All language subtitles for Confession.Of.A.Child.Of.The.Century.(2012).Z2.FR

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Original subtitles

C'est dans ces circonstances

que je fus pris de la maladie du si�cle.

L'homme que j'avais surpris avec ma ma�tresse

�tait l'un de mes amis intimes.

C'�tait la premi�re fois que je voyais un monstre.

Dos � dos.

Un moment d'oubli...

Je n'ai jamais �t� � lui, je te le jure !

J'ai commis une faute, pas un crime.

Si tu me quittes, j'en mourrai !

Armez vos pistolets.

Marchez.

Visez.

Tirez !

C'est le bras, �a ira.

Confession d'un Enfant du Si�cle

Qu'allais-je faire de moi ?

Je n'avais pas d'�tat, aucune occupation.

J'avais �tudi� un peu de droit, de m�decine.

Et j'avais abandonn�.

J'�crivais un peu...

Tu es s�r que tu ne veux pas venir ?

Je pr�f�re rester l�.

Tu ne sors plus, tu ne vois personne...

J'essaye de r�fl�chir.

Tu r�fl�chis trop.

Tu r�fl�chis trop !

Moi, j'ai arr�t� il y a longtemps.

Penser est d�mod�.

Aujourd'hui, il faut se moquer.

Demande-moi : "� quoi crois-tu ?"

� quoi crois-tu ?

� rien.

Oublie cette femme.

Est-ce une grande perte ? Prends la premi�re venue.

Que dis-tu l� ?

Tu peux me montrer des arbres, des maisons,

des oiseaux...

un ciel pur...

des hommes qui parlent, boivent, des femmes qui dansent,

des chevaux qui galopent...

Ce n'est pas la vie, tout cela.

Ce n'est pas la vie.

C'est le bruit de la vie.

� pr�sent, pars.

Laisse-moi le repos.

Repose en paix, mon ami.

Ta vie est un enterrement !

Eh bien ?

Eh bien...

Je sais, Octave. �lise m'a tout racont�.

Je suis sa meilleure amie et pourtant...

Dites-lui, madame...

dites-lui que je suis triste.

Cette affaire est-elle irr�vocable ?

N'y a-t-il aucune solution ?

Il n'y a rien d'irr�vocable...

que la douleur qui me tue jour apr�s jour.

Mon histoire n'est pas longue � dire :

je ne peux ni l'aimer,

ni en aimer une autre,

ni me passer d'aimer.

Moi aussi, j'ai aim�.

Moi aussi, il m'a quitt�e.

Pardonnez-moi, madame...

Je vais descendre, madame.

La t�te me tourne.

Mais il va pleuvoir...

La raison qui m'emp�chait de gu�rir, c'�tait ma jeunesse.

Je ne songeais qu'aux femmes.

Poss�der une femme, c'�tait aimer.

Et je ne croyais plus � la possibilit� d'aimer.

Tue-moi, je t'ai trahi.

Je suis inf�me et mis�rable,

mais je t'aime.

Je ne peux vivre sans toi.

Est-ce vous, Fr�d�ric ?

Nous allons �tre en retard...

Je n'avais v�cu que par cette femme.

Douter d'elle, c'�tait douter de tout.

La maudire, tout renier.

La perdre...

tout d�truire.

J'appartenais � une jeunesse n�e dans la guerre, pour la guerre.

Fils de l'empire, petits-fils de la r�volution.

Nous sort�mes des coll�ges

et ne voyant plus ni sabres, ni cuirasses,

nous demand�mes o� �taient nos p�res...

On nous r�pondit que la guerre �tait finie.

Alors, une jeunesse soucieuse s'assit sur ce monde en ruine.

Il se forma deux camps.

D'une part, les esprits �pris d'absolu pli�rent la t�te en pleurant.

D'autre part,

les hommes de chair profit�rent des jouissances,

ne se souciant que de compter leur argent.

Trinquons � l'idiotie de ce gouvernement

qui abandonne son pouvoir aux idiots !

La libert� engendre l'anarchie,

l'anarchie engendre la tyrannie

et la tyrannie restaure la libert�.

