All language subtitles for One Deadly Summer 1983

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hmn Hmong
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (SoranĂ®)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

La 1ère fois que je l’ai vue, c’était à la fin avril,

quand ses parents se sont installés. Elle venait d’Arrame à l’aute côté du col,

le village détruisé pour faire le barrage. Elle avait un prénom: Eliane.

Mais on l’appelait "Elle" ou "celle-là". Son père, le vieux Devigne,

il est tombé d’une échelle. La colonne vertébrale coincée...

La mère, il l’a connue pendant la guerre, quand il était travailleur obligatoire.

On l’appelle Eva Braun. Tu te rends compte!

Travaille! Va, pipelette! Tu sais même pas qui c’était, Eva Braun!

En tant que pompier volontaire, je travaille au cinéma le samedi soir.

C’est là que je la voyais au début. Elle se prenait pour une star.

Elle avait gagné un concours de bauté à Saint-Etienne-de-Tinée.

On l’avait élue Miss Camping-Caravaning. Depuis, elle se prenait pour une star.

Bien sûr, je la trouvais pas mal, comme tout le monde.

Mais elle m’avait jamais empêché de dormir.

Elle s’installait le nez sur l’écran, soi-disant pour être tranquille.

Mais elle n’a jamais voulu de lunettes. Au 2ème rang, elle n’aurait rien vu.

Bonsoir, Madame Loubet. - Bonsoir, M’sieur Dame.

Hé! Projo! - Ça va, y a pas le feu!

Allez, raconte pas ta vie! Salut.

Vous savez ce que c’est dans les petites villes.

30 s après la fin du film, les lampes sont éteintes, il n’y a plus pesonne.

Avec Loulou-Lou, la femme de M. Loubet, on n’avait pas le temps pour les serments.

On faisait ça dans l’allée centrale, le seul endroit où il y avait un tapis.

Cette salle aurait besoin d’une peinture.

Ouais. - Pin-Pon, Pin-Pon. 1, 2, 1, 2!

En général, je rentrais au village dans le camoin de mon frère Mickey,

mais c’est moi qui prenais le volant. Quand il conduit, il me rend maboule.

On ramenait un tas de jeunes, avec leus vélomoteurs,tout le bazar.

A l’arrivée, c’était le dortoir.

Ils se sont tout endormis dans le bahut. - Ah, bon.

J’ai arrêté. Quand on est pompier, faut du souffle.

C’est marrant, quand je l’étais pas, je fumais comme un pompier!

T’as ramené quelqu’un? - La fille d’Eva Braun.

T’en as mis tu temps. Tu l’as sautée? - Oh, pas ce soir.

Elle était avec sa mère. - Merde. Et les autres soirs?

Samedi dernier et le samedi d’avant. - Où ça?

A l’arrière de la fourgonette, sur une bâche.

Et alors? - Oh, le cul!

Elle a un cul! J’ai pas pu la déshabiller entièrement,

on pelait de froid. J’ai juste relevé sa jupe et tout ça.

Oh, le cul!

Tu as de la conversation, toi.

Ils sont beaux, les contestataires! - Bonsoir, Pin-Pon.

Je m’appelle pas Pin-Pon, merde!

Où on est? Qu’est-ce qu’on fout là?

Je vais attrapper une pneumonie! - Tu disais que tu étais pressé!

Alors, je vais crever!

Mickey charrie du bois. Et le dimanche, il fait des courses cyclistes.

Il est con comme un verre à dents. Mais je ne peux parler qu’avec lui.

Avec vos puérilités, y a plus d’eau!

Mon autre frère, Bou-Bou, c’est pas pareil.

D’abord, il a 13 ans de moins que moi, et notre pére

l’a fait juste avant de mourir.

Il passe son bac l’an prochain. Notre père l’appellerait déjà "Dottore"

s’il était là. C’était quelqu’un, notre père!

Il est venu d’ltalie du Sud. A pied! Il voulait aller en Amérique. Les ritals!

Il n’a pas eu d’argent pour le billet. Et il est resté ici,

et il a épousé notre mère, une repasseuse, qui venait de Digne.

Ils ont pris la sœur de ma mère avec eux. Elle est sourde depuis 1944. Bombardement.

On l’appelle tous Cognata, "belle-sœur", sauf notre mére.

Nine! Oh, Nine!

Avec quoi tu le veux, le rôti de veau? -Qu’est-ce quelle dit?

Elle veut des petits pois! Comme tous les dimanches!

L’as, le 2 et le 3, comme toujours! - C’est le tiercé de ma tante.

Elle dit qu’il faut pas trop faire peur à la chance avec des complications.

N’empêche qu’on a gagné 2 fois. Et les 2 fois, c’était Cognata.

Eh, regarde!

Merci.

100 francs, d’accord.

Oh, Félix. Remets-nous ça.

Je me la ferais volontier, tiens! - Avec quoi? Tu en as pas.

C’est pas si difficile de se la faire. Le pharmacien, il se l’est faite,

et un copain de mon neveu, un vacancier. Et mĂŞme un des Portugais...

qui construisent les chalets au col.

Reviens sur terre, va! - Je peux quand mĂŞme respirer une minute?

Si tes yeux étaient des chalumeaux, elle pourrait plus jamais s’asseoir.

Mon patron. Il s’appelle Henri. On l’appelle Henri IV.

Le meilleur joueur de boule que j’aie jamais connu.

Sa femme, Josette. On allait à l’école ensemble.

Je ramène quelque chose à ta mère? - 5 steaks. Un gros pour Bou-Bou.

Et dis au boucher que c’et pour nous. - Ça veut dire quoi, ça?

Ça veut dir que tu t’y connais en steaks comme lui en moteurs de Delahaye!

J’ai une Delahaye. Je l’ai echangée contre une fourgonnette pourrie.

Malheureusement, j’ai beau user mes nuits et l’électricité d’Henri IV

Ă  travailler dessus.

300m quand mĂŞme! - Joint de culasse!

Mais enfin, je l’ai changé! - Elle est allergique aux joints.

Non, c’est l’arrivée d’huile!

Eh ben, elle est allergique à l’huile, à l’essence, elle est allergique à tout!

Bon, allez viens! Faut le ramener.

Mon pauvre Pin-Pon, va. - Je m’appelle pas Pin-Pon.

On pourrait fonder un comité anti-polution.

Ecoute la vieille!

Dis donc, Mickey...

Tu parles à la fille d’Eva Braun? - Bonjour, bonsoir. Pourquoi?

Comme ça. - Une fille qui va à droite et à gauche,

tu ferais mieux de croiser au large. - Je te demande pas ton avis,

je te demande ton renseignement. - Le dimanche, elle danse au "Bing-Bang".

A 30 piges, on à l’air d’un pépé au "Bing-Bang".

T’as qu’a venir. Je m’occupe du reste. - J’ai pas besoin de mon frère

pour draguer une fille. Je le ferai aussi bien que toi, tu sais.

Non. Parce que moi, celle-là, je m’es fous.

Le "Bing-Bang", est une des baraques

qu’on monte dans un village ou dans un autre,

et que les jeunes suivent à la trace dans toute la région.

Pendant un moment, j’ai dansé avec Georgette,

la petite amie de Mickey. Elle travaille Ă  la poste.

Tu connais Moune? - Salut, Moune.

OĂą il va encore, Mickey? - Parti jouer aux boules.

Allez, viens! Je fais le mec!

On danse? - Qu’est-ce quevous voulez faire?

Grimper aux arbres?

Les premiers mots qu’elle m’a dit, c’était déjà un coup de marteau.

En plus, je déteste les gens qui ont les mains humides.

Mais sa main humide avait quelque chose que j’ai toujours aimé.

Je na sais pas quoi. Quelque chose qui est dans les bèbé, les enfants.

Vous n’avez pas soif?

Ça se mesure.

On dirait un poisson rouge quand vous me regardez comme ça!

Ils sont noirs naturels, vos cheveux? - Tu parles, Charles!

Ça me coute 150 francs par mois, et ça me donne des croûtes sur la tête.

Je connais un chouette restaurant sur la route de Cavaillon.

Qu’est-ce que vous diriez si on y allait tous les deux, un soir?

Il y a une piscine, des bougies...

D’accord, Totor, t’emballe pas. C’est pas parce que vous m’emmènerez

au restaurant que vous coucherez avec moi. Voues êtes prévenu!

Dites, on va pas rester lĂ  toute notre vie comme des pots de fleurs?

J’ai que le dimanche, moi, pour danser.

J’y retourne pas. Je dois m’en aller. - Ah, bon.

Contre qui tu joues? - Ah, des gens d’ici.

On mène de 3 points. Georges Massigne, il en touche pas une.

Je l’emmerde, Georges Massigne! - ll y a une foire à Thorame.

On peut y aller avec Moune et Georgette. On ferait un carton.

Elle est bien baisable, Moune, non?

