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Tonalit� d'appel
Oui, c'est moi.
Je pourrai pas venir d�ner ce soir.
Je vois une personne sur le point de mourir.
Si, j'ai le trac.
Non, je ne sais pas.
Sa famille dit qu'elle ne croit pas en Dieu.
Merci.
Embrasse les parents.
Musique douce
Bonsoir, mon p�re.
Suivez-moi, s'il vous pla�t.
Bonsoir, madame.
D�sol� pour le retard. Je me suis perdu.
Je suis le p�re S�bastien.
C'est par ici.
Le voil�, maman.
Il s'appelle S�bastien.
Laissez-moi seule avec lui.
Vous �tes bien jeune.
C'est la 1re fois que vous accompagnez une fin de vie ?
Oui.
-Ne vous inqui�tez pas, jeune homme.
Tout va bien se passer.
Je m'appelle Barny, M. l'abb�.
Je voudrais que vous recueilliez ma confession.
Mais euh
Pourquoi si vous n'�tes pas catholique ?
-C'est le secret que je voudrais vous confier.
Afin de pouvoir partir en paix.
On y va ?
Oui.
-Cette confession, je veux la faire par loyaut�
envers un homme que j'ai aim�
plus que tout au monde.
Et dont je n'ai jamais parl� � personne.
Musique douce
Je vivais alors � Faugi�res,
une ville du Nord occup�e par les Allemands.
Je cachais depuis quelques mois
un couple de Flamands et leur petit gar�on
qui ne parlaient pas le fran�ais.
Nous menions une vie faite de manque et de silence
qui me poussait chaque jour dans une plus grande solitude.
Les cloches sonnent.
Et tout a chang�, un matin.
Avec la mort du pr�tre
qui dirigeait depuis 20 ans la paroisse de la ville.
Une mort qui m'�tait indiff�rente
et qui pourtant allait changer ma vie.
Musique entra�nante
-C'est pour toi. -Merci.
Madame Debruycker ?
Bonjour. Vous venez � la messe d'enterrement ?
Non, je ne peux pas.
Mais il y aura toute la ville.
Je ne peux pas.
�a ne m'�tonne pas.
Les cloches sonnent.
Adrien est sorti du maquis hier.
Il est venu chez moi.
Il est rest� la nuit enti�re.
Des avions survolent les lieux.
Il m'a demand� si �a allait avec les Silman.
Non.
J'ai plus assez � manger.
J'ai surpris Dimitri
� d�vorer une patate crue dans la cuisine.
Je vais l'emmener avec ma fille � la campagne.
Attends un peu.
Ils font des barrages m�me sur les petites routes.
J'ai pas le choix.
"Kommandantur", en voil� une.
�a fait 7 depuis ce matin.
Il y en a de plus en plus.
"Mme Bouvier, employ�e de la mairie,
"tient des paroles anti-allemandes.
"Cette femme �tait la ma�tresse de Lucien Delaunay,
"terroriste dangereux."
-Barny la Rouge, je m'y attendais. Mais vous, Sabine,
�a m'a d��ue de ne pas vous voir.
Je vous avais pr�venue.
Je ne vous en pensais pas capable.
Rater l'enterrement du pr�tre ?
C'est lamentable.
C'�tait un collabo.
-C'est reparti. Collabo, collabo !
Les grands mots !
Il d�nait avec les Allemands.
�a veut rien dire.
C'�tait pour nous prot�ger.
En facilitant le dialogue avec eux.
�a a bien march�.
Surtout les arrestations.
Il nous incitait � balancer ceux qui voulaient pas partir.
Vous n'allez pas recommencer ?
Respect pour les morts.
On passe � autre chose.
Elle a raison.
Au travail !
On a pris du retard.
Barny, mettez � jour les listes de r�exp�ditions.
Une semaine qu'on me les r�clame.
-Vous avez rat� quelque chose, � l'�glise.
J'en doute pas.
On a vu son rempla�ant.
Il est comment ?
Il est jeune.
J'ai appr�ci� sa voix.
Quand il a chant�.
Il r�cite avec une belle ferveur.
Il est canon.
Il a un sourire � tomber.
Marion.
Ne recommencez pas, s'il vous pla�t.
Enfin, il a un physique
agr�able � regarder.
-Vu comme tu fr�quentais le pr�c�dent,
je pensais pas que le physique comptait.
T'insinues quoi ?
Marion, pas avec nous.
Tout le monde le sait ici.
Les cloches sonnent.
Midi !
Piles � l'heure.
Ils sont impressionnants.
Il y en a des nouveaux.
Les soldats marchent au pas.
J'aime bien le grand.
-C'est Hans. -Vous le connaissez ?
Un peu.
-Il s'appelle comment, le pr�tre ?
Le p�re Morin.
Musique douce
Dialogues en allemand
�a, c'est des cochons.
L�, ils font la guerre.
�a, c'est une vache.
T'as vu, �a, c'est papa ?
Il est tr�s beau.
Est-ce qu'il est mort ?
Non.
T'inqui�te pas, ma ch�rie.
J'ai re�u une lettre. Tout va tr�s bien.
Il t'embrasse fort.
Les Allemands vont bient�t partir.
Il y a un nouveau pr�tre ?
-Oui. -Il est formidable ?
-C'est ce qu'on dit. Pour ce que j'en ai � faire.
-Tu veux te d�barrasser de tous les cur�s.
On aurait l'air malin, hein, Dimitri ?
Il est juif ?
J'allais t'en parler.
On ne prend pas les Juifs.
C'est un enfant.
C'est quoi, un Juif ?
Tiens, ils paient avec �a.
Regardez-moi bien, toutes.
Je l'accroche au guichet.
