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Grandeur et décadence de Fred A. Leuchter, Jr
Je me suis mis à fabriquer du matériel d'exécution
car j'étais effaré par l'état déplorable
de l'équipement utilisé dans la plupart des prisons d'État,
qui transforme souvent les exécutions en séances de torture.
Un jour, un État m'a demandé d'examiner ses chaises électriques.
L'état du matériel m'a surpris
et je leur ai suggéré des changements
pour améliorer le matériel
et garantir une exécution humaine.
Outre ces recommandations,
j'ai consacré mon temps et mon argent
à mettre au point un nouvel équipement
destiné aux États où l'on exécute par électrocution,
bien moins cher que ce qu'ils devraient payer
s'ils engageaient des ingénieurs pour des améliorations de détail.
Le matériel est standardisé.
Il répond aux normes requises pour l'électrocution
et ne coûte pas plus cher que le matériel d'usine,
alors qu'il est artisanal.
Ils paient avant tous les pièces, la main-d'œuvre et l'installation,
plus 20% de marge, ce qui est honnête.
Nous allons tester ce système
ici, à la prison d'État du Tennessee.
On branche sur cette machine le mécanisme d'exécution,
qui considère la chaise comme un corps humain.
Il y a ici plusieurs résistances très puissantes
et 4 ventilateurs.
Je vais mettre en marche ces ventilateurs
pour lancer le refroidissement.
Passons à l'alimentation électrique.
Nous allumons l'interrupteur principal.
Comme vous le voyez,
le voltage est monté à 2640 volts.
Testons la console de commande de la chaise électrique.
On déclenche le système de sûreté intégré.
Puissance maximale. Ordinateur.
Et j'appuie sur le bouton.
Le corps humain n'est pas facile à détruire, c'est dur de tuer
de manière humaine et indolore
sans infliger de graves dégâts au corps de la personne.
Un excès de courant grille les tissus.
Parfois, s'il y a trop de courant,
la chair se détache du corps comme la viande d'un poulet grillé.
L'exécution doit se faire en deux décharges.
En 1/240ème de seconde, la première décharge
endommage ou détruit le système nerveux central.
La décharge se prolonge près d'une minute.
L'adrénaline se répand dans le sang.
La seconde décharge attaque de nouveau le système cardiaque.
Et il n'y a plus d'adrénaline pour le faire redémarrer.
Le condamné est mort.
Si, au cours de l'exécution, le voltage n'excède pas 2000 volts,
le système cardiaque n'est pas complètement détruit,
et 20 ou 30 mn plus tard,
le cœur du condamné redémarre tout seul,
et le condamné
est ressuscité.
Il faut rappeler les témoins,
remettre ce légume sur la chaise électrique
et le ré-électrocuter.
Un système de maintien en vie ou d'exécution, c'est pareil.
Le système doit marcher sans faille
pendant toute l'opération.
Si le système de maintien en vie est défectueux, le malade meurt.
Avec un système d'exécution défectueux,
le condamné survit, mais il n'est plus humain.
Ce n'est plus qu'un légume décérébré,
ce qui est bien pire que d'être exécuté.
Mon père travaillait dans les prisons du Massachusetts.
Il supervisait les transports,
à la vieille prison de Charlestown,
puis à celle de Walpole,
une prison neuve rebaptisée Cedar Junction.
Comme tous les jeunes, je l'accompagnais au travail.
J'ai commencé quand j'avais 4 ans.
J'ai visité tous les quartiers,
y compris le couloir de la mort.
J'ai visité la pièce où on avait exécuté Sacco et Vanzetti.
Les prisonniers
m'ont appris des choses, souvent illégales,
mais qui m'ont beaucoup servi :
crocheter une serrure, ouvrir un coffre.
J'ai appris de drôles de choses étant petit.
Des exécutions, je connaissais l'envers du décor,
et j'y suis venu
par souci humanitaire, à cause de tous ces cas
où la mort devient torture.
Par exemple, en Floride, il y a deux ans,
quand on a exécuté Jesse Tafero, sa tête a pris feu.
Une autre fois, la chaise s'est brisée,
et le condamné
se tordait par terre en hurlant
pendant 40 mn, le temps de réparer la chaise électrique.
Le transformateur a cédé.
Grâce à l'astuce de l'électricien de la prison,
on a fait passer des câbles au-dehors
pour se brancher sur le réseau public.
Du reste, la compagnie d'électricité n'a pas protesté.
Un autre fois,
le transformateur a pris feu, il a explosé,
et le seul résultat,
c'est que le condamné a perdu connaissance.
Il s'en est sorti indemne, sans lésions cérébrales.
La chaise a été réparée 6 mois après
et l'exécution a été réussie.
Mais il a eu de la chance. Il a reçu
une décharge électrique massive,
l'équipement a explosé et pris feu,
et il s'en est sorti sans la moindre brûlure.
Peu à peu, je me suis dit
que l'équipement de tel ou tel État avait des dysfonctionnements.
Et un jour, j'ai compris que c'était partout ainsi.
Les chaises étaient fabriquées par des prisonniers,
ou des électriciens incompétents.
Ils se contentaient de copier
la photo d'une chaise existante.
L'électrocution d'un éléphant
L'État du Tennessee m'a contacté
en prévision de sa nouvelle prison.
Je devais inspecter l'équipement existant
et évaluer ce qui pouvait être conservé.
Le seul impératif,
c'était de conserver leur chaise électrique,
qui datait de 1898,
car son bois
gardait en mémoire toutes les électrocutions passées,
et ce bois avait autrefois servi pour la potence.
La chaise elle-même
était plus petite qu'on aurait pu le croire.
On aurait dit un modèle pour enfant ou pour femme.
On s'est contenté d'élargir la chaise
et de la rehausser.
On a changé l'alimentation électrique
pour éviter les "grillades".
