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Original subtitles

Evacuation immédiate des avions civils.

L'histoire se déroule entre Budapest, capitale de la Hongrie,

et la frontiĂšre autrichienne, oĂč ce film a Ă©tĂ© tournĂ©.

Le tragique soulĂšvement hongrois a eu lieu en novembre 1956.

LE VOYAGE

C'est l'heure de partir ?

Excusez-moi. Vous avez du nouveau ?

Ça fait deux jours que je suis là !

VOL 306 VERS L'OUEST DEPART INDETERMINE

- Des avions Ă  rĂ©action russes ? - Ça ne m'Ă©tonnerait pas.

J'ai l'horrible impression que ces avions

signifient peut-ĂȘtre, je dis bien peut-ĂȘtre,

l'arrĂȘt du trafic civil, auquel cas...

Nous sommes des étrangers en transit.

MĂȘme si on doit attendre quelques mois...

Quoi ?

Les Russes sont gentils, mais leur montre prend du retard...

TrĂšs drĂŽle. Vous n'avez pas d'enfants, vous !

Ecoutez ! C'est en anglais.

Ils sont lĂ  ! Ils arrivent !

Vous m'entendez ! On ne résistera pas.

Au nom de Dieu, venez nous sauver !

Aidez la Hongrie. Venez avant qu'il ne soit trop tard !

Venez Ă  notre secours !

C'est la fin.

Quel désastre !

Eteignez ça, s'il vous plaßt.

Au secours !

On les croyait juste musiciens.

Ils donnent une leçon de courage au monde.

Qui écoutera la leçon ?

Bonjour.

Par ici, je vous prie !

Par ici !

Donnez-nous

une date !

Je travaille pour la télévision britannique.

Ecoutez-moi !

On vous fera sortir.

Il y a un siĂšge lĂ -bas, prends-le.

- Ça va ? - Oui.

VoilĂ . Vous partirez en autocar jusqu'Ă  Vienne.

Le trafic civil aérien est suspendu.

Moi pas aller Ă  Vienne, moi partir Ă  AthĂšnes !

Nous allons tous devenir fous ici !

Ma fille et moi ne prendrons pas la route !

Les combats ont lieu Ă  Budapest.

Vous serez conduits à Vienne en toute sécurité.

Ce n'est qu'Ă  250 km d'ici.

Qu'est-ce qui se passe ?

Moi travailler pour consul grec.

Eux partis. Laissé enfant.

Avez-vous des nouvelles du vol 306 ?

Votre attention, s'il vous plaĂźt !

Les passagers d'Aeroflot,

C.S.A. et Polskie Linie Lotnicze

seront transférés à un autre aéroport.

- Madame ! - Oui !

Vous ne me reconnaissez pas, Mme Ashmore ?

Si, mais je ne sais plus...

Hugh Deverill.

Votre mari m'a invité un été.

- Mais oui ! Suis-je bĂȘte ? - Que faites-vous ici ?

Je suis venue voir des amis.

Cecil n'est pas lĂ  ?

Non, pas cette fois. Que savez-vous du vol 306 ?

Il est annulé. Nos amis russes ont pris l'aéroport.

On nous emmĂšne en autocar.

- OĂč ça ? - A Vienne.

Ce n'est pas possible !

Ne vaudrait-il pas mieux attendre que les vols reprennent ?

Votre attention, s'il vous plaĂźt !

Tous les civils doivent évacuer l'aéroport dans les 15 minutes.

Vous avez 15 minutes !

Eh bien, on n'a pas le choix, n'est-ce pas ?

M. Flemyng a voyagé avec moi.

Il se sent mal.

Le pauvre, je vais le prévenir.

Comment te sens-tu ?

Je me suis assoupi.

On part bientĂŽt ?

Le vol a été annulé.

On part en autocar Ă  Vienne.

Vraiment ? Tu crois que je tiendrai le coup ?

Il le faut.

Il le faut, il le faut !

Pardon !

Ne fais pas ça. Tu me l'as promis !

Excuse-moi.

Ça va aller.

Tu joues Ă  la guerre ?

T'es le gentil et moi le méchant.

Je te laisserai gagner !

Mes cow-boys vous ennuient ?

On fera la guerre plus tard.

Je vais vous aider.

Comment tu t'appelles ?

Billy Rhinelander.

Il sait pas faire et maman est enceinte.

Harold, ne les laisse pas embĂȘter les gens !

Oui, chérie ! Pas une minute de répit...

Les passagers de l'autocar allant Ă  Vienne

sont priés de se réunir dehors immédiatement.

- Ma valise, s'il te plaĂźt. - D'accord.

Vas-y !

Vas-y, je t'en prie !

Calucci.

- Votre nom ? - Hafouli.

- Ashmore. - Fabbry.

- Je vous ai réservé ce siÚge. - Merci, je préfÚre m'asseoir ici.

Je ne m'attendais pas Ă  vous voir ici.

M. Mitsu.

- OĂč va-t-on ? - A Vienne.

Moi aller Ă  Amsterdam.

Vous irez depuis Vienne ! Vous comprenez ?

Suivant !

Merci.

- Votre nom ? - Flemyng.

Montez !

Le chauffeur a votre permis de voyager.

On traverse le Danube, puis on le longe

en contournant le centre de Budapest.

Vous voyez...

On prend ensuite l'autoroute du nord.

On devrait passer la frontiĂšre vers midi.

On devrait pouvoir déjeuner à Vienne !

Cela paraĂźt simple !

Hier, un convoi d'hommes et d'enfants a été détenu.

Les Russes sont gentils.

Pourquoi Cecil vous a-t-il laissée partir seule ?

Je peux me débrouiller seule.

En Angleterre, d'accord, mais ici !

- Il ne sait pas que je suis ici. - Non ?

- Cecil et moi nous sommes séparés. - Je suis désolé.

Pour un vieux célibataire comme moi, vous étiez l'image du bonheur.

- Le pauvre, s'en est-il remis ? - Il se marie à Noël.

Qu'y a-t-il ?

On dirait un barrage !

Asseyez-vous, s'il vous plaĂźt.

Flip !

Asseyez-vous !

Tout est en ordre.

J'ai bien cru qu'on y restait !

Maman, il est tombé !

Aidez-moi !

Ouvrez la fenĂȘtre !

C'est pas le moment... Demandez le whisky Ă  ma femme.

Laissez-moi passer !

Excusez-moi.

- Quelle langue parle-t-il ? - Je ne sais pas.

Tenez, de l'eau de cologne.

- Quoi ? - Ce n'est pas de l'anglais.

- Du whisky. - Merci.

Excusez-moi, je vous prie.

Merci beaucoup.

Merci Ă  tous. Je crois qu'il va mieux.

Venez. M. Flemyng est en bonnes mains.