Elle ne dispara�t pas ou vous aurez affaire � moi.
-200 000 francs, �a commence � chiffrer.
C'est vrai.
Vous les livreriez, vous ?
Jamais de la vie !
Toi, tu le ferais.
-Je ne crois pas. Pas pour ce prix-l�.
Faudrait que je sois fauch�e.
�a te porterait malheur.
-C'est contraire � l'enseignement du p�re Morin.
�a le f�cherait.
Ah �a, �videmment !
Ce que je trouve incroyable,
c'est qu'en seulement 15 jours,
il a d�j� la ville dans sa poche.
-Son pr�che de dimanche �tait remarquable.
Oh oui, magnifique !
Morin, il ne nous juge pas.
Non, jamais.
Rien � voir avec le pr�c�dent.
Il m'a pr�t� un livre.
Ah bon, � toi aussi ?
Ouais, d'un Russe.
-J'ai Les M�moires de Sainte Th�r�se.
Extraordinaire !
Vous arr�tez avec Morin ?
Pourquoi ?
�a devient so�lant.
T'es jalouse ?
Il nous fait du bien quand on va � la confesse.
C'est vrai.
M�me Sangredin, �a l'a rendue
moins peau de vache.
Ah oui ?
Je n'avais pas remarqu�.
-Si tu allais le voir, �a te ferait quelque chose.
Pourquoi tu le rencontrerais pas ?
Au lieu de le d�biner ?
-Je suis s�re qu'il est comme les autres.
Il vous allume parce que vous manquez d'hommes.
Il en profite.
Parle pour toi.
C'est qui la plus seule de nous ?
Marion, t'es all�e un peu loin.
Elle avait qu'� pas nous chercher.
Ne te f�che pas.
C'est de ma faute.
J'en ai parl� la premi�re.
Je voulais te dire
J'ai re�u la commande de peinture.
Musique dansante
�claire-moi.
Mieux que �a !
Brouhaha
Les cloches sonnent.
Le capitaine prie.
-In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.
Je vous �coute.
-La religion sert � abrutir le peuple.
Pas exactement.
Les bourgeois ont fait ce que vous dites.
Ils ont d�natur� la religion.
Vous les avez laiss� faire.
Vous et eux, �a ne fait plus qu'un.
-L'�glise s'est �loign�e des pauvres, c'est vrai.
�a ne pourra pas durer.
L'injustice du monde d'aujourd'hui
est intol�rable au c�ur des chr�tiens.
-M�me si la religion redevient pure,
�a n'en prouverait pas la v�rit�.
-Bien s�r que �a n'en prouverait pas la v�rit�.
Rien n'en prouve la v�rit�.
C'est bien d'�tre venue.
Comment bien ?
Je suis ici en ennemie.
Vous croyez ?
Je ne crois pas.
Il y a longtemps que vous ne vous �tes pas confess�e ?
Je ne me suis jamais confess�e.
Et je ne suis pas en train de le faire.
-C'est pas facile de reconna�tre ses fautes devant son prochain.
La question ne se pose pas.
Je ne crois pas en Dieu.
En �tes-vous s�re ?
�videmment.
Vous ne priez jamais ?
Non.
Vous �tes baptis�e ?
On ne m'a pas laiss� le choix.
Vous �tes orgueilleuse.
Oui, et vous ?
Plus que je ne le voudrais.
Vous mentez quelquefois ?
Oui.
La derni�re fois, c'�tait � un Allemand.
Un de ceux qui passent dans votre �glise.
�a compte ou pas ?
M. l'abb� ?
Vous n'avez jamais vol� ?
Si.
Qu'avez-vous vol� ?
De la nourriture pour ma fille.
Vous commettez
des fautes contre la puret� ?
-Si je couche avec n'importe qui ?
Par exemple.
Non.
Je crois en la fid�lit� absolue.
L'absence de mon mari rend les choses difficiles.
Quand il me manque,
je me fais l'amour avec un morceau de bois.
-Attention, vous pourriez vous faire mal.
Je ne suis pas douillette.
C'est mieux qu'un amant, n'est-ce pas ?
O� est votre mari ?
Prisonnier en Allemagne.
Depuis le d�but de la guerre.
Deux ans que je n'ai plus de nouvelles.
Il est communiste, comme moi.
Vous vous privez pour les autres ?
-Plus que celui qui �tait � votre place avant.
Vous savez de quoi il est mort ? -Non.
D'une indigestion.
Faut le faire, en temps de guerre.
En effet.
J'ai une question indiscr�te.
Vous n'avez que �a.
Vu l'endroit, c'est normal.
En effet.
Alors, cette question ?
�a vous dirait
d'essayer de faire une pri�re en sortant du confessionnal ?
Une pri�re � qui ?
Une pri�re � X.
Quelle importance ?
Vous vous agenouillez dans l'�glise,
�a vous fera un peu froid aux genoux,
et vous inventez une pri�re. � votre id�e.
�a ne fait pas de mal de s'arr�ter un instant
et de se concentrer sur plus grand que soi.
-Je ne suis pas croyante. Ce serait absurde.
Qui vous dit que l'effort
n'a pas autant de valeur que la foi ?
Essayez, vous verrez bien.
Juste une fois.
C'est vrai.
Vous maniez bien le verbe.
On m'avait pas menti.
Qui ?
Mes coll�gues de la Poste.
Elles ne jurent que par vous.
Je ne rejoindrai pas le troupeau.
J'ai vu ce que je voulais.
-Je vous salue -Attendez.
Venez au presbyt�re. Je vous pr�terai un bouquin.
Vu vos convictions, je sais ce qui vous int�resserait.
Je ne crois pas.
2 heures de retard.
Pour qui elle se prend ?