Ce soir, on se fait un rami avec Cognata. Puis, on invitera Henri IV

quand on lui ramènera sa bagnole. Ils vont encore se bouffer, non?

Ouais. - Je perds la partie et je reviens.

Je me suis dit ce qu’on se dit toujours.

Qu’elle était trop tarte que je lui coure après, des choses comme ça.

Ya quelqu’un?

J’ai crevé. - Ça vous dérangerait

de vous reculer un peu? - Si vous réparez les autos,

vous réparez aussi les vélos, non?

C’est marrant, ça. - Vous allez vous salir.

Mais non!

Qu’est-ce qu’elle veut, celle-là? - Elle vient faire réparer son vélo.

Casse- le en quatre, son vélo. Qu’elle aille montrer son cul ailleurs!

Mais il est cuit, votre pneu. Il est déchiré sur au moins 4cm.

Comment c’est arrivé?

Repassez demain. Chez moi, j’en ai des pneus qui sont encore bons.

Vous finissez quand, ici? - Pas avant 1 heure. Peut-ĂŞtre plus.

Je vais vous attendre dehors.

Je n’ai jamais vu personne qui puisse rester aussi longtemps sans bouger.

On aurait dit une poupée qu’on a laissée dans un coin.

Notre mère, c’est bien simple, elle déteste tout ce qui porte jupe.

J’ai un vélo á réparer!

Hier, au bal, je me suis drôlement fait attraper par votre frère.

Mickey? - Non, Bou-Bou.

J’étais tranquillement en train de danser, il vient sur moi, et il me dit:

"Qu’est-ce que t’as fait à mon frère? Pourquoi il est parti avec cette tête-là? "

Quelle histoire!

Pourquoi vous êtes parti comme ça? - Ben, justement, j’avais des scruples.

A cause de Georges Massigne. - Je suis la propriété de personne!

D’abord, je suis plus avec lui.

C’est vrai que vous avez un piano mécanique dans votre grange?

Qui vous a dit ça? - Bou-Bou, tiens.

Après, on a fait la paix. - C’est tout ce que nous a laissé...

notre père quand il est mort. Ces 4 murs et son piano.

Il marche toujours? - Même sans qu’on lui le demande.

La nuit, si un loir se prend dedans, c’est la sérénade.

Malheureusement, il joue qu’un seul air.

C’est exprès que vous l’avez déchiré? Pour venir me voir?

Avec un taille-rosiers.

Pin-Pon, c’est pas un nom. Comment-vous vous appelez?

Florimond. Mon vrai nom, c’est Florimond.

Je suis né pendant la guerre. Les ltaliens s’étaient mis contre nous.

Alors, ça faisait mauvais effet au village.

Ça tient toujours, votre invitation? - Quand vous voudrez.

Pourquoi pas maintenant? Tout de suite?

Vous savez ce qu’il va faire? - Qui?

Vous! Il va faire le tour par derrière et va choisir ce qu’elle doit mettre.

Elle lui montre ses robes par la fenêtre. D’acord?

Voilà pourquoi, à la fin, je ne pouvais plus me passer d’elle.

Elle donnait à la vie des coups d’accélérateur que je ne connaissais pas.

C’était un bon moment, l’un des meilleurs de ma vie.

Quand j’y pense, je voudrais tout recommencer.

Dépêche!

La ceinture de Bou-Bou. - VoilĂ !

Pourquoi il se fait beau comme ça? On me dit jamais rien à moi!

Il a un client Ă  voir. - Quoi?

Il a un client à voir! - Comment elle s’appelle?

On sait pas! - Si on me téléphone de la caserne,

appelle-moi au restaurant "Deux-Ponts". - Entendu, entendu. Dépêche!

Ça va? - Terrible!

Super!

Maman, je rentrai peut-être assez tard. T’inquiète pas.

Kommt nicht zu spät nach Hause, hörst du?

Elle est comme il voulait?

Vous, on dirait Zorro! Surtout, roulez vite!

J’ai pas envie de jouer la reine d’Angleterre à travers le village.

Te fais pas de souci pour la voiture. Il conduit bien, Pin-Pon!

Je lui prête plus, c’est tout!

Ça va? Vous n’avez pas mal aux cœur? - Vous comprenez les filles, vous!

Je passerais ma vie Ă  rouler en voiture.

Mais mon abruti de père n’en a pas. Qu’est-ce qu’il faisait avant?

Le garde, le cantonnier.

Il a eu une attaque?

J’aime pas parler de ça.

Moi, j’ai une Delahaye. Vous savez ce que c’est?

Non. Sauf que ça marche pas. - Oh, je le ferai marcher, vous verrez.

C’est juste une question de pièces qu’on ne fabrique plus.

On parie que je vous emmènerai en voyage? - Ah, oui? Où ça?

Je sais pas. N’importe où. - D’accord!

A Nice? A Paris? Dans uns chambre de merde oĂą vous pourrez

me tringler tant que vous voudriez? C’est ça que vous voulez, non?

Dis-le, ducon, que tu veux me tringler!

Mais c’est pas possible! Qu’est-ce que j’ai dit?

Vous rongez les ongles? - Regardez pas!

Ils sont tous faux?

Vous le gardez pour vous. Sinon je raconte que vous chouchez avec Loulou-Lou.

Qui vous a dit ça? - Tout le monde le sait.

Alors, qu’est-ce que ça peut faire que vous le racontiez partout?

Ah, promis. Je le dirai Ă  personne.

On n’est plus très loin du resto, mais je vous ramène au village,

si vous préférez. - Ça va pas, non?

On se croirait Ă  Hollywood! Vous venez souvent ici?

Non. J’étais venu dépanner la voiture d’un client.

Tant pis si ça vous fait rire, je m’étais promis de revenir.

Avec une fille belle, bien habillée.

Comme toutes les bêcheuses ici. - Quand j’étais petite,

on m’a menée au restaurant à Grenoble. On a montré mes yeux à un docteur.

Mais c’était de la toile cirée et du papier tue-mouches.

Minable, minable.

Qu’est-ce qu’ils ont, vos yeux?

Je ne vois pas mes pieds. - Pourquoi vous mettez pas de lunettes?

Mes pieds, je m’es fous. Attention, le chef d’orchestre!

Mademoiselle a choisi?

Un melon sans porto, et des fraises au sucre. Vous en avez?

Et Monsieur? - Un loup flambé au fenouil.

Et des asperges avant. - Et pour le vin?

J’en bois pas. Si j’en bois, on peut plus m’arrêter.

Ce soir, c’est spécial. Du champagne. - Lequel?

Ecoutez, ça fait 3 ans qu’on vient ici, on prend toujours le même!

Je me souviens.

"Piper Heidsick", du brut. C’est ça?

Il y a des dorures sur l’étiquette? - Des dorures? Oui, je pense.

Alors, ça ira.

A l’école, je me bouchais les oreilles. J’ai fait 3 fois le cours Moyen de 3ème.

A la fin, c’est eux qui on cédé, ils m’ont plus voulu.

Vous mangez pas? - Si.

N’empêche que c’était moi la plus belle. C’est vrai! Tout le monde le disait.

A 13, 14 ans, j’avais déjà tout ce qu’il faut.

Vous pouvez me croire! La maîtrese, Mlle Dieu, était folle de moi!

Je lui aurais demandé de ramper,

elle m’aurait dit merci!

Et je suis pas conne, en plus. Le calcul! Je connais personne...

qui compte aussi vite que moi.

La machine enrégistreuse du supermarché, je vais plus vite qu’elle!

Teins! Prenez 2 nombres, n’importe lesquelles!

Dans les 1.000, dans les 10.000, ce que vous voulez!

3.547 et 8.768.

12.315! Aley-y, vérifiez!

8 et 7: 15. 6 et 4: 10.

12.315. Merde! - Encore!

Non, non. Ça va, je vous crois.

Avec mon père, quand j’étais petite, des soirées entières on jouait ça!

Il disait: "Tu calcules plus vite que n’importe qui sur la terre!

N’importe qui! N’importe qui!

Faut plus que je boive.

Qu’est-ce que vous inquiète comme ça? - Rein.

Déjà dans la voiture, tout à l’heure. - Faut pas faire attention.

D’habitude, les garçons se donnent moins de mal

pour m’en faire voir.

Vous avez pas compris ce que je veux dire. - Ah, non? Alors de qui vous parlez?

Du pharmacien en ville? Du vacancier l’année dernière?

Du Portuguais en haut du col? - C’est pas vrai! Vous étiez là pour voir?

D’accord, on m’a menti.

Georges Massigne vous a raconté ça? - J’ai dit "on".

"On" est un con!

Ce que je voulais...

Ce que je voulais dire, c’est que si vous avez envie de moi,

c’est pas la peine de vous donner tout ce mal.

Je suis prête à décoller. Tout de suite!

Au milieu des assiettes, devant tout le monde!

Vous désirez autre chose? - Toi, casse toi. On parle!

Allez, ça va, quoi?

