞta son esprit et je lui prĂŞtai mes yeux.

"Je ne suis pas pilote, mais, quand tu serais Ă  la mĂŞme distance

"que la plage la plus lointaine,

"je risquerais une telle traversée.

"Le masque de la nuit est sur mon visage, sans cela,

"tu verrais une virginale couleur

"sur ma joue quand je songe Ă  ce que tu m'as entendue dire.

"Je voudrais suivre les convenances.

"Je voudrais… Je voudrais nier

"ce que j'ai dit.

"Mais adieu, les cérémonies !

"Dis-moi,

"m'aimes-tu ?

"Je sais que tu vas dire oui,

"et je te croirai.

"Ne le jure pas…"

Forst, la fenĂŞtre.

"Tu pourrais trahir ton serment.

"Les parjures des amoureux font, dit-on, rire Jupiter.

"Oh ! gentil Roméo, si tu m'aimes, proclame-le…"

Bernhard, ferme la fenĂŞtre.

Continue, Scholten.

- À qui est-ce ? - À moi.

Poussez-la donc. Vous pourriez nous aider !

Quel sans-gĂŞne ! Bon voyage.

Pourquoi ne démarre-t-il pas ?

Reculez-vous !

Ne pleure pas. Estime-toi heureuse de partir.

Walter !

Prends soin de toi, mon garçon. Au revoir.

Tu t'es surpassé !

Que fais-tu ici ? Tu devrais être à l'école.

J'ai pas pu lui dire au revoir.

L'essentiel est qu'elle soit en sécurité.

Tu es débarrassé !

- Quoi ? - C'est la vérité !

Ne te mĂŞle pas de mes affaires, ou tu le regretteras.

Bonjour !

Sigi, c'est toi ! Je me suis fait du souci.

Pourquoi ? On était à la cave.

On a sauté le cours d'anglais.

L'anglais ! À quoi ça peut bien vous servir ?

Viens.

Allons manger.

On y aura peut-ĂŞtre droit tous les jours.

Vous devriez rester Ă  la maison.

Pour quoi faire ?

- Qu'est-ce qu'on mange ? - Du chou.

- Encore ? - Je n'ai rien d'autre.

- Je vais voir le pont. - Tu iras plus tard. Mangeons.

Sigi ! Dépêche-toi !

Que fais-tu ?

Je dois nourrir Alberich.

Comment ça va ?

- J'ai écrit à tante Wally. - Et alors ?

Pour savoir si tu pouvais y passer quelques semaines.

Je devrais me défiler ?

- Que vont dire les autres ? - Tu ne te défilerais pas.

Tu n'es pas un soldat.

Regarde, Wotan a encore tout mangé.

Tu pourrais manger Ă  ta faim.

Et toi ?

J'utiliserai tes tickets. Il ne nous reste rien.

Je n'ai plus rien à échanger.

Il te faut des souliers.

Je préfère encore te donner Wotan.

Mais je reste !

- Karl. - Merci, Mlle Barbara.

Nous avons déjà déjeuné. Elle est encore coincée.

Laissez-moi faire.

Tu es vraiment maladroit.

Qu'est-ce que c'est ?

Rendez-le-moi !

- Qu'est-ce que ça signifie, Karl ? - Rien.

Ça ne veut rien dire du tout.

J'espère bien.

S'il vous plaît, pardonnez-moi.

Mais il n'y a rien Ă  pardonner.

- Dépêche-toi. Ton père t'attend. - Oui.

- Bonjour, papa. - Bonjour.

- Tu as faim ? - Oui.

- Mais je dois repartir. - Où ça ?

- Voir le cratère de la bombe. - Viens d'abord manger.

Ton cratère de bombe sera toujours là après la soupe.

Merci.

Ton assiette.

- Encore ? - Non, merci.

- C'est bon ? - Oui.

Bien.

Que fait Barbara en bas ?

Elle avait Ă  faire.

- On a de la chance de l'avoir. - Oui.

Je vais voir en bas.

- D'oĂą viennent ces cigarettes ? - De Walter Forst.

De la réserve du chef du parti. Tu en veux une ?

Non, pas si ça vient de lui.

Quel genre de garçon est Walter ?

On fait beaucoup de choses ensemble mais c'est un pauvre type.

Pourquoi donc ?

Je pense

qu'il ne croit plus Ă  rien.

Ă€ quoi crois-tu ?

Ă€ tout ce que papa disait.

Papa disait de se tenir droit.

Et de tenir les rĂŞnes fermement et Ă  angle droit.

Nous avions des chevaux de trait.

Tu ne peux pas

le reprocher Ă  ce cheval.

Dieu soit loué, vous êtes là.

- Je m'inquiétais. - Il n'y a pas de quoi, Trude.

Wladimir !

J'arrive.

- Il y a du courrier pour moi ? - Je n'ai rien vu.

Ma lettre de mobilisation n'est pas lĂ .

Ils attendent que tu sois adulte.

Aide-moi plutĂ´t.

J'irai voir le commandant Saldern.

Enfant et soldat, on aura tout vu.

Maman, interdis-lui de parler ainsi.

Elle ne pense pas Ă  mal.

Voici notre ration de savon.

Ce qu'ils appellent savon.

- Ils coupent encore du bois. - Je sais.

C'est pour les barrages.

- Notre bois ? - Oui et je n'y peux rien.

J'espère qu'ils épargneront les sapins.

Les sapins importent peu.

Si papa était encore en vie…

Tu as raison.

Excuse-moi.

- Tu dételles le cheval ? - Bien sûr.

Allez, mettez-vous au travail !

Dépêchez-vous !

Il y aura assez de bois pour le bateau ?