Elle est peut-�tre malade ?
Elle n'est pas malade.
Je l'ai crois�e � l'�glise.
Elle ne m'a pas salu�e.
Mais je l'ai vue.
Il lui est arriv� quelque chose ?
Que voulez-vous qui lui arrive ?
Cette gourde !
Je vais vous dire, elle se fout du travail.
-Non. -Elle se fout du travail et de nous !
-Je suis d'accord, Mme Sangredin
Une porte claque.
Tout de m�me !
Et alors ?
Vous vous excusez pour le retard ?
-Ton Morin, c'est un faux-jeton.
Tu l'as vu ?
Non, mais je l'ai entendu.
Dans son confessionnal.
Et alors ?
-Alors rien. �a m'a fait ni chaud ni froid.
Ce n'est pas possible.
Si, comme je vous le dis.
Il ne t'a pas paru diff�rent ?
Au d�but, si.
Mais il est comme les autres.
Il voulait que je m'agenouille.
Barny !
Au lieu de nous fatiguer avec vos sarcasmes,
dites-moi ce que c'est que �a.
Les adresses de r�exp�ditions.
C'est un travail de cochon.
C'est illisible.
C'est la 1re fois qu'on me le dit.
Recopiez-les int�gralement
liste par liste et nom par nom.
�a vous fermera votre clapet.
Non.
Ob�issez !
Il vous rend toutes folles !
-�a va ? -�a va, merci.
En tout cas, bravo.
Musique douce
Elle y est pas all�e de main morte.
Oh !
J'ai eu peur. -Je n'en esp�rais pas tant.
-Vous �tes ? -Mme Debruycker.
Je me suis confess�e
Je suis venue au confessionnal.
Vous aviez un livre pour moi ?
Oui, bien s�r.
C'est que Bon, entrez.
Je ne veux pas vous d�ranger.
-Entrez. On va faire vite.
Vous me prenez un peu de court.
Je ne pensais pas vous voir si vite.
Je pensais que vous ne viendriez pas du tout.
Vous avez piqu� ma curiosit�.
Je voulais savoir quel livre je vous inspirais.
-Vous aimez lire ? -�norm�ment.
Je voulais �tre professeur de fran�ais avant la guerre.
Celui-l� va vous plaire.
Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc ou Saint Jean.
Choisissez.
Ne lisez pas les quatre.
Pourquoi riez-vous ?
Vous les avez d�j� lus ?
-Pas besoin. J'en entends parler tous les jours
depuis ma tendre enfance.
-Vous n'avez pas eu envie de juger sur pi�ce ?
Vous avez lu Karl Marx ?
En partie, oui.
Son style est indigeste.
Il m'a donn� du grain � moudre.
Je vais le lire.
Mais �a ne me fera pas changer d'avis.
C'est quoi, votre avis ?
-La religion est une forme de l�chet�.
Tiens donc ?
Pourquoi ?
Les hommes ont invent� Dieu
pour conjurer leur peur de la mort
et le n�ant qu'il y a derri�re.
-Vous pensez que j'ai pas peur de mourir ?
S�rement moins que d'autres.
-Vous me voyez plus courageux que je ne le suis.
Personne ne peut pr�dire son dernier soupir.
Moi, pas plus qu'un autre.
Excusez-moi
je suis d�j� en retard.
Un milicien s'est fait tirer dessus,
il faut que je lui donne l'absolution.
-Et s'il est mort pendant notre discussion ?
C'est que Dieu l'aura voulu.
Je suis d'abord l� pour les vivants.
On n'est pas des croque-morts.
-Excusez-moi. Je sais pas ce qui s'est pass�.
-Le diable vous a fait un croche-patte.
Le d�mon vous fait rire ?
Riez � c�ur joie.
C'est toujours �a de pris sur lui.
Musique douce
Une porte claque.
-Vous avez choisi lequel ? -Matthieu.
C'est le pr�nom que je pr�f�re.
-Vous l'avez fini ? -�videmment.
Vous l'avez lu trop vite.
Je n'ai pas pu m'arr�ter.
-Qu'en pensez-vous ? Allez-y.
�a va vous surprendre,
mais j'ai trouv� �a tr�s beau.
Et tr�s triste aussi.
Votre pauvre Christ �tait s�rement remarquable.
M�me si je ne crois pas en son essence divine.
Dommage.
�a vous rendrait moins m�lancolique.
Ce que je trouve le plus tragique,
c'est que la parole d'un �tre si humaniste
a �t� si d�tourn�e de son sens
pour servir les int�r�ts d'une seule caste.
Celle du clerg�
et des manipulateurs dans votre genre.
Je me disais aussi
Qu'esp�riez-vous ?
Poursuivez.
Vous disiez : "manipulateur."
Absolument.
Ce qui me d�go�te dans votre christianisme,
c'est qu'il veut nous soumettre.
Les fid�les doivent r�primer leurs d�sirs pour obtenir
le ciel ?
Ils doivent souffrir en silence
et se contenter de ce qu'ils ont.
Ce n'est pas faux.
Seulement pour ceux qui croient par tradition.
Ou pire, par int�r�t.
Pour tous les autres,
le ciel n'est pas une r�compense.
C'est un simple �panouissement.
C'est juste la lev�e du grain,
comme dit notre Seigneur.
Non.
Votre Seigneur.
Il est aussi � vous. -Pas si je refuse.
-Refusez que la Terre tourne, �a ne change rien.
Justement.
J'ai l'impression que vous me parlez d'une autre plan�te.
J'ai rien compris � la lev�e du grain.
Patience.
Je saurai trouver les mots.
-Pour me convertir ? -Pour me faire comprendre.
Il n'y a que le Seigneur et vous-m�me pour vous convertir.
