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Artillerie dans le lointain.
- Ah!
Canon.
Coup de fusil.
Fusils.
Il appelle en sifflant.
- Allez! bourrez!
Magnez-vous, nom de Dieu!
Tir de mitrailleuse.
Artillerie.
Coup de feu.
Fusil.
Il imite un fusil. - T'es mort!
- Trouve quelqu'un d'autre.
- Bouge pas. T'es mort.
- Je te casse la gueule!
Canon.
Canon.
Gazouillements d'oiseaux.
Musique.
- Qu'est-ce que tu fous? - Chut!
Chants d'oiseaux.
- Vous croyez que je vous ai pas vus.
Je vous ai vus..
..nous voir.
- Attends!
- Je m'appelle Honor�.
- Et moi, Camille.
- Vous allez attraper froid.
- C'est vrai, les pieds nus sur la gl�be humide.
Vous allez choper un rhume.
- Approchez.
Si vous craignez pour sa sant�, pourquoi ne pas la rhabiller?
...
- Vous voulez bien que je vous le remette?
...
- Et votre camarade,
..il n'a droit � rien?
- Je regarde, c'est dej� pas si mal.
- Non, non.
C'est pas bien.
Pendant que vous me remettez mon bas,
..il pourrait defaire l'autre.
- Moi, je veux bien.
- J'entends du bruit.
Pas vous?
C'est mon p�re!
Filez.
Filez donc!
Ils ne sont pas bien hardis.
Rire.
- J'ai un trou.
- Relis tout depuis le d�but.
- "Ch�re petite Camille.
'Vous devez comprendre que la vie des militaires n'est pas dr�le.
"Nous ne savons pas quoi faire de nos dimanches.
"On va au cin�matographe et au restaurant.
"A la caserne, on nous traite comme des betes.
"Depuis qu'on vous a rencontr�e, on ne pense plus qu'� vous."
- Tu n'as qu'� mettre:
.."on y pense le jour et la nuit.
"On aimerait que vous deveniez notre copine..
"..et qu'on vous voie pendant nos permissions."
- "On s'amuserait bien ensemble. On est de bonne compagnie.
"Pourriez-vous, m�me si c'est pour refuser,
"..nous envoyer une lettre avec une photo..
"..pour qu'on pense bien � vous."
- "Mes tr�s chers amis.
"Jamais je n'oublierai le plaisir �prouv� � vous lire.
'Voici la photo, o� vous me voyez avec mon cousin Edgar.
"Pour moi aussi, les jours de fete sont charg�s d'ennui.
"Pouvez-vous passer � la maison..
"..dimanche vers 11 h?
"Mes parents et moi vous invitons � dejeuner.
"Caresse. Votre petite Camille."
- 'Vous invitons � dejeuner.
"Caresse. Votre petite Camille."
Caresse. Votre petite Camille.
Caresse! Nom de Dieu!
Rires.
Caresse!
Vendredi, samedi.
Dans 3 jours!
Rire.
On ne mourra pas les couilles pleines!
Il frappe.
11 h au clocher.
Il frappe.
- Quoi?
- C'est nous qui sommes invit�s.
- Par Mlle Camille.
- Ho l� l�!
Cri de femme.
- Fous-moi la paix!
- Bonjour messieurs. En quoi puis-je vous �tre utile?
- On ne voulait pas vous d�ranger.
- Pas du tout. Entrez.
Vous prendrez bien un ap�ritif.
B�atrice!
- Quoi !
- Laissez-moi! Votre m�re m'appelle!
- B�atrice!
B�atrice. B�atrice!
Voulez-vous servir l'ap�ritif � ces messieurs.
Que d�sirez-vous?
Dubonnet? Absinthe? Quinquina?
Suze?
- Une Suze. - Moi aussi.
- B�atrice, vous servirez 2 Suze � ces messieurs.
Attendez, B�atrice.
Vous saviez que ces messieurs etaient invit�s par...?
- Mais non!
- Que c'est embetant!
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?
Asseyez-vous.
- Pas celle-l�!
Elle est d�molie. Il faut la r�parer.
Prenez l'autre. Il y en a une par l�.
Voil�.
L�.
Ca va-t-y maintenant?
Alors comme �a, vous �changiez une correspondance avec Camille?
Quelle dr�le de chose.
Mais o� l'avez-vous connue? O� l'avez-vous rencontr�e?
- Au cin�matographe.
- Camille ne va jamais au cin�matographe.
Jamais!
Oh, le cin�matographe.
Que c'est myst�rieux.
De toute fa�on, nous partions chez de la famille.
Je suis d�sol�e pour vous.
Je vous promets d'avoir une explication avec Camille.
C'est insens�.