Des millions d'hommes sont morts pour qu'un de ces syst�mes triomphe.

Tous ont �chou�.

Notre si�cle rit au milieu des ruines.

Le monde moral est pris dans un cercle vicieux.

L'homme essaie d'am�liorer les choses,

mais ne fait que d�placer les probl�mes.

La politique m'ennuie !

Dor�navant, le monde appartient aux banquiers.

Trinquons au pouvoir de l'or.

L'homme riche a le pouvoir, il est roi, il peut tout faire.

Il est au-dessus de tout.

Il n'ob�it pas aux lois, les lois lui ob�issent.

Pas de guillotine pour les millionnaires.

Tais-toi, sceptique !

Tu ridiculises tout pouvoir existant,

c'est aussi vulgaire que de nier Dieu.

Croire au Ciel ! Voil� une id�e qui peut rapporter.

"Diis ignotis"... Aux dieux inconnus !

Un sentiment de malaise inexprimable commen�a � fermenter

dans tous les c�urs jeunes.

Condamn�s au repos par les souverains du monde,

� l'oisivet� et � l'ennui,

l'angoisse de la mort leur entra dans l'�me.

Ce fut comme une n�gation de toutes choses,

qu'on peut nommer d�senchantement,

ou d�sesp�rance, si l'on veut :

le mal du si�cle.

C'est moi le chat !

L'apprentissage de la d�bauche ressemble � un vertige.

On y ressent d'abord un genre de terreur m�l�e de volupt�.

Le premier mouvement est l'�tonnement,

le second est l'horreur

et le troisi�me, la piti�.

� dater de ce jour, j'ai compl�tement chang� de vie.

On peut h�siter vingt ans � faire un pas,

mais non reculer quand on l'a fait.

Il ne fallut pas longtemps avant que le Tout-Paris

n'e�t d�clar� que j'�tais le plus grand libertin.

Desgenais �tait enchant� de moi.

Mais tandis que ma vanit� s'occupait ainsi,

mon c�ur souffrait.

Presque constamment,

il y avait en moi un homme qui riait et un autre qui pleurait.

Une fois pourtant, je fus sur le point de tomber amoureux.

As-tu �t� aim�e ?

Veux-tu �tre aim�e ?

Es-tu bonne ?

Es-tu bonne ou mauvaise ?

Que faites-vous donc ?

Venez-vous ?

Bien s�r.

Vous �tes tr�s belle.

Viendrez-vous donc ?

Oui, je viens.

Je viens...

Prends le premier homme venu

et dis-lui :

Voil� des gens qui passent leur vie � user de tous les plaisirs.

Des femmes tant qu'ils en veulent. Ils sont riches.

Tous les jours sont f�tes pour eux.

Qu'en penses-tu ?

� moins d'�tre un vrai d�vot, il te r�pondra

qu'il ne peut s'imaginer plus grand bonheur.

� pr�sent,

dis � ce m�me homme : Voil� ta vie.

Tu es le plus heureux des hommes.

Tous tes d�sirs sont des r�alit�s.

Mais attention que tu ne boives trop

et que tu ne retrouves plus ton corps pr�t � jouir.

Ce serait un grand malheur.

Prends garde au d�go�t,

c'est un mal incurable.

Un mort vaut mieux qu'un vivant d�go�t� de vivre.

As-tu un c�ur ?

Prends garde � l'amour,

c'est pire qu'un mal, pour un d�bauch�.

C'est un ridicule.

As-tu une conscience ? Prends garde � ton sommeil.

As-tu un corps ? Prends garde � la souffrance.

As-tu une �me ? Prends garde au d�sespoir !

Chaque femme embrass�e prend une �tincelle de ta force

sans t'en rendre une de la sienne.

Tu t'�puises sur des fant�mes.

Meurs !

Tu es l'ennemi de tout ce qui aime.

N'attends pas la vieillesse, ne laisse pas d'enfant,

ne f�conde pas un sang corrompu.

Efface-toi...

comme la fum�e.

Ce n'est pas ce que tu m'avais dit.

Vous venez trop tard.