Comme on n'arrivait pas à harmoniser
le vieux bois avec les pièces neuves,
il a fallu repeindre la chaise
avec une peinture spéciale à base de résine époxy,
celle qu'utilise la NASA
pour le fuselage de la navette spatiale.
Steve, beau-fils de Fred,
décrit l'arrivée de la chaise à la maison.
C'était en 89, je crois.
J'allais encore à l'école.
En rentrant, j'ai vu cette caisse dans le jardin.
C'était une chaise électrique.
Fred et mon oncle étaient là avec le pied-de-biche.
Ils ont dû forcer la caisse, tout dévisser...
Une chaise électrique dans le jardin !
Je ne m'y attendais pas,
contrairement à Fred.
C'est dur de manœuvrer dans les escaliers
avec une chaise en chêne de 100 kg.
Mais d'abord, bien sûr,
on y a assis et attaché Fred.
Moi, j'ai refusé.
J'avais fait développer quelques pellicules,
des photos de travail détaillées,
pour avoir une vue d'ensemble avant le démontage.
En les regardant, j'étais stupéfait.
On a pris une loupe
pour essayer d'identifier cette chose,
comme un ajout à l'image.
À ce que je sais, certains objets projettent une aura.
Exposés à des champs électromagnétiques
intenses, certains objets
absorbent cette énergie
et projettent une aura.
C'est un mystère :
avons-nous photographié une entité réelle ?
Peut-être hante-t-elle encore le Tennessee.
Ou bien elle s'est échappée quand j'ai démonté la chaise.
Je l'ignore.
Enfin... s'il y avait vraiment quelque chose.
Puis l'État du New Jersey
m'a engagé comme consultant
pour la mise au point d'une machine d'injection mortelle.
En effet, ce mode d'exécution
constitue un dilemme presque insoluble,
même pour le personnel médical.
Ils avaient décidé d'utiliser une machine
pour injecter aux condamnés les solutions chimiques
en temps voulu et selon les doses prescrites.
Ainsi, on éliminait le facteur humain.
J'ai étudié le problème
et j'ai proposé un système de fonctionnement.
La seringue est actionnée par un piston sur colonne d'air.
Cela crée un circuit de va-et-vient entre la machine
et le système cardio-vasculaire.
Ainsi, le condamné absorbe la solution
à un rythme acceptable pour son organisme et ses vaisseau sanguins.
Les médecins, ravis,
devaient convaincre les responsables de la prison.
Le directeur adjoint
s'ennuyait pendant la réunion,
sans doute parce qu'il ne comprenait rien à ce que je disais.
Puis une phrase l'a fait réagir.
Un médecin dit : "Fred a conçu le casque de la chaise électrique
utilisée en Caroline du Nord."
Alors le directeur adjoint dit : "Arrêtez tout !"
Il me regarde : "C'est vous l'inventeur de ce casque ?"
J'ai dit oui.
Il dit aux médecins : "Ça marche. Préparez les papiers,
M. Leuchter a le contrat."
Je ne vois pas le rapport
entre une électrocution et une injection mortelle.
La première, je connais,
mais pas forcément la seconde.
Voilà deux concepts très différents.
Sur la chaise, on perd conscience
en 1/240ème de seconde.
Dans la chambre à gaz, ça prend 3 ou 4 minutes.
Pour la pendaison, ça n'a pas d'importance,
car on plonge aussitôt monté sur le gibet.
Jamais le condamné ne reste allongé à regarder le plafond pendant 35 mn.
Le condamné est entravé,
car s'il bouge, il s'abîme le bras avec le cathéter.
Mais on peut lui offrir un peu de confort,
un fauteuil comme chez le dentiste,
pour être assis.
On peut lui mettre la TV, de la musique, des posters au mur,
plutôt qu'une cage en béton.
Ça, c'est inhumain.
L'information a circulé entre les États.
On a eu des contrats avec L'Illinois et le Delaware.
Ils avaient un problème de pendaison insoluble.
Ils avaient une potence en réserve depuis 25 ou 30 ans.
Quand ils l'ont remontée, elle s'est effondrée.
Rien ne marchait, sauf les gonds de la trappe.
Parce que j'avais conçu un casque de chaise électrique,
on m'a commandé une machine d'injection.
Je la mets au point.
Résultat : on me commande une potence.
Je la fabrique. Après ces 3 expériences,
on me consulte comme expert
en chambres à gaz.
L'expertise vient avec le métier :
on étudie le problème et on cherche la solution.
C'est le travail de tout ingénieur compétent.
Sauf que le marché est limité.
Les équipements d'exécution
n'attirent pas les gens. Ils y sont moralement opposés.
Ils ont peur que cela les affecte.
Comme vous l'avez compris,
je suis pour la peine de mort.
Mais je suis contre la torture.
Il ne faut jamais oublier
que le condamné à mort est un être humain.
L'un des aspects de mon travail
concerne les sentiments des participants aux exécutions.
Les gardiens qui prennent part à l'exécution
ont souvent été en contact avec le condamné
pendant 5, 10, 15,
voire 20 ans dans le couloir de la mort.
Le directeur de la prison joue le rôle
de père de substitution pour le condamné.
Il le voit 5 ou 6 fois par semaine.
Il se préoccupe de sa santé,
de son bien-être.
Et finalement, il doit l'attacher
sur la chaise, dans la chambre à gaz,
ou sur le lit pour l'injection,
ou lui passer un nœud coulant.
Les gens ne voient dans les meurtriers
que des prisonniers attendant leur exécution,
mais en fait, ils sont comme des collègues de travail,
sauf que le gardien rentre chez lui le soir.
Et après 10 ou 20 ans,
les gardiens doivent exécuter le condamné
avec un équipement défectueux,
qui le fera souffrir.
