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Original subtitles

Nos pires craintes se réalisent.

Les parois de notre réalité vibrent.

Notre univers est en danger.

Jamais dans l'Histoire il y a eu autant de tromperies.

- De faussetés.

- De manipulations.

- Nous sommes sur le point de basculer.

- Yo... C'est freakant ça... - Que pouvons-nous faire ?

- Présentement, je sens une trop grande concentration de mensonges au même endroit.

- Là réside le vrai danger.

- Nous devons aider "Celui-qui-ment-à-tout-vent".

- Et le guider vers sa première vérité.

- A'right... Cool...

- Il est où "Celui-qui-ment-à-tout-vent"?

- Easy ! Il est à Washington.

- Moscou ?

- Pékin ?

- Vatican ?

- Il est où, alors ? - Montréal.

- Montréal ? - Montréal.

Oui, à Montréal.

- Nous devons agir rapidement.

Chacun de ses mensonges est un coup

qui porte atteinte à notre univers.

- On les entend déjà, les coups...

- La cristallisation de ses fabulations est imminente.

- Nous devons méditer pour aider "Celui-qui-ment-à-tout-vent".

- Et le guider vers sa première vérité ?

- Le sort de l'univers est entre nos mains.

- Oui, Aubert, Simon. - Aubert, oui.

Écoutez, madame, là, c'est parce que j'ai les 2 pieds dans l'eau,

j'ai le plombier qui s'en vient

pis je n'ai presque plus de batteries.

Je peux pas vous en parler maintenant,

mais comptez sur moi, je m'en occupe.

Je m'en occupe. Merci !

Oui, je vais pouvoir te répondre demain.

Je rentre dans le tunnel, ça va couper.

La rencontre d'information pour donner un rein,

ç'a duré plus longtemps que prévu, je m'excuse.

Non, mercredi, ça sera pas possible.

Le mercredi, je fais de l'aide aux devoirs avec des migrants.

Oui, oui, oui. Ben, c'est une façon de redonner.

Commence sans moi, ça se peut que je sois en retard,

c'est bumper à bumper depuis une demi-heure.

Je l'aurais terminé, le dossier,

mais le gars de l'Hydro est arrivé en retard.

Hé, non, mardi, je peux pas, là.

Le mardi, je lave des personnes âgées.

Oui, non, j'irais, mais je suis pogné chez nous,

le gars du câble est encore dans le poteau.

Je te le jure !

Non, écoute, l'ascenseur est encore coincé.

Non ! Non, ton chien, il est pas mort.

Il s'est fait enlever par les extraterrestres, ça arrive.

Je t'ai pas oublié, je m'en occupe.

C'est beau, tes cheveux !

Hé, 2 Ontariennes dans un lave-auto.

Ç'a duré 3 heures, quand on a eu fini, c'était brûlé.

Tu sais, moi aussi, je suis complètement vegan.

Oui, je suis crudivore extrême, comme toi. Oui, ben oui !

Je te jure, Sarah-Maude, qu'elle pas à moi, la viande.

C'est à un collègue que j'héberge, je lui ai dit :

"La prochaine fois que t'achètes du bacon,

je ne peux plus t'aider."

Nous, ce qu'on fait,

c'est qu'on prend la fourrure, et on la remet sur des animaux.

Mon frère, c'est ridicule ! Il a un karma de marde !

J'en parle pas beaucoup,

mais la... la blonde de mon frère est amoureuse de moi, oui.

Le jazz coule dans mes veines. Tu diras : "T'exa..."

C'est tout le jazz.

Mais le jazz, c'est le jazz.

Non, arrête ça, tu peux compter sur moi.

Oui, je m'en occupe. Je m'en occupe.

Je m'en occupe !

Je... m'en... occupe.

Est-ce que je t'ai dit que j'ai joué dans Watatatow ? Saison 2?

Martine, c'est beau, tes cheveux !

Faudrait que tu me donnes les coordonnées

du traducteur russe pour demain.

- C'est toi qui devais contacter le traducteur.

- Je pense pas, non.

- C'est ça que t'as dit.

Il y a 3 semaines, tu m'as dit

que t'en avais rencontré un, traducteur,

quand t'avais fait l'adaptation de Guerre et paix

dans un théâtre itinérant.

- Je suis v.-p. aux relations d'affaires.

J'ai pas à trouver un traducteur.

Dois-je aussi trouver

le chauffeur d'autobus qui va conduire les Russes ?

Dois-je aussi trouver le DJ pour le prochain party de bureau ?

Oui. T'as dit que ton cousin,

c'était un des 2 gars de Daft Punk.

- Excuse-moi, Martine,

j'ai... j'en ai beaucoup, là, sur les bras ces temps-ci.

Tu sais que... Tu sais que France Gauthier

se saoule pendant les meetings ?

- Ben non !

- Oui. Avant-hier, dans un appel conférence avec les Russes.

- Ben non !

- Oui, elle criait "shooters",

pis elle a eu les nausées.

- C'est pas vrai, j'étais là.

- Ouais, mais tu dormais.

- Hé, j'ai jamais dormi pendant une réunion !

- Oh non ! Non, non, non, non, non. Non. Non, Martine, non.

On commencera pas à se crier après, OK ?

Je ne veux plus que tu me cries après.

Tu le sais, les cris, je suis pas capable de prendre ça.

- Ah ouais, son enfance...

- Oui, mon enfance ! Oui, mon enfance, Robin ! Oui ! Ouais.

Bon, OK ? Oui. Moi, je veux juste porter attention à France. OK ?

Je veux juste qu'on soit là pour elle.

- Simon, on est chanceux d'avoir une traductrice en ce moment,

parce que Martine était rendue en bas de la liste,

après, c'était Google Translate.

- France, j'ai fait affaire avec l'ambassade russe.

Mon contact m'a lâché.

Je pensais qu'ils étaient fiables.

C'est le décalage. C'est beau, tes cheveux.

- Non. Mes cheveux sont pas beaux. Mes cheveux sont gras.

Ils sont gras, car j'ai pas eu le temps de les laver.

Pour être franche, ça fait 2 jours que je les ai pas lavés,

car je suis dans le jus par-dessus la tête

parce que les Russes arrivent.

- Je les trouve beaux, moi, tes cheveux !

- Ai-je le droit ? - Tais-toi.

- J'aime les cheveux lisses. - Hum, hum. Tais-toi.

- Si j'avais les cheveux longs, j'aurais les mêmes.

- Arrête de parler.

Va-t'en.

Es-tu arrivé ? Ça se passe comment ?

- Oui, France, je suis là, là.

L'ambiance est assez explosive. Écoute, ça brasse.

Les manifestants sont déchaînés.

C'est... Inquiète-toi pas, je vais les calmer, moi.

- Ils ont pas raison de se plaindre avec leurs packages.

- Faut le comprendre, quand même, là, tu sais.

C'est pas facile pour eux, un an sans salaire.

- Virginie est là, tu te rappelles d'elle ? - Virginie ?

- Elle prend sa pause.

C'est la femme de mon jumeau, Phil.

Elle me fait un beau bonjour.

Bonjour !

- Là, Simon, c'est pas le temps de "bullshiter".

Il faut que le syndicat se calme.

- Fais-toi-z-en pas, France ! - Je m'en occupe !

Phil, ton frère vient d'arriver.

- Ça va, Sandra ? - C'est beau, tes cheveux !

- T'avais dit 10h00. - Je sais, mais écoute...

- Ton char est au garage ? - Non, c'est parce que...

- T'as pogné un ticket.

- C'est pas ça, mon assistante...

s'est endormie !

- Bon, j'ai parlé à mes chefs de département,

j'ai calmé tout le monde.

T'as qu'à répéter le communiqué de la PDG.

Le deal avec les Russes...

est pratiquement signé.

- Inquiète-toi pas. - Garde ça au minimum.

- Tu me connais. - Justement, je te connais.

- On va souper à soir ? - Mets-en ! De toute ma vie...

- Simon ! Minimum !

- Vous savez, le contrat pour la construction

des avions A-38 pour la flotte d'Aéroskaya,

c'est une grosse commande,

et pis faut pas l'échapper.

Quand la délégation russe et pis le premier ministre

vont visiter l'usine, l'important,

c'est que tout soit en ordre, que personne manifeste,

qu'on montre qu'Avionech

est une compagnie sérieuse, séduisante, même.

Les Russes... Les Russes ont une grande tradition ouvrière

Et il est important de montrer qu'Avionech

est une compagnie qui met ses travailleurs en premier,

une compagnie qui ne recherche pas le profit à tout prix,

une compagnie qui priorise le bien-être de ses employés

avant celui de ses actionnaires.

- Simon Aubert, mesdames et messieurs,

le Mozart de la bullshit.

- Non, écris pas ça.

- Oui, Sandra, écris chaque osti de mot.

C'est important qu'il soit noté, OK ?

J'ai 2 enfants qui vont à l'école.

J'ai une maison qui est pas proche d'être payée.

Je m'occupe de mon père malade, j'ai 45 ans.

Si l'usine ferme...

Notre usine a rapporté des millions en profit

pendant 30 ans... 30 ans !

Quand il y a un ralentissement,

ils mettent du monde dans la rue,

pis là, ils parlent de fermer la place

si on n'arrive pas à avoir ce contrat-là ?

Over my dead body !

- Inquiète-toi pas, Dominic.

On va les avoir, les Russes, je m'en occupe.

- Hé ! Fuck you, Simon !

- Je reçois, mais encore une fois, je m'en occupe.

- Hé ! Salut, Simon !

- Salut, Paul !

- Ça va ? - Oui.

- Pis... Pis, le travail ?

- On est dans le jus au bureau.

Ç'a pas de bon sens, c'est l'enfer !

Mais que veux-tu ? On va s'en sortir.

- Ah ben, profites-en, parce que quand on est au chômage,

les journées sont ben longues.

Ben, comme tes parents.

Depuis qu'ils ont fermé leur foyer, là, moi, ça me...

- Excuse, excuse-moi, Paul, faut absolument que je le prenne.

Désolé !

Oui ? Oui.

- T'amènes le beau temps, on est tellement content de te voir !

- Oui, enfin, t'es là ! - Comment ça va, mon gars ?

- Numéro un. - On est inquiet pour toi.

- Tu travailles beaucoup. - T'as l'air stressé.

- Ben, ça va très bien.

- C'est ça qui est important.

- Quand je fais de l'insomnie,

je me dis : "Simon va bien !"

- Oui ! Merci, la vie !

- Comment a été ta rencontre ? - Ah, c'était super.

- Si l'usine ferme, la moitié du village perd sa job.

- L'autre moitié est sur le BS.

- Ben là, faut pas... - Ça m'empêche de dormir !

- Ses jambes bougent la nuit, sa mâchoire fait du bruit.

- T'es sûr que ça va bien ? - Oui, c'est certain...

- Tu nous dis pas ça pour nous rassurer, là ?

- Non. - On est inquiets pour toi.

- Il y a des affaires dans ta tête.

- Mais le monde t'aime. - Ah oui, beaucoup, beaucoup.

- As-tu vu ton frère ? - Oui, à l'usine.

- S'il fallait qu'il perde sa job !

- Il serait obligé de vendre sa maison.

Ça aide pas à ma mâchoire, tout ce stress-là.

- C'est comme nous, là. - On s'occupait des aînés.

- Là, c'est nous, les aînés. - Qui aurait pu prévoir ça ?

- C'est ça, la vie !

- Là, je pense à vendre la bâtisse.

- Avec tellement d'inconnus !

- Ouais, ben, on n'est pas encore certains...

- Est-ce que je vous ai dit que j'ai entrepris des procédures pour adopter ?

- Un enfant ?

- Ouais. Je suis rendu là.

- Mais c'est extraordinaire !

Tu nous as jamais dit ça ! As-tu entendu ça, Claire ?

- De quel continent ? - D'Afrique ? D'Asie ?

- Faut que j'y aille, merci, c'est vraiment gentil !

Ils vont m'attendre au bureau. Il faut que je parte vite.

Mais, en tout cas, c'était le fun, à bientôt !

- Ben voyons ! Claire, on va être grands-parents !

- Ben non, Georges ! - On sera pas grands-parents !

- Ah, je sais, je sais. Je me fais prendre à chaque fois.

Donc, la délégation russe arrive demain.

Il va y avoir une rencontre avec le ministre de l'Industrie.

Et la visite de l'usine est prévue après-demain,

en présence du premier ministre du Canada.

Oleg Medvedev, le chef de la délégation russe,

est un homme très influent.

C'est lui qui a fait dérailler le deal avec Airbus en 2016.

Donc, on va se montrer courtois, professionnels...

- Aïe !

- Ah oui, euh... Oui, excusez mon retard, j'ai...

L'ascenseur est encore bloqué, là, je...

- En terminant, je vous présente Chloé, Chloé Therrien.

Elle va passer les 2 prochains jours avec nous.

C'est notre traductrice pour l'occasion.

Ce qui est une bonne chose, mon russe est un peu rouillé.

Oui, alors, bienvenue, Chloé !

- Merci ! Merci ! Enchantée !

- Hé ! Salut ! On n'a pas eu le temps

de se présenter officiellement.

On va travailler ensemble. Simon Aubert.

- Ah, Chloé ! - Salut !

Martine m'a dit beaucoup de bien de toi.

On pouvait pas espérer mieux.