Oui, merci. On a de quoi en construire deux.

ArrĂŞte ce vacarme, c'est insupportable.

J'ai presque fini.

Vous pouvez lire avec ce bruit ?

Oui, ça va.

Tout va bien chez vous ?

La sirène résonne constamment. Maman ne quitte pas la cave.

Elle est contente que je sois lĂ .

Moi aussi. Plus personne n'a deux hommes Ă  la maison.

Tu ne devais pas barricader les fenĂŞtres du salon ?

Oui, je vais le faire.

Alors vas-y.

- Pas de lettre de papa ? - Non.

Ça fait 23 jours.

Maman, ça ne veut rien dire, pas vrai ?

Les lettres arriveront sûrement d'un coup.

Ils retiennent le courrier pendant l'offensive

pour ne rien trahir.

Tu crois ?

Il ne s'est rien passé.

Ă€ part le pont en bois.

Il a fini dans l'eau.

- À cause de la pression. - Il n'y a rien eu.

Imbéciles, estimez-vous heureux qu'il n'y ait rien eu.

Il aime bien en faire des tonnes.

- Où est passé Sigi ? - Je ne sais pas.

Oui ?

Il est dans la cabane ?

Ça va ?

Pas de dégâts ni de pertes à déplorer.

Je rentre.

Nous aussi, Franziska ?

Oui, je suis d'accord.

Ă€ tout Ă  l'heure.

- On va se promener ? - Oui, si tu as le temps.

J'ai le temps. Toi aussi ?

Juste un peu.

Allons-y.

Klaus !

Qu'avais-tu en anglais ?

Hier, tu comprenais tout.

Aujourd'hui aussi.

Mais je ne peux pas dire ces sottises.

"Si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici…"

Quand tu le dis, ça fait drôle.

J'ai gymnastique. Quelle heure est-il ?

Il est 25. OĂą est ta montre ?

On l'a échangée quand maman était malade.

Je te la donne.

- Tu ne peux pas me l'offrir. - Pourquoi ?

Tu es fou, Klaus.

Je te la prĂŞte, alors.

Pourquoi ?

Tu penseras Ă  moi.

Je te la rends quand tu veux.

D'accord.

Elle a des chiffres lumineux, c'est très pratique.

Tu peux boutonner ma manche ?

On peut y aller ?

Attends !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je roule sur la jante.

C'est tout maman, ça !

Donne-moi ta pompe.

- Elle s'est fait voler la pompe. - Tiens-le.

Dis-moi, Hans, pendant le bombardement…

Oui ?

- Tu as eu peur ? - Et comment !

- Tu as eu la trouille ? - Bien sûr.

Et tu l'avoues comme ça ?

Pourquoi pas ?

Je trouve ça génial. Tu as fini ?

Je suis curieux de voir si Forst a la colle.

VoilĂ  notre Lilliputien !

On a tout, notre bateau flotte.

- C'était difficile ? - Non, pourquoi ?

Le menuisier t'a donné de la colle ?

Il n'y avait personne, la colle était posée là.

En avant vers la victoire !

Tu exagères !

Tu te crois drĂ´le ?

- Quoi ? C'était un test de courage. - Venant de toi ?

- HĂ©, camarades ! - Regardez !

On a caché quelque chose.

Qu'est-ce que tu as ? C'est une nasse.

Les cloches de Pâques sont passées.

- Avec du schnaps ? - Du schnaps ?

Véritable alcool de grains. 42 %.

Liqueur d'œuf.

Tu vois, les cloches ont apporté des œufs.

- Tu les voles ? - Mais non !

Le propriétaire doit se sentir mal.

On apaise sa conscience.

Partageons-les. Combien il y en a ?

Comptons-les.

Cachons-les dans le tuyau. On reviendra après.

Allons-y. Tenez-la.

- Sigi, cache-les. - Pourquoi moi ?

T'es le plus petit !

- Dépêche. - C'est ce que je fais.

Pourquoi les partager ? On les a trouvées.

C'est moi !

Et tu auras deux bouteilles.

Le groupe passe avant l'individu.

Mais bien sûr !

On le dira à ton père.

Dépêchez-vous, on va être en retard.

Qui m'emmène ?

- Tu restes ici, abruti. - Viens, je t'emmène.

- On a du schnaps. - À quoi ça va me servir ?

Que faites-vous ?

Ramasse-la.

Où étais-tu, Karl ?

Ça ne va pas ?

Si.

Viens, on y va.

Vous avez apporté

la colle ?

Oui, monsieur.

- Ça a été difficile ? - Très.

Borchert,

dis à ta mère que le contreplaqué a été livré.

Tu la remercieras.

Eh bien, oĂą est donc Borchert ?

Apporte les planches.

Les planches, Karl.

- Donne-moi le tournevis. - Il faut les raboter.

- Les filles sont toutes des garces. - Quoi ?

Des garces !

- T'es malade. - Franziska aussi !

Redis-le…

On aura fini dans trois semaines ?

Les Américains seront peut-être là.

La gare a tenu deux jours Ă  Oberbruck.

- Et ensuite ? - Comment ça ?

Quel sort a connu la gare ?

Ça y est ! Je suis mobilisé, j'ai la lettre.

On doit ĂŞtre Ă  la caserne demain.

Comment ?

Je suis mobilisé.

- Vos lettres ont dĂ» arriver. - Quand ?

- Demain Ă  7 h. - Enfin !

J'ai fait mes maths !

Tu sais si on sera ensemble ?

Bien sûr, soldats Forst et Scholten marchent au pas cadencé.

On va leur montrer.

- La formation sera courte. - Probablement.

J'espère être vite gradé.