Même une exécution réussie provoque des brûlures d'électrodes.
C'est très déplaisant
pour le gardien qui doit détacher le condamné de la chaise
après l'exécution.
Pour défaire les sangles,
le gardien doit comprimer la chair du corps.
Elle suinte parce qu'elle a grillé.
Les fluides corporels coulent sur ses mains.
J'ai créé des sangles qui se détachent automatiquement.
Comme une ceinture de sécurité.
Il suffit d'un bouton.
Notre chaise prévoit aussi une cuvette.
Toute personne exécutée
perd le contrôle de son corps.
Elle urine et défèque dans son pantalon.
Cela se répand sur la chaise et au sol.
C'est répugnant.
C'est totalement inhumain
de laisser quelqu'un qu'on exécute,
un être humain,
qui a droit au respect de sa dignité
à l'heure de sa mort,
il est dégradant, donc,
de le laisser déféquer
et littéralement pisser par terre.
De plus,
l'urine répandue au sol est normalement nettoyée.
Or, l'urine est conductrice.
S'il y a une seconde exécution, ou une troisième exécution,
en cas d'exécutions groupées,
les gardiens doivent opérer
sur un sol trempé d'urine conductrice.
Il n'y a jamais eu d'accident,
mais l'urine peut servir de conducteur
et électrocuter un gardien.
Or personne
ne devrait risquer sa vie
à cause d'une exécution.
C'est pareil pour les chambres à gaz,
à cause de l'équipement défectueux.
À chaque exécution au gaz,
on risque l'accident.
Il y a des risques de fuites graves.
Et j'espère de tout cœur
que les États qui gazent encore les condamnés
renonceront à ce système
pour adopter l'injection ou tout procédé
qui ne met pas en danger la vie
de l'assistance et du personnel carcéral
présents à l'exécution pour garantir le respect de la loi.
Connaissant bien les 4 systèmes utilisés,
je préférerais être électrocuté,
mais en utilisant mon système, celui du Tennessee.
Je ne veux pas être électrocuté en Virginie,
ni en Floride,
ni dans l'Alabama,
finir comme M. Tafero,
ou avoir les yeux
qui éclaboussent les murs.
J'aime qu'une exécution se passe bien.
On me demande souvent,
surtout mes adversaires,
si tout ça ne m'empêche pas de dormir.
Je réponds toujours que je dors sur mes deux oreilles,
réconforté à l'idée
que les condamnés qu'on exécute avec mon équipement
ont plus de chances de connaître une mort indolore, humaine et digne.
Je bois du café depuis toujours, depuis l'âge de 4 ou 5 ans.
J'adore le café.
Le café coule dans mes veines.
Ça n'attaque pas mon ulcère.
Il y a 15 ou 20 ans,
j'ai vu un médecin. Il me demande
combien je bois de cafés par jour. 40 tasses, je réponds.
Il me repose la question. Même réponse.
Deux fois, je réponds : 40 tasses.
Il dit : Vous plaisantez ? Je réponds : Pas du tout !
Il dit : Ah !
Vous fumez ? Et moi : 6 paquets par jour.
Il dit : 6 paquets, 40 tasses par jour,
vous devriez être déjà mort.
Sans café, j'ai d'horribles migraines.
Mon corps est immunisé contre la caféine.
À peine couché, je m'endors.
Un jour, elle est apparue.
Je laissais des pourboires, elle me resservait du café.
J'étais serveuse, il était client.
Je bossais de nuit.
Il allait s'entraîner au tir.
Il m'a appris à tirer.
J'ai un calibre 22.
Joe m'a demandé :
Tu sais ce que Fred fait dans la vie ? J'ai dit non.
Il a dit : Il tue des gens.
J'étais surprise,
mais Fred m'a expliqué ce qu'il faisait.
Il ne tue pas les gens.
Il fait des machines pour les tuer.
Il avait des problèmes avec sa mère,
qui ne lui parlait plus. On s'est mariés.
Le procès de Ernst Zündel
En ma qualité d'expert
en équipements d'exécution,
j'ai témoigné,
à la demande de ses avocats, au procès de Ernst Zündel,
un citoyen allemand vivant au Canada depuis 20 ans,
auteur d'un pamphlet intitulé
"6 millions de morts, vraiment ?"
Comme souvent, Zündel est arrivé au tribunal
avec ses partisans casqués.
Cet homme, pour qui l'Holocauste est un mythe,
est prêt à défendre ses thèses devant un jury.
Il est accusé d'un délit pénal rarement invoqué,
la désinformation délibérée
incitant à la haine raciale.
45 ans de racisme antiallemand, ça suffit.
L'Holocauste n'est que propagande antiallemande
pseudo-historique.
Et moi, promis, avec mes amis du monde entier, juifs et Gentils,
je vais en finir avec la 2e guerre mondiale.
On peut résoudre l'énigme des chambres à gaz
à Auschwitz et ailleurs
en engageant un expert américain.
car l'Amérique est le seul pays à gazer des condamnés.
Mais dans l'annuaire, à "chambre à gaz",
on ne trouve pas facilement des experts comme Leuchter.
Leuchter était notre seul espoir.
Ernst Zündel Éditeur/commentateur révisionniste
Nous sommes partis un mois après notre mariage.
Elle n'aime pas que je dise ça, mais c'était notre voyage de noces.
La Pologne, c'est une drôle de lune de miel.
Tous les Américains devraient y aller une fois,
pour apprécier ce qu'ils ont chez eux.
J'ai emmené Carol et mon dessinateur, Howard Miller.
Les Canadiens nous ont fourni
un caméraman qui a filmé en vidéo
tous nos faits et gestes,
et un interprète qui parlait couramment l'allemand
et surtout le polonais.
C'était une équipe réduite mais suffisante.