- Pour vrai, je le sais, que j'étais le dernier choix.

- J'ai vraiment un CV de marde. - Hein ? Non, non !

- C'est mon premier vrai contrat comme traductrice.

Je chie dans mes culottes, j'ai failli pas accepter.

Vous étiez mal pris et je suis là !

- Ben voyons, mais dis pas ça !

Me semble que t'es supposée montrer,

je sais pas, le meilleur de toi-même.

- Non, ça fait longtemps que je ne suis plus là.

Quand je consommais, j'ai trop inventé d'affaires.

- Ben voyons ! - Non, c'était non-stop.

J'ai découvert que c'était Chloé de 6 ans

qui avait besoin de s'engourdir, j'ai arrêté de consommer.

Depuis, je travaille à vivre mes émotions sur-le-champ.

J'ai quand même réussi à me pogner une job

pour laquelle je suis semi-qualifiée !

- Mais tu... Je veux dire, tu parles russe, quand même ?

- J'ai pas de mérite, je l'ai appris jeune.

À 17 ans, je suis tombée amoureuse d'un russe,

pis je l'ai suivi à Novossibirsk.

Une fois rendue, j'ai découvert

qu'il avait une femme et 3 enfants,

fait que ça m'a comme détruite !

J'ai sacré mon camp sur le pouce,

pis je me suis retrouvée dans un squad de hackers.

Je suis tombée amoureuse d'un skinhead avec une jambe de bois

qui était aussi vendeur de drogue,

fait que j'en ai pris, j'en ai vendu.

Il m'a trompée, ça m'a redétruite.

- Mon Dieu, t'arrêtes pas !

- Je suis revenue à Montréal

pis je suis allée en désintox.

C'est là que j'ai rencontré mon psy.

Je suis tombée amoureuse de lui. Il a été radié.

J'ai perdu tout ce qui me restait d'estime personnelle,

fait que je me suis mis à coucher avec n'importe qui

pendant un bon bout,

jusqu'à ce que je décide de m'enfermer chez nous

pis que je découvre l’œuvre de Philip K. Dick,

qui est un génie de la science-fiction.

J'ai capoté ben raide. J'ai tout lu, j'ai tout vu.

Pis cette nouvelle passion-là m'a comme aidée

à, tranquillement, comme,

faire une croix sur les relations amoureuses,

fait que je suis clean et chaste depuis 2 ans.

Pis c'est ça ! Je traduis le russe à temps perdu.

Pis toi ? C'est quoi, ta faille ?

- Ma faille ?

- Ben, l'affaire qui te définit au niveau émotif ?

- Euh... Mon Dieu, t'es la première personne

à qui je vais... je vais dire ça.

J'ai, hum...

Moi, je... dans la vie...

j'ai été maltraité par mes parents.

Mes parents m'ont...

Mes parents m'ont maltraité beaucoup.

- Ayoye !

- Beaucoup de méchancetés,

beaucoup de violence, aussi.

C'est encore avec moi, un petit peu.

- Excuse-moi, c'est... - Ouais.

- Ça vient me chercher, là. - C'est dur, c'est vraiment dur.

- Ça fait du bien, par exemple, hein, de sortir ça.

Je me sens libéré.

- Oui, OK, ben tant mieux !

- Je te trouve vraiment le fun.

Ça te tente d'aller prendre un verre ?

- Ben non, mais pas du tout ! - C'est ça que je viens de dire !

- Ah... Oui, oui, mais...

- Ah non, je m'excuse !

J'espère que je t'ai pas envoyé des mauvais signaux !

Mais... Mais non, merci.

Écoute, t'as l'air ben smatte pis tout, là,

mais j'ai vraiment besoin d'être toute seule,

fait que je garde ça strictement business.

- OK, je... - je respecte ça.

- OK.

- Là, quand les Russes vont visiter l'usine,

tu vas m'aider un peu ?

Tu vas mettre une belle chemise, au moins ?

- Je vais mettre cette chemise-là.

T'es le chef du syndicat.

T'es pas mononcle Marcel à Soirée canadienne, là.

- Mets pas l'avenir de l'usine sur le dos de ma chemise.

- C'est l'avenir du bon goût en général

que je mets sur le dos de ta chemise.

Elle est laide en tabarnac !

Hé, c'est le fun, ça. Je m'ennuyais. Je m'ennuyais de ça.

Je m'ennuyais de... Je m'ennuie de toi !

- Moi aussi ! J'aime ça quand t'es comme ça.

Je l'aime, ce Simon-là.

- Ah, tout le monde l'aime.

- Hum, hum.

Pis vous autres ? Êtes-vous prêts pour demain ?

- Je pense, mais une chance que je suis là.

Il y a un gros manque de rigueur dans ce bureau.

C'est n'importe quoi ! C'est un asile de fous.

- Je suis allé la semaine passée,

je me suis pas rendu compte de ça.

- Hé, là, j'ai rencontré

la traductrice qui va gérer le dossier des Russes.

Ouf ! Je n'ai jamais rencontré une fille comme ça.

Les affaires qu'elle m'a racontées, là,

pis zéro filtre, la fille.

En plus, elle est vraiment cute.

J'ai senti beaucoup d'attirance de sa part vers moi.

Je pense qu'on peut parler d'un gros coup de foudre...

- J'imagine. - De sa part.

C'était vraiment magnétique.

- Hum !

Mais, euh, je vais prendre mon temps !

Prendre mon temps, cette fois-ci.

- Ouais.

- Hum. Pas avant que le deal avec les Russes soit "closé".

- S'il vous plaît.

- Business before penis.

- Oh !

- J'ai inventé ça.

Tu peux le dire juste en anglais, ça rime.

- Oui.

- Je pensais qu'on allait au resto !

- Ah, faut juste qu'on arrête ici avant.

- Ben là, pourquoi ?

- Fais-moi confiance !

- Ah oui.

Hé, c'est quoi, la joke ? On est où, là ?

- Je veux juste que tu saches : le monde t'aime, Simon, OK ?

- Hé ! Wow, méchante surprise !

- Assieds-toi, Simon.

- Hé, c'est pas ma fête, hein !

- C'est une intervention.

- Quoi ?

- Une intervention. C'est un ultimatum collectif.

- OK, c'est quoi, le rapport ? - Je prends même pas de drogue.

- T'es déconnecté de la réalité.

Tu ne peux plus continuer à mentir comme ça.

- Voyons donc, je suis pas menteur ! C'est ton idée ?

- C'est pas important, qui a eu l'idée.

- C'est moi qui ai fait le groupe Facebook.

C'est moins dur que je pensais.

- Laisse-nous t'aider à arrêter de mentir,

Simon, c'est pour ton bien !

- Je ne mens pas !

- Ben oui, tu mens ! - Il faut que ça arrête.

- Hé, merci, hein ! C'est le fun de me faire passer pour un...

- Là, tu vas t'asseoir, tu vas te taire,

pis tu vas écouter les gens qui t'aiment

et qui ont des choses importantes à te dire.

- Simon, mon fils, ça fait plusieurs années

qu'on te regarde aller sans rien dire

en espérant qu'un jour, ça va changer,

mais ça change pas, ça empire, même !

T'es en train de te mettre tout le monde à dos.

- On sait ce que t'inventes sur nous.

- Arrête de dire que je suis dépressif, je vais très bien !

Je suis un peu fatigué, c'est tout. J'ai le droit.

- Tu m'as dit que t'avais sauvé des vies en Afghanistan, Simon !

- Que t'as été entraîné au combat corps-à-corps.

- J'ai jamais dit ça. - À moi, tu me l'as dit.

- Pis que t'avais un syndrome post-traumatique de la guerre en Afghanistan.

- Simon ! T'étais cantinier ! - À Valcartier !

- Au Village vacances Valcartier !

- Ouais ?

- C'est un endroit que j'aimerais beaucoup visiter.

- J'en ai pas, de problèmes de jeu, moi.

- J'ai jamais été au casino, OK ? - J'ai jamais dit ça !

- Quand j'ai cligné des yeux,

t'as dit à tout le monde que j'étais narcoleptique.

- J'ai jamais dit ça !

- Hé ! On se parle.

- C'est pas toi qui as gagné Danse Danse 2019.

- Tu connais pas Guerre et paix par cœur.

Tu connais rien sur Guerre et paix.

T'es pas spécialiste de Dostoïevski,

tu sais pas épeler son nom !

- Léon Tolstoï a écrit Guerre et paix.

- Ben, on s'en torche, il le connaît même pas.

- T'as toujours une raison pour tes retards.

- Ton cell n'a plus de batterie. - T'as jamais de signal.

- L'ascenseur est en panne. - Une crevaison.

- Une ? T'as fait 16 crevaisons en 8 mois !

- Ou ben un dégât d'eau. - Oui, beaucoup de dégâts d'eau.

- T'as pas bâti d'orphelinat au Kenya.

- T'as pas failli faire le camp du Canadien.

- T'as jamais couché avec 33 femmes dans ta vie.

- Ouais, non, ça, c'est vrai. - Ah ouais ?

- Ouais.

- Oh, wow ! Good job !

- T'as dit que Phil était

le gars le plus malchanceux au monde.

- Tu dis à tout le monde que je suis un loser !

- Je dis : tout ce qui peut mal aller t'arrive.

C'est pas pareil pis c'est pas faux.

- Je sais pas comment Phil fait pour te parler.

- Pis contrairement à ce que t'as raconté à je sais pas qui,

Virginie te désire pas !

- Tu me fais aucun effet.

- Ben là, un peu. - Zéro !

J'ai empêché ma sœur de te "dater",

j'ai enlevé ton nom de la pige à Noël

pour pas que t'aies de cadeau.

- De quoi ? - Elle aime les gars honnêtes.

Je te souhaite de vivre ça,

être vrai avec quelqu'un 24 heures sur 24.

- Je t'aime, mon amour ! - Moi aussi !

- Simon, tu dis à tout le monde

que t'as eu une enfance malheureuse.

- On t'a jamais battu !

- On aurait peut-être dû.

- Ben voyons !

- Je pense pas que tu réalises

l'impact que tes mensonges ont sur le monde.

- Moi, en tout cas, tu m'as perdu.

- T'as pas de blonde, tes collègues capotent,

ta famille t'évite.

Tu sais pas c'est quoi, le cauchemar d'être le frère d'un mythomane.

Car moi, j'ai passé toute ma vie

à essayer de ramasser tes pots cassés.

Moi, je marche dret pis ça me fait chier,

parce que des fois, j'aimerais ça, moi aussi, mentir.

Pis dire que t'es pas mon frère jumeau.

- Ils sont vraiment jumeaux ?

Je pensais que c'était un autre mensonge.

- Un jour, tu vas conter un mensonge de trop.

- Quelque chose d'épouvantable va se produire.

- Épouvantable !

- Pis il va être trop tard.

- OK.

Aujourd'hui, euh, je vous ai tous croisés

à un moment donné, toute la gang.

Pis vous avez tous fait comme si de rien n'était.

Pis là, c'est moi, le menteur.

Là, vous vous êtes crinqués

à inventer des histoires de fous qui ont rien à voir avec moi.

Ça vous a fait du bien ? Parfait, tant mieux, bravo !

Ben, bonne soirée !

Simon !

Simon !

- 33 femmes...

- Ouais... Avoir su que ça se passerait de même,

j'aurais pas mis du parcomètre jusqu'à 9h00.

- Mais mon usine fabrique des drones de guerre

qui pourraient être pilotés à distance par leur armée.

- Ayoye ! Hé, non, mais c'est intense, ta job !

- Ouais. On s'habitue.

- Mais t'es quand même en position d'empêcher

le déclenchement de la fucking Troisième Guerre mondiale.

T'es malade !

- C'est pour ça que je reste toujours vigilant.

Mais toi aussi, quand même, agent de bord, ça brasse !

- Bof, je te dirais que ma job se résume pas mal

à servir du café à du monde mal assis.

- Vas-tu prendre autre chose ?

- Euh, non, merci, je suis sur mon départ.

- Bonne affaire, tu vas arrêter de cruiser ma blonde !

- Voyons, Steven ! - Non, chérie, c'est beau.

Je fais des efforts en ce moment.

L'ancien Steven l'aurait "câlissé" par la fenêtre,

mais pas le nouveau Steven !

Le nouveau Steven se contrôle.

- OK. Parfait. Content de rencontrer le nouveau Steven.

- Ah, c'est parce que Steven

a eu une enfance ben, ben difficile.

Écoute, foyer d'accueil, centre jeunesse, de l'abus,

beaucoup d'abus, hein ?

Je suis ben fière de l'homme qu'il est devenu. Regarde-le.

- Bravo, Steven !

- Ben, merci !

Merci !

- Mais toi, t'as l'air cool, je trouve.

- Ah ? Oui, oui, moi, oui.

- Ouais.

- Ben, pas...

Je l'ai pas toujours eu facile, moi non plus, tu sais.

Ç'a pas été...

Ben là, je veux pas te...

Moi, mes parents me maltraitaient pis ça...

Disons que ç'a ressorti ben fort quand j'étais en Afghanistan.

- Envoye ! Ton cash ! Envoye, ton cash, mon esti ! Envoye !

- Osti, les Russes !

Allô ?

- Simon, j'ai... - j'ai pas dormi de la nuit.

J'ai besoin de te parler.

- Ça va, toi ?

- J'avais envie d'entendre ta voix.