Monsieur, vous continuerez le bateau ?

- Notre bateau ? - On reprendra Ă  notre retour.

- Oui. - On fera un navire de guerre.

Tu n'y monteras pas, tu es trop lourd.

Monsieur, voici les outils. On ne les a pas rangés.

Vous pouvez rentrer chez vous.

Viens, on rentre Ă  la maison.

Dépêche-toi ! Comment tu vas l'annoncer ?

- Par lettre. - Je vais appeler.

- Si tu y arrives. - Pourquoi ?

- Viens. - J'arrive.

Il faut se dépêcher.

- C'est rangé ? - Oui.

Au revoir.

Que fais-tu ?

Sors de là. Et plus vite que ça !

Donne-moi cette bouteille.

- De l'alcool ? - Je ne sais pas.

- Tu en as d'autres ? - Moi, non.

D'accord, et les autres ? Où avez-vous volé ça ?

On les a trouvées, pas volées.

Suis-moi.

Ça va chercher jusqu'à trois ans de prison.

Je dois ĂŞtre Ă  la caserne demain.

C'est vrai ?

Oui. Ma lettre est Ă  la maison. Je vous assure.

Vous m'emmenez au poste ?

Non, chez ta mère, que tu puisses te changer.

Sigi ?

Qu'y a-t-il ?

J'ai glissé.

Ma lettre est lĂ  ?

- Oui. - OĂą est-elle ?

Il ne peut pas ĂŞtre soldat.

- C'est un enfant. - Je ne suis plus un enfant.

De quoi as-tu l'air ? Tu es complètement trempé.

- C'est pas grave. - Déshabille-toi.

Tu vas attraper froid.

Je dois me présenter à la caserne demain matin.

Monsieur.

C'est sûrement une erreur. Vous devez être au courant.

Ils sont tous appelés.

Je vais t'envoyer loin, alors. Assieds-toi.

Je vais t'envoyer chez tante Wally.

- Tu t'y cacheras. - Je ne suis pas un déserteur.

Monsieur,

que dois-je faire ?

Mme Bernhard, il n'y a rien que vous puissiez faire.

Et pour le schnaps… Eh bien, je vous le laisse.

Comment as-tu eu ça ?

Tu pourras l'échanger. Wotan aussi.

Merci.

Ils se sont aménagé un bar, ça constitue un délit.

Un délit ?

Alors enfermez-le jusqu'Ă  la fin de la guerre !

Maman…

C'est de la folie.

Je ne peux pas vous répondre.

Je suis de service, essayez de comprendre.

- Maman ? - Oui, Sigi ?

Je peux t'emprunter la petite valise ?

Tu pars chez tante Wally ?

Je n'irai pas Ă  la caserne avec un carton.

J'aurais l'air idiot.

Oui, tu aurais l'air idiot.

Tu es enfin rentré ?

Quoi ?

Tu as du courrier.

Ta lettre de mobilisation.

Karl, tout va bien se passer.

La formation va durer des mois.

- D'ici là… - Bon débarras !

- Comment ça ? - Je vous ai…

Dehors ! Qu'est-ce que vous voulez ?

Dehors ! Sortez !

Je ne veux plus vous voir !

Allez-vous-en !

- Je ne veux plus vous voir ! - Qu'est-ce qui te prend ?

Barbara, laisse-nous, s'il te plaît.

Qu'y a-t-il ?

Vous ĂŞtes contents, vous ĂŞtes enfin seuls.

J'ignore pourquoi…

tu te comportes ainsi.

Après tout, deux adultes

comme Barbara et moi…

Tu l'aimes bien.

Ça ne te plairait pas qu'elle reste ?

ArrĂŞte de faire ta valise.

Tu as jusqu'Ă  demain matin.

Bien.

Descends quand tu seras calmé.

On en discutera.

- Je ne comprends pas. - Ne vous disputez pas.

- C'est encore un enfant. - Ça, c'est sûr.

Je le croyais plus mature.

Et on envoie ces gamins se battre.

Sa place est Ă  la maternelle !

- Calme-toi. - Il devrait ĂŞtre Ă  la maternelle.

N'oublie pas de faire réparer le tracteur.

Oui, Jürgen, ne t'inquiète pas.

Je m'occuperai de tout.

Madame !

- Les ouvriers étrangers. - Oui.

- Ils sont partis ! - Quoi ?

Qu'allons-nous faire ?

Il faut tout de suite prévenir la police ou le parti.

C'est sa dernière soirée. Ils ne viendront pas aujourd'hui.

Les instructions sont strictes, madame.

Les Leppmann n'ont rien signalé et après…

Je sais.

Je les appellerai demain.

Trude, peux-tu nous laisser ?

Comment vas-tu faire sans les ouvriers ?

On en aura d'autres.

Qui sait s'ils seront convenables ?

Qu'est-ce que je peux y faire ?

- Tout est bizarre. - Je suis bien d'accord.

Et c'est maintenant que je pars.

Mais JĂĽrgen, tu me connais,

j'arrive toujours Ă  m'en sortir.

C'est le pistolet de papa.

On me l'a fait parvenir.

Je peux l'emporter ?

Prends-le.

Merci, maman.

Tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir.

Papa m'a appris Ă  tirer avec.

En tant qu'élève officier, j'ai le droit de porter mon arme.

À quelle heure te lèves-tu ?

On petit-déjeunera ensemble.

Bien sûr.

On se lèvera à 5 h 30.

Bonne nuit, maman.

Bonne nuit, mon garçon.

Je trouve ça formidable, tu restes toujours digne.

N'emporte pas trop de choses, tout devra tenir dans un sac.

- Ton pull-over. - Pose-le lĂ .