- Je me suis évanoui ? - Je ne te laisserai plus.

C'est bizarre. Quand les Russes sont entrés,

j'ai oublié mon nouveau nom.

C'est idiot.

- C'est Henry Flemyng. - Ah oui, Flemyng...

NĂ© Ă  Vienne le 24 mai 1914.

Devenu britannique en 1947.

Tu as encore plus mal ?

C'est supportable.

J'aimerais ĂȘtre moins faible.

- Je vais te chercher un calmant. - Merci.

Que faites-vous ?

Des défenseurs de la liberté ! On est avec vous !

Taisez-vous, s'il vous plaĂźt.

Vos passeports.

- Vous avez vu des Russes ? - A un barrage.

Environ 12 hommes et un char.

La frontiĂšre est-elle loin d'ici ?

Vous ĂȘtes Ă  3 km de Moson,

notre village. AprĂšs, c'est l'Autriche.

Anglais ?

Oui.

Que s'est-il passé à Budapest ?

Détruite...

Mademoiselle !

Tenez, du chocolat !

Prenez-le !

On a besoin de fusils, pas de chocolat.

BientĂŽt, nous devrons nous battre avec des pierres.

On est Ă  Mosan, en Hongrie. AprĂšs, c'est l'Autriche.

Eh bien, ça n'a pas été si dur !

- Qu'y a-t-il ? - Des chars russes.

A quelques minutes de l'Autriche.

On doit entrer dans le village.

Ils vont nous contrÎler. Préparez vos passeports.

Que veut-il ?

Il a dit d'attendre.

Permis pas bon.

Nous devons descendre pour un contrĂŽle.

Inutile de protester.

Restons courtois, mais fermes.

- Qu'a-t-il dit ? - D'attendre.

Qui sont ces gens ?

Des réfugiés hongrois, maintenant de vrais étrangers !

- Ils vont nous arrĂȘter ? - Qui sait !

Les Russes ne sont pas trĂšs charmants,

mais lorsqu'ils sont désagréables,

c'est en général envers leurs compatriotes.

Laissez-moi leur parler.

Demandez-lui s'il parle anglais.

- Il demande si vous parlez russe. - Malheureusement, non.

Dans ce cas, parlons anglais.

Dieu merci ! Alors...

Dieu n'y est pour rien.

Et votre permis n'est plus valide.

- On l'a eu ce matin ! - Je sais lire.

Mais les choses changent.

Le visa de sortie doit ĂȘtre Ă©mis par le Q.G.

Comment ?

Vous avez entendu.

- Oui. - Que va-t-on faire ?

Vous allez attendre.

Combien de temps ?

Billy, ne fais pas ça.

- Tiens, Billy. - C'est gentil, mais...

C'est mon travail.

- Vous ĂȘtes amĂ©ricains ? - Oui, ça vous dĂ©range ?

Ça ne me dĂ©range pas.

Nous ne sommes pas retournés au pays depuis cinq ans.

Et si vous connaissez le Golfe persique...

Madame Rhinelander est enceinte et nous...

Il y a des femmes et des enfants ici.

Vous n'allez pas nous obliger Ă  rester ici !

Eh bien, si.

Allez Ă  l'hĂŽtel en face ou retournez Ă  Budapest.

Ça, non !

Eh bien, eh bien...

Ce serait idiot de refaire tout ce chemin !

- Vous trouvez ? - Oui.

Personnellement, je préfÚre rester ici.

Sage décision.

Je suis d'accord. Puis-je appeler

notre légation à Budapest ? Je suis reporter de télévision.

Les appels sont interdits.

Vous pouvez déposer une plainte à notre Q.G.

Une plainte ? Non, merci.

Tout ce que nous souhaitons, c'est poursuivre notre voyage.

Je me demande pourquoi tout le monde veut quitter ce pays.

Qu'avez-vous décidé ?

Vous restez ou vous partez ?

- Je crois que... - Nous restons !

Nos passeports ?

Ils seront envoyés à notre Q.G. à Gyor.

Y a-t-il des Hongrois parmi vous ?

Le chauffeur !

Attendez un peu. Rachlitz !

Von Rachlitz. Voici ma fille.

Né à Postdam et de nationalité éthiopienne ?

Je dirige la compagnie d'aviation du pays.

- Depuis quand ? - 1947.

Et avant ça ?

Merci. Avron !

Simon Avron.

Professeur à l'institut agronomique de Tel-Aviv et né à Kiev ?

J'ai quitté la Russie il y a 42 ans.

Ça fait longtemps ! Vous devriez y retourner un jour.

Le pays a beaucoup changé.

Fabbry !

Jacques Fabbry.

Que faisiez-vous Ă  Budapest ?

- Du tourisme. - DrÎle d'idée !

J'ai vu des choses magnifiques.

Ah oui !

C'est vrai que Budapest est splendide.

Rosso !

Artiste !

Vous ĂȘtes peintre ?

- Musicien ? - Non.

Que faites-vous ?

Il te connaĂźt pas, patron ?

Alessandro Rosso,

ventriloque, illusionniste !

Si vous voulez quelque chose, sifflez !

Je m'en souviendrai. Ashmore !

On ne vous reconnaĂźt pas.

Qu'est-ce qu'un "signe particulier" ?

Un grain de beauté, une cicatrice...

Vous n'en avez pas ?

Je n'en ai aucun Ă  signaler.

Flemyng !

- Qui est Flemyng ? - Moi !

Ce sera tout.

Le lieutenant Tulpin va vous conduire Ă  l'hĂŽtel.

Encore une chose.

N'oubliez pas que vous ĂȘtes sous ma responsabilitĂ©.

N'abusez donc pas de mon hospitalité.

- C'est clair ? - Oui.

Tulpin !

Par ici, montez !

Venez, approchez !

Vous ĂȘtes Ă  l'hĂŽtel Red Star, trĂšs cĂ©lĂšbre et trĂšs petit.

Mais en Hongrie, il y a toujours de la place pour les amis.

Allez-y, montez. En haut Ă  droite.

Excusez-moi...

Ne vous en faites pas !

Je vais arranger ça.

Deux hommes dans la quatre.

TrĂšs jolie chambre !

Un homme lĂ -haut, s'il vous plaĂźt.

Salle de bains ici. Eau chaude, le dimanche.

Jolie chambre pour les enfants. VoilĂ  !

Toutes les dames ici, je vous prie.

Toutes les dames ensemble.

Je reviens...

- Va vite dormir. - Ça va, merci.

Par ici, messieurs ! La chambre 2.

Une trĂšs belle vue.

Trois lits et un sofa. TrĂšs confortable !

Non, venez, dans la 3.

C'est plutÎt bondé, mais ça a l'air propre.

- Vous avez des valises ? - Oui, merci.

- Ils nous ont promis un repas chaud. - Bonne nouvelle !