9.322 et 7 825.

17. 147.

Il y avait au moins 2 choses de vraies: Pour les chiffres, c’était Einstein,

et quand elle partait dans les larmes, on pouvait plus l’arrêter.

Bonsoir. En espérant de vous voir bientôt.

Je t’avais prévenu, je suis paf. - On va rentrer.

Je veux pas. Je veux rester avec toi.

C’est pas la peine de réveiller la Saitne-Famille.

On peut aller dans la grange. - Je pouvais plus supporter

qu’elle me regarde comme ça. J’ai dit la connerie de ma vie: D’accord.

OĂą tu es?

En haut!

regardez-moi cette conne. Quand je me vois comme ça...

Heureusement que c’est comique, sinon je me tuerais.

Il ne veut que lui enlever sa culotte, et elle, tout ce qu’elle veut,

c’est qu’il se coince pas les doigts dans la fermeture éclair.

Enfin, bref, oublier un moment qu’il est le fils de son ordure de pére!

Et moi, sans même me marrer, je luis dis: "Qu’est-ce qu’on te fait,

ma petite Eliane? " Juste pour qu’elle aille au bout de son plaisier,

et qu’on n’en parle plus.

Maintenat, il faut que je sois patiente. Je les retrouverais tous!

Je leur ferai payer cher, Ă  eux et Ă  leur familles!

Merde! Bon Dieu, merde! - Je ne te fais pas de reproches,

mais tu peux bien me dire d’où tu viens? - Mais tu le sais d’où je viens!

Mais merde! Mais ramue-toi! Qu’est-ce qu’il faut que je fasse

pour que tu me flanques une trempe? Une seule fois!

Mais tu ne comprends pas? J’ai envie que tu me frappes!

Je préfère! Tu comprends pas?

Mais elle, la pauvre gourde, elle comprend pas plus que d’habitude.

Elle continue de se demander qui je suis, ce qui nous et arrivé.

Il ne faut pas que je lui parle du piano mécanique.

Je dois faire tout par moi-même. Sinon, elle m’empêcherait.

Viens.

Sois gentille.

Viens.

Maman...

Ma maman...

Ma maman, ma maman...

Ma maman...

C’est pas fini, oui? - Espèces de demeurés!

Mais c’est vrai, quoi! Elle ameute tout le village.

Merde! Vous allez voir! - Viens!

Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il invente des cons pareils!

Ils voulaient juste rigoler.

Et puis, viens, Ă  la fin, merde!

Salut!

Assieds-toi lĂ .

Si tu as quelque chose Ă  dire, va-y!

Et toi, tu as quelque chose à dire? - Qu’est-ce qu’elle a pris dans la grange?

Rein. C’est ma culotte! J’aime pas porter des affaires

que j’ai déjà mises la veille.

Entendre ça! Dans sa propre maison! - Laisse la tranquille, maman.

Elle va rester ici? - Elle va rester ici.

Je vais habiter chez les Montecciari. Je viens prendre mes affaires.

Viens, Florimond!

Elle s’en va?

Bon vent!

Au revoir, madame.

Je t’aime plus que tout.

Oh, non! Sûremet pas.

Je serais lĂ , au bout du village! Tu sais oĂą me trouver, non?

En plus, pour revenir chez Pin-Pon, c’est un poème.

On dirait qu’on est le 1er avril, qu’on a un poisson accroché dans le dos.

Il faut vraiment qu’ils se les brisent, pour être dehors à uns heure pareille!

Le plus con de tous, c’est Brochard, et la plus conne, c’est sa femme.

Alors, on déménage? - Comme tu vois!

Alors, on déménage? - Demandez à votre mari!

Qu’est-ce que tu as à faire là-dedans?

Ici, quand on veut entendre des histoires, pas la peine pour allumer la télé.

C’est moche, hein? - C’est propre.

Il faut que j’aille travailler. - Je peut mettre mon poster et mes photos?

Mais tu es chez toi!

Je peux te dire quelque chose sans te fâcher?

C’est pas la peine, je suis pas idiote. J’ai pas eu le temps d’en mettre une,

de culotte. Je le fais tout de suite.

Quand il sourit, Pin-Pon, il me remue. J’aurais envie de tout laisser tomber.

C’est pas large, ici.

C’est ma baignoire de quand j’étais petite.

Heureusement qu’on la paie pas, l’eau de la source.

Mon Dieu! Mais elle va pas se laver devant nous?

Ça, on peut pas dire. - Quoi?

J’en ai à moi dans la chambre. - Alors? C’est moi qui ferai la lessive.

Ta mère, c’est une bonne personne. Mais elle ne t’a pas faite courageuse.

Y a qu’à voir tes mains. - Elle m’a faite comme elle a pu!

Et elle vous dirait que si vous me voulez pas chez vous,

votre fils n’avait pas à me chercher! - C’est pas pour longtemps!

Oh, la sono cassé! je vais te dire une bonne chose.

Avant ta sœur se débarasse de moi, elle va me payer la robe de mariée!

Démente! Des dentelles partout! - Excusez-moi, je n’entends pas bien.

Des dentelles partout. Je la lui ferai laver avec ses larmes!

Je vais apporter des œufs à ta mère. Tu n’as rien à lui dire?

Dans la chambre de la mère pisse-froid, il y a un lit que si tu en tombes,

tu te tues. Et bien sûr le portrait du défunt...

Je ne sais pas comment je me retiens de lui cracher dessus.

Tu ressembles a un petit singe quand tu manges!

J’aurais dû envoyer à careau. - Ce qu’on peut être glouton! A ton age!

Et laid avec ça! J’aimerais mieux mourir à 30 ans.

Mettons 40. Allez, donne ton as, patate! - Désolant!

T’as bien compté ma tierce? - Je t’emmerde!

Tu es une bonne petite.

Le petit singe et moi, on est déjà copines.

J’ai le cœur qui fond devant les yeux. Je sais pas pourquoi.

22, la Mère La Douleur!

Je passe.

Oh, tant pis! Tout atout! - Tu as oublié ça chez toi.

Je me demandais aussi pourquoi tu as toujours l’air

de sentir avec ton nez, quand tu regardes quelque chose.

Elle ne me parle pas de sa visite à ma mère, mais je m’en fiche!

Pour ce que ma maman raconte de moi à des étrangers, je suis bien tranquille.

Tiens, secoue au moins la salade. - Je sais pas.

Vous l’avez toujours eu, le piano mécanique dans la grange?

Mon pauvre mari l’a ramené d’ltalie quand il était jeune.

A pied, si tu veux le savoir. - A pied?

C’est son piano qui le faisait vivre.

En quoi il t’intéresse, ce piano? - Comme ça.

Il me semble que j’ai vu le même, quand j’étais petite, à Arrame.

Il n’est sûrement jamais allé jusque là. Puis, la dernière fois qu’il est sorti,

tu n’étais même pas née.

C’est terrible, ses yeux sur moi! J’arrive à croire qu’elle sait tout.

Qu’est-ce que tu as? - Rien.

Ça va. - Tu saignes, merde!

Mais c’est rien. Arrête cette salopperie!

C’est juste un malaise, ça va passer.

Raconte Ă  personne. - Non, non.

Tu me jures? - Oui.

Qui t’as fait ça?

Qui t’as fait ça? - C’est ta tante. Avec la râpe à fromage.

Pourquoi tu lui a fait ça?

Pourquoi tu lui a fait ça? - Qu’est-ce qu’il raconte?

Dis le, poufiasse, que c’est pas vrai! - Je t’interdis de l’appeler poufiasse!

Doucement, doucement! - Je te parle, à toi? T’es pas content?

Non, je suis pas content. - Qu’est-ce qu’il y a?

Mais si on me laissait parler! J’ai fait une plaisanterie, c’est tout.

Une plaisanterie? - Tu imagines ta tante en train de

me courir après avec une râpe à fromage?

Qu’est-ce qu’elle a dit? - Rien.

C’est vrai, enfin! T’as pas honte? Tu la vois, la pauvre vieille,

en train de faire des choses pareilles. - Oh, et voilĂ !

C’est toujours pareil! - J’ai eu une malaise, cet après-midi.

Je suis tombée. - Une malaise?

Quelle genre de malaise? - Où ça?

Dans la grange. C’est Bou-Bou qui m’a ramassée.

Et ça t’arrive souvent? - Jamais.

Tu passes tes journées ici à te crever les yeux...

sur les magazines et les films de merde. Pas étonnant que tu sois pas bien.

Mon malaise, c’est pas ça.

Je laisse passer une semaine, et puis une autre,

comme je sais faire.

Vous pouvez pas vous reposer un peu? On vous prend vraiment pour une boniche.

Tout l’aprés midi, en attendant Pin-Pon, je traîne.

Je change 3 ou 4 fois de robe, je recolle mes faux ongles,

je les vernis. Ou alors, je pense à l’autre connard.

Je m’arrête et je me trouve comme ça une heure après.

