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[Tamacti Jun] Dites-moi ce que vous savez de Jerlamarel.
De ses enfants.
Dans la grotte, tu trouveras une malle.
Pour mes enfants.
Enfouis les livres.
Pendant douze étés, nous ne dirons pas un mot de cette histoire.
[Paris] Pendant douze ans, vous avez gardé le secret.
Vous pourriez en garder un autre ?
Ce sont des livres
de votre vrai père.
Tu as ouvert la malle. Maghra brûlera les livres.
[̂Paris] Ne lui dis rien.
Ils trouveront la connaissance par les livres.
C'est Baba Voss qui a condamné ma mère,
ta propre sœur, au bûcher.
Je vais prévenir que nous avons une sorcière.
[clapotis d'une rivière]
[grincements de cordes]
[battements d'ailes]
[chant incantatoire]
[grognement]
[aboiements]
[sifflement]
[pépiements]
Je reconnais encore ta mélodie.
Ton côté droit est plus lourd que le gauche.
Maintenant, tu te balances d'un pied sur l'autre.
Tu ne le faisais pas avant, tu étais solide.
La vie
et l'expérience
me ballottent dans tous les sens.
Sois le bienvenu, Tamacti Jun.
Majesté.
Ma mission est terminée.
J'ai été commissionné pour 20 étés.
Et ces étés sont devenus hivers.
Tu as récolté les taxes et les offrandes ?
Oui, Majesté.
[boîte à musique]
Les roues de nos chariots ont grincé dans les montagnes.
Cent chariots,
chargés de céréales, d'os de Dieu,
de limes pour les haches, de haches pour le bois,
et d'esclaves.
Tu es un bon receveur de taxes,
mais tu n'es pas un Traqueur de sorciers.
J'ai interrogé les habitants de chaque village.
Tous leurs oracles me disaient : "Jerlamarel ? Je ne connais pas ce nom."
J'ai brûlé tous ceux qui m'ont menti.
- Tu as propagé son nom. - Pour le retrouver.
Tu as été un prophète pour lui !
Tu as parlé à ces peuples de ses pouvoirs ?
Tu leur as donné son nom ? Tu as fait sa renommée ?
En tant que Traqueur-général,
je suis venu vous annoncer
que j'ai manqué à mes devoirs, ma reine.
Et j'en assume les conséquences.
Je n'ai qu'une faveur à vous demander.
Au lieu d'être exécuté sur l'autel,
autorisez-moi
à mettre fin à mes jours,
comme un guerrier digne de ce nom.
[Lord Dune] Votre Majesté, vos sujets se réjouissent.
Les Anciens répartissent le butin.
On remplit les entrepôts.
On met un marché aux esclaves en cordes.
Ah...
Notre général le plus glorieux est de retour.
- Tamacti Jun ? - Oui.
C'est moi, Tamacti Jun.
Qui ne rapporte que cent chariots,
qu'en j'aurais dû en rapporter cent-un.
[Lord Dune] Votre Majesté, son incapacité à trouver un homme,
un seul hérétique,
est compensée par ses exploits, célébrés par tous.
Lord Dune, regagne le Grand Autel.
Rassemble mes sujets, je vais leur parler.
Je vais me réjouir, moi aussi.
Tamacti Jun...
c'est d'accord.
En remerciement pour ces 20 ans de bons et loyaux services,
tu as ma permission.
Tu peux mettre fin à tes jours.
Je te fais mes adieux.
Lord Dune, que fais-tu encore là ?
Vous auriez pu lui ordonner de rester en vie.
Il comprend la gravité de son échec mieux que toi.
Tous ces gens dehors fêtent leur propre perte.
Parce qu'un seul homme nous échappe.
[elle hurle] Non !
Notre pouvoir nous échappe !
Jerlamarel est un dieu qui parcourt le monde
et fait d'autres dieux, qui feront eux-mêmes d'autres dieux !
Tamacti Jun sait ce qu'on a perdu.
Va-t'en.
[la foule dehors scande "Tamacti Jun"]
Viens, il est là-bas.
Sous l'arbre.