C'est entre vous et lui.
J'ai rien � voir l�-dedans.
Cloches
C'est l'heure du couvre-feu.
Il faut partir.
Ne prenez pas de risque. -En effet.
� la prochaine ?
Pourquoi je reviendrai ?
Vous ne voulez pas me convertir.
J'aime bien �changer avec vous.
Et d�termin�e comme vous �tes,
c'est vous qui me ferez changer d'avis !
Rentrez vite.
Que foutez-vous l� ?
Pas de rouge � l�vre ?
Il n'aime pas �a.
C'est bient�t le couvre-feu.
J'ai un Ausweis.
G�missements
Cris de joie
Attention, ne g�chez pas !
J'en ram�nerai demain.
-Une larmichette. -Dani�le, allez.
Et ce n'est pas tout, attention.
Regardez.
Oh, incroyable !
-Je veux sentir. -Tu sors �a d'o� ?
J'ai un oncle dans le commerce.
Je n'allais pas dire non.
Comme il est beau !
C'est une gel�e extraordinaire.
C'est vrai ?
Barny, viens. Tu fais quoi ?
C'est les cadeaux de son ch�ri.
-C'est limite, mais on ne va pas le jeter.
Et on a faim.
Viens prendre des forces.
Non, merci.
Prends ma part, si tu veux.
C'est du vrai jambon.
Du vrai jambon, regardez.
Alors, Barny.
Tu caches des Juifs ?
Qui t'a dit ce mensonge ?
Musique m�lancolique
Tu crois quoi ?
Moi aussi, je filtre � l'occasion.
Je te savais communiste, mais pas folle.
Ne dis plus de mal de notre bon p�re Morin.
Compris ?
Tchin !
*Chanson � la radio
Une porte claque.
Musique inqui�tante
Des soldats marchent au pas.
Des gens s'enfuient.
Alerte en allemand
Coups de feu
Musique douce
Seigneur,
faites de moi un instrument de votre paix.
L� o� il y a de la haine,
que je mette l'amour.
L� o� il y a l'offense,
que je mette le pardon.
L� o� il y a la discorde,
que je mette l'union.
L� o� il y a l'erreur,
que je mette la v�rit�.
L� o� il y a la tristesse,
que je mette la joie.
L� o� il y a les t�n�bres,
que je mette votre lumi�re.
Au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Je suis retourn�e le voir.
Le p�re Morin.
Je sais, il me l'a dit.
Il te demande de venir ?
-Toutes les filles vont lui rendre visite.
Une vraie ruche.
Il parle bien.
Je pourrais l'�couter des heures.
Tu sais ce qu'il pense de toi ?
-De moi ? -Que t'es une dr�le de fille.
Ah bon ?
C'est tout ?
Il a dit aussi :
"Elle est plus proche de Dieu que beaucoup."
N'importe quoi !
Tu penses quoi du p�re Morin ?
Je ne sais pas.
Il est sympathique.
Son assurance m'exasp�re.
J'ai envie de le d�stabiliser.
Je peux y arriver.
Si c'est pas lui qui a ta peau.
On parie ?
T'es vraiment une dr�le de fille.
Mais t'es une fille bien.
Toi aussi, ma ch�rie.
J'ai un aveu.
Je vous �coute.
J'aime une autre femme.
Et c'est r�ciproque ?
Non.
Elle ne se doute de rien.
C'est Sabine.
Ma coll�gue, vous la connaissez.
-Je comprends. C'est une belle personne.
Je vous rassure,
je ne veux pas coucher avec elle.
Mon amour est pur et d�sint�ress�.
Bien s�r.
C'est normal, tous les hommes de la ville sont partis.
Non.
Vous �tes un homme, vous.
Moi, ce n'est pas pareil.
C'est � part.
Et dites-moi,
est-ce que du coup,
vous aimez moins votre mari ? -Non.
Alors grand bien vous fasse.
Avec votre fille, vous aimez 3 personnes � la fois.
Encore un effort
et on sera sur un pied d'�galit�.
Dieu est amour �videmment ?
Vous avez tout compris.
-Je ne vois pas en quoi �a prouve son existence.
Pourquoi voulez-vous des preuves ?
Sinon comment pourrais-je croire ?
En somme,
si vous �tiez s�re de l'existence de Dieu,
vous seriez croyante ?
�videmment.
Mais Dieu n'a pas une existence.
Il est existence.
Sans pass�, sans pr�sent, sans futur.
Il se d�finit ainsi dans l'Ancien Testament.
"Je suis
"celui qui est."
C'est comme dire : "X �gal X."
Et apr�s ?
Apr�s, rien.
La croyance en Dieu,
c'est pas une certitude scientifique ou c�r�brale,
comme vous le pensez. La croyance en Dieu,
c'est simplement
une �vidence.
Je vais faire votre portrait.
Ce point, c'est vous.
Et l�, c'est Dieu.
Regardez. Vous, le point,
vous voulez penser et englober le carr�.
Mais c'est impossible.
C'est au point � �tre contenu dans le carr�.
Faut pas inverser les r�les.
On dirait un enclos, c'est sinistre.
Et comme �a ?
�a vous convient, t�te de mule ?
Fermez les yeux
et laissez votre imagination
repousser le plus loin possible
les parois du cube dont vous �tes le centre.
Allez-y, fermez les yeux.
C'est marrant comme tout.
C'est sans fin, n'est-ce pas ?
Votre 1re pri�re.
F�licitations.
Non, M. l'abb�.
Vous ne m'aurez pas si facilement.
Ce ne sont que des mots.
�a fait 2 000 ans que vous aff�tez vos arguments.
Normal que vous ayez de l'avance.
Vous avez raison.