Dites-moi... Depuis quand connaissez-vous ce Flemyng ?

Je vous l'ai déjà dit !

Il me paraĂźt louche.

Ah bon ! En quoi cela me concerne-t-il ?

J'essaie simplement d'arranger les choses.

Toute tromperie mettrait 14 personnes en danger.

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Madame Ashmore, excusez-moi.

VoilĂ  le problĂšme.

Vous voulez le grand lit ou le sofa ?

Le sofa, si ça ne vous dérange pas.

J'ai toujours froid. Papa dit que...

Je n'aime pas cette ségrégation des sexes !

Les hommes sont des cochons, mais aprĂšs 22 h,

ils sont tout Ă  fait indispensables.

- Vous ĂȘtes mariĂ©e ? - Oui.

- Pardon ? - Un mariage anglais ?

Solide, mais froid.

J'étais juste...

- perplexe ! - Pourquoi ?

Ce monsieur... avec vous... Vous comprenez...

Il n'est pas avec moi, madame.

Flip, tais-toi !

Mes deux petits monstres sont enfin couchés.

On va devoir se débrouiller avec les moyens du bord.

Vous avez vu l'eau ? Elle est couleur iode !

Les lits, ça va, avec une échelle...

Vous croyez qu'on est sur écoute ?

C'est prĂȘt !

Mme Ashmore, puis-je vous parler un instant ?

C'est M. Flemyng.

Il a l'air malade, mais il refuse de s'allonger.

M. Deverill pense que vous le convaincrez.

Eh bien, je peux essayer.

- Ils sont tous partis ? - Ferme la porte Ă  clef.

Peux-tu refaire mon bandage, s'il te plaĂźt ?

Il est tout arraché.

Désolé pour tout ce tracas.

Ne dis pas de bĂȘtises.

- Sais-tu si on pourra partir ? - Sûrement demain.

Demain...

Qu'y a-t-il ?

Rien.

J'aimerais en ĂȘtre sĂ»r.

Tu dois te remettre d'aplomb.

C'est ce qui compte.

Une bonne nuit de sommeil...

Que voulez-vous ?

- Le dĂźner est prĂȘt. - Merci, je vais descendre.

Qui est-ce ?

Sa famille avait l'hĂŽtel avant que l'Etat le prenne.

Va voir si elle est devant la porte. Je t'en prie !

- Il n'y a personne... - Tu ne comprends pas.

On aurait dû se séparer. S'il t'arrivait quelque chose

- à cause de moi... - Ça suffit.

Si tu n'Ă©tais pas parti, on t'aurait arrĂȘtĂ©.

Ce n'est pas le moment de jouer au martyr.

Tu es malade, blessé, et je vais m'occuper de toi.

Je te ferai passer cette frontiĂšre

mĂȘme si je dois voler, mentir ou tuer.

Sois patient.

Cinq ans qu'on ne s'est pas vus !

Ça fait longtemps.

Ça fait trùs longtemps.

Servez-vous, des hors d'Ɠuvre !

Peu abondants, mais trĂšs frais !

Voici du vin !

La musique est triste, mais elle rend heureux.

Que savez-vous de l'officier russe ?

Commandant Surov ? Bon Russe !

Il boit. Il chante Ă  tue-tĂȘte !

Mais il veut pas de pots-de-vin.

Depuis 2 ans dans ce pays.

Les hommes l'aimaient.

Les femmes aussi...

Vous aimez les concombres ?

- Je les aime beaucoup. - Pas moi.

Mais j'en mange quand mĂȘme.

On ne choisit pas toujours.

Pardon ?

- Désolé. - M. Avron souffre d'asthme.

Quel dommage !

Vous ĂȘtes ?

Teklel Hafouli.

Je suis syrien et mon épouse est française.

Je vois.

Vous étiez 14 !

Oui, sans compter les enfants et le chauffeur.

Excusez-moi du retard.

13, ça porte malheur.

Qui n'est pas lĂ  ?

M. Flemyng.

Comme l'inventeur anglais de la pénicilline.

Le capitaine Dembinski m'informe

- que l'inventeur était russe. - Il a forcément raison !

Nous sommes de grands inventeurs, n'est-ce pas...

Von Rachlitz ! Mais oui...

- Vous approuvez ? - Oui.

M. Flemyng va-t-il nous rejoindre ?

- Il ne se sent pas trĂšs bien. - Quel dommage.

A-t-il de la fiĂšvre ?

Ce n'est rien, ne vous en faites pas.

Je ne voudrais pas qu'il arrive quelque chose

Ă  ce M. Flemyng.

Il devrait voir un docteur !

Quelle maladroite !

Chou farci, spécialité de la maison !

Qu'est-ce que c'est ?

- Harold, les enfants ! - J'y vais.

Ne vous alarmez pas.

C'est un petit combat...

L'action policiĂšre...

Il y a souvent des coups de feu. La nuit,

les gens tirent.

Avant, c'était la pagaille.

L'ordre a remis les choses en place.

On sait qu'on se trouve ici et que l'ennemi est lĂ .

Ces coups de feu, par exemple.

Je sais que mes hommes adorent ces gens.

Mais ils doivent leur tirer dessus

parce qu'ils les ont attaqués ! C'est fou, non ?

Et regardez... Vous ĂȘtes censĂ©s ĂȘtre nos ennemis

et les Hongrois nos amis ! Mais vous ĂȘtes ici

et les Hongrois s'entretuent.

C'est insensé ! Que dites-vous ?

OĂč allez-vous ?

- Dehors ! - Vous ĂȘtes trop jeune pour mourir.

J'ai vu des jeunes détruire vos chars.

Asseyez-vous.

Asseyez-vous !

Cela vaut mieux, M. Fabbry.

Vous n'avez plus faim ou vous n'aimez pas le chou farci ?

Nous ne sommes pas pressés.

Vous évitez les affrontements en bon diplomate.

C'est tellement plus facile.

J'aimerais vous obliger Ă  m'affronter.

Si j'étais un dur qui ne parle pas anglais...

Oublions cela.

Vous maĂźtrisez parfaitement l'anglais.

J'ai appris au Canada, en mission militaire.

Juste aprĂšs la derniĂšre guerre.

C'était bien, mais je n'y suis pas resté longtemps.

- On nous laisse peu à l'étranger. - Ce n'est pas trÚs gentil.

Peut-ĂȘtre !

Mais vous n'avez pas Ă  en juger.

C'était juste des gosses jouant à la guerre.

- Il n'y a pas de blessés. - Dieu merci !

Ça y est, je sais.

Je sais enfin qui vous me rappelez !

Une femme Ă  Ottawa

qui faisait son signe de croix en me voyant.

Vous me prenez pour le diable !

Mais de quoi il parle. Je n'ai rien dit.