Votre p�re aurait aim� vous voir une derni�re fois.

"Adieu, mon fils.

"Je t'aime...

"Et je meurs."

Pardonnez-moi, p�re.

Quelques douleurs que puisse causer la passion,

il ne faut comparer les chagrins de la vie

avec ceux de la mort.

Tous les jours, j'allais sur sa tombe.

Le reste du temps, je vivais seul.

Je menais la vie qu'avait men�e mon p�re.

Et pour la premi�re fois de ma vie, j'�tais heureux.

La douleur m'apprenait la vertu.

Je commen�ais � comprendre en quel temps nous vivions.

Derri�re nous, un pass� � jamais d�truit,

s'agitant encore de ses ruines.

Devant nous, les premi�res clart�s de l'avenir.

Et, entre ces deux mondes,

le si�cle pr�sent o� l'on ne sait,

� chaque pas que l'on fait,

si l'on marche sur une semence ou sur un d�bris.

J'ai un peu connu votre p�re,

c'�tait un homme bon.

Je le sais.

Ma tante jouait souvent aux cartes chez lui, l'apr�s-midi.

Vous devriez venir la saluer, cela lui ferait plaisir.

Attendez...

Je dois m'arr�ter.

Je me sens fatigu�e.

� quoi songez-vous ?

Je me demandais pourquoi Dieu vous a cr��e.

Et je me disais que c'�tait pour gu�rir ceux qui souffrent.

De telles paroles !

Venant de vous, ce ne peut �tre qu'un compliment.

Pourquoi ?

Parce que vous me paraissez bien jeune.

Il arrive qu'on soit plus vieux que son visage.

Il arrive aussi qu'on soit plus jeune que ses paroles.

Ne croyez-vous pas � l'exp�rience ?

Je sais que c'est le nom que la plupart des hommes...

donnent � leurs folies et leurs chagrins.

Qu'en peut-on savoir � votre �ge ?

Madame, un homme de mon �ge peut avoir plus v�cu

qu'une femme de 30 ans.

La libert� dont jouissent les hommes

les m�ne plus vite au fond de toutes choses.

Voyez,

j'�tais fatigu�e tout � l'heure,

maintenant, je ne le suis plus.

Traitez votre exp�rience comme je traite ma fatigue.

Nous avons fait une bonne course

et nous en souperons de meilleur app�tit.

D�s le lendemain, j'�tais chez elle.

Elle �tait veuve et vivait seule avec sa tante.

Quel bonheur.

Quelle joie,

quelle paix,

quel oubli...

Voulez-vous voir mon jardin ?

Volontiers.

Cela ne vous ennuie pas ?

Dieu soit lou� !

Tu es jeune encore.

Tu peux vivre,

tu peux aimer...

Heureux ceux qui �chappent � leur temps...

Dieu soit lou� ! Tu es jeune encore...

Tu peux vivre, tu peux aimer...

Montrez votre main.

- Mes mains sont laides. - Montrez-moi.

Fort int�ressant...

Vous devinez mon avenir ?

Je ne devine rien, tout est l�.

52 cartes � la ramasse...

Vous connaissez ce tour ?

Plus de trois mois s'�taient pass�s

et je l'avais vue presque tous les jours.

Plus d'une fois, j'avais �t� tent� de lui avouer mon amour.

Qu'avez-vous ?

Rien.

Rien du tout.

Qu'est-ce donc ?

Qu'avez-vous ?

Je vais rentrer.

Pardonnez-moi...

Octave ?

Non !

�coutez-moi, je sais...

Mais si c'est � ce point, Octave...

il faut partir.

Vous venez ici tous les jours,

n'�tes-vous pas le bienvenu ?

Mon amiti� vous est acquise.

J'aurais voulu que vous eussiez la force de me garder la v�tre plus longtemps.

Entrez.

Une lettre.

"Il y a trois mois que je vous vois

"et il y a un mois, je me suis aper�ue que vous �prouviez pour moi

"ce qu'� votre �ge on appelle de l'amour.

"J'avais cru remarquer en vous la r�solution

"de me le cacher et de vous vaincre.