- Que fais-tu de ce couteau ? - Je l'emporte.

On ne va pas jouer aux Indiens !

Le chef de gare a dit qu'on se servait de couteaux.

N'importe quoi !

Il a lu trop de livres pour enfants.

Hans, vous devez écrire à votre famille.

Tes chaussettes.

Ils nous en donneront, maman.

Tu pourras les échanger.

Et ils échangèrent leurs chaussettes dans la bataille.

VoilĂ  comment elle imagine la guerre !

Je n'ai aucune envie de l'imaginer ! Regarde.

Tu es obligé de les user jusqu'à la corde ?

Ce sont les miennes. Je vais les repriser.

- Le faites-vous chez vous ? - Non.

Alors ?

Maman, il me faut du savon.

Prends le savon de Marseille dans la cuisine, vous partagerez.

Merci.

Du savon de Marseille, génial. Si j'avais su,

je l'aurais volé depuis longtemps.

Mme Mutz ?

Oui, Hans.

Je…

Je voulais vous remercier de m'avoir accueilli.

Dans ce cas, Hans,

je dois aussi vous remercier d'être resté ici.

Pourquoi ?

Votre présence a été bénéfique, à Albert et à…

Vous ĂŞtes tellement mature.

Si ma mère entendait ça !

Je ne trouve pas le savon.

Regarde dans le placard.

Hans, veille sur lui.

Vous venez de me tutoyer.

Je vous le promets.

Et prends aussi soin de toi.

C'est drĂ´le, tu seras seule en classe.

Je ne trouve pas ça drôle.

Bureau de poste numéro 2.

Le courrier arrive avec le train…

12 h 17. Oui, l'heure a changé.

Paul, le train de 12 h 17 pose encore des problèmes.

Que vont dire tes parents ? Il est tard.

Ils seront fâchés.

- Tu préfères rentrer chez toi ? - Non, ça m'est égal.

C'est vrai ?

Il y en a pour longtemps ?

Quand Berlin est bombardé, il n'y a pas de connexion.

Vous ne pouvez rien faire ?

Bon, je vais essayer.

Passez-moi le poste 3-14.

Otto, quelle est la situation ?

Merci.

Les avions sont vers Hanovre. Ça reste possible.

Quelle heure est-il ?

Regarde, on voit très bien les chiffres.

Franziska ?

J'ai une question.

Oui ?

Mais ne le prends pas mal.

Promis ?

Demande-moi ce que tu veux. C'est notre dernière soirée.

Je voudrais la montre.

Si je fais le guet de nuit, j'aurai besoin des chiffres lumineux.

Ici le poste numéro 2. C'est Brême ?

- Je peux y aller ? - Oui.

AllĂ´, maman ? C'est toi ?

Comment ?

Quoi ? Non, je vais très bien.

Je suis mobilisé.

- Que fais-tu lĂ  ? - Tu t'es perdu ?

J'ai ma lettre de mobilisation.

Ă€ cette heure-ci ? Tu ne pouvais pas attendre demain ?

Il a peur de manquer la fĂŞte pour la victoire.

- Taisez-vous. - Attention.

Monte le son.

Les bombardiers ont obliqué vers l'est.

Offensive probable sur Berlin.

Je veux bien le croire.

Retourne chez toi. On est ponctuels à l'armée.

Je ne peux pas rentrer.

Ne le renvoie pas, Paul.

Installe-toi lĂ .

- Tiens, prends une couverture. - Merci.

Votre père vous demande d'éteindre cette musique.

Ça le dérange.

- Que fait-il ? - Il fait sa valise.

Dites-lui d'éteindre cette musique !

Apportez-moi mon costume bleu.

Il y a la place.

Anni, où sont…

Tu pars en vacances ?

Walter.

Je dois… Tu sais…

J'ai reçu un appel du parti.

Où sont passés mes cigares ?

On ne trouve rien dans cette maison !

J'ai une réunion, un point sur la situation.

Et tu prends ton costume bleu ?

- Ça ne te regarde pas ! - Le voilà.

Donnez-le-moi.

- Demain, je pars à l'armée. - Je sais.

Le chef du parti met les voiles !

Pour le FĂĽhrer, le peuple et la patrie !

- Tu emmènes Mlle Lehmann ? - Quoi ?

Celle de la chambre de commerce.

- Tais-toi ! - Toute la ville le sait.

C'est pour partir avec elle que tu t'es débarrassé de maman.

Ma parole, tu as bu !

Oui, ton schnaps !

Réservé aux chefs du parti au front.

Tu devrais avoir honte.

- Quand on se reverra après… - N'y compte pas !

Attends un peu.

Ă€ partir de demain, tu vas en baver. Ils vont t'en faire voir !

Il est temps que tu apprennes la discipline

et que tu deviennes un homme, morveux !

Un homme comme toi ?

Toi aussi, tu as couché avec lui ?

Avoue !

Premier groupe. Garde-Ă -vous !

En avant, au pas de course.

Tu veux en faire des soldats ?

Non. À terre ! Et rentrez les fesses

ou vous allez en prendre une !

- Le petit Ă  droite. - Baisse la tĂŞte !

Ne traîne pas

ton fusil par terre !

Tu vas devoir t'en servir plus tard. Soldats, revenez !

Ă€ terre !

Pas besoin de leur apprendre à reculer. À quoi ça rime ?

Demande-leur plutĂ´t.

C'était tellement bien que vous allez le refaire !

Couchez-vous !

J'en ai ma claque.

Debout ! Avancez !

Couchez-vous !

Revenez !

Garde-Ă -vous !

- Excusez-moi, la paperasse… - Je vous en prie.

- Asseyez-vous. - Merci.