C'est vrai. Commandant, quelle courtoisie !

J'aimerais savoir ce que vous pensez pour une fois !

Que voulez-vous ?

- Vous craignez de parler ? - Evitons les débats.

Je suis curieux, c'est tout.

Vous ĂȘtes des gens bien informĂ©s.

J'aimerais avoir votre avis !

Je me suis battu pour libérer ce peuple !

Mais ils ont capturé un de mes hommes

et l'ont pendu Ă  un arbre.

Allez, dites-moi la vérité ! Votre vérité...

pas la mienne !

Je ne vous en tiendrai pas rigueur.

Je suis désolé.

Je sais que vous ne parlerez pas.

Ils vous détestent.

Merci.

Tous Ă  terre !

M. Deverill !

- Réveillez-vous ! - Quoi ?

Je suis inquiet pour M. Flemyng.

Vous savez, M. Deverill, il m'a toujours paru bizarre.

Cela ne fait plus de doute maintenant.

Je suis sûr qu'il n'est pas britannique.

Il est hongrois !

Hongrois !

Il a pris part au soulĂšvement et il fuit !

Quelle imagination débordante !

S'il n'était pas si tard, j'irais voir le commandant.

Vous n'en ferez rien.

Je ne finirai pas ma vie dans une mine de sel Ă  cause de lui !

Parlez moins fort.

M. Deverill, je ne dis pas ça pour moi...

J'ai survécu à bien des choses.

Mais je pense aux autres, aux femmes, aux enfants...

Si le commandant découvre la vérité, il pourra...

Qui est-ce ?

Je vais voir. Retournez dormir.

- Vous cherchez quelque chose ? - Fichue cuisine !

Y aurait-il du bicarbonate de soude ici ?

- Vous voulez du thé ? - Avec plaisir.

Vous ne pouviez pas dormir non plus ?

Sans doute le chou farci...

Non, ce n'était pas le chou farci.

- J'ai cru entendre quelqu'un crier. - En effet.

C'était Flemyng.

Comment va-t-il ?

Vous feriez mieux de tout me raconter.

Ecoutez !

Je me sens responsable de vous.

Avron et le Syrien sont au courant.

Si Flemyng est un Hongrois en fuite,

vous devez tout m'expliquer.

- Que voulez-vous savoir ? - Qui est-il pour vous ?

Imitez-vous Scarlet Pimpernel ou est-ce plus personnel ?

- C'est plus personnel. - J'en avais peur.

- Du sucre ? - Oui, merci.

Il s'appelle Paul Kedes.

Le professeur Gillyat l'a fait venir au pays aprĂšs la guerre.

Le commandant ne dort pas non plus ! Continuez.

C'est un excellent biologiste.

Il a étudié aux U.S.A. pendant la guerre.

- Du lait ? - Non, merci.

Je ne sais plus comment tout a commencé,

mais je me souviens du jour oĂč je l'ai quittĂ©.

On était dans un restaurant italien à Soho.

J'ai essayé de lui faire comprendre...

J'ai essayé de...

Le lendemain, je suis partie pour Nassau avec Cecil.

A mon retour... Paul n'était plus là.

Il était reparti en Hongrie.

Au début, tout se passait bien.

Puis, en dĂ©cembre 1952, j'ai appris qu'on l'avait arrĂȘtĂ©.

Ils l'ont accusé d'espionnage.

Pour preuve : une lettre écrite à un ami

pour avoir de mes nouvelles !

Ils ont utilisé tous les moyens de torture contre lui.

Vous savez pourquoi il porte ce gant ?

Parce que ses ongles arrachés n'ont jamais guéri.

Il a été libéré il y a 10 jours par ses étudiants.

Il a été blessé dans un combat de rue.

Il a vécu cinq années d'horreur par ma faute.

Je ne pourrai jamais réparer cela.

Mais je vais essayer.

Je vais essayer.

Dame anglaise trĂšs belle.

Bonjour, tout le monde !

- Qu'y a-t-il ? - Ça change toujours !

Un autre combat... un autre ordre russe !

S'ils arrĂȘtaient avec leurs ordres !

Quels ordres ?

D'abord, il faut rendre les armes immédiatement, sinon...

Et si vous connaissez un contre-révolutionnaire

ou une personne suspecte,

vous devez le dire ce matin au plus tard.

Bonjour. Vous vouliez me voir ?

Excusez-nous, mais nous aimerions savoir

comment va votre patient.

Il dort. OĂč est M. Deverill ?

Le commandant voulait le voir.

- Je vois. - Vous avez entendu les ordres ?

- Expliquez-vous. - Ça suffit.

Allons droit au but.

Si votre ami est anglais, alors je suis chinoise.

Si votre ami n'est pas hongrois, dites-le.

Mais s'il l'est, nous devrons prendre une décision.

Si un médecin l'ausculte, il verra le bandage.

On ne met pas un bandage pour une grippe !

Les Russes comprendront, comme nous.

Personne ne fera rien contre vous. Dites-nous tout.

TrĂšs bien.

Il est hongrois.

Quoi ?

Il n'y a qu'une solution : tout dire au commandant.

Vous voulez le dénoncer ?

- Que lui feront-ils ? - Et Ă  nous !

Vous ĂȘtes allĂ©s dans leurs prisons ? Nous si ! Ma fille et moi...

Je ne le livrerai pas aux Russes.

- C'est impensable. - ArrĂȘte un peu !

Tu ferais mieux de penser Ă  ta femme et Ă  tes enfants.

InquiĂšte-toi pour nous.

Je ne le dénoncerai pas et toi non plus, compris ?

Il y a des soldats russes. Que veulent-ils ?

Je ne sais pas, Flip.

Que veulent-ils ?

Désolé de vous déranger. D'autres formalités...

Remplissez ces formulaires pour l'autorisation de sortie.

On devait partir ce matin.

Je n'ai rien promis.

Encore 13 !

Je deviens superstitieux.

Qui n'est pas lĂ  ?

M. Flemyng.

- Comment va-t-il ? - Il va mieux.

- Oui ! - Ne descend-il pas ?

Il voulait venir, mais il a un long voyage devant lui.

- Je lui ai déconseillé de descendre. - Vous ?

- Chacun doit remplir son formulaire. - Puis-je remplir le sien ?

Vous le connaissez si bien que ça ?

Vous pourriez m'aider Ă  remplir le formulaire.

D'accord.

Allez-y !

Asseyez-vous.

Tenez, son passeport.

Vous deviez les envoyer Ă  votre Q.G. !

Pas sans les formulaires.

Date et lieu de naissance.

Indiquez-les sur 2 lignes.

M. Flemyng a de la chance de vous avoir.

- Vous ĂȘtes amis ? - C'est juste une connaissance.

Vous lui ĂȘtes trĂšs dĂ©vouĂ©e. OĂč l'avez-vous connu ?