Nous avons passé la première nuit
à l'hôtel Auschwitz,
où résidaient les officiers allemands
du camp d'Auschwitz.
Il y avait une cafétéria
où, à notre arrivée, on nous a servi
de la soupe à l'amidon :
ils font bouillir des pâtes,
les retirent et servent le bouillon.
C'était infect.
En plus, j'ai eu droit à une double ration
car à mon insu,
ma femme m'a refilé sa part.
Bonjour, je m'appelle Fred Leuchter.
Je suis ingénieur à Boston, aux USA.
Et je me trouve à Auschwitz, en Pologne, sous la neige.
Nous sommes le 28 février, il est environ 10h30.
Je vais examiner la soi-disant chambre à gaz.
Un abri antiaérien selon certains.
Une simple morgue selon d'autres.
Et puis il y a ceux qui pensent que c'était une chambre à gaz
à des fins d'extermination.
Carol était restée à l'une des entrées,
dans le froid.
Elle faisait le guet :
Carol à une porte, l'interprète à l'autre.
J'étais à l'intérieur avec Howard,
faisant des mesures, des repérages
recueillant des échantillons,
tandis que le caméraman filmait.
Chacun accomplissait sa tâche.
Nous n'étions que cinq.
On a gratté de la peinture,
prélevé du plâtre dans des endroits discrets,
mais qui pouvaient garder des traces de condensation de cyanure.
On a dessiné le plan des pièces
avec des flèches
indiquant l'origine des échantillons.
Les carnets, les cassettes,
et les dessins
ont été remis au tribunal à titre de preuves.
Zündel est poursuivi pour falsification de l'Histoire,
et publication de livres négationnistes.
Il cherche à prouver
que cette Histoire falsifiée est la vérité historique.
Fred Leuchter est sa carte maîtresse.
Il fait office d'expert
censé trouver dans les ruines
la preuve qu'on n'y a tué personne.
Pour moi, nier l'Holocauste est révoltant,
et le seul moyen pour moi de résister à la nausée
en abordant le cas Leuchter
était de reconstituer son voyage.
Mon travail, c'est d'abord
d'essayer de comprendre où il est allé et à quel moment...
Robert Jan van Pelt Historien
...de voir la cassette, d'identifier
les emplacements de caméra
et les murs qu'il examinait,
où il a prélevé ses échantillons.
Il était crucial de reconstituer son itinéraire exact,
de voir comment il avait procédé.
18,59 m.
18,59 m depuis le mur du fond.
Leuchter est victime du syndrome Sherlock Holmes.
Un crime a été commis,
on va sur le lieu du crime et avec sa loupe,
on trouve un cheveu, ou un grain de poussière.
Pour Leuchter, c'est comme ça qu'on reconstruit la réalité.
Mais il n'est pas Sherlock Holmes.
Il n'a pas la formation.
Il n'avait pas l'expérience,
l'expérience requise pour examiner des bâtiments en ruines.
Sa seule expérience,
c'était d'avoir repensé la chambre à gaz de Jacksonville, Missouri.
À Birkenau, j'étais dehors.
Je suis restée dans la voiture
et je me suis gelé...
les pieds.
J'y suis restée des heures.
J'avais de la lecture,
des romans policiers,
et des mots croisés.
Je fais beaucoup de mots croisés.
Pour moi, ça n'avait rien d'un voyage de noces.
Là-bas, on n'a jamais dormi dans le même lit, je crois.
J'essaie d'oublier ce voyage.
Je tiens à dire qu'on a tout fait
le plus décemment possible,
car il s'agit d'un sanctuaire, d'un monument national.
Ma seule hantise, ma seule peur,
c'était de me faire prendre,
car hélas on fait beaucoup de bruit
quand on descelle de la brique.
Auschwitz est comme le saint des saints.
Je m'y étais longtemps préparé,
et dire qu'un imbécile débarque,
sans la moindre préparation !
C'est un sacrilège :
pénétrer dans le saint des saints
avec une indifférence totale.
Je pensais trouver des locaux ayant pu servir de chambres à gaz,
protégés contre les explosions,
protégés contre les fuites,
avec des trous dans les murs
pour les ventilateurs et les conduits.
Il faut bien
évacuer le gaz une fois qu'il a envahi la pièce.
Il faut un dispositif qui chauffe les pastilles
qu'il transforme en gaz se diffusant dans l'air.
Il n'y avait rien de tel.
Auschwitz n'a plus rien à voir
avec ce que c'était pendant la guerre.
Tout a changé 3 ou 4 fois
depuis l'époque du camp d'extermination.
50 ans après, les baraquements sont moisis, ils puent.
Ce n'est pas l'odeur de la guerre,
c'est celle de 50 ans de pourrissement,
d'exposition aux éléments.
En visitant les fours crématoires,
impossible de comprendre ce que ressentaient les victimes
se déshabillant avant d'être gazées.
Mais quand on consulte les archives,
il est possible
de se représenter à quoi ressemblait l'endroit
pendant la guerre.
Quand j'ai eu accès aux archives,
j'ai été bouleversé.
J'avais découvert ma mission, ma tâche, ma vocation.
À Birkenau, il ne reste presque rien.
Alors que toutes les preuves rassemblées dans cette pièce
acquièrent une réalité palpable et concrète,
la réalité de la construction du camp.
Si Leuchter était venu ici
consulter les archives,
il aurait trouvé les preuves
de l'existence d'un système de ventilation,
d'un système d'infiltration du zyklon B dans les locaux,
de l'existence des chambres à gaz,
de la présence de vestiaires.
Mais je ne crois pas qu'il lise l'allemand,
donc cela aurait été vain.
26 février 1943,
18h20.
Télégramme adressé à Topfwerke Erfurt.
"Expédiez immédiatement 10 détecteurs de gaz.
"Faites suivre facture.
Signé : Pollok, officier SS."