- Pouvons-nous la voir?
- Elle n'est pas l�.
Elle est dej� partie chez son a�eul.
Porte.
- Charlotte! On ne pourrait pas un jour r�parer cette porte?
Messieurs.
- Voici ces messieurs que Camille a invit�s.
- C'est impossible! Nous allons � Montlucon.
Camille!
- Elle n'est pas l�.
- Comment? Mais o� est-elle alors?
Je ne savais pas.
Personne ne m'a rien dit.
On ne m'en a pas parl�!
Je n'en ai rien su!
B�atrice!
- Oui monsieur. - Suivez-moi.
- Bon, madame... Je crois que c'est un malentendu.
- Mais non.
Rasseyez-vous. Finissez votre Suze.
Mon mari va redescendre.
Vaisselle cass�e.
- Je ne permettrai pas que cette bete me touche!
Pourriture!
- Tu prendras bien un ap�ritif.
- J'arrive.
- Je ne veux pas! - Tu ignores ce que tu ne veux pas!
Moi je veux!
- Mon mari est contrari� par ce genre de chose.
Il est inconcevable qu'une enfant invite des camarades sans pr�venir.
- C'est pas normal. - Evidemment.
Mon mari va frotter les oreilles de Camille.
Tout � l'heure, j'aurai du mal � le retenir.
Cri strident.
- Ah! - Je t'en fous, moi!
Je te defonce la tirelire!
Tu veux que je te la defonce?
- C'est une gentille enfant qui a et� trop g�t�e par son papa.
- J'en suis capable! - Pose ton lapin!
- Je peux le faire si tu me pousses.
- Maintenant, le papa veut serrer la vis.
Mais la petite ne comprend pas. Haletements.
Il etait si gentil. Si poire, en fait.
Si gentil quand il etait petit. Haletement. Cris.
Vous comprenez? Soupirs.
- Ah! - Ah!
- Alors?
On boit un coup?
- Viens donc trinquer.
Ils sont embet�s par les betises de Camille.
- Tout ce d�rangement.
C'est regrettable.
- Vous regrettez. Vous etes de braves gar�ons.
Vous regrettez.
De braves gar�ons bien �lev�s.
Elev�s � la dure.
Militaires.
Vous etes au train. J'ai bien connu votre commandant.
Le commandant Trouchebine.
Un bon commandant.
Un commandant, quoi.
Il y a de bons commandants! Ca existe!
Charlotte! Dis quelque chose!
Tu ne me parles pas!
Je suis ton mari! J'ai le droit que tu me parles!
- Le commandant est bien juif... Je veux dire, bien gentil.
- Oui.
Un commandant . OCR. qui ne menage pas sa peine.
Sa peine, sa sueur et ses hommes!
On devrait inviter Trouchebine � �ner.
Cet homme me pla�t.
Tu sais,
..il a etouff� une d�butante avec sa bite.
Il n'est pas n� de la derni�re couv�e ni de la derni�re pluie.
Ni de l'avant-derni�re ni de l'avant-avant-derni�re.
Quoi?
- Notre commandant s'appelle Schmerbleck.
- lnsolent!
- Ne t'�nerve pas! - Vous voulez un coup de lapin?
Romanos!
Saltimbanques!
- Ah! la pute!
D�gueulasse!
- Ne dis pas �a!
- Tu viens?
- Non, je reste l�. Je te fais le pet.
- Pff.
Chants d'oiseaux.
Hurlement.
- Ferme-la!
Ferme-la!
- Mon ch�ri! Je ne veux pas!
- Vieille pourrie!
Edgar! Nom d'une pipe!
Magnez-vous le train!
- Pas dans la cave! - Ta gueule, grosse truie.
Ta gueule! Entre!
Hurlements.
- N'approchez pas ou j'appelle.
- Alors, maintenant?
- Tu as menti. - C'est des mani�res?
- a�e!
Elle t'a fait mal?
- Si je l'attrape, je lui arrache la gueule.
Si tu savais ce qu'elle fait � sa m�re. O� tu vas?
- Viens, on se tire.
- Elle se fout de notre gueule. Viens.
- Oh, t'es con.
O� tu vas?
...
- Quel plaisir de vous voir.
- Dites-donc, vous etes son cousin ou son fr�re siamois?
- Quel jeu vas-tu leur apprendre?
- Si nous jouions...
..au jeu des poils?
- C'est quoi?
- Il faut avoir des poils.
- Vous en avez, vous?
- Vous ne l'avez pas vu?
- Ca se joue avec une serviette rouge?
- Le 1er qui trouve un poil a gagn�.
- Gagn� quoi?
- Un cadeau.
Un cadeau poilu.
- Esp�ce de salaud!