- A Budapest. - Que faisiez-vous lĂ -bas ?

Je rendais visite Ă  des amis Ă  Vienne.

Avec la levée du rideau de fer,

j'ai décidé d'aller à Budapest.

J'ai connu M. Flemyng Ă  l'hĂŽtel.

Que dois-je écrire ici ?

On verra aprĂšs. Continuez votre histoire.

Nous avons dßné ensemble, vous voulez connaßtre le menu ?

C'est un bel homme.

Il est charmant et trĂšs gai.

A part ĂȘtre charmant, que fait-il ?

- Il est dans les affaires. - Alors, il devrait ĂȘtre gros !

Ne croyez pas votre propagande.

Dois-je croire la vĂŽtre ?

A quel hÎtel étiez-vous ?

On était au Gellert.

- Quel était son numéro de chambre ? - Qu'est-ce que cela...

peut bien vous faire ?

Ce sera plus facile de vérifier.

Je n'avais jamais décrit mon hÎtel pour une demande de visa.

- Vous ĂȘtes un peu trop curieux. - Peut-ĂȘtre.

Mais ce M. Flemyng est un vrai mystĂšre.

Prenez son passeport.

Pas de visa d'entrée ni de sortie. Etrange !

Il vient de nulle part et ne va nulle part.

Il est apparu Ă  Budapest !

Il m'a expliqué qu'il a perdu son passeport à son arrivée.

Il l'a fait refaire à la légation.

Un nouveau passeport est toujours vierge,

du moins en Angleterre.

Je vous ai tout dit ce que je sais sur M. Flemyng.

Puis-je partir maintenant ?

Pourquoi nous détestent-ils ? Ce sont eux qui ont commencé.

Ce garçon nous a tiré dessus !

Ils ne veulent pas de vous ici.

Pourquoi ? Nous sommes ici pour les défendre.

Pour les défendre de qui ?

J'avais des amis ici, mais plus personne ne me parle,

Ă  part le serveur !

Ce sera tout.

Faites signer ça à Flemyng.

Remplissez aussi le vĂŽtre.

Nous avons presque fini, commandant.

Un instant, madame Ashmore.

Avez-vous vu les ordres concernant les armes et les suspects ?

Certainement.

Je suis sûr que ça ne concerne personne d'entre vous.

Merci, madame Ashmore.

Je dois vous interroger. Question d'administration.

J'aimerais parler Ă ...

J'aimerais parler Ă  M. Avron. C'est bien votre nom ?

- Voulez-vous m'accompagner ? - Oui.

Asseyez-vous, M. Avron.

- Vous souffrez d'asthme ? - Oui.

Dites-moi, ce...

ce M. Flemyng. Que savez-vous de lui ?

Rien. Absolument rien.

C'est étonnant.

Vous avez voyagé avec lui, vous partagez sa chambre,

mais vous ne savez rien.

Vous ĂȘtes un homme honorable.

Si je vous laissais partir ce soir pour votre asthme,

ça vous rafraßchirait la mémoire ?

Alors ?

Je ne peux rien vous dire. Impossible.

Impossible ?

Ce que je veux dire, c'est que je ne sais rien.

Rien du tout.

Merci.

Sûrement le serveur pour les formulaires...

J'ai décidé de venir chercher les questionnaires

- et voir notre patient. - Il va mieux.

Les formulaires...

Pourriez-vous les donner au sergent ?

J'aimerais parler Ă  M. Flemyng. Vous permettez ?

Oui, bien sûr.

Je reviens dans un instant.

- Je vous dérange ? - Je suis honoré de votre visite.

Mais ma santé n'est pas le motif de votre venue.

- Exact. - Je le savais.

Je dois tous vous Ă©tonner. Je m'Ă©tonne moi-mĂȘme parfois.

Un Anglais né à Vienne visitant la Hongrie...

- et au lit. - D'oĂč vient votre passeport ?

A la légation britannique. J'ai perdu l'autre.

Faut-il tout vous redire ?

C'est bon. Je suis trĂšs patient.

Vous devriez ĂȘtre honnĂȘte.

Mais la situation est malhonnĂȘte.

La situation est honnĂȘte, mais pas vous.

J'ignore qui vous ĂȘtes, mais je finirai par le dĂ©couvrir.

J'ai du temps pour ça.

Qu'y a-t-il ?

De l'eau, s'il vous plaĂźt.

Merci, je m'en occupe.

J'ai eu une crampe.

Nous avons un trÚs bon médecin.

- Il peut ĂȘtre lĂ  dans une heure. - C'est inutile.

- Vous ne lui faites pas confiance ? - Je ne le connais pas.

- Vous pourriez nous laisser ? - Bien sûr.

- A moins que... - Vous n'en savez pas encore assez ?

Si, en effet.

Merci.

Que voulait-il ?

- Ma peau. - Tu te trompes.

OĂč est ton pistolet ?

La chasse est lancée maintenant.

Il ne reviendra pas seul.

Mon manteau. Il faut que je parte !

On doit trouver quelqu'un de confiance.

Il le faut.

- M. Flemyng et vous, vous voulez... - Il le faut !

Il y a trois jours, c'était facile.

Mais aujourd'hui, je crains que...

Ă  moins que...

Szabo Bacsi.

C'est un ami.

Promenez-vous sur le marché,

lĂ  oĂč on vend du poisson.

Il parle mieux anglais que moi.

Vous dites : "M. Csepege veut trois fogas."

- Fogas ? - Poisson hongrois.

C'est le mot de passe. Il comprendra.

L'hÎtel ici. L'église là.

Petite rue.

Lac...

Ici grand marché.

Rejoignez l'allée principale du marché.

Vous verrez le marché de poissons.

A droite, il y a un petit stand, le premier je crois.

Vous verrez Szabo Bacsi, un vieil homme

avec de grandes moustaches.

Excusez-moi, M. Csepege veut trois fogas.

Pas de fogas, mais ça aussi, bon poisson !

Pas de frontiĂšre pour les poissons. Libres !

Pas toujours. Celui-lĂ  s'est fait attraper.

Certains s'enfuient.

- Vous aimez la pĂȘche ? - Beaucoup.

La pĂȘche est dangereuse. Et chĂšre.

La pĂȘche est meilleure de nuit.

Oui. Les pĂȘcheurs vont loin avec leur bateau la nuit.

Presque jusqu'en Autriche, nuits...

- sans lune. - Ce soir ?

- Vous ĂȘtes Ă  l'hĂŽtel ? - Oui.

J'apporterai le poisson ce soir Ă  19 h.

Ils sont Ă  l'hĂŽtel !

Votre commandant a mes papiers.

Mais c'est absurde.

Je vais vous expliquer.

C'est incroyable !

Je vous avais dit de ne pas abuser de mon hospitalité.