Elle à gagné, ma petite chérie! - Encore, encore!

Quand je me retrouve comme ça, je dis bien une heure après,

il faut que je sorte. J’en ai marre de tout!

Le dimanche matin, Mickey s’en va faire une course.

Et chaque fois, il dit: - Je vais gagner, merde!

Et chaque fois, quand il revient, il dit:

J’ai perdu, merde! - Tu nous vois tout surpris!

Et qui s’occupe de mon matériel?

Quand j’ai emballé le sprint, j’me suis contenté de sucer tout le monde.

C’est le putain de vèlo. Il pèse 10t! Je passe toujours la ligne avant lui!

Elle est oĂą, maman. - Dehors.

C’est pas ton vélo qui se gonfle à la bière et qui fume un paquet par jour!

3 cigarettes! - Et il s’en va pas tout les soirs

faire du bien Ă  Georgette!

Qu’est-ce que tu veux gagner une course, après ça?

Rami!

C’est la plus grande taille, ça? - Regardez l’étiquette.

Je sais pas lire. - 97, 50.

Vous comptez drôlement bien, vous! - Ouais, ça et mon cul,

c’est tout que le Bon Dieu m’a donné.

Qu’est-ce que tu tricottes? - Qu’est-ce que tu crois?

Arrête. Comment tu peux le savoir? - Je suis allée chez le docteur.

C’est encore trop tôt, mais je le sais. - Cherche plus, va.

Pour ça, tu peux la croire. Elle t’a bien eu.

Tais-toi! Personne n’a eu personne. C’est comme ça, c’est tout.

J’en ai marre qu’on chuchote derrière son dos, dans le village.

C’est ma faute, ça va être vite réglé.

Fin de l’épisode. Je persiste et je signe:

Eliane Montecciari.

J’ai du travail pour toi. C’est à Josette, la femme d’Henri IV. Elle me la donne.

Tu vas te marier? C’est vrai?

Oh! J’en étais sûre! J’ai prié à l’église!

C’est du beau. C’est beaucoup d’argent. - Tu me l’arranges très moulante.

Avec plein de dentelles. Plein de chinoiseries.

Vachement Marilyn. - Vachement Marilyn.

Il porte la bonté sur la figure, l’aîné des Montecciari.

Serre! Serre! - Et très sérieux, très travailleur.

Et beau garçon avec ça. - Oui.

Ils sont pas mal, les Ritals. Raconte-moi, comment il était.

Je ne sais pas ce que tu veux dire. - Mais si.

Grand, brun, avec des moustaches noires...

Et puis?

Eh bien. Dis-le moi!

Qu’est-ce que je pourrais te dire encore, mon enfant,

que je ’ne t’ai pas dit 100 fois, quand tu me harcelais de questions?

C’était en novembre 1955, un samedi.

Ils sont arrivés au milieu du jour. Ils étaient 3, dont un ltalien.

Il y avait un embrancement 2 km avant Arrame oĂą on se trompait souvent.

Personne ne venait jamais chez nous.

On s’est trompé de route. C’est encore loin, Arrame?

Là-bas, à la fourche, il faut continuer tout droit le long de la rivière.

C’est un beau lapin que vous avez là.

Vous ĂŞtes bien tranquille ici. Bon, au revoir. Merci.

J’étais seule à la maison. Gabriel, un samedi sur deux,

allait chez sa soeur Clémance. Elle n’a jamais voulu me recevoir.

J’étais très timide, en ce temps-là. Encore plus que maintenant.

Mais pas particulièrement peureuse.

J’avais épuisé toute ma peur pendant les dernières mois de la guerre.

Pourtant, j’ai eu tout le jour une sorte d’angoisse.

Comme si quelque chose en moi savait qu’ils allaient revenir.

Quand ils sont revenus, j’ai pensé: "Non, ce n’est pas vrai."

Mais je savais bien que c’était vrai.

Que c’était ma vie.

Si tu cries, je te casse l’os du nez, toutes tes dents.

Allez. Va.

Je te ramène ton linge.

Tu veux des carottes ou des courgettes?

Ma soeur, c’est une andouille. Elle est bien brave.

Ça fait 30 ans qu’elle crie. Elle sait que je n’entends rien.

La petite au moins, elle crie pas. Elle parle lentement et je comprends tout.

Il était comment, le mari de votre soeur? - Le pauvre Lello?

Susceptible.

Susceptible, mais bon ceur. Un vrai ltalien.

Elle s’entend bien avec Mickey et Bou-Bou. Surtout Bou-Bou.

Le tricot qu’il a mis dimanche dernier, par exemple.

Je suis sûre qu’elle lui en a fait cadeau. Sans rien dire aux autres.

J’ai l’oeil.

Je vais gagner, merde.

Allez, tu viens?

Il n’y a que ma soeur qui soit contre la petite. Elle la trouve pas franche.

Elle lui reproche ses allures délurées.

C’est un vrai faucheton, cette gamine.

La vérité, c’est qu’elle est malheureuse. Sa vie n’a pas dû être drôle.

Mais ça, elle le montre moins facilement que son derrière.

Toi, à son âge, tu étais une pimbêche.

Tu sais comment elle t’appelle? - Oui, je le sais.

"La Sono Cassée". Elle me l’a dit.

Elle t’a demandé qui a ramené le piano ici,

quand Lello l’a mis au clou? - J’entends pas.

Elle t’a demandé qui a ramené le piano, quand Lello l’a mis au clou?

J’entends pas.

Le grand Leballech et son beau-frère.

C’était le samedi où le père Massigne s’est fait écraser par son tracteur.

Tu étais partie à la veille du mort. Tac!

Le grand Leballech et son beau-frère. Voyons.

C’était en 55 ou 56. Non, 55. En novembre.

Ils ont bu et plaisanté comme font les hommes ensemble.

Ici, dans la cuisine. Florimond était gamin.

Et, à cette époque, toujours dans les jambes de son père.

Le grand Leballech, je le connaissais. Il conduisait un camion pour Ferraldo,

comme Michey maintenant. L’autre, je ne’avais jamais vu.

Il ’m’a dit qu’il éttait marié à la soeur de Leballech, du côté de Digne.

Je me faisais du souci pour le petit qui n’allait pas se coucher.

Parce qu’il était tard, plus de minuit. Je me rappelle ce temps-là,

il y a 20 ans. Mais de moins en moins les jours merveilleux d’avant-guere,

quand j’étais avec mon mari. L’été on louait une villa au bord de la mer.

A Sausset-les-Pins. Le jardin était plein de lauriers roses.

On faisait marcher le phono. J’aimais beaucoup les disques.

Je ne me rappelle plus qui chantait ça.

Ah si. Lys Gauty. Je ne rappelle plus la marque du phono.

Il y avait un chien sur l’étiquette. J’ai le nom au bout de la langue.

Dieu du Ciel, j’ai oublié la marque du phono.

Le clébard, c’est la Voix de son Maître!

Tu perds la mémoire, ma vieille. Tu deviens conne.

Tu es bien méchante. Oui.

C’est toi que j’aime le plus, ici. Seulement, tu perds la mémoire.

Tu deviens conne. Leur fais pas voir

que tu perds la mémoire.

Demande-moi.

Je suis pas méchante. Moi aussi, je deviens conne.

Tu comprends?

Cet après-midi-là, elle prend le car.

Elle va chercher son extrait de naissance pour le marriage.

Quand elle revient, je vois bien qu’elle n’est plus la même.

La peinture autour de ses yeux est partie. Elle est triste, pire que ça.

Tu as eu ton extrait de naissance? - Qu’est-ce que ça peut te foutre?

Tu viens te baigner?

Fais-moi voir, sois gentille.

Elle est née le 10 juillet 1956.

Elle aura 20 ans dans quelques jours.

Le nom est Eliane, Manuela, Herta Wieck, elle est née de Paula, Manuela Wieck,

naturalisée Française, et de père inconnu.

Tu portes le nom de ta mère? - Ça vous dérange?

Non. Mais explique-moi. - ll n’y a rien à expliquer.

Ne t’en vas pas. Je suis avec toi.

Je dois attendre 2 jour, 3 jours pour me retrouver seule avec elle.

Quand on est vieille, l’impatience vous fait enrager encore plus.

Il faut que je te parle. Viens près de moi.

Elle va voir son ancienne maîtresse d’école, Mlle Dieu.

Elle prend le car de 3 heures.

Je sais, sans l’entendre, qu’elle me dit:

"Laisse mes tifs! J’ai mis 4 heures pour les arranger."

Je ne te décoiffe pas, va. - D’accord, Hector.

Tu ne me décoiffe pas. Qu’est-ce que tu veux me dire?

Tu veux savoir qui a ramené le piano méchanique, en novembre 1955,

8 mois avant que tu naisses. Je ne suis pas si bĂŞte que tu croies.

J’ai tout mon temps pour réfléchir. Eh bien? Demande-moi.

