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SHOCHIKU pr�sente

Une production SOZOSHA

LES PLAISIRS DE LA CHAIR

Production : Masayuki NAKAJIMA

D'apr�s : Futaro YAMADA

Cam�ra : Akira TAKADA

Lumi�re : Koshi HIRATA

D�cors : Yasutaro KON

Son : Hideo NISHIZAKI

Musique : Kenji YUASA

Montage : Keiichi URAOKA

Simple CRM - la gestion client en ligne Test gratuit : http://crm-pour-pme.fr

Avec :

Wakizaka, le jeune homme : Katsuo NAKAMURA

Shoko, son premier amour : Mariko KAGA

Hitomi, l'h�tesse de bar : Yumiko NOGAWA

Shizuko, la femme mari�e : Masako YAGI

Keiko, la doctoresse : Hiroko SHIMIZU

Mari, la prostitu�e : Toshiko HIGUCHI

Le fonctionnaire : Shoichi OZAWA L'inspecteur de police : Kei SATO

L'amant de Hitomi : Mutsuhiro TOURA

Un gangster : Fumio WATANABE

Un film �crit et r�alis� par : Nagisa OSHIMA

Mlle Shoko !

Cher Prof, vous devez absolument venir me voir en mari�e.

Sign� : Shoko

"Cher professeur,

"vous devez absolument venir me voir en mari�e..."

Et voil�.

C'est juste pour cela

que je suis venu aujourd'hui.

Cela remonte � six ou sept ans.

Shoko allait passer du coll�ge au lyc�e.

J'�tais �tudiant et j'ai �t� son r�p�titeur pour gagner ma vie.

Ce n'�tait que cela.

Ce n'�tait rien d'autre que cela.

Non, ce n'�tait pas que cela.

J'�tais amoureux de Shoko.

Et, par amour pour elle,

j'ai tu� un homme.

Cet homme �tait le criminel

qui avait viol� Shoko quand elle avait huit ans,

alors qu'elle passait l'�t� � la campagne avec sa famille.

Cela faisait plus de dix ans,

et Shoko semblait avoir tout oubli�.

Alors qu'elle �tait devenue une jeune fille enjou�e

et que ses parents voulaient effacer � jamais cette blessure ancienne,

ce criminel r�apparut soudain

pour exercer, sans vergogne, un chantage.

Ils ne pouvaient le dire � la police,

mais ne pouvaient pas, non plus, risquer qu'il revienne.

� bout de r�flexion, ils me demand�rent conseil.

Je fus fou de rage.

En tout �tat de cause,

je pris la somme convenue

et j'allai voir l'homme dans un bouge de la gare d'Ueno.

Il prit l'argent en ricanant

sans vouloir promettre quoi que ce f�t.

Comme il rentrait chez lui le soir m�me, je l'ai suivi

et j'ai pris le m�me train de nuit.

Tout est r�gl�.

Merci !

Je ne vous demande rien,

mais c'est fini, non ?

Oui.

C'est inutile de vous le dire,

mais c'est �vident que Shoko ne doit jamais en entendre parler.

Ce n'est pas grand-chose, juste un signe de gratitude.

C'est quoi, �a ?

Pourquoi �tes-vous si matinal aujourd'hui ?

Deux nuits apr�s ce bref voyage pendant lequel j'avais tu� un homme,

un inconnu vint me voir chez moi.

Dites, cela vous rappelle quelque chose ?

Un homme se tue en tombant du train

J'�tais dans ce train.

J'ai vu ce que vous avez fait.

Non. Je ne suis pas venu vous arr�ter.

Toshihiko HAYAMI Minist�re des Eaux et For�ts

J'ai pass� toute la journ�e d'hier

� enqu�ter sur votre personnalit�.

Je suis all� dans votre �cole

et j'ai visit� la famille o� vous �tes r�p�titeur.

Selon ceux qui vous connaissent,

vous �tes honn�te, discret et respect� de tous.

Cela fait plus d'un an que je cherche quelqu'un comme vous.

Un homme id�al sans lien avec moi.

Vous �tes parfait !

Mais je me demande pourquoi vous avez tu� cet homme...

C'�tait une vermine impardonnable.

Je n'ai pu me retenir.

- Au nom de la justice... - Je vous crois.

Mais, en fait, peu m'importe.

Car, selon les apparences,

vous n'avez pas l'intention de vous d�noncer et �a me va.

En fait, l'objet de ma requ�te n�cessite que vous restiez en vie.

C'est quoi, le march� ?

Il y en a pour trente millions. Des fonds publics.

J'ai d�tourn� cet argent.

Je souhaite vous le confier en d�p�t.

Si vous allez me d�noncer,

je d�noncerai votre crime.