Cela n'arrivera plus.

- Que faisiez-vous ? - Je me promenais.

Je ne suis pas votre chauffeur ni votre garde du corps.

A force d'abuser...

- Vous me mettrez en prison ? - Je ne rirais pas Ă  votre place.

- On n'est pas Ă  l'hĂŽtel ! - Sortez.

- Mais je dois aller Ă  l'hĂŽtel... - Sortez.

Descendez.

- OĂč m'emmenez-vous ? - Peu importe.

Asseyez-vous.

Asseyez-vous !

Ecoutez.

Je vous ai demandé à tous de me dire la vérité.

Tout ce que j'ai obtenu de vous,

ce sont des mensonges !

Tenez !

- On se demandait oĂč il Ă©tait. - Ah oui ?

Il pourrait ĂȘtre fusillĂ© pour ça.

Vous connaissez les Anglais !

A l'est de Douvres, ils ne voient

que des bandits.

Il l'a rapporté d'Angleterre ?

Oui, bien sûr.

C'est un pistolet russe.

Il a dĂ» l'avoir Ă  Budapest, mais pourquoi ?

En souvenir ?

Quel bon policier vous faites !

J'ai failli appeler le Q.G. pour leur parler de vous.

Puis vous étiez au marché et j'ai changé d'avis.

Suis-je donc un bon policier ?

Je sais ce qu'est votre ami. Je pourrais le pendre !

Mais je ne lui ai rien fait.

Suis-je donc un bon policier ?

Et ce n'est pas tout : les passeports

Je les ai gardés avec moi.

Etait-ce par curiosité

ou simplement pour avoir une explication ? Puis...

c'est devenu autre chose.

C'est fou, non ?

- Qui est-ce ? - Csepege, ouvrez.

Du thé et du rhum, ça vous tiendra au chaud ce soir.

- Merci ! - Et votre ami ?

Szabo Bacsi Ă©tait trĂšs inquiet quand madame a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e.

Il va venir dire si c'est possible ou non ce soir.

- Vous devez ĂȘtre prĂȘts vers 21 h. - 21 h ?

Changement de patrouille.

Vous allez dĂźner...

Je vous tiendrai au courant.

Szabo Bacsi emmÚnera M. Flemyng sur la jetée.

Vous ne partez pas ensemble. Il marche lentement.

Vous restez au café jusqu'au dernier moment.

Au bout d'un moment, je viendrai vous faire signe

et vous irez sur la jetée.

Que Dieu vous accompagne.

Descendez bientĂŽt !

Bonsoir !

Bonsoir !

Commandant...

En russe, "bonjour", c'est...

Plus fort !

- Enfin ! - Ce soir, musique ?

Vous n'aimez pas la musique ?

Je les renvoie s'ils vous dérangent.

Aucune loi ne vous oblige Ă  aimer les Tsiganes.

- J'adore la musique tsigane. - TrĂšs bien.

La musique populaire a quelque chose d'étrange.

C'est la mĂȘme partout, si vous Ă©coutez bien...

Un homme pleure dans la pénombre.

Si vous écoutez bien, vous saurez pourquoi.

Vous ĂȘtes surprise ? MalgrĂ© ce que vous croyez,

les tracteurs et le marxisme

ne sont pas les seuls soucis des Russes.

On aime beaucoup la musique.

On s'assoit pour l'écouter et on se sent tristes.

C'est idéal pour se sentir bien !

A la musique !

Tous les genres de musique !

A la musique !

Vous ne buvez pas ?

DrĂŽles de maniĂšres !

Commandant, vous ĂȘtes vraiment un excellent hĂŽte,

mais nous...

Nous verrons ça demain, M. Deverill.

Quand allons-nous pouvoir partir ?

Vous ĂȘtes bien impoli pour un invitĂ© !

- Comment elle s'appelle ? - Margie.

- Que dois-je faire ? - Buvez !

Ça va, chĂ©rie ?

Ça n'a pas de goĂ»t, mais ça fout un choc !

Une vraie experte !

Mais voilĂ  une autre maniĂšre.

Ne vous en faites pas, c'est bon pour ma digestion.

Votre ami est arrivé. Je reviens vous prévenir.

Diana !

Tu peux aller me chercher un verre d'eau ?

Chérie...

Puis-je avoir un verre d'eau, s'il vous plaĂźt ?

Je vais me servir.

Harold, qu'est-ce que tu as ?

Rien.

Ils sont partis. BientĂŽt votre tour.

C'est chaud !

- Une spécialité locale ? - Oui, monsieur.

Vous voulez goûter ?

C'est délicieux, goûtez-les !

Nos amis s'impatientent. Ils veulent que Flemyng se rende.

Ils attendent jusqu'Ă  demain, mais aprĂšs...

Cette fois, je suis inquiet.

Je n'ai pas pu vous parler,

mais nous traversons le lac ce soir.

J'en avais peur...

On devrait partir vers 21 h.

Donnez-nous un peu de temps, puis alertez Surov.

Vous serez mis hors de cause.

Vous prenez un énorme risque.

Vous permettez ?

- Je ne sais pas danser. - Qu'importe !

Ecoutez, la danse populaire n'est pas mon fort

Vous préférez la valse ?

Harold, bois un peu, tu te sentiras mieux aprĂšs.

Vous ne vous amusez pas.

Ce n'est ni le lieu ni l'heure.

Au contraire ! On ne va plus se voir trĂšs longtemps.

C'est une sorte de soirée d'adieu.

Et on s'amuse quand on veut.

Dans mon village, on danse quand quelqu'un meurt.

Nous sommes bien différents !

C'est faux !

Ne vous battez pas.

J'ai l'impression de si bien vous connaĂźtre.

Malheureusement, ce n'est pas le cas.

Nous nous en remettrons.

Je n'en suis pas si sûr.

Vous ĂȘtes ivre !

Oui ! Et c'est merveilleux.

J'ai presque toujours été soldat.

5 campagnes. 4 cicatrices, une hanche cassée...

Mon épouse, c'est l'armée,

cette vieille salope possessive et insatiable !

Ce soir, je la trompe et c'est merveilleux.

La fleur au fusil...

J'aimerais aller dormir.

A 21 h ?

- Lùchez-moi, je vous prie. - Quand je le déciderai.

ArrĂȘtez !

Un peu de vodka...

Vous l'avez embrassé ?

- Excusez-moi... - Un instant.

Pardonnez-moi pour ce qui s'est passé en bas.

- Ça va. Je ne m'attendais à rien. - Je sais.

Mais tout peut arriver quand on se quitte.

Comment cela ?

Dans toutes les gares,

les gens sont différents.

Ils s'embrassent, pleurent, se font signe...

C'est la maladie du siĂšcle.

On fait signe, mais on ne nous le rend pas.