"J'avais d�j� de l'estime pour vous,

"cela m'en a donn� davantage.

"Je n'ai aucun reproche � vous faire sur ce qui s'est pass�,

"ni de ce que la volont� vous a manqu�.

"Ce que vous croyez de l'amour n'est que du d�sir.

"Je suis plus vieille que vous de quelques ann�es

"et je vous demande de ne plus me revoir.

"Vous tenteriez en vain d'oublier un moment de faiblesse :

"ce qui s'est pass� entre nous ne peut se passer � nouveau,

"ni s'oublier tout � fait."

J'aimerais vous parler.

Madame,

vous dites que ce qui s'est pass� ne peut s'oublier.

C'est vrai.

Et que donc, nous ne pouvons nous revoir,

mais vous vous trompez.

Je vous aime.

Je n'ai rien fait pour vous offenser.

Rien n'a chang� pour vous, puisque vous ne m'aimez pas.

Quelle raison m'emp�chait de d�clarer mon amour ?

La crainte de vous perdre.

Posez comme condition qu'au premier mot

que j'en dirai, votre porte me sera ferm�e.

Je me taisais d�j�,

je me tairai � l'avenir.

Vous croyez que je vous aime depuis un mois,

mais c'est depuis le premier jour.

Quand vous vous en �tes aper�ue,

vous n'avez pas cess� de me voir pour autant ?

Que vous ai-je fait ?

J'ai fl�chi le genou, je n'ai pas dit un mot.

Que vous ai-je appris ?

Vous le saviez d�j�.

Mettez-moi � l'�preuve.

Donnez-moi un mois ou deux du seul bonheur

que j'aurai jamais.

�coutez-moi.

Je vais vous charger d'une commission pour un ami de ma famille.

Quoi que vous en disiez, un petit voyage...

vous calmera.

Dans un mois,

dans deux mois, vous reviendrez.

Je vous reverrai alors

et vous r�pondrai mieux.

J'aimerais m'extraire un peu de cette vie...

Tout le monde est l� !

Buvons, amusons-nous. O� est la musique ?

Foutaises !

Trois semaines apr�s, ma commission �tait faite

et je revenais.

Mon parti �tait pris de lui taire mon amour.

Octave ?

Oui, c'est moi.

Vous avez fait bon voyage ?

Vous �tes souffrante ?

Non, je l'ai �t� mais...

Je vais mieux.

Ce n'�tait rien.

Comment vont vos fleurs ?

Tr�s bien.

Allons les voir, voulez-vous ?

Non.

Je suis un peu fatigu�e.

Je vais me reposer.

Une autre fois, Octave.

Une autre fois.

Il ne fallait pas m'attendre.

Je suis rentr� depuis un mois et je vous ai � peine vue.

Loin de vous, il n'y a pas de vie pour moi.

Puis-je vous accompagner ?

Vous n'avez pas id�e de ma vie d'avant.

Vous ai-je d�j� parl� du jeu ?

Vous alliez jouer ?

Par p�riodes, presque tous les soirs.

Et des courtisanes ?

La premi�re fois que j'en ai vu,

je m'attendais � des femmes

d�gourdies, insolentes...

mais aussi gaies,

pleines d'esprit,

vives, comme le p�tillement du vin de Champagne.

Au lieu de cela, j'ai trouv�

une bouche b�ante,

un �il fixe

et des mains crochues,

comme des griffes.

Si je ne vous avais pas connue,

peut-�tre serais-je retomb� dans mes d�sordres.

Nous voil� arriv�s.

Vous verrai-je demain ?

Demain, je ne serai pas l�.

Ne venez pas.

Je ne sais pas...

Venez quand m�me.

Pardonnez-moi d'arriver ainsi...

Je sais que l'on se conna�t peu,

mais...

Voil�...

De quoi s'agit-il ?

Mme Pierson est malade.

Elle m'a charg� de vous pr�venir qu'elle ne pourrait vous recevoir.

Mais je l'ai quitt�e assez tard, hier,

et elle se portait bien.

Je ne vous crois pas.

Au revoir, monsieur.