Rien � gagner.

J'ai d�tourn� au total 98 millions de yen.

D'apr�s mon estimation,

l'affaire sera d�couverte avant six mois.

Il y aura un proc�s.

J'ai �tudi� la jurisprudence.

Je devrais en prendre pour cinq ans.

J'ai � peine trente ans et j'aurai trente millions de yen.

Aucun employ� ne peut pr�tendre toucher autant en travaillant.

J'ai investi mes r�ves de jeunesse dans cette escroquerie.

Bien s�r, je serai d�shonor�.

Mais le monde oublie vite.

Et d'autres fonctionnaires v�reux prendront s�rement la rel�ve.

On m'oubliera en un instant.

Voil� mon histoire.

Et voil� pourquoi,

si vous acceptez ma demande,

cet argent sera en s�curit�.

Tant qu'il y sera, vous y serez aussi.

Non ?

Vous acceptez, n'est-ce pas ?

Vous acceptez aussi, bien s�r,

de ne pas d�m�nager afin que je puisse garder le contact...

Enfin, un dernier mot.

Vous ne devez, � aucun prix, toucher � cet argent !

Deux mois plus tard, il fut d�masqu�.

L'ann�e suivante,

il fut condamn� � 5 ans de prison.

Tout s'est d�roul� comme il l'avait pr�vu.

Bien entendu, je ne fus jamais tent� par cet argent.

Si j'ouvrais la valise, ce ne serait pas seulement ma fin.

Mon crime serait d�couvert,

et cela briserait la vie de Shoko que j'aimais.

Cependant,

cette Shoko venait all�grement d'�pouser un autre homme...

Dans un an,

l'ex-fonctionnaire allait venir prendre la valise.

J'allais le regarder partir sans broncher.

Dans la grisaille et la mis�re,

je poursuivrais ma vie de puceau solitaire...

jusqu'� la mort.

Sans �tre une trag�die, c'�tait une sinistre com�die.

Mlle Shoko !

Que se passe-t-il ?

Votre voyage...

vous n'�tes pas en voyage de noces ?

Votre mariage ne va pas ?

Ou alors...

vous avez fini par comprendre mes sentiments ?

Il ne faut pas...

ce sera terrible, Shoko !

Le monde sera impitoyable.

Je m�ne une vie mis�rable, je ne peux vous rendre heureuse.

Vous le savez bien.

Retournez chez votre mari.

Plut�t mourir que retourner chez lui.

Vraiment ?

Dans ce cas, tant pis. Nous mourrons ensemble.

Mais alors,

tant qu'� mourir, profitons ensemble de la vie qui reste.

Trente millions de yen.

Puisqu'on va mourir, utilisons tout.

Comment pouvez-vous avoir tant d'argent ?

La com�die est finie !

Que fais-tu ?

Tu veux g�cher ma vie compl�tement ?

Il suffit que je meure, d'ici un an.

Quand j'aurai tout d�pens� en un an,

il suffira que je quitte ce monde pour que tout reprenne sa place.

Il ne m'a pas demand�

pourquoi j'avais tu� cet homme.

Il ne conna�t donc pas ton secret.

Si je meurs, tu es tranquille.

Quand il sortira de prison,

il d�couvrira la valise vide

en m�me temps que mon cadavre.

La valise vide

sera mon cercueil.

Je vais tout d�penser en un an.

Comment ?

En femmes !

Arr�te, arr�te, arr�te de pleurer

Dans ton verre de cocktail

Dans ce verre bleu, tout bleu

Flottent tes yeux

Une douce, douce ivresse me gagne

Une fois dissip�e, � moi l'amertume

Elle vient juste, juste de fleurir

Mais elle sera fan�e demain

Son destin se joue cette nuit

C'est une fleur hors saison

Pour elle, les plaisirs de la chair...

Tiens, c'est pour toi.

Pourquoi ?

Tu me plais.

Mais...

En fait,

tu ressembles � la fille que j'aime.

Pourquoi tu ne lui donnes pas ?

Elle s'est mari�e.

Mais pourquoi tu me donnes cette bo�te � musique ?

Tu dois la d�tester, cette femme.

Et moi, tu ne me d�testes pas ?

Si, bien s�r. Et je veux me venger sur ton corps qui lui ressemble.

Quelle d�claration !

Tu es � plaindre, en fait.

Il y a 100 000 yen dedans.

Je te plains.

Je te les donne.

Quelle d�claration !

Dis, au fait, tu peux revenir demain soir ?

Je pourrais me lib�rer.

Je ne te parle pas de demain ou d'apr�s-demain.

Je te parle d'un contrat de longue dur�e.

Un contrat de longue dur�e ?