- Si vous voulez bien... - Non.

Une ou deux minutes ne changent rien.

Vous vous sentez piégée ?

Je vous en prie...

N'ayez pas peur.

Je ne vous toucherai pas.

LĂ -bas, c'est l'Autriche.

La frontiĂšre...

Le paysage est le mĂȘme des deux cĂŽtĂ©s.

Un jour, quelqu'un a tracé une ligne sur une carte

et a séparé le monde en deux.

Vous ĂȘtes lĂ  ?

N'ayez pas l'air si malheureuse.

Vous partirez vite. Trop vite !

Je ne vous verrai sans doute plus seule.

Avec mes félicitations... mon cadeau d'adieu.

Il n'y a pas de fleurs en novembre. Bonsoir !

- Vous ĂȘtes en retard ! - Je sais.

- J'ai cru que tu ne viendrais pas. - DĂ©pĂȘchons-nous !

- J'ai froid ! - Tiens.

Le vieil homme a failli changer d'avis.

Les 20 premiĂšres minutes sont les plus dures.

Il faut passer le poste de patrouille.

Mais aprÚs ça...

- Qu'y a-t-il ? - C'est la patrouille.

On est loin de...

Qu'y a-t-il ?

Continuez, vite !

Continuez.

Je vous vois !

- ArrĂȘtez-vous ! - DĂ©pĂȘchez-vous !

Sortez de lĂ  !

Continuez !

Dis-lui de continuer !

ArrĂȘtez ou je tire !

N'arrĂȘtez pas !

ArrĂȘtez, on sort de lĂ  !

Commandant ! Madame Ashmore n'a rien Ă  voir lĂ -dedans.

Laissez-le tranquille !

LĂąchez-la !

Ne lui faites pas de mal, je vous en prie !

Je veux aller avec lui !

Elle n'y est pour rien !

J'espĂšre qu'un jour, vous vous retrouverez seul

face au peuple

de Hongrie.

Qu'ils en finissent avec vous !

- Que veut-il ? - Tout le monde en haut !

C'est une arrestation collective.

Dites-lui d'arrĂȘter !

Que se passe-t-il ?

Rentre !

Retournons tous calmement dans notre chambre.

Ça ne nous concerne pas.

- Qu'y a-t-il ? - Tout va bien.

Restez dans votre chambre.

Ils auraient pu nous prévenir au moins.

Ils l'ont fait.

- A qui l'ont-ils dit ? - A moi.

Et vous nous l'avez caché !

Chérie, ça ne va pas ?

- Je vais m'allonger. - Bonne idée, repose-toi.

Tout va s'arranger.

Tout va s'arranger ! Vous croyez ça !

J'en ai assez. Assez !

Nous, on n'a rien fait !

C'est Flemyng. Il est hongrois !

Hongrois !

HENRY FLEMYNG, CONTRE-REVOLUTIONNAIRE HONGROIS,

ET DIANA ASHMORE...

Le lieutenant va vous emmener Ă  l'hĂŽtel. Vous attendrez lĂ -bas.

Comment va Flemyng ?

- Puis-je le voir ? - Non !

Je vais vous expliquer.

Ne m'expliquez rien. Tulpin !

Ecoutez-moi, je vous en prie !

Ecoutez-moi. J'ai des choses Ă  vous dire.

Ecrivez-les et je les passerai au Q.G.

Certaines choses ne s'écrivent pas.

Vous avez eu votre gloire.

Vous voulez que je me mette Ă  genoux ?

Vous ne m'écoutez pas !

Il n'y a rien Ă  dire.

- Je l'aime ! - Qui ĂȘtes-vous ?

- Des amants en fuite ? - On va se marier.

La bigamie est Ă  la mode dans l'ouest ?

Vous ne voulez pas comprendre.

Je comprends, mais ça ne change rien.

Je perds la raison ! Ça ne change rien non plus ?

Je vous en prie, laissez-le partir !

Ce n'est pas sérieux !

Mais si ! C'est quelqu'un de bien !

- Rien Ă  voir avec le bien et le mal. - Mais si !

Il a souffert

plus qu'un homme ne peut endurer.

Il n'a rien fait de mal, il a lutté pour son pays.

Vous auriez fait la mĂȘme chose Ă  sa place.

Je ne suis pas Ă  sa place !

Qu'y a-t-il ?

Ils envoient quelqu'un du Q.G. Vous partirez demain.

- OĂč ? - Cela ne me concerne plus.

Maintenant, j'obéis aux ordres, quels qu'ils soient. Tulpin !

Ce n'est pas votre faute.

C'est celle de personne ou de tout le monde.

On n'a pas eu confiance l'un en l'autre.

Mme Ashmore.

Vous amie de Flemyng ?

Lui britannique ?

Pas vrai.

Il a un faux passeport.

La légation britannique n'émet pas de faux passeports.

- Par ailleurs... - Qui est-ce ?

Deverill, porte-parole du groupe.

Nous sommes tous indignés par cette attente ici.

Libérez-nous immédiatement

ou cela finira en incident diplomatique.

Il nous menace !

Je n'ai pas peur des menaces.

Vous avez de la chance.

Vous dormez dans un lit chaud.

Je n'ai pas dormi de la semaine.

Je dois me rendre Ă  trois autres lieux frontaliers

pour traiter des cas comme le vĂŽtre.

Allez dormir et soyez prĂȘts demain Ă  9 h.

- Vous retournez Ă  Budapest. - A 9 h pile !

Vous perdez votre temps, docteur !

Il me faut un certificat mĂ©dical pour ĂȘtre fusillĂ© ?

Le capitaine va prendre votre déclaration.

Je sais. J'ai déjà rencontré ce genre de capitaine.

Je connais. La cigarette, puis le coup dans l'estomac...

- Je ne suis pas lĂ  pour discuter. - Je n'ai rien Ă  dire.

La seule chose qui me reste, c'est le pouvoir de dire non.

Vous ne comprenez pas ça !

Dans vos prisons, il y a des hommes qui puent comme des animaux,

vivant dans leur crasse, mais restant admirables,

trouvant encore la force de dire non.

Vous comprenez ? Non !

- Vous n'ĂȘtes pas le seul impliquĂ©. - Mais je ne la connais pas !

Elle n'y est pour rien.

- Ce n'est pas ce qu'elle a dit. - Quoi ? Vous mentez.

C'est encore un de vos piĂšges.

On m'attend Ă  la frontiĂšre depuis 30 min.

- Vous allez parler ? - Non.

Vous parlerez. Comme les autres.

Qu'il soit prĂȘt Ă  9 h.

Bonsoir.

Ça va faire mal.

Qu'est-ce que ça fait ?

Je n'ai plus peur de la douleur.

Ce que vous faites pour nous affaiblir nous renforce

et nous donne une colĂšre profonde.