Nous avons tort de bavarder comme �a.
Les paroles ne servent � rien.
Dieu, c'est une r�v�lation diff�rente pour chacun.
Et incommunicable.
Incommunicable ?
Mais c'est atroce !
Et pourquoi ?
�a vous fait quoi, qu'il y ait un Dieu ou non ?
Mais �a change tout, �videmment.
C'est vous qui le dites.
Vous me fatiguez � la fin !
� la prochaine.
La porte se ferme.
Dialogues en allemand
�a fait 3 jours qu'ils sont l�.
J'ai eu peur pour Dimitri.
Ils sont pas venus pour �a.
Ils repartent ce soir.
Ils se sont bien amus�s. Comme la chasse
est interdite, la for�t regorge de gibier.
Qu'est-ce que c'est ?
Elle est belle, hein ?
Qui te l'a donn�e ?
Le chef.
Et ils nous ont donn� cette viande.
Ceux-l�, ils sont polis.
Pas comme ceux du maquis
qui se servent sans demander.
-Ne dis pas �a ! -C'est comme �a.
Werner !
Il rit.
Petite ch�rie, tu es l�.
Je voulais te dire au revoir.
-Non, je veux que tu restes pour toujours.
Ce n'est pas possible.
Je dois repartir me battre.
C'est mon devoir.
C'est votre fille ?
Musique m�lancolique
J'en ai deux. Un grand
et un plus petit.
J'aurais r�v� d'avoir une fille.
Surtout aussi magnifique.
Son p�re a de la chance. -Elle ne le conna�t pas.
Il a �t� fait prisonnier apr�s sa naissance.
Ne vous en faites pas,
cette guerre finira un jour.
Et tous les soldats retrouveront leur famille.
Enfin,
ceux qui resteront.
Elle pleure.
Les Allemands les ont arr�t�s.
Un voisin les a balanc�s.
C'est normal
d'�tre en col�re.
Je le serais � votre place.
Rien ne vous r�volte ?
Une messe, de l'eau b�nite et hop !
Le tour est jou� ?
Ne soyez pas simpliste.
�a ne vous ressemble pas.
Non.
Pas simpliste,
malheureuse.
Vous ne savez pas ce que �a veut dire.
Votre Dieu vous prot�ge du d�sespoir.
Comment je fais ? Je ne crois en rien.
Quand il y a des blancs,
c'est pour que Dieu vous souffle la r�ponse ?
C'est �a, M. l'abb� ?
C'est h�las vrai, Barny.
Je ne peux rien pour votre peine,
sinon la partager.
J'en suis d�sol�.
-Je ne sais pas pourquoi je suis mauvaise avec vous.
Vous n'y �tes pour rien.
C'est votre caract�re.
C'est comme �a.
Dites-moi la v�rit�.
�a vous arrive de douter ?
Non.
C'est bien ce que je disais,
�a sert � rien de discuter puisque vous pensez avoir raison.
Qui vous parle de raison ?
Chacun trouve son chemin de v�rit�.
Je suis l� pour ouvrir des fen�tres
et faire passer en vous un petit courant d'air.
Qui vous dit que c'est pas r�ciproque ?
On frappe.
Musique douce
Bonjour, mon p�re.
J'arrive.
Tenez.
Gardez tout. J'en trouverai d'autres.
Merci.
Musique douce
-Vous regrettez jamais de pas avoir une vie normale ?
Avec une maison, une femme
et des enfants ?
Je n'ai que �a.
Des femmes, des enfants, des vieux, des jeunes.
Ils m'appellent "mon p�re". Que demander de plus ?
-Vous ne souffrez jamais de solitude ?
-Je vais vous faire une confidence.
Je suis jamais seul.
Vous venez � l'�glise ?
Je dois sonner l'ang�lus.
Musique douce au piano
Ton th�, maman.
Merci, Dimitri.
On continue, M. l'abb� ?
Oui, Barny.
O� en �tais-je ?
-Lorsque Morin vous a rendu le sourire.
-La guerre m'avait enlev� mes derniers amis.
Et maintenant,
seules mes rencontres avec Morin
me permettaient de supporter l'isolement.
Musique douce
Chacune de nos discussions
nous rapprochait davantage.
Explosions
-Ils ont fait sauter l'arsenal allemand.
Je me suis r�gal�e.
J'adore les p�tards en pleine nuit.
Les Boches ont poursuivi les terroristes sans les rattraper.
-C'est pas des terroristes, c'est des r�sistants.
C'est la m�me chose.
Merci.
-Dommage qu'on n'ait pas de bouteille.
On aurait trinqu�.
J'�viterais de faire la f�te.
Les Allemands ont arr�t� 10 otages.
Ils vont les fusiller.
Voil� o� �a m�ne, les saloperies de la R�sistance !
Ils ont embarqu� qui ?
Le maire et son �pouse.
Le notaire, la pharmacienne.
L'institutrice et
d'autres personnalit�s, je ne sais pas lesquelles.
Le p�re Morin ?
Qui sait ?
Coup de feu
Musique dramatique
Coup de feu
La porte claque.
P�re Morin ?
P�re Morin ?
J'ai pas r�ussi � sauver ces gens.
J'ai � peine le temps de pr�parer l'�glise.
Vous pouvez m'aider ?
Bien s�r.
Quand je parlerais en langues,
celle des hommes
et celle des anges,
s'il me manque
l'amour,
je suis un m�tal qui r�sonne.
Une cymbale retentissante.
Quand j'aurais le don de proph�tie,
la science de tous les myst�res,
et de toute la connaissance.
Quand j'aurais la foi
la plus totale,
celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque
l'amour,
je ne suis rien.
L'amour
prend patience.