- Papa!
Papa! Papa!
- Edgar! Camille! Qu'est-ce?
Viole-tout! Viole-tout!
Les fumiers! Encore eux!
Sales troufions! Troufions! Troufions!
Poursuivez-les Edgar! Ils vont vers la rivi�re!
- Edgar! Attendez-moi!
Essoufflement.
- Mets-lui une p�che, Edgar!
- Ah!
- Mon Dieu.
Il va mourir. Il ne sait pas nager.
Vous l'avez tu�!
- H�!
H�!
H�!
H�!
Oh�!
H�!
Oh�!
H�!
- a�e!
Ma jambe.
Putain de putain.
O� tu es, fumier?
- Dans les chiottes.
Ouvre-moi o� je casse tout!
- J'ai mal.
- Quelqu'un va m'ouvrir?
Putain de bourrique!
Il tambourine.
Ha!
- T'es pas un peu con?
- Quelle chienlit!
J'en ai partout.
- Tu me d�bectes. D�merde-toi.
Viens.
Je crois que j'ai tu� un bonhomme.
- On va �tre en retard.
- Tais-toi, tu pues.
Qu'est-ce que tu pues! - Avance donc!
- Comment on va rentrer?
On va se faire piner, c'est s�r.
- Nom de Dieu!
- Arrete de dire des trucs comme ca!
Ram�ne-toi. Il faut rentrer � pied.
- Il ne faut pas rentrer. J'ai tu� le cousin.
Ils ont pr�venu la police.
- Je m'en fous de ton truc.
Je m'en tape, moi!
J'ai tu� personne.
- Tu es mon complice, n'oublie pas �a.
Tu es mouill�, comme moi!
- Qu'est-ce qu'on va faire?
- On va foutre le camp, vite et loin.
- Pas si vite.
Pas si vite.
Pas si loin non plus.
Qu'est-ce qu'il y a?
Pourquoi s'affoler? Pourquoi pleurer?
Ca ne sert � rien de pleurer. Il ne faut pas pleurer.
Vous etes couvert de merde, mon jeune ami.
Vous sentez tr�s mauvais. Vous n'irez pas bien loin.
Et vous, l'assassin, vous boitez.
Vous feriez mieux de m'�couter.
Soyez plus sages, plus dociles, plus disciplin�s, nom d'une pipe.
Sages, dociles, disciplin�s.
Nous n'avons pas encore pr�venu la police, mais nous pouvons le faire,
..d'un moment � l'autre.
A moins que, � moins que.
Vous comprenez, mes enfants?
Vous avez liquid� un des officiants.
Mais,
..si vous etes sages, dociles, disciplin�s,
..si vous me suivez,
..nous en gagnons 2 d'un coup.
- Qu'est-ce qu'il dit? - Toi, ta gueule.
Je n'irai pas dans votre cave. C'est pas joli.
- Pas joli?
Ce n'est pas joli?
Je crois, au contraire, que c'est magnifique.
Pour vous, magnifique.
N'est-ce pas ce que vous cherchiez sournoisement depuis le d�but?
Ne trouvez-vous pas..
..que cette suite d'�v�nements..
..exhale comme un bouquet de fleurs tropicales,
..une odeur entetante?
Divine?
Vous n'allez pas dire que vous trouvez la mesure � son comble..
..et qu'il est inutile d'aller plus loin.
Pure hypocrisie.
Je devine � votre regard..
..qui scrute l'obscurit�,
..que vous en d�sirez plus,
..toujours plus.
- Nous approchons, mes petits. Nous approchons du but.
Vous allez retrouver votre petite Camille.
Votre d�sir, mignonne,
..et B�..B�atrice,
..ma petite cochonne.
- Pas tr�s pr�sentable.
- La m�re de Camille a la serviette sur la tete?
- Oh oui! La serviette rouge.
Rouge.
Toute rouge.
- Allez! Envoyez la pur�e!
Envoyez l'ordure!
- Bonsoir.
- Je vous avais dit que �a marcherait. Allez les gamines!
Ca valait la peine.
Je te l'avais dit que �a marcherait.
Allez, vas-y ma poule.
Allez, vas-y.
- Une autre!
Une autre!
- A ta place!
Hurlements. Rires.
- C'est incomplet.
C'est incomplet. C'est incomplet.
C'est incomplet.
C'est incomplet.
- Tu voulais toucher la petite fille?
Touche.
Touche.
- Ha!
Ha!
- Balancez la pur�e!
Balancez la pur�e!
Balancez la pur�e.
- Ha!
- Ha! - Ha!
- Ha!
Ha!
- La pur�e.
La pur�e.
La pur�e!
La terrible splendeur noire!
Can't find what you're looking for?
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