Auschwitz, 6 mars
1943.
Objet :
Krematoria 2 et 3.
"Suivant votre suggestion,
"la cave n°1 doit être préchauffée.
"Veuillez aussi indiquer le prix
"du système de pompage de l'air dans les vestiaires.
Signé : Sturmführer SS Bischoff."
31 mars 1943.
"3 portes étanches au gaz sont déjà prêtes.
"Nous vous rappelons notre commande d'une autre porte
"pour le Crématorium III.
"Elle doit être équipée d'un judas
"avec un double vitrage de 8 mm.
"Cette commande est extrêmement urgente.
Signé : Commandant SS Bischoff."
Il existait un code,
un langage codé allemand.
On ne disait pas extermination mais on disait
"action spéciale", "traitement spécial".
Leur politique était stricte :
ne jamais dire "chambre à gaz".
La lettre de Bischoff du 29 janvier
constitue une exception,
car elle est écrite par quelqu'un
qui supervise toute l'opération,
et qui avait lui-même proscrit l'usage
du terme "chambre à gaz".
Quelqu'un du bureau des architectes a souligné
le mot Vergasungskeller,
soit "sous-sol de gazage",
en rajoutant une annotation :
"SS Untersturmführer
Kirschneck", suivi de "!"
Autrement dit : il faut signaler ce lapsus à Kirschneck.
Il n'y en a pas d'autre exemple.
Les nazis furent les premiers négationnistes,
car ils niaient eux-mêmes la réalité de la chose.
Quand j'ai eu des doutes sur l'Holocauste,
il m'a fallu 2 ans 1/2 pour trancher.
J'étais tel un alcoolique repenti,
comme un yo-yo :
croire ou ne pas croire ?
Vérité ? Mensonge ?
Fred, lui, a réussi à se convaincre
en l'espace
d'une semaine.
Je trouve ça extraordinaire.
Qu'est-ce qui l'avait convaincu ?
Il m'a dit : "Ernst, ce n'est pas
ce que j'ai trouvé, c'est ce que je n'ai pas trouvé."
J'étais soufflé !
Jamais je n'aurais cru
qu'on pouvait être convaincu par l'absence de quelque chose.
Mais c'est vrai pour Fred.
Je ne savais rien de la fonction
des camps de concentration, avant mon voyage.
J'avais appris à l'école qu'on y gazait des gens.
Puis j'ai découvert
que c'était en fait des camps de travail forcé.
Ça n'a aucun sens d'avoir toute cette main d'œuvre
et de les exécuter.
Quand on y réfléchit,
qu'on regarde les installations, tout ça n'a aucun sens.
Si je devais procéder aujourd'hui à une exécution au gaz
dans ces installations qui n'ont pas changé du tout depuis 1941 ou 1942,
je mourrais asphyxié, ainsi que tous mes assistants.
Je ne suis pas suicidaire, et les SS non plus, j'imagine.
Si ces locaux devaient servir à une exécution,
nul ne serait plus qualifié que moi
pour les adapter à cet usage.
Leuchter n'a cessé de répéter que l'endroit était intact.
Il suffit d'ouvrir les yeux
pour voir que c'est une contre-vérité.
Pratiquement aucune brique des installations de 1944
n'est encore à son emplacement d'origine.
Question : où sont passées toutes les briques des crématoriums ?
Il y a un tas de briques au Crématorium 5,
mais pas d'autres briques ailleurs.
Je crois savoir où elles sont.
Il faudrait prélever les échantillons à l'ouest des crématoriums,
dans ces fermes habitées,
où des enfants jouent, où des chiens aboient,
rebâties après guerre avec les briques des crématoriums.
Le site est sens dessus dessous :
ce qui était dans le camp est à l'extérieur,
et à l'intérieur, un grand vide.
Nous sommes au Krema II,
devant un trou où soi-disant
les officiers SS déversaient du cyanure d'hydrogène.
Comme vous voyez, c'est une ouverture grossière
renforcée par des barres de métal.
Je vais à présent descendre,
par un trou dans le toit,
dans la chambre à gaz du Krema II
pour prélever des échantillons...
en dessous.
Je me disais : "Tu veux vraiment y aller ?"
Ça faisait partie du travail,
je devais y descendre.
Parfait.
C'est assez haut.
Je craignais que ça ne s'écroule.
Superbe ! J'ai un superbe morceau de toit.
Tu peux me filmer de là-bas ?
J'ai un échantillon du toit.
Je le mets dans un sac.
Je vais chercher un échantillon
de la brique du mur qu'on n'arrivait pas à atteindre d'en haut.
Je vais sortir du champ
et voir ce que je peux trouver.
Il faisait froid et humide,
c'était assez lugubre.
Comme si on pénétrait dans une tombe
scellée depuis 2000 ans, sans savoir ce qu'on va y trouver.
Je me demandais si j'allais trouver des ossements,
ou tomber sur des animaux.
Pas l'endroit idéal
pour tomber sur une bête sauvage.
J'ai un échantillon de béton
de la colonne qui soi-disant
acheminait l'acide cyanhydrique
dans la chambre à gaz.
Il faudrait prendre un échantillon du sol.
Je vais en chercher
à l'endroit le plus bas.
Je suis au niveau du sol.
Le sol est recouvert d'eau.
Je vais faire des prélèvements au fond,
parmi les sédiments,
qui pourraient contenir des résidus de cyanure.
Je n'ai plus grand-chose à faire ici. Je vais remonter.
Revenons un peu en arrière.
Le Crématorium II est le plus meurtrier du camp.
Dans cette pièce de 250 m²,
il y a eu plus de morts qu'en aucun autre lieu au monde.
On y a tué 500000 personnes.
Si on dessinait la carte
de la souffrance humaine, la géographie de l'horreur,
cet endroit en serait le centre exact.