L'amour
rend service.
Il ne jalouse pas.
Il ne plastronne pas.
Il ne fait rien de laid.
Il ne cherche pas son int�r�t.
Il ne se r�jouit pas
de l'injustice.
Il excuse tout.
Il croit tout.
Il esp�re
tout.
Il endure
tout.
L'amour
ne disparaitra jamais.
Maintenant,
ces trois-l� demeurent.
La foi,
l'esp�rance
et l'amour.
Mais l'amour
est le plus grand !
Chant religieux
Musique stridente
-Je ne sais pas ce qui s'est pass� cette nuit-l�.
Mais mes craintes,
mes doutes ont soudain disparu
pour laisser place � un calme qui m'�tait inconnu.
Il me fallait avouer � Morin
que contre toute attente,
c'est lui qui avait r�ussi � me convaincre.
Le lendemain, j'ai attendu devant le presbyt�re.
Et puis
la porte s'est enfin ouverte.
Brouhaha enfantin
� la semaine prochaine.
Au revoir.
Au revoir.
-Au revoir ! -Au revoir !
La porte s'ouvre.
-Bonjour, Barny. Qu'est-ce qui vous am�ne ?
Je veux devenir catholique.
-Vous vous moquez de moi. -Non.
Qu'est-ce qui vous prend ?
-Je veux me convertir, c'est tout.
-�a repr�sente quoi pour vous, une conversion ?
-Vivre selon les pr�ceptes du Christ.
Comme dans L'�vangile selon Matthieu.
-Quels pr�ceptes ? -Aimer les gens,
faire le maximum pour eux.
Renoncer � ses biens.
� soi-m�me, � ses int�r�ts.
-�a ne vous suffit pas d'�tre communiste ?
-Non, je veux aussi prier Dieu.
Aller � la messe et
�tre moins orgueilleuse.
Je suis s�re de moi.
Tenez.
Je l'ai gard�e pour vous.
Merci.
Bon.
M�me si vous �tes d�j� baptis�e,
votre conversion ne se fera pas en un jour.
Va falloir passer du temps ensemble.
Pour que j'�prouve votre foi.
Et que je m'assure de votre sinc�rit�.
-Je m'en r�jouis d'avance, mon p�re.
-Que diront vos camarades communistes ?
�a ne les regarde pas.
Et votre mari ?
Quand il rentrera d'Allemagne ?
Je verrai �a plus tard.
Je ne sais pas s'il est encore en vie.
-Vous ne voulez pas devenir protestante ?
Ils sont merveilleux, ces gens-l�.
Vous vous moquez de moi ?
Non, je ne me moque pas.
Je dis ce qui est.
-C'est impossible de devenir protestante.
C'est vous
mon guide spirituel.
Autant terminer ce que vous avez commenc�.
Vous ne pensez pas ?
-Comment vous sentez-vous depuis votre d�cision ?
Un peu
comme un escargot sans sa coquille.
-Quand voulez-vous commencer ?
Pas tout de suite.
Ma fille va revenir, je peux pas la laisser.
Je peux venir chez vous.
Le jour, je reste � l'�glise,
mais je peux passer le soir.
-Les Allemands vous laisseront passer ?
Je dirai que j'ai un moribond.
Ah.
Un petit mensonge. -Oui.
Mais pour une grande cause.
En attendant,
un peu de lecture.
Il vous en reste 3.
Merci.
Musique douce
Reste avec moi.
-J'aurai ton collier quand tu seras morte ?
Bien s�r.
-La m�m�, elle m'a vol� mon bracelet !
-Ce soir, le p�re Morin vient nous voir.
C'est qui ?
Tu verras.
Maman, j'ai mal aux pieds.
C'est bient�t le couvre-feu.
Faut qu'on rentre. -Non.
-Viens, ma ch�rie. -Non.
Viens, la nuit va tomber.
Vous voulez de l'aide ?
Non, merci.
-Ne vous inqui�tez pas. On va vous aider.
-On peut se d�brouiller toutes seules.
Il parle en allemand.
-Il dit que votre fille est l�g�re comme un oiseau.
Vous habitez loin ?
Merci, messieurs.
Vous nous invitez ?
Non.
-Je vous paierai bien. -Je suis avec ma fille.
�a ne fait rien.
On aura qu'� la coucher.
Rendez-moi mon sac.
Je vous le rends chez vous.
-Maman, qu'est-ce qu'ils veulent ? -Rendez-moi mon sac !
Tu sais que tu en as envie.
Maman !
Maman !
Eh bien ?
Votre commandant sera ravi d'apprendre �a,
la prochaine fois qu'il viendra � l'�glise.
Fr�ulein.
�a va ?
Morin va dormir ici ?
-Non, il reste d�ner. -D'accord.
Comment tu le trouves ?
-Tr�s gentil. -Oui.
Tiens.
Voil�.
Avec lui, plus de cauchemar.
Il veille sur toi.
Je le mets l�.
Il faut dormir.
Et mon bisou ?
Bonne nuit.
Bonne nuit.
� demain.
Dors bien.
Adorable, votre gamine.
Vu votre caract�re, je l'aurais imagin�e plus dissip�e.
-Rassurez-vous, il lui arrive de faire des b�tises.
Et vous la corrigez ?
Non, jamais.
Vous avez raison.
�a ne sert � rien de battre un enfant,
sinon � le faire douter de la nature humaine.
-� quel �ge avez-vous voulu �tre pr�tre ?
Pourquoi me demandez-vous �a ?
-Je ne sais rien de votre vie, c'est pas juste.
-� 12 ans, je suis entr� au Petit s�minaire.
-Si t�t ? Comment �a se fait ?
Qu'est-ce que �a fait ?