Je veux vivre avec toi.

- Tu dois plaisanter. - Pas du tout.

Tu auras 500 000 yen par mois. � d�penser comme tu veux.

500 000 yen ?

- Menteur ! - Je ne mens pas.

Mais...

pourquoi tu as tant d'argent ?

Je vais devoir quitter le Japon.

Avant cela, je veux liquider l'h�ritage familial.

O� vas-tu aller ?

En France.

Formidable ! Paris ?

Non. Marseille.

On danse ?

Je ne sais pas danser.

Alors ? C'est "oui" ou c'est "non" ?

Pour un million par mois, c'est "oui".

C'est super !

Quel bonheur !

M�me si c'est seulement pour un an !

Quelle belle baignoire ! Je vais plonger dedans !

Tu viens avec moi ?

Plus tard. Vas-y, toi.

Ah bon ?

- � toi ! Vas-y. - Non merci.

Allez, vas-y. Je te d�shabille.

Non merci.

Pas tout de suite.

Allez, allez !

Prends ton bain d'abord.

Tu as dr�lement chang�.

En seulement deux mois !

C'est normal.

Il ne reste que dix mois.

Ah oui, c'est vrai !

Dis !

Tu m'emm�nes o� demain ?

Au cin�ma ?

Au base-ball de nuit ? Aux courses ?

� la boxe ? Au bowling ? Au golf ? Danser ?

Au restaurant fran�ais ? Au chinois ?

� Tokyo, pour manger ou s'amuser, ce n'est pas le choix qui manque.

C'est le pied !

Je ne sais pas comment faire

pour te remercier.

Tu as toujours autant aim� les parfums ?

Y a-t-il une femme qui n'aime pas les parfums ?

Mais le parfum...

�a ne reste pas.

C'est comme tout.

Rien ne vaut le parfum pour jeter l'argent par les fen�tres.

�a m'est �gal si tu d�passes le budget,

mais il vaudrait mieux

que tu mettes un peu d'argent de c�t�

pour l'avenir.

Impossible, je suis un panier perc�.

Et tu es mal plac� pour me dire de faire des �conomies.

Moi, c'est sp�cial.

Pourquoi ?

Avec de l'argent, on peut tout acheter.

Je n'ai plus besoin de rien.

Ou alors, je pourrais me faire refaire le visage...

en souvenir de toi.

Tu as de la chance...

tu souris rien qu'� l'id�e de te rendre plus jolie...

C'est � qui, �a ?

� toi.

Et �a ?

� toi.

Et �a ?

� toi.

C'est l'�vidence m�me ! Tu m'as compl�tement achet�e, non ?

Tu crois ?

Tu ne crois pas ?

J'ai plut�t l'impression que c'est toi qui m'as achet�.

- Va-t'en. - Quoi ?

Je t'ai donn� ton fric.

Dis donc, Hitomi...

tu m'as dit qu'un cr�tin t'offrait un million par mois pendant un an

et tu m'as promis 200 ou 300 mille par mois

pour que je te laisse tranquille, non ?

Non seulement tu ne tiens pas ta promesse, mais tu frimes !

- Tu dois le plaquer. - Pas question !

M�me si je le plaquais, je ne retournerais pas avec toi.

Je veux travailler comme mannequin ou dans des films publicitaires.

Hitomi...

tu es devenue rudement belle.

J'ai envie de toi, l�, comme avant.

Pas question !

On a un lit formidable.

- Et je suis ton mari, apr�s tout ! - Pas question !

C'est quoi ?

De l'acide.

J'en ai pris au cas o� tu serais d�sagr�able.

Au pieu !

Range d'abord cette fiole !

D�p�che-toi. Il va revenir.

Et alors ? Je m'en fous ! Saloperie !

Bon. Va-t'en maintenant.

Je vais partir, mais...

je vais te laisser un sort sur le visage.

Un sort ?

Pour que tu ne puisses pas me quitter.

Tu veux �tre mannequin, non ?

Tu es devenue magnifique.

Tu vas peut-�tre r�ussir.

Mais si tu m'abandonnes, je suis foutu.

Que fais-tu ?

Ne t'inqui�te pas. Juste une petite goutte !

J'ai bien laiss� un petit doigt pour t'avoir.

Tu me dois bien �a !

Bouge pas !

Tu vas en avoir deux gouttes !

Salaud !

- Tu �tais l� ? - Arr�te tes conneries !

Saloperie !

Je vais tout te balancer � la gueule !

Vas-y si t'as envie. Mais pas sur elle.

Cette femme, c'est un placement en or pour toi.

Ne jette pas le b�b� avec l'eau du bain !

Pour aujourd'hui...

c'est bon.