De quoi tu parles ? Et sous quel arbre ?
Chut.
- [glougloutement] - Des dindons.
Fais le tour et dirige-les vers moi.
T'es prête ?
- [il imite un glougloutement] - Chut, papa. Tiens, touche.
J'ai fabriqué quelque chose.
Comme dans les livres pour la chasse.
Écoute.
Et...
je vise.
[glougloutements]
- Je l'ai eue ! Viens. - Quoi ?
Tu sais, dans un des livres de la malle,
j'ai lu quelque chose de très intéressant
sur les gens qui vivaient en Amérique.
C'est quoi, l'Amérique ?
Je sais pas par où commencer, j'ai lu tellement de choses.
Avec des machines et de l'énergie, on pourrait fabriquer des armes
bien plus puissantes que celle-ci
qui tueraient cent dindons en une heure.
Ou, on pourrait faire des bombes.
Ça pouvait détruire des villes entières.
Ces mots de livres ne signifient rien pour moi.
Et ce dindon, alors ? Il signifie qu'on mangera ce soir.
Je pourrais chasser tous les jours, et rapporter un cerf, peut-être.
Comme Jerlamarel.
Un cerf, tu dis ?
Hum, hum.
Comment j'expliquerais ça à ta mère ?
On croirait entendre Kofun. Il veut cacher tout ce qu'on apprend.
J'ai un faible pour la viande de cerf.
- J'aime pas vraiment la dinde. - [elle rit]
- Ça me donne envie de dormir. - Je sais, papa !
Tu fais quoi ?
Je pourrais tuer n'importe lequel d'entre eux,
n'importe quand.
Ils ne sauraient pas ce qui s'est passé.
Ils diraient que le dieu Flamme s'est vengé.
Même si on sait tous les deux que leur dieu Flamme
n'est qu'une boule de gaz à 150 millions de km
et qui brûle dans l'espace.
- Arrête ! - [elle rit]
- On est pas censés faire des armes. - Ah bon ?
Pourquoi il a laissé ces livres, alors ?
Explique-moi, professeur.
Arrête, s'il te plaît.
T'y penses jamais ?
De quoi tu parles ?
De ce que ça fera de rencontrer notre père.
Si on le rencontre, tu veux dire.
Ce livre nous guidera. C'est une représentation du monde.
Regarde, j'ai déjà réussi
à repérer l'endroit où on doit être.
Notre rivière se jette dans un fleuve appelé le Mississippi,
et ensuite...
Ça, c'était une ville qui s'appelait Pittsburgh.
Pittsburgh : ville industrielle
connue pour ses usines sidérurgiques.
Goddens, Histoire des États-Unis.
Notre père nous a transmis la sagesse et la connaissance
de toute l'histoire de l'humanité,
et tu trouves le moyen de rendre ça ennuyeux.
Comme ton arc et tes flèches.
Moins que lire sans jamais rien faire.
[cor]
- Che-che. - [Tous] Che-che-che.
[Rêveuse] La nuit dernière,
un bébé est venu au monde.
[Souter Bax pleure]
L'enfant de Souter Bax.
Mais il n'était pas entier.
Il n'avait pas forme humaine.
Parce que ces sorciers m'ont jeté un sort !
Vous devriez tous les brûler.
Au lieu de les suivre.
Ce qu'elle a mis au monde était...
un démon.
C'est de votre faute.
[Paris] Le bébé
n'est pas né ainsi à cause d'un sort. Dieu Flamme, accueille-le.
Il est né ainsi par manque de sang frais.
Quand un si petit groupe reste trop longtemps isolé,
le sang du clan s'épaissit.
Nous savons que sans renouvellement, les monstres apparaissent.
- C'est la base de la génétique. L'ADN... - Tais-toi.
Ce bébé est en réalité un avertissement
et nous devrions en tenir compte.
Nous ne pouvons rester entre nous plus longtemps.
Non.
Nous rendre à nouveau à des festivals pour faire disparaître les monstres.
On évite ces festivals pour une bonne raison.
Ailleurs, on est pourchassés.
Ici, on est à l'abri.