Chaque année, on retrouve des restes humains.
Des os, des dents.
Cette terre est hantée.
Ce qui s'est passé en ces lieux reste assurément un mystère.
Quant à savoir si on y gazait des gens,
aucun mystère : la réponse est non.
Car de mon point de vue d'ingénieur, c'est impossible.
C'est un sacré travail que d'exécuter
plusieurs centaines de personnes d'un coup.
C'est déjà dur d'en exécuter une seule.
Autant les fusiller ou les pendre.
À la rigueur, je pourrais construire un gibet collectif et pendre
50 personnes d'un coup.
Je pourrais tuer plus de gens
en moins de temps.
Autant les fusiller,
les balles auraient coûté moins cher.
Ou il auraient pu les faire sauter,
ou les emmurer dans une mine.
Il y a peut-être,
dans le sous-sol de Berlin,
une chambre d'exécution avec 3000 chaises électriques.
Je n'en sais rien.
Mais ça, ça n'a aucun sens.
J'avais 2 gros sacs d'échantillons
qu'on a rangés avec le linge sale
en se disant que les douaniers n'y mettraient pas le nez.
Si on était pris, on avait un plan d'urgence,
et des cartes d'Autriche, de Tchécoslovaquie, de RDA.
On aurait fui par la route
pour gagner l'Autriche ou la RFA.
On aurait filé vers la frontière
avant qu'ils soupçonnent quelque chose.
En pratique,
ils ne m'auraient pas poursuivi tout de suite,
me prenant pour un simple vandale qui trouait leurs murs.
J'ai été tellement soulagé de passer la douane allemande :
en Allemagne, au moins,
je n'avais pas dégradé un sanctuaire national.
Tous mes échantillons ont été rapportés aux USA
qui n'en connaissait ni la nature ni l'origine.
dans un procès pour accident industriel.
et envoyés à un labo réputé du Massachusetts,
Le labo devait être prêt à témoigner, à authentifier les pièces.
On a reçu les résultats de divers tests de détection
de traces de cyanure d'hydrogène.
Ils étaient négatifs :
aucun gaz dans ces locaux. Jamais.
Pendant plus de 40 ans,
j'ai cru aveuglément à l'existence des chambres à gaz.
En voyant que c'était faux, j'ai pensé : que faire ?
La vérité
J'ai établi mon rapport,
témoigné au procès.
pas de portes
pas d'étanchéité
pas de chaufferie
pas de gazages
Le juge a exclu de recevoir mon rapport comme preuve.
Mais il l'a accepté
comme pièce à caractère informatif,
et non comme pièce à conviction.
Et son contenu
devait être attesté sous serment pour figurer au dossier.
Les faits sont les faits
...n'existent pas
J'ai publié en Angleterre le rapport Leuchter.
David Irving Historien révisionniste
Bulletin des Nations aryennes : La fin d'un mythe
Comment je l'ai connu ?
Il n'est pas impressionnant.
C'est un petit bonhomme.
Il est aussi absolument honnête et absolument innocent,
innocent au sens de simplet.
Pour lui, c'était une grande aventure.
Cette mission l'a arraché à l'obscurité.
Pour la 1ère fois de sa vie, il est allé à l'étranger.
Il a ramené de Pologne une découverte majeure.
Quelle découverte ?
Aucune trace probante de cyanure dans les briques.
J'ai été convaincu.
La lecture de ce rapport au tribunal de Toronto
m'a converti au négationnisme.
Le 20 avril 1988,
anniversaire d'Hitler,
Fred Leuchter a fait sans le savoir un cadeau au Führer
en venant témoigner à Toronto.
C'était le chaos.
Le procureur et le juge
étaient visiblement paniqués.
Je voyais le juge grimacer.
Je voyais le procureur pâlir.
On sentait que le moment était historique.
On a contre-interrogé Fred.
Bien sûr, ils l'ont tout de suite attaqué
sur ses diplômes insuffisants et sa qualité d'expert.
Le juge aurait pu nous porter préjudice
quand il a déclaré :
"Les échantillons
"sont sans valeur,
sauf si la défense présente l'auteur des tests."
Je suis allé à Toronto en urgence,
sans avoir aucune idée du contexte.
Ils voulaient que le labo confirme les analyses
et authentifie le rapport d'analyse.
J'étais donc là pour ça.
James Roth Chimiste, Laboratoires Alpha
Pour moi, ces résultats n'ont aucune valeur.
Rien dans nos données n'indique si oui ou non
ces échantillons ont été exposés au gaz.
Même après avoir témoigné, j'ignorais leur origine.
Les échantillons étaient mélangés.
Ce n'est que le midi que j'ai appris l'enjeu du procès.
Rétrospectivement,
le test n'était pas approprié pour une telle analyse.
Les échantillons de pierre
allaient de la taille d'un pouce à celle d'un poing.
On les a pilés
au marteau, pour les rendre analysables.
Puis, dans une éprouvette,
on a ajouté de l'acide sulfurique concentré.
La réaction chimique
doit produire une solution rougeâtre.
C'est l'intensité de ce rouge qui mesure la concentration de cyanure.
Comment le cyanure réagit-il sur un mur ?
Où se diffuse-t-il ?
Jusqu'où pénètre-t-il ?
Le cyanure n'agit qu'en surface.
Sa pénétration est limitée à 10 microns de profondeur.
Un cheveu fait 100 microns de diamètre.
L'échantillon pilé
a été dilué
10000 ou 100000 fois.
Pour trouver du cyanure, il ne faut analyser que la surface.
Inutile d'analyser en profondeur
car on ne trouvera rien.
Il était impossible d'identifier les échantillons de surface.
C'est comme d'analyser la peinture d'un mur
en analysant le bois en dessous.
Mais quand on a des œillères,
on ne voit que ce qu'on veut voir.