Qu'on ne nous dérange pas.

Qu'est-ce qui vous amène ?

Les garçons de ma classe…

- Ils sont dans votre compagnie. - Je sais.

M. Fröhlich,

je vous parle en tant que collègue.

Vous ĂŞtes aussi enseignant.

Depuis 5 ans, je suis soldat.

- Vous avez été réformé. - Oui, je suis cardiaque.

Quelles matières enseignez-vous ?

Anglais, histoire, allemand.

C'est au sujet de vos élèves ?

Je voulais vous demander…

Je ne vois pas pourquoi ils seraient sacrifiés.

J'ai discuté avec eux, M. Stern.

Ce sont des idéalistes.

C'est pour des idéaux qu'ils combattent.

Ils veulent sauver la patrie.

Ils croient

en vos enseignements.

La victoire est nôtre de Hölderlin.

"Ă” patrie, ne compte pas tes morts.

"Tu honores leur sacrifice."

M. Fröhlich !

Tous ces idéaux,

la liberté, la patrie sont entre de mauvaises mains.

Ça n'a plus aucun sens !

J'ai appris que mon fils était tombé au combat.

Ça n'a pas de sens ?

Je suis désolé.

Après ça, je ne pourrai plus enseigner la conscience tranquille.

Je suis venu

vous demander

de faire un geste pour eux.

Comment ça ?

Vous pourriez les tenir à l'écart.

Ne dites pas n'importe quoi !

J'ai des ordres que je dois suivre.

Capitaine.

Il est bien nettoyé ?

- Pas sur le canon. - Je ne vois rien.

Ils t'ont crevé, petit ?

Je me sens mal. Je n'en peux plus.

Donne-moi ton fusil.

On devrait ĂŞtre en biologie.

LĂ  aussi, je me sentirais mal.

Tu nettoies la baĂŻonnette ?

On nettoie nos armes. C'est pas un cure-dent, ça !

- Ce n'est pas aiguisé. - Ça fait plus de dégâts.

Comment ça ?

Si c'était aiguisé, ça rentrerait trop facilement.

Avec ça dans le ventre, tu ne fais pas long feu.

Dans le ventre ?

OĂą veux-tu la mettre ?

Et tu la retires

en prenant appui sur le type.

Comment sais-tu ça ?

Je l'ai lu.

Ça te change des gamines, non ?

La ferme !

Garde-Ă -vous !

3e groupe, entretien des armes.

Apprenez ceci, Forst :

pas de garde-Ă -vous pour l'entretien des armes.

Continuez.

Vous y arrivez déjà tous très bien.

Grâce à la formation, sergent.

- Ne parlez que quand on vous parle. - Oui, sergent.

- Vous voulez ĂŞtre officier ? - Oui.

Votre carabine.

Tenez-la droite, Ă  la fin ! Plus haut.

Vous n'avez pas tout appris

durant votre formation.

- Recommencez. - Oui, sergent.

Tu crois qu'on a de l'huile à volonté ?

Pas de gaspillage.

Qu'est-ce que tu trafiques ?

Soldat Bernhard, entretien des armes.

Ça, je le vois bien.

Que fais-tu avec ça ?

On l'enfonce dans le ventre et on le dégage avec le pied.

Il ne faut pas croire

tout ce que tu lis dans les livres pour enfants.

Continuez !

Alerte !

Debout ! Sortez dans l'ordre.

Dépêchez-vous !

Fait chier, on peut mĂŞme plus dormir.

Tu ferais bien de t'y faire.

Ça ne ferme pas.

Garde-Ă -vous.

OĂą en ĂŞtes-vous ?

- Nous sommes prĂŞts, sergent. - Sortez.

Ajustez votre boucle.

- Vous avez tout ? - Oui, sergent.

- N'oublie pas ton couvre-chef ! - Sergent ?

Ton casque, tiens. Allez, dehors.

- Merci, sergent. - File !

Dépêchez-vous, soldats. Allez !

Il y en a un qui a oublié son fusil.

Je n'y crois pas ! Allez, on se dépêche.

C'est la merde ! Zimmermann, un cigare.

La nouvelle ligne de front est ici. Elle doit tenir.

Du feu.

Cet après-midi, les Américains ont atteint

cette ligne.

Ici Bienenkorb, Bienenkorb.

J'ai pour ordre

d'envoyer au front tout ce qui peut porter un fusil.

Les blessés restent derrière.

Zimmermann.

Fröhlich emmène le bataillon.

Les escadrons se suivent dans cet ordre : 1, 2, 4, 3,

puis Santé et Ravitaillement.

Le P.C. du détachement sera à Kannstett.

Le P.C. de la division sera Ă  Altdorf Ă  partir de 4 h.

4e compagnie au complet.

Bataillon !

Garde-Ă -vous !

Le lieutenant-colonel.

Regardez

Ă  droite !

Le 463e bataillon est rassemblé.

Repos.

Regardez devant vous. Repos !

Soldats,

les Américains nous attaquent sur un large front depuis hier.

Notre bataillon est maintenant le 336e.

Nous partons ce soir.

J'attends

des soldats expérimentés de mon bataillon

qu'ils accomplissent leur devoir comme toujours.

On s'attend Ă  rencontrer l'ennemi demain matin.

Chaque centimètre de sol défendu

est un morceau du cœur de la patrie.

Celui qui ne défend ne serait-ce qu'un centimètre

défend l'Allemagne !

Nous avons tous conscience que la situation est grave.

Mais nous sommes des soldats.

Que nous vivions ou non,

c'est l'histoire qui décidera si nous avons accompli notre devoir.

Aux jeunes soldats qui partent pour la première fois au combat,

sachez que ce bataillon ne fait qu'avancer,

il ne recule jamais.