- Ben, t'aurais pu l'entendre hier, mais...

Oh non, vous étiez occupés à me donner un dix roues de marde !

- Tu me manques, Simon ! - Je te manque ?

AH ! AH ! AH ! Virginie !

Il n'y a plus d'eau chaude !

- Simon, faut que je te voie.

- Shit ! Il y a pas de serviettes non plus !

- Je sais pas de quoi tu parles, mais je suis en retard.

- C'est important. Si on se voit pas, je vais mourir.

Comprends-tu ? Je vais mourir !

- Il n'y a plus d'eau chaude !

L'osti de pole m'est restée dans les mains !

- Est-ce que c'est Phil que j'entends ?

- J'ai pas besoin d'assurances.

- Je comprends pas,

je suis le premier qui prend sa douche à matin.

Je comprends pas que c'est qui se passe.

Comment ça, qu'il n'y a plus d'eau chaude !

- Euh, OK, c'est vraiment pas le bon moment,

si j'ai besoin d'assurances, je vous rappellerai.

- Ah...

- Allô ? Virginie ?

Allô ?

Euh, bon matin, tout le monde !

En circulation, Montréal est paralysée.

Tous les ponts et tunnels sont complètement bloqués,

il y a rien qui bouge.

En moyenne, 5 heures pour rentrer sur l'île...

M. Aubert ?

- Alors, on enchaîne avec...

- Qu'est-ce que vous faites là ?

- Vous avez appelé Hydro pour le transformateur ?

Ben là, je pensais qu'il y avait personne, moi, je suis rentré.

- Ben non, j'ai pas... - M. Aubert ? Je suis venu pour le dégât d'eau !

- Quel dégât d'eau ? - J'ai pas de dégât d'eau !

Euh, je suis déjà en retard.

Les valves sont dans la salle de bain.

Mais voyons, qu'est-ce qui se passe ?

- Il y a le gars du câble en avant de chez vous.

- Va falloir passer une autre fois, parce que...

- Y a-t-il moyen de dormir ? - Robin, que fais-tu là ?

- Je savais que ce moment viendrait.

Tu veux que je m'en aille, c'est ça ?

- Oh ! Je vois que je vous dérange, là.

- Excusez-moi, c'est un collègue,

je sais pas ce qu'il fait ici.

J'ai bu hier. J'en ai perdu des bouts.

- Je vis un moment extrêmement difficile et Simon m'héberge.

Je suis un poids pour tout le monde.

- Ça fait combien de temps ? - Hé, regarde, on en reparlera.

Aide-moi, il n'y a plus de serviettes.

- Il n'y a plus de serviettes ? - J'allais dans la douche.

Qu'est-ce que je vais faire, moi ?

- Laisse faire ça !

Veux-tu me dire ce qui se passe à matin ?

- Le beau Simon qui m'appelle ! - Comment ça va ? T'es où ?

- Je pourrai pas être à l'aéroport.

J'ai un gros dégât d'eau. France est là ?

- Je veux juste me laver, comprenez-vous ?

- Elle est pas là, on la rejoint au bureau.

Mais elle m'a dit que c'était toi

qui s’occupait d'accueillir Oleg

C'est drôle parce qu'Oleg

ressemble à l'agent Smith dans The Matrix.

Ça va être le fun.

Mais là, je leur dis quoi ?

- Euh, tu leur souhaites la bienvenue au Québec

pis tu leur dis que j'ai un imprévu.

- M. Aubert !

- C'est un besoin fondamental !

- M. Aubert, c'est aujourd'hui le grand jour !

- Je vous rejoins à l'hôtel.

Excusez, mais vous êtes qui, vous ?

- Ben voyons, je suis la travailleuse sociale

du petit Gaël qui s'en vient vivre avec vous.

- Vous avez pas oublié ? - Quoi ?

- Le problème, il est réglé. - Il est donc ben adorable, lui !

- Je comprends pas. - C'est une joke, là ?

- Vous êtes sa famille d'accueil !

- Allô !

- Je veux être certain de comprendre.

Il va prendre quelle chambre ?

- Vous vous trompez de Simon Aubert.

- Chien sale !

- Je ne peux pas m'occuper d'un enfant en ce moment.

Gaël, je m'excuse, c'est toffe pour toi,

mais fais-moi confiance, je te rends service.

Tu ressembles à un petit lutin,

tu vas trouver quelqu'un de mieux.

- Ah ! Vous êtes un monstre !

- Tout le monde dehors ! - Dehors ! S'il vous plaît ! Dehors !

- Allô !

- Oui, Chloé, je suis désolé, là,

je pourrai pas être à temps à l'hôtel.

On se rejoint aux bureaux d'Avionech.

- Es-tu correct ?

- Excuse-moi, j'ai un autre appel.

Ah, shit ! Virginie ?

- Fait que... Qu'est-ce qu'on fait avec ça, là ?

- De quoi tu parles ?

- Ben, de nous, grand fou !

Notre amour ! On va pas se le cacher.

En choisissant Phil, j'ai misé sur le mauvais cheval.

J'avais un étalon de course,

mais j'ai marié le percheron, bon.

Mais il est pas trop tard,

quand on... quand on s'aime aussi fort !

- Là, Virginie, là... - Non, je suis d'accord.

L'important, c'est d'épargner Phil là-dedans.

Juste l'idée de lui faire de la peine, ça me bouleverse.

C'est tellement un bon gars. Il... Il est tellement sensible !

- Virginie ?

- J'ai jamais... j'ai jamais voulu faire de mal.

Pis quand tu rencontres une âme sœur,

pis que c'est un... un cadeau du destin...

Simon !

Je me suis sentie comme un oiseau, comme une autruche.

Il m'a jamais laissé. C'est qu'on s'aime tellement !

- OK, c'était pas assez de m'humilier hier,

vous vous mettez en gang

pour ruiner une journée super importante ?

- Pas chien pantoute, hein !

Mettez le feu à ma maison, un coup parti ?

- Mais je passerai pas à côté de toi.

On s'aime tellement !

- Allô ? Virgi...?

Ben voyons, je viens de le recharger !

Elle m'a enlevé de la pige de cadeaux !

Elle m'a enlevé de la pige de cadeaux

pis elle dit qu'on est âmes sœurs.

Comprends-tu quelque chose là-dedans ?

Pis les livres partout pis les légumes, c'est toi ?

OK, t'es dans le coup, toi avec ! T'es dans le coup, c'est ça ? OK.

Vous vous êtes passé le mot. Vous me haïssez, c'est beau.

On peut passer à un autre appel, maintenant !

- Là, Simon, je sais pas de quoi tu parles.

- Pis ça ! Voyons ! C'est quoi... - C'est quoi, ça ? C'est quoi, ça ?

- Tes cicatrices, la mine qui a explosé à côté de toi

dans le marché public de Kandahar.

- Ka... Kandahar ? Pourquoi ?

- Là, Simon, les Russes nous attendent pis on est en retard.

Veux-tu les décevoir ?

Veux-tu que l'usine ferme et que ton frère

pis tous les autres employés perdent leur job ?

- Ben non !

- Là, tu vas prendre

une grande respiration,

pis on va vite se rendre au bureau.

- Oh, sacrament ! - On va appeler un Uber.

- Ça va être long. On pourrait prendre ta moto.

- Quelle moto ? - J'ai pas de moto !

Je n'ai pas de moto.

Ah ! Câline !

- Ça va ? Je suis contente de te voir.

C'est spécial, j'ai comme des papillons dans le ventre !

Ça me surprend, parce qu'habituellement,

je suis attiré par des grands gars baraqués au regard bovin,

mais... allô !

- OK, euh, merci. Allô ?

- Par contre, je te dirais qu'Oleg, lui,

il est pas super content.

Ça fait une heure qu'on attend.

- OK.

M. Melvedev, bonjour ! Simon Aubert.

- Excusez mon retard, là.

Très content de vous rencontrer en personne, finalement.

- OK, alors, il dit, euh :

"Tu peux bien sourire, enfoiré de fils de pute,

"demande-toi pas pourquoi

L'Amérique est au bord de la faillite, espèce de connard."

Oh, oh ! Là, il vient de "switcher"

dans du dialecte plus slang, là.

Ouais, en gros, il dit de manger de la marde,

pis genre, il encule ta famille au grand complet.

Mais là, je suis pas certaine du "encule",

mais ça tourne autour de ça.

- Oui, j'ai saisi l'essence. Merci !

- Il vient d'ajouter quelque chose

à propos d'une chèvre à la fin.

- Merci, ça va ! - C'est bon, merci, merci !

Euh... vous avez raison d'être fâché.

Vous méritez pas ça, ça ne se reproduira plus.

Je comprends que c'est insultant

d'attendre comme ça pour rien.

"Mais les 2 guerriers les plus puissants

sont la patience et le temps."

Euh, "il faut se mettre à la place de chacun."

Tout comprendre, c'est tout pardonner."

Léon Tolstoï ?

- "Je continuerais de m'excuser,

"mais même le fleuve le plus abondant

ne peut ajouter une goutte à un vase déjà plein."

- Il est impressionné de voir

que t'as appris Tolstoï pour le recevoir.

Mais moi aussi, franchement ! Wow ! Allô again !

On visite vos bureaux ?

- Oui, avec plaisir, oui. Par ici.

On se décourage pas, M. Melvedev, hein !

Nos employés d'Avionech vous attendent avec impatience.

Ils ont très, très hâte.

Euh, France Gauthier va venir nous rejoindre en bas.

Tu les sors du building au plus sacrant, s'il te plaît,

et puis on se retrouve devant l'entrée.

- Simon ? T'es pas avec M. Medvedev ?

- Il nous attend en bas.

- C'est pas la personne la plus sympathique,

pis ses 2 assistants non plus,

c'est pas les personnes les plus sympathiques.

- Martine, va chercher France.

- Ça te tenterait pas de me dire

"s'il te plaît" pour une...

Je demande juste un peu de professionnalisme.

- C'est sa narcolepsie. - Oh, Robin, veux-tu ben...

- Oh, je suis tanné !

- Hein ? Hé ! Voyons !

Touche-moi pas !

♪ Short Dick man ♪

- ♪ Don't want no short Dick man ♪

- Simon !

- France ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Viens, on va se prendre des shots !

- Que c'est qui se passe ? - Pourquoi... Pourquoi des shots ?

France, qu'est-ce que tu fais ? Hé, c'est toi, la boss !

- Oh oui, c'est moi, la boss !

- J'ai été obligé d'empêcher les Russes de voir le bureau, là !

S'il vous plaît... Non. Mais, mon Dieu !

France ! Non ! France ! S'il te plaît !

Le bureau est en train de virer fou ! J'ai vu une poule !

Il y a une poule dans le bureau ! Pas un poulet, une poule !

France, arrête !

- Les Russes ! Oleg ! - Oleg est déjà là ?

- Oui, il nous attend. - Déjà ?

T'as pas de la gomme ? J'ai besoin de la gomme !

T'as pas de gomme ?

- France ?

- "J'en ai marre, de la vie.

"Je me sens seul et inutile. J'ai juste le goût de mourir."

"Mourir", ça prend juste un "R". Refais-moi ça comme du monde.

Ha ! Esti que je suis chienne !

Oh ! Les sacs-cadeaux pour les Russes ! Oh, Simon, Simon, Simon !

- On chie dans un des sacs ! - Quoi ? Ben, voyons donc !

- Oui, on chie dans un des sacs ! - On va pas chier dans les sacs !

- Oui ! Pis il y en a un qui va l'ouvrir,

pis ça sera pas du parfum pis une carte,

ça va être de la marde, surprise !

- France, on va pas chier dans les sacs !

OK, viens-t'en.

- Mais juste un sac !

- OK, j'ai compris. - Regarde, j'ai compris la joke.

Ha ! Ha ! Vous m'avez eu, bravo !

On peut mettre sur pause le reboot de Surprise sur prise

pis recommencer ça quand les Russes vont être partis ?

- De quoi tu parles ?

Attends, attends, attends ! Ça va nous aider.

Oh ! Oh non ! Elle est beige ! Ma brassière est beige !

- C'est important de faire bonne impression.

OK, là ? Pense aux employés de l'usine.

- Je sais, mais entre toi et moi,

c'est loin d'être gagné, ce contrat-là.

Je te dis un petit secret, Simon.

J'ai mis des milliers de gens à la rue.

J'ai mis mon père à la rue.

Pis à chaque fois que je mets du monde à la rue,

ben, les actionnaires, ils sont contents !

Ils sont contents ! Fait que, mon salaire, il monte.

Pis pendant ce temps-là, je suis seule.

Moi, j'ai beaucoup de fantaisie en moi, Simon, beaucoup !

Mais elle est jamais sortie.

M. Medvedev ! Très heureuse de vous rencontrer !

Avionech aviation possède tout ce que vous recherchez,

et je crois que vous ne regretterez pas votre choix.

Simon ! Osti ! On a oublié les sacs !

- France...

- Oh non !

Nous avions des sacs pour vous.

- Pourquoi l'anglais ?

- Je sais pas. Traduis, Chloé ! We had bags !

- Traduis rien. - You know, bags !

Osti, il comprend rien !

- Alors, on va aller voir monsieur le ministre.

- Ouais !

- Jamais on ne m'a reçu ainsi.

- Bien !

Je préférerais retourner à mon hôtel

pour réfléchir à la suite des choses.

- Il y a aussi les journalistes.