-Vous n'�tiez pas bien, chez vous ?
-On devient pr�tre pour sauver des hommes.
Cette id�e peut �tre envoy�e � un gosse.
-Quand vous a-t-on envoy� l'id�e ?
Un soir, en �t�.
Alors que je rentrais de l'�cole.
Vous venez � la messe demain ?
Je n'arrive pas � m'y r�soudre.
Je crains d'�tre une b�te curieuse aupr�s des autres.
C'est normal d'�tre intimid�e.
Surtout la 1re fois.
Il faut vous lancer.
Je vous accompagnerai.
J'ai une question.
D'accord.
-Comment faites-vous pour accueillir des collabos ?
C'est ma fonction.
Je n'ai pas � les juger.
Et je les assisterai quand on les fusillera,
� la lib�ration.
�a se rapproche d'ailleurs.
Les Alli�s gagnent du terrain.
Oui, je n'arrive pas � y croire.
Ne vous r�jouissez pas trop vite.
Les nazis ne se laissent pas faire.
Il va y avoir des morts.
Sir�nes de bombardements
-Il reste des bougies dans la cuisine.
Musique douce
Petit cri
Elle souffle.
Musique douce
Quelqu'un tousse.
�a va, Dani�le ?
Je suis d�sol�e.
-Ne le dis pas aux autres. -Non.
-Mon p�re ? -Je cherche Mme Debruycker.
-Il cherche Debruycker ! -Ah, venez, mon p�re.
Bonjour. -Bonjour.
Je vous en prie.
Elle est l�.
S'il vous pla�t.
Merci.
Bonjour, Barny.
Bonjour.
Vous �tes en avance.
J'ai une nouvelle.
Les Alli�s sont � 100 km.
Magnifique !
Tenez, c'est pour vous.
Pour lire pendant les coupures.
Merci, mon p�re.
Attendez, laissez-moi.
C'est pas votre travail.
Pourquoi ? Si, bien s�r.
Mais, l�chez. Poussez-vous !
Alors, mon p�re ?
Quel est le programme ?
L'�vangile selon Saint Marc.
-Encore ? -R�jouissez-vous,
il ne restera plus que celui de Jean
et ce sera la fin du cat�chisme.
Revenons sur une remarque qu'on entend souvent � propos de :
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonn� ?"
Dans Marc et Matthieu.
Beaucoup estiment que le Christ doute.
Il �tait homme, il pouvait douter.
Mais c'�tait peut-�tre une pri�re ?
Une pri�re des Juifs de ce temps-l�.
�coutez.
Psaume 22.
"Mon Dieu, mon Dieu,
"pourquoi m'as-Tu abandonn� ?
"Loin de me sauver,
"les paroles que je rugis.
"Mon Dieu, le jour j'appelle,
"mais Tu ne r�ponds pas.
"La nuit, point de silence pour moi.
"Et Toi, le Saint qui habites les louanges d'Isra�l,
"en Toi, nos p�res avaient confiance.
"Confiance et Tu les d�livrais.
"Vers Toi, ils criaient
"et ils �chappaient, en Toi leur confiance.
"Et ils n'avaient pas honte.
"Ne sois pas loin.
"Proche est l'angoisse.
"Point de secours.
"Tes taureaux nombreux me cernent.
"De fortes b�tes de Bach�n m'encerclent.
"Contre moi b�illent leurs gueules.
"Lions lac�rant et rugissant.
"Comme l'eau, je m'�coule
"et tous mes os se disloquent.
"Mon c�ur est pareil � la cire.
"Il fond au milieu de mes visc�res.
"Mon palais est sec comme un tesson.
"Et ma langue coll�e � ma m�choire.
"Tu me couches dans la poussi�re de la mort.
"Tes chiens nombreux me cernent,
"une bande de vauriens m'entoure.
"Comme pour d�chiqueter mes mains et mes pieds.
"Je peux compter tous mes os.
"Les gens me voient.
Musique dramatique
"Ceux qui cherchent l'�ternel le c�l�breront.
"Que votre c�ur vive"
Je me doutais que ce moment arriverait.
Si vous appeliez Dieu de cette mani�re.
�a, c'est prier !
Maintenant, vous aurez une r�f�rence.
Regardez les gens quand on vous parle.
Il va falloir venir vous confesser.
Non, attendez.
Venez ce soir.
� partir de 5 h.
Je vous attendrai tant qu'il faudra.
La porte se referme.
Les cloches sonnent.
Musique douce au piano
-Pourquoi tu dois te confesser ? -�a ne te regarde pas.
-Si tu me dis tes b�tises, je te dirai les miennes.
Qu'as-tu fait de mal ?
J'ai �chang� ton collier
contre des crayons de couleur.
�a n'a aucune importance.
Bonjour.
Tu m'attends l�, ma ch�rie.
In nomine Patris, et Filii,
et Spiritus Sancti.
Amen.
C'est courageux d'�tre venue.
Je vous �coute.
Mon p�re, je n'y arrive pas.
Aidez-moi.
Vous n'en avez pas besoin.
Allez-y.
J'ai manqu�
J'ai dit
Vous avez dit
ou plut�t fait
Quoi donc ?
Je ne sais pas comment �a s'appelle.
Essayez avec vos mots.
Je
J'ai essay� d'induire au mal
Ce n'est pas juste, je ne voyais pas �a comme un mal.
-Terminez vos phrases, si �a ne vous fait rien.
J'ai essay�
J'ai essay� d'entra�ner un pr�tre � enfreindre ses v�ux.
J'ai essay� d'enfreindre le 6e commandement.
Qui est ?
Tu ne commettras point l'adult�re.
Eh bah voil�.
Vous voyez ?
Ce n'�tait pas si compliqu�.