Mais fais gaffe ! �a peut t'�clater � la gueule

n'importe quand !

Mme Hitomi est l� ?

� qui ai-je affaire ?

On est de l'entreprise Hanawa.

Ah, vous voil� !

Le pr�sident d�sire vous voir. Venez avec nous.

Elle n'a pas � y aller.

Pardonnez, mais... qui �tes-vous pour elle ?

Et vous autres... ?

En fait, Mme Hitomi...

�tait la r�guli�re de notre pr�sident.

Il lui �tait tr�s attach�.

Par faveur sp�ciale, il l'a c�d�e � un gars du gang,

ou plut�t, un des employ�s de son entreprise.

Mais bien s�r, il reste tr�s proche d'elle,

et quand Hitomi est en cause,

le pr�sident se sent responsable...

Moi, je n'ai aucune envie que le papi se sente responsable !

Le pr�sident est responsable de qui il veut.

D'autant plus

que des rumeurs d�sagr�ables courent sur votre compte.

Le boss du gang Hanawa nous a ordonn�

de te ramener � tout prix, m�me s'il fallait te ligoter.

Allez, viens !

C'est le type sans petit doigt qui a parl�, non ?

Votre pr�sident l'a c�d�e � quel prix ?

Un auriculaire.

Un petit doigt ?

Voil� le topo.

Le boss dit que, si un type veut cette fille,

on devra lui couper un petit doigt pour le remettre � son �poux.

Un auriculaire, �a vaut combien ?

Trois millions.

C'est qu'il faut tailler dans le vif !

C'est pas cher !

Mais je n'ai pas �a ici. Revenez demain.

Tu ne dois rien leur donner.

Ils reviendront � la charge.

Ma dette... je vais la payer !

Hitomi !

Lui, je vais le quitter.

Ceci...

c'est � qui le voudra,

le papi ou mon mec.

Tu es nouvelle ?

Non. J'�tais en cong�.

Libre cette nuit ?

Cette nuit ?

Mais non, elle a un mari.

Elle vient juste, juste de fleurir

Mais elle sera fan�e demain

Son destin se joue cette nuit

C'est une fleur hors saison

Je vous en prie. Je dois rentrer chez moi ce soir.

Je reviendrai une autre fois. Je vous en prie.

- Non, tu viens avec nous ! - Viens !

Laisse-toi faire !

Je te demande pardon. C'est mon mari.

Je suis d�sol�e.

Je lui avais interdit de venir, mais notre enfant est malade.

Tu ne dois pas y aller ?

�a n'a pas l'air d'�tre grave.

Il est juste venu me demander de l'argent pour le m�decin.

Quel �ge a votre enfant ?

Trois ans. Une petite fille. Elle va au jardin d'enfants.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle a de la fi�vre. �a lui arrive souvent.

Que fait ton mari ?

Il a eu plusieurs emplois, mais il n'a pas de chance.

Ses employeurs font tous faillite.

Il fait la nounou � la maison.

Mais, je te donne plein d'argent chaque mois, non ?

- Tu ne lui envoies pas ? - Si.

Mais...

je m'�tais port�e garante d'une amie autrefois.

Elle s'est suicid�e

et je dois rembourser sa dette.

Dis-moi...

qu'est-ce qu'il a de bien, ton mari ?

Je me le demande. Rien du tout.

Et tu n'as jamais pens� le quitter ?

�coute, Shizuko...

je t'ai donn� chaque mois le million que je t'avais promis.

Maintenant, c'est fini.

Je ne te paierai plus que les frais courants.

Tu auras le reste en une fois, quand on se s�parera.

Alors ?

Est-ce que tu vas rester malgr� ce traitement ?

Pourquoi faut-il que tu me pers�cutes ?

Je suis d�sol�e.

Tu lui en as encore donn� ?

Pardonne-moi.

Tu croyais que je ne savais pas ?

Shizuko,

tu m'as demand�, un jour, pourquoi je te pers�cutais.

C'est que tu ressembles � une femme qui m'a trahi.

Quand je te vois, il m'arrive de vouloir te tuer.

Tu crois que je mens ?

- Non... - Quoi ?

Je ne pense pas vraiment que tu me d�testes.

Quoi ?

Et elle non plus, d'ailleurs.

Shizuko,

tu sais, depuis le d�but, que je suis sp�cial, non ?

J'ai voulu d'embl�e vivre avec toi et t'ai promis un million par mois.

Je ne fais rien d'autre que te faire l'amour.

D'o� vient mon argent ?

Ce sont des fonds publics d�tourn�s.

Cet argent m'a �t� confi�

par un petit fonctionnaire des Eaux et For�ts.

Il a su que j'avais commis un meurtre.