- Non, j'ai assez perdu de temps, ramenez-moi à mon hôtel.

- Oleg, soyez raisonnable.

"L'extrême en tout est un défaut."

"La vérité doit s'imposer sans la violence."

- Fuck Tolstoï !

- Fuck Tolstoï.

- Ouais, ça va.

- OK, là, il vient d'ajouter

un commentaire misogyne que je trouve déplacé, OK ?

- Chloé !

- Hé, mon tabarnac !

- Chloé, calme-toi !

- France, câlisse !

- Je l'ai traité d'orignal, ça aurait pu revirer de l'autre bord,

mais écoute, là, ça va très bien,

alors on continue, on enchaîne.

- On va aller voir le ministre.

- Da.

- Ah oui...

Let's go to the bus.

- Hé, Take the A Train de Duke Ellington,

ça, ça remonte le moral !

Voyons, je suis pas supposé connaître Duke Ellington,

encore moins le nom de ses tounes !

Depuis quand je suis un spécialiste du jazz ?

Voyons, tabar...

- Hein !

- C'est pas moi qui fais ça !

Mes mains bougent toutes seules ! Malade !

Tabarnac ! Je fais quoi, là ?

- Ha, ha ! Je sais pas. Wow !

- Qu'est-ce qui se passe ?

- T'es tellement bon !

- Aide-moi ! Aide-moi, Chloé !

Voyons, je capote ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Lorsque nous serons réélus, vous pouvez être certains

qu'il y aura beaucoup d'autres possibilités de contrats,

comme le renouvellement de la flotte Aéroskaya.

- Myriam Lambert, BTV.

C'est pas un peu gros, monsieur le ministre,

à 2 semaines des élections,

faire tout un tabac pour un contrat pas encore signé ?

- La visite de M. Medvedev se déroule à merveille,

le contrat va se signer, c'est une garantie.

Le film que vous allez voir

s'appelle Québec, terre d'opportunités.

- Wou-hou !

Osti de film plate.

Hé, moi, j'ai eu du fun !

- Oui, oui, c'était le fun.

- J'ai ri !

- C'est super le fun !

C'était très drôle. Hé ! On fait un beau dodo, là !

Hein ? On se repose ! OK ! Oui, OK !

- À tantôt !

- Bye-bye !

Est-ce que ça va ?

- Chloé, je suis pas fou, là ?

Toi aussi, tu te rends compte

qu'il se passe quelque chose de weird ?

T'as vu hier que France est une patronne calme et aimante,

rien à voir avec la soulonne qui "runne" le bureau ?

- Elle était chaude hier ! J'étais sa best et elle voulait échanger nos brassières.

Pis le bureau, c'est le bordel total.

C'est comme dans une orgie à Gomorrhe.

- Ben voyons ! - Le feu va finir par pogner là-dedans.

- Voyons donc ! Pis, regarde, j'avais pas ça hier.

Ma peau était lisse.

- Je sais pas, t'étais pas en chest

quand je t'ai vu, hier !

Mais comment tu t'es fait ça ?

- Pouf ! Osti c'est apparu de même,

avec 3, 4 moves de kung-fu pas rapport !

- OK. Écoute, t'es comme Doug Quaid dans Total Recall !

Tes souvenirs sont "fuckés" ben raides !

- Je sais pas de quoi tu parles.

- Arnold se fait implanter des souvenirs,

mais ça chie ben raide.

On sait pas ce qui est implanté dans sa tête

pis ce qui l'est pas.

La fille avec les 3 totons ?

- Hé, je me fous de Total Recall, Chloé !

Je veux juste que tu me croies ! C'était pas de même hier !

- Charlie ! Charlie ! - T'as vu mon chien ? Charlie !

NON !

- Tu me feras pas croire que c'est normal ?

- C'est le 3e enlèvement ce mois-ci.

- Calvaire !

Hé ! Es-tu le gars de Watatatow ?

- Oleg ? - Oleg.

- Vous l'avez vu, le petit chien,

se faire aspirer par la lumière ?

Ça se peut pas, hein ?

- Ma petite fille ne s'est pas encore remise

de l'enlèvement de son bouledogue, Garou.

- Non, Oleg, ben non, ça se peut pas,

un petit chien qui se fait enlever

par un gros jet de lumière !

Ça existe pas ! Ça peut pas arriver !

Êtes-vous tous virés mongols, tabarnac ?

Que c'est qui se passe ?

Slaquez sur la vodka, un peu !

Slack in the vod... Hé !

- Il remet en question le sérieux d'Avionech.

Hé, moi aussi, je t'avouerais,

c'est ben broche à foin, votre affaire.

Mais pas toi, là. Toi, t'es tight, quand même, je trouve.

- On va s'arranger

pour que le reste de la visite soit agréable, là.

Il vous reste 4 heures

avant de quitter pour Saint-Valran.

- Profitez-en bien.

Merci !

- "Spasiba".

"Spasiba".

- Ben non, voyons. - Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Que c'est qui se passe ? Que c'est qui se passe ? Pourquoi ?

Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Hé, Simon ! Regarde-moi. Là, tu vas aller à l'urgence, OK ?

Tu vis un épisode psychotique

et c'est des choses qui arrivent.

- Je sais, mais j'ai des responsabilités,

pis les travailleurs d'Avionech comptent sur moi,

je peux pas commencer...

- Mais tu fais une psychose, Simon !

T'es pas en état d'aider personne.

- Non, non, t'as raison, osti, je capote, je file pas pantoute.

- Ben oui, ça va te faire du bien de voir un thérapeute.

Moi, ça m'a permis de retrouver l'enfant en moi

et de combattre mon ennemi intérieur.

C'était très le fun !

- Oui, j'ai besoin d'aide, je pense.

- OK. Viens-t'en.

- OK, merci, Martine ! - Oui, oui, je le vois.

QU'EST-CE QUE T'AS FAIT, SIMON ?

- Quoi ?

- QUE C'EST QUE T'AS FAIT ?

- C'est, euh... c'est Phil, mon frère jumeau.

- Ton frère jumeau ? - J'adore ça !

Vos parents doivent vous mélanger tout le temps.

- Je vais te faire ben mal. - Je vais te tuer. Aah !

Câlisse, depuis à matin, il y a une tuile

qui m'est tombée sur la tête, littéralement !

Toutes mes cartes ont été clonées,

il y a une mésange qui m'a foncé dans la face.

Il y avait du trafic en avant de chez nous, à Saint-Valran !

J'ai pogné toutes les maudites lumières rouges

pour m'en venir jusqu'ici,

des lumières rouges qui existaient pas hier, by the way !

Crisse, je suis en train de devenir

le gars le plus "badlucké" de l'univers !

Tout ce que t'as dit à mon sujet est en train de se réaliser !

Que c'est que t'as fait, Simon ?

- Ah ! Phil, tu peux pas savoir comment ça me rend heureux,

ce que tu me dis là, là.

- Pardon ? Heureux ?

Comment tu peux être heureux ?

- Depuis ce matin, j'étais le seul

qui se rendait compte que tout chiait.

J'étais sur le point de me faire interner.

Mais t'es conscient que c'est pas normal.

On n'est pas fous, Phil !

Ma vie est un calvaire depuis ce matin.

J'ai un dégât d'eau, France est rendue une soûlonne,

Robin veut se suicider pis Virginie est en amour avec moi !

- Elle est pas amoureuse de toi !

- Oui, elle m'a envoyé une photo de ses seins.

Elle aurait pas fait ça hier.

- Ah ! OK, OK, c'est pas juste

les mensonges que t'as racontés sur moi qui se concrétisent,

c'est tous les mensonges que t'as racontés.

C'est ça qui se passe !

La vie a décidé de te donner une leçon !

Simon est menteur compulsif

pis ses mensonges sont en train de se réaliser.

- Je suis pas un menteur compulsif, j'exagère un peu.

Pis c'est pas mes mensonges qui deviennent vrais, c'est vos mensonges.

Ceux que vous m'avez mis sur les épaules !

- Fuck you ! Tes mensonges ! - Non ! Vos mensonges !

- Hé, hé, hé, hé ! Vos gueules !

Bon ! Slaquez vos nerfs, les frères Gallagher !

Hé, on est capable de se parler, non ?

- C'est qui, elle ? - C'est la traductrice.

- Elle est ben bête, la traductrice.

- Bonjour, Phil ! - Je m'appelle Chloé.

Je m'allais avec ton frère à l'hôpital psychiatrique.

Ça te tente de venir avec nous ?

- Ça, c'est pour les seins de ma blonde !

- OK, regarde, Chloé,

je suis vraiment pas dans un délire psychotique.

- Je pense que oui, moi.

- Non, non, c'est pas normal. - Je connais Tolstoï par cœur !

- Oui, c'est assez impressionnant.

- Non, je te jure qu'hier, Simon connaissait pas Tolstoï.

- "Tout raisonnement sur l'amour le détruit."

"La tristesse pure est aussi impossible que la joie pure."

Encore Tolstoï.

"Sème, sème, et Dieu fera pousser." Tolstoï !

- Ça fait 15 ans qu'il a pas lu un livre.

- "Rien ne vaut une douce maman."

- OK, ta gueule, hein !

- M. Aubert, content de vous revoir.

On a fait préparer votre suite habituelle.

- Ma suite ? Quelle suite ?

- La plus spacieuse.

La spacieuse ?

- Si je vous suis, tout ce qui se passe aujourd'hui

a rien à voir avec ce qui se passait hier ?

- Tout a changé.

- C'est difficile à croire, quand même.

- Simon a tellement menti dans sa vie

que ses mensonges se réalisent !

- OK. OK, mes mensonges se réalisent. Correct !

Euh, hé, j'ai 1000 piastres dans les poches !

Hum... OK ! Euh, je suis capable de passer à travers des murs !

- Ben là...

- Je passe à travers les murs !

- D'abord, comment t'expliques

que je suis devenu le gars le plus "badlucké" sur la terre ?

- Je sais pas.

- Tu me crois pas ? Elle me croit pas. Elle me croit pas.

Garroche-moi quelque chose le plus fort que tu peux.

- Ben là, pourquoi je ferais ça ? Je veux pas te...

- Non, non, vas-y ! - Ah ouais ?

- Ouais. - OK.

- Envoye, "shoote"!

- OK. T'es prêt ?

- Ouais.

- Hé, excuse !

- Sérieux, c'est quoi les chances

que tu m'atteignes à cette distance-là ?

En plein dans la face en plus ?

- J'ai joué longtemps au baseball.

- Simon, as-tu déjà joué au baseball, toi ?

Non, t'as jamais joué au baseball. Envoye, vas-y !

- OK !

- Envoye, vas-y, Chloé ! - Vise à côté.

Bon, toujours pas convaincue ?

Envoyez ! Garrochez-moi le buffet dans la face. Hésitez pas.

Est-ce que ça commence à rentrer un peu, là ?

C'est pas normal. Ayoye ! Câlisse !

- Excuse ! Excusez ! C'est parce que j'avais encore un doute.

- OK, peux-tu au moins admettre

que c'est statistiquement impossible

qu'on atteigne Phil dans la face autant de fois en ligne ?

- Regarde ! Vise le mur.

- Ah ouais ? OK. OK.

Hé !

OK, OK, oui. J'avoue, c'est louche.

- C'est un cauchemar.

- La seule explication que je vois,

c'est que l'univers a décidé de punir Simon,

parce que, hein, t'as raconté, quoi ?

Dix mensonges par jour pendant 30 ans ?

- Ah oui, ah oui, 100000 mensonges en 30 ans !

Pourquoi pas ?

- OK, si je suis votre logique,

ça serait les mensonges

que Simon a racontés avant aujourd'hui qui se réalisent ?

- Ben, il y a pas de logique là-dedans.

- Peut-être que depuis ce matin,

on est, comme, dans un univers parallèle.

- Oui. Pis c'est moi qui devais se faire interner !

- On s'entend qu'en quelque part,

chaque mensonge est une atteinte

à la réalité de notre univers.

- Ouais.

- Le physicien Hugh Everett serait très fier de moi :

s'il y a une grande concentration de mensonges

qui se retrouvent dans un même espace-temps,

ben, cet espace-temps-là pourrait être affecté.

Fait que, dans le fond, le multivers

deviendrait, comme, altéré,

et tout ça, ça créerait un nouvel univers

dans lequel une réalité se fond dans l'autre.

Simon a peut-être créé sans le savoir une nouvelle réalité

où ses mensonges sont vrais,

pis ça, ça serait en train d'affecter

notre univers au complet.

- Hé, c'est vraiment compliqué, ton affaire !

Au début, je pensais un petit peu, mais après, non.

- Ben non, OK. Tu mens depuis quand, Simon ?

- Depuis toujours ! - OK, je mens pas.

- Il a jamais avoué un mensonge de toute sa crisse de vie.

Déjà, quand on était jeunes :

"Hé, j'ai compté 4 buts au hockey !

"Hé, j'ai eu 100% en math !

"Les gars, venez voir, j'ai un Playboy dans ma case !

J'ai pas poussé Mme Côté !"

Nos parents s'occupaient de personnes âgées.

Il mettait toutes ses gaffes sur mon dos.

Il m'a dit des affaires épouvantables.

Il m'a déjà dit que notre voisin était un tueur en série !

Pis, ah !

- Tu ramènes ça là ? Encore ?