Demander quoi? Qui a ramené cette sa saleté de piano?

Je m’en fiche. - Tu peux demander à ma sœur.

Elle en sait rien. Elle n’était pas là. Moi, j’étais là.

Il n’y a que moi qui peux te dire.

J’ai rien à vous demander. Je veux épouser Pin-Pon.

C’est tout.

Patata!

Eliane!

Je sais que tu es lĂ .

Il s’appelle Leballech. Il était avec son beau-frère.

Tu m’entends? Leballech.

Il conduisait un camion de Ferraldo, le patron de Mickey.

Dis à Pin-Pon de ’ne pas s’inquiéter. Ce soir, je dîne avec Mlle Dieu,

ma maîtresse de ’école. - D’accord. Je lui dirai.

Il y a quelqu’un qui veut ma tronche dans la gueule?

Voyons. Leballech. Quand il est parti,

c’était pour prendre à son compte une scierie. Sur la route de Coustelet.

Et son beau-frère? - ll s’appelle Touret.

Il a une agence Ă  Carpentras.

C’est votre papa qui vous envoie? - ll peut pas bouger.

Il connaissait Leballech? - C’est drôle parce que...

dans la Sainte-Famille enfin, chez ma future belle-mère,

on le connaissait aussi. C’est lui qui a ramené leur piano mécanique, une fois.

Vous vous souvenez?

Novembre 55?

VoilĂ , samedi 19 novembre 1955. Leballech.

Charpentes pour bonnet, la Fourche. Bois de clĂ´ture pour M. Poncet.

Arrame. Piano mécanique Montecciari, Col de Combes.

Regardez: camion pas rentré la nuit. Avertissement à Leballech.

A Carpentras, on a rassemblé un million de voitures...

pour m’empêcher de passer. J’ai mal à la tête.

C’est l’enfer.

Vous désirez? - M. Touret n’est pas là?

Il est occupé à l’extérieur. Un client. Si je peux vous être utile.

Il ne va pas tarder, d’ailleurs. Je viens de Nice. Je suis institutrice.

Je suis mutée ici. Je cherche un petit studio meublé, quelque chose de pas cher.

J’ai exactement ce qu’il vous faut. Rue de l’Hubac. Au 4ème.

C’est pour un studio, M. Touret.

Très bien, Suzy. Très bien. Mademoiselle...

Je voudrais que ce type soit déjà mort, la bouche ouverte et pleine de cafards.

C’est bien. C’est même très bien. Tout à fait ce qu’il me faut.

Mais 800 francs par mois, comment je vais m’en sortir?

Il faut vendre des kleenex à l’entracte, si on met ma tête dans un film.

Je regrette, M. Touret, je ne peux pas prendre une décision ce soir.

Comme vous voudrez. Vous me téléphonez quand vous serez décidée.

Ça nous donne l’occasion de nous revoir. Pas vrai?

M. Leballech, s’il vous plaît. - Mon père est dans son bureau.

Merci.

Allez-y. Fendez-vous la gueule pendant qu’il est encore temps.

Mademoiselle? - M. Leballech? Excusez-moi.

Je vais peut-être louer un studio à votre beau-frère. Je suis institutrice.

Oui. Et alors?

Je voulais savoir combien vous prendriez pour une bibliothèque.

Enfin, des rayons pour mes livres.

Je ne suis pas menuisier. Je peux vous fournir du bois. C’est tout.

Ah, bon. - Venez. Je vais vous indiquer quelqu’un.

Vous irez lĂ  de ma part. Ils ne vous assassineront pas.

C’est pas sûr que je le prenne, ce studio. J’ai dit à votre beau-frère,

c’est trop cher pour moi. Vous savez combien ça gagne, une institutrice?

Encore moins que ça. - C’est lui, le propriétaire.

Vous discutez. - Je sais bien à quoi ça va mener.

Je suis pas une gourde. En vous regardant, ce bonhomme, il vous tripote.

Je vous embête, à vous parler comme ça. - Vous savez, mon beau-frère,

moins j’en entends parler, mieux je me porte. Je vous raccompagne.

Merci, en tout cas.

Vous avez quel âge? - 20 ans. Je m’appelle Jeanne.

Et vous êtes institutrice? - Venez faire ma bibliothèque,

vous verez bien.

Bon. Au revoir.

J’espère.

Je vais me retourner. S’il est toujours là

et qu’il me regarde, il est cuit. Aussi sûr que je suis vivante,

je lui volerai son âme.

Quand j’arrive, ma maîtresse d’école...

m’attend depuis l’année dernière.

Si un marchand d’oiseaux passe par là, il la met en cage.

Dis donc! On s’est fait rudement belle. - Et pour qui je passe, moi,

à poireauter comme ça sur un trottoir? - Vous vous êtes fait aussi chic pour moi?

Regardez-moi ça. Allez, venez. J’ai faim.

Combien ça gagne, un institutrice? - Je peux quand même payer...

un repas d’anniversaire. - C’est pas ça. Je demande.

Je ressemble Ă  une institutrice, moi? - Non. Tu ressemble Ă  personne.

Vous vous rappelez? Une fois, on m’a fait passer des tests, à Nice.

Une orientatrice de merde a tapé sur une machine de merde

que j’étais insensible, asociale et caractère pervers.

Vous croyez ça, vous? - Non. J’ai écrit à cette femme.

Je ne suis pas insensible. Et vous m’avez fait pire que ça.

Sur mon extrait de naissance, la semaine dernière,

quand vous m’avez collé "père inconnu". C’est pourtant facile,

quand on est maîtresse d’école, maire du village et la seule instruite.

Facile de marquer "Gabriel Devigne". Non? - Non.

Pour moi.

Vous savez ce que vous ĂŞtes? Une conne.

Oui.

Calme-toi.

Tu prends pas ta serviette?

Allons, je fume jamais, sauf pour emmerder le morde.

Il est joli, en tout cas.

Il y a un carton dans la boîte.

Non, ne lis pas. Ne lis pas.

"Pour ĂŞtre un peu ta flamme."

Je trouve ça con comme la vie, bien sûr.

Et en même temps, ça me tue.

Je vous embrasserai bien mieux, tout à l’heure, dans la voiture.

J’adore quand elle pique un fard.

A quoi tu penses. - A vous.

Qu’est-ce que j’ai de si drôle?

On voit votre soutien-gorge sous votre corsage.

Vous l’auriez pas mis, si j’étais venue chez vous.

Mais enfin! - Faites-moi plaisir.

Allez l’enlever aux lavabos.

Tu es folle. Mais il y a des gens...

S’il vous plaît.

Je t’avertis, je le fais.

Ah!

N’empêche que je l’ai fait...

La prochaine fois, c’est votre derrière qu’il faudra montrer.

Je sais ce que je dois à quelqu’un, en bien ou en mal.

Après, je suis quitte. Elle embrasse bien d’ailleurs.

T’es fâché.

J’ai téléphoné à Mlle Dieu, vers 7 heures. Elle n’y était pas.

Elle m’a emmenée dîner au restaurant, pour mon anniversaire.

Elle m’a offert un briquet.

Elle ne s’est pas moquée de toi.

C’est à toi, ça? - C’est le fusil de mon père.

T’es bon chasseur? - Ah, pas aussi bon que lui.

Tu me défendrais avec ton fusil, si on voulait me faire du mal?

Comment ça, te faire du mal?

Je sais pas, moi.

On ne l’entend plus beaucoup, là-haut.

Peut-être qu’il dort toute la journée. Peut-être qu’il ne veut pas me crier après

parce que j’ai 20 ans. Va savoir...

Maman, je voudrais te demander un truc, sans que tu t’énerves.

C’est mon habitude de m’énerver?

Comment il était, lui, quand tu l’as connu, en Allemagne?

Il était perdu, il avait faim. Comme tout le monde.

On fuyait sur la route. Qu’est-ce que tu veux que je te dise?

Je sais pas, moi. Comment il était? - Ça se voyait qu’il était Français.

Il avait l’air d’être puni pour une faute

qu’il n’avait pas commise.

Faut le mettre plus bas, pour que le garçon d’honneur puisse te l’enlever.

Il va s’amuser, Michey. Et ensuite. - Ensuite quoi?

Novembre 55. Le matin où il t’a retrouvée par terre,

en retrant de chez sa pourriture de sœur. Qu’est-ce qu’il a fait?

Je savais que tu allais en revenir là. - Je t’avertis.

Je casse tout dans cette baraque, les vitres, la vaisselle, tout.

Je te l’ai répété 100 fois. - Ça fera 101.

Pourquoi il n’a pas couru chez la police? - C’est moi qui l’ai empêché.

Tu n’avais jamais vu aucun des 3? - Non.

Ce n’était pas des gens d’ici.

Ne fais rien. N’en parle à personne.

Je suis une étrangère. Tout le village se moquerait de toi.

C’est moi qui les retrouverai. Je les tuerais de mes propres mains.

Je savais qu’il ’ne le ferait pas. C’était un homme

qui avait peur de tout. Et avare avec ça.

Avare. - ll m’a toujours tout donné.

C’est vrai. Avec toi, c’était différent. - Fous-moi la paix avec cette robe.

La vérité, c’est que tu ne l’aimait pas. Alors, tout ça lui était égal.

Si ça se trouve, tu te faisais sauter

tous les samedis derrière son dos, par des saloperies de fils de pute.

Je n’ai jamais regardé un autre homme. Demande-lui,

si tu ne me crois pas. Mais tu as raison:

Je ne l’aimais pas assez pour tout lui sacrifier.

Eh ben alors, on cherchera une sage-femme.

Je demanderai Ă  ma soeur. - Non.

Je pense comme le docteur. Peu importe

qui m’a fait cet enfant, c’est le mien.

Si tu préfères, je retournerai dans mon pays.

Ecoute-moi, Gabriel. Même celui qui l’a fait n’en sait rien.

Pour nous, c’est comme s’il était mort. - Mort? Tu crois que je parlerai pareil,

s’il était mort? Ils sont bien vivant tous les 3.

Et ils rigolent encore. Et moi, j’ai rien à dire.

Je suis juste bon à ramasser la merde qu’ils ont laissée.

Alors fais ce que tu veux. Cet enfant, je le reconnaîtrai jamais.

T’aurais dû me laisser où j’étais.

J’avais pas demandé à venir.

Et lui, en fin de compte, il marchait encore.

T’as pas trop chaud, comme ça? - Qu’est-ce que tu veux que je mette?

Et puis, comme toujours, ça me passe.

J’ai juste un peu mal derrière la tête. C’est tout.

Allez, viens, monte sur le dos.

Je sais oĂą il y a de la truite. Je vais en attraper quelques bonnes.

Comment elle dit, Cognata? "Quel beau temps c’était!"

Rien ni personne ne pourra me faire croire que c’est avant.

Je veux que ce soit encore maintenant.

C’est fini. On va te faire de jolies lunettes.

Qu’est-ce que tu en dis?

Mais c’est chic, les lunettes! - Bon.

Alors. Eliane Wieck.

Devigne.

Eliane Devigne.

Non, mais c’est bidon. C’est un truc pour la Sécurité Sociale.

Je t’expliquerai. Parce que c’est à cause de la guerre.

Parce que Maman est Allemande. Mais pour nous, ça change rien.

Qu’est-ce que ça change? Tu comprends?

Les Montecciari! Les Leballech!

Les Touret!

Quand j’aurai fini avec eux, j’irai à mon papa, je lui dirai:

"lls sont morts tous les 3, maintenant. Je suis guérie et toi aussi."

Il ne faut pas que je reste ici. Surtout pas.

Je te jure, c’est pratique, ces godasses! Merde.

Il était toujours mon papa, il ne m’a rien fait.

C’est moi qui voyait le mal partout.

Tu risques de t’arracher une main avec ça.

Elle était grosse, celle-là. - Allez, descends. Ça suffit.

Mais tu sais que tu te fais belle de partout. On en mangerait.

Ben, quoi. Mais enfin!

Laisse-moi. - Mais qu’est-ce qui te prend?

Mais putain de merde! Ecoute-moi.

La preuve qu’il ne voyait toujours comme sa fille,

c’est qu’il n’a rien dit contre moi. Il était tombé en élaguant des arbres.

Point final. Et mĂŞme si le docteur ne le croyait pas,

on n’a pas pu lui tirer autre chose. Alors?

Je t’avais en point de mire. J’ai mis 3 virages pour te rattraper.

Je cours à Manosque demain. Tu vas voir que j’arrive

quand ils sont tous partis se coucher. Ou alors, faut me mettre un moteur.

T’as fait beaucoup de kilomètres? - Pour mes frères: 100.

La vérité, j’en ai fait 50. J’ai bu 3 canettes.

Qu’est-ce que tu veux? C’est comme ça.

T’aurais pas une cigarette?

Tu sais ce qu’il dit, Pin Pon? Je suis con comme un verre à dents.

Vous ĂŞtes tous pareils dans la famille.

Un verre Ă  dents de christal!

A quoi tu penses? - ll y a une course que je peux me faire.

Je le sens. - Où ça?

A Carpentras, à la fin de juillet, la semaine après ton mariage.

A Carpentras? - Ouais, 18 fois le tour de la ville.

Avec une prime à chaque passage. - Qu’est-ce que tu reçois si tu gagnes?

Un bout de métal avec mon nom marqué dessus.

Et un vélo de merde que Pin-Pon fourguera pour 50 sacs.

J’aimerais bien que tu gagnes.

VoilĂ . On reste comme des pots de fleurs, sans dire un mot,

pendant le reste de notre vie. Et moi, je pense Ă  Pin-Pon et sa famille,

et il me prend un terrible cafard.

Ça rend triste, hein, le soleil qui se couche.

Oui.

Regardez ce qui vient, derriére!

Forza ltalia! - E viva la liberta!

Oh, allez, un triple ban!

1, 2, 3, 4, 5!

1, 2, 3, 4, 5!

Allez! Oh!

Le garçon d’honneur, là.

Y a plus de garçon d’honneur?

Allez, hop, hop, hop.

Tu te rends compte?

Je croyais que c’était pas viril d’embrasser son frére!

Oh! C’est une journée formidable!

Ouais, le soleil, la musique, les rires des gens,

parce que Henri IV. faisait le clown, le vin de notre vigne,

tout ètait bien. A un moment, je me suis mis à rire tout seul.

J’ai pensé: Ben voilà, c’est mon mariage.

Je suis marié! Les choses autour de moi, n’étaient pas tout à fait réelles.

Ce n’ètait pas vraiment notre cour, celle que j’avais toujours connue.

Je vais t’en chercher un autre, hein.

C’est juste après, autant que je m’en souvienne,

que j’ai commencé à chercher Elle, et que personne ne savait où elle était.

Dis, t’as pas vue Elle? - Dans la maison, il y a 5 minutes.

Ah, bon. Je l’ai pas vue.

Kurios, nicht? Eh oui, j’ai déjà perdu ma femme!

Eliane?

Mickey! Tu es là? - Non, n’entrez pas!

Mickey est en train de perdre sa prochaine course avec Georgette!

Vous n’avez pas vue votre fille? - Elle n’était pas avec vous?

Il y a quelque chose qui ne vas pas?

C’est Elaine que vous cherchez? - Vous l’avez vue?

Dès qu’on m’avait présenté la maîtresse d’école,

j’avais senti que je ne l’aimerais pas. Expliquer pourqoui, ne servirait à rien.

C’est ma bêtise autant que la sienne

qui est la cause de tout.

C’est un mariage ou un enterement? Allez, bois, bonhomme!

Tu as le temps de la regretter, ta vie de garçon!

Et la mariée, où elle est? - Un coup de fatigue. Elle se repose.

Plus tard, j’ai dansé. Je me forçais à rire avec tout le monde.

A 7 heures, Elle n’etait pas revenue. Avec Mickey, on a pris la DS d’Henri IV,

pour aller voir au village.

Dis, Brochard, tu aurais pas vu Elle? - Ce matin, à la sortie de l’église.

Sans te flatter, hein, vous aviez bel air tous les deux.

Bon. Allons voir chez sa mère. - Elle est chez nous, sa mère.

On avait trouvé une garde-malade pour le père Devigne: Mlle Tusseau.

Vous savez, j’ai une réputation irréprochable!

D’accord. Qu’est-ce qui s’est passé? - Elle voulait voir son pére.

Lui, il ne voulait pas la voir! Il criait comme un fou, lĂ -haut!

Mais elle est montée quand même. Une furie!

Merde! Mais lâchez-moi! - Je ne veux pas que tu me regardes!

S’il te plaît. S’il te plaît. - J’ai rien fait de mal!

J’ai pensé à rien de mal! - Mais tu vas me lâcher, vieille pute!

Je ne sais plus combien de temps ils sont restés comme ça.

Va-t-en, Eliane. Va-t-en chercher ta mére.

Je veux ta mére.

Tu verras,

nous serons bientĂ´t tous les deux comme avant.

J’en suis sûre.

Ce que racontent les bonnes femmes, il faut en prendre et en laisser.

Elles exagèrent toujours. - Oui. Bien sûr.

Il est sûrement gaga, le pauvre vieux. Tous les jours enfermé dans sa chambre!

Oui. Bien sûr. - C’est bien simple. Quand elle est venue

vivre avec toi sans être mariée, son pére, il a décidé de plus la revoir.

Ouais, ouais. Bien sûr. - Tu aurais pas autre chose à repondre?

Pour changer un peu?

Dis! Tu la gagnes, ta course Ă  Carpentras, ou tu la perds?

A mon avis, elle doit se cacher dans un coin,

pour voir personne, comme une mĂ´me.

On va aller voir si elle est rentrée.

Ne vous mettez pas en colère.

Je vous jure que ce n’est pas sa faute. Ce n’est pas sa faute.

J’avais la gorge douloureuse, comme autrefois, quand j’étais gosse,

que je voulais pas avoir l’air du cow-boy qui chiale.

On va quand mĂŞme manger un morceau!

Je voulais rentrer quand tu serais seul.

Je pensais que la société était partie.

Bon, on t’appellera plus Elaine, mais Désirée.

Je vous emmerde tous!

Qu’est-ce que tu lui as dit?

Que j’ai envie de ma nuit de noces, que je peux plus me tenir,

et que tout le reste, c’est des conneries.

Elle était trop libre, trop animale. Et plus je lui poserai des questions,

plus je deviendrai pour elle emmerdant. Et Pin-Pon, et bĂŞte. Un mari!

Ho, tu joues? Il est prenable lĂ , hein.

Viens lĂ , directement.

J’avais raison, en un sens. On s’est mariés le 17 juillet.

Je l’ai perdue le 26. Notre mariage a duré exactement 9 jours.

Rien ne s’est passé comme je l’imaginais. D’abord, il y a eu ce mercredi...

Elle n’a pas dit où elle allait? - Non.

Tu ne lui as pas demandé? - Si.

Qu’est-ce que’elle a répondu? - Elle a quand même le droit de bouger!

Elle prend sûrement son bain de soleil. - Non. Elle avait sa robe rouge,

et juste son petit sac.

Et toi, tu sais rien? Tu as peur qu’on te vole ton assiette?

Tu vas finir par t’étouffer un de ces jours!

Tu retournes déjà au garage?

Tu me mets ces deux-lĂ  lĂ -haut avec les autres.

Qu’est-ce qu ’ils vont penser? - lls penseront ce qu’ils veulent.

Vous n’êtes pas institutrice, non? - Non.

Qu’est-ce que vous faites? - Rien.

Pourquoi vous êtes venues à Carpentras? - Comme ça.

Ici ou ailleurs...

Mais je suis bien contente d’être ici.

Cette fois, il se décide, le macaque!

Il me fourre sa langue dans la bouche, et la seule idée qui me retienne de vomir,

c’est que je les tuerai l’un et l’autre, comme je me le suis promis.

Mais c’est pas mes états d’âme qui l’interéssent, le salaud!

Pas ici.

Vous allez prendre le studio, finalement? - Je n’y ai même plus pensée.

Si vous voulez, je le prendrai.

C’est pas la peine. - Mais si, c’est rien du tout.

Bon. Je vais passer à l’agence.

Alors, on se retrouve se soir. - Ce soir, je peux pas.

Quand? - J’ai des choses à arranger à Nice.

Mais je vous téléphonerai dès que je reviens.

Je vous promets.

Soyez chic!

J’en crève, moi aussi. Appelez un taxi.

Ensuite, je cavale.

Je fais 10.000 magasins, pour me déguiser en Marie-couche-toi-là.

Entrez! Faut pas qu’on vous voie!

Moi, je comprends rien! Qu’est-ce que c’est que cet endroit?

Il faut pas qu’on vous trouve ici. - Mais tu m’as demandé de venir!

Chut! Parlez moins fort.

Ecoutez-moi, Calamité. Il y a certaines choses...

que je peux dire qu’à vous. Je peux même pas les dire à ma mére.

Je peux mĂŞme pas les dire Ă  Pin-Pon!

Jurez-moi que vous répéterez rien! A personne! Jurez-le!

Je le jure. Mais qu’est-ce que... - Ecoutez-moi.

L’été dernier, quand on habitait encore Arrame,

j’allais dans une clairière en haut des collines pour brunir.

Une fois, j’étais toute seule et 2 types m’ont...

Enfin, y m’ont attrapée. J’ai pas osé aller me plaidre.

J’avais peur. 2 jours après, ils sont venues rôder autour de la maison.

J’avais encore plus peur. Alors, je retournais les rejoindre dans le bois.

De toi-mĂŞme? - Mais vous savez...

à quel genre de salauds j’avais affaire? Ils ont dit qu’ils me casseraient le nez,

toutes mes dents! Qu’ils feraient pareil à ma mère!

J’espérais qu’une fois mariée, ils me laisseraient tranquille.

Mais ils se sont amenés au village, le jour du mariage!

Ils m’ont obligée à... Mais vous voyez bien

pourquoi ils m’ont fourni ce studio, non?

Pour recevoir des hommes! Pour faire la putain! VoilĂ !

Non!

Ensuite, elle n’arrête plus de pleurer. C’est un miracle si on ne se noie pas.

S’il arrivait n’importe quoi, il faut que Pin-Pon voie ça.

C’est leur nom et leur adresse à tous les deux.

Les clefs du studio resteront toujours dans la boîte aux lettres.

Ah, non! Pas vous!

La seule personne qui doit savoir, c’est Pin-Pon.

Que ça vous reste là.

Si un jour, vous deviez lui raconter tout ça,

dites-lui bien que ce qui m’a fait le plus de mal,

c’est ce qu’ils m’ont obligée à faire l’après-midi de mon mariage.

Si tu te tortures, t’as pas fini! - Qu’est-ce que tu veux dire?

Ne me parle pas sur ce ton!

Demande-lui, maintenant, la layette qu’elle tricotait. Demande-lui!

Le jour oĂą tu me frappes, tu me voies plus!

D’où tu viens? - Je m’en fiche que tu me frappes!

J’ai perdu un talon, je boite.

Je suis allée en ville, voir les magasins.

J’ai manqué le dernier car. Tu penses! - T’as rien acheté?

J’ai besoin de rien, c’était juste pour faire un tour.

Entre ta mère et ta tante, je rigole trop, j’attrape des rides.

Boutonne-toi. J’en ai marre que tout le monde voie ton cul!

Allez viens, on rentre. - J’en ai ma claque aussi de cette robe.

Mange un peu. Je finis par croire que c’est ma cuisine que ne te plaît pas.

Vous avez gagné un porte-clefs. J’aime mieux celle de ma mère.

Quand on attend un bébé, il faut manger, pourtant.

Au fait, on ne te voit plus beaucoup tricoter.

T’as perdu ta langue? - J’ai pris 2 kilos

depuis que je suis ici. Tout dans le derrière!

Ce qui m’a énervé le plus, c’est son air de me prendre

pour ce que j’étais: un con.

Tiens. Ta mère en fera des chiffons pour cirer les chaussures.

C’était une invention, ce bébé?

Je te parles!

Oui, tu me parles.

C’était une invention? Dis-le!

Je ne sais plus ce que je lui disais. De me répondre,

c’est peut-être tout. Ou que c’était une salope!

Qu’elle n’avait pas besoin d’inventer une histoire pareille pour qu’on se marie.

Salope. T’es dégueulasse. - Là, là. C’est fini.

C’est fini! Calme-toi.

Calme-toi.

Toi, qui étais le plus calme, le plus gentil.

Je te reconnais plus. Tu l’as frappée n’importe où!

Il savait plus ce qu’il fiasait. - Ben justement!

Cette-nuit-lĂ , on est venu me chercher

pour un incendie de forêt. C’était la premiere fois

que j’étais soulagé d’avoir à quitter la maison.

Je ne suis rentré que le surlendemain dans l’après-midi.

Allez, salut,hein.

C’est pas demain que tu pourras me prendre pour partenaire! Je reste toujours à 0!

Fais gaffe, ça fait drôlement mal. - Alors, comment ça s’est passé?

Ça brûle toujours. On est battu, là. - lls nous ont montré, à la télé.

Putain! - Je prends une douche et je vais dormir.

Ça m’est égal que tu aies un bébé maintenant ou plus tard.

C’est le mensonge que je peux pas supporter.

J’ai l’impression de plus en plus que tu me caches des choses.

Ça me rend dingue. - Si je te cache quelque chose,

ce n’est pas du tout ce que tu crois.

Je t’aime. J’ai peut-être l’air comme ça,

mais tu pourrais t’en aller à tes incendies jusqu’à nos noces d’or,

j’irai jamais avec quelqu’un d’autre! - Qu’est-ce que tu me caches, alors?

Si je dois le dire, c’est à toi que je le dirai.

Je le jure!

3ème tour! En tête, Arabédian, Majorque, Tarrazzi,

Montecciari! Attention, messieurs!

Montecciari! Monteciarri!

A partir du 6ème tour, Mickey a gagné tous les sprints.

Il déboulait chaque fois derrière Tarrazzi qui va vite.

Il le remontait dans les derniers mètres, comme un chat.

Aujourd’hui on va gagner! - Je veux!

Et puis Mickey s’est fait lâcher dans une côte un peu raide.

Il y avait beaucoup de bousculade et j’ai perdu Elle dans la foule.

Pousse-toi! Voilà, maintenant, on s’explique!

Qu’est-ce que tu cherches au juste? - Moi?