On devrait peut-être mieux choisir nos partenaires.
[Rêveuse] Ça devient une nécessité,
Baba Voss.
Il nous faut du sang neuf, depuis longtemps.
J'ai dit non.
Ces gens sont retenus ici depuis si longtemps.
Retenus ici ? Vraiment ?
Ils sont protégés ici !
L'un n'empêche pas l'autre.
Surtout quand certains se demandent si ce sont eux
ou uniquement tes enfants que l'on protège
des Traqueurs de sorciers en restant ici.
Ils se sont passés de médicaments.
Ils se sont passés de commerce, malgré ce qui les tentait.
Ils se sont passés d'énormément de choses.
Si en plus, tu leur interdis de voyager,
ils finiront par partir définitivement.
[soupir]
[il souffle]
Si notre peuple se met à errer n'importe où à sa guise,
les Traqueurs nous retrouveront vite.
[Maghra] Il vaudrait mieux
que nous décidions où ils peuvent aller
et avec qui ils peuvent entrer en contact.
Que proposes-tu, mon amour ?
Je sais comment aller à l'un de ces festivals.
Là-bas,
ils auront des médicaments,
du sang neuf
et des marchandises.
Le seul moyen de protéger Haniwa et Kofun
est de s'assurer que le village reste à l'abri.
Si pour ça, on doit décider à la place des Alkenny où ils peuvent aller,
c'est ce que nous ferons.
[il soupire]
[boîte à musique]
[fracas]
Je serai prévenue quand ce sera fait ?
Bien sûr, Votre Majesté.
C'est fait ?
Des nouvelles de la Tombe du Soleil, Votre Majesté.
Des nouvelles ?
[grelots]
[claquements de doigts]
[il crie]
Dieu Flamme tout-puissant,
accepte mon étincelle
dans ta grande flamme,
et laisse-la s'élever
pour te rejoindre.
[grelots]
Ce n'est pas terminé.
[elle sanglote]
Ce n'est pas terminé.
On sera de retour dans une semaine, le festival n'est pas loin.
Antia y va et elle est plus jeune.
[Maghra] Je refuse
que quelqu'un s'aperçoive de votre don.
On le cache ici depuis 17 étés.
Certains ont des soupçons.
On garde mieux les secrets que tu ne crois.
Ça veut dire quoi ?
[Baba Voss] Vous êtes
trop jeunes pour partager vos semences.
On veut pas partager ces trucs dégueu.
Alors sois contente de rester.
Je veux pas de la semence d'un aveugle.
Approche.
Je t'ai dit d'approcher.
Pourquoi tu dis des choses pareilles ?
Je ne sais pas, maman. Je te demande pardon.
Parce que je vous aime tous les trois,
et que vous m'aimez aussi,
j'ignore certaines voix dans ma tête.
Je sais que vous ne me mentiriez pas.
[claquements de doigts]
Par hasard, tu as reçu la capacité de voir.
Ne te crois pas pour autant supérieure aux autres.
Et garde tes mots de livres pour toi, certains sont méchants.
Ces fleurs auront fané avant notre arrivée.
Ces fleurs sont pour toi, pour que tu les sentes sur la route
et qu'elles te donnent envie d'entrer dans la danse.
Qui dit que je danserai ?
Il est plus que temps, Bow. Ton père et moi avons dansé.
[Baba Voss] Tous en rang.
- Baba. - Mon amour.
On se fait appeler "le peuple de la cascade".
Ne parlez du passé à personne.
Faites bon voyage.
[elle chantonne]
Hé.
Haniwa.
Ralentis un peu.
On est contre le vent, ils entendent pas.
J'aimerais que ça continue.
Ça te va, comme ça ?
[elle rit]
Kofun,
on va enfin voir le monde.
[elle s'arrête de chantonner]
Qu'est-ce que c'est ?
Peut-être un endroit d'où décollaient les vaisseaux pour la Lune.
Regarde. T'as vu cette roue ?
J'ai rien lu sur des véhicules de cette taille.
Viens vite, il va faire nuit.
[ambiance de marché]
[voix d'homme] Je suis le prêtre du dieu Flamme !