Monsieur, je vous supplie de me dire si c'est la v�rit�...

ou s'il y a quelque autre motif.

Je vous ai dit tout ce que je savais.

Maintenant, monsieur...

Mme Pierson n'est pas malade !

Je le sais, j'en suis s�r.

Je n'ai peur de personne et je vous ai dit ce que je savais.

Pierre, attendez-moi !

J'ai � vous parler.

Bonjour. Pr�venez madame de ma pr�sence.

Madame n'est pas l�.

- Pr�venez-la. - D�sol�e, elle n'est pas l�.

"Je vous prie d'espacer vos visites : votre assiduit� fait jaser.

Heureux ceux qui �chappent � leur temps.

Octave !

Non...

Ne craignez rien.

Je sais maintenant que vous m'aimez.

Brigitte me t�moigna plus de confiance apr�s l'aveu de son amour.

Plus de confiance qu'elle ne m'en avait jamais montr�.

Le respect que j'avais pour elle lui inspira une douce joie.

Il a annonc� ?

Il n'en a pas.

S'il n'en a pas, il a perdu.

Je ne sais pas quoi faire.

Jouez !

Dommage !

Bien jou�, ma ch�re.

Vous me poussez � boire.

Je vous laisse.

Bonne nuit.

Peut-�tre...

Peut-�tre devrais-je...

Je vous promets de devenir meilleur.

C'�tait horrible de te voir souffrir.

Je souffrais, moi aussi.

Mille fois,

j'ai voulu partir � l'�tranger, te fuir.

Je m'�tais jur� de mourir plut�t que de c�der.

Les propos du monde ne me touchent plus,

je ne les �couterai plus.

Je suis vieille d�j�,

je n'ai pas longtemps � �tre aim�e de toi.

M'aimeras-tu longtemps ?

Toute ma vie.

Est-ce vrai, toutes ces belles paroles que vous m'avez dites ?

Je ne suis pas belle.

Je voudrais l'�tre cent fois plus.

Je vous joue l'air de Stradella que vous aimez tant ?

En fait, cet air est de moi.

Je vous ai fait croire qu'il �tait de Stradella.

C'est de vous ?

Je vous ai dit qu'il �tait de Stradella pour voir...

ce que vous en diriez.

Je ne joue jamais ma musique...

mais j'ai voulu faire un essai et vous l'avez aim�e.

Qu'avez-vous ?

Rien.

Jouez encore, ma ch�re.

Vous mentez si bien.

Pardon ?

Vous mentez si bien.

Est-ce possible ?

Comment est-ce possible ?

Si tu m'aimes,

jure que tu ne me mentiras jamais.

M�me sur les moindres choses.

Cela me remplit d'horreur.

Je te le jure.

Je ne puis le supporter.

Les malheurs ont leurs sympt�mes,

comme les maladies.

Et il n'y a rien de si redoutable en mer qu'un petit point noir � l'horizon.

Arr�te !

Qu'est-ce ?

Ton journal ?

"Il est irr�sistible,

"et pourtant... je r�siste.

"J'aurais voulu..." Quelle �criture !

"J'aurais voulu le prendre dans mes bras, lui �ter sa peine..."

C'est gentil.

"Je savais que s'il faisait un pas vers moi,

"je n'aurais pas la force de r�sister...

"mais il est parti.

"J'�tais soulag�e et triste..."

Vraiment ?

Tu aurais pu �tre m�decin, avec cette �criture.

On ne sait pas si c'est l'endroit ou l'envers.

"Monsieur de Dalens..."

Ne lis pas �a !

C'est vrai, je ne sais pas ce que je fais.

Octave ?

Reprends ce livre, je veux que tu le lises.

Non, n'en parlons plus. C'est votre intimit�...

Vos secrets sont � vous, ma ch�re.

Pourquoi a-t-il fallu que je lise �a...

Croyez-vous que j'ai des secrets ?

Je ne crois rien,

sinon que tu es belle

et que je veux mourir en t'aimant.

Mon P�re.

Vous avez l'autre jour exprim� une col�re qu'un homme de mon caract�re

ne peut que comprendre

et pardonner.