J’ai rencontré mon ancien patron, Ferraldo!

Et alors? - Tu es la fille Devigne, d’Arrame!

Tu t’es mariée avec un Montecciari! - Je me marie avec qui je veux!

Il ne s’agit pas de ça! Je ne sais pas ce qui s’est passé chez tes parents,

le jour du piano mécanique. C’est qu’on n’y était pas!

C’est pas vous qui avez ramené le piano chez les Montecciari?

Si! - Je comprends pas! Laissez-moi partir!

Oh, non! Tu vas m’écouter jusqu’au bout! Ce ne sera pas long.

Novembre 55, j’ai acheté ma scierie. Tu pourras vérifier.

Ce jour-lĂ , je la visitais avec Touret, signer les traites.

J’ai rien dit à mon patron et j’ai confié mon camion à 2 copains.

Ils devaient me ramener le camion le soir. Mais il était 11 h quand ils revenaient.

Vous savez l’heure qu’il est? Enculés! Alors!

On s’est embourbés dans le col. - Celui-là, c’était Pamier.

L’année d’après, il s’est installé transporteur à Avignon.

L’autre, c’était Fiero, un ltalien. Il a pris un bar en gérance à Marseille.

Celui-là, je le connaissais juste de vue. Un voyou, on l’appelait Rostollan.

Non mais, dis donc!

Allez, cassez-vous, nom de Dieu! Allez!

P’tits cons!

Non, mais tu te rends compte! Le piano ils l’ont même pas livré!

Allez viens, on va le ramener. - Oh, merde!

Et c’est ce qu’on a fait! Tu ne me crois pas?

Je suis peut-être pas une institutrice, mais ça veut pas dire que ma tête...

me sert uniquement à mettre un chapeau! - Pourquoi je te raconterais tout ça?

Justement. Comment vous savez que le camion est allé chez mes parents?

Il devait rien livrer chez eux! - Parce que c’est pas la 1ère fois

qu’on vient m’emmerder avec cette histoire!

Il y a 10 ans, ton père est venu chez moi! Et je lui ai dit la même chose!

Qui? - Ton père! Gabriel Devigne!

Le garde!

Demande-lui!

Je vous crois pas! Pourriture! Salaud!

J’ai cherché Elle longtemps. Et quand je l’ai vue, enfin,

elle ètait comme une somnambule.

Oui, une somnambule. C’est la première pensée qui m’est venue.

Eliane! Eliane!

Eh ben! Mais qu’est-ce qui t’arrive?

LĂ , reste tranquille. Bouge pas.

J’osais plus parler, ni rien faire.

Je la sentais inerte et loin de tout. J’ai même pas entendu les haut-parleurs

qui criaient le nom du gagnant. - Montecciari! Montecciari!

Non, laisse-moi!

C’est sûrement une insolation. Ou alors, c’est le repas de midi.

Qu’est-ce qu’elle a encore? Paula! Monte tout de suite!

Oh la ferme, vous, là-haut! C’est vrai, quoi, on s’entend plus!

Allez, viens, restons pas lĂ . - Eliane. Parle-moi.

Je t’en prie, parle-moi. - Votre frère a raison.

Laissez-lĂ  ici, cette nuit.

Enfin, voilà comment les choses se sont passées, à peu près.

Qui peut dire comment les choses se passent?

Chacun n’en voit qu’une partie.

Ça ne va pas? - Si

Je serai lĂ  pour midi. Bois ton chocolat.

J’ai pas envie.

C’est terrible. On ne te voit jamais les ronger.

Je suis pas idiote.

Va faire tes ménages, va!

C’est pas la peine que tu montes! J’ouvrirai pas!

Je t’en prie, ouvre-moi.

Non.

Il faut que je te parle!

Tu as mal?

Mais, mais laisse-moi entrer!

Pour me dire quoi?

C’est vrai que tu connais Leballech?

Leballech?

Tu n’arriveras pas à ouvrir. Allez, va-t-en!

Non, arrĂŞte, arrĂŞte!

Leballech n’y est pour rien! Arrête.

Alors, c’est vrai?

Tu l’as vu?

Hein!

Je vais chercher une hache!

Eliane!

Oui, oui, j’ai vu Leballech!

Et Touret aussi! - Quand?

Tu avais 9 ans, quand j’ai repéré le piano.

Ils t’ont menti à toi aussi. - Non.

J’avais déjà eu affaire à Leballech

avant qu’on attaque ta mère.

Elle l’aurait reconnu.

Mais qu’est-ce que tu cherches, qu’est-ce que tu cherches, toi?

A savoir lequel des 3 salauds était ton père?

Mais c’est toi, mon père!

Mais c’est toi, mon père!

Pourquoi tu dis ça?

Tu savais où ils étaient

et qui ils étaient.

Pourquoi tu l’as pas dit?

Pourquoi? Pourquoi?

Pour qu’on me coupe la tête?

Eliane? Viens plus près.

Tu te rappelles, le samedi, quand j’allais...

chez ma sœur Clémence, à Puget? Ce n’était pas chez elle que j’allais.

Je rentrerai sûrement par le car de 7 heures!

Fiero, c’était en juillet, à Marseille.

C’est fermé! - Juste un cognac.

Non, non, c’est trop tard. Va bene!

Pamier, c’était 3 semaines plus tard, à Avignon.

Y a quelqu’un?

Rostollan, c’était en septembre, à Marseille encore.

C’est vous, mon client?

Ben dites, vous me faites venir dans un drôle d’endroit, vous? Alors, où on va?

Tu peux tout dire aux gendarmes, maintenant,

tout m’est égal,

je suis plus rien.

Mais c’est pour toi que je l’ai fait. Pour toi, j’aurais fait n’importe quoi.

Eliane? - Oui.

Au cellier, dans la doublure...

de mon blouson. Va voir.

Oui.

Va voir.

J’ai toujours pensé que s’ils ètaient morts,

tout redeviendrait comme avant.

Il y a longtemps qu’ils sont morts. Et tout s’est cassé quand même.

Il paraît que tu as été malade hier, ça va mieux?

Tu veux pas entrer un moment?

Ben! OĂą tu vas?

Mais qu’est-ce que je faisais, il y a un instant?

Et ce matin? Et hier?

C’est encore un de ces vilains rêves sûrement.

Je sais bien quand je suis moi, et que c’est maintenant.

Je suis pas bĂŞte.

Encore Pin Pon qui cherche sa femme!

Tu l’as pas vue de la journée? - Ben, non.

Tu sais pas si elle a pris le car? - Ben, non!

Tu te marres, de me voir comme ça? -Pin Pon, personne n’a envie de se marrer.

M’appelle plus Pin Pon! Peut-être que tu te vantes

d’avoir eu ma femme avant moi? - Celui des 2 qui a piqué.

Mais ça va pas, non! - T’es complètement con, non?

ArrĂŞte! -Mais arrĂŞtes-le!

Il a 2 dents cassées! Appelle la police! Mais non! Il sait plus ce qu’il fait.

Pin Pon, va au garage. On l’a retrouvée.

Dans un hĂ´pital Ă  Carpentras.

Sa maîtresse d’école est au téléphone. - ll a cassé 2 dents à Georges!

Comme ça, il fermera sa grande gueule!

Je ne veux pas vous parler au téléphone! Je veux vous voir! Vous ne savez pas

ce que ces bandits ont fait d’elle! - Mais qui? Expliquez-vous!

Vous ne pourrez pas la voir avant demain, on la fait dormir.

Merde! Mais dites-moi ce qu’elle a! - Elle ne sait même plus qui elle est.

Elle dit qu’elle s’appelle Eliane Devigne, qu’elle habite Arrame et qu’elle a 9 ans!

Voilà ce qu’elle a! - Attendez. Je vais venir tout de suite.

Viens te changer, avant. - Pour quoi faire? Je vais prendre la DS.

Qu’est-ce que vous allez faire maintenant?

Une visite pour toi, Eliane.

Ce Monsieur te connaît, il connaît ton papa.

Regarde les jolies fleurs qu’il t’a apportées.

Merci, Monsieur.

Si tu veux quelque chose, demande-le-moi. Je te l’apporterai.

Je voudrais mon cœur en argent, je voudrais mes lunettes.

Et puis je voudrais...

Quoi? Qu’est-ce que tu voudrais?

Monsieur est un grand ami. Il va amener ici ton papa,

en voiture. Dans pas longtemps.

Ah oui!

Oh ça je voudrais bien!

Oui.

Oh! Ça serait quelque chose.

Venez. Il faut partir.

Au revoir, Eliane.

Allons, je vous avais prévenu. Soyez raisonnable.

Elle va pas rester comme ça tout le temps?

C’est pas possible. - Elle a vingt ans.

C’est son meilleur atout.

Votre femme était mentalement perturbée depuis longtemps.

Des années sans doute. Une névrose, construite étage par étage!

Et cette névrose, à la suite de chocs affectifs insupportables...

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.