Ce bataillon ne connaît que le combat :

la victoire ou la mort.

J'attends de vous

que vous fassiez honneur Ă  la patrie dans ces temps difficiles.

Respectons notre devise dans ce combat.

En avant pour le FĂĽhrer, le peuple, la patrie.

Qu'ils rompent les rangs.

Zimmermann, un cigare.

Compagnie, rompez !

Prenez munitions et ravitaillement.

Un ordre, mon lieutenant.

Zimmermann, emportez le cognac, on va en avoir besoin !

- Ma voiture. Occupez-vous-en ! - Bien.

Qu'y a-t-il ?

- J'ai sept recrues. - Et ?

16 ans en moyenne et pas formés.

- Soldats depuis ? - Ce matin.

Ils prendront la fuite, et ma compagnie avec.

Il ne manquait que ça !

Sergent Zeissler !

Zeissler !

Où étiez-vous ? Il faut y aller.

Lieutenant-colonel,

- le pont ? - Il n'a pas d'importance.

Nous le ferons sauter et les Américains ont déjà un pont.

Il faut le sécuriser.

C'est bon, envoyez-les lĂ -bas.

Bien.

Vous voilĂ  enfin.

Cette saleté est toujours enrayée.

Heilmann au rapport !

J'arrive. Forst.

- Sergent ? - Le groupe est Ă  vous.

- Allez au ravitaillement. - Sergent Heilmann !

Oui, j'arrive. Dépêchez-vous.

- On part se faire tuer Ă  minuit ! - Porte plainte.

Laisse-moi passer.

C'est parti, venez tous.

- Pas de combats futiles. - Compris.

Depuis quand ĂŞtes-vous soldat ?

- 7 ans. - Qu'avez-vous appris en 7 ans ?

- À ne pas me faire remarquer. - Exactement.

On se fiche du pont, il va sauter.

Pas de pertes inutiles, compris ?

On procède avec ordre.

- Vous avez trop de boîtes. - Hein ?

Rendez ces boîtes !

- Quoi ? - Reposez-les.

On compte jusqu'Ă  la tombe.

Récupère ta mort en boîte, abruti !

Ça ne va pas ? Ramassez-les !

Tu l'ouvres parce que tu restes au chaud !

Fermez-la !

Écoute-moi bien, je vais tenir bon

pour vous cogner,

- bande de planqués ! - Je ferai un rapport.

- Ne retarde pas les autres. - Oui.

Ne dites pas de sottises. Du balai.

Je ne savais pas qu'on était à la maternelle.

Dépêchez-vous un peu.

Prenez vos armes et sortez dans la cour.

- Sergent Heilmann. - Capitaine.

3e groupe, descendez.

Démarrez quand le 3e groupe sera descendu.

On y est déjà ?

Mais non, tais-toi.

Mais c'est notre pont.

Que fait-on ici ?

Estimez-vous heureux. Vous préféreriez en baver ?

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ils nous laissent à la maison ?

Les recrues sont de retour.

C'est bien. Faites ce qui vous semble juste.

Occupez-les un peu.

Assurez-vous que le commando fasse sauter le pont.

- Il faudra finir par le dynamiter. - Compris.

- Je compte sur vous. - Oui, capitaine.

- Quelle corvée ! - C'est plus marrant.

Arrêtez de râler et portez tout ça là-bas.

Il va se passer quelque chose ici ?

Il se passe quelque chose partout.

Quand on aura tout transporté,

on s'installera confortablement.

On est complètement derrière.

Les meilleures places sont derrière, comme au cinéma.

Bon, posez tout ça par terre.

Posez doucement les bazookas Ă  droite.

1re mitrailleuse : Horber et Hager, du côté droit.

2e mitrailleuse.

Installez-vous Ă  gauche.

On connaît ce pont, on sait où se placer.

Vous avez joué aux cow-boys et aux Indiens ?

Voici notre fort.

Je peux y prendre position ?

- Grimpe monter la garde. - Oui, sergent.

Installez-vous.

Préparez la mitrailleuse.

Je vais devant, sergent.

Non, tu restes ici. Et pose-moi ça.

Va plutĂ´t les aider Ă  creuser.

Que dois-je faire, sergent ?

- Va sur le pont et monte la garde. - Oui.

Et reste à ton poste. C'est une tâche capitale.

Vas-y.

Que fais-tu ?

Je monte des munitions dans l'arbre.

Si nous avions un canon, tu le monterais aussi ?

Encore ?

OĂą as-tu la tĂŞte ? Ils vont nous foncer dessus.

Avec ce brouillard,

- ils ne verront rien. - Et plus tard ?

3e groupe en demi-cercle !

Écoutez.

Vous ne serez pas contre un café chaud.

Non, bien sûr.

Je vais organiser ça.

Je laisse le groupe à la charge de…

Scholten.

Oui, sergent.

- Garde mon fusil. - Oui.

Continuez sur votre lancée.

Du café !

Il est génial comme chef.

Tu dis n'importe quoi, il abandonne mĂŞme son fusil.

Excusez-moi, vous auriez du feu ?

- Vous fumez avec moi ? - Oui.

Cache-toi.

Attendez.

- Que vous voulait-il ? - Comment ça ?

- Parlez. - Rien du tout.

Vous pouvez y aller. Prends la moto.

Stop !

- Que faites-vous ici ? - Moi ?

- Oui, vous. Vos ordres. - Je ne les ai pas.

De quelle unité ?

Sergent Heilmann, 3e compagnie, 463e bataillon.

Que faites-vous ici ?

Votre livret militaire.

- On protège le pont. - Ne dites pas de sottises.