Je vous exprime mon grand regret, monsieur,

de m'�tre charg� d'une commission intempestive.

C'est � moi de vous pr�senter des excuses.

J'avais l'esprit troubl�.

Connaissez-vous M. de Dalens ?

Un peu.

C'est un ami de Mme Pierson.

Quel genre d'homme est-ce ?

Comment se fait-il, monsieur,

que, connaissant si bien Mme Pierson,

et �tant re�u chez elle de fa�on intime,

vous n'y ayez pas rencontr� M. de Dalens ?

Brigitte...

Je ne sais que penser,

sinon que vous ne m'aimez plus.

Vous voir faire la cour ainsi...

Comme un vulgaire fat.

Vos roucoulades �taient ridicules.

Vous savez fort bien

qu'elle n'est rien.

Si cette vie vous fatigue,

il ne tient qu'� vous de la rompre.

Soit.

Depuis que je suis � vous,

je ne vous reconnais plus.

Vous avez sans doute jou� une com�die

pour me persuader que vous m'aimiez.

Maintenant, cette mascarade vous lasse.

Vous me soup�onnez de vous tromper au premier mot qu'on vous dit,

mais je n'ai pas le droit de souffrir quand vous m'insultez ?

Vous n'�tes plus l'homme que j'ai aim�.

Vous m'accusez de tyrannie pour que je devienne un esclave.

Puisque je trouble votre vie,

reposez en paix.

"Je supporterai tout de lui tant qu'il m'aimera,

"mais je veux mourir quand il me quittera.

"C'est par le poison que j'en finirai avec la vie."

Dis � ces filles de se taire.

Qu'elles cessent de chanter !

Lancez-vous sans crainte dans le torrent du monde.

Ayez des courtisanes, des danseuses,

des comtesses...

Si vous �tes un homme faible, faites-vous une cuirasse

qui r�siste � tout.

Mais si vous �tes une �me exalt�e,

je vous le dis tout net :

l'amour n'existe pas.

Lancez-vous sans crainte dans le torrent du monde.

Ayez des courtisanes,

des danseuses,

des comtesses...

Si vous �tes un homme faible, faites-vous une cuirasse

qui r�siste � tout.

Mais si vous �tes une �me exalt�e,

je vous le dis tout net :

l'amour n'existe pas.

L'amour n'existe pas...

Toutes les id�es de m�pris pour les femmes,

les phrases que j'avais rab�ch�es au temps de mes d�sordres...

Chose �trange :

tandis qu'autrefois je n'y croyais pas tout en les affichant,

il me semblait maintenant qu'elles �taient r�elles.

Quel mal y a-t-il ?

N'as-tu pas une jolie ma�tresse ?

Ne s'est-elle pas donn�e � un libertin...

d'elle-m�me ?

Qu'elle me prenne tel que je suis.

Vous arrivez bien tard.

Je n'ai pas vu l'heure.

Pourtant, je n'ai rien fait d'int�ressant.

Rien que m'ennuyer.

D'ailleurs, je m'ennuie encore.

� cette heure,

� Paris,

je serais � l'Op�ra,

envelopp� dans les chants

et les rires des femmes...

S'il y a en vous deux hommes si diff�rents,

ne pourriez-vous oublier le bon quand le mauvais se l�ve ?

Tu aimes l'op�ra ?

Je me rappelle un souper, un soir,

une amie de Desgenais chantait.

Sa voix �tait magnifique.

Pour la premi�re fois, j'ai vu mon ami �mu.

C'�tait beau � voir.

Apr�s cela,

de honte, sans doute,

il fut pris de folie

et a tout cass� autour de lui.

Chaises,

tables,

tout...

Cette femme avait su le faire sortir de lui-m�me,

le mettre hors de lui.

Amusant � voir, non ?

Vous n'�tes qu'une d�vote,

vous ne savez pas ce que c'est.

Il n'y a rien de tel que les gens sans souci,

et qui font l'amour sans y croire.

Eh bien alors,

enseignez-moi...

Enseignez-moi � vous plaire toujours.

Je ne demande qu'� apprendre.

Faites comme si vous ne m'aimiez pas.