Le frère du feu,
qui me modèle comme il modèle les os de Dieu.
J'exécute la volonté de Dieu. Nous avons construit
ce temple de flammes.
Nous avons des sorciers à brûler.
Ils ont tous commis le crime de posséder le pouvoir de la lumière.
Il y a un Traqueur ici ?
[homme] Sentez par vous-même !
Non, c'est autre chose.
Ces sorciers de la lumière serviront à nous réchauffer.
[pleurs]
Ils ne voient même pas !
Regarde, ça se voit dans leurs yeux.
Ils vont les brûler pour rien.
[hurlements]
- Vous faites erreur ! Ils ne... - Chut.
Le Traqueur ne nous a pas trouvés,
mais son message s'est propagé.
Ce sont ses disciples.
Nos enfants ne seront jamais en sécurité.
Ils seront en sécurité chez nous, au village.
On se croit toujours en sécurité chez soi et un jour, c'est plus le cas.
[cris de la foule au loin]
[craquements de brindilles]
Non !
Haniwa !
Il est fort...
et jeune...
et en excellente santé.
Pour une fois,
les lapereaux ne sont pas à l'abri derrière des barrières.
[voix de femme] Fethin ?
Fethin !
Fethin !
Les vendeurs d'esclaves !
Les vendeurs d'esclaves !
Les vendeurs d'esclaves sont venus !
Ils ont emmené ma fille.
Ils ont emmené ma petite fille !
[pleurs]
Fethin !
Fethin !
Les vendeurs d'esclaves sont venus !
Maman, papa, réveillez-vous ! C'est moi.
Que fais-tu ici ?
- Il est arrivé quelque chose... - Où est Kofun ?
Où est Kofun ?
Je crois qu'il...
qu'il a été enlevé.
Par qui ?
Sûrement par des vendeurs d'esclaves.
[elle pleure]
Qu'est-ce que tu essaies de faire ?
Pourquoi on s'arrête ?
Ce garçon a décidé de faire une pause.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Je vais vite le savoir.
Non.
Je m'en charge.
Si tu hurles, je t'étripe.
Vous n'entendez pas la fille ? Elle a mal.
Elle trébuche sans arrêt, et moi aussi.
T'as qu'à pas trébucher.
S'il vous plaît ! Elle saigne, elle est blessée.
Comment tu le sais ?
Je suis un Pisteur.
J'arrive à sentir le sang.
Et elle boite.
Ce sont pas ses pieds qui intéressent mes clients.
Il a de l'audace, ce petit gars.
Celui-là, on va en tirer un bon prix.
En route !
Là-bas !
Je vois de la fumée, ils suivent la route de la Sauge.
- Ils vont s'en écarter, disparaître. - Pas pour moi.
Ils laisseront des traces.
- Je réunis les guerriers. On les suit. - On n'a pas le temps.
On y va que tous les quatre.
Les autres rentrent au village.
Haniwa, tu nous guideras.
Haniwa, c'est leur feu.
[Maghra] Tu es sûr ?
[Baba Voss] Certain.
Je suis en vie Va à la Tombe du Soleil
Maman ?
Papa ?
Il y a un message juste là.
Kofun a laissé un message.
- Quel message ? - Comment a-t-il fait ?
Vous devez me croire sur parole.
Te croire sur parole ?
Quel message ?
Kofun a écrit un message et je sais le lire.
Non. Où as-tu appris ces mots ?
Comment tu sais ce que veut dire "écrit" et "lire" ?
C'est la connaissance de la malle.
On l'a ouverte.
On a appris à lire et à écrire.
Et on a lu tous les livres.
Qui l'a ouverte ?
Je l'ai ouverte.
Que dit le message de Kofun ?
Maman...
Mon fils a disparu, je veux qu'il me revienne.
Lis ce qu'il a écrit.
Gardes !
[il tousse]
Assis !
Comment tu t'appelles ?
Kofun.
Moi, je m'appelle Fethin.
Tu croyais vraiment qu'en disant que je m'étais blessée, ils m'aideraient ?