Nous allons faire sauter le pont.

Vous voulez déserter.

Bien sûr que non !

Suivez-moi, je vais vous occuper.

Mon adjudant, je ne peux pas laisser mon escouade.

Foutaises ! Suivez-moi.

Ce sont des gamins, soldats depuis un jour.

J'ai l'ordre de veiller

- sur eux. - En partant seul ?

Je cherche le commando.

Bien sûr !

Espèce d'idiot, ne soyez pas borné !

Vérifiez par vous-même !

Abandonner des gamins au front !

Vous êtes tombé sur la tête ! Vous…

Baissez cette saleté.

Restez oĂą vous ĂŞtes. Plus un geste !

Qu'est-ce que c'est ?

Ça tire déjà là-bas.

Tu vois quelque chose ?

Non, rien du tout.

Descends, alors.

On devrait interdire la guerre par ce temps.

Où est passé Heilmann ?

Il va revenir.

- Je vais jeter un œil. - Tu restes ici.

Bien, chef.

Il nous a laissés en plan.

Non, pas lui.

D'autres ont mis les voiles avant lui.

Tu as trop d'imagination.

Vous avez entendu ?

C'est juste un poisson.

On a dix cartouches.

On ne les utilisera jamais.

Écoutez.

Tirs d'artillerie.

Ils sont encore loin.

- Tout est en ordre de votre côté ? - Oui.

Suivez-moi.

Walter, tu me prĂŞtes ta lampe ?

Pourquoi ? Tu as peur du noir ?

On peut manger maintenant ?

C'est pas trop tĂ´t.

Coupe-nous quelques tranches.

Heilmann nous a promis le café.

On parie qu'il s'est tiré ?

Tu n'as que Heilmann en tĂŞte.

Sigi, on aurait dĂ» l'envoyer chez toi.

Ta mère fait un excellent café.

Je ne vais pas lui dire ce qu'il doit faire.

- Tu n'en as pas ? - Pleure pas, t'en auras du mien.

Si ma mère savait où nous sommes.

Le pâté est très bon.

Tiens, pour Sigi.

On peut manger ?

Toi oui, tu es en pleine croissance.

- Tu n'as pas faim, Karl ? - Je n'aime pas ça.

Le ravitaillement est bien.

- Mais il fait humide ici. - On n'a pas de schnaps ?

VoilĂ  le sergent.

Il part d'un côté mais revient de l'autre ?

Que faites-vous lĂ  ?

On prend le petit-déjeuner.

Un peu de pâté ?

Vous allez commencer une fusillade ?

On a ordre de rester ici.

Ce pont est une position stratégique.

Rentrez Ă  la maison.

- Quoi ? - Vous ĂŞtes fou !

C'est de la folie.

Ça va être un massacre, croyez-moi.

Je l'ai vécu avant d'être évacué. Rentrez chez vous.

Vous nous poussez à déserter.

Lâche !

Nous sommes en guerre.

Nous devons tenir le pont.

Vous ignorez ce qui vous attend.

Vous voulez jouer les héros.

Allez-vous-en.

Ne faites pas d'histoires.

Allez-vous-en !

Vous ne savez pas ce que vous faites.

Regardez un peu comment il détale.

Comment il court !

Les vieux sont trouillards.

Il a Ă  peine vu le pistolet qu'il est parti.

Installons des boîtes de conserve.

Bonne idée !

Il a peut-ĂŞtre raison.

Vous ne savez rien de lui.

J'en mets d'autres. On va voir si tu les as aussi.

Ça suffit !

On ne tire que sur ordre.

On va les dégommer avec des cailloux.

Poussez-vous de devant la ligne de tir.

Écoutez.

Un camion arrive.

Il faut bloquer la route.

Que se passe-t-il ? Que faites-vous ?

Que fait cette barricade ici ?

Que se passe-t-il ici ?

Qui a barré la route ?

On devrait vous coller au trou.

Vous êtes fous ! Dégagez la route.

- Allez, dépêchez-vous ! - Oui, sergent !

Ne me répondez pas, dégagez plutôt la route.

- On doit filer. - Qu'y a-t-il ?

Qui m'a collé des idiots pareils ? Préparez-vous.

Gardez le rythme. On se dépêche, il faut y aller.

- Remettons la barrière. - Pas tout de suite.

Il a dit qu'il y en avait d'autres.

On devrait rejoindre nos postes.

Je monte la garde.

Que se passe-t-il ?

Il n'y a rien Ă  faire, la moto est morte.

- Il va falloir marcher. - Merde !

Prenez les vĂŞtements. On s'en va.

Vite, il faut partir.

Regarde-le, il porte…

Attention !

Les salauds !

Prenez vos fusils. Le prochain a intérêt à nous prendre.

Barrez la route.

Jetez-la dans la rivière.

Bien, commandant.

Laissez les vĂŞtements, on n'en a plus besoin !

Dépêchez-vous. Il faut partir !

Que faites-vous ? Poussez-vous de lĂ  !

Laissez-nous monter.

Qu'attendez-vous pour démarrer ?

Tu es sur ma jambe.

Pourquoi on ne repart pas ?

Je n'en sais rien.

Pourquoi nous avez-vous arrêtés sur le pont ?

Dépêchez-vous !

Ne vous énervez pas, c'est de votre faute.

Le jour se lève. On devrait déjà être loin.

Regarde, un gamin !

Petit, prends du chocolat avant de finir dans une boîte.

Démarrez.

Comment ça "dans une boîte" ?

Il voulait juste te donner une boîte.

Estime-toi heureux.

Il portait la Croix de fer.

Il s'est enfui ?

Il était pressé.