Qu'est-ce qu'il comptait faire ?
Que voulait-il prouver ?
Coupable
Zündel déclaré coupable d'avoir sciemment menti sur l'Holocauste.
Pourtant, en sortant du tribunal, il maintient
que l'Holocauste est un canular.
C'est un simple obstacle,
et moi, les obstacles ne me font pas trébucher,
ce sont des marchepieds.
À mon retour du Canada,
j'ai repris normalement mon travail,
et j'ai remarqué
la froideur des responsables de prisons.
Les commandes n'arrivaient plus.
Ces responsables subissaient la pression
de groupes juifs.
Nous sommes témoins
6 millions de morts : n'oubliez jamais !
Holocauste : le canular du siècle
Le cas de Fred Leuchter est sans équivoque :
cet homme
est un antisémite.
Shelley Shapiro Directrice du centre d'éducation des survivants de l'Holocauste
Il y a aux USA des semeurs de haine,
et il en fait partie.
Il a risqué sa vie et sa réputation
pour répandre la haine.
Et il s'est acharné.
Il aurait pu se rétracter.
Quel genre d'homme est-ce ?
Pourquoi fait-il ça ?
Quelle image donne-t-il de notre société ?
Suzanne Tabasky Militante/éducatrice sur l'Holocauste
Pour moi, il est comme envoûté.
Il s'est envoûté lui-même.
Il croyait sincèrement
que sa cause était juste.
J'ai témoigné au Canada pour 2 raisons :
d'abord, l'enjeu de ce procès était la liberté d'expression,
la liberté de croyance.
En tant qu'Américain,
partisan des droits du citoyen,
je crois que M. Zündel a le droit de penser et de dire ce qu'il veut.
Moi, aux USA, je jouis de ce droit.
Deuxièmement, M. Zündel
n'était pas jugé pour un délit mineur
mais pour un crime très grave.
Il était passible de 25 ans de prison
à cause d'un texte niant l'existence des chambres à gaz.
Tout homme, quels que soient ses actes,
doit être jugé avec équité
et a droit à la meilleure défense possible.
Par malheur, j'étais le seul expert au monde
à même d'offrir cette défense.
Le seul au monde.
Je ne crois pas qu'il soit naïf.
Je crois qu'appartenir à ce groupe lui donnait un pouvoir.
C'est qui, cet homme ?
Fondamentalement, c'est un homme qui a signé un pacte avec le diable.
Fred Leuchter est un héros.
Tout le monde n'a pas droit à un Washington ou à un Jefferson.
Notre génération a des héros plus humbles.
Fred s'est lancé là-dedans, il voulait jouer le jeu.
Et je crois que pour lui, au début, c'était un jeu.
C'était super d'aller au Canada,
d'aller en Pologne,
de se voir offrir beaucoup d'argent,
et d'attirer autant d'attention...
sur lui.
Je crois qu'il aimait ça.
Je crois qu'il trouvait ça génial.
Il me fait pitié.
En avril 1988,
Fred pouvait encore se racheter,
présenter des excuses,
s'excuser d'avoir plongé dans ce gouffre.
Mais il a préféré
ignorer les preuves de sa bêtise.
Nier l'Holocauste est une affaire de vanité.
C'est un moyen
de se faire remarquer, de briller,
d'être quelqu'un,
voire d'être aimé.
J'avais pitié de ce Fred qui s'est perdu à Auschwitz.
Mais pas du Fred qui donne aujourd'hui des conférences.
Les gens vous ignorent, vous méprisent,
et soudain, vous trouvez un accueil. Chez les révisionnistes.
Vous vous faites des amis.
Vous faites une conférence, une 2e,
une 3e, une 4e.
C'est si bon d'être à la tribune, d'être applaudi.
On vous met sur le même plan que les universitaires.
Mais il faut bien choisir ses amis.
Et maintenant,
celui qui a révolutionné la vision de l'Histoire,
M. Fred Leuchter.
Mon discours s'intitule :
Le rapport Leuchter, comment et pourquoi.
1988 a été pour moi une année instructive,
une année de bouleversements.
J'ai découvert, effaré, que mes cours d'Histoire
sur le 20e siècle et la 2e guerre
étaient un mythe, un mensonge.
J'ai été stupéfait,
ébranlé, car c'était la fin du mythe de l'Holocauste.
Fred Leuchter a choisi de s'aveugler.
Il a participé à ces meetings néo-nazis
en Europe, où les Juifs étaient traînés dans la boue.
Appartenait-il déjà à l'un de ces groupes ?
Là n'est pas la question.
Il s'est associé à eux pendant toutes ces années.
Dès qu'ils ont fait appel à Leuchter,
c'est devenu l'un des leurs.
...mais à cause de ce que j'ai vu,
j'ai une mission et même une responsabilité
envers les générations futures,
un devoir de vérité.
Bravo !
Merci, mesdames et messieurs.
J'espère avoir répondu à vos attentes
et j'attends vos questions.
500000 exemplaires du Rapport circulent en Allemagne.
Il a été traduit
en russe,
en letton, en hongrois, en espagnol.
Il est diffusé dans des dizaines de langues,
et sans doute à des millions d'exemplaires.
Nous ne resterons pas dans l'Histoire comme des fous exterminateurs.
Il n'en sera pas ainsi.
La vérité historique peut nous aider à purifier un monde empoisonné.
Les survivants de l'Holocauste
demandent aux autorités du Massachusetts
de vérifier les qualifications de Leuchter.
Selon l'enquêteur administratif,
Leuchter n'a pas de licence d'ingénieur dans cet État
et s'il cherche à y exercer,
il sera passible de poursuites.
Pour moi, c'est manifestement un complot.
Ils ont fait pression sur le Conseil des ingénieurs,
qui me poursuit pour exercice illégal.