Laissez-moi vous aimer,

sans en rien dire.

Que dois-je faire pour que vous le croyiez ?

Suis-je � votre go�t ?

� laquelle de vos ma�tresses est-ce que je ressemble ?

Suis-je assez belle...

Suis-je assez belle

pour vous faire oublier qu'on peut croire encore � l'amour ?

Arr�te.

Arr�te !

Tu ressembles trop � ce que tu veux imiter

et que je suis assez vil pour rappeler devant toi.

Regarde-moi !

Regarde-moi.

Tout est de ma faute.

La mort de ma tante...

Je m'en vais.

Je ne suis vou�e qu'� une seule couleur,

celle du deuil

et pour longtemps.

Je n'en changerai plus.

Il faut que je parte.

Partez, alors.

Je me tuerai, ou je vous suivrai.

Je ne peux supporter cela...

Ces gens qui parlent de vous...

de moi.

Je suis l�.

Ne pars pas.

Mon amour te consolera de tes chagrins.

Je te le jure.

Je t'aime tant...

Vivons !

Viens.

Viens, l�ve-toi.

Laisse-moi voir...

Tu sais, c'est le carnaval, � Paris.

Monsieur...

D�guisons-nous.

Tu n'auras plus � souffrir

de mon orgueil,

ni de ma folie.

Je peux �tre l'homme que je suis.

Je vais devenir meilleur.

Non !

N'y touche pas !

C'est moi, ton poison.

Tu m'oublieras

et tu vivras.

Je partirai cette nuit.

D�cid�s � un long voyage,

nous �tions venus � Paris pour les pr�paratifs n�cessaires.

Saluez-la bien de ma part.

J'irai la voir d�s que je pourrai.

Merci pour vos bonnes paroles.

Merci.

J'�tais ravi de vous revoir.

Je te pr�sente M. Smith.

Enchant�.

Monsieur Smith ?

Un ami de la famille.

Tu as d� le voir � l'enterrement de ma tante.

Ma famille tente de me convaincre

de rentrer chez moi.

Emm�ne-moi loin.

Quittons le pays,

laissons le pass�.

Il faut que nous soyons heureux.

Nous allions partir...

et puis Brigitte est devenue languissante.

De plus en plus chaque jour.

Elle s'enferme pour pleurer.

Quand je lui dis que rien n'est encore fait,

qu'elle peut renoncer � nos projets,

elle me r�pond � peine.

Je ne sais quoi te dire.

Enfin, il y a trois semaines,

j'avais les billets pour notre d�part,

Brigitte est tomb�e malade et a d� s'aliter.

Qui est ce jeune homme ?

M. Smith ?

Un ami de sa province, �tabli � Paris.

Il vient la voir assez souvent.

Il est si diff�rent de moi

que je me demande

lequel de nous est dans le vrai.

Pars le plus vite possible,

emm�ne Brigitte loin de ses soucis.

Si elle m'aime, pourquoi est-elle triste ?

C'est son secret, respecte-le.

Ne lui pose pas de questions et ne t'en pose pas trop non plus.

Attends son r�tablissement et pars.

De fait, elle se porte mieux.

Mon c�ur me crie...

Il me crie de partir

et pourtant, je tarde.

Une volupt� secr�te et am�re me cloue sur place.

Si elle part avec moi,

sera-t-elle heureuse ?

Partez.

Essayez d'�tre heureux...

avant qu'il ne soit trop tard.

Toi, tu peux encore �tre heureux.

Ai-je droit au bonheur ?

Ai-je le droit d'�tre heureux ?

Est-ce que je le m�rite ?

Est-ce que je m�rite de vivre ?

Vous �tiez l� ?

Oui, j'�tais l�.

Continuez.

J'adore vous entendre chanter.

Continuez...

Es-tu pr�te � partir ?

Au d�ner, tu m'as paru si bien d�cid�e

que j'ai fait venir les chevaux.

Est-ce s�rieux ?

Vous voulez partir cette nuit ?

Pourquoi pas ?

Puisque nous sommes d'accord pour quitter Paris.