Ces salauds déguerpissent.

On devrait les abattre !

Il y a quelqu'un entre nous et les Américains ?

- Tu veux rentrer ? - Absolument pas.

- C'est la meilleure chose Ă  faire. - Quoi ?

- Rentrer chez nous. - Tu es fou ?

Que dis-tu ?

Nous sommes soldats et avons des ordres.

Ce pont ne changera pas l'issue de la guerre.

Défendre ce pont, c'est défendre l'Allemagne.

Qui veut rendre

son arme et rentrer chez lui ?

- Toi ? - Pourquoi moi ?

- Vous deux ? - Non.

Je reste ici.

- Et toi ? - Et vous laisser seuls ?

- Toi ? - Je ne suis pas un lâche.

Et toi, tu es lâche ?

Je reste.

Bien. Tout le monde en position.

Je vais lĂ -bas avec mon bazooka.

Attention ! Là, un avion. Alerte aérienne !

Il est à des kilomètres.

Il ne faudrait pas qu'il approche.

Regardez-moi ça !

Aplati comme une feuille.

Tu vas rester par terre ?

Tu fais dans ta culotte ?

Un grand garçon comme toi !

- Tu es une cible. - Il a la trouille.

Que va-t-on dire à ta mère ?

Tu salis tes habits.

Attention, il revient !

Couchez-vous !

Viens, lève-toi.

Lève-toi. Debout, Sigi.

Par ici ! Merde !

Les salauds ! Par ici !

Notre Sigi. Par ici !

Venez ! Merde !

Qu'y a-t-il ?

Les salauds !

Que fait-on ?

Il faut prévenir sa mère.

Pourquoi Sigi ?

Ils vont le payer.

Allez, aidez-moi.

C'est quoi ?

Un blindé.

Venez.

Barrez la route.

Putain, les blindés arrivent.

Il faut faire demi-tour.

On dynamitera le pont derrière eux.

Dans la cave, vite.

Walter l'a fait sauter !

- Génial ! - Vas-y, tire !

Munitions.

Merde, c'est enrayé. Dépêche !

Walter est cinglé.

Couvre-le.

Ça va pas ? À couvert !

C'est pas vrai ! Il y a des claques qui se perdent.

Ces idiots ne les laissent pas franchir le pont.

On aurait déjà dynamité le pont.

Que se passe-t-il ?

Rien, quelques feux d'artifice, c'est tout.

Mon fils est soldat, lui aussi.

Il a été mobilisé hier. Vous croyez qu'il est au front ?

Hier ?

Il n'est pas entraîné. Que ferait-il au front ?

Ă€ terre !

Celui-là était bien tiré !

Tu t'es fait dessus ?

Je veux que ça se termine.

Tu n'es fort que devant les filles ?

Je veux m'en aller, je veux rentrer Ă  la maison.

Reprends-toi ! Tu veux te faire tuer ?

JĂĽrgen ! JĂĽrgen !

Que fais-tu ? Tu es fou ?

C'est plein d'Américains.

Il y a des enfants ici. Va-t'en ou je crie.

Tu as perdu la raison ? Ne tire pas !

Imbécile !

Que fous-tu dans cette guerre ?

- Il y en a un autre. - Tu tires ?

ArrĂŞtez ! Ne tirez plus. Rendez-vous !

Que dit-il ?

On ne tue pas de mĂ´mes !

Rentrez chez vous ! Retournez Ă  la maternelle !

Retournez Ă  la maternelle !

Ă€ la maternelle ? Je vais lui montrer.

Karl, tire. Tue-le, Karl.

Karl, tue-le, tire !

Je ne voulais pas te frapper, Karl.

C'était à cause de Franziska.

Frappe-moi, Karl !

Je ne voulais pas te frapper. C'est vrai.

Au secours, au secours !

Couvre-moi. Il perd la boule.

Baisse-toi !

- Je l'ai tué. - Tu es fou.

Je l'ai tué, Hans.

Je ne voulais pas faire ça.

Viens, Karl.

Putain, Klaus !

Je l'ai tué. Je l'ai battu à mort.

Je l'ai tué. Je l'ai battu à mort.

Je l'ai tué. Laisse-moi tranquille !

Sois raisonnable ! Reste ici.

Ils sont partis.

Albert !

Rien de grave.

Enlève ta veste. Je te fais un bandage.

Je vais t'aider.

Ils attendent les renforts.

Tu crois ?

Viens.

Il faut partir.

Walter !

Les explosifs et la mèche.

Pose les charges ici.

Prenez-en d'autres, les piliers sont en béton.

Compris.

Que faites-vous ?

On le fait sauter.

Héros à la noix. Vous avez mis un beau merdier.

Combien y sont passés ?

Vous vouliez votre médaille, c'est ça ?

Eh bien,

allez fêter ça chez maman,

grands héros !

C'est faux, c'est faux !

Bande de demeurés !

Taisez-vous, taisez-vous !

Fermez-la !

C'est faux !

Foutez le camp !

Du calme, mon garçon.

Range ça.

Pas d'histoires, j'ai des ordres.

Allez, descendez du pont, sinon…

Il fallait que je le fasse, il le fallait !

Salauds ! Bande de criminels !

Dégagez ! Partez, foutez le camp !

Dégagez ! Partez !

Hans !

Hans, mon ami.

Qu'as-tu, mon ami ?

Viens avec moi, rentrons Ă  la maison.

Viens, Hans.

S'il te plaît, rentre avec moi.

Ces faits eurent lieu le 27 avril 1945.

Ils furent jugés si insignifiants

qu'ils ne figurent dans aucun rapport.

Adaptation : Clotilde Maville

Sous-titrage : IMAGINE

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