Pour votre p�nitence,
vous �tudierez toute seule le dernier �vangile.
C'est tout ?
Allez.
Ce n'est pas enti�rement de votre faute.
Il m'arrive d'aller un peu trop loin parfois.
Sans m'en rendre compte.
On ne se reverra plus ?
-Pendant quelque temps, c'est plus raisonnable.
C'est une punition ?
Non.
Je crois juste que
nous en avons bien besoin.
Vous comme moi.
Jusqu'� quand ?
Le temps de se recentrer
sur l'essentiel.
C'est vous qui le d�ciderez.
Moi, je suis l�.
Baissez la t�te que je vous pardonne.
Ego te absolvo
a peccatis tuis,
in nomine Patris
M. le cur� ne vient plus nous voir ?
Il a d'autres choses � faire.
C'est dommage.
C'est comme �a.
Moi, L�on, je l'aime.
Lui aussi, il t'aime.
Il aime tout le monde.
Quand les soldats seront partis,
je pourrai rencontrer papa ?
J'esp�re.
Musique m�lancolique
Vous l'avez vue jusqu'au bout ?
Fallait bien.
Elle n'avait aucune famille.
Dites, Barny.
Vous avez des nouvelles du p�re Morin ?
Non, pourquoi ?
2 jours qu'on le voit plus.
Ni � l'�glise ni au presbyt�re. Nulle part.
Je me demandais si vous saviez o� il �tait.
-Voil� pourquoi l'ang�lus ne sonne plus.
-Il est bizarre, ces derniers temps.
Toujours de mauvaise humeur.
Il passe son temps � m'engueuler.
Moi, c'est le contraire.
Je lui parle et il s'en fout.
Sa t�te est ailleurs.
Je file.
J'ai un rendez-vous.
Un jaloux. Il ne faut pas que je tra�ne.
� demain, mesdames.
Coups de feu
Grondement de moteur
*Chanson � la radio
Musique douce
-Bonsoir. -Bonsoir.
C'est bien d'�tre venue.
Je comptais passer vous saluer.
Vous partez ?
-Je vais rejoindre un village de montagne.
L'�v�ch� m'y envoie en mission.
Vous ne vous plaisez plus ici ?
Ce n'est pas �a, mais
avec la lib�ration, la population sera divis�e par la politique.
�a sera compliqu� de g�rer la paroisse � mon go�t.
�a changera pas de d'habitude.
Si.
� partir de maintenant,
tout le monde aura raison.
C'est le propre des victoires.
Sans compter les collabos qui vont s'en sortir.
J'aurais du mal � donner ma b�n�diction.
Tandis que l�-bas,
ils sont sans pr�tre depuis longtemps.
Il n'y a pas de d�viation.
C'est presque du terrain neuf.
Pourquoi partir si vite ?
C'est �a, ma vie, Barny.
Vous deviez finir ma conversion.
Vous verrez avec mon successeur.
Vous allez poursuivre, n'est-ce pas ?
Oui, s�rement.
Pour �tre honn�te, je ne sais pas.
C'est sous votre influence que je pensais
que Dieu est catholique.
-Appelons-le catholique si vous voulez.
�a ne l'emp�che pas d'�tre bien autre chose.
Notre Seigneur a dit :
"Il y a des demeures nombreuses dans la maison de mon P�re."
L'important, c'est de croire en Lui.
Pour le reste, rien ne vous oblige.
Je peux vous aider ?
Non, tout est l�.
Il y a ces caisses � monter au grenier
en attendant de savoir o� me les faire exp�dier.
Bon
Je vais m'en aller.
Merci pour le temps que vous m'avez consacr�.
C'est � moi de vous remercier.
Pourquoi ?
Disons
pour votre sale caract�re.
Vous n'avez pas de questions pour le dernier soir ?
-J'en aurais toute la vie. Je pr�f�re me taire.
Si, j'en ai une.
Je vous �coute.
Si vous �tiez un pasteur protestant,
vous m'�pouseriez ?
Oui, bien s�r.
Non.
C'est s�rieusement que je demande.
J'ai besoin de savoir.
Si je n'�tais pas mari�e
et si vous n'�tiez pas pr�tre,
me prendriez-vous pour femme ?
Oui.
Cette fois, je m'en vais.
Au revoir.
Non.
On ne se reverra pas.
Mais si, on se reverra.
Si ce n'est pas dans ce monde,
ce sera dans l'autre.
Musique douce
La porte se ferme.
Elle pleure.
-Mon mari est rentr� quelques semaines plus tard.
Il �tait tellement �puis�
que je n'ai pas os� lui raconter cette histoire.
Et puis
la vie a repris ses droits.
Et le p�re Morin ?
Vous savez ce qu'il est devenu ?
Non.
Ce que je peux vous dire,
c'est que jusqu'� aujourd'hui,
il ne s'est pas pass� un jour de ma vie
sans que je pense � lui.
-Vous n'avez pas poursuivi votre conversion ?
J'ai renonc�.
Pour ne pas d�truire ma famille.
Et puis
pour �tre honn�te,
je n'ai jamais su
si c'�tait Dieu
que j'aimais � travers lui
ou lui
que j'aimais � travers Dieu.
C'est comme dire "X �gal X", non ?
Seigneur,
accueille Barny, Ton enfant bien aim�e.
Qu'elle d�couvre qu'� travers cette route aux c�t� du p�re Morin,
c'est Ton amour qu'elle attendait.
Musique douce au piano
Notre P�re qui es aux cieux.
Que Ton nom soit sanctifi�.
Que Ton r�gne vienne.
Que Ta volont� soit faite sur la terre comme au ciel.
L�o Marjane : "Chanson bleue"
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