Moins de 10% des ingénieurs de cet État
ont une licence.
Mais je suis le premier à être poursuivi pour cela.
L'"expert" est-il un usurpateur ?
Jésus avait-il son diplôme ?
Marx son diplôme de marxiste ?
Hitler son diplôme de nazi ?
Certainement pas.
Mais ils en connaissaient un rayon
dans leur domaine.
J'ai une moitié de machine d'injection mortelle
appartenant à l'État du Delaware.
Nous avions un contrat pour la réparer,
ainsi que leur potence, et pour un protocole de pendaison.
J'ai su que le procureur adjoint Fred Silverman
voulait me retirer le contrat.
On a réuni les autorités carcérales,
Silverman et d'autres procureurs
avec qui j'avais travaillé sur le protocole.
Et Silverman m'a dit que je ne pourrais pas
travailler pour le Delaware
à cause de ma déposition au Canada.
Ils ne m'ont pas payé les 7000 dollars
que m'avait coûtés la réparation de la machine,
j'ai perdu le contrat pour la potence,
et l'État du Delaware
a dit en substance :
"Gardez votre moitié de machine
et allez vous faire foutre."
J'ai mis une annonce dans le journal.
Exécutions...
Dès la deuxième semaine,
quelqu'un a vu ça
et s'est opposé à la vente de la machine
car c'est moi qui la vendais.
Les deux grands journaux de Boston en ont parlé,
et on a encore fait pression sur les procureurs
afin qu'ils me poursuivent pour cette vente.
Le procureur a dû expliquer aux journaux
qu'il n'est pas illégal de vendre une telle machine.
Le Delaware a été un problème,
mais j'ai toujours leur machine.
Si vous êtes intéressé par une telle machine,
elle est à vous pour le prix de la réparation.
J'ai fait des voyages dont je ne rêvais même pas,
mais ç'a été un cauchemar.
On lui a offert un emploi en Californie.
Il pensait que je le suivrais.
Je lui ai dit :
"Tu peux faire ce que tu veux, mais sans moi."
J'avais vu un avocat
et je lui ai dit que je voulais divorcer
et qu'il devait partir.
J'en avais assez.
Il a râlé, mais il a fini par partir
une semaine après.
En partant,
il a pris son téléphone, résilié l'autre ligne,
coupé le gaz et le courant.
Voilà comment il est parti.
Ça m'est égal de ne plus le revoir.
Mon employeur n'avait pas le sou.
Il croulait sous les procès. Alors je me suis dit :
"Tout ça ne mène nulle part."
3 fois, j'ai été à la rue.
On m'a pris ma voiture, laissé en plan,
je ne savais pas comment rentrer.
À mon retour, on avait bloqué ma serrure, je n'avais plus accès
à mes affaires.
On a saisi ma voiture sur l'autoroute.
Une autre a été saisie au garage.
C'étaient des voitures de location.
C'est dur de se retrouver tout seul au milieu de nulle part.
On l'a détruit, on a détruit son mariage, on a détruit sa vie.
Je suis surpris qu'il ne se soit pas suicidé.
Tout ce qu'il avait humblement bâti,
il l'a vu détruit par ces gens qu'il ne connaissait même pas.
Tout ça pour quelques échantillons pris à Auschwitz,
pour un geste d'une simplicité criminelle.
Il ne savait pas où il mettait les pieds.
Il n'avait aucune réputation à risquer.
Venu de nulle part, il y est retourné.
Évidemment, je ne suis pas antisémite.
J'ai beaucoup d'amis juifs.
Et j'ai perdu certains de ces amis à cause de tout ça.
Je n'ai aucun grief contre les Juifs, ni aux USA, ni ailleurs.
Mais j'ai des griefs
contre tous ceux qui m'ont harcelé,
qui m'ont persécuté et poursuivi,
et peu importe qu'ils soient juifs.
Ce qui est grave, c'est qu'ils me contestent le droit de vivre,
de penser, de respirer, de gagner ma vie.
Quant à être révisionniste,
à ce stade,
je ne le suis pas officiellement.
Je suis révisionniste malgré moi.
Si nier l'existence des chambres à gaz à Auschwitz, Birkenau etc.
fait de moi un révisionniste, alors, soit.
Ils se sont déclarés fermement décidés à me détruire
à cause de mon seul témoignage,
pas pour affiliation à un groupe antisémite,
nazi ou néo-nazi.
Je n'ai pas de travail. Je n'ai rien vendu depuis 3 ans.
Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve.
Liberté d'expression
Vous n'avez jamais pensé que vous pouviez avoir tort ?
Non, j'ai dépassé ce stade.
Quand j'ai échoué à concevoir ce site comme un lieu d'exécution,
j'ai pris une décision :
je devais avoir raison.
C'est pour ça que je l'ai fait.
Ça a clarifié mon esprit,
je sais que je n'ai rien négligé.
J'ai fait tout mon possible
pour prouver l'existence
des chambres à gaz, mais en vain.
La légende
En 1957,
j'ai pu pour la 1ère fois m'asseoir sur la chaise électrique.
Il y a une légende autour d'elle
parmi le personnel pénitentiaire.
Il y avait
un jeune homme, à peu près de mon âge à l'époque,
dont le père était gardien.
Visitant la prison, il essaya la chaise.
3 criminels exécutés
10 ou 12 ans plus tard,
il a fini assis sur la même chaise
pour meurtre commis lors d'un braquage.
Les bandits sont morts en faisant leur prière
Ainsi naquit la légende :
les gardiens de prison doivent interdire la chaise à leurs enfants.
Assis sur la chaise, j'attendais...
Et 20 ans plus tard,
je fabriquais ce genre d'équipement
au lieu d'en être la victime.
Peut-être que la légende s'est inversée,
que j'en ai créé une nouvelle,
et que le bien a triomphé.
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