- Toute ma vie, j'ai été pogné

dans ses fabulations, toute ma vie !

- Mais c'est peut-être pour ça

que toi aussi, t'es conscient de ce qui se passe !

Vous êtes attachés au même univers,

vous êtes des jumeaux cosmiques.

- Je mens pas, Phil. - Décroche, un moment donné, là !

Tu sais, le voisin tueur en série,

c'est parce que ça date, mettons.

- Attends, attends, Simon ! Simon ! Tes parents !

T'as dit à Phil que votre voisin,

c'était un tueur en série !

Ça voudrait dire que dans notre nouvelle réalité...

- Papa pis maman sont peut-être en train

de se faire découper par le voisin !

- Le voisin tueur en série, c'est même pas un mensonge,

c'est une connerie de petit cul.

- Appelle-les !

- Ah...

Ça répond pas. C'est pas normal.

- Oh, my God !

- Oh non, non, non, non, non !

Attends !

- Phil ?

- Virginie, j'ai besoin que t'ailles voir

si papa pis maman sont corrects.

- Ben, je peux pas.

- C'est une question de vie ou de mort !

- Ah, j'irais, mais je peux vraiment pas.

- Ben non, mais...

- Elle peut pas.

- Hé, mais attendez, attendez, les gars ! Attendez !

Je peux pas y aller avec vous autres, moi,

faut que je m'occupe des Russes !

OK, là, je voyage avec eux ce soir

pis on se voit à l'usine demain ?

C'était pas dans ma description de tâche

de gérer une fissure spatio-temporelle,

mais c'est un beau défi.

- Merci, Chloé, pour tout.

- Pas de problème. - Bonne chance !

Voyons ! Tabarnac ! C'était ben weird, ça !

Je suis... Mon Dieu, je m'excuse !

Hé, c'était comme un automatisme,

je suis vraiment désolée !

- Non, non, vraiment, c'est correct.

- Chloé, va falloir que tu l'informes

que t'as inventé son coup de foudre !

- Hé, j'ai jamais dit ça !

- Come on ! Au bar ! Juste avant ton intervention ! Pourquoi ?

Tu réalises pas que tout ce que t'as inventé est devenu vrai ?

- Personne comprend ce qui se passe.

- C'est parce que reconnaître que t'as un problème,

c'est la première étape de ton cheminement, hein !

- Je m'en sacre de cheminer, moi,

je veux juste que Virginie arrête de me texter.

- Ouais, ç'a pas été facile de me rendre.

- Honnêtement, je m'attendais à pire.

Bon, on se rendra jamais chez les parents avec ça, là.

- Je vais appeler un Uber. - "Watche" ben ça.

Avec ma bad luck, on va tomber sur un malade de vitesse,

un enragé de la route ou pire !

- Vous autres, est-ce que vous avez rempli

l'endos de votre carte d'assurance maladie ?

Non, ben non ! Je suis sûre que non. Ben, moi, je l'ai rempli.

Malheureusement, je l'ai perdue la semaine suivante.

Mais heureusement, ils me connaissent à l'hôpital.

Ouais, c'est là que j'ai été opérée pour ma 2e opération.

À jeun en plus ! À jeun. Ben oui. Pis je hais ça !

Parce que moi, prendre mon petit-déjeuner,

un bon petit-déjeuner avec un bon petit café, j'adore ça.

Je le bois pas tout, par exemple, ben non.

Pis aujourd'hui, quand tu sors

pis tu vas dans les restaurants pour prendre du café,

c'est que ça devient compliqué,

car il y a à peu près 15000 sortes de cafés !

Tu les connais pas toutes, hein !

Après ça, ils te mettent de la crème épaisse de même.

Tu pourrais te baigner dedans.

Moi, j'ai beau leur dire :

"Je veux pas prendre mon bain,

je veux prendre mon café."

Ah, Seigneur, pis depuis quelque temps,

ben, je me suis mise au gruau,

oui, à la soupane, comme ma mère disait.

En veux-tu, de la soupane avec de la mélasse ?

Connaissez-vous ça, la mélasse ? Non, vous connaissez pas ça.

Mais dans le temps, on mangeait ça.

Que veux-tu, ça coûtait rien !

Ça coûtait rien et c'était bon. On trouvait ça bon.

Mon père "patchait" les murs avec de la mélasse.

Il y en a à peu près 15 sortes !

C'est ben mélangeant, tu sais pas lequel prendre.

C'est ben pour ça qu'on est rendu gros !

C'est un conseil de mon petit- fils Maxime, qui est pharmacien.

C'est un très bon joueur de flûte, aussi !

Il est homosexuel. Ben, euh, je l'accepte !

Hé, il a été assez bon pour moi quand j'ai eu ma 3e opération.

Hé, je vous ai pas parlé de ma 3e opération ? - Câlisse, oui !

- Ben, en tout cas, merci beaucoup, madame, hein !

Merci, bonne chance !

- Fait plaisir !

- On croise les doigts avec les Russes demain ? Ha !

- Il les a peut-être déjà tués !

- Qu'est-ce que tu fais là, calvaire de grand innocent ?

Tu vas défoncer ma porte !

- Ah, fiou ! Vous êtes là. - Je suis content de te voir.

- De quoi ? Lâche-moi, osti de moumoune !

Philou ! Je suis content de te voir !

- Pourquoi vous répondiez pas au téléphone ?

- Quand on a vu Simon sur l'afficheur,

on a décidé de s'en crisser.

- Ah, calvaire ! Je t'avais dit de pas répondre ! Mon beau Phil !

- On restera peut-être pas long...

- Toi, ta gueule !

- On voulait juste s'assurer que vous étiez corrects.

- Mais t'étais pas obligé de venir avec face de raie ! Veux-tu manger ?

- Hé, on sait pas trop, on va peut-être juste...

- La fermes-tu, ta crisse de gueule ?

- Merci, maman !

- Hé, le végétalien !

Quand je vais chez vous,

je l'avale, ta salade de betteraves, fait que...

Évidemment, mon couteau coupe pas.

- Voudrais-tu qu'on mâche à ta place, princesse ?

- Excusez-moi, je sais pas ce que j'ai.

Ç'a l'air vraiment, vraiment très bon,

mais on dirait que mon corps...

- Ton corps veut que je lui en crisse une ?

- Coudon, mon osti de couteau...

- Euh, non, ç'a l'air vraiment bon,

mais on dirait qu'au fond de moi,

j'ai... j'ai juste envie d'hummus.

- D'hummus ? - Ouais, d'hummus.

- D'hummus ? - D'hummus.

- Ben, on en a, de l'hummus.

- Va chercher la litière du chat. - Ah, come on !

- Ta gueule ! T'es un petit crisse d'enfant roi !

- Georges, il fait ça pour te faire réagir.

Ta face nous coupe l'appétit, on mange pareil.

- Ma face vous... OK, non, non, parlez-moi pas comme ça.

C'est juste trop dur, je m'excuse, là,

ça vient juste trop me chercher.

- "C'est trop dur, ça vient trop me chercher !"

- Je m'excuse, j'accepte pas ça.

- Tu réponds pas à ta mère, toi !

- Hé ! Malade !

- OK, là, ça suffit ! - Dans ta chambre !

- Tu reviendras quand t'auras réfléchi.

- Ben là... - Hum !

- Loser ! - Tu vaux rien !

- Moins que rien ! - Personne t'aime.

- On te hait ! - Meurs !

- Ha ! Pour une fois, ça me dérangera pas de te ramasser !

- Ah, merci, c'est gentil !

Simon ! Comment ça va ? Tes parents sont-ils vivants ?

- Euh, ouais, mais ils sont, comme, possédés, on dirait.

Possédés ?

- Ben, ils me haïssent ! Ils sont vraiment chiens avec moi.

- Ben oui, parce que tu m'as dit qu'ils te maltraitaient.

- Ouais. - Toi... toi, ça va ?

- Oui, on est arrivés à l'hôtel de St-Valran.

J'ai réussi à empêcher France de frencher Oleg,

donc tout va bien.

- Bon, je suis content d'entendre ça.

- T'as vraiment l'air déprimé.

Je peux venir te voir, si tu veux.

- Oh, ouais. - Euh, oui.

- À moins que ce soit weird ? - Est-ce que ça serait weird ?

- Non ! Non. Rien de weird, là.

Il y a pas de... il y a pas weird 2 minutes.

- Je proposais ça comme ça.

- Il y a rien de weird là-dedans.

- OK, ben, je vais venir.

- OK, parfait, cool ! Viens-t'en. - C'est qui ?

- Chloé. C'est 554, sur le 2e rang.

Un ancien foyer pour personnes âgées.

- À tout de suite ! - OK, bye !

C'est elle qui a proposé de venir, c'est pas weird.

- C'est super weird. - Tout est weird.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je fais rien. - Je bouge pas.

Je touche à rien. Je prends aucune chance.

Pis je te hais.

- Hé, penses-tu que j'ai du fun ?

Penses-tu que ça me tente plus que toi de rester pogné

dans cet univers-là le restant de mes jours ?

- Ah, salut, Simon !

Tes parents seraient-ils dans le coin, par hasard ?

Parce que j'ai cogné pis ça répond pas.

- ATTENTION !

- La batterie de mon char est morte

pis j'aurais besoin d'un petit "boostage".

Ton père a des câbles dans le garage.

- Euh, oui, ou dans son auto, pas loin.

- Ah, pis de la marde !

- Barre la porte ! Ah...

Non, touche pas... Touche pas à la poignée !

Voyons, crisse, tu commences pas à catcher

un peu le concept de rien toucher ?

- Hé, tabarnac ! Ah ! Ah !

Ah !

- Accote-toi sur la rampe ! - Pourquoi ?

- Accote-toi dessus ! - Ça me tente pas.

- Touche la rampe ! - Va chier !

- Touche la crisse de rampe !

- Ah !

- Fais rien ! Fais rien ! - Bouge pas ! Fais... fais rien !

- Faut aller voir les parents.

Phil ! Phil, ça... Bouge pas, bouge pas, OK ? Bouge pas.

On va appeler l'ambulance, tout va être beau.

Papa, maman, appelez une ambulance !

OK, reste calme, comme ça.

Ferme pas les yeux, ferme pas les yeux.

Ferme pas les yeux. Regarde-moi.

- Mon frère. Mon frère.

- Respire doucement. - Doucement, ça va.

- Je veux juste... Je veux juste te dire une affaire.

Je veux juste te dire...

Quand t'as pogné le voisin avec tes jambes dans son cou

pis que tu l'as fait swinger par en avant, je me suis dit :

"Oh, my God, je pense que c'est le plus beau move

que j'ai vu dans ma vie."

Je suis fier de toi, mon frère.

- C'est correct, OK. Oui, OK, ça va.

Ça va, regarde, doucement...

- Mais là, ça va pas, là.

- Oui, non, ça va aller. Ça va aller, OK ?

- J'ai fret, là.

- Oui, non, ben, c'est normal.

Ça va aller, on va... Ça s'en vient, OK ?

- Laisse-moi pas tout seul, hein ?

- Je te laisse pas tout seul.

- Tu me laisses pas tout seul. - Je te laisserai pas tout seul.

- MAMAN ! Bouge pas. Bouge pas, doucement, OK ? Ça va aller.

- Ouais.

- Phil, excuse-moi, c'est ma faute, OK.

J'aurais jamais dû dire

que le voisin, c'était un tueur en série.

Je sais pourquoi j'ai dit ça. C'est un mensonge, je m'excuse.

Je m'excuse tellement !

Merci pour les câbles, Georges !

- Es-tu... T'es correct ? - Es-tu correct ? Ça va ?

- Oui. Oh, je comprends pas, là. - Comment ça se peut ?

- Attends ! Attends, attends, attends, attends, attends !

T'as... t'as avoué ! T'as avoué le mensonge sur le voisin !

Je... je pense que tu nous as ramenés dans notre réalité !

- Oui ! Paul... Paul a jamais été un tueur,

il nous a jamais couru après,

fait qu'on a reséquencé le... comment ?

- Le multi... le multi chose. On a reséquencé...

le multi chose !

On a reséquencé le multi chose !

- Je ne suis plus "badlucké"! - Non !

- Virginie est pas amoureuse de toi !

- Je pense pas !

- On a reséquencé le multi chose !

- On a reséquencé le...

- Multi chose ! - On l'a reséquencé !

- On a reséquencé le multi chose !

- Reséquencé !

- Séquencé quoi ? - Le multi chose !

- On l'a quoi ? - On l'a reséquencé !

- Dans ta face, multi chose, galaxie !

- Ah ! Ah ! Attends.

- Quoi ?

- Tes cicatrices !

- Quoi ? - Elles sont encore là.

- Comment ça ? - Je sais pas.

- Fuck !

Qu'est-ce que tu fais ?

- Attends.

- Bricolage, pour vrai ?

Ben voyons, c'est pas le temps de jouer là.

- Attends, sois patient !

Ah !

Je pense qu'il va falloir

défaire tes mensonges un après l'autre.

100000 mensonges !

- OK, 100000 mensonges, arrête de dire ça, c'est pas vrai.

- On commence par l'Afghanistan.

- J'ai jamais dit que j'étais allé là.

- T'as des cicatrices pis regarde !

Hein ! Hein ! Ça vient d'où, ces "moves-là"? Envoye !

- Envoye quoi ? - Envoye !

- Je suis jamais allé en Afghan...