Mais maintenant ? � l'instant m�me ?

Bien s�r.

Vous �tes ce soir d'humeur voyageuse.

Vous voulez partir, partons.

Il ne tient plus qu'� vous.

Puis-je entrer ?

Je suis pr�te.

Me voil�.

Nous partons ?

- Nous partons. - Nous allons partir ?

Nous allons partir.

Je ne trouve pas...

la clef de mon secr�taire.

O� peut-elle �tre ?

Je l'avais, il y a � peine une heure.

Je suis pr�te, Octave.

Descendons.

Je vous souhaite un bon voyage, mes amis.

Vous nous �crirez, n'est-ce pas, Henri ?

Vous n'oublierez pas ma famille ?

Ce que vous pourrez pour moi, vous le ferez ?

Oui, bien s�r.

Comptez sur moi, je vous suis d�vou�.

Je vais voir si tout est en ordre.

Quand vous reverrai-je ?

Jamais.

Adieu, Henri.

Si vous n'avez plus envie de partir, dites-le-moi.

Partons.

Soyez franche.

Un instant encore...

J'ai quelques papiers � br�ler.

Aussi dur que ce soit pour moi, si je dois vous perdre...

ne me donnez pas de faux espoirs.

Je te fais confiance plus que jamais. C'est vrai !

Je te promets le plus charmant voyage.

Gen�ve...

Que faites-vous ? Si vous m'aimez...

quelle com�die horrible jouez-vous ?

J'aime mieux le malheur que cette gaiet�-l�.

Vous m'avez trahi.

Vous en aimez un autre.

- Qui donc ? - Smith.

Taisez-vous.

Si vous ne parlez pas � l'instant,

je vous quitte � jamais.

Que voulez-vous que je vous dise ?

Ce que vous avez dans le c�ur.

Je suis une folle, qui esp�re qu'on la croit.

Vous voulez savoir mon secret ?

Mon secret, c'est que je vous aime.

Vous en cherchez un autre.

Je suis folle.

Folle.

Vous dites que je dois me justifier ?

De quoi ?

D'aimer ? De mourir ?

De d�sesp�rer ?

Si j'affecte une gaiet� forc�e,

cette gaiet� m�me vous offense.

Partout,

toujours, quoi que je fasse...

l'injure et la col�re.

Ainsi, vous vous privez

du seul bonheur qu'il y ait au monde :

aimer avec abandon.

Vous tuez tout sentiment dans le c�ur

de ceux qui vous aiment.

Non, laissez-moi...

Laissez-moi parler, il faut aussi que je parle.

Vous devez prendre un parti.

D�cidez : ou l'amour est un bien,

ou c'est un mal.

Si c'est un bien,

il faut croire en lui.

Si c'est un mal,

il faut s'en gu�rir.

Qui suis-je donc ?

Qui suis-je pour qu'on doute de moi ?

Regardez donc ce visage que j'ai.

Regardez !

Pauvres joues maigres, pauvres yeux fatigu�s...

On doute de toi.

Tu as voulu aimer !

Pourquoi m'as-tu aim�e, si tout devait finir ainsi ?

Je vous quitte...

Je vous perds.

Je n'ai pas su vous aimer comme vous le m�ritiez.

Je ne vous verrai plus ?

Jamais.

Jamais ?

Jamais.

Tu gu�riras du mal que je t'ai fait.

Tu m'oublieras.

Je te quitte.

Je te perds.

Je n'ai pas su t'aimer comme tu le m�ritais.

Je vais partir.

Je vais partir...

Je mourrai honn�te.

Tu es un enfant qui s'est cru un homme.

Il est trop tard � pr�sent, nous ne partirons pas.

On est souvent tromp�, en amour,

souvent bless� et souvent malheureux.

Mais on aime.

On se dit : j'ai souffert souvent, je me suis tromp� parfois,

mais j'ai aim�.

C'est moi qui ai v�cu

et pas un �tre factice, cr�� par mon orgueil

et mon ennui.

J'ai aim�,

j'aurai encore le courage...

J'aurai encore le courage d'y croire.

Heureux celui qui �chappe � son temps.

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