Oui, une colĂšre immense.

C'est de l'amour que vous avez transformé en haine.

C'est ce que je ne vous pardonnerai pas...

nous rendre haineux, comme ce jeune homme en prison

qui écrivit une chanson avec son sang.

- Ecoutez-la ! - D'accord.

LĂąchez-moi !

Voici la chanson.

"Il a peut-ĂȘtre une femme et des enfants,

"mais ici, c'est un assassin.

"Il vient peut-ĂȘtre de tuer votre frĂšre.

"Il n'y est pour rien. Il obéit à des ordres...

"Vous serez damné si vous lui parlez.

"Si vous lui souriez, vous souriez Ă  la mort de votre pays.

"Si une femme se laisse toucher par lui,

"son corps en pourrira."

Merci.

Il n'y a plus de chauffage.

Un homme passe cinq ans Ă  souffrir dans un fichu pays,

Ă  vivre dans la misĂšre

et quand il part, voilĂ  ce qui arrive.

Quoi ?

Je ne peux pas vous laisser seuls en haut.

Margie, que fais-tu ?

Ne commence pas. Tout va bien.

Nous avons eu une petite discussion entre femmes.

Vous ĂȘtes tous si intelligents !

Ça me rend malade !

J'aime les bonnes maniÚres, mais ce soir, c'est différent.

Ne m'interrompez pas.

Vous ĂȘtes tous trĂšs gentils,

mais ma famille est en danger,

alors je n'ai plus le choix.

Maintenant, je me fiche de qui va vivre ou mourir

tant que ma famille va bien.

De quoi parlez-vous ?

De vous, ma chĂšre.

Vous avez vos raisons, comme chacun a ses raisons.

Mais tout est de votre faute et il est temps qu'on vous le dise.

C'est la vérité.

Vos accusations sont vaines, Mme Rhinelander.

Elle doit nous sortir de lĂ .

Monte les enfants, M. Rhinelander.

Pourquoi est-on encore ici ?

Vous allez nous le dire !

Ça oui ! Ça n'a pas arrĂȘtĂ© depuis le premier jour

au point d'ĂȘtre gĂȘnant pour nous tous.

Le commandant a un faible pour elle !

Et c'est peu dire.

Ça suffit, madame Rhinelander.

Je ne veux pas avoir mon enfant en prison !

Vous ĂȘtes tous devenus amnĂ©siques ou quoi ?

Vous étiez plus bavards avant !

Ne vous méprenez pas.

Il y a eu quelques remarques

sur l'intĂ©rĂȘt qu'il vous porte.

Elle le sait !

Evidemment ! Sortez-nous de lĂ  maintenant !

- N'Ă©coutez plus ces bĂȘtises. - Laissez-la terminer.

Cet homme attend quelque chose.

Donnez-lui ou ça finira mal !

Je suis désolée, mais c'est un monde d'hommes !

Ils ne servent Ă  rien, mĂȘme les meilleurs d'entre eux.

Regardez, mon bébé donne des coups de pied.

Je ne veux pas le perdre.

Vous ne pouvez pas m'en vouloir.

Je suis désolée.

Encore un peu de thé chaud ?

Vous devez aller dans votre chambre.

Non, s'il vous plaĂźt...

J'aimerais rester un peu plus longtemps.

Je vais arranger ça.

Excusez-moi.

Demandez-lui si je peux aller voir le commandant.

Voir le commandant ?

Madame Ashmore en personne !

Quel honneur ! Entrez !

Laissez-la entrer.

Mon cheval est blessé. On va l'achever.

Je ne suis pas fichu de le tuer.

Quel bon vent vous amĂšne ?

Enfin... que voulez-vous ?

On est entre amis, vous vous connaissez !

Mme Ashmore.

Que voulez-vous ? Vous en avez assez vu !

C'est ce que vous vouliez.

Me voir dans cet état !

Je ne peux pas vous aider.

Je ne peux rien faire pour moi-mĂȘme !

J'étais un bon soldat. Jusqu'à ce que je vous connaisse.

Et rien n'a plus de sens. Vous ĂȘtes contente ?

J'ai voulu différencier le bien du mal, connaßtre la vérité...

Mais c'était un mensonge. C'est vous que je voulais !

C'est vous que je voulais, c'est tout.

Vous me répugnez.

Vos cheveux... Le soin que vous en prenez !

Vos mains... On y lit votre passé !

Votre peau... Comme vous l'entretenez !

Et votre parfum !

La premiĂšre fois que je vous ai vue,

j'aurais dĂ» vous faire partir, mais je n'ai pas pu !

Je voulais vous garder.

Je sais que vous lui appartenez pour toujours.

Et pourtant, le soir...

je vous attendais.

Je voulais vous tenir, vous mettre hors d'haleine.

Sortez !

Ce n'est pas ce que vous vouliez ? Alors, quoi ?

Dites-le-moi !

Les autres m'ont envoyée.

Pour quoi faire ?

C'est merveilleux !

Nous sommes tous des porcs !

A part vous bien sûr !

Vous leur avez craché à la figure ? Non, pas vous !

Vous ĂȘtes venue comme une reine marche Ă  la guillotine.

Avec une pensée noble : aider vos respectables amis !

Vous mentez !

Vous ne pouvez plus vivre dans le mensonge.

Nous avons cela en commun.

Dites-le-moi !

Alors, c'est moi qui vais vous le dire.

La 1re fois que je vous ai regardĂ©e, vous avez tournĂ© la tĂȘte.

C'était le 1er mensonge.

Vous avez dit qu'ils me détestent. Ce que vous vouliez dire,

c'est que vous me détestez. 2e mensonge.

Quand vous ĂȘtes partie avec Flemyng, c'Ă©tait pour me fuir !

Vous n'ĂȘtes pas lĂ  pour aider les autres,

mais parce que chaque soir,

vous vouliez me rejoindre.

Je dois partir.

Que s'est-il passé ?

Pourquoi ont-ils changé l'heure ?

La voilĂ .

- OĂč va-t-on ? - On n'est pas venus par lĂ  !

Un raccourci. Demandez-lui !

LĂ -bas, c'est l'Autriche.

Prenez vos valises et descendez.

On peut y aller.

C'est la fin du voyage...

Ils auront bientÎt tout oublié.

Regardez !

Paul !

Je n'arrive pas Ă  y croire.

DĂ©pĂȘchez-vous !

Viens.

- Merci. - De rien.

Je l'ai fait pour moi, pas pour vous.

Je ne pouvais pas dormir une nuit de plus.

Que ferez-vous ?

Vous avez peu de temps. Une patrouille risque de passer.

Au revoir.

Au revoir.

Bienvenue en Autriche. Venez.

Votre séjour n'a pas été plaisant, mais c'est terminé.

On a réussi. Tout est bien qui finit bien !

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