Je suis jamais allé en Afghanistan.

C'est pas vrai.

C'est un mensonge.

- Good.

Fuck !

- C'est quoi, ça ne marche plus ?

Simon ! Il y a une fille qui vient d'arriver !

Il est mauditement tard pour de la visite !

- Ton mensonge sur les parents.

- Encore, là ?

- Envoye ! Envoye !

- J'ai dit que papa pis maman me maltraitaient.

C'est pas vrai.

C'est un mensonge.

Hé, l'idiot du village, on te parle !

- Comment ça, ça ne marche plus, ça ?

T'es un trou de cul !

- Mes parents m'ont jamais maltraité !

- Tu vaux pas de la marde !

- J'ai eu une enfance heureuse !

- On est allés chez le notaire pour t'enlever ton héritage !

- On va te mettre en adoption !

- Tu seras officiellement pas notre fils !

- Mes parents m'ont jamais maltraité.

C'est un mensonge, je le dis !

- Attends, tu m'as jamais dit à moi

que nos parents te maltraitaient

parce qu'on a grandi ensemble,

mais tu m'as dit à moi

que le voisin était un tueur en série, par exemple !

- Il faut avouer le mensonge

à la personne à qui je l'ai raconté ?

- Peut-être. - Crisse, c'est donc ben pointu !

- Hé, maudit enfant de batte, es-tu sourd ? T'as de la visite !

- Chloé !

Chloé. Hum...

OK, Chloé. Chloé, mes parents m'ont jamais maltraité.

C'est pas vrai, c'est un mensonge.

- Petit crisse de débile mental !

- Voyons, pourquoi ça ne marche plus ?

- Je sais pas !

- OK, euh, Chloé, je t'ai dit

que mes parents m'avaient maltraité.

C'est pas vrai, ils m'ont jamais battu.

Je sais pas pourquoi je t'ai dit ça, c'est un mensonge !

- Retiens-moi, Georges,

j'ai juste envie de lui en crisser une !

- Non, non, non, fais-toi plaisir !

- Des fois, j'ai l'impression d'avoir enfanté l'antéchrist !

- Hé, vos gueules, OK ?

J'ai jamais été maltraité par mes parents,

ils m'ont jamais battu, j'ai inventé ça.

Je sais pas pourquoi, je m'excuse ! Je regrette !

- Tu t'es excusé. - Ouais.

- Comme la première fois avec le voisin ! C'est ça !

Faut que tu t'excuses ! C'est ça qui manquait !

- Voulez-vous des chips ? - Moi, j'ai un petit creux.

- J'ai compris comment reséquencer le multi chose.

- Le multivers ? - Le multivers !

C'est ça ! Le multivers !

- OK, OK, vous avez compris

comment reséquencer le multivers là, là ?

C'est donc ben malade ! Y a-t-il des affaires qui ont changé ?

- Le quoi ?

- Le multivers. Tu t'endors toujours quand j'écoute Canal Z.

- On a réussi à défaire le mensonge

sur le voisin tueur en série !

- Comment ?

- Faut qu'on trouve une personne

à qui j'ai pas dit la vérité, pis je lui avoue ma faute.

- Il s'excuse pis tout redevient normal !

- Quand j'ai arrêté de consommer,

il y a fallu que je m'excuse.

Ils appellent ça faire amende.

- Mais c'est quoi, le multivers ?

Pourquoi vous parlez de multivers ?

- Ben, c'est des univers parallèles,

où il y a une multitude de Claire pis de Georges

aux destins différents.

Dans un autre univers,

il y a un autre Georges pis il y a une autre Claire,

ou il y a un autre Georges pis une autre femme.

- Oh my God !

- C'est qui, elle ?

- Ben, je sais pas, moi. - C'est l'autre Georges.

- Mais il est où, cet autre Georges-là qui m'a trompée ?

- Il t'a pas trompée, il te connaît pas !

Mais il y a sûrement un autre univers

où il y a un Georges qui t'a trompée, là.

- Je le savais.

- Ben non, ce sont des univers parallèles, Claire !

- OK, là, c'est important. Simon a plein de choses à vous dire.

- Euh, OK, ben, tu sais, je vous ai dit souvent

que Phil était super malchanceux,

que tout ce qui pouvait mal aller allait mal pour lui.

Ben, c'est pas vrai, c'est un...

- Un mensonge ?

- Ouais.

- Tu nous as pas dit ça. - Hein ? Ah non ?

Je vous ai jamais dit que Phil était un peu loser ?

- Non, pas ça. - Ben voyons, crisse !

Voir que tu leur as pas dit que j'étais un loser !

Pourquoi tu leur as pas dit que j'étais un loser ?

- Sois content, je suis un bon frère.

- À qui tu l'as dit ? - Dominic, je pense.

- On s'en va voir Dominic

lui dire que je suis pas malchanceux.

- Bon, Phil, il est un peu tard.

- JE M'EN SACRE ! JE VEUX RAVOIR MA VIE NORMALE !

- Hé, hé, hé ! Change de ton ! - Oui, change de ton.

- Tu vois pas que Simon est à bout ?

Admettre ses torts prend de l'énergie.

Je pense qu'il a besoin

d'un break de "reséquençage" d'univers.

- Demain, 8h00, on commence avec papa pis maman.

Tu vas défaire les mensonges que tu leur as racontés,

pis après, on va direct chez Dominic.

JE VEUX RAVOIR MA VIE NORMALE !

- Euh...

- Veux-tu que je t'appelle un taxi ?

- Euh, ben, je "chillerais" encore un peu ici,

à moins que Simon préfère rester tout seul.

- Non, euh, écoute,

ça m'aiderait à décompresser, tu sais.

Je... je vais lui appeler un taxi plus tard.

- OK. Trop fatigué pour "déséquencer" ma marde,

mais il te reste assez d'énergie pour "chiller" avec Chloé ?

Même si on sait très bien que ça, c'est...

Hum ? T'es pas capable d'arrêter, hein ?

Même si tu détruis des vies autour de toi,

ben non, l'important, c'est Simon !

- Oh, Phil ! T'as pilé dans un caca de chien, là.

- Ils ont même pas de chien.

- OK, c'est mon signal. - Bonne nuit, tout le monde !

- Fait que t'as pas... t'as pas rencontré

2 versions de mes parents, toi.

- Non, juste une.

- C'est tellement "fucké".

Pis de tout ce qui s'est passé, tu te souviens de quoi ?

- Euh, t'es un menteur compulsif qui a trop menti,

ç'a changé notre réalité.

Pour moi, tout ce qui se passe, c'est normal,

mais pour toi, c'est complètement nouveau.

Même si c'est vraiment weird,

j'ai décidé de te croire pis de t'aider,

parce que d'un, je trouve ça génial, comme affaire,

pis de deux, je te trouve sexy, ç'a pas d'allure.

- Merci !

Moi aussi... moi aussi, je te trouve vraiment...

je te trouve vraiment jolie.

Hé, c'est plate, mais va falloir que j'y aille, moi.

Je... je vais m'appeler un taxi !

- Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Je peux pas rester ici, c'est trop dangereux.

- Qu'est-ce qui est dangereux ?

Si je reste, on va baiser comme des animaux,

pis c'est pas une bonne idée.

- On va pas faire ça, de quoi tu parles ?

- Je la connais, la game, là !

On va baiser comme des animaux, 2 gros animaux cons,

je vais m'attacher, pis on va se détruire.

- On va pas se détruire !

- C'est toujours ça qui se passe avec moi. Je me connais.

- Pourquoi c'est tout le temps qui se passe avec toi ?

- Je pourrais te donner

la description du complexe d'Électre,

le choix du père comme objet,

la mère comme rivale dans la quête du pénis paternel,

mais plus simple pis plus banal :

divorce raté, père absent, mère distante, carence affective,

petite estime personnelle.

Tu sais, crisse que c'est plate, là !

C'est plate, plate, plate, plate, plate !

- C'est pas plate. C'est vraiment, vraiment pas plate.

- On fait juste dormir, that's it.

- Oui, oui, oui, pas de problème.

- Si tu fais un move, je te gèle. Je niaise pas.

- Hum.

À ta place, je serais prudente,

je connais tous les moves de Bam Bam Bigelow.

- Je suis désolé, hein !

Excuse ! Excuse-moi !

- Non, non, c'est moi, j'ai...

- Ben non. C'est moi.

C'est tout ce que je touche.

- Simon le champion.

- Ouais.

- Non, mais t'étais adorable !

- Ouais, mais c'est pas... - c'est pas ça qui est arrivé.

- Ah non ?

- Non, on a eu une game pourrie pis on a perdu 8 à 1.

- OK, mais...

- C'est... c'est mon premier mensonge.

- Simon, ton père s'occupe de Mme Dubé qui est tombée,

pis moi, faut que j'amène ton frère à l'urgence,

il fait encore de la fièvre.

- OK.

- Claire, Mme Dubé est correcte,

mais M. Goderre s'est encore sauvé.

- Je m'en occupe.

- Je vais amener ton frère à l'hôpital, là.

Ramasse ta chambre, fais tes devoirs, s'il te plaît.

- OK.

- Tu vas préparer le lunch de ton frère demain.

Il nous manque un préposé.

- OK.

- Es-tu correct, là ?

- Super !

- Bonne nuit !

- J'ai compté 4 buts aujourd'hui.

- Hein ?

- J'ai compté 4 buts, dont le but gagnant.

- Quatre buts ! - Mais c'est quelque chose, ça !

Je suis fier de toi, mon gars. T'es notre meilleur.

- Hum !

Ouais, mon père était ben fier.

- Pis t'as aimé le feeling ?

- On dirait, parce que j'ai recommencé... 100000 fois.

- Bonne journée, mon amour. Ah !

On a oublié nos lunchs.

Ah, je m'excuse, je suis vraiment...

- Il y a pas juste nos lunchs qu'on a oubliés.

- Mais non, j'ai...

- Non, on s'est oubliés.

- Ah non ! Non, non, non, non, non. C'est juste des lunchs.

- Non, c'est pas juste des lunchs.

On est au bout du chemin, toi pis moi.

- Ben non, ben non, on n'est pas au bout du chemin.

- On a eu des belles années, mais...

- Oui ! - Faut l'accepter.

- Non, faut pas accepter.

- Toi pis moi, c'est... - Ce n'est plus ce que c'était.

- Non !

- Des randonnées pédestres.

- Mais on a tellement marché dans le bois.

- Ah, mais moi, j'ai jamais... j'ai jamais voulu !

J'ai jamais voulu faire ça, j'ai jamais été capable de...

- Chut !

- Je sais pas.

- Non, non, regarde, regarde, va... va travailler. OK ?

OK, toi, tu vas travailler.

Dans une heure, on va être corrects.

- Non, non.

- Tout va être correct, fais-moi confiance.

Va travailler. Oublie ça.

- Oublie-moi, Phil !

- Allô !

- Tu me niaises ?

- Chloé ! Ma bestie best ! T'étais où ?

- J'ai passé la nuit avec Simon.

- What ?

- Non, il s'est rien passé.

- Ah ! Rien passé ?

- Non ! Rien passé. - C'est malade !

- Rien passé, rien passé ? Il t'a même pas fait un petit cuni ?

- Non, pas de cuni. - Pas de cuni ?

- On a juste jasé. - Pis ç'a tellement fait du bien !

Il y avait de la tendresse, de l'affection. C'était parfait !

- Wow ! C'était parfait. Ha !

De l'affection pis de la tendresse.

Moi, l'affection pis la tendresse, c'est pas...

- Pis c'est pas vrai que ma patronne, c'est une soûlonne.

Ça aussi, c'est un... c'est un mensonge.

- Hé ! On se fait des shots pour célébrer l'amour !

- Je m'excuse.

- Ou on se dépêche un peu, hein ?

C'est beau, tes histoires, mais on est en retard.

Va te changer, on rencontre le premier ministre, aujourd'hui.

- Oui, je suis désolée. Pis je vais aller chercher Oleg.

- Merci !

- C'est pas vrai que c'est le bordel au bureau.

Pis mon assistante est pas narcoleptique.

Pis mon collègue, Robin, je l'ai jamais hébergé.

C'est pas vrai qu'il est dépressif. Il est juste amorphe.

- D'accord avec toi. Il y a tellement pas de problème !

♪ ♪ ♪

- Là, t'es encore fâché à cause d'hier ?

- Virginie vient de me laisser.

- Elle t'aime, hein ! Tu comprends que c'est pas vrai ?

- Oui, je sais que c'est pas vrai, mais ça fait mal pareil.

Pis j'ai vu Chloé sortir de chez nous à matin.

Tu devais aller la reconduire, Simon !

Tu m'as encore "bullshitté".

Je pensais que c'était fini, la bullshit.

- Je t'ai pas "bullshitté", on a juste dormi.

- Chloé est pas réellement en amour avec toi.

- OK, c'est si incroyable que ça

qu'une fille me trouve de son goût, hein ?

- Dis-moi que c'est un mensonge pis tu vas le savoir.

- Ah, shit !

Ben oui, à force de dire

que Dominic a des problèmes de jeu !

Ben oui ! Ah !

Hé !

Ah, je suis tanné !

- Je l'ai pas, l'argent !

Excusez, les gars. Je pensais que c'était quelqu'un d'autre.

- C'est correct, Dominic, mais faut que je te parle.

Je t'ai dit que Phil était le gars le plus malchanceux.