J'en sais rien. Désolé, je croyais bien faire.
Non, je... C'est pas ce que je voulais dire.
Merci, Kofun.
Attention, il y a des cailloux et des rochers.
Maman.
- Ça va. - Oui.
Au loin, droit devant,
de la fumée sort d'un grand bâtiment.
[Baba Voss] Les tours sont en os de Dieu ?
C'est là qu'ils gardent les esclaves. J'y vais, sinon il sera vendu.
Comment tu le sais ?
Je connais bien cet endroit.
Parce que mon père était vendeur d'esclaves.
Tout comme son père, avant lui.
À une époque, moi aussi, j'en étais un.
[Paris] Ce n'est pas ce que tu penses. Ton père était différent.
[Baba Voss] Ne lui dis pas ça.
C'est faux.
On m'a appris à enchaîner,
à frapper,
à fouetter
et à vendre des gens sans défense.
On m'a appris à les torturer.
Mais j'ai enfoui cette partie de mon âme,
cet homme-là,
au plus profond de moi.
Je l'ai mis en sommeil.
Mais je dois faire ce que j'avais promis de jamais faire.
Quoi ?
Réveiller l'homme que j'ai été.
- Je peux t'accompagner, j'ai mon arc. - Non.
[Baba Voss] Non, ma chérie.
Tu ne dois pas voir ce que je vais devenir.
Je vais ramener Kofun.
[il tousse]
Tu vas me rapporter
beaucoup d'os de Dieu.
Beaucoup d'os de Dieu.
[elle tousse]
[Kofun] Che-che.
C'était quoi, ça ?
[fracas]
Che-che.
[craquements]
[raclements de lames]
Ferme les yeux.
[il crie]
[cri]
Wech.
Le grand Baba Voss.
Le pire des lâches.
Le pire
des déserteurs.
Enfin, mon heure de gloire est venue.
Et je vais te trancher
la tête !
[ils parlent en maori]
[Wech] Approche, Baba.
Ramasse ça.
Papa, attention !
C'est ton garçon, hein ?
[cri]
[il peine à respirer]
Non.
Papa...
[elle chantonne nerveusement]
C'est moi.
Maman, c'est moi.
Je vais bien.
- Kofun ? - [Kofun] Je vais bien.
Kofun.
Tout va bien, maman.
C'est fini.
Haniwa !
- Haniwa. - Je suis là, maman.
On est tous là.
Pardon.
Je te demande pardon.
Je sais que tu voulais pas qu'on ouvre la malle.
Je suis vraiment désolé.
Maman.
[elle hurle]
Non.
Maman !
Non.
[tintements métalliques]
Maman...
Toutes les choses qu'on a apprises
dans les livres qu'il nous a laissés,
et...
tout ce qu'on a appris au festival,
de toutes ces choses qu'on a apprises en dix-sept étés,
aucune ne m'a donné envie de partir d'ici.
Et toi, Haniwa ?
Quelle est ton opinion ?
Un homme est mort.
Un homme mauvais, certes, mais quoi qu'il en soit,
il est mort.
Je l'ai tué
parce que je savais que j'avais ce pouvoir,
celui de le tuer sans me faire prendre.
Tout ce que j'ai appris,
tout ce que j'ai lu,
tout ce que je sais,
absolument tout m'a donné envie de partir.
Mais,
maman,
j'ai peur de ce que je suis,
de ce que je deviens,
de ce que je peux faire. Et je veux que tu saches que...
je t'aime, maman.
Et toi aussi, papa.
Mais à force de trop parler,
je finirai au bûcher.
Non.
Je sais déjà tout ça.
[Haniwa pleure]
Je le sais.
Je vous connais.
Mes chers enfants.
Parce que je le connaissais.
Je crois qu'il est temps que je vous parle de lui.
De Jerlamarel.
Il est temps que la vérité refasse surface.
Pour nous tous.
C'était un homme bien,
mais parfois, le pouvoir ronge ce qu'il y a de bien en nous.
Je vais tout vous dire sur lui.
Baba ?
Va chercher Paris.
Elle doit entendre ce que j'ai à dire aussi.
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