En �change de son silence, je devais garder cet argent.

En fait, j'avais tu� l'homme qui avait viol� mon premier amour.

J'ai d�cid� d'utiliser cet argent...

quand cette femme que j'aimais s'est mari�e.

J'ai choisi cette voie

pour mettre au d�fi cette femme et surtout ma stupide existence.

Alors qu'elle �tait devenue la femme d'un autre,

je ne pouvais pas rester � pleurnicher,

sans rien faire !

Commissariat de police

Il y a quelqu'un ?

C'est mon mari. Il voudrait te parler.

Je m'appelle Egi.

Je vous remercie pour mon �pouse.

Je vous en prie.

Vous avez une belle maison.

N'est-ce pas, ch�rie ?

Qu'est-ce que vous voulez ?

Pour ce qui est de Shizuko, elle vit, pr�sentement, � mes frais.

J'ai donc, de fait, les droits d'un �poux.

Veuillez cesser vos familiarit�s.

Je suis d�sol�.

En fait...

excusez-moi de vous importuner,

mais j'aimerais que vous nous rendiez Shizuko.

Comme vous le voyez, nos enfants sont encore petits

et je suis venu solliciter votre bienveillance,

en me faisant accompagner de nos enfants.

Au nom de ces pauvres enfants,

merci de votre compr�hension.

J'ai toute confiance en toi.

J'ai dit � mon mari que tu n'�tais pas si mauvais.

- Mais il n'a pas voulu. - Quand m�me...

- Tu sais bien... - Tu pourrais...

Je vois...

tu es venu me faire du chantage en jouant de ma faiblesse.

Mais tu trembles de peur � l'id�e

que je sois un gangster terrifiant.

Mais non !

Veuillez me pardonner !

Ma pauvre Shizuko, on n'a vraiment pas de chance.

Tu croyais que la chance avait tourn�

et que tu aurais un million par mois.

J'avais raison de ne pas y croire.

Cette histoire �tait trop belle !

On doit continuer de vivre sous notre mauvaise �toile.

Mais tu saignes !

Allons-y... Suis-moi !

O� �a ?

Entrez.

"Shizuko, ton mari et toi, vous aimez �tre malheureux.

"Vous �tes un couple bizarre qui n'aimez pas �tre heureux.

"Je veux �tre cruel avec vous.

"Comment faire pour vous rendre le plus malheureux possible ?"

- Un instant. - Oui ?

Je d�sire r�gler les soins du patient en examen.

Je viens de d�missionner.

"Comment faire pour vous rendre le plus malheureux possible ?

"J'ai compris que c'�tait en vous rendant heureux.

"Je vous donne la maison.

"Le reste de la somme promise est dans mon bureau.

"Vous devriez pouvoir vivre heureux pendant quelque temps.

"Mais vous finirez par rejeter cette vie heureuse."

Pourquoi avez-vous d�missionn� ?

- Parce qu'il vous a embrass�e ? - C'est �vident, non ?

Vous n'aviez pourtant pas l'air de r�sister.

Quand un homme br�le de ses bas instincts,

c'est contre-productif de se d�mener.

Ma strat�gie �tait de le gifler en attendant le bon moment.

"Et � ce moment-l�,

"vous conna�trez le vrai malheur sans porte de sortie.

"Bien fait pour toi."

Dites donc,

vous ne seriez pas fou, par hasard ?

Pas du tout, mais vous pouvez m'examiner si vous voulez.

Je ne suis pas psy.

Alors ? C'est oui ou c'est non ?

Je suis press�.

Je suis d�sol�e.

- Vous refusez ? - Oui.

C'est normal de refuser, non ?

Mme Keiko...

Un million par mois, soit trois millions en trois mois...

Bien s�r pour une ch�meuse qui cherche un boulot,

c'est tentant. �a m�rite r�flexion.

Mais �a ne marche pas.

Je ne peux pas me donner � un homme sans amour.

J'attendrai que vous m'aimiez ! D'ici l�, on se verra en amis.

On pourrait partir en voyage, un mois, par exemple.

Si vous ne tombez pas amoureuse, je renoncerai.

Je vous paierai un mois.

Qu'en dites-vous ?

- �a va ? - Quoi ?

�a va mieux ?

Tu avais l'air sombre...

Je suis ici, � Hokkaido, en voyage avec un homme.

C'est normal que cela me pose des questions.

Tu ne pourrais pas d�poser ton armure ?

Tu n'as jamais connu d'homme, c'est �a ?

Je me trompe ?

Je n'ai pas � r�pondre � une question aussi insultante.

N'oublie pas que je suis m�decin. Je sais tout.

Je peux t'embrasser ?

Mais dis donc... tu as une fi�vre de cheval !

�a va aller ?

Ce doit �tre une grippe.

Il ne faudrait pas que �a d�g�n�re en pneumonie.

Tu es r�veill�e ?

Comment te sens-tu ?

Le m�decin est pass� me voir hier.

Il m'a dit que tu �tais gu�rie. Je suis rassur�.

Je vais m'en aller maintenant.

�a fait vingt jours que tu es alit�e,

tout juste un mois que nous sommes partis.

J'ai r�gl� la note d'h�tel et les frais m�dicaux.

Et voil� ce que je t'ai promis. Un million de yen.

Je suis vraiment heureux que tu sois gu�rie.

J'avais peur qu'il ne t'arrive quelque chose.

C'est moi la cause de ta maladie.

Depuis ce jour-l�, tu ne m'as plus adress� la parole.

Je ne t'en veux pas.

Attends !

O� t'en vas-tu ?

Tant qu'� �tre venu si loin, je vais continuer jusqu'au bout.

Emm�ne-moi.

Keiko...

aime-moi, je t'en prie.

Mais, m�me si tu ne m'aimes pas,

couche avec moi, juste une fois.

Une seule fois ! Pas trois mois...

une seule fois. Je t'en prie.

Je te paierai, si tu veux.

Un million pour une fois. Deux millions si tu veux.

Je t'en prie... dis, Keiko !

Je t'en supplie !

C'est non ?

C'est vraiment non ?

Vraiment ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Attention ! C'est dangereux !

Keiko !

Non !

Arr�te !

Reviens !

Keiko !

Reviens donc !

Keiko !

Tu veux mourir ?

Keiko, je ne te ferai rien. Je te le jure !

Reviens !

Keiko...

- Tu sais... - Ne dis rien.

Non. Pas ici !

Pas en voyage.

Rentrons � Tokyo et �pouse-moi officiellement.

T'�pouser ? Mais...

Comme un mois s'est d�j� �coul�,

il ne reste que deux mois.

Apr�s, quoiqu'il arrive, tu partiras, non ?

Peu m'importe...

on divorcera et ce sera tout.

N'aie pas peur.

�a va.

Dis...

qui es-tu donc ?

Que fais-tu ?

Finalement, je ne veux pas me donner pour la premi�re fois

� un homme que je ne connais pas.

Ce n'est plus le moment.

Quand j'ai voulu te parler, tu n'as rien voulu savoir.

Dis-le-moi.

Non.

Si tu ne me le dis pas...

Couche-toi !

Non !

C'est moi !

Que fais-tu donc ?

Tu rentres t�t aujourd'hui !

�a commence � �tre la routine, non ?

Comment peux-tu �tre aussi coinc�e ?

Alors que tu as un corps splendide !

Toutes les femmes sont comme �a.

Mais moi, je suis combl�e.

Dis,

que cherchais-tu tout � l'heure ?

Dis, quel homme es-tu donc ?

Tu m'as achet�e pour un million par mois,

et tu vas dispara�tre dans un mois.

Quel destin p�se sur tes �paules ?

Je sais.

J'avais promis de ne pas en parler.

Patronne, de l'eau !

Comment s'appelle-t-elle ?

Mari. Elle est muette et un peu toqu�e.

Mais elle est gentille, non ?

- Vous en voulez encore ? - Oui.

Tu ne veux pas savoir qui je suis ?

Je suis enfin sorti de taule.

- Pourquoi as-tu d�m�nag� ? - Mais non...

J'ai gard� ma chambre d'�tudiant. Ici, c'est temporaire.

Donne-moi la valise.

Tu en as bien pris soin, j'esp�re.

C'est que...

Tu ne l'as pas �gar�e, j'esp�re.

Tu as pris l'argent ? Tu l'as pas claqu� ?

Qu'en as-tu fais ? Allez, r�ponds !

Dis quelque chose !

J'ai tout d�pens�.

C'est vrai ?

Tu croyais que je ne dirais rien ? Que je dispara�trais comme �a ?

Que je ne te balancerais pas ?

Pardon ! Laissez-moi vous dire...

Je devais me tuer avant votre retour.

Alors, cr�ve !

Tu es r�veill� ?

Quelqu'un t'a vu et a appel� les pompiers.

Quelques minutes de plus et tu y passais.

La respiration artificielle ordinaire n'a rien donn�.

J'ai d� avaler l'eau boueuse que tu avais bue

pour que tu puisses retrouver ton souffle.

Il reste un mois avant ta promesse de divorce,

mais je veux divorcer maintenant.

Tu es certainement

celui qui sait le mieux pourquoi.

Tu me d�go�tes !

C'est bien cela

que tu cherchais l'autre jour

dans mon tiroir ?

Vous revoil� !

Patronne, je veux cette fille.

- Elle n'est pas libre aujourd'hui. - Comment �a ?

Il parle de Mari ?

Tu peux lui dire...

La petite Mari a �t� plac�e sous ma protection.

C'est un gangster du quartier

qui a fait de la taule pour une bagarre un peu rude.

Je vois. Et Mari lui appartient ?

C'est �a. Il s'appelle Kudo.

Alors, M. Kudo... je pourrais pas avoir Mari ?

Quoi ?

Je voudrais vivre avec elle quelque temps.

Esp�ce de salaud !

Je n'ai pas dit que c'�tait gratuit. Je vous paierai.

Prends �a !

Tu veux mourir, ou quoi ?

Un million par mois.

Un million ? Tu te fous de moi, mon salaud ?

Pas longtemps. Juste un mois.

Salaud !

Voil� un acompte.

Bon, je l'emm�ne.

On n'est pas press�s, Mari.

On va vivre ensemble.

Tu as compris ?

Tu sais...

dans un mois, je dois mourir.

Tu comprends ?

Tu ne dois pas comprendre...

Peu importe.

Pas besoin que tu comprennes. �a vaut mieux.

Simplement,

pendant le mois qu'il me reste � vivre,

je te demande de satisfaire

mes d�sirs les plus intimes.

Mari, o� es-tu pass�e ?

O� �tais-tu pass�e ?

Tu �tais all�e racoler des clients ?

Laisse tomber.

C'est vrai que je te l'ai vendue, mais j'y peux rien si elle revient.

Elle est faite pour racoler le client.

Elle prend son pied en faisant le trottoir.

100 000 la passe, �a ira ?

Je reviendrai chaque jour.

Patron...

je ne suis pas � la hauteur.

Mari est � vous. Je vous la donne.

Non, je veux la payer.

Vous f�chez pas !

Je m'excuse.

Mais je veux travailler pour vous.

Travailler pour moi ?

Et je voudrais votre aide.

Pour une affaire importante.

Il y a un mec qui a planqu� 30 millions avant d'aller en taule.

Il les a confi�s � un type qui les garde en secret.

J'ai beau chercher partout, je ne le trouve pas.

Je suis all� � sa piaule,

mais il a disparu sans laisser d'adresse.

�a m'a sembl� cousu de fil blanc,

et je n'ai pas cru le proprio.

J'ai fait le guet plusieurs jours, mais sans r�sultat.

En plus, je suis surveill� par les flics,

alors je ne suis pas libre de mes mouvements.

J'ai plein de potes dans le coin, mais pas un � qui faire confiance.

Si je parle, l'affaire sera �vent�e.

Je t'ai bien observ� et j'ai donc d�cid� de te parler.

Qu'est-ce que je devrais faire ?

Il faudrait retourner fouiller la piaule.

Si tu trouves les trente millions,

tu peux en garder cinq pour toi.

Je sais bien que t'as pas besoin de fric,

mais tu pourrais avoir Mari gratos.

Qui t'a racont� cette histoire ?

Dis-le-moi.

Pourquoi tu veux savoir ?

R�ponds-moi.

Voil� deux cent mille. C'est tout ce qui reste.

Tout ce qui reste ?

Je l'ai appris en prison.

En prison ? Par qui ?

Par un fonctionnaire nomm� Hayami. L'homme aux trente millions.

Il me l'a dit juste avant de mourir.

Hayami... il est mort ?

Juste avant ma sortie de taule,

il a eu une grippe qui a tourn� en pneumonie.

Et il en est mort.

Le vrai connard.

Il avait mis plein de fric � l'abri,

mais il n'avait jamais aucune visite.

Moi, j'avais Mari qui m'apportait sans arr�t des paquets.

Comme il en avait envie, il a crach� le morceau.

�videmment, il ne savait pas qu'il allait mourir.

Qu'est-ce qui t'arrive, patron ?

C'est moi qui avais les trente millions.

C'est moi, Wakizaka.

Et les trente millions ?

Tu viens d'avoir ce qui en restait. La boucle est boucl�e.

Esp�ce de salaud ! Tu te fous de moi ! Cr�ve !

Au secours !

Qu'est-ce que t'as ? Tu trembles ?

T'as peur ? Tu vas me filer le pognon ?

Non. Je vous ai dit la v�rit�.

Il ne reste rien.

Il ne reste rien ?

Tu mens ! On ne peut pas claquer autant en cinq ans !

Si. J'ai tout d�pens� en un an.

Connard ! Arr�te de frimer !

Trente millions en un an, �a fait par mois...

Mon salaud, para�t que tu as tu� quelqu'un.

T'es donc d'accord pour �tre tu�...

Pr�pare-toi !

C'est toi, Mari ?

Mari, ce type est un vrai salaud.

C'est un meurtrier et il a claqu� les trente millions d'un autre.

Si je vais � la police, il sera pendu.

Je sais pas ce qu'il t'a donn�, mais tu ne lui dois rien.

Il s'est foutu de nous.

C'�tait l'argent d'un autre, l'argent que j'aurais d� r�cup�rer.

Arr�te ! L�che-moi !

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu l'as dans la peau...

Shoko !

Bonsoir.

Que venez-vous faire ici ?

Je me demandais si vous seriez toujours l�.

Je craignais que vous n'ayez d�m�nag�.

Cela m'inqui�tait.

- Pourquoi donc ? - C'est que...

il para�t que vous �tes devenu riche.

Moi, riche ?

� vrai dire, je crois vous avoir aper�u deux fois

depuis mon mariage,

mais vous �tiez chaque fois avec de jolies femmes.

Je n'ai pas voulu vous g�ner.

Vous �tiez si diff�rent de l'image que j'avais de vous.

Je suis d�sol�e.

Comme je trouvais cela �trange,

j'ai appel� la soci�t� de publicit� o� vous travailliez.

On m'a dit que vous aviez d�missionn�.

Dites-moi ce qui vous est arriv�...

La Bourse ?

Un h�ritage ?

Pourtant, vous habitez toujours la m�me pension...

Shoko, dites-moi ce qui vous am�ne.

Cher professeur,

vous voulez bien me rendre service ?

Absolument.

Quand l'id�e a fus� dans ma t�te,

j'ai eu envie de crier "Mon Dieu !" Tant j'�tais heureuse.

De quelle id�e s'agit-il ?

L'id�e que, peut-�tre, vous �tiez devenu riche.

Je ne vois pas en quoi cela pourrait vous concerner.

Vous �tes bien plus riche que moi.

Votre �poux poss�de une entreprise renomm�e de produits de beaut�.

Nous sommes au bord de la faillite.

Il nous faut de l'argent avant la fin du mois.

Sinon, il faudra d�poser le bilan.

Mon mari est au bout du rouleau

et je cours partout nuit et jour pour tenter de trouver de l'argent.

De l'argent. Vous n'avez plus d'argent ?

Plus du tout. Si jamais vous en avez...

je vous en prie, pr�tez-m'en.

Cinq millions, dix millions, trois millions ou m�me deux...

M�me deux ou trois cent mille seulement...

Je vous en supplie.

De l'argent...

J'ai eu trente millions de yen.

Trente millions ?

Mais je n'ai plus un sou.

Ce n'est pas vrai. Vous me faites marcher.

Non, c'est vrai. J'ai eu cette somme.

Ce n'est pas vrai.

Arr�tez de me taquiner.

Vous ne voulez pas me les pr�ter ?

Je ferais n'importe quoi, tout ce que vous voulez.

Je n'ai plus rien. Plus un sou.

Je viens de tout d�penser en un an.

C'est vrai ?

Comment avez-vous eu cet argent ?

On me l'avait confi�.

C'�tait il y a cinq ans...

un fonctionnaire des Eaux et For�ts avait d�tourn� pr�s de 100 millions.

Il m'en a donn� trente � garder.

� vous, pourquoi ?

Il voulait les r�cup�rer � sa sortie de prison.

Il connaissait mon point faible. J'avais commis un meurtre.

Il me tenait par ce secret fatal.

Un meurtre ?

Vous avez tu� quelqu'un ?

Pourquoi ? Qui �a ?

Et pourquoi avez-vous d�pens� cet argent ?

Vous avez tu� quelqu'un ?

Pourquoi ? Qui �a ?

C'�tait pour vous.

C'�tait l'homme qui vous avait viol�e.

Et pourquoi avez-vous d�pens� cet argent ?

� cause de vous.

Parce que vous en avez �pous� un autre.

Wakizaka Atsushi ?

Je vous arr�te pour homicide.

Celui d'hier soir ?

Hier soir ? Vous avez commis un autre meurtre hier soir ?

On verra �a plus tard.

Pour aujourd'hui, il s'agit du meurtre d'il y a cinq ans.

Et aussi de complicit� de d�tournement de fonds publics.

Que faites-vous ? Crachez-moi �a !

Dites-moi. Qui m'a d�nonc� ? Une femme ?

Dites-le-moi, sinon j'avale.

Tu ne pourras pas faire l'ignorant.

C'est une femme qui te conna�t depuis dix ans.

Tu piges ?

Shoko...

FIN

Sous-titres : Catherine CADOU

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