- J'ai pas vraiment le temps. - Tu vas trouver le temps !

- Pis je suis jamais allé en Afghanistan.

Hé, je n'ai plus... je n'ai plus mes cicatrices !

- Good ! Moi, les sprinklers ne m'arrosent plus !

- Bon, là, il faut s'occuper de Dominic.

J'espère que ça fonctionne à distance, ça.

- Simon, tout se passe bien ?

- Oui, euh... - Oui, Martine, écoute...

Les problèmes de jeu de Dominic, euh, c'est un mensonge.

Je m'excuse.

- Simon ?

- Hé, mon char est revenu ! - Oh oui, merci !

À qui t'as dit ça, que Virginie était amoureuse de toi ?

- À Sandra.

- Alors, je vous présente Sandra Simard,

représentante de notre syndicat.

- Sandra Simard.

Enchantée ! Au nom des travailleurs, je vous souhaite la bienvenue chez nous.

- Phil ! J'aimerais ça parler seule à seul avec Simon.

- Mon amour, on va voir Sandra et tout va se régler.

- J'ai besoin de m'ouvrir à Simon.

Je suis rendue là, je ne peux plus attendre.

Simon, l'amour a frappé à ma porte,

mais c'était pas la personne que je m'attendais.

J'ai réalisé que j'avais besoin d'un gars comme toi !

Je le savais pas, mais quelqu'un qui va me surprendre,

quelqu'un qui va me sortir de mon osti de quotidien, là !

Quelqu'un de, tu sais, pas toxique,

mais quelqu'un de pas fiable, qui a pas de morale.

Voyons, c'est quoi, le mot que je cherche, là ?

- Un trou de cul.

- Oui, c'est ça, un trou de cul ! - Ben là !

- Non, un bon trou de cul !

- SANDRA !

- Ah, non, non, non, non !

- Sandra, t'es où ?

- Simon, c'est pas ça que je voulais dire !

♪ ♪ ♪

- Sandra ! Sandra ! Sandra, Simon a quelque chose à te dire.

- Hé, Sandra ! - Salut, Sandra.

- Salut, Simon ! Mais Phil, qu'est-ce que tu fais ?

Hé, toi, là...

- Simon ! Je m'excuse ! - Je sais pas ce qui m'a pris !

- Virginie est pas amoureuse de moi, c'est un mensonge, je m'excuse.

- Hé, toi, là...

- Hé, Chloé, ça va ?

- Toi, t'as l'air d'un gars

qui vient de défaire un mensonge, hein ?

- Je peux te parler 2 secondes ? - Oui, oui.

- Mais, Phil, que fais-tu ?

- Oui, juste 2 petites minutes.

Faut juste que je checke si Virginie est correcte.

- Je suis contente, on a rien fait hier. C'est malade !

- Je t'ai dit que ça se pouvait.

- Wow ! Je savais pas qu'on pouvait vivre

quelque chose comme ça avec quelqu'un en faisant rien.

- Si tu veux, on peut se revoir pour rien faire encore, là !

- Oui, on pourrait rien faire vendredi prochain, mettons ?

- Ah...

- Hum !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je peux pas faire ça.

C'est un mensonge.

- De quoi ?

- J'ai dit à Phil

que... que t'avais eu un coup de foudre pour moi.

- Oh ! OK. Ça veut dire que...

Ah, shit ! C'est pour ça que...

- Je suis désolé.

- Ah ouais ?

- Je... Je sais pas pourquoi je mens.

Ça fait 30 ans que je fais ça.

- Ouais, ben, depuis la fois

que t'as dit à ton père que t'avais compté 4 buts ?

- Ouais. Câlisse !

Hé, excuse-moi, c'est ridicule, là.

- Mais non ! - Ben non, pantoute !

- Pis en plus, c'est le fun

que tu me voies de même, vraiment, là.

J'aime ça, vraiment, c'est cool.

- Hé, pour vrai, un gars qui réfléchit sur lui-même,

pis qui s'ouvre à ses émotions,

c'est la chose la plus sexy que je connaisse.

- Ah ouais ?

- Ouais. Ouais, c'est vraiment très sexy.

Comme très sexy.

- Ça reste un mensonge.

- Ouais, mais on n'est peut-être pas obligés

de le défaire, ce mensonge-là, hein ?

C'est comme pas si grave que ça.

- Hé...

C'est fou, on a juste frenché !

- Pendant comme une demi-heure.

- Mais quand même ! On a juste frenché, tu sais !

- Nous sommes fiers de nos équipements

à la fine pointe de la technologie

et de nos machines performantes.

Merci beaucoup, M. Medvedev, pour votre visite.

Nous allons maintenant passer au hangar de finition,

où le premier ministre et les journalistes

vont nous rejoindre.

Hé, euh, sécurité, code 23.

Attention, des intrus sont entrés

dans le hangar 14, les drones !

- Des drones ?

- Quels drones ? - Les Grey Eagles américains.

- Les fameux drones ! Je me demandais si on allait les voir.

- On construit pas de drones.

- Ben, voyons, ça fait 15 ans qu'on fait ça, là,

tout le monde est au courant !

- Fait que non seulement les Russes sont des espions,

mais mon usine fabrique des drones de guerre

qui pourraient être pilotés à distance par leur armée.

- Ayoye !

- Quelqu'un a pénétré le système et a pris possession des drones.

Je répète : quelqu'un a pénétré le système

et a pris possession des drones !

Let's go, tout le monde, on bouge !

On se retrouve dehors ! Let's go, les gars !

- Des drones, osti !

- Tabarnac !

- À qui t'as parlé de drones ?

- À une fille que j'ai rencontrée dans un bar.

- Qui ? - Aucune idée !

Les drones sont...

- Lâche-moi !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ah, fuck, fuck, fuck, fuck !

- C'est des espions, Simon ! Je comprends. là !

Ç'a pas été difficile de les convaincre même s'ils avaient signé avec les Brésiliens.

- J'ai jamais dit qu'ils ont signé avec les Brésiliens !

- Tu le savais pas.

- Ils ont jamais eu l'intention de signer ?

Fait que leur visite, c'est juste un show ?

- Oui, mais là, on s'en fout. - Là, c'est des espions.

Des espions ! C'est des espions !

- Ah, fuck !

- Monsieur le Premier ministre, faut rentrer dans la voiture.

- What the f...

- Phil ! - Mon amour !

- Je t'aime tellement !

- Tension planétaire...

- Fuck ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

- Regardez ça !

- Compagnie Avionech

seraient contrôlés par les services secrets russes

et viennent tout juste de franchir

la frontière des États-Unis.

Un des drones serait entré en collision

avec un avion commercial

transportant des centaines de passagers.

- La ville de Washington vient d'être bombardée.

Des dizaines de milliers de personnes seraient décédées.

Les ogives nucléaires américaines

volent en direction de Moscou.

- Je peux pas supporter de mourir

en t'ayant caché des choses.

J'ai jamais cessé de t'aimer,

mais il y a 2 ans, j'ai eu une aventure avec Sandra.

C'était juste du cul, on se voyait tous les mardis,

je "skippais" mon yoga pour aller chez eux,

mais c'est fini, promis.

J'ai réalisé que je suis hétéro à 100%

pis que t'es l'homme de ma vie.

- Hein ?

- Ah ! Ouf !

- Non, ça, c'est pas moi.

- Faut que tu te rappelles de la fille

à qui t'as parlé des drones !

- Ça me revient pas.

- Phil, je peux pas mourir sans que tu saches...

J'ai perdu tous nos REER au poker.

Mais je les ai regagnés !

Quand je te disais que j'allais faire du bénévolat

auprès des enfants pauvres à Montréal, là,

j'allais au casino,

mais là, tout va bien, je vois un groupe,

pis t'es l'homme de ma vie.

Ah... Ouf ! Ouf !

- OK, là, tu vas faire travailler ta mémoire,

car à cause de toi, la Troisième Guerre mondiale est sur le bord...

- Attends, c'est ça, la Troisième Guerre mondiale.

- T'es quand même en position d'empêcher

le déclenchement de la fucking Troisième guerre mondiale.

- Arrête de cruiser ma blonde ! - Voyons, Steven !

- Le chum de la fille s'appelle Steven. Il était serveur au...

- On est fermés.

- Il faut absolument que je parle à votre serveur, Steven.

Faut que je lui parle, ou donnez-moi son numéro.

Je pourrais faire arrêter...

- Steven ?

Ah, Steven, il pourra pas vous parler, là.

Alex, sa blonde, était dans l'avion qui s'est écrasé.

- OK. OK. Merci, merci ! - Désolé pour... pour Steven.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Euh, Alex, la fille à qui j'ai raconté ce mensonge-là,

était dans l'avion, euh, qui s'est écrasé.

- Ça veut dire que la fille...

Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre

à qui t'as raconté ce mensonge-là ?

Es-tu sûr ? Parce que là, Simon, c'est une guerre mondiale.

- Les drones, c'est un mensonge que je peux pas défaire.

- Ça veut dire qu'on est prisonniers de cet univers-là ?

- On va mourir ?

- Phil...

Une dernière affaire.

- Ah non ! - Ah non, faut que je te dise.

Ah... Je braconne.

Je suis une braconnière.

J'attrape des lapins

pis je les tue dans le bois en arrière de chez nous.

J'aime attraper des lapins sans les manger.

J'ai un compte Instagram avec plein de photos de lapins morts.

Je le sais, c'est bizarre. Je voulais arrêter.

Je sais que c'est contre tes valeurs.

Bon. Hum, pis t'es l'homme de ma vie, ça, c'est sûr.

- OK, Virginie, c'est correct. - C'est assez, j'ai compris.

- C'est ma faute, je me hais ! - Non, non, ça sert à rien.

- Je suis un monstre d'égoïsme ! - Je prends, je prends, je prends.

Je suis le monstre ultime, je suis la reine des monstres.

- Virginie, s'il te plaît. - Oh shit ! La reine ! C'est ça !

- Quoi ? - Faut tuer la reine.

Tu sais, comme dans Alien, le gros monstre, le boss !

C'est la Xenomorph Queen !

Tu sais, si tu tues la reine,

les autres aliens peuvent pas se reproduire.

Toi, dans le fond, si tu défais le boss des mensonges,

celui qui a engendré les autres, tu pourrais tout annuler.

C'est quoi, ton premier mensonge ?

- Euh, que j'avais compté 4 buts.

- Non, ça, c'est le 2e mensonge.

Le premier, c'est celui qui a engendré

le deuxième pis les autres.

- OK, mais c'est quoi ?

- Ça serait un mensonge que tu t'es raconté à toi-même.

- À moi-même ? - Osti, c'est profond !

- Tu comprends quelque chose, toi ?

- Pourquoi t'as dit que t'avais compté 4 buts ?

- Ben, j'avais eu une partie de hockey vraiment poche, là,

pis, tu sais, je trouvais que je valais rien.

- "Je vaux rien"! C'est le premier mensonge que tu t'es raconté !

Tu pensais que tu valais rien,

tu t'es mis à inventer des affaires.

C'est ça ! C'est ça, ta Xenomorph Queen !

Mais tu valais pas rien.

T'étais un ti-cul de 8 ans qui se sentait négligé

et qui voulait avoir de l'attention.

- Oui, je sais, t'as raison.

- Faut que tu dises au petit Simon de 8 ans

que c'est pas vrai qu'il valait rien.

- Si je défais le premier mensonge,

ça se peut que tu ne te souviennes de rien.

T'auras jamais passé la nuit avec moi à juste dormir,

t'auras jamais eu de coup de foudre.

- Hé, moi, je pense que ça changera rien entre toi pis moi.

Je te trouve vraiment génial, Simon.

- Mais j'ai aucune garantie, c'est tout un dilemme !

- Il y en a pas, de dilemme, câlisse ! On va mourir !

- Oui, c'est vrai, il a raison. - OK. Imagine-toi à 8 ans, Simon.

- Ben oui, mais comment je fais ça ?

- Imagine-toi à 8 ans, tout seul dans ta chambre,

convaincu que tu valais rien,

pis dis-toi que c'était pas vrai.

- Je suis pas capable.

- Oui, t'es capable ! - T'es capable ! Hein ?

C'est super facile de s'imaginer à 8 ans.

- OK, là, là, ferme tes yeux.

Ferme les yeux. Laisse-toi aller.

C'est ça, c'est beau, respire.

Respire.

Pense à ce que tu lui dirais, au petit Simon de 8 ans.

J'étais juste un kid, j'avais 8 ans.

Je valais pas rien.

J'avais juste pas confiance.

Je regrette d'avoir pensé ça. C'était un mensonge.

Je m'excuse.

Je m'excuse.

Accueillons chaleureusement

le premier ministre du Canada !

- Merci, merci !

Aéroskaya est le plus important

transporteur aérien de la Russie,

dessert 49 pays,

et nous sommes honorés qu'ils choisissent

le Canada comme partenaire pour renouveler leur flotte.

Je vous assure que nous sommes très confiants

de pouvoir parapher une entente.

- Avant les élections ?

- On parle de plusieurs centaines d'emplois de qualité

dans mon comté,

vous pouvez imaginer

que c'est un dossier prioritaire pour moi !

Vous savez, on peut sortir un gars de Saint-Valran...

- France nous a dit que le deal avec les Brésiliens était signé !

- Je sais. - C'est juste un show !

L'usine va fermer pis il y a rien qu'on peut faire !

- Je sais !

- M. Medvedev, c'est un honneur

pour tous les Québécois

de faire affaire avec vous.

- Osti, regarde-le, regarde-le !

Regarde-le mentir à tout le monde !

En ce moment, il ment à tout le monde en même temps,

Je sais de quoi je parle, osti,

j'étais le Mozart de la bullshit.

- Oui, on vient de trouver le Beethoven.

- Bon, il reste encore

quelques dossiers à régler, quelques petits détails,

mais soyez rassurés, je m'en occupe !

Je m'en occupe ! Je m'en occupe.

- OK.

- Hé ! Bonjour, bonjour, bonjour ! - Bonjour !

♪ ♪ ♪

- Profitez-en !

- Monsieur le premier ministre,

je viens d'apprendre de source bien informée

que la signature du contrat

pour la fabrication de la flotte d'avions de Aéroskaya

a déjà été paraphée

avec la compagnie Trempoderoso du Brésil.

- Nous sommes encore en négociation

et les chances d'avoir le contrat sont très grandes.

Pourquoi M. Medvedev serait-il venu ici

si ce n'était pas le cas ?

- Et ce serait un hasard

si votre ministre des Affaires internationales

annonçait l'intention du Canada

de mettre fin aux sanctions économiques contre la Russie ?

- Monsieur le premier ministre,

avez-vous conclu une entente avec le gouvernement russe ?

- En échange de la levée des sanctions ?

- Les Russes attendraient après les élections canadiennes

pour annoncer l'octroi du contrat

à une compagnie brésilienne ?

- On veut des réponses ! - C'est quoi, cette histoire-là ?

- On le sort d'ici.

- J'ai voté pour toi, mon câlisse !

- Mme Gauthier ! - Mme Gauthier !

Pouvez-vous confirmer l'information

disant que si l'usine ferme,

votre contrat serait résilié avec pour vous

un parachute doré de combien ? 6 M$? 7M$?

- 8 M$.

- Bon, je pense que vous avez compris, hein ?

Il y a pas de contrat. L'usine va fermer. Je suis désolé.

- Ah, ça va fermer ! - Osti, je le savais, là !

- Ayoye ! Je suis vraiment désolée !

Je t'ai vu aller parler à la journaliste.

Ça prenait du guts pour faire dérailler

toute l'opération que vous avez mise sur pied !

- Ouais, mais je pouvais pas faire autrement.

- Honnêtement, moi, j'ai rien vu venir.

Mais wow, méchante fin de contrat ! Merci, hein !

- Pis toi, ça s'est bien passé, ton contrat ?

Les 2 derniers jours, tout ça, ça...

- J'aurais pas pu avoir

une meilleure expérience en traduction.

- Ah ! Je suis content d'entendre ça.

- Oleg pis sa gang étaient charmants,

France était super professionnelle, moi,

je me suis sentie à ma place,

pis... pis il faut que je te dise, Simon...

- Quoi ?

- C'est beaucoup grâce à toi

si j'ai pu performer comme ça.

T'as été un super allié pour moi,

tu m'as mis en confiance, pis honnêtement,

jamais j'ai eu une aussi belle complicité dans une job,

ce qui fait que je suis vraiment contente.

Encore merci !

- Oui.

Hum...

Fait que, veux... veux-tu qu'on aille prendre un verre ?

- Oh non, Simon ! Ha !

Non ! J'ai aimé ça, travailler avec toi,

mais... mais je suis toujours en sabbatique de relation.

Hé, faut pas le prendre personnel, hein, mais non.

- Je com...

- J'aimerais mieux pas, je...

- Je comprends.

- OK, ben, euh... Bye !

- Euh, bye-bye !

- En gros, ça veut genre dire : "Bonne vie."

Mais c'est pas...

C'est un petit peu plus poétique que ça,

mais... mais ouais, bonne vie !

Merci beaucoup d'être là, tout le monde.

La dernière fois, vous avez essayé de m'aider

et j'ai pas été réceptif, je m'excuse.

Je veux aussi dire à Phil, à Virginie, Dominic pis Sandra

que je suis vraiment, vraiment désolé pour vos jobs.

Pis fuck Avionech !

- Ouais. C'est vrai. - Ouais.

- En ce qui me concerne,

je vais essayer de mériter votre confiance.

C'est fini, les mensonges.

- Bon ! - Ouais !

- Bravo, Simon !

- Je veux vous annoncer que j'ai démissionné.

- Hein ? - Quoi ?

- Pourquoi t'as fait ça ?

- Car j'ai vraiment besoin d'un break.

- Mais c'est normal, tu travailles fort !

- En fait, ça va pas super bien.

- Ah, mais est-ce que c'est à cause de nous autres, là ?

- Non, non, non.

- Ah, mais tu vas voir, ça va s'arranger.

- Mais qu'est-ce qui va pas, Simon ?

- Regarde, j'aime Chloé, pis Chloé, elle m'aime pas.

Elle ne m'aime plus.

J'espère que tu fais pas une dépression !

- Mais pour ta job, qu'est-ce que tu vas faire ?

- Ben, j'ai loué une cabane en bois au milieu de nulle part

pis j'amène une pile de livres. Je me débranche.

- Pourquoi t'attends pas quelques mois

avant de prendre une décision ?

- Avec un nouveau PDG,

ça serait bon que tu restes pour la transition.

- Ils ont déjà accepté ma démission,

pis peut-être que toi, tu vas tomber

sur un boss avec qui t'as une meilleure chimie.

- Comment ça ? - Ben, je te le souhaite !

T'es une super assistante.

- Je trouve qu'on a toujours eu

une bonne chimie.

- On n'a aucune chimie.

Mais j'en prends la responsabilité.

- Ben oui, c'est ça !

Dis-moi que je suis pas du monde

pis prends-en l'entière responsabilité !

- C'est pas ça que je dis.

- On va quand même pouvoir aller

prendre un verre parfois ?

- Pour l'instant, là, j'ai vraiment besoin

de coupure avec le travail.

- Notre relation tient pas juste au travail,

on est des amis, quand même !

- On est des collègues qui s'apprécient beaucoup.

Mais des amis, là, des vrais amis,

c'est triste à dire, mais je sais pas si j'en ai.

- Euh, Simon, mange de la marde !

- Ben là...

- Je déménage dans un shack au milieu de nulle part.

Je ne suis pas capable de payer mon hypothèque.

- Ouais, la moitié de nous autres vient de perdre sa job,

pis tu nous fais déplacer

pour nous annoncer que t'es déprimé,

mais que t'as les moyens de te payer une retraite fermée ?

- Ben non !

- Hé ! Merci, hein ! - C'est ordinaire, hein !

- Pis t'étais pas obligé d'inclure

tes collègues dans le groupe, tu sais.

- Si on n'avait pas de chimie, pourquoi tu m'as invitée ? Pour m'humilier ?

- Pour faire chier avec ton break ?

- Est-ce qu'on en a, une chimie, nous autres ?

- Honnêtement, j'ai pas la force

d'être la mère d'un enfant dépressif.

- J'avais pas besoin d'entendre en ce moment

que j'ai pas d'amis.

- Mets-en ! Un peu narcissique, peut-être ?

- Oui, c'est ça ! - Narcissique !

- OK, mais... Minute ! - Regarde-toi le nombril !

- Hé, hé ! Vos gueules, vous êtes pas contents quand il ment,

vous êtes insultés quand il est honnête, branchez-vous !

Ça prend du courage, admettre ses torts !

Pis Simon, il part de loin.

Je pense qu'on devrait être ben fiers de lui.

En tout cas, je suis fier de toi.

Je suis fier d'être ton jumeau.

- On en a une, chimie, nous autres ?

- Hé, hé, hé ! - Écoutez ça !

- Les dirigeants d'Avionech

viennent d'annoncer qu'ils vont diminuer

leur salaire et leurs dividendes de 40%.

De plus, lors d'une assemblée générale extraordinaire,

les actionnaires de la compagnie ont décidé à l'unanimité

d'accepter un rendement moindre de leurs actions.

Dans un communiqué, Avionech informe

qu'une diminution de 20% du profit de la compagnie

lui permettrait d'être à la fois très rentable

et de réembaucher une grande partie des employés congédiés

lors de la dernière rationalisation des coûts.

Voyons donc !

- Ce geste de la part

de la multinationale Avionech

est une première,

et permettrait à plus de 5000 travailleurs dans 3 pays

de conserver ou retrouver leur emploi.

♪ ♪ ♪

- À la réunion du syndicat, quand j'ai dit...

Pis il est important de montrer qu'Avionech

est une compagnie qui met ses travailleurs en premier,

une compagnie qui ne recherche pas le profit à tout prix,

une compagnie qui priorise le bien-être de ses employés

avant celui de ses actionnaires.

- Mais ils sont pas supposés

d'être tous défaits, tes mensonges ?

- Fait que... Hé, moi, je disais ça, je voulais même pas...

- Regarde, on prendra pas de chance avec celui-là, OK ?

- OK.

- Bonne chance avec ton débranchement !

- Pis toi, avec Virginie ?

- Quoi, Virginie ?

- Ben, penses-tu rester avec ou...?

- Pourquoi je resterais pas avec ?

- Ben non, mais je veux dire, son jardin secret, là,

pis le casino, pis le braconnage pis son aventure avec Sandra.

- En ce qui me concerne, c'est jamais arrivé.

J'ai l'impression que si on en parle,

ça va juste devenir trop vrai,

pis ça va prendre toute la place dans le couple,

fait que je peux compter sur ta discrétion ?

- Ouais.

- Je nous ai quand même "booké"

une excursion dans le Grand Nord canadien.

Trois semaines de dépaysement et d'inconfort total.

Va juste falloir

que je l'empêche de massacrer des phoques.

- Hé ! - Hé !

- C'est ici que tout a commencé il y a exactement un an

quand les actionnaires de Avionech

se sont mis d'accord afin de redistribuer

aux employés de cette usine

une petite partie de leurs dividendes.

Suite à ce geste inédit,

un mouvement planétaire s'est spontanément créé

avec des manifestations monstres dans tous les pays,

forçant les gouvernements à légiférer

afin d'obliger les multinationales

à redistribuer une partie de leurs profits à leurs employés.

C'est ici que se termine la visite.

Lors des feux d'artifice, le pont Jacques-Cartier

est fermé à la circulation.

Les gens peuvent s'y rendre afin de profiter du spectacle

et de la vue exceptionnelle sur Montréal.

C'est fantastique.

Une dernière question ?

- J'ai une question pour mademoiselle.

J'ai connu Chloé il y a un an.

Je pense à elle depuis.

Pour l'impressionner, j'ai appris le russe.

Je peux te parler deux minutes ?

- Hum, hum ! - Ha ! OK !

- Bon, OK, j'ai pas vraiment appris le russe,

j'ai juste appris ce que je viens de dire là,

mais c'est quand même compliqué, comme langue !

- Je pense à lui de temps en temps.

Je vous souhaite à tous un bon séjour.

Merci ! Merci !

- Bonne chance mon gars.

- Salut !

- Salut, Simon ! Ha !

- Hum... Euh, je sais que c'est complètement débile, là,

pis irrationnel de venir te revoir comme ça, là,

un an après avoir passé 2 jours ensemble,

mais... mais j'arrête pas de penser à toi.

- Ah oui ?

- Oui. Je... ben, j'ai pensé à autre chose aussi, là,

j'ai... j'ai fait une dépression.

Je suis parti dans le bois en retraite

avec une pile de livres.

J'ai trouvé ça plate à mort.

J'ai fait une 2e dépression.

Je suis parti en road trip au BC, j'ai ramassé des pommes,

je me suis fait mal dans le dos,

j'ai fumé du pot pour une première fois

depuis secondaire 2 avec une gang de Mexicains.

J'ai eu un bad trip, j'ai vomi dans un sombrero.

Ça m'a permis d'apprendre l'espagnol.

- Ha ! Ben oui !

Je suis un homme sincère.

- Oh !

- Pis, ben, je me questionne beaucoup, pis j'avance, pis...

Pis toi ? Comment ça va ?

Tu m'as dit que t'avais

du travail à faire sur toi,

ça avance ou...?

- Euh, oui, lentement.

J'ai fait une petite rechute de 2 semaines,

mais je me suis tapé les Cosmos sur Netflix.

Mettons que Neil deGrasse Tyson

est bon pour remettre les affaires en perspective.

- Ben, je suis content d'entendre ça,

parce que moi aussi, c'est... mettons que c'est up and down.

Mais là, ça va bien, pis ça irait encore mieux

si... si t'acceptais finalement

de venir prendre un verre avec moi.

- Oui, OK ! Ha !

- Ouais ?

- Allons-y ! Ha ! - OK ! OK, c'est cor...

Ben oui, OK, viens-t'en ! Oh !

♪ ♪ ♪

Nous sommes encore en danger.

Un nouveau menteur s'est manifesté.

La cristallisation de ses fabulations est imminente.

- Bin là ! Encore ?

Fucking shit man... Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Il faut à nouveau méditer et aider cette personne.

- Oui, et la guider vers sa première vérité.

- C'est chill.

Il est où "Celui-qui-ment-à-tout-vent"?

- Non.

- Ce n'est pas "Celui-qui-ment-à-tout-vent".

C'est "Celle-qui-ment-à-tout-vent".